Category Archives: climat des affaires

Pourquoi la France doit absolument s’attaquer à son allergie à l’échec

La vie du chef d’entreprise n’est pas un long fleuve tranquille. Les pièges le guettent à tous les tournants. La concurrence prévue et imprévue, les règles déraisonnables d’un code du travail complètement désuet, les impôts et taxes de toutes sortes dès qu’on gagne trois sous et même quand on les perd…le minent. Et tout cela peut mener au tribunal de commerce si on n’y prend pas garde.

Pourquoi la France doit absolument s’attaquer à son allergie à l’échec

Mohed Altrad, le roi des échafaudages et des brouettes, élu au début de cet été entrepreneur mondial de l’année, sait de quoi il parle quand il évoque le manque de confiance des banques qui hésitaient à lui prêter. Il a rebondi face à ce mur en changeant son fusil d’épaule et a réussi à augmenter sa capacité de fonds propres pour racheter peu à peu ses concurrents. Un vrai sursaut !

A ce stade, tout est une question de verre à moitié plein ou à moitié vide. Aux Etats-Unis, celui qui a connu un échec est qualifié de rassurant. En France les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets, le même est considéré comme tamponné avec une croix rouge.

Les récents déboires d’Uber en France, même s’il y a un sujet à traiter, montrent comment la filiale française a réagi face à ce tollé des taxis et du gouvernement. Au lieu de baisser les armes, les initiatives ont reprises de plus belles : nouvelles offres pour le festival de Cannes, livraisons de glaces etc.  Ils ont plus d’un tour dans leur sac. Et ils ont beaucoup de sacs…Comme le dit Maurice Lévy Président de Publicis « les Américains sont prêts à prendre des risques, car ça gagne tellement lorsque cela fonctionne ! Pour eux, se planter fait partie du jeu ».

Or, c’est bien là ce qui doit changer en profondeur. Que celui qui n’a pas péché jette la première pierre à celui qui a fait faillite… Créer, recruter c’est prendre un risque : celui de se tromper. Même si la chute est rude et aux conséquences qui peuvent être terribles à la fois sur le plan économique et sur le plan personnel. Mais l’échec est pédagogique, une fois le stress apaisé et la confiance retrouvée. D’ailleurs celui qui dit n’en avoir connu aucun est suspect pour un recruteur, un banquier, un fournisseur, un client et même des collaborateurs. Alors comment faire ?

D’abord parler de l’échec sans tabou, mais pas seulement, il faut lui adjoindre le rebond, c’est-à-dire l’espoir de repartir à frais nouveaux et en meilleure forme. Et pour cela la bonne potion est celle de l’exemple de ceux qui ont rebondi et peuvent être contagieux pour ceux qui sont au tapis. De multiples initiatives fleurissent en France pour aider l’entrepreneur à se reconstruire. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Par exemple l’association 60 000 Rebonds (équivalent aux dépôts de bilan annuel) est en train de créer un réseau sur toute la France pour venir en aide aux chefs d’entreprise qui sont passé par les affres de la liquidation et de toutes ses conséquences qui peuvent même pousser au suicide.

Dans un autre registre Pierre Botton, qui est passé d’un statut d’homme d’affaires à celui de détenu a voué désormais sa vie à la lutte contre la récidive. Il explique sans relâche que la prison est la meilleure école d’apprentissage de la grande délinquance. Avec une énergie hors du commun, il pousse les portes de tous les patrons du CAC 40 pour les sensibiliser à cette cause nationale. Avec de belles réussites comme celle d’avoir fait financer un premier centre de réinsertion près de Lyon aussi bien par Schneider Electric que par Total. De l’échec au rebond, il sait de quoi il parle.

Il n’y a pas de fatalité et si on veut, on peut, comme dit l’adage. Alors remontons nos manches pour être des acteurs du rebond, mais en collectif, car comme le dit le beau proverbe africain « Tout seul on va vite, mais ensemble on va loin ».

Et n’oublions pas que Walt Disney a été licencié pour manque d’imagination. Ou que Steve Job a été viré d’Apple avant d’y revenir avec succès. « Ne pas subir » disait aussi le maréchal de Lattre de Tassigny.

Ne cédons pas à la fatalité et à la désespérance ! Pour un sursaut collectif !

Les Entretiens de Valpré se dérouleront le 29 septembre au collège des Bernardins à Paris en soirée et le 6 octobre à Ecully / Lyon. Cette manifestation annuelle, centrée pour cette 14 eme édition sur le thème de l’échec et du rebond, s’adresse aux cadres et aux dirigeants. L’objectif est de leur apporter des solutions concrètes et du recul dans un environnement économique particulièrement difficile. 

Le graphe qui me préoccupe beaucoup: mise à jour

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Dans une série de posts récente (voir ici, ici et ici) je m’inquiétais du profil de l’économie mondiale.
Le point que j’y développais était le suivant:
Le commerce mondial a une évolution trop lente et atypique par rapport à ce qui était observé par le passé. La raison principale était l’absence de moteur de croissance susceptible de tirer à la hausse l’économie globale. Les Etats-Unis et plus récemment la Chine avaient joué, dans le passé, ce rôle d’impulsion de l’activité capable de caler la trajectoire de l’économie mondiale sur un niveau élevé.
Actuellement, les Etats-Unis et la Chine n’ont plus les moyens ni les capacités de tenir ce rôle. L’Europe, qui est en phase de reprise modérée, n’est pas spontanément susceptible de créer ce type d’impulsion.
De la sorte, même si les échanges restent à un haut niveau, il n’y a pas d’impulsion génératrice d’une croissance durable des…

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Inquiétudes et ajustements de court terme pour l’économie globale

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L’économie globale manque de perspectives de croissance à moyen terme (voir ici).
Si l’on veut comprendre la dynamique récente des marchés financiers et des matières premières c’est par ce prisme qu’il faut commencer.
Cette perception s’est accentuée récemment avec l’évolution de la situation en Chine. Jusqu’à présent, les autorités chinoises avaient géré le ralentissement de leur croissance avec des mesures internes. Cela s’était traduit notamment par des évolutions rapides de l’endettement des entreprises publiques. Cela n’a fonctionné qu’un temps (voir ici). Le soutien via le marché des actions n’a pas bien fonctionné non plus.

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La dette publique est utile à la croissance

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Les questions sur la dette publique sont un peu dans les discussions économiques comme un marronnier: la dette publique focalise l’ensemble des inquiétudes et des incertitudes sur l’évolution d’un pays. Une augmentation trop rapide est perçue comme un signal de dégradation irrémédiable du futur.
Ce n’est pas aussi simple, heureusement.

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The five essential factors of business improvement

As we emerge from what has been a very fragile economic climate, many organisations are now embarking on business improvement initiatives in a bid to greatly enhance customer service and sustain growth and profitability. In many cases, companies concentrate on only one element of change and disregard other factors when making improvements. This often leads to change being unsustained or results not being delivered at all.

These are five fundamental factors that influence successful business improvement:

1-      Customer journey: Many organisations fail to grasp the importance of the customer journey and experience. By taking the time to understand customers’ current and future needs, companies are better placed to answer these. Equally, business practices can be developed that enhance the customer experience and lead to increased growth and loyalty. The customer is the life blood of the company, without the customer we don’t have a business, yet all too often they are overlooked.

2-      Operating Framework: Many businesses assume that the development and implementation of new technology is the answer to all operational and reporting problems. The reality is, this will only support existing behaviours, rather than changing them. A system is not a substitute for management action. If the system is not updated and used properly by the people within your business, it will not be effective.  In order to drive and support the right kinds of behaviours, an effective operating framework is required. This is the glue that holds any business together. It comprises the forecasting, planning, controlling and reporting of work.  It enables key questions to be answered like what needs to be delivered and when? What and how many resources are needed? How are you performing against plan? What has been achieved? How can you improve?

3-      Processes:  Companies tend to stick to what they know. They believe that operational processes that have always worked will continue to be effective and deliver profit. Changing a process will cost time and money and is often something that teams would rather avoid. However, operational processes inevitably become out of date. Steps are introduced without careful consideration of the wider impacts, and slowly materials and time are introduced to make life “easier”, or to meet “customer” demand.  This can cause your once efficient process to become inefficient.  It will cost your business more if you don’t change your inefficient processes. Teams are not always compliant and become complacent, if the process is not easily executed and intuitive. Often teams find short cuts, even if those short cuts cost you money. In addition, when processes are re-engineered, it is normally through some kind of technology implementation or a Lean/Six Sigma type initiative. Typically, once re-engineered, they are well laid out and logical. However, the control of the processes is often what’s missing, allowing things to go low visibility, creating chases and causing frustration for both staff and customers alike. Processes can be controlled through active management and an effective operating framework.

4-      Policies: The common understanding is that policies are put in place to satisfy a regulatory body or meet the needs of an accrediting body, that will award some sort of recognised badge, ITIL, ISO, H&S, IIP etc. Businesses believe that this will enable the organisation to gain status and recognition within their field. Some policies are enforced and are a legal requirement.  In order to adopt policies successfully, the necessary systems and processes need to be embedded first and most importantly, employees need to be fully trained in their execution.

5-      People / Staff Engagement:  It is assumed that people within the business should be committed and loyal because they are being paid. Firms also believe that if they give their employees a new system to use, or train them in a new process that it will be followed without question and supported. The people within your business are the most influencing factor in determining whether your improvement initiative succeeds or fails. If the teams within your business do not use the system, follow the process or comply with the policy, your initiative will fail. Staff will only do this if they are fully engaged. Managers have a responsibility to ensure their teams’ values and beliefs align to the goals and objectives of the business. Furthermore, it is imperative to ensure the attitudes and behaviours of staff within your business are engaged and positive, and the communication within your company is concise, open and honest. The people within your business hold the key to its success.

For your business to realise and fulfil its potential, these five factors must be considered. Whether your company is looking to cut costs, maintain strong growth, greatly enhance the customer experience or gain a competitive edge, Balcroft can help you implement sustained change to ultimately achieve your long term business aims and goals.

Le Big Data : un enjeu pour les industries créatives

ARTICLE  par  Jean-Paul SIMON
Le Big Data : un enjeu pour les industries créatives
Anticipation de la demande, création de nouveaux contenus ou mise en avant d’artistes, que font les industries créatives avec le Big Data ?

Sommaire

La notion de Big Data, en français « mégadonnées »[+] ou « données massives » s’est rapidement répandue depuis quelques années, portée par des sociétés de conseil et largement relayées par les médias, puis les pouvoirs publics, sans pour autant faire l’objet d’une définition précise. Ces données sont souvent présentées comme le « nouvel or noir de la croissance », voire le « futur moteur » de l’économie. Comment définit-on le Big Data, quel est son périmètre et la taille du marché ? Comment les industries créatives en tirent-elles parti ?

La valse des zettabytes ou la folie des grandeurs

Selon les estimations les plus plausibles[+], mais il ne s’agit que d’un ordre de grandeur, la masse de données disponibles dans le monde serait passée de 3 milliards de gigabytes[+] en 1987 à 300 milliards en 2007 soit une multiplication par 100 en l’espace de 10 ans[+]. L’explosion annoncée des données (jusqu’à 7 zettabytes prévues pour 2015) provient de la croissance exponentielle des données disponibles, combinée à une capacité toujours plus grande de collecter, traiter et analyser ces données. Elle aura été rendue possible par le déploiement des infrastructures de réseaux (haut débit et de plus en plus, très haut débit), ainsi que par l’équipement des ménages en terminaux divers, avant tout mobiles (smartphones, tablettes et phablettes).

Ces données proviennent de sources diverses et hétérogènes : des individus eux-mêmes, des machines ou des capteurs. Il s’agit à la fois d’informations générées passivement, sous-produits d’une activité communicationnelle, et d’informations délivrées volontairement sur Internet. La fusion des données provient donc de sources disparates, numériques ou analogues[+].
L’indicateur le plus simple de cette explosion est la croissance impressionnante du trafic de données mobiles, suivie annuellement par Cisco qui souligne notamment la dominance des données vidéo[+](près de 80 % du total prévu à l’horizon 2018) ainsi que le rôle moteur des consommateurs.

Cette combinaison des infrastructures et des terminaux adéquats ouvre la voie à un développement de l’Internet des objets qui va encore accroitre le nombre de données. IDC prévoit la connexion de 212 milliards de terminaux pour 2020. De la même façon, les communications de machine à machine (M2M) sont en augmentation constante du fait de la baisse des coûts, d’une couverture améliorée, d’une offre de technologies radio plus pertinentes et d’un nombre croissant d’applications. SAP prévoit plus de 2 milliards de terminaux connectés pour 2021 contre seulement 200 millions en 2013.
En valeur, le marché des mégadonnées estimé par Transparent Market Research à 6,3 milliards de dollars en 2012, devrait atteindre 8,9 milliards en 2014 pour s’élever à 48,3 milliards en 2018. IDC indique 16,1 milliards de dollars pour cette même année 2014[+].

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Des contours incertains

Il reste à se demander à quoi renvoient ces chiffres et quels processus ils recouvrent. La confusion règne le plus souvent en matière de définition. Malgré la pléthore de rapports en la matière,  il n’existe pas de définition reconnue des Big Data il n’existe pas de définition commune des Big Datareconnue sur le plan international, pas plus que de définition opérationnelle qui servirait à comprendre les développements des marchés, les contours du secteur et la nature des activités qui s’y déroulent. Confusion qui pourrait bien être voulue, car le flou renvoie souvent à des stratégies de vendeurs, comme le note perfidement Tim Harford.

On peut faire remonter la notion deBig Data à un rapport du Meta Group de 2001 qui identifiait trois dimensions de la croissance des données, les 3V : le volume[+], la vélocité[+] et la variété[+]. Sont venus s’ajouter trois autres V, la véracité[+], la valeur et la visualisation, ainsi que la complexité[+].

Les processus liés aux Big Datarenvoient à l’extraction (« data mining ») et au traitement d’un volume très important de données afin de mieux comprendre le comportement du consommateur, de gérer les chaînes de production ainsi que de nombreux autres aspects de l’activité économique.

La chaîne de la valeur des Big Datacomprend l’acquisition de données (structurées ou non), l’analyse, la conservation, le stockage et l’utilisation de ces données à des fins diverses : prévision, simulation, exploration, visualisation, modélisation. Les composants de base sont les logiciels (de loin le plus important selon IDC), le matériel et le stockage. De nouveaux outils sont apparus pour extraire, charger et transformer les données, et de nouvelles technologies telles Apache Hadoop[+] et NoSql sont au cœur du traitement.

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Inflation verbale ou réalité économique?

Depuis 2001, de nombreux rapports, émanant de sociétés de conseil pour la plupart, se sont succédé pour enjoindre aux « naïfs » d’ouvrir les yeux face au phénomène des Big Data. Toutefois, le rapport de McKinsey de 2011 restait prudent, se contentant de fournir des exemples d’applications pour quelques secteurs alors impliqués. Toutefois, il notait déjà que tous les secteurs industriels n’étaient pas égaux face aux Big Data. Le rapport indiquait que les « suspects habituels » (fabricants de produits électroniques et acteurs du traitement de l’information) étaient les plus à même de bénéficier de manière substantielle de l’accès à de vastes quantités de données, ainsi des sociétés du monde de l’internet qui récoltent des masses de données. En revanche, des secteurs tels que la construction, l’éducation et les arts et loisirs donnaient des signes de productivité négative ce qui révélait la présence de barrières systémiques jouant contre l’accroissement de la productivité.

De la même façon le cabinet IDC[+], notait que les bénéfices escomptés  n’étaient pas toujours clairs. La société indiquait notamment qu’en 2013 environ 5 % de la masse des données avait une utilité, même s’il prévoyait un doublement pour 2020. La pénétration du M2M serait de l’ordre de 2 % des abonnements aux réseaux dont on mesure le trafic, soit environ 0.1 % du trafic de données mobile.

De plus, selon le rapport SAS 2013, la plupart des organisations n’ont pas développé, mis en place, ni exécuté une quelconque stratégie concernant les mégadonnées. Rien d’étonnant alors à ce que les sociétés de conseil insistent sur la nécessité d’acquérir une « mentalité ouverte aux données ». Toutefois, toutes les sociétés ne disposeront pas de spécialistes en la matière, ce qui pourrait constituer a fortiori une barrière à l’entrée non négligeable, exigeant investissements en formation et en temps.

Dans un livre blanc (2014), le monde de l’édition de livre souligne déjà ce point particulièrement sensible pour les petites maisons d’édition, ajoutant que, de surcroît, l’expertise extérieure est coûteuse. Le livre blanc note que les fournisseurs de services de technologies, tels que Klopotek[+]ou Publishing Technology[+], privilégient les grands éditeurs internationaux ou les éditeurs scientifiques et techniques qui ont déjà sauté le pas, même si on peut espérer qu’à terme la baisse des coûts, ou une concurrence accrue, élargiront leur base de clientèle. En tout état de cause, Macmillan est devenu un partenaire incontournable de sociétés telles que Next Big Book qui offre des services de traitement des Big Data. Ces deux sociétés ont développé un tableau de bord pour identifier et suivre les facteurs ayant le plus d’influence sur les ventes de livres.

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La signification du phénomène pour les industries de contenu

L’élimination de ces barrières provoquera des tensions et des conflits aussi longtemps que le rapport coût/bénéfice restera incertain, comme ce fut le cas de l’informatisation des sociétés dans les années 1970. Dès lors, la question qui se pose est de savoir ce que l’on peut faire, en réalité, de ces Big Data, car une estimation de la taille des marchés (volume, valeur) ne suffit pas à rendre compte du phénomène.

Les Big Data ont fait irruption au début de ce siècle, portées par des start-ups et des sociétés de l’Internet telles eBay, Facebook, Google ou LinkedIn, qui se sont construites sur ces mégadonnées, sans avoir à les intégrer à des sources de données plus traditionnelles. On leur doit d’ailleurs une partie des technologies actuelles dans le domaine: Google a été l’inspirateur de Hadoop, Facebook a développé Cassandra. Ces sociétés ont porté le passage de l’ « analytique 1.0 »[+], selon T. H. Davenport et J.Dyché, à l’ « analytique 2.0 » à partir de 2005 en exploitant leurs données en ligne, pour déboucher sur  « l’analytique 3.0 » à partir de 2012, qui ouvre la voie aux données « prescriptives ».

De fait, les « dragons numériques »[+] sont intrinsèquement les mieux placés pour tirer parti de cette évolution, des nouvelles formes d’analyse des mégadonnées et du « cloud computing »; Amazon (AWS) comme Google (Big Query) et Microsoft (Azure) en sont les principaux fournisseurs de services pour tiers. Les nouveaux acteurs du numérique sont aussi les pionniers de l’extraction des données pour la compilation des recommandations de leurs utilisateurs (Amazon, Netflix, Pandora, Zynga…).

Les fournisseurs de contenus créent des unités pour superviser leurs activités d’analyse, tels Amazon et LinkedIn créant des « centres d’excellence », Netflix centralisant complètement cette activité. La société de distribution de films a produit sa série à succès House of Cards  après analyse des données de sa base de clientèle, soit des millions d’interactions quotidiennes, des millions de recherches, ainsi que des tags et autres métadonnées. Amazon Publishing repère les œuvres épuisées (AmazonEncore) ou à traduire (AmazonCrossing) à partir des données clients. Google, comme Zynga, s’appuie sur un département opérationnel, la société de jeux vidéo ayant été la première à relier la conception de jeux à son modèle d’affaires[+](jeux gratuits et ventes d’articles virtuels). Spotify s’est illustrée par ses prévisions pour les Grammy Awards effectuées à partir de l’analyse des flux de données.

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Big Data : de nouveaux services pour les industries créatives

De nouvelles sociétés sont apparues pour offrir leurs services aux industries créatives. Les acteurs de la musique, du cinéma ou de l’édition se voient proposer toutes sortes de services à des fins commerciales.

Next Big Sound, une société lancée en 2009, analyse toutes sortes de données pour l’industrie de la musique (provenant de YouTube et Spotify, de statistiques issues des medias sociaux) afin de déterminer le meilleur canal de vente. La société indique traiter désormais les données pour plus de 85 % de l’industrie de la musique). Depuis son lancement en 2009, la société a recueilli plus de 4 années de données sur les réseaux sociaux pour des centaines de milliers d’artistes. Elle établit des corrélations entre les ventes et les chiffres de streaming. Elle entend contribuer à une redéfinition de la façon dont les musiciens sont découverts, commercialisés et évalués en liant perception, implication et recettes. Sa filiale, Next Big Book suit auteurs et livres par l’intermédiaire de plusieurs réseaux sociaux, des données de vente et provenant d’événements.

Persistent Systems a aidé Chennai Express, l’un des films les plus gros vendeurs d’entrée du box-office indien, pour sa campagne de marketing, en analysant plus d’un milliard de réactions et un nombre total de plus de 750 000 tweets pendant les 90 jours de cette campagne.
United Talent Agency et Rentrak, société spécialisée dans les mesures d’audience cinéma et TV, ont créé un service PreAct à l’intention de l’industrie du cinéma qui dissèque, à base d’algorithmes, les données de réseaux sociaux. La société a comme client Sony Entertainment et 20th Century Fox.

L’analyse des données permet aussi dans le cas du cinéma, comme de la musique de partir du piratage pour, à l’inverse, stimuler les ventes. Ainsi, le groupe de rock « Iron Maiden » qui avait repéré une forte croissance de fans et pirates en Amérique latine, y a organisé une tournée spécifique avec grand succès. La presse, elle, semble encore se chercher[+].

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Mégadonnées ou méga-problèmes?

Les rapports et articles font souvent preuve de beaucoup d’optimisme en annonçant que le recours aux mégadonnées (Big Data) permettra, par exemple, aux cinéastes et à l’industrie cinématographique de prévoir les tendances. Ce déterminisme informationnel relève d’une conception mécaniste, quoique courante, du rôle de la technologie, qui comporte le risque de ne servir (souvent de façon inadéquate) que la majorité laissant de côté les minorités. De plus, les statisticiens le savent bien, corrélation ne signifie pas causalité. L’échec de la prévision de la grippe par Google (surestimation de l’ordre de 50 %)[+] est là pour nous le rappeler.

Les applications les plus fréquemment mises en avant relèvent du marketing (exemple de Criteo[+]) ou d’une forme ou d’une autre de commerce électronique, dont on perçoit aisément l’apport potentiel. Ainsi, dans l’exemple cité d’Iron Maiden il s’agit d’une rationalisation de détection de la demande. Toutefois, d’un point de vue plus qualitatif, dans l’univers des contenus, l’analyse des données peut s’avérer être un cercle vicieux du point de vue de la création et de l’innovation.  La prévision de la demande peut relever du fantasme Chercher ce qui est le plus populaire en musique comme au cinéma n’est pas forcément la meilleure façon de trouver des œuvres nouvelles et majeures. La prévision de la demande peut relever du fantasme et, en tout état de cause, les exemples cités, dont celui de Netflix, ne sont que des cas isolés jusqu’à présent. Il reste ainsi à voir si la firme de distribution peut confirmer ses succès dans la production, ou alors tomber dans les aléas habituels d’une profession marquée par l’incertitude. De fait, la dernière série en date, « Marco Polo”, ne semble pas susciter le même enthousiasme que Game of Thrones

Enfin, des problèmes plus généraux se posent en matière de protection de la vie privée : et de sécurité. Une enquête de 2012 de l’institut de recherche Pew Internet donnait un verdict pour le moins partagé entre ceux qui décelaient le fort potentiel des Big Data et ceux qui étaient de plus en plus préoccupés des abus possibles.

En ce qui concerne la protection des données, les normes de protection actuelles (anonymisation, consentement individuel et clause de retrait) s’avèrent de moins en moins appropriées et devront être modifiées notamment pour passer du contrôle des données elles-mêmes à leur utilisation, l’anonymisation des données devenant de plus en plus délicate. De plus, l’équilibre entre la collecte d’information à des fins sécuritaires et les droits fondamentaux se modifie.
La gestion de ces problèmes sociétaux majeurs prendra du temps, générera des tensions entre promotion de l’innovation et protection des droits. La technologie est autant une partie du problème que de la solution. Pour autant, les problèmes technologiques ne doivent pas être sous-estimés ni considérés comme réglés ou en voie de l’être. La poursuite de la croissance indéniable de cette valse des zettabytes passe par le déploiement de réseaux à même de traiter ces données (4G, 5G), de contribuer au développement de nouvelles applications, à la mise en place de nouvelles plateformes, au développement de nouveaux terminaux mobiles[+] à des prix accessibles et d’une connectivité appropriée.
Passer au crible une masse d’information est une opération complexe, le stockage de terabytes n’est pas simple non plus. Si les barrières à l’entrée peuvent se réduire avec la chute des coûts, notamment avec le « cloud computing », l’expertise reste coûteuse et peu ou pas présente dans les industries créatives.
Cette inégalité entre acteurs traditionnels des médias et dragons numériques est source de conflits, comme on l’a vu dans le désaccord qui a opposé Amazon et Hachette. Ce conflit renvoie à un problème de concurrence, de concentration du marché entre les mains des oligopoles du Big Data, de ces « barons des données »[+], même si pour l’instant, cette tendance a été contrecarrée par la vivacité de l’écosystème des start-ups dans le domaine.

En résumé, les mégadonnées sont peut-être là, mais la méga-vision manque encore à l’appel.

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Guide destiné à mieux évaluer les risques

Avatar de Gouvernance des entreprises | Jacques GriséGouvernance | Jacques Grisé

Voici un article très intéressant sur l’évaluation des risques publié par H. Glen Jenkinset paru dans Inside Counsel (IC) Magazine.

Il s’agit d’un bref exposé sur la notion de risques organisationnels et sur les principaux éléments qu’il faut considérer afin d’en faire une gestion efficace.

Je vous invite à prendre connaissance des autres publications sur le site de IC, notamment Evaluating and managing litigation risk.

Bonne lecture !

Risk assessment: A primer for corporate counsel

The scope of legal responsibilities for in-house counsel varies depending on the size and complexity of the company. For instance, an attorney located at corporate headquarters could be chiefly responsible for issues affecting the shared services that are available and used by corporate headquarters, as well as every business unit and division. And yet at other times, in-house counsel’s concerns may be restricted to matters affecting only the parent company or a…

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Les négociations juridiques et le pacte d’actionnaires

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Les deux parties sont tombées d’accord, le principe de l’entrée des investisseurs au capital de la société est validé et la lettre d’intention est signée. Malgré tout, l’entrée au capital revient à « un mariage » et la « vie commune » doit être organisée. C’est le rôle du pacte d’actionnaires/d’associés.

Le principe du pacte :

Le  pacte  est  un  document  juridique  confidentiel  (contrairement  aux  statuts),  qui  est officiellement signé le jour du closing.

Définition du Vernimmen (ndlr : dictionnaire de la finance d’entreprise) : Le closing est la dernière étape d’un processus de vente d’une entreprise. Il correspond à l’exécution du contrat et à la réalisation effective de la cession/acquisition.

Cette nouvelle étape de négociation est longue.

Ce qu’il faut savoir sur le pacte d’actionnaires :
Le  pacte  est  un  contrat,  comme  un «contrat de mariage», passé entre tous les  associés  ou  seulement  une  partie, et qui a pour vocation de rester secret. Comme  c’est  un  contrat,  il  est  moins fort que les statuts ou la loi, et donc ses clauses ne doivent pas aller à l’encontre de ceux-ci. En plus d’être un contrat juridique, c’est un contrat moral qui pose les bases de la relation, et l’enjeu des négociations est d’assurer la volonté de chacun de s’entendre et de trouver un équilibre,

Il gère la vie commune de l’association. Le pacte précise toutes les règles de bon fonctionnement, en tout cas celles qui ne sont pas dans les statuts. L’objectif est d’envisager et d’anticiper tous les cas de figure de blocage ou de décisions à prendre, et de prévoir la meilleure manière de les résoudre,

Il  prévoit  comment  les  associés  vont «divorcer». Vous devez être conscient qu’un jour vous vous séparerez, et que chacun a intérêt à ce que cela se passe dans les meilleures conditions.

Le pacte aide ainsi à gérer la rupture, et à l’avoir en tête tout au long de la vie commune.  C’est  en  quelque  sorte  un «contrat de divorce», qui viendra éviter toute « montée dans les tours » en cas de désaccord,

Il   évolue   dans   le   temps.   Un   pacte d’associés est signé pour un temps donné. Toute nouvelle entrée dans le capital (comme toute sortie) implique une nouvelle rédaction. Tout changement significatif dans la vie de l’entreprise peut appeler au changement de pacte,

Il  ne  remplace  pas  le  bon  sens,  mais il  est  toujours  très  difficile  de  garder son bon sens lors d’un conflit. Avoir un document écrit en temps pacifiques aide énormément et peut permettre à chacun de retrouver ses esprits et sa lucidité.

Les clauses du pacte et leurs enjeux

Dans cette partie, nous n’aborderons pas toutes les clauses dans le détail, mais plutôt celles qui posent souvent question aux entrepreneurs. Sans être exhaustifs, voici les principales clauses qui existent et leur utilité : stabiliser le capital, préparer la sortie et protéger les investisseurs et les associés fondateurs. Il est surtout important de comprendre leurs enjeux.

1 : Les clauses relatives à l’évolution du capital

Clause de répartition du capital :

C’est une clause qui permet de prévoir comment évoluera le capital de la société en cas d’événements spécifiques, par exemple si un associé fondateur quitte l’entreprise avant un certain temps, si des résultats spécifiques sont  atteints,  s’il  y  a  une  levée  de  fonds, etc. Cette close est très intéressante pour s’assurer que l’équipe de fondateurs reste soudée, focalisée autour d’objectifs concrets,

Clause de préemption :

Elle permet à un ou des associés d’être prioritaires sur les parts d’un associé sortant ou issues d’une augmentation de capital.

2 : Les clauses d’engagement des fondateurs
Le projet reposant en grande partie sur les fondateurs et l’équipe dirigeante, ces clauses ont pour but de s’assurer de leur loyauté à l’entreprise :

• Clause de non concurrence : empêche un associé d’exercer des fonctions auprès d’un concurrent,

• Clause    d’exclusivité    :    empêche    un associé d’avoir une autre activité, même non concurrente, afin de s’assurer qu’il consacre un temps plein au projet. Cette clause peut être aménagée en limitant le temps consacré à une autre activité bien spécifiée,

• Clauses de « good leaver / bad leaver » :

> Bad leaver : clause sanction en cas de faute grave ou lourde, avec revente des parts de « l’associé sortant » à une valeur décotée,

> Good  leaver  :  on  définit ici  les  cas de départ d’un associé où les mesures de   rétorsion   ne   s’appliqueraient   pas, ou   seraient   limitées   (uniquement   du fait de l’éventuel préjudice pour le développement de l’entreprise),

On assortit cette clause avec une période de pérennité : c’est la période pendant laquelle les fondateurs s’engagent à rester dans la société.

On assortit cette clause avec une période de pérennité : c’est la période pendant laquelle les fondateurs s’engagent à rester dans la société.

Why We Absolutely Need to Stop the Bashing of Millennials

As with all stereotyping, using generations to define the behaviors of an entire class of people is mostly a convenient and lazy fiction.
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The Final Frontier for Diversity

The U.S. and most of the world’s developed economies have embraced and celebrate the importance of diversity in national origin, creed, race, and sexual orientation. We clearly have room for improvement, but the progress in this area over the last 200 years is one of humanity’s greatest achievements because it tears down the artificial barriers that prevent economic and social participation due to discrimination. In many ways, the increasing prosperity of the world depends on increasing our understanding of the value of diversity.

Yet there is still one place where we seem to have absolutely no qualms about calling people out for something they had no choice in, and it is the single greatest cross-cultural source of diversity, one that applies to every human being: the generation that he or she was born into.

5 Generations and Counting

With Gen-Z (born after 1995) just entering the work force to join Millennials, Xers, boomers, and matures, there are now five generations working side by side. This simply has no precedent in human history. (See my earlier article, « How to Seize on the Single Greatest Global Shift in 5,000 Years. »)

“As with all stereotyping, using generations to define the behaviors of an entire class of people is mostly a convenient and lazy fiction.”

So what’s our answer to this uber-generational workforce? For the most part, we dig in our generational heels even deeper. How often have you found yourself in a group where someone is bashing the behavior of Millennials with complete disregard for the fact that one or more Millennials are in the group? Can you imagine tolerating that same conversation if it was about gender, race, or sexual orientation? Of course not!

As with all stereotyping, using generations to define the behaviors of an entire class of people is mostly a convenient and lazy fiction. It’s an artifact from a time when we had no tools with which to understand individual behaviors. Guess what? Now we do! Facebook and Google know more about you than your spouse or S.O. does.

Equal Opportunity Bashing

I’m not arguing that the era in which we grew up didn’t shape some aspect of our worldview and create shared experiences. The point is that, going forward, social context is increasingly becoming shared global context across all ages. I can experience the thrill of Minecraft just as fully as my 16-year-old son can build an e-commerce business. I’m also not claiming that the mind of a 12-year-old is physiologically the same as that of a 60-year-old. But once you cross the line into the work force, the generational labels become much more divisive than productive.

And this is not just about bashing Millennials and Gen-Z. If you’re on the other side of that divide, as a boomer, you’re going to suffer the same generational ostracization if your « generation » is perceived as irrelevant. Yeah, that doesn’t feel so good, does it?

If you want to succeed in both building a 21st century business and in reaching a market that represents more than half the world’s population (4.5 billion Millennials and Gen-Zers), then you need to understand that it’s time to give up the generation bashing.

6 Reasons to Stop Generation Bashing and Move Into a Post-Generational Era:

  1. We are all using the same technologies to communicate.

Grandmothers and 2-year-olds are using Skype on tablets to talk to each other. The barriers of affordability, usability, and utility are disappearing. The tools that once defined generations most are now nearly synonymous across all ages.

  1. We cannot continue to think in generational terms when we have five to seven generations working side by side.

This sort of thinking will tear your organization apart. Try reverse mentoring, where younger hires mentor older hires on the benefits and tactics of social media. Connect, don’t divide.

  1. Diversity leads to better solutions.

The single greatest source of creativity and innovation lies in viewing opportunities and challenges from every possible angle. Rather than think in terms of generational lenses, think in terms of the benefits of combining the experience of the past with the unfettered ambition of the future.

  1. Education no longer has walls.

Open classrooms will allow anyone to educate themselves on anything, at any age. When we wrote The Gen Z Effect, we interviewed middle schoolers who were using 3-D printing to create novel medical devices and prosthetics as well as matures who were starting new careers in their 70s.

  1. Our experiences will be shared online and increasingly through rich virtual reality.

It used to be that generations were defined by shared experiences that couldn’t be effectively reproduced. As we create fully immersive VR experiences online, we will also tear down the walls that limited experiences to just one generation.

  1. With the ability technology gives us to target behaviorally, demographic targeting is quickly becoming a blunt instrument of force.

The single greatest shift in post-generational thinking will be in how we use behavior to identify and even predict preferences, attitudes, and interests.

The inescapable result is that, going forward, we are all part of the greatest ever global generational mashup of human experiences, unbounded by the artificial lines that we once drew to define and confine the powerful diversity of humanity.