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Planification des RH : 4 gisements de performance pour le SiRH et in fine l’entreprise


La planification des RH relève d’un processus de gestion des emplois du temps (horaires et tâches) complexe car il nécessite de concilier les intérêts de l’Entreprise, de ses Salariés et de ses Clients (Lire Planification Stratégique – Carnet d’Expériences : « Rentabilité d’entreprise, épanouissement des employés, qualité de service : un équilibre vertueux est-il atteignable au quotidien ? ».)

Le SiRH et l’ensemble de ses outils doivent ainsi intervenir pour faciliter et optimiser le pilotage de l’organisation. Mais comment ? Quels sont les leviers pour atteindre l’équilibre entre les attentes de toutes les parties prenantes ? Zoom sur la planification RH placée au cœur du SiRH.

Holy-Dis propose une offre complète de fonctionnalités articulées autour de la gestion des emplois du temps : Administration du personnel, Prévision d’activités, Planification optimisée des RH, Annualisation / Modulation du temps de travail, Présences et Absences, Gestion des temps, Pilotage en temps réel des effectifs, Suivi des performances, Portail Collaborateurs…

Depuis plus de 30 ans, Holy-Dis accompagne ses clients dans cette recherche d’excellence opérationnelle par le biais des emplois du temps et propose les solutions adaptées à leurs secteurs et métiers – Stéphane Chambareau, responsable Marketing de Holy-Dis, développe pour nous 4 axes d’optimisation réalisés grâce à l’intégration de la planification optimisée des RH :

1. Aligner les ressources sur les besoins : l’automatisation du calcul sous contraintes

Partir d’une problématique terrain et non pas RH, tel est le postulat de Holy-Dis. « Données d’encaissement pour la grande distribution, volumes d’appels et durée moyenne de communication pour les centres de contacts, nombre de repas pour la restauration, nombre de colis pour la logistique, nombre de commandes pour le E-commerce… autant d’exemples de données que les solutions Holy-Dis agrègent pour établir une prévision d’activités, analyser une productivité et de calculer le dimensionnement RH associé », Stéphane Chambareau.

Les solutions de Holy-Dis compilent toutes ces données pour calculer les plannings les mieux adaptés à la courbe prévisionnelle d’activité en fonction des ressources disponibles.

ROI : L’assurance de positionner « La bonne Personne, avec la bonne Compétence, au bon Moment, au bon Endroit » et maîtriser les coûts de personnel malgré une activité fluctuante.

2. Respecter et aussi exploiter le réglementaire : simuler des organisations nouvelles !

Tous les états connaissent des évolutions sociales conséquentes (dernièrement la loi Macron et le travail du dimanche). Les législations ont beaucoup changé et les pratiques de consommation également. En tant que consommateur, l’individu est devenu le moteur de ces évolutions « clients » tandis que le collaborateur défend son aménagement de temps/conditions de travail.

« Les entreprises doivent faire preuve de réactivité et de flexibilité pour évoluer rapidement.» Par exemple, une entreprise en sous-effectif chronique, ayant trop souvent recours aux heures supplémentaires, pourra comparer l’efficacité de différents contrats pour ses futurs recrutements grâce aux outils de planification RH de Holy-Dis. « Parfois, 4 contrats temps partiel de 24h feront beaucoup mieux que 3 de 35h ».

Autre exemple, celui d’une entreprise confrontée à une saisonnalité importante de son activité, qui a souvent recours à des intérimaires moins bien formés, plus souvent absents et moins impliqués. Avec les solutions Holy-Dis, il est facile de modéliser le passage de certains contrats à temps plein, accompagné d’un accord de modulation et d’annualisation du temps de travail. Cela peut permettre à l’entreprise de mieux répartir les durées hebdomadaires de présence, tout en créant plus d’engagement et limitant le recours aux intérimaires.

ROI : La planification des RH permet d’éviter les pénuries de compétences mais également la surcapacité qui met en péril la rentabilité ; et cela tout en respectant le cadre légal (droit du travail, conventions collectives…) et l’agilité qu’il peut offrir.

3. Améliorer l’engagement des collaborateurs, acteurs de leur planification 

Génération Y, nouvelles technologies, équilibre vie professionnelle / vie privée, évolution des organisations (télétravail, horaires adaptés, mobilité…), nouveaux usages (covoiturage par exemple), amélioration globale des niveaux de qualification sont autant de points qui nécessitent de repenser le rapport au temps et au travail. Mobiliser et fédérer les collaborateurs est devenu un axe stratégique de développement pour les entreprises.

« Quoi de plus naturel que d’offrir à chaque collaborateur la possibilité de participer à la construction de son planning ? ». Il est désormais possible d’impliquer chaque acteur de l’entreprise dans ce processus socialement critique qu’est la planification. De fait, la gestion des emplois du temps évolue vers une dimension plus collaborative car les employés eux-mêmes ont envie d’accéder à des solutions qui leur permettent de maîtriser davantage leur planning, leurs absences, leurs congés et même d’échanger leur planning avec un collègue à distance.

ROI : Le portail RH autorise chaque employé à être acteur de son planning tout en le responsabilisant et le sensibilisant davantage à son rôle clef pour la performance de l’entreprise.

4. Industrialiser les processus 

Pour gérer les problématiques de Planification des RH et de Gestion des Temps, il existe rarement un poste unique dédié dans l’entreprise, cette mission est souvent partagée entre les managers, le référent RH ou les responsables d’équipes…

« Grâce aux solutions intégrées telles que celles de Holy-Dis, dans 90% des cas, il est possible de partager une méthodologie, de rationaliser les actions de chacun, de mettre en évidence les objectifs divergents des services internes (Marketing, Finances, Commerce, Production) pour mieux les coordonner » conclut Stéphane.

ROI : Au final, l’implémentation d’une solution globale de gestion des emplois du temps permet une meilleure communication, une automatisation accrue, la dématérialisation de nombreux workflows et un gain de temps incontestable dans la réalisation des plannings prévisionnels et de l’ensemble des processus de Gestion des Temps.

Le paradoxe du poisson rouge pour réussir

Le paradoxe du poisson rouge

Paradoxe« Le paradoxe du poisson rouge : Une voie chinoise pour réussir », par Hesna Cailliau (Editions Saint Simon)

Dans cet ouvrage agréable à lire, l’auteur nous invite à nous ouvrir à la philosophie asiatique pour voir le monde autrement.

En Chine, la sagesse se transmet par des paradoxes.
Dans notre tradition gréco-biblique, nous avons été éduqués dans la séparation Esprit/ Comportement/ Nature. Nous envisageons le monde sous un angle manichéen (bien/mal), un monde dans lequel l’Homme, coupé de la nature, n’entend plus les signes de celle-ci et cherche à la dominer.

Or, dans un monde incertain, la pensée rationnelle montre ses limites ; il peut donc être intéressant de s’intéresser à d’autres modes de pensée.

Les Chinois sont imprégnés de confucianisme/taoïsme/bouddhisme. Dans cette pensée en réseau, les contraires coopèrent. L’Homme fait partie intégrante de l’univers, les animaux sont source d’enseignement. Ainsi, la tradition chinoise vénère-t-elle « le poisson rouge » (la carpe koï) dont la couleur rouge symbolise la joie de vivre. Le poisson rouge est une voie à suivre pour réussir : dans la symbolique Ying/Yang représente deux carpes koï imbriquées l’une dans l’autre.

1 – Le poisson rouge ne se fixe pas à un port. L’idée est de ne pas s’attacher à des modèles préconçus, car la vie se transforme constamment. Le danger pour les Chinois : vouloir avoir raison, car on s’enferme et on devient sourd et aveugle à son environnement.

2 – Ne pas avoir de but clair et précis pour réussir. Nous sommes confrontés à deux conceptions du temps différentes. En Chine, le temps est cyclique, il n’y a pas de début ni de fin. Se fixer un but est un inconvénient, car on dilapide son énergie pour l’atteindre, et on risque de manquer des opportunités. Il est en effet important de savoir immédiatement changer de cap, lorsque l’opportunité se présente.

3 – Vivre dans l’instant présent. Une seule réalité : ici et maintenant, le Chinois est totalement ce qu’il est dans ce qu’il fait, ce qui lui permet d’être très attentif à tout ce qui se passe autour de lui. Un dicton : « Qui voit l’invisible est capable de l’impossible ». Chez nous, les médias ont tendances à tout brouiller en s’attachant à faire du bruit autour de quelques faits et en laissent passer beaucoup d’autres.

4 – Éviter la ligne droite. Le meilleur moyen de vaincre un obstacle est de le contourner (art du détour et de l’esquive). Alors que dans notre culture, l’Homme qualifié d’intelligent va droit à l’essentiel, tout ce qui est droit met le Chinois mal à l’aise : « Seuls les démons marchent droit. » ou encore « L’arbre tordu vivra sa vie, l’arbre droit finit en planche ».

5 – Culture du groupe. « On n’est heureux qu’en vivant en groupe », « Personne n’est plus intelligent que nous tous ensemble ». Pour créer cette valeur du groupe, l’éducation vise à renforcer la modestie et les liens entre pairs. Il est important de ne pas étaler ses talents, le vrai leader se met en- dessous, c’est une des raisons pour laquelle il n’y a pas de leader charismatique en Chine.

6 – Le poisson rouge se meut avec aisance. Il n’existe pas de principes gravés dans la pierre. La culture chinoise vit avec l’idée du changement, tandis que nous avons construit notre culture sur des certitudes. Cette manière de voir leur permet de mieux vivre l’échec : « qui n’apprend pas à échouer, échoue à apprendre ».

7 – Être calme et serein. Un esprit inquiet est toujours vaincu par un esprit serein. Dans ce sens, la méditation est une extinction du cogito. La méditation est un moyen de retrouver de l’énergie, pour retrouver nos capacités, pour les exploiter, notre tête a besoin d’arrêter sa mécanique intellectuelle. Tandis que nous exaltons la pensée, Bouddha l’appelle « le singe fou » : toujours agité, jamais satisfait.

8 – Remonter à la source. Ne pas perdre les liens avec la tradition permet de mieux s’enraciner pour mieux s’envoler. Dans le sens de la spiritualité, développer l’œil qui voit les choses, car c’est notre oxygène de vie.

Dans un monde désormais multipolaire et interdépendant, l’heure est venue d’échanger non seulement nos marchandises mais aussi nos sagesses. Une seule grille d’analyse, la nôtre, est insuffisante pour faire face aux immenses défis qui se présentent. Or, il y a chez les Chinois des idées et des façons de penser dont nous pourrions nous inspirer. Il ne s’agit pas de devenir comme eux mais de réveiller le Chinois qui sommeille en nous. Un détour par ce monde à l’envers du nôtre permet en effet de découvrir des chemins oubliés de sa pensée et même des affinités avec une partie ignorée de nous-mêmes.

« Le paradoxe du poisson rouge. Une voie chinoise pour réussir » par Hesna Cailliau – Édition Saint-Simon ; 144 pages ; 16,50€

Le Business model des entreprises libérées

  • Le Business Model entreprises libérées

Les entreprises libérées s’affranchissent largement de la hiérarchie et du contrôle. Leur Business Model s’en trouve profondément modifié.

Les entreprises libérées ont la cote ! Elles ont été ainsi célébrées dans un documentaire de Martin Messonnier sur Arte intitulé « Le bonheur au travail ». Le concept central de ces entreprises, c’est la remise en cause du système hiérarchique et du lien de subordination du salarié.

La remise en cause prend des formes différentes : Groupes de production autogérés dans chez Favi (équipement automobile) ou Leader désigné par les pairs chez Gore (matériaux). Le livre de Getz et Carney (Liberté et Cie, Fayard, 2012) met en avant les bénéfices organisationnels et de cadre de vie pour les salariés : autonomie, estime de soi retrouvée, satisfaction professionnelle, engagement.

Paradoxalement, peu de questions ont été posées sur la durabilité du modèle de l’entreprise libérée. Les grandes expériences passées d’autogestion, notamment l’expérience yougoslave, se sont mal terminées au bout de plusieurs années de mise en œuvre. Une façon de regarder la durabilité de ces entreprises libérées, c’est alors de regarder leur Business Model – modèle d’affaires en français – pour identifier les points originaux en termes de coût et de revenu et d’en apprécier la pérennité.

Les entreprises libérées ont été façonnées en réaction à la hiérarchie et au contrôle qui lui associé. Comme le dit le patron de l’entreprise Favi, Jean-François Zobrist, ici la conviction, c’est que l’homme est bon et responsable et que le contrôle qui structure l’entreprise n’a pas de sens comme modèle d’organisation global. Favi a donc été organisée par groupes de travailleurs autogérés et la hiérarchie totalement supprimée.

Favi a aussi été organisée en supprimant quasiment toutes les fonctions supports, c’est-à-dire les personnes et services qui aident au bon fonctionnement général de l’entreprise (par exemple systèmes d’information, qualité, ressources humaines, encadrement et pilotage de l’entreprise), mais qui ne sont pas directement affectés aux opérations productives.

Ce faisant, le modèle de coût – revenu de l’entreprise s’est fortement transformé. Les entreprises industrielles ont – sur la base d’une étude de 2007 – une structure de coûts répartie à 75 % sur des coûts directs et à 25 % sur des coûts indirects. Favi a donc fait des économies de coût à la fois sur les coûts directs en supprimant la hiérarchie affectée à chaque ligne de production et aussi – surtout – sur les coûts indirects en réduisant très sensiblement les fonctions support.

À côté de ces modifications portées à la structure de coûts, les entreprises libérées se caractérisent aussi par une attention portée à l’innovation. Cette innovation peut-être poussée par des mécanismes d’incentive financier. Mais elle peut-être aussi encouragée par la mise en place d’un cadre de travail qui dégage du temps pour les personnes qui le souhaitent en vue d’innover.

Ce système n’est pas nouveau et il a été développé dans de nombreuses entreprises. Mais il s’applique particulièrement bien dans des entreprises qui comme les entreprises libérées, permettent un croisement des attentes des individus, de leurs compétences et des intérêts de l’entreprise.

C’est par exemple le concept du Sweet Spot de l’entreprise Gore, qui favorise l’alignement des trois variables. Ces mécanismes permettent une innovation produit et/ou service, qui abaisse leur coût unitaire. L’innovation permet aussi une diversification liée dont on sait que c’est la plus rentable et efficace pour l’entreprise. On est en face d’un modèle cohérent qui permet d’amener une pérennité du Business Model et de l’entreprise.

L’entreprise libérée a été plutôt appliquée en milieu industriel. Or l’enjeu en termes de changement de Business Model est sans doute plus fort encore dans les services : l’étude de 2007 parue dans Management Accounting Research et conduite par Al-Omiri et Drury (A survey of factors influencing the choice of product costing system in UK organizations) indiquait que la structure de coût des entreprises de service et de retail était une structure de coûts répartie à 49 % sur des coûts directs et à 51 % sur des coûts indirects. Il y a donc un potentiel de réduction des coûts importants dans de tels secteurs avec le modèle de l’entreprise libérée.


« En période de crise, les dirigeants passent souvent par une phase de déni », explique Daniel Cohen

Extraits d’une interview dans l’usine nouvelle

Daniel Cohen

Président de Zalis, une société spécialisée dans le retournement d’entreprises, Daniel Cohen enseigne aussi la gestion et la maîtrise des risques. Il a publié aux éditions Eyrolles « Comment sauver l’entreprise ? Comprendre, anticiper, agir ». Il revient sur l’importance de la prise de conscience managériale. Ce qui ne va pas de soi. À moins d’avoir considéré que la crise est un risque comme un autre, et qu’il convient de le traiter comme tel.

L’usine Nouvelle : Fort de votre expérience du redressement d’entreprises, quel point commun caractérise le plus fréquemment la situation du management dans les situations de crise ?

Daniel Cohen : En écrivant ce livre, j’ai voulu éclairer les managers sur ce qui peut mener à une crise, afin qu’ils puissent anticiper pour éviter ces moments douloureux. Très souvent, quand la crise survient, l’équipe dirigeante, ou le dirigeant, a le nez dans le guidon. Il est dans un état de déni, où il interprète toutes les informations qui lui parviennent dans le sens qui conforte son point de vue initial.

Quels sont les mécanismes du déni ?

En période de crise, le dirigeant se retrouve dans une posture où les décisions à prendre se multiplient. Il est confronté à un contexte où il doit réagir de plus en plus rapidement à une multiplication des tâches à accomplir. En résumé, le temps s’accélère, ce qui réduit d’autant son champ de vision. C’est un phénomène quasiment physiologique. Chaque fois que des signaux d’alerte apparaissent, le dirigeant ne les voit pas. Sa perception des signaux d’alerte se modifie pour les faire aller dans le sens qui l’arrange le plus dans l’instant T.

De plus, les dirigeants, souvent isolés dans les organisations, ont besoin d’être rassurés sur leur bilan. Tout cela contribue à renforcer le déni.

Y’a-t-il des moyens de réduire cette phase de déni ?

Dans les métiers ou les secteurs, où la formation est importante, où l’organisation des tâches est « processée », où on apprend des erreurs passées, on arrive à réduire la phase de déni. L’exemple ultime de cette situation se trouve dans l’aéronautique, où chaque fois qu’il y a un incident, les équipes doivent travailler sur le sujet pour comprendre ce qui s’est passé. Et pourtant malgré cela, il est connu qu’il y a moins de problèmes quand c’est le copilote qui conduit, car, pour simplifier, il écoute ce que lui dit le pilote, alors que l’inverse, en général, est beaucoup moins vrai. Cela démontre l’importance de savoir gérer le lien hiérarchique pour bien aborder les situations problématiques.

Quand on est loin de ce modèle-là, qu’on n’a pas mis en place de procédures d’alerte, on risque, toute chose égale par ailleurs, d’avoir plus de difficultés. Le maître mot en matière de gestion des risques est l’anticipation.

Jusqu’où peut aller cette phase de déni ? Comment en sort-on ?

Lorsque la crise arrive, va s’installer une période où on ne réagit pas, quel que soit le niveau hiérarchique ou le secteur. Cette période de latence peut durer quelques jours ou quelques mois. La durée est très variable. Une organisation performante qui a anticipé et a appris de ses erreurs, réagira plus vite et en sortira plus vite.

À cette phase de latence succède une phase de chaos où tout le monde critique tout le monde, où on cherche des responsabilités. C’est seulement là qu’arrivent la recherche de solutions et leur implémentation, si on a encore le temps de le faire. Dans les entreprises les plus évoluées sur ces questions vient alors la phase où on débriefe, où on réfléchit sur ce qui s’est passé. Malheureusement, c’est une phase qu’on oublie souvent. On a beau répéter aux managers que cette phase est indispensable, une fois le danger passé, ils repartent dans le quotidien. Savoir apprendre de ses erreurs est une question de culture d’entreprise.

Il faut dire et redire aux dirigeants que prendre du temps pour débriefer n’est pas une perte de temps, mais un moyen d’en gagner pour l’avenir.

Quel est, selon vous, le principal risque auquel est exposé le dirigeant en période de crise ?

Un des principaux dangers est de rester dans le court terme, d’être obnubilé par des questions de court terme, du type « comment vais-je payer les salariés à la fin du mois ? ». Quand je le dis à des managers, ils ont du mal à comprendre. C’est là leur problème. Leur urgence est de trouver une stratégie à un an ou deux, de savoir où ils veulent emmener l’entreprise à l’issue de la crise. Si vous allez voir votre banquier ou des investisseurs en leur demandant de la trésorerie pour payer les salaires, ils vont sûrement hésiter, notamment si vous leur dîtes que vous souhaitez continuer dans la même voie. En revanche, si vous avez un projet, que vous avez la capacité de mobiliser les énergies autour de vous, vous avez plus de chance de convaincre. Paradoxalement, plus on est dans la crise, plus il faut savoir où l’on se projette au moins à horizon un ou deux ans.

Comment mobiliser les salariés dans la phase de redressement ?

Au préalable, j’ai toujours été surpris de constater à quel point les salariés de terrain sont plus au fait de ce qui se passe tandis que leurs dirigeants s’enfoncent dans le déni. Par exemple, quand des produits reviennent de plus en plus souvent, quand il y a de plus en plus d’impayés ou de problèmes de production… Les salariés de terrain sont en première ligne. Ils savent très bien ce qui se passe. Dans les entreprises, l’information circule à grande vitesse.

Ce qui semble évident, c’est qu’ils ont besoin d’une vision stratégique claire, savoir où ils vont. Dans ces situations de crise, j’ai rarement vu une base ou des organisations syndicales figées, et refusant d’entendre la vérité. Bien au contraire, ils sont capables d’une formidable énergie si on leur propose un projet cohérent. Bien entendu, il faut que les efforts soient partagés entre tous. Si ces deux conditions sont réunies – projet stratégique et efforts partagés – on peut parvenir à mobiliser les salariés.

Quelle communication faut-il avoir idéalement ?

Comme je viens de l’expliquer, les salariés sont généralement renseignés par le réseau informel de l’entreprise, mais mieux vaut avoir une communication transparente et claire. La direction de l’entreprise peut prendre deux ou trois jours pour réfléchir à la stratégie à adopter, mais taire pendant plusieurs semaines la situation n’est pas tenable. Je pense à une entreprise où je suis intervenu : le patron était dans une procédure de conciliation au tribunal de commerce et n’avait rien dit aux salariés. Cela durait depuis trois mois, et il m’expliquait qu’il ne voulait rien leur dire afin de « ne pas les démobiliser ». Quand j’ai rencontré les responsables des salariés ils étaient déjà tous au courant. Taire un tel événement, c’est créer une situation de stress épouvantable et de manque de confiance. L’incertitude est quelque chose de vraiment insupportable.

Propos recueillis par Christophe Bys

Quel avenir pour les entrepreneurs en France

Ce désamour se retrouve dans une caractéristique de la France aujourd’hui assez largement connue et admise : la faible propension de ses habitants à entreprendre. Depuis quelques années le GEM (Global Entrepreneurship Monitor), projet de suivi global de l’entrepreneuriat piloté par deux institutions internationales (Babson College et London Business School), publie des études sur le Taux d’Activité Entrepreneuriale (TAE) des pays. Ce TAE est la mesure systématique de l’activité entrepreneuriale en tenant compte de deux indicateurs : le taux d’entreprises émergentes (indiquant les entreprises qui sont sur le point d’être formellement lancées) et le taux d’entreprises nouvelles (indiquant les entreprises effectivement lancées depuis moins de 42 mois). Régulièrement le taux français – 4,8% en 2007 – est un des plus faibles. Non seulement les français créent peu d’entreprises, mais plus grave encore les entreprises créées manquent de vitalité et se développent peu. Comme le rappelle un récent rapport de l’Institut Montaigne, think-tank regroupant des décideurs économiques et politiques, une comparaison des chiffres de l’OCDE montre que, sept ans après leur émergence, les entreprises américaines ont plus que doublé leurs effectifs, alors que les firmes françaises n’ont créé dans le même temps que 7% d’emplois supplémentaires. Cette situation a pour conséquence le non renouvellement de notre tissu industriel : sur les 100 premières capitalisations de la Bourse de Paris, une dizaine d’entreprises seulement ont moins de trente ans d’existence.

Développer en France une plus forte propension à entreprendre est donc aujourd’hui une nécessité et un défi, mais comment relancer dans ce pays la “machine entrepreneuriale” ? Les gouvernements successifs, conscients du problème, multiplient les mesures incitatives. Mais les résultats resteront limités tant que subsisteront en France des problèmes liés à l’ouverture de ce pays aux logiques entrepreneuriales, à des règlements et institutions d’un autre temps et à l’image que la société française a de l’entrepreneur. Nous proposons des idées pour changer les choses à ces trois niveaux, après avoir exposé les raisons du désamour de la France vis-à-vis de ses entrepreneurs.

Les raisons d’un désamour à la “française”

Une part importante des élites françaises a encore une programmation mentale marxiste pour les plus archaïques, et keynésienne pour les plus modernes. Pour s’en convaincre nous nous limiterons à quelques exemples, mais nous pourrions sans difficulté aucune les multiplier : le titre d’un ouvrage de Gisèle Ginsberg “Je hais les patrons” ; Ségolène Royal, alors candidate à la Présidence de la République, déclarant aux deuxième semestre 2006 qu’“il faut effrayer les capitalistes” ; son ex-compagnon François Hollande, secrétaire général du parti socialiste français indiquant “je n’aime pas les riches” ; Jacques Chirac, ancien Président de la France, qui dans sa jeunesse fut membre du Parti Communiste Français, considérant que le libéralisme serait pire pour son pays que le marxisme ; etc. Olivier Blanchard, économiste français enseignant au M.I.T., porte un jugement sévère sur ses compatriotes : “La France se caractérise par une étonnante inculture économique. Le poids de la tradition marxiste, sans doute, et la conséquence d’un enseignement classique où cette discipline tient peu de place. Beaucoup de français croient que l’économie est un jeu à somme nulle : la richesse leur apparaît comme un gâteau de taille fixe que se partageraient patrons et salariés en fonction de leurs rapports de force”.

Les Français dans leur grande majorité n’aiment pas leurs chefs d’entreprise et ceci pour plusieurs raisons. La première nous semble être très profondément ancrée dans notre histoire et dans nos traditions. L’image du chef d’entreprise est liée à ce que valorise notre société et à la conception que nous avons de ce qu’est un homme respectable. Les travaux du sociologue Philippe d’Iribarne nous enseignent qu’en France, un homme respectable est celui qui est traité avec les égards dus à son rang, lequel est déterminé par un titre (un diplôme) qui donne une sorte de droit à occuper une position sociale plus ou moins valorisante et prestigieuse. Si l’on comprend bien la proposition, pour être un chef d’entreprise respectable dans la société française il faut être un ancien élève de l’Ecole Polytechnique ou de l’ENA et diriger EADS, Vivendi, EDF ou la SNCF, ce qui doit représenter moins de 0,1% de la population des chefs d’entreprise. Dans le cas général, la situation de chef d’entreprise n’est pas “noble” et son image est construite sur un type de capital qui n’est pas valorisé par la société française laquelle ne reconnaît que le capital scolaire et le diplôme.

Une deuxième raison est liée à des amalgames de clichés et de représentations qui génèrent des confusions et des ambiguïtés permanentes entre des notions qui ne sont ni équivalentes ni superposables. Un chef d’entreprise n’est pas un entrepreneur et réciproquement tous les chefs d’entreprise ne sont pas assimilables à de grands capitaines d’industrie et réciproquement les entrepreneurs ne peuvent pas être réduits uniquement à des créateurs d’entreprise. L’hyper médiatisation de la notion d’entrepreneur et son utilisation à “toutes les sauces” et à toutes les fins ne fait que renforcer ce sentiment de grande confusion et d’incompréhension. Alors que de nombreux travaux depuis des siècles ont tenté, souvent avec difficulté, de clarifier des notions aussi essentielles que celles d’entreprise, d’entrepreneur et d’agent économique, très peu de connaissances, au fond, ont pénétré l’homme de la rue. Ce niveau d’inculture généralisée à propos de l’économie au sens large et de l’entreprise, d’une manière plus singulière, nous semble être spécifiquement français, comme cela a été souligné par Olivier Blanchard.

Une troisième et dernière raison provient, selon nous, d’une catégorisation des chefs d’entreprise et des entrepreneurs qui sans nuance aucune établit une dichotomie entre des Héros et des Bandits. Les médias et les Français ne veulent parler que des uns ou des autres. Les premiers, les Steve Jobs, Bill Gates ou Richard Branson (très souvent les héros ne sont pas des français !!) apparaissent comme des êtres extraordinaires qui ont réussi des choses hors de portée du commun des mortels. Les bandits (ils sont bien français eux !!), ont parfois eu une première étiquette de héros et sont présentés comme des figures emblématiques incarnant l’ensemble des chefs d’entreprise ou des entrepreneurs, alors qu’au sens strict ils n’en sont plus ou n’en ont jamais été. Peut-être pourraient-ils être qualifiés d’hommes “d’affaires”, en tout cas ils ne constituent pas des exemples à suivre pour la société et pour la jeunesse. Les bandits se font prendre la main dans le sac, ils s’enrichissent indûment, bénéficient de “golden parachute” ou encore n’hésitent pas à licencier des centaines, voire des milliers de personnes, pour améliorer la profitabilité de leur entreprise et augmenter leur niveau de rémunération directe ou indirecte. Les bandits sont très souvent des dirigeants de grandes entreprises dont les comportements déviants vont ternir l’image de tous les chefs d’entreprise. Parfois, plus rarement, ces hommes “d’affaires” apparaissent comme des “Robin des Bois” des temps modernes, des bandits sympathiques, “empruntant aux riches pour donner aux pauvres”, jouant à cache-cache avec les gendarmes et les lois. Ce faisant ils génèrent encore plus d’ambiguïté et contribuent à effacer davantage les repères en démontrant que dans notre société on peut être bandit et héros à la fois.

Dans ces conditions d’absence (ou pour le moins d’insuffisance) de valorisation du statut, de méconnaissance des notions économiques et sociales essentielles et de médiatisation caricaturale des acteurs, la position de chef d’entreprise apparaît largement inaccessible à la majorité des français par impossibilité (normative ou technique) et par rejet.

Ouvrir la France à l’économie de l’entrepreneuriat

Les travaux de l’économiste américain David Audretsch font clairement ressortir l’émergence d’une économie entrepreneuriale et son importance actuelle. Il analyse le dernier demi-siècle comme la succession de trois périodes historiques correspondant à trois visions de l’économie.

La première période peut, de manière schématique, se définir comme étant celle de l’Economie du Capital. Elle a été formalisée par Robert Solow. Elle débute approximativement avec la période de l’après-guerre. C’est l’ère de la production de masse, une ère où les économies d’échelle semblent être le facteur décisif et déterminant de l’efficacité et où chaque institution sociale et économique majeure s’emploie à renforcer la stabilité et la prévisibilité nécessaires à la production de masse. Quant au regard porté sur les nouvelles et petites entreprises il est essentiellement négatif :

  • Elles sont généralement considérées comme étant moins efficaces que les firmes de grande taille.

  • Elles fournissent aux travailleurs des compensations d’un moindre niveau.

  • Elles ne sont que marginalement impliquées dans l’activité d’innovation.

  • Leur importance relative décline avec le temps aussi bien en Amérique du Nord qu’en Europe.

Dans l’économie traditionnelle, capitalistique, correspondant au modèle de Robert Solow de l’après-guerre, les petites firmes et l’entrepreneuriat apparaissent comme un luxe, peut-être nécessaire en Occident afin d’y assurer la décentralisation des décisions, mais un luxe maintenu au prix d’une perte d’efficacité.

Vient ensuite l’Economie de la Connaissance, formalisée par Paul Romer et Robert Lucas. Elle coïncide grosso modo avec la période tardive de l’après-guerre, c’est-à-dire les années 1980. La critique de Romer à l’égard de l’approche de Solow ne porte pas sur le modèle de base de la fonction néoclassique de production, mais plutôt sur ce qu’il estime avoir été omis dans ce modèle : la connaissance. Romer, Lucas et d’autres, expliquent que la connaissance est un facteur important de production à côté des facteurs traditionnellement pris en compte : le travail et le capital. De plus, ce facteur, étant déterminé de façon endogène au travers des externalités et des effets de débordement, apparaît particulièrement important. Dans cette deuxième approche, l’entrepreneuriat, au moins sous la forme de nouvelles firmes, ne semble pas compatible avec l’économie basée sur la connaissance. Au fur et à mesure que le facteur de la connaissance gagne en importance, la plupart des prédictions suggèrent que les nouvelles et les petites firmes joueront seulement un rôle marginal dans la contribution à l’innovation et à la croissance.

Enfin, l’Economie de l’Entrepreneuriat trouve ses racines dans le milieu des années 1970, mais ne connaît réellement son essor que plus tard, dans les années 1990. L’Economie entrepreneuriale qui émerge en Amérique du Nord et en Europe donne en conséquence un nouveau rôle à l’entrepreneur. Plutôt qu’handicaper l’économie sur le plan de l’efficacité, comme cela semblait être le cas dans une économie managériale, l’entrepreneuriat fait fonction de moteur de croissance en procurant un conduit essentiel pour les effets de débordement et la commercialisation de connaissances et de nouvelles idées.

Il peut être utile à ce niveau de préciser ou repréciser les rôles de quelques figures de l’économie que l’on a tendance à confondre en France. Tout d’abord, alors que l’expression “chef d’entreprise” renvoie à l’existence juridique d’un statut et à une catégorie sociale, comme il en existe beaucoup d’autres (ingénieur, ouvrier, journaliste, etc.), force est de reconnaître que celle d’entrepreneur, aujourd’hui, est plutôt assimilable à une manière d’être ou de faire certaines choses. En d’autres termes, si le chef d’entreprise peut être défini par les droits de propriété et/ou les mandats sociaux qu’il détient, l’entrepreneur ne peut l’être, nous semble-t-il, qu’à travers ce qu’il fait (et aussi, où et comment il le fait). Ensuite, et c’est là que s’établit le lien entre les deux notions, un chef ou un dirigeant d’entreprise peut directement ou à travers son organisation activer deux fonctions essentielles à la survie et au développement de toute entreprise. La première est la fonction d’exploration qui consiste à innover et à tirer profit de l’innovation ; à concevoir et à lancer de nouveaux produits, de nouveaux services, de nouvelles activités ; à conquérir de nouveaux marchés. Dans cette fonction, le chef d’entreprise est un entrepreneur tel que le concevait d’ailleurs Schumpeter. Notons au passage que les héros évoqués précédemment sont tous assimilés à des explorateurs ou à des innovateurs. La seconde fonction est celle d’exploitation. Elle se traduit par l’apport direct, l’acquisition, l’assemblage et l’organisation des ressources humaines, relationnelles, technologiques, physiques et financières qui s’avèrent nécessaires à la concrétisation des avancées découlant de l’exploration. Dans cette fonction, le chef d’entreprise fixe les objectifs et les stratégies pour les atteindre, il est alors gestionnaire ou manager. Relevons comme nous l’avons fait plus avant que les bandits se retrouvent plutôt dans cette fonction, il suffit d’ailleurs de se remémorer à quel point les mots “exploitation”, “exploitant”, “exploiter” sont connotés négativement en France. Celui qui exploite est assez systématiquement suspecté d’intentions non respectables. Il peut abuser d’une position jugée dominante, s’enrichir avec le travail des autres ou détourner à son profit des biens sociaux.

Dans une approche complémentaire, Stevenson et Jarillo définissent l’entrepreneur comme un individu qui poursuit des opportunités (principalement liées à la création de nouveaux produits ou de nouveaux services) sans se préoccuper des ressources directement contrôlées. Deux logiques d’action guident alors les comportements stratégiques et managériaux des individus et des organisations. L’orientation vers les opportunités d’affaires qui s’avère très proche de la fonction exploration et l’orientation vers le contrôle (et l’administration) des ressources qui relève de la fonction gestionnaire.

Avec l’Economie de l’Entrepreneuriat, le rôle des entrepreneurs et des petites firmes entreprenantes redevient central, et par conséquent la nécessité d’entreprendre. Elle est d’autant plus cruciale aujourd’hui que la France a entamé un déclin qui risque de s’accélérer assez rapidement.

En 1980, la France était encore la quatrième puissance économique mondiale, en 2007 elle n’est plus que sixième et en 2030 elle pourrait, selon les prévisionnistes, se situer au huitième rang, menacée par le Brésil. Pour éviter un tel scénario la France doit impérativement inciter ses citoyens à entreprendre.

Dérèglementer et changer les institutions, mais en douceur !

La décision de devenir entrepreneur peut être analysée comme une alternative au travail salarié et de nombreux économistes, dont Mark Casson, ont traité de ce choix. L’entrepreneur potentiel fait une comparaison parfois formalisée, le plus souvent intuitive- entre ses futurs bénéfices d’entrepreneur et ses futurs gains de salarié. La différence de gain espérée est liée au revenu moyen d’une activité entrepreneuriale réussie pondérée par la probabilité de succès et le revenu moyen d’un travail salarié lui-même pondéré par la probabilité de trouver (ou de ne pas perdre) un emploi. L’entrepreneuriat n’est pas un phénomène purement psychologique, même si la dimension psychologique y est importante. Les motivations économiques sont également importantes dans la décision de devenir entrepreneur.

Par conséquent la décision de créer une entreprise peut être décrite par un modèle économique de maximisation d’utilité. Or, en France, le coût d’opportunité du passage du salariat au non-salariat, à l’entrepreneuriat, est particulièrement élevé. Le risque supporté par l’entrepreneur n’est pas indépendant des droits associés au statut de salarié. Plus le salaire est élevé et relié à des droits sociaux futurs, plus il est coûteux de quitter ce statut. Notre système social incite peu à créer une entreprise, et ce d’autant moins qu’on a un diplôme élevé donc des espérances de gain et de statut élevés. Dans un tel contexte, on comprend aisément la faible propension des diplômés de nos grandes écoles à créer des entreprises. Georges Ribeill, un sociologue qui a étudié les comportements entrepreneuriaux des ingénieurs français, fait clairement ressortir cela : la propension des ingénieurs à créer une entreprise est inversement proportionnelle à l’étiquette sociale conférée par la notoriété de leur école.

Le choix de l’entrepreneuriat constitue donc un réel défi pour la France et les français. Que peut-on alors proposer face à la nécessité économique d’encourager l’entrepreneuriat dans un pays ayant développé depuis longtemps un tel ensemble de droits sociaux pour les travailleurs ?

Il y a deux voies, l’une politiquement acceptable et l’autre qui l’est beaucoup moins. La solution difficile à mettre en œuvre sur le plan politique consiste à rapprocher la situation du salarié de celle de l’entrepreneur, c’est-à-dire à augmenter le risque supporté par le salarié pour le rapprocher de celui supporté par l’entrepreneur. En d’autres termes cela revient à déconstruire partiellement notre système de protection sociale. Des mesures comme la mise en place du CNE (Contrat Nouvelle Embauche, permettant aux entreprises de moins de 20 salariés de licencier sans formalité pendant deux ans tout nouvel embauché), puis la proposition de CPE (Contrat Première Embauche) visant à étendre les dispositions du CNE aux jeunes. Le gouvernement dut retirer son texte face aux manifestations d’hostilité vont dans ce sens. La solution plus acceptable consiste à rapprocher la situation de l’entrepreneur de celle du salarié. Par exemple en maintenant temporairement les droits du salarié qui quitte son emploi pour créer son entreprise. Diverses mesures ont déjà été prises en ce sens. Si elles sont plus facilement admissibles politiquement elles ne peuvent être que limitées tant l’acceptation du risque comme l’espérance d’un profit constituent des dimensions centrales de la fonction entrepreneuriale.

Un deuxième point doit être relevé qui constitue également un frein à l’entrepreneuriat : la fiscalité très élevée, la socialisation des profits. En 2006 le taux des prélèvements obligatoires rapportés au PIB (Produit Intérieur Brut) était de 44%, les dépenses publiques consommaient 52,9% du PIB. Un calcul a été fait : le français commence à travailler pour lui le 16 juillet, du 1er janvier au 15 juillet inclus, il travaille pour la collectivité. Un tel contexte encourage-t-il les français à vouloir augmenter leurs gains ? Les gouvernements se succèdent, tantôt d’une couleur politique, tantôt de l’autre, et cet état de fait non seulement perdure mais même s’aggrave d’année en année.

Changer l’image des entrepreneurs

Pour changer les représentations sociales relatives aux entrepreneurs, nous préconisons une implication plus forte des principaux acteurs concernés et une revalorisation de la démarche d’entreprendre. Ces groupes d’acteurs sont les enseignants, les journalistes et les chefs d’entreprise eux-mêmes. Les enseignants et le système éducatif ont une mission cruciale : sensibiliser, préparer et former les esprits à ces situations, à ces catégories sociales et à ces fonctions. Il est essentiel que les enseignements contribuent à diffuser des connaissances sur les valeurs, les attitudes, les motivations des entrepreneurs et des chefs d’entreprise ; sur les situations et les contextes d’action dans lesquels ils opèrent ; sur les outils et les techniques qu’ils mettent en œuvre. Les enseignants et les chercheurs doivent apporter des connaissances sur des questions clés comme : Qui entreprend ? Pourquoi ? Comment ? Dans quels contextes et avec quels résultats ? Les médias constituent un vecteur indispensable et puissant pour relayer l’école et l’université. Ils peuvent toucher un public large, généralement moins averti. Des médias responsables devraient, selon nous, refuser l’amalgame des notions, génératrice de non-sens et la facilité qui consiste à ne parler que de certains types d’entrepreneurs. Les chefs d’entreprise, les dirigeants et les entrepreneurs ont aussi un rôle à jouer, celui de l’exemplarité. Ils sont (ou devraient être) des modèles et des sources d’inspiration pour toute la jeunesse. Ce rôle pourrait être mieux tenu si les acteurs concernés se reconnaissaient le devoir d’aller à la rencontre des collégiens, des lycéens, des étudiants et de leurs enseignants pour témoigner de leurs parcours, de leurs déterminants et des résultats qu’ils ont obtenus, pour montrer toute la symbolique et la force d’expériences de vies “ordinaires”.

Comment revaloriser la démarche entrepreneuriale en France ? Les statistiques officielles nous rappellent régulièrement que de nombreux individus créent ou reprennent des entreprises par nécessité vitale, pour survivre, s’insérer ou se réinsérer dans un monde social dans lequel on est “jeune de plus en plus vieux et vieux de plus en plus jeune”. En effet, les jeunes qui poursuivent des études jusqu’à l’approche de la trentaine sont aujourd’hui monnaie courante. Dans le même temps, on a tendance à vieillir prématurément dans les entreprises et les institutions au point qu’il n’est pas rare, en France, de connaître des problèmes d’employabilité entre 40 et 45 ans.

Des travaux sur les ingénieurs entrepreneurs ont montré, par ailleurs, que de nombreux ingénieurs créent des entreprises par hasard, lorsqu’ils préfèrent changer de statut plutôt qu’abandonner un projet technique ou une recherche qui n’intéresse plus leur laboratoire ou leur entreprise. La dynamique du projet et le lien affectif unissant le sujet à l’objet l’emportent sur la sécurité, parfois toute relative, de leur emploi salarié.

Ces deux modes d’accès à l’entrepreneuriat, par nécessité et par hasard, rendent compte de la faible importance que la société française accorde aux entrepreneurs et à l’acte d’entreprendre, lequel reste encore très largement contre culturel dans ce pays.

Nous pensons cependant qu’une troisième voie est possible et souhaitable. Elle va de pair avec une revalorisation de l’entrepreneuriat en tant que phénomène économique et social vital pour les individus, les entreprises, les institutions et la société dans son ensemble. Elle implique également une volonté collective et un engagement de tous les acteurs concernés.

Deux conditions nous semblent devoir être réunies pour devenir entrepreneur dans une société enfin convaincue de la légitimité sociale et de l’importance d’un tel acte.

La première condition est l’intention d’entreprendre. L’intention est la représentation cognitive de la volonté d’une personne d’exercer un comportement. Elle est considérée comme un bon moyen de prédire des comportements humains planifiés et contrôlables. L’intention, dans la théorie du comportement planifié, très utilisée dans les sciences du comportement, est le résultat de trois antécédents conceptuels que nous allons présenter en les appliquant au cas de la création d’entreprise. Les attitudes envers le comportement constituent le premier antécédent. L’intention de créer une entreprise est fonction du degré d’évaluation favorable ou défavorable du comportement en question. Pour qu’il y ait intention de créer, il est nécessaire que des attitudes favorables vis-à-vis du comportement aient été formées. Différents milieux (la famille, les territoires, les professions, etc.) peuvent agir sur ces attitudes. Les écoles, les universités, les actions de sensibilisation jouent également un rôle important. Un deuxième antécédent se trouve dans les normes sociales perçues. L’intention de créer une entreprise dépend des perceptions que les individus ont des avis des personnes ou groupes sociaux, qui comptent pour eux, par rapport au comportement envisagé. Que pensent mes amis, ma famille, mes professeurs de mon idée de créer une entreprise ? Pensent-ils que c’est bien pour moi, que c’est un bon choix de carrière ? Ces normes sociales perçues par les individus viennent notamment des milieux évoqués plus haut et sont influencées par des variables culturelles et sociétales. La contrôlabilité perçue, enfin, est le troisième et dernier antécédent. L’intention de créer une entreprise est fonction des facilités ou des difficultés perçues dans l’hypothèse où le comportement, ici la création d’entreprise, surviendrait. Dans un comportement intentionnel, les individus raisonnent en se posant des questions du type : “Ai-je toutes les compétences nécessaires ? Est-ce que je maîtrise bien les techniques et outils de gestion indispensables ? Ai-je bien identifié les bons réseaux et pourrais-je les utiliser ?”. Nous pourrions schématiquement résumer ce qui précède en postulant que pour qu’il y ait une intention de créer une entreprise, il faut que le comportement soit perçu comme étant désirable et faisable.

La seconde condition pour devenir entrepreneur est le projet. Ce dernier peut se former sous l’effet de l’intention ou venir d’un déplacement, d’une discontinuité dans la vie personnelle ou professionnelle. La rencontre d’une personne dans laquelle on voit un partenaire possible, la détection d’une opportunité dans un secteur d’activité ou encore la survenance d’une idée peuvent constituer des facteurs de déplacement qui vont contribuer à l’émergence du projet. Le projet d’entreprendre réunit d’après nous deux dimensions qui mêlent projet de vie et projet professionnel et ne sépare pas l’une de l’autre. Comment imaginer une seule seconde qu’une décision de création d’entreprise, dans cette logique de l’intention, puisse être préparée sans que toutes les implications et les déterminants n’aient été évalués, compris et acceptés. La logique du projet, le travail de projection au sens propre, s’opposent d’une certaine façon à la logique d’adaptation très, trop souvent enseignée ou considérée comme la seule possible par les individus, les institutions et les entreprises. Se projeter ouvre l’horizon et laisse une place au rêve, à l’anticipation et au changement créatif.

En conclusion, nous pensons que les entrepreneurs et les chefs d’entreprise, surtout ceux qui dirigent les PME-PMI, sont parmi ceux qui nous montrent que le rêve est encore possible, que l’anticipation est un moyen de conserver ses positions, ses ressources et son indépendance et enfin, ils nous disent, à travers leurs actes, que changer le monde et créer des richesses économiques et sociales ne relèvent ni de l’utopie, ni de la mission impossible, il suffit parfois simplement de le vouloir et de l’inscrire dans son projet de vie. Comme tous les français n’ont pas encore compris cela, il est de la responsabilité collective de contribuer à restaurer l’image de ceux qui entreprennent et dirigent des petites et moyennes entreprises. Il y va de la crédibilité nationale, dans un monde global, de faire évoluer le versant social obscur de l’entrepreneur français.

3 ans pour développer votre PME avant de la vendre

Vous avez 3 ans devant vous pour encore développer votre PME avant de la transmettre.

Pourquoi la développer encore puisque vous allez devoir la vendre ?

A tout point de vue : garder un dynamisme indispensable à sa compétitivité, pour tous vos collaborateurs, et pour mieux, et plus facilement, la vendre, dans 3 ans.
En effet, s’il y un développement significatif sur les 3 dernières années, ce sont celles-là qui vont servir de base à la valorisation.
Et au delà de son prix, elle sera d’autant plus attractive pour les candidats repreneurs.

Travailler sur 4 axes, qui peuvent aussi s’appliquer à votre activité.

1. Le développement commercial et marketing des 3 prochaines années avant transmission

Quels que soient les progrès que vous avez réalisés jusqu’à maintenant en termes commerciaux et marketing, il faut absolument que vous continuiez cette croissance du Chiffre d’Affaires.
Elle est primordiale.
Pour continuer à motiver vos collaborateurs, qui ne doivent pas craindre l’avenir, ni votre prochain départ, dont ils doivent se douter si vous approchez de la retraite.
Pour l’ensemble de vos partenaires économiques (fournisseurs, clients, sous-traitants, financiers, …) il est important que vous apparaissiez comme un acteur dynamique, et plus que la moyenne de votre secteur.
Enfin pour vos futurs repreneurs qui préféreront une entreprise à potentiel plutôt qu’une entreprise à redresser.
2. Le positionnement et l’innovation produit à développer avant de vendre

L’innovation produit reste un moteur de croissance irremplaçable.

Elle assure votre place dans la concurrence actuelle.

Il y a toujours de nouveaux débouchés, de nouveaux marchés à conquérir, d’où que vous partiez.
Cela paraît naturel dans des domaines techniques où les évolutions technologiques se succèdent à un rythme toujours accéléré, ou bien dans des domaines touchés par les effets de mode.

Mais cela l’est également pour des métiers très traditionnels comme la boulangerie.

Participer à des concours, remporter des prix vous forcent à innover.

Vous en retirerez des profits , au moins en termes d’image à court terme, on parlera de votre entreprise.
A moyen terme, vous gagnerez aussi de nouveaux clients-marchés, car tous cherchent toujours des fournisseurs plus inventifs.

Votre entreprise sera d’autant plus attractive le jour de la vente.
3. La qualité et le développement humain avant de céder votre PME

Là aussi, que la qualité soit jugée au niveau des produits finis, ou de l’excellence des hommes qui la composent, les processus de conception, fabrication, livraison, installation, la qualité de la formation, de l’entraînement de vos hommes à une performance toujours plus fiable feront de votre entreprise une référence dans votre milieu.

Une bonne gestion appliquée à ces fondamentaux doit vous permettre de dégager une bonne rentabilité, gage de nouveaux investissements et développements de votre entreprise.

Après un premier examen des vos bilans et résultats, un repreneur avisé saura toujours sentir cette qualité de fonctionnement et d’engagement des hommes dans la dynamique de vote entreprise.
4. Le développement international de votre entreprise avant cession

Point décisif qui caractérise toutes les PME françaises qui réussissent, c’est l’internationalisation de leur activité.

Encore une fois, certains secteurs d’activité semblent s’y prêter plus ou moins.

L’internationalisation est en fait un merveilleux test d’adaptabilité : il faut comprendre les goûts étrangers, les modes de vie, les critères d’achat et d’usage, … autant de paramètres qui peuvent différer de la demande nationale.

Le faire et y réussir démontrent alors bien la capacité de l’entreprise à vite s’adapter, ce qui est devenu aujourd’hui un facteur essentiel de la compétitivité.
Conclusion :

Vous avez déjà réalisé bon nombre de points de progrès de votre entreprise sur ces 4 dimensions clés du développement et de la réussite.

Si vous vous prenez à temps pour la transmission de votre entreprise et souhaitez le faire dans les meilleures conditions, alors vous connaissez ce qui vous reste à faire : développer, développer, … comme vous ne l’avez encore jamais fait dans votre entreprise.

Ce sera votre dernière ligne droite pour en maximiser la valorisation et son attractivité.

Action :

Procédez par ordre, car il difficile de se battre sur tous les fronts à la fois.

Ce qui compte ce ne sont pas seulement vos priorités personnelles : ce sont les capacités de vos collaborateurs à se mobiliser sur l’un de ces enjeux très rapidement et de façon efficace, sans freins.

A vous de jouer.
Le temps est compté.

Pourquoi avoir recours à un Coach professionnel ?

Le coaching est une forme d’accompagnement en vue d’atteindre un ou des objectifs. En fonction de la nature de ces objectifs, on distingue : le coaching professionnel, le coaching sportif et le coaching personnel.

Le coaching professionnel, c’est quoi ?

Le coaching professionnel, appelé également coaching d’entreprise, est un accompagnement professionnel d’une personne ou d’une équipe.
Le coaching professionnel est généralement prescrit et pris en charge par l’entreprise elle-même.
Il s’agit donc d’une relation tripartite entre l’entreprise, le coaché et le coach. Il se déroule en général au sein de l’entreprise mais peut également avoir lieu dans le cabinet du coach.
Le coaching professionnel vise par exemple :
à l’amélioration des performances ;
au développement de potentiel ou de savoir-faire :
à l’accompagnement lors d’un changement professionnel : changement de poste, promotion, restructuration, etc. ;
à la résolution de problèmes de communication au sein de l’entreprise ;
à atteindre un objectif professionnel ;
etc.
Il permet le développement du coaché tout en servant les intérêts de l’entreprise. Pour cela, il travaille avec des outils telles la PNL, l’analyse transactionnelle, etc.
Attention : le coaching professionnel n’est pas une psychothérapie ! Le coach aide à résoudre des difficultés professionnelles mais ne cherchera pas à découvrir la cause de ces problèmes dans l’histoire personnelle du coaché.

À qui s’adresse le coaching en entreprise ?

Tout le monde peut tirer profit d’un coaching professionnel. Il s’adresse ainsi aussi bien :
aux chefs d’entreprises ;
aux managers ;
aux employés : de façon individuelle ou en équipe.
Il est approprié aussi bien aux entreprises privées que publiques et aux travailleurs indépendants.
Comment choisir son coach professionnel ?
Tout le monde ne peut pas s’improviser coach professionnel ! Pour vous assurer des compétences de votre coach, tenez compte :
de son niveau d’étude :
Votre coach devra avoir au minimum le même niveau d’étude que le coaché.
Des diplômes universitaires sont mis en place afin de garantir une vraie formation en coaching.
le coach professionnel doit connaître la vie en entreprise : de nombreux coachs professionnels occupaient des postes de management avant de devenir coach ;
il doit vivre du coaching professionnel : principale source de revenus ;
il doit respecter un code de déontologie incluant le secret professionnel.

Confidentialité et coaching professionnel

Un coaching professionnel doit rester discret pour ne pas nuire à l’image du coaché au sein de l’entreprise, et pour que les séances de coaching se déroulent sereinement.
La personne qui suit un coaching en entreprise devra donc ne pas en faire état autour d’elle. En règle générale, ne seront au courant que sa hiérarchie et le service des ressources humaines qui rémunère le coach.
Pour plus de discrétion, les séances de coaching pourront avoir lieu en dehors de l’entreprise.
En tout état de cause, le coach se doit de respecter une confidentialité absolue sur ce qu’il entend de l’entreprise au cours des séances de coaching professionnel.

Prix d’un coaching professionnel

Le coaching professionnel, ou d’entreprise, est généralement pris en charge par l’entreprise.
Les prix des séances varient entre 200 et 700 €/h environ.

LES RH ET… LE SOCIAL

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Et si les RH s’intéressaient enfin au social ?

Le terme de « ressources humaines » m’a toujours dérangé, car il a tendance à réduire les femmes et les hommes qui composent l’entreprise à des variables d’ajustement, comme les stocks de pièces ou les liquidités, voire les consommables ! Les RH nous ressassent – la main sur le cœur – que « l’humain est au cœur de l’entreprise »… mais il suffit d’entendre la voix des actionnaires pour comprendre que ce discours convenu est avant tout à vocation d’image interne : il ne reflète pas vraiment les décisions du COMEX.

Une fonction RH déconnectée du terrain

Ceci pose problème. Comment justifier que des salariés qui ont participé au redressement d’une entreprise, ont accepté un durcissement de leur contrat de travail et une réduction de leurs avantages, ne puissent pas profiter du rebond de l’entreprise au même titre que les actionnaires ? Est-il si aberrant, si ridicule de penser que l’on doive récompenser l’engagement des salariés et la confiance qu’ils ont pu donner aux paroles de leurs dirigeants et managers ?

Nous subissons malheureusement un courant de Gestion des Ressources Humaines qui – à défaut d’être innovante ou de conserver un quelconque leadership – est devenu exécutante des ordres du COMEX. A cette seule lumière, les ressources humaines ne représentent qu’un coût fixe qu’il convient non seulement de maitriser, mais encore de diminuer.

Comment s’étonner, dans cette perspective où les RH sont finalement très éloignées de la réalité socioprofessionnelle concrète des salariés, que les relations sociales se traduisent toujours en rapports conflictuels avec les syndicats ?

Peur du digital ou peur du social ?

Mais il y a plus. Il y a derrière ce constat une explication de fond de la difficulté qu’ont les RH à appréhender la transformation numérique. Car ce n’est pas du « digital » lui-même qu’ils ont peur : ils ont peur du « social » au sein du digital ! Ils ont peur de cette perte de contrôle et de cette transparence qui vont de pair avec une transformation digitale réussie, qui libère l’entreprise. En fait, ils ont peur du web social ! Si, comme on l’entend parfois, c’était seulement les technologies numériques qui posaient en la matière des problèmes d’adaptation aux RH… auraient-ils réussi les projets autrement plus techniques des SIRH, des self-services RH, et plus largement de tout ce qui est e-rh dans sa composante IT ? Bien sûr que non ! La vérité est bien plutôt que les RH ne veulent pas risquer de se retrouver responsables d’un désordre social, d’une perte de repères des corps intermédiaires, de l’avènement de nouveaux pouvoirs et de leviers qu’ils ne contrôlent pas.

Depuis près de 5 ans la transformation digitale de la RH est d’actualité : que d’interventions, d’articles, d’évènements, de formations lui ont été consacrés ! Et pourtant la majorité de ses acteurs refusent de prendre leur responsabilité évidente de leadership, au carrefour entre la réalité sociale et la réalité économique de l’entreprise. La RH reste ainsi éminemment administrative et, selon certains participants du dernier événement RH #truparis, – pardon pour vos chastes oreilles – « chiante » !

Regardez avec quel appétit retrouvé ces mêmes RH envisagent le big data… Ah !  Cette magie du pouvoir d’une « application » qui, sans même s’enquérir de l’autorisation des salariés, pourrait nous expliquer leurs comportements actuels et à venir, pourrait nous dire quels seront les futurs talents, les compétences à développer, les risques à prévenir…

Des Ressources Humaine à la Richesse Sociale

Il faut en convenir, le responsable RH est trop pris à analyser ses reporting, à répondre aux évolutions réglementaires de sa fonction, à peaufiner des process et procédures… pour renouer avec la réalité du terrain, là où vivent les salariés au quotidien. Le risque est majeur pour l’entreprise – et pour la fonction RH en premier – que le retour de bâton soit brutal : soit on commencera à comprendre que de tels acteurs RH constituent plus un fardeau qu’un moteur pour la performance, et que finalement la paie peut-être faite par la Finance, la marque employeur par la Communication, et les services en ligne par les IT, ou tout simplement par une solution d’externalisation généralisée ; soit l’exaspération viendra des salariés eux-mêmes, lassés de tant d’indifférence, avec une montée du présentéisme, de l’absentéisme et de tous les comportements qui ruinent l’engagement et la productivité.

Il est peut-être temps, finalement, de remplacer la Fonction Ressources Humaines par la Responsabilité de la Richesse Sociale, ne croyez-vous pas ?

Télétravail : 10 conseils pour réussir à travailler chez soi

TÉLÉTRAVAIL – Encore un jour férié qui donne envie de faire le pont. Cette fois, vous avez réussi à négocier avec votre patron, vous n’irez pas au bureau ce vendredi. Enfin presque, car si vous n’êtes pas physiquement au bureau, vous avez promis de travailler de chez vous.

Le télétravail est un rêve pour de nombreuses personnes. Gérer son planning, pouvoir travailler en pyjama dans son lit, passer plus de temps avec ses proches… On troquerait assez facilement l’open space pour travailler de chez soi. Détrompez-vous, ce n’est pas si simple. A la maison, tout peut être synonyme de tentation et de déconcentration. Travailler aussi sérieusement qu’au bureau peut devenir un peu complexe.

Voici 10 astuces pour réussir à bien travailler de chez soi.

1. Commencez par vous habiller

getting dressed

Ca ne vous viendrait pas à l’idée d’aller travailler en pyjama (enfin, c’est votre rêve le plus cher), donc habillez-vous avant de vous mettre à travailler. Prenez une douche, un petit déjeuner, faites exactement comme si vous alliez sortir de chez vous.

« Ainsi, vous passez du mode maison au mode travail. En plus, si vous vous habillez pour le travail, vous vous prendrez plus au sérieux pour maintenir une attitude digne d’un lieu de travail. Rester en pyjama et chaussons ne va vous motiver qu’à une seule chose: retourner au lit », indique le site WikiHow.

On ne vous dit pas de sortir le costard ou le tailleur, un jean et un t-shirt feront l’affaire.

2. Créez-vous un espace de travail

desk home

Vous allez être tenté de travailler de votre lit, ou affalé sur le canapé. Si certaines personnes sont plus productives un casque sur les oreilles et allongées sur un transat, d’autres ont besoin d’un environnement très sobre. Il s’agit de déterminer ce qui vous convient le mieux, et de vous y tenir.

Avoir un vrai bureau simplifie tout de même les choses: vos documents, ordinateur, et autres outils de travail restent à leur place. Tout avoir à portée de main est crucial si vous espérez rester concentré. D’autant plus si vous ne faites que du télétravail. Le cas échéant, « il est important que vous ayez tout l’équipement dont vous avez besoin pour travailler, qu’il s’agisse d’un ordinateur rapide, un scanner, une imprimante, photocopieuse et fax, un système de sauvegarde fiable », détaille Lisa Kanarek, experte du travail à la maison, auteur et fondatrice du site WorkingNaked.com à Forbes. « La clé pour gagner du temps et de l’argent sur le matériel, c’est de savoir ce dont vous avez besoin, ce dont vous ne pouvez pas vous passer, et où trouver un support technique », poursuit-elle.

N’hésitez pas à faire un petit ménage de printemps avant de commencer.

3. Faites-vous un planning béton

schedule

Pour commencer, organisez-vous selon des horaires « normaux ». Vous allez avoir envie de dormir jusqu’à midi, mais vous n’allez probablement pas travailler jusqu’à minuit. Pour communiquer avec vos collègues, c’est évidemment bien plus simple de caler votre rythme sur le leur.

Ensuite, tirez un maximum profit de ces horaires. Faites-vous un planning précis, accrochez-le au-dessus de votre bureau et tenez-vous y! « Chaque matin, avant de plonger dans le travail, passez-le en revue pour avoir une meilleure idée de ce à quoi va ressembler votre semaine ou votre mois. Si vous avez de nombreux rendez-vous de prévus pour la fin de la semaine, vous devrez essayer de travailler un peu plus au début pour trouver un équilibre », est-il conseillé sur WikiHow.

4. Gardez contact avec vos collègues

phone

Que ce soit au téléphone ou via Skype, parlez! Ne restez pas tout seul dans votre coin pendant plusieurs jours. Vous faites pleinement partie de cette entreprise, même si vous n’y mettez que rarement les pieds. C’est d’autant plus important que votre absence pourrait rendre difficile certaines tâches quotidienne, telles que le partage des idées, la mise en avant d’un sujet…

5. Devenez un pro de l’informatique

computer nerd

A la maison, pas possible d’avoir un technicien ou un informaticien de l’entreprise à disposition. C’est le moment d’être un peu débrouillard. Voici quelques conseils que vous pouvez retrouver sur le site WikiHow:

  • Connaissez sur le bout des doigts tous les logiciels que vous utilisiez déjà au travail
  • Chouchoutez votre ordinateur, qui doit être aussi efficace que possible
  • Gérez le téléphone comme un pro. Sachez utiliser les fonctions de téléconférence de Skype, Google… Pensez à l’application Viber, par exemple, pour passer vos appels à l’étranger sans dépenser un centime.

6. Prenez bien soin de séparer vies privée et professionnelle

private life work

C’est probablement le moins simple, tant les distractions sont partout, tout le temps. Mais c’est primordial: bien que dans votre petit nid douillet, les tâches d’ordre personnel ne doivent pas empiéter sur votre travail. « Ne pensez pas, pitié, que le linge, ou le fait que votre mère veuille passer du temps avec vous depuis que vous êtes à la maison ne vont pas vous tenter », dit à Forbes Shawn Mason Spence, conseillère, auteure, coach de vie.

Surtout, communiquez vos horaires de travail à tous vos proches. De la même manière qu’ils ne vous appeleraient pas au travail pour vous parler de la pluie et du beau temps, ils ne doivent pas vous contacter même si vous êtes à la maison, sauf si c’est urgent.

A l’inverse, votre travail ne doit pas vous empêcher d’avoir une vie privée. Faites comme si vous quittiez votre bureau, éteignez votre ordinateur, déconnectez-vous, faites autre chose.

7. [Spécial parents] Gérez vos enfants

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Si par malheur vos enfants sont en bas âge et que votre bureau est à côté de leur salle de jeux, il va falloir songer à y remédier. Pourquoi, si vous en avez les moyens, ne pas penser à une fille au pair?

Si, en revanche, vos enfants sont à un âge avancé, imposez-leur des règles bien précises: ils ne doivent pas vous déranger lorsque vous travaillez. Si vous étiez au bureau, ils ne vous verraient de toute façon pas.

Voyez le côté positif des choses: à passer moins de temps dans les transports, vous allez dans tous les cas passer plus de temps avec eux. « Une fois que j’ai réalisé que travailler chez soi voulait dire plus de temps avec mes enfants, j’ai mentalement substitué le temps passé dans la voiture avec celui passé avec eux à jouer, et tout mon stress s’est bizarrement évacué », témoigne David Tate sur le site Lifehacker.

8. Faites des pauses

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Surtout, surtout, ne restez pas devant votre écran d’ordinateur toute la journée sans faire de pauses parce que vous culpabilisez. Prenez le temps de respirer, tout comme vous feriez des pauses café entre collègues.

On a dit plus haut de ne pas mélanger vie privée et vie professionnelle, mais si cela peut vous aider à vous distraire, n’hésitez pas à vous avancer dans vos tâches ménagères. 30 minutes de rangement et de ménage sur une musique entraînante le matin, un peu de cuisine ou de ménage l’après-midi, par exemple. Cela vous aidera à vous recentrer, et vous n’aurez pas perdu votre temps.

« Avant de vous asseoir le matin, faites une listes des tâches rapides que vous devez faire: deux machines à laver, acheter des légumes pour le soir, faire la poussière, passer l’aspirateur, etc. Quand vous avez besoin de vous lever et de bouger un peu, éliminez l’une de ces tâches avant de vous remettre au travail », recommande le site Howstuffworks.

9. Faites du sport

sport

Travailler tous les jours chez soi peut être bien maussade. N’hésitez pas à bouger dès que vous le pouvez. Marchez lorsque vous passez un appel ou que vous réfléchissez, faites du sport. La position assise n’est bonne pour personne, mais pour vous, c’est d’autant plus important que vous allez avoir l’impression de tourner en rond.

10. Pensez différemment

positive thinking

Des choses inattendues vont vous manquer: vos collègues qui vous agaçaient en premier lieu, mais aussi les transports en commun, les repas sur le pouce… C’est normal. Même à la fin de l’une de vos pires journées de travail, vous aviez l’impression d’avoir fait quelque chose d’utile, par le simple fait de vous rendre sur votre lieu de travail.

Donc si vous voulez éviter de mal vivre le télétravail, mettez tous les conseils précédents en oeuvre.