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Catastrophique pénurie d’eau en Californie

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Les réserves permettront à peine de combler les besoins en eau de la Californie pour un an, du jamais vu depuis 1895. Une catastrophe pour l’état le plus peuplé des États-Unis.

L’hydrologue Jay Famiglietti, chercheur au laboratoire Jet Propulsion (JPL) de la NASA, a lancé un cri d’alarme dans une lettre ouverte publiée dans le Los Angeles Times.

« L’eau emmagasinée dans les réservoirs de l’État permettra à peine de répondre aux besoins durant un an, et les eaux souterraines disparaissent rapidement. »

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Cédric David, spécialiste de la modélisation hydrologique au JPL, constate qu’à la surface, les signes de l’épuisement des aquifères sont déjà visibles.

« Dans les secteurs de la vallée centrale, des routes commencent tout doucement à s’effondrer. Elles perdent jusqu’à 30 cm d’altitude par année à cause du pompage des eaux souterraines. Le satellite GRACE, de la NASA, a pu mesurer des variations dans la gravité terrestre liées à ces prélèvements. »

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Pour faire face à la crise de l’eau, le gouverneur de l’État, Jerry Brown, a ordonné une diminution de 25 % de la consommation d’eau par les villes et les municipalités.

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L’agriculture californienne, qui subvient en grande partie aux besoins de la population américaine, est également très impactée par cette sécheresse. Il devient de plus en plus nécessaire de recourir à l’irrigation artificielle, ce qui continue à aggraver la situation et à faire baisser le niveau des eaux souterraines.

Actuellement, il faudrait près de 42 000 milliards de litres d’eau (42 km3) pour résorber temporairement la sécheresse de la Californie,  environ 1,5 fois le volume maximum du plus grand réservoir des Etats-Unis.

Au cours des derniers mois, on a relevé plusieurs cas de personnes qui ont détourné de l’eau de manière illégale. Les autorités californiennes ne connaissent peut-être qu’un avant-goût de ce que d’autres pays industrialisés pourraient vivre de façon imminente en raison du changement climatique.

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Les résultats de ces pratiques démontrent l’aberration que représente l’agriculture intensive californienne. Même si elle est actuellement le grenier du pays pour ce qui est des fruits et légumes, la région ne peut pas continuer à produire de la sorte. Il est fortement possible que cela conduise à une relocalisation de la production agricole vers le centre des Etats-Unis dans les années à venir.

La prospérité est accessible… mais avec de l’effort et de la discipline!

Les médias accentuent les nouvelles qui affectent le taux d’épargne des québécois : le prix de l’essence; les impôts; les frais de garde; la retraite repoussée; l’élimination des fonds de pension… En se limitant à une analyse au premier degré, il est surprenant qu’il soit possible d’améliorer ce taux d’épargne qui, bien entendu, a un impact dramatique sur les finances personnelles. D’ailleurs, il serait, selon le Centre de recherche Cirano, de seulement 3,1%.

Qui donc peut se permettre, avec toutes les responsabilités financières que nous avons, de mettre suffisamment d’argent de côté pour avoir l’esprit tranquille et régler une fois pour toutes ses préoccupations financières?

Si vous êtes jeune et prêt à vous engager dans un plan qui demande non seulement de la discipline mais aussi des efforts, vous pouvez réussir à bâtir un patrimoine qui vous aidera à tendre vers l’autonomie financière. Voici sept conseils qui pourront vous aider, à la condition d’avoir une vision à long terme :

  • Démarrer un plan d’épargne systématique

Vous êtes payés aux deux semaines? Démarrez un plan d’investissement automatique le jour de paie. Après un certain temps, vous ne remarquerez plus rien et vous n’aurez pas l’impression que votre budget est amputé. Un jeune travailleur de 25 ans qui dépose $100 aux deux semaines à un taux de 5% récupérera la modique somme de $321,566 à l’âge de 65 ans.

  • Diversifiez et n’acceptez pas le premier conseil

Votre institution financière vous offre un compte d’épargne systématique à un taux de 0,8%? Sachez que vous n’irez pas loin même si on vous affirme avec fermeté que c’est « garanti ». En tenant compte d’une inflation à 2%, un taux de 0,8% correspond à un taux réel négatif de 1,2%. Mine de rien, vous vous appauvrissez.  Un planificateur financier indépendant vous expliquera que la diversification des classes d’actifs peut vous aider à obtenir des rendements des plus intéressants. L’histoire démontre qu’un portefeuille bien diversifié peut générer plus de 5% à long terme. D’ailleurs l’Institut québécois de planification financière publie à chaque année des hypothèses de projection qui prévoient ceci :

Actions canadiennes                                     6,5%

Revenu fixe                                                     4%

  • Ne laissez pas les émotions dicter vos actions

Les marchés peuvent monter mais aussi baisser. Malheureusement, il arrive que bon nombre d’investisseurs deviennent pessimistes et vendent leurs actions alors que bien souvent, c’est justement dans les moments de dépression qu’il faut rester discipliné et garder le cap. Votre planificateur financer pourra vous aider en vous présentant des tableaux qui expliquent les dernières crises et ce qui s’est passé au cours des années subséquentes.

  •  Adoptez une approche stratégique plutôt que tactique

Une approche tactique est d’essayer de saisir les opportunités d’investissement au jour le jour. Cette approche s’avère pratiquement impossible.

Une approche stratégique consiste à choisir une bonne diversification par secteurs de l’économie et à laisser un gestionnaire chevronné le soin de faire les choix de titres. Plus de 6,000 fonds de placement sont disponibles au Canada.

  • Tenez compte de la fiscalité

En date de ce jour, les canadiens peuvent investir $40,500 en CELI. Un couple peut donc investir  $81,000 à l’abri de l’impôt. Trop souvent je rencontre des gens qui investissent dans un compte dont les revenus sont imposables. À long terme, l’impact sera significatif. La fiscalité doit absolument faire partie des sujets à discuter avec votre planificateur financier.

  • Révisez votre plan à tous les ans

Une révision annuelle vous aidera à ajuster votre plan si votre situation personnelle ou professionnelle change. Vos objectifs, votre tolérance au risque ainsi que votre horizon de placement peuvent changer et donc, méritent une révision. De plus, votre planificateur financier risque de vous mettre au défi d’augmenter vos contributions systématiques… et vous en serez le plus grand bénéficiaire!

  • Informez-vous!

Grâce aux médias, vous avez accès à une multitude d’articles et présentations pour vous aider à mieux comprendre le monde des finances personnelles. Simplementbrillant.ca, MSN finances, Les affaires sont des sources d’information de qualité.

le Numérique rend les Mégapoles plus Intelligentes

Les villes représentent aujourd’hui un défi environnemental majeur. Les chiffres sont sans appel : sur à peine 1% des terres émergées, elles concentrent 50% de l’humanité, consomment 75% de l’énergie mondiale et génèrent à elles seules 80% des émissions de CO2 de la planète.

Une situation d’autant moins soutenable que d’ici 2050, selon l’ONU, la population mondiale atteindra les 10 milliards d’individus dont 70% vivront dans les villes. Les études scientifiques montrent par exemple à l’horizon 2030 un cordon littoral chinois totalement urbanisé de 1 800 km de long alors qu’en Afrique, la pression démographique provoquera une augmentation de l’urbanisation de 590%.

Des projections qui rendent primordiale la mise en place de solutions innovantes capables de rendre les villes plus intelligentes au plan environnemental.

A contrepied d’Alphonse Allais qui conseillait de construire les villes à la campagne, le numérique permet d’imaginer des réponses pertinentes à de nombreuses problématiques urbaines. Visite guidée de solutions Orange pour des cities plus smart.

Orange - COP21 - Smart city - Infographie

Tesla lance une batterie qui pourrait changer le monde

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Le fabricant californien des véhicules électriques de luxe Tesla a dévoilé jeudi une «batterie pour domicile» destinée selon le fondateur de la société Elon Musk à changer «la totalité de l’infrastructure énergétique dans le monde».

Cette batterie baptisée Tesla Powerwall peut stocker l’électricité fournie par des panneaux solaires ou par le réseau électrique au moment où celui-ci fournit de l’électricité bon marché, notamment pendant les heures de nuit, a précisé la société. La batterie peut également servir en cas de coupure de courant, a ajouté Tesla.

tesla-powerwall-redLa batterie, destinée à être fixée sur le mur d’une maison ou dans un garage pourrait rendre les habitations équipées de panneaux photovoltaïques totalement indépendantes des réseaux électriques traditionnels.

«Notre but est de transformer totalement l’infrastructure énergétique mondiale pour la rendre totalement durable et sans produire d’émissions de carbone», a indiqué Elon Musk à la presse avant de dévoiler la Tesla Powerwall dans la banlieue de Los Angeles.

La batterie coûtera 3500 $ lors de sa mise sur le marché américain lors de l’été 2015 et devrait être disponible dans le monde entier l’année prochaine.

L’Allemagne devrait devenir un marché-clé pour cette batterie, car ce pays est l’un des plus équipés en système photovoltaïque du monde, selon Elon Musk. Mais la batterie pourrait également être utilisée dans des régions en développement où les réseaux électriques sont souvent peu fiables en dépit d’une énergie solaire abondante.

La batterie pourrait jouer «un rôle analogue à la manière dont la téléphonie mobile a remplacé les lignes terrestres», a estimé M. Musk.

La Tesla Powerwall «sera une grande avancée pour les communautés les plus pauvres du monde», a ajouté le patron de Tesla, car «elle permet de se passer des réseaux électriques».

Tesla avait annoncé l’année dernière la construction de la plus grande usine mondiale de batteries lithium-ion dans l’état américain du Nevada, une usine géante de 5 milliards de dollars en collaboration avec le géant japonais de l’électronique Panasonic.

L’usine géante a pour objectif de faire baisser les prix des batteries, et donc des voitures électriques, l’une des barrières principales à leur adoption massive par le grand public.

Bien que Tesla produise un nombre relativement réduit de véhicules, il est devenu une vedette du secteur en raison notamment de sa réputation de haute qualité.

Elon Musk a esquivé une question lui demandant si l’activité énergie de Tesla allait supplanter l’activité automobile, pour laquelle elle est aujourd’hui le plus connue.

Elon Musk est un entrepreneur d’origine sud-africaine, qui est devenu une star pour ses succès aussi bien dans l’automobile que dans l’industrie spatiale privée (SpaceX). Auparavant, il avait fait fortune grâce à la société de paiements sur internet PayPal.

Il détient 26,7 % des parts de Tesla, valorisées à plus de 7 milliards de dollars à Wall Street.

Êtes-vous prêt pour le marché du travail du futur ?

www.lumaxart.comhttp://www.lumaxart.com

Il y a 10 ans, les téléphones intelligents et Facebook n’existaient pas. Il y a 20 ans, la plupart d’entre nous découvrions internet. Alors, quels seront vos principaux outils de travail dans 10 ans ? Dans 20 ans ? La majorité de ces outils ne sont pas encore inventés! De quoi sera fait le marché du travail du futur ? 

1. La montée du travail autonome. Le temps où une personne entrait à l’emploi d’une entreprise et y travaillait toute sa vie est révolu depuis longtemps. Il y a plusieurs facteurs qui favorisent la montée du travail autonome. Pensons à la volonté de concilier travail et famille, aux baby-boomers qui voudront rester partiellement actifs pendant leur retraite, à la « génération C » (comme dans connectée) qui valorise beaucoup l’entrepreneuriat. Déjà, des entreprises prévoient la montée du travail autonome et les besoins des employeurs qui voudront une place de marché pour sélectionner, évaluer et gérer tous ces fournisseurs indépendants. Des plateformes arrivent sur le marché et d’autres sont en gestation, comme celle de Guide Maestro (lancement le 1er juin 2015!). Dans quelques années, il sera plus facile que jamais de choisir ses employeurs et d’offrir ses services aux entreprises qui correspondent à nos valeurs sociales ou environnementales.

2. Le travail collaboratif virtuel. L’organisation du travail s’éloigne de plus en plus de la hiérarchie rigide pour faire place au mode collaboratif. De plus, cette collaboration est souvent virtuelle. Cela s’explique par plusieurs facteurs, notamment par l’arrivée des femmes aux postes de gestion et l’entrée sur le marché du travail d’une nouvelle génération, deux groupes qui prisent les valeurs collaboratives. Enfin, le souci de plus en plus présent de préservation de l’environnement et l’innovation technologique qui rend possible la collaboration virtuelle à peu de frais, expliquent sans doute en partie cette tendance.

3. À chacun ses applications. Les enfants d’aujourd’hui grandissent déjà dans un monde ou pullulent les applications. Ils en utilisent pour jouer, ils en utilisent à l’école. Ils voudront, une fois sur le marché du travail, utiliser des applications efficaces pour répondre à chacun des défis rencontrés sur le marché du travail. De plus en plus, ce seront les travailleurs qui choisiront et fourniront leurs outils de travail et ils créeront leurs propres applications.

4. Un marché du travail en mutation permanente. Il est terminé le temps où on allait à l’école, on apprenait un métier et on gardait la même profession toute sa vie. Dans le marché du travail du futur, l’évolution de la carrière sera constante, les gens passant graduellement d’une profession à une autre. Les travailleurs seront en constant processus d’apprentissage pour se garder à jour et pour choisir leurs tâches en fonction de leurs goûts et intérêts changeants.

5. Travailler selon ses valeurs. Pour motiver employés et collaborateurs, l’entreprise de demain devra s’intéresser à leurs buts, leurs valeurs et les aider à se développer personnellement et professionnellement. Les travailleurs de demain ne voudront pas seulement grimper les échelons dans l’entreprise mais réaliser des projets qui leur permettent de s’épanouir. Pour beaucoup de jeunes qui entrent sur le marché du travail, il est important que l’entreprise où ils iront travailler partage leurs valeurs.

Les Data issues des objets connectés du salarié

Nous avions évoqué l’évolution de la notion du BYOD dans l’entreprise dans un premier billet. La pratique s’est surtout développée aux USA, où les entreprises y ont vu un élément d’attractivité et d’image auprès des plus jeunes candidats et collaborateurs, tout en comprenant les avantages financiers qu’elles pouvaient en tirer. En revanche, l’intégration dans les entreprises françaises ne s’est pas véritablement opérée. Le plus souvent, le phénomène a mué vers le développement du COPE “Corporate Owned, Personnaly Enabled”, en raison de contraintes culturelles, sociales, fiscales, sécuritaires. Rien de révolutionnaire toutefois, puisque le COPE consiste simplement à agrandir le catalogue des terminaux informatiques fournis par l’entreprise et destinés à être connectés à son système d’information, tout en laissant une liberté plus grande au salarié concernant une utilisation faite à titre privé dudit terminal.

Quel COPE pour les objets connectés ?
Si l’on étudie les conséquences de l’émergence prévisible des objets connectés dans l’entreprise (cf. notre second billet), la situation apparaît bien différente. En effet, au fur et à mesure que les objets connectés se feront plus petits, plus proches, plus intimes (montres de luxe, lentilles de contact…), et adaptés à la morphologie ou aux impératifs de santé (lunettes, chaussures, etc.), il deviendra plus difficile pour l’entreprise de proposer aux salariés deux versions alternatives : une version professionnelle et une version personnelle, selon qu’il soit ou non en train de travailler ; et une version COPE d’un objet qui lui est indispensable (cf. encore une fois l’exemple des lunettes correctrices).
L’employeur pourra avoir intérêt, à défaut d’en avoir le droit acquis, de demander au salarié de porter des dispositifs de suivi du bien-être, dans le but de prévenir les risques de santé de celui-ci, pour notamment réduire le volume des arrêts de travail pour maladie. Aux USA, assureurs, employeurs et créateurs d’applications et de capteurs dédiés à la santé travaillent déjà à de tels partenariats (cf. plate-forme fitbit@work, Virgin HealthMiles, etc.).
Demain, l’employeur pourra-t-il obtenir un accès aux données produites par leurs employés quand celles-ci concernent non plus leurs performances professionnelles (cf. notre article précédent), mais leur bien-être au travail, pour ne pas dire leur santé ? D’autant que, comme indiqué précédemment, c’est le propre système d’information de l’entreprise qui pourrait faire transiter ces données. Et si la réglementation sur la protection des données à caractère personnel l’en empêche, pourra-t-elle considérer qu’un candidat à l’emploi qui ne porte pas d’outils d’évaluation de sa santé présente un comportement “suspect”, voire dangereux pour lui-même… ce qui pourrait conduire à des comportements discriminatoires ?

Quel contrôle par l’employeur des données du salarié connecté ?
Confronté aux demandes d’interconnexion à son système d’information (dans le prolongement naturel des pratiques de BYOD), l’employeur est mis dans une situation très particulière : en vertu de la maîtrise de l’employeur sur son système d’information et de la sécurité qu’il doit y assurer (notamment en raison d’impératifs légaux tels que l’obligation de sécurité des données à caractère personnel – article 34 loi du 6 janvier 1978 dite “Informatique et Libertés” modifiée, ou encore le respect du secret professionnel, etc.), il est libre d’accepter ou de refuser les pratiques de BYOCL conduisant à l’interaction avec son système d’information. Que ce soit pour une montre ou des lunettes connectées, un smartphone ou une tablette, le principe est clair : le salarié ne dispose pas d’un droit acquis à s’interconnecter au système d’information de son employeur.
Si dans cette hypothèse, l’employeur acceptait l’interconnexion, il pourrait imposer des conditions d’accès strictes dans le but de maintenir la sécurité du système (limitation à certains équipements, certaines versions de systèmes d’exploitation, obligation de suivi de procédures de sécurité, etc.), charge à lui d’éviter toute discrimination dans les autorisations accordées.
Si des circonstances particulières l’imposent (obligation de confidentialité renforcée, projets secrets, etc.), l’employeur pourrait même envisager d’interdire le port ou l’utilisation d’équipements susceptibles d’attenter à la confidentialité de son patrimoine informationnel (montres avec micros, lunettes avec dispositifs d’enregistrement, etc.). Il devra toutefois l’argumenter de façon solide, étant donné que l’article L. 1121-1 du Code du travail précise que « Nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché » et que ce principe a été repris pour indiquer ce que l’employeur peut prévoir d’insérer ou non dans son règlement intérieur (article L. 1321-3 2° du Code du travail).
De même, si certains objets connectés sont ressentis comme une atteinte ou une agression par d’autres salariés à l’occasion de la vie en collectivité (lunettes connectées conduisant à la peur d’enregistrements sans autorisation préalable de propos ou d’images d’autres salariés hors du temps de travail), il lui appartiendra, pour éviter un trouble caractérisé au sein de l’entreprise, d’agir afin de faire cesser cette situation.
Pour autant, attention à éviter les solutions plus radicales d’un employeur qui voudrait simplifier la gestion de ces outils : l’article L. 33-3-1 du Code des postes et communications électroniques (CPCE) lui empêche d’imaginer mettre en place un dispositif de filtrage ou de brouillage des objets connectés des salariés, y compris dans certaines pièces spécifiques : « l’importation, la publicité, la cession à titre gratuit ou onéreux, la mise en circulation, l’installation, la détention et l’utilisation de tout dispositif destiné à rendre inopérants des appareils de communications électroniques de tous types, tant pour l’émission que pour la réception » (l’article L. 39-1 prévoyant les sanctions en cas de manquement qui peuvent aller jusqu’à six mois d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende).
Enfin, rappelons qu’à partir du moment où un équipement de communication est connecté au système d’information de l’employeur, il est présumé être utilisé à titre professionnel selon la jurisprudence de la Cour de cassation (arrêts de la chambre sociale de la Cour de cassation du 12 février 2013 et du 13 novembre 2014). Une application de ce principe aux objets BYOCL permettrait à l’employeur, au besoin, de contrôler le fonctionnement ou le contenu de ceux-ci lorsqu’ils sont connectés à son système d’information, selon les mêmes règles que celles applicables aux terminaux et périphériques informatiques personnels dont il permet déjà l’utilisation par ses salariés.

Face à l’ensemble des problématiques qui ne sont ici que rapidement évoquées, l’entreprise se doit d’aborder dès aujourd’hui ces questions liées aux objets connectés. Les chiffres les plus fous circulent sur le nombre d’objets connectés qui feront partie de notre quotidien : on parle de 50 milliards d’objets d’ici 5 ans. L’entreprise ne sera pas épargnée par cette nouvelle vague. Elle ne peut se contenter d’une extrapolation basée sur la situation actuelle limitée aux ordinateurs portables, smartphones ou tablettes professionnels. Elle ne peut faire l’économie d’une réflexion profonde sur les conséquences, les risques, les obligations, les opportunités sur l’organisation du travail de demain.

PS : Ce billet a été écrit en collaboration avec François Coupez ; vous pouvez également retrouver sur son blog. Il s’inscrit dans un triptyque composé de “ Les défis du BYOD face à la transition numérique de l’entreprise”, et de “Droit à la déconnexion et objets connectés”.

Ressources Humaines : où êtes-vous ?

La plupart des observateurs sont d’accord pour estimer que nous vivons actuellement l’une des plus grandes révolutions sociétales liées au développement des technologies numériques.

Car cette fois, au-delà des outils nouveaux, ce sont nos comportements qui changent et notre manière de travailler.

Nous passons d’un modèle XIX ème siècle où les employés étaient rémunérés en fonction d’un certain nombre d’heures passées sur leur lieu de travail à un modèle où ils seront rémunérés à la tâche.

Car le constat est sans appel. Les technologies modernes, dont les outils de collaboration qui s’implantent dans l’entreprise, n’ont qu’un objectif : faciliter les liens virtuels entre l’employé et l’entreprise et lui permettre de travailler quel que soit le lieu où il se trouve et l’équipement dont il dispose.

C’est un ordre nouveau qui s’instaure dont nous pouvons imaginer, sans trop de risque d’erreur, ce que seront ses fondements (sans choquer ni inquiéter) :

  • – La règle du multi-employeur dominera, chaque salarié pouvant collaborer avec plusieurs entreprises
  • – La rémunération se fera sur la base des tâches à effectuer, avec probablement un plancher minimum de rémunération, négociable au cas par cas…et une amplitude plus ou moins grande, selon les pays
  • – Les contrats définitifs, sans durée préétablie, seront souvent interdits, au mieux seront l’exception et tout dépendra ici de l’existence ou non d’un cadre légal de négociation
  • – Le télétravail ou « work at home » dominera, chaque employé pouvant négocier un pourcentage de présence dans l’entreprise, sans pour autant bénéficier d’un bureau fixe
  • – Globalement les entreprises disposeront de moins de bureaux ou de boxes dans un espace ouvert que d’employés et sauf cas particulier, la règle du « FI » : First In, s’appliquera, chacun occupant un espace en fonction des disponibilités ponctuelles
  • – Les contrats de travail s’affranchiront des frontières, ce qui posera de gros problèmes aux pays dont la législation est très protectrice, tant des points de vue employeur qu’employé
  • – Le salarié « multi-carte » sera amené à se prendre en charge au même titre qu’une entreprise et devra gérer certains de ses aspects sociaux personnels : retraite, protection maladie, formation, etc
  • – Pour habituer les personnels à cette nouvelle répartition des responsabilités, le concept de création d’entreprise sera rendu obligatoire dans les cursus de formation, quel que soit les spécialités, le stage étant complémenté par une création réelle, histoire d’habituer les salariés-entrepreneurs aux problèmes de clients, de facturation, de chiffre d’affaire, de bénéfices, de contraintes légales, etc
  • – Le travail étant lié aux moyens de communication, il s’implantera une sorte de « loyer mensuel de communication », évalué entre 100 et 150 $, par salarié, qui lui garantira des conditions de travail optimales, de la même manière qu’il a besoin d’une voiture aujourd’hui pour se rendre chez ses clients ou au siège de l’entreprise
  • – L’anglais dominera, y compris dans les pays conservateurs comme la France et l’Allemagne
  • – Les contrats individuels de travail seront établis sur de nouvelles bases, qui tiendront compte du stress nouveau et de la disponibilité 7/24 quasi inévitable des collaborateurs

Et pour le TI, que va-t-il se passer ?

Le premier constat à faire est celui de la quasi absence des Ressources Humaines, dans un débat qui pourtant est essentiel.

Nos métiers vont changer, certains vont disparaître et d’autres vont apparaître.

Mais manifestement cela ne semble pas beaucoup les perturber, sauf exceptions qui confirment la règle.

Les RH continuent de boire du thé, font former des personnels sur des technologies appelées à disparaître, ignorent ceux pour lesquels il faut se préparer : « data scientist », curator, développeur Cobol (!!!), juriste Open Source, ingénieur de production, etc.

Tout se passe comme si elles ne s’étaient pas rendu compte qu’on avait changé de siècle.

Ce sont pourtant les mêmes RH qui exigent d’être connectés, via leurs tablettes, aux dossiers de l’entreprise et qui s’offusquent si on leur dit qu’il y a quelques règles de sécurité à respecter.

L’écart entre les RH et le TI en termes de stratégie et de vision de l’entreprise, n’a jamais été aussi grand.

Prenez l’exemple du BYOD : Bring Your Own Device.

Les RH lui sont généralement favorables, qui espèrent ralentir la spirale du renouvellement des matériels et favoriser un plus grand respect des investissements machines, alors que le TI est de plus en plus opposé à une pratique qui coûte cher et augmente les risques.

Quel que soit le domaine analysé, c’est bien le grand écart.

  • – Qu’allons-nous faire des personnels de production qui à 30 % seront remplacés d’ici 2025 par les professionnels du Cloud
  • – Qu’allons-nous faire des chefs de projets de développement, qui bien souvent dans un contexte agile (Scrum) deviennent des « scrum master », chargés de faire régner la paix des équipes, mais sont désormais sans grande influence sur l’avancement des projets
  • – Qu’allons-nous faire de certains administrateurs de ressources chargés des antivirus, des serveurs de messagerie, des MDM (administration des mobiles), des plates-formes de collaboration, qui vont partir chez des partenaires dont c’est le métier (pas le nôtre)

On pourrait multiplier les exemples de ce type.

Aussi est-il temps d’alerter les RH que le sol se dérobe sous nos pieds et qu’il est temps de changer de politique.

Ce n’est pas qu’ils ne nous écoutent pas. Au contraire. Mais le problème est qu’ils ne nous entendent pas.

Le non-sens au travail dans une économie de Marché

Le contexte socio économique contribue fortement à une nouvelle donne du non-sens du travail qui du coup est devenu anxiogène.

Je ne peux qu’adhérer avec force à l’article que vous pourrez lire plus loin rédigé il y a déjà trois ans par Pierre-Eric Sutter.

De toutes parts, et de plus en plus fréquemment, les mêmes constats reviennent :

1. « Le travail est devenu toxique. »

2. « Comment continuer à tenir ? »

nous disent les salariés mais aussi les managers et les dirigeants.

L’hyper concurrence mondialisée et la frénésie des marchés ont fait que l’économie s’est détournée de son objectif premier, à savoir, garantir au travers d’une contractualisation du travail un bien-être relatif à tous.
L’économie ultra capitalistique s’est emballée et est aujourd’hui devenue la reine corrompue d’un bal où la quasi totalité des danseurs, impuissants, gesticulent tels des pantins sans trouver leur propre harmonie. Ici, le sens du travail, encore présent heureusement chez beaucoup, mais qui tend à se muer en son contraire.
Les alternatives ne manquent cependant pas. De nombreuses prises de conscience ont eu lieu et ont accouché de superbes chantiers innovants et efficients, que ce soit le Positive Economy Forum ou l’économie sociale.

« Le Positive Economy Forum est le réseau international de ceux qui placent l’intérêt des générations futures au cœur de leurs réflexions et de leurs actions.

Alors que le règne de l’urgence domine l’économie et la société dans son ensemble, le Positive Economy Forum, initié par le groupe PlaNet Finance en 2012, est né d’une conviction : la nécessité de restaurer la priorité du long-terme dans nos décisions et actions. Pourquoi ? Parce que c’est l’unique moyen de relever les défis économiques, écologiques, technologiques, sociaux et politiques qui attendent le monde d’ici 2030.

Ce mouvement est une passerelle, un outil de mise en relation d’acteurs à différentes échelles : du PDG de grande entreprise à l’entrepreneur social, de l’économiste à l’artiste.

Le point commun de tous ces acteurs : la volonté d’entreprendre pour mettre en place de nouveaux modèles, dans le champ économique mais également dans d’autres secteurs de la société, des modèles soucieux de leur impact à long terme et prenant en compte l’intérêt des générations futures.

La conviction du Positive Economy Forum : c’est de l’échange et du dialogue entre ces acteurs différents mais poursuivant un même objectif, chacun à leur façon, que naîtront des réponses viables et positives aux enjeux et défis d’aujourd’hui et de demain.

Le coeur de son action et réflexion : les pratiques économiques, financières et entrepreneuriales qui prennent en compte l’intérêt des générations suivantes. Dans ce sens, ces pratiques ont un impact qui va au delà de l’économie. Elles répondent à de véritables enjeux de société.

Pour mettre en place une société positive, qui réoriente l’économie vers la prise en compte de l’intérêt des générations suivantes, le Positive Economy Forum fédère, sensibilise et pense le monde d’aujourd’hui et les solutions de demain. »

Que peut-on faire encore ? Comment inverser la tendance de l’ultra court-termisme économique sans cesse plus accru, des flux toujours plus tendus, du désengagement devenu majeur des salariés du coup improductifs ?
Pour mieux comprendre de l’intérieur ce qui se passe dans nos entreprises, je vous invite à lire ci-après l’excellent article de Pierre-Eric Sutter intitulé « la France qui bosse au bord du burnout ? »
—–
« Les objectifs ont encore été revu à la hausse, on ne voit pas comment on pourra les tenir ; c’est complètement dingue…

Ils ne se rendent pas compte, là-haut, de tout ce qu’ils nous demandent !

Quand je regarde mon budget, je m’aperçois qu’on nous a encore réduit les moyens mais pas les objectifs, je ne sais pas comment je vais annoncer ça à mon équipe.

Le problème, c’est qu’on attend de plus en plus de nous ; et nous, on n’y est pas préparés Y en marre !

On nous a collé une réunion de deux heures toutes les semaines où on perd notre temps alors qu’on est déjà débordé. En plus, ils nous demandent de remplir des tableaux de bord complètement inutiles et qui nous font perdre notre temps ; on se demande d’ailleurs s’ils ont le temps de les lire ces tableaux de bord….

Ils nous ont changé les horaires, sans nous demander notre avis. Comment je vais faire pour aller chercher mes gosses à la crèche ?

J’ai de plus en plus mal au dos ; je ne sais pas comment je vais m’en tirer ; le soir je suis crevée, je ne suis plus bonne à rien ; j’ai tellement de soucis du boulot dans la tête que je n’arrive pas à m’endormir.

Ici on bosse comme des fous, jusqu’à des 14 heures par jour. On n’en peut plus. »

Tous ceux qui s’expriment ici dans ce florilège sont de sacrés bosseurs. Ils ne comptent pas leurs heures, ils aiment leur travail et même leur employeur et leurs collègues, même si ce sont aussi de sacrés râleurs.

Ils travaillent aussi bien dans les services publics que dans les entreprises du secteur concurrentiel. Leurs mots traduisent un ras-le-bol vis-à-vis de l’injonction du « toujours plus ».
Leurs mots n’ont rien d’anecdotiques, ils correspondent à une situation qui se généralise. C’est la France entière qui, aujourd’hui, se rapproche dangereusement du syndrome d’épuisement professionnel, plus prosaïquement appelé burnout.
Deux statistiques résument à elles seules la situation : la France figure dans le peloton de tête de la course à la productivité individuelle et par le même temps, elle est la première consommatrice de psychotropes. Pas de quoi être fier, finalement.

Les employeurs font cher payer l’amour que les français portent à leur travail. La valeur travail étant forte en France, les français s’y investissent à bras le corps car ils sentent bien qu’il est l’un des moyens de leur réalisation personnelle, bref qu’il peut donner un sens à leur vie.

Le travail, c’est comme l’argent qu’il procure : il ne fait pas le bonheur, mais il y contribue, fortement… Encore faut-il qu’il puisse y trouver du sens, ce serait plutôt le non-sens qui est au rendez-vous dans le quotidien professionnel des salariés français.

L’histoire étant un éternel recommencement, il est fort à craindre que comme au 19° siècle, les employés se tuent littéralement à la tâche. Le récent suicide d’un salarié de France Télécom-Orange, particulièrement tragique, est venu nous rappeler la fragilité humaine, mais elle doit par delà, nous faire prendre conscience de celle des organisations.

Quand tous les salariés se seront tués à la tâche, qui fera tourner les boutiques ? Et comment seront rémunérés les actionnaires ?

Comment en est-on arrivé à cette situation-là ?

D’abord, on n’a rien voulu voir, on n’a rien voulu savoir. On a continué à faire comme avant, comme si le monde n’avait pas changé, comme si la croissance serait suffisante pour continuer à financer nos exigences de toujours plus de consommation.
Comme tout de même, la concurrence était de plus en plus difficile avec les pays asiatiques et que la croissance n’est plus trop au rendez-vous, il a fallu ramer davantage. Dans les entreprises, on a parlé de la nécessité de s’adapter. Mais les actionnaires continuent de réclamer des taux de rentabilité toujours plus élevés. Du côté des services publics, on a parlé de « réforme de l’Etat », de la nécessité de réduire le nombre des fonctionnaires.
Bref, faire plus avec moins.

Bien entendu, tout cela est pensé d’en haut et mené de main de maître par des gens brillants, très intelligents, formés dans les plus grandes écoles, bien éclairés par une vision stratégique et mondialiste.

Ceux-ci ont voulu promouvoir le changement pour résister à la nouvelle donne concurrentielle. Mais ils se sont heurtés aux « habitudes » de ceux qui rament en bas. Il a fallu leur faire comprendre que leurs exigences d’acquis sociaux ne pouvaient plus être les mêmes ; il fallait désormais être flexibles.
D’en haut, ont été mises en œuvre des techniques de management éprouvées. On s’est attaché à réduire les coûts ; les « cost killers » se sont mis au travail sur leurs tableurs excel. Ils ont appliqués sans état d’âme les recettes apprises en école de management : pour générer du profit, je réduis les coûts en augmentant la productivité par un contrôle accru sur les process et en baissant les effectifs par downsizing et restructurations réguliers. Et j’en demande toujours plus aux collaborateurs. Ca tombe bien, il paraît qu’ils aiment bien le travail.

Le problème, c’est que les arbres ne poussent pas jusqu’au ciel. Même si le travail des cost killers a probablement du sens dans des organisations qui se sont bureaucratisées et ont fait un peu de gras, on ne peut pas les amaigrir jusqu’à l’os : sans chair ni muscle, un squelette ne se tient pas debout.

A force d’en demander toujours plus, on en arrive à des aberrations. Les reportings que remplissent les managers de proximité consomment de plus en plus de temps alors qu’il leur faudrait être de plus en plus sur le terrain. Les procédures brident la créativité des collaborateurs et les empêchent de s’adapter aux conditions concrètes de l’efficacité du travail. Et les survivants, ceux qui n’ont pas été fusillés par les cost killers, y croient de moins en moins. Les aberrations conduisant au non-sens, le travail amènent de plus en plus les salariés français à une réaction de burnout.

Le burnout ne se guérit pas avec des pilules. Le burnout est une maladie du non-sens. Le non-sens du travail alors qu’il est sensé donner du sens.

Le non-sens dans le travail c’est : plus je travaille moins j’y arrive alors que je suis compétent et investi, plus je m’investis dans mon travail, plus mon travail se désinvestit de moi.
Jusqu’à en perdre la foi – et non la tête : attention à la méchante tentation de faire passer pour fous les salariés atteints de burnout -, la foi en soi et en son travail, c’est-à-dire l’estime de soi professionnelle.
Le burnout pose ainsi une question essentielle : pourquoi le travail me fait-il mal alors que je l’aime ?
Pour guérir les salariés atteints du burnout, il faut les accompagner pour leur faire arriver à trouver la réponse appropriée à cette question fondamentale, afin qu’ils comprennent comment ils en sont arrivés là, qu’ils parviennent à se sauver par eux-mêmes pour éviter de replonger à nouveau dans les affres de l’épuisement professionnel, quitte à ce qu’ils quittent leur employeur.

Mais par delà la dimension individuelle, pour circonvenir ce burnout généralisé qui gronde, il faudrait que les organisations se demandent, entreprise par entreprise, service public par service public, comment elles ont contribué à ce que leurs salariés en arrivent à ce point.

Même si certains dirigeants courageux commencent à montrer des signes de remise en cause; comme chez France Télécom-Orange, il est à craindre que les intelligents d’en haut, les éclairés des grandes écoles et les stratèges de la mondialisation en soient encore très loin. »

La gestion relations clients sur les reseaux sociaux

Les réseaux sociaux sont en train de révolutionner le rapport entre les entreprises et leurs consommateurs ; et cela ne fait que commencer. La communication via les réseaux sociaux est clairement devenue indispensable et il est désormais normal d’entretenir une stratégie marketing sur réseaux sociaux pour augmenter et fidéliser toujours plus les communautés de consommateurs.

Aujourd’hui en France cette version de la communication sur réseaux sociaux est donc établie :

La gestion des relations clients sur les réseaux sociaux : pourquoi et comment ?

Qu’en est-il de la situation inverse ? Si les entreprises françaises sont de nos jours toutes d’accord pour diffuser leurs messages via les réseaux sociaux, la plupart d’entre elles sont moins sûres d’elles quand il s’agit de la gestion des relations clients. C’est d’ailleurs l’une des raisons principales pour lesquelles certaines entreprises ne communiquent toujours pas sur les réseaux sociaux ; ces-dernières craignent de se confronter directement et publiquement à leur clientèle.

La gestion des relations clients sur les réseaux sociaux : pourquoi et comment ?

Malheureusement pour ces entreprises frileuses, les internautes et mobinautes prennent de plus en plus l’habitude de poser leurs questions et gérer leurs litiges via les réseaux sociaux. Aujourd’hui nous verrons donc pourquoi et comment assurer une bonne gestion des relations clients via les réseaux sociaux.

Pourquoi ?

De nos jours, si un internaute veux montrer son mécontentement, il le fera peu importe si vous avez des réseaux sociaux ou non. Si vous n’en avez pas, l’inconvénient est qu’il se tournera vers une plateforme que vous ne contrôlez pas, il vous sera alors quasiment impossible d’y répondre/remédier.

La gestion des relations clients sur les réseaux sociaux : pourquoi et comment ?

Les consommateurs préfèrent poser leurs questions sur vos propres comptes réseaux sociaux car ils peuvent espérer un retour rapide de votre part. Créez des pages réseaux sociaux et ne laissez aucun mauvais commentaire prendre de l’ampleur.

La gestion des relations clients sur les réseaux sociaux : pourquoi et comment ?

De cette manière, en plus d’éviter l’insatisfaction d’un consommateur vous pourrez même augmenter sa fidélité.

Comment ?

1. Ayez un compte Twitter dédié : 

Le réseau social de la relation client est sans aucun doute Twitter pour son aspect clair, court et rapide. Créez un compte Twitter dédié à la gestion des questions/litiges, cela vous permettra de rassembler tous les éléments négatifs et de les traiter efficacement.

Ex : @Entreprise_SAV

Pour les autres réseaux sociaux vous pourrez tout simplement répondre à vos abonnés directement ou les rediriger sur votre compte Twitter dédié.

2. Soyez clairs sur vos disponibilités :

Il n’y a rien de pire pour un utilisateur que d’envoyer un message auquel personne ne répond, sans raison apparente. Soyez très explicites dans les heures pendant lesquelles vos équipes sont prêtes à répondre sans quoi vous risquez de recevoir encore plus de plaintes pour des demandes non traitées.

La gestion des relations clients sur les réseaux sociaux : pourquoi et comment ?

3. Identifiez les problèmes avant qu’on s’en plaigne :

Il vous sera très profitable d’anticiper les réclamations pour les traiter à la source. Pour cela il est important d’assurer un travail de veille permanent. Recherchez ce dont vos consommateurs sont le moins satisfaits ou ce qui provoque chez eux le plus d’incompréhension et essayez de résoudre les problèmes avant même qu’il vous soit demandé de le faire.

Faites la liste des problèmes les plus fréquents et proposez des solutions sur vos différents réseaux sociaux : articles de Blog, vidéos, infographies, tutos… Vos consommateurs passeront par vos pages réseaux sociaux pour se manifester ; s’ils trouvent réponse à leurs questions vous serez gagnant en temps et en satisfaction client.

4. Soyez humain :

Il est primordial de bien former les représentants de votre marque sur les réseaux sociaux. Le meilleur moyen de répondre à quelqu’un susceptible de s’énerver est d’instaurer un lien de proximité.

Faites en sorte que vos représentants signent leurs messages de leurs initiales, demandez leur d’utiliser un langage simple et clair et obligez-les à adopter une attitude positive (cela leur évitera pas mal de déconvenues). Les personnes qui seront en charge de la relation client sur les réseaux sociaux sont extrêmement importantes, elles seront en relation directe avec vos clients et par conséquent en grande partie responsables de votre image de marque.

5. Soyez attentionnés :

N’ayez pas peur de perdre une ou deux minutes par client pour vous assurer que leur problème est bien réglé. Soyez volontaire dans l’aide que vous apporterez à vos clients pour remédier à leurs problèmes et leur donner une image positive de votre marque. Prenez des nouvelles après coup (2 ou 3 jours après) pour montrer à votre client que vous avez réellement envie que tout ce passe bien entre lui et vos produits/services.

Les réseaux sociaux peuvent transformer un client mécontent en un de vos plus fidèles consommateurs en moins de 10 minutes, pourquoi s’en priver ?

Il est temps de se débarrasser du «modèle du déficit»

Les citoyens sont en mesure comprendre la science et de débattre d’enjeux scientifiques qui touchent la collectivité.

En août dernier, notre article « Thinking outside the ‘knowledge deficit’ box » (Dire adieu au « modèle du déficit ») a été publié dans la section « Science et Société » de la revue spécialisée en biologie moléculaire EMBO reports. Nous sommes ravies de cette publication puisqu’elle est issue d’une collaboration atypique entre des champs de recherche très différents : les sciences dites pures, la sociologie des sciences (les sciences studies) et l’éducation.

Dans cet article, nous proposons que les champs de Public Understanding of Science (PUS) (compréhension des sciences par les citoyens) et de Science and Technology Studies (S&TS) (étude des sciences et technologies) soient mis à contribution dans la formation des scientifiques. Les PUS et les S&TS sont des lieux de recherches interdisciplinaires liés aux sciences humaines qui s’intéressent aux relations entre les sciences et la société, à la nature et aux rôles de l’expertise scientifique dans différents contextes. Le point de vue que nous défendons est le suivant : la familiarisation des scientifiques avec des résultats de recherches et des outils théoriques produits dans les champs de PUS et de S&TS offrirait ’aux scientifiques la possibilité d’avoir des vies professionnelles plus épanouies et davantage en adéquation avec les besoins sociétaux actuels. Prenons un exemple.

Il est attendu, de nos jours, que les scientifiques soient capables d’interagir avec les citoyens, les journalistes et les représentants politiques. Or, la communication entre les scientifiques et les citoyens est parfois complexe notamment parce que ces derniers sont souvent considérés comme des personnes déficitaires de connaissances et de capacités de compréhension des enjeux liés aux savoirs scientifiques. Dans une telle perspective (appelée « modèle du déficit ») on considère que les citoyens doivent être éduqués. En dépit du fait que des études en S&TS et en PUS aient mis à mal sa validité en montrant que les citoyens sont en mesure de comprendre les sciences et les incertitudes liées à la recherche, le modèle déficitaire est couramment utilisé dans le milieu scientifique.

Or, d’autres modèles d’interactions entre les citoyens et les scientifiques sont possibles (le modèle du débat et celui de la co-production de savoirs). Ces modèles supposent que les citoyens peuvent avoir une expérience pertinente des questions sociotechniques en jeu, qu’ils ont les compétences cognitives et discursives pour participer à la définition du problème mais aussi à la co-production des savoirs pertinents. C’est la démonstration qu’ont fait des citoyens de la ville de Québec engagés dans la controverse autour de la pollution au nickel.

Le modèle déficitaire de production des savoirs s’avère plus souvent qu’autrement confortable pour les chercheurs. Il valorise le scientifique (qui est à la fois producteur et détenteur de savoirs) et relègue les citoyens (journalistes, décideurs et représentants politiques) aux rangs de personnes à (in)former. Or, la perpétuation chez les scientifiques d’idées reçues à l’égard de rôles et capacités limités du public leur alourdit la vie et leur rend la tâche ardue lorsque vient le temps, pour eux, d’entrer en relations avec des journalistes, des citoyens, des décideurs ou des représentants politiques. En effet, être la personne qui sait et qui doit formuler des recommandations comporte différents défis qui peuvent être lourds à porter. Connaître des recherches et des outils théoriques du type de ceux présentés plus haut peut permettre aux scientifiques d’être plus à l’aise dans leurs interactions avec les citoyens tout en exerçant une autocritique plus éclairée.

Il est difficile de sortir du paradigme déficitaire. La difficulté est en partie structurale : la recherche scientifique s’inscrit dans un système fortement autorégulé. En effet, la majorité des interactions des chercheurs se font avec d’autres chercheurs et l’évaluation des projets de recherche est effectuée par les pairs. En ce sens, il apparait qu’une vaste part de la vie scientifique s’effectue d’une façon qui supporte – parce qu’elle ne la met pas à l’épreuve – la perpétuation du modèle du déficit. C’est pourquoi il nous apparait judicieux que ces questions soient abordées durant la formation des scientifiques. La vie professionnelle des chercheurs pourrait en bénéficier.

Mme Pouliot, professeure agrégée en éducation de science à l’Université Laval, s’intéresse aux points de vue des futurs enseignants sur la participation des acteurs sociaux à la gestion des controverses socioscientifiques actuelles. Mme Godbout, chercheure postdoctorale au Service canadien des forêts, travaille en génétique des populations et s’intéresse à l’histoire évolutive de différentes espèces forestières.