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Réaliser son étude de marché : les 4 règles d’or

Souvent démuni lorsqu’il doit réaliser son étude de marché, le créateur d’entreprise est pourtant dans l’obligation de la constituer de façon complète et convaincante s’il souhaite concrétiser son projet. Si les entrepreneurs éludent souvent cette étape, cela s’explique par leur difficulté à structurer leur propos. Identifier les objectifs de ce document, sa teneur et les conditions effectives permettant sa réalisation est indispensable.

Réaliser son étude de marché : les 4 règles d'or

« L’étude de marché a pour objectif de cerner avec précision l’organisation du secteur économique au sein duquel la nouvelle entreprise va s’insérer et la place qu’elle [compte y prendre] », d’après la définition du « Guide du routard du créateur et du repreneur d’entreprise ». En d’autres termes, l’entrepreneur doit analyser l’état du marché dans lequel il souhaite implanter son entreprise et estimer la part qu’il pourra capter. Document clé du business plan, l’étude s’articule autour de différents critères d’analyse : produits vendus, zone de chalandise potentielle ou encore recensement de la concurrence. Dans le cas d’une implantation en franchise, « la loi Doubinoblige toute tête de réseau à délivrer une information précontractuelle, comprise au sein du DIP, où est détaillé l’état local », indique Charlotte Boisson, directrice du développement à l’agence de géomarketing Territoires et Marketing. « Il s’agit d’une photographie à date d’un certain nombre d’indicateurs sur la zone : concurrence, profil démographique des salariés, des résidents, du développement… Bref tout ce qui peut être facteur d’attractivité. Mais ce n’est pas une analyse du projet au sein de cette zone. Lefranchiseur peut néanmoins indiquer au candidat le process d’une étude de marché dans le DIP. » A la lumière de ces premières données, tout le travail restant à effectuer incombe au franchisé. Mesurer la part de marché à atteindre, définir les leviers à actionner, les moyens à déployer,… Autant de prérequis nécessaires à la construction de l’étude. Cette tâche s’avère en définitive plus fastidieuse que complexe, tant elle requiert davantage de bon sens que de connaissances pointues en économie.

Règle n°1 : S’appuyer sur des chiffres

De façon générale, les sacro-saints chiffres tiennent évidemment une place à part entière dans l’étude de marché. Tant en quantité qu’en qualité, ils permettent une approche plus pragmatique de la réalité du terrain et de se plonger dans la dimension la plus concrète du projet. La solidité du document sera d’ailleurs décisive au moment de convaincre les futurs partenaires de l’entreprise comme les organismes financiers et les fournisseurs. Il est donc primordial de mettre en avant le travail abattu et les démarches effectuées pour l’établir auprès des différents interlocuteurs et ainsi les persuader de la solidité du projet.

Règle n°2 : Définir l’offre

Quatre étapes sont nécessaires à cette tâche. Tout d’abord, il s’agit d’établir une liste exhaustive énumérant les produits ou services qui seront au cœur du commerce. Ensuite, il faut rechercher les produits analogues existants sur le marché. Pour cela, étudier les différents leviers de communication employés par les enseignes rivales : catalogues papier et web, se déplacer sur les salons spécialisés quand cela est possible, encarts publicitaires dans la presse locale et spécialisée notamment, etc. Puis, déterminer lesbesoins réels de la demande, aussi bien ceux auxquels le marché répond que ceux auxquels la réponse demeure partielle. Surtout, se poser la question « Y a-t-il de la place pour un nouvel acteur ? ». Enfin, calculer un premier seuil de rentabilité en envisageant une politique tarifaire en accord avec les conditions d’exploitation et l’exigence de rentabilité du projet. La conjoncture économique du secteur apparaît à plus d’un titre comme un axe d’analyse incontournable.

Règle n°3 : Cibler et évaluer la clientèle potentielle

Cette phase s’articule également autour de quatre mouvements. Dans un premier temps, identifier dans le détail le cœur de cible. Plus la précision sera de rigueur, plus l’étude de marché sera pertinente. Ne pas hésiter à examiner la démographie de la zone de chalandise : âge, catégorie socio-professionnelle, sexe, etc. Dans un deuxième temps vient le moment del’examen des attentes de la clientèle, c’est-à-dire « quel marché est encore inexploité ou sous-exploité ? ». Dans cette perspective, une approche directe doit être privilégiée : campagne e-mailing, rencontres avec des acteurs locaux, interviews (d’où l’importance de bien connaître sa zone d’implantation et de disposer d’un certain carnet d’adresses). Dans un troisième temps, évaluer la taille de la zone de chalandise et la clientèle cible. « De nombreux organismes disposent de données chiffrées pouvant renseigner le porteur de projet, rappelle Charlotte Boisson. Les Chambres de commerce et d’industrie ou les chambres de métiers ont des interlocuteurs qui peuvent fournir des documents d’étude. » En dernier ressort, l’entrepreneur devra apprécier le taux de pénétration* qu’il ambitionne.

Règle n°4 : Analyser la concurrence

Qui dit implantation dit concurrence. De fait, les futurs concurrents se positionnent soit sur le même segment de marché, soit sur un segment complémentaire en rapport direct avec l’activité de l’entreprise en puissance. Il s’agit donc de recenser les différents acteurs présents dans la même zone géographique et d’évaluer leur poids. Une tâche à géométrie variable puisque la zone de chalandise diffère selon le secteur à implanter. « Travailler dans la restauration rapide où le marché est défini par un périmètre restreint (la clientèle doit se situer à 5 minutes à pied) et dans une agence de services à la personne, où le client ne se rend qu’une seule fois, ne répond pas à la même problématique d’emplacement », signale Charlotte Boisson. Dans cette optique, consulter les annuaires généraux ou spécialisés puis se rendre dans des organismes consulaires, qui tiennent à jour des documents détaillés sur les entreprises inscrites dans leurs registres, est conseillé. S’établir près d’une enseigne locomotive peut aussi se révéler intéressant, notamment en termes de trafic.

« Si il y avait une règle d’or dans la réalisation d’une étude de marché, c’est qu’on ne peut pas étudier un projet sans se déplacer sur site. Cela représente 50 % du travail », tranche la spécialiste en géomarkting. Il ne faut donc pas oublier cette composante. Enfin, tout entrepreneur en franchise doit obtenir les comptes des acteurs en présence. Le candidat peut retrouver certaines données sur le site société.com mais avant tout dans les greffes de tribunaux de commerce. Toute entreprise a en effet obligation de transmettre ses comptes aux pouvoirs publics. Ces documents sont communiqués à tout anonyme qui en fait la demande, moyennant une somme minime.

*Taux de pénétration : rapport entre le nombre d’utilisateurs d’un produit et la population cible tout entière.

Reprise d’entreprise : les promesses tenues du marché caché

La Thématique du marché caché

Dans ce cadre, soulignons que le recours à un cabinet spécialisé dans l’intermédiation va grandement faciliter le travail de recherche de cible du repreneur. De même, le cédant qui fait appel aux services d’un tel cabinet va multiplier ses chances de trouver le bon acquéreur.

 Dans le domaine de la reprise d’entreprise par des cadres personnes physiques, le plus difficile est de trouver une entreprise à reprendre.

Ce que tout repreneur devrait savoir, c’est qu’entre les chiffres théoriques des entreprises « potentiellement » à reprendre, et la réalité, l’écart est important. Hors artisans, commerçants, professions libérales, professions réglementées…, le nombre réel des transactions réalisé annuellement se situe autour de 5 à 6000, voire beaucoup moins certaines années.

>Le marché ouvert permet de s’échauffer

Le marché ouvert est celui des cédants ouvertement déclarés. Trois grandes bases couvrent une bonne partie du marché : Fusacq, le CRA et TransPME (rattaché aux CCI). Un dossier sur dix ou sur vingt seulement sera intéressant pour un repreneur, car il s’agit souvent d’un marché de seconde main. En effet, un cédant qui officialise sa future transmission, c’est souvent un cédant qui n’a pas réussi à vendre autrement. Il sera également intéressant de regarder depuis combien de temps il essaie de vendre. Pour un repreneur d’entreprise, cette source de dossiers ne doit toutefois pas être négligée, car les affaires existent, et comme rien n’est cartésien en matière de reprise d’entreprise, personne n’est à l’abri d’une bonne surprise…

>Le marché caché recèle de belles opportunités

Le marché caché de la reprise d’entreprise existe bel et bien, à tel point qu’on estime qu’il représente environ 60 %, voire plus, des transactions. L’explication est simple : les cédants, généralement, souhaitent garder la confidentialité absolue de leur projet de cession, afin que les clients, les fournisseurs, et le personnel n’exploitent pas la situation.
L’intérêt : le repreneur ne sera plus, ou sera moins, en concurrence sur les dossiers.

>Comment se positionner sur le marché caché ?

En en parlant, à tout le monde, dans tous les cercles possibles et imaginables. Les anecdotes sont nombreuses sur le « hasard » grâce auquel certains ont trouvé une entreprise à reprendre. Pour Dominique Tamborini : «Au cours des formations au CRA et dans différents lieux de rencontre, j’avais sympathisé avec d’autres repreneurs. Nous nous réunissions régulièrement entre nous, pour nous soutenir le moral et échanger nos expériences. Après plus d’un an et demi de recherche toujours infructueuse, l’un d’eux m’a orienté vers une entreprise avec laquelle il avait été en contact deux ans plus tôt, mais dont le cédant, à l’époque, n’était pas mûr, et en me conseillant de tenter ma chance. » Dominique contacte « l’ancien » cédant, rendez-vous est pris, et l’affaire fut conclue ensuite assez rapidement.

Pascal Ferron recommande : « Diffusez votre fiche de cadrage aussi largement que possible, à tout votre réseau, experts-comptables, notaires, avocats, banquiers, amis, voisins, relations de près ou de loin. Il faut aussi que vous sachiez en quelques mots présenter ce que vous recherchez, ce que vous pouvez apporter. Mais le secret est d’en parler à un maximum de gens. »
Pour les repreneurs dont le seul critère est un secteur géographique donné, une autre solution est de quadriller systématiquement ledit secteur et de passer des appels téléphoniques.

>Identifier le degré de maturité du cédant
Parmi les précautions à prendre dans ce cas, il s’agira d’identifier le degré de maturité du cédant. En effet, s’il s’agit pour celui-ci d’une première proposition, il y a fort à parier qu’il aura besoin de plusieurs mois pour se faire à l’idée de vendre son entreprise. Et, en conséquence, de faire perdre un temps précieux au repreneur d’entreprise. Ce facteur temps est à prendre en compte : le temps du cédant (qui a sa vie, son entreprise qui tourne, qui a le temps, donc) n’est pas le même que celui du repreneur, qui, lui, vit sur ses réserves qui ne sont pas éternelles…

En s’intéressant au marché caché, deux indices sont révélateurs pour savoir si le cédant est prêt à vendre :
–        Est-il entouré de conseils, au moins un expert-comptable et un avocat, ce qui signifie qu’il a déjà réfléchi au problème ;
–        A-t-il des projets d’avenir pour après la cession, ce qui démontre qu’il est psychologiquement prêt.

Stéphane Meunier précise que si le repreneur en herbe n’est pas toujours très à l’aise pour faire de l’approche directe, il existe des services – notamment ceux de la CCI de Paris – qui peuvent se charger de cette besogne.

>Les critères d’un bon dossier de reprise
Qu’un repreneur ait trouvé une entreprise grâce au marché ouvert ou au marché caché, un « bon » dossier de reprise est identifié grâce aux critères suivants :
–        un cédant vraiment vendeur,
–        un processus préparé par lui,
–        un prix de cession cohérent, qui permet, en plus du remboursement de la dette, de garder des liquidités pour assurer le développement futur de l’entreprise,
–        un dossier finançable,
–        et surtout, insiste Pascal Ferron, une entreprise dont le repreneur identifie immédiatement le potentiel de développement.

Comment obtenir un prêt pour son entreprise ?

obtenir un prêt pour son entrepriseAvec la crise, les banques prêtent de moins en moins aux entreprises. Partant de ce constat, les pouvoirs publics ont mis en place des dispositifs pour soutenir les initiatives entrepreneuriales. Les particuliers aussi proposent désormais des solutions alternatives par le bais du crowdfunding notamment. Comment mettre toutes les chances de son côté afin d’obtenir un prêt pour financer sa création d’activité ?

Les pré-requis

Avant de solliciter un prêt, vous devez tout mettre en œuvre pour que votre projet séduise les investisseurs.

Réalisez un business plan solide
Document incontournable, votre business plan devra permettre de saisir les points clés de votre projet, votre ambition à moyen /long terme, et votre modèle de génération de revenus (le business model). Un bon business plan constitue un gage de sérieux. Cela signifie que vous avez réfléchi à votre projet et en avez cerné les principaux enjeux.

Établissez un prévisionnel réaliste
Le prévisionnel financier (avec ses différents tableaux) sera l’outil de référence pour vous accorder un prêt. Aussi devra-t-il être réaliste et cohérent en fonction de votre marché. Fondez sa construction sur des faits vérifiables (chiffres d’affaires des concurrents, études de marché sectorielles, etc.). Vos prévisions de résultats ne seront pas nécessairement justes (c’est l’idée même du prévisionnel) mais elles devront être réalistes et réalisables (et en lien notamment avec votre force de vente et votre budget de communication). Vous trouverez ici un outil pourréaliser votre prévisionnel financier.

Après le bouclage de vos documents financiers, il sera plus aisé de solliciter un prêt pour votre entreprise.

Les acteurs à solliciter

Le prêt bancaire classique
Même si les banques sont plus prudentes dans l’octroi de crédits, elles demeurent pour autant des acteurs incontournables en matière de financement de la création d’entreprise. Pour les approcher, en plus d’un prévisionnel solide, il faudra bien souvent veiller sur deux points, facteurs clés de succès :

  • L’apport personnel : les banques sont de plus en plus exigeantes quant aux fonds propres. Assurez-vous d’avoir un apport équivalent à 15 à 30% de votre besoin en financement. Si vos économies ne suffisent pas, n’hésitez pas à faire appel à la famille (le love money) afin de constituer un capital de départ significatif.
  • La garantie : dans la majorité des cas, la banque vous demandera une garantie avant l’octroi d’un crédit. Cela permet à la banque non seulement de se prémunir en cas de défaut de paiement mais surtout de partager le risque. Des organismes tels que BPI France (ancien Oséo) ou France Active peuvent venir en garantie et ainsi renforcer la crédibilité de votre dossier de demande de prêt.

Le Prêt à la création d’entreprise (PCE)
Vous pouvez recourir au PCE si vous avez un petit projet à financer. Ce dispositif consiste en un prêt bancaire sans garantie ni caution personnelle. Les montants octroyés sont généralement compris entre 2000 et 7000 euros et doivent servir à financer les besoins immatériels de l’entreprise (frais de lancement, BFR). Le PCE doit être nécessairement accompagné d’un prêt bancaire classique.

Prêt bancaire classique et PCE sont deux solutions pour financer son entreprise à condition de mettre toutes les chances de son côté en réalisant un business plan et un prévisionnel de qualité.

Après la création de son entreprise : les indicateurs à surveiller

indicateurs à surveillerLes études le démontrent : le taux de pérennité des entreprises 3 mois après la création est en moyenne de 70%. 3 entreprises sur 10 n’existent plus au bout de la 3e année. Différents facteurs expliquent ce chiffre (le choix du secteur d’activité, la mise de départ, la personnalité du dirigeant, les soutiens, etc.)
Aussi, le suivi de certains indicateurs dès les premières années d’exercice peut vous aider à passer ce cap fatidique des 3 ans. En voici quelques-uns.

L’analyse de son environnement

L’entreprise n’évolue pas en vase clos. En une ou deux années d’activité, votre environnement concurrentiel, les tendances d’achat ou de consommation ont peut-être évolué. Une analyse Pestel peut vous permettre de mettre en évidence des carences de votre business model ou a contrario des gisements de croissance. En tous les cas, l’analyse de votre environnement doit permettre soit de vous adapter, soit de conforter vos choix.

Le suivi des objectifs commerciaux

Les indicateurs commerciaux sont primordiaux pour une jeune entreprise. Lors de l’établissement de votre stratégie vous avez fixé des objectifs de vente. De ces objectifs dépendent la survie financière de votre entreprise sur le long terme. En effet, la gestion de votre affaire engendre des coûts (dépenses) qu’il faut compenser par des recettes. Aussi devez-vous surveiller cet indicateur et vous remettre en question si besoin :

  • Votre stratégie commerciale est-elle efficace ?
  • Vos commerciaux sont-ils performants ?
  • Avez-vous ciblé les bons clients ?
  • Etc.

Le suivi de l’évolution des coûts

Pour être compétitif, vous devez apporter une offre qui correspond à la demande en termes de qualité et de prix. Le tarif de vos prestations dépend de différents facteurs (prix relevés à la concurrence, coût des matières premières, fournisseurs, stockage, etc.). Une analyse des coûts à N+1 peut permettre un recentrage. Vous devrez peut-être revoir vos prix à la hausse ou à la baisse. Vous ne pouvez pas maintenir les mêmes tarifs alors même que tous vos concurrents pratiquent des prix plus bas. Si vos coûts de fabrication augmentent, il vous faut bien l’intégrer au risque de vendre à perte ou de ne pas dégager de marge.

Suivi du plan de trésorerie

Autre indicateur essentiel, le plan de trésorerie permet de suivre au mois le mois l’activité de l’entreprise. En N+1 ou N+2 vous aurez une ou deux années de recul. Cela vous permettra :

  • D’établir un prévisionnel au plus près de la réalité en se basant sur les années précédentes
  • D’analyser les écarts et y apporter des correctifs pour les années suivantes

L’objectif est d’anticiper les choses et de garder une trésorerie saine : lors du lancement de l’entreprise, l’argent est le nerf de la guerre.

Analyse de certains ratios comptables

Pour terminer, la lecture de vos documents comptables peut vous permettre d’analyser la performance de votre activité. Certains ratios donnent des indications utiles :Capitaux propres / endettement total
Ce ratio concerne la solvabilité de votre entreprise. De manière générale celui-ci doit être supérieur à 0,5. En deçà, cela signifie que votre entreprise a du mal à rembourser ses dettes.

Résultat d’exploitation / chiffre d’affaires
Ce ratio indique la performance de votre activité et la rentabilité de votre exploitation.

Chiffre d’affaires HT de l’année N/chiffre d’affaires HT de l’année N-1
Ce ratio vous aidera à calculer le taux de croissance de vos ventes. Vous pourrez ainsi savoir si vous faites mieux que les années précédentes et/ou mieux que vos concurrents (en effectuant notamment une analyse comparative avec les chiffres de votre secteur d’activité).

Il existe beaucoup d’autres indicateurs. Mais il n’est pas nécessaire de tous les connaitre. Choisissez lesinformations les plus pertinentes en fonction de votre entreprise et du secteur d’activité.

Choisir son business model – modèle économique

le modèle économique ou business model

Le business model ou modèle économique en français peut être rapidement défini comme la stratégie mise en place par une entreprise pour gagner de l’argent. Étape indispensable dans la création d’une entreprise, il doit être construit pendant la rédaction du business plan. En effet, une fois l’idée présentée aux financeurs potentiels, il est nécessaire de démontrer la capacité de la structure à générer des gains. C’est pourquoi on considère souvent le business model comme le cœur du business plan. Pour bâtir un projet de création solide il faut donc créer un modèle économique cohérent en s’inspirant de ceux déjà existants…

Les différents Business Models

Le choix du business model pour une entreprise dépend de son identité, de son offre et de sa stratégie. Il faut donc bâtir son modèle économique à partir de ces trois éléments. Il est effectivement conseillé de combinerplusieurs business models pour sécuriser l’activité de l’entreprise. Pour ce faire voici les principaux modèles économiques utilisés par les entreprises :

  • les enchères, dans ce business model ce sont les clients qui fixent eux-mêmes le prix du produit ou du service. Il est à noter qu’un système d’achat immédiat doit être mis en place pour satisfaire les clients pressés.
  • le freemium, contraction de free (gratuit) et de premium (haut de gamme), ce business model consiste à fournir une partie de l’offre gratuitement aux utilisateurs mais à bloquer certains contenus réservés aux membres premium. Au final ce sont ces derniers qui payent pour les utilisateurs free. Ex : Viadéo
  • le modèle de l’abonnement consiste simplement à commercialiser un produit ou un service contre une inscription d’une durée déterminée. Ex : Le Monde.
  • le cashback, business model qui consiste à donner un avantages aux meilleurs clients sous la forme de points ou de remboursements. Le modèle de cashback le plus connu est celui des « Miles » des compagnies aériennes.
  • l’affiliation, c’est le business model de nombreux site internet, vous proposez des publicités pour d’autres entreprises qui vendent leurs produits ou services. Dès lors qu’un internaute clic sur la bannière publicitaire et réalise une action (inscription ou achat) vous percevez une commission. Ex : les comparateurs mobile.
  • la vente à domicile, les ventes se concentrent sur des cercles de clients réduits et mise sur le bouche à oreille et les recommandations pour se développer. Ex : réunion tupperware
  • la ventes flash – ré-intermédiation – dé-stockage, la création de partenariats avec des marques permet de revendre leurs invendus ou produits des collections passées à des prix cassés. Ex : Ventes privés
  • le modèle low cost, consiste à utiliser un business model existant et qui a fait recette mais en proposant une offre réduite à sa plus simple expression, c’est à dire en supprimant toutes les options et tous les avantages « super fluts ». Ex : Easy Jet.
  • l’adaptatif, ce business model permet d’optimiser les ventes des entreprises proposant un produit ou un service qui non vendu est perdu. Ce business model est basé sur la variation des prix en fonction de la demande et des habitudes de consommation des clients. Ex : la SNCF
  • le modèle de l’utilisation, qui est le plus basique de tous, l’utilisateur paye un prix unique pour chaque utilisation du service. Ce prix doit être faible pour inciter le client à répéter plusieurs fois l’acte d’achat. Ex : machine à café
  • le modèle au temps passé, qui comme son nom l’indique permet aux consommateurs de profiter de services et de ne payer que le temps d’utilisation. Ex Cyber-café.
  • la transaction sur des ventes, l’entreprise génère son revenu en prenant une commission sur les ventes qu’elle organise. Elle permet à l’offre de rencontrer la demande. Ex : le bon coin.
  • le tout gratuit, dans ce business model ce sont les annonceurs qui financent les supports (sites internet, magazines, journaux, etc). Il permet ainsi d’offrir un service de qualité gratuit aux utilisateurs. Ex : 20 Minutes
  • le modèle dit de l’imprimante, il fonctionne en deux étapes, tout d’abord vendre un produit de base à perte avec une marge très faible, puis commercialiser les recharges pour ce produit à des marges élevées. Ex : Nespresso.

Exemple : Le business model d’un Food Truck

Le propriétaire d’un camion restaurant propose des déjeuners à ses clients. Il vend principalement à des salariés qui mangent « sur le pouce » entre 12h et 14h. Il réalise lui même l’ensemble des plats dans son camion et effectue aussi la vente en Business to Customers. Son camion est son outil de production. Il travaille seul et représente donc l’intégralité des Ressources Humaines. Enfin il fait lui même ses courses sur le marché pour proposer des produits de qualité (matières premières) qu’il transformera. Le panier moyen des clients est de 10 euros, les charges variables de production représentent 20 % et les frais fixes représentent 30 %. Il peut donc espérer dégager une marge maximale de 50 % de son chiffre d’affaires. Son business model basé sur la vente de repas est donc viable.

Mon conseil :

Il est important de garder à l’esprit que chaque entreprise est unique et donc que son business model doit aussi l’être. Inspirez-vous de cette liste non exhaustive pour bâtir votre propre business model. Enfin, une fois figé vous pouvez utiliser la matrice des 9 blocs de Alexander Osterwalder pour le présenter aux financeurs.

Les réseaux sociaux d’entreprise sont efficaces mais ne s’improvisent pas !

letemps_1701_rseTous les managers, et donc les collaborateurs, sont concernés par la question de l’«engagement» personnel au travail. Plus fort il est, meilleures sont la solidité et la performance de l’entreprise. Le sujet n’est pas nouveau, mais il a pris un tour inédit avec la montée en force des réseaux sociaux.

Certes, l’obligation de réserve et une légitime discrétion vont toujours de pair avec la fidélité ou la loyauté vis-à-vis de l’entreprise. Mais les managers sont soucieux d’améliorer la qualité de services et de ménager des gains de temps. Ils souhaitent donc des collaborateurs toujours plus concernés et engagés dans les projets et des dossiers dont ils ont la responsabilité.

Notre écosystème social étant devenu global, les entreprises tentent de «capturer» les avis favorables et de multiplier leur propagation sur les réseaux. Chacun d’entre nous devient potentiellement l’ambassadeur de sa marque. Mais il faut aussi essayer tant bien que mal de circonvenir les déçus et les mécontents: clients ou fournisseurs.
Du point de vue l’entreprise, les collaborateurs sont une source de pertinence, de savoir-faire, d’intelligence. Leur engagement est nécessaire comme support à l’innovation, pour aider à l’accueil des nouveaux collaborateurs ou encore pour faciliter la transmission des savoirs.
Les réseaux sociaux d’entreprises (RSE) peuvent servir de catalyseurs. Ils permettent d’identifier les compétences dont l’entreprise a besoin pour faire avancer un projet, partager des documents de façon collaborative, ou encore, promouvoir des bonnes pratiques pour un métier ou une fonction. Lieu d’échange, le RSE permet idéalement aux employés de discuter librement d’idées et de propositions. L’entreprise peut n’en retenir que les meilleures et ainsi favoriser l’excellence.
La mise à disposition de plateformes techniques permet d’aller dans ce sens, mais elle ne suffit pas. En effet, s’engager est un acte volontaire qui requiert un accompagnement. La créativité et la pertinence ne peuvent éclore que dans un système où règne la confiance.
La valorisation du «social», c’est-à-dire des discussions et des échanges dans et au service de l’entreprise, doit absolument se faire suivant des objectifs clairs et précis. Exemple: cette entreprise suisse de distribution qui a lancé un réseau pour engager un dialogue direct avec le personnel des magasins. Le premier bilan est très positif et montre un bon niveau de participation, des propos modérés et des propositions intéressantes, méritant une étude.
Autre exemple: une entreprise internationale de taille moyenne où le RSE est devenu un espace de dialogue et de gestion, simple et convivial au travers de communautés dédiées. Là, partenaires et revendeurs du monde entier communiquent.
Il apparaît cependant que le soutien des dirigeants aux réseaux sociaux n’est pas suffisant. Un RSE nécessite une véritable gouvernance. Celle-ci permet d’établir la confiance, ingrédient sans laquelle les réseaux auront du mal à trouver une légitimité aux yeux de ceux dont on attend le plus en termes de pertinence et de richesse: les employés contributeurs.
Le RSE ira bien avec un guide de pratiques et des conseils simples et transparents. Les communautés seront alors vivantes et les participants y trouveront de la valeur.

Enfin, le RSE doit se fonder sur une stratégie éditoriale, c’est-à-dire un ton et un cadre pour les communautés et les contenus, quand bien même tout un chacun peut y contribuer à son niveau et selon son envie. Il va aussi sans dire que les questions relatives à la protection et l’utilisation des données doivent faire l’objet de toutes les garanties nécessaires. L’existence de récompenses peut être un moyen d’émulation.
Cela dit, une enquête réalisée en novembre 2013 auprès de 138 entreprises par le Lab des Usages – un observatoire privé français – montre que la plupart des initiatives en matière de réseaux sociaux d’entreprises restent encore dans un périmètre très conservateur: la collaboration autour de projets techniques, le «go to market» pour un nouveau produit ou encore la préparation d’une opération de communication.

Les quatre vertus cardinales de l’entreprise 2.0

 

On en n’est plus à se demander ce que sera l’entreprise de demain, nous sommes en train de la construire et, à ce stade, il y a des choix à faire et c’est le moment de s’exprimer.

Quelque(s) soi(en)t le(s) chemin(s) que prend l’organisation pour mettre en oeuvre les méthodes et les outils qui servent son évolution, la démarche s’inscrit d’emblée dans un contexte humain (et social) qui «oblige» l’entreprise à valoriser 4 vertus cardinales, charnières.

l’Humilité

Durant ces dernières décennies, l’entreprise et les «gestionnaires» ont parfois perdu le sens des réalités et le contact avec le terrain, d’où une certaine arrogance.
La réalité économique et sociale, cause et/ou conséquence de nouveaux comportements, oblige les entreprises à adopter un comportement plus humble.

A l’instar du marketing des décennies passées, il ne suffit plus d’asséner, de faire du bruit ou de décider, il faut être LEGITIME !
La légitimité ne se décrète pas, elle est «ressentie» par les autres au travers de votre comportement et pour avoir une chance, il faut savoir non seulement écouter, mais également considérer que l’avis (le commentaire) de l’autre a, à priori, autant de valeur et de pertinence que le sien, et donc d’accepter, avec tolérance et bienveillance, d’en discuter ouvertement et sans discriminations.

L’humilité n’empêche en rien la passion, ni la raison, ni l’argumentation, mais elle concoure à optimiser l’exploitation des avis pour mieux faire en toute légitimité !

la Justice

La légalité ne suffit plus et le sentiment d’injustice est trop important pour que les entreprises ne se sentent pas concernées.
Sans sentiment de justice, il n’y a pas non plus de légitimité possible.
Les entreprises ont tout intérêt à adopter un comportement et des méthodes qui ne rendent pas vains leurs discours quant à la responsabilité sociale.
En tant que personne morale, l’organisation (commerciale ou pas) doit assumer, au même titre que tout à chacun, la pluralité de ses rôles et ne pas s’en tenir aux seuls qui l’arrangent.
Un comportement juste est signe de responsabilité et de maturité et il concoure largement à optimiser les relations de l’entreprise avec tous les acteurs de son écosystème, et ce, au mieux de ses intérêts.

la Transparence

L’opacité est devenue insupportable et c’est tout le corps social qui la rejette.
Sous prétexte de discrétion, les entreprises ont largement pratiqué le mensonge, la manipulation, pour aller, dans certains cas, jusqu’à l’escroquerie !
Tous les secteurs ont concernés : de la finance, aux équipementiers sportifs en passant par l’agro alimentaire et il est temps de changer pour plus de transparence.
Personne ne support plus d’être pris pour un «bobet» [expression vaudoise] et les entreprises qui vont au devant de leurs clients dans les réseaux sociaux découvrent la soif de transparence de ceux-ci !

La mise en oeuvre réelle de stratégies et de méthodes en support à la transparence est un facteur de différenciation important et une «garantie» de survie à moyen terme !

et enfin, la Force

On a l’habitude de dire qu’on est plus fort à plusieurs que tout seul !
Et pourtant, dans beaucoup d’entreprises, on a tout fait pour casser le «team spirit», terme très largement employé dans les présentations, mais absent des réalités de terrain où «diviser pour mieux régner» semble être l’apanage !

L’entreprise de demain, c’est d’abord ducollectif (pas que, mais…) et elle doit être suffisamment forte pour assurer son développement par l’innovation dans un contexte hyper concurrentiel, mais également pour créer des relations de confiance au sein de son écosystème.

La Force est source de constance au service de la réalisation de l’objectif.
Elle suppose un engagement sans faille et en cela, elle contribue à valoriser l’entreprise au delà de ses produits et de ses services.

Mais, ces quatre vertus ne seront rien sans un véritable leadership !

Il appartient, en effet, aux leaders d’opinion et autres évangélistes du 2.0 de s’abstraire un peu des processus, des méthodes et des systèmes (applications), pour proposer et mettre en avant, au service d’une vision, les «vraies» conditions de transformation de l’entreprise !

Le paradoxe du poisson rouge pour réussir

Le paradoxe du poisson rouge

Paradoxe« Le paradoxe du poisson rouge : Une voie chinoise pour réussir », par Hesna Cailliau (Editions Saint Simon)

Dans cet ouvrage agréable à lire, l’auteur nous invite à nous ouvrir à la philosophie asiatique pour voir le monde autrement.

En Chine, la sagesse se transmet par des paradoxes.
Dans notre tradition gréco-biblique, nous avons été éduqués dans la séparation Esprit/ Comportement/ Nature. Nous envisageons le monde sous un angle manichéen (bien/mal), un monde dans lequel l’Homme, coupé de la nature, n’entend plus les signes de celle-ci et cherche à la dominer.

Or, dans un monde incertain, la pensée rationnelle montre ses limites ; il peut donc être intéressant de s’intéresser à d’autres modes de pensée.

Les Chinois sont imprégnés de confucianisme/taoïsme/bouddhisme. Dans cette pensée en réseau, les contraires coopèrent. L’Homme fait partie intégrante de l’univers, les animaux sont source d’enseignement. Ainsi, la tradition chinoise vénère-t-elle « le poisson rouge » (la carpe koï) dont la couleur rouge symbolise la joie de vivre. Le poisson rouge est une voie à suivre pour réussir : dans la symbolique Ying/Yang représente deux carpes koï imbriquées l’une dans l’autre.

1 – Le poisson rouge ne se fixe pas à un port. L’idée est de ne pas s’attacher à des modèles préconçus, car la vie se transforme constamment. Le danger pour les Chinois : vouloir avoir raison, car on s’enferme et on devient sourd et aveugle à son environnement.

2 – Ne pas avoir de but clair et précis pour réussir. Nous sommes confrontés à deux conceptions du temps différentes. En Chine, le temps est cyclique, il n’y a pas de début ni de fin. Se fixer un but est un inconvénient, car on dilapide son énergie pour l’atteindre, et on risque de manquer des opportunités. Il est en effet important de savoir immédiatement changer de cap, lorsque l’opportunité se présente.

3 – Vivre dans l’instant présent. Une seule réalité : ici et maintenant, le Chinois est totalement ce qu’il est dans ce qu’il fait, ce qui lui permet d’être très attentif à tout ce qui se passe autour de lui. Un dicton : « Qui voit l’invisible est capable de l’impossible ». Chez nous, les médias ont tendances à tout brouiller en s’attachant à faire du bruit autour de quelques faits et en laissent passer beaucoup d’autres.

4 – Éviter la ligne droite. Le meilleur moyen de vaincre un obstacle est de le contourner (art du détour et de l’esquive). Alors que dans notre culture, l’Homme qualifié d’intelligent va droit à l’essentiel, tout ce qui est droit met le Chinois mal à l’aise : « Seuls les démons marchent droit. » ou encore « L’arbre tordu vivra sa vie, l’arbre droit finit en planche ».

5 – Culture du groupe. « On n’est heureux qu’en vivant en groupe », « Personne n’est plus intelligent que nous tous ensemble ». Pour créer cette valeur du groupe, l’éducation vise à renforcer la modestie et les liens entre pairs. Il est important de ne pas étaler ses talents, le vrai leader se met en- dessous, c’est une des raisons pour laquelle il n’y a pas de leader charismatique en Chine.

6 – Le poisson rouge se meut avec aisance. Il n’existe pas de principes gravés dans la pierre. La culture chinoise vit avec l’idée du changement, tandis que nous avons construit notre culture sur des certitudes. Cette manière de voir leur permet de mieux vivre l’échec : « qui n’apprend pas à échouer, échoue à apprendre ».

7 – Être calme et serein. Un esprit inquiet est toujours vaincu par un esprit serein. Dans ce sens, la méditation est une extinction du cogito. La méditation est un moyen de retrouver de l’énergie, pour retrouver nos capacités, pour les exploiter, notre tête a besoin d’arrêter sa mécanique intellectuelle. Tandis que nous exaltons la pensée, Bouddha l’appelle « le singe fou » : toujours agité, jamais satisfait.

8 – Remonter à la source. Ne pas perdre les liens avec la tradition permet de mieux s’enraciner pour mieux s’envoler. Dans le sens de la spiritualité, développer l’œil qui voit les choses, car c’est notre oxygène de vie.

Dans un monde désormais multipolaire et interdépendant, l’heure est venue d’échanger non seulement nos marchandises mais aussi nos sagesses. Une seule grille d’analyse, la nôtre, est insuffisante pour faire face aux immenses défis qui se présentent. Or, il y a chez les Chinois des idées et des façons de penser dont nous pourrions nous inspirer. Il ne s’agit pas de devenir comme eux mais de réveiller le Chinois qui sommeille en nous. Un détour par ce monde à l’envers du nôtre permet en effet de découvrir des chemins oubliés de sa pensée et même des affinités avec une partie ignorée de nous-mêmes.

« Le paradoxe du poisson rouge. Une voie chinoise pour réussir » par Hesna Cailliau – Édition Saint-Simon ; 144 pages ; 16,50€

« En période de crise, les dirigeants passent souvent par une phase de déni », explique Daniel Cohen

Extraits d’une interview dans l’usine nouvelle

Daniel Cohen

Président de Zalis, une société spécialisée dans le retournement d’entreprises, Daniel Cohen enseigne aussi la gestion et la maîtrise des risques. Il a publié aux éditions Eyrolles « Comment sauver l’entreprise ? Comprendre, anticiper, agir ». Il revient sur l’importance de la prise de conscience managériale. Ce qui ne va pas de soi. À moins d’avoir considéré que la crise est un risque comme un autre, et qu’il convient de le traiter comme tel.

L’usine Nouvelle : Fort de votre expérience du redressement d’entreprises, quel point commun caractérise le plus fréquemment la situation du management dans les situations de crise ?

Daniel Cohen : En écrivant ce livre, j’ai voulu éclairer les managers sur ce qui peut mener à une crise, afin qu’ils puissent anticiper pour éviter ces moments douloureux. Très souvent, quand la crise survient, l’équipe dirigeante, ou le dirigeant, a le nez dans le guidon. Il est dans un état de déni, où il interprète toutes les informations qui lui parviennent dans le sens qui conforte son point de vue initial.

Quels sont les mécanismes du déni ?

En période de crise, le dirigeant se retrouve dans une posture où les décisions à prendre se multiplient. Il est confronté à un contexte où il doit réagir de plus en plus rapidement à une multiplication des tâches à accomplir. En résumé, le temps s’accélère, ce qui réduit d’autant son champ de vision. C’est un phénomène quasiment physiologique. Chaque fois que des signaux d’alerte apparaissent, le dirigeant ne les voit pas. Sa perception des signaux d’alerte se modifie pour les faire aller dans le sens qui l’arrange le plus dans l’instant T.

De plus, les dirigeants, souvent isolés dans les organisations, ont besoin d’être rassurés sur leur bilan. Tout cela contribue à renforcer le déni.

Y’a-t-il des moyens de réduire cette phase de déni ?

Dans les métiers ou les secteurs, où la formation est importante, où l’organisation des tâches est « processée », où on apprend des erreurs passées, on arrive à réduire la phase de déni. L’exemple ultime de cette situation se trouve dans l’aéronautique, où chaque fois qu’il y a un incident, les équipes doivent travailler sur le sujet pour comprendre ce qui s’est passé. Et pourtant malgré cela, il est connu qu’il y a moins de problèmes quand c’est le copilote qui conduit, car, pour simplifier, il écoute ce que lui dit le pilote, alors que l’inverse, en général, est beaucoup moins vrai. Cela démontre l’importance de savoir gérer le lien hiérarchique pour bien aborder les situations problématiques.

Quand on est loin de ce modèle-là, qu’on n’a pas mis en place de procédures d’alerte, on risque, toute chose égale par ailleurs, d’avoir plus de difficultés. Le maître mot en matière de gestion des risques est l’anticipation.

Jusqu’où peut aller cette phase de déni ? Comment en sort-on ?

Lorsque la crise arrive, va s’installer une période où on ne réagit pas, quel que soit le niveau hiérarchique ou le secteur. Cette période de latence peut durer quelques jours ou quelques mois. La durée est très variable. Une organisation performante qui a anticipé et a appris de ses erreurs, réagira plus vite et en sortira plus vite.

À cette phase de latence succède une phase de chaos où tout le monde critique tout le monde, où on cherche des responsabilités. C’est seulement là qu’arrivent la recherche de solutions et leur implémentation, si on a encore le temps de le faire. Dans les entreprises les plus évoluées sur ces questions vient alors la phase où on débriefe, où on réfléchit sur ce qui s’est passé. Malheureusement, c’est une phase qu’on oublie souvent. On a beau répéter aux managers que cette phase est indispensable, une fois le danger passé, ils repartent dans le quotidien. Savoir apprendre de ses erreurs est une question de culture d’entreprise.

Il faut dire et redire aux dirigeants que prendre du temps pour débriefer n’est pas une perte de temps, mais un moyen d’en gagner pour l’avenir.

Quel est, selon vous, le principal risque auquel est exposé le dirigeant en période de crise ?

Un des principaux dangers est de rester dans le court terme, d’être obnubilé par des questions de court terme, du type « comment vais-je payer les salariés à la fin du mois ? ». Quand je le dis à des managers, ils ont du mal à comprendre. C’est là leur problème. Leur urgence est de trouver une stratégie à un an ou deux, de savoir où ils veulent emmener l’entreprise à l’issue de la crise. Si vous allez voir votre banquier ou des investisseurs en leur demandant de la trésorerie pour payer les salaires, ils vont sûrement hésiter, notamment si vous leur dîtes que vous souhaitez continuer dans la même voie. En revanche, si vous avez un projet, que vous avez la capacité de mobiliser les énergies autour de vous, vous avez plus de chance de convaincre. Paradoxalement, plus on est dans la crise, plus il faut savoir où l’on se projette au moins à horizon un ou deux ans.

Comment mobiliser les salariés dans la phase de redressement ?

Au préalable, j’ai toujours été surpris de constater à quel point les salariés de terrain sont plus au fait de ce qui se passe tandis que leurs dirigeants s’enfoncent dans le déni. Par exemple, quand des produits reviennent de plus en plus souvent, quand il y a de plus en plus d’impayés ou de problèmes de production… Les salariés de terrain sont en première ligne. Ils savent très bien ce qui se passe. Dans les entreprises, l’information circule à grande vitesse.

Ce qui semble évident, c’est qu’ils ont besoin d’une vision stratégique claire, savoir où ils vont. Dans ces situations de crise, j’ai rarement vu une base ou des organisations syndicales figées, et refusant d’entendre la vérité. Bien au contraire, ils sont capables d’une formidable énergie si on leur propose un projet cohérent. Bien entendu, il faut que les efforts soient partagés entre tous. Si ces deux conditions sont réunies – projet stratégique et efforts partagés – on peut parvenir à mobiliser les salariés.

Quelle communication faut-il avoir idéalement ?

Comme je viens de l’expliquer, les salariés sont généralement renseignés par le réseau informel de l’entreprise, mais mieux vaut avoir une communication transparente et claire. La direction de l’entreprise peut prendre deux ou trois jours pour réfléchir à la stratégie à adopter, mais taire pendant plusieurs semaines la situation n’est pas tenable. Je pense à une entreprise où je suis intervenu : le patron était dans une procédure de conciliation au tribunal de commerce et n’avait rien dit aux salariés. Cela durait depuis trois mois, et il m’expliquait qu’il ne voulait rien leur dire afin de « ne pas les démobiliser ». Quand j’ai rencontré les responsables des salariés ils étaient déjà tous au courant. Taire un tel événement, c’est créer une situation de stress épouvantable et de manque de confiance. L’incertitude est quelque chose de vraiment insupportable.

Propos recueillis par Christophe Bys

3 ans pour développer votre PME avant de la vendre

Vous avez 3 ans devant vous pour encore développer votre PME avant de la transmettre.

Pourquoi la développer encore puisque vous allez devoir la vendre ?

A tout point de vue : garder un dynamisme indispensable à sa compétitivité, pour tous vos collaborateurs, et pour mieux, et plus facilement, la vendre, dans 3 ans.
En effet, s’il y un développement significatif sur les 3 dernières années, ce sont celles-là qui vont servir de base à la valorisation.
Et au delà de son prix, elle sera d’autant plus attractive pour les candidats repreneurs.

Travailler sur 4 axes, qui peuvent aussi s’appliquer à votre activité.

1. Le développement commercial et marketing des 3 prochaines années avant transmission

Quels que soient les progrès que vous avez réalisés jusqu’à maintenant en termes commerciaux et marketing, il faut absolument que vous continuiez cette croissance du Chiffre d’Affaires.
Elle est primordiale.
Pour continuer à motiver vos collaborateurs, qui ne doivent pas craindre l’avenir, ni votre prochain départ, dont ils doivent se douter si vous approchez de la retraite.
Pour l’ensemble de vos partenaires économiques (fournisseurs, clients, sous-traitants, financiers, …) il est important que vous apparaissiez comme un acteur dynamique, et plus que la moyenne de votre secteur.
Enfin pour vos futurs repreneurs qui préféreront une entreprise à potentiel plutôt qu’une entreprise à redresser.
2. Le positionnement et l’innovation produit à développer avant de vendre

L’innovation produit reste un moteur de croissance irremplaçable.

Elle assure votre place dans la concurrence actuelle.

Il y a toujours de nouveaux débouchés, de nouveaux marchés à conquérir, d’où que vous partiez.
Cela paraît naturel dans des domaines techniques où les évolutions technologiques se succèdent à un rythme toujours accéléré, ou bien dans des domaines touchés par les effets de mode.

Mais cela l’est également pour des métiers très traditionnels comme la boulangerie.

Participer à des concours, remporter des prix vous forcent à innover.

Vous en retirerez des profits , au moins en termes d’image à court terme, on parlera de votre entreprise.
A moyen terme, vous gagnerez aussi de nouveaux clients-marchés, car tous cherchent toujours des fournisseurs plus inventifs.

Votre entreprise sera d’autant plus attractive le jour de la vente.
3. La qualité et le développement humain avant de céder votre PME

Là aussi, que la qualité soit jugée au niveau des produits finis, ou de l’excellence des hommes qui la composent, les processus de conception, fabrication, livraison, installation, la qualité de la formation, de l’entraînement de vos hommes à une performance toujours plus fiable feront de votre entreprise une référence dans votre milieu.

Une bonne gestion appliquée à ces fondamentaux doit vous permettre de dégager une bonne rentabilité, gage de nouveaux investissements et développements de votre entreprise.

Après un premier examen des vos bilans et résultats, un repreneur avisé saura toujours sentir cette qualité de fonctionnement et d’engagement des hommes dans la dynamique de vote entreprise.
4. Le développement international de votre entreprise avant cession

Point décisif qui caractérise toutes les PME françaises qui réussissent, c’est l’internationalisation de leur activité.

Encore une fois, certains secteurs d’activité semblent s’y prêter plus ou moins.

L’internationalisation est en fait un merveilleux test d’adaptabilité : il faut comprendre les goûts étrangers, les modes de vie, les critères d’achat et d’usage, … autant de paramètres qui peuvent différer de la demande nationale.

Le faire et y réussir démontrent alors bien la capacité de l’entreprise à vite s’adapter, ce qui est devenu aujourd’hui un facteur essentiel de la compétitivité.
Conclusion :

Vous avez déjà réalisé bon nombre de points de progrès de votre entreprise sur ces 4 dimensions clés du développement et de la réussite.

Si vous vous prenez à temps pour la transmission de votre entreprise et souhaitez le faire dans les meilleures conditions, alors vous connaissez ce qui vous reste à faire : développer, développer, … comme vous ne l’avez encore jamais fait dans votre entreprise.

Ce sera votre dernière ligne droite pour en maximiser la valorisation et son attractivité.

Action :

Procédez par ordre, car il difficile de se battre sur tous les fronts à la fois.

Ce qui compte ce ne sont pas seulement vos priorités personnelles : ce sont les capacités de vos collaborateurs à se mobiliser sur l’un de ces enjeux très rapidement et de façon efficace, sans freins.

A vous de jouer.
Le temps est compté.