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Dix conseils pour lancer sa start-up

Comme tous les ans, le consultant Olivier Ezratty publie son « Guide des start-up », une « bible » bourrée de conseils, de références, d’adresses utiles… Il donne ici 10 conseils à ceux qui veulent se lancer dans l’aventure. Certains sont volontairement évidents: ils sont si « évidents » qu’ils sont généralement négligés par beaucoup de créateurs, qui oublient les « évidences » sur le parcours chaotique de la création… Le guide (gratuit) est téléchargeable sur son site.

1) Ne partez pas seul

Créer son entreprise tout seul est faisable mais particulièrement difficile dans le numérique. A la tête de la start-up doivent cohabiter deux compétences clés : l’une qui porte sur le produit et la technologie, et l’autre sur le business et le marketing. Il vaut donc mieux commencer au moins à deux, voire plus. Cela montre aussi à vos clients et investisseurs éventuels que vous avez au moins convaincu quelqu’un de partir à l’aventure avec vous. Trouver le numéro deux de l’entreprise est le premier « acte de vente » stratégique. Choisir ses partenaires ne doit pas se faire à la va-vite. Le mieux étant de commencer avec des gens avec qui vous avez déjà eu l’habitude de travailler et surtout de rencontrer des difficultés. La startup à ses débuts est comme un navire en pleine tempête. Il faut un équipage solide pour y résister !

2) Le développeur n’est pas une « commodité »

Les créateurs d’entreprise issus de filières de formation commerciale recherchent souvent un développeur pour démarrer, si possible stagiaire. Comme s’il s’agissait d’une « commodité ». Non, le premier développeur est clé dans une start-up. Il faut d’ailleurs plutôt chercher un CTO (Directeur Technique), même jeune, qui pourra évoluer avec le projet. Et si vous faites réaliser vos développements en offshore, il faudra au minimum avoir un CTO parmi les fondateurs, sinon, vous vous ferez balader ! L’offshore est envisageable mais à éviter pour le cœur de votre produit.

3) Le commercial n’est pas une « commodité »

C’est la contraposée du raisonnement précédent. Les créateurs d’entreprises issus de formations techniques/ingénieurs recherchent souvent leur premier commercial, si possible junior. Comme si c’était une « commodité » à qui on demandait de vendre. Non, les premiers commerciaux de la start-up sont leurs fondateurs ! S’ils n’arrivent pas à vendre leur solution eux-mêmes (on parle ici de vente aux entreprises ou de création de partenariats avec elles), aucun commercial n’y arrivera facilement car il n’aura pas la légitimité des créateurs. Le premier commercial doit donc, comme le CTO, faire partie de l’équipe des fondateurs de la start-up.

4) Votre projet aura besoin de financement (sinon, ce n’est probablement pas une start-up…)

Une start-up qui a de l’ambition aura nécessairement besoin de capital pour se développer rapidement. Aussi bien pour la R&D que pour le développement commercial, notamment à l’export. L’industrie du numérique bouge très vite et il faut donc faire grandir la société à ce rythme, dans une concurrence qui est mondiale et très bien financée. Le financement en capital permet d’acheter à la fois des ressources et de l’accélération ! Essayez de trouver des succès de start-ups mondiales qui n’ont pas été financées avec du capital privé ! Il faut évidemment faire cela progressivement et en respectant les règles de l’art. Si vous pensez que vous n’avez pas besoin d’investisseurs, vous n’êtes probablement pas une start-up à forte croissance. Vous serez plutôt une TPE classique.

5) Cassez les règles

Les plus grands innovateurs sont ceux qui ont su casser les règles du moment pour se développer. Ils ont aussi eu du discernement en sachant choisir les règles à briser. Ces règles peuvent être liées à l’organisation actuelle d’une chaîne de valeur, aux pratiques commerciales, aux modes de communication voire à la réglementation. Les disrupteurs prennent des risques de ce côté-là. Cela ne marche pas forcément mais c’est un moyen de changer la donne. Au passage, cela permet de bien communiquer.

6) Pensez « client »

C’est simple à énoncer, plus difficile à faire correctement et dans la durée. Une nouvelle offre, qu’elle vienne de grande entreprise ou de start-up, doit s’intégrer dans la vie des clients et répondre à un besoin. Ce besoin doit être de préférence important dans ses priorités et fréquent dans son occurrence. Il faut connaitre sur le bout des doigts ses clients et savoir formuler la valeur de ce que vous leur apportez. Elle tourne souvent autour de trois « primitives » : l’émotion, le temps et l’argent. Si vous n’apportez ni gain de temps, ni gain économique, ni gain émotionnel faciles à formuler et à quantifier pour les deux premiers, ou tout du moins pas plus que vos concurrents, il faudra revoir votre copie.

7) Les concurrents sont le problème des clients… et donc votre opportunité

Les concurrents et sociétés établis génèrent à eux-seuls énormément de problèmes auprès de leurs clients. Bien connaitre les insatisfactions des clients générées par les acteurs d’un secteur donné, c’est découvrir des opportunités de business. Les concurrents sont une opportunité de mieux faire, de se comparer et de se jauger. Et cela tombe bien puisque les investisseurs considèrent que l’existence de concurrents garantit l’existence d’un marché. Mais attention : il ne faut pas donner dans le « me-too ». Il faut mieux faire qu’eux et ce de manière radicale, pas juste « à la marge ».

8) Attention à l’équilibre produits/services

C’est le piège de nombreuses start-up dans le numérique : créer un produit et terminer comme société de service avec un modèle d’affaire qui se développe beaucoup moins vite qu’avec un produit. Avec un modèle de service qui s’apparente à du conseil, on sort du cadre de la start-up à forte croissance et on rentre dans le champ de la société à faible risque et faible croissance. Il existe tout un tas de bonnes pratiques pour éviter ce syndrome, à commencer par la méthodologie de création du produit, son ciblage client et son mode de commercialisation. L’idéal est de bien séparer, lorsque nécessaire, les domaines fonctionnels spécifiques aux clients de la partie générique. On fait ensuite réaliser le spécifique par une entité à part, d’abord dans la start-up, puis par des sociétés de services partenaires. L’idéal reste d’intégrer dans le produit des fonctions de personnalisation en self-service utilisables directement par les clients.

9) Focalisez-vous sur votre marché et pas trop sur l’écosystème entrepreneurial

La tentation est grande de chercher à se faire connaitre par le biais des innombrables concours de start-up organisés tous les jours en France. Les médias saturent de ce point de vue-là. Vous gagnez un concours un peu isolé? Vous obtiendrez un peu de couverture média dans quelques sites lus uniquement par l’écosystème des start-up… et pas par vos clients potentiels. La communication de la start-up est à gérer dans la durée et de manière ciblée. De préférence vers vos clients et partenaires potentiels.

10) Gardez le cap

L’ »entrepreneur empathique » demande l’avis de beaucoup de gens : dans son entourage familial et professionnel. Il reçoit bien évidemment des réponses contradictoires, surtout venant des experts. « Ah, votre produit, monsieur, il faut le vendre en b-to-b, ah, non, en b-to-c », etc. Le meilleur avis est celui des clients qui payent et/ou utilisent votre produit. D’où la méthode bien connue du « lean start-up » consistant à confronter son produit au marché le plus rapidement possible pour corriger le tir ensuite. Evitez cependant de changer votre projet du fait de l’avis d’un seul (grand) client. Il ne représente pas forcément l’ensemble du marché. Le pire ? Se transformer en girouette et changer de cap en permanence. La start-up a besoin de tenir le cap sous peine de s’essouffler.

Faut-il se faire accompagner par un intermédiaire lors d’une cession ? Quel est son rôle ?

Vous êtes chef d’entreprise et vous envisagez de céder votre entreprise. Bien entendu, votre premier réflexe est de penser à vos interlocuteurs habituels : votre expert-comptable, votre avocat d’affaire, votre banquier, votre notaire……..

Une cession d’entreprise, c’est une nouvelle aventure…Vous êtes dans une situation qui ressemble fort à celle d’un marcheur de fond, habitué à la randonnée qui prend la décision de passer de la routine à l’exploit : la traversée du Sahara ou bien une escalade en haute montagne . Vous vous documentez, vous en parler à votre entourage…. mais finalement, vous analysez les risques et vous rendez compte que la meilleure solution est de choisir un guide qui vous permettra de réaliser cette traversée sans encombre.

En effet une cession d’entreprise est un projet complexe avec un phasage déterminé qui va dévorer votre temps et votre énergie alors qu’en même temps, il faut maintenir le cap dans l’entreprise, voir limiter et gérer les perturbations probables. Donc mieux vaut avoir à ses cotés, un guide qui va conduire votre dépense d’énergie et amortir les chocs possibles. Mais attention, le guide ne fait pas tout, comme en haute montagne, vous aurez votre part d’efforts à réaliser.

Une autre image s’impose lorsque l’on parle de cession : vous vous préparez à marier votre enfant. Forcément, il est unique : le plus beau, le plus intelligent. Si par hasard, le futur marié se permet d’émettre une critique, elle est irrecevable. De la même façon, pour un dirigeant, son entreprise a tous les charmes. Mais dès qu’elle est à céder, elle devient un produit sur un marché, celui de la reprise d’entreprise. Votre entreprise sera donc comparée à d’autres et les avis émis ne seront probablement pas toujours agréables à entendre.

Alors concrètement, quel doit être l’apport d’un cabinet spécialisé en transmission d’entreprise ?

Vous préparer à cette cession
Anticiper la transmission est un mot-clé. Tous vos interlocuteurs vous le diront…..il faut au moins s’y préparer au minimum deux ans à l’avance.

La transmission d’entreprise est une opération complexe qui revêt des aspects psychologiques, juridiques, fiscaux, sociaux, économiques et humains. En particulier, on trouve, quelque soit les marchés et indépendamment de leur taille, des caractéristiques proches aux entreprises qui se vendent facilement :
– Affaires rentables : le banquier doit pouvoir financer la reprise,
– Bien positionnées sur son marché : maîtrise de la concurrence – Si possible en croissance : le dynamisme la rend attractive, le repreneur est en confiance avec des perspectives d’avenir.
– Equipe structurée : très recherchée par les repreneurs, c’est un gage de réussite, car il pourra s’appuyer sur l’équipe en place.
– Indépendance financière : il est peu motivant de s’endetter pour racheter des dettes.
– Sans immobilier ou avec un immobilier dissocié : à préparer le cas échéant.

La façon de piloter une entreprise pour la transmission nécessite le plus souvent des adaptations qui vont prendre du temps.
Mesurer ses forces et faiblesses permet de les mettre en valeur, de les minimiser ou même d’en faire des points de développements potentiels, c’est aussi justifier à terme d’une valeur en référence avec le marché.

Parler de cette cession :
Bien souvent, vous vous dites que le bon sens serait de céder son entreprise dans les années à venir, et pourtant vous repoussez cette idée à plus tard : êtes-vous vendeur, oui ou non ?
Le principal écueil à votre transmission est peut-être vous-même : parler de sa transmission, c’est accepter l’idée de la cession pour le dirigeant et pour sa famille.
Cette dimension psychologique, vous en souriez …..Et bien pensez à MOULINEX et à M. MANTELET. Une des principales sources d’échec dans les transmissions repose sur cette difficulté des dirigeants à accepter de transmettre lorsqu’il est temps.

L‘intermédiaire, extérieur à votre quotidien, jouera pleinement son rôle en vous aidant :
– A mûrir votre projet. – A construire l’après-cession. – A prendre la distance nécessaire avec l’entreprise : les questions à venir du repreneur peuvent être perturbantes, voir critiques. Il faut s’y préparer : passer de l’affectif à la stricte analyse des faits.

Mettre au point votre projet de cession : Votre entreprise et vous-même êtes prêts à la cession…..nous allons donc passer à la phase concrète de ce « projet de cession », c’est-à-dire :

A – Préparer la stratégie :
Réfléchir ensemble aux cibles de repreneurs possibles. Il est aisé de comprendre que fonction de son profil et de son projet, le repreneur ne recherchera pas les mêmes intérêts dans votre entreprise.
Gagner du temps pour la suite, en travaillant sur la préparation des documents classiques demandés par les repreneurs, et identifier tous les éléments qui pourraient servir de levier à la baisse du prix par l’acquéreur.
Définir vos marges de manœuvre dans la négociation :
tout bon vendeur sait qu’un acte de vente se prépare et qu’il faut prendre en compte le produit dans sa globalité. C’est exactement ce que vous devez faire en réfléchissant aux conditions de vente (les garanties), de service après-vente (l’accompagnement), et aux modalités de paiement.

B – Etablir un dossier de cession clair et honnête:
Il s’agit de produire avec vous un dossier, véritable « mémorandum de vente » qui reflète votre entreprise en balayant tous ses rouages. Ce dossier doit permettre une sélection naturelle des repreneurs. Et n’oubliez pas que si un repreneur achète bien sûr des atouts, sur lesquels il va s’appuyer, il achète aussi les points de faiblesse qui constituent des opportunités de croissance.
Bien entendu, une valeur ou plutôt une fourchette de valeur et son mode de calcul accompagne ce mémorandum. Votre guide attirera votre attention sur le possible écart entre une valeur de référence et le prix de vente qui dépendra d’un ensemble de facteurs internes mais aussi externes.
L’optimisation de la valeur dépendra de la qualité des étapes antérieures du projet.

C –Mettre sur le marché :
Le marché de la transmission est opaque et plutôt inefficace (30% d’entreprises non reprises). Comment faire pour que votre offre rencontre une demande pertinente tout en restant le plus discret possible ? Les intermédiaires connaissent bien les rouages de ce marché caché ; ils connaissent les autres intervenants actifs (banquiers, experts comptables..) et aussi les autres intermédiaires. La confidentialité est préservée dans les réseaux.
Votre guide vous évitera de perdre du temps : Si votre entreprise est attractive, elle va attirer un potentiel important de repreneurs. Contentez-vous de rencontrer les candidats solides aussi bien en terme de compétences que de moyens.

Vous accompagner:
Il y a deux types d’accompagnement dont vous avez besoin, le quotidien au moment de la phase de recherche, et la tension lors de la négociation.

Accompagnement de la phase de recherche : mener un projet et ne pas le voir se concrétiser aussi vite que prévu, est difficile à accepter. Or la vente dans l’urgence ne donne jamais de bons résultats. Le cabinet d’intermédiation est l’interlocuteur privilégié pour vous aider à prendre le temps.

Accompagnement de la négociation :
Bien entendu dans cette phase là, votre expert-comptable, votre avocat d’affaire, vos conseils habituels seront présents amenant leurs compétences indispensables aux questions techniques. Néanmoins une négociation pour la vente de votre entreprise remue votre passé et ces années d’investissement, voire de sacrifice peuvent générer chez vous des blocages. Votre guide va vous servir d’amortisseur.
Une négociation qui s’engage doit avancer dans un temps déterminé. Faire traîner est rarement signe de réussite. Il est important que la phase de négociation ne se prolonge pas inutilement : votre acquéreur est acheteur aujourd’hui mais attention aux évènements extérieurs qui changeraient la donne. Ne faites pas comme ces grands champions qui ne savent pas concrétiser la victoire et porter le coup final.
La encore la préparation antérieure (disponibilité des documents, réponses aux questions, conditions de vente possibles) est un facteur déterminant.

Gérer l’après-vente Vous avez sauté le pas et signé l’acte de cession ….mais tout ne s’arrête pas là. Normalement la transmission s’accompagne d’une période de « passage de relais », passage vital pour l’entreprise et l’équipe. De la qualité de ce passage dépend fortement la réussite de la reprise. Encore une fois, la connaissance que l’intermédiaire a de votre entreprise, de vous même et du repreneur, en font un interlocuteur privilégié, un modérateur, pour vous accompagner à accueillir le nouveau propriétaire.

Alors pour ou contre travailler avec votre intermédiaire ?

A vous de choisir … La transmission d’entreprise est un projet d’avenir qui prend son impulsion dans votre passé.
Pour tourner cette page, une page de votre histoire, qui mélange forcément le rationnel et l’affectif, les intérêts financiers et le management humain…..mieux vaut des partenaires à vos cotés avec un expertise de l’entreprise et de ses rouages, une connaissance des marchés, une maîtrise de la gestion de projet, une appartenance au réseau de la transmission et une composante humaine si précieuse.

Faire une évaluation de qualité

De nombreuses situations de la vie d’une entreprise (cession, succession, entrée ou sortie du capital d’un associé, stratégie de développement, restructuration,…) peuvent nécessiter de procéder à son évaluation, que ce soit globalement ou au niveau de l’une de ses branches d’activité ou de ses unités de production…

L’évaluation d’entreprise n’est pas une tâche aisée et fait appel à de nombreuses compétences et connaissances (juridiques, comptables, sociales, économiques,…), ainsi qu’à une dose certaine de « bon sens ».

Dans cet article, nous baliserons les étapes essentielles d’une évaluation pour parvenir à une approche raisonnée de la valeur d’une entreprise et, au-delà, de son prix possible.

évaluation d'entreprise

Avant toute autre chose, une évaluation doit débuter par un diagnostic.

 Evaluation d’entreprise : réaliser un diagnostic approfondi

Faire une évaluation est impossible sans une très bonne connaissance de l’entreprise concernée (ses éléments internes : ses états financiers, ses ressources humaines, sa stratégie, son organisation, son mode de management, ses associés,…) et de son environnement (ses éléments externes : son ou ses marchés, ses concurrents, ses fournisseurs, son cadre légal, social et fiscal, ses contraintes et opportunités technologiques, écologiques,…).

Evaluatin d'entreprtise de qualitéIl est donc nécessaire de débuter l’évaluation par un diagnostic approfondi, à la fois analytique (ce qui est aujourd’hui) et prospectif (ce qui pourrait être demain), de l’ensemble de ces éléments.

Ce diagnostic va permettre à l’évaluateur de définir les retraitements à opérer sur la comptabilité (qui ne représente jamais que l’image figée d’une réalité passée de l’entreprise) afin de la repositionner dans une vision dynamique et future « des conditions d’exercices normales de l’activité ».

Il va également, dans un second temps, orienter le choix des méthodes d’évaluation à privilégier en fonction des données recueillies (historique, organisation, rentabilité, fiabilités des prévisions…).

Evaluation d’entreprise : retraiter la comptabilité

Le retraitement de la comptabilité de l’entreprise est essentiel avant d’appliquer les méthodes d’évaluations.

Parfois nombreuses, ces opérations doivent permettre de valider la réalité de l’actif (ce que l’entreprise possède), du passif (ce que l’entreprise doit), mais aussi celle des performances économiques et financières retracées dans les derniers comptes de résultat (en général ceux des trois derniers exercices dont l’importance respective peut être, parfois, pondérée).

Les retraitements les plus fréquents permettent notamment de valoriser :

  • évaluation d'entreprise : le retraitement comptableAu bilan
    • A l’actif :
      • Plus ou moins-values latentes (potentielles) sur :
        • Le Fonds de commerce,
        • Les Brevets,
        • Les Immeubles,
        • Les Matériels
        • Les Titres …
      • Risque de non recouvrement des créances
      • Risque de dépréciation des stocks
    • Au passif :
      • Impact des litiges existants ou potentiels non provisionnés :
      • Risque par rapport à la législation,
      • Risque prud’homal,
      • Litiges commerciaux…
    • Engagements hors bilan :
      • Indemnités potentielles futures de départ en retraite des salariés,
      • Droit individuel à la formation (DIF) des salariés.
  • Au compte de résultat :
    • Niveau des loyers (notamment dans le cadre d’une SCI),
    • Rémunération du dirigeant et ses accessoires,
    • Provisions,
    • Pertes ou gains significatifs sur des contrats exceptionnels (chantiers,…).

C’est sur la base des éléments comptables ainsi retraités qui donneront une image fidèle des capacités de l’exploitation de l’entreprise dans des conditions normales, que seront appliquées les méthodes d’évaluation retenues.

Choisir et appliquer les méthodes d’évaluation adéquates

C’est le diagnostic initial qui oriente le choix des méthodes d’évaluation à utiliser.

Par exemple, en période de crise ou dans le cadre d’un secteur d’activité en déclin, l’évaluateur aura tendance à privilégier des méthodes dites patrimoniales (analyse à partir du présent et du passé). Inversement, il choisira plutôt dans un contexte et/ou un secteur porteur des méthodes d’évaluation basées sur le futur (méthodes par les flux).

Globalement, trois familles de méthodes d’évaluation existent :

comment faire une évaluation d'entreprise

  • Les méthodes d’évaluation patrimoniales : l’entreprise vaut ce que valent ses biens et ses créances diminuées du passif. Exemples : Actif net comptable (ANC), Actif net corrigé (ANC),…
  • Les méthodes d’évaluation par les flux : l’entreprise vaut ce qu’elle rapportera à ses actionnaires dans le futur. Exemples : méthode basée sur le rendement, méthode des Discounted Cash Flows (DCF, Flux actualisés de trésorerie), méthode EVA (Economic Value Added, Création de valeur économique),…
  • Les méthodes d’évaluation analytiques : l’entreprise est évaluée en fonction des valeurs connues d’actifs équivalents ou comparables présents sur le marché. Exemples : méthode des comparables, méthodes des multiples,…

D’autres méthodes d’évaluation plus spécifiques, adaptées à des situations particulières (valorisation de brevets, de marques,…), existent également.

Arbitrer entre ces différentes méthodes d’évaluation, c’est répondre, sur la base du diagnostic initial, à la question suivante : quels sont les éléments qui donnent de la valeur à cette entreprise spécifique ?

Ces éléments peuvent être synthétisés de la manière suivante :

Qu’est-ce qui donne de la valeur à cette entreprise ?

Méthode à privilégier

Son patrimoine

Méthodes patrimoniales

Ses actifs incorporels non valorisés au bilan (brevets, marques,…)

Méthodes spécifiques

Sa croissance future

Méthodes par les flux

Sa performance économique actuelle

Méthodes par les flux

Ses synergies possibles avec le projet de l’acquéreur

Méthodes par les flux

Le prix du marché lors de cession d’entreprises similaires

Méthodes analytiques

Adapter le résultat des différentes méthodes d’évaluation

Le plus souvent, la valeur de l’entreprise n’entre pas exclusivement dans une seule catégorie. Il convient donc de retenir plusieurs méthodes d’évaluation et de pondérer leurs résultats en fonction de l’importance relative de chaque élément au sein de la valeur globale de l’entreprise. Cette pondération doit également prendre en compte le niveau de risque ou d’incertitude estimé par l’évaluateur.

la valorisation de l'entrepriseAinsi les produits futurs seront pondérés par rapport aux autres méthodes suivant l’historique et le niveau d’incertitude du marché et de l’activité.

Le même ajustement sera effectué au niveau des taux d’actualisation et des taux de rémunération des capitaux investis, variables utilisées dans les méthodes d’évaluation par les flux notamment.

Chez Valoxy, par exemple, nous sélectionnons généralement les cinq méthodes les plus adaptées à l’entreprise évaluée et pondérons leur résultat en fonction du niveau de risque et d’incertitude détecté lors du diagnostic.

Nous faisons ensuite la moyenne des trois résultats médians pour, enfin, retenir une fourchette de valeurs de + ou – 10% autour de cette moyenne.

Passer de la valeur au prix

Le diagnostic préalable est donc fondamental, il permet d’identifier les forces et les faiblesses, les opportunités et les risques de l’entreprise.

Il oriente également le choix des méthodes d’évaluation les plus pertinentes et aide à adapter leur résultat pour proposer une fourchette de valeurs raisonnables.

Cependant, cette valeur « rationnelle » ne doit pas être confondue avec le prix auquel une cession de l’entreprise pourra finalement être conclue.

les critères de valorisation de l'entreprise

En effet, d’autres facteurs, plus ou moins subjectifs, vont influer, parfois de manière spectaculaire, sur cette valeur pour aboutir finalement à un prix d’accord entre le vendeur et l’acheteur.

Ces facteurs peuvent être globalement rattachés à deux grandes catégories :

la valorisation de l'entreprise

  • Le rapport de force acquéreur/vendeur : rareté du bien sur le marché, nombre d’acquéreurs potentiellement intéressés, contraintes temporelles ou légales,…
  • Les modalités de cession : octroi de conditions de paiement, modalités de transmission, octroi de garanties sur l’actif et/ou le passif…

Cette différence essentielle entre la valeur et le prix d’une entreprise est d’ailleurs lumineusement résumée par le milliardaire américain Warren Buffet, grand spécialiste de la question :

  "Le prix est ce que vous payez. La valeur est ce que vous gagnez. »

Faire l’auto diagnostic de son entreprise

Cinq conseils pour faire l’auto-diagnostic de votre entreprise

Forces et faiblesses, opportunités ou menaces… Repérer ses fragilités, c’est se donner les conditions pour améliorer ses performances. Guide du check-up.

Soyez prêt à entendre le diagnostic, même rude

Porter un diagnostic sur son entreprise, c’est apprécier le fonctionnement que l’on a mis en place et que l’on supervise. Par conséquent, cette démarche ne peut se faire sans un réel effort d’objectivité, et ne peut être menée de façon constructive sans accepter de se remettre en question personnellement. En d’autres termes, l’auto-diagnostic revient à se demander si l’on s’est donné les moyens de réussir. En outre, l’entreprise s’inscrivant dans un environnement en perpétuelle mutation, il convient pour son dirigeant de s’inscrire dans une démarche d’amélioration continue.

« Commençons par améliorer ce que nous savons faire, mais pas encore assez bien. Ensuite, nous innoverons », a dit William Edwards Deming. Le principe de la roue de Deming, du nom de son auteur, l’un des plus grands « gourous » de la qualité totale, est de programmer une amélioration, de la mettre en oeuvre, de vérifier que le résultat obtenu correspond à l’attente, qu’il est stable, et de recommencer. C’est le principe d’une roue, qui tourne et qui poursuit son mouvement continu. Son cycle est abrégé par ses initiales PDCA (Plan, Do, Check et Act).

Ce cycle perpétuel, qui consiste à contrôler et à corriger ce que l’on entreprend, est en réalité une dynamique, qui passe par la remise en question sous forme de suivi des actions menées ; il constitue une bonne base d’auto-diagnostic. Le cycle PDCA s’applique à la stratégie de l’entreprise, en suivant les quatre étapes : préparer, agir, comprendre, (ré)agir, sans négliger la part conséquente que doit occuper la préparation, trop souvent sous-estimée. Cette méthodologie d’auto-diagnostic est, en réalité, applicable à chaque action, de la simple prise de rendez-vous à la mise en place d’une démarche qualité au sein de l’entreprise. Vous l’aurez compris, l’auto-évaluation nécessite ouverture et humilité.

Analysez les menaces qui pèsent sur votre santé

Michaël Porter, professeur de stratégie à Harvard, a identifié ce que l’on peut appeler les cinq forces de la concurrence. La capacité à maîtriser les cinq forces telles que Porter les définit constitue également une source d’auto-diagnostic : en effet, celles-ci permettent d’appréhender les pressions exercées sur l’entreprise. Ces cinq forces (menaces) sont les suivantes :
– intensité de la concurrence ;
– nouveaux entrants ;
– pouvoir de négociation des clients ;
– pouvoir de négociation des fournisseurs ;
– produits de substitution.

Le principe de Porter est que : « La masse totale de profit potentiel dans un secteur d’activité dépend de l’intensité des forces de la concurrence » (L’Avantage concurrentiel – Comment devancer ses concurrents et maintenir son avance, de M.E. Porter, Interéditions, 1986). Ce qui signifie que c’est la force concurrentielle la plus importante qui détermine le profit réel d’une branche. Lorsqu’on a identifié cette force concurrentielle, lui faire face devient une priorité stratégique pour l’entreprise. Le principal atout de la démarche de Porter réside dans sa simplicité de mise en oeuvre. Pour illustrer nos propos, voici des exemples de questions que nous vous recommandons de vous poser pour apprécier les menaces concurrentielles :

Menaces liées à la concurrence : Quelle est la structure de la concurrence ? (Un leader ? De nombreux petits concurrents ?) Quel est le degré de différenciation de mes produits ? Quels sont les objectifs stratégiques de mes concurrents ?
Menaces liées aux nouveaux entrants : Quels sont les besoins en capitaux et/ou en investissement pour se lancer ? L’accès aux canaux de distribution est-il facile ? Les technologies nécessaires sont-elles aisément accessibles ?
Menaces liées au pouvoir de négociation des clients : Y a-t-il quelques acheteurs dominants et beaucoup de vendeurs dans mon activité ? Quel est le rôle de la qualité et du service ? Est-il facile pour des acheteurs de remplacer leur fournisseur ?
Menaces liées au pouvoir de négociation des fournisseurs : Les marques de mes fournisseurs sont-elles fortes ? Les fournisseurs sont-ils forcés d’augmenter les prix ? Est-il facile pour mes fournisseurs de trouver de nouveaux clients ?
Menaces liées aux produits de substitution : Est-il facile de changer de produits ? Les produits de substitution sont-ils équivalents en termes de qualité, de performances, de prix ? Quels sont les coûts de remplacement de mes produits par des substituts ? Ces différentes forces ont un impact sur la croissance de votre entreprise. De notre point de vue, cette analyse a toutefois un inconvénient ; elle occulte deux risques, qui peuvent aussi être des chances, des atouts : les ressources financières et les ressources humaines.

Auscultez votre entreprise comme une voiture !

Si Porter s’est intéressé aux forces de la concurrence, notre expérience d’expert-comptable nous a conduits à bâtir une méthode d’auto-diagnostic de l’entreprise fondée sur la mesure du degré d’efficience de quatre critères. Nous assimilons ces critères aux quatre roues d’un véhicule. Pour que la voiture entreprise puisse bien rouler, il faut qu’aucune roue ne soit dégonflée, et que le gonflage des quatre roues soit harmonisé.
Ces quatre critères sont le management et les ressources humaines, l’administration-finance, la production et le commercial. A partir d’une batterie de questions, nous mesurons la qualité de ces différents indicateurs. Avant d’activer le développement de tel ou tel critère, nous incitons à leur harmonisation, en agissant sur les faiblesses détectées. Notre démarche de diagnostic se fonde sur l’analyse des forces et des faiblesses de l’entreprise, sur la base du modèle SWOT. Pour faire l’auto-diagnostic de votre entreprise par la démarche SWOT, vous pouvez passer en revue les quatre domaines cités ci-dessus (management-ressources humaines, administration-finance, production et commercial), en déterminant pour chacun :

– les forces de votre entreprise (S = Strengths) ;
– ses faiblesses (W = Weaknesses) ;
– les opportunités qu’elle a (O = Opportunities) ;
– les menaces qui pèsent sur elle (T = Threats).

Les forces et les faiblesses sont des facteurs internes à l’entreprise. Vous pouvez par exemple considérer comme des forces votre expertise sur une activité pointue, le degré d’innovation de vos produits, vos procédures de qualité… et évaluer comme des faiblesses le lieu d’implantation de vos sites, le turnover important de votre personnel, ou autre. Les opportunités et les menaces sont des facteurs externes à l’entreprise. Ils sont liés à votre marché, à vos concurrents, aux réglementations sur votre secteur… Attention, une analyse SWOT peut être très subjective. Ne vous fiez pas uniquement à elle. Deux personnes aboutissent rarement à une même analyse SWOT. Utilisez-la donc comme guide et non comme prescription. Pour réussir votre auto-diagnostic à travers l’analyse SWOT : – soyez réaliste au sujet des forces et des faiblesses de votre entreprise ;

– distinguez dans votre analyse où votre entreprise se situe aujourd’hui, et où elle pourrait être à l’avenir ;
– analysez-vous toujours par rapport à vos concurrents.

Prenez la température du corps social

Ne l’oubliez pas ! L’état d’esprit général de vos collaborateurs est un excellent témoin du contexte de l’entreprise : qu’il traduise la prospérité, la surcharge de travail ou la perte de confiance généralisée, le climat social constitue un excellent indicateur. Ainsi, votre auto-évaluation doit aussi reposer sur l’observation de l’environnement interne de l’entreprise au travers du prisme humain. Par exemple, le travail est-il mené de façon individualiste ou en équipe ? Les parties prenantes adhèrent-elles au projet ? Ont-elles le sentiment que leur avis compte ? Certains signes ne trompent pas, comme le dérapage systématique des plannings, le manque de dialogue, l’absence de remontée d’informations, l’évolution alarmante du turnover…

Dotez-vous du bon thermomètre !

Faire son auto-diagnostic une fois par an équivaudrait à ne s’intéresser à ses comptes qu’une fois par an… Un chef d’entreprise avisé doit se doter d’outils lui permettant d’actualiser son auto-diagnostic à tout moment. A vous de définir de bons outils de pilotage, simples et personnalisés, qui vous permettront de suivre régulièrement l’évolution du positionnement de votre entreprise à travers une petite batterie d’indicateurs. Ces derniers doivent être intelligibles, pertinents, et interprétables en un clin d’oeil : écart des ventes par rapport aux objectifs, écart du carnet de commandes par rapport à l’objectif, indicateur de rentabilité le plus significatif, évolution de la trésorerie, du taux d’absentéisme, de la part donnée aux réunions internes par rapport à l’ensemble des rendez-vous, etc. Quinze à vingt indicateurs suffisent, à condition qu’ils soient bien choisis !

Pourquoi vendre son entreprise ?

Pourquoi vendre votre entreprise ? – Se poser les bonnes questions.

Où en êtes-vous ? Pourquoi vendre maintenant ? Les bonnes questions à se poser.

Depuis quelques temps, vous songez à l’idée de vendre votre entreprise. Vous sentez que vous êtes prêt à passer à autre chose comme reprendre une autre affaire, redevenir salarié d’un employeur ou prendre une retraite bien méritée. Vous commencez à vous voir dans une nouvelle vie, dans un nouveau cadre professionnel

Avec de nouveaux défis à relever. Vous continuez de gérer votre affaire, mais votre tête est ailleurs. C’est peut-être le moment d’envisager de vendre votre entreprise.

Se poser les bonnes questions

Il convient, avant d’entamer une quelconque démarche, de commencer à vous poser quelques bonnes questions:

Quelles sont vos véritables motivations à vendre maintenant ?

Fuir le plus vite possible une situation devenue lourde à porter ou récolter le fruit d’un travail tenace qui année après année à contribué à faire de votre entreprise une belle mariée ?

Combien de temps avez-vous pour remettre ?

Plus vous avez de temps, plus vous aurez le choix et mieux vous pourrez défendre votre prix. Plus vous êtes dans l’urgence, plus l’acheteur négociera le prix.

Avez-vous examiné les différentes options ?

Transmission à un membre de votre famille, cession à un membre du personnel, cession à un tiers inconnu ou connu (client, fournisseur, partenaire etc.).

Serez-vous disposé à prendre des décisions radicales et attendre qu’elles produisent l’effet escompté ?

Annoncer urbi et orbi que votre entreprise est à vendre est facile et rapide. Mais la préparer pour qu’elle soit attractive, voire la restructurer peut prendre du temps.

Êtes-vous prêt à donner un coup de collier dans cette phase de transition ?

Avez-vous déjà baissé les bras et attendez que cela se passe ? Céder son entreprise est un véritable projet professionnel avec des objectifs, des ressources à allouer, des obstacles à surmonter. Il vous faudra de la détermination et de l’énergie.

Êtes-vous un champion de l’optimisation fiscale ?

Tout votre chiffre d’affaires a-t-il été comptabilisé et déclaré ? Cette tendance à optimiser voire frauder le fisc peut vous jouer un très mauvais tour au moment de vendre. L’estimation de la valeur de cession de votre entreprise s’appuie essentiellement sur votre comptabilité et sur la capacité de votre entreprise à générer un bénéfice net. Êtes-vous prêt à mettre cartes sur table et être transparent ?

Êtes-vous le maître à bord ?

Avez-vous un ou plusieurs associés ? Inutile de vouloir céder votre entreprise sans leur accord et avoir défini leur part du gâteau. Seront-ils d’accord de participer à ce projet pour valoriser leur part ?

Avez-vous déjà une bonne estimation de la véritable valeur de votre entreprise ?

Votre entreprise n’est pas une marchandise. Beaucoup de critères entrent en ligne de compte pour déterminer un prix de cession négociable sur le marché.

Votre comptabilité est-elle en ordre et à jour ?

Une simple visite de vos locaux et vos déclarations la main sur le cœur suffiront à intéresser le futur repreneur, mais n’emporteront pas sa décision. Il lui faudra du solide: une évaluation professionnelle de votre entreprise, un dossier de présentation complet et transparent, des documents contractuels qui tiennent la route. Mettre en vente votre entreprise, alors que vous n’êtes pas prêt est désastreux pour l’image de votre entreprise et son potentiel de reprise.

Mieux vaut se poser ces questions avant d’entamer la procédure de cession, car inévitablement elles apparaîtront en plein jour quand vous aurez des acheteurs potentiels qui négocieront avec vous. Retour de boomerang assuré et repreneurs en fuite !