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FAMILLES! JE VOUS AIME!

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La famille revient ! Ce n’est pas de centaines de milliers de manifestants dans les rues dont il s’agit mais de l’entreprise. C’est le sujet d’un ouvrage récent – Les 10000 familles [1] – et plusieurs événements dans l’actualité en témoignent. Le décès de François Michelin – patron éponyme pendant près de 50 ans du leader du pneumatique – a donné lieu à un concert de louanges à la mesure des moqueries que suscitait depuis des décennies l’entreprise de la part de la bien-pensance managériale. Au même moment, ce n’était que regrets pour Norbert Dentressangle, cette entreprise familiale, paraît-il forcée à la venté à un concurrent américain faute de succession familiale. Et tout le monde de se passionner aussi pour les conflits shakespeariens qui forcent au départ le patron du presque premier fabricant automobile mondial Volkswagen.

The Economist vient même de consacrer un dossier spécial [2] aux entreprises familiales. Pourquoi cet intérêt et que nous enseigne-t-il en matière de management à l’heure où, dans nos sociétés, la famille est une notion tellement floue que la police du vocabulaire nous invite à ne plus en parler au singulier. A rebours de ces tendances, la famille est un sujet d’intérêt pour le management, on en vante les mérites, de nombreuses recherches lui sont consacrées dans plusieurs grandes business schools et on ne cesse de s’interroger sur leurs vertus [3].

Il est vrai beaucoup d’entreprises sont nées au sein de familles. Pour le BCG [4] une entreprise est familiale quand la famille peut influencer les grandes décisions stratégiques et en particulier le choix du dirigeant ou quand il existe une transition ou un plan de transmission au sein de la famille : avec cette définition près de 40% des entreprises en France seraient familiales. Mais ce n’est pas une caractéristique française ou européenne ; l’Asie vers laquelle se déplace le centre de gravité de l’activité économique serait un paradis pour les très grandes entreprises familiales comme on le remarque particulièrement en Corée du Sud ou au Moyen-Orient.

Quelques grandes vertus sont reconnues aux entreprises familiales. Premièrement, elles seraient en position de mieux gérer le conflit entre propriétaires et gestionnaires et feraient preuve d’un sens de l’économie appelé jadis la gestion de bon père de famille faite de prudence et de réalisme. Selon The Economist, on pourrait ensuite associer à l’entreprise familiale la confiance et la loyauté. C’est l’existence de liens de confiance qui a permis dans l’histoire la création d’activités économiques car elle réduisait les risques du commerce. Cette confiance et cette loyauté sont souvent associées à l’existence dans les entreprises familiales d’une culture forte et assez distinctive. Par culture forte nous entendons un ensemble de références partagées construites au fil du temps, des expériences et des événements de l’entreprise. La distinction a trait généralement à l’originalité de certaines entreprises familiales par rapport à leurs concurrents publics (au sens anglo-saxon du terme, c’est-à-dire des entreprises dont le capital est détenu par d’autres ou dispersé dans le public). Cette distinction peut provenir d’une déviance originelle car ce sont les déviants qui créent et les entreprises familiales s’efforcent souvent de perpétuer cette différence dans le temps par respect des valeurs incarnées par la famille.

Ces deux caractéristiques de gestion du paradoxe entre propriétaires et gestionnaires d’une part et de culture d’autre part illustrent la caractéristique majeure reconnue aux entreprises familiales, à savoir leur sens du long terme, ou du moins, leur capacité de résistance aux pressions du court terme. Comme le montre cette entreprise dans le secteur du luxe sachant, en pleine crise de 2008-2009, conserver le personnel et prendre sur les réserves de la famille pour continuer d’investir : à la reprise, elle s’est ainsi retrouvée dans une meilleur position que ses concurrentes. Les entreprises familiales ont vocation à être transmises aux générations futures tout autant qu’à servir les intérêts des propriétaires actuels. Pour le BCG, les entreprises familiales font souvent moins bien que leurs concurrentes quand la situation économique est bonne mais elles font mieux quand les temps sont durs…

Les récents événements chez Volkswagen ou Dentressangle sont là pour nous rappeler que les entreprises familiales ne sont pas pour autant un paradis et les plus anciens se souviennent de Dallas et de Dynastie pour finir de s’en convaincre. Les bienfaits de la bureaucratie devaient justement nous sortir des déviances du féodalisme quand l’autorité du patron (du latin pater) s’excerçait sur la base du dévouement ; la bureaucratie apportait l’autorité de la règle, formelle et opposable à tous. Il est certain que les entreprises familiales peuvent toujours instaurer un certain féodalisme à connotation négative comme le montre l’usage du terme « paternalisme ». A ce féodalisme peut être associé le népotisme pour recruter ou choisir les responsables ou le poids des allégeances familiales plutôt que des compétences avérées. Il semble d’ailleurs que dans la plupart des pays existe un même proverbe, diversement formulé, selon lequel une première génération crée, la deuxième développe et la troisième dilapide.

Comme les entreprises familiales ont le souci de la transmission, des difficultés spécifiques peuvent survenir comme celle de la dispersion du capital au fil du temps, auprès de trop nombreux héritiers, plus ou moins éloignés du cœur de l’entreprise et aux relations générationnelles, fraternelles ou cousinales difficiles. Les entreprises familiales n’ont pas seulement les bénéfices romantiques de cette institution plébiscitée, elles se confrontent aussi à la complexité de faire cohabiter deux logiques, la rationalité de l’organisation devant générer de l’efficacité d’une part, l’affectivité parfois exacerbée au sein des familles. Et la succession est évidemment un des moments où ces logiques se confrontent.

Si les entreprises familiales ne sont évidemment pas un paradis comme le montrent plusieurs exemples cités en introduction, leur retour en force ne manque pas d’étonner. Leur succès s’explique-t-il parce qu’elles représenteraient l’antithèse de ce qui agace dans l’économie et le business en général ? Comme c’est déjà arrivé dans le passé, on a régulièrement tendance à critiquer les entreprises – c’est une figure électorale obligée – et la réalité s’impose très vite : les entreprises familiales représenteraient alors la figure de la good girl parmi tous les bad boys. Au cœur d’une économie virtuelle et impersonnelle, les entreprises familiales sont personnifiées : dans l’une d’entre elles les salariés me disaient récemment combien les rassurait la présence de la famille dans les locaux. A la tyrannie du court terme et devant la peur du futur, les entreprises familiales donnent une image rassurante de long terme et de permanence. Enfin, devant une mondialisation effrayante, les entreprises familiales sont généralement ancrées dans un lieu, une région, une culture.

Par ailleurs, quelle surprise de voir réhabilitées des entreprises familiales alors qu’elles ont été souvent moquées, caricaturées avec une ironie mordante contre le paternalisme ! Quelle surprise de donner tellement d’importance à la structure familiale alors que les historiens reconnaîtront probablement leur bouleversement et leur remise en cause comme une caractéristique majeure de nos sociétés d’après-guerre ! Mais il est vrai, reconnaît The Economist, que les entreprises familiales savent raconter de belles histoires au consommateur tout comme le public est friand de toutes les affaires familiales même si les journalistes ne sont pas toujours Corneille pour les raconter.

Voilà donc que tous les spécialistes du management et de la libération des humains imaginaient que ces formes archaïques disparaitraient et elles reviennent en force ! Non seulement, en France seulement, les grandes entreprises familiales n’ont pas disparu, mais certaines se sont même développées ou créées : que l’on pense aux familles Mulliez, Bouygues, Lagardère, Pinault, Riboud, Arnaud sans parler des plus anciens Dassault ou Peugeot.

Si les entreprises familiales perdurent, c’est aussi sans doute parce qu’elles ont su évoluer en déjouant tous les déterminismes. Les successions sont difficiles ? Celle de François Michelin (puis celle de son fils Edouard) s’est assez bien déroulée après 47 années de direction. Les entreprises ont du mal à conserver le contrôle ? De nombreux modes de gouvernance avec sociétés holding ou droits de vote doubles permettent de gérer le problème. Il existe des problèmes de compétences ? Nombreuses sont les entreprises qui imposent un apprentissage sans pitié aux futurs dirigeants issus de la famille. Les relations se tendent au sein de la famille ? Les familiy-offices jouent un rôle de tampon, d’accompagnateur et de précepteur qui n’est pas inutile, etc.

L’entreprise familiale ne constitue certes pas un nouveau modèle à imiter mais elle est présente dans le paysage malgré tous les obstacles, que ce soit en termes de fiscalité de la transmission, de conception du temps ou tout simplement de canons de la vie familiale. Le succès de certaines ne fait que témoigner qu’il n’existe pas un modèle unique d’entreprise. Et même si les jeunes entrepreneurs ne rêvent souvent que de développer une entreprise pour vite la revendre, rien ne permet de dire que ce sera forcément le cas. Mieux encore, la famille n’a pas la même place en Asie et beaucoup de spécialistes du management dans ces régions du monde, formés à des conceptions occidentales d’un management « public » [5], veulent évoluer vers des formes de management plus proches de leurs racines culturelles où la famille a plus d’importance qu’en Occident. Et comme le management est une science coucou qui adore nicher dans le nid des autres, il ne serait pas étonnant que des modèles familiaux venus du soleil levant ne fassent bientôt leur apparition.

Enfin la persistance des entreprises familiales peut avoir le bienfait collatéral de nous ramener au bon sens anthropologique dont le management fait souvent défaut. Si ces entreprises ont une vision à long terme c’est qu’elles ont le sens de la transmission, du fait de l’importance donnée aux enfants, aux générations futures et finalement à sa perpétuation. Il n’est pas certains que les entrepreneurs augmentés seront très différents sur ce point. On pourrait faire la liste de toutes ces notions anthropologiques de base que le management a « exculturées » … de manière provisoire.

Par Maurice Thévenet, RH INFO

Et si c’était les services publics qui tiraient le big data en France…

Selon une étude de CXP et Teradata, les services publics offrent un débouché privilégié pour le big data. Ils pourraient même constituer le moteur de banalisation de cette technologie dans l’ensemble de l’économie. Et, pour une fois, la France serait en avance dans ce domaine.

Et si c'était les services publics qui tiraient le big data en France...

Le big data, on en parle surtout dans les entreprises. Pourtant c’est dans les services publics qu’il trouve le débouché potentiel le plus prometteur. Sa mise en œuvre bénéficierait non seulement aux opérateurs publics et aux usagers, mais aussi à l’ensemble de l’économie. C’est la conclusion du livre blanc « Les Big Data pour les services publics : enjeux, technologies et usages », publié par le cabinet CXP et le fournisseur de solutions de manipulation des données Teradata.

« Deux évolutions alimentent le big data, explique Emmanuel Lartigue, analyste au CXP. D’une part, la transformation digitale avec la numérisation de tous les services que nous utilisons comme la radio, la télévision ou le téléphone, et l’explosion des objets connectés. D’autre part, la personnalisation des services fournis aux usagers. L’État et le secteur public n’échappent pas à cette double révolution. »

LA MINE D’OR DES DONNÉES PUBLIQUES

Les opérateurs de services publics, comme les hôpitaux, les transporteurs, les fournisseurs d’énergie ou les opérateurs télécoms, disposent de grands gisements de données qui ne demandent qu’à être exploités pour améliorer les services rendus aux usagers. Il en va de même pour les ministères, les collectivités locales et les agences de l’État comme l’Insee, Pôle emploi, Météo France, la Coface (Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur), Ubifrance (Agence française pour le développement international des entreprises) ou encore l’INPI (Institut national de la propriété intellectuelle).

Les usages potentiels sont nombreux. Ce qui revient en premier, c’est la lutte contre la fraude (fiscale, cotisations sociales, TVA, allocations chômage…) estimée à 80 milliards d’euros par an en France. « Dans un contexte de disette budgétaire, le big data représente un enjeu important pour les finances publiques, affirme l‘analyste du CXP. En récupérant une partie du manque à gagner, l’État réduirait son déficit et se donnerait de la marge dans ses politiques économique et sociale. » Le tout pour un investissement en somme modeste. « En fonction des cas d’usage, il faut compter 500 000 euros à 2 millions de dépenses en solutions big data, estime Olivier Genin, directeur du secteur grand public chez Teradata en France.Autant dire que le retour sur investissement est très rapide. »

UN OUTIL DE CONTRÔLE, DE PRODUCTIVITÉ… ET DE CONFIANCE

Mais pour Emmanuel Lartigue, il faut dépasser l’approche « Terminator » qui vise à lutter contre les fraudeurs, les voleurs, les délinquants et autres menaces publiques. « Il faut passer à une approche positive visant à améliorer la qualité des services rendus aux usagers, conseille-t-il. C’est ainsi que le citoyen fera confiance à l’État et aux opérateurs publics dans l’utilisation de leurs données personnelles. » L’un des exemples des cas d’usage réside dans les villes intelligentes (smart cities) où les opérateurs acceptent de mettre en commun leurs données et les analyser selon un modèle prédictif qui améliore la mobilité urbaine, réduit la consommation d’énergie, optimise l’arrosage des espaces verts, prévient l’insécurité, diminue la pollution… Avec, au final, une meilleure qualité de vie pour les habitants et une gestion plus efficace des ressources publiques.

À lire aussi notre dossier :
Simulation : le big bang du big data 

Paradoxalement, la France, considérée d’habitude à la traîne dans l’usage du numérique par rapport à des pays anglo-saxons comme le Royaume-Uni, serait en avance dans le big data. Selon une étude du cabinet PAC, 65 % des décideurs interrogés disposent de projets de mégadonnées en développement ou en production, contre 56 % outre-Manche et 47 % outre-Rhin. « Il y a une vraie conscience des enjeux du big data dans la sphère publique, note Emmanuel Lartigue. En témoigne la nomination d’un Chief data officer au niveau de l’État en la personne de Henri Verdier. »

UN ENJEU DE SOUVERAINETÉ NATIONALE

Reste à lever deux obstacles structurels spécifiques à la France. Le premier tient au fonctionnement de l’État et des services publics qui privilégie des cycles d’investissement longs de plusieurs années. « Dans le big data, il faut au contraire des cycles courts de moins de 6 moins, explique l’expert du CXP. Il faut accepter la culture du Fail Fast qui consiste à faire un essai rapide et en cas d’échec de passer à autre chose. » L’autre problème vient de l’offre de solutions big data sur le marché. Si l’offre française en outils d’analyse est foisonnante, les plateformes big data, comme les fameuses Appliances qui associent intimement matériel et logiciel, sont le monopole de fournisseurs américains. Peut-on en dépendre pour des services souverains sans risque de sécurité des données ? L‘analyste du CXP assure que non.

Travailler, encore et encore, pour… mourir!

Il ne faut par chercher à rajouter des années à sa vie, mais plutôt essayer de rajouter de la vie à ses années.

Repousser l’âge de la retraite, encore et encore… jusqu’à tant que l’on soit mort. Pourquoi pas? Nos élus semblent pourtant penser que c’est une idée de génie… Car, après le gouvernement fédéral, voilà que le Québec, sous l’égide des libéraux, s’apprête à hausser l’âge de la retraite.

C’est la logique de l’indexation, mais qui, cette fois, s’applique à l’humain. Alors qu’on invoque comme argument que l’espérance de vie augmente, certains bien-pensants souhaitent maintenir nos chaînes encore quelques années… Oui mon Méo, tu vas maintenant travailler jusqu’à 67 ans et peut-être plus, parce qu’on ne veut pas que tu en profites trop!

On est donc passé, au fil du temps, de «Liberté 55» à «Retraité 65»… pour ensuite inciter (obliger?) les gens à demeurer au travail plus longtemps. Même si, comme l’indiquait Philippe Couillard, ce ne sera pas une obligation, tu recevras éventuellement ton chèque de p’tit vieux à partir de 67 ans et pas une journée avant, à moins de payer une pénalité. En résumé, on ne t’oblige pas, mais on te dissuade de prendre ta retraite «anticipée».

D’ailleurs, voulez-vous bien me dire ce qui est «anticipé» dans le fait d’arrêter de travailler aux alentours de soixante-dix ans? Câlibouère… à 70 ans, tu n’as plus la forme de tes 30 ans, l’endurance de tes 40 ans et encore moins la patience de tes 50 ans. Lorsqu’on entend, dans nos cercles rapprochés, des histoires de décès à 47 ans, 52 ans, 61 ans… Et bien 70 ans, ça paraît vieux en tabarouette pour prendre finalement congé d’impôts.

Donc, le fameux argument de l’accroissement de l’espérance de vie, c’est de la bouillie pour les chats, car, c’est bien beau de vivre plus vieux, mais vit-on pour autant en santé? Il y a, généralement, une énorme différence en terme de qualité de vie entre une personne de 55 ans et une autre de 70. Mais ça, ce n’est pas grave; le gouvernement pense que tu dois faire ta juste part…

Honnêtement, l’individu qui aura travaillé toute sa sapristie de vie peut-il finalement jouir du peu de temps qui lui reste avant de crever, ou doit-il, maintenant que nos gouvernements nous contraignent à l’esclavage moderne, mourir en travaillant pour s’assurer une place au paradis du capitalisme? Doit-on à ce point travailler pour vivre?

Réfléchissons à notre vie un instant… En supposant qu’une personne typique accède au marché du travail à temps plein à l’âge de 20 ans, et qu’elle travaille conséquemment jusqu’à 67 ans, cela représente 47 ans de sa vie à bosser en moyenne 40 heures par semaine, 5 jours sur 7, environ 49 semaines par année.

Ça représente ainsi plus de 11 000 jours et plus de 90 000 heures travaillées… C’est complètement malade! Cinglé et insensé, je vous dis! Pourquoi travailler autant? Pour faire de l’argent? Mais, pour en faire quoi? S’acheter une grosse piaule, deux chars, une roulotte pis une piscine chauffée? Au moins, on va mourir en se disant qu’on a réussi… le rêve américain!

Non! Vivre, ce n’est pas travailler jusqu’à notre dernier souffle. Vivre, ce n’est pas être couché dans un lit en CHSLD ou, pire, mort deux ans après avoir pris notre retraite. Vivre, ce n’est pas d’être contraint par nos élus à travailler encore plus. Non! Assez, c’est assez!

Vivre, c’est profiter du temps que la vie nous offre. Vivre, c’est de savourer les rares interstices temporels, les moments de détente et de repos. Vivre, c’est surtout être libre après avoir donné sa vie à travailler… car, en fin de compte, le temps d’apprendre à vivre, il sera malheureusement déjà trop tard…

Une nouvelle ère de changement perpétuel : évolution de la filière RH

Tribune d’Henri Ducré, DGA RH de ENGIE


Evolution de la filière RH dans un monde qui change

Henri Ducré est directeur général adjoint, en charge des Ressources humaines Groupe chez GDF Suez depuis 2013. Il débute sa carrière en 1979 chez Gaz de France puis prend différentes fonctions de directeur au sein d’EDF-GDF, EDF Gaz de France et de la branche Energie France puis de GDF Suez.  


Problématiques environnementales, génération Y, développement des réseaux sociaux, connexion des objets, mobilités, … Le monde évolue à vitesse grand V, et il faut nous habituer à considérer que plus qu’un état ponctuel, nous sommes entrés dans une nouvelle ère, de changement permanent.  Pour apprendre à vivre et à entreprendre au rythme de ces évolutions, pour faire du changement permanent un terrain d’opportunités, de nouveaux modèles sont à inventer, de nouvelles postures sont à adopter.. ou à redécouvrir.

L’entreprise d’aujourd’hui trouve bénéfices à innover de façon continue et à redéfinir ses modes de travail, afin de maintenir un haut niveau d’engagement, et donc de performance. Il est urgent, et même vital, de mettre l’agilité au cœur des efforts de transformation :

• Agilité des organisations, qui pour maintenir leur pertinence, ont besoin d’un rythme de changement interne en ligne avec celui du changement externe.

• Agilité des managers, ferments de la vraie coopération, celle du sens et de l’objectif clair et partagé, acteurs de la motivation des collaborateurs par le sens.

• Agilité des mentalités, car la transformation impose des attitudes ouvertes et entrepreneuriales.

• Agilité du collectif enfin, en développant la confiance en l’autre et en utilisant la richesse de la diversité.

Dans cette entreprise agile, le développement de toutes les compétences est essentiel. Le talent existe chez tous les individus. A l’entreprise et son management de savoir le développer pour s’adapter aux évolutions du business, des technologies, des attentes des clients et, plus largement, aux transformations de l’environnement.

Les talents de demain seront ainsi des femmes et des hommes sachant s’adapter, coopérer, innover, prendre des risques, entreprendre, oser. C’est à cela que doit les préparer l’éducation et la formation d’aujourd’hui et de demain. Avec l’ouverture massive des connaissances  au plus grand nombre[1], le système éducatif devra réinventer son rôle.

Parce que les entreprises évoluent dans un environnement de plus en plus international et hyper-connecté, elles ont besoin d’individus réactifs, sachant gérer la complexité et travailler en réseau, et des managers adaptés à ce nouveau contexte.

Elles ont également besoin de consciences éveillées et actives, dans ce contexte de changement permanent, à l’importance –capitale- d’une performance durable et responsable.

Le développement digital accroît la surface de contact et la transparence de l’entreprise vis-à-vis de ses clients. Ceux-ci interviennent toujours davantage avec de nouveaux besoins et de nouvelles exigences. L’expérience vécue par les clients, positive ou négative, est un moteur de plus en plus essentielle à l’innovation par la transformation des processus internes et des pratiques professionnelles.

La satisfaction des clients va de pair avec la satisfaction des salariés. Or nous savons aujourd’hui que la motivation est avant tout une question de plaisir et de bien-être au travail. Il convient pour cela de réhabiliter la créativité, l’initiative personnelle et la confiance en soi comme des facteurs-clés de performance des organisations et de satisfaction des clients, et d’y préparer au mieux les collaborateurs de demain.

Avec plus d’encouragements. Avec un droit au tâtonnement expérimental et à l’erreur, car pour un échec peuvent émerger plusieurs réussites.  Avec des projets et des prises de décision collectives. Avec la prise en compte des spécificités de chacun et la reconnaissance de différents types de talents et d’intelligences. C’est un des enjeux passionnants de la fonction RH, au côté des managers et dirigeants ».

The Power of Passion

Umpteen ingredients impinge on and are part and parcel of professional services. These impact our ability to market our services; communicate our value; affect our effectiveness in creation and delivery; and how we create trusting and sustained relationships with clients.

Nothing impacts on our professionalism and our value, perceived or otherwise, more than passion does. Nothing can impact more on the direction of our professional ‘purpose’ and transition than passion does.

Heisenberg’s uncertainty principle suggests that “we can never be sure of anything” or “there are some things we can never be sure of.” This cannot be truer when we question ourselves about what we do, why we do it or whether there’s an alternate reality for us. When we have identified and know what our real passion is and we have clarity about the how, what, where, when and why, then we can be far surer of things and there are many more things we can be sure of.

Why do I do what I do? If you considered your response or responses to this question would you easily identify language or feelings that emanate any passion for what you do?

This is what I do for a living! If passion is lacking in your response to the first question above then the tone of your response to this statement would more than likely transmit hints of tolerance and resentment for what you do.

Is this really what I’m meant to be doing? The question itself connotes and assumes a negative response is coming. Haven’t we all asked our self this very question? Of course we have. It happens more than just the once. We feel dissatisfied with what we are doing, where we are and we have a clouded yearning for change.

Professional careers can track along the same continuous line with little or no deviation or feel like you reside in the grooves on a never ending vinyl record. For many people that can be a satisfying and comfortable situation to live out. For others it can be, and should be, the catalyst to make dramatic changes that resurrect passion and realise new professional frontiers.

We never want to sell our career to a profession that leaves us wilting on the vine or to a firm or company that fails to appreciate our contribution. Far better for us to buy a career with unlimited satisfaction guarantees and one that sates our passion.

Emploi et recrutement : entre dialectique et visibilité !

Alors que les avis et les étoiles fleurissent sur le net, il est 2 autres avis qui, me semble-t-il, n’ont pas eu la visibilité qu’ils méritent ; pour des raisons toutefois bien différentes. Si le premier s’apparente à un avis de décès, le second, hélas, ressemble plus à un avis de tempête… En revanche, les annonces du 9 juin visant à lever les freins à l’embauche ont bénéficié d’une belle visibilité… et d’un hashtag #ToutPourlEmploi

Madame et Monsieur Anonyme ont la douleur de vous faire part…  † 

Avec 11 jours fériés par an, la France n’arrive qu’en 34ème position mondiale du nombre de jours fériés (mais championne du monde de jours chômés – fériés + congés payés – avec 36 jours). Et le mois de Mai 2015 a concentré cet effet avec 15 jours de week-ends et fériés sur 31. Bref, Mai 2015 n’était pas très propice à la concentration et au suivi des affaires courantes, si ce n’est au retour du sempiternel débat annuel sur la suppression de quelques-uns d’entre eux…

C’est pourtant au cœur de cette période, entre l’Ascension et Pentecôte, le 19 mai dernier pour être précis, que le Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social (ce qui fait beaucoup pour un seul ministre…) a présenté 13 mesures pour lutter contre les discriminations en entreprise. 13 ! Déjà, ce n’est pas très sympa pour les triskaïdékaphobes et en plus, parmi ces 13 mesures, il en est une qui a failli m’échapper : la mort du CV… anonyme.

Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle pour l’emploi et les discriminations. En revanche, ce qui est certain, c’est que cette annonce, plutôt discrète, met un point final à 9 années d’atermoiements et d’avis divergents sur une loi pavée de bonnes intentions qui s’est heurtée à l’enfer de l’application  (la  loi sur l’égalité des chances du 31 mars 2006 déclarait le caractère obligatoire de l’anonymisation des CV pour toutes les entreprises de plus de 50 salariés). Saluons, une fois n’est pas coutume, les conclusions du groupe de travail : un dispositif  « inefficace » et « coûteux ».

2 commentaires toutefois…il est regrettable d’avoir attendu 9 années pour en arriver là (#CourageFuyons) et il est miraculeux d’atteindre une conclusion sensée sur la base des attendus suivants (#MorceauxChoisis) : le CV anonyme « risquerait de conduire à des démarches de contournement avec l’utilisation accrue d’Internet comme mode de recrutement » (Qui m’a piqué le supplément papier offre d’emploi de l’Express, je ne le trouve plus ?  – Jean-Pierre Sanvoix in « Qui a un timbre pour envoyer mon CV anonyme » aux éditions d’Avant – 1996) ET  « Le premier contact pour le recrutement passe davantage par les réseaux sociaux et la cooptation » (si, si, j’vous jure, j’lai lu sur Twitter ! – John 2.0 in « RT, please, j’ai pas le temps de le lire moi-même» aux Editions… sur un blog – mai 2015…).

Bon. C’est fait. Le CV anonyme est donc officiellement mort. D’ici à ce que le gouvernement légifère sur le CV tout court… Certes, on a un peu de temps. A moins que les réseaux sociaux ne s’emparent de ce nouveau débat … qui pourrait bien durer 9 années aussi !

Emploi : en cas d’avis de tempête, tout le monde sur le pont… de la dialectique

A peine remis de semaines incomplètes et encore en train de se demander combien de jours nous allions travailler cette semaine que Mai fut effacé. Place au mois de Juin. Et ce mois démarra sur une mauvaise note. Oh, ce ne fut pas vraiment une surprise… Mais tout de même. Le 1er juin, les chiffres du chômage tombaient. Avec 26 200 demandeurs d’emploi supplémentaires, le chômage atteignait en France un nouveau, nouveau, record historique avec 3 536 000 demandeurs d’emploi, 3 794 900 avec les Dom…

Les pilotes de chasse le savent bien… Lorsqu’on est poursuivi par un missile, il est nécessaire d’enclencher un système de contre-mesures. Fidèle à cette option militaire, les contre-mesures gouvernementales n’ont pas tardé prenant une triple forme :

  • La bataille de statistiques. Quoi de mieux qu’une statistique pour contredire une autre statistique ? Il ne fallut pas attendre longtemps car, 3 jours plus tard, le 4 juin, le taux de chômage du 1er trimestre 2015 (au sens du BIT…l’acronyme, pas le gros mot mal orthographié) tombait. Et ce taux ressortait en baisse (alléluia) à 10,3 % vs 10,4% fin 2014 !
  • La bataille dialectique. Un chiffre ne vaut souvent que par les commentaires qui l’accompagnent. Et de mesurer tout l’art du politique… Une hausse a tôt fait de se transformer en « progression ralentie », quand une hausse modérée est présentée comme « une phase d’amélioration de la tendance »  voire carrément « un signe positif »  Sans parler d’une interrogation sur le mauvais chiffre A auquel on répond en se félicitant du bon chiffre B…
  • Les mesures, contre-mesures. Si « l’emploi est, a toujours été, et sera toujours la priorité du Gouvernement » (citation valable depuis l’apparition du chômage de masse en France…), il semble nécessaire de dépasser le discours pour quelques annonces. Ce fut le cas le 9 juin avec « Tout pour l’emploi dans les TPE et les PME », déjà qualifié de Small Business Act à la française, visant à lever les freins à l’embauche. Côté big business, une grande banque vient d’annoncer 50 000 suppressions de postes dans le monde (25 000 selon la police…) dont un nombre encore indéterminé en France… Une contre, contre-mesure ?

Devant toutes ces lectures et interprétations possibles, permettez-moi de vous livrer la mienne sur la base de ce simple graphique ci-dessous. Pour le Titre, je choisirai : « 1996 – 2015 : Chômage, la tendance s’inverse », histoire de capter l’attention du lecteur.  Et j’enfoncerai le clou dans les commentaires en confirmant que 2 tendances liées au genre et à l’âge se dégagent : les jeunes désormais moins touchés que les vieux seniors (attention à la sémantique) et des femmes désormais moins touchées que les hommes (attention aux réseaux féminins). La lutte contre les discriminations pourrait bien s’inverser, elle aussi,  à ce rythme… A moins que cette interprétation soit discutable, ce dont je ne doute pas un instant !

INSIDE OBAMA’S STEALTH STARTUP

President Obama has quietly recruited top tech talent from the likes of Google and Facebook. Their mission: to reboot how government works.

BY JON GERTNER
For Eric Maland, the whole thing goes back to that San Francisco wedding. Mikey wasn’t there—well, wait, actually, Mikey was there. But Eric didn’t meet him at that point. Eric met some other folks at the wedding who told him they were doing some fix-it stuff in Washington, and it sounded kind of interesting.
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And now we’re chatting about it in front of the White House security gate, where we’re waiting to talk with the leaders inside about why guys like Eric are now wandering around this neighborhood with MacBooks in their shoulder bags and code in their heads. These are the « new techies, » as longtime Washingtonians tend to say, but that’s somewhat imprecise. These are people whose pedigree in Silicon Valley gives them the whispered reputations of gods and goddesses. I look at Eric. He’s wearing a faded T-shirt; his sparse hair is seriously matted down. Did he sleep lately? Exercise? Shave? All debatable. « Ever wonder what you’re doing here? » I ask him. He was the 13th engineer hired at Amazon, the first operations director at Twitter. Like everyone else on the stealth team that President Barack Obama is amassing and deploying inside the government, he never imagined he would live and work in D.C. « I guess I just like to fix things that are broken, » he says, shrugging.
MEET THE GEEKS
The DC Tech Corps’ Leading Edge
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Then there’s Lisa Gelobter. « Oh, you’ve gotta hear my story, » she says. It’s later that day, and we’re walking near the Washington Monument under a searing midday sun. There was this call she got out of the blue last summer in New York, inviting her to some kind of roundtable discussion in Washington for tech leaders. Lisa had just spent time on the upper management teams at Hulu and BET. She decides, reluctantly, that she’ll go take the meeting, which includes this guy named Mikey as well as this other guy named Todd, and turns out to be in the Roosevelt Room in the West Wing. Then President Obama opens the door and surprises everyone, and over the course of 45 minutes gives the sales pitch to beat all sales pitches. They need to come work for him. They will need to take a pay cut, the president announces. But he doesn’t care what it takes—he will personally call their bosses, their spouses, their kids to convince them. The crowd laughs. But he gravely responds: I am completely serious. He needs them to overhaul the government’s digital infrastructure now. « What are you going to say to that? » asks Lisa.
Lisa Gelobter, Chief digital service officer, U.S. Dept. of Education; Previously: Hulu, BET
Oh, and the stories about Weaver. « First name is Matthew, » Weaver says, sitting on a cheap couch in a makeshift office near the White House. But no one calls him Matthew, he explains, since there are too many Matthews in any given room at any given moment. Even among D.C.’s new technorati, people view Weaver as someone separate from the fray. Maybe it’s because he once lived in a camper in the Google parking lot without going home for an entire year. Maybe it’s because he was the one guy who, if he didn’t answer an emergency call, the whole search engine might go down. Or maybe it’s because in a group of brilliant engineers, Weaver, as one of his new colleagues puts it, stands out as « someone who is, like, superhero-fucking-brilliant. » Recruited from California last year by these guys Mikey and Todd to work on the broken Healthcare.gov website, Weaver decided this year to stay in D.C. and leave behind the comfort of Google and a big pile of stock options. He recalls it in terms that suggest the transfixing power of a holy pilgrimage. « That »—he says, meaning the Healthcare.gov fix-it work— »changed my life in a profound way. It made it feel like all my accomplishments in my professional life meant very little compared to getting millions of people through the hospital doors for the first time. And that made me see that I could never do any other work without a public impact. » Weaver now spends his days in the guts of the Veterans Administration, helping the agency’s digital team upgrade their systems and website—and trying to reboot the way government works. As an early test to see if he could challenge the VA’s protocol, he insisted, successfully, that his official government title be Rogue Leader. And so he is: Rogue Leader Weaver.

Todd and Mikey—the ones who helped bring people like Eric Maland, Lisa Gelobter, and Weaver down here—are, respectively, Todd Park, the former chief technology officer of the United States, and Mikey Dickerson, who led a team of 60 engineers at Google and supervised the crew that fixed the Healthcare.gov website last year. Since that time, Park and Dickerson have been steadily recruiting an elite digital corps—a startup team, essentially, built mainly from the ranks of top private-sector companies—and embedding them within the U.S. government. Their purpose is to remake the digital systems by which government operates, to implement the kind of efficiency and agility and effectiveness that define Silicon Valley’s biggest successes, across everything from the IRS to Immigration Services. « We’ve got about 140 people in the network right now, » Park says of the digital team. « The goal is to get it to about 500 by the end of 2016. » Whether Park and Dickerson can find enough superstar techies to take a flyer on this risky project is just one of many concerns. There are bigger questions, too, such as whether a small number of technologists can actually bring about vast changes within the most massive, powerful, bureaucratic regime on earth.
Todd Park has just 18 months—until the Obama administration ends—to recruit a tech corps of 500.
It helps that the two men have substantial « air cover, » as President Obama describes it in an exclusive, in-person interview with Fast Company. For the past year, the president explains, he has personally helped Park and his team hire talent and implement their ideas across a host of government agencies. While the reasons behind this initiative and its scope have not been made clear before, in the president’s view, the idea of building a « pipeline » of tech talent in Washington starts with practical appeal: Better digital tools could upgrade the websites of, say, the Veterans Administration, so users get crucial services that save time, money, and (for veterans in need of medical help) lives. « But what we realized was, this could be a recipe for something larger, » the president explains. « You will have a more user-friendly government, a more responsive government. A government that can work with individuals on individual problems in a more tailored way, because the technology facilitates that the same way it increasingly does for private-sector companies. » In other words, if Obama’s tech team can successfully rebuild the digital infrastructure of Washington—an outcome that is by no means certain yet—you might not only change its functionality. You might transform Americans’ attitudes about government too. And you might even boost their waning feelings of empowerment in an ideologically riven country of 320 million people.

In the meantime, do you also end up with a dedicated group of Rogue Leader Weavers where none existed before? Tech geniuses who embrace public service as an essential element of their careers? The president is betting on that outcome as well. Get the country’s technologists to change Washington, the theory goes, and maybe—just maybe—you end up changing the country’s culture of technology, too.

The new hub of Washington’s tech insurgency is something known as the U.S. Digital Service, which is headquartered in a stately brick townhouse half a block from the White House. USDS ­employees tend to congregate with their laptops at a long table at the back half of the parlor floor. If there’s no room, they retreat downstairs to a low-ceilinged basement, sprawling on cushioned chairs. Apart from an air-hockey table, there aren’t many physical reminders of West Coast startup culture—a lot of the new techies are issued BlackBerrys, which seems to cause them near-physical pain. Nevertheless, the corps at USDS tends to rely on the same jargon you hear around Silicon ­Valley these days. They’ll say they’re here to « iterate, » or to « deliver product, » or to « JFDI » (that is, just fucking do it). When I wander downstairs one morning in late April, Ben Maurer, a young engineer on sabbatical from Facebook, is huddling with a few colleagues on a project for the Department of Defense. « I’m not just fixing bugs here, » he informs me, looking up from his laptop for about a nanosecond before going back to his coding. He seems tired but pleased to work on something big—in this case, to map out a broad digital structure for an upcoming project at the mammoth agency.

« WHAT WE REALIZED WAS, THIS COULD BE A RECIPE FOR SOMETHING LARGER, » THE PRESIDENT EXPLAINS. IF THE TECH TEAM SUCCEEDS, IT COULD TRANSFORM AMERICANS’ ATTITUDES ABOUT GOVERNMENT.
To a certain extent, the Obama administration has always been a comfortable place for techies like Maurer; the president—whose 2008 campaign was arguably the most convincing demonstration at the time of social media ­potential—was the first chief executive to appoint a chief technology officer and, more recently, a chief data officer. « Government has done technology and IT terribly over the last 30 years and fallen very much behind the private sector, » Obama says. « And when I came into government, what surprised me most was that gap. » But creating high-level positions like the CTO was a route to better government technology policy, not necessarily better operations. Besides, the immediate priority was addressing the economic crisis and resolving military entanglements.
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Tech moved up on the punch list in 2013 due to a new crisis: the Healthcare.gov fiasco. When the president’s key legislative achievement was mortally threatened by a nonfunctioning website, Todd Park, as CTO, was among those asked to help rescue the endeavor. Before his stint in government, Park had started two medical IT companies now valued at over a billion dollars each, and it was that experience, not policy or politics, that he called upon. Park recruited Dickerson from Google, as well as a half-dozen other engineers. This small team, working around the clock in Maryland, fixed the site in seven hectic weeks. Not only did the effort « save the president’s baby, » as one former White House staffer puts it, it crystallized within the administration the impact that just a handful of deeply talented techies could have on our government’s functionality. And it prompted Obama, Park, and their colleagues to wonder: Could an infusion of West Coast tech talent become permanent? What might that achieve?

As it turned out, there was a model to follow. The British government had demonstrated that the best digital practices from the private sector could be applied to the public realm with transformative results, through an initiative known as the Government Digital Service. (A columnist at the Guardian newspaper lamented that he couldn’t invest in the GDS, even though it seemed like the best tech startup in Europe.) Park, meanwhile, had already put some pieces in place: a program known as the Presidential Innovation Fellows, begun in 2012, which brought bright young technologists into government for 12-month stints; and a group called 18F, within the government’s General Services Administration, that deployed graduates of the fellows program to other government agencies on a project basis.

« WE NEED BOTH KINDS OF PEOPLE, » SAYS PARK. « PEOPLE WHO CAN HACK THE TECHNOLOGY AND PEOPLE WHO CAN HACK THE BUREAUCRACY. »
With the backing of the president, Park scaled up his recruiting efforts. His outward-facing policy job became focused on building an internal tech team. Dickerson had returned to the West Coast after Healthcare.gov—his goal was to sleep as much as possible for several weeks straight. But in May 2014, he came back to Washington for a meeting with Park, who harangued him late into the evening at the Shake Shack in DuPont Circle, the favored hangout of the West Coast techies. Park wanted Dickerson to pick up where he left off at ­Healthcare.gov and lead a new and more ambitious project. The two were gently kicked out of the restaurant by a manager locking up for the night. But by that point, Dickerson had decided to commit to running a new central technology bureau. The USDS opened for business a few months later.
One morning in late April I sat down at USDS headquarters for several hours with Park, Dickerson, and Haley Van Dyck, who, with Dickerson, helps run the USDS. If the president is effectively the CEO of the White House’s tech startup, Park would be its chief strategist. He is excitable and charming, with a cyclonic energy that helps explain why he’s been so successful as a talent recruiter. When he talks about two ideas, or two people, that he very much likes, he blurts out, « This is a total double-helix of awesomeness! » In describing the level of difficulty the new tech team in D.C. faces, he exhorts, « This is DARPA meets the Peace Corps meets SEAL Team Six! » (« Todd is the most enthusiastic person I know, » says Obama.) Dickerson, by contrast, does not emote. In fact, Dickerson comes off at first glance as grumpy and rumpled—someone who, in a not-too-distant era, might have made an excellent clerk in a video-rental store. Then you talk with him and wish to take your first impression back. Dickerson is an uncommonly skilled engineer with a deadpan wit and an unflappable nature. When I ask how he feels about the tech surge scaling up, he says, « Yeah, I’m losing all that free time I had. » His business card carries no title but reads, Don’t panic. Park calls him Buddha.
Haley Van Dyck: Deputy Administrator, U.S. Digital Service; Previously: Obama 2008 campaign, FCC, USAID
Outsiders often make the mistake of perceiving Washington’s technical problems as the result of a dearth of engineering talent. This makes it tempting to frame the current wave of hires from Google and elsewhere as a wartime tactical team moving in to save us from the city’s existing coding barbarians. But this is not quite correct. For one thing, the people Park and Dickerson are luring here aren’t just software engineers; they’re data scientists, user-­experience gurus, product managers, and design savants. For another, these people are being matched with government insiders who can advise them on how to deploy private-sector tools like Amazon Web Services, for instance, that have long been considered forbidden within the Beltway, or how the procurement of contractors can be improved. Usually this involves cutting a jungle path through thousands of pages of overgrown government regulations. As Park says, « We need both kinds: people who can hack the technology, as well as people who can hack the bureaucracy. »

The complexity is formidable. If you put your engineer’s hat on, Dickerson says, you can look at government’s approach to tech and decide that it’s pretty much insane. But if you consider it as an anthropologist might (« If you’re studying this alien culture, » he says, « and you ask, Why do they behave so strangely? »), you see that D.C. has developed its dysfunctions for deep, structural reasons. For instance, Washington has plenty of smart people, Dickerson says. But they have been removed from the extraordinary growth—only occurring during the past decade, really—of the handful of West Coast companies that can now manage « planet-scale websites, » as Dickerson puts it.

Above all, there is the inertia of the past. One of the first lessons Dickerson learned about D.C. when he arrived was that the city traditionally conflates the importance of a task with its cost. Healthcare.gov ultimately became an $800 million project, with 55 contracting companies involved. « And of course it didn’t work, » he says. « They set aside hundreds of millions of dollars to build a website because it was a big, important website. But compare that to Twitter, which took three rounds of funding before it got to about the same number of users as ­Healthcare.gov—8 million to 10 million users. In those three rounds of funding, the whole thing added up to about $60 million. » Dickerson believes that the Healthcare.gov project could have been done with a similar size budget. But there wasn’t anyone to insist that the now-well-established Silicon Valley practice of building « agile » ­software—rolling out a digital product in stages; testing it; improving it; and repeating the process for continuous ­improvement—would be vastly superior to (and much, much cheaper than) a patchwork of contractors building out a complete and monolithic website. In his Fast Company interview, President Obama remarks that he made a significant mistake in thinking that government could use traditional methods to build something—Healthcare.gov—that had never been built before. « When you’re dealing with IT and software and program design, » the president explains, « it’s a creative process that can’t be treated the same way as a bulk purchase of pencils. »
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Which is not to say that replacing Washington’s culture with that of Silicon Valley should be the goal. Some hybrid of tech people who can innovate with patience rather than aggression may be more effective. Dickerson notes that government tech contractors, even the most skillful ones, face the arduous challenge of trying to repair an aging digital system without compromising any essential services. The method for issuing Social Security checks, for instance, relies upon old mainframe servers running on the dying COBOL computer language. « That’s fine, and it’s lasted them a long time, » Dickerson says. But the people who can maintain and operate that generation of technology are not going to live forever; indeed, many of them are past retirement age already. In this case, the West Coast mentality could be counterproductive. « There’s an attitude in the entrepreneurial private sector where we don’t care what came before us: We’re going to disrupt it, » Dickerson explains. « But we are not going to disrupt Social Security. That’s a big reason why it’s so hard to make these changes, because you can’t interrupt the flow of operations. »

Dickerson adds, « It will not work, and you will not go far, if you come here with a big attitude, saying, ‘You people are stupid, get out of the way and we’ll show you how it’s done.’  »

Are there really people like that in the Valley? I ask.

Dickerson laughs. The people he’s directing, he says, tend to be the more humble types. And the folks interested in curated meals and big equity packages and uncompromising disruption didn’t come east to help him. This is not the place for them anyway, he says. They just wouldn’t get it.

We’re not choosing these types of people when we recruit, Van Dyck, the USDS deputy, adds. « And they’re not choosing us, either. »

The White House chief of staff, Denis McDonough, enjoys walking meetings, so one morning he guides me through the corridors of the West Wing and out onto the South Lawn, where we spend 25 minutes doing brisk laps around a circular driveway flanked by green grass and blooming gardens. McDonough points out the Rose Garden and relates a few historical tidbits about the White House grounds. But mostly we talk about the larger goals of the tech insurgency. As he sees it, the web and technology tools « flatten everything » by allowing Americans to engage with government more directly. So the notion that better tech will yield better democratic engagement is to both him and the president an aspirational—and logical—pursuit. But McDonough also believes there will be other immediate benefits. The transparency that technology enables (consider, for instance, how health insurance plans can now be easily compared online) will not only yield tremendous efficiencies. It can allow Americans to have better control over their own decisions—to interact with government in the same glitch-free way we do with iTunes or Amazon. « Why should we be immune? » he says. « Everything else is getting done faster. Why should this institution be different? » ­McDonough tells me that he admires how the tech insurgents have brought to D.C. their skills and collaborative habits, as well as what he calls a « hunger » for increasing performance. He stops walking and turns to me to say, « They are in an industry that has constantly reinvented itself and become more efficient. And that’s because at the heart of that industry is the belief that you’re going to get twice as good every two years, and that’s held for 50 years. »

« EVERYTHING ELSE IS GETTING DONE FASTER, » SAYS CHIEF OF STAFF MCDONOUGH. « WHY SHOULD THIS INSTITUTION BE DIFFERENT? »
There is no Moore’s Law for ­government—at least not yet. And another thing that ­McDonough, Park, and Dickerson must confront is that this government startup will never have the same lean, concentrated focus of a private-sector company. Indeed, the tech insurgency is not even being built all in one place. Dickerson’s USDS currently employs 37 people, but it is only one aspect of an endeavor that has grown organically and sprawls all over Washington. It doesn’t even have a proper name. Park tends to describe the new tech corps as a « three-layer cake. » USDS is the first layer—a group of technologists who strategize about what projects should become government priorities and which people should work on them. The second layer is 18F—a group of 90 technologists and designers who work within the General Services Administration a few blocks away. 18F takes its name from its address (the GSA building is at 18th and F Streets) and has informal ties to USDS, but it is essentially a service agency. The group can take on jobs from anywhere within government that’s in need of digital help. Unlike USDS, it doesn’t necessarily follow the president’s political priorities.

And the third layer? That would be the tech teams, ranging in size from five people to 50, that will be installed within 25 government agencies over the course of the next 18 months. These teams will consult regularly with USDS for guidance and may utilize 18F for its services. The first wave is being led by people like Lisa Gelobter, who was given the hard sell by the president in the Roosevelt Room and who now works in the Department of Education. Matthew Weaver, formerly of Google, leads another group at the Veterans Administration.
Matthew Weaver: Rogue Leader, Digital Services, U.S. Dept. of Veterans Affairs; Previously: Google
The « tech cake » is only a metaphor, of course. And while visiting the different layers of the cake over the course of a week, I began to wonder if it’s the wrong one. What the designers of this effort actually want to create is something more dynamic—in effect, a technology ecosystem that long outlasts their stints in government. In that regard, you might consider Washington’s tech landscape, as it currently exists, as a kind of brown and barren field. And on that field, consider each agency as having a fenced-in plot of land. The USDS works now as landscape architects—the ones who design what kind of trees and plantings will go in each plot, and who will do the work. The people at 18F function like a nursery and ­contractors—they’ll provide the healthiest trees and do the plantings, either on their own or via someone they trust. They’ll even teach you how to be a good gardener. Meanwhile, the tech teams at agencies like Education and Veterans will take what USDS and 18F advise to make their plot flourish.

The overarching goal here is to get everything to grow together—very tall, very fast, inevitably joining up into a forest canopy so as to create a functional and interconnected system.

« If we’re trying to build new services that serve the public good, then the mechanism by which we do that is by combined services talking to each and getting you what you want, » says DJ Patil, another Silicon Valley recruit of Park’s, who works closely with USDS and serves as U.S. chief data officer. Plus, he adds, « If we combine systems, what kind of cool, amazing things will we find? What happens when we bring together climate data with health information—can we understand how the changing environment is impacting our health? »
If it’s still too early to say whether this technology ecosystem will flourish, it is nonetheless true that the tech surge has moved beyond its conceptual stages. ­Various teams are now engaged in rolling out projects. One day in Washington I spend the afternoon at 18F, a large, bright, open space, where teams of two or three work at white tables. The group has 15 contracted projects under way. « Our two primary areas are delivery and consulting, » says Hillary Hartley, who leads 18F. Delivery, she explains, « is where we would build the thing for an agency—the website, the service, the online transaction, whatever. » That’s what most of the teams in front of us are up to. « Consulting is where we’re helping the client do some of the design thinking, or problem scoping, » so they can figure out what to buy from a vendor.
Hillary Hartley: Co-founder and Deputy Executive Director, 18F; Previously: Presidential Innovation Fellow
We sit down with a team trying to revamp the Peace Corps website, then we walk over to chat with another team that recently created a user-friendly analytics web page, analytics.usa.gov, that tracks which government websites are trending (a National Weather Service page usually tops the list). The goal here is to reveal how U.S. citizens use government websites, and to spark healthy competition among agencies to create more popular services. In keeping with the tech corps’ guiding principles, everything is open source, so outsiders are free to adapt the program. And they do: A few weeks after the analytics website went live, Philadelphia used the program for its own analytics website, which the 18F team considered a measure of success. Thanks to their open-source code, they had improved government without doing any extra work.

We visit another team at a nearby table. At this point, probably the most important work at 18F, done in conjunction with USDS, involves overhauling the Immigration Services website. 18F is helping to redesign the site to drastically improve the user experience—for instance, by simplifying searches to aid those whose facility with English may be limited. Meanwhile, USDS is laboring deep beneath the surface. One of the initial goals is to rebuild the technology for a form known as the I-90. It’s how legal immigrants whose green cards are lost or stolen apply for a replacement, and the current process—paper-based and slow—can take as long as eight months. In creating a digital tracking form and a better online application, the designers think they can reduce the time to a fraction of that.
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And that’s only one bureaucratic improvement at one agency. There are dozens of other forms on the Immigration Services website alone, which hints at the scale for improvement. « This is a $75 billion technology market, » Andrew McMahon, a cofounder of 18F along with Hartley, says of the annual government IT budget. « So if you wonder, How far can we reach? Well, I think it’s kind of limitless. » Hartley, for her part, notes that 18F couldn’t actually capture all of that IT work. « Our underlying goal is to make better clients, and to make the agencies understand a new way of doing things, » she says. « We’re never going to be big enough to take on the $75 billion market. But we will be big enough to help people out there make better decisions on how to build, or buy, their digital services. »

The paradox here is that when the tech teams succeed with a project like the I-90 form, or with any retooled government website, users likely won’t think much about it. It will be fast and intuitive. It will not crash when you use it. And you will then get on with your life. When I ask Dickerson what USDS’s biggest win has been since its start, he points to the open-enrollment season for Healthcare.gov, which went smoothly this year as compared to last year’s debacle. « That’s a big accomplishment, » he says, « but we don’t have any coverage of it because there’s nothing to say. The train wreck didn’t happen. We’re proud of that. »
« WE CAN GET A REALLY BIG PAYOFF »
In an exclusive and wide-ranging conversation, the president explains his take on Washington’s technology problems—and his solutions.
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The biggest problem with assessing tech startups is that most of them sound pretty good at the start. And even if you know the odds going in—that by some estimates, nine out of 10 will fail within a few years—it doesn’t necessarily dim the shine of a new idea. Without question, a tech startup of 100-plus people, backed by the president and working deep within government, differs from a startup involving three guys in a Palo Alto crash pad cluttered with fast-food wrappers. As Park perceives the government mission: « This may be more like what some large corporations have done to basically disrupt themselves. » Still, if you were a VC trying to game out the odds of success here, you might go through the risk factors facing the U.S. Digital Service, 18F, and the tech teams now growing within various agencies. As a risky and ambitious startup, how do they measure up?

First, there’s what we might think of as « talent risk »—as they scale, are these the right people for the right job? Tech managers like Dickerson and Weaver already proved their mettle during the Healthcare.gov rescue, and the folks now being lured to D.C. by Park’s team are arguably among the industry’s best. They are screened not only for IQ, but for EQ (that is, emotional intelligence). So they seem to pass that test. And that means we might next consider the risks of the tech corps’ resources: Do they have the wherewithal and organizational structure to make this take root within government?

There are a number of reasons, some highly technical, to think the corps have a reasonable chance. One should never underestimate the difficulty of getting Washington to move forward quickly—or logically. What’s more, budgets can always be vulnerable to political fights in congress. But the architects of the USDS—especially Park, Dickerson, and Van Dyck—made sure that their bureau was ensconced within the Office of Management and Budget, which gives the techies muscle within various agencies and an ability to influence various IT budgets and lines of command. What’s more, with the solid backing of the president and his chief of staff, the USDS has enough of what Dickerson calls « hard power » to fix important problems around town. Quite simply, the president can (and does) ask his cabinet secretaries to take seriously any USDS overtures to work on projects within their agencies.

What about the market risk? Will there be enough business in D.C. for the tech teams? If you’ve ever been on, say, the U.S. Department of Education’s site, it’s a question that answers itself. Van Dyck tells me « there are now lines around the block » to tap the USDS’s services. McDonough, the chief of staff, says, « Those guys »—the USDS— »went over to brief the secretary of defense and he said, ‘I’m sold. Give me 10 teams.’  » The techies’ market demand is further buttressed by a lack of competition. The USDS is helping agencies find the best contractors, not competing with contractors or agencies. So, arguably, they pass this test too.
Mikey Dickerson: Administrator, U.S. Digital Service; Previously: Google
An unresolvable risk nevertheless hangs over the whole endeavor: the risk of running out of time. Many of those working with USDS talk about getting to « escape velocity, » which means getting the speed and momentum necessary, much like a rocket at liftoff, before Obama’s second term ends. « We have 630 more days, » Dickerson tells me in late April. « We have booster rockets for those 630 days to get us into orbit. If [USDS] achieves a stable orbit in that time, then it will be here for a generation, or maybe longer. » And what if the next U.S. president has a different agenda? In a number of conversations, I came away with the impression that improving government technology is less politically fraught, and less partisan, than other Obama initiatives—yet it still might be the case that a future administration dismantles what Dickerson and Park are building, or even eliminates the office of chief technology officer. « I don’t personally worry about it a ton, » Dickerson says with a shrug. « Because the things we set out for ourselves just for the next two years—I mean, if we accomplish just those things, it will be worth all the effort, even if it all goes up in smoke just after. »
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The people at USDS and 18F don’t seem to doubt that they’ll have an impact. Indeed, they believe it is obvious already. By constantly testing their software with users, they can gauge improvements in real time. Some of those upgrades may seem minor now, but they should, in time and in sum, add up to something ­significant—and perhaps something very big. Even if you never go onto the improved Veterans or Immigration websites, you may soon find that, say, the Federal Student Loan pages (a forthcoming project of Dickerson’s) are improved so that better information and clearer navigation increases participation and reduces defaults. And it doesn’t seem to matter, in this case or others, that USDS teams as small as five or 10 people will be working inside agencies that are much larger than Google, Apple, or even General Motors. As the Healthcare.gov rescue effort ­demonstrated—or, indeed, any successful startup in Silicon Valley can prove—a very small number of tech people can have a disproportionate effect.

There is another side to the impact question as well: What about the effects on the recruits themselves? In terms of looking for meaningful work, the tech industry may not be what it was; one running joke on HBO’s Silicon Valley is that everyone has been led to believe that they’re changing the world with their app or algorithm, even when they obviously aren’t. Meanwhile, at the actual Silicon Valley companies that have genuinely changed global culture and ­business—Google, Apple, Facebook, ­Twitter—there may be a different dynamic. As those companies grow ever larger, the contributions of individual engineers may seem proportionately ever smaller. At least so far, these factors have created a pool of top-tier candidates open to taking on other kinds of work with depth and import. And the point for Obama is not to sell these candidates on a career in government, but rather to enlist them in a stint of a year or two at USDS, or even a few months. For decades, accomplished lawyers and economists have worked in the capital between private-sector jobs, so why not technologists? « What I think this does, » says Megan Smith, the current U.S. chief technology officer, who spent much of her career at Google, « is really provide a third option. In addition to joining a friend’s startup or a big company, there’s now Washington. »
Megan Smith: U.S. Chief Technology Officer; Previously: Google
This idea appeals greatly to the president—in fact, it was built into the USDS design from the start. « I’m having personal conversations with folks, meeting with them, or groups of them, and pitching them, » Obama says. « And my pitch is that the tech community is more creative, more innovative, more collaborative and open to new ideas than any sector on earth. But sometimes what’s missing is purpose. To what end are we doing this? » As the president explains, he asks potential recruits, « Is there a way for us to harness this incredible set of tools you’re developing for more than just cooler games or a quicker way for my teenage daughters to send pictures to each other? » For the time being, at least, there seems to be. HBO might want to consider an on-location shoot.

Le secret de l’intelligence collective ? Les femmes

Une étude du Massachusset’s institute of technology récemment publiée dans le New York Times s’est intéressée aux moteurs de l’intelligence collective. Selon ses résultats, l’intelligence des groupes n’est pas égale à la somme des intelligences individuelles qui la constituent, mais serait surtout liée aux capacités sociales de ces derniers, et les femmes dépassent les hommes dans ce domaine.

Au coeur de tout

Le secret de l’intelligence collective ? Les femmes

les femmes dépassent les hommes dans ce domaine. Crédit Reuters

Une équipe de recherche du Massachusset’s Institute of technology a mené deux études (comprenant au total 669 personnes) sur l’intelligence collective. Selon les résultats, l’intelligence d’un groupe ne s’explique pas par la somme des intelligences individuelles. Parmi les différents facteurs impliqués, la sensibilité aux autres (communication non-verbale), et l’équité dans la prise de parole tiennent un rôle capital. Et les femmes enregistrant un score bien supérieur à celui des hommes, c’est donc dans les groupes où la parité a été correctement observée que les résultats ont été les meilleurs.

Atlantico : Comment expliquer les résulats de ces deux études ? Comment les interpréter ?

Christine Marsan : Tout regroupement de personnes ne crée pas toujours de l’intelligence collective. Ce qui permett une bonne intelligence collective, c’est tout d’abord une intention claire et partagée de travailler ensemble. Mais ce n’est pas suffisant : les leviers clés qui en assurent la réussite sont un ensemble d’attitudes qui entraînent des conséquences vertueuses profitables à l’ensemble du groupe. L’établissement d’une confiance se traduit par exemple par une structure de communication souple. Celle-ci permettra aux membres du groupe de parler en toute sécurité, et surtout, en toute sincérité. Cette première condition est une étape cruciale au partage des difficultés de chacun, et participera, outre à l’établissement d’un système de valeurs commun dans l’avancement du travail collectif, à des solutions co-élaborées et convenables à tous.

Qu’entend-on concrètement par intelligence collective, ou coopérative ?

L’intelligence « coopérative » est cette capacité à faire émerger d’un collectif de personnes, une intelligence supérieure -ou en tout cas inédite- à la somme des parties par l’émulation d’un groupe.

J’ai défini plusieurs Intelligences qui permettent la pratique et la manifestation de l’intelligence collective :

  • L’intelligence polychronique, qui est la capacité à combiner intelligence rationnelle et intuition,
  • L’intelligence de la maturité émotionnelle soit l’utilisation « mature » de l’Intelligence Emotionnelle (dont le concept a été évoqué par Daniel Goleman)
  • L’intelligence de la Présence, soit la conscience de soi, de l’autre et de la systémique du groupe, qui rejoint les résultats de cette étude.
  • L’intelligence de la complexité c’est-à-dire connaître et prendre en considération les lois de la systémique qui expliquent le non-visible des interactions entre les individus et les groupes, comme au sein de plusieurs systèmes.
  • L’intelligence du sens soit la capacité à créer du sens, à développer une cohérence entre sa singularité et sa contribution au monde. Elle correspond au quotidien à ce que l’on pourrait appeler « sagesse« , c’est à dire le fait d’ajouter à une idée rationnelle une perspective existentielle (Howard Gardner).
  • L’intelligence de reliance qui correspond à la capacité de coopérer les uns avec les autres, en étant débarrassé des réflexes de comparaison et de compétition : il est alors possible d’apprendre les modalités d’intelligence coopérative : attitudes, méthodes, démarches qui rendent possibles la coopération et le travail en réseau.

En quoi les femmes sont-elles plus aptes à comprendre les autres que les hommes ?

Il n’y a pas de préférence privilégiée par sexe de manière innée, c’est davantage une prédisposition de caractère renforcée par l’éducation. La question de l’éducation demeure primordiale, c’est ce qui permet de comprendre ce qui a conduit les femmes à développer leur côté émotionnel et relationnel. On peut sans doute faire mettre en parallèle cette aptitude avec leur rapport privilégié avec les enfants.

Dans uns société où les rôles propres à chaque genre tendent à s’effacer, les hommes peuvent-ils espérer rattraper leur retard ?

Les hommes ont été interdits de manifester leurs émotions (à part la force ou l’agressivité, qui étaient quant à elles très valorisées) depuis des milliers d’années.

Par conséquent, il ne leur est pas habituel d’être attentifs aux signes manifestes de l’Intelligence Emotionnelle (non verbal, manifestations des sentiments et émotions).

Mais les hommes peuvent de plus en plus jouir d’une acceptation sociale à exprimer leurs émotions. Cette « autorisation » les ouvre à l’empathie, au ressenti, et de ce fait permet de croire que leur intelligence émotionnelle augmente de manière significative.

Les femmes auraient donc une capacité à l’empathie plus importante que les hommes. Qu’est-ce que cette information remet en cause ?

Cela nous conduit à prendre conscience que l’intelligence collective repose principalement sur les compétences relationnelles : empathie, confiance, lecture et gestion des émotions et que ceci s’acquiert, s’apprend et s’expérimente.

On touche là à un niveau de conscience qui va conduire des hommes tels que le Dalaï-lama à prôner la compassion et la bienveillance (Matthieur Ricar, Christophe André.. sont tous des hommes !). En réalité bien sûr, ces valeurs et ces compétences n’ont pas de genre ou de sexe mais qui s’acquièrent pour autant que nous soyons éduqués dans ce sens.

Rapport d’étape sur le fonctionnement du RSI : propositions

Les députés chargés d’une mission parlementaire sur le Régime social des indépendants (RSI), viennent de remettre leur rapport d’étape sur le fonctionnement du RSI a été remis, au Premier ministre. Ce rapport d’étape contient trente propositions destinées à améliorer les relations entre le RSI et ses 6 millions d’assurés et ayant-droits.

L’une de ces propositions concerne directement les experts-comptables et leur lettre de mission. Si cette proposition était adoptée, l’expert-comptable qui établit les comptes serait dans l’obligation, d’informer le travailleur indépendant, des conséquences du niveau de cotisations, sur sa retraite et sur ses droits aux prestations.

Parallèlement, le gouvernement réaffirme, dans le cadre du plan TPE, sa détermination à améliorer la qualité des services apportés par le RSI et à réduire l’ampleur, de ce que la Cour des comptes, a qualifié de « catastrophe industrielle » générée par le réforme de 2008.

Les propositions du plan TPE

Le plan du gouvernement, destiné à alléger les formalités pour les TPE et les PME contient 18 mesures. L’une d’entre elles, doit améliorer et simplifier les relations entre les entrepreneurs et le régime social des indépendants.

Les mesures proposées consistent à généraliser les médiateurs locaux, autonomes et indépendants, pour accompagner les dossiers complexes, le maintien des cellules de traitement des cas complexes, le recouvrement amiable, associer davantage les partenaires du RSI (centres de formalités des entreprises, centres de commerce…. dans le cadre du stage préalable à l’installation).

La possibilité d’ajuster les versements provisionnels en fonction des revenus anticipés, ne ferait plus l’objet de pénalités en cas d’erreur non intentionnelle dans le calcul des acomptes.

Les propositions du rapport d’étape

Le rapport d’étape fait trente propositions. Ces propositions peuvent concerner le calcul des cotisations, les modalités de recouvrement, les formalités de création des entreprises lors de la création, les contacts avec les usagers.

Le calcul et le paiement des cotisations

Le rapport d’étape propose la mise en place d’un simulateur de cotisations connecté avec la déclaration de revenus (un peu comme celui qui existe sur le site de l’administration fiscale) et la mise en place systématique du télé-règlement, à la place du prélèvement automatique.

Le prélèvement automatique est, de manière générale, difficilement accepté par les chefs d’entreprises.

Les modalités de recouvrement

En ce qui concerne les modalités de recouvrement, plusieurs propositions ont été faites pour atténuer la rigueur des recouvrements envoyés systématiquement en courrier recommandé avec accusé de réception.

Les propositions ont donc pour but de :

  • subordonner l’envoi des courriers en recommandé à une prise de contact avec le travailleur indépendant concerné (téléphone, courriel, proposition de rendez-vous) ;
  • suspendre les majorations de retard en cas de saisine de la commission de recours amiable ;
  • laisser un délai suffisant pour permettre au travailleur indépendant de régulariser sa situation.

Les formalités de création des entreprises

Afin de simplifier les formalités liées à la création d’entreprise et de faciliter le recours systématique aux télérèglements, le rapport propose :

  • de remplacer le dossier Accre (Aide au créateur repreneur d’entreprise) par une case à cocher dans le dossier qui doit être remis au centre de formalités des entreprises ;
  • d’obliger les créateurs à remettre un relevé d’identité bancaire avec leur dossier.

Les relations entre le RSI et ses usagers

Le RSI est réputé difficilement joignable et les chiffres prouvent que seuls 85% des appels aboutissent. Pour remédier à cette situation mais aussi pour améliorer les relations entre le RSI et ses usagers, le rapport préconise :

  • la traçabilité des appels entrants afin de permettre aux agents de rappeler les travailleurs indépendants qui ont appelé à trois reprises sans que leur appel n’aboutisse ;
  • de créer des groupes de travail composé d’agents du RSI et d’usagers pour améliorer la lisibilité des courriers ou courriels ;
  • de garantir la mise en place d’un point d’accueil dans tous les départements, en faisant appel, si nécessaire aux partenaires que sont les chambres des métiers et les chambres de commerce et d’industrie.

Dans 20 ans, la disparition du travail ?

Le travail va disparaître. Elucubration ? Peut-être… À moins qu’il ne s’agisse d’une réalité que vous n’êtes pas obligé de regarder en face, mais dans laquelle vous vivrez en 2035. Oui, il sera dans ce cas possible de se lever plus tard le matin, voire de rester en pyjama toute la journée comme au lendemain d’un samedi de cuite. Non, ce ne sera pas forcément drôle, car ce phénomène que d’aucuns disent inexorable pourrait bouleverser, au delà de la seule vieille Europe, l’humanité toute entière.

Le numérique, la mort de Schumpeter ?

Si cette entrée en matière un peu brutale ne vous a pas fait fuir, contextualisons le propos en nous appuyant, non sur des études, mais sur quelques évidences.

La révolution techno-numérique est en marche, personne ne le nie. Elle a déjà profondément modifié nos vies privées, nos vies professionnelles, et continue de le faire davantage chaque jour.  En outre, elle se distingue des précédentes révolutions industrielles en ce qu’elle est perpétuelle. On ne cesse plus d’inventer. Ce flot d’innovations continu ne peut être absorbé que par une société prométhéenne, à même de se réinventer perpétuellement sous peine d’imploser. On le voit en entreprise où les frontières du temps, de l’espace, de la hiérarchie, des métiers, s’estompent de plus en plus. À titre d’exemple, un DRH lisant un article sur sa fonction découvrira toujours en guise de conclusion la même mise en garde : il doit réinventer entièrement son métier, ou disparaître.

Le DRH ? Au même titre que les managers ou les salariés, une invention satellite d’un concept déjà ancien, l’entreprise. Des mots crées autour de la notion de travail, centrale dans nos démocraties occidentales puisque toutes fonctionnent autour d’une seule et même question depuis deux siècles : la répartition de la richesse créée par le travail. Gauche et droite peuvent s’opposer autant qu’elles veulent sur l’organisation de ce travail et le partage de ces richesses, le débat est désormais obsolète, et pour cause : si le travail disparaît, la richesse aussi.

Certes, mais, opposerez-vous, comment et en vertu de quoi peut-on affirmer que le travail va disparaître ? Car si l’innovation détruit des emplois, elle en crée d’autres qui les remplacent. Force est de constater que Schumpeter, en développant sa théorie de la destruction créatrice, était jusqu’ici plutôt dans le vrai : la disparition de secteurs d’activité s’accompagne conjointement de la création de nouvelles activités économiques. Pourquoi, tout à coup, la mécanique se gripperait-elle ? Tout simplement parce que les nouvelles activités créées génèrent en effet de nouveaux emplois, à forte valeur ajoutée pour la plupart, mais en volume insuffisant pour remplacer les emplois détruits.

Tous les secteurs touchés

Depuis 40 ans, c’est un fait, le chômage de masse augmente dans les pays développés. Aux Etats-Unis, et peu ou prou dans toute l’Europe, le plein emploi est soit un souvenir, soit un plein emploi reposant sur des salaires très bas ou du travail partiel. Or, malgré la constance avec laquelle nos politiques nous assurent qu’ils vont concentrer tous leurs efforts sur l’emploi durant chaque campagne électorale, posons-nous la question : l’emploi, ou dit autrement le travail que l’emploi suppose, est-il seulement encore considéré comme créateur de richesse ? Il est difficile de le penser alors qu’une majorité d’économistes et de politiques (de droite comme de gauche) ne parle plus depuis longtemps de richesse créée par le travail, mais de coût du travail. Un coût qu’il convient a priori, pour toute entreprise soucieuse de maintenir ou d’accroitre sa rentabilité, de réduire. Or chacun connaît les deux grands leviers dont disposent les grandes entreprises (dont dépend l’activité de beaucoup de petites) pour réduire rapidement leurs coûts : délocalisations ou remplacement de salariés par des machines. Ne faut-il pas voir là l’une des raisons raison pour lesquelles la croissance, dans les pays occidentaux où elle reprend, ne crée plus que marginalement de l’emploi ? La loi d’Okun, pour avérée qu’elle soit, connaît des exceptions : l’une d’elles est que toute croissance ne crée pas forcément d’emploi.

Certes, voir des entreprises supprimer des emplois pour continuer d’être compétitives en créant et en diffusant de nouveaux produits ou services n’est pas nouveau ; ce qui change aujourd’hui est que lesdits produits ou services, mis sur le marché, contribuent eux-mêmes directement à la suppression de millions de postes. Les exemples abondent dans de nombreux secteurs :

  • Transports : sur route, les « Google cars » camions et autres véhicules se conduisant tout seuls vont éliminer chauffeurs de taxi, de cars, routiers. Sur rail, l’automatisation des métros est largement en cours, celle des RER débute et les grandes lignes vont suivre. Dans le ciel, les drones et les avions commandés depuis le sol vont faire le ménage : adieu pilotes et personnel naviguant !
  • Bancassurance : avec les banques en ligne, que deviennent les 500 000 employés de nos agences bancaires ?
  • Médecine, aide à la personne : télé-médecine, cabines à diagnostic, la pénurie de médecins qui frappe aujourd’hui la France pourrait être résolue, sous quelques années, de façon radicale. Quant aux robots humanoïdes développés notamment au Japon, certains succèdent déjà aux nounous, garde-malade, personnels de ménage.
  • Distribution : vous utilisez déjà les caisses automatisées. Les fonctions logistiques vont l’être de plus en plus. S’il reste un employé visible à l’hyper du coin, ce sera celui de l’accueil.
  • Sécurité : les machines ont profondément investi le secteur. Et si le remplacement des policiers et soldats par des robots humanoïdes ne semble pas pour demain, les machines mises à la disposition de quelques hommes vont réduire considérablement leur nombre.
  • Éducation : il n’est que de regarder les technologies employées avec succès dans la formation professionnelle pour comprendre que le cours présentiel face à un professeur ne sera bientôt plus, au mieux, qu’une modeste composante des processus de transmission du savoir.
  • Éditorial : certaines plateformes proposent déjà la composition automatisée d’articles. D’ailleurs, qui vous dit que je ne suis pas une machine ?

À vous de poursuivre, si vous le souhaitez, cet inventaire…

Nouvelle société, homme nouveau, ou les deux ?

N’en jetons plus et retenons simplement ce chiffre, issu des travaux de la très sérieuse Singularity University (voir à ce sujet l’article des Échos Quel avenir pour l’homme au nouvel âge des machines ?) : plus de 80% des tâches effectuées aujourd’hui par l’homme, y compris dans des domaines comme la comptabilité ou le juridique, pourraient être aujourd’hui assurées avec plus d’efficacité et de rentabilité par des machines. Avec, on le devine, quelques conséquences.

Bien entendu, il restera toujours du travail pour une partie de la population, mais rien ne sert de se voiler la face : d’ici une dizaine d’années, une large part des métiers actuels aura disparu, et beaucoup de ceux restants seront profondément réorientés. Or, seule une part marginale des postes supprimés sera remplacée par des fonctions à forte valeur ajoutée. Ces fonctions seront liées, d’une façon ou d’une autre, au développement de nouvelles machines. D’autres métiers émergeront, liés à l’accompagnement des utilisateurs de ces nouvelles machines. Pour les personnes restantes, majoritaires, les possibilités de trouver un travail rémunéré seront virtuellement nulles.

Venons-en à la principale conséquence de notre prospective. Cette disparition du travail annoncée, c’est tout simplement celle des classes moyennes : celles qui consomment et sont imposables. Parce qu’elles consomment et sont imposables, ces classes constituent l’essence, la pierre angulaire de nos modèles économiques. Sans elles, la création de richesse existera toujours  (même si elle s’opérera autrement, les classes moyennes ne tenant plus leur rôle de consommation) ; la répartition de celles-ci également (sous peine de troubles graves et d’une explosion de la société). Reste que cette répartition va devenir compliquée.

De fait, la répartition des richesses repose sur l’impôt, lequel repose après la TVA sur le revenu. Or le principal revenu de la grande majorité des actifs provient de leur travail.  S’il n’y a plus (ou très peu) de travail, il n’y a plus (ou très peu) de recettes. Dès lors, quel nouveau modèle imaginer ? Certains envisagent une sorte de revenu universel pour tous, reversé par des gouvernements ne prélevant plus l’impôt que sur l’élite créatrice de richesse. D’autres y adjoignent une mutualisation forcée de la consommation des citoyens. Le fait est qu’il s’avère difficile d’imaginer le fonctionnement d’une société dont le travail ne serait plus le pivot économique, parce que cela suppose des hommes différents. Les nouvelles technologies ne sont-elles pas en train de modeler cet homme nouveau sans lequel cette société nouvelle – sans travail – paraît difficilement viable ?

 

Créées par l’homme, les techniques lui ont permis d’évoluer jusqu’à développer une pensée conceptuelle, devenir un être de culture. Elles l’ont discipliné, lui ont permis de conquérir, de connaître, d’accomplir. Si les technologies, devenues une fin en elles-mêmes, posent aujourd’hui question, c’est que, comme le souligne le philosophe Jean-Michel Besnier dans unarticleelles simplifient à outrance nos comportements, mais aussi notre pensée : celle-ci ne doit-elle pas maintenant tenir en 140 caractères sous peine d’être ignorée ? Les machines pourraient demain pousser l’homme qu’elles auront délesté du travail vers un rôle qu’il ne souhaitait pas forcément tenir en les inventant : celui d’un simple usager de la technologie, quelque peu dénué de cette complexité intérieure qui le différenciait jusqu’ici des machines. Considérer ce risque sans pessimisme mais lucidement, c’est déjà l’amoindrir, alors en attendant… sifflons en travaillant !

 

A lire sur ce sujet  : La fin du travail, de Jeremy Rifkin (éditions La découverte – Poche)