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Une explosion du marché français du consulting à prévoir ?

Le nombre de consultants indépendants a presque triplé ces dix dernières années. Selon l’INSEE, il existait déjà presque 100 000 structures de conseil en 2011. Hélas, selon le SYNTEC, au moins 50% des consultants stoppent leur activité dans la première année suivant leur démarrage.

Malgré ce constat d’échec, et en observant le marché actuel de la petite entreprise, le marché du conseil français pourrait bien exploser dans les prochaines années et répondre à un double enjeu économique. Décryptage.

Un potentiel « énorme »

Les 2,5 millions d’entreprises françaises sont composées essentiellement de petites entreprises : 96,8% d’entre elles ont entre 0 et 19 salariés*. Et pourtant, elles sont très peu accompagnées, les structures de conseil étant surtout basées à Paris (l’Ile-de-France concentre 62,2% des emplois du conseil en 2007). Sur ce marché, difficile pour un indépendant de lutter contre les principaux cabinets d’audit et conseil (les « Big Four ») qui s’adressent aux grandes entreprises et PMEimportantes. Le potentiel de croissance du marché du conseil en France est donc ailleurs, vers le marché des TPE, et plutôt en province. Il est énorme, puisque, si l’on considère que tout entrepreneur devrait être accompagné un jour ou l’autre dans son activité, ce sont plusieurs centaines de milliers – voire millions – de coachs et autres consultants qui manquent à l’appel. A la clé, un double enjeu économique : si les anciens cadres seniors réussissaient à pérenniser leur activité, c’est le marché de l’emploi des seniors et le marché des TPE qui pourraient en bénéficier. Reste à appliquer la bonne méthode pour faire se rejoindre ces deux mondes.

Les consultants doivent s’adapter à de nouveaux interlocuteurs

Ne dit-on pas que le succès d’un produit ou d’un service tient au fait qu’il répond parfaitement à une demande du marché ? Or, est-ce le cas pour l’offre des consultants ? Concernant la TPE, typiquement non. Bon nombre de professionnels du conseil se « cassent les dents » sur un marché qu’ils appréhendent mal et dont ils ne connaissent pas les codes. Chez Petite-Entreprise.net, nous échangeons tous les jours avec des consultants et des dirigeants de TPE, et nous faisons toujours le même constat : il faut presque « enseigner » la langue du créateur d’entreprise ou du dirigeant d’une petite TPE au consultant pour qu’il réussisse à se faire comprendre. Pour réussir, le consultant devra faire table rase de ce qu’il sait, des méthodes appliquées dans son « ancien monde », être à l’écoute du marché, une écoute active, au contact physique des dirigeants de TPE sans leur vendre quoi que ce soit (dans un premier temps), cerner leurs objectifs, observer leur comportement managérial, commercial, administratif, comprendre leur environnement social et familial, leurs points forts et points faibles, etc. Si le consultant indépendant affiche un réel engagement à aider les dirigeants de TPE, alors les clés sont toutes à sa portée.

Les 10 clés pour signer des missions de conseil aux dirigeants de TPE

En 8 ans, Petite-Entreprise.net a répondu à plus de 90 000 demandes de chefs d’entreprise, le plus souvent en mettant en relation des chefs d’entreprise avec un « Correspondant Petite-Entreprise.net », professionnel du conseil. Nous nous sentons donc légitimes à prodiguer ces 10 conseils aux consultants qui souhaitent aborder le marché de la petite entreprise et, au-delà, répondre concrètement aux enjeux d’emploi et de croissance que nous avons évoqués : donner une vraie « seconde carrière » aux cadres seniors et accompagner les TPE dans leur développement.

1) Être pluridisciplinaire : le dirigeant de TPE a besoin d’un seul conseiller d’entreprise ou un seul interlocuteur, pas d’une multitude d’experts autour de lui.

2) Proposer des prestations précises avec un nom, un début, une fin, un prix, un support : le dirigeant de TPE achète une solution, pas un nombre d’heures.

3) Valoriser ses missions de conseil en termes de ROI (retour sur investissement) : le dirigeant de TPE cherche au final, même pour une prestation de management RH, une augmentation du chiffre d’affaires et de la rentabilité.

4) Être réactif, bref et direct : le dirigeant de TPE n’a pas le temps, il n’anticipe pas, il a la « tête dans le guidon ».

5) Proposer un plan d’action précis avec des résultats : le dirigeant de TPE a besoin de concret, pas de théorie.

6) Écouter le besoin réel exprimé par le dirigeant : le dirigeant de TPE achète une réponse à son besoin, pas une expertise.

7) Faciliter la vie de vos clients, proposer du « clé en main » : le dirigeant de TPE déteste la paperasse et parfois, n’a pas d’assistant(e) ni de secrétaire.

8) Parlez en termes de solution, pas de méthode : le dirigeant achète une solution, pas une formation, ni un coaching, ni un accompagnement et encore moins du consulting.

9) Rester humble et abordable : un dirigeant de TPE a besoin de comprendre ce qu’il achète. Il recherche une « personne de confiance », pas un « consultant» pour se mettre en avant …

10) Rester un chef d’entreprise avant tout : un dirigeant de TPE accorde son respect et sa confiance à quelqu’un qui aura l’attitude d’un patron, qui saura lui parler avec franchise, se faire payer et facturer au juste prix.

*Source Insee-Sirene : 2,5 millions d’entreprises en France, hors agriculture, services financiers et administration

PME/EXPORT : SEULE UNE PME FRANÇAISE SUR TROIS EXPORTE, PRINCIPALEMENT EN EUROPE

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Seule une PME française sur trois exporte, et la majorité de celles qui exportent le font vers l’Europe, passant à côté des nombreuses opportunités d’affaires offertes par l’international. C’est ce que révèle une nouvelle étude, rendue publique ce 8 juillet, sur le comportement des PME exportatrices européennes et françaises réalisée par Harris Interactive pour le compte de FedEx Express, filiale du spécialiste du transport express international au service des PME, FedEx.

L’étude a été menée entre le 8 et le 27 mars 2015 auprès de dirigeants de PME implantées en France, Allemagne, Italie et Espagne via 2005 entretiens en ligne. Quelque 502 PME françaises ont participé à l’étude.

Seulement 32 % des PME françaises exportent, une réalité qui se vérifie à l’échelle européenne

L’enquête révèle en premier lieu que seulement un tiers des PME françaises interrogées, soit 32 %, ont une activité à l’export. Un pourcentage qui, loin d’être spécifique à l’Hexagone, se vérifie dans d’autres pays européens. Ainsi, à l’échelle européenne (France inclus), les résultats de l’enquête montrent que plus de six PME sur 10 (soit 62 %) n’exportent pas actuellement alors que plus des trois quarts (78 %) reconnaissent le potentiel d’activités que représentent les marchés et clients internationaux. Le manque à gagner pour les PME qui n’exportent pas se chiffrerait en moyenne, selon l’enquête, à 647 000 euros de recettes annuelles supplémentaires.

Parmi ces entreprises, la majorité (30 %) réalisent leurs ventes uniquement en Europe et principalement dans les pays voisins frontaliers – la Belgique étant l’une des destinations les plus prisées, suivie de l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la Suisse – tandis que 22 % de ces mêmes PME exportent en dehors du Vieux continent. Au grand export, hors Europe, les États-Unis sont le premier marché devant la Chine.
De manière général, la Chine, les États-Unis et le Canada sont perçus par l’ensemble des PME françaises interrogées comme ayant le plus grand potentiel pour les exportations.

En ce qui concerne le profil des entreprises exportatrices, l’étude relève que parmi l’ensemble des PME françaises exportatrices (32 %) sondées, 47 % gagnent des revenus élevés et 23 % des revenus faibles. L’étude constate également que 58 % de ces mêmes entreprises ont une croissance annuelle équivalente ou supérieure à 11 % contre 31 % qui ont une croissance stable ou en déclin.
Conclusion : les PME dont le chiffre d’affaires est solide et la croissance rapide sont plus enclines à exporter.

Les PME qui exportent sont plus optimistes

Le rapport observe également que les PME françaises qui exportent sont nettement plus optimistes quant aux perspectives d’affaires sur le court terme que celles qui n’exportent pas, un constat que d’autres enquêtes en France révèlent régulièrement.

Pour autant, bien que 34 % des entreprises tricolores reconnaissent le potentiel de l’international en termes de clients, seules 19 % d’entre elles ont l’intention de développer leur activité à l’international. « Notre étude montre que les PME en France passent à côté des revenus supplémentaires liés à l’exportation par manque de confiance car elles craignent devoir franchir un trop grand nombre d’obstacles au-delà leurs propres frontières régionales ou nationales », a ainsi commenté Tim Horton-Mastin, directeur général Ventes France de FedEx Express.

S’agissant de la nature des marchandises exportées, les équipements technologiques arrivent en tête, représentant 18 % du total des exportations des PME françaises interrogées. Viennent ensuite les biens industriels et manufacturés (16 % du total de biens expédiés) et en troisième position, les produits agroalimentaires (alimentation et boissons), qui comptent pour 13 % des ventes totales à l’export des PME tricolores.

Des obstacles à l’export demeurent pour les PME

L’enquête constate que la fréquence à laquelle les entreprises effectuent des expéditions de marchandises n’est pas quotidienne. Ainsi, 67 % des PME françaises sondées expédient des marchandises en Europe moins de 20 fois par mois, et il est à noter que seules 19 % des PME réalisent des envois de marchandises à destination du marché européen à raison de 20 à 30 fois par mois. Enfin, l’étude note que seulement 7 % des PME françaises qui exportent en Europe réalisent des expéditions de marchandises entre 31 et 50 fois par mois. Sur le grand export, ce pourcentage est encore plus faible avec 12 % des entreprises qui expédient des marchandises quotidiennement. En revanche, elles sont plus nombreuses (31 %) à envoyer des marchandises à l’étranger une fois par mois.

Ces résultats s’expliquent en partie par le fait que l’export implique la mise en place de moyens logistiques et administratifs (transport, traitement des réclamations et des retours, formalités pratiques pour se faire payer, formalités douanières…) spécifiques, notamment pour surmonter certains obstacles. Ainsi, les préoccupations de paiement (craintes d’impayés) sont citées par 30 % des entreprises exportatrices toutes confondues (Europe et international) comme principal frein pour se développer à l’export. Vient ensuite le manque de savoir-faire technique cité par 24 % des PME et les inquiétudes concernant les potentiels coûts que nécessite l’export. À l’inverse, 15 % des PME interrogées disent ne pas rencontrer de barrières lorsqu’elles exportent vers d’autres marchés.

« Beaucoup [d’entreprises], déplore Tim Horton-Mastin, sont réticentes à étudier les possibilités d’exportation pourtant lucratives, préoccupées par les formalités pratiques pour se faire payer ou par le traitement des réclamations et des retours sans avoir de présence physique sur le marché ; elles pensent aussi manquer de connaissances techniques, administratives et juridiques, concernant les droits de douanes notamment. » « Chez FedEx, a-t-il poursuivi, nous accompagnons les PME pour supprimer les freins qui les empêchent de considérer les bénéfices liés aux exportations ».

Venice Affre

Pour en savoir plus :
Consultez l’étude (en anglais) intitulée « European SME Export Report » dans le fichier PDF attaché à cet article.

FedEx Express – European SME Export Report – juillet 2015– See more at: http://www.lemoci.com/pmeexport-seule-une-des-pme-francaise-sur-trois-exporte-principalement-en-europe/?sthash.xruWtvaB.kxS1VRfR.mjjo#sthash.xruWtvaB.TwlD0akZ.dpuf

La culture d’entreprise, un outil de recrutement et de communication à ne pas négliger

 

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La culture d’entreprise est aujourd’hui un formidable outil de communication pour attirer les talents, mais surtout pour les conserver, en rassemblant tous les collaborateurs autour d’une même philosophie. S’il est de bon ton d’afficher ses valeurs sur les murs de sa société, comment mettre en place une véritable culture d’entreprise, qui ne soit pas qu’un simple gimmick pour l’externe ? Fin juin, l’accélérateur 50 Partners répondait à ces interrogations avec une conférence sur le thème « Culture d’entreprise & startups : don’t panic ». Retour sur l’événement.


Devant une nuée de startupers tout ouïe, Laure Wagner de Blablacar, Xavier Zeitoun de 1001menus,Nicolas Ferrary d’Airbnb et Carl Azoury de Zenika, ont échangé à propos de leur vision de la culture d’entreprise et ont dispensé quelques conseils sur sa mise en place à l’aune de leurs propres histoires. En tant que société américaine, Airbnb a ainsi dû adapter sa culture d’entreprise pour la filiale française. Blablacar a elle su transmettre sa passion du covoiturage auprès de ses salariés grâce à son histoire. Xavier Zeitoun, fondateur de 1001menus, a du faire face à une crise de culture au sein de sa société, et Carl Azoury, CEO de Zenika a crée la société dont il rêvait et a porté ce rêve avec ses collaborateurs.

La culture d’entreprise permet de conserver un « esprit de tribu »

Les quatre intervenants ont été unanimes : la culture d’entreprise existe de manière informelle, elle est véhiculée par des valeurs et portée par le CEO / fondateur de la société en lien avec la mission de la société. Il arrive pourtant un moment où la startup connait un élément déclencheur qui pousse son(a) fondateur(rice) à formaliser et à coucher sur le papier cette culture d’entreprise. Les différents cas de figure ont été illustrés par les société présentes.

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Xavier Zeitoun, fondateur de 1001menus, est ainsi revenu sur son expérience en expliquant qu’au sein de sa société s’était petit à petit cristallisé une crise de culture lorsque le recrutement s’est effectué de manière trop rapide et que les profils ne collaient pas à l’esprit de la société.

« Chez nous, l’équipe est composée d’énormément de commerciaux, pas forcément des gens qui ont travaillé dans des startups, qui ont des codes de plus grandes entreprises. L’équipe est passée de sept/huit personnes à quarante en un an seulement. Cette crise a posé de vrais problèmes et a impacté le chiffre d’affaire de la société. Nous avons été obligés de nous séparer de certaines personnes. Nous avons réussi à passer cette étape-là en trouvant des valeurs communes avec des personnes qui ne se connaissaient pas »

De son côté, Laure Wagner, première employée de Blablacar, devenue depuis porte-parole et « culture captain » de la société, a évoqué l’inévitable moment où la croissance rend presque obligatoire la formalisation de cette culture d’entreprise.

« Une culture d’entreprise ne se créée pas de toute pièce, à l’époque nous étions 60 personnes, l’existant était génial, une super culture de manière spontanée. Nous savions que la levée de fonds arrivait et indirectement le recrutement pour l’équipe. Nous avions peur de cette croissance, il était temps de formaliser. Nous voulions garder cet esprit de tribu, il fallait donc l’ancrer pour pas qu’il ne disparaisse »

Un « esprit de tribu » qu’évoque également Carl Azoury, qui a souhaité que ses collaborateurs s’impliquent à 100% dans la définition de leur culture d’entreprise.

« Nous étions une trentaine lorsqu’il a fallu définir nos valeurs, tout le monde a peur de grossir, la culture d’entreprise revient tout le temps. Elle permet de garder cette idée de tribu, de garder son âme en évoluant, on peut garder le même état d’esprit qui est souvent basé sur l’esprit startup. Nous voulions vraiment impliquer les collaborateurs dans les décisions, c’est leur entreprise, ils sont acteurs de leur destin. Les bases de notre culture d’entreprise ont été définies par 80% d’entre eux »

Comment formaliser sa culture d’entreprise ?

La culture d’entreprise est donc informelle jusqu’a ce que la startup soit obligée d’en poser les bases. Au coeur du réacteur : les valeurs et la mission de la société sont deux éléments à prendre en compte lors de ce processus.

Chez Blablacar, les valeurs sont là pour aiguiller les employés dans leur développement personnel au sein de l’entreprise. « Les dix valeurs de Blablacar ne sont pas des principes mais des actions fortes appliquées au quotidien, ajoute Laure Wagner. Les valeurs clés de la culture d’entreprise donnent des directions aux collaborateurs, et non des interdictions. »

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C’est autour de valeurs communes que Xavier Zeitoun, qui expliquait dans un billet pourquoi il était si difficile de créer une culture startup, a rassemblé des profils très différents :

« Nous faisions trois ou quatre recrutements par mois à une époque, mais il s’agissait de personnes qui ne correspondaient pas à nos valeurs. Nous avons donc fait appel aux six responsables de pôle pour brainstormer sur ce qu’on ne voulait pas, pour ensuite parler réellement des valeurs de l’entreprise. Nous avons appris des personnes que l’on n’a pas gardées à l’époque. Il a fallu cultiver notre différence à l’intérieur de la boîte : nous avons rassemblé des gens différents et nous en avons fait une force en les réunissant autour de valeurs communes »

Instillée et portée par les fondateurs, la culture d’entreprise est donc à la fois un outil interne utile pour le management des équipes et un outil de communication pour attirer les talents. Et gare à qui ne collerait pas avec cette culture, « nous faisons deux entretiens de recrutement pour tester les candidats sur les core values. 50 personnes sont formées en interne », explique par exemple Nicolas Ferrary. Core values, culture d’entreprise, moto… peu importe le nom pourvu que les collaborateurs connaissent les lignes directrices de leur entreprise et que les profils intéressés sachent en un coup d’oeil si la société pourrait leur convenir.

Les effets destructeurs du management à la cool

On parle beaucoup d’humaniser les rapports dans l’entreprise. Est-ce une bonne nouvelle ?

L'humanisation du travail est-elle un héritage du taylorisme ? (Bob Bob/Ben Eine/Flicker/CC)
L’humanisation du travail est-elle un héritage du taylorisme ? (Bob Bob/Ben Eine/Flicker/CC)

Pour comprendre la souffrance qui infuse dans les open spaces fleuris d’aujourd’hui, alors que jamais on ne s’est tant soucié de bien-être au travail, le nouveau livre de Danièle Linhart, « la Comédie humaine au travail» (sous-titré : «De la déshumanisation taylorienne à la sur-humanisation managériale»), est d’un recours précieux. Voilà une chercheuse du CNRS qui depuis trente ans observe les mutations sociales au travail. Pour mieux comprendre ses lois non écrites, ses faux semblants, elle se faufile dans les congrès de managers, avec le risque de s’y faire insulter. (C’est arrivé, nous le verrons plus loin.) La sociologie comme sport de combat est diversement appréciée.

Danièle Linhart pourrait comme bien d’autres, sociologues ou journalistes qui font profession de décrire le réel, se retrancher derrière une prudente impartialité. Mais non. Le pouvoir d’écrire et d’être lu a chez elle l’ambition d’être mis au service d’un progrès humain, ce qui rend son livre d’autant plus captivant. A tous, petit fonctionnaire ou cadre, ouvrier ou travailleur intellectuel, elle tend un décodeur pour décrypter le malaise diffus qui se propage en milieu professionnel sans que ceux qui en souffrent se l’expliquent toujours bien. Elle leur offre de comprendre ce que l’on vit, à l’heure du burn out pour tous.

Notre siècle croit dépassée l’image d’un Chaplin à califourchon sur la machine, aux heures féroces du taylorisme ? Bien à tort, nous dit la chercheuse. Elle explique en détail comment le management contemporain peut être vu comme la poursuite du taylorisme par d’autres moyens :

Taylor apparait à bien des aspects comme le précurseur de la posture managériale qui domine  la période actuelle: se positionner au nom du bonheur des salariés, prétendre à un système équitable, juste et orienté vers le bien commun, mettre en avant les difficultés d’organisation, et de management du travail, invoquer la science, l’objectivité, la neutralité, ces attitudes ne sont pas sans rappeler bien des allégations et argumentations accompagnant les discours modernes.

A ce stade, un retour vers le passé s’impose pour rappeler qui fut ce Taylor qui divise la postérité. Un bienfaiteur de l’humanité  pour certains, car soucieux d’accroitre le bien-être en allégeant la tâche, en la réduisant à un geste unique et simple, à la portée de tous. Un diable pour bien d’autres, coupable d’avoir transformé l’homme en machine et inventé les «cadences infernales», perfectionnées ensuite par Ford et ses chaines de montage.

Frederick W.Taylor (1856-1915) est l’inventeur de ce qu’on a appelé avec grandiloquence «l’organisation scientifique du travail» (OST). Il cherchait une solution pour mettre un terme à l’«irréductible conflictualité» entre les patrons fâchés par la «flânerie systématique des ouvriers» et ces derniers, peu pressés d’en faire plus, compte tenu du ridicule de la paye. Le travail, on le sait,  fut décomposé et la tâche de chacun réduite à un automatisme. De cette fracture dans l’histoire ouvrière,  on a retenu la parcellisation. Mais la logique taylorienne, explique Danièle Linhart, c’est avant tout la domination, «la prise en main des ouvriers par l’organisation», et l’affaiblissement de leur savoir-faire.

Taylor s’évertue à nier la dimension politique du travail pour n’en retentir que la dimension technologique, économique, ergonomique ou morale afin de créer les conditions d’un consensus, écrit-elle. Il va chercher la science qu’il présente comme neutre et objective.

Mais évidemment, il passe sous silence ce fait que la science sera mise en œuvre par le patron pour servir ses propres objectifs. Car il a décidé de que ce sera au patron de mobiliser cette science, ce qui suppose de déposséder les ouvriers de leur métier. Or il ne faut jamais perdre de vue que détenir un métier permet d’imposer des tarifs et de faire obstacle à la volonté du patron. Ne connaissant pas le métier de ses ouvriers, le patron peine à dicter sa loi (…)

La question est d’importance et reste d’actualité : celui qui connait le travail dispose d’un atout de taille, et l’organisation scientifique est là est là pour donner cet atout au patron.

Taylor voulait associer progrès économique et progrès social. Ce faisant, il aura transformé des ouvriers de métiers, porteur d’un savoir-faire autonome, en «simples» exécutants puis en consommateurs, cette révolution s’accompagnant d’une forte hausse des salaires.

Ancien ouvrier modeleur (à Philadelphie), devenu ingénieur à l’issu d’années de cours du soir, mais ouvrier tout de même, Taylor était bien placé pour étudier ses pairs et leur façon de faire. Dans le cadre de son organisation scientifique, il voulait que fussent pris en compte les besoins et qualités individuelles. «On ne doit pas s’occuper d’un groupe d’hommes mais on doit essayer d’aider chaque ouvrier pour lui permettre d’atteindre son plus haut niveau d’efficacité et de prospérité», disait-il.

Taylor trouvait efficace de stimuler les ambitions personnelles ; lorsque les gens travaillent en équipe, prétendait-il, l’efficacité individuelle de chacun tombe au-dessous du niveau de celle d’un ouvrier moins bon. Sans doute avait-il en tête l’inavouable: le groupe facilite l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies de protestation et de défense, lesquelles s’affaiblissent lorsqu’un employé se trouve confronté seul à sa hiérarchie. On voit que loin d’être une calamité récente, l’individualisme, est inclue dans le plan taylorien.

Travail à la chaine ou vie de bureau contemporaine, la logique à l’œuvre est la même: affaiblir ce qui fait la force du salarié et sa ressource essentielle,  c’est à dire ce que la sociologue appelle tout au long de son livre laprofessionnalité. «‘’L’organisation’’ veut des  gens  qui n’oeuvrent pas en fonction de ce qu’ils estiment juste ou noble, écrit-t-elle, mais en fonction des appétits du capitalisme.»

Comment, dès lors, mettre au pas le salarié français, lequel met du cœur à l’ouvrage, cherche du sens dans ses heures ouvrables et ne renonce pas si facilement aux règles de l’art et de la solidarité ? Comment le soumettre, au Pays de la lutte des classes et du  CDI majoritaire, qui plus est quand le Code du travail est d’une si belle étoffe ? «En s’adressant à des ressources humaines plutôt que professionnelles», répond la sociologue. Depuis les années 80, l’idée est là qu’il faut «gérer» affects, émotions, subjectivité.

Plus on insiste sur l’humanité des salariés, et moins on les prend au sérieux comme expert de leur travail, ayant leur mot à dire dans les choix organisationnels et stratégiques de leur entreprise. Ce sont toujours d’hommes et de femmes qu’il s’agit, et non de professionnels qui peuvent avoir un point de vue argumenté sur le changement proposé.

La contradiction est flagrante. Les directions affichent un slogan de velours – l’humain au cœur de l’entreprise – mais la prévalence des burn out signale que quelque chose cloche au royaume des bons sentiments:

Le drame du travail contemporain ne vient pas, paradoxalement, de ce qu’il est déshumanisant mais au contraire du fait qu’il joue sur les aspects les plus profondément humains des individus. Au lieu de s’adresser aux registres professionnels qui permettent d’établir une délimitation entre ce que ces individus engagent au travail et ce qu’ils sont, le management moderne joue sur le registre personnel des salariés.

Fini le temps du bonjour compassé du directeur à son subalterne.  Toujours cool, le «n+1» tend patte blanche à son salarié sur le mode l’entreprise-est-à-nous-tous-et-ton-avis-nous-intéresse. En réalité,  ce mélange des genres fragilise les gens. Sous son blanc manteau, l’orientation humanisante est dangereuse ; si l’affaire tourne mal, ce n’est plus un professionnel qui sera jugé par ses chefs mais la personne toute entière, livrée à une évaluation critique parfois fatale. Or rappelle la chercheuse, «chaque personne au travail a ses propres intérêts sur lesquels elle doit veiller, intérêts financiers mais aussi de gestion de sa santé, à savoir s’économiser physiquement et psychiquement  pour ne pas s’épuiser au travail et pouvoir durer.»

Accélération du temps

Toutes ces observations,  Danièle Linhart les a exposées plus d’une fois, parfois à ses risques et périls. Elle se souvient d’un symposium, il y a quelques années, réunissant deux cents responsables du service public et d’entreprises privées dans un pavillon chic, non loin des Champs Elysées. Un thème, ce jour-là: le pacte de confiance. Pacte entre le client et son vendeur, pacte entre le client et son prestataire mais pacte surtout entre le salarié et sa hiérarchie. La chercheuse avait pris place sur la tribune entre deux gradés, succédant à un représentant d’Orange venu disserter sur la nécessité de «réhumaniser le travail». Parler davantage avec le personnel, être plus proche, appeler les gens par leur prénom, ne pas oublier de serrer la main – c’était à l’époque des suicidés en série.

Danièle Lihnart avait protesté contre cette comédie. Sans être hostile, bien sûr, à une certaine chaleur autour de la Nespresso (qui le serait ?), elle est soucieuse de rappeler que c’est sa professionnalité, justement, que le salarié veut voir respecter, laquelle constitue sa force et lui donne sa légitimité. Bien plus que sa dimension d’être humain, qui n’est pas remise en cause. (D’ailleurs, pourquoi le serait-elle ?)

Ce jour-là, des ricanements se sont fait entendre dans l’assistance. Du parterre de DRH se sont élevées des voix pour dire que oui,  on assume parfaitement d‘attendre du recruté un maximum d’implication, qu’un employé qui n’est pas prêt à faire allégeance n’a pas sa place dans l’entreprise. Danièle Linhart est apparue comme une sociologue marxisante au discours ringard. Souvenir vertigineux pour elle, ce jour-là  prise d’un mal qu’elle s’évertue à décrire: le syndrome du has been. Le sentiment d’être dépassé fait des ravages en entreprise et ce n’est pas non plus fortuit:

Cet argument de l’accélération infinie du temps devient une arme de guerre. Non seulement, il conduit à déstabiliser sans cesse les salariés, à brouiller leurs repères et à défaire leurs ancrages, mais il désamorce toute tentative d’analyse critique.

Le voilà, l’inavoué: le changement perpétuel est utilisé comme une stratégie de prise de contrôle. «Le mal qui nous guette les unes et les autres, et qui suscite une antique terreur comme la lèpre, a pour nom l’archaïsme,  il est à l’image de la dévalorisation dont souffrent chroniquement les personnes âgées dans la société, les seniors dans les entreprises, considérés comme des boulets dont il faut se débarrasser au plus vite.»

L’entreprise n’est pas toujours tendre avec le salarié de soixante, voire de cinquante ans, chassé par les plans sociaux – cette triste valse aux adieux. Un salarié de soixante ans qui se sent «vieux con» dans le regard de son patron quadragénaire est attaqué dans son autre ressource fondamentale: l’expérience, laquelle autorise le point de vue, la liberté d’esprit, la critique, possiblement la contestation. Un vieux salarié cassé est une bombe désamorcée.

Et tant pis si le départ des anciens risque de vider l’entreprise d’une partie de sa mémoire. Ou plutôt tant mieux, devrait-on dire, car c’est précisément le but recherché. L’une des ruses modernes du management consiste à produire de l’amnésie. Les temps changent, entend-on comme un refrain, il faut sortir de l’archaïsme. D’où le changement perpétuel et sa kyrielle de recompositions, réformes, refontes, réorganisation des espaces de travail, déménagements, sous prétexte de ne laisser personne «s’enkyster». Ce qui alimente l’amnésie, poursuit Danièle Linhart, c’est que les représentations mentales antérieures disparaissent. Où êtes-vous conflits sociaux et rapports de force ? Où sont-elles, les banderoles portant haut le refus de l’exploitation et la lutte des classes ?

Distiller le doute est devenu la technique moderne d’affaiblissement de la professionnalité. A l’ère du management nappé d’humanisme et de cool, chacun est prié de donner le meilleur de lui-même, dans un cadre professionnel présenté comme bienveillant.

Le cadre, d’ailleurs, est pensé pour : en échange d’une production de chartes éthiques et de codes déontologiques, la direction demande toujours plus de loyauté, flexibilité, mobilité, investissement, engagement, attachement à la marque. Les anciens se cabrent. Les nouveaux arrivés, pour la plupart, jouent le jeu  et ferment les yeux sur les misères faites à leurs aînés, jusqu’au jour où le milieu festif se transforme en jungle. Le débutant, devenu parent à son tour, se trouve dans l’impossibilité d’établir la frontière mentale nécessaire entre une vie professionnelle chronophage et sa maison, où il voudrait bien rentrer avant l’heure du bain et des aventures de Motordu,  et si possible pas trop exsangue.

On assiste à un paradoxe dérangeant, qui veut qu’au moment où on en demande de plus en plus aux salariés, excellence engagement total et prise de risque, face à un travail de plus en plus complexe, on les plonge artificiellement dans un état de fébrilité, un sentiment de peur et d’impuissance qui tend a paralyser leur activité.

Danièle Linhart décrit fort bien le grand malaise diffus contemporain, qu’elle appelle «précarisation subjective du salarié» :

L’instabilité fait partie du paysage habituel des entreprises modernes qui se veulent adaptées à un monde plus fluctuant et exigeant. Mais derrière cette image d’Epinal se cache une réalité bien plus aride : celle de l’inconfort, voire d’un certain degré de souffrance comme levier pour obliger le salarié à rendre les armes et à se transformer en relais efficace des méthodes et de la qualité de travail voulues par leur direction.

Avec ce livre, on comprend l’importance de bien nommer les choses aussi au travail. Dans les open spaces fleuris d’aujourd’hui, le malaise ne doit rien au hasard. C’est une politique.

Anne Crignon

La comédie humaine du travail. De la déshumanisation taylorienne à la sur-humanisation managériale
par Danièle Linhart
Editions Erès
152 pages, 19 euros.

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By V. Kumar, Yashoda Bhagwat, and Xi Zhang   

It’s a hypercompetitive market and you are doing everything you can to retain your customers, yet you know that no matter what you do, you will still lose some customers to competitors. The competition to acquire new customers is fierce. How do you maintain your customer base? Our research team at Georgia State University looked at a large national telecommunications firm and found that it can be profitable to go after lost customers and win back their business. While it may seem counter-intuitive to spend time and money on customers who chose to leave, the reality is that you can’t retain every customer and acquiring brand new customers is expensive. Luckily, the game is not over when you lose a customer and you can revitalize your relationship. To successfully win back profitable customers who are worth your effort, you…

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Ces patrons qui aiment leurs équipes…

4190811941_98497f9c4d_bSelon Antoine de Saint-Exupéry : “vous ne pouvez commandez ces gens que si vous les aimez”. Les dirigeants qui aiment leurs équipes, qui considèrent les femmes et les hommes qui composent leurs organisations autrement que comme des indicateurs ou des centres de coûts, qui osent une vraie relation humaine qui dépasse la politesse professionnelle existent et atteignent des résultats à rendre jaloux. Vous en doutez ? (publié initialement dans le Peoplesphere 193)

Don’t manage. Love

Ne pas gérer mais apprendre à aimer ses collaborateurs et ses collègues. Voilà un changement de paradigme qui décoiffe. Et pourtant, quoi de plus normal et de plus naturel. Nous passons plus de temps au bureau que de temps avec notre famille et nos amis. Nous savons également pertinemment que la qualité de la relation avec ses collègues et son boss est un facteur essentiel dans la rétention des talents et nous nous délectons d’un esprit d’équipe serein et solidaire. Il est considéré comme normal de sympathiser avec ses collègues. Pourquoi faudrait-il que nous continuions à déshumaniser nos relations hiérarchiques sous prétexte que les écoles de management nous abreuvent de bons conseils (gardez vos distances) ou que la force de l’habitude nous pousse à souffrir de schizophrénie en ayant une personnalité pour la maison et une pour le bureau. Vous ne trouvez pas ça épuisant, vous, d’être schizophrène?

Des chiffres et des faits

Plus fort encore que le poids d’une bonne santé mentale, c’est le choc des chiffres. Mettre les collaborateurs et leur bonheur au centre des préoccupations de l’Entreprise serait source de profit et de croissance durable. Dans une économie morose et déprimante, voilà de quoi donner la pêche aux managers de tout niveau.
Une utopie? Hélas non, chers sceptiques : une réalité chiffrée.

En février 2015, la Belgique et la France découvraient le film de Martin Meissonnier, le Bonheur au Travail, co-produit par la RTBF et ARTE. Dans ce documentaire, le réalisateur met en évidence des sociétés à travers le monde qui cultivent le Bonheur au Travail. Et les résultats atteints par ces entreprises dépassent toutes les prédictions. Meilleure performance, meilleurs résultats financiers, plus de parts de marchés, plus haut biveau d’attraction, meilleure réputation en tant qu’employeur, plus d’engagement… Ce sont là bien là des indicateurs qui parlent tant aux Conseils d’Administration qu’aux dirigeants soucieux de la bonne santé de leurs entreprises.

Si vous doutez de la véracité de ces affirmations, n’hésitez pas à vous intéresser aux cas de la biscuiterie Poult (+ 12% de croissance dans un marché à -2%), des spécialistes des réparations de flexibles Chronoflex (+15% de chiffres d’affaire dès la mise en place d’un système de rémunération décidé par les collaborateurs eux-mêmes), de la fonderie FAVI (+ 60% de parts de marché et leader mondial dans son domaine), la société de services informatiques HCL Technologies (qui a triplé son effectif passant de 30.000 à 90.000 personnes et dont le CEO a sorti un best seller “Employees first”). Que dire également du Ministère belge (SPF) de la Sécurité Sociale dont nous avons évoqué de nombreuses fois les résultats récurrents positifs dans les domaines financiers, écologiques, opérationnels et bien sûr humains? Si ça marche dans un ministère, quelles seraient les bonnes raisons que cela ne fonctionne pas chez vous? La raison trop souvent invoquée, c’est le “Top Management”. Ce fameux Top qui a d’autres occupations, qui ne voudra jamais, qui “ho… vous savez bien…”. Et pourtant…

Que peut-on apprendre de ces leaders qui aiment leur équipe?

Un dirigeant qui aime ses collaborateurs, ce n’est pas si rare même si, souvent, il ne le dit pas, peut-être par pudeur. Et ceux qui s’expriment sans réserve sur le sujet ont généralement le bonheur de recevoir en contrepartie une dose d’amour au moins aussi grande que celle qu’ils donnent. Oui, il faut donner pour recevoir et l’investissement du premier pas est rapidement rentabilisé. Prenons exemple sur quelques patrons des plus inspirants…

Mark Sebba

Mark Sebba est le CEO le plus aimé au monde. Ce qualificatif, il l’a obtenu de la part de ses collaborateurs le jour de son départ à la retraite.
Mark Sebba est un financier qui, en 2003 est devenu le CEO de Net-a-Porter, une société de vente de vêtements de luxe en ligne. Il a contribué à la croissance phénoménale : un petit 6 millions en 2003 au chiffre d’affaires impressionnant de 550 millions en 2013. La société a été évaluée à 2,5 milliards de livre sterling au début 2014. Rien que ça.
Mark Sebba est un homme discret, un bosseur. Un innovateur. Un preneur de risque qui a lancé différentes start-ups (Mr. Porter, Outnet.com) et le premier magazine de mode en ligne complètement “shoppable”. Une révolution dans les magazines de mode.
Mark Sebba, est un CEO dont le bureau est tout simple, sur un paysager, au milieu de ses troupes.
Sa présidente du Conseil d’Administration ne tarissait pas d’éloges sur ses qualités d’intégrité, de sagesse, de force et d’accessibilité. C’est également ce qu’en disent les 2500 employés à travers le monde. Pour vous en convaincre définitivement, visionnez la vidéo que nous avions postéeici.

Thierry Marx : “Oui au management de l’amour”

Si vous avez la chance de rencontrer Thierry Marx (chef étoilé au parcours atypique, jury sévère mais juste de Top Chef) et d’entreprendre avec lui une conversation sur le management, vous serez autant emportés qu’à la découverte de ses plats.
Ecouter Thierry Marx, c’est être captivé par la justesse de ses propos, lui qui est pétri d’amour pour ses équipes et de respect pour ses clients. Car Thierry Marx le dur, l’exigeant parle d’amour au travail. Il vous encourage à développer des relations d’amour et d’amitié au travail, même en tant que manager. Selon lui, le leader social est celui qui est la courroie de transmission de l’épanouissement personnel et professionnel de ses collaborateurs. La finalité de l’existence de sa fonction est de tirer le meilleur de chacun pour contribuer aux objectifs collectifs. Enfin, Thierry Marx encourage le Bonheur au Travail : le Bonheur est ce qui fait oublier la peur et la peur est source d’échec.

Thierry, Frédéric, Michel, Nicolas, Frédéric et les autres…

Lors des Journées du Bonheur au Travail organisées à Paris en février, j’ai eu le plaisir d’animer une table ronde avec 5 dirigeants d’entreprises françaises : Thierry Gaillard, CEO d’Orangina Schweppes, Frédéric Lippi, président du Conseil d’Administration de Lippi (PME de l’année 2012 et Entreprise de l’année en transformation digitale 2014), Nicolas Peltier, CEO d’Anatole (leader européen du telecom expenses management), Frédéric Peduzzi, CEO de Peduzzi Constructions et Michel Hervé, fondateur et président du Groupe Hervé (plus de 30 sociétés).

La conclusion de ces 5 dirigeants était unanime : si vous ne croyez pas au Bonheur au Travail, si vous n’êtes pas convaincus du bien fondé de la démarche, n’y allez pas. Surtout, n’y allez pas! Mais préparez-vous à ce que votre business meure à plus ou moins court terme.

Leur message est sans équivoque : un vrai leader connaît son équipe, apprécie chacun de ses membres pour ce qu’il ou elle est. Un vrai leader agit avec ses collaborateurs et ses clients comme il agit avec ses proches : il est courageux, sincère, généreux, humble. Il a de l’humour et il est sur le pont quand la tempête souffle. Il prend les décisions qui s’imposent et est fier de mettre son équipe en situation de succès. Il se réjouit du succès collectif et est intraitable avec l’arrogance individuelle.

Le déclic

Ce n’est peut-être pas naturel d’être un leader inspirant lorsqu’on a, pendant des années, mené ses troupes à la baguette, avec carottes et autres coups de bâtons. Lorsqu’on a infantilisé ses collaborateurs. Lorsqu’on s’est épanoui dans un climat de compétition et de méfiance. Ou lorsqu’on a au-dessus de soi un handicapé des relations humaines obnubilé par ses chiffres et ses rapports.

D’expérience, ces leaders qui ne rougissent pas lorsqu’on leur parle d’amour parlent d’un déclic. Il s’agit d’une rencontre, d’un accident de vie, de l’envie de ravir, du besoin de dépasser son intérêt propre. Qu’importe.

Mais une fois le déclic enclenché, c’est comme avoir sauté d’un avion pour un saut en chute libre : il n’y a pas moyen de revenir en arrière. Il s’agit d’appréhender, avec sagesse et bienveillance, ce nouvel état d’esprit : un leader aimant est un leader performant.

Don’t manage. Love… parce tous ceux qui nous entourent le valent bien !

Leadership Cycle: Is History destined to repeat itself?

World history is usually taught as the history of civilizations. The significant facts are generally the ones that have had a bearing on the development of those civilizations. Human history is an unending series of repeated cycles. The world is round and almost everything goes through cycles. There are life cycles, climate cycles, economic cycles and political cycles to name a few. Just look at the circular dial of a watch: the hand revolves around and around, as time recurs in a cycle. It can be argued that leadership like the rest of our affairs is essentially cyclical in character. Effective leadership is commonly viewed as central to organizational success.

The Leadership cycle includes five stages – Awareness, Development, Maturity, Reinvention and Decline.

Stage 1. Leadership Awareness – A leader is born. A situation arises, a leader steps forward, takes the helm and acts in that capacity. He / she creates the vision and sets goals.

Stage 2. Leadership Development – Based on the organization, type of business, environment and people, the appropriate leadership style is developed. Growth is achieved by observing other leaders as well as from personal experiences.

Stage 3. Leadership Maturity – Leaders at this stage have proven performance. They are confident with their experience and in their abilities and so may become complacent believing what worked in the past will work in the future. They think that past behaviours are indicators of future success. Many managers get stuck in this stage and skip Stage 4 (Reinvention) fast forwarding to the Stage 5 (Decline).

“The illiterate of the 21st century will not be those who cannot read and write, but those who cannot learn, unlearn, and relearn.” ~Alvin Toffler

Stage 4. Leadership Reinvention –This stage is characterized by adaptability and openness to change. Learning is a lifelong process. Successful leaders are always reinventing themselves. They are constantly surveying the environment thus recognizing the external and internal trends and making the necessary personal changes.

Stage 5. Leadership Decline- Everything comes to an end. A leader must accept when their journey is over and let go. At this stage, once succession planning was embraced the leader’s legacy lives on. The goal of true leaders is not to make more followers but more leaders.

Unethical behavior or poor performance can thrust a leader to the Stage 5 (Decline) thereby skipping the sequential order of stages.

 The Economic Cycle and Leadership Styles

Does the economic cycle correlates with the different leadership styles? Just remember nothing happens in isolation. Everything is interrelated. When the economy is booming do we tend to lean towards more participative leadership styles however when there is a downturn do we embrace bureaucratic styles?

Think back to the days of the Great Depression where command and obey was the accepted nature of leadership at this time. We see today with the global financial crisis and slowing global economy companies are adopting stringent tactics (downsizing, layoffs…etc) and some are even reverting to scientific management and authoritarian leadership styles.

There a few leaders like Richard Branson, CEO Virgin Group, who really embrace the transformational or charismatic leadership style. On the other hand, Yahoo’s CEO Marissa Mayer, represents the face of  autocratic leadership which many leaders are adopting to combat the economic downturn.

If you don’t pay attention to the past, you’ll never understand the future. It’s all linked together.”~ Sarah Dessen

Does history repeats itself? There is a popular saying that history repeats itself every 40 years .

Let’s take a snapshot of the US within three, forty year periods:

1920s -1930s:  The Great Depression – The immediate postwar period was one of labour unrest and racial tensions. The depression originated in the United States, after the fall in stock prices that began around September 4, 1929.Unemployment in the U.S. rose to 25%. Businesses and factories shut down,banks failed. It had devastating effects in countries all over the world.

“Don’t forget what I discovered that over ninety percent of all national deficits from 1921 to 1939 were caused by payments for past, present, and future wars.” ~ Franklin D. Roosevelt

1960s -1970s: The U.S. economy entered into the so-called mini-recession of 1966-67. There was high levels of unemployment. Federal budget deficits grew, foreign competition intensified, and the stock market sagged. Military spending also increased as American’s presence in Vietnam grew. Racial tension heightened. Martin Luther King Jr. was assassinated in 1968 which sparked multiple riots.

2000 – 2010: Military spending increased in the US with its war on Iraq. In 2007 the Global financial crisis hits which resulted in billions in losses. The stock market crashed. Banks failed. Many companies closed their doors.Unemployment hit an all time high. Racial tensions in the US on the rise. The Global financial crisis leads to a slowing global economy and the subsequent European debt crisis.

To a certain degree some of these factors can be attributed as a cumulative effect of poor leadership on multiple levels.

The Future

 The 21st century requires forward thinking ethical leaders who embrace the bigger picture. They are interested in how their decisions will affect the future. They foresee the road ahead and make the necessary strategic plans. They don’t just look ahead but behind as well to determine the best plan for progress. They don’t get complacent with success.

 They are always asking pertinent questions:

  1. What has worked for us in the past?
  2. Where did we go wrong?
  3. How can we improve?
  4. Why haven’t we adopted this strategy?
  5. Will this strategy be relevant tomorrow?

« You can‘t connect the dots looking forward,you can only connect them looking back, soyou have to trust that the dots will somehowconnect in your futureeven when it leads you off the well-worn path. » ~ Steve Jobs

Several trends represent the changing contexts that play a crucial role in leadership development:

1. The Role of technology – Rapid advances in technology are constantly changing the way we lead.

2. Multicultural leadership – There has never been such a mix (melting pot) in the workforce as before. Embracing diversity is a must for every leader.

3. A Greater concern for followers – Millennials are expecting and demanding more: Reward, recognition and training and development is essential for job satisfaction. Another major concern is work life balance. Leaders must understand that a person’s work and personal life have reciprocal effects on each other.

4. Increasing interest in the integrity and character of leaders – The 1990s witnessed ethical lapses among senior executives and pointed to the fact that greater emphasis on leaders character and values ought to be required.

5. Competitive global environment. The global playing field has leveled. Embracing change management (How to Be an Effective Change Leader)and a culture of learning is a crucial for an organization to be able to compete in the global marketplace.

« Those who do not remember the past are condemned to repeat it. » ~ George Santayana

History clearly shows that it repeats itself.

If we would study the past, it has the keys to unlock the mysteries of the future. The beliefs, habits and practices from our past are powerful tools if used as a springboard into the future. Effective leaders selectively hold onto certain elements of the past, whilst they focus on investing in building for the future.

Are we doomed to repeat the same mistakes? Not necessarily, that is why it’s important to understand the lessons from the past, the realities of the present, and the likely consequences of a decision for the future. We don’t just enter the future. We create it.

« The world we have created is a product of our thinking; it cannot be changed without changing our thinking.” ~ Albert Einstein

By

Brigette Hyacinth

Director & Founder of MBA Caribbean Organisation