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Résultats, chiffres : peut-on tout mesurer ?

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Aujourd’hui, tout est quantifié, énuméré, calculé pour permettre à votre entreprise d’avoir un recul chiffré sur tout ce qui fait son activité. Mais cette pluie incessante de chiffres n’est-elle pas plus nuisible qu’autre chose ?

Les résultats des ventes du mois de juillet, la taille de vos effectifs, le nombre d’heures supplémentaires de votre stagiaire en comptabilité, le chiffre d’affaires réalisé du 31 août au 2 septembre, le nombre de kilowatts utilisé pendant le mois d’avril 2013… Pouvons-nous tout chiffrer, tout mesurer pour le bien-être de notre entreprise ?

L’utilité des chiffres et autres données statistiques

De prime abord, il est certain que les chefs d’entreprise ont besoin des chiffres, des données statistiques et économiques et de tout autre indicateur pouvant leur apporter des informations sur l’entreprise et sur l’environnement économique. Il est indéniable que les chiffres sont nécessaires pour l’étude de nombreuses choses et qu’il devient difficile de s’en passer dans le cadre d’une activité professionnelle à vocation commerciale.

Pourtant, devons-nous tout chiffrer ? Devons-nous mettre des nombres, des pourcentages sur tout ce qui touche à l’entreprise et sa santé économique ? Après tout, là où l’utilité de mesurer la rentabilité d’un investissement se fait sentir, devrions-nous calculer le temps passé par nos employés devant la machine à café ? Certaines choses ne dépassent-elles pas le simple cadre de la compréhension chiffrée ?

Après tout, des employés qui passent davantage de temps en dehors de leur bureau sont peut-être plus productifs. Et cela, cette conséquence indirecte, ne peut absolument pas être chiffrée et évaluée. Alors ne devrions-nous pas prendre un minimum de recul et laisser une certaine forme d’incertitude sur des événements qui ne trouvent pas nécessairement d’explications chiffrées ?

Ne pas chiffrer l’indéchiffrable

Rendons-nous à l’évidence : dans notre entreprise, dans notre vie professionnelle de tous les jours, tout n’est pas chiffrable, tout n’est pas évaluable. Considérer que plus les employés passent du temps en-dehors de leur bureau, moins ils travaillent et tenter de mettre des chiffres sur cela, c’est oublier et faire l’impasse sur des facteurs qui dépassent le simple cadre de la statistique.

Après tout, un salarié qui passe dix minutes de plus en-dehors de son bureau, à discuter avec ses collègues, c’est un employé peut-être davantage prêt à travailler de façon plus efficace et avec plus de motivation. Et cette donnée là ne peut pas être prise en compte par les chiffres. Il y a de nombreuses choses qui dépassent le simple cadre de la statistique, et ce sont ces choses que les chefs d’entreprise doivent tenter de comprendre, d’assimiler et d’anticiper pour gérer au mieux leur activité sans sombrer dans une volonté du tout-mesurable et du chiffre à volonté.

Chiffrer, mesurer ce n’est pas comprendre. On ne gère pas une entreprise avec des relevés de statistiques incompréhensibles qui tentent de mettre un cadre logique et défini sur tout ce qui se passe au sein de notre société. Certaines choses dépassent ce cadre-là et le chef d’entreprise quel qu’il soit se doit de bien comprendre cela, de sortir de l’ornière du chiffre à tout rompre pour améliorer son sens de la compréhension sur des événements qui finalement, ne semblent pas nécessairement aller de soi.

Les réseaux sociaux d’entreprise sont efficaces mais ne s’improvisent pas !

letemps_1701_rseTous les managers, et donc les collaborateurs, sont concernés par la question de l’«engagement» personnel au travail. Plus fort il est, meilleures sont la solidité et la performance de l’entreprise. Le sujet n’est pas nouveau, mais il a pris un tour inédit avec la montée en force des réseaux sociaux.

Certes, l’obligation de réserve et une légitime discrétion vont toujours de pair avec la fidélité ou la loyauté vis-à-vis de l’entreprise. Mais les managers sont soucieux d’améliorer la qualité de services et de ménager des gains de temps. Ils souhaitent donc des collaborateurs toujours plus concernés et engagés dans les projets et des dossiers dont ils ont la responsabilité.

Notre écosystème social étant devenu global, les entreprises tentent de «capturer» les avis favorables et de multiplier leur propagation sur les réseaux. Chacun d’entre nous devient potentiellement l’ambassadeur de sa marque. Mais il faut aussi essayer tant bien que mal de circonvenir les déçus et les mécontents: clients ou fournisseurs.
Du point de vue l’entreprise, les collaborateurs sont une source de pertinence, de savoir-faire, d’intelligence. Leur engagement est nécessaire comme support à l’innovation, pour aider à l’accueil des nouveaux collaborateurs ou encore pour faciliter la transmission des savoirs.
Les réseaux sociaux d’entreprises (RSE) peuvent servir de catalyseurs. Ils permettent d’identifier les compétences dont l’entreprise a besoin pour faire avancer un projet, partager des documents de façon collaborative, ou encore, promouvoir des bonnes pratiques pour un métier ou une fonction. Lieu d’échange, le RSE permet idéalement aux employés de discuter librement d’idées et de propositions. L’entreprise peut n’en retenir que les meilleures et ainsi favoriser l’excellence.
La mise à disposition de plateformes techniques permet d’aller dans ce sens, mais elle ne suffit pas. En effet, s’engager est un acte volontaire qui requiert un accompagnement. La créativité et la pertinence ne peuvent éclore que dans un système où règne la confiance.
La valorisation du «social», c’est-à-dire des discussions et des échanges dans et au service de l’entreprise, doit absolument se faire suivant des objectifs clairs et précis. Exemple: cette entreprise suisse de distribution qui a lancé un réseau pour engager un dialogue direct avec le personnel des magasins. Le premier bilan est très positif et montre un bon niveau de participation, des propos modérés et des propositions intéressantes, méritant une étude.
Autre exemple: une entreprise internationale de taille moyenne où le RSE est devenu un espace de dialogue et de gestion, simple et convivial au travers de communautés dédiées. Là, partenaires et revendeurs du monde entier communiquent.
Il apparaît cependant que le soutien des dirigeants aux réseaux sociaux n’est pas suffisant. Un RSE nécessite une véritable gouvernance. Celle-ci permet d’établir la confiance, ingrédient sans laquelle les réseaux auront du mal à trouver une légitimité aux yeux de ceux dont on attend le plus en termes de pertinence et de richesse: les employés contributeurs.
Le RSE ira bien avec un guide de pratiques et des conseils simples et transparents. Les communautés seront alors vivantes et les participants y trouveront de la valeur.

Enfin, le RSE doit se fonder sur une stratégie éditoriale, c’est-à-dire un ton et un cadre pour les communautés et les contenus, quand bien même tout un chacun peut y contribuer à son niveau et selon son envie. Il va aussi sans dire que les questions relatives à la protection et l’utilisation des données doivent faire l’objet de toutes les garanties nécessaires. L’existence de récompenses peut être un moyen d’émulation.
Cela dit, une enquête réalisée en novembre 2013 auprès de 138 entreprises par le Lab des Usages – un observatoire privé français – montre que la plupart des initiatives en matière de réseaux sociaux d’entreprises restent encore dans un périmètre très conservateur: la collaboration autour de projets techniques, le «go to market» pour un nouveau produit ou encore la préparation d’une opération de communication.

« le marketing web n’est pas gratuit » !

Oui vous avez bien lu le titre: « le marketing web n’est pas gratuit » !

Je tiens à le souligner parce qu’un phénomène plus ou moins explicable fait en sorte que la majorité des gens au Québec font le saut lorsqu’on leur dit que certains sites web peuvent couter plusieurs milliers de dollars et leur souffle coupe lorsqu’on leur dit que pour avoir des résultats, il faut investir plusieurs milliers de dollars par mois.

Il y a une espèce de pensée magique qui veut que le web puisse régler tous les problèmes d’une entreprise, mais que ça doive seulement couter quelques « peanuts ». Malheureusement, le père Noël n’existe pas…

Dans cet article, je vous ouvre les yeux sur les coûts reliés à l’opération de l’usine du père Noël en vous démontrant pourquoi le marketing web n’est pas gratuit.

Père Noël

Le marketing web nécessite du temps

La première raison pour laquelle le marketing web n’est pas gratuit est parce qu’il demande du temps. BEAUCOUP DE TEMPS! Et comme vous le savez tous: « Le temps c’est de l’argent! »

N’allez pas penser que les experts du web peuvent tout vous régler en 3 clics. C’est faux. Certaines tâches peuvent nécessiter des centaines d’heures, voire même des milliers!

La production de contenu optimisé pour le web en est un très bon exemple. Dans mon plus récent article, je mentionnais quelques statistiques sur le marketing web et les plus intéressantes sont probablement les 2 suivantes:

  1. La longueur moyenne du contenu d’une page web qui se positionne dans le top 10 des résultats de Google pour n’importe quel mot-clé est d’au moins 2000 mots. (QuickSprout).
  2. Les entreprises qui ont un site qui compte entre 401 et 1000 pages obtiennent 6 fois plus de leads que celles qui ont un site qui compte entre 51 et 100 pages (HubSpot Lead Generation Lessons from 4,000 Businesses, 2011).

Donc, si on fait quelques petits calculs rapides, 1000 pages x 2000 mots = 2 000 000 mots.

Une étude (Karat, Halverson, Horn, Karat, 1999) a démontré qu’en composition de texte (et non en transcription) l’humain peut atteindre une vitesse moyenne de rédaction de 19 mots par minutes.

Alors, avec 2 000 000 de mots à rédiger et une vitesse de 19 mots par minutes, cela prendra environ 105 263 minutes, soit 1754 heures de rédaction pour avoir un bon site web. Encore là, il ne s’agit que de la rédaction! Il manque encore tous les temps alloués à la stratégie, au graphisme, à la programmation, à l’automatisation, aux publicités, au marketing par courriel, etc.

Calculez ça comme vous le voulez, mais que vous fassiez affaire avec un équipe interne ou externe les salaires horaires des professionnels du web font en sorte que votre marketing web ne pourra définitivement pas être gratuit!

Le web demande du temps

Le marketing web nécessite des outils

Une deuxième raison qui explique la non-gratuité du web est que pour mener des activités prospères en ligne il faut se munir d’un minimum d’outils qui ont tous un coût plus ou moins élevé.

Il est vrai qu’il existe une panoplie d’outils web gratuits, mais ces outils sont souvent destinés aux très petites entreprises et aux particuliers qui veulent gérer de petites initiatives en ligne.

Pour une PME ou une grande entreprise, les outils gratuits ne suffisent plus. Il faut investir dans des outils professionnels. Pensez-y, tous les professionnels en gestion ont des outils pour exécuter leur travail. Les comptables ont Acomba, Les gens de TI ont SAP… Pourquoi les marketers devraient être les clowns qui se contentent d’Excel?

Il existe maintenant des outils de marketing performant pour vous permettre de planifier, implanter et mesurer vos campagnes marketing. Il y en a de tous les prix et pour tous les besoins. Chose certaine, c’est que votre équipe web ne peut pas s’en passer!

outils web

Le marketing web nécessite des connaissances

La croyance que sur le web tout est gratuit ou coûte très peu cher nous vient du temps ou, dans les années 1990, les projets web des petites entreprises du Québec étaient entrepris par un neveu doué en informatique ou le beau-frère du patron.

Malheureusement, cette époque est révolue. Le web a beaucoup évolué et il constitue un environnement très complexe qui nécessite des connaissances approfondies. Les spécialistes du marketing web ont maintenant des formations universitaires avancées. Par exemple, la totalité des employés de FLY Conseils a une maitrise.

De plus, comme les programmes universitaires en marketing web sont désuets au Québec, les experts du web sont obligés d’être autodidactes et de courir les blogues, les webinaires, les livres et les formations en provenance de nos voisins du sud afin de se tenir à la fine pointe des évolutions du marketing en ligne.

Dans cette optique, puisque le marketing sur internet nécessite une main-d’oeuvre hautement qualifiée cela fait en sorte que les coûts reliés à l’embauche de cette main-d’oeuvre sont élevés, mais elle en vaut la peine!

Le marketing web nécessite une équipe

Tel que mentionné dans le point précédent, le web nécessite beaucoup de connaissances multidisciplinaires. Personne sur terre ne peut tout connaître du web (même pas moi et les autres auteurs de ce blogue :P). En effet, personne ne peut être un expert dans tous les aspects suivants:

  • la publicité display
  • la publicité sur les moteurs de recherche
  • la publicité sur les médias sociaux
  • La gestion de communauté
  • Le SEO
  • Le graphisme
  • La programmation web
  • La gestion de contenu
  • le marketing par courriel
  • l’expérience utilisateur
  • la vente en ligne
  • la génération de prospect
  • le marketing vidéo
  • le marketing mobile
  • le référencement local
  • la planification stratégique
  • la mesure des performances web
  • le marketing par affiliation
  • le remarketing
  • etc.

Donc, qu’elle soit à l’interne ou à l’externe, votre marketing web à besoin d’une équipe.

Équipe marketing

Le marketing web nécessite une stratégie

Un autre point qui fait en sorte que le marketing internet ne peut être gratuit et qu’il faut investir en réflexion stratégique avant d’investir en exécution de tactiques.

Je comprends qu’il peut parfois être frustrant de payer pour des choses non concrètes comme des conseils et des recommandations et difficile de le faire comprendre à son patron. Par contre, ces éléments sont des atouts qui peuvent faire la différence entre investir x $ sur le web pour n’obtenir aucun résultat et investir 1,5x $ et faire croître son entreprise.

Si vous hésitez encore à investir en stratégie web à cause des coûts que cela implique, vous vous rendrez compte un jour que vous perdez encore plus en faisant des erreurs fâcheuses.

Le marketing web nécessite de l’optimisation

Finalement, le dernier élément qui fait en sorte que le marketing sur le web n’est pas gratuit est que vous ne pouvez jamais considérer votre projet web comme terminé. La présence web d’une entreprise est un processus évolutif sans fin. Il y aura toujours quelque chose à améliorer. C’est ce qu’on appelle l’optimisation web.

Étant un outil totalement mesurable, le web nous permet, à l’aide d’analyses des données qu’il génère, de prendre du recul et de poser des actions dans le but d’optimiser les résultats. Rien ne sera jamais parfait et vous devez donc investir des sommes de façon récurrente pour maintenir et améliorer votre présence web.

Investir dans un nouveau site au 4-5 ans et ne rien faire d’autre entre temps n’est décidément pas l’option la plus avantageuse pour votre entreprise si vous voulez vous démarquer sur le web. Vous devez avoir un plan marketing web.

Voilà, j’espère que vous comprenez mieux maintenant pourquoi vous ne vous en sortirez pas sur le web sans investir un budget précis et réaliste. Si vous avez des commentaires ou réactions par rapport à cet article, il me fera plaisir de vous lire dans la section de commentaires au bas de cette page.

Quel avenir pour les entrepreneurs en France

Ce désamour se retrouve dans une caractéristique de la France aujourd’hui assez largement connue et admise : la faible propension de ses habitants à entreprendre. Depuis quelques années le GEM (Global Entrepreneurship Monitor), projet de suivi global de l’entrepreneuriat piloté par deux institutions internationales (Babson College et London Business School), publie des études sur le Taux d’Activité Entrepreneuriale (TAE) des pays. Ce TAE est la mesure systématique de l’activité entrepreneuriale en tenant compte de deux indicateurs : le taux d’entreprises émergentes (indiquant les entreprises qui sont sur le point d’être formellement lancées) et le taux d’entreprises nouvelles (indiquant les entreprises effectivement lancées depuis moins de 42 mois). Régulièrement le taux français – 4,8% en 2007 – est un des plus faibles. Non seulement les français créent peu d’entreprises, mais plus grave encore les entreprises créées manquent de vitalité et se développent peu. Comme le rappelle un récent rapport de l’Institut Montaigne, think-tank regroupant des décideurs économiques et politiques, une comparaison des chiffres de l’OCDE montre que, sept ans après leur émergence, les entreprises américaines ont plus que doublé leurs effectifs, alors que les firmes françaises n’ont créé dans le même temps que 7% d’emplois supplémentaires. Cette situation a pour conséquence le non renouvellement de notre tissu industriel : sur les 100 premières capitalisations de la Bourse de Paris, une dizaine d’entreprises seulement ont moins de trente ans d’existence.

Développer en France une plus forte propension à entreprendre est donc aujourd’hui une nécessité et un défi, mais comment relancer dans ce pays la “machine entrepreneuriale” ? Les gouvernements successifs, conscients du problème, multiplient les mesures incitatives. Mais les résultats resteront limités tant que subsisteront en France des problèmes liés à l’ouverture de ce pays aux logiques entrepreneuriales, à des règlements et institutions d’un autre temps et à l’image que la société française a de l’entrepreneur. Nous proposons des idées pour changer les choses à ces trois niveaux, après avoir exposé les raisons du désamour de la France vis-à-vis de ses entrepreneurs.

Les raisons d’un désamour à la “française”

Une part importante des élites françaises a encore une programmation mentale marxiste pour les plus archaïques, et keynésienne pour les plus modernes. Pour s’en convaincre nous nous limiterons à quelques exemples, mais nous pourrions sans difficulté aucune les multiplier : le titre d’un ouvrage de Gisèle Ginsberg “Je hais les patrons” ; Ségolène Royal, alors candidate à la Présidence de la République, déclarant aux deuxième semestre 2006 qu’“il faut effrayer les capitalistes” ; son ex-compagnon François Hollande, secrétaire général du parti socialiste français indiquant “je n’aime pas les riches” ; Jacques Chirac, ancien Président de la France, qui dans sa jeunesse fut membre du Parti Communiste Français, considérant que le libéralisme serait pire pour son pays que le marxisme ; etc. Olivier Blanchard, économiste français enseignant au M.I.T., porte un jugement sévère sur ses compatriotes : “La France se caractérise par une étonnante inculture économique. Le poids de la tradition marxiste, sans doute, et la conséquence d’un enseignement classique où cette discipline tient peu de place. Beaucoup de français croient que l’économie est un jeu à somme nulle : la richesse leur apparaît comme un gâteau de taille fixe que se partageraient patrons et salariés en fonction de leurs rapports de force”.

Les Français dans leur grande majorité n’aiment pas leurs chefs d’entreprise et ceci pour plusieurs raisons. La première nous semble être très profondément ancrée dans notre histoire et dans nos traditions. L’image du chef d’entreprise est liée à ce que valorise notre société et à la conception que nous avons de ce qu’est un homme respectable. Les travaux du sociologue Philippe d’Iribarne nous enseignent qu’en France, un homme respectable est celui qui est traité avec les égards dus à son rang, lequel est déterminé par un titre (un diplôme) qui donne une sorte de droit à occuper une position sociale plus ou moins valorisante et prestigieuse. Si l’on comprend bien la proposition, pour être un chef d’entreprise respectable dans la société française il faut être un ancien élève de l’Ecole Polytechnique ou de l’ENA et diriger EADS, Vivendi, EDF ou la SNCF, ce qui doit représenter moins de 0,1% de la population des chefs d’entreprise. Dans le cas général, la situation de chef d’entreprise n’est pas “noble” et son image est construite sur un type de capital qui n’est pas valorisé par la société française laquelle ne reconnaît que le capital scolaire et le diplôme.

Une deuxième raison est liée à des amalgames de clichés et de représentations qui génèrent des confusions et des ambiguïtés permanentes entre des notions qui ne sont ni équivalentes ni superposables. Un chef d’entreprise n’est pas un entrepreneur et réciproquement tous les chefs d’entreprise ne sont pas assimilables à de grands capitaines d’industrie et réciproquement les entrepreneurs ne peuvent pas être réduits uniquement à des créateurs d’entreprise. L’hyper médiatisation de la notion d’entrepreneur et son utilisation à “toutes les sauces” et à toutes les fins ne fait que renforcer ce sentiment de grande confusion et d’incompréhension. Alors que de nombreux travaux depuis des siècles ont tenté, souvent avec difficulté, de clarifier des notions aussi essentielles que celles d’entreprise, d’entrepreneur et d’agent économique, très peu de connaissances, au fond, ont pénétré l’homme de la rue. Ce niveau d’inculture généralisée à propos de l’économie au sens large et de l’entreprise, d’une manière plus singulière, nous semble être spécifiquement français, comme cela a été souligné par Olivier Blanchard.

Une troisième et dernière raison provient, selon nous, d’une catégorisation des chefs d’entreprise et des entrepreneurs qui sans nuance aucune établit une dichotomie entre des Héros et des Bandits. Les médias et les Français ne veulent parler que des uns ou des autres. Les premiers, les Steve Jobs, Bill Gates ou Richard Branson (très souvent les héros ne sont pas des français !!) apparaissent comme des êtres extraordinaires qui ont réussi des choses hors de portée du commun des mortels. Les bandits (ils sont bien français eux !!), ont parfois eu une première étiquette de héros et sont présentés comme des figures emblématiques incarnant l’ensemble des chefs d’entreprise ou des entrepreneurs, alors qu’au sens strict ils n’en sont plus ou n’en ont jamais été. Peut-être pourraient-ils être qualifiés d’hommes “d’affaires”, en tout cas ils ne constituent pas des exemples à suivre pour la société et pour la jeunesse. Les bandits se font prendre la main dans le sac, ils s’enrichissent indûment, bénéficient de “golden parachute” ou encore n’hésitent pas à licencier des centaines, voire des milliers de personnes, pour améliorer la profitabilité de leur entreprise et augmenter leur niveau de rémunération directe ou indirecte. Les bandits sont très souvent des dirigeants de grandes entreprises dont les comportements déviants vont ternir l’image de tous les chefs d’entreprise. Parfois, plus rarement, ces hommes “d’affaires” apparaissent comme des “Robin des Bois” des temps modernes, des bandits sympathiques, “empruntant aux riches pour donner aux pauvres”, jouant à cache-cache avec les gendarmes et les lois. Ce faisant ils génèrent encore plus d’ambiguïté et contribuent à effacer davantage les repères en démontrant que dans notre société on peut être bandit et héros à la fois.

Dans ces conditions d’absence (ou pour le moins d’insuffisance) de valorisation du statut, de méconnaissance des notions économiques et sociales essentielles et de médiatisation caricaturale des acteurs, la position de chef d’entreprise apparaît largement inaccessible à la majorité des français par impossibilité (normative ou technique) et par rejet.

Ouvrir la France à l’économie de l’entrepreneuriat

Les travaux de l’économiste américain David Audretsch font clairement ressortir l’émergence d’une économie entrepreneuriale et son importance actuelle. Il analyse le dernier demi-siècle comme la succession de trois périodes historiques correspondant à trois visions de l’économie.

La première période peut, de manière schématique, se définir comme étant celle de l’Economie du Capital. Elle a été formalisée par Robert Solow. Elle débute approximativement avec la période de l’après-guerre. C’est l’ère de la production de masse, une ère où les économies d’échelle semblent être le facteur décisif et déterminant de l’efficacité et où chaque institution sociale et économique majeure s’emploie à renforcer la stabilité et la prévisibilité nécessaires à la production de masse. Quant au regard porté sur les nouvelles et petites entreprises il est essentiellement négatif :

  • Elles sont généralement considérées comme étant moins efficaces que les firmes de grande taille.

  • Elles fournissent aux travailleurs des compensations d’un moindre niveau.

  • Elles ne sont que marginalement impliquées dans l’activité d’innovation.

  • Leur importance relative décline avec le temps aussi bien en Amérique du Nord qu’en Europe.

Dans l’économie traditionnelle, capitalistique, correspondant au modèle de Robert Solow de l’après-guerre, les petites firmes et l’entrepreneuriat apparaissent comme un luxe, peut-être nécessaire en Occident afin d’y assurer la décentralisation des décisions, mais un luxe maintenu au prix d’une perte d’efficacité.

Vient ensuite l’Economie de la Connaissance, formalisée par Paul Romer et Robert Lucas. Elle coïncide grosso modo avec la période tardive de l’après-guerre, c’est-à-dire les années 1980. La critique de Romer à l’égard de l’approche de Solow ne porte pas sur le modèle de base de la fonction néoclassique de production, mais plutôt sur ce qu’il estime avoir été omis dans ce modèle : la connaissance. Romer, Lucas et d’autres, expliquent que la connaissance est un facteur important de production à côté des facteurs traditionnellement pris en compte : le travail et le capital. De plus, ce facteur, étant déterminé de façon endogène au travers des externalités et des effets de débordement, apparaît particulièrement important. Dans cette deuxième approche, l’entrepreneuriat, au moins sous la forme de nouvelles firmes, ne semble pas compatible avec l’économie basée sur la connaissance. Au fur et à mesure que le facteur de la connaissance gagne en importance, la plupart des prédictions suggèrent que les nouvelles et les petites firmes joueront seulement un rôle marginal dans la contribution à l’innovation et à la croissance.

Enfin, l’Economie de l’Entrepreneuriat trouve ses racines dans le milieu des années 1970, mais ne connaît réellement son essor que plus tard, dans les années 1990. L’Economie entrepreneuriale qui émerge en Amérique du Nord et en Europe donne en conséquence un nouveau rôle à l’entrepreneur. Plutôt qu’handicaper l’économie sur le plan de l’efficacité, comme cela semblait être le cas dans une économie managériale, l’entrepreneuriat fait fonction de moteur de croissance en procurant un conduit essentiel pour les effets de débordement et la commercialisation de connaissances et de nouvelles idées.

Il peut être utile à ce niveau de préciser ou repréciser les rôles de quelques figures de l’économie que l’on a tendance à confondre en France. Tout d’abord, alors que l’expression “chef d’entreprise” renvoie à l’existence juridique d’un statut et à une catégorie sociale, comme il en existe beaucoup d’autres (ingénieur, ouvrier, journaliste, etc.), force est de reconnaître que celle d’entrepreneur, aujourd’hui, est plutôt assimilable à une manière d’être ou de faire certaines choses. En d’autres termes, si le chef d’entreprise peut être défini par les droits de propriété et/ou les mandats sociaux qu’il détient, l’entrepreneur ne peut l’être, nous semble-t-il, qu’à travers ce qu’il fait (et aussi, où et comment il le fait). Ensuite, et c’est là que s’établit le lien entre les deux notions, un chef ou un dirigeant d’entreprise peut directement ou à travers son organisation activer deux fonctions essentielles à la survie et au développement de toute entreprise. La première est la fonction d’exploration qui consiste à innover et à tirer profit de l’innovation ; à concevoir et à lancer de nouveaux produits, de nouveaux services, de nouvelles activités ; à conquérir de nouveaux marchés. Dans cette fonction, le chef d’entreprise est un entrepreneur tel que le concevait d’ailleurs Schumpeter. Notons au passage que les héros évoqués précédemment sont tous assimilés à des explorateurs ou à des innovateurs. La seconde fonction est celle d’exploitation. Elle se traduit par l’apport direct, l’acquisition, l’assemblage et l’organisation des ressources humaines, relationnelles, technologiques, physiques et financières qui s’avèrent nécessaires à la concrétisation des avancées découlant de l’exploration. Dans cette fonction, le chef d’entreprise fixe les objectifs et les stratégies pour les atteindre, il est alors gestionnaire ou manager. Relevons comme nous l’avons fait plus avant que les bandits se retrouvent plutôt dans cette fonction, il suffit d’ailleurs de se remémorer à quel point les mots “exploitation”, “exploitant”, “exploiter” sont connotés négativement en France. Celui qui exploite est assez systématiquement suspecté d’intentions non respectables. Il peut abuser d’une position jugée dominante, s’enrichir avec le travail des autres ou détourner à son profit des biens sociaux.

Dans une approche complémentaire, Stevenson et Jarillo définissent l’entrepreneur comme un individu qui poursuit des opportunités (principalement liées à la création de nouveaux produits ou de nouveaux services) sans se préoccuper des ressources directement contrôlées. Deux logiques d’action guident alors les comportements stratégiques et managériaux des individus et des organisations. L’orientation vers les opportunités d’affaires qui s’avère très proche de la fonction exploration et l’orientation vers le contrôle (et l’administration) des ressources qui relève de la fonction gestionnaire.

Avec l’Economie de l’Entrepreneuriat, le rôle des entrepreneurs et des petites firmes entreprenantes redevient central, et par conséquent la nécessité d’entreprendre. Elle est d’autant plus cruciale aujourd’hui que la France a entamé un déclin qui risque de s’accélérer assez rapidement.

En 1980, la France était encore la quatrième puissance économique mondiale, en 2007 elle n’est plus que sixième et en 2030 elle pourrait, selon les prévisionnistes, se situer au huitième rang, menacée par le Brésil. Pour éviter un tel scénario la France doit impérativement inciter ses citoyens à entreprendre.

Dérèglementer et changer les institutions, mais en douceur !

La décision de devenir entrepreneur peut être analysée comme une alternative au travail salarié et de nombreux économistes, dont Mark Casson, ont traité de ce choix. L’entrepreneur potentiel fait une comparaison parfois formalisée, le plus souvent intuitive- entre ses futurs bénéfices d’entrepreneur et ses futurs gains de salarié. La différence de gain espérée est liée au revenu moyen d’une activité entrepreneuriale réussie pondérée par la probabilité de succès et le revenu moyen d’un travail salarié lui-même pondéré par la probabilité de trouver (ou de ne pas perdre) un emploi. L’entrepreneuriat n’est pas un phénomène purement psychologique, même si la dimension psychologique y est importante. Les motivations économiques sont également importantes dans la décision de devenir entrepreneur.

Par conséquent la décision de créer une entreprise peut être décrite par un modèle économique de maximisation d’utilité. Or, en France, le coût d’opportunité du passage du salariat au non-salariat, à l’entrepreneuriat, est particulièrement élevé. Le risque supporté par l’entrepreneur n’est pas indépendant des droits associés au statut de salarié. Plus le salaire est élevé et relié à des droits sociaux futurs, plus il est coûteux de quitter ce statut. Notre système social incite peu à créer une entreprise, et ce d’autant moins qu’on a un diplôme élevé donc des espérances de gain et de statut élevés. Dans un tel contexte, on comprend aisément la faible propension des diplômés de nos grandes écoles à créer des entreprises. Georges Ribeill, un sociologue qui a étudié les comportements entrepreneuriaux des ingénieurs français, fait clairement ressortir cela : la propension des ingénieurs à créer une entreprise est inversement proportionnelle à l’étiquette sociale conférée par la notoriété de leur école.

Le choix de l’entrepreneuriat constitue donc un réel défi pour la France et les français. Que peut-on alors proposer face à la nécessité économique d’encourager l’entrepreneuriat dans un pays ayant développé depuis longtemps un tel ensemble de droits sociaux pour les travailleurs ?

Il y a deux voies, l’une politiquement acceptable et l’autre qui l’est beaucoup moins. La solution difficile à mettre en œuvre sur le plan politique consiste à rapprocher la situation du salarié de celle de l’entrepreneur, c’est-à-dire à augmenter le risque supporté par le salarié pour le rapprocher de celui supporté par l’entrepreneur. En d’autres termes cela revient à déconstruire partiellement notre système de protection sociale. Des mesures comme la mise en place du CNE (Contrat Nouvelle Embauche, permettant aux entreprises de moins de 20 salariés de licencier sans formalité pendant deux ans tout nouvel embauché), puis la proposition de CPE (Contrat Première Embauche) visant à étendre les dispositions du CNE aux jeunes. Le gouvernement dut retirer son texte face aux manifestations d’hostilité vont dans ce sens. La solution plus acceptable consiste à rapprocher la situation de l’entrepreneur de celle du salarié. Par exemple en maintenant temporairement les droits du salarié qui quitte son emploi pour créer son entreprise. Diverses mesures ont déjà été prises en ce sens. Si elles sont plus facilement admissibles politiquement elles ne peuvent être que limitées tant l’acceptation du risque comme l’espérance d’un profit constituent des dimensions centrales de la fonction entrepreneuriale.

Un deuxième point doit être relevé qui constitue également un frein à l’entrepreneuriat : la fiscalité très élevée, la socialisation des profits. En 2006 le taux des prélèvements obligatoires rapportés au PIB (Produit Intérieur Brut) était de 44%, les dépenses publiques consommaient 52,9% du PIB. Un calcul a été fait : le français commence à travailler pour lui le 16 juillet, du 1er janvier au 15 juillet inclus, il travaille pour la collectivité. Un tel contexte encourage-t-il les français à vouloir augmenter leurs gains ? Les gouvernements se succèdent, tantôt d’une couleur politique, tantôt de l’autre, et cet état de fait non seulement perdure mais même s’aggrave d’année en année.

Changer l’image des entrepreneurs

Pour changer les représentations sociales relatives aux entrepreneurs, nous préconisons une implication plus forte des principaux acteurs concernés et une revalorisation de la démarche d’entreprendre. Ces groupes d’acteurs sont les enseignants, les journalistes et les chefs d’entreprise eux-mêmes. Les enseignants et le système éducatif ont une mission cruciale : sensibiliser, préparer et former les esprits à ces situations, à ces catégories sociales et à ces fonctions. Il est essentiel que les enseignements contribuent à diffuser des connaissances sur les valeurs, les attitudes, les motivations des entrepreneurs et des chefs d’entreprise ; sur les situations et les contextes d’action dans lesquels ils opèrent ; sur les outils et les techniques qu’ils mettent en œuvre. Les enseignants et les chercheurs doivent apporter des connaissances sur des questions clés comme : Qui entreprend ? Pourquoi ? Comment ? Dans quels contextes et avec quels résultats ? Les médias constituent un vecteur indispensable et puissant pour relayer l’école et l’université. Ils peuvent toucher un public large, généralement moins averti. Des médias responsables devraient, selon nous, refuser l’amalgame des notions, génératrice de non-sens et la facilité qui consiste à ne parler que de certains types d’entrepreneurs. Les chefs d’entreprise, les dirigeants et les entrepreneurs ont aussi un rôle à jouer, celui de l’exemplarité. Ils sont (ou devraient être) des modèles et des sources d’inspiration pour toute la jeunesse. Ce rôle pourrait être mieux tenu si les acteurs concernés se reconnaissaient le devoir d’aller à la rencontre des collégiens, des lycéens, des étudiants et de leurs enseignants pour témoigner de leurs parcours, de leurs déterminants et des résultats qu’ils ont obtenus, pour montrer toute la symbolique et la force d’expériences de vies “ordinaires”.

Comment revaloriser la démarche entrepreneuriale en France ? Les statistiques officielles nous rappellent régulièrement que de nombreux individus créent ou reprennent des entreprises par nécessité vitale, pour survivre, s’insérer ou se réinsérer dans un monde social dans lequel on est “jeune de plus en plus vieux et vieux de plus en plus jeune”. En effet, les jeunes qui poursuivent des études jusqu’à l’approche de la trentaine sont aujourd’hui monnaie courante. Dans le même temps, on a tendance à vieillir prématurément dans les entreprises et les institutions au point qu’il n’est pas rare, en France, de connaître des problèmes d’employabilité entre 40 et 45 ans.

Des travaux sur les ingénieurs entrepreneurs ont montré, par ailleurs, que de nombreux ingénieurs créent des entreprises par hasard, lorsqu’ils préfèrent changer de statut plutôt qu’abandonner un projet technique ou une recherche qui n’intéresse plus leur laboratoire ou leur entreprise. La dynamique du projet et le lien affectif unissant le sujet à l’objet l’emportent sur la sécurité, parfois toute relative, de leur emploi salarié.

Ces deux modes d’accès à l’entrepreneuriat, par nécessité et par hasard, rendent compte de la faible importance que la société française accorde aux entrepreneurs et à l’acte d’entreprendre, lequel reste encore très largement contre culturel dans ce pays.

Nous pensons cependant qu’une troisième voie est possible et souhaitable. Elle va de pair avec une revalorisation de l’entrepreneuriat en tant que phénomène économique et social vital pour les individus, les entreprises, les institutions et la société dans son ensemble. Elle implique également une volonté collective et un engagement de tous les acteurs concernés.

Deux conditions nous semblent devoir être réunies pour devenir entrepreneur dans une société enfin convaincue de la légitimité sociale et de l’importance d’un tel acte.

La première condition est l’intention d’entreprendre. L’intention est la représentation cognitive de la volonté d’une personne d’exercer un comportement. Elle est considérée comme un bon moyen de prédire des comportements humains planifiés et contrôlables. L’intention, dans la théorie du comportement planifié, très utilisée dans les sciences du comportement, est le résultat de trois antécédents conceptuels que nous allons présenter en les appliquant au cas de la création d’entreprise. Les attitudes envers le comportement constituent le premier antécédent. L’intention de créer une entreprise est fonction du degré d’évaluation favorable ou défavorable du comportement en question. Pour qu’il y ait intention de créer, il est nécessaire que des attitudes favorables vis-à-vis du comportement aient été formées. Différents milieux (la famille, les territoires, les professions, etc.) peuvent agir sur ces attitudes. Les écoles, les universités, les actions de sensibilisation jouent également un rôle important. Un deuxième antécédent se trouve dans les normes sociales perçues. L’intention de créer une entreprise dépend des perceptions que les individus ont des avis des personnes ou groupes sociaux, qui comptent pour eux, par rapport au comportement envisagé. Que pensent mes amis, ma famille, mes professeurs de mon idée de créer une entreprise ? Pensent-ils que c’est bien pour moi, que c’est un bon choix de carrière ? Ces normes sociales perçues par les individus viennent notamment des milieux évoqués plus haut et sont influencées par des variables culturelles et sociétales. La contrôlabilité perçue, enfin, est le troisième et dernier antécédent. L’intention de créer une entreprise est fonction des facilités ou des difficultés perçues dans l’hypothèse où le comportement, ici la création d’entreprise, surviendrait. Dans un comportement intentionnel, les individus raisonnent en se posant des questions du type : “Ai-je toutes les compétences nécessaires ? Est-ce que je maîtrise bien les techniques et outils de gestion indispensables ? Ai-je bien identifié les bons réseaux et pourrais-je les utiliser ?”. Nous pourrions schématiquement résumer ce qui précède en postulant que pour qu’il y ait une intention de créer une entreprise, il faut que le comportement soit perçu comme étant désirable et faisable.

La seconde condition pour devenir entrepreneur est le projet. Ce dernier peut se former sous l’effet de l’intention ou venir d’un déplacement, d’une discontinuité dans la vie personnelle ou professionnelle. La rencontre d’une personne dans laquelle on voit un partenaire possible, la détection d’une opportunité dans un secteur d’activité ou encore la survenance d’une idée peuvent constituer des facteurs de déplacement qui vont contribuer à l’émergence du projet. Le projet d’entreprendre réunit d’après nous deux dimensions qui mêlent projet de vie et projet professionnel et ne sépare pas l’une de l’autre. Comment imaginer une seule seconde qu’une décision de création d’entreprise, dans cette logique de l’intention, puisse être préparée sans que toutes les implications et les déterminants n’aient été évalués, compris et acceptés. La logique du projet, le travail de projection au sens propre, s’opposent d’une certaine façon à la logique d’adaptation très, trop souvent enseignée ou considérée comme la seule possible par les individus, les institutions et les entreprises. Se projeter ouvre l’horizon et laisse une place au rêve, à l’anticipation et au changement créatif.

En conclusion, nous pensons que les entrepreneurs et les chefs d’entreprise, surtout ceux qui dirigent les PME-PMI, sont parmi ceux qui nous montrent que le rêve est encore possible, que l’anticipation est un moyen de conserver ses positions, ses ressources et son indépendance et enfin, ils nous disent, à travers leurs actes, que changer le monde et créer des richesses économiques et sociales ne relèvent ni de l’utopie, ni de la mission impossible, il suffit parfois simplement de le vouloir et de l’inscrire dans son projet de vie. Comme tous les français n’ont pas encore compris cela, il est de la responsabilité collective de contribuer à restaurer l’image de ceux qui entreprennent et dirigent des petites et moyennes entreprises. Il y va de la crédibilité nationale, dans un monde global, de faire évoluer le versant social obscur de l’entrepreneur français.

3 scénarii de la reprise économique en France en 2015

Selon une récente étude de l’INSEE, des éléments militent pour l’apparition d’une reprise en France en 2015. Tout le monde ne peut que le souhaiter mais une relative euphorie ne doit pas masquer la réalité technique du constat.
Cette reprise ne vient pas de la vigueur de la demande des ménages ( au contraire les contraintes de pouvoir d’achat s’alourdissent chaque mois contrairement à certains discours ) ou du dynamisme de l’offre: l’investissement étant toujours en berne faute de visibilité des carnets de commande à venir.
2015 ne permettra pas l’inversion de la courbe du chômage et les difficultés sociales, humaines et financières liées à un sous-emploi de masse.
D’où vient alors la future reprise estimée à 0,7% pour le premier semestre 2015? De deux variables dites exogènes à savoir le fort tassement des prix du pétrole (qui représente selon une étude Rexecode largement autant que l’effet d’aubaine du CICE sur les trésoreries industrielles) et le recul sensible de l’euro qui facilite nos exportations. Autrement dit, la reprise nous est extérieure et relève de l’impact de la politique de la BCE et de la nouvelle donne énergétique et politique planétaire.
Selon notre analyse, trois scénarios peuvent émerger de la situation nouvelle: celui d’une reprise asphyxiée, celui d’une reprise saccadée et enfin celui d’une reprise victime de Spoutnik.

Une reprise asphyxiée?

Avec moins de 1,6% de croissance de son PIB par an, la France continue de détruire des emplois et de présenter un solde net négatif. Autant dire que 2015 ne permettra pas l’inversion de la courbe du chômage et les difficultés sociales, humaines et financières liées à un sous-emploi de masse.
Un taux d’épargne significatif, dit de précaution, continuera de sévir au détriment d’une relance de la consommation même si une certaine pause fiscale commencera à faire sentir un flux positif. A consommateurs méfiants, producteurs prudents. Ainsi, le taux d’investissement ne sera pas assez stimulé par une reprise qui ne trouvera pas, au sein de la maison France, les moteurs requis à son affermissement. Sans demande crédible des ménages et sans FBCF ( formation brute de capital fixe ) consolidée, il est probable que la reprise issue de variables exogènes soit asphyxiée par le caractère insuffisant des variables motrices endogènes, des relais internes indispensables.

Une reprise saccadée?

Différents tableaux de bord convergent pour souligner l’érosion des parts de marchés françaises à l’exportation. Dès lors, si la reprise intervient de manière affirmée, notre offre à l’export demeurera inégale et fournira des profils très variés de carnets de commande. Autrement dit, l’importance des situations sectorielles relevées actuellement induira une reprise saccadée et dispersée au point de n’être que peu cohérente au plan des différentes branches d’activité. C’est le scénario qu’il convient probablement de privilégier: une reprise assez molle et surtout disparate qui ne facilite pas la mise en mouvement de l’appareil productif du pays. De plus, un point un peu technique mérite d’être ici rappelé: la crise a été longue et les trésoreries sont dégradées. Or, en cas de reprise, les firmes ont besoin de passer commande à leurs sous-traitants pour honorer leurs marchés. Ce besoin en fonds de roulement ne sera pas toujours aisé à satisfaire d’où une hypothèse sérieuse de compression, par anneaux, des circuits de diffusion de la reprise. D’autant que le crédit inter-entreprises ( les délais de paiements ) demeurent un défi spécifique à la France.
Espérons que l’INSEE ait vu juste et même minoré un éventuel rebond de la croissance. Les chômeurs de France l’escomptent à raison. Les consommateurs l’espèrent. Quant à l’Etat et les entrepreneurs, ils scrutent l’horizon avec une fébrilité bien compréhensible.

Une reprise victime de Spoutnik?

L’Union européenne s’est précipitée sur un régime de sanctions économiques au regard de la Russie sans évaluer finement l’effet-boomerang, notamment sur l’économie allemande. Jacques Attali fait sourire certains en indiquant que l’Allemagne a «beaucoup à perdre «de la situation russe: pour notre part, nous estimons que ces craintes sont fondées. Quand votre monnaie a perdu plus de 35% de sa valeur, vous n’êtes pas dans une logique d’expansion économique mais – si vous en avez les possibilités – de fuite des capitaux en zone dollar. L’économie n’aime pas le vent de la guerre froide et la reprise entrevue à l’INSEE pourrait s’estomper car mise sur orbite, tel un Spoutnik, par les évolutions géopolitiques continentales. Certaines décotes de valeurs boursières démontrent déjà que ce paramètre doit être pris avec componction et non repoussé à la périphérie de nos préoccupations.
En synthèse, espérons que l’INSEE ait vu juste et même minoré un éventuel rebond de la croissance. Les chômeurs de France l’escomptent à raison. Les consommateurs l’espèrent. Quant à l’Etat et les entrepreneurs, ils scrutent l’horizon avec une fébrilité bien compréhensible au regard de la situation générale du pays.

LES RH ET… LE SOCIAL

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Et si les RH s’intéressaient enfin au social ?

Le terme de « ressources humaines » m’a toujours dérangé, car il a tendance à réduire les femmes et les hommes qui composent l’entreprise à des variables d’ajustement, comme les stocks de pièces ou les liquidités, voire les consommables ! Les RH nous ressassent – la main sur le cœur – que « l’humain est au cœur de l’entreprise »… mais il suffit d’entendre la voix des actionnaires pour comprendre que ce discours convenu est avant tout à vocation d’image interne : il ne reflète pas vraiment les décisions du COMEX.

Une fonction RH déconnectée du terrain

Ceci pose problème. Comment justifier que des salariés qui ont participé au redressement d’une entreprise, ont accepté un durcissement de leur contrat de travail et une réduction de leurs avantages, ne puissent pas profiter du rebond de l’entreprise au même titre que les actionnaires ? Est-il si aberrant, si ridicule de penser que l’on doive récompenser l’engagement des salariés et la confiance qu’ils ont pu donner aux paroles de leurs dirigeants et managers ?

Nous subissons malheureusement un courant de Gestion des Ressources Humaines qui – à défaut d’être innovante ou de conserver un quelconque leadership – est devenu exécutante des ordres du COMEX. A cette seule lumière, les ressources humaines ne représentent qu’un coût fixe qu’il convient non seulement de maitriser, mais encore de diminuer.

Comment s’étonner, dans cette perspective où les RH sont finalement très éloignées de la réalité socioprofessionnelle concrète des salariés, que les relations sociales se traduisent toujours en rapports conflictuels avec les syndicats ?

Peur du digital ou peur du social ?

Mais il y a plus. Il y a derrière ce constat une explication de fond de la difficulté qu’ont les RH à appréhender la transformation numérique. Car ce n’est pas du « digital » lui-même qu’ils ont peur : ils ont peur du « social » au sein du digital ! Ils ont peur de cette perte de contrôle et de cette transparence qui vont de pair avec une transformation digitale réussie, qui libère l’entreprise. En fait, ils ont peur du web social ! Si, comme on l’entend parfois, c’était seulement les technologies numériques qui posaient en la matière des problèmes d’adaptation aux RH… auraient-ils réussi les projets autrement plus techniques des SIRH, des self-services RH, et plus largement de tout ce qui est e-rh dans sa composante IT ? Bien sûr que non ! La vérité est bien plutôt que les RH ne veulent pas risquer de se retrouver responsables d’un désordre social, d’une perte de repères des corps intermédiaires, de l’avènement de nouveaux pouvoirs et de leviers qu’ils ne contrôlent pas.

Depuis près de 5 ans la transformation digitale de la RH est d’actualité : que d’interventions, d’articles, d’évènements, de formations lui ont été consacrés ! Et pourtant la majorité de ses acteurs refusent de prendre leur responsabilité évidente de leadership, au carrefour entre la réalité sociale et la réalité économique de l’entreprise. La RH reste ainsi éminemment administrative et, selon certains participants du dernier événement RH #truparis, – pardon pour vos chastes oreilles – « chiante » !

Regardez avec quel appétit retrouvé ces mêmes RH envisagent le big data… Ah !  Cette magie du pouvoir d’une « application » qui, sans même s’enquérir de l’autorisation des salariés, pourrait nous expliquer leurs comportements actuels et à venir, pourrait nous dire quels seront les futurs talents, les compétences à développer, les risques à prévenir…

Des Ressources Humaine à la Richesse Sociale

Il faut en convenir, le responsable RH est trop pris à analyser ses reporting, à répondre aux évolutions réglementaires de sa fonction, à peaufiner des process et procédures… pour renouer avec la réalité du terrain, là où vivent les salariés au quotidien. Le risque est majeur pour l’entreprise – et pour la fonction RH en premier – que le retour de bâton soit brutal : soit on commencera à comprendre que de tels acteurs RH constituent plus un fardeau qu’un moteur pour la performance, et que finalement la paie peut-être faite par la Finance, la marque employeur par la Communication, et les services en ligne par les IT, ou tout simplement par une solution d’externalisation généralisée ; soit l’exaspération viendra des salariés eux-mêmes, lassés de tant d’indifférence, avec une montée du présentéisme, de l’absentéisme et de tous les comportements qui ruinent l’engagement et la productivité.

Il est peut-être temps, finalement, de remplacer la Fonction Ressources Humaines par la Responsabilité de la Richesse Sociale, ne croyez-vous pas ?

Restons authentiques

Vous posez pas la question, j’ai fait exprès de l’écrire ainsi parce que, justement, ce mot-là me chante bien comme cela, parce que j’ai la volonté d’être et de rester authentique.

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Sommes-nous notre diplôme ?  Est-ce notre diplôme qui nous donne de la valeur ? Je parle là de la valeur humaine, de la valeur du partage ? Pourquoi avons-nous besoin de nous exposer ici sur les réseaux sociaux avec nos diplômes juste à côté de notre nom ? Qui voulons-nous rassurer ? Nos lecteurs ou nous-mêmes ? Avons-nous besoin de cela pour être confortés dans nos compétences ?

Sommes-nous « le nombre de relations que nous avons sur LinkedIn » ? Il est si facile d’écrire à tous les inscrits et d’utiliser la loi du nombre. Il existe même un logiciel qui permet de le faire !!! Sommes- nous vraiment en « relation » , c’est à dire en échange, en entraide, en conseil, en partage ?

Sommes-nous la somme de nos compétences ? Ne les avons-nous pas acquises chez nos clients qui, pour la plupart, nous les ont payées ? Ils nous ont payé nos compétences pour que nous les conseillons, non ?  Et ensuite, nous en faisons profiter d’autres clients, non ? Ce n’est pas à l’Université que nous gagnons en compétence, c’est sur le terrain, avec nos erreurs, nos réussites mais ce sont nos employeurs ou nos clients qui nous font grandir alors restons humbles quand nous donnons notre avis sur un article. Aucun de nous ne détient la vérité mais sa vérité.

Qui sommes-nous pour juger de la qualité d’un article, de son bien fondé ? Avons-nous été élus ? Par qui ? Qui représentons-nous ? Si ce n’est que notre propre expérience, notre propre vie ? Au nom de quel Dieu, de quel diplôme ou de quelle supériorité nous permettons-nous d’agresser ceux qui écrivent, qui ont pris le temps de peser leurs mots, de partager, de donner ?

N’avez-vous pas honte, vous qui répondez par exemple à un article sur l’Enfant Intérieur, de nous proposer vos services pour un Crédit entre particuliers ???? Ou est la cohérence ? Votre cohérence ? N’avez-vous pas honte vous qui, à mots couverts, chercher à nous vendre quelque chose sous couvert d’un commentaire sur un article ? Pour moi, il y a une différence entre vendre (= camelots, mercantilisme) et faire acheter (je donne envie !).

Etre authentique c’est, peut-être, annoncer la couleur :

  • Proposer clairement ses services « je souhaite mettre à votre disposition mes services »
  • Compléter des points de vue par sa propre expérience en expliquant avec des arguments, sans jugement, pourquoi on pense différemment
  • Exprimer ses ressentis au risque de se faire vivement critiquer (votre serviteur y a pensé !!)
  • Etre droit dans ses bottes. Un exemple : je m’interroge sur le fait que j’ai eu beaucoup de commentaires (mais quand je dis beaucoup, c’est vraiment beaucoup !), de conseils de la part de Managers, de Consultants sur la motivation des collaborateurs et si peu sur l’exemplarité (Etes-vous un Cul Propre ?)
  • Etre soi-même sans l’utilisation de tous les artifices de communication
  • Etre quelque fois lourd ou malhabile dans ses propos
  • Exprimer ses émotions (même la colère) au risque de ne pas être publié

Je ne suis pas moi-même infaillible , je ne cherche pas à donner de leçons (j’ai horreur d’en recevoir), je cherche simplement comme dans la parabole du colibri à apporter  ma pierre pour que ce vieux monde qui n’arrête pas de mourir se régénère dans quelque chose de plus bienveillant, de partagé. Surement un rêve ! Mais je connais de grands rêves qui ont fait avancer le monde.

Les gens de mon âge sont plus vieux que moi

Le temps qui passeUn regard drôle et touchant qui nous aide à prendre du recul sur notre quotidien…

Ce texte a été lu par Jean PIAT à la télévision il y a quelque temps. Un pur moment de bonheur !

Il me semble qu’ils fabriquent des escaliers plus durs qu’autrefois. Les marches sont plus hautes, il y en a davantage. En tout cas, il est plus difficile de monter deux marches à la fois. Aujourd’hui, je ne peux en prendre qu’une seule.
A noter aussi les petits caractères d’imprimerie qu’ils utilisent maintenant. Les journaux s’éloignent de plus en plus de moi quand je les lis : je dois loucher pour y parvenir. L’autre jour, il m’a presque fallu sortir de la cabine téléphonique pour lire les chiffres inscrits sur les fentes à sous.
Il est ridicule de suggérer qu’une personne de mon âge ait besoin de lunettes, mais la seule autre façon pour moi de savoir les nouvelles est de me les faire lire à haute voix – ce qui ne me satisfait guère, car de nos jours les gens parlent si bas que je ne les entends pas très bien.

Tout est plus éloigné. La distance de ma maison à la gare a doublé, et ils ont ajouté une colline que je n’avais jamais remarquée avant. En outre, les trains partent plus tôt. J’ai perdu l’habitude de courir pour les attraper, étant donné qu’ils démarrent un peu plus tôt quand j’arrive.
Ils ne prennent pas non plus la même étoffe pour les costumes. Tous mes costumes ont tendance à rétrécir, surtout à la taille. Leurs lacets de chaussures aussi sont plus difficiles à atteindre. Le temps même change. Il fait froid l’hiver, les étés sont plus chauds. Je voyagerais, si cela n’était pas aussi loin. La neige est plus lourde quand j’essaie de la déblayer. Les courants d’air sont plus forts. Cela doit venir de la façon dont ils fabriquent les fenêtres aujourd’hui.

Les gens sont plus jeunes qu’ils n’étaient quand j’avais leur âge. Je suis allé récemment à une réunion d’anciens de mon université, et j’ai été choqué de voir quels bébés ils admettent comme étudiants. Il faut reconnaître qu’ils ont l’air plus poli que nous ne l’étions ; plusieurs d’entre eux m’ont appelé « monsieur » ; il y en a un qui s’est offert à m’aider pour traverser la rue. Phénomène parallèle : les gens de mon âge sont plus vieux que moi. Je me rends bien compte que ma génération approche de ce que l’on est convenu d’appeler un certain âge, mais est-ce une raison pour que mes camarades de classe avancent en trébuchant dans un état de sénilité avancée ? Au bar de l’université, ce soir-là, j’ai rencontré un camarade. Il avait tellement changé qu’il ne pas reconnu.

Cinq erreurs commises par les coachs

Les_5_erreurs_des_coachsUne communication boiteuse, des méthodes qui ne fonctionnent pas, le sentiment de ne pas être sur la même longueur d’onde et finalement un résultat insatisfaisant. Si tel est le cas il se peut que la relation de confiance entre client et coach n’a pas été établit. Mais il est aussi possible que le coach a commis certaines erreurs qui cumulées, s’avèrent toxiques dans le processus de l’accompagnement. Les erreurs le plus souvent commises par les coachs nous démontrent quelques faiblesses possibles :

Erreur N° 1. Mauvaise préparation

Un grand nombre des coachings risquent de commencer de façon boiteuse si le coach n’est pas bien préparé pour la séance. Un temps précieux est perdu avant même que le processus de coaching n’ait pu commencer. La solution est très simple: 15 à 30 minutes de préparation sont un minimum pour noter quelques questions et ou de se rappeler du sujet de la dernière séance afin de structurer la prochaine et de pouvoir se synchroniser rapidement avec le client.

Erreur N° 2. Manque d’engagement

Si un client annule ou déplace régulièrement une séance, il se peut qu’il soit moins engagé. Est-ce qu’il existe un contrat entre le coach et le client qui stipule les engagements de chacun ? Est-ce qu’il y a eu une clarification de l’objectif du client ?  Un manque d’engagement de la part du client met souvent en question les compétences du coach. Au pire des cas, le coaching n’est pas pris au sérieux par le client et le danger de « tourner en rond » est très présent. Là aussi, la solution est plutôt simple mais demande une certaine discipline de la part du coach : Travailler avec des contrats compréhensibles, donner de façon sélective des devoirs à faire, demander un feed-back et ne pas être trop figer sur l’objectif.  Le but est de créer une relation d’égale à égale.

Erreur N° 3: Mettre les outils techniques en avant

Une relation de coaching se base sur la relation de confiance entre coach et client. Sans cette relation de confiance le client n’aborderait pas certains sujets et un coaching efficace deviendrait tout simplement impossible.  Le client n’est pas là pour qu’il corresponde aux bons outils ou techniques à appliquer sur lui, mais bien le contraire. C’est au coach de savoir quel outil ou technique serait approprié à appliquer concernant le problème du client. Dans un processus de coaching, c’est la personne qui est mise en avant. De ce fait, un coach doit être à l’écoute de son client et considérer les outils et méthodes seulement en tant que moyens, mais ceci demande une certaine expérience.

Erreur N° 4: Manque de flexibilité

Souvent vers la fin de la séance le client arrive à un point ou il désire  continuer. Ceci demande du coach, dans la mesure du possible, de se montrer flexible et de prévoir une zone de tolérance concernant le dépassement du temps prévu, afin de ne pas laisser le client avec un sentiment de frustration.

Erreur N° 5: Sous-estimer les sous objectifs

En tant que coach ne vous contentez pas trop de l’objectif de votre client qui semble clair et précis. Souvent à la clarification approfondie de l’objectif par des questions très précises il s’avère que l’objectif cache un sous-objectif encore plus important que l’objectif initial. Seulement quand vous avez trouvé l’objectif derrière l’objectif vous allez sentir la motivation de votre client et vous pouvez l’aider à accéder à ses ressources.

En résumé: Les erreurs les plus souvent commisses par les coachs ne sont pas très spectaculaires et avec un certain recul facile à détecter. Si vous prenez en considération quelques règles élémentaires vous éviterez la plupart des erreurs et augmenterez en même temps la qualité du coaching. Posez-vous de façon critique la question suivante: Selon votre propre expérience, lesquelles des erreurs mentionnées dans cet article vous sont familière ?

Haut potentiel: ces esprits décalés qui boostent la société

Les personnes à haut potentiel ont un cerveau qui fonctionne à plein régime, une sensibilité exacerbée, et une impression de vivre perpétuellement en marge. Et si cette différence nourrissait la société de demain ?

Le cerveau d’un HP est en ébullition permanente. Les IRM effectuées sur ces personnes confirment cette forte activité, avec une multitude de connexions neuronales qui se traduisent par une pensée en arborescence : une idée en entraînant une autre, puis une autre… Alors que chez les non-HP, seule une zone spécifique du cerveau s’anime par fonction, par exemple celle du langage pour traiter une information.

Chez le surdoué, penser, c’est vivre. Il n’a pas le choix. Il ne peut arrêter cette pensée puissante, incessante qui, sans relâche, scrute, analyse, intègre, associe, anticipe, imagine, met en perspective… Aucune pause. Jamais. Alors, il pense sur tout, tout le temps, intensément. Avec tous ses sens en alerte, explique la psychologue et auteur de livres sur le sujet, Jeanne Siaud-Facchin  . C’est un petit vélo qui tourne sans cesse dans la tête. J’ai toujours vécu à cent à l’heure, en utilisant ce petit vélo au maximum, ce qui m’a permis de créer mon école, confirme Véronique Meunier, 49 ans, qui a réussi à réaliser ses rêves malgré les critiques dont elle a fait l’objet. Il y a vingt ans, elle a donc créé Les Ateliers de la Chaise Musicale, une école de musique bruxelloise, caractérisée par sa pédagogie différente, davantage axée sur des activités ludiques et créatives que sur un apprentissage basé sur la compétition. L’école proposant aussi un éveil musical dès l’âge de 7 mois. On me disait qu’un bébé n’en avait rien à faire de la musique, que je faisais cela pour l’argent, que c’était délirant. Et moi, j’étais convaincue qu’il s’agissait d’un moyen de renforcer les liens parents-enfants et d’un bénéfice à apporter aux petits.

Penser sur le mode Wikipédia

Cette arborescence de la pensée, c’est comme Wikipédia, explique encore la directrice de la Chaise Musicale. Je consulte le site pour comprendre un mot ou un événement, comme le krach boursier, et je me retrouve dans le fin fond de l’Australie dans les années 60, sans savoir comment j’y suis arrivée. Ce sont des hyperliens sur tout et c’est comme ça dans ma tête également. La comparaison avec la plateforme de cette encyclopédie participative en ligne est édifiante. Les cerveaux des HP tournent non seulement à plein régime, mais ils créent aussi une multitude de liens entre les choses, que d’autres ne perçoivent pas forcément. Avec une difficulté qui consiste quelquefois à expliquer aux non-HP ce qu’ils perçoivent comme évident. Côté bonus, il s’agit d’un moteur qui leur permet d’être extrêmement créatifs, innovants et de se surpasser. Quel est le bénéfice de cette différence ? Une capacité à pouvoir travailler plus vite et facilement sur différents sujets à la fois. Cela me permet de produire plus au niveau professionnel. Mais je suis aussi très attentif à des détails que d’autres ne perçoivent pas forcément, avec une capacité à m’émerveiller facilement et un besoin de trouver sans cesse de nouvelles idées. J’ai tendance à un peu charger la barque pour ne pas m’ennuyer, explique Serge Ruyssinck, 48 ans, qui cumule son job de réalisateur à la RTBF à la gestion d’événements pour la chaîne et à des prestations pour Eurosport, à Paris.

Une sensibilité accrue

Il y a quelques années, Serge Ruyssinck a poussé la porte d’un centre d’évaluation des personnes à haut potentiel, parce qu’il se rendait compte de sa mauvaise gestion émotionnelle, particulièrement dans sa vie privée. Guère étonnant : l’hypersensibilité est l’une des caractéristiques de cette différence.Avant, je me laissais submerger par mes émotions. Je n’acceptais pas que les autres soient moins rapides que moi, cela m’irritait lorsqu’on ne comprenait pas vite ce que je racontais, confie le réalisateur, qui estime s’être “ assagi ” en saisissant mieux les différences comportementales et émotionnelles propres aux HP. Aujourd’hui, son sens de l’empathie lui permet d’être à l’écoute de ses collaborateurs au niveau professionnel, mais aussi dans ses relations amicales. Un atout, selon lui. Mais pour en arriver là, il faut parfois avoir fait du chemin.J’étais quelqu’un de très empathique, une éponge à émotions, je ressentais la souffrance d’autrui, même s’il ne l’exprimait pas, explique de son côté Véronique Meunier, révélée HP dans la foulée d’une demande de diagnostic pour son petit garçon. Depuis que j’ai pris conscience que cette sensibilité fait partie des spécificités des HP, j’ai réussi à développer des mécanismes de protection et ça, c’est extraordinaire, car je prends moins sur moi, avoue-t-elle.

Précurseurs du monde de demain ?

En dehors des politiciens ou artistes en tout genre, que deviennent les HP à l’âge adulte et qu’apportent-ils de différent à la société ? Tout dépend de l’âge de leur diagnostic. Lorsqu’ils prennent conscience de leur altérité cognitive et qu’ils l’acceptent, ils passent généralement par une phase de reconstruction de leur personnalité et réalisent alors de grandes choses dans leur domaine de prédilection. La révélation de leur douance joue souvent un rôle de catalyseur identitaire, ce qui leur permet d’avancer et d’entreprendre. Une personne à haut potentiel qui assume sa différence va être à l’avant-garde de la création, de la recherche, de l’innovation et des idées. Pour être créatif, donc ne pas refaire systématiquement tout ce que les autres font, il faut être un peu rebelle et avoir un sens critique fort développé, ne pas croire tout ce que l’on nous dit. Le monde avance grâce à ces personnes aux idées hors du commun, qui voient des problèmes là où les autres n’en voient pas et qui imaginent des solutions. Les HP sont des gens qui veulent faire avancer le monde ou, au minimum, apporter leur pierre à l’édifice, y compris dans les domaines les plus anonymes. Mais ne nous cachons pas : il y a des “ nids à HP ”, notamment dans les milieux artistiques et médiatiques. La plupart des gens connus le sont, explique Thierry Biren.

QI élevé et HP, quelle différence ?

Les HP sont-ils des surdoués ? Ont-ils tous un QI plus élevé que la moyenne ? Selon le coach de l’association Douance, toutes les personnes dont le QI dépasse le score de 128 sont HP. Mais ce ne serait pas la caractéristique la plus importante à prendre en considération, car ce test d’intelligence très classique a été créé il y a un siècle pour servir de référence en la matière. Il peut s’avérer réducteur et finalement laisser passer des HP entre les mailles du filet normatif.Une personne qui aurait 125 de QI sera par exemple exclue du diagnostic classique, alors que ces quelques points de différence ont quelque chose d’artificiel, puisqu’il s’agit d’une échelle établie au siècle dernier !, explique le coach. Cela ne signifie pas que cette personne n’est pas HP. C’est pourquoi je préfère utiliser les tests qualitatifs pour établir mon diagnostic.

L’image que l’on se fait du surdoué à lunettes qui réussit ses études haut la main ne correspondrait finalement qu’à un tiers des HP. Ce sont généralement ceux qui sollicitent davantage leur cerveau gauche, axé sur le langage, le raisonnement et l’analyse, alors que le cerveau droit (que deux tiers des HP sollicitent en premier) est associé aux émotions, à l’intuition et à la créativité. La personne über-intelligente et efficace serait, en revanche, celle qui mobilise autant son hémisphère droit que le gauche avec, dans un premier temps, le débridement de la créativité qui s’enclenche, puis dans un second temps, la capacité d’exécuter point par point qu’elle a imaginé. C’est pour cela qu’il y a des juristes au Parlement qui font passer les propositions de lois imaginées par des politiciens dix ans auparavant !, commente Thierry Biren. Dans la pratique, la plupart des femmes et hommes politiques sont HP, d’où les débats houleux qui les opposent, car ils ont forcément des idées différentes qu’ils veulent défendre. Par rapport à cette guéguerre sur la place à accorder aux tests de QI, la psychologue Jeanne Siaud-Facchin précise que l’on confond souvent l’intelligence et la performance, les compétences et la réussite, ainsi que le potentiel et l’efficacité intellectuelle. Alors que selon elle, être HP équivaut avant tout à un comportement psychoaffectif particulier et à une intelligence différente des autres.

La vie en décalé

Beaucoup de HP vous le diront : ils se sont toujours sentis en décalage par rapport aux autres, ce qui n’est pas forcément facile à vivre. Du coup, certains ont développé un “ faux-self ”, c’est-à-dire une adaptation de leur identité profonde pour se fondre dans la masse. Un effet caméléon, inhibiteur de leur douance et souvent mal vécu… J’étais en décalage permanent avec tout le monde et la société. Pour moi, haut potentiel rimait avec hautement perturbée ! Une impression d’être “ trop ” dans tout et que les choses n’étaient jamais simples avec moi. J’avais la volonté de ne pas rentrer dans le rang, de ne pas rester prof dans le secondaire ou à l’académie, de ne pas obéir à des programmes qui ne me plaisaient pas, de pouvoir les créer moi-même. Je n’étais pas consciente que je faisais cela parce que suis HP, mais je savais que je voulais faire les choses autrement, explique Véronique Meunier. Des années plus tard, son école ne désemplit pas. Elle avait vu juste ! Et comme un zeste d’utopie ne fait jamais de mal, on peut se demander si le monde actuel ne serait pas en train de fonctionner un peu plus qu’auparavant selon des caractéristiques propres à l’hémisphère droit de notre cerveau, qui se traduisent actuellement par une envie croissante de changement sociétal, une dissémination de pratiques faisant appel à l’intelligence collective et à une débrouille créative ? Certainement !, atteste Thierry Biren. J’irais même plus loin en rappelant que nous vivons dans un monde de plus en plus visuel, grâce aux nouveaux médias. On fait donc aujourd’hui davantage appel à des parties de notre intelligence que nous possédions déjà, mais qui n’étaient pas autant sollicitées auparavant. Seul petit bémol : cette évolution n’est pas assez rapide pour ceux qui doivent encore s’adapter à un monde dont la logique de fonctionnement reste malgré tout celle de l’hémisphère gauche, de l’organisation et de la rationalité efficace… Une question de temps ?