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Candidats à la franchise : réfléchissez avant de vous lancer !

L’entrepreneuriat en franchise est une décision engageante pour vous et vos proches, tant sur le plan financier qu’humain. Souvent source de stress, l’étape du choix de l’enseigne mérite une réflexion approfondie, loin de tout a priori. Les conseils de Théodore Gitakos, président du cabinet Epac International.

Candidats à la franchise

Le mythe du « profil idéal » en franchise

Jeune ou expérimenté, seul ou en couple, néophyte ou familier du secteur, diplômé ou non… Beaucoup de candidats à la franchise se mettent en tête que les réseaux recherchent des profils précis, quitte à s’arrêter sur une liste de critères pour recruter leurs franchisés. Certes, les enseignes procèdent généralement à un premier filtre, souvent via internet, en écartant par exemple les personnes dont l’apport personnel est insuffisant, mais le recrutement est aussi une histoire de feeling. « Il n’existe pas vraiment de profil idéal », rassure Théodore Gitakos, président d’Epac International, un cabinet spécialisé dans le recrutement de franchisés et le conseil aux franchiseurs. « Et ce, tout simplement parce que chaque réseau recherche des candidats qui correspondent à leurs valeurs et à l’esprit de l’enseigne, n’étant pas les mêmes d’une marque à l’autre », poursuit l’expert.

En revanche, certains critères communs à tout chef d’entreprise sont très recherchés. Les franchiseurs contrôlent, par exemple,  « la volonté et l’envie d’entreprendre, les ressources financières mais surtout humaines, et que le franchisé est à l’aise avec le réseau et leconcept », énumère Théodore Gitakos. Des qualités de gestionnaire et manager, dans le cas où vous seriez amené à diriger un ou plusieurs collaborateurs, sont des atouts également indispensables pour vous lancer.

Une séduction mutuelle

Sans oublier que le recrutement d’un nouveau franchisé est avant tout une affaire de séduction : « La franchise, c’est comme le mariage : chacun choisit l’autre pour s’unir », rappelle le président d’Epac International. Lorsque le candidat rencontre un franchiseur, son seul curriculum vitae ne suffira pas à convaincre : ses savoir-être comptent pour beaucoup dans la décision finale de l’enseigne. Réciproquement, et cela est parfois oublié pendant la phase de recrutement, le candidat aussi doit être séduit. Car il a généralement le choix entre plusieurs enseignes positionnées sur un même secteur, et peut donc évaluer le franchiseur, ses promesses et le feeling qu’il a avec lui avant de décider de rejoindre son réseau.

Pour en apprendre plus, ne vous contentez pas du discours tenu par le franchiseur.Contactez les autres franchisés, renseignez-vous directement auprès d’eux pour jauger l’ambiance qui règne dans le réseau et savoir si le franchiseur respecte ses devoirs d’assistance et d’accompagnement.

Dernières précautions avant de se lancer

Puisque la décision d’entreprendre en franchise est lourde de conséquence – l’engagement contractuel auprès d’un réseau dure en moyenne 7 ans et nécessite un investissement personnel souvent supérieur à 100 000 euros – elle doit être réfléchie. « Avant de se lancer, il faut bien vérifier que l’on est prêt », avertit Théodore Gitakos. « Car quand on est patron, on ne compte pas ses heures, parfois on est payé moins bien, surtout au démarrage, on prend des risques personnels, en donnant notamment des cautions sur des crédits professionnels… Il faut donc être motivé pour entreprendre ». Pour ces mêmes raisons, il convient de choisir un secteur d’activité non pas uniquement pour son attrait financier, mais parce qu’il vous plaît. Idem pour le concept et l’enseigne que vous déciderez de retenir. « Le but étant, bien évidemment, d’être heureux de se lever le matin pour aller travailler ».

Propos recueillis par Widoobiz lors du Salon des Entrepreneurs de Paris (février 2016)

Démarche stratégique : intention, réflexion et vision

vision stratégique

Pour comprendre les décisions stratégiques des managers, il faut s’intéresser à la fois à leur réflexion, mais aussi à leur intuition et à leur vision de leur environnement.

Comprendre la démarche stratégique du dirigeant implique, préalablement d’être en mesure d’appréhender son système référentiel de décision, c’est-à-dire ses représentations mentales du présent et du futur de son entreprise sur lesquelles il s’appuie pour envisager les événements et conduire son organisation. Il s’agit de tenter d’objectiver ses référents subjectifs de décision, en d’autres termes d’essayer de saisir le prisme qui conditionne son action.
Les notions de vision et d’intention ont pratiquement toujours été présentes dans la littérature. Lorsqu’il décrit les trois modes de formations de la stratégie, Mintzberg (1973) indique que dans le mode qu’il qualifie d’entrepreneuriale « …la stratégie est guidée par la vision personnelle du dirigeant… ». En 1985, en collaboration avec Waters, l’auteur utilise le terme « intended strategy » pour décrire les stratégies délibérées. Mais concrètement qu’est-ce que la vision stratégique ? Quelle est sa nature profonde ?
Elle est composée de trois éléments : des valeurs centralesqui seraient des principes directeurs de l’entreprise, un objectif premier qui serait la raison d’être de l’entreprise et par nature hors de portée et enfin un projet ambitieux qui serait réalisable à long terme, clair et motivant pour tous les collaborateurs.

L’analyse stratégique constitue le soubassement de la réflexion stratégique mais les managers se trouvent dans l’impossibilité de déterminer la phase suivante, cette hésitation continue dans le reste du processus car souvent les managers n’arrivent pas à poser la question « et alors ? », qui est le niveau suivant de la pyramide. Ils échouent ensuite à générer des options stratégiques réellement radicales et créatives. Le niveau suivant est la vision, mais, les managers sont trop timides pour distiller leurs stratégies au sein d’une image ou d’un message particulier et auront du mal traduire cette vision en plans d’actions. Lors de la réflexion stratégique, notre taux global de succès pourrait être 3,1 %, ce qui aide à comprendre le faible taux de réussite de beaucoup de plans stratégiques. De toute façon, la pyramide  de la « réflexion stratégique » de Grundy & Wesley n’est rien d’autre qu’une pyramide de l’analyse stratégique présentée ironiquement.
Liedtka (1998), en se basant sur les dimensions cognitives et individuelles de la réflexion stratégique, propose une définition de la réflexion stratégique : « Suivant la démarche de Mintzberg, je définis la réflexion stratégique comme un mode particulier de réflexion avec des caractéristiques spécifiques » (1998: 122). La réflexion stratégique y est présentée comme étant constituée de cinq éléments : une perspective systémique, un opportunisme intelligent, une intention stratégique, une démarche hypothétique et une perspective temporelle.

La perspective systémique considère que la réflexion stratégique fait partie intégrante d’un corpus de connaissances globales de l’écosystème économique dans lequel l’organisation prend place : « un penseur stratégique a un modèle mental de l’ensemble des éléments de la création de valeur, et en comprend les interdépendances » (Liedtka, 1998).
L’opportunisme intelligent renvoie au comportement opportuniste à adopter pour être à la hauteur de l’évolution environnementale. D’autre part, le processus de réflexion stratégique s’étale sur un intervalle de temps et reflète une intention  stratégique. Cette réflexion  figure dans l’histoire de l’entreprise et de son environnement. Elle tient compte des ressources, exploits et échecs des périodes passées et qui servent de fondements pour une intention stratégique cohérente et bien fondée.
De leur part, Hamel & Prahalad (1989, 1994), en parlant d’intention stratégique utilisent l’expression « sens d’orientation ». Dans ce sens, l’intention stratégique sert de guide pour la réflexion stratégique au bon gré du développement stratégique. Or, la connaissance de cette intention permet également au produit de la réflexion stratégique d’être plus facilement acceptable et assimilable par l’organisation.

Le processus de réflexion stratégique se fonde sur un processus d’expérimentation d’hypothèses pour aboutir à la bonne idée créative : « La réflexion stratégique est à la fois créative et critique […]. Le processus par lequel nous évoluons vers ce futur est un processus expérimental, qui utilise nos meilleures réflexions créatives pour proposer et configurer les options, et nos meilleures réflexions critiques pour les tester » (Liedtka, 1998 : 124).

1. Les fondements intentionnels et intuitionnistes de la décision
Nul ne conteste qu’une bonne décision soit une décision émanant d’une analyse rigoureuse et méthodique de la situation. Toutefois, on oublie facilement que la plupart des décisions font appel à une appréciation subjective, y compris lorsque l’on croit qu’elles reposent sur des bases rationnelles : une part de jugement intervient au moment de définir les critères de choix, de pondérer ces critères, de noter chaque option selon ces critères, etc. Ainsi, peu importe la robustesse de notre raisonnement, la pertinence de nos décisions dépend étroitement de celle de notre jugement.
Le mécanisme d’intuition dans le cadre d’une utilisation raisonnée s’avère des fois, plus puissant que l’analyse rationnelle mais la fiabilité demeure incertaine. Par conséquent, l’intuition ne peut, aucunement, chasser l’analyse rationnelle, mais peut lui servir de complémentaire.

1.1 La puissance de l’intention stratégique et rapport avec la rationalité
L’intention stratégique est un collectif de tâches en instance caractérisé par un état mental qui dirige l’attention du dirigeant vers la recherche et la mise en place de moyens particuliers dans le but de réaliser un projet stratégique spécifique.
L’intention stratégique se caractérise par un état d’esprit.L’état mental correspond à un collectif de tâches en instance, c’est-à-dire des objectifs intermédiaires ayant une fonction de moyens devant permettre de réaliser le projet stratégique spécifique.
L’intention stratégique combine donc but(s) et moyens. Or, »l’intention se situe au début de l’organisation hiérarchique de l’action ». Notons que dans le cas particulier de l’intention stratégique d’un chef d’entreprise, dans le cas d’une démarche délibérée, elle se situe bien au début de l’organisation hiérarchique de l’action, mais également tout au long du processus tant que le but n’est pas pleinement réalisé.
Comme le suggèrent Ajzen et Fishbein (1975, 1980) et Ajzen (1987, 1991) le concept d’intention est bien le « meilleur prédicateur du comportement planifié » mais il ne joue pas qu’un rôle déclencheur, il joue également le rôle d’ « accompagnateur et de canaliseur », une fois le processus enclenché. « L’intention se situe au début de l’organisation hiérarchique de l’action ». C’est le « meilleur prédicateur du comportement planifié ».
« Les actions se composent toujours de deux éléments, une composante mentale et une composante physique… La composante mentale est une intention » qui a toutes les chances de se transformer en composante physique Searle. 1984). »le cours de l’activité est défini par une tâche en cours et par des tâches en instance (tâches non encore abordées…). Le statut de tâche en cours et celui de tâche en instance sont liés à l’état de la motivation et à l’état du contexte ; ce statut peut, bien entendu, changer si ces états changent ». Dörner (1986) , appelle intentions les tâches en instance.
De façon générique, l’intention caractérise donc un état d’esprit qui prédispose à des actions spécifiques. Dans le cas particulier de l’intention stratégique d’un dirigeant d’entreprise, il est possible d’imaginer qu’elle focalise son attention sur une orientation particulière et qu’elle canalise et organise mentalement les mesures qui sont susceptibles de concourir à sa  réalisation.
La notion d’intention peut être considérée comme un désir, une volonté. Cependant, de manière approfondie, elle combine en fait but et moyens. L’individu imagine, coordonne et met en place les moyens qui doivent lui permettre de parvenir à ses fins. Tant le ou les buts poursuivis que les moyens envisagés peuvent donc être considérés comme un « collectif de tâches en instance » caractérisé par une combinaison de but(s) et moyens.
La vision stratégique peut donc être définie comme une représentation mentale du futur et l’intention stratégiquecomme un état d’esprit qui combine des moyens à un ou plusieurs buts. Si l’on retient cette approche des concepts, ils ont donc des natures différentes. Le fait de les distinguer, plutôt que de s’exclure mutuellement ou de se substituer l’un à l’autre, cela permet de présenter et de renforcer leur complémentarité.
Gary Klein en tant chercheur et consultant, s’est penché à diagnostiquer le mécanisme de décision intuitif chez les managers (et autres professionnels) amenés à décider dans l’urgence. Il en a déduit que ces derniers se réfèrent à des processus inconscient de raisonnement par analogie. Par quoi ils font instantanément référence de la situation en cours à une autre similaire rencontrée dans le passé afin d’en tirer des leçons et des solutions appropriées. Il donne l’exemple d’un expert des jeux d’échecs qui peut facilement jouer 50 parties simultanément en se basant sur sa capacité de décider spontanément d’un mouvement pertinent sans avoir recourt à un processus avancé d’analyse.
Les jugements intuitifs ont l’avantage d’être plus rapide et instantanés que les raisonnements analytiques, ils puisent dans les savoirs inconscients outre que le savoir conscient et Ils surpassent le raisonnement lorsqu’il s’agit d’interpréter nos émotions car traduire celles-ci en raisonnement conscient est difficile et souvent trompeur.
Le mécanisme intuitif bien qu’il soit puissant cache d’énormes failles. Primo, pour que l’intuition soit faible, il faut que l’analogie faite sur la situation vécue soit faite  sans erreur, ce qui suppose une forte expérience du sujet. C’est ce qui fait, bien entendu, la différence entre une intuition fondée et une impulsion naïve à l’action. Secundo, des motivations inavouées risquent de l’emporter sur la raison. Tertio, notre perception de la situation peut être biaisée dû essentiellement à une sous ou sur estimation de la situation. Ainsi, le recours à l’intuition est facilement trompeur. Il faut donc apprendre à tirer parti de l’intuition sans être piégé par ses limites.

L’analyse rationnelle constitue le fondement de la prise de décision qui est nourrie constamment par les enseignements de son intuition. Dans ce sens, Klein.G et David G. Myers (2002) préconisent les recommandations suivantes :
* On ne peut pas recourir à l’intuition que sur les domaines où on a une expérience : son efficacité vient de la pertinence des scénarios que vous avez en mémoire et auxquels vous assimilerez les nouvelles situations rencontrées.
* Il est recommandé d’interroger son intuition avant de s’engager dans un raisonnement analytique.
* On adopte une démarche analytique pour peser le pour et le contre et établir une grille d’avantages et d’inconvénients, puis on fait appel à notre jugement pour faire le bon choix.
* Quand l’intuition se présente en contradiction avec les issues de l’analyse rationnelle cela montre qu’on n’a pas bien cerné tous les éléments de la situation.
Pour Carl Young (1920), vue leur confrontation quotidienne des problèmes, les dirigeants intuitifs sont dotés d’une grande capacité décisionnelle dépassant celle des gens ordinaires, elle reflète une forte acuité visionnaire du déroulement des évènements, la génération de nouvelles idées et des solutions ingénieuses et comment faire réagir leurs organisations à cette vision. En ce sens, les managers prennent rarement des décisions importantes sur la base de diagnostics stratégiques mais plutôt en fondant des jugements sur les expériences vécues et aux présages quant aux sorts des évènements (Donaldson et Lorsh, 1993). Ces dirigeants, contraints par l’incertitude environnementale, expriment une grande vigilance à l’égard de l’apport des études analytiques. Khatri et Ng (2000) privilégient la synthèse intuitive dans le contexte d’un dynamisme environnemental devant l’impossibilité d’identifier des variables précises et d’établir des équations quantitatives pour aider à la décision.
Pour Mintzberg (1984), l’intuition fait partie du quotidien du manager et même s’impose en  force lors de la prise de décisions jugées délicates. Enfin Marlow (1994) relate que le point de départ de la prise de décision, est un sentiment intuitif rapproché par la suite, aux normes et aux pratiques stratégiques en vigueur.

1.2 Les facteurs influençant le recours à l’intuition lors de la prise de décision
La prise de décision est sujette aux traits cognitifs et comportementaux des managers, aux facteurs endogènes (structure organisationnelle) et exogènes (complexité environnementale), dès lors le recours à l’intuition et son intensité sont influencés par trois types de facteurs : des facteurs inhérents au décideur, des facteurs relatifs à la décision elle-même et des facteurs ayant trait au contexte de la décision, qu’il s’agisse du contexte organisationnel ou de l’environnement plus large de l’organisation et du décideur. Les facteurs inhérents aux décideurs renvoient aux caractéristiques démographiques des managers (âge, sexe…), psychologiques (sa vulnérabilité aux harcèlements de l’environnement) et à sa formation, son expérience et ses réseaux relationnels… Mais l’élément le plus prépondérant reste l’expérience du manager.
Pour Agor (1984), l’expérience des situations permet au manager de percevoir un grand nombre de variables et d’alternatives, elle détermine la force et la pertinence de l’intuition. Cette dernière est conçue par Simon (1987) non comme une sorte d’inspiration irrationnelle mais comme faisant partie de l’organisation du savoir et dans l’identification rapide des situations. En outre, Shimizu affirme que la clairvoyance du manager et donc sa sensibilité intuitive émane de son aptitude à appréhender instantanément toute nouvelle donnée, cette capacité provient de l’assemblage de fragments de mémoire regroupant diverses informations.
La synthèse intuitive  est considérée comme une sorte d’expérience répandue basée sur une parfaite connaissance du problème en cours et ils argumentent par la citation de Carl Jung : « L’intuition ne dénote pas de quelque chose de contraire à la raison, ce n’est pas un sixième sens magique et elle n’est pas l’opposée de la rationalité. C’est une forme sophistiquée  de raisonnement basés sur des années d’expérience ».
D’après Agor (1986), le recourt à l’intuition augmente plus qu’on s’élève dans la hiérarchie et elle est plus ressentie chez les femmes que chez les hommes et pour Van Cawenbergh (1996) et al. Les plus intuitifs sont les plus âgés et les mieux gradés de l’organisation et bénéficient de certains qualités : confiants, ouverts d’esprit, flexibles, expérimentés, capables de prendre des risques, justes, réfléchis et créatifs.

2. Image mentale et développement de la vision stratégique
La vision stratégique du dirigeant est sa représentation mentale actuelle du futur de son organisation, de ses activités et de son environnement. Cette définition s’étale sur plusieurs volets. Le premier touche à la nature de la vision stratégique : qui est, d’après Cossette (1993, 1994), une représentation mentale du dirigeant. Le second, amplement répandu dans la littérature stratégique, concerne le volet « futur » de la vision stratégique.
Il est à signaler que le dirigeant peut se représenter le futur de son entreprise sans forcément le désirer, ce futur pourrait être plaisant ou consternant. Cette représentation du futur n’est accessible à tous les dirigeants étant donné leurs structures cognitives ordinaires et la nature contraignante de l’environnement dans lequel ils opèrent.
La vision stratégique comporte deux dimensions, l’une interne (organisation, activités) et l’autre externe (environnement). Il en ressort que la vision stratégique contient une approche globale réunissant tous les aspects de la prise de décisions. Toutefois, le dirigeant peut se trouver incapable d’avoir une vision si large englobant le futur de son environnement, de sa structure et de ses activités, mais se limite à un ou deux volets.
La vision stratégique bien qu’elle permet au dirigeant de se représenter le futur de son activité et de son environnement, contribue à la construction du présentincitant le manager à mieux s’armer d’outils cognitifs et matériels pour fortifier les fondations présentes du futur. Autrement dit, comme le note Varraut (1998. 6), le dirigeant ne peut se représenter le futur de son entreprise qu’à partir de la situation dans laquelle il se trouve de façon présente.
Bien évidemment, la position actuelle ne détermine pas la situation future mais il est possible de considérer qu’elle la conditionne pour partie. Ceci met en avant l’importance la représentation mentale actuelle du présent de l’organisation, des activités et de l’environnement pour comprendre, combinée avec la vision stratégique, comment le dirigeant « chemine » cognitivement et oriente son action.

2.1 La vision stratégique : une image d’un état futur désiré
La vision stratégique est conçue par Cossette (1994) comme étant un « guide », un fil conducteur des actions à entreprendre d’où son rôle de catalyseur de l’activité stratégique. C’est ce que confirment Hamel et Prahalad (1990) en considérant que la vision stratégique se trouve à l’origine d’une vague créatrice, stimulante, qui pousse à évoluer. Elle sous entend que le futur n’est pas une donnée figée mais se construit au fil du temps en parallèle au développement de l’activité. De sa part, Filion insiste sur le fait qu’une vision constitue une façon de se donner un cadre de réflexion menant à l’action entrepreneuriale. Dans ce sens, et dans le cadre d’une PME, cette action entrepreneuriale s’inscrit dans une démarche heuristique où le dirigeant tâtonne au quotidien son champ d’action et conçoit les contextes pour y parvenir (Filion, 1994) ce qui lui permet d’évaluer en permanence l’évolution de son activité : ce qu’était fait et ce qui reste à faire et la manière d’y procéder.
Le processus visionnaire renvoie à un processus évolutif en PME dont le manager développe une vision centrale qui sera tamisée, raffinée et perfectionnée au fil du temps : « la vision n’est pas statique. C’est un processus en perpétuelle évolution dont les ajustements sont étroitement liés au système de relations dont s’est doté l’entrepreneur » (Filion, 1994).
Ces représentations évoluent constamment proportionnellement au « contexte situationnel » dans lequel évolue l’individu. Ce contexte sous entend la structure organisationnelle, la situation économique, familiale et personnelle du manager et même son milieu d’origine qui influence fortement, le comportement, la structure cognitive, les représentations et subséquemment la vision stratégique du manager. Cette influence tend à perdre de force avec l’écoulement du temps et le développement de l’activité  du fait que le manager se dote d’une solide expérience à quoi il a recourt inconsciemment pour parfaire une vision stratégique.

2.2 Image mentale et guide pour les actions à entreprendre
Cette image mentale correspond, à « ce qu’une personne perçoit de significatif dans la réalité ambiante, à travers le filtre de ses attitudes, de ses valeurs et de ses intuitions ». Ainsi, l’individu tend, instinctivement et continuellement, à se faire des représentations de son milieu environnant. Cette activité cérébrale engage des mécanismes de la raison et de l’intuition permettant une construction « objective » de la réalité. Weick (1979) confirme que cette aptitude du manager d’assimiler, élucider, créer lui permet de mieux maîtriser les événements. C’est ainsi que, le dirigeant est en quête permanente à développer un sens de la réalité, et se construit le monde sur lequel il agira ensuite.
C’est dans ce sens que weick (1979) développa son « modèle dynamique d’organisation » fondé (abordé au chapitre III) sur quatre phases : la transformation de la réalité (ecological change), l’engagement dans le réel (enactement), l’attribution de sens au réel devenu équivoque (selection) et la rétention, sous forme de schèmes d’interprétation, du réel devenu significatif (retention). Une fois ces étapes franchies, l’individu sera en mesure  d’agir sur la réalité et la transformer.
Ce grand rôle des représentations dans la construction de la réalité laisse pressentir les risques que ça peut comporter. Or, la pensée établit un reclassement, ordre et même une transformation des représentations sur l’environnement qui restent forcément subjectives et « loin » de refléter objectivement le réel. D’où le risque majeur d’avoir une représentation biaisée de la réalité et de ses impératifs. Donc, conscient de sa propre méconnaissance, le manager façonne en permanence des représentations de représentations. Par ailleurs, pour Cossette (1993), par la construction d’images mentales, le décideur s’efforce de valider et authentifier ses schèmes présents plutôt qu’en développer nouveaux. Il interprète donc les événements selon ses schèmes du moment.
De même, Heider (dans sa théorie de l’attribution) affirme que c’est par un besoin d’équilibre que l’individu se donne à la construction mentale de la réalité. Habituellement, l’individu confère à l’environnement un certain degré de stabilité satisfaisant en écartant de son esprit tout éventuel changement. De sa part, Senge (1991) relate que les représentations du monde que se fait l’individu contraignent ses réflexions et actions.
D’autre part, la vision stratégique du manager est astreinte à sa structure cognitive  et les facultés qui en ressortent pour le traitement de l’information parvenant de l’environnement. Y joue également  sa dynamique psychologique de manière à ce qu’il projette les sens qui lui sont propres et ce dans une acception strictement futuriste. Car selon Carrière (1991), il s’agit d’une « dynamique de construction mentale d’un état futur souhaité et possible pour une entreprise ». Il élabore trois niveaux de la vision stratégique : la vision générale, c’est-à-dire les croyances et valeurs du décideur, la vision intermédiaire, c’est-à-dire les schémas mentaux stratégiques et la vision parcellaire, c’est-à-dire les aspects de l’environnement qui intéressent le décideur.
La vision stratégique est conçue comme une image mentale d’une situation future espérée par l’organisation.Nous précisons que la vision stratégique n’est pas simplement l’aboutissement d’un effort de prédiction du futur, mais plutôt le fruit de la clairvoyance, la lucidité et le discernement du manager basée sur une idée centrale autour de laquelle tournent les objectifs de l’entreprise.
Au-delà des différents constituants de la vision stratégique qu’on vient d’évoquer (représentations, buts poursuivis, créativité…), on peut limiter la vision stratégique du dirigeant à la  » représentation mentale actuelle du futur de son organisation, de ses activités et de son environnement » ayant deux principaux déterminants ; organisationnel et environnemental.

Largement intuitive au départ, la vision stratégique se déploie et s’alimente de l’action. Elle reflète un grand dynamisme dans la mesure où elle évolue instantanément et progressivement au contact de l’action. Elle constitue en fait, comme l’énonce Martinet (1983) un « support d’apprentissage dans le même temps qu’elle est l’objet de cet apprentissage ». Vision et action sont donc fortement inter-reliées. En effet, le processus visionnaire du dirigeant de PME s’avère fortement lié au contexte situationnel d’où son impossibilité de « s’extraire du réel ». Ainsi, la construction de représentations futuristes puise sa force des actions quotidiennes présentes.
La perspective cognitiviste (Laroche et Nioche, 1994) prône fortement le recourt des dirigeant à leurs représentations mentales pour décider et agir. Dans ce sens, l’intuition sert de meilleur « prédicateur » du comportement planifié et de leitmotiv au processus de mise en œuvre de la stratégie qui comprend une série d’actomes (petites actions). En outre, les dirigeants  élaborent des représentations de leur structure organisationnelle et des actions envisageables dans un contexte situationnelle. Ces actions sont souvent de nature réactive, mais il n’en demeure pas moins que les décisions cruciales à prendre recourent souvent généralement à leurs schèmes d’interprétation de leur réalité.
L’approche cognitive défend l’idée que la pensée guide l’action ce qui laisse présager que l’action résulte de la pensée et ne s’explique que par elle. Laroche et Nioche (1994) affirment que l' »on peut assez facilement être tenté d’inscrire l’approche cognitive dans le schéma rationnel classique: problème – délibération – action, sans en contester la structure causale et linéaire ».

Chronique de Nacer Gourmat

La satisfaction au travail dépend des compétences du chef

satisfaction au travail

Les compétences du patron constituent l’indicateur le plus révélateur de la satisfaction au travail, dit une étude. Les meilleurs dirigeants sont ceux qui possèdent des connaissances approfondies sur le cœur de métier de l’entreprise

Les patrons s’intéressent depuis de nombreuses années aux facteurs responsables de l’insatisfaction professionnelle. Et pour cause: de nombreuses études ont établi que les employés heureux sont plus productifs, s’absentent moins au travail et risquent moins de démissionner. À cet égard, chaque départ occasionne des coûts de recrutement, de sélection et de formation importants pour les entreprises ainsi qu’une rupture de la continuité du travail. S’ils ne peuvent retenir tous leurs employés, les dirigeants cherchent naturellement à limiter le nombre de démissions et d’absences, notamment parmi les collaborateurs les plus productifs. Comment s’y prennent-ils?

Il existe autant de théories et d’études relatives aux causes d’insatisfaction au travail que d’employeurs. Pour les uns, la clé réside dans la création d’emplois intéressants et stimulants qui confèrent aux employés une grande autonomie. Pour les autres, il s’agit avant tout de mettre en place des systèmes de rémunération équitables et de créer un environnement de travail stable et collégial dans lequel l’individu se sent soutenu.

Un chef compétent, une source de satisfaction au travail

Pour Amanda Goodall, co-auteure d’une étude intitulée «Boss Competence and Worker Well-being», si tous ces éléments revêtent certes une importance déterminante, aucun ne constitue cependant l’indicateur le plus révélateur de la satisfaction au travail. «Les compétences d’un chef ont un impact beaucoup plus important sur votre satisfaction au travail que le salaire, le travail en lui-même ou le secteur dans lequel vous exercez», assure-t-elle.

Dans son étude, cette professeure associée à la Cass Business School de Londres a suivi 35 000 employés au Royaume-Uni et aux Etats-Unis sur plusieurs années à l’aide de données longitudinales. «Nous avons observé l’effet d’autosélection, c’est-à-dire les employés qui changent d’emploi lorsqu’ils ne sont pas satisfaits de leur patron. Et nous avons pris en compte la personnalité des employés en vérifiant si les plus enjoués étaient plus susceptibles d’attribuer une note supérieure pour évaluer leur satisfaction au travail ou les compétences de leur supérieur, ce qui aurait faussé les données.»

Trois facteurs ont été identifiés comme déterminants pour le bien-être des employés et leur productivité: chez les 1600 Britanniques sondés, le niveau de satisfaction était plus élevé lorsqu’ils étaient dirigés par un supérieur hiérarchique capable de faire son travail. L’analyse de 6 000 employés américains a quant à elle permis d’établir que la satisfaction au travail était plus grande lorsque le patron avait gravi les échelons de l’entreprise ou l’avait fondée. Enfin, pour 27 000 employés américains, le niveau de compétences techniques d’un supérieur (tel qu’évalué par ses employés) avait un impact considérable sur le bien-être au travail. «Cet aspect prévaut sur tous les autres facteurs plus conventionnels qui influencent la satisfaction au travail, notamment la formation, le salaire, l’ancienneté, la distance entre le domicile et le lieu de travail, et le fait de travailler dans le secteur privé ou public», analyse Amanda Goodall.

Les attentes varient selon l’âge de l’individu

Nicolas Nervi, directeur Marketing du Groupe BeMore spécialisé dans les ressources humaines, invite cependant à prendre une certaine distance avec ce type d’études qui énumèrent, par ordre d’importance, les indicateurs de satisfaction. Il rappelle que les facteurs responsables du bien-être et de la motivation au travail varient selon la personnalité, les besoins et l’âge des individus. «Les attentes des employés vis-à-vis de leur chef évoluent au fil des ans. Une personne âgée de 25 ans sera à la recherche d’un mentor, d’une figure de référence, d’un expert qui lui offrira des outils de travail mais aussi un soutien. À l’inverse, l’employé de 50 ans recherchera davantage de reconnaissance grâce à une meilleure rétribution salariale et une stabilité de l’emploi.»

Le supérieur doit faire autorité dans le travail ou l’activité avant d’avoir de l’autorité sur son employé.

Toujours est-il que s’ils peuvent susciter un certain scepticisme, les résultats de l’étude «Boss Competence and Worker Well-being» s’expliquent facilement. En effet, de nombreux individus, toutes catégories d’âges confondues, passent la majeure partie de leur temps au travail. La personne pour laquelle ils s’échinent à longueur d’année est à l’évidence importante. En outre, les compétences d’un chef, lorsqu’elles sont le fruit d’une évolution au sein d’une organisation, indiquent généralement que le patron comprend la nature du travail et qu’il est à même de l’apprécier et de le rétribuer à sa juste valeur.

À cet égard, Yves Clot, professeur et titulaire de la chaire de psychologie du travail au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM), relève que «le supérieur doit faire autorité dans le travail ou l’activité avant d’avoir de l’autorité sur son employé.» Autrement dit, l’expérience est l’autorité suprême, étant précisé que dans un monde qui évolue très vite, les plus âgés ne sont pas toujours les plus expérimentés. Ainsi, dans une start-up, un informaticien de 25 ans sera parfois plus crédible en tant que chef qu’un patron de 50 ans mal à l’aise avec les nouvelles technologies.

«Apprendre à s’adapter»

Un patron qui ne connaît pas son métier est en outre rarement écouté et respecté. Lisa*, 35 ans, assistante marketing et communications, se souvient du malaise provoqué par les lacunes de sa supérieure. «Ma cheffe se reposait entièrement sur ses collaborateurs et ne maîtrisait aucun dossier. Lors des présentations, elle faisait beaucoup d’erreurs qui décrédibilisaient toute l’équipe.» Marc*, opérateur électricien, a longtemps travaillé pour une entreprise hydroélectrique. «Mon chef était menuisier de formation. Il n’avait aucune notion d’électricité et ne s’intéressait pas au métier d’opérateur. Il était pourtant chargé d’évaluer et de superviser le personnel.» Caroline* travaille enfin dans l’éducation. «Notre DRH est un ancien aide-soignant qui est arrivé là un peu par hasard. Il n’a suivi aucune formation et n’a jamais eu le Brevet fédéral de spécialiste en ressources humaines. Lorsqu’il conduit des entretiens, son manque de professionnalisme met ses adjointes dans l’embarras.»

Mon chef était menuisier de formation. Il n’avait aucune notion d’électricité et ne s’intéressait pas au métier d’opérateur.

Que faire face à un chef incompétent? Amanda Goodall conseille «vivement aux employés de se tourner vers des supérieurs qui disposent de connaissances approfondies sur le cœur de métier de leur entreprise». Nicolas Nervi est d’un avis plus nuancé. «De nombreuses personnes éprouvent des difficultés à trouver un emploi stable à cause de facteurs macroéconomiques, rappelle-t-il. Choisir son patron est un luxe rare que seul un petit nombre peut s’offrir. Pour la majorité de la population, il faut apprendre à s’adapter».

*prénom d’emprunt


5 conseils pour une stratégie de credit management efficace et rentable

 

Kids-and-Voice

Qu’est-ce que BRAND VOICE ? Les PME ont beaucoup de mal à financer leur BFR. Et si la solution se trouvait du côté du crédit client ? Voici 5 conseils afin d’adopter une stratégie de credit management destinée à gagner une dizaine de jours de délai de paiement. Depuis 2008, les temps sont durs, pour les entreprises. D’un côté, l’accès aux financements s’est durci, surtout pour financer le BFR. De l’autre, les retards de paiement se sont accentués. Une seule solution, pour se sortir de ce mauvais pas : adopter une stratégie de credit management.  » Avec une bonne stratégie de credit management, dix à quinze jours de délai de paiement peuvent être gagnés « , estime Daniel Vergouts, directeur de Matys, solution de gestion du poste client.

1/ Segmenter son recouvrement

La première étape d’une bonne stratégie de credit management est de soigner son recouvrement.  » Il faut adapter ses relances en fonction du type de client et de la nature de la prestation « , conseille Daniel Vergouts. Ainsi, une entreprise du secteur public n’a pas le même circuit de validation qu’une entreprise du secteur privé, et les prestations dans le bâtiment peuvent avoir un circuit de validation plus complexe que dans la distribution… Il s’agit donc de segmenter les différents clients à relancer afin de prioriser ses démarches.

2/ Impliquer les commerciaux dans les litiges clients

Autre moyen de raccourcir les délais de paiement : mieux gérer ses litiges clients.  » Les entreprises ne savent pas correctement communiquer en interne pour régler au mieux ces litiges. Il s’agit de les sortir de la comptabilité clients et d’impliquer et responsabiliser les commerciaux « , pense Daniel Vergouts. Ce décloisonnement rendra le traitement des litiges plus fluide. En effet, qui de mieux placé que les commerciaux pour communiquer avec les clients sur des sujets délicats ? De quoi obtenir un règlement des litiges – et donc un paiement des factures – plus rapide.

3/ Anticiper les risques clients

Un client qui dépose le bilan ne règle pas ses factures. Si c’est une évidence, de le dire, il n’est pas forcément évident de savoir quel client va mettre la clé sous la porte.  » Il s’agit d’anticiper les risques de défaillance « , insiste Daniel Vergouts. Pour cela, toutes les informations sont bonnes à prendre, comme autant de signaux faibles d’une difficulté à venir. À commencer par les informations dont on dispose en interne : taux d’impayés, délais de paiement… D’où la nécessité d’une bonne communication.

4/ Mettre en place une procédure

Ces trois étapes essentielles à la réduction des délais de paiement de ses clients ne peuvent pas se mettre en place sans une bonne organisation en interne.  » Il faut pouvoir savoir qui fait quoi et comment « , avertit Daniel Vergouts. Des process qui doivent être bien établis, et surtout clairs pour tout le monde. Pour cela, le recours à la formation peut être utile. Sensibiliser des commerciaux, à leur rôle dans le recouvrement, par exemple, permet de leur faire comprendre les enjeux de cette procédure.

5/ Se faire aider par un logiciel dédié

Mettre en place un logiciel dédié au credit management fait gagner en productivité. Daniel Vergouts estime le gain de temps de l’ordre de 30 %.  » Or, plus le retard de paiement est important, plus l’espérance de récupérer ses créances est faible « , rapporte-t-il. D’où l’importance d’outils qui servent à gérer plus vite en automatisant certaines actions, à tracer et prioriser les différents apports de chacun, à générer des alertes… Des outils qui doivent être simples d’utilisation – les directeurs régionaux ne doivent pas passer plus de 30 minutes par semaine à voir où se situent les problèmes – et simples à installer. La plupart des outils du marché répondant aux besoins des grandes entreprises sont chers et peuvent être complexes à mettre en oeuvre. Les PME préféreront les logiciels en mode Saas – comme le logiciel Matys -, qui sont plus adaptés à ce qu’elles recherchent en termes de simplicité et de coût.

Retrouvez cet article sur : www.daf-mag.fr – « 5 conseils pour une stratégie de credit management efficace et rentable »

Les start-up françaises en quête d’intelligence artificielle

Après avoir fait le tour des stratégies d’IA de quelques grands acteurs du numérique, dont Google, IBM, Microsoft et Facebook, et de leurs acquisitions, revenons aux start-up du secteur en nous intéressant aux françaises.

Il est clair que l’IA est l’une des technologies clés du numérique, aujourd’hui et demain. Au lieu de chercher à créer un Google, un Facebook ou un système d’exploitation français, il serait bon de s’intéresser à ce domaine prometteur, surtout dans la mesure où les plateformes correspondantes sont encore en devenir.

La recherche en IA en France

La recherche en IA est disséminée dans plusieurs laboratoires et dans des projets collaboratifs associant laboratoires publics et universités. Les deux premiers organismes se focalisant sur l’IA sont l’INRIA et le CNRS.

Que fait l’INRIA ? Un grand nombre des projets de recherche fondamentale en IA référencés sur leur site font appel aux techniques de l’IA, même s’ils ne sont pas forcément labellisés IA / machine learning / réseaux neuronaux. C’est ainsi le cas du projet Orpailleur mené à Nancy et dédié à la représentation des connaissances et au raisonnement. L’équipe planche sur l’extraction de données dans les bases de connaissances non structurées, et notamment dans le domaine de la santé, le même que celui qui est investi par IBM Watson et plein de start-up. Ils collaborent notamment avec le centre de lutte contre le cancer de Nancy. L’équipe Magnet travaille, quant à elle, directement sur le machine learning et l’auto-apprentissage.

Les chercheurs français se plaignent en tout cas d’être délaissés en France dans la discipline. Ils ne sont certainement pas les seuls, au sens où de nombreuses disciplines se sentent délaissées dans la recherche publique.

Une association créée en 1993 fait la promotion de la recherche en IA, l’AFIA. Elle organisait en octobre 2014 une conférence de promotion de l’IA dans la recherche. On y identifie par exemple Andreas Herzig (IRIT, CNRS, Toulouse) qui travaille sur la modélisation de la logique et du raisonnement, Hélène Fargier (IRIT, CNRS, Toulouse) qui travaille notamment sur la programmation par contraintes, Jérôme Euzenat (LIG, Inria) qui planche sur la représentation et l’échange de connaissances et Leila Amgoud (IRIT, CNRS) qui est spécialisée dans la modélisation de l’argumentation.

Le défi pour ces chercheurs et leurs autorités de tutelle est de trouver des applications tirées de leurs travaux. En consultant la liste des participations d’IT Translation qui est l’un principaux financeurs de projets issus de l’INRIA, on constate que l’IA est souvent en filigrane de ces projets, mais pas forcément au niveau «plateforme» ou «couches de base».

 

1Dans le Economic Report or The President, le rapport annuel 2016 sur l’économie de la Maison Blanche, j’ai découvert deux données intéressantes. Aux Etats-Unis, en 2013, les start-up ont créé deux millions d’emplois et les entreprises traditionnelles huit millions. Donc 20% ! Une proportion énorme sachant que dans le même temps, l’économie française a plutôt détruit des emplois et les startups n’en ont probablement créé que quelques milliers. Et surtout : la moitié de la R&D fédérale est dédiée à la défense ! Et au milieu des années Reagan, elle en représentait les deux tiers ! Cela explique pourquoi tant de projets autour de l’IA sont financés par la DARPA. En France, la recherche dans l’IA semble mieux financée côté civil, même s’il est difficile de le vérifier par les chiffres. On ne s’en plaindra pas. A ceci près que la R&D militaire US a une qualité : elle est orientée vers des objectifs pratiques selon des cahiers des charges. De son côté, la recherche civile française fonctionne plutôt de manière très décentralisée et sans objectifs pratiques clairs, sauf lorsqu’elle est financée par des entreprises privées, surtout depuis la loi Pécresse de 2007. A méditer !

Start-up «horizontales»

Voici les start-up que j’ai pu repérer dans les solutions techniques d’IA plus ou moins génériques. Le champ de la reconnaissance audio est faiblement couvert par les start-up françaises. Dans celle des images, on eu quelques cas anciens comme LTU qui a été racheté par le japonais JASTEC en 2005. Il subsiste quelques acteurs spécialisés dans la recherche et qui ont intégré petit à petit des techniques d’IA dans leurs offres. Antidot et Sinequa sont anciens dans le paysage mais, à l’instar de nombreux éditeurs B2B, ils peinent à croitre, notamment à l’international. Ils ne font que quelques millions d’euros de chiffre d’affaires. Comme dans l’article précédent, j’indique entre parenthèses l’année de création et les montants levés lorsqu’ils sont disponibles. J’aimerais bien ajouter un troisième indicateur : le chiffre d’affaires, mais il n’est généralement pas disponible.

Antidot (1999, 3,5 millions de dollars) est connu pour son moteur de recherche pour entreprises. Il propose une fonction de classification automatique de contenus ainsi que d’amélioration de la pertinence des résultats de recherche s’appuyant sur du machine learning.

Sinequa (2002, 5,33 millions de dollars) est un fournisseur de solutions de big data et d’analyse de données pour les grandes entreprises. Il fournit un moteur de recherche sémantique capable d’exploiter les données issues de nombreux progiciels (ERP, CRM, gestionnaires de contenus, etc). La société a annoncé en 2015 investir dans le machine learning pour améliorer la performance de ses solutions.

Dataiku (2013, 3,5 millions de dollars) fait évoluer les concepts de business intelligence et de data mining ave son Data Science Studio, un ensemble d’outils d’analyse de données qui exploitent du machine learning pour la création de modèles de données et de simulations.

Heuritech (2013) propose sa solution logicielle Hakken d’analyse sémantique, de tagging et classement automatiques de textes, images et vidéos sous forme d’APIs. Ils proposent aussi HeuritechDIP qui permet d’améliorer sa connaissance des clients et d’anticiper leurs besoins, évidemment, surtout dans les applications de commerce en ligne. Le tout s’appuie sur force marchine et deep learning. La start-up s’appuie sur les travaux de recherche de deux laboratoires publics le CNRS LIP6 and l’ISIR de l’UPMC (Paris VI).

 

2Smart Me Up (2012, 3 millions d’euros), vu aux CES 2015 et 2016 propose une solution logicielle d’analyse des visages. Elle détecte l’âge, le comportement et les émotions des utilisateurs. La solution est bien entendu plutôt commercialisée sous forme de brique logicielle en marque blanche utilisable dans des applications métier.

Moodstocks (2008) propose une solution mobile de reconnaissance d’images, fournie sous la forme d’APIs et d’un SDK multi-plateforme.

Objets connectés

C’est un domaine où les entrepreneurs français sont assez prolixes en général. Il n’est donc pas étonnant d’y trouver quelques start-up intégrant des briques d’IA dans leurs solutions. Le scénario le plus répandu est lié à la consommation d’énergie et à la maison connectée, avec des solutions faisant de l’auto-apprentissage du comportement de ses habitants pour piloter des actions d’économies d’énergie et d’automatisation diverses.

Craft.ai (2015, 1,1 million de dollars) est une très jeune start-up spécialisée dans l’Internet des objets. Elle permet de créer des solutions logicielles d’orchestration d’objets connectées qui apprennent toutes seules des comportements des utilisateurs et des données environnementales captées par les objets connectés. La solution est commercialisée sous la forme d’APIs destinées aux développeurs d’applications. L’approche est intéressante dans son principe. Reste à trouver un modèle économique solide.

 

3Angus.AI (2014) est un peu l’équivalent de Craft.ai, mais pour les robots. La start-up, créée par des anciens ingénieurs d’Aldebaran qui ont développé la partie logicielle des robots Nao et Pepper, propose une solution logicielle embarquée dans les robots leur apportant les fonctions de base de reconnaissance vocale et faciale et de détection d’obstacles. Elles sont fournies sous la forme d’un kit de développement et d’API (interfaces de programmation). Les ingénieurs s’appuient beaucoup sur des solutions open source du marché. Ils travaillent déjà avec la SNCF, mais pas sur des robots.

Ubiant (2011), basé à Lyon, était également présent au CES de Las Vegas en 2015 et 2016. Il propose une solution matérielle et logicielle de gestion de la maison intelligente, de l’éclairage et de l’énergie qui s’appuie sur du machine learning et sur le Luminion (ci-dessous), un objet connecté interagissant avec l’utilisateur via des LED de couleur indiquant si la consommation du foyer est supérieure à celle du voisinage. C’est une offre B2C.

 

4Vivoka a développé Lola, un logiciel de contrôle des équipements de la maison connectée. Elle s’appuie sur une box reliée à Internet qui se pilote via une application mobile et par commande vocale. Le projet lancé sur Kickstarter n’a pas porté ses fruits.

Iqspot (300 000 euros) est une start-up bordelaise qui analyse la consommation énergétique des bâtiments et sensibilise ses occupants pour la diminuer. Le tout avec du machine learning.

Xbrain (2012) est une start-up française, établie dans la Silicon Valley ainsi qu’à Paris et Lille, qui se spécialise dans les applications de l’IA à l’automobile et la robotique. Sa plateforme xBrain Personal Assistant permet de créer des agents conversationnels. Elle s’appuie sur la reconnaissance vocale, sur la gestion de contexte, sur la détection des intentions et la gestion de règles. Son créateur, Gregory Renard, planche sur l’IA depuis près de 20 ans.

Scortex (2016) développe des solutions matérielles et logicielles apportant l’autonomie aux robots et aux objets connectés qui intègrent notamment la reconnaissance d’images et de la parole. Ils ont même développé un chipset à base de réseaux neuronaux.

E-commerce

L’écosystème français a toujours été prolixe en start-up B2B et B2C dans le secteur du e-commerce et du marketing. Il est donc normal d’y retrouver quelques start-up intégrant de l’IA.

AntVoice (2011, 2 millions de dollars) propose une solution de recommandation prédictive pour les sites d’e-commerce qui s’appuient sur de l’intelligence artificielle. C’est un spécialiste du big data marketing.

Dictanova (2011, 1,2 million d’euros) est une société nantaise à l’origine d’une solution d’analyse textuelle des feedbacks clients dans les réseaux sociaux ou sites de vente en ligne, en liaison avec les outils de CRM pour optimiser la relation client. Les techniques utilisées comprennent l’analyse sémantique de textes et la classification automatique. La solution est fournie en cloud.

Modizy (2012, 275 000 dollars) propose un assistant d’achat dans la mode basé sur un algorithme d’intelligence artificielle. Modizy propose aussi une place de marché reliant consommateurs et marques.

Tastehit (2014) utilise du machine learning et du big data pour personnaliser les sites d’e-commerce en temps réel. Donc, une offre B2B.

CompareAgences (2012) intermédie la relation entre agents immobiliers et particulier dans le cadre de la vente de biens. La start-up emploie 12 personnes et génère 200 000 visiteurs uniques par mois. 1 000 agences immobilières sont intégrées en France. Le tout est à base de machine learning, sans plus de précisions.

Santé

C’est un domaine très porteur pour les applications de l’IA. Seulement voilà, nous sommes un peu à la traîne dans l’une de ses grandes applications : la génomique. Mais la santé va au-delà de la génomique, heureusement.

CardioLogs Technologies (2014) a créé une solution d’interprétation automatique des électrocardiogrammes (ECG) en temps réel s’appuyant sur du machine learning. Uberisation en puissance des cardiologues ? Pas si vite ! Cela permet surtout de rendre un suivi plus régulier des patients à risques ou atteints de maladies chroniques.

Dexstr.io (2014) est une start-up toulousaine fournissant la solution Inquiro qui exploite les données médicales non structurées pour faciliter la recherche d’informations pour les sociétés de pharmacie. En gros, c’est de la recherche documentaire, un peu comme le font Sinequa et Antidot, mais avec un tuning adapté à la documentation scientifique dans la santé. Leur concurrent serait plutôt l’application d’IBM Watson à l’oncologie.

Khresterion (2014) propose un logiciel d’aide au diagnostic et à la prescription pour les cancers. La solution fonctionne sur un principe voisin de celui d’IBM Watson, compulsant la littérature scientifique et les données des patients pour proposer divers traitements avec leurs avantages et inconvénients comme les effets secondaires. La société aurait comme prescripteur des organismes de remboursement comme Humanis, Axa et la Maaf. Sa solution commence aussi à être utilisée dans la finance, là où les cycles de vente sont probablement plus courts.

Applications métiers

C’est là que la créativité est la plus développée, comme nous l’avions vu dans l’article précédent de la série au sujet des start-up américaines.

Snips.ai (2013, 6,3 millions de dollars) est une start-up connue du secteur de l’IA, créée par Rand Hindi (prix du MIT 30 en 2015), Mael Primet et Michael Fester. Leur dernière levée de fonds de 5,7 millions d’euros en juin 2015 présente la particularité d’associer Bpifrance avec des investisseurs américains, en plus de business angels tels que Brent Hoberman et Xavier Niel. L’équipe comprend 35 personnes : des data-scientists, des développeurs, designers et quelques marketeurs. Leur positionnement est large et un peu vague : rendre la technologie invisible et les usages intuitifs via de l’IA. A ce titre, la start-up a développé des applications expérimentales telles que :snips (un ensemble d’applications de recherche pour iOS dont un clavier virtuel intelligent pour la recherche d’adresses), Tranquilien (qui prédit les places disponibles dans les trains de banlieue), Parkr (la même chose pour prédire les places de parking), Flux (qui identifie le trafic mobile en s’appuyant sur les données des smartphones), RiskContext et SafeSignal (identification de risques d’accidents sur la route). La start-up planche aussi sur des applications verticales : pour les véhicules connectés, dans l’hôtellerie, la maison connectée et les loisirs numériques. Le tout s’appuie sur force machine et deep learning, modèles probabilistiques, traitement du langage, gestion de graphes et aussi encryption des données pour garantir la vie privée. Derrière la vision, l’implémentation et l’expérimentation, on leur souhaite de réussir la businessmodelation.

 

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Jam (1 million d’euros) a créé un agent conversationnel SMS pour étudiants. Ils ont ISAI Ventures dans leur capital. La solution utilise une combinaison d’IA et de vrais intervenants humains pour assurer une bonne qualité des réponses. Leurs outils d’IA sont en open source.

Julie Desk (2014, 993 000 dollars), basé à Paris, propose un service d’assistante virtuelle fonctionnant sous la forme d’un agent conversationnel opérant en français et en anglais. Il gère surtout votre agenda et répond à vos mails à votre place pour prendre des rendez-vous avec vos interlocuteurs. Comme pour Jam, l’agent fonctionne en mode supervisé par des opérateurs, ce qui permet d’assurer une bonne qualité de service. Les tarifs vont de 50 à 80 euros par mois. Il est notamment utilisé par des entrepreneurs de startups. Mais l’agent ne répond pas encore au téléphone.

 

7Riminder (2015) est une start-up spécialisée dans les RH qui s’appuie sur du deep learning pour proposer des outils d’aide à la décision. Il aider les chercheurs d’emploi à construire leur parcours professionnel et les actifs à développer leur carrière, en exploitant une base de connaissance de plusieurs millions de parcours de cadres.

Niland (2013) est une participation de IT Translation, la structure de valorisation des projets de recherche issus notamment de l’INRIA. Mais la startup a été créée par des anciens de l’IRCAM et s’appuie sur 10 années de travaux de recherche. Elle utilise le deep learning analysant le contenu de la musique pour rendre son exploration dans les plateformes de diffusion plus intelligente. Elle identifie les similarités entre morceaux pour les classifier automatiquement. La solution sera exploitée par CueSongs (UK, une société fondée par le chanteur Peter Gabriel) et motionelements (Singapour) qui sont dédiés aux professionnels de la musique. La solution est aussi illustrée par le service en ligne www.scarlett.fm et s’appuie sur SoundCloud pour vous permettre de créer une web radio personnalisée en fonction de vos gouts.

Yseop (2008) propose son agent conversationnel Savvy. Nous l’avions déjà évoqué dans le troisième article de cette série.

Séline (2013), édité par la société Evi, propose une panoplie d’applications bureautiques intégrant un agent conversationnel permettant de dialoguer et poser des questions en langage naturel. On y trouve notamment un traitement de texte, un tableur, un gestionnaire d’agenda, un carnet d’adresses, un gestionnaire de tâches, une médiathèque, un logiciel de gestion de finances et un gestionnaire de messagerie instantanée. Dilemme classique : faut-il recréer tout un existant complexe pour y intégrer une nouvelle fonction ou ajouter cette fonction aux produits existants du marché (Microsoft Office, Open Office). Question d’ouverture, de simplicité de mise en oeuvre et de modèle économique!

Dans mon précédent article sur l’écosystème entrepreneurial de La Réunion, j’avais aussi identifié quelques startups qui utilisent le machine learning : logiCells (ERP sémantique) et Teeo (analyse de consommation d’énergie pour les entreprises). A contrario, certaines start-up font appel à des briques d’IA comme le machine learning mais préfèrent ne pas l’évoquer dans leur communication.

Ce tour est probablement incomplet et les oubliés du secteur se feront immanquablement connaître pour intégrer cette liste que je mettrai à jour au fil de l’eau. A vrai dire, d’ici peu de temps, l’usage de machine learning sera aussi courant dans les start-up que l’appel à des bases de données NoSQL : une banalité !

Le top du top de la start-up d’IA ? Utiliser l’IA dans une solution d’agent conversationnel en cloud qui fait du big data sur des données issues de l’IoT en sécurisant les transactions via des blockchains. Le bingo de la start-up d’IA est lancé !

Article initialement publié sur le blog Opinions Libres.

Par Olivier Ezratty, expert FrenchWeb

 

Cinq rituels pour démarrer sa journée du bon pied

  • Faire sport, rire coup, faire listes... rituel démarrer journée travail.

Maitriser son emploi du temps, ne pas avoir de compte à rendre, quel bonheur ! Pour autant, les entrepreneurs le savent bien : Chaque matin, il faut se lever avec l’envie de décrocher la lune. Comment démarrer la journée avec la niaque ? Des entrepreneurs révèlent leur petits secrets…

 

Du saut du lit au premier coup de fil, que faites-vous pour vous mettre en train ? Les entrepreneurs ont tous leurs rituels pour se mettre en condition avant d’attaquer leur journée de travail.

#1 Ranger ses affaires, faire place nette

Aux débuts de la vie de son entreprise, on installe souvent son bureau chez soi, entre la bibliothèque et al table du salon. Amélie Baghdiguian, co-fondatrice des éditions La Belle Idée, travaille encore chez elle. Alors, chaque matin, elle s’astreint au rangement : « Comme mon appartement n’est pas grand, il est impératif que tout soit bien ordonné. Je dois avoir l’impression d’être devant un vrai bureau et non pas chez moi. Avant d’allumer l’ordinateur, je fais donc place nette. »

Le conseil
Afin de ne pas mélanger ses papiers personnels avec ceux de son activité, il est bon de faire régulièrement le tri, de jeter à la poubelle les fournitures consommées, tout cela pour maintenir en ordre son bureau au quotidien. Et dans l’idéal, le faire à la fin de chaque journée de travail ! Ce que l’on ne fait jamais.

#2 Faire du sport, bouger son corps

Et si pour tenir le rythme, vous faisiez un peu de sport avant votre journée de travail ? Courir 5 kilomètres, s’octroyer une séance de méditation, nager plusieurs longueurs, jouer avec des ballons de toutes tailles… Réussir des performances sportives permet de renforcer votre détermination de chef d’entreprise.« En tant que coach, je suis indépendante et j’ai les mêmes problématiques que mes clients quant à l’organisation de mes journées », raconte Marie Guyot, qui aide les entrepreneurs à développer leurs activités. « Je suis résolument du matin : en semaine, je me lève à 5 h 30, explique-t-elle. Cela me permet d’être efficace et de dégager du temps pour ma routine quotidienne, dont une marche à pied de 45 mn et quelques exercices de yoga… Ces rituels me rendent de meilleure humeur, m’aident à trouver de nouvelles idées et à mieux traverser les moments difficiles ».

Le conseil
Pratiquez une activité physique pendant au moins 30 minutes pour atteindre un pic d’endorphines 30 minutes plus tard. L’endorphine est une hormone anti-douleur et qui procure une sensation d’euphorie. Lors d’un entrainement sportif, nous secrétons aussi de la dopamine qui augmente la sensation de plaisir et de l’adrénaline pour nous stimuler.

#3 Se détendre au moins 5 minutes

Se faire plaisir avant de travailler, c’est l’une des astuces choisies par Amélie Baghdiguian pour débuter sa journée du bon pied. Car elle le confesse : elle a besoin d’un peu de temps libre avant de parcourir sa boîte e-mail. « Je bois mon café du matin en consultant un site d’actualités divertissantes. Je préfère me détendre 5 minutes avant de me plonger dans ma journée de travail ».

Lorsqu’on est entrepreneur, tout repose sur ses propres épaules. Si vous n’avez pas le temps de faire du sport ou de méditer tous les jours, prendre 5 minutes pour vous divertir avant de travailler permet de préserver votre énergie pour le reste de votre journée.

Le conseil
Riez ! Rire est un excellent déstressant, il réduit la tension artérielle et augmente l’oxygénation. Rien de mieux pour démarrer une journée de travail d’excellente humeur.

#4 Commencer par un dossier difficile

Avaler une grenouille chaque matin, c’est l’un des principaux conseils qu’a retenu Julien Desarnauts, président co-fondateur de Hellocasa, une start-up créée à l’automne 2014, quand il a lu l’ouvrage de Brian Tracy, son auteur fétiche dans le domaine du développement personnel. Tous les jours, il se rend ainsi le plus tôt possible dans les locaux de son entreprise, qui compte aujourd’hui 16 salariés. « C’est basique, mais être matinal est très important », explique-t-il.« Cela me permet d’avoir du temps avant que ça ne tire dans tous les sens et de faire directement les choses ennuyantes pour éviter qu’elles ne me suivent ensuite toute la journée. »

Le conseil
Profitez du début de journée calme pour réfléchir. Notre pic de concentration est atteint le matin… mais ne vous laissez pas distraire. n’ouvrez pas votre boîte e-mail avant !

#5 Établir une to-do list

Entretenir la bonne humeur du matin, c’est aussi et surtout le plaisir de rayer progressivement les tâches accomplies. Julien Desarnauts a beau avoir créé un service web innovant mettant en relation des particuliers avec des entrepreneurs dans le domaine du bricolage, il utilise toujours une liste de priorités. « J’ai testé beaucoup d’outils de gestion du temps, je me suis documenté sur tout ce qui existait et finalement, rien ne vaut la bonne vieille to-do list qu’on amende au fur et à mesure ».

Trello, Todoist à Any.do… Il existe de nombreuses applications informatiques, simples et gratuites, pour vous aider à vous organiser. Mais leurs principes peuvent aussi faire perdre du temps. Comme Julien Desarnauts, Marie Guyot est revenue à un système papier. « J’utilise un Bullet Journal. C’est un cahier dans lequel je reporte mes actions annuelles dans un calendrier mensuel. C’est bien plus pratique et concret qu’un site internet », affirme-t-elle.

Le conseil
Evitez les listes à la Prévert interminables ! L’objectif d’une liste, c’est aussi de formaliser les progrès accomplis et pour cela, il faut se fixer des objectifs atteignables.
XAVIER DIZAMBOURG

 

 

Qu’est-ce que la blockchain?

La blockchain est un outil novateur et révolutionnaire qui, selon de nombreux spécialistes, s’apprête à bouleverser nos vies comme l’ont fait avant elle l’imprimerie et Internet. Elle s’annonce d’emblée comme une promesse, celle de changer en profondeur l’organisation des transactions, et séduit gouvernements, grandes entreprises, fonds d’investissements et entrepreneurs. Mais qu’est-ce que la «blockchain» ? Revenons à ses origines pour mieux cerner le mode de fonctionnement de cette nouvelle technologie et ses applications.

Aux origines de la blockchain

Au commencement était la monnaie. De la monnaie primitive à la monnaie fiduciaire et scripturale, les instruments de transaction financière reposent sur la confiance, celle que lui accordent ses utilisateurs en tant qu’unité de compte, moyen d’échange et réserve de valeur. Cette confiance s’appuie sur un principe de garantie incarné par une institution centralisée (Etats, banques ou instances locales dans le cas des monnaies complémentaires locales).

La dématérialisation de la monnaie, de l’introduction des chèques à la création des cartes de paiement, s’est accélérée depuis 25 ans avec l’apparition des transactions électroniques. Elle ouvre la voie à une réflexion sur la création de monnaies non conventionnelles, c’est-à-dire indépendantes des autorités centralisées traditionnelles, que l’on appelle monnaies digitales.

Les monnaies digitales se distinguent de la monnaie traditionnelle, celle des pièces, des billets de banque et de leur version dématérialisée, car elles reposent sur un protocole de chiffrement. Chaque unité de monnaie digitale est une chaîne de nombres unique que les utilisateurs peuvent s’envoyer en ligne lors des transactions.

Les premières tentatives de monnaie digitale échouent, confrontées à un défi de taille, celui de sécuriser la monnaie. En effet, une chaîne de nombres peut facilement être copiée – et dans le cas de la monnaie, dépensée plusieurs fois – ce qui rend sa valeur nulle. En 1990, David Chaum, concepteur de la monnaie électronique DigiCash, tente de résoudre ce problème en créant un registre central unique qui enregistre les transactions de chaque utilisateur, s’assurant ainsi que chaque unité de monnaie ne puisse se trouver à deux endroits en même temps. Grâce à ce registre central unique, l’intégrité de la monnaie et des transactions est garantie.

Cependant, la solution apportée par DigiCash a ses limites car elle est soumise aux mêmes aléas que tout registre centralisé (tel que les bases de données de transactions bancaires, transactions de cartes de crédit, de titres de propriété, de cartes d’identité, de permis de conduire, de réservations auprès d’une compagnie aérienne, etc.) : elle ne garantit pas que le teneur du registre soit incorruptible et infaillible. En effet, ce dernier peut par exemple modifier la base de données, exclure les transactions qu’il n’approuve pas, ou encore perdre des données enregistrées.

En octobre 2008, Satoshi Nakamoto, dont l’identité de la personne ou du groupe caché derrière ce pseudonyme reste à ce jour inconnue, publie son livre blanc «Bitcoin : A Peer-to-Peer Electronic Cash System» dans lequel il propose une nouvelle forme de monnaie digitale, le Bitcoin. Celle-ci vient à bout de cet écueil en se fondant sur un protocole nouveau, celui d’une chaîne de blocs ou «blockchain», permettant un système de vérification décentralisé. Le Bitcoin ne relève plus d’une autorité centralisée mais d’une relation dite «pair à pair», c’est-à-dire d’un réseau informatique dont les participants se sont affranchis d’un serveur central.

Au coeur du Bitcoin

Le Bitcoin est une monnaie conçue pour que les unités de monnaies soient introduites graduellement. A contrario des monnaies classiques, Il n’est pas émis par une autorité centrale et la quantité totale des unités émises est fixée par avance. Environ 15,25 millions de Bitcoins ont été émis jusqu’à présent, et le dernier Bitcoin devrait être produit en 2140.

Les Bitcoins sont stockés sur des adresses Bitcoin, dont la clé est une chaîne de lettres et de nombres unique, qui peut se conserver sur un ordinateur, un smartphone, ou même un bout de papier.

Dès qu’un utilisateur envoie un Bitcoin en guise de paiement, un enregistrement de la transaction est gardé en mémoire. Les transactions sont groupées en blocs. Chaque bloc représente l’équivalent de 10 minutes de transactions en Bitcoins.

Tous les participants composant le réseau mettent à disposition leur puissance de calcul informatique pour vérifier ces blocs et les confirmer dans le système. C’est ce que l’on appelle le «minage». Les participants, qui ont préalablement été mis en concurrence, sont rémunérés en fonction de leur participation au calcul, touchant un pourcentage des nouveaux Bitcoins émis par le système.

Le système regroupant l’ensemble des blocs est ce que l’on appelle une blockchain. Les blocs sont classés chronologiquement, et chaque bloc inclut une signature digitale (appelée «hash») du bloc précédent, qui régit l’agencement des blocs, et garantit qu’un nouveau bloc ne peut rejoindre la chaîne de blocs que là où se termine le bloc précédent.

Une copie de la blockchain, c’est-à-dire une copie de l’enregistrement de toutes les transactions réalisées depuis l’origine du Bitcoin, est mise à jour par tous ceux qui ont installé le software Bitcoin. Pour s’assurer que le système fonctionne normalement, les chaînes de blocs sont vérifiées en permanence par les ordinateurs de ceux qui ont installé le logiciel. Ainsi, à chaque instant, le système sait exactement combien de Bitcoins possède chaque utilisateur dans son portefeuille. Ils ne peuvent être copiés ni dépensés plusieurs fois.

Ci-dessous un schéma résumant le fonctionnement d’une blockchain :

 

SchémaPour la première fois, la propriété peut être transférée sans être dupliquée, et sans passer par un registre centralisé.

Le Bitcoin peut s’acheter, se vendre et s’échanger contre des monnaies réelles (USD, EUR, etc.) sur le marché des changes.

Ci-dessous l’évolution du prix du Bitcoin depuis sa création :

 

GraphiqueSatoshi Nakamoto crée le protocole Bitcoin de telle sorte qu’il soit peer-to-peer, crypté, et quasi-anonyme, ce qui rend le lien entre une transaction en Bitcoins et la personne physique à son origine très difficile. Il est ainsi dit pseudonymique. En somme, la blockchain du Bitcoin enregistre toutes les transactions, mais pas ses auteurs.

Ci-dessous une mise en image du réseau des transactions réalisées (que l’on retrouve au centre du graphique) :

image: http://www.frenchweb.fr/wp-content/uploads/2016/04/Cercles.png

Cercles

La révolution «blockchain»

Nombreux sont ceux qui pensent aujourd’hui que ce qui a été fait pour la monnaie, à savoir le passage d’un fonctionnement centralisé à une organisation décentralisée, peut s’appliquer à d’autres domaines.

La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Par extension, elle constitue une base de données publique, distribuée – c’est-à-dire partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire – fiable et inviolable. Ainsi, elle peut être assimilée à un grand livre des comptes public, anonyme et infalsifiable.

La blockchain pourrait à terme remplacer tous les «tiers de confiance» centralisés (banques, notaires, cadastres, etc.) par un système informatique décentralisé.

Un cas concret: le projet Ethereum

Des différentes applications possibles du protocole Blockchain est né un projet ambitieux, porté par le programmeur Vitalik Buterin, celui de transformer l’ensemble d’Internet. C’est le projet Ethereum.

Ethereum permet à tous les utilisateurs de créer leur propre base de données publique, sécurisée, infalsifiable, et de se prémunir ainsi de la corruption, de la fraude ou de l’effacement des données. Se définissant comme une «nouvelle plate-forme révolutionnaire de développement d’applications», Ethereum s’apprête à bouleverser des domaines aussi divers que les systèmes de vote, les infrastructures financières, la propriété intellectuelle, encourageant la création d’organisations autonomes décentralisées.

La blockchain d’Ethereum permet également de programmer des «smart contracts» (contrats intelligents), dont le code est une réplique de l’exécution d’un contrat classique. Ces contrats sont accessibles par toutes les parties autorisées, leur exécution est contrôlée et vérifiable. Ils sont conçus pour appliquer les termes précis d’un contrat défini lorsque certaines conditions sont réunies. Les «smart contracts» permettent d’éliminer le risque de défaut d’une des contreparties et de renforcer l’égalité entre toutes les parties.

En somme, la blockchain est une façon décentralisée de contrôler et de stocker de l’information. Elle permet ainsi de développer des applications et des contrats programmables et autonomes. C’est une «nouvelle frontière» au-delà de laquelle nous attendent de nouvelles percées technologiques.

  • A propos

 

Romain Rouphael est le co-fondateur de BELEM, start-up explorant les applications de la technologie «blockchain». Issu de Polytechnique, il est spécialisé dans la data science et les marchés financiers.

Par Romain Rouphael et Côme Jean Jarry, fondateurs de BELEM, start-up explorant les applications de la technologie «blockchain»

Ouvrir une franchise : 10 étapes clés

Ouvrir une franchise doit être un projet bien fondé et réfléchi pour qu’il soit bénéfique. Toute la Franchise vous explique le guide à suivre pas à pas.

Pour ouvrir une franchise, généralement l’on compte 10 étapes successives qui prennent dans leur ensemble une moyenne de 18 mois pour être bouclées.

10 étapes clés pour entreprendre en franchiseÉtape 1 : Comprendre la franchise et faire le bilan de votre candidature

Avant de se lancer en franchise il est important d’en connaître la définition et les principes. La franchise est un modèle de développement en réseau qui s’appuie sur un contrat de collaboration entre deux entreprises : un franchiseur et son franchisé.
Il est essentiel dans un second temps de faire le point sur votre projet. L’idée est de cerner au plus près de la réalité possible les freins au projet. Ces freins peuvent être personnels (famille, finances…), mais aussi professionnels (lacunes dans certains domaines). Face à ces freins, le bilan met en avant vos motivations qui se doivent d’être solides notamment pour envisager de vous former, de moins passer de temps en famille, d’engager vos deniers personnels…
Analysez votre profil en profondeur pour cerner vos forces et vos faiblesses.

Étape 2 : Choisir votre futur secteur d’activité

Les activités en franchise sont nombreuses, en effet la franchise s’étend sur tous les domaines : la restauration, l’habitat, l’alimentaire, etc… Sachant que si certains métiers nécessitent un diplôme spécifique, la plupart n’exigent pas de compétences techniques particulières. Le champs est donc libre pour penser à la reconversion. Ceci étant, cette reconversion peut s’envisager dans un secteur connu et maîtrisé, ou au contraire dans un secteur qui est attirant pour le créateur pour des raisons personnelles ou financières. Le budget disponible est également déterminant dans le choix du secteur d’activité.
Toute-La-Franchise couvre plus de 1900 réseaux de franchises, découvrez-les dans l’annuaire des franchises !

Étape 3 : L’étude de marché

Chaque secteur géographique a ses particularités. Pour se donner le maximum de chances de réussite, il convient de savoir avant d’aller plus loin ce qui manque sur votre ville, votre région… Si vous savez déjà quel sera votre secteur d’activité, il est important de savoir quelle est la concurrence sur place. Si vous n’êtes pas spécialement attaché à votre région, vous devrez prendre contact avec les franchiseurs qui entrent dans le champ de votre sélection pour mieux choisir votre future implantation.

Étape 4 : Choisir votre franchiseur

Le choix du franchiseur découle des étapes précédentes. En fonction du secteur d’activité choisi, du budget disponible, des opportunités qui se présentent dans votre secteur géographique, etc, votre choix s’orientera vers quelques franchiseurs sélectionnés. Pour chacun d’eux, vous devez savoir si le concept est pertinent, suffisamment original, suffisamment rentable, et être sûr que le franchisé est bien formé et accompagné. Vous devez confronter le discours officiel du franchiseur par des visites de terrain aux franchisés de l’enseigne. Pour cela, rendez-vous dans les salons spécialisés où vous pourrez directement rencontrer les responsables des franchises qui vous intéressent.

Étape 5 : Le prévisionnel

Le prévisionnel reprend tous les éléments de l’étude de marché et les éléments comptables fournis par le franchiseur au sein du DIP. Plusieurs hypothèses sont émises pour mieux anticiper les difficultés potentielles. L’hypothèse haute est celle qui reste réaliste si tout se passe bien. Elle est posée aux vues des chiffres mis à disposition par le franchiseur. L’hypothèse médiane reprend les mêmes chiffres avec 20 % de moins. L’hypothèse basse retranche 50% sur l’hypothèse haute. Dans l’idéal, l’hypothèse basse doit rester sinon rentable du moins équilibrée c’est-à-dire couvrir les charges de l’exercice (c’est le seuil de rentabilité). Le prévisionnel est au cœur de la stratégie de votre création. Pour le réaliser, il est essentiel de se faire aider par des spécialistes de ce genre d’exercice.

Étape 6 : Boucler votre plan de financement

Sur la base du budget prévisionnel, vous devez connaître le montant minimal nécessaire à l’ouverture de votre franchise. Ce montant est en partie couvert par votre apport personnel, le reste est à aller chercher auprès d’organismes bancaires, mais aussi auprès des dispositifs d’aide pour les créateurs (prêts d’honneur, caution, exonérations de charges, aides de Pôle Emploi…).
Pour avoir toutes les chances de votre côté lors de vos recherches de ressources financières, élaborez un business plan. Vous déterminerez ainsi le retour sur investissement et votre seuil de rentabilité.

Étape 7 : Trouver votre local

La recherche d’un local est un moment crucial pour l’ouverture de votre franchise. Elle débute au plus tôt en parallèle des étapes précédentes mais ne peut réellement être contractualisée qu’après l’étape du budget prévisionnel et du montage du plan de financement. Dans la plupart des cas, la recherche est personnelle. Elle peut toutefois être épaulée par le réseau. Lorsqu’une adresse est trouvée, elle doit recevoir l’assentiment du franchiseur. C’est en effet le franchiseur qui évaluera les qualités et les contraintes du local choisi. Une enquête d’implantation vient entériner ou non, le choix final.

Étape 8 : Choisir votre statut juridique

Selon que vous lancez votre entreprise seul ou avec des associés, selon le montant des investissements consenti aussi, vous devrez choisir un statut en société (SARL, SA, SAS/SASU, SNC). Certaines activités plus légères peuvent également s’envisager sous forme d’entreprise individuelle. Sachant que de votre choix dépend le niveau de protection de votre patrimoine personnel, mieux vaut se faire aider par un expert juridique qui vous conseillera utilement sur les différentes options possibles et leurs conséquences sur votre patrimoine personnel.

Étape 9 : Signer votre contrat de franchise

Contrairement au Document d’Information Précontractuel (DIP) qui fait l’objet d’un encadrement juridique spécifique, la formulation d’un contrat de franchise n’est soumise à aucune réglementation distinctive à un contrat commercial classique. Autrement dit, mis à part les règles de droit commun, les jurisprudences connues et certains textes de droit européen et de droit de la concurrence, le contrat de franchise est de formulation libre. L’étude des clauses parfois pénalisantes doit être réalisée sereinement avec le soutien d’un professionnel spécialisé dans ce type d’exercice.

Étape 10 : Ouvrir votre franchise

Dernière étape, l’ouverture de votre franchise est précédée par la formation initiale d’avant ouverture. Le franchiseur est souvent très présent en amont et en aval de l’ouverture pour permettre au nouveau franchisé de pouvoir envisager sereinement ses premiers pas en franchise. Ainsi, le franchisé sera plus confiant dans sa nouvelle activité car le franchiseur sera là pour le guider, lui donner des conseils pertinents grâce à son expérience et bien faire respecter son concept.

Assumer sa vulnérabilité est une force !

vulnerabilité

Inutile de se montrer fort en toutes circonstances pour imposer le respect et l’admiration. Au contraire, reconnaître ses erreurs, demander pardon, demander de l’aide sont des éléments qui prouvent votre authenticité, et vous rendent accessible et plus humain…

On parle de plus en plus de la vulnérabilité comme d’une force. Remarquez qu’on ne dit pas que la faiblesse serait une force (ce qui serait évidemment un non-sens !), mais que reconnaître ses faiblesses et les assumer est une preuve d’humilité et de sagesse, qui s’apparente à une force.En effet, si un dirigeant a suffisamment confiance en lui, pour reconnaître ses faiblesses, c’est qu’il doit être suffisamment fort par ailleurs… non ?Un peu d’étymologieD’ailleurs, à ce propos : savez-vous que « humilité » ne signifie pas « être modeste », mais plutôt : « être soi-même ». « Humilité » vient de la racine « humus » et renvoie plutôt à la notion de fertilité qu’à celle de discrétion. Du coup : être humble c’est reconnaître ses faiblesses, comme ses forces, et ce n’est pas se faire passer pour plus modeste qu’on ne l’est. Donc, à ce titre, affirmer ses forces est tout aussi humble que reconnaître ses points faibles… Une preuve d’authenticité et de profondeurMais pour revenir à la notion de vulnérabilité, un dirigeant qui demande de l’aide, qui reconnaît ses lacunes, ou qui reconnaît ses erreurs, est un dirigeant qui ose être lui-même, qui ne prend pas de postures pour se donner des airs. Il se contente d’être là, avec ses faiblesses et le rayonnement positif de ses points forts, qu’il offre généreusement à ceux qui l’entourent. Ce faisant, il encourage implicitement ses proches à faire la même chose, à être vrai et à se mettre au service d’un objectif commun, plutôt qu’à se préoccuper de leur image et de la défense de leur petite personne.

La vulnérabilité exige d’aller dans la profondeur de soi-même et de la relation à l’autre, parce que pour reconnaître ses erreurs et accepter la proximité réelle avec les autres, sans la barrière du statut et du grade, il faut être capable d’assumer ses émotions et celles des autres. Et là, ça se complique un peu… Se mettre en contact avec ses émotions, les écouter, les laisser se manifester à l’intérieur de soi (qui n’a rien à voir avec les laisser filtrer à l’extérieur en se mettant à pleurer en public ou à manifester ses peurs ou ses colères vis-à-vis des autres) est une démarche peu ordinaire. La plupart du temps, nous compensons par des actions psychologiques diverses, justement pour éviter de ressentir nos résonances émotionnelles. Alors, nous devenons des personnes un peu rigides (et malgré tout : émotives), plus conventionnelles et assez prévisibles, qui nous coupons progressivement des sources de notre vitalité.

Comment faire ?

Mais rassurez-vous, pas besoin d’assister à de nombreux séminaires de développement personnel ou d’entreprendre une psychothérapie pour se mettre à l’écoute de soi-même et de sa vulnérabilité. La bonne nouvelle, c’est que votre équipe est un formidable terrain de développement personnel, et en animer une est une merveilleuse opportunité de travailler sur soi, de se voir, de constater les phénomènes qui manifestent en soi et autour de soi.

Contentez-vous d’apprécier ce qui se joue à l’intérieur de vous-même, d’y prêter attention, au lieu de vous échapper le plus vite possible. Et vous verrez que cette attention en partir dirigée vers vos ressentis, va modifier beaucoup de choses dans votre équipe. Il est ainsi possible, et même nécessaire, de travailler en groupe sur la vulnérabilité de chacun dans un Comité de Direction. C’est même la meilleure façon de développer la puissance de l’équipe ainsi que sa cohésion véritable. Mais, il y a des méthodes pour cela, structurées et sécurisantes…

Se mettre à l’écoute de votre profondeur, c’est se rendre potentiellement vulnérable, mais ce n’est pas réservé qu’aux faibles (qui justement ne sont probablement pas assez « forts » pour y parvenir). Au contraire, c’est une possibilité qui s’offre surtout aux courageux qui n’ont pas froid aux yeux et osent assumer ce qui se joue à l’intérieur. Ce qui est intérieur et intime est doux et tendre, même quand cela procède d’une énergie énorme. D’ailleurs, la vraie force vient toujours de l’intérieur, siège de toutes les ressources profondes.

Assumer votre vulnérabilité, c’est vous relier à votre créativité, à votre énergie d’entreprendre, à votre bonté naturelle visant à créer de la valeur pour les autres. Au contraire, se rigidifier dans une carapace de pseudo force infaillible, c’est se couper de tout : de soi et des autres. C’est s’exiler soi-même, se projeter dans une image factice d’un soi invulnérable, qui n’existe heureusement nulle part et ne trompe donc personne !

Chronique de Paul Devaux

Savoir tout stopper avant un lancement, ou l’échec utile d’une start-up

Après avoir travaillé pendant plus d’une année sur la création de Louis Voiturier, un service de voiturier à la demande pour les professionnels, mes associés et moi-même avons décidé de tout stopper avant le lancement. Dans cet article je donne les raisons qui nous ont poussé à faire ce choix et les 3 raisons qui nous ont fait échouer.

La genèse du projet

Constituée de 5 personnes ayant une affection particulière pour l’automobile et les nouvelles technologies, notre équipe était composée de profils aux compétences complémentaires : techniques (ingénieur automobile, développeur), marketing (chef de produit, UX designer, traffic manager) et commerciales (business developer).

Après une enquête terrain auprès d’automobilistes parisiens, nous avons relevé 2 principaux problèmes : les embouteillages et le stationnement.

Au même moment, un nouveau concept faisait son apparition à San Francisco : les voituriers à la demande. Inscrites dans la tendance de l’économie «à la demande», les start-up Luxe et Zirx ont levé plusieurs millions de dollars dès leur lancement.

Saviez-vous qu’à Paris, il faut en moyenne 16min pour trouver une place libre et que 20% de la circulation est à la recherche d’une place ? Emballés par l’idée et compte tenu des difficultés rencontrées par les automobilistes parisiens, nous avons décidé d’importer ce service en France.

Le concept

Afin de bien comprendre la logistique derrière un tel business (système d’entrée/sortie des parkings, gestion des clés, assurance, déplacements des voituriers…), l’un d’entre nous est parti à San Francisco pour tester le service et observer le fonctionnement des start-up américaines.

En parallèle, nous avons rencontré de nombreuses personnes afin de bien comprendre le marché du stationnement à Paris. Celà nous a également permis de travailler sur l’adaptation du concept pour le marché français (habitudes de consommation, embouteillages, localisation des parkings, règlementation…).

 

Interview d’un voiturier et observation sur le terrain à Paris

Après des premiers tests concluants durant l’été 2015, nous avons recruté 3 développeurs afin de créer les applications mobiles destinées aux clients mais aussi aux voituriers. L’objectif étant d’automatiser le maximum de tâches et d’offrir une expérience utilisateur optimale.

Un business compliqué

Alors que le concept se développait de plus en plus en Europe, les premiers concurrents parisiens ont finalement fait leur apparition : PopValet suivi de Drop don’t park.

Ces derniers ont fait le choix de proposer leur service à tous les Parisiens. De notre côté, nous ciblions uniquement les professionnels. En effet, le temps perdu est plus facilement valorisable que pour les particuliers qui sont très sensibles au prix.

La stratégie que nos concurrents ont prise est semblable à celle de nos homologues américains : acquérir un maximum d’utilisateurs le plus rapidement possible en proposant le service (voiturier + parking sécurisé) pour un tarif équivalent à celui d’un parking privé type Indigo (ex-Vinci). Autant vous dire qu’à ce tarif, après avoir payé toutes les charges et à défaut d’avoir un volume de courses énorme et une logistique impeccable, vous perdez de l’argent.

Cette logique est la même pour toutes les start-up qui reposent sur un modèle de market place : Uber, Airbnb… Les coûts variables liés à l’ouverture d’une nouvelle ville étant faibles, l’objectif est d’accroitre très rapidement la zone d’activité pour augmenter le volume d’affaires et ainsi amortir les coûts fixes (équipes en back office, coût de la plateforme…).

Evidemment, c’est sur les marchés les plus importants que l’on observe la plus féroce concurrence. La livraison de repas “food delivery” en est un très bon exemple avec un grand nombre de start-ups créées ces dernières années dont TokTokTok ou Take Eat Easy. Il existe également des market places pour des marchés plus restreints mais dont l’objectif est identique : pressing (Cleanio), beauté (Popmyday), transports de meubles (Trusk).

Désireux d’offrir un service de qualité, nous ne souhaitions pas nous lancer dans une guerre des prix. Par ailleurs, nous commencions à avoir quelques doutes sur la viabilité de ce business d’autant que quelques signaux négatifs commençaient à se faire sentir aux USA : avec une dizaine de villes couvertes par les 2 start-up, celles-ci n’étaient toujours pas rentables et ont du en fermer plusieurs fin 2015.

Peut-être par manque d’ambition mais aussi de confiance en notre business, nous ne pensions pas pouvoir réunir, en France, autant de fonds que nos concurrents américains pour nous étendre très rapidement au niveau européen et atteindre la fameuse taille critique.

L’autre inconvénient que nous avions vis-à-vis des Américains étant que les coûts variables sont plus importants. En effet, le développement de notre service en France se serait restreint aux grandes métropoles. Nous aurions donc du rapidement viser des villes Européennes, ce qui demande plus de travail que d’ouvrir une ville française (langue, cadre juridique, habitudes de consommation différents).

Compte-tenu de ces paramètres et du manque de disponibilité de certains membres de l’équipe, après 2 mois de longues hésitations, nous avons décidé de stopper le développement de Louis Voiturier avant même le lancement officiel. La décision n’a pas été facile mais je pense que nous avons fait le bon choix.

Aux Etats-Unis, malgré les 36 millions de dollars levés, Zirx a stoppé son service pour les particuliers fin février 2016 pour se focaliser sur la cible professionnelle qui semble visiblement plus rentable.

La plupart des autres start-up essaient également de développer une offre B2B en complément de services additionnels (lavage, plein de carburant) proposés aux clients afin de dégager davantage de marge. Malheureusement, sans nouvelle levée de fonds ou changement de business model, je doute que ces start-up parviennent à survivre plus de quelques mois.

Pourquoi ça n’a pas marché?

Après avoir officialisé la fin d’un projet qui a occupé une grande partie de mon temps pendant de longs mois, j’avais besoin de tirer des conclusions et de comprendre les raisons de cet échec. J’ai rencontré plusieurs entrepreneurs qui ont les mêmes problématiques, et notamment certains de nos concurrents. Ce qui m’a permis de lister les 3 principales raisons suivantes :

  1. Une équipe pas suffisamment engagée : nous avions tous une activité à côté qui nous prenait plus ou moins de temps. Il n’est pas réaliste de lancer un tel projet à temps partiel. Nous aurions du nous imposer d’y accorder tout notre temps pour nous donner toutes les chances et nous séparer des personnes qui n’étaient pas prêtes à le faire.
  2. Nous nous sommes laissés aveugler par l’idée qui paraissait «évidente» et les concurrents qui avaient levés plusieurs millions prenant cela comme une garantie du succès. Nous aurions du davantage travailler notre business model et poser plus rapidement les différentes hypothèses envisageables. L’idée ne fait pas tout, l’exécution est clé.
  3. Nous avons perdu trop de temps à vouloir développer un produit finalisé et propre. Résultat : d’autres acteurs se sont positionnés avant nous. Le temps que nous avons passé à travailler sur les applications, nous ne l’avons pas passé à confronter notre concept aux clients et récolter des feedbacks afin d’avancer plus vite. Nous voulions éviter cela dès le départ en créant un Minimum Viable Product mais à force de repousser les deadlines et en profitant des opportunités qui se sont présentées à nous en rencontrant des développeurs, nous avons fini par passer trop de temps sur le produit qui au final n’aura jamais été publié.

 

Ce retour d’expérience n’a pas pour but de donner des leçons ou démotiver les personnes qui s’engagent sur ce type de projets, mais simplement de partager ma vision suite à cette expérience en vous évitant de reproduire nos erreurs.

Même si le service n’a pas été lancé, toute l’équipe a retiré de belles leçons de cette expérience et attend une seule chose, recommencer.

Photo de l’équipe Louis Voiturier au complet

Par Johan Ayache, chef de produit Mobile / UX Designer au sein du Groupe Yves Rocher.