Category Archives: Savoir-être

Cinq principes pour mieux gérer son temps

Maîtrisez votre temps ,contrôler son temps, c’est savoir prévoir et planifier.

Mais pas seulement, car les « voleurs de temps » sont partout en entreprise.

Agir dans l’urgence, rendre un dossier au dernier moment, répondre à toutes les sollicitations… Après une journée bien remplie, un sentiment de puissance envahit les quelques-uns qui ont réussi à s’en sortir. Pourtant, bien gérer son temps, c’est refuser d’entrer dans ce cercle vicieux. La gestion du temps demande de prendre du recul et, paradoxalement, de savoir être lent.

Prévoir, hiérarchiser et planifier

C’est une règle de base : chaque semaine, une liste de ce qui est à faire, la fameuse « to do list », doit être établie. Ensuite, ces tâches doivent être triées selon la matrice d’Eisenhower : ce qui est important et urgent, urgent et non important, non urgent et important, non urgent et non important. Cette dernière catégorie de tâches doit être déléguée. « Pour déterminer l’importance et l’urgence d’un élément, explique Patrice Joulia, il faut toujours le relier à sa fonction, au périmètre de son poste et à ses obligations. » Au final, l’agenda doit refléter ces priorités, « ainsi que deux grands principes, poursuit Patrice Joulia, qui sont commencer par faire ce qu’on apprécie le moins et regrouper les activités ». En clair, ouvrir tous les jours pendant une heure un dossier prend plus de temps que de travailler sur ce même dossier d’une seule traite. « Il faut également se garder une marge, précise Jean-Louis Muller, et toujours prévoir environ 30 % d’imprévu dans une semaine. »

Chasser les « voleurs de temps »

Les « parasites du temps » viennent aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur de l’entreprise. Pour être maître du temps, mieux vaut donc trier, voire éviter, ces parasites. « Ce qui dérange le plus, explique Patrice Joulia, c’est la visite d’un collaborateur qui vient avec un nouveau problème, et donc des tâches supplémentaires. » Pour éviter cet écueil, mettez en place des horaires de visite et communiquez-les à vos collaborateurs, tout en restant accessible en cas d’urgence. Bref, le manager ne doit pas avoir peur de s’isoler pour traiter les dossiers délicats. Autre grand voleur de temps : le téléphone. « Le téléphone portable doit être considéré comme une boîte vocale, et rien de plus, estime Jean-Louis Muller. Pour filtrer les appels du fixe, comptez sur votre assistante, ou sur un collègue si c’est temporaire. »

Bien gérer ses e-mails

Rien de pire que la messagerie pour s’installer dans une situation de passivité. Répondre aux e-mails au fil de leur arrivée peut donner l’impression de travailler et d’être très disponible. Mais, in fine, cette stratégie s’avère être une perte de temps qui, en outre, limite le recul et la réflexion. Jean-Louis Muller pratique une méthode bien précise pour limiter ce phénomène : « J’utilise des couleurs qui me permettent de distinguer les messages en interne qui me sont adressés à moi seulement, les messages où plusieurs personnes sont en copie et enfin les e-mails de clients que je connais. Je gère en priorité ces derniers, puis les e-mails internes qui me sont destinés. Si j’ai le temps, je consulte les copies. De plus, j’ouvre ma messagerie uniquement le matin en arrivant au bureau, après le déjeuner et le soir. Le reste du temps, elle est fermée. Enfin, je réponds toujours en mode déconnecté. Cela m’évite de répondre du tac au tac, ou d’envoyer plusieurs mails au lieu d’un. »

Etre un « stratège du temps »

N’allez pas croire que le temps est uniforme. Pour Jean-Louis Muller, le temps se décompose en « calories » : la charge physique, la charge mentale, le stress, le risque relationnel, la capitalisation des expériences, l’efficience probable et le plaisir. « Pour bien gérer son temps, il faut chercher à réduire au maximum les quatre premiers ingrédients et à maximiser les derniers », explique-t-il. Ces variables dépendent des individus et du moment. Certaines personnes sont, par exemple, plus en forme le soir et profitent du calme pour avancer sur des dossiers délicats. Etre un bon stratège, c’est savoir trouver le moment opportun, c’est-à-dire le bon moment pour soi, mais aussi pour les autres.

Prendre du recul

Patrice Joulia compare le manager à un pompier contraint d’éteindre les feux qui se présentent. « Tout le monde a l’impression d’être complètement aspiré par des tâches, sans avoir de temps pour la réflexion », estime-t-il. Pour résister à l’urgence, il faut donc cultiver le recul. « Les managers doivent se mettre en situation de lenteur interne, préconise Jean-Louis Muller, en régulant notamment leur respiration ou encore le débit de leur voix. » Paradoxalement, il faut donc être lent pour bien gérer le temps, mais aussi savoir prendre de la distance. Entre deux activités à haute intensité, dix minutes de « sas » s’imposent pour envisager la suite. « Lorsqu’on doit prendre une décision importante, poursuit Jean-Louis Muller, il ne faut pas agir à chaud mais prendre connaissance de tous les éléments avant le soir et attendre le lendemain. »

L’impératif du bonheur

img-home-a-la-une.jpg

Le bonheur est au-devant de la scène managériale. C’est la quête légitime voire impérative de chacun ; ce serait le devoir des pays et des institutions de l’installer et le rendre possible. La question du bonheur semblait, depuis les Grecs (on parlait alors plutôt de bonne vie), plutôt intime et personnelle : il relevait d’une recherche personnelle prenant en compte les différentes facettes de l’existence, affective, professionnelle, sociale et spirituelle. Mais le bonheur devient public : c’est le sens d’une politique, ce serait même un impératif pour la gestion des ressources humaines et le management.

La question du bonheur a taraudé des générations de candidats au baccalauréat en pleine épreuve de philosophie. S’agit-il de bonne vie, de bien-être ou de satisfaction ? Est-ce que tous ces termes sont synonymes ? Les candidats philosophes continueront longtemps de plancher sur la question… L’intérêt des entreprises pour le bonheur peut au moins être relié à trois considérations. Premièrement le bonheur, abordé comme une préoccupation personnelle, rend compte du souci du développement, de la santé, des conditions de vie de la personne considérée dans notre civilisation comme l’unité de base de l’humanité. Le bonheur est la perspective obligatoire dans une société individualiste où chacun vit pour lui-même, voire une société « singulariste » où chacun attend du reste de la société qu’elle lui procure les conditions de sa satisfaction.

Deuxièmement, la recherche du bonheur s’inscrit dans la tradition des idéologies implicites des spécialistes des ressources humaines selon lesquels le bonheur, le bien-être ou la satisfaction généreraient de la performance. L’amélioration des conditions de travail dans les années 80, la qualité de la vie au travail dans les années 90, le souci de l’harmonie entre vie personnelle ou professionnelle dans les années 2000 et le bien-être des années 2010 reproduisent le même mode de pensée selon lequel la bonne vie des personnes produit inexorablement la performance des entreprises. Les chercheurs s’évertuent encore à pouvoir le démontrer et si les exemples d’une telle béatitude sont nombreux, les contre-exemples le sont tout autant.

Troisièmement, le monde des ressources humaines sacrifie régulièrement aux modes et aux intérêts subits et viraux pour certains sujets. Certes pertinents, ces sujets sont souvent l’arbre qui cache la forêt et l’unique préoccupation pour les professionnels et chercheurs. Spécialistes, congrès, colloques et publications éclosent alors comme champignons après une pluie automnale. Cela a été le cas pour les questions de harcèlement, stress et autres risques psychosociaux : ce phénomène est devenu le marteau grâce auquel, tout question RH devenait un clou, la référence absolue, l’unique moyen d’aborder la question du travail et de sa gestion. Comme ces phénomènes d’emballement sont pendulaires, il n’est pas impossible que le nouvel impératif du bonheur en soit le contre-coup, à la fois la réaction des professionnels des RH qui combattent une vision 3S du travail[1] et un réflexe épistémologique de ceux qui comprennent que l’émotion a peut-être un temps empêché leur raison.

Ainsi, la prudence – qui était nécessaire pour ne pas céder à la vague mortifère d’un travail forcément maléfique – est à nouveau convoquée face à l’impératif béat du bonheur. Avec tous les bacheliers on continuera encore longtemps de s’interroger sur le sens du bonheur. Un très intéressant ouvrage sur l’économie du bonheur[2] le confirme en montrant la diversité des approches dans les multiples recherches effectuées sur la question. Est-ce un état, corrélé à certaines caractéristiques de la société comme un niveau de vie, de richesse, d’éducation ou de santé ; est-il absolu ou relatif à un environnement et à la situation de ses voisins ; est-ce seulement un ressenti, comme le froid ou le potentiel d’évolution de la conjoncture ? Il semble[3] qu’on l’associe souvent au confort, à la satisfaction des besoins, à l’absence de souffrance mais n’est-il que cela ? Le fonctionnement de la société de consommation montre que l’obtention d’un objet ne fait qu’ouvrir la porte au désir du suivant. Dans une recherche présentée dans l’ouvrage ci-dessus, on s’est aperçu que les personnes étaient prêtes à payer plus pour éviter des moments désagréables que pour revivre des moments agréables…

Par ailleurs, l’attention portée au bonheur n’est pas totalement gratuite. Si l’on ne peut qu’espérer le bonheur pour tous, comme nous l’avons si souvent « texté » et « tweeté » en ce début d’année, ce souci n’est pas gratuit. Il serait aussi la cause attendue de la performance. En termes de valeurs, je me retrouve bien dans cette idée ; en un mot j’aimerais que chacun trouve du bonheur dans son travail et que la performance en découle dans un cercle vertueux où le bonheur crée du profit qui permet de renforcer les causes du bonheur (même si on ne sait pas comment entamer ce processus de la poule et de l’œuf). La réalité ne ressemble pas toujours à cette belle histoire. Sans même rappeler le cantonnier de Fernand Reynaud (pour les lecteurs les plus anciens), il était vraiment HEUREUX (il le rappelait régulièrement) mais pas plus performant pour autant… Les lecteurs connaissent sans doute de très nombreux collègues heureux mais pas très performants.

Enfin, si le bonheur est un impératif, il a tôt fait de devenir un droit. Evidemment, c’est au roi de travailler au bonheur de ses sujets, c’est une mission première d’un bon gouvernement : certains ne proposent-ils pas de transformer le produit intérieur brut en un bonheur intérieur brut mais celui-ci ne serait-il que l’accumulation des bonheurs individuels de ses citoyens ? En va-t-il de même pour les institutions et les entreprises ? Est-ce que le bonheur de leurs parties prenantes fait partie de leur responsabilité sociale ? On peut comprendre que ce soit le souci de leurs dirigeants, actionnaires ou salariés dans le cadre de l’éthique de leur mission mais est-ce un devoir de l’institution ? Et d’ailleurs quel bonheur, celui de l’instant ou celui du futur ?

Au-delà de ces aspects philosophiques, les auteurs du livre cité plus haut s’interrogent sur tous les aspects contre-intuitifs liés au bonheur ou à ces émotions positives que l’on devrait laisser nous envahir dans le cadre d’une vision idéale de l’existence. Ils nous appellent à regarder les questions humaines avec un peu de réalisme et de bon sens. Ils soulignent que les gens heureux ne sont pas forcément les plus efficaces. Dans un ouvrage déjà ancien, Danny Miller[4] montrait que les entreprises performantes ont toujours tendance à reproduire la formule qui leur a apporté le succès et elles se tuent à la répéter tout comme Icare, heureux de ses ailes se rapproche du soleil qui en fait fondre la cire, précipitant ainsi sa chute. C’est la raison pour laquelle il faut changer les équipes qui gagnent[5] : le confort de la réussite dans lequel elles se sont installées ne les prédispose pas à être attentives à l’environnement et à la remise en cause de leurs modes de fonctionnement.

D’après les auteurs de l’ouvrage cité, les gens heureux ont tendance à être plus crédules, à considérer que leur état de satisfaction sera forcément durable. Ainsi le bonheur ne pousse pas à changer ni à être très accrocheur et persuasif. Mieux encore, il est clair que le bonheur du moment est souvent la source de malheurs futurs : c’est le cas quand on fume une cigarette ou quand on jouit du beau temps plutôt que de préparer du bois pour l’hiver…

Ainsi, on pourrait même dire que les émotions négatives, les insatisfactions, voire le malheur ont aussi leurs effets positifs. Les sportifs et les artistes le savent avec leurs longues et difficiles séances d’entrainement et de répétition. Les insatisfactions constituent souvent un moteur pour l’action et la performance. C’est souvent une bénédiction pour une entreprise d’accueillir un dirigeant qui vient de subir un échec chez un concurrent (dans une guerre de succession par exemple) : son insatisfaction, sa rancune et son souci de revanche sont le meilleur gage de sa motivation future. Les auteurs soulignent que l’on confond souvent les émotions négatives avec leurs excès : une certaine culpabilité peut rendre plus attentif aux autres même si la honte risque d’inhiber ; il existe de saines colères même si la rage est destructrice ; l’angoisse et le trac sont un facteur de succès alors que la panique coupe tous les moyens. Une petite dose de narcissisme, voire de machiavélisme aide aussi à vivre de manière plus réaliste dans notre contexte social.

Si les RH et le management sont les fonctions les plus directement en contact avec les questions humaines, elles doivent maintenir une grande prudence vis-à-vis de l’impératif du bonheur autant qu’elles auraient dû le faire vis-à-vis des maléfices du travail.  Le bonheur est une question trop sérieuse et importante pour être confiée aux autres et en particulier aux entreprises et à leurs politiques. Pour aborder cette question difficile, il est nécessaire d’avoir une finesse anthropologique dont les théories du management ne font pas souvent preuve.

Un peu de finesse conduit à éviter la naïveté vis-à-vis d’un état de bonheur : la vie, ce sont des moments différents plus qu’un état, avec des hauts et des bas, des bonheurs et des malheurs, des émotions négatives et positives. Ainsi le problème n’est pas d’imaginer un état de bonheur avec une satisfaction ressentie uniformément élevée ; il est plutôt, pour chacun, de savoir prendre en compte ses émotions négatives, accepter les désagréments, savoir les utiliser ou les dépasser comme nous l’ont enseigné les théories de la résilience. Le bonheur n’est pas un état mais une capacité à vivre avec la diversité des situations et des émotions qui constituent l’existence. Cette évidence anthropologique a de nombreuses conséquences pour les pratiques RH. Cela devrait les inviter à ne pas entretenir de faux espoirs sur un bonheur impossible mais de permettre aux personnes d’accroître leur capacité à assumer la réalité de leur travail et de leur existence. Plus encore, et comme le conseillait déjà Peter Drucker, les entreprises devraient surtout faire leur devoir plutôt que de s’occuper du bonheur des gens, elles devraient développer les personnes plutôt que de les satisfaire, elles devraient leur donner l’occasion de développer leurs projets plutôt que de seulement satisfaire leurs besoins.


La route du soi

visuel_expert_patrick-bouvard-new_1.jpg

Je suis fasciné par la fascination des managers pour les sociologues ou… autres observateurs des supposées tendances d’évolution de la société. Est-ce le reste d’un fond de culture universaliste qui les pousse à ne pas se laisser distancer par une évolution sociétale ? Nouvelles générations, digitalisation, travail collaboratif, la personne augmentée et la congélation gratuite d’ovocytes pour les salariées sont autant de tendances qu’il ne siérait pas d’avoir occultées. Cette fascination a parfois des côtés comiques comme dans ces nombreuses assemblées de managers et de responsables des ressources humaines qui trouvaient un apparent plaisir à se faire accuser de harceler et faire souffrir les autres.

Cette fascination pose trois problèmes de pertinence. Le premier tient à la pertinence de ces supposées tendances : un regard rétrospectif sur nos débats des trente dernières années devrait inviter à plus de prudence : on nous avait expliqué que la microinformatique resterait un gadget pour enfants de cadres supérieurs qui ne s’abaisseraient jamais à utiliser le clavier ; on nous avait aussi expliqué que les quinquas ne pourraient jamais abandonner leur travail pour partir en retraite anticipée… Le deuxième problème est celui de la pertinence des tendances pour l’entreprise. Toutes ces évolutions concernent-elles l’entreprise, toutes les entreprises ? S’il est indispensable de garder un œil rivé sur ce qui se passe en Chine ou dans la Silicon Valley, il n’est pas inutile de réfléchir à deux fois sur l’impact éventuel de ces mouvements médiatisés sur la situation réelle de chacun. Le troisième problème de pertinence concerne l’action à mener pour coller à ces transformations : comment faire le départ entre un ajustement passif, une soumission à des évolutions et l’affirmation de modes de fonctionnement qui peuvent aussi s’inscrire en faux contre des tendances affirmées de manière trop générale : il suffit de se rappeler le destin de tous ceux qui voyaient il y a 15 ans le remplacement d’une vieille par une nouvelle économie, la disparition du brick-and-mortar au profit du click-and-mortar. GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) n’a pas fait disparaître GE ou GM.

Nous voici aujourd’hui face à une nouvelle injonction sociétale adressée à chacun d’entre nous, celle de « devenir soi ». C’est le titre du dernier ouvrage de Jacques Attali dans lequel l’optimisme affirmé de l’auteur pour les solutions proposées n’a d’égal en intensité que le pessimisme du constat sur notre société. Le message de l’auteur est clair, il tient dans les premières lignes de l’ouvrage « dans un monde aujourd’hui insupportable et qui, bientôt, le sera plus encore pour beaucoup, il n’y a rien à attendre de personne. Il est temps pour chacun de se prendre en main ». Suivent quatre parties écrites d’un style sec, tenant de l’anaphore, décidément très à la mode, et de la docte et autoritaire injonction. Comme s’il n’y avait pas de temps à perdre, de discussion à tenir, de tergiversation à supporter. Dans un premier temps, Attali dresse une liste sans concession de tout ce qui ne va pas et ira plus mal, à force d’adjectifs définitifs : « l’irrésistible ascension du mal », « l’inévitable somalisation du monde ». Il stigmatise les « résignés-réclamants », qui seraient « largement majoritaires et pas seulement dans les démocraties … résignés à ne pas choisir leur vie, réclamant quelques compensations à leur servitude ». Attali fait ensuite une longue liste de personnages contemporains ou historiques qui ont choisi leur vie, en s’abstrayant de tout déterminisme ou enfermement institutionnel, familial, social, politique, sexuel, idéologique, religieux. Malgré la rigueur des contextes personnels et les handicaps apparemment insurmontables, ces personnes ont fait le choix d’une vie différente : ils n’ont pas innové, ils ont choisi, qu’ils soient artistes, entrepreneurs privés, ou militants. Attali voit dans leur expérience les signes d’une renaissance possible. Après un bref passage chez les « penseurs » l’essayiste propose enfin au résigné-réclamant repenti un chemin en cinq étapes pour devenir soi.

Les managers avides de tendances s’interroger devant une telle injonction. Ils ont déjà l’impression que beaucoup de comportements relèvent du « devenir-soi » au point que l’entreprise et le travail apparaissent parfois uniquement comme le moyen de servir l’individu. L’individualisme ou le singularisme sont souvent considérés par les professionnels des ressources humaines comme une réalité qu’ils ne savent plus aborder : il apparaît dans des comportements des salariés, dans une sur-utilisation du droit, dans des approches de l’entreprise qui oublient parfois sa raison d’être. L’entrepreneuriat ne serait jamais pour l’essayiste qu’une des voies possibles de devenir soi au même niveau que le choix de son pays ou de sa sexualité. J’imagine les responsables de ressources humaines un peu perplexes devant cette injonction, ne sachant si elle les concerne ou ce qu’ils doivent en faire.

Au même moment, Stewart Friedman , professeur à Wharton, fait un étrange écho à l’auteur français. Après avoir développé il y a quelques années l’idée d’un « leader total » qui ne pourrait laisser de côté les différentes facettes de son existence physique, intellectuelle, professionnelle, familiale, spirituelle ou citoyenne, il revient à la charge en s’adressant à tous ceux qui peuvent avoir l’impression de ne plus rien maîtriser de leur existence. D’un côté et de l’autre de l’Atlantique, deux approches se répondent, la française plus traditionnellement située dans une sociologie de la domination et l’américaine partant du souci de la personne de ne plus maîtriser son existence. Friedman s’insurge contre une approche duale de la vie personnelle et professionnelle. Pour lui il existe quatre domaines de l’existence que la personne doit décider d’aborder complètement et de manière intégrée : le travail, la maison (ou structure affectivo-partenariale), la société et le monde du soi. Friedman s’adresse aux managers ou à toute personne qui travaille dans une institution pour l’aider à intégrer le travail dans sa vie et cesser ainsi de sentir une opposition, un écartèlement, ou une dispersion.

Pour ce faire, la personne doit être plus authentique en clarifiant ce qui est le plus important dans sa vie ; elle doit être plus unifiée en repérant comment chaque facette de son existence affecte les autres, comment peuvent s’unifier les relations avec les personnes qui comptent pour elle ; elle vise enfin à être plus créative pour expérimenter sans cesse de nouvelles manières concrètes de vivre avec les autres pour atteindre les buts que la personne s’est fixés. Friedman développe dans son ouvrage les compétences nécessaires à l’atteinte de ces trois objectifs ; il illustre son approche en racontant le chemin de personnages célèbres comme Michelle Obama ou Bruce Springsteen par exemple. Dans la dernière partie de son ouvrage, il met en forme son expérience de professeur pour proposer des exercices concrets sur la route de l’authenticité, de l’unité et de la créativité. En effet, Friedman aide depuis des années des étudiants et des managers à emprunter ce chemin personnel de transformation. Voilà les managers apparemment rassurés, la route du soi, inclut le travail et l’entreprise, pour autant que l’on sache quoi faire de ce genre d’approches. Mais concrètement, à quoi peut bien leur servir cette valorisation du soi ?

La première piste à retenir tient à l’étrange proximité d’approche de ces deux auteurs assez éloignés. Les deux proposent un chemin, un parcours, des exercices, un apprentissage dont peuvent s’emparer les lecteurs. Les cinq étapes de « devenir-soi » pour Attali consistent à « prendre conscience de son aliénation », « se respecter et se faire respecter », « ne rien attendre des autres », « prendre conscience de son unicité » et enfin « se trouver, se choisir ». Friedman est plus concret en proposant sur plusieurs dizaines de pages, des exercices simples qui permettent de devenir plus authentique, unifié ou créatif. Il rejoint en cela de grandes traditions de l’éducation et de la spiritualité où l’on a compris depuis longtemps l’importance de l’apprentissage personnel, à l’aide de pratiques concrètes pour aider la personne à être elle-même. Finalement les grands penseurs de l’humanité avaient, depuis des siècles et des millénaires, ouvert la route du soi. Laurent Falque, responsable dans une école d’ingénieur, et Bernard Bougon[3], jésuite, en font l’impressionnante démonstration, à partir des œuvres d’Ignace de Loyola, pour apprendre à mieux discerner dans ses situations professionnelles.

La deuxième piste n’est pas très nouvelle mais il est frappant de voir qu’elle le redevient aujourd’hui. Friedman ou Attali ne s’adressent pas au manager pour qu’il « gère » mieux les personnes. Ils ne s’adressent pas à ceux qui auraient l’autorité pour agir sur les autres, pour trouver et mettre en œuvre les bons systèmes qui garantissent de l’efficacité. La parole s’adresse à chacun, donc avant tout aux managers eux-mêmes pour qu’ils travaillent sur eux-mêmes avant de travailler sur les autres. Le devenir-soi est surtout un message à tous – les managers en particulier – pour qu’ils commencent à travailler sur eux-mêmes : c’est un décentrement complet par rapport à nos approches d’un management mécaniste. Le message n’est pas nouveau : il y a quelques décennies des organismes de formation travaillaient avec les apprentis-leaders dans cette perspective mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. La mécanisation des programmes de formation et le manque de culture anthropologique ont souvent nourri l’appauvrissement des formations au management et au leadership.

La troisième piste ne consiste qu’à rappeler qu’une institution reste un lieu de collaboration, de travail ensemble. Il est certes nécessaire d’affirmer ce chemin d’approfondissement personnel, d’auto-détermination, de réunification de la personne, sans glisser dans une anthropologie qui oublierait que la relation à l’autre est aussi une composante du soi. Ainsi, ils feront en sorte que cette affirmation de soi ne se fasse pas contre, à côté ou sans considération des collectifs dans lesquels se situe la personne. Le seul vrai conseil aux managers se situe sans doute là. Ils doivent travailler sur eux-mêmes pour que les institutions honorent leur raison d’être et leur finalité en permettant au soi retrouvé de s’épanouir dans une collaboration féconde plutôt que dans un repli narcissique qui ne serait guère plus attirant que le « résigné-réclamant ».

Etes-vous prêt à relever les défis professionnels qui s’offrent à vous ?

Vous avez bien pris connaissance de nos outils de développement personnel et vous venez de terminer notre test carrière. Vous savez donc qu’il ne vous reste plus qu’à relever des défis dans chacun des domaines suivants : maîtrise du désordre, construction d’un réseau relationnel et professionnel, développement de vos compétences et enfin identification du maillon manquant dans votre carrière.

Voici nos conseils pour vous aider à relever ce défi professionnel :

Défi professionnel : la maîtrise du désordre dans vos dossiers

  • Etape 1 : observez votre bureau comme si ce n’était pas le vôtre          

Il n’est ici pas question de transformer votre bureau en un espace aseptisé. Cependant, il est important de faire des efforts, car l’état de votre bureau en dit long sur votre faculté à vous organiser et à faire preuve de professionnalisme. Dites-vous que votre patron ou un potentiel client peuvent passer devant à n’importe quel moment de la journée. Nous vous conseillons donc d’être exigeant avec vous-même et de remettre en ordre votre espace de travail si besoin.

  • Etape 2 : aidez vos collaborateurs avec leur espace de travail

Vous savez maintenant organiser votre espace de travail ainsi que vos fichiers informatiques et vos e-mails. Vous pouvez donc venir en aide aux collègues qui ont des difficultés sur ce point. Grâce à vous, ils augmenteront leur productivité, ce qui est bon pour l’ensemble de l’entreprise.

  • Etape 3 : mettez à jour votre CV

Il vous reste un peu de temps ? Mettez votre CV et votre liste de références à jour ! Vous pourrez ainsi réagir rapidement si une opportunité se présente.

 

Défi professionnel : améliorer votre réseau relationnel

  • Etape 1 : une attention de tous les instants

La meilleure démarche n’est pas de vous demander ce que le réseau peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour lui. Si une personne dans votre entourage professionnel souhaite changer d’orientation et que vous êtes déjà passé par là, vous pourrez sans doute beaucoup l’aider.

  • Etape 2 : trouvez de nouveaux contacts

Les personnes qui font partie de votre réseau vous ressemblent. C’est une bonne chose, mais n’hésitez pas à élargir vos horizons : les personnes qui n’évoluent pas dans la même sphère que vous peuvent aussi se révéler d’une grande aide.

  • Etape 3 : préférez le téléphone à l’email

L’email est pratique, mais impersonnel. De temps en temps, préférez le téléphone et les rencontres le temps d’un déjeuner ou d’un café. Vous développerez des échanges plus amicaux, ce qui vous sera d’une grande utilité par la suite.

 Défi professionnel : développez vos compétences

  • Etape 1 : analysez de près vos missions actuelles

Vous ne vous souvenez pas de la dernière fois où vous avez acquis de nouvelles compétences ? Vous avez tout simplement peut-être fait le tour de votre poste actuel. Que diriez-vous de rechercher de nouvelles responsabilités que ce soit dans votre entreprise ou dans une autre société?

  • Etape 2 : n’oubliez pas les opportunités extra-professionnelles

L’apprentissage ne se fait pas seulement lorsque l’on est au travail. Par exemple, vous développez vos capacités managériales en entraînant une équipe de foot. Et vous apprenez à mieux vous organiser en aidant une association à préparer des événements.

  • Etape 3 : contactez votre réseau professionnel

Plutôt que de vous laisser submerger par les nombreuses compétences que vous souhaiteriez acquérir, demandez de l’aide à une personne de votre réseau. Elle fera le point avec vous et vous permettra d’établir des priorités. Bien évidemment, en retour, vous devrez aussi avoir un geste pour elle à l’avenir.

 Défi professionnel : trouvez le chaînon manquant

  • Etape 1 : évaluez le marché actuel et identifiez vos priorités

Ce qu’il vous manque : une belle augmentation ? Des voyages d’affaires plus fréquents ? Des avantages supplémentaires ? Attention : ici, il ne s’agit pas de rêver, mais de rester réaliste. Listez vos envies et classez-les par ordre d’importance. Ainsi, si votre objectif principal n’est pas réalisable, ce ne sera pas grave : d’autres pourront se réaliser.

  • Etape 2 : une seule action à la fois

Il y a toujours de nombreuses choses à faire pour se sentir mieux au travail. Mais il est préférable de procéder par étape en ciblant ce qui est le plus important à vos yeux.

  • Etape 3 : impliquez votre réseau relationnel pour trouver le chaînon manquant

Vos proches peuvent vous aider à trouver le maillon manquant. Pour cela, il suffit de se baser sur leurs expériences. Un conseil : demandez de l’aide à plusieurs personnes venant de sphères différentes pour élargir vos horizons.

L’importance du comportement au travail

Pour s’épanouir dans sa vie professionnelle, il ne suffit pas d’avoir de solides compétences, il faut aussi savoir s’intégrer dans une équipe et connaître la culture de l’entreprise.

  • Attention aux critiques maladroites et au comportement très personnel qui peuvent jouer en votre défaveur.
  • Sachez que le patron reste le patron, ce n’est pas votre collègue avec qui l’on discute de ses petits problèmes personnels.
  • Maintenez une distance acceptable avec votre supérieur, ayez en tête que c’est lui qui :

Comportement au travail : comment faire sa place ?

Prochainement, vous allez effectuer votre prise de poste, la première impression que vous donnerez sera donc capitale.

  • Soyez détendu, souriant, aimable et déterminé.
  • Sachez aussi décrypter les codes et les rites qui régissent l’entreprise.
  • Allez vers les autres
    • N’oubliez pas les mots magiques : bonjour, au revoir, s’il vous plaît, merci.
    • Ces formules de politesse s’adressent à tout le monde de l’ouvrier au cadre.
    • Ne faites pas de racisme social.
  • Proposer son aide
    • Vous pouvez proposer votre aide sans que cela ne devienne une habitude, ne soyez pas non plus trop envahissant.
    • Vous pouvez aussi demander des conseils.
  • Respect de la hiérarchie
    • Sachez respecter les niveaux de la hiérarchie : on s’adresse d’abord à son manager avant de s’adresser au grand patron. Votre supérieur direct serait vexé d’avoir été évincé.
    • Évitez aussi de faire du chantage à votre supérieur, essayez de négocier sereinement en avançant des arguments concrets.
  • Se mettre en avant
    • Sachez vous mettre en avant en faisant preuve d’initiatives (rechercher des informations sur la concurrence ou sur le secteur d’activité de votre entreprise).
    • Vous serez remarqué et cela vous permettra de décrocher de nouvelles missions intéressantes.
  • Soyez professionnel
    • Pour être professionnel, il faut être ponctuel, efficace, réactif, créatif, énergique, productif.
    • Ne vous contentez pas du minimum, il faut quelquefois savoir s’adapter aux horaires en restant un peu plus longtemps le soir si un dossier important l’exige. Cela prouvera votre capacité à vous adapter.
    • Ne promettez pas non plus l’impossible, soyez réaliste, analysez vos compétences ainsi que les délais à tenir pour réaliser la mission confiée.
  • L’esprit d’équipe
    • Optez pour l’esprit d’équipe en partageant vos informations et vos fichiers si ces derniers ne sont pas confidentiels.
    • L’entraide soude l’équipe et le service auquel vous êtes rattaché n’en sera que plus productif.

Dans tous les cas, la communication interpersonnelle influe sur votre comportement au travail, il faut donc savoir la maîtriser pour éviter la gestion des conflits.

Pour entretenir de bonnes relations au travail, il y a quelques règles élémentaires à respecter, à savoir :

  • Ne polluez pas l’environnement sonore de vos collègues en criant : vous pouvez vous déplacer pour rencontrer la personne à qui vous vous adressez ;
  • Ne dévoilez pas trop votre vie intime qui pourrait alimenter les conversations, surtout si vous souhaitez évoluer au sein de l’entreprise et devenir manager ;
  • Evitez de vous poser en victime, cela donne une mauvaise image de vous ;
  • Inscrivez-vous dans une dynamique positive, évitez les ragots, les moqueries : ayez un esprit de groupe constructif ;
  • A proscrire : dénigrer son supérieur à ses collègues de travail, même si vous en ressentez le besoin, cela pourrait se retourner contre vous ;
  • Sachez faire votre autocritique, reconnaître vos responsabilités et identifier vos défaillances pour vous améliorer.

L’innovation frugale appliquée aux entreprises

Installé à Palo Alto, dans la Silicon Valley, Navi Radjou est conseiller en innovation et chroniqueur à la Harvard Business Review. Son premier livre, L’Innovation jugaad, est devenu un best-seller. Il publie un second volet consacré cette fois à l’innovation frugale*, ou comment les entreprises peuvent s’appuyer sur des tendances sociales – consommation collaborative, économie circulaire, mouvement des « Makers » – pour produire mieux dans un contexte de crise économique et environnementale. Interview.

Comment êtes-vous passé de l’innovation « jugaad« , inspirée de la débrouillardise des pays émergents, au concept plus global d’économie « frugale »?

Mon livre sur l’innovation jugaad célébrait l’ingéniosité des petits entrepreneurs du Sud, capables de créer des solutions abordables et durables avec très peu de ressources. Dans ce nouvel opus, on commence à identifier dans les pays industrialisés un contexte socio-économique qui s’apparente étrangement à celui des émergents. Il y a chez les consommateurs confrontés à la crise économique une quête de valeur, l’envie de faire mieux avec moins. Cette pression des clients crée un marché pour des solutions frugales. Les acteurs de l’économie du partage y répondent déjà. On a eu envie de dire aux entreprises françaises, PME comme grands groupes, que si elles ne réinventaient pas leur façon d’opérer, elles allaient se faire avaler par des start-up, voire des consommateurs qui commencent à s’organiser entre eux.

Comment mettre en place cette démarche?

D’abord, il faut simplifier au maximum les produits et les services. Plus un produit est complexe, plus il nécessite des ressources pour le développer. Les entreprises doivent passer du temps à identifier les besoins des clients pour y répondre de manière précise, et non plus « se faire plaisir » avec de la technologie pour de la technologie. Il faut savoir rester modeste dans son offre. Un autre levier, c’est la flexibilité. Le temps est une ressource rare. L’internet des objets permet aujourd’hui de mieux utiliser les actifs en réduisant l’inefficacité et la consommation énergétique des chaînes de production. La ressource humaine aussi doit devenir plus agile. Une façon de devenir frugal, c’est de donner plus de pouvoir aux salariés. Les leaders pensent souvent qu’ils sont payés pour faire toujours plus. Le leadership frugal, c’est réfléchir à avoir plus d’effet dans l’entreprise en en faisant moins, c’est à dire en rendant les salariés plus autonomes pour libérer leur créativité. Les entreprises doivent enfin adopter les principes de l’économie circulaire, avec des produits conçus pour utiliser moins de ressources naturelles tarissables, et capables d’être décomposés et réutilisés à la fin de leur cycle de vie.

Votre livre s’appuie surtout sur des exemples de grands groupes, comme Renault. Comment la frugalité peut-elle profiter aux PME?

Ma première suggestion serait d’appliquer les principes de l’économie du partage au domaine du B to B. Est-ce que les petites entreprises ne pourraient pas mutualiser leurs achats? Le pouvoir de la communauté a fait ses preuves chez les particuliers. Dix PME ont plus de force en termes d’achats ou de ventes qu’une seule. Les chefs d’entreprise peuvent faire des gains en matière d’approvisionnement. Je les encourage beaucoup à se structurer en réseaux. Les PME peuvent aussi trouver des formes de symbiose industrielle, en imbriquant leurs chaînes de valeurs: les déchets des uns deviennent les ressources des autres, pour que plus rien ne parte à la décharge. La bonne nouvelle pour elles, c’est enfin que le coût de l’innovation baisse considérablement dans une approche frugale. Avec des composants électroniques open source tels Arduino, des plateformes comme des fablabs et le développement du financement participatif, l’innovation n’est plus si onéreuse qu’avant. C’est cela la frugalité: faire mieux, plus vite et moins cher.

La frugalité semble née de la crise. Qu’en restera-t-il si l’économie repart?

Je pense qu’elle est une réponse à des besoins sociaux-culturels de long terme et à un changement profond de valeurs. Une part non-négligeable des consommateurs français se déclare déjà adeptes de la frugalité volontaire [d’après une étude du Crédoc, NDLR] ou de ce que Pierre Rabhi appelle la « sobriété heureuse ». C’est une donnée importante parce que la frugalité n’avait jusque-là jamais été considérée comme une vertu, plutôt comme une déprivation. Aujourd’hui, des clients la choisissent. Quand ils louent un logement sur AirBnb, ils cherchent aussi une expérience sociale. La tendance transcende le courtermisme économique. C’est pour cela que je pense que, même si l’économie redémarre, la frugalité répondra toujours à cette quête de sens. Les marques doivent adopter l’innovation frugale non seulement pour réduire leurs coûts, mais pour rester pertinentes aux yeux des consommateurs et des employés.

* L’innovation frugale, comment faire mieux avec moins, Navi Radjou et Jaideep Prabhu, Diateino, mars 2014.

Comment répondre aux objections embarrassantes des clients

Vous souvenez-vous de la dernière fois où un client vous a déstabilisé avec une question épineuse ou une objection embarrassante?
Voici quelques clés pour éviter ce genre de situation.

 Il est possible d’anticiper et de préparer plus de 90 % des questions et objections qu’un client ou prospect est susceptible de soulever.

Préparer davantage un appel permet d’augmenter ses ventes de façon significative, sans oublier le gain en confort, en crédibilité et en efficacité lors du processus de vente.

Des enquêtes approfondies auprès d’acheteurs professionnels ont permis de dresser une liste des 15 principales questions que les clients sont susceptibles de poser.

Pour améliorer son approche commerciale, il est nécessaire d’identifier celles nécessitant une réponse plus convaincante que celle donnée habituellement :

(a) Si le client étudie les différentes propositions qui s’offrent à lui

1. Pourquoi devrions-nous choisir votre société ?

2. Quels avantages comporte votre solution par rapport à d’autres ?

3. Pourquoi votre solution est-elle plus performante que celles de la concurrence ?

4. Pourquoi devrions-nous prendre notre décision maintenant plutôt que l’année prochaine ? Pourquoi n’essaierions-nous pas de trouver une solution en interne ?

(b) Si le client cherche à être rassuré

5. Qui d’autre utilise votre solution ? Des entreprises de mon secteur d’activité l’ont-elles achetée ?

6. Disposez-vous d’une antenne commerciale dans notre région ?

7. Votre solution a-t-elle fait l’objet de tests, d’audits ou d’une certification d’un organisme indépendant ?

8. Est-il possible de tester ce prototype ?

9. De quels appuis financiers votre entreprise bénéficie-t-elle ?

(c) L’équation coûts-bénéfices

10. Décrivez-moi, chiffres à l’appui, les bénéfices que je vais tirer de votre solution.

11. Quel est le retour sur investissement ?

12. Nos activités/besoins sont différent(e)s. Comment pouvez-vous affirmer que votre solution va me correspondre ?

13. J’ai un doute sur vos chiffres. Sont-ils vraiment réalistes ?

14. Quel est le coût réel de votre solution ? Je suis sûr qu’il y a des coûts supplémentaires ou cachés à prendre en considération.

15. Pourquoi votre solution est-elle aussi coûteuse ? Quel est son coût total de possession (frais d’exploitation, etc.) ?

 La compilation des meilleures réponses aux questions et objections des clients est une ressource de vente inestimable. Un outil de CRM permet de stocker et de travailler ces informations.

8 raisons pour lesquelles vous êtes encore sans emploi

8 raisons pour lesquelles vous êtes encore sans emploi

Vous avez envoyé votre CV sans avoir reçu d’accusé de réception? Vous avez passé la première étape de l’entrevue téléphonique, mais n’avez jamais eu de nouvelles par la suite? On vous a convoqué pour une première rencontre, mais c’est un autre candidat qui a décroché le poste?

Si vous êtes sans emploi après de multiples démarches, c’est bien souvent parce qu’il y a un détail qui vous échappe. Pour remédier au problème, jetez un coup d’œil sur les 8 raisons pour lesquelles vous êtes encore sans emploi :

Vous n’êtes pas assez branché

De nos jours, plusieurs emplois se dénichent grâce au réseautage social. Bien que le CV demeure essentiel, nous ne sommes plus à l’ère où il suffisait.

Les médias sociaux donnent une mauvaise image de vous

N’oubliez jamais que tout ce que vous publiez sur Internet peut jouer pour vous aussi bien que contre vous. Annoncer sur Facebook que vous avez quittez votre emploi peut vous amener des offres inattendues, mais écrire « je quitte ma job de merde » ne sera certainement pas vu du même œil.

Il y a un détail sur votre CV qui accroche

On ne vous conseillera jamais assez de faire lire votre CV par quelqu’un de votre entourage, car un détail qui vous apparaît peut-être anodin sautera probablement aux yeux de quelqu’un d’autre. Par exemple, si votre adresse de courriel est lafamillegagnon@courriel.com cela peut vous paraître très mignon, mais ça ne démontre par un grand professionnalisme aux yeux des recruteurs.

Vous êtes surqualifié

Il y a des limites à être surqualifié pour un emploi. En vous embauchant, l’employeur passera les prochains mois à craindre que vous trouviez quelque chose qui correspond mieux à votre profil… raison pour laquelle il ne le fera sans doute pas.

Votre expertise est désuète

Vous êtes peut-être un expert en COBOL, mais hormis certaines entreprises spécialisées, ce langage informatique n’est à peu près plus employé par personne. Si c’est votre seul champ d’expertise, il est peut-être temps de songer à retourner aux études.

Vous êtes déprimé… voire déprimant

Il est tout à fait normal d’être déprimé après avoir été mis à pied. Encore plus si vous vous cognez le nez à des portes fermées depuis. Ceci dit, comprenez bien que ce n’est pas le problème du recruteur. Il vous appartient de vous présenter en tout temps sous votre meilleur jour. Prendre l’air pendant une quinzaine de minutes avant une entrevue est en outre un excellent moyen d’avoir bonne mine.

Vous êtes désespéré

S’il est bien d’avoir l’air enjoué, attention de ne pas paraître désespéré. Il n’y a rien de plus rebutant pour le recruteur que de voir un candidat prêt à accepter 1001 concessions pour décrocher le poste.

Vos exigences salariales sont trop élevées

À l’inverse, ne soyez pas trop exigeant au risque de perdre toutes vos chances. Négocier un salaire se fait beaucoup mieux de l’intérieur après avoir fait vos preuves que de l’extérieur tandis que vous êtes assis face au recruteur. Tenez-vous le pour dit!

Et dans l’attente de retrouver un emploi :

http://go.626f7572626f6e6e616973z2ec6d65646961756e6c696b65.3.1tpe.net

7 habitudes des entrepreneurs optimistes

Les personnes optimistes seraient en meilleure santé, vivraient plus longtemps et connaitraient de plus beaux succès que tout le monde. Mais qu’est ce qui fait leur différence ?

  • Elles se focalisent sur le positif et cherchent à tirer le meilleur de tout ce qui leur arrive
  • Elles fréquentent des personnes positives et fuient les toxiques
  • Elles acceptent leur doutes, leur baisse de motivation, leurs mauvais jours sans les refouler
  • Elles font confiance à leur intuition pour saisir les bonnes opportunités ou fuir les mauvaises
  • Elles ne ruminent pas leurs problèmes et leur passé, elles sont tournées vers l’avenir
  • Elles font confiance aux autres auxquels elles n’hésitent pas à insuffler leur énergie
  • Elles profitent de chaque instant de bonheur que la vie leur offre

Les personnes optimistes n’ont pas moins de soucis que les autres, il s’agit juste d’une question de perception des faits et de la façon dont elles font face à l’adversité. Tout entrepreneur doit apprendre à être optimiste, jour après jour, s’il veut faire avancer durablement son entreprise : l’optimisme appelle le positif !

LES 10 SECRETS DE L’ESTIME DE SOI

Le bonheur est un des principaux ingrédients de la longévité.

Or, pas de bonheur sans une bonne dose d’estime de soi.

Bonne nouvelle, renforcer son estime de soi, ça s’apprend !

Renforcer son estime de soi et faire son bonheur
Avoir une bonne estime de soi permet d’être positif, d’agir selon ses aspirations et de faire face aux difficultés de l’existence. Il est donc essentiel de développer son estime de soi. Pour cela, un travail est nécessaire. À tout âge, à tout moment et dans toutes les situations, il est possible de travailler son estime de soi et de la renforcer.

Comment procéder ? Voici 10 pistes à explorer pour renforcer son estime de soi.

1) Affirmez-vous !
Apprenez à dire ce que vous pensez, ce que vous souhaitez et aussi ce que vous ressentez. Attention, s’affirmer n’implique pas de devenir agressif. Vous devez apprendre à formuler vos pensées sans agressivité. Apprenez également à bien formuler vos souhaits et vos ressentis. Exprimez-vous clairement et toujours très concrètement.

2) Définissez vos priorités
Prenez le temps de réfléchir objectivement à vos projets de vie : quel est l’important pour vous ? Quelles sont vos priorités, vos projets dans la vie ? Etc. Vous pouvez ainsi mettre de côté vos doutes et vous focaliser sur vos priorités. Chercher à réaliser ses priorités bien établies améliore beaucoup l’estime de soi.

3) Listez vos valeurs fondamentales
Listez vos valeurs fondamentales (liberté de pensée, respect de l’autre, amour, citoyenneté…) et ne vous laissez pas polluer par des faits accessoires et autres idées superficielles.
Vivre avec des valeurs fortes contribue à rendre heureux.

4) Reconnaissez vos qualités
Nous avons tous des défauts et des qualités, lesquels peuvent même changer au fil de la vie. L’important n’est pas de focaliser sur ses défauts, mais sur ses qualités. Listez-les par écrit, relisez-les régulièrement et faites évoluer cette liste. Si nécessaire, demandez à vos amis ce qu’ils apprécient en vous, vous serez sans doute surpris !

5) Pour renforcer l’estime de soi : soyez positif et regardez toujours du côté de la solution
Face à un problème, on a souvent tendance à ne voir que les mauvais côtés des choses. Pourtant, il y a toujours du positif et des solutions. Exercez-vous. Face à une situation difficile, inscrivez dans une colonne les problèmes et les points négatifs, dans une autre, les points positifs et les solutions.

6) Regardez-vous avec tendresse et bienveillance
Vous faites de votre mieux et vous essayez tous les jours de vous améliorer. Cela vaut bien un peu de tendresse et de bienveillance. Parlez-vous et encouragez-vous, vous le méritez ! Et dès que vous croisez votre regard dans une vitrine ou une glace, souriez-vous.

7) Complimentez-vous et célébrez toutes vos petites victoires
Il n’y a pas que les promotions ou la réussite d’un examen qui comptent parmi vos victoires. La vie de tous les jours est ponctuée de petites et grandes réussites, dont vous devez vous imprégner (votre coq au vin était des plus réussis, vous avez bouclé votre dossier en un temps record, vous avez réparé le jouet cassé de votre enfant, vous avez organisé un super week-end, etc.). Clamez vos victoires et jouissez de ces petits instants magiques qui apportent du bonheur. Et chaque soir, repensez à toutes vos réussites de la journée et à tous les évènements heureux.

8) Muselez votre critique intérieure
Nous avons tous une petite voix intérieure qui nous dit :  » ne te réjouis pas trop vite « ,  » ça ne va pas durer « ,  » je ne le mérite pas « … Ces critiques n’ont aucune justification et elles gâchent inutilement les instants heureux. Ne vous critiquez pas vous-même et appréciez simplement les instants présents.

9) Éliminez vos  » pensées toxiques « 
 » Je suis bête « ,  » je suis maladroite « ,  » je suis trop petit « ,  » je n’y arriverai pas « … ces formules et autres petites phrases assassines entravent, voire handicapent vos pensées et vos actes. Vous devez les éliminer.

10) Transformez vos défauts en qualité
Acceptez vos défauts, assumez-les ou débarrassez-vous-en. Commencez par les identifier objectivement. Certains traits de votre personnalité que vous considérez comme des faiblesses peuvent devenir des points forts. Certains aspects physiques peuvent aussi devenir des signes distinctifs. D’ailleurs, la beauté vient de l’intérieur. Enfin, rien n’est immuable, tout peut se transformer.