Category Archives: Droit du travail

LES RH ET… LE SOCIAL

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Et si les RH s’intéressaient enfin au social ?

Le terme de « ressources humaines » m’a toujours dérangé, car il a tendance à réduire les femmes et les hommes qui composent l’entreprise à des variables d’ajustement, comme les stocks de pièces ou les liquidités, voire les consommables ! Les RH nous ressassent – la main sur le cœur – que « l’humain est au cœur de l’entreprise »… mais il suffit d’entendre la voix des actionnaires pour comprendre que ce discours convenu est avant tout à vocation d’image interne : il ne reflète pas vraiment les décisions du COMEX.

Une fonction RH déconnectée du terrain

Ceci pose problème. Comment justifier que des salariés qui ont participé au redressement d’une entreprise, ont accepté un durcissement de leur contrat de travail et une réduction de leurs avantages, ne puissent pas profiter du rebond de l’entreprise au même titre que les actionnaires ? Est-il si aberrant, si ridicule de penser que l’on doive récompenser l’engagement des salariés et la confiance qu’ils ont pu donner aux paroles de leurs dirigeants et managers ?

Nous subissons malheureusement un courant de Gestion des Ressources Humaines qui – à défaut d’être innovante ou de conserver un quelconque leadership – est devenu exécutante des ordres du COMEX. A cette seule lumière, les ressources humaines ne représentent qu’un coût fixe qu’il convient non seulement de maitriser, mais encore de diminuer.

Comment s’étonner, dans cette perspective où les RH sont finalement très éloignées de la réalité socioprofessionnelle concrète des salariés, que les relations sociales se traduisent toujours en rapports conflictuels avec les syndicats ?

Peur du digital ou peur du social ?

Mais il y a plus. Il y a derrière ce constat une explication de fond de la difficulté qu’ont les RH à appréhender la transformation numérique. Car ce n’est pas du « digital » lui-même qu’ils ont peur : ils ont peur du « social » au sein du digital ! Ils ont peur de cette perte de contrôle et de cette transparence qui vont de pair avec une transformation digitale réussie, qui libère l’entreprise. En fait, ils ont peur du web social ! Si, comme on l’entend parfois, c’était seulement les technologies numériques qui posaient en la matière des problèmes d’adaptation aux RH… auraient-ils réussi les projets autrement plus techniques des SIRH, des self-services RH, et plus largement de tout ce qui est e-rh dans sa composante IT ? Bien sûr que non ! La vérité est bien plutôt que les RH ne veulent pas risquer de se retrouver responsables d’un désordre social, d’une perte de repères des corps intermédiaires, de l’avènement de nouveaux pouvoirs et de leviers qu’ils ne contrôlent pas.

Depuis près de 5 ans la transformation digitale de la RH est d’actualité : que d’interventions, d’articles, d’évènements, de formations lui ont été consacrés ! Et pourtant la majorité de ses acteurs refusent de prendre leur responsabilité évidente de leadership, au carrefour entre la réalité sociale et la réalité économique de l’entreprise. La RH reste ainsi éminemment administrative et, selon certains participants du dernier événement RH #truparis, – pardon pour vos chastes oreilles – « chiante » !

Regardez avec quel appétit retrouvé ces mêmes RH envisagent le big data… Ah !  Cette magie du pouvoir d’une « application » qui, sans même s’enquérir de l’autorisation des salariés, pourrait nous expliquer leurs comportements actuels et à venir, pourrait nous dire quels seront les futurs talents, les compétences à développer, les risques à prévenir…

Des Ressources Humaine à la Richesse Sociale

Il faut en convenir, le responsable RH est trop pris à analyser ses reporting, à répondre aux évolutions réglementaires de sa fonction, à peaufiner des process et procédures… pour renouer avec la réalité du terrain, là où vivent les salariés au quotidien. Le risque est majeur pour l’entreprise – et pour la fonction RH en premier – que le retour de bâton soit brutal : soit on commencera à comprendre que de tels acteurs RH constituent plus un fardeau qu’un moteur pour la performance, et que finalement la paie peut-être faite par la Finance, la marque employeur par la Communication, et les services en ligne par les IT, ou tout simplement par une solution d’externalisation généralisée ; soit l’exaspération viendra des salariés eux-mêmes, lassés de tant d’indifférence, avec une montée du présentéisme, de l’absentéisme et de tous les comportements qui ruinent l’engagement et la productivité.

Il est peut-être temps, finalement, de remplacer la Fonction Ressources Humaines par la Responsabilité de la Richesse Sociale, ne croyez-vous pas ?

11 règles à respecter pour supporter la vie en open space

1°) dresser ensemble une liste des pratiques à bannir en open space. 

Le problème originel de l’open space est qu’il abrite une somme plus ou moins grande d’individualités. Que vous soyez quatre dans un petit espace ou cinquante sur un vaste plateau, le problème reste le même : si l’un de vous a décidé de ne pas respecter les règles de base du savoir-vivre au travail, ses mauvaises manières risquent de gâcher l’ambiance. Il est donc essentiel de trouver ensemble un terrain d’entente et d’établir une sorte de guide des bonnes et mauvaises pratiques au bureau. Si vous faites face à des récalcitrants, vous pouvez toujours en appeler au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), dont l’existence est obligatoire si votre entreprise compte plus de 50 salariés, qui pourra établir les règles et contrôler leur application. Reste à les fixer, et ce en bonne intelligence…

2°) ne sonnez plus vibrez

Première source de stress quand on travaille en open space : le bruit. Sonneries de portable, alertes mails, alarmes des agendas électroniques… La cacophonie peut rapidement régner et la mésentente entre collègues augmenter. Car si votre voisine de bureau a eu la fausse-bonne idée de choisir le dernier tube de Shakira comme sonnerie de portable ou, qu’à l’autre bout du plateau, sonnent dix fois par jour les dix premières notes de la Walkyrie, il est à parier que votre cerveau ne sera pas des plus opérationnels. Chacun devra donc veiller à limiter toute source de nuisance sonore, en optant au maximum pour les options « vibreur ». Sans oublier de brancher sa ligne fixe sur messagerie en cas d’absence.

3°) Baissez d’un ton

L’un des exercices parmi les plus compliqués en open space est de téléphoner. Et ce, quel que soit le côté duquel on se place. L’open space est détestable pour celui qui téléphone et qui peut avoir la désagréable impression que tout le monde l’écoute et l’épie. Mais c’est aussi très pénible quand toute une assemblée doit subir les conversations téléphoniques d’un salarié au verbe haut. Il est donc primordial que, dans la liste des bonnes pratiques, figure le fait de baisser d’un ton pendant les conversations téléphoniques. Si l’appel que vous passez ne vous permet pas de parler doucement, cherchez un endroit pour vous isoler, en réservant par exemple une salle de réunion.

4°) Et déplacez vous d’un pas léger

Pour rendre l’open space plus supportable, il faut non seulement veiller à maîtriser le ton de sa voix mais aussi à se mouvoir avec un maximum de discrétion. On évite de faire crisser les roulettes de son fauteuil pour s’extraire de son bureau, on ne claque pas des talons pour traverser le plateau, ni la bise à chaque collègue non encore croisé, on ne chantonne ni ne sifflote… Et si c’est vous qui êtes victimes des déplacements des autres en raison d’un bureau situé sur le trajet de la machine à café ou de la photocopieuse, faites valoir votre droit au silence via, par exemple, un simple écriteau scotché à votre bureau : « Ce n’est pas parce que vous êtes disponible (en pause, décontracté, bavard…) que je le suis aussi ! ».

5°) Haro sur les tics

Afin de ne pas rajouter au tumulte ambiant, il est bon de bannir toute source de bruits intempestifs pouvant s’avérer stressants pour le voisinage : les ongles manucurés qui frappent frénétiquement sur les touches du clavier d’ordinateur, les bracelets qui sautillent et les gourmettes qui claquent sur les rebords de bureau, les stylos que l’on ouvre et ferme compulsivement, les grincements de dents, les jambes qu’on agite nerveusement sous le bureau, les grignotages et autres « touillages » de café… Quand ces petits riens s’additionnent, ils deviennent vite obsédants et terriblement agaçants.

6°) Créez vous une bulle

L’idéal pour ne pas continuellement perdre sa concentration – écueil principal des open spaces – serait de ne jamais faire face à un collègue. Car dès que celui-ci, aussi discret soit-il, baillera, boira un verre d’eau, se grattera la tête… votre regard sera inévitablement happé. Alors si l’emplacement de votre bureau ou la configuration des lieux ne vous permettent pas de travailler sans subir les mouvements parasites des collègues, n’hésitez pas à construire des « barrières ». Une pile de dossiers, trois plantes vertes ou encore une lampe volumineuse peuvent faire l’affaire. En vous aménageant un espace un peu plus intime – vous pouvez ajouter la photo du petit dernier ou un objet de décoration quelconque – vous créerez un cocon rassurant et accueillant, qui compensera l’atmosphère souvent froide et impersonnelle qui règne dans les open spaces.

7°) Optez pour des solutions anti-bruit

Chacun aura beau avoir enclenché tous les vibreurs possibles et baissé sa voix d’un ton, la présence de plusieurs personnes dans un même espace de travail génère inévitablement un bruit de fond et nuit à la concentration. Pour s’isoler définitivement du bruit, il est possible d’opter pour des bouchons d’oreille ou même pour des casques à réduction de bruit. Il en existe de toutes sortes, allant du casque de chantier, plutôt radical, au casque qui n’atténue que les basses fréquences tout en évitant l’impression de confinement. Car en optant pour ce type de protection, il ne faudrait pas non plus s’isoler plus qu’il ne faut. Usez du casque avec parcimonie, car cela peut envoyer un message assez négatif à vos collègues. Signifiez-leur que vous ne cherchez pas à vous exclure du groupe, mais plutôt à gagner en concentration.

8°) Eclairez vous

Un endroit trop faiblement éclairé, ou au contraire surexposé aux néons aux teintes blafardes, n’est pas le gage du bien-être au travail. La lumière optimise en effet la performance visuelle et, si elle est bien utilisée, peut vous aider à lutter contre la fatigue. Dès lors, essayez autant que possible de bénéficier de la lumière naturelle en encourageant l’ouverture des stores et rideaux. Et installez une lampe d’appoint sur votre bureau. Celle-ci devra idéalement se situer du côté opposé à la main qui écrit et être placée assez bas sous le visage pour éviter les ombres portées.

9°) Optimisez les heures creuses

Partager un même espace de travail avec les autres ne signifie pas forcément partager le même rythme de travail. Si vous ne parvenez finalement pas à vous adapter à l’espace collectif, vous pouvez rechercher des plages horaires plus propices à la concentration. Le début ou la fin de journée ou encore l’heure du déjeuner peuvent être utilisés pour les missions qui nécessitent du calme ou un maximum de concentration. Adaptez votre planning à celui de vos collègues et fonctionnez à contre-courant. Gare, toutefois, à ne pas trop vous isoler du reste du groupe, surtout si vos fonctions supposent un minimum d’interaction avec vos collaborateurs.

10°) Communiquez avec vos collègues mais pas trop

Faire rapidement le point sur un dossier, échanger des coordonnées de clients, chercher des précisions ou caler une réunion… Autant que facilite l’open space qui permet d’accélérer les échanges au travail. Plus de porte à pousser ou de secrétaire à amadouer pour entrer en contact avec les autres : nos interlocuteurs quotidiens sont sous notre nez, disponibles à deux pas. Attention toutefois de ne pas abuser de cette – trop grande ? – facilité à entrer en contact avec ses camarades de travail. Il est tentant d’héler un collègue à l’autre bout du plateau plutôt que de lui écrire un mail ou de se déplacer discrètement jusqu’à lui. De même que d’improviser une micro-réunion en plein milieu de l’espace par souci de rapidité, alors qu’il serait bon, pour la tranquillité de tous, de s’isoler dans une salle à proximité.

11°) En dernier ressort, engagez des travaux

Si rien n’y fait et que le brouhaha de l’open space reste une source quotidienne de stress et de fatigue, demandez à votre boss d’aménager les locaux. Car face à de mauvais choix initiaux de matériaux et de matériel, les bonnes volontés n’y changeront rien. Chacun aura beau faire des efforts pour minimiser les nuisances, le bruit continuera de polluer l’ambiance. De la pose de moquette au sol à l’installation de panneaux isolants phoniques sur les murs en passant par l’ajout de plafonds suspendus qui réduisent le temps d’écho ou la réverbération des sons, il existe différents produits très efficaces en termes d’absorption acoustique. Si la direction se montre rétive à l’idée d’engager des travaux, argumentez en vantant le gain évident de sérénité et donc d’efficacité et de productivité au travail.

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Travailler de n’importe où, une expérience d’entreprise libérée

Libérer l’entreprise c’est faire exploser ses cadres traditionnels et adopter une organisation managériale différente, pour le plus grand bonheur des employés. De nombreuses entreprises se lancent dans cette démarche de changement . Car libérer l’entreprise c’est aussi la rendre plus performante.

C’est ce qui a motivé la société Doyoubuzz, une start-up nantaise, qui a entreprise depuis 6 mois d’opérer un reboot complet. Résultats : plus d’horaires et du télétravail permanent. Pour aller encore plus loin dans l’expérimentation, l’un des développeurs de Doyoubuzz est même parti pendant 3 semaines travailler à distance sur une île paradisiaque. Retour sur cette expérience.

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« Pourquoi travailler dans la grisaille alors qu’on peut le faire depuis une plage sous le soleil ? » voilà comment Thomas Belin, 27 ans, résume le projet Hackerbeach auquel il a participé en janvier dernier. Ce développeur front end, qui travaille chez Doyoubuzz depuis 3 ans, a passé 3 semaines en République dominicaine pas pour les vacances mais pour bien pour le boulot. C’était la destination choisie cette année pour les développeurs qui voulaient travailler autrement. Après le Vietnam lors de la première édition et le Kenya l’an dernier, une vingtaine de développeurs de 12 pays différents avaient rendez-vous en Dominique en début d’année.

Il faut dire que le concept de Hackerbeach a de quoi séduire les développeurs. « C’est un rassemblement assez informel entre développeurs volontaires qui veulent se retrouver et rester une semaine ou un mois » raconte Thomas. « Je suis parti 3 semaines avec des amis. Le but était de rencontrer du monde tout en étant dans un cadre de travail sympa ».

Une expérimentation de travailleur nomade qu’il a raconté dans un « petit guide du travailleur-voyageur ». Pour se fixer un cadre, Thomas avait tout même établi à l’avance un planning qu’il n’a pas du tout respecté une fois sur place. « Aucune journée ne ressemble à l’autre, on prend la liberté d’aller faire un tour quand le boulot n’avance plus » explique le vacancier-travailleur. Une nouvelle routine à inventer chaque jour à condition de se libérer du sentiment de culpabilité.

Libéré, délivré… du sentiment de culpabilité

Hackerbeach« La première semaine quand j’éteignais mon ordinateur pour aller me baigner ou faire autre chose que bosser, j’avais tendance à culpabiliser alors que j’avais du travail en cours » se souvient Thomas.« Mais au fur et à mesure, j’ai trouvé un rythme différent et je me suis rendu compte que lorsque je revenais me mettre au travail j’étais vraiment plus productif. Dès que je sentais que je n’avançais plus je sortais me balader ou faire autre chose ».

Vivre l’aventure hackerbeach suppose cependant d’avoir l’accord de son employeur. L’expérience correspondait parfaitement à une démarche d’entreprise libérée dans laquelle Doyoubuzz s’était engagée depuis plusieurs mois en remettant en question son fonctionnement interne.

« Le point de départ c’est un reboot technique qui s’est accompagné d’un reboot organisationnel » raconte Ludovic Simon, le fondateur de Doyoubuzz. « C’était le moment, Doyoubuzz existait depuis 7 ans, nous avions atteint une certaine maturité mais nous n’appliquions pas notre agilité technique dans le management ». La petite équipe nantaise de 7 personnes s’est alors inspirée de l’holacratie, de l’entreprise libérée et des méthodes de Googlepour explorer d’autres voies. « On a fait un peu notre marché dans ces différentes pratiques pour être plus transparents et réactifs » explique le CEO de la start-up.

Travailler où on veut, quand on veut

Le premier grand changement a été d’opter pour le télétravail et de suivre l’équation de base de l’entreprise libérée : liberté + responsabilité = bonheur + performance. Ce qui s’est traduit chez Doyoubuzz par le fait que les employés travaillent d’où ils veulent et quand ils veulent. Plus de bureaux, c’est télétravail à volonté. Alors quand l’opportunité de tester Hackerbeach s’est présentée, Thomas le développeur a évidemment eu la bénédiction de son boss, ou plutôt de son « leader nourricier ». Le terme employé dans les entreprises libérées pour désigner le PDG. « A partir du moment où on fait confiance aux gens, qu’ils sont motivés et se comprennent bien, il n’y a pas de raison que ça pose problème » affirme Ludovic Simon.

« Travailler de n’importe où, ça peut marcher. Il suffit d’expérimenter »

L’expérience Hackerbeach a d’ailleurs été enrichissante même pour ceux qui sont restés de l’autre côté de l’Atlantique sous la pluie nantaise. « C’est positif de pouvoir se prouver qu’on peut travailler de n’importe où, ça peut marcher. Il suffit d’expérimenter » lance Thomas. « Il n’y avait aucun frein du côté de mes collègues, c’est une chance ».

Tout serait donc une question d’organisation pour travailler à distance, peu importe le nombre de kilomètres qui vous séparent de vos collègues.

Nomade un jour, nomade toujours

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« Ce qui est difficile c’est de se synchroniser avec le reste de l’équipe, surtout en cas de décalage horaire. Au bout de 3 semaine j’étais content de les voir en vrai car c’est parfois difficile de faire passer des choses importantes uniquement par mail, ça peut générer des malentendus quand on est à distance » reconnaît le développeur qui s’est aussi libéré de certaines contraintes techniques. « Avant de partir j’aimais travailler avec un clavier et une souris, un deuxième écran, là-bas je m’en suis très bien passé. Du coup, je suis resté nomade, je me balade et je n’ai plus de poste de travail fixe. Je trouve ça agréable. Même si maintenant que je suis rentré dans la grisaille, je suis moins tenté d’aller dehors. ».

Doyoubuzz avait déjà adopté des outils pour permettre à ses employés de travailler en télétravail. Des méthodes simples pour être encore plus productif en télétravaillant : « nous avons mis en place une base de connaissances », détaille Ludovic pour qui « c’est important de ne pas faire trop de réunions orales, d’avoir des outils de communication internes en mode asynchrone pour ne pas trop perdre en communication interne ».

Etre une entreprise libérée, tu sais c’est pas si facile…

Pour autant, se transformer en une entreprise libérée n’est pas si facile. « Nous avons tous des résistances face au changement. C’est difficile de sortir de sa zone de confort. En tant que start-up nous sommes habitués à remettre en cause les modèles pour en adopter d’autres, à expérimenter, ou accepter de se tromper… Mais c’est toujours plus facile à dire qu’à faire, sans parler des freins liés à l’ego » avoue Ludovic qui s’est libéré d’une partie de son rôle de patron.«  J’ai un peu remis en cause mon rôle de CEO dans la boite. Je me suis rendu compte que j’avais des archaïsmes. Il fallait horizontaliser l’entreprise ». Son rôle est maintenant différent et il a pu s’alléger d’une certaine pression. « Dans une entreprise libérée, il y a une co-responsabilité pour détecter et régler les problèmes, c’est libérateur pour le boss et très responsabilisant pour les salariés » résume Ludovic.

Mais libérer une entreprise ne se fait pas du jour au lendemain. Et c’est plus facile dans une petite structure, même si le système est applicable aux grands groupes. « La taille importe peu, ça marche partout d’après les témoignages que j’ai lus. En revanche c’est vrai que c’est plus facile de switcher quand on est 7 » témoigne Ludovic Simon. « Si vous avez plusieurs milliers d’employés et que vous supprimez du jour au lendemain les postes de contrôleurs, de contremaîtres, il faut pouvoir dire au middle management ‘maintenant vous revenez dans l’opérationnel et le manager n’a plus de place établie’… Certains seront prêts à l’entendre, à accepter le système de cooptation des nouveaux leaders, qui changent régulièrement, d’autres non».

« Libérer l’entreprise c’est un chemin qui prend du temps » admet le fondateur de Doyoubuzz qui veut aller plus loin dans la démarche. Les prochaines étapes ? De l’autoévaluation selon la méthode OKR de Google, ou même des congés illimités… tout est possible.

Temps partiels : une application de la durée minimale hebdomadaire (24h) sécurisée et simplifiée

La loi n° 2013-504 du 14 juin 2013 relative à la sécurisation de l’emploi a fixé la durée minimale hebdomadaire des contrats de travail à temps partiel à 24H. Le législateur avait prévu initialement des exceptions et des dérogations qui ont été élargies par voie d’Ordonnance (Ordonnance 2015-82 du 29 janvier 2015).  Cette ordonnance vise également à simplifier l’application de ce nouveau régime des temps partiels.

Ainsi à compter du 31 janvier 2015, les contrats suivants n’entrent plu dans le champ de l’obligation légale de 24 h hebdomadaire minimum :

  • les contrats de travail d’une durée au plus égale à 7 heures ;
  • les CDD et contrats de travail temporaire conclus pour remplacement.

Ces contrats viennent s’ajouter aux autres cas de dérogation initialement prévus, à savoir :

  • les contrats signés avec des jeunes de moins de 26 ans poursuivant des études (article L.3123-14-5 du Code du travail)
  • les contrats signés avec une association intermédiaire ou une entreprise de travail temporaire d’insertion(article L.5132-6 et art.L.5132-7 du Code du travail).
  • les contrats pour lesquels des dispositions spécifiques prévoient une autre durée (exemple : Contrats initiative-emploi (CIE), Contrats d’Accompagnement dans l’Emploi (CAE)…) (Réponse ministérielle, Rousset, n°50900, JOAN du 27 mai 2014).

L’ordonnance éclaircit également la notion de priorité d’emploi en généralisant cette dernière à tous les salariés qui souhaitent travailler davantage et arriver au niveau de la durée minimale de 24h hebdomadaire.

Cette priorité d’emploi oblige l’employeur à porter à la connaissance des salariés la liste des emplois disponibles correspondants (art. L.3123-8 du Code du travail), mais elle ne l’oblige pas à réviser la durée de son contrat en l’absence d’emploi disponible, équivalent ou relevant de la catégorie professionnel du salarié demandeur.

Le sort des contrats de travail conclus avant le 1er janvier 2014 et ceux conclus entre le 22 janvier 2014 et le 30 juin 2014, qui ne respectaient pas cette durée minimale hebdomadaire, est également modifié. En effet, initialement, les employeurs étaient tenus d’augmenter la durée de ces contrats jusqu’à 24h hebdomadaire au 1er janvier 2016 ou avant cette date sur demande des salariés concernés. L’ordonnance supprime ces dispositions transitoires. Les salariés concernés ne pourront donc bénéficier que de la priorité d’emploi générale pour obtenir une augmentation de leur durée hebdomadaire à hauteur de la durée minimale.

Pour en savoir plus :
Ordonnance 2015-82 du 29 janvier 2015
art.L.3123-8 du Code du travail