Category Archives: Economie

RH AU BOUT DU MONDE

visuel_dossier_ressources_humaines_internationales.jpg

Marie Gorgeon, Directrice des Ressources Humaines – Communauto (Service d’auto-partage) – Canada


Séduite une première fois par le Québec dans le cadre de son année de maîtrise, Marie a cherché, des années plus tard, à y retrouver une fonction centrée sur l’homme au sein de son organisation.


Dans quelles circonstances avez-vous été amenée à vous installer au Canada ?

J’ai étudié au Québec en 2003-2004, dans le cadre de mon année de maîtrise, et j’y avais apprécié une formation dédiée à l’accompagnement de l’être humain dans son environnement de travail. J’ai commencé à travailler en France en gardant en tête cette vision de l’organisation. En 2010, j’ai décidé de déposer une demande de visa d’immigration pour le Canada, en espérant y trouver à la fois une approche de la fonction RH plus en phase avec mes attentes et des perspectives d’évolution professionnelle plus rapide qu’en Europe.

Comment avez-vous trouvé votre emploi dans votre pays d’accueil ?

J’ai commencé à chercher avant mon départ en prenant contact à distance avec des professionnels RH canadiens et en prenant connaissance de l’ordre des conseillers en Ressources humaines. En arrivant au mois d’octobre, j’ai finalisé mes démarches administratives locales (assurance santé, permis de conduire…), tout en commençant mes recherches. En novembre, j’ai candidaté pour un poste de « Conseillère en Ressources Humaines », un rôle un peu junior pour moi, mais qui me permettait de prendre pied dans une entreprise québécoise dans un rôle de généraliste, confrontée au droit et aux modes de travail locaux. En décembre, j’ai été choisie pour le poste et j’ai démarré en janvier 2013.

Quelles ont été vos premières impressions ?

Au début, c’était la déconvenue : j’avais précédemment travaillé comme consultante dans l’accompagnement du changement et gardé l’habitude de m’approprier rapidement le contexte de mes clients pour passer à l’action. Dans l’entreprise qui m’avait embauché tout allait lentement, le mode de management et la gestion des ressources humaines étaient très traditionnels. On me demandait d’observer, alors que je ne demandais qu’à me voir confier des projets.

J’ai ensuite été rattachée directement au dirigeant de l’entreprise pour accompagner la transformation, avant d’être nommée Directrice des Ressources Humaines dans le cadre de la nouvelle organisation. Depuis, je me réalise pleinement !

Quelles différences avez-vous constatées dans la manière dont les RH sont traitées en France et dans votre pays d’accueil ?

De mon point de vue, il existe moins de contraintes légales : par exemple embaucher et débaucher quelqu’un est bien plus simple. Cela dit, le revers c’est que parfois les employés peuvent se saisir du harcèlement moral, ou psychologique plus facilement qu’en France. L’action individuelle semble être plus facile. Il est par conséquent d’autant plus important de partager au sein de l’entreprise des principes d’équité, de rigueur et de transparence.

La taille de l’entreprise et le besoin d’évoluer me permettent d’œuvrer comme je le souhaite : garder une gestion proche des opérationnels, garder l’Individu au cœur des pratiques.

Dans mon rôle, je passe beaucoup de temps en immersion auprès des équipes opérationnelles. Dans la même logique de proximité, nous avons mis en place des comités d’employés afin de les associer aux décisions qui vont les impacter.

Enfin, la DRH est consultée en amont des décisions stratégiques, dans lesquelles elle est engagée et qu’elle accompagne inévitablement par la suite.

Comment la fonction RH est-elle reconnue au Canada ?

Il existe un ordre des conseillers en Ressources Humaines, accessible au terme d’un contrôle des connaissances sur l’ensemble des facettes de la fonction. Il n’est pas obligatoire d’y adhérer, mais c’est un réel atout : L’adhésion donne notamment accès à des formations, conférences et à un réseau de professionnels. Il m’a fallut tout de même passer le test d’entrée malgré mes diplômes et mon expérience ainsi que mon poste actuel.

Le fait d’être ressortissant étranger constitue-t-il un atout ou un handicap dans votre travail au quotidien ?

Je le vois plutôt comme un atout : j’apporte le mode de pensée cartésien propre à la culture française, l’esprit d’analyse, la rigueur et l’anticipation. Je trouve les québécois très réactifs et parfois malheureusement pas assez en confiance par rapport aux ambitions qu’ils pourraient avoir. Ils travaillent beaucoup sur le mode du partenariat et afficher un leadership trop affirmé peut être mal vu. Le consensus est plus recherché qu’en France, ce qui a du bon et du moins bon selon les cas. Il faut bien entendu dépasser les stéréotypes : au-delà des aspects culturels, le parcours individuel est très marquant. A titre d’exemple, mon expérience de consultante représente un réel avantage dans le contexte de mon entreprise, et mon expérience en France me permet « d’importer » les bonnes pratiques que j’ai acquises et de les adapter ici. Je suis aussi, de par mon parcours, très attachée à la diversité dans le cadre de mes recrutements et au développement des individus. Enfin, il est essentiel d’être à l’écoute des besoins de son organisation et de son environnement pour ne pas copier-coller des solutions, mais apporter ce qui a une vraie valeur ajoutée.

Comment voyez-vous la suite ?

Je viens d’acheter un logement au Québec : cela montre bien ma volonté de prolonger l’expérience ! J’ai intégré une entreprise en croissance, notamment par rachat d’autres structures avec des questions RH passionnantes, tant du point de vue légal que des modes de fonctionnement. Nous nous orientons également vers l’international et avons une équipe en France, ce qui m’offre un contact régulier avec mon pays d’origine. D’un point de vue personnel, mon poste est très varié, je gère mon emploi du temps, je peux télé-travailler si je le souhaite, je suis membre du Comité de Direction et j’ai une certaine latitude sur de nombreux sujets stratégiques : je doute que j’aurais pu accéder à un tel poste à mon âge en France.

Quels conseils donneriez-vous à un RH étranger qui souhaite s’installer au Canada ?

Je recommanderais de commencer par demander un permis de travail « ouvert » à tout employeur et à participer aux sessions d’information sur la recherche d’emploi. En tant que professionnel des Ressources Humaines, certains peuvent considérer que c’est superflu, mais lorsqu’on s’installe dans un nouveau pays, cela permet de mieux en saisir les codes et aussi d’ouvrir son réseau. En tant que nouvel arrivant, je pense qu’il faut être humble, tant au niveau du poste recherché que de la rémunération, pour pouvoir faire ses preuves et évoluer. Et vouloir travailler fort !

Je recommanderais aussi de s’inscrire à l’ordre des conseillers en Ressources Humaines pour être reconnu et, encore une fois, développer son réseau, qui est extrêmement important au Québec. Il est préférable de toujours sortir avec une carte de visite pour ne pas rater une prise de contact. J’ai, par exemple, rencontré ma nouvelle collaboratrice à l’occasion d’un apéritif RH ou, plutôt un « 5 à 7 », comme on dit ici !

Êtes-vous un champion du recrutement?

Les vrais champions adorent comparer leur pointage avec celui des autres. Les vrais champions sont compétitifs! Si vous comprenez ce concept, il devrait être facile pour vous de comprendre comment séparer les champions du recrutement des autres. Proposez-leur de comparer leur pointage  sur un tableau de bord! Les pires recruteurs ou les pires agences réagissent habituellement négativement lorsqu’on leur parle de les évaluer, de les mesurer et de les comparer. Les excuses que j’entends le plus souvent sont : « les professionnels n’ont pas besoin d’être mesurés » ou « le recrutement, c’est trop suggestif ou trop soft pour être mesuré », ou encore « Ce n’est pas ma faute, c’est le contexte qui est difficile ». Voilà ce que je réponds : mon œil ! Des excuses, toujours des excuses! Un VRAI champion du recrutement n’aura pas peur d’être évalué sur des bases quantitatives.

Que ce soit dans le sport, dans les ventes, à l’école, dans le divertissement ou dans le recrutement; les VRAIS champions, non seulement adorent être mesurés, mais ils adorent être classés et comparés avec leurs pairs.

J’ai récemment participé à un atelier de définition de tableau de bord en recrutement avec une équipe de recruteurs. Bien qu’il existe une ambiance de camaraderie au sein de cette équipe, on pouvait aussi sentir la compétition! Ces gens n’avaient aucune crainte vis-à-vis le fait d’être mesurés et comparés à des objectifs ou des benchmarks. J’avais le goût de dire à leur patron : « Bravo! Tu as une équipe de champions! »

On ne peut pas savoir si l’on s’améliore si l’on ne mesure pas nos résultats! Ce que l’on mesure s’améliorera, et ce, parce que notre concentration et notre attention augmenteront automatiquement.

Tout ce qui est important dans une organisation est mesuré : le profit, les ventes ou le service à la clientèle. À mon avis, si l’on ne mesure pas quelque chose, c’est qu’on y accorde peu ou pas d’importance. Donc, si vous voulez envoyer le message que votre équipe de recrutement n’est pas performante, ne mesurez rien! Vous n’avez pas le choix : vous devez mesurer.

Quelques exemples de tableaux de bord

Voici quelques exemples de tableaux de bord afin de mesurer la performance de vos champions. Notez que toutes les données utilisées sont fictives.

Exemple no 1

Cet exemple nous montre un comparatif de tous les recruteurs d’une organisation ainsi qu’un comparatif avec la moyenne et un benchmark. Ce tableau de bord pourrait être utile à un gestionnaire d’équipe de recruteurs. À moins d’avoir une équipe de recruteurs très mature, il n’est pas conseillé de dévoiler un tel tableau de bord à tous les membres de l’équipe.

tableau1

Exemple no 2

Dans cet exemple, on voit la performance d’un recruteur par rapport à la moyenne des autres recruteurs. Le tableau de bord montre aussi le pourcentage d’amélioration par rapport à la période précédente (dans ce cas l’année précédente). On y insère un élément de compétition en comparant la performance de notre recruteur à celle de la moyenne des autres recruteurs.

tableau2

Exemple no 3

Dans cet exemple, on voit la performance d’un recruteur tout au long de l’année (par trimestre) ainsi que sa performance moyenne trimestrielle. Dans ce cas, on ne compare pas l’individu aux autres, mais bien à lui-même.

tableau 3

10 principes de base

Avant de commencer à développer votre tableau de bord, il faut s’assurer de bien comprendre les 10 principes de base qui suivent :

La participation de tous est vitale

Vous pouvez certainement imposer les indicateurs sur lesquels vos recruteurs seront mesurés. C’est votre droit, vous êtes le patron, mais (il y a toujours un mais) la meilleure façon de procéder est d’impliquer toutes les parties prenantes. La participation des recruteurs augmente leur compréhension et leur acceptation des indicateurs. Il est donc important de les impliquer dans la phase de sélection. Je ne négligerais pas non plus l’apport des gestionnaires-embaucheurs.

Soyez réaliste, les indicateurs sont pleins d’ambiguïtés

Le parfait indicateur ou l’unique indicateur, ça n’existe pas! Plusieurs mesures sont tirées d’éléments que l’on pourrait qualifier de soft ou de flous, telle que la marque employeur ou la satisfaction du client, par exemple. Il faut donc accepter les limites de certaines mesures ainsi que leur ambiguïté.

Personne ne contrôle le processus dans son entièreté

Vous devez simplement ignorer (faire la sourde oreille) les plaintes de vos recruteurs sur le fait qu’ils ne contrôlent pas tout le processus et qu’ils sont à la merci du gestionnaire-recruteur, du processus d’accueil (on-boarding) ou de la rémunération. Oui, les recruteurs partagent les responsabilités du processus de recrutement avec d’autres interlocuteurs, mais il en est de même pour tous les processus de l’organisation. Il faut plutôt se dire qu’il s’agit de la responsabilité du recruteur d’agir comme influence positive sur les autres parties impliquées. Le recruteur doit forcément être l’influenceur des prospects et des candidats, mais il doit aussi pouvoir user de son pouvoir de persuasion sur le gestionnaire-recruteur.

Des comparatifs sont nécessaires

Le niveau de difficulté ou l’impact d’un recrutement n’est probablement pas le même pour tous les recruteurs de votre équipe. C’est pourquoi la performance individuelle des recruteurs doit être comparée à un certain standard. Celui-ci peut provenir du niveau de performance de la période précédente, de la moyenne des années passées, de la pire ou de la meilleure performance à vie dans votre organisation ou même de la performance dans votre secteur d’activité. En tant que gestionnaire, vous devez pouvoir classer vos recruteurs afin de les comparer entre eux. Dans les cas où les mandats de recrutement varient beaucoup d’un recruteur à l’autre, vous pouvez évaluer les recruteurs selon le pourcentage d’amélioration par rapport à la période précédente.

Minimiser le nombre d’indicateurs utilisés

Il devrait y avoir au moins un indicateur par domaine de mesures — volume, qualité, temps, coût et satisfaction. Pour éviter la confusion, il ne devrait pas y avoir plus de 10 indicateurs dans votre tableau de bord. N’oubliez pas que de maintenir un indicateur à jour demande temps et patience. Avec l’expérience, votre nombre d’indicateurs devrait baisser et se raffiner.

 Éviter les mesures qui sont longues à calculer

Éviter de choisir des indicateurs qui sont difficiles, longs et onéreux à calculer (par exemple, le coût par embauche pour chaque recruteur). De plus, les indicateurs doivent permettre de changer les comportements.

 Intégrer des mesures qui favorisent l’esprit d’équipe et la coopération

Même si vous mesurez la performance individuelle des recruteurs, vous ne voulez pas nécessairement générer des comportements égoïstes. Il faut donc mesurer (et récompenser) les recruteurs pour leur travail d’équipe, le support apporté à leurs collègues ainsi que pour le partage de l’information.

 La publication d’indicateur est très énergisante

Le fait de publier un classement par indicateur est très puissant, car cela augmente la compétition interne et permet aussi d’identifier les plus performants. Ces derniers peuvent servir d’exemples ou de mentors pour les autres.

 Ne pas publier trop souvent

Une publication par mois est plus que suffisante. Dans plusieurs cas, une publication  trimestrielle ou bisannuelle peut être adéquate.

La reconnaissance et les récompenses sont nécessaires

Le suivi d’indicateurs améliorera la performance (je vous le garantis), mais qu’est-ce qui fera en sorte que l’amélioration sera plus rapide? Lorsque la performance sera reconnue ou récompensée, ou bien les deux!

Dans mon prochain billet, je m’attarderai davantage sur les indicateurs à mettre dans vos tableaux de bord, suivis de la performance des recruteurs. En attendant, commencez à mesurer! Comme je le dis souvent (même si la phrase n’est pas de moi) : « Tout ce qui se mesure s’améliore. »  Bonne chance!

QU’ATTEND LE CONSOMMATEUR CONNECTÉ ?

L’étude mondiale « Commerce Connecté » par DigitasLBi révèle une croissance dans l’utilisation des devices connectés, dont les objets connectés, et une hausse du social commerce ; poussant les retailers à personnaliser l’expérience shopping pour augmenter les ventes.

Principaux enseignements de l’étude :

Le nouveau consommateur connecté

En plus des ordinateurs, smartphones, tablettes et TV connectées, le consommateur s’empare aujourd’hui des objets connectés, avec 17% des consommateurs dans le monde à les utiliser (17% en France également). Le lancement de l’Apple Watch devrait notamment accélérer cette tendance, et toutes les possibilités d’applications en store que cela suggère (préparation de shopping list, vouchers, etc.).

L’étude dépeint un consommateur habitué à aller au-delà de l’expérience ecommerce traditionnelle : 84% des français achètent en ligne (75% dans le monde), 22% de t-commerce (20% monde) et 19% de m-commerce (28% monde). Elle sert aussi à préparer les achats, 90% des consommateurs français recherchent en ligne en vue d’achats hors ligne (ROPO – Research Online Purchase Offline).

Les services en ligne attirent ce nouveau consommateur, impatient et enclin à l’achat spontané, où il le veut, quand il le veut : 68% des français pratiquent le pick-up in store (51% à l’échelle mondiale, 73% au UK), les livraisons express seront bientôt une réalité (une heure ou un jour), le shopping en un clic se développe, le bouton « acheter » apparaît déjà sur Twitter et Facebook.

En parallèle, les nouveaux services digitaux sont de plus en plus populaires: 63% des français déclarent qu’ils achèteraient davantage si le vendeur était équipé d’une tablette.

Le mobile, pierre angulaire entre off & online

« Ce nouveau consommateur veut gagner du temps et de l’argent, et avoir plus de choix. Le mobile le lui permet. 64% des français interviewés déclarent utiliser leur smartphone en magasin et 46% des français estiment que le mobile a changé leur façon d’acheter en magasin (55% à l’échelle mondiale) » déclare Vincent Druguet, DGA – Chief marketing & innovation manager, DigitasLBi France.

De plus, 45% des mobinautes français sont prêts à utiliser leur smartphone pour payer en magasin (13% l’ont déjà fait en France et 21% à l’échelle mondiale). Ces chiffres confirment le lancement de l’Apple Pay aux Etats-Unis, et que de nombreuses start-ups spécialisées dans le paiement en magasin positionnent 2015 comme l’année du paiement par mobile.

La personnalisation, facteur clé de la performance

Les retailers n’ont jamais autant rassemblé une telle quantité de DATA (WiFi en magasin, suivi en ligne, paiement en magasin) mais ces données doivent être utilisées intelligemment afin de personnaliser l’expérience client pour booster les ventes.

54% des consommateurs français (62% à l’échelle mondiale) affirment qu’ils achèteraient plus (43% plus souvent, 41% plus de produits) si l’interface était personnalisée. De plus, 29% des acheteurs en ligne français recherchent des offres personnalisées (27% à l’échelle mondiale), et 44% des français qui s’identifient sur un site e-commerce le font dans le but d’obtenir des bénéfices de leur dernière visite (40% à l’échelle mondiale).

Par ailleurs, les consommateurs accepteraient plus facilement les nouvelles technologies si en retour ils en recevaient des bénéfices : 68% des consommateurs français (70 % à l’échelle mondiale) sont prêts à recevoir des bons de réduction personnalisés ou des offres spéciales sur leur smartphone lorsqu’ils sont en magasin, 58% d’entre eux (57% à l’échelle mondiale) acceptent d’être identifiés en magasin afin de bénéficier d’avantages privilégiés.

« La personnalisation est clé pour attirer plus de consommateurs en magasin comme en ligne. »déclare Vincent Druguet. « Le magasin est et restera un point de contact clé pour le consommateur, c’est le second premier point de contact dans la recherche d’information en 2015, 4ème en 2014. Le magasin n’est pas mort, mais a besoin d’évoluer, d’être plus agile, plus digital et plus connecté à la vie des consommateurs. »

Des nouveaux services digitaux en magasin doivent apporter un gain de temps, d’argent et optimiser les choix, les consommateurs ne recherchent pas de gadgets mais des services : 45% des consommateurs français (48% à l’échelle mondiale) sont prêts à utiliser un casque à réalité virtuelle (ex : Oculus) pour découvrir les produits non disponibles en magasin, 40% sont prêts à utiliser un GPS en magasin (51% à l’échelle mondiale) pour faciliter le shopping ou 62% (65% à l’échelle mondiale) pour vérifier les stocks disponibles via leur smartphones.

Le social shopping en croissance.

L’étude révèle que les réseaux sociaux influencent de plus en plus les achats en ligne comme en magasin (de 30% à 60% selon les réseaux sociaux). L’influence des réseaux sociaux sur l’acte d’achat varie, mais Weibo (pour la Chine) & Facebook en sont les leaders : 39% des utilisateurs français de Facebook (52% à l’échelle mondiale) pensent que la plateforme influe sur leur manière d’acheter des produits.

Le Social n’est pas encore le lieu d’achat par excellence, mais 21% des utilisateurs de réseaux sociaux français ont déjà fait un achat sur, ou à partir, des réseaux sociaux, 28% à l’échelle mondiale, et jusqu’à 56% aux Emirats Arabes Unis.

Autre élément social qui gagne de l’importance dans l’acte d’achat, les avis consommateurs : 66% des acheteurs les lisent lorsqu’ils achètent en ligne et 36% lorsqu’ils achètent en magasin.

Here’s how Warren Buffett sees the stock market

After closing at 5,048 back in March 2000, the Nasdaq took more than 15 years to close above that level, closing at 5,056 on Thursday to make a new record closing high. During the day on Thursday, the S&P 500 also breached an intraday record high.

And while it’s been a long road for some investors, even those who got into the market at the absolute top of the tech bubble have enjoyed huge gains over the last decade-plus as long as they kept their head down, stayed calm, and stuck to a consistent investment plan.

Back in October 2008, at the absolute height of the financial crisis, Berkshire Hathaway CEO Warren Buffett wrote an op-ed in the New York Times telling the country to do just that — stay calm.

Buffett wrote that he had been buying American stocks during the recent panic, and he urged people worried about markets to take a long view, writing:

A little history here: During the Depression, the Dow hit its low, 41, on July 8, 1932. Economic conditions, though, kept deteriorating until Franklin D. Roosevelt took office in March 1933. By that time, the market had already advanced 30 percent. Or think back to the early days of World War II, when things were going badly for the United States in Europe and the Pacific. The market hit bottom in April 1942, well before Allied fortunes turned. Again, in the early 1980s, the time to buy stocks was when inflation raged and the economy was in the tank. In short, bad news is an investor’s best friend. It lets you buy a slice of America’s future at a marked-down price.

Over the long term, the stock market news will be good. In the 20th century, the United States endured two world wars and other traumatic and expensive military conflicts; the Depression; a dozen or so recessions and financial panics; oil shocks; a flu epidemic; and the resignation of a disgraced president. Yet the Dow rose from 66 to 11,497.

From the point Buffett was writing in October 2008,, the Dow, S&P 500, and Nasdaq all fell at least another 20%.

Today, however, these average are back at or near all-time highs.

This chart from JPMorgan Asset Management is what the craziness of the market on any one day looks like to Buffett; being patient, in short, tends to pay off.

Markets COTD April 23JPMorgan Asset Management

Il est temps de se débarrasser du «modèle du déficit»

Les citoyens sont en mesure comprendre la science et de débattre d’enjeux scientifiques qui touchent la collectivité.

En août dernier, notre article « Thinking outside the ‘knowledge deficit’ box » (Dire adieu au « modèle du déficit ») a été publié dans la section « Science et Société » de la revue spécialisée en biologie moléculaire EMBO reports. Nous sommes ravies de cette publication puisqu’elle est issue d’une collaboration atypique entre des champs de recherche très différents : les sciences dites pures, la sociologie des sciences (les sciences studies) et l’éducation.

Dans cet article, nous proposons que les champs de Public Understanding of Science (PUS) (compréhension des sciences par les citoyens) et de Science and Technology Studies (S&TS) (étude des sciences et technologies) soient mis à contribution dans la formation des scientifiques. Les PUS et les S&TS sont des lieux de recherches interdisciplinaires liés aux sciences humaines qui s’intéressent aux relations entre les sciences et la société, à la nature et aux rôles de l’expertise scientifique dans différents contextes. Le point de vue que nous défendons est le suivant : la familiarisation des scientifiques avec des résultats de recherches et des outils théoriques produits dans les champs de PUS et de S&TS offrirait ’aux scientifiques la possibilité d’avoir des vies professionnelles plus épanouies et davantage en adéquation avec les besoins sociétaux actuels. Prenons un exemple.

Il est attendu, de nos jours, que les scientifiques soient capables d’interagir avec les citoyens, les journalistes et les représentants politiques. Or, la communication entre les scientifiques et les citoyens est parfois complexe notamment parce que ces derniers sont souvent considérés comme des personnes déficitaires de connaissances et de capacités de compréhension des enjeux liés aux savoirs scientifiques. Dans une telle perspective (appelée « modèle du déficit ») on considère que les citoyens doivent être éduqués. En dépit du fait que des études en S&TS et en PUS aient mis à mal sa validité en montrant que les citoyens sont en mesure de comprendre les sciences et les incertitudes liées à la recherche, le modèle déficitaire est couramment utilisé dans le milieu scientifique.

Or, d’autres modèles d’interactions entre les citoyens et les scientifiques sont possibles (le modèle du débat et celui de la co-production de savoirs). Ces modèles supposent que les citoyens peuvent avoir une expérience pertinente des questions sociotechniques en jeu, qu’ils ont les compétences cognitives et discursives pour participer à la définition du problème mais aussi à la co-production des savoirs pertinents. C’est la démonstration qu’ont fait des citoyens de la ville de Québec engagés dans la controverse autour de la pollution au nickel.

Le modèle déficitaire de production des savoirs s’avère plus souvent qu’autrement confortable pour les chercheurs. Il valorise le scientifique (qui est à la fois producteur et détenteur de savoirs) et relègue les citoyens (journalistes, décideurs et représentants politiques) aux rangs de personnes à (in)former. Or, la perpétuation chez les scientifiques d’idées reçues à l’égard de rôles et capacités limités du public leur alourdit la vie et leur rend la tâche ardue lorsque vient le temps, pour eux, d’entrer en relations avec des journalistes, des citoyens, des décideurs ou des représentants politiques. En effet, être la personne qui sait et qui doit formuler des recommandations comporte différents défis qui peuvent être lourds à porter. Connaître des recherches et des outils théoriques du type de ceux présentés plus haut peut permettre aux scientifiques d’être plus à l’aise dans leurs interactions avec les citoyens tout en exerçant une autocritique plus éclairée.

Il est difficile de sortir du paradigme déficitaire. La difficulté est en partie structurale : la recherche scientifique s’inscrit dans un système fortement autorégulé. En effet, la majorité des interactions des chercheurs se font avec d’autres chercheurs et l’évaluation des projets de recherche est effectuée par les pairs. En ce sens, il apparait qu’une vaste part de la vie scientifique s’effectue d’une façon qui supporte – parce qu’elle ne la met pas à l’épreuve – la perpétuation du modèle du déficit. C’est pourquoi il nous apparait judicieux que ces questions soient abordées durant la formation des scientifiques. La vie professionnelle des chercheurs pourrait en bénéficier.

Mme Pouliot, professeure agrégée en éducation de science à l’Université Laval, s’intéresse aux points de vue des futurs enseignants sur la participation des acteurs sociaux à la gestion des controverses socioscientifiques actuelles. Mme Godbout, chercheure postdoctorale au Service canadien des forêts, travaille en génétique des populations et s’intéresse à l’histoire évolutive de différentes espèces forestières.

Comment créer des personnas efficaces

Le client est roi et R.O.I.  Aujourd’hui plus que jamais la connaissance du client est déterminante pour être à même de personnaliser vos messages à chaque étape du processus d’acquisition (sale funnel), depuis la notoriété jusqu’à la décision d’achat. Le chiffre est désormais connu, bien que variant selon les sources : il faudrait entre 5 et 7 points de contact avant qu’un chaland devienne un client et 60% du process repose entre les mains du marketing et des contenus produits (source Hubspot).

D’où la pertinence de la mise en place d’une stratégie d’Inbound Marketing pour capter le futur client fidèle et l’accompagner tout au long de son parcours. Un point crucial dans cette mise en oeuvre est en amont celui de la détermination du profil des clients types :les personas, soit des représentations fictives et archétypales du client idéal.

Pour créer ce client, l’entreprise s’appuiera sur des données issues de ses propres sources (crm, sgbd, analytics…) mais aussi sur des spéculations sur son éducation, ses patterns comportementaux, ses motivations et ses objectifs. Ces informations formalisées constituent une connaissance de votre client et donc ses problèmes que vous vous emploierez à résoudre avec votre proposition de produit ou de service. Et cette connaissance vous donne aussi l’opportunité d’adapter la communication et le langage à employer selon les profils visés.Autrement dit, toute votre stratégie marketing de contenus ou autre s’appuiera sur vos personas.

Selon l’infographie ci-dessous, l’importance des personas comme levier de vente est désormais reconnue par les marketeux, même si 56% d’entre eux avouent n’en avoir pas encore créés. Laquelle infographie détaille les différentes étapes pour ce faire.

A commencer par la collecte des informations internes auprès des équipes de ventes, les plus à mêmes de typer leurs clients tout comme l’équipe marketing ou du SAV. Toutes les données seront concaténées dans un simple fichier Excel. A vous ensuite de trouver des points communs par exemple dans le comportement de navigation de vos prospects. Une opération qui peut être répliquée en collectant les informations issues des réseaux sociaux. L’inconvénient pointé par l’infographie est que cette méthode n’apporterait pas d’insights supplémentaires à ceux déjà connus.

Deuxième étape : utiliser les outils online à disposition. Le premier d’entre-eux le plus simple, le formulaire. Ce peut-être un simple formulaire Google Doc, ou un sondage plus poussé avec Survey Monkey ou tout autre outil approprié. Les réseaux sociaux et études sont aussi des sources précieuses pour dresser le profil de vos clients. Ces outils ont le mérite d’être peu onéreux, de renforcer les informations à disposition, mais en contrepartie obèrent le comportement des prospects dans le monde réel. Retrouvez ici une liste d’outils pour vos enquêtes

 

Troisième étape: la plus importante : l’interview de vrais clients (les vôtres ou ceux de vos concurrents) Bien menée l’interview permettra de circonstancier et déterminer les motivations des acheteurs. Ainsi, comme le cite l’infographie, un directeur marketing a découvert que 70% de son budget marketing était dépensé en pure perte. Ces 70% étaient sans doute consacré à la promotion de la marque, ce dont tout client se moque.

C’est le contexte stupide !

Surtout comme l’indique l’extrait de l’infographie ci-dessous, l’interview vous permettra de déterminer le contexte dans lequel s’inscrit la décision de l’acheteur. Connaître précisément le contexte permet de réduire les données inutiles ou non pertinentes pour concevoir votre persona.

contexte interview

Les 5 anneaux de l’achat décrits ont le mérite d’être clairs :

– Pourquoi votre solution est-elle choisie au détriment d’une autre
– Facteur de succès : Quel changement devriez-vous faire pour améliorer le produit ou service
– Perception : pourquoi votre solution n’est-elle pas perçue comme pertinente
– Parcours client : quels sont les critères d’évaluation prévalant à une décision d’achat
– Critère de décision : Quels sont les acheteurs et quels sont les ressources sur lesquelles ils appuient leur choix.

Fort de ces données vous pouvez alors répondre aux 5W +H

Who : qui convaincre dans l’entreprise
What : quelle information devez-vous leur fournir pour les convaincre
When: quand le chaland est-il le plus réceptif à votre message
Where : où trouver le prospect avec votre marketing de contenus
Why : pourquoi vous pouvez mettre sur pied le meilleur plan d’action marketing et de vente est le meilleur plan d’action
How : comment élaborer des arguments convaincants pour vendre votre solution

A la fin vous obtiendrez une fiche type comme celle réalisée par le Buyer Persona Institute qui détaille 5 les 5 critères listés ci-dessus ajoutés aux 5W.

fiche type d'un persona

A ce stade, vos personas sont clairement définis et surtout, vous êtes alors à même de fournir ce qui intéresse réellement le futur client.

Définir des personaes efficaces

Comment créer des personas efficace

D’autres méthodes existent pour créer des personas, dont la carte d’empathie. Comme son nom l’indique elle consiste à se mettre à la place de votre persona et de répondre à des questions pour dresser son profil. Aussi efficace, elle s’appuiera pour remplir les champs sur le même type d’informations que pour créer un persona.

L’essentiel consiste dans un second temps à réellement actionner ses informations, par exemple en ciblant à l’aide publicité sur les réseaux sociaux une population correspondante à vos personas ou encore en proposant des solutions susceptibles de répondre à leurs préoccupations. Et ne croyez pas que les personas soient réservés au seul marketing. Par exemple, dans la presse, nombre de quotidiens ont défini des personas pour lesquels les journalistes écrivent ou encore, en amont d’un projet de design ou d’UX, se pencher sur les besoins et attentes d’un utilisateur permet de cadrer avec plus d’acuité les développements. En substance, toute interaction virtuelle nécessite une définition d’un ou plusieurs personas, une incarnation pour revenir à une certaine réalité, parfois indispensable dans un univers ou le conceptuel a vite fait de prendre le pas.

Veille : une méthode simple de collecte, de diffusion et de stockage

A l’heure de l’infobésité, la veille reste pour beaucoup un sujet compliqué et chronophage. Que l’on soit un particulier, une petite entreprise, un professionnel de l’information, la veille est un pilier pour construire une offre, trouver un bien, trouver un emploi, surveiller la concurrence ou encore nourrir un billet de blog entre milliers d’autres usages.

Au fil des ans, que ce soit en tant que journaliste, consultant ou autre fonction, j’ai été amené à développer ma propre plateforme en utilisant des outils gratuits (et parfois payants en entreprises ou des besoins ponctuels) pour assurer ma veille quotidienne sur de multiples sujets.

Tant que l’on n’a pas un volume important d’informations à gérer, cette méthode qui assure à la fois la collecte, la diffusion et le stockage suffit à 80% de mes besoins. Pour une veille plus profonde, la veille est un métier et faire appel à cette compétence utile.

Comme vous le verrez j’utilise des outils simples flux rss, feedly pour consolider, evernote pour le stockage, scoopit pour partager et stocker, et les mêmes depuis longtemps, et ce même si je teste régulièrement d’autres outils. Mon conseil : ne vous lancez pas dans des usines à gaz, un outil simple bien maîtrisé remplace un progiciel de veille complexe, souvent difficile à exploiter ou même des plateformes gratuites et efficaces, mais difficile à maîtriser. Typiquement, je n’ai pas mentionné Yahoo Pipes, souvent trop complexe à programmer pour beaucoup.

Autre conseil : l’efficacité de votre veille et son partage est dans l’articulation que vous donnerez entre les différents outils, par exemple un flux twitter lu dans feedly et stocké dans evernote ou encore un article de presse commenté et nettoyé avec Clearly et partagé dans evernote (ou Pocket c’est selon).

L’intérêt de la veille est dans l’exploitation utile de l’information recueillie. A ce stade, seul le cerveau peut faire quelque chose.

The Importance of Professional Project Management

Private companies and government organisations involved in running large projects, or many smaller projects at the same time, already recognise the benefits of formal project management but as the amount of experience and knowledge gleaned from such tasks has increased so project management has become more complex.

Project-Management

And as it has become more complex so the tools and methodologies have had to evolve to keep pace.

It was the UK governmental body OGC (Office of Government Commerce) that back in 1989 first defined the structured methodology that has evolved today into the internationally recognised PRINCE2 methodology. It was originally established to help Government departments deliver the best value possible from its capital expenditure and is an acronym for Projects In a Controlled Environment. Of course, there are also other knowledge-based methods from APM (Association for Project Management) and PMI (Project Management Institute).

Formal methodologies are commonly used for software development, manufacturing, engineering, and construction projects to plan, schedule and control all of the tasks and activities required. More and more they are also being used by services and solutions companies in order to add discipline and control to their projects.

Consequently, managing projects is now a fundamental part of many businesses and the role of project manager is now a professionally recognised one, which involves not only planning, scheduling and controlling activities but also expertise in the management of risk, change and quality. The skills required to successfully complete projects are very much in demand in the competitive business environment and include not only a technical ability to efficiently manage tasks but also people management skills and good business awareness.

An internationally recognised qualification can be a real advantage but equally important are other skills such as:

  • An open-minded attitude to each new task
  • The ability to select the right software tools
  • Understanding the business case
  • Describing the business goal that the project is striving for
  • An ability to tailor methods and techniques to particular projects
  • Effective prioritisation of every part of the project
  • Negotiating skills for requesting additional resources
  • Learning lessons from previous projects to avoid repeating mistakes
  • Questioning all assumptions made
  • Diplomatic skills to gain support where required

Of course, all of these skills will only benefit a project manager with a good, sound understanding of professional methods and techniques.

It is essential to create a written document that clearly states the scope of the project. This might be known as the Scope Document, the Project Charter or the Business Requirements Document. Whatever it is called in your organisation the key factor is that the scope of the project, what is included and what is specifically excluded, is clearly and unambiguously documented and that it is approved by all of the stakeholders to the project.

This document will prove invaluable later on in the project when issues are bound to arise over what exactly should be delivered and where certain responsibilities lie. It will also help with assessing how realistic initial schedules and budgets are. A scope document should include a breakdown of the different tasks required to complete the project and an assessment of the likely benefits versus the costs in a cost-benefit analysis.

It is also essential to ensure that there is a communication plan in place so that all stakeholders, managers, team members and anyone else with an involvement in the project are kept fully aware of the progress of the project. Communicating is a two-way thing so the plan should allow for feedback and, more importantly, all feedback received should be assessed. Ignoring the concerns of anyone involved in the project, no matter how junior they might be, runs the potential risk of failing to deliver the project on-time and on-budget. By communicating effectively, vital commitment and cooperation will be gained from the team, and support from those who are affected but maybe not involved to any great extent. A lack of communication only serves to raise objections and generate resistance to a new project.

And while all this is going on a professional project manager will not forget to motivate and encourage the project team, to repeatedly monitor progress and adjust the project plans, where necessary, and to manage all the potential risks within the project. After all project management is simply about getting things done whether you choose to follow a PRINCE2, PMI or APMP methodology.

Économie: 6 raisons de croire à la sortie de crise

Plus qu’une simple brise passagère, c’est bien le vent de la reprise qui souffle sur l’Hexagone. Les signaux qui l’attestent sont là. Des entreprises aux consommateurs, de la Bourse à l’export… Les raisons d’espérer

Un Rafale sur le porte-avion Charles-de-Gaulle au large de Toulon le 15 janvier 2015

Le Rafale a remporté, coup sur coup, ses deux premiers contrats à l’export.

Les ménages reprennent espoir

Ils ne voient pas encore la vie en rose, mais cela va (un peu) mieux. Le moral des ménages atteint son plus haut niveau depuis près de cinq ans, et la consommation repart.

L’automobile redémarre

Les immatriculations de voitures particulières neuves en France décollent (+ 9,3% en mars), et les professionnels tablent, à présent, sur une hausse de 2% du marché en 2015. Au grand soulagement desconstructeurs tricolores.

Le Rafale s’exporte

Les grands contrats sont de retour. Après avoir signé avec l’Egypte, en février, la première vente à l’export du chasseur de Dassault, la France a annoncé, le 10 avril, l’acquisition de 36 autres avions par l’Inde. Le mois dernier, c’est Airbus Helicopters qui emportait un marché de 1,5milliard de dollars en Corée du Sud.

L’intérim recrute

Le chômage ne recule pas encore, mais l’emploi intérimaire, considéré comme un indicateur avancé du marché du travail, rebondit : il retrouve son plus haut niveau depuis trois ans.

Le CAC 40 efface la crise

L’indice vedette de la Boursede Paris est au plus haut depuis janvier 2008. L’euphorie du marché est telle depuis le début de l’année (+ 22 %) qu’il faut remonter à 1998 pour observer une envolée aussi vigoureuse.

Les grandes entreprises profitent

LVMH, Axa, L’Oréal… Les ténors de la cote affichent plus de 64 milliards d’euros de bénéfices cumulés en 2014. C’est la première fois depuis 2010 qu’ils progressent, et la hausse est sensible (+ 37%).

Blablacar, une start-up à 1 milliard d’euros?

Aujourd’hui, le Mexique: son 19e marché! L’entreprise française, leader mondial du covoiturage de longue distance, nourrit son expansion par des levées de fonds régulières. Retour sur l’extension du domaine de la marque.

Frédéric Mazzella Blablacar (c) Réa
 

Ça l’amuse: «Lorsque j’ai investi en 2010 dans BlaBlaCar, qui s’appelait à l’époque Covoiturage.fr, des confrères m’ont écrit “tu fais des deals baba cools”, raconte Jean-David Chamboredon, président du fonds ISAI. Ils y voyaient une sorte d’auto-stop numérique pour des gens avec des bandeaux dans les cheveux!».

Cinq ans plus tard, beaucoup d’investisseurs aimeraient avoir eu son flair. La dernière levée de fonds de 73 millions d’euros, en juillet, laisse penser que la start-up vaudra bientôt 1 milliard d’euros. D’autant que BlaBlaCar, leader mondial du covoiturage de longue distance, a racheté mi-avril son seul véritable concurrent européen, l’allemand Carpooling, pour atteindre 20 millions de membres.

Pourquoi le Mexique?

Aujourd’hui, le site a annoncé qu’il se lançait au Mexique, son 19e marché et le 1er en Amérique. Une implantation surprenante? Pas vraiment. La suppression des subventions à l’essence en 2010 y a fait grimper les prix à la pompe de 72% en 5 ans. De surcroît, le Mexique manque d’infrastructures ferroviaires pour relier ses 14 villes de plus d’1 million d’habitants. Le potentiel était là. Il a suffi à BlaBlaCar de mettre la main sur un acteur local, la start-up Rides, via une stratégie d’acquisition déjà éprouvée dans plusieurs pays, pour s’implanter.

BlaBlaCar fonctionne comme une place de marché, où se rencontrent l’offre (les conducteurs qui ont des places libres) et la demande (les passagers non motorisés qui cherchent une place). Le conducteur fixe son prix. Le vendredi soir, sur des liaisons comme Paris-Lille, on trouve une centaine de propositions à partir de 14 euros auxquels il faut ajouter une commission de 11,88% ainsi que 1,07 euro. C’est 3 fois moins cher que la SNCF au même moment. Après le trajet, les membres se notent, comme sur Airbnb ou PriceMinister.

Trois pilotes dans l’affaire

Cette success story, c’est d’abord celle de Frédéric Mazzella, 39 ans, normalien de formation. Il a eu l’idée de BlaBlaCar en décembre 2003, alors qu’il devait rejoindre sa famille pour Noël en Vendée et que les trains étaient complets. En 2004, il entreprend de coder le site. Troisans plus tard, Francis Nappez, directeur technique, et Nicolas Brusson, directeur de l’exploitation, deviennent ses associés.

«Ce qui a fait le succès de BlaBlaCar, c’est la détermination des dirigeants, salue Olivier Demaegdt, président d’IDVROOM, le site de covoiturage de la SNCF. Ils ont cherché avant tout à recruter leur communauté, tout en essayant plusieurs modèles économiques.»

Il y en aura 4, tous infructueux, jusqu’à la rencontre avec ISAI en 2009. «Avec Pierre Kosciusko-Morizet, on a dit à Frédéric: “le modèle de PriceMinister s’applique parfaitement à ton activité”», raconte Chamboredon, le président du fonds.Celui d’une market place qui sécurise la transaction entre les 2 particuliers.

En 2013, BlaBlaCar instaure la réservation en ligne avec commission. Jusqu’alors le paiement se faisait de la main à la main. En imposant aux passagers de réserver leur trajet, sous peine de conserver des frais de service, la start-up fait chuter le taux d’annulation, hantise des conducteurs, de 35 à 3%!

Pas de problème de carburant

Des levées de fonds régulières (voir graphique) ont alimenté la croissance exponentielle du site, et contribué à l’amélioration du produit, du recrutement, et surtout, de l’internationalisation, via la marque BlaBlaCar adoptée en 2013. Des augmentations de capital nécessaires, car en dehors de la France et l’Espagne, le service reste gratuit afin de construire rapidement une communauté d’utilisateurs.

A ce jour, BlaBlaCar, qui ne communique pas son chiffre d’affaires, ne dégage toujours pas de bénéfice. Mais avec 290 salariés, ce n’est plus une jeune pousse. En mars, elle a signé un partenariat avec Vinci: sur les autoroutes, des parkings et des péages seront bientôt réservés aux membres de BlaBlaCar.

Son leadership est incontesté et sa masse d’utilisateurs crée une barrière difficile à franchir pour de nouveaux entrants. Les quelques concurrents ne jouent pas dans la même cour: le service de covoiturage de la SNCF, IDVROOM, s’est positionné sur les courts trajets. Et Tripda, la start-up lancée par Rocket Internet, incubateur spécialiste de la reproduction des business models fructueux, «est très récente. On regarde si elle grandit ou pas, mais c’est tout », minimise Frédéric Mazzella. Tout en traçant sa route.