Category Archives: pratique

Comment survivre en réunion internationale ?

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Tôt ou tard, vous allez devoir participer à une réunion internationale en anglais. Eh oui. Vous n’y échapperez pas. Si si, même si vous êtes 15 Français et 1 Américain dans l’équipe, pour une raison totalement illogique, vous parlerez… anglais ! C’est dingue, mais c’est aussi ça la mondialisation.

Donc vous paniquez. Et c’est légitime. La dernière fois que vous avez suivi une formation, c’était il y a 2 ans, quand, votre employeur a décidé que « de toute façon, tout le monde doit parler anglais aujourd’hui ». Sauf que dans votre travail, personne ne parle anglais et que depuis cette formation, votre pratique de l’anglais est réduite à vos soirées « séries-américaines sous-titrées en français sinon je comprends que dalle. »

Mais demain, c’est réunion avec des nouveaux collaborateurs internationaux. Donc réunion en anglais. Plutôt que de passer une nuit blanche avec votre bouquin TOEIC de la fac, préparez plutôt vos stratégies d’évitement. Ça marchera à tous les coups !

Voici 5 techniques de survie pour sortir d’une réunion en anglais l’égo intact et la tête haite, et cacher habilement que vous êtes une quiche en anglais.

1. Utiliser des questions complexes

Quand l’autre vous pose une question, regardez-le droit dans les yeux et contre-attaquez avec une question extrêmement complexe (que vous aurez préparé avec l’aide d’un collègue moins quiche en anglais que vous). Quelques questions génériques, comme « Taking into consideration the current situation and the likelihood of future inaccuracies, how can we do that reliably? » Vous ne comprenez pas? Nous non plus, et c’est le but. Faites cela plusieurs fois et éventuellement, ils arrêteront de vous demander votre avis. Pratique !

2. Être attentif au langage corporel

Même si vous ne comprenez pas grand chose, soyez attentif au langage corporel de vos collaborateurs. Quand vous voyez qu’ils risquent de se tourner vers vous pour demander votre avis, riez de manière hystérique puis terminez avec un « OK » très sérieux. Cette technique est particulièrement efficace lors des brainstormings et autres discussions où il faut donner son avis. Vous passez pour fou à lier, certes, mais personne ne vous demandera d’élaborer. Par peur, ils éviteront de vous demander de contribuer aux discussions.

3. Laisser votre collègue prendre la parole (aussi longtemps que possible)

Plutôt que vous sentir obligé de prendre la parole, laissez votre collègues parler, parler, parler… Quand il semble avoir fini son discours, sortez des phrases telles que « I see. But can you give me more details », « Right, OK. Continue », « Uuhmm. And Then? » ou encore « Can you be more specific? » Une fois votre stock de phrase épuisé (ou que la situation commence à tourner à l’absurde) terminez avec « OK, can you send me a summary in writing? »

4. Éviter les regards

Pendant la discussion, évitez de regarder les autres dans les yeux. Vous êtes trop dans vos pensées ! Hochez la tête, prenez un air très pensif comme si vous décortiquiez tout ce que l’autre dit dans le moindre détail, et gribouillez de temps en temps des notes totalement illisibles (mais qui occupent toute votre attention quand vous n’êtes pas en mode « philosophe de réunion »). Si quelqu’un ose vous interpeller, rétorquez avec « Let me think about that and get back to you, ok? »

5. Trouver une astuce pour quitter la réunion en cours

Si vous avez la chance d’avoir un assistant (ou à défaut un collègue à qui vous paierez un café), décidez d’un signe secret. Quand vous faites ce signe, il doit vous extraire de la réunion en prétextant une urgence. Il explique aux autres que cette intervention va sûrement prendre au moins 2 heures à régler? Excusez-vous en ajoutant « Duty-calls » à la fin. Le devoir vous appelle, vous devez quitter la réunion !

Ainsi vous survivez à cette maudite réunion en anglais, les autres ne s’apercevront de rien, et vous pourrez retourner voir votre employeur pour lui redemander une formation en anglais avant la prochaine réunion.

Chefs d’entreprise, c’est le moment de penser à l’apprentissage.

Chefs d’entreprise, vous souhaitez recruter des jeunes motivés et les former à vos méthodes de travail ? Profitez des aides à l’embauche pour recruter des apprentis et faites les grandir avec votre entreprise.

Une nouvelle aide pour les TPE : Aide « TPE JEUNE APPRENTI »

Une aide à l’accueil des jeunes mineurs en apprentissage dans les entreprises de moins de 11 salariés a été annoncée par le gouvernement. Cette aide permet de prendre en compte l’investissement de l’entreprise sur la première année de contrat.

Ce dispositif s’applique pour les contrats conclus à compter du 1er juin 2015. Cette aide financée par l’Etat consiste, pour la première année d’exécution du contrat d’apprentissage, au versement trimestriel à l’employeur d’une aide forfaitaire de 1 100 €, soit l’équivalent de la rémunération légale et des cotisations sociales associées.

Cette aide est cumulable avec les dispositifs existants (prime apprentissage, aide au recrutement d’un premier apprenti ou d’un apprenti supplémentaire, crédit d’impôts) et est ouverte dès lors que l’employeur atteste de l’exécution du contrat d’apprentissage. Cette démarche est simplifiée pour l’employeur : validation d’un formulaire pré rempli et disponible sur le portail de l’alternance à partir du 15 juillet pour la demande de prise en charge et attestation dématérialisée de la présence de l’apprenti.

Pour calculer vos aides en ligne :
https://www.alternance.emploi.gouv.fr/portail_alternance

DECOUVREZ LES PRIMES ET AIDES FINANCIERES EN INFOGRAPHIE

5 Steps to Regain Control of Your Digital Marketing

Les 10 plus importantes compétences d’affaires en 2020

En seulement six ans, les compétences que vous rechercherez pour les employés seront très différentes de celles idéales pour les travailleurs d’aujourd’hui. N’en doutez plus !!!

Dans un avenir proche, des machines et des systèmes intelligents auront automatisé de nombreux emplois qui existent aujourd’hui, en changeant la nature de compétences qui seront en forte demande.

Comme les technologies sociales joueront un rôle plus important dans la création de valeur, des compétences telles que l’intelligence sociale et une nouvelle éducation aux médias, entre autres, vont devenir de plus en plus important pour les travailleurs.

L’ infographie ci-dessous à partir Collèges Top Ten en ligne montre les capacités seront plus évalués d’ici à 2020:

Quel est le mode de rémunération des intermédiaires spécialisés en Fusions-Acquisitions ? Qu’est-ce qu’un « Front Fee » ?

Les cabinets spécialisés en Transmission – Reprise d’entreprises se rémunèrent généralement et principalement au succès de l’opération pour lesquels ils ont été mandatés : le « Success Fee ».

Pour un mandat vendeur, le Success Fees représente souvent un pourcentage du montant de l’opération, dégressif de 5 à 1 % en fonction de la taille de l’opération.
Pour mandat d’achat, l’intérêt de l’acheteur est d’acheter le moins cher possible, et il n’est donc pas inutile de songer à d’autres modes de rémunération comme par exemple un montant fixe, ou un montant dépendant du chiffre d’affaires de la cible et non pas du montant de la transaction. Ainsi, le cabinet n’est pas tenté d’augmenter le prix d’achat pour augmenter sa rémunération !

Néanmoins, en plus de ce Success Fee, les cabinets pratiquent également le « Retainer » ou « Front Fee »: il s’agit d’une rémunération initiale versée à la signature du mandat de vente ou d’achat. Celle-ci est calculée en fonction de l’importance du travail nécessaire au démarrage de la mission. Dans le cas d’un mandat de vente ces honoraires couvrent le temps nécessaire à faire l’évaluation de la société et à la rédaction du mémorandum de vente qui peut atteindre jusqu’à une centaine de pages.

Ces honoraires sont en général compris entre 3’000 et 8’000 EUR.
Demander un Front Fee permet également de tester la réelle motivation du signataire du mandat et d’impliquer fortement le cabinet qui n’a alors plus l’impression de travailler « sans filet ». En effet, il n’est pas rare de voir un cédant ou un acheteur se rétracter après plusieurs mois réalisant qu’ils n’étaient finalement pas prêts pour l’opération envisagée. Sans Front Fee, le cabinet se retrouve alors sans avoir touché la moindre rémunération alors que le travail fourni peut avoir été important.Si le principe du Front Fee est acquis, l’intermédiaire est toujours prêt à trouver un mode de fonctionnement pour rassurer le vendeur ou l’acheteur dans cet investissement initial.

Par exemple, dans le cas d’un vendeur :
– si sa trésorerie est limitée, le mandant peut par exemple rédiger lui-même le dossier de présentation mais avec le risque que ce dernier soit incomplet ou mal organisé. De plus, le temps que le chef d’entreprise prendra à réaliser ce document ne doit pas venir au détriment de l’activité de sa société qui se doit d’être au mieux avant la cession.
– réduire le montant payé initialement et planifier un deuxième versement après remise du mémorandum, voire éventuellement un troisième après présentation d’un certain nombre – à définir – d’acheteurs

Dans le cas d’un acheteur, on pourra par exemple facturer des honoraires après chaque dossier présenté et accepté.

En conclusion : la rémunération principale d’un intermédiaire se fait au succès de l’opération. Néanmoins, les Front Fees permettront d’impliquer fortement les deux parties – intermédiaire et mandant – et de bien valider les motivations du mandant et donc de maximiser les chances de réussite de l’opération.

15 Qualités d’un Bon Gestionnaire

Cet article est originalement apparu sur http://www.atmanco.com/15-qualites-bon-gestionnaire

Quelles sont les qualités d’un BON gestionnaire? l n’y a malheureusement pas une seule et unique bonne réponse à cette question! Ça dépend de plusieurs facteurs comme le type d’entreprise, la stratégie, les objectifs, le contexte, les enjeux, l’équipe, les supérieurs, etc….

Bref, tout comme il existe un bon employé pour un poste, il y a également un bon gestionnaire pour une entreprise, un contexte et une équipe. La notion de « bon » gestionnaire est contextuelle.

Voici donc 15 qualités fréquemment recherchées et associées à un bon gestionnaire.

#1 – Avoir une vision et la communiquer

Une des qualités d’un bon gestionnaire est de savoir donner la vision, ou une ligne directrice claire afin d’orienter le travail des autres. Avoir une vision est une chose mais, ensuite, il faut savoir la communiquer! Il est futile d’avoir une vision si cette dernière n’est pas communiquée clairement. J’insiste sur le mot clairement

#2 – Être autonome et responsable

Un bon gestionnaire doit être autonome dans sa prise de décision et prendre la responsabilité de ses actions, bonnes ou mauvaises. Il doit également favoriser et développer l’autonomie et la responsabilisation de ses employés.

Faire preuve d’autonomie, c’est de ne pas avoir peur de prendre ses responsabilités, d’être capable d’adopter des positions fermes même si on est seul, de parler envers et contre tous si nécessaire et d’en assumer les conséquences. Disons la vérité, être leader implique souvent de faire face aux difficultés seul et ce n’est pas donné à tous!

#3 – Savoir diriger

Savoir diriger nécessite de garder l’œil sur le but à atteindre, de donner une direction, de trancher, de faire front aux obstacles, de gérer ses émotions, d’être un modèle pour les autres, de prendre position fermement – et bien souvent à contre-courant – et de gagner la confiance des autres.

Il n’y a rien de plus dommageable pour une équipe qu’un capitaine sans direction, qui ne tranche pas, qui refuse de regarder la réalité en face, qui ne fait pas face à la critique avec courage ou qui refuse de prendre la responsabilité de ses actes. C’est la recette parfaite d’un échec!

#4 – Prendre de bonnes décisions au bon moment

Pour les gestionnaires,  l’art de la prise de décision est une condition essentielle au leadership. La résultante des choix et décisions d’un gestionnaire peut devenir, et plus souvent qu’autrement deviendra, la cause de leur réussite ou de leur échec.

Il est important de prendre la meilleure décision possible mais il est aussi important de la prendre au bon moment. Prendre la meilleure décision trop tard c’est tout comme prendre la mauvaise décision!

#5 – Faire preuve de courage managérial

Une des principales qualités d’un bon gestionnaire c’est de faire preuve de courage managérial. Un gestionnaire se doit de faire face aux problèmes, de dire les vraies choses, de prendre les décisions difficiles et d’être responsable de ses décisions.

Dire les vraies choses, c’est de dire ce qui doit être dit, au bon moment, à la bonne personne et de la bonne manière.

Faire face aux problèmes, c’est de s’assurer de regarder la réalité en face, de la partager et d’y faire face avec son équipe.

Avoir du courage managérial, c’est aussi de savoir gérer dans la tempête, de savoir gérer l’incertitude et l’ambiguïté. Un bon gestionnaire se doit de prendre plus de bonnes décisions que de mauvaises, sur la base d’informations insuffisantes, en le moins de temps possible et avec peu ou pas de solutions antécédentes sur lesquelles s’appuyer!

#6 – Faire preuve de leadership et inspirer les autres

Avoir du leadership, c’est la capacité d’une personne à influencer et à fédérer un groupe vers l’atteinte d’un but commun dans une relation de confiance mutuelle. Pour un gestionnaire, avoir du leadership veut aussi dire d’être en charge, de prendre les commandes et d’avoir de la vision, de mobiliser, motiver et obtenir la collaboration d’un groupe vers l’atteinte des objectifs visés.

#7 – Avoir de bonnes ressources intellectuelles

Un bon gestionnaire doit toujours vouloir évoluer, apprendre et s’améliorer. Plus ses ressources intellectuelles seront élevées, plus sa capacité d’apprentissage sera rapide.

Vos gestionnaires ont-ils une pensée logique ? (La capacité à utiliser un raisonnement ordonné et rigoureusement enchaîné ou une pensée systématique et déductive)

Ont-ils la capacité à créer et former des hypothèses, à avoir du « flair » et faire appel à leur intuition ? Dans la tempête et l’ambiguïté, l’intuition est essentielle!

Ont-ils une vision globale et stratégique par opposition à une vision plus opérationnelle? Sont-ils capables de manipuler des thèmes abstraits qui n’ont pas de résonance dans la pratique, comme par exemple des idées et des concepts ?

#8 – Avoir un bon sens politique

Avoir du sens politique, c’est d’abord de pouvoir faire la distinction entre « faire de la politique » et « avoir le sens politique » (et vous seriez surpris du nombre de gens qui ne font pas cette distinction!)

Avoir le sens politique, c’est de dire et faire des choses qui sont en harmonie avec les convictions et usages considérés comme acceptables. C’est repérer, comprendre et prendre en considérations les enjeux propres à un milieu organisationnel.

Une des qualités d’un bon gestionnaire est de choisir l’endroit et le moment opportun pour communiquer ses messages avec le minimum de bruit possible, de lire les signes non-verbaux et d’adapter son approche à la situation et à l’auditoire.

#9 – Faire preuve d’empathie

Ah cette merveilleuse qualité ! Je pourrais en dire long sur ses bienfaits!

L’empathie, c’est l’art de connaître les autres, de comprendre leurs sentiments, de percevoir leurs points de vue, d’éprouver un intérêt sincère pour leurs préoccupations et d’être ainsi capable d’entretenir des rapports harmonieux avec une grande variété d’individus.

Il ne faut pas confondre l’empathie et la sympathie, qui est plutôt le sentiment d’être « touché » et de ressentir le besoin d’agir pour soulager la souffrance d’autrui.

L’empathie n’a rien à voir avec le désir de sauver les autres!

#10 – Faire preuve d’humilité et de vulnérabilité

« La vulnérabilité a le goût de la vérité et l’odeur du courage »

Avoir le courage d’être vulnérable comme gestionnaire, le courage d’être soi-même est la pierre angulaire d’un leadership inspirant et nécessaire.

L’humilité est de savoir reconnaître sans détour ses erreurs et lacunes, de ne pas se prendre pour Superman, de prendre soin de mettre autrui à l’aise, d’encourager et respecter les points de vue différents, de savoir miser sur les forces de chacun et de s’entourer de gens bien souvent meilleurs que soi.

#11 – Faire preuve d’intelligence émotionnelle

L’intelligence émotionnelle représente un ensemble d’habiletés verbales et non verbales permettant à un individu de générer, reconnaître, exprimer, comprendre et évaluer ses propres émotions et celles des autres de manière à orienter ses pensées et actions pour affronter les exigences et pressions de l’environnement.

Pour développer l’intelligence émotionnelle, un bon gestionnaire doit premièrement bien se connaître! Pourquoi? Simplement parce que celui qui est sourd face à ce qu’il ressent demeure à la merci de ses sentiments. Il doit aussi apprendre à gouverner ses émotions, les adapter aux différentes situations et faire preuve d’empathie.

#12 – Savoir bien s’entourer

Le succès est un travail d’équipe et, dans ce contexte, une des qualités d’un bon gestionnaire, c’est qu’il doit savoir bien s’entourer, savoir juger les autres et savoir constituer des équipes performantes.

Il doit connaître la recette d’une équipe de rêve :

  • connaître ses besoins et être réaliste;
  • savoir miser sur les forces de chacun et les optimiser;
  • miser sur la diversité et la complémentarité.

#13 – Être orienté vers l’action et les solutions

Un bon gestionnaire ne peut pas simplement constater les choses; il doit prendre action avec son équipe!

Dans le monde d’aujourd’hui, les entreprises qui hésitent sont dépassées par celles qui foncent et se doivent d’avoir des gestionnaires orientés vers l’action. Ceux qui hésitent le font généralement par perfectionnisme, procrastination ou crainte du risque, ce qui a pour effet de retarder d’entreprendre les actions nécessaires rapidement et au bon moment.

#14 – Savoir déléguer et faire confiance aux autres

Un gestionnaire ne sera jamais un grand leader s’il veut tout faire par lui-même ou obtenir tout le crédit pour lui-même.

La délégation est importante dans le sens où elle permet au gestionnaire de miser sur sa réelle valeur ajoutée. Pour déléguer de manière optimale, il faut savoir faire confiance à ses collaborateurs, partager la responsabilité et le crédit.

#15 – Être positif, enthousiaste et cultiver le plaisir de travailler en équipe

Qui a envie de suivre un gestionnaire toujours négatif ? (Ou trop optimiste!)

Qui a envie de se dépasser sans que ce soit plaisant!

Vos gestionnaires sont-ils en mesure de cultiver le bonheur au travail, l’enthousiasme et le plaisir de travailler en équipe ?

Bien évidemment, le Superman de la gestion n’existe pas (et nous ne voulons pas nécessairement d’un Superman!)

L’important c’est de déterminer les qualités de vos gestionnaires, les aider à se mieux se connaître, de miser sur leurs forces et de les aider à se développer.

Comment le design thinking redonne du souffle à la conduite du changement ?

Tout en s’appuyant sur les recettes qui font toujours le succès de la conduite du changement, le design thinking apporte un nouveau langage, revient sur certaines idées reçues et met l’accent sur de nouveaux concepts.
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  1. Cadrage du projet

On doit à la conduite du changement d’avoir pris en compte la dimension humaine dans la gestion de projet. Cette prise en compte, pour être pleinement efficace, doit s’effectuer très en amont et se répéter tout au long du cycle projet. Toutefois, il est utile de rappeler que la conduite du changement ne s’est pas imposée sans difficultés. Les commanditaires la considéraient, au pire, comme un gadget coûteux et inutile et, au mieux, ils l’assimilaient à de la communication et/ou à de la formation. Avec le temps et l’énergie des pionniers, la conduite du changement a prouvé son efficacité en misant sur deux notions fondamentales : l’anticipation et la pluri-modalité d’actionsconcourant à l’adhésion des acteurs. Le design thinking ne remet pas en cause ces fondamentaux, au contraire, cette approche propose des évolutions pertinentes notamment en termes d’ordonnancement et de durée de ces actions.

Le design thinking est la conceptualisation de la démarche de recherche de solutions utilisée par les designers. Elle a pour spécificité de placer l’humain au cœur de la réflexion, c’est-à-dire de concevoir des solutions à partir des besoins humains pour y répondre de manière pertinente, tout en intégrant les contraintes économiques et en se nourrissant des opportunités technologiques.

Appliquée à la conduite du changement, cette démarche de recherche de solutions est doublement vertueuse : elle permet de réengager les collaborateurs tout en apportant des solutions tangibles et opérationnelles à toutes sortes de problématiques. Elle permet par ailleurs d’accompagner les entreprises dans leur objectif de conciliation de qualité de vie au travail et de performance économique. Voyons comment.

Au moment du cadrage du projet, la conduite du changement traditionnelle utilise des outils qui ont fait leurs preuves comme les 5 W (What, Why, Where, When, Who, How) ou l’arbre des causes (diagramme d’Ishikawa). Le design thinking insiste particulièrement sur le pourquoi en proposant un travail approfondi sur le requestionnement de la problématique pour faire émerger trois notions intéressantes : la désirabilité, ce que les personnes veulent, lafaisabilité technique (en s’appuyant sur les opportunités offertes par les outils numériques) et la viabilité, ce qui est durable ou profitable. C’est le juste équilibre entre ces trois notions qui permettra de cerner au plus juste la finalité du projet et, par conséquent, de partager la vision de manière consensuelle.

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  1. Compréhension des populations concernées

A la recherche de solutions pertinentes,  le design thinking met l’accent sur la compréhension de l’humain dans ses usages et dans ses préférences, ceci afin d’être force de propositions innovantes. Il a pour objectif d’organiser ses solutions à partir des gens et non à partir des systèmes. Il rejoint donc l’objectif de conduite du changement de parfaitement connaître sa cible. Cependant, le postulat de départ est qu’il ne suffit pas de questionner les personnes afin de comprendre leurs comportements, leurs besoins conscients et inconscients. Il convient également de les observer afin d’identifier des signaux faibles sources d’inspiration.

La démarche consiste alors à aller sur le terrain observer les différentes populations concernées, en plus des résultats de recueil de perception ou  d’enquête de satisfaction comme le prévoit la méthode traditionnelle. Cette analyse extrêmement empathique trouve ses fondements dans l’anthropologie.

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Ces observations sont souvent filmées pour en recueillir toute la richesse. Ensuite, des personnages fictifs, mais représentatifs sont créés. Ils sont nommés, on s’intéresse à leur histoire, on se questionne sur leurs désirs, leurs besoins, leurs motivations, leurs émotions. Il en résulte une compréhension plus fine des comportements et des besoins, conscients et inconscients, de la cible et la détection de ces précieux signaux faibles, parfois avant-gardistes, en termes d’usages.

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L’observation sur le terrain reste cependant délicate à mettre en œuvre, étant souvent perçue comme intrusive par les observés. Elle ne peut donc être réalisée que dans un contexte d’extrême confiance quant à la finalité du projet.

  1. Recherche d’idées

Dans une démarche de conduite du changement classique, la méthode du brainstorming utilisée lors de la phase d’écoute reste un « must ». Aujourd’hui, la technologie permet à l’animateur de remplacer « les post-it volants » par des « post it digitaux » et de restituer pendant la séance.

Le principe de la restitution est en effet un des maillons forts de la démarche participative à condition d’en respecter les règles : diffuserpeu de temps après la séance, expliquer pourquoi certaines idées ne peuvent être retenues et réserver l’exclusivité de la restitution aux participants avant une communication élargie.

Il est très opportun que les designers participent à ces séances de créativité collaborative. Ce sont pas nature des créatifs, ils développent durant leur formation et leur pratique professionnelle cette liberté de pensée et la posture consistant à remettre en cause ce qui est donné, à se méfier des présupposés, à toujours essayer de sortir du cadre, à faire un pas de côté, à ne rien prendre pour acquis de manière définitive, et à imaginer des solutions nouvelles.  Ils se nourrissent des contraintes et ont une forte appétence pour la complexité. Pour eux, les idées ne sont pas juste bonnes ou mauvaises. Au lieu de choisir une idée plutôt qu’une autre, il est souvent plus judicieux de créer un nouveau modèle permettant d’intégrer les deux.

Ces séances sont ni plus ni moins chronophages que les réunions, ateliers, ou encore workshop liés à une démarche participative classique et le design thinking réaffirme l’investissement nécessairede ces séances  pour éviter en fin de projet des dérives de planning et des surcoûts budgétaires. Cela exige toujours beaucoup d’énergie et de persévérance pour éduquer le commanditaire à accepter la phase d’expérimentation qu’il pense souvent incompatible avec ses propres attentes de résultats rapides mais cela est sans doute une des clés importantes de réussite à court terme !

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  1. Expérimentation

La conduite du changement promeut l’expérimentation, pendant la phase de co-construction du cycle projet, en proposant un prototype quasiment finalisé à une sélection d’utilisateurs. L’expérimentation, à ce stade du projet,  ne permet en réalité que de faibles ajustements et répond à une idée fréquemment répandue que les utilisateurs ne peuvent se projeter que sur un prototype déjà très abouti. La force du design thinking est de revenir sur cette idée reçue et de placer l’expérimentation très en amont du projet en favorisant les actions itératives et les prototypes multiples.

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Le prototypage permet de visualiser un concept afin de mieux le communiquer, de provoquer le débat et/ou d’y faire adhérer les différents acteurs concernés. Il possède un pouvoir fédérateur très puissant. C’est la démonstration par la preuve.

Par ailleurs, la « tangibilisation » d’un concept (le fait de rendre un concept tangible) facilite la compréhension des différents acteurs. En effet, les mots ne suffisent pas toujours. On parle souvent par métaphore pour mieux se faire comprendre, prenant même le risque que notre interlocuteur n’ait pas la même représentation que nous. Le prototype devient cette représentation partagée. Comme le souligne Patrick Jouin, designer, « rendre compréhensible des choses complexes n’est pas quelque chose que l’on apprend dans nos organisations. Montrer la part d’invisible, utiliser illustrations, schémas et dessins pour rendre préhensible un processus administratif ou un ensemble de données, c’est  s’assurer d’une meilleur compréhension collective ».

Cette démarche de visualisation des données est très riche dès la phase amont de diagnostic du contexte, de l’écosystème d’acteurs, de la problématique. Il s’agit d’un premier livrable qui permet de rendre lisible la complexité et de mettre à jour de manière synthétique les différents nœuds à résoudre. Cette « tangibilisation »  permet de faire passer une idée et de créer le consensus dans un groupe de manière beaucoup plus efficace que ne le ferait un rapport d’audit.

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  1. Revendication du droit à l’erreur

Le design thinking apporte une grande nouveauté à la démarche de conduite du changement : le droit à l’erreur. Dans un pilotage traditionnel, un projet est très rarement arrêté en cas d’erreur, au mieux est-il mis en place un « moratoire » très démobilisateur et sans garantie d’efficacité. Cela s’explique en partie par la pression mise par les commanditaires pour qu’un projet aboutisse  mais aussi par l’idée trop souvent répandue que l’arrêt d’un projet est synonyme d’échec et qu’il faut trouver un responsable.

Au contraire, dans un projet de conduite du changement par le design thinking, le droit à l’erreur doit être non seulement accepté mais aussi revendiqué et encouragé. L’erreur est souvent à l’origine d’une meilleure idée. C’est tout l’autre intérêt du prototype qui doit toujours être testé, mis à l’épreuve. Le principe est d’échouer vite pour réussir encore plus vite, afin d’éviter de partir dans une mauvaise direction et de ne plus pouvoir faire marche arrière, faute d’y avoir investi trop de ressources.

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  1. Gestion des résistances au changement

Dans l’approche conduite du changement, La segmentation vise à analyser les niveaux de résistance au changement de la population cible. Le design thinking s’efforce de détecter les signaux faibles et de se concentrer sur les opportunités. Le design thinking s’intéresse également davantage aux personnes motrices qu’aux résistantes. Une possibilité d’associer les résistants peut être de leur proposer de se prononcer, anonymement, par post-its sur un mur physique dédié. La conduite du changement traditionnelle se focalise sur les résistants, se fixe trop souvent comme priorité de ne laisser aucun acteur sur le chemin, en contradiction, toutefois, avec la  « stratégie des alliés » promue par Jean Christian Fauvet dès les années 1970. L’idée reçue et persistante étant qu’on ne peut pas avancer sans embarquer tout le monde, y compris, malgré eux, ceux qui ne souhaitent pas être embarqués. Le design thinking réaffirme avec vigueur l’idée de se focaliser sur les proactifs en s’efforçant  de donner envie aux autres, par la démonstration par la preuve, et en faisant boule de neige pour convaincre petit à petit les personnes réticentes.

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  1. Formalisation

Dans la méthode traditionnelle, la formalisation est très importante. On pousse les consultants à écrire. Le design thinking renforce cette formalisation mais il permet de renouveler le jargon, avec un champ lexical plus large, il utilise d’autres termes souvent plus positifs, des métaphores et surtout comme on l’a vu la visualisation et la tangibilisation afin de mieux faire comprendre les concepts, les réflexions et les solutions.

Le designer a la faculté d’incarner de manière efficace une intention de projet. Les livrables sont différents, plus visuels, plus courts, le contenu est ainsi plus facilement assimilable. Ce nouveau langage correspond parfaitement à notre besoin de lecture plus synthétique, plus rapide. D’autres supports sont aussi possibles, comme les story board ou la vidéo.

Cette étape permet également de faciliter le déploiement à grande échelle d’un projet imaginé et testé à échelle réduite. La formalisation permet de susciter le débat et de rendre les solutions désirables auprès du plus grand nombre.

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Pourquoi dans ces conditions, réduire le design thinking à un simple effet de mode, tendance et conceptuel ? Et si, au contraire, le design thinking redonnait du souffle à la conduite du changement au point d’évoluer désormais vers un véritable pilotage de l’innovation ?!

Isabelle Cerruti (responsable Pôle Campus Formation d’Air France) et Aurélie Marchal (experte en conduite du changement par le design thinking)