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POURQUOI IL FAUT UNE RÉVOLUTION DE L’ÉDUCATION

Aujourd’hui, on va jouer à un jeu. Ça s’appelle Super “Ma Vie” Bros et c’est le jeu vidéo de la vie.

Le principe est simple : on se déplace de gauche à droite, en allant d’un point A à un point B. A chaque fois qu’on termine un monde, on a systématiquement accès au monde suivant. Ça donne ça :

Euh, attendez : “passage automatique de l’université au monde du travail” ? Vraiment ?

Si aujourd’hui un diplôme aide à trouver un boulot, pour autant, il ne donne aucune garantie de trouver un travail. Selon une étude de l’Apecen 2015 près de 40 % des jeunes bac +5 sont sans emploi un an après leur diplôme…

Mais alors… à quoi servent les études ?

Ce qui fait bizarre, quand on sort du monde scolaire pour enfin rentrer dans la vie active, c’est à quel point les règles sont différentes. Et on se rend compte bien souvent qu’on doit ré-apprendre énormément de choses…

En fait, c’est comme si l’école nous préparait à jouer à un jeu vidéo en 2D…

… alors que dans la vraie vie, on se retrouve à devoir naviguer à 360°…
Et on se retrouve perdu dans l’espace.

Ça, ça peut être très frustrant à vivre pour un individu. Mais c’est surtout extrêmement dangereux pour une société. Il y a difficilement pire, pour un collectif, que de ne pas préparer ses membres à ce qui les attend vraiment, et de peut-être gâcher le potentiel de ses individus.

Alors… pourquoi l’école n’est-elle pas à la hauteur de la tâche ?

I / L’ECOLE FRANCAISE : UN SYSTEME POUR FORMER DES « EXPERTS »

La question qu’on se pose le plus souvent, c’est “Qui a inventé l’école ?

Bon, contrairement à la chanson, Charlemagne n’a pas grand’chose à voir avec tout ça… Et surtout, savoir qui a inventé l’école, c’est finalement une question beaucoup moins importante que de savoir dans quel but.

A / Au départ, l’éducation a une mission surtout culturelle

En fait, l’école existe depuis hyper longtemps. Dans l’Egypte Antique jusqu’à la Gaule romanisée, l’éducation des enfants était déjà confiée à des profs qui n’étaient pas si éloignés de ceux qu’on connaît aujourd’hui…

A ce moment-là, l’éducation a un rôle essentiellement culturel. Les éducateurs apprennent aux enfants à lire, écrire, compter… mais ils leur transmettent aussi un savoir-être : c’est à dire des valeurs morales qui en feront des citoyens responsables.

Mais il y a une chose qu’ils ne font pas : apprendre un métier. Pendant longtemps, les cours de philosophie, de théologie, de droit ou de médecine n’étaient accessibles qu’aux plus riches, notamment dans les Universités qui se développent à partir du XIIème siècle en Europe. Mais pour l’immense majorité des métiers de l’époque (paysans, artisans…), les enfants se tournent plutôt vers leurs familles, qui leur transmettent leur savoir-faire.

Mais alors, depuis quand l’école est-elle là pour nous apprendre un métier ?
     B / Quand l’école se met à jouer un rôle économique

Tout ça change au moment de la première révolution industrielle, au XIXème siècle. Avec le progrès et l’évolution des techniques de production, les sociétés ont deux besoins :

C’est à partir de là que l’éducation va prendre une dimension économique. Son but ? Créer des individus employables… ce qui passe par leur apprendre un métier.

Bien sûr, il est difficile de dire si cette révolution de l’éducation a précédé la révolution industrielle, ou si la révolution industrielle a précédé la révolution de l’éducation : c’est un processus assez complexe où l’une et l’autre se sont alimentées mutuellement.

Et pour ça, le système pédagogique a été complètement repensé à cette époque. En France, deux personnes vont s’occuper de ça. On connaît surtout Jules Ferry…


L’école selon les lois Ferry de 1881-1882
… mais il y a une autre personne qui, avant lui, aura joué un rôle crucial pour modeler le système éducatif. C’est François Guizot, l’inventeur de la pédagogie moderne.

Mais on pourrait aussi dire : l’inventeur des profs chiants.

     a – La mise en place de la pédagogie moderne

En 1830 (50 ans avant Jules Ferry, donc), Guizot est face à un défi : il faut pouvoir éduquer le plus grand nombre d’élèves pour un coût aussi faible que possible. Pour ça, Guizot avait le choix entre deux systèmes pédagogiques qui co-existaient à l’époque :

Le premier, c’est l’enseignement simultané : ça consiste à avoir un professeur qui enseigne à tous ses élèves en même temps – de manière très « verticale ».

Et le 2e, c’est l’enseignement mutuel : c’est un système « horizontal », où le maître enseigne à certains élèves (“les moniteurs”), qui enseignent à d’autres, et ainsi de suite.

Alors, entre ces deux systèmes, lequel marchait le mieux, à votre avis ?

A priori, on penserait à l’enseignement simultané – puisque c’est celui qu’on a gardé. Eh bah raté… A l’époque déjà, on avait comparé les deux systèmes. Quand on voulait apprendre aux élèves à lire et à écrire, les résultats donnaient à peu près ça :

Résultats Enseignement simultané vs mutuel : 

Et pourtant, c’est bien l’enseignement simultané que Guizot retient au final. Pourquoi ? Il faut se rappeler que le XIXe, c’est un peu le siècle des révolutions. Et la thèse de la spécialiste de l’éducation Sylvie Jouan, c’est que Guizot a deux préoccupations : former la population, ok… mais aussi lui transmettre des valeurs morales. Comme Guizot disait à l’époque :

Il choisit donc l’enseignement simultané et centralisé qui permet à la fois un plus grand contrôle des professeurs… et surtout de la formation dispensée aux élèves.

Il ne reste plus qu’à mettre en place une organisation susceptible d’apporter cette formation au plus grand nombre. Et pour ça, on s’inspire de ce qu’on sait faire de mieux à l’époque : les usines.

     b – Le modèle de l’école-usine

Examinons le déroulé d’une journée-type à l’intérieur de ce riant bâtiment :

8h : début de la journée. Tout le monde se retrouve dans la salle commune – où on demande la parole avant de parler. 10h : 15 minutes de pause dans la cour bétonnée, sous le regard vigilant des gardiens. 12 h : pause-déjeuner pour tout le monde dans le grand réfectoire. Et l’après-midi, ça recommence…

Ce n’est pas une coïncidence : la vie à l’intérieur d’une école a été inspirée par le modèle de l’usine. C’est ce qu’on appelle la théorie de la Factory Model School, dont parle notamment Ken Robinson. Les principes communs de l’usine et l’école, les voilà :

Cette conception de l’école a bien fonctionné à plusieurs époques. Au XIXème siècle, quand l’usine était effectivement le lieu de travail principal de la population, mais aussi dans la deuxième moitié du XXème siècle, quand l’emploi a commencé à migrer vers les services. Le point commun entre les deux périodes ? A chaque fois, le monde du travail avait besoin de jeunes diplômés ayant accumulé des connaissances. On pourrait dire : des experts.

En France, on a même poussé la logique d’accumulation des connaissances assez loin :
– Programmes scolaires très chargés : 847 heures d’instruction par an vs. 790 en moyenne dans l’OCDE
Redoublements : une spécificité assez française dont la logique est de redonner exactement les mêmes connaissances à un élève en espérant que ça aille mieux la deuxième fois…
Système de notation « sanction » : si un élève fait une erreur, on estime qu’il lui manque des connaissances, sans forcément récompenser la prise de risque ou la créativité.

Le truc, c’est qu’avec l’accélération du progrès technique de la fin du XXème siècle, le monde de l’emploi a… disons, pas mal changé.

En fait, c’est un peu comme le jeu pour enfants où il faut placer des formes dans les emplacements correspondants. Pendant longtemps, le monde du travail avait besoin de carrés… et l’école s’est donc attaché à “former” des carrés.
Sauf qu’il y a deux choses :
1 – les individus ne sont pas tous des carrés.
2 – le monde a besoin d’autre chose que des carrés.

Et c’est pour ça que l’école doit complètement changer ce qu’elle est.

II / POURQUOI CE SYSTEME NE FONCTIONNE PLUS

En France, on est généralement assez fier de “L’école de la République”. Pourtant, à y regarder de plus près, le bilan n’est pas si brillant que ça… bien au contraire.

Depuis les années 2000, l’étude PISA compare les systèmes éducatifs de 68 pays. Et nous, on est là :

26e, dans le ventre mou du classement, largement derrière des pays comme le Viet-Nam, la Corée, la Slovénie ou la Pologne.

Un autre signe très inquiétant du système éducatif français, c’est la désaffection des professeurs : en 10 ans, le nombre de candidats au CAPES a carrément été divisé par quatre.

Et si on continue dans cette voie, la situation ne risque pas d’aller en s’améliorant.

Comme on l’a vu, l’école à la française accorde énormément d’importance à la maîtrise des connaissances – c’est à dire, l’expertise d’un sujet donné. C’est une approche qui était justifiée au moment où le monde avait besoin d’experts…

Mais ça, ce sera bientôt beaucoup moins le cas. Dans les prochaines années, la valeur de l’expertise va diminuer pour deux raisons : l’accélération du progrès technique et l’accès à l’information.

A / Le progrès technique

Au XIXème siècle, au moment où un enfant commençait ses études, on pouvait avoir une petite idée de ce que serait son futur métier. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus compliqué : on estime que 75 % des métiers qui existeront dans 15 ans n’existent pas encore aujourd’hui.

Et cette évolution va s’accélérer : les progrès de l’intelligence artificielle et de la robotique vont complètement modifier la hiérarchie des métiers – et donc des diplômes. Récemment, l’université d’Oxford a fait un travail génial : le classement des boulots les plus susceptibles d’être remplacés par des robots. Et on s’aperçoit que les diplômes les plus recherchés ne seront plus exactement les mêmes qu’aujourd’hui…
La conclusion de cette étude, c’est que toutes les missions et tâches répétitives pourraient être accomplies à moyen terme par des robots, même si les métiers concernés nécessitent des années de formation et d’accumulation de connaissances.

Un professeur de psychologie à Harvard, Howard Gardner, a défini les “5 minds for the future” – c’est-à-dire 5 qualités qui vont vraiment compter dans la complexité du XXIè siècle. 

Toutes ces qualités sont complémentaires à ce que les machines pourront nous apporter, comme la créativité pour toujours se ré-inventer, ou le sens éthique pour créer des projets qui protègent notre monde et notre planète.

Bref, à l’ère des robots, il est temps d’arrêter d’apprendre à nos enfants à penser comme des machines.

B / L’accès à l’information

Le deuxième changement fondamental de notre époque, c’est l’accès facilité à l’information.

Jusqu’au XIXe, la connaissance mondiale doublait tous les 100 ans. A la fin de la 2nde guerre mondiale, c’était tous les 25 ans. Aujourd’hui, la connaissance double tous les ans. Tous les jours, on uploade 2,5 quintillions de bytes de données sur le web.

Ca représente combien, d’ailleurs ?

Ça équivaut à 4 fois la Tour Eiffel en disques Blu-Ray empilés.
Et tout ça, ça ne tient pas dans quelques manuels scolaires. Toute la connaissance est désormais accessible en ligne à tout le monde, n’importe où, n’importe quand. Si on reprend le schéma de l’usine de tout à l’heure, ça donne ça :

Dans ces conditions, pourquoi garder le modèle du prof’ qui distribue du savoir à des étudiants passifs ? Face à Google, les profs ne peuvent pas gagner la bataille de l’expertise.

Il faut donc complètement repenser les méthodes pédagogiques – et même, plus profondément, leur but.

III / L’ECOLE DOIT DONNER AUX ELEVES L’ENVIE D’APPRENDRE

Bien sûr, la France a bien essayé de réformer son système éducatif, mais les dernières réformes (refondation de l’école de 2012, réforme du collège de 2016) étaient de simples évolutions… Alors qu’il nous faut une révolution.

Impossible ? Pourtant, que ce soit chez nos voisins européens ou même en France, un peu partout, des initiatives sont lancées pour réinventer l’école… et souvent avec succès.

Et il y a une chose qu’elles ont en commun : elles ne créent pas des experts, mais elles donnent aux élèves l’envie d’apprendre.

A / Les initiatives à l’étranger

Regardons l’exemple de la Finlande. Dans les années 70, leurs résultats étaient assez catastrophiques. Notamment parce que leur système était organisé… comme le nôtre :

Puis ils ont décidé de tout changer :
(Sans compter que les élèves ont carrément 15 minutes de pause entre chaque heure de cours).

En Finlande, les professeurs sont la clé de voûte du système éducatif, avec un vrai statut, une formation et un salaire adéquat, avec bien sûr des guidelines pour les aider, mais aussi une très grande liberté pédagogique.

En plus de ça, on accorde aux élèves une plus grande autonomie dans leur apprentissage, avec des professeurs peu directifs mais toujours présents pour accompagner les élèves à des moments clés de leur parcours.

Résultat : depuis 2001, dans les classements PISA, les jeunes Finlandais arrivent dans les premières positions des classements internationaux en science, lecture et mathématiques.

B / Les initiatives françaises

Parmi ces initiatives, il y a évidemment celle de Céline Alvarez, linguiste de formation, qui a conduit une expérience en maternelle au sein de l’Education nationale basée sur ce qu’elle a appelé Les Lois Naturelles de l’Enfant (c’est aussi le nom de son énorme best seller). Pour cela, elle s’est appuyée à la fois sur des décennies d’expérience de pédagogie Montessori, mais également sur les dernières avancées de la neuroscience, dont en particulier le Center on The Developing Child de Harvard.

Et le coeur de l’expérience, qu’elle raconte sur son blog, consiste notamment à laisser une vraie autonomie à l’enfant, pour qu’il apprenne ce qui lui plaît, sans l’interrompre, et à mélanger les enfants d’âges différents pour qu’ils apprennent les uns aux autres.

Un principe fondamental de l’expérience, c’est bien sûr de travailler avec des très jeunes enfants. Selon les neuroscientifiques, on ne devrait vraiment pas rigoler avec la maternelle : tout se joue avant 6 ans – c’est-à-dire à ce moment crucial de nos vies où le cerveau produit le plus de connexions synaptiques.
Développement des fonctions cognitives dans les premières années de la vie
Soit l’opposé de ce qu’on fait en France, où on met des moyens avant tout l’accent sur le collège / lycée (il suffit de comparer le coût moyen d’un élève de maternelle et de lycée).

Les résultats de l’expérience de Céline Alvarez sont assez hallucinants : 74% des élèves qui étaient en retard en arrivant dans sa classe l’avaient rattrapé au bout de 6 mois. Et au bout d’un an, la plupart avaient progressé beaucoup plus rapidement que dans un cursus normal (le mieux pour voir les résultats, c’est de regarder cette vidéo).

Et ce n’est qu’une des initiatives qui essaiment un peu partout en France : en 10 ans, le nombre de ces écoles se revendiquant de pédagogies alternatives ont complètement explosé, dont notamment les écoles dynamiques ou démocratiques :

Evolution du nombre d’écoles indépendantes en France

Et à chaque fois, on y retrouve des principes similaires :
– Grande autonomie accordée à l’enfant
– Pas de classe d’âge
– Pas de programme ultra-cadré avec évaluation systématique

En leur donnant une plus grande autonomie, on laisse les élèves se concentrer sur les domaines qui leur plaisent, et on leur donne une plus grande envie d’apprendre. En fait, ces nouveaux systèmes éducatifs mettent l’accent sur l’effort et pas uniquement sur le résultat.

Pour comprendre pourquoi ça change tout, il faut regarder la théorie dite du Growth Mindset de Carol Dweck. Pour la prouver, cette chercheuse US et son équipe ont réalisé l’expérience suivante : ils ont réuni 400 élèves de primaire pour leur faire passer un test de QI très simple – auquel la plupart a eu des bons résultats. Ils ont ensuite divisé les élèves en deux groupes :
-Ils ont dit aux élèves du groupe 1 qu’ils avaient réussi parce qu’ils devaient être très intelligents.
-Ils ont dit aux élèves du groupe 2 qu’ils avaient réussi parce qu’ils devaient avoir beaucoup travaillé.

Ensuite, ils ont soumis aux mêmes élèves un deuxième test de QI – cette fois, beaucoup plus compliqué. Le résultat ? Le voilà :

Par rapport au premier test, le groupe dit « travailleur » a augmenté ses résultats de 30 %… alors que le groupe dit « intelligent » a perdu 20 %. La raison, c’est que les élèves dits “intelligents” étaient beaucoup plus perturbés par rapport à la difficulté : eux, se disent : « peut-être que je ne suis plus intelligent ? ». Alors que les travailleurs se disent juste « il faudra que je travaille plus ».

La conclusion de Carol Dweck, c’est qu’il faut davantage valoriser la notion de travail sur soi – ce qu’elle appelle le growth mindset – auprès des élèves, et, plus largement, dans notre vision de l’éducation.

Mais malgré tout, ces nouvelles écoles restent marginales avec seulement 60 000 élèves – soit 0,5% des 13 millions d’élèves de l’éducation nationale… Comment toucher tous ceux qui n’auront pas eu la chance de suivre (et de payer) ces pédagogies nouvelles, adultes comme enfants ?

C’est tout l’enjeu. Alors aujourd’hui, au lieu de tenter une énième et complexe réforme du système éducatif en France, est-ce qu’une première étape ne serait pas de faire un peu plus confiance aux écoles et aux professeurs en leur donnant un peu plus d’indépendance ?

IV / L’EDUCATION : UN SUJET QUI CONCERNE AUTANT LES PARENTS QUE LES ENFANTS

Mais on n’a pas fini.

On pourrait croire que le sujet de l’éducation ne s’adresse qu’aux parents. On se dit que, finalement, c’est un sujet “pour les enfants” – et qu’il ne concerne pas tellement les “adultes accomplis” que nous sommes tous.

Eh bien non.

La plus grande faute de l’école ? C’est de nous avoir fait croire que notre éducation s’arrêtait après notre diplôme. L’école devrait nous apprendre à apprendre. Pour qu’une fois sorti de l’école, avec ou sans prof, on continue à grandir, à travailler, à être curieux. Pour que notre éducation se poursuive tout au long de la vie.

Alors pour finir ce topo, on a quelques conseils pour vous.

– Entretenez votre capacité d’apprentissage

On dit souvent que c’est plus facile d’apprendre enfant qu’adulte. Bon, OK, le cerveau a plus de facilités à apprendre dans les premières années. Mais ce qui change le plus, c’est la discipline à laquelle va s’astreindre un enfant entouré de ses parents… Discipline qu’un adulte seul a beaucoup plus de mal à s’imposer… ou à accepter de la part de quelqu’un d’autre. Alors ne croyez pas que votre capacité d’apprentissage diminue avec l’âge. Ce qui diminue le plus, c’est l’usage que vous en faites.

– Instaurer une « learning hour » hebdomadaire

Etre un débutant complet, ce n’est jamais agréable. Une fois adulte, on déteste se retrouver dans une situation de débutant, de néophyte… pour ne pas dire… d’élève.

Grosse erreur. Le principe de la “learning hour” c’est, de chaque semaine, consacrer une heure de votre temps à une activité à laquelle vous ne connaissez rien – et même plus : pour laquelle vous ne vous sentez aucune affinité. Ça peut être le dessin, le flamenco ou la slackline : dans tous les cas, vous allez solliciter votre cerveau d’une manière différente et développer de nouveaux réflexes. Et ça lui fera beaucoup plus de bien qu’un sudoku tous les matins…

– The Endless Why

Poser des questions, tout le temps. C’est une chose que Malcolm Gladwell, un des journalistes stars du New-York Times, dit avoir appris de son père, un mathématicien hyper balèze. Tout scientifique réputé que son père ait été, il n’avait jamais honte de poser les questions les plus naïves. Il faut systématiquement demander “pourquoi”. C’est comme ça que les enfants apprennent, et ça vaut pour les adultes.

Bref, la seule leçon de l’école, ça devrait être celle-ci : on n’a jamais fini d’apprendre.

d’après Merci Alfred

Les 7 gestes à éviter lorsque l’on est entrepreneur

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Le rôle d’entrepreneur est compliqué car l’on doit s’adapter à nos interlocuteurs qui sont souvent différents : prospects, clients, notre banquier, la presse… La gestuelle est un des paramètres importants à ne pas négliger. Le ressenti de votre interlocuteur est aussi lié à votre posture et vos gestes. Voici 7 erreurs à éviter.

1. Une poignée de main molle ou trop ferme

Une bonne poignée de main ne doit pas se sentir, elle doit passer inaperçue. Trop ferme et on peut se dire que vous souhaitez en imposer et surjouer. Trop molle, que vous manquez de charisme et que vous incarnez mal votre projet.

2. Des gestes manquant d’ouverture

Bras croisés, jambes croisées, cela paraît évident que cela ne facilite pas l’ouverture vers une discussion franche, mais véhicule au contraire la défense, un manque de naturel.

3. Un regard fuyant

Il ne s’agit pas de regarder en permanence dans les yeux, mais pour convaincre votre interlocuteur, lui parler en le regardant est une preuve de franchise qui rassure quant à l’honnêteté des propos.

4. Des expressions du visage négatives

Comme froncer les sourcils vers le haut, ce qui signifie l’étonnement et peut être interprété comme un manque de préparation, ou vers le bas, qui signifie l’inquiétude.

5. Une mauvaise posture sur la chaise

Être avachi. Il faut se tenir droit, pouvoir être mobile sur sa chaise en fonction de la conversation et mettre le buste en avant pour convaincre, en arrière en position d’écoute.

6. Des mains et poignets serrés ou baladeurs

Savoir que faire de ses mains est très important, les mains ouvertes plutôt que fermées respirent une attitude positive. Sans en faire trop, parler avec ses mains appui positivement vos propos.

7. Les gestes qui parasitent vos mots

Ils peuvent être nombreux : main dans les cheveux, grattage du cou ou du nez, les jambes qui bougent, il faut éviter de distraire l’attention de votre interlocuteur par ces gestes qui manifestent une situation de mal-être.

par François Thibault,

Quand les Z achèvent le travail des Y

Le sujet Y se cogne la tête sur des modèles de leadership, de management, d'organisation, qu'il ne comprend pas, qu'il ne reconnaît pas. Que fait-il ? Il se casse ou débranche la prise. C'est ça le symptôme Y, malgré un taux de chômage incompressible, nous sommes sur une population avec des taux de mouvement (turnovers) en hausse.
Le sujet Y se cogne la tête sur des modèles de leadership, de management, d’organisation, qu’il ne comprend pas, qu’il ne reconnaît pas. Que fait-il ? Il se casse ou débranche la prise. C’est ça le symptôme Y, malgré un taux de chômage incompressible, nous sommes sur une population avec des taux de mouvement (turnovers) en hausse. (Crédits : Steve Wilson via Flickr)
En septembre dernier, au Positive Economy Forum, Emmanuelle Duez a fait une intervention qui génère un buzz formidable sur Internet, avec près de 70000 vues… Son propos ? Analyser à travers le prisme des générations Y et Z le devenir des entreprises. Diagnostic : chaud devant !

Je commence à en avoir assez que l’on parle de la Génération Y. On en dit tout et n’importe quoi. Baptisée chochotte aux États-Unis, poule mouillée en Allemagne, Me-Me Generation en Angleterre, Yotori (pour agneau) au Japon, de Digital Naive ou de génération soumise, le sujet Y cristallise les aigreurs. Ou oserai-je dire la peur de la perte de sa propre jeunesse par ceux qui s’évertuent tant à la critiquer.

Y ou le symptôme d’un monde en mutation

Regardons cette génération avec bienveillance. En réalité, elle est le symptôme d’un changement qui la dépasse largement. La génération Y, c’est la génération « Quoi ? Quoi ? Quoi ? »,mais surtout, c’est la première génération mondiale. En effet, pour nous, la terre est plate. Il y a aujourd’hui plus de points communs entre un Africain, un Américain, un Asiatique et un Français de 25 ans qu’avec l’un de nos aînés de 55 ans.

Mondiale donc, mais également la prochaine grande génération. Aujourd’hui, 50 % de la population mondiale a moins de 30 ans. Que l’on nous aime ou pas, peu importe, nos comportements deviendront la norme par le seul effet volumique. Nous sommes aussi la première génération dite postmoderne ; nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère où tous les modèles économiques, politiques, sociétaux, financiers et environnementaux doivent être réinventés. Kofi Annan parle de nous comme des héritiers sans héritages.

Grande, mondiale, postmoderne donc, mais surtout, nous sommes la première génération numérique. Michel Serres parle à ce titre de la troisième révolution anthropologique majeure de l’humanité. Celle qui a changé la face du globe et qui a accouché d’un enfant, la génération Y. Une génération, façonnée par les valeurs de transparence, de transversalité, d’ouverture, de fluidité, d’interconnexion, d’agilité…

Et la vague numérique, en bouleversant les usages, a bouleversé nos manières de faire, en profondeur. Nous sommes la première génération « omnisciente ». Nos cerveaux sont à portée de main, dans nos poches de jeans, à un clic de la connaissance mondiale. Ce « 207e os » dont parle l’amiral Lajous ou cette présomption de compétence dont parle Michel Serre, changent le rapport à l’autorité, au père, au statuaire, à la hiérarchie et donc à l’entreprise.

Finalement, n’est-ce pas cela la génération Y, une génération massive qui arrive dans un monde à réinventer avec un super-pouvoir entre ses mains : le numérique. Aujourd’hui, un clavier suffit pour faire tomber un gouvernement. L’individu n’a jamais été aussi puissant Et si c’était cela le sujet Y : un momentum, un contexte, un pouvoir et des hommes ? Le sujet Y dans les entreprises fait des étincelles ! Il vient d’un monde ou l’agile mange l’inerte. Et aujourd’hui, il entre de manière massive par la base de la pyramide des organisations.

Quand le Y percute l’entreprise

Il arrive dans le royaume où jusqu’à présent c’était le gros qui mangeait le petit. Le sujet Y se cogne la tête sur des modèles de leadership, de management, d’organisation, qu’il ne comprend pas, qu’il ne reconnaît pas. Que fait-il ? Il se casse ou débranche la prise. C’est ça le symptôme Y, malgré un taux de chômage incompressible, nous sommes sur une population avec des taux de mouvement (turnovers) en hausse. On assiste à des compétitions de démission (job out) : « Hey, j’ai démissionné de mon CDI au bout de six mois, qui fait mieux ? »Les adultes, nos parents, ne comprennent pas. Leur réflexe : «C’est quoi cette génération d’enfants « pourris gâtés », qu’on a trop aimés ? Ils ont vu le marché de l’emploi ? Ils croient vraiment qu’autre chose est possible ? »

La réponse est : peut-être. La génération Y porte sur l’entreprise un regard radicalement différent. Elle est en mesure de transformer profondément l’entreprise de l’intérieur. Cette jeunesse fait un pari : faire passer le pourquoi avant le comment, la flexibilité avant la sécurité, l’exemplarité avant le statutaire, l’ambition de s’accomplir avant celle de réussir. Elle juge son épanouissement à travers ses propres yeux et non ceux des autres.

Cette jeune génération sait que personne ne l’attend sur le marché de l’emploi, alors elle rêve d’un autre monde. Elle sait que l’entreprise ne pourra pas lui promettre ce qu’elle a promis à ses parents. Alors elle s’invente une autre épopée et se dit plutôt que d’aller très haut, très vite, très loin : j’irai à côté. Bébé de la précarité, subie ou intégrée, je dessinerai ma vie comme un chapelet avec une série d’expériences professionnelles toutes différentes, « kiffantes », à hautes valeurs ajoutées. Et je me dirai qu’à la fin cela fait sens, et ce sens, ce sera le mien.

Aux Etats-Unis, plus de « freelances » que de CDI

Alors même que les uns commencent à comprendre ce qu’est la génération Y, voici que débarquent les Z… Nous avons interrogé 3000 jeunes de moins de 20 ans pour connaître leur vision de l’entreprise. Nous cherchions à savoir si, comme l’espèrent les chefs d’entreprise et le prédisent Strauss et Moss, les deux spécialistes de l’intergénérationnel, il y aura guerre entre nos générations. Les Z vont-ils terrasser les Y ? Que disent-ils ? Leur réponse tient essentiellement en trois mots : « l’entreprise est dure, cruelle : c’est une jungle. »

La bonne nouvelle ? Cinquante pour cent d’entre eux imaginent dans l’avenir devenir entrepreneurs. C’est-à-dire devenir leurs propres patrons. Avant, l’entreprise faisait l’honneur à un salarié de lui donner un job. Avec la génération Y, on est passé de la subordination à la collaboration. Les jeunes sont dans une relation gagnant-gagnant de court terme : « Montrez-moi ce que vous avez à m’offrir, je vous dirai ensuite si j’ai envie de m’engager. » La génération Z achève la transformation : « Ce n’est pas l’entreprise qui va me faire l’honneur de me donner un travail, c’est moi qui ferai l’honneur à une ou plusieurs entreprises de mettre à disposition mon talent et mes compétences. » Le changement de paradigme est total. Le centre d’emploi n’est plus l’entreprise, c’est le Z. D’ailleurs, aux États-Unis, pour la première fois, il y a plus de travailleurs indépendants que de CDI. C’est une tendance lourde.

Quand on leur demande combien de métiers les Z auront demain, ils répondent l’infini. Ils n’ont pas tort. On prévoit d’ores et déjà que demain les moins de 30 ans pratiqueront environ 13 métiers dans leur vie, la plupart de ces métiers n’existant pas encore aujourd’hui.

Les Z s’interrogent donc, et à juste titre : « Dans un monde régi par l’obsolescence des compétences, à quoi sert de passer un bac + 1000 pour préparer un job qui n’existe pas encore ? À quoi ça sert l’école ? Le diplôme ? » Que signifie dès lors «Bonjour, M. X, 55 ans, Insead… » Plus grand-chose. Le Z sera donc l’entrepreneur de sa propre formation. Demain, l’entreprise qui sera en mesure de le séduire et de le retenir sera une entreprise apprenante. Elle deviendra une école.

Par Emmanuelle Duez

Let Them Choose

~ Mark's Musings ~ blog.markwcarbone.ca

During my ongoing curation of articles about learning, digital tools and social media, I recently came across this article exploring perspectives on  social media in the lecture theatres.  Although the article was primarily examining post secondary perspectives, I would argue the same discussions are relevant in K12. The discussion was centred around various viewpoints on whether or not students:

  • be allowed (by profs) to bring technology to class
  • are distracted by having access to social media  and
  • experience benefits?

Two interviewees interviewed commented that « … because the students are most likely taking notes. Many don’t use pen and paper, and rely on their devices. She says students are old enough to decide if they are to learn or not. » and « My view is they are old enough to choose and multitask (and choose to fail too),« . Meanwhile, others choose to dictate « no access ».

SM choices

Now, if…

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