Category Archives: Prospective

Les nouvelles technologies au service du futur

Nous n’avons pas besoin de regarder trop loin en arrière pour comprendre la puissance de la technologie à façonner notre monde. En une génération, nous avons vu des stations spatiales se construire, le calcul des vitesses s’accélérer de façon exponentielle, sans parler du boom d’Internet. En fait, les progrès technologiques sont désormais si rapides que notre mode de vie actuel paraîtra sans doute désespérément obsolète dans une autre décennie. Dans cet esprit, il peut être amusant et fascinant de regarder ce que sera  l’avenir et quelles sont les technologies de pointe développées aujourd’hui qui seont d’une totale banalité demain. De quelles manières ces technologies modifieront-elles radicalement notre monde ? Bryan Nelson a écrit un papier dans revmodo.com, à partir duquel UP’ a enquêté sur la faisabilité et la réalité de neuf technologies qui pouraient bientôt faire que notre réalité devienne méconnaissable.

energieatmospheriqueL’énergie atmosphérique

Credit photo : ©gornjak/Shutterstock

La plupart de l’énergie que nous produisons aujourd’hui provient de ressources limitées, à savoir les combustibles fossiles. Mais comme ces ressources sont épuisées et que les conséquences environnementales deviennent une préoccupation croissante, le développement de nouvelles sources d’énergie renouvelables est primordiale. Bien sûr, les industries telles que l’énergie éolienne, solaire et biocarburants sont déjà en plein essor, mais ce ne sont que le dessus de l’iceberg.

Une source renouvelable en plein essor qui a le pouvoir de révolutionner la production d’électricité est l’énergie atmosphérique. Il y a toujours en circulation libre de l’électricité dans l’air. Cela est particulièrement évident dans un orage ou pendant les aurores polaires ou les aurores boréales. La capture et le contrôle de cette électricité peut être un défi, mais nous pourrions puiser directement dans ce champ électrique, en arrachant littérallement l’électricité de l’air. Le potentiel de cette technologie est immense.

Une entreprise travaille déjà sur le développement de l’énergie atmosphérique : SEFE, Inc. Ils ont déjà quatre brevets approuvés, trois en attente, et dix neuf en cours de recherche et développement.

nanotech

– Les nanotechnologies

Crédit photo : ©Paul Fleet/Shutterstock 

Ce sont parfois les petites choses qui font les plus forts impacts. C’est certainement le cas avec ces nanotechnologies qui sont essentiellement des manipulations de matériaux à l’échelle atomique et moléculaire.

Les nombreuses applications de nanotechnologies sont trop nombreuses pour les citer ici. La nanoélectronique a le potentiel de révolutionner l’informatique, non seulement en faisant des vitesses de calcul ultra rapides, mais en réalisant des appareils électroniques plus petits. Des machines de la taille de cellules pourront un jour naviguer à travers notre corps comme un système immunitaire artificiel. Les nanodispositifs pourront un jour être capables de manipuler notre code génétique, ou peut-être même fusionner avec lui. La nanotechnologie nous permettra d’inventer de nouveaux matériaux avec une vaste gamme d’applications : en 2008, plus de 800 produits nanotechnologiques ont déjà été rendus publiques, et de nouveaux produits arrivent sur le marché au rythme de trois à quatre par semaine.

Des scientifiques viennent de mettre au point un système de mesure de la glycémie en utilisant les avancées nanotechnologiques : comment pourraient-elles aider à détecter la glycémie dans les larmes en les intégrant dans des lentilles de contact. Une équipe américaine de l’Université de Purdue vient de mettre au point, toujours grâce aux avancées des nanotechnologies, un système de mesure du glucose qui serait aussi efficace dans le sang que dans la salive, l’urine et les larmes, donc par une mesure non invasive.

Autre exemple, Nanobiotix, société de nanomédecine spécialisée en radiothérapie : les nanotechnologies permettraient de traiter de façon plus sûre et plus efficace toute une variété de cancers via une radiothérapie classique. Pratiquée depuis des décennies, la radiothérapie reste un élément clé de l’arsenal anti-cancer: 60% des patients atteints en bénéficient à un stade ou un autre de leur traitement. Le principe est simple: les rayons X peuvent détruire toute cellule cancéreuse de quelque type qu’elle soit. La seule limite réside dans la dose que peuvent tolérer les tissus sains situés alentour. La technologie «NanoXRay» s’appuie sur des nanoparticules brevetées. Seuls ces éléments de «l’infiniment» petit (50 nanomètres, soit 5 centièmes de micron) sont capables de pénétrer dans les cellules (de taille très variable, les plus petites atteignant tout de même quelques microns). Les nanoparticules cristallines mises au point par Nanobiotix, non toxiques pour l’organisme, ont la propriété de multiplier jusqu’à neuf fois la dose de radiothérapie reçue spécifiquement dans les cellules visées. La promesse du groupe est donc de permettre une bien meilleure efficacité à dose équivalente ou bien de pouvoir traiter par des doses moindres des patients qui ne supporteraient pas une radiothérapie conventionnelle (Source : Le Figaro.fr / 11 oct 2012).

realiteaugmentee6– La réalité Augmentée

Credit photo : ©Max Braun/Flickr

Beaucoup de bruit a été fait récemment autour des lunettes de Google ; mais même si l’invention peut paraître « accessoire », la technologie de réalité augmentée a le potentiel de changer radicalement notre monde et notre façon d’interagir avec elle.

Vous avez entendu parler de la réalité virtuelle, qui est un environnement simulé par ordinateur. La réalité augmentée, elle, est une fusion par ordinateur de données sensorielles avec le monde réel. Plutôt que de créer un monde simulé, la réalité augmentée a le pouvoir de réellement améliorer notre perception du realworld.

La technologie a tout le potentiel pour permettre de contrôler l’information dans le monde en temps réel, un peu comme vous pouvez contrôler l’information à l’aide d’un appareil à écran tactile. Fondamentalement, la réalité augmentée nous rapproche un peu plus près de notre technologie de fusion avec la réalité.

Une des innovations les plus spectaculaires du dernier Mondial de l’automobile de Paris a été certainement la présentation du pare-brise de réalité augmentée. Cette technologie permet l’affichage couleur d’informations liées à la conduite (vitesse, conditions de circulation, GPS, distance avec le véhicule précédent…) sur le pare-brise via un système de projection/surimpression. Une technologie nommée Head-up display (affichage tête haute) déjà commercialisée au Japon (3 000 euros environ) depuis le mois d’août dernier. Le fabricant japonais Pioneer a en effet présenté son pare-brise équipé du système Cyber Navi qui affiche en temps réel un écran interactif de 90 x 30 grâce à un projecteur laser fixé sur le pare-soleil. En cours d’homologation en Europe, ce dispositif devrait être commercialisé en France courant 2013.

Motorola Mobility, filiale de Google, a acquis récemment l’entreprise américaine Viewdle, spécialisée dans les applications de reconnaissance faciale, de reconnaissance d’objets et de gestes. Ses produits permettent par exemple le taggage automatique de photographies sur Internet.

Autre exemple, la société Smartsy : cette start-up française, implantée aux USA, ne se situe pas seulement dans le domaine de la réalité augmentée mais aussi dans celui de la reconnaissance visuelle universelle. Smartsy permet de lier tout objet, document, image, produit de consommation courante, bâtiment ou monument, …à des informations enrichies et partageables. Une plateforme mobile d’informations et de diffusion qui fait donc le lien entre le monde physique et le monde digital.

carburantsolaire– Le carburant solaire

Credit photo : ©Chris Harvey/Shutterstock

Nous le savons tous, le développement des énergies renouvelables est primordial pour entrer dans l’avenir. Les technologies existantes comme l’énergie éolienne, solaire et hydraulique sont d’excellents moyens de production d’électricité renouvelable, mais qu’en est-il de la production réelle de combustible? Les biocarburants sont utiles, mais ils ont aussi beaucoup d’impacts négatifs pour l’espace agricole et notre approvisionnement alimentaire.

Et si nous pouvions convertir directement l’énergie solaire en un carburant liquide ? D’où l’ idée d’un combustible solaire qui pourrait être produit avec une technologie imitant la façon dont les plantes produisent de l’énergie grâce à la photosynthèse. Un combustible solaire qui pourrait également révolutionner la façon dont l’énergie renouvelable est stockée. Cela nous permettrait de garder l’énergie du soleil sous forme liquide.

Une société travaille à rendre cette vision possible au Massachusetts / USA : Joule Unlimited. Leur technologie est capable de créer un carburant en utilisant la lumière du soleil avec du dioxyde de carbone et de l’eau non potable. Ils pensent pouvoir être bientôt en mesure de produire ce carburant à un prix compétitif avec l’essence.

cellulesouche– Les Cellules souches modifiées

Credit photo : ©Andrea Danti/Shutterstock

Peu de technologies ont le pouvoir de transformer la médecine plus que l’ingénierie des cellules souches. Non seulement les cellules souches sont génétiquement programmées pour attaquer les maladies comme le VIH ou le cancer, mais elles sont maintenant utilisées pour générer des tissus vivants.

Le but ultime d’une telle technologie sera de stimuler la repousse des organes. Une fois mis au point, il peut être possible de prolonger indéfiniment la vie humaine. Imaginez si chacun de vos organes pouvait simplement être remplacé, comme une simple pièce de voiture…

La société française de biotechnologie Cellectis vient de décrocher un contrat de 9,5 millions de dollars sur cinq ans auprès du National Institutes of Health (NIH) et de plusieurs organismes gouvernementaux américains pour la fourniture de cellules iPS. Cellectis s’appuie sur la technologie qui a valu le prix Nobel de médecine 2012 à son inventeur, Shinya Yamanaka. 

A l‘Université libre de Bruxelles (ULB), des cellules souches embryonnaires (ES) ont été utilisées pour la première fois pour recréer la thyroïde d’une souris qui n’en avait pas, ce qui ouvre de nouvelles perspectives pour l’utilisation thérapeutique de ces puissantes cellules « pluripotentes ».

energiesansfil– Le transfert d’énergie sans fil

Credit photo : ©Fotovika/Shutterstock

Les appareils sans fil sont omniprésents aujourd’hui, relié par un seul fil, rien de plus.  Alors que nous pouvons transmettre des informations sans fil autour de nous, nos appareils électriques doivent toujours, dans l’ensemble, recevoir leurs pouvoirs de connexions câblées. Mais imaginez pouvoir utiliser l’énergie du faisceau d’une source d’alimentation directement dans un appareil, sans la nécessité d’un fil.

La technologie de transfert d’énergie sans fil existe déjà, mais doit encore être perfectionnée. Il s’agit en général d’ un problème d’efficacité : trop d’énergie est perdue quand elle est téléportée.

Comme la technologie évolue, on peut désormais imaginer un monde où rien ne sera plus branché. Plus incroyable, la technologie pourrait révolutionner l’exploration spatiale. Non seulement le pouvoir pourrait être dirigée vers les satellites, les stations spatiales, et des navettes spatiales de la Terre, mais la puissance collectée dans l’espace pourrait être aussi renvoyée à la Terre.

En 2006, Marin Soljačić ainsi que d’autres chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) proposent une nouvelle application de transfert d’énergie sans fil, en se basant sur la théorie de l’électromagnétisme à champ proche, et l’utilisation de « résonateurs couplés »7,8. Le 7 juin 2007 un prototype est réalisé par le MIT : WiTricité permet d’alimenter une ampoule de 60 watts à une distance de 2 mètres, avec un rendement de 40 %. Le principe est basé sur le phénomène d’induction. Une bobine dans laquelle circule un courant électrique génère un champ magnétique qui lui-même génère du courant dans une bobine équivalente placée à proximité.

 

energiesolairenasa– Les bases spatiales d’énergie solaire « Space Based Solar »

Credit photo : © NASA

La grande majorité de l’énergie contenue sur la Terre provient du Soleil. Notre capacité à exploiter cette puissance dépend de l’efficacité que nous pouvons récolter. La technologie solaire demande de capter l’énergie du soleil, mais tous les collecteurs solaires basés sur la Terre sont limités parce que l’atmosphère dévie beaucoup  l’énergie du Soleil. Et si nous pouvions rassembler de vastes ensembles de panneaux solaires dans l’espace ?

Astrium étudie actuellement de nouvelles technologies de transfert d’énergie solaire orbitale vers la Terre. Une telle technologie fournirait ainsi une énergie propre, à partir d’une source inépuisable, et ferait partie d’un ensemble de solutions neutres à long terme et instamment nécessaires pour répondre durablement aux besoins énergétiques effrénés de notre planète.

Baptisé « Space Based Solar Power » (SBSP) – ou énergie solaire spatiale -, ce projet de recherche étudie la possibilité d’utiliser des plates-formes spatiales – essentiellement de grands satellites – pour capter les rayons du Soleil et les rediriger par faisceaux laser, à des longueurs d’onde inoffensives pour l’œil, vers des récepteurs terrestres spécialement équipés. Les lasers de bord transmettraient l’énergie à des puissances comparables au rayonnement solaire normal, et donc totalement sécurisé pour les humains et animaux qui le franchiraient.

Placée de préférence en orbite géostationnaire (GTO), la plate-forme SBSP serait ainsi visible en permanence par les récepteurs terrestres. De là, l’énergie pourrait être dirigée vers des sites implantés sur la partie visible de la surface du globe. Avec les technologies potentiellement disponibles à relatif court terme, un seul satellite permettrait de fournir environ 10 kW à l’utilisateur final, au sol, avec un système de transmission laser. Cette composante de base et les améliorations qui lui seraient apportées pourraient alors servir à fabriquer des systèmes multi-satellites, fournissant de l’énergie aux utilisateurs privés d’accès aux réseaux électriques existants.

Astrium maîtrise déjà et a fourni, pour un certain nombre de programmes, les briques technologiques essentielles pour faire de ces programmes une réalité – satellites de télécommunications haute-puissance, miroirs spatiaux (comme celui développé pour l’observatoire Herschel) et technologie laser.

teleportationquantique– La Téléportation quantique

Credit photo : ©lightpoet/Shutterstock

La téléportation n’est pas seulement de la science-fiction : la téléportation quantique est le transfert instantané d’un état quantique d’un endroit à un autre.

Albert Einstein appelait cela l’intrication quantique, une sorte « d’action fantôme » à distance. Et ce phénomène physique est au cœur de la nouvelle génération à venir d’ordinateurs quantiques ultra-puissants « bits quantiques » de l’information, ainsi que des systèmes de communication immunitaire à interception.

Une équipe internationale de chercheurs, utilisant la station optique au sol de l’ESA dans les îles Canaries, a établi un nouveau record mondial de distance de «téléportation quantique» en séparant sur 143 kms de distance un photon. Financés par l’ESA, des chercheurs autrichiens, canadiens, allemands et norvégiens ont transféré les propriétés physiques d’une particule de lumière – un photon – vers son « double » via la téléportation quantique, sur une distance de 143 km entre le télescope Jacobus Kapteyn de La Palma et la station au sol de l’ESA à Tenerife.

Au-delà de surprendre ou fasciner, la téléportation quantique est amenée à jouer un rôle central dans les communication cryptées du futur. Le problème du cryptage concerne la sécurité de la transmission entre l’émetteur et le récepteur, la clef de décryptage pouvant être interceptée. La téléportation quantique, par ses propriétés intrinsèques basées sur les lois de la mécanique quantique, rend cette interception impossible et la transmission sûre à 100%. Par la méthode qu’ils ont utilisé et les résultats qu’ils ont obtenus, les chercheurs de l’ESA ont démontré la possibilité de réaliser dans la pratique ces communications quantiques. La prochaine étape pour eux : établir une téléportation quantique entre la Terre et un satellite en orbite.

cyborg– L’Intelligence artificielle

Credit photo : © Ociacia/Shutterstock

La première image que l’on a quand on pense « intelligence artificielle » est celle de Terminator, ou peut-être HAL de 2001: A Space Odyssey. Il est vrai que le développement de l’intelligence artificielle pose quelques grandes questions philosophiques et éthiques, mais il y a peu de doute pour que la technologie aboutisse.

La puissance de traitement des ordinateurs continue de croître à un rythme effarant. En conséquence, nous sommes en mesure d’analyser les données à l’aide de modèles informatiques de plus en plus complexes, et à résoudre les problèmes de façons encore plus ingénieuses.

Jusqu’à présent, nous devons encore créer une machine avec une conscience artificielle, ou la conscience de soi. Mais cela, aussi, est probablement inévitable.. Des ingénieurs estiment que la conscience artificielle sortira en 2045.

En attendant, Google a dévoilé un logiciel qui reproduit la manière dont les neurones du cerveau humain communiquent et interagissent entre elles. La firme avait pour cela mis au point une machine, en connectant 16’000 processeurs informatiques, capable de reconnaître des choses dans des vidéos YouTube, tels que des chats, des visages humains ou d’autres objets. Cette technologie d’intelligence artificielle va à présent sortir des murs des laboratoires pour être mise à contribution dans des produits du géant du web, à commencer par le système de reconnaissance vocale de la firme. (Source : 20 minutesonline / 8 oct 2012).

Le test de Turing est une proposition de test d’intelligence artificielle fondée sur la faculté d’imiter la conversation humaine. Décrit par Alan Turing en 1950 dans sa publicationComputing machinery and intelligence,ce test consiste à mettre en confrontation verbale un humain avec un ordinateur et un autre humain à l’aveugle. Si l’homme qui engage les conversations n’est pas capable de dire lequel de ses interlocuteurs est un ordinateur, on peut considérer que le logiciel de l’ordinateur a passé avec succès le test. Cela sous-entend que l’ordinateur et l’homme essaieront d’avoir une apparence sémantique humaine (Source Wikipedia).

Or, le mythe de l’Homme se faisant dépasser par la machine qu’il aurait lui-même créé est en passe de devenir une réalité, ou presque. En effet, lors d’une compétition sponsorisée par 2K Games, le BotPrize, deux équipes de scientifiques, l’une de l’université d’Austin (Texas), et l’autre roumaine, ont réussi à démontrer qu’ils avaient créé un modèle d’intelligence artificielle pour Unreal Tournament 2004 dont le comportement et les réactions en jeu étaient plus « humaines » que celles d’un véritable humain ! Plus concrètement, il s’agissait d’opposer dans un mode compétitif un panel de joueurs composé pour moitié d’humains (des juges) et pour moitié de bots, chaque humain disposant d’une sorte de tagger en plus de ses armes classiques. Ce tagger sert notamment à marquer une cible, pour indiquer si la personne estime qu’il a affaire à un bot ou à un humain. Au bout du compte, le bot le plus taggé remporte la victoire. Dans le cas présent, les modèles vainqueurs, UT^2 et MirrorBot, ont obtenu chacun un indice d’humanité de 52 %, alors que le premier humain arrive loin derrière, avec un indice de seulement 42%.

Le principe de Singularité défend l’émergence d’une société dont les progrès ne seraient plus l’apanage de l’Homme, mais celui d’une intelligence artificielle supérieure. On voit là, qu’au sein de l’université d’Austin, ces scientifiques travaillent à ce que cette théorie devienne plus qu’un mythe…

Quand les générations « s’en-mêlent »

GENERATION Y

De quoi parle-t-on lorsque l’on évoque la génération Y ?

Au sens sociologique du terme, elle désigne la classe d’âge de ceux nés entre la fin des années 70 et la fin des années 90. On les nomme Y, « why » en phonétique anglaise, pour désigner le sens qu’ils cherchent à toute action. Marc PRENSKY les nomme les « digital natives » car ils ont grandi avec le boom du numérique. On peut lire également la « génération Peter Pan » pour repousser certains rites de passage à l’âge adulte.

Cette génération est caractérisée par sa capacité à maitriser les nouvelles technologies, sa créativité, sa promptitude à la remise en cause, à trouver les informations qui fâchent, à bousculer les règles de l’entreprise, à mettre en avant leur droits plus que leurs devoirs, à être plus centrés sur des valeurs individuelles que collectives. Une relation à l’autorité moins soumise, la recherche du plaisir au travail, une moindre frontière entre vie privée et vie professionnelle, la valorisation de l’équité, ou encore le désir d’être autonome rapidement.

Très bien réalisée par Adesias et Voix Off Agency, jetez un oeil à cette vidéo :

Mais peut-on vraiment caractériser cette génération de la sorte ?

Peut-on vraiment dire que le désir d’être autonome n’appartient qu’à la génération Y ? Toutes les générations peuvent se prétendre à l’être, ce qui nous permet donc de relativiser certaines caractéristiques de la génération Y et de regarder l’époque qui l’a vue grandir.

La génération Y, dernière arrivée en date sur le marché du travail, est actuellement en prise avec la génération X (milieu des années 60 – fin des années 70) et celle des Baby Boomers (après-guerre – milieu des années 60). Il y a aussi la vision portée par les générations les unes sur les autres.

De tous temps, les générations plus anciennes ont porté un jugement sur leurs cadets – et réciproquement. A la fin de XIXème siècle, Oscar WILDE écrivait déjà « la nouvelle génération est épouvantable. J’aimerais tellement en faire partie ». La capacité à remettre en cause le système n’est-elle que l’apanage de la génération Y ? Non, bien entendu, chaque génération a souhaité faire sa révolution individuelle ou collective lorsqu’elle en a eu l’opportunité.

S’agissant de la génération Y, il est important de comprendre les composantes du contexte civilisationnel qui l’accueille :

  • Un modèle familial dans un mouvement de décomposition et de recomposition qui s’accélère, provoquant une mutation de la cellule familiale traditionnelle,

  • Un modèle économique capitaliste mondialisé, toujours plus générateur d’inégalités, dont l’accès au travail,

  • Une perte de crédibilité de la part des institutions nationales et supra nationales,

  • Une généralisation des études longues qui retarde l’arrivée des Y sur le marché de l’emploi,

  • L’ouverture des sociétés aux différences autrefois davantage stigmatisées ou tues,

  • L’insécurité quotidienne symbolisée par le racket, les actes d’incivilité,

  • Le développement des NTIC qui favorise une hyper connexion permanente.

Chacun de ces éléments mérite en soi d’être traité en détail, d’exposer des thèses et d’en débattre. Pour autant, en synthèse, on constate un phénomène de mouvement civilisationnel plus intergénérationnel que centré uniquement sur la génération Y, ce que Gary HAMEL appelle la « web génération ». Sous l’influence du contexte actuel et de l’usage massif des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans notre quotidien, il identifie 12 caractéristiques qui émergent chez cette « web génération » intergénérationnelle :

  • Toutes les idées peuvent rivaliser sur un pied d’égalité,

  • La contribution compte plus que les références (titre, âge,…),

  • Les hiérarchies sont naturelles, non prescrites,

  • Les leaders servent plutôt que président (Cf. Robert GREENLEAF, the Servant as a leader),

  • Les tâches sont choisies, non assignées,

  • Les groupes s’auto-définissent et s’auto-organisent,

  • Les ressources, cela s’attire, cela ne s’affecte pas,

  • Le pouvoir s’obtient en partageant non en thésaurisant,

  • Sur le web, les utilisateurs peuvent opposer leur véto à la plupart des décisions,

  • Les récompenses intrinsèques sont celles qui comptent le plus,

  • La médiocrité est toujours révélée au grand jour (notation en ligne),

  • Les contestataires peuvent se coaliser facilement.

Pour Hamel, les valeurs profondes du Web – ouverture d’esprit, méritocratie, flexibilité, collaboration – le rendent extrêmement souple, innovant et attirant. Ces valeurs doivent influencer ou devenir les valeurs des entreprises modernes.

Mais alors, quels sont les défis à relever dans l’entreprise, notamment au niveau managérial ?

Pour faire face à la défiance qui s’empare des individus (par rapport à l’autorité familiale, l’autorité de l’école, l’autorité des institutions…et l’autorité managériale), et pour garantir le futur équilibre encore instable del’écosystème de l’entreprise, il faudra transiter progressivement d’un leadership transactionnel qui s’appuie sur la seule autorité de statut, vers de nouvelles formes de leadership qui s’appuient sur une autorité naturelle, dans lesquels les individus se retrouveront davantage.

Sur quoi une autorité naturelle peut-elle se fonder ? On peut mettre en avant l’autorité de compétence. Ce n’est pas le titre, la fonction ou le nombre de barrettes sur les galons qui fondent la légitimité de l’autorité managériale, mais la maitrise des compétences managériales elles-mêmes (organisation, conduite des rendez-vous individuels et collectifs, connaissances techniques, qualité de l’accompagnement…).

L’autorité charismatique, incarnée par le manager, qui par ses qualités intrinsèques de communicant, sa capacité à donner du sens aux actions aussi simples soient-elles, arrivera à mobiliser l’énergie de ses équipes.

Ou encore l’autorité sapientiale qui lui confère aussi sa légitimité, se fondant sur les valeurs morales et les actions concrètes du manager. Ce type d’autorité met en lumière des valeurs aussi collectivement nécessaires que le courage, la justice, l’équité, la probité, l’altruisme, la tolérance….

On l’aura compris, la génération Y est une forme de symptôme de notre mutation civilisationnelle.

Ce sont les « Baby Boomer » et les « X » qui ont emprunté la terre des « Y », mais les trois générations aujourd’hui dans l’entreprise sont co-responsables de leur sort.

Ensuite, on peut avoir des comportements qualifiés de ceux de la génération Y alors que l’on est un « X » ou un « Baby Boomer ». Des comportements collaboratifs peuvent émerger quelle que soit l’expérience de l’individu. Il convient alors de regarder ces comportements et d’adapter son fonctionnement.

La question du management doit donc avant toute chose s’emparer de ce qui fonde aujourd’hui sa légitimité, et qui ne peut plus s’appuyer uniquement sur un fonctionnement autocrate seul, mais sur des hommes dont les valeurs morales seront aussi les piliers de l’organisation entrepreneuriale.

Ecrit par Olivier SUBE

Un futur sans emploi

Une chose semble certaine : nous nous préparons à un futur sans emploi. Ou, en tout cas avec beaucoup moins d’emplois tels que nous les connaissons aujourd’hui. Les causes sont à la fois connues et nombreuses.

A commencer par les robots et autres machines intelligentes qui vont demain remplir un nombre croissant d’emplois aujourd’hui tenus par des humains. L’autre dimension vient des nouveaux modèles économiques et nouveaux modèles de travail qu’on qualifie aujourd’hui de digital labor.  Ce dernier prend un grand nombre de formes, du chauffeur Uber au Mechanical Turk d’Amazon, certaines plus enviables que d’autres, mais qui partagent un trait commun : une création massive de richesse d’un coté et une insécurité économique croissante de l’autre. Une « seconde économie » se forme, invisible, digitalisée et avale des emplois que, contrairement aux révolutions précédentes, nous ne verrons plus réapparaitre dans un secteur nouveau remplaçant l’ancien. Quant à l’économie du partage ses impacts en termes d’emploi, d’insécurité et de paupérisation sont relativement « prometteurs » dans certains secteurs.

L’enjeu est la distribution de la prospérité

A l’heure ou le travail devient à la demande, contingent, notre problème – comme dit dans l’article de McKinsey sur la seconde économie – n’est plus de produire de la prospérité mais de la distribuer. Autrement dit à défaut d’emplois nous allons tous avoir des activités contribuant à cette prospérité mais pour autant en toucher nécessairement les fruits.

Partant de là on voit trois attitudes possibles : l’engouement (c’est digital donc c’est le futur et c’est super), la résignation (on y échappera pas) ou la lucidité (ce qui remplacer le capitalisme tel que nous l’avons connuc’est le capitalisme en pire). Certains trouveront amusant que ce qu’on vend très bien sous le terme d’économie du partage, enrobé de bons sentiments, s’avère pire que le modèle qu’il remplace, d’autres beaucoup moins.

Bref la question aujourd’hui est de trouver le bon modèle qui permette d’être en phase avec les nouveaux modes de création de valeur, plus liés à l’activité et au travail qu’à l’emploi. Et si nous ne sommes pas encore prêts à faire face à la déferlante des robots nous sommes encore moins prêts à faire face à l’impact sociétal de ces nouveaux modèles que beaucoup poussent la fleur au fusil.

Le revenu de base ou la forfaitisation de la participation à la création de valeur

Le moindre de nos comportements est exploité et monétisé. Chacune de nos actions en et hors ligne génère de la donnée (et en générera encore plus chaque jour), ces données sont utilisées pour prendre de meilleures décisions, nous proposer de meilleurs services etc et in fine vont générer une valeur folle pour ceux qui les exploitent.

Ce constat a permis de remettre au goût du jour une vieille idée, celle du revenu de base. L’idée, rapidement résumée, est que si chacun contribue à la création de richesse mais que certains sont exclus du processus de partage de cette dernière car ne participent pas au flux financier, il suffit de forfaitiser leur contrepartie et leur retourner sous forme d’un revenu universel. Une idée qui n’a rien de neuf mais s’applique à des situations qui sont de plus en plus dans l’air du temps.

En effet si on reprend objectivement le business model de l’économie des données on trouve celui qui produit la donnée, celui qui la traite, celui qui fait business avec et seul le premier est exclu de l’équation financière finale. Un peu comme si vous aviez une nappe de pétrole sous votre jardin, que certains le forent, d’autres le raffinent et d’autres le vendent (à vous entre autres) et vous soyez le seul à ne pas toucher un centime sur l’opération. La chaine de valeur de la donnée exclut celui qui produit la matière première et si la solution est tout sauf évidente on ne peut s’imaginer que la situation puisse perdurer.

Cette idée peut nous amener à une autre : la valorisation du « patrimoine données ».

Valoriser les données individuelles comme un patrimoine

Après vient l’étape suivante. Si je génère de plus en plus de données et qu’elles servent à générer de plus en plus de valeur pour d’autres, si je pars du principe que j’en génère vraiment beaucoup plus que d’autres – peu importe la raison – ou que j’estime qu’elles ont une valeur particulière – reste à savoir pourquoi – je peux décider de les monétiser directement.

Cher Facebook maintenant j’en ai marre d’être un produit. Je deviens un fournisseur de données et tu paies en fonction.

On voit bien les limites du modèle : le système serait une vraie usine à gaz et il ne faut pas perdre que nos données personnelles ont peu de valeur sans les données des autres. Si on voit certaines entreprises s’aventurer sur cette route encore peu carrossable et à la destination hasardeuse, peut être qu’on verra un un jour des data brokers centraliser les opérations et faire l’intermédiaire entre les particuliers et les grands acteurs.

Aussi folle que cette idée soit, je vous laisse juste imaginer qu’un jour on assiste à une grève générale du « like », du « share » et de toute forme de contribution en ligne, que tout le monde navigue de manière privée…. Je vous laisse juste imaginer l’impact sur certains business models et les cours de bourse.

Mais pourquoi pas à long terme. De manière générale c’est la valorisation par chacun de son capital savoir et données…après tout on ne peut pas dire d’un coté qu’on est dans l’économie du savoir et des données et refuser à ceux qui les détiennent et les produisent en premier lieu de les valoriser et les monétiser pour réserver ce droit à des intermédiaire. Aujourd’hui le partage gratuit du savoir est devenu un instrument de valorisation de la marque personnelle dans un monde où il existe encore des emplois, qu’en sera-t-il lorsque l’emploi sera rare et qu’on aura plus un travail rémunérateur à coté de nos activités (gratuites) en ligne ?

Désintermédier et remplacer l’économie du partage par l’économie coopérative

Il y a un paradoxe dans l’économie du partage, proposée comme une alternative humaine – voire humaniste – non forcément au capitalisme en général mais au capitalisme financiarisé comme on l’entend aujourd’hui. Soit disant portée par les valeurs du web, on met en avant son coté désintermédié alors que le plus souvent elle ne l’est pas. Les vieux monopoles ont été remplacés par de nouveaux monopoles qui ont compris qu’il y avait plus fort que la désintermédiation : l’effet de levier. La différence entre G7 et Uber n’est pas flagrante sauf que le second a sorti sa plateforme avant l’autre et utilise le digital pour avoir un effet de levier plus important : plus de volume, moins de coûts. Avec toutes les critiques qu’on peut entendre sur le modèle en termes d’emploi.

Certains voient une alternative plus respectueuse des individus que cette forme d’économie du partage : les plateformes coopératives. De l’extérieur rien ne change, de l’intérieur tout est différent puisque la promesse de désintermediation faite par le web est enfin tenue. L’utilisation des leviers digitaux au service d’un vrai modèle desintermédié où la disparition de l’intermédiaire accroit la valeur partagée entre le client et les acteurs.

Parlant de ça, je vous invite à réfléchir deux minutes au caractère inéluctable et insurmontable du succès des Ubers and co. Par définition un intermédiaire est fragile et remplacer un intermédiaire par un autre ne change pas la nature du modèle. On est pas au bout du vrai changement, de la vraie économie collaborative, et les choses vont encore bouger de ce coté. L’option présentée ici est une option parmi d’autres mais elle n’est pas moins crédible qu’une autre.

Travailler moins pour faire face à la pénurie d’emplois

C’est une autre option proposée par de plus en plus en monde. Si les résultats de la dernière expérience de partage du travail mise en œuvre en France avec les 35h ressemble davantage à une énorme farce, l’idée revient et pas portée par n’importe qui puisqu’un des derniers à l’avoir évoqué est Larry Page de Google. Mais d’autres l’avaient déjà dit avant.

Là je suis plus sceptique. Si on a besoin de moins travailler individuellement pour produire autant cela ne signifie pas pour autant que le partage du travail va remettre du monde au travail. Il y a en effet le double enjeu de l’emploi et du revenu. Travailler moins pour moins de revenu ne fonctionne pas et maintenir le revenu est suicidaire vu de l’entreprise. Ce que vous dit Page c’est qu’on va pouvoir moins travailler, pas comment adresser les conséquences du fait qu’on travaille moins.

Et tous les remplois ne sont pas partageable. Les tâches routinières oui, les travaux intellectuels et créatifs beaucoup moins.

Mettre en place un modèle social de partage de risques

Les nouveaux modèles économiques partagent l’activité (beaucoup), le revenu (peu) et pas du tout les risques leur étant liés. Pour certains ces modèles n’arriveront à maturité que lorsqu’on y arrivera. Si l’entreprise abdique une partie de son rôle social en tant que partie prenante c’est à la société d’imposer de nouvelles règles.

Bref on a trois sujets à adresser conjointement :

• L’emploi : il y aura moins d’emplois et ils seront de plus en plus fragile

• Le risque économique et social : sera réparti sur la partie la plus fragile de la population

• Le revenu : va exclure une grande partie de ceux qui contribuent à le créer.

Je ne pense pas qu’on y arrive en prenant en compte un seul facteur à la fois, on risque de finir avec un système aussi bancal que celui qu’on veut remplacer.

Pleins de choses se disent et s’écrivent sur le sujet et je n’ai fait qu’en survoler une partie. Qu’est ce qui va fonctionner ? Je n’en ai pas la moindre idée. Mais il y a urgence à avancer vite.

On peut aussi dire « tant pis, c’est la victoire des entrepreneurs et de l’économie digitale ». Mais quand personne ne pourra plus acheter leur produits et services le serpent se mordra la queue.

Le Business model des entreprises libérées

  • Le Business Model entreprises libérées

Les entreprises libérées s’affranchissent largement de la hiérarchie et du contrôle. Leur Business Model s’en trouve profondément modifié.

Les entreprises libérées ont la cote ! Elles ont été ainsi célébrées dans un documentaire de Martin Messonnier sur Arte intitulé « Le bonheur au travail ». Le concept central de ces entreprises, c’est la remise en cause du système hiérarchique et du lien de subordination du salarié.

La remise en cause prend des formes différentes : Groupes de production autogérés dans chez Favi (équipement automobile) ou Leader désigné par les pairs chez Gore (matériaux). Le livre de Getz et Carney (Liberté et Cie, Fayard, 2012) met en avant les bénéfices organisationnels et de cadre de vie pour les salariés : autonomie, estime de soi retrouvée, satisfaction professionnelle, engagement.

Paradoxalement, peu de questions ont été posées sur la durabilité du modèle de l’entreprise libérée. Les grandes expériences passées d’autogestion, notamment l’expérience yougoslave, se sont mal terminées au bout de plusieurs années de mise en œuvre. Une façon de regarder la durabilité de ces entreprises libérées, c’est alors de regarder leur Business Model – modèle d’affaires en français – pour identifier les points originaux en termes de coût et de revenu et d’en apprécier la pérennité.

Les entreprises libérées ont été façonnées en réaction à la hiérarchie et au contrôle qui lui associé. Comme le dit le patron de l’entreprise Favi, Jean-François Zobrist, ici la conviction, c’est que l’homme est bon et responsable et que le contrôle qui structure l’entreprise n’a pas de sens comme modèle d’organisation global. Favi a donc été organisée par groupes de travailleurs autogérés et la hiérarchie totalement supprimée.

Favi a aussi été organisée en supprimant quasiment toutes les fonctions supports, c’est-à-dire les personnes et services qui aident au bon fonctionnement général de l’entreprise (par exemple systèmes d’information, qualité, ressources humaines, encadrement et pilotage de l’entreprise), mais qui ne sont pas directement affectés aux opérations productives.

Ce faisant, le modèle de coût – revenu de l’entreprise s’est fortement transformé. Les entreprises industrielles ont – sur la base d’une étude de 2007 – une structure de coûts répartie à 75 % sur des coûts directs et à 25 % sur des coûts indirects. Favi a donc fait des économies de coût à la fois sur les coûts directs en supprimant la hiérarchie affectée à chaque ligne de production et aussi – surtout – sur les coûts indirects en réduisant très sensiblement les fonctions support.

À côté de ces modifications portées à la structure de coûts, les entreprises libérées se caractérisent aussi par une attention portée à l’innovation. Cette innovation peut-être poussée par des mécanismes d’incentive financier. Mais elle peut-être aussi encouragée par la mise en place d’un cadre de travail qui dégage du temps pour les personnes qui le souhaitent en vue d’innover.

Ce système n’est pas nouveau et il a été développé dans de nombreuses entreprises. Mais il s’applique particulièrement bien dans des entreprises qui comme les entreprises libérées, permettent un croisement des attentes des individus, de leurs compétences et des intérêts de l’entreprise.

C’est par exemple le concept du Sweet Spot de l’entreprise Gore, qui favorise l’alignement des trois variables. Ces mécanismes permettent une innovation produit et/ou service, qui abaisse leur coût unitaire. L’innovation permet aussi une diversification liée dont on sait que c’est la plus rentable et efficace pour l’entreprise. On est en face d’un modèle cohérent qui permet d’amener une pérennité du Business Model et de l’entreprise.

L’entreprise libérée a été plutôt appliquée en milieu industriel. Or l’enjeu en termes de changement de Business Model est sans doute plus fort encore dans les services : l’étude de 2007 parue dans Management Accounting Research et conduite par Al-Omiri et Drury (A survey of factors influencing the choice of product costing system in UK organizations) indiquait que la structure de coût des entreprises de service et de retail était une structure de coûts répartie à 49 % sur des coûts directs et à 51 % sur des coûts indirects. Il y a donc un potentiel de réduction des coûts importants dans de tels secteurs avec le modèle de l’entreprise libérée.


Quel avenir pour les entrepreneurs en France

Ce désamour se retrouve dans une caractéristique de la France aujourd’hui assez largement connue et admise : la faible propension de ses habitants à entreprendre. Depuis quelques années le GEM (Global Entrepreneurship Monitor), projet de suivi global de l’entrepreneuriat piloté par deux institutions internationales (Babson College et London Business School), publie des études sur le Taux d’Activité Entrepreneuriale (TAE) des pays. Ce TAE est la mesure systématique de l’activité entrepreneuriale en tenant compte de deux indicateurs : le taux d’entreprises émergentes (indiquant les entreprises qui sont sur le point d’être formellement lancées) et le taux d’entreprises nouvelles (indiquant les entreprises effectivement lancées depuis moins de 42 mois). Régulièrement le taux français – 4,8% en 2007 – est un des plus faibles. Non seulement les français créent peu d’entreprises, mais plus grave encore les entreprises créées manquent de vitalité et se développent peu. Comme le rappelle un récent rapport de l’Institut Montaigne, think-tank regroupant des décideurs économiques et politiques, une comparaison des chiffres de l’OCDE montre que, sept ans après leur émergence, les entreprises américaines ont plus que doublé leurs effectifs, alors que les firmes françaises n’ont créé dans le même temps que 7% d’emplois supplémentaires. Cette situation a pour conséquence le non renouvellement de notre tissu industriel : sur les 100 premières capitalisations de la Bourse de Paris, une dizaine d’entreprises seulement ont moins de trente ans d’existence.

Développer en France une plus forte propension à entreprendre est donc aujourd’hui une nécessité et un défi, mais comment relancer dans ce pays la “machine entrepreneuriale” ? Les gouvernements successifs, conscients du problème, multiplient les mesures incitatives. Mais les résultats resteront limités tant que subsisteront en France des problèmes liés à l’ouverture de ce pays aux logiques entrepreneuriales, à des règlements et institutions d’un autre temps et à l’image que la société française a de l’entrepreneur. Nous proposons des idées pour changer les choses à ces trois niveaux, après avoir exposé les raisons du désamour de la France vis-à-vis de ses entrepreneurs.

Les raisons d’un désamour à la “française”

Une part importante des élites françaises a encore une programmation mentale marxiste pour les plus archaïques, et keynésienne pour les plus modernes. Pour s’en convaincre nous nous limiterons à quelques exemples, mais nous pourrions sans difficulté aucune les multiplier : le titre d’un ouvrage de Gisèle Ginsberg “Je hais les patrons” ; Ségolène Royal, alors candidate à la Présidence de la République, déclarant aux deuxième semestre 2006 qu’“il faut effrayer les capitalistes” ; son ex-compagnon François Hollande, secrétaire général du parti socialiste français indiquant “je n’aime pas les riches” ; Jacques Chirac, ancien Président de la France, qui dans sa jeunesse fut membre du Parti Communiste Français, considérant que le libéralisme serait pire pour son pays que le marxisme ; etc. Olivier Blanchard, économiste français enseignant au M.I.T., porte un jugement sévère sur ses compatriotes : “La France se caractérise par une étonnante inculture économique. Le poids de la tradition marxiste, sans doute, et la conséquence d’un enseignement classique où cette discipline tient peu de place. Beaucoup de français croient que l’économie est un jeu à somme nulle : la richesse leur apparaît comme un gâteau de taille fixe que se partageraient patrons et salariés en fonction de leurs rapports de force”.

Les Français dans leur grande majorité n’aiment pas leurs chefs d’entreprise et ceci pour plusieurs raisons. La première nous semble être très profondément ancrée dans notre histoire et dans nos traditions. L’image du chef d’entreprise est liée à ce que valorise notre société et à la conception que nous avons de ce qu’est un homme respectable. Les travaux du sociologue Philippe d’Iribarne nous enseignent qu’en France, un homme respectable est celui qui est traité avec les égards dus à son rang, lequel est déterminé par un titre (un diplôme) qui donne une sorte de droit à occuper une position sociale plus ou moins valorisante et prestigieuse. Si l’on comprend bien la proposition, pour être un chef d’entreprise respectable dans la société française il faut être un ancien élève de l’Ecole Polytechnique ou de l’ENA et diriger EADS, Vivendi, EDF ou la SNCF, ce qui doit représenter moins de 0,1% de la population des chefs d’entreprise. Dans le cas général, la situation de chef d’entreprise n’est pas “noble” et son image est construite sur un type de capital qui n’est pas valorisé par la société française laquelle ne reconnaît que le capital scolaire et le diplôme.

Une deuxième raison est liée à des amalgames de clichés et de représentations qui génèrent des confusions et des ambiguïtés permanentes entre des notions qui ne sont ni équivalentes ni superposables. Un chef d’entreprise n’est pas un entrepreneur et réciproquement tous les chefs d’entreprise ne sont pas assimilables à de grands capitaines d’industrie et réciproquement les entrepreneurs ne peuvent pas être réduits uniquement à des créateurs d’entreprise. L’hyper médiatisation de la notion d’entrepreneur et son utilisation à “toutes les sauces” et à toutes les fins ne fait que renforcer ce sentiment de grande confusion et d’incompréhension. Alors que de nombreux travaux depuis des siècles ont tenté, souvent avec difficulté, de clarifier des notions aussi essentielles que celles d’entreprise, d’entrepreneur et d’agent économique, très peu de connaissances, au fond, ont pénétré l’homme de la rue. Ce niveau d’inculture généralisée à propos de l’économie au sens large et de l’entreprise, d’une manière plus singulière, nous semble être spécifiquement français, comme cela a été souligné par Olivier Blanchard.

Une troisième et dernière raison provient, selon nous, d’une catégorisation des chefs d’entreprise et des entrepreneurs qui sans nuance aucune établit une dichotomie entre des Héros et des Bandits. Les médias et les Français ne veulent parler que des uns ou des autres. Les premiers, les Steve Jobs, Bill Gates ou Richard Branson (très souvent les héros ne sont pas des français !!) apparaissent comme des êtres extraordinaires qui ont réussi des choses hors de portée du commun des mortels. Les bandits (ils sont bien français eux !!), ont parfois eu une première étiquette de héros et sont présentés comme des figures emblématiques incarnant l’ensemble des chefs d’entreprise ou des entrepreneurs, alors qu’au sens strict ils n’en sont plus ou n’en ont jamais été. Peut-être pourraient-ils être qualifiés d’hommes “d’affaires”, en tout cas ils ne constituent pas des exemples à suivre pour la société et pour la jeunesse. Les bandits se font prendre la main dans le sac, ils s’enrichissent indûment, bénéficient de “golden parachute” ou encore n’hésitent pas à licencier des centaines, voire des milliers de personnes, pour améliorer la profitabilité de leur entreprise et augmenter leur niveau de rémunération directe ou indirecte. Les bandits sont très souvent des dirigeants de grandes entreprises dont les comportements déviants vont ternir l’image de tous les chefs d’entreprise. Parfois, plus rarement, ces hommes “d’affaires” apparaissent comme des “Robin des Bois” des temps modernes, des bandits sympathiques, “empruntant aux riches pour donner aux pauvres”, jouant à cache-cache avec les gendarmes et les lois. Ce faisant ils génèrent encore plus d’ambiguïté et contribuent à effacer davantage les repères en démontrant que dans notre société on peut être bandit et héros à la fois.

Dans ces conditions d’absence (ou pour le moins d’insuffisance) de valorisation du statut, de méconnaissance des notions économiques et sociales essentielles et de médiatisation caricaturale des acteurs, la position de chef d’entreprise apparaît largement inaccessible à la majorité des français par impossibilité (normative ou technique) et par rejet.

Ouvrir la France à l’économie de l’entrepreneuriat

Les travaux de l’économiste américain David Audretsch font clairement ressortir l’émergence d’une économie entrepreneuriale et son importance actuelle. Il analyse le dernier demi-siècle comme la succession de trois périodes historiques correspondant à trois visions de l’économie.

La première période peut, de manière schématique, se définir comme étant celle de l’Economie du Capital. Elle a été formalisée par Robert Solow. Elle débute approximativement avec la période de l’après-guerre. C’est l’ère de la production de masse, une ère où les économies d’échelle semblent être le facteur décisif et déterminant de l’efficacité et où chaque institution sociale et économique majeure s’emploie à renforcer la stabilité et la prévisibilité nécessaires à la production de masse. Quant au regard porté sur les nouvelles et petites entreprises il est essentiellement négatif :

  • Elles sont généralement considérées comme étant moins efficaces que les firmes de grande taille.

  • Elles fournissent aux travailleurs des compensations d’un moindre niveau.

  • Elles ne sont que marginalement impliquées dans l’activité d’innovation.

  • Leur importance relative décline avec le temps aussi bien en Amérique du Nord qu’en Europe.

Dans l’économie traditionnelle, capitalistique, correspondant au modèle de Robert Solow de l’après-guerre, les petites firmes et l’entrepreneuriat apparaissent comme un luxe, peut-être nécessaire en Occident afin d’y assurer la décentralisation des décisions, mais un luxe maintenu au prix d’une perte d’efficacité.

Vient ensuite l’Economie de la Connaissance, formalisée par Paul Romer et Robert Lucas. Elle coïncide grosso modo avec la période tardive de l’après-guerre, c’est-à-dire les années 1980. La critique de Romer à l’égard de l’approche de Solow ne porte pas sur le modèle de base de la fonction néoclassique de production, mais plutôt sur ce qu’il estime avoir été omis dans ce modèle : la connaissance. Romer, Lucas et d’autres, expliquent que la connaissance est un facteur important de production à côté des facteurs traditionnellement pris en compte : le travail et le capital. De plus, ce facteur, étant déterminé de façon endogène au travers des externalités et des effets de débordement, apparaît particulièrement important. Dans cette deuxième approche, l’entrepreneuriat, au moins sous la forme de nouvelles firmes, ne semble pas compatible avec l’économie basée sur la connaissance. Au fur et à mesure que le facteur de la connaissance gagne en importance, la plupart des prédictions suggèrent que les nouvelles et les petites firmes joueront seulement un rôle marginal dans la contribution à l’innovation et à la croissance.

Enfin, l’Economie de l’Entrepreneuriat trouve ses racines dans le milieu des années 1970, mais ne connaît réellement son essor que plus tard, dans les années 1990. L’Economie entrepreneuriale qui émerge en Amérique du Nord et en Europe donne en conséquence un nouveau rôle à l’entrepreneur. Plutôt qu’handicaper l’économie sur le plan de l’efficacité, comme cela semblait être le cas dans une économie managériale, l’entrepreneuriat fait fonction de moteur de croissance en procurant un conduit essentiel pour les effets de débordement et la commercialisation de connaissances et de nouvelles idées.

Il peut être utile à ce niveau de préciser ou repréciser les rôles de quelques figures de l’économie que l’on a tendance à confondre en France. Tout d’abord, alors que l’expression “chef d’entreprise” renvoie à l’existence juridique d’un statut et à une catégorie sociale, comme il en existe beaucoup d’autres (ingénieur, ouvrier, journaliste, etc.), force est de reconnaître que celle d’entrepreneur, aujourd’hui, est plutôt assimilable à une manière d’être ou de faire certaines choses. En d’autres termes, si le chef d’entreprise peut être défini par les droits de propriété et/ou les mandats sociaux qu’il détient, l’entrepreneur ne peut l’être, nous semble-t-il, qu’à travers ce qu’il fait (et aussi, où et comment il le fait). Ensuite, et c’est là que s’établit le lien entre les deux notions, un chef ou un dirigeant d’entreprise peut directement ou à travers son organisation activer deux fonctions essentielles à la survie et au développement de toute entreprise. La première est la fonction d’exploration qui consiste à innover et à tirer profit de l’innovation ; à concevoir et à lancer de nouveaux produits, de nouveaux services, de nouvelles activités ; à conquérir de nouveaux marchés. Dans cette fonction, le chef d’entreprise est un entrepreneur tel que le concevait d’ailleurs Schumpeter. Notons au passage que les héros évoqués précédemment sont tous assimilés à des explorateurs ou à des innovateurs. La seconde fonction est celle d’exploitation. Elle se traduit par l’apport direct, l’acquisition, l’assemblage et l’organisation des ressources humaines, relationnelles, technologiques, physiques et financières qui s’avèrent nécessaires à la concrétisation des avancées découlant de l’exploration. Dans cette fonction, le chef d’entreprise fixe les objectifs et les stratégies pour les atteindre, il est alors gestionnaire ou manager. Relevons comme nous l’avons fait plus avant que les bandits se retrouvent plutôt dans cette fonction, il suffit d’ailleurs de se remémorer à quel point les mots “exploitation”, “exploitant”, “exploiter” sont connotés négativement en France. Celui qui exploite est assez systématiquement suspecté d’intentions non respectables. Il peut abuser d’une position jugée dominante, s’enrichir avec le travail des autres ou détourner à son profit des biens sociaux.

Dans une approche complémentaire, Stevenson et Jarillo définissent l’entrepreneur comme un individu qui poursuit des opportunités (principalement liées à la création de nouveaux produits ou de nouveaux services) sans se préoccuper des ressources directement contrôlées. Deux logiques d’action guident alors les comportements stratégiques et managériaux des individus et des organisations. L’orientation vers les opportunités d’affaires qui s’avère très proche de la fonction exploration et l’orientation vers le contrôle (et l’administration) des ressources qui relève de la fonction gestionnaire.

Avec l’Economie de l’Entrepreneuriat, le rôle des entrepreneurs et des petites firmes entreprenantes redevient central, et par conséquent la nécessité d’entreprendre. Elle est d’autant plus cruciale aujourd’hui que la France a entamé un déclin qui risque de s’accélérer assez rapidement.

En 1980, la France était encore la quatrième puissance économique mondiale, en 2007 elle n’est plus que sixième et en 2030 elle pourrait, selon les prévisionnistes, se situer au huitième rang, menacée par le Brésil. Pour éviter un tel scénario la France doit impérativement inciter ses citoyens à entreprendre.

Dérèglementer et changer les institutions, mais en douceur !

La décision de devenir entrepreneur peut être analysée comme une alternative au travail salarié et de nombreux économistes, dont Mark Casson, ont traité de ce choix. L’entrepreneur potentiel fait une comparaison parfois formalisée, le plus souvent intuitive- entre ses futurs bénéfices d’entrepreneur et ses futurs gains de salarié. La différence de gain espérée est liée au revenu moyen d’une activité entrepreneuriale réussie pondérée par la probabilité de succès et le revenu moyen d’un travail salarié lui-même pondéré par la probabilité de trouver (ou de ne pas perdre) un emploi. L’entrepreneuriat n’est pas un phénomène purement psychologique, même si la dimension psychologique y est importante. Les motivations économiques sont également importantes dans la décision de devenir entrepreneur.

Par conséquent la décision de créer une entreprise peut être décrite par un modèle économique de maximisation d’utilité. Or, en France, le coût d’opportunité du passage du salariat au non-salariat, à l’entrepreneuriat, est particulièrement élevé. Le risque supporté par l’entrepreneur n’est pas indépendant des droits associés au statut de salarié. Plus le salaire est élevé et relié à des droits sociaux futurs, plus il est coûteux de quitter ce statut. Notre système social incite peu à créer une entreprise, et ce d’autant moins qu’on a un diplôme élevé donc des espérances de gain et de statut élevés. Dans un tel contexte, on comprend aisément la faible propension des diplômés de nos grandes écoles à créer des entreprises. Georges Ribeill, un sociologue qui a étudié les comportements entrepreneuriaux des ingénieurs français, fait clairement ressortir cela : la propension des ingénieurs à créer une entreprise est inversement proportionnelle à l’étiquette sociale conférée par la notoriété de leur école.

Le choix de l’entrepreneuriat constitue donc un réel défi pour la France et les français. Que peut-on alors proposer face à la nécessité économique d’encourager l’entrepreneuriat dans un pays ayant développé depuis longtemps un tel ensemble de droits sociaux pour les travailleurs ?

Il y a deux voies, l’une politiquement acceptable et l’autre qui l’est beaucoup moins. La solution difficile à mettre en œuvre sur le plan politique consiste à rapprocher la situation du salarié de celle de l’entrepreneur, c’est-à-dire à augmenter le risque supporté par le salarié pour le rapprocher de celui supporté par l’entrepreneur. En d’autres termes cela revient à déconstruire partiellement notre système de protection sociale. Des mesures comme la mise en place du CNE (Contrat Nouvelle Embauche, permettant aux entreprises de moins de 20 salariés de licencier sans formalité pendant deux ans tout nouvel embauché), puis la proposition de CPE (Contrat Première Embauche) visant à étendre les dispositions du CNE aux jeunes. Le gouvernement dut retirer son texte face aux manifestations d’hostilité vont dans ce sens. La solution plus acceptable consiste à rapprocher la situation de l’entrepreneur de celle du salarié. Par exemple en maintenant temporairement les droits du salarié qui quitte son emploi pour créer son entreprise. Diverses mesures ont déjà été prises en ce sens. Si elles sont plus facilement admissibles politiquement elles ne peuvent être que limitées tant l’acceptation du risque comme l’espérance d’un profit constituent des dimensions centrales de la fonction entrepreneuriale.

Un deuxième point doit être relevé qui constitue également un frein à l’entrepreneuriat : la fiscalité très élevée, la socialisation des profits. En 2006 le taux des prélèvements obligatoires rapportés au PIB (Produit Intérieur Brut) était de 44%, les dépenses publiques consommaient 52,9% du PIB. Un calcul a été fait : le français commence à travailler pour lui le 16 juillet, du 1er janvier au 15 juillet inclus, il travaille pour la collectivité. Un tel contexte encourage-t-il les français à vouloir augmenter leurs gains ? Les gouvernements se succèdent, tantôt d’une couleur politique, tantôt de l’autre, et cet état de fait non seulement perdure mais même s’aggrave d’année en année.

Changer l’image des entrepreneurs

Pour changer les représentations sociales relatives aux entrepreneurs, nous préconisons une implication plus forte des principaux acteurs concernés et une revalorisation de la démarche d’entreprendre. Ces groupes d’acteurs sont les enseignants, les journalistes et les chefs d’entreprise eux-mêmes. Les enseignants et le système éducatif ont une mission cruciale : sensibiliser, préparer et former les esprits à ces situations, à ces catégories sociales et à ces fonctions. Il est essentiel que les enseignements contribuent à diffuser des connaissances sur les valeurs, les attitudes, les motivations des entrepreneurs et des chefs d’entreprise ; sur les situations et les contextes d’action dans lesquels ils opèrent ; sur les outils et les techniques qu’ils mettent en œuvre. Les enseignants et les chercheurs doivent apporter des connaissances sur des questions clés comme : Qui entreprend ? Pourquoi ? Comment ? Dans quels contextes et avec quels résultats ? Les médias constituent un vecteur indispensable et puissant pour relayer l’école et l’université. Ils peuvent toucher un public large, généralement moins averti. Des médias responsables devraient, selon nous, refuser l’amalgame des notions, génératrice de non-sens et la facilité qui consiste à ne parler que de certains types d’entrepreneurs. Les chefs d’entreprise, les dirigeants et les entrepreneurs ont aussi un rôle à jouer, celui de l’exemplarité. Ils sont (ou devraient être) des modèles et des sources d’inspiration pour toute la jeunesse. Ce rôle pourrait être mieux tenu si les acteurs concernés se reconnaissaient le devoir d’aller à la rencontre des collégiens, des lycéens, des étudiants et de leurs enseignants pour témoigner de leurs parcours, de leurs déterminants et des résultats qu’ils ont obtenus, pour montrer toute la symbolique et la force d’expériences de vies “ordinaires”.

Comment revaloriser la démarche entrepreneuriale en France ? Les statistiques officielles nous rappellent régulièrement que de nombreux individus créent ou reprennent des entreprises par nécessité vitale, pour survivre, s’insérer ou se réinsérer dans un monde social dans lequel on est “jeune de plus en plus vieux et vieux de plus en plus jeune”. En effet, les jeunes qui poursuivent des études jusqu’à l’approche de la trentaine sont aujourd’hui monnaie courante. Dans le même temps, on a tendance à vieillir prématurément dans les entreprises et les institutions au point qu’il n’est pas rare, en France, de connaître des problèmes d’employabilité entre 40 et 45 ans.

Des travaux sur les ingénieurs entrepreneurs ont montré, par ailleurs, que de nombreux ingénieurs créent des entreprises par hasard, lorsqu’ils préfèrent changer de statut plutôt qu’abandonner un projet technique ou une recherche qui n’intéresse plus leur laboratoire ou leur entreprise. La dynamique du projet et le lien affectif unissant le sujet à l’objet l’emportent sur la sécurité, parfois toute relative, de leur emploi salarié.

Ces deux modes d’accès à l’entrepreneuriat, par nécessité et par hasard, rendent compte de la faible importance que la société française accorde aux entrepreneurs et à l’acte d’entreprendre, lequel reste encore très largement contre culturel dans ce pays.

Nous pensons cependant qu’une troisième voie est possible et souhaitable. Elle va de pair avec une revalorisation de l’entrepreneuriat en tant que phénomène économique et social vital pour les individus, les entreprises, les institutions et la société dans son ensemble. Elle implique également une volonté collective et un engagement de tous les acteurs concernés.

Deux conditions nous semblent devoir être réunies pour devenir entrepreneur dans une société enfin convaincue de la légitimité sociale et de l’importance d’un tel acte.

La première condition est l’intention d’entreprendre. L’intention est la représentation cognitive de la volonté d’une personne d’exercer un comportement. Elle est considérée comme un bon moyen de prédire des comportements humains planifiés et contrôlables. L’intention, dans la théorie du comportement planifié, très utilisée dans les sciences du comportement, est le résultat de trois antécédents conceptuels que nous allons présenter en les appliquant au cas de la création d’entreprise. Les attitudes envers le comportement constituent le premier antécédent. L’intention de créer une entreprise est fonction du degré d’évaluation favorable ou défavorable du comportement en question. Pour qu’il y ait intention de créer, il est nécessaire que des attitudes favorables vis-à-vis du comportement aient été formées. Différents milieux (la famille, les territoires, les professions, etc.) peuvent agir sur ces attitudes. Les écoles, les universités, les actions de sensibilisation jouent également un rôle important. Un deuxième antécédent se trouve dans les normes sociales perçues. L’intention de créer une entreprise dépend des perceptions que les individus ont des avis des personnes ou groupes sociaux, qui comptent pour eux, par rapport au comportement envisagé. Que pensent mes amis, ma famille, mes professeurs de mon idée de créer une entreprise ? Pensent-ils que c’est bien pour moi, que c’est un bon choix de carrière ? Ces normes sociales perçues par les individus viennent notamment des milieux évoqués plus haut et sont influencées par des variables culturelles et sociétales. La contrôlabilité perçue, enfin, est le troisième et dernier antécédent. L’intention de créer une entreprise est fonction des facilités ou des difficultés perçues dans l’hypothèse où le comportement, ici la création d’entreprise, surviendrait. Dans un comportement intentionnel, les individus raisonnent en se posant des questions du type : “Ai-je toutes les compétences nécessaires ? Est-ce que je maîtrise bien les techniques et outils de gestion indispensables ? Ai-je bien identifié les bons réseaux et pourrais-je les utiliser ?”. Nous pourrions schématiquement résumer ce qui précède en postulant que pour qu’il y ait une intention de créer une entreprise, il faut que le comportement soit perçu comme étant désirable et faisable.

La seconde condition pour devenir entrepreneur est le projet. Ce dernier peut se former sous l’effet de l’intention ou venir d’un déplacement, d’une discontinuité dans la vie personnelle ou professionnelle. La rencontre d’une personne dans laquelle on voit un partenaire possible, la détection d’une opportunité dans un secteur d’activité ou encore la survenance d’une idée peuvent constituer des facteurs de déplacement qui vont contribuer à l’émergence du projet. Le projet d’entreprendre réunit d’après nous deux dimensions qui mêlent projet de vie et projet professionnel et ne sépare pas l’une de l’autre. Comment imaginer une seule seconde qu’une décision de création d’entreprise, dans cette logique de l’intention, puisse être préparée sans que toutes les implications et les déterminants n’aient été évalués, compris et acceptés. La logique du projet, le travail de projection au sens propre, s’opposent d’une certaine façon à la logique d’adaptation très, trop souvent enseignée ou considérée comme la seule possible par les individus, les institutions et les entreprises. Se projeter ouvre l’horizon et laisse une place au rêve, à l’anticipation et au changement créatif.

En conclusion, nous pensons que les entrepreneurs et les chefs d’entreprise, surtout ceux qui dirigent les PME-PMI, sont parmi ceux qui nous montrent que le rêve est encore possible, que l’anticipation est un moyen de conserver ses positions, ses ressources et son indépendance et enfin, ils nous disent, à travers leurs actes, que changer le monde et créer des richesses économiques et sociales ne relèvent ni de l’utopie, ni de la mission impossible, il suffit parfois simplement de le vouloir et de l’inscrire dans son projet de vie. Comme tous les français n’ont pas encore compris cela, il est de la responsabilité collective de contribuer à restaurer l’image de ceux qui entreprennent et dirigent des petites et moyennes entreprises. Il y va de la crédibilité nationale, dans un monde global, de faire évoluer le versant social obscur de l’entrepreneur français.

LES RH ET… LE SOCIAL

visuel_approche_globale_de_lentreprise_21_shutterstock.jpg

Et si les RH s’intéressaient enfin au social ?

Le terme de « ressources humaines » m’a toujours dérangé, car il a tendance à réduire les femmes et les hommes qui composent l’entreprise à des variables d’ajustement, comme les stocks de pièces ou les liquidités, voire les consommables ! Les RH nous ressassent – la main sur le cœur – que « l’humain est au cœur de l’entreprise »… mais il suffit d’entendre la voix des actionnaires pour comprendre que ce discours convenu est avant tout à vocation d’image interne : il ne reflète pas vraiment les décisions du COMEX.

Une fonction RH déconnectée du terrain

Ceci pose problème. Comment justifier que des salariés qui ont participé au redressement d’une entreprise, ont accepté un durcissement de leur contrat de travail et une réduction de leurs avantages, ne puissent pas profiter du rebond de l’entreprise au même titre que les actionnaires ? Est-il si aberrant, si ridicule de penser que l’on doive récompenser l’engagement des salariés et la confiance qu’ils ont pu donner aux paroles de leurs dirigeants et managers ?

Nous subissons malheureusement un courant de Gestion des Ressources Humaines qui – à défaut d’être innovante ou de conserver un quelconque leadership – est devenu exécutante des ordres du COMEX. A cette seule lumière, les ressources humaines ne représentent qu’un coût fixe qu’il convient non seulement de maitriser, mais encore de diminuer.

Comment s’étonner, dans cette perspective où les RH sont finalement très éloignées de la réalité socioprofessionnelle concrète des salariés, que les relations sociales se traduisent toujours en rapports conflictuels avec les syndicats ?

Peur du digital ou peur du social ?

Mais il y a plus. Il y a derrière ce constat une explication de fond de la difficulté qu’ont les RH à appréhender la transformation numérique. Car ce n’est pas du « digital » lui-même qu’ils ont peur : ils ont peur du « social » au sein du digital ! Ils ont peur de cette perte de contrôle et de cette transparence qui vont de pair avec une transformation digitale réussie, qui libère l’entreprise. En fait, ils ont peur du web social ! Si, comme on l’entend parfois, c’était seulement les technologies numériques qui posaient en la matière des problèmes d’adaptation aux RH… auraient-ils réussi les projets autrement plus techniques des SIRH, des self-services RH, et plus largement de tout ce qui est e-rh dans sa composante IT ? Bien sûr que non ! La vérité est bien plutôt que les RH ne veulent pas risquer de se retrouver responsables d’un désordre social, d’une perte de repères des corps intermédiaires, de l’avènement de nouveaux pouvoirs et de leviers qu’ils ne contrôlent pas.

Depuis près de 5 ans la transformation digitale de la RH est d’actualité : que d’interventions, d’articles, d’évènements, de formations lui ont été consacrés ! Et pourtant la majorité de ses acteurs refusent de prendre leur responsabilité évidente de leadership, au carrefour entre la réalité sociale et la réalité économique de l’entreprise. La RH reste ainsi éminemment administrative et, selon certains participants du dernier événement RH #truparis, – pardon pour vos chastes oreilles – « chiante » !

Regardez avec quel appétit retrouvé ces mêmes RH envisagent le big data… Ah !  Cette magie du pouvoir d’une « application » qui, sans même s’enquérir de l’autorisation des salariés, pourrait nous expliquer leurs comportements actuels et à venir, pourrait nous dire quels seront les futurs talents, les compétences à développer, les risques à prévenir…

Des Ressources Humaine à la Richesse Sociale

Il faut en convenir, le responsable RH est trop pris à analyser ses reporting, à répondre aux évolutions réglementaires de sa fonction, à peaufiner des process et procédures… pour renouer avec la réalité du terrain, là où vivent les salariés au quotidien. Le risque est majeur pour l’entreprise – et pour la fonction RH en premier – que le retour de bâton soit brutal : soit on commencera à comprendre que de tels acteurs RH constituent plus un fardeau qu’un moteur pour la performance, et que finalement la paie peut-être faite par la Finance, la marque employeur par la Communication, et les services en ligne par les IT, ou tout simplement par une solution d’externalisation généralisée ; soit l’exaspération viendra des salariés eux-mêmes, lassés de tant d’indifférence, avec une montée du présentéisme, de l’absentéisme et de tous les comportements qui ruinent l’engagement et la productivité.

Il est peut-être temps, finalement, de remplacer la Fonction Ressources Humaines par la Responsabilité de la Richesse Sociale, ne croyez-vous pas ?

Télétravail : 10 conseils pour réussir à travailler chez soi

TÉLÉTRAVAIL – Encore un jour férié qui donne envie de faire le pont. Cette fois, vous avez réussi à négocier avec votre patron, vous n’irez pas au bureau ce vendredi. Enfin presque, car si vous n’êtes pas physiquement au bureau, vous avez promis de travailler de chez vous.

Le télétravail est un rêve pour de nombreuses personnes. Gérer son planning, pouvoir travailler en pyjama dans son lit, passer plus de temps avec ses proches… On troquerait assez facilement l’open space pour travailler de chez soi. Détrompez-vous, ce n’est pas si simple. A la maison, tout peut être synonyme de tentation et de déconcentration. Travailler aussi sérieusement qu’au bureau peut devenir un peu complexe.

Voici 10 astuces pour réussir à bien travailler de chez soi.

1. Commencez par vous habiller

getting dressed

Ca ne vous viendrait pas à l’idée d’aller travailler en pyjama (enfin, c’est votre rêve le plus cher), donc habillez-vous avant de vous mettre à travailler. Prenez une douche, un petit déjeuner, faites exactement comme si vous alliez sortir de chez vous.

« Ainsi, vous passez du mode maison au mode travail. En plus, si vous vous habillez pour le travail, vous vous prendrez plus au sérieux pour maintenir une attitude digne d’un lieu de travail. Rester en pyjama et chaussons ne va vous motiver qu’à une seule chose: retourner au lit », indique le site WikiHow.

On ne vous dit pas de sortir le costard ou le tailleur, un jean et un t-shirt feront l’affaire.

2. Créez-vous un espace de travail

desk home

Vous allez être tenté de travailler de votre lit, ou affalé sur le canapé. Si certaines personnes sont plus productives un casque sur les oreilles et allongées sur un transat, d’autres ont besoin d’un environnement très sobre. Il s’agit de déterminer ce qui vous convient le mieux, et de vous y tenir.

Avoir un vrai bureau simplifie tout de même les choses: vos documents, ordinateur, et autres outils de travail restent à leur place. Tout avoir à portée de main est crucial si vous espérez rester concentré. D’autant plus si vous ne faites que du télétravail. Le cas échéant, « il est important que vous ayez tout l’équipement dont vous avez besoin pour travailler, qu’il s’agisse d’un ordinateur rapide, un scanner, une imprimante, photocopieuse et fax, un système de sauvegarde fiable », détaille Lisa Kanarek, experte du travail à la maison, auteur et fondatrice du site WorkingNaked.com à Forbes. « La clé pour gagner du temps et de l’argent sur le matériel, c’est de savoir ce dont vous avez besoin, ce dont vous ne pouvez pas vous passer, et où trouver un support technique », poursuit-elle.

N’hésitez pas à faire un petit ménage de printemps avant de commencer.

3. Faites-vous un planning béton

schedule

Pour commencer, organisez-vous selon des horaires « normaux ». Vous allez avoir envie de dormir jusqu’à midi, mais vous n’allez probablement pas travailler jusqu’à minuit. Pour communiquer avec vos collègues, c’est évidemment bien plus simple de caler votre rythme sur le leur.

Ensuite, tirez un maximum profit de ces horaires. Faites-vous un planning précis, accrochez-le au-dessus de votre bureau et tenez-vous y! « Chaque matin, avant de plonger dans le travail, passez-le en revue pour avoir une meilleure idée de ce à quoi va ressembler votre semaine ou votre mois. Si vous avez de nombreux rendez-vous de prévus pour la fin de la semaine, vous devrez essayer de travailler un peu plus au début pour trouver un équilibre », est-il conseillé sur WikiHow.

4. Gardez contact avec vos collègues

phone

Que ce soit au téléphone ou via Skype, parlez! Ne restez pas tout seul dans votre coin pendant plusieurs jours. Vous faites pleinement partie de cette entreprise, même si vous n’y mettez que rarement les pieds. C’est d’autant plus important que votre absence pourrait rendre difficile certaines tâches quotidienne, telles que le partage des idées, la mise en avant d’un sujet…

5. Devenez un pro de l’informatique

computer nerd

A la maison, pas possible d’avoir un technicien ou un informaticien de l’entreprise à disposition. C’est le moment d’être un peu débrouillard. Voici quelques conseils que vous pouvez retrouver sur le site WikiHow:

  • Connaissez sur le bout des doigts tous les logiciels que vous utilisiez déjà au travail
  • Chouchoutez votre ordinateur, qui doit être aussi efficace que possible
  • Gérez le téléphone comme un pro. Sachez utiliser les fonctions de téléconférence de Skype, Google… Pensez à l’application Viber, par exemple, pour passer vos appels à l’étranger sans dépenser un centime.

6. Prenez bien soin de séparer vies privée et professionnelle

private life work

C’est probablement le moins simple, tant les distractions sont partout, tout le temps. Mais c’est primordial: bien que dans votre petit nid douillet, les tâches d’ordre personnel ne doivent pas empiéter sur votre travail. « Ne pensez pas, pitié, que le linge, ou le fait que votre mère veuille passer du temps avec vous depuis que vous êtes à la maison ne vont pas vous tenter », dit à Forbes Shawn Mason Spence, conseillère, auteure, coach de vie.

Surtout, communiquez vos horaires de travail à tous vos proches. De la même manière qu’ils ne vous appeleraient pas au travail pour vous parler de la pluie et du beau temps, ils ne doivent pas vous contacter même si vous êtes à la maison, sauf si c’est urgent.

A l’inverse, votre travail ne doit pas vous empêcher d’avoir une vie privée. Faites comme si vous quittiez votre bureau, éteignez votre ordinateur, déconnectez-vous, faites autre chose.

7. [Spécial parents] Gérez vos enfants

family work

Si par malheur vos enfants sont en bas âge et que votre bureau est à côté de leur salle de jeux, il va falloir songer à y remédier. Pourquoi, si vous en avez les moyens, ne pas penser à une fille au pair?

Si, en revanche, vos enfants sont à un âge avancé, imposez-leur des règles bien précises: ils ne doivent pas vous déranger lorsque vous travaillez. Si vous étiez au bureau, ils ne vous verraient de toute façon pas.

Voyez le côté positif des choses: à passer moins de temps dans les transports, vous allez dans tous les cas passer plus de temps avec eux. « Une fois que j’ai réalisé que travailler chez soi voulait dire plus de temps avec mes enfants, j’ai mentalement substitué le temps passé dans la voiture avec celui passé avec eux à jouer, et tout mon stress s’est bizarrement évacué », témoigne David Tate sur le site Lifehacker.

8. Faites des pauses

resting

Surtout, surtout, ne restez pas devant votre écran d’ordinateur toute la journée sans faire de pauses parce que vous culpabilisez. Prenez le temps de respirer, tout comme vous feriez des pauses café entre collègues.

On a dit plus haut de ne pas mélanger vie privée et vie professionnelle, mais si cela peut vous aider à vous distraire, n’hésitez pas à vous avancer dans vos tâches ménagères. 30 minutes de rangement et de ménage sur une musique entraînante le matin, un peu de cuisine ou de ménage l’après-midi, par exemple. Cela vous aidera à vous recentrer, et vous n’aurez pas perdu votre temps.

« Avant de vous asseoir le matin, faites une listes des tâches rapides que vous devez faire: deux machines à laver, acheter des légumes pour le soir, faire la poussière, passer l’aspirateur, etc. Quand vous avez besoin de vous lever et de bouger un peu, éliminez l’une de ces tâches avant de vous remettre au travail », recommande le site Howstuffworks.

9. Faites du sport

sport

Travailler tous les jours chez soi peut être bien maussade. N’hésitez pas à bouger dès que vous le pouvez. Marchez lorsque vous passez un appel ou que vous réfléchissez, faites du sport. La position assise n’est bonne pour personne, mais pour vous, c’est d’autant plus important que vous allez avoir l’impression de tourner en rond.

10. Pensez différemment

positive thinking

Des choses inattendues vont vous manquer: vos collègues qui vous agaçaient en premier lieu, mais aussi les transports en commun, les repas sur le pouce… C’est normal. Même à la fin de l’une de vos pires journées de travail, vous aviez l’impression d’avoir fait quelque chose d’utile, par le simple fait de vous rendre sur votre lieu de travail.

Donc si vous voulez éviter de mal vivre le télétravail, mettez tous les conseils précédents en oeuvre.

LES BANQUES D’IMAGES : NOUVEAUX RESEAUX SOCIAUX

bq-image

On connait tous les réseaux sociaux classique du genre, Twitter et Facebook, qui permettent de partager du contenu texte et multimédia avec ses abonnés. Il existe aussi d’autres réseaux sociaux appelés généralement banques d’images.

flickr

Flickr

C’est un site de partage de photos mais aussi de vidéos. Il contient certaines fonctionnalités payantes. Il est beaucoup utilisé pour partager ses photos personnelles mais les photographes professionnels partagent aussi leurs photos.

Il est possible de faire partie de groupes et de partager facilement ses photos et d’en trouver d’autres. Il est ausis possible de gérer qui peut voir ses photos.
Il existe 2 types de comptes gratuit (300Mo de photos et 2 vidéos par mois), et payant ($24,99 par mois avec tout illimité).

Instagram

instagram-application-mobile-photo4

L’application est disponible à partir de plateformes mobiles sur Apple ou android. Le principe est simple, vous vous connectez avec votre compte Facebook, vous prenez une photo avec votre mobile et vous la partagez avec vos amis. L’application a été rachetée en 2011 par Facebook, entrainant le changement des CGU. Les photos étant libres de droits pour le producteur de l’application. Un grand nombre d’utilisateurs a donc fermé son compte.

Pinterest

C’est un mélange de réseau social classique et de partage d’images. Vous pouvez partager vos centres d’intérêts, passions, … et cela au travers de différents albums.
Vous publiez vos photos sur votre mur et vous pouvez aussi suivre vos amis, tout comme Twitter.

pinterest

Stipple

stipple-240x240

C’est un réseau sur lequel vous pouvez importer des images du web, comme de vos compte sur les différents réseaux sociaux (Facebook, Flickr, Instragram, Google+…). Vous choisissez vous-même quelles sont les photos à importer, toute votre galerie de photos Facebook n’apparaitra pas.
Cependant vous ne pouvez pas privatiser votre compte. Vous pouvez suivre d’autres compte, commenter les photos, les partager…

Un autre avantage est que vous pouvez aussi insérer sur des points précis de la photo :
– Liens
– Vidéos
– Bande son
– Profils de réseaux sociaux

Pictulize

Réseaux social de photos datées et géo localisées. Lorsque vous vous inscrivez sur le site, vous devez prendre des photos de ce qui vous entoure, elles seront géo localisées et datées.
Vous pouvez donc avoir accès à des photos de partout dans le monde, et qui dateront de plusieurs années (pas tout de suite l’application étant récente).
Pour l’instant elle n’est accessible que sur les Iphones et en anglais, ce qui est bien dommage, sachant que les possesseurs de Smartphones android sont plus nombreux que ceux d’Iphones.

VlI5vl6GQITaNz5bcuLurzl72eJkfbmt4t8yenImKBVaiQDB_Rd1H6kmuBWtceBJ

Je trouve que ces réseaux sont très intéressants, surtout pour voir des photos de célébrités dans la vie de tous les jours. En plus, ce ne sont pas des photos volées =)

FACEBOOK SERAIT-IL DEVENU LE MOYEN DE COMMUNICATION LE PLUS RAPIDE ?

facebook

Dans le jargon classique, la communication est l’action de communiquer avec quelqu’un, d’être en rapport avec autrui, en général par le langage. Avec l’apparition de Facebook, cette définition garde toujours sa place mais son application se fait remettre en question. Etant un réseau social comprenant le plus de membre au monde (plus d’un milliard), Facebook permet ainsi d’échanger des messages et de publier des contenus. Cependant, une question se pose, ce réseau social permet-il vraiment de communiquer plus rapidement ?

Confirmée dans les pays riches :

Dans les pays développés, où l’accès à la connexion internet est devenu un droit, la rapidité de Facebook en tant qu’outil de communication est justifiée. En effet dans ces pays, la presse, les internautes et même les citoyens sont connectés 24h sur 24. Chaque information divulguée sur une page ou le compte d’une telle ou telle personne célèbre se fait savoir très rapidement qu’une trainée de poudre. Si on le prend dans ce sens, on peut affirmer que Facebook est bien un outil rapide de communication. Pour le marketing, Facebook est aussi d’une grande efficacité surtout chez les pays riches. Les artistes, les entrepreneurs ou les grandes sociétés l’utilisent pour promouvoir leur carrière. Ainsi toutes leurs activités peuvent être suivies instantanément par les fans ou les intéressés abonnés à leur page. Dans un contexte plus personnel, Facebook gagne un autre point dans sa rapidité. Le système de messagerie instantanée ou « chat », est aussi pratique que la correspondance par e-mail, mais à condition que les deux interlocuteurs sont en même temps connectés sur le réseau.

Moins rapide dans les pays pauvres :

Par contre la rapidité de Facebook reste à débattre dans les pays pauvres qui n’ont pas accès à la connexion haut débit. Nombreuses sont les personnes qui n’ont pas encore de compte Facebook et ne se connectent que rarement. Nombreuses en sont les causes, le manque de matériel, de connexion mais surtout l’analphabétisme. C’est la raison pour laquelle ils préfèrent opter pour les moyens classiques tels que le téléphone, les médias ou le plus social des réseaux : le bouche à oreille.

L’ usine du futur

Pour Bernard Charlès, « le rôle de l’usine du futur, c’est d’enthousiasmer »

Pour Bernard Charlès, le rôle de l'usine du futur, c'est d'enthousiasmer

Pour Bernard Charlès, le directeur général de Dassault Systèmes et copilote du plan usine du futur, il faut accompagner les industriels dans leur transformation numérique et leur donner une vision séduisante de l’avenir.

L’Usine Nouvelle – Quelle est votre ambition pour le plan usine du futur ?

Bernard Charlès – Ce plan peut aider à faire progresser le secteur manufacturier en France, et à l’accompagner dans sa transformation. En tant qu’acteur leader de la numérisation des systèmes de production, Dassault Systèmes était tout indiqué pour copiloter ce plan avec [l’ingénieriste] Fives. Nos réflexions dans le domaine ont commencé bien avant la création des 34 plans de la Nouvelle France industrielle. Elles sont fondées sur notre présence mondiale, car du point de vue de nos parts de marché la France vient après le Japon, l’Allemagne, la Corée et les États-Unis. Et nous avions participé à des travaux sur ce thème au sein d’associations comme le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales.

Quel regard portez-vous sur l’industrie française d’aujourd’hui ?

Nous sommes dans un contexte de transformation numérique, où il faut améliorer la productivité grâce à des usines plus flexibles et plus modulaires, situées au plus près des marchés. Les grands groupes l’ont bien compris. Lorsqu’une entreprise comme Michelin se lance dans une remise à plat de ses flux de production, ou qu’Airbus déploie une solution avancée de « manufacturing execution system » [MES, ou système d’exécution de la production, ndlr], ce n’est pas uniquement dans une optique de réduction des coûts, il y a la volonté d’avoir une vision complète sur l’ensemble de la chaîne. En revanche, s’il y a une urgence en France, c’est la montée en performance de notre tissu d’ETI et de PME. Bien sûr, il y a de belles histoires d’entreprises devenues leaders dans leur secteur, et les entreprises de l’automobile et de l’aéronautique sont plutôt en avance, mais il faut aller plus loin. Nos entreprises performantes doivent devenir des acteurs de classe mondiale. Et le numérique permet cela. C’est grâce au numérique qu’elles pourront créer du contact, de la collaboration dans un marché global. Et comme il s’agit d’une redéfinition totale des enjeux, rien n’est perdu pour l’industrie française. Dans ce cadre, les pouvoirs publics ont leur rôle à jouer pour rendre visibles ces enjeux et montrer qu’il est possible de réussir. Ils doivent aussi apporter davantage de proximité et développer la formation.

Le plan usine du futur est donc, selon vous, une bonne réponse ?

Il est essentiel, car il permet à tout un chacun de comprendre que le monde de la production, qui est plutôt conservateur, est en plein changement. Avec la généralisation des composites et de la mécatronique, par exemple, il est indispensable d’avoir de nouveaux outils numériques pour simuler les produits, et de nouveaux moyens de production pour les assembler. Sur ce point, le plan usine du futur joue bien son rôle. Il s’agit d’inciter, de communiquer, de sensibiliser sur les intérêts qu’offre le numérique pour le monde de la production. La proximité avec les industriels via les régions est un point très positif pour cette sensibilisation. Un exemple : les fablabs, qui créent un écosystème pour penser la production avec les outils de demain. Les États-Unis disposent de ce type de structures depuis déjà six ans, et Dassault Systèmes a déjà participé au développement de la moitié des fablabs à travers le monde. Mais en France le mouvement démarre seulement.

Qu’appelez-vous « penser production avec les outils de demain » ?

C’est une nouvelle façon de penser. Voilà quinze ans seulement que nous sommes entrés dans le nouveau siècle, et déjà on constate que la manière de concevoir et de produire est en rupture totale avec celles du siècle dernier. Prenez les structures en nid-d’abeilles réalisées en fabrication additive : c’était inconcevable en l’an 2000. D’une manière générale, les produits que notre société va proposer pour rendre le monde plus durable seront très différents de ce qui était envisagé au XXe siècle. Des disciplines comme la chimie et la science de la matière reviennent en pleine lumière. Nous travaillons déjà avec des industriels sur l’impression de tissus vivants. C’est sûr, la chimie sera la robotique du XXIe siècle.

Comment les industriels peuvent-ils s’y préparer ?

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que l’usine de demain ne doit pas être une amélioration de l’usine d’aujourd’hui. La révolution est en marche, qu’on le veuille ou non. Elle va même s’accélérer car elle est liée à des facteurs économiques et sociologiques qui dépassent le monde de la production. Pour cette raison, je trouve l’expression « usine connectée » quelque peu réductrice. Il ne faut pas améliorer que la connectivité des machines. Ce serait même un piège. C’est tout le monde de la production qui change.

Pouvez-vous illustrer ces changements ?

Il me vient l’exemple de l’imprimante 3D Mark One de la société américaine MarkForged. Elle a vraiment été conçue pour être fabriquée. Ce n’est pas un produit que l’on dessine puisque l’on envoie à un service d’industrialisation et à un service méthodes. Quand on visite cette usine on voit des lignes plus intégrées, des équipes colocalisées… Cet industriel a mis de la continuité entre la pensée et le produit. Autre exemple : récemment je suis retourné visiter la ligne de production des avions Falcon. Auparavant, c’était une industrie qui utilisait d’énormes outillages, mais aujourd’hui l’atelier semble vide. Il n’y a plus tous ces cadres qui tenaient la peau de l’avion, désormais c’est l’objet qui est son propre outillage. On comprend qu’améliorer les machines c’est une chose, mais que dans certains cas il n’y a plus besoin de machines. Il est possible de gagner en performance tout en simplifiant la production de manière considérable. Construire une usine du futur c’est tout repenser : la supply chain, les opérations, l’humain, les ressources, les interfaces.

Quelle place pour l’humain dans ces usines ?

La robotisation a déjà libéré l’homme des tâches les plus ingrates. Demain, ce qui changera, c’est la relation qu’aura l’homme avec la notion de faire. Dans les fablabs, on voit des gens qui ont une idée et qui la réalisent dans la journée. Bien sûr, cela fait peur à l’industriel traditionnel, et c’est pour cela que de nombreuses entreprises lancent des projets d’open innovation. Mais l’open innovation n’est que la première marche. Il faut un nouveau mode de pensée, de l’idée au produit, qui prenne en compte la notion d’expérience. Il faut réfléchir à la manière de faire des produits et des services offrant une expérience différente à l’utilisateur. Cela signifie envisager de nouveaux matériaux, des contraintes de développement durable, sans oublier les nouveaux critères d’achat des consommateurs. Aujourd’hui le choix d’un véhicule haut de gamme peut être conditionné par la connectivité proposée pour telle ou telle marque de smartphone… Tout cela nécessite de prendre en compte les nouveaux usages jusqu’en production, en intégrant si besoin dans la conception des lignes de fabrication la possibilité de faire évoluer le produit. La notion de service et d’usage devient fondatrice du nouveau monde de la production.

Les projets de recherche du plan usine du futur sont-ils en phase avec cette révolution ?

Ils visent des objectifs à plus court terme, mais c’était voulu. Il ne fallait pas donner l’impression d’avoir une vision trop lointaine des outils permettant d’accompagner la transition. Même dans les entreprises les plus avancées, la transformation prend beaucoup de temps. Il fallait donc que les projets lancés dans le cadre du plan s’inscrivent dans la ligne de pensée des industriels. Nous continuons bien sûr de travailler sur l’innovation de rupture avec les entreprises les plus à la pointe. Le plan sur l’usine du futur joue son rôle, qui est de rassembler les compétences et d’enthousiasmer. Le phénomène fablab nous donne raison : on voit qu’une technologie issue de l’industrie parvient à enchanter à nouveau le grand public. Cela faisait longtemps que ce n’était pas arrivé. Cela donne confiance en l’industrie.

Propos recueillis par Pascal Gateaud et Frédéric Parisot