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Comment réussir l’épreuve du pitch ?

RÉSEAU ENTREPRENDRE
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Découvrez les subtilités de l’art du pitch, la version orale de la présentation de votre projet face aux investisseurs. Guide pratique « Lever des fonds », fiche 10/15.

La présentation du projet se décline selon plusieurs formats. Le pitch en est la version orale. Comme l’executive summary, sa maîtrise est importante pour la réussite de la levée de fonds.

Principe et objectif du pitch

La présentation orale du projet faite à l’investisseur s’appelle le pitch. En 15 minutes environ, vous devez avoir présenté votre projet et convaincu l’investisseur pour qu’il s’engage dans une étude de projet ultérieure plus complète.

Poussé à son extrême on l’appelle « l’elevator pitch ». Le principe est simple : vous entrez dans un ascenseur aux côtés d’un investisseur et vous devrez avoir suscité son intérêt avant d’avoir quitté le dit ascenseur. Vous devez être capable de convaincre en en moins de 2 minutes et 120 mots.

Même si l’objectif est toujours le même, vous pouvez être amené à faire votre pitch dans plusieurs contextes différents :

• Soit un 1er rendez-vous avec un investisseur qui a accepté de vous recevoir après avoir reçu votre executive summary, et peut-être même lu votre business plan,

• Soit un 1er  contact avec plusieurs investisseurs lors d’un évènement de présentation de projets en recherche de fonds.

Le pitch correspond à la déclinaison orale de l’executive summary. Tout en suivant globalement les mêmes règles, il répond aussi à des codes bien spécifiques… et avec un enjeu supplémentaire, si l’on garde à l’esprit que la première impression compte.

Certains entrepreneurs pensent que l’objectif du pitch est de créer le désir d’investir. Il faut rester pragmatique. Le principal objectif du pitch est de convaincre pour obtenir un autre rendez-vous et entrer dans une étude de projet plus poussée. Le second objectif, non négligeable, est de susciter des réactions pour mieux comprendre les attentes de l’interlocuteur, voire de bénéficier de remarques pertinentes pour renforcer le projet (valorisable même en cas d’échec suite à cette présentation).

Que doit contenir un pitch percutant ?

La présentation est très courte, en moyenne 15 minutes, durant lesquelles, vous devez séduire et convaincre les investisseurs du potentiel de votre projet.
Cette présentation donne ensuite lieu à un échange basé sur des questions/réponses avec les investisseurs (cf. Fiche 11).
De manière générale, le contenu doit aborder tous les points qui sont dans l’executive summary (cf. Fiche 9), mais le plan peut varier.

Globalement, il est conseillé d’organiser votre discours comme suit :

• Quelle est votre proposition de valeur ?
> Enjeu : Choisir une phrase d’accroche (a priori proche de celle de l’executive summary)

• Qui êtes-vous ?
> Enjeu  :  Se  présenter  clairement  et simplement (les entrepreneurs ont tendance à être trop longs sur ce point)

• Pourquoi      avez-vous      fondé      votre entreprise ?
> Enjeu : Montrer que le projet répond à des besoins et à un marché, que vous avez une approche pragmatique.

• Quelle est concrètement la solution que vous apportez ? (votre offre de produits/ services)
> Enjeu : Etre clair sur le produit ou le service. Ne pas rentrer dans les détails trop technologiques, mais plutôt parler de la solution apportée par l’offre en termes de bénéfices. Être clair sur la différenciation de l’offre, et si possible, ce qui évite les contrefaçons

• Quelles sont les étapes que vous avez franchies et la situation de l’entreprise aujourd’hui ? (chiffres clés, principales réalisations, obstacles levés…)
Enjeu   :   être   clair   sur   le   stade de développement de l’offre, des partenariats, des contrats, des clients, du CA…

• Quelles   sont   votre   vision   et   votre stratégie ? Pourquoi investir dans le projet ?
> Enjeu : présenter une vision claire tout en étant ouvert aux opportunités.

• Quelle    est    votre    proposition    aux investisseurs ?
> Enjeu  :  être  clair  sur  le  besoin  de financement et sur l’utilisation de ce financement (développement technique, commercial, …). Montrer également que vous avez envie de travailler avec cet investisseur précisément (compétences, renommée…),  que  vous  prenez  en compte dès maintenant sa spécificité (et notamment ses contraintes…).
En termes de présentation, voici quelques conseils :
Un nombre de slides limité (7 à 10 c’est l’idéal), et en réserve des slides de « back- up » en annexe pour pouvoir développer certains points lors des questions,

• Des slides pédagogiques, illustrées, essentiellement graphiques, et pas trop denses en texte,

• Surtout soyez clairs sur la proposition de valeur ! Il est malheureusement fréquent, qu’après une demi-heure de présentation,  on  se  demande  encore ce que la société fait exactement… Idéalement, il faudrait pouvoir commencer par décrire l’entreprise avec une phrase de ce type :
« Nous sommes un qui propose aux , leur apportant ». Et d’ajouter ensuite : « Notre modèle économique consiste à . Nous prévoyons avec un résultat net (ou marge brute) de x % »,

• Prévoir dans la présentation les copies d’écran permettant de faire une démonstration sans accès Internet s’il s’agit d’un site web. En effet, chez de nombreux investisseurs, les visiteurs n’ont pas accès à Internet, que ce soit en réseau câblé ou en wifi.

Comment faire un pitch percutant ?

Voici quelques conseils pour relever le défi dans la conception du pitch en 7 étapes

1. Soyez concis

Vous disposez de peu de temps et chaque mot compte.

2. Soyez clair

Votre interlocuteur doit comprendre immédiatement ce que vous lui expliquez, cela signifie que vous devez impérativement bannir les jargons, les termes trop techniques, et les termes prêtant à confusion.

Cela est parfois difficile pour l’entrepreneur passionné par son sujet ; n’hésitez pas à faire le pitch devant un public non averti.

Pour être clair, il ne faut pas non plus chercher à tout dire. Si vous avez donné le sentiment de savoir ou vouloir tout faire, l’impression de l’investisseur sera très mauvaise.
3. Soyez précis et transparent

Vous devez donner confiance, et ne pas laisser penser que vous avez des choses à cacher ou que vous n’êtes pas prêt à échanger en toute transparence.

Par exemple, au sujet de l’équipe : éviter d’être vague sur les parcours, et citez vos employeurs précédents. Sauf cas exceptionnels, vous ne devriez pas avoir à cacher par où vous êtes passés.

4. Ayez une attitude dynamique et impactante, qui marque les esprits

Vous devez avoir en tête que votre interlocuteur a plein d’autres choses à faire de plus important. Votre pitch doit donc être court, surprenant et captivant. Vous devrez marquer les esprits et «réveiller» votre auditoire.

5. Soyez attentif à votre débit

Attention à ne pas avoir un débit trop rapide sinon votre interlocuteur ne comprendra rien. Prenez votre temps (ayez en tête un débit d’environ 150 mots par minute).

Pour connaître votre débit naturel, n’hésitez pas à faire l’exercice suivant : prenez un chronomètre et lisez un texte pendant une minute, et comptez le nombre de mots que vous avez lus en une minute.

Ceci est théorique car il faut avoir en tête que les silences sont importants dans un pitch. De plus vous pouvez et serez probablement coupé. Enfin, prenez en compte que votre débit augmentera certainement avec la pression le jour J… Il faut donc prévoir moins de 1500 mots pour votre pitch…

6. Dans votre discours, suivez la théorie des 7 « S » de Phil Walknell

• Simplicité : restez concis et clairs,
• Stories : racontez une histoire,
• Slides : maîtrisez les slides. Les images sont importantes pour marquer l’auditoire,
• Surprise : ne pas hésiter à surprendre l’auditoire pour maintenir son attention, et à faire preuve de créativité,
• Sentiments : touchez le public. Il faut le sensibiliser et réussir à ce qu’il se sente concerné.
N’hésitez pas à faire appel au sens de l’humour des investisseurs.
• Say again : n’hésitez pas à répéter les mots clés ou la phrase d’accroche,
• Summary : à la fin de la présentation, résumez les grandes lignes du projet pour rafraîchir la mémoire du public, et lier les différentes parties entre elles.

Et par-dessus tout, le mot d’ordre : donner envie. Il faut qu’il y ait de la magie, de la passion et une vision claire et précise qui sera le fil rouge de la présentation.
7. Vendez-vous!

L’exercice du pitch permet d’avoir un premier ressenti sur les dirigeants, et l’investisseur va évaluer un certain nombre de points :

• Quelle est la cohésion de l’équipe? Y-a-il un décideur ?
• Ont-ils l’air convaincu ?
• Leur démarche est-elle professionnelle?
• Résistent-ils à la pression ?
• Sont-ils de bons commerciaux ? Ils évaluent votre capacité à les convaincre et à leur
• « vendre » votre projet, car elle augure en partie votre capacité commerciale auprès de clients, de partenaires…
Attention : ne pêchez pas par excès de modestie, ni par excès de confiance… Il faut trouver le juste équilibre pour être crédible !

Plusieurs conseils à suivre avant de pitcher devant les investisseurs…

1. Consacrez-y du temps !

Cela prend plus de temps de préparer une présentation synthétique ! Vous devrez donc travailler et retravailler votre pitch jusqu’à la rendre efficace. Chaque phrase doit être pensée et validée. Vous n’avez pas le loisir de l’improvisation, ni de l’hésitation. Vous devrez être percutant sur chaque mot.
2. Entraînez-vous !

Le meilleur moyen de faire un pitch percutant est d’abord de s’entraîner à maintes reprises et devant des auditoires différents et notamment auprès de personnes qui ne sont pas familières de votre activité. Deux intérêts majeurs :

• Vous assurer de la maîtrise de cette présentation. Vous devez être à l’aise et capables de l’adapter le jour J si nécessaire.

•        Vous confirmer qu’elle est bien claire, concise, dynamique, crédible, convaincante…
3. Renseignez-vous pour adapter votre pitch à l’auditoire

Même si la trame du pitch ne change pas fondamentalement, il faut savoir l’adapter aux interlocuteurs afin d’accrocher au mieux avec eux. Avant de leur faire le pitch, l’idéal est de se renseigner sur internet et de se poser les bonnes questions :

•        Quelles sont leurs attentes ?

•        Quels types d’investissement ont-ils déjà fait ?

•        Quels sont leurs critères d’investissement ?

•        Quelles sont leurs passions ? Leur parcours ?

• Demandez-vous toujours pourquoi vous souhaiteriez avoir votre interlocuteur comme investisseur plutôt qu’un autre. Au-delà de l’aspect financier, que peut-il vous apporter ?

Pour en savoir plus …
Si vous désirez aller plus loin dans la construction et la préparation de «présentations magiques», voici quelques références :
• Garr Reynolds , Présentation zen, édition Pearson, publié en avril 2012
• Les  conférences TED  (Technology,  Entertainment  and  Design)  disponibles  sur  le  site
http://www.ted.com.
Les conférences TED, sont une série internationale de conférences organisées par la fondation à but non lucratif Sapling foundation. Cette fondation a été créée pour diffuser des « idées qui valent la peine d’être diffusées » et mettre gratuitement à la disposition du public les meilleures conférences sur son site Web (Wikipedia).
En résumé
Cette présentation rapide demande un vrai rodage, mais elle est cruciale pour la levée de fonds, et elle servira ensuite pour convaincre aussi les clients, les partenaires, les futurs salariés.

En savoir plus sur http://business.lesechos.fr/outils-et-services/guides/guides-levee-de-fonds/le-pitch-200192.php?xtor=EPR-22-%5Bentrepreneurs%5D-20150811-%5BProv_LEE_hebdo_lot1%5D-1855918%402&fZTZsBxwrfjd1F77.99

Les 10 erreurs des pitchs d’entrepreneurs auprès des fonds de capital-risque

Le lancement d’une startup nécessite de lever des fonds auprès d’organismes spécialisés. Voici quelques règles à respecter afin de mettre toutes les chances de son côté.

À force de voir des entrepreneurs « pitcher » des fonds de capital-risque, on finit par remarquer des comportements récurrents. Voici dix erreurs communes que vous devez éviter lors de votre pitch, et des astuces pour augmenter vos chances de remporter la bataille.

Ne pas comprendre comment fonctionne un fonds de capital-risque

Avant votre pitch, mettez-vous au point sur ce que fait un fonds de capital-risque en général et ce qu’il recherche (un retour sur investissement via des activités générant des liquidités dans les 2 à 5 ans : entrée en bourse ou vente de l’entreprise). Il ne prête pas d’argent qui puisse être remboursé avec des intérêts. Quand vous avez levé des fonds auprès d’un fonds de capital-risque, vous vous dirigez vers la vente de votre entreprise.

Ne pas faire vos devoirs concernant le fonds de capital-risque que vous visez

Faites quelques recherches sur le fonds avec lequel vous avez rendez-vous. La plupart des sites Internet des fonds de capital-risque sont excellents et expliquent clairement ce qu’ils font et où ils investissent. Assurez-vous d’avoir ciblé un fonds qui corresponde à votre zone géographique, à votre industrie, au stade de croissance de votre entreprise, et à sa taille. Et assurez-vous qu’il ait des fonds à investir.

Vouloir lever des fonds trop tôt

Si votre projet nécessite encore plusieurs années de recherches universitaires en laboratoire, il est trop tôt pour faire appel à un fonds de capital-risque : ils n’aiment pas investir dans des projets de recherche. Et si vous n’avez que votre sourire et une présentation écrite à apporter, encore une fois il est trop tôt pour votre entreprise : les fonds veulent voir des produits concrets, et idéalement, des données clients.

Présenter les symptômes de la maladie du fondateur

L’investisseur prendra la fuite si vous vous montrez ingérable, inflexible et que vous n’êtes prêt ni à partager le contrôle de l’entreprise, ni à y faire entrer de nouveaux dirigeants au moment opportun. Faire entrer de nouvelles personnes peut apporter de bonnes idées, et il est rassurant pour lui que ces idées soient amenées par une équipe gérable qui fait passer les intérêts de l’entreprise avant tout le reste.

Manquer de données clientèle

Où en êtes-vous de la découverte des besoins clients ? Avez-vous une compréhension exacte du problème de votre client, du besoin qu’il ne peut combler ? Comment répond-il à ce besoin aujourd’hui, même si l’alternative n’est pas idéale ? Grâce à votre interaction avec le client pouvez-vous certifier qu’il optera pour votre solution une fois qu’elle sera disponible ? Pouvez-vous faire part de commentaires exprimés par le client ? Encore mieux, pouvez-vous fournir des données clients (par exemple des ventes réelles) ?

Ignorer la concurrence

Ne tombez pas dans le piège du « nous n’avons pas de concurrent » car cette affirmation cache un réel manque de compréhension à la fois de son entreprise et de son marché. Votre solution est peut-être meilleure/plus rapide/moins chère/plus cool que celle qu’utilise actuellement le client pour répondre à son besoin mais ne vous y trompez pas : toute entrée sur un marché, même l’innovation la plus folle, doit faire face à la concurrence. C’est ce qui se passe tout le temps.

Echouer à faire une proposition intéressante

Apportez-vous une réponse à un problème urgent du client (une morsure de requin) ou à un problème secondaire (une piqûre de moustique) ? Les fonds de capital-risque investissent dans des startup qui apportent une réponse aux morsures de requin.

Ne pas avoir de business model clair

Avez-vous un plan clair sur la façon dont votre entreprise va générer du chiffre d’affaire ? Trop d’entrepreneurs, en particulier dans les secteurs Internet et mobiles, répondent à la question « comment allez-vous gagner de l’argent ? » par : « En vendant le produit à Facebook ou Google. » Ce n’est pas un business model, c’est une stratégie de sortie, probablement irréalisable si vous n’avez pas en premier lieu une stratégie concrète de création de valeur.

Avoir un plan de lancement faible ou inexistant pour son produit

« Si on vend ce produit, les clients afflueront » ou « si nous obtenons 1% du marché, ce sera une réussite ». Quelle naïveté ! Les fonds de capital-risque veulent un plan de lancement terre-à-terre, avec une feuille de route opérationnelle claire détaillant le nombre de personnes et la zone géographique cibles, la méthode d’introduction du produit sur le marché et les stratégies de promotion du produit.

Si votre plan marketing respecte les 4 P : produit, prix, place (distribution), promotion, vous ne pouvez pas avoir tout faux.

Présenter des chiffres qui manquent de crédibilité

Vos prévisions de chiffre d’affaires sont-elles réalistes ? Procédez à des vérifications logiques : les ventes des années 4 et 5 représentent-elles une part raisonnable du marché adressable total ? Avez-vous pris en compte la concurrence ? Comptez-vous un délai de transition suffisant pour le lancement du produit, sa campagne marketing et pour réfléchir à des cycles de vente raisonnables ? Vos projections de profits sont-elles réalisables ?

Utilisez les ratios financiers d’entreprises similaires comme étalon (par exemple les dépenses de R&D, de marketing, de ventes, etc. exprimés en pourcentage de chiffre d’affaires, et les marges brutes et opérationnelles).

Enfin, souvenez-vous que quand un investisseur écoute votre pitch, il n’attend pas la « réponse magique » (il n’en existe pas). Il s’intéresse plutôt au processus de réflexion qui vous a mené à votre plan.

Les investisseurs ont tendance à être réfléchis, flexibles, logiques, alertes et à la recherche de quelque chose de concret. Ils aiment investir dans des équipes qui leur ressemblent, qui sont passionnées et qui font preuve d’une grande volonté d’exécution. En résumé, venez préparé puis détendez-vous et laissez parler votre enthousiasme.

Jim Price est un « entrepreneur en série » et un formateur professionnel. Il a lancé et géré plusieurs entreprise IT et a connu plusieurs succès : des ventes d’entreprises et une entrée en bourse. Au cours des dix dernières années, il a également occupé un poste à la Ross School of Business de l’université du Michigan, où il a travaillé en tant qu’entrepreneur en résidence à l’institut des études entrepreneuriales Zell-Lurie.

Cet article a été tiré de VC-List.

Les gens et l’argent : les paradoxes français

De l'argent en cadeau

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Devenir riche, mais sans que cela se sache. Epargner pour la retraite, mais pas tout de suite. Miser en priorité sur des placements sécurisés, mais en visant un rendement maximal. Les Français ne sont pas à un paradoxe près lorsqu’il est question d’argent et de patrimoine. Plusieurs études publiées cette semaine ont pointé leurs contradictions.

Se sont-ils concertés ? Ces derniers jours, trois instituts de sondage(1), et les commanditaires de ces études, ont étonnamment publié des enquêtes sur des sujets très proches : « Le rapport des Français à l’argent et aux riches », par l’institut Odoxa, « Argent et entraide familiale, entre devoir et pouvoir », par TNS Sofres, « Les Français, l’épargne et leur retraite », par l’Ifop et le Cecop. Les trois sondages ont été relayés dans les médias, en particulier le premier, qui estime à partir de quel revenu un Français est considéré comme « riche ». Mais ce flot d’études pointe aussi de multiples paradoxes dans la relation des Français à la richesse et à l’épargne, bref, à l’argent en général.

Etre riche, c’est mal perçu

Premier d’entre eux, ce mélange d’attirance et de malaise concernant la richesse. Les trois quarts des personnes interrogées par Odoxa jugent que c’est une « bonne chose » de vouloir être riche, la même proportion de Français s’étant fixés pour « objectif de vie » de « gagner de l’argent et de devenir riche ». Un cap qu’ils valident, selon cette étude, à partir de 5.000 euros de revenu mensuel net ou d’un patrimoine de 500.000 euros.

L’attirance est affichée, mais le tabou perdure : pour 78% des sondés, être riche est « mal perçu ». Le malaise est d’autant plus important lorsqu’il s’agit de parler d’épargne ou de patrimoine : près de sept Français sur dix se disent mal à l’aise pour livrer le montant de leurs avoirs financiers.

Il faut épargner pour la retraite, en théorie

Deuxième paradoxe : épargner pour la retraite apparaît de plus en plus comme une nécessité, cependant, une minorité de Français s’y attèlent sérieusement. Ainsi, 81% des non-retraités pensent que leur pension ne leur permettra pas de « vivre correctement » selon l’Ifop. Mais seulement 29% des mêmes personnes affirment placer « régulièrement » de l’argent en vue de leurs vieux jours.

Même conclusion dans une autre étude récente : les Français épargnent trop tardivement pour préparer une dépendance éventuelle de l’avis des conseillers en gestion de patrimoine. Et ils choisissent des placements qui ne sont pas les plus adaptés pour anticiper la dépendance. Paradoxe, encore, par rapport à la perte d’autonomie des membres de la famille. Un tiers des Français considèrent la fin de vie de leurs proches comme « l’un des événements les plus lourds à supporter financièrement » selon l’étude TNS Sofres sur l’argent et l’entraide familiale. Et pourtant : « ils ne sont que 12% à anticiper cette éventualité ».

Epargne : « le beurre et l’argent du beurre »

Prendre des risques ou assurer ses arrières ? L’étude Ifop-Cecop commandée par le Cercle de l’épargne relève une constante quant à leurs placements : la sécurité avant tout ! Elle est citée comme priorité par 38% des Français, devant la disponibilité (35%) et le rendement (27%).

Mais lorsque le sondeur interroge le même panel sur le niveau de rémunération de l’épargne, elle est jugée insuffisante à 87% ! Ce paradoxe trouve d’ailleurs une illustration concrète dans l’actualité récente. L’assurance-vie, produit d’épargne n°1 en France en termes de montant, enregistre jusqu’à présent en 2015 une collecte nette supérieure sur les fonds risqués (supports en unités de compte) à celle réalisée sur les supports non-risqués (fonds en euros). Dans une étude portant sur les douze principaux assureurs du marché, le régulateur du secteur, l’ACPR, annonçait même 68% de la collecte nette sur les unités de compte au premier trimestre 2015.

Et des clichés sur les produits bancaires

Concernant le Livret A, si souvent présenté comme le produit d’épargne préféré des Français, le paradoxe n’existe pas : sa rémunération reste scotchée à 1% et la collecte nette du Livret A est à nouveau négative en mai 2015, comme lors de onze des douze derniers mois. Depuis plus d’un an, l’idée qu’il ne rapporte plus rien fait son chemin. Une idée reçue lorsque l’on regarde l’évolution du rendement net d’inflation de ce produit d’épargne réglementée. A l’image de ce préjugé, cBanque va s’attaquer, pendant tout l’été, aux clichés sur les produits bancaires.

La Russie comprend bien la politique de Tsipras

World Vision

Moscou – Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, comprend bien la politique du Premier ministre grec, Alexis Tsipras, et espère que Bruxelles évitera à la Grèce un scénario aux conséquences néfastes, a annoncé lundi le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Sergueï Lavrov a exprimé sa compréhension pour les actions entreprises par Alexis Tsipras et espère que Bruxelles évitera un scénario aux conséquences néfastes pour Athènes, indique le ministère dont le communiqué fait suite à une conversation téléphonique entre Sergueï Lavrov et son homologue grec, Nikos Kotzias.

Les deux ministres ont également discuté des perspectives de développement des relations bilatérales, note la diplomatie russe, qui indique qu’Athènes est à l’initiative de la conversation téléphonique.

Tirant les conséquences de l’échec de cinq mois de négociations avec l’UE, la BCE et le FMI, Alexis Tsipras a provoqué la stupeur dans la nuit de vendredi à samedi avec l’annonce…

Voir l’article original 155 mots de plus

The Importance of Professional Project Management

Private companies and government organisations involved in running large projects, or many smaller projects at the same time, already recognise the benefits of formal project management but as the amount of experience and knowledge gleaned from such tasks has increased so project management has become more complex.

Project-Management

And as it has become more complex so the tools and methodologies have had to evolve to keep pace.

It was the UK governmental body OGC (Office of Government Commerce) that back in 1989 first defined the structured methodology that has evolved today into the internationally recognised PRINCE2 methodology. It was originally established to help Government departments deliver the best value possible from its capital expenditure and is an acronym for Projects In a Controlled Environment. Of course, there are also other knowledge-based methods from APM (Association for Project Management) and PMI (Project Management Institute).

Formal methodologies are commonly used for software development, manufacturing, engineering, and construction projects to plan, schedule and control all of the tasks and activities required. More and more they are also being used by services and solutions companies in order to add discipline and control to their projects.

Consequently, managing projects is now a fundamental part of many businesses and the role of project manager is now a professionally recognised one, which involves not only planning, scheduling and controlling activities but also expertise in the management of risk, change and quality. The skills required to successfully complete projects are very much in demand in the competitive business environment and include not only a technical ability to efficiently manage tasks but also people management skills and good business awareness.

An internationally recognised qualification can be a real advantage but equally important are other skills such as:

  • An open-minded attitude to each new task
  • The ability to select the right software tools
  • Understanding the business case
  • Describing the business goal that the project is striving for
  • An ability to tailor methods and techniques to particular projects
  • Effective prioritisation of every part of the project
  • Negotiating skills for requesting additional resources
  • Learning lessons from previous projects to avoid repeating mistakes
  • Questioning all assumptions made
  • Diplomatic skills to gain support where required

Of course, all of these skills will only benefit a project manager with a good, sound understanding of professional methods and techniques.

It is essential to create a written document that clearly states the scope of the project. This might be known as the Scope Document, the Project Charter or the Business Requirements Document. Whatever it is called in your organisation the key factor is that the scope of the project, what is included and what is specifically excluded, is clearly and unambiguously documented and that it is approved by all of the stakeholders to the project.

This document will prove invaluable later on in the project when issues are bound to arise over what exactly should be delivered and where certain responsibilities lie. It will also help with assessing how realistic initial schedules and budgets are. A scope document should include a breakdown of the different tasks required to complete the project and an assessment of the likely benefits versus the costs in a cost-benefit analysis.

It is also essential to ensure that there is a communication plan in place so that all stakeholders, managers, team members and anyone else with an involvement in the project are kept fully aware of the progress of the project. Communicating is a two-way thing so the plan should allow for feedback and, more importantly, all feedback received should be assessed. Ignoring the concerns of anyone involved in the project, no matter how junior they might be, runs the potential risk of failing to deliver the project on-time and on-budget. By communicating effectively, vital commitment and cooperation will be gained from the team, and support from those who are affected but maybe not involved to any great extent. A lack of communication only serves to raise objections and generate resistance to a new project.

And while all this is going on a professional project manager will not forget to motivate and encourage the project team, to repeatedly monitor progress and adjust the project plans, where necessary, and to manage all the potential risks within the project. After all project management is simply about getting things done whether you choose to follow a PRINCE2, PMI or APMP methodology.

La Finance n’est pas un adversaire, mais un atout

  • La Finance n’est adversaire, atout

    Aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, la finance a retrouvé le soutien des politiques. Il faut faire de même en France où nous disposons d’entreprises financières d’excellence.

«  Mon adversaire, c’est le monde de la finance » : cette déclaration du candidat à la présidence de la République reflétait, en l’exagérant, l’hostilité d’une large partie de l’opinion à l’égard de la finance. Depuis la crise de 2008, cette hostilité n’était pas limitée à la France. Mais, aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, la finance a retrouvé aujourd’hui le soutien de fait, politique et économique, dont elle y a toujours bénéficié. Leurs places financières sortent renforcées de la crise et leurs entreprises ont gagné des parts du marché mondial.

Il est urgent pour la France de traiter aussi son industrie financière comme un atout national et non comme le bouc émissaire de discours électoraux ou comme la vache à lait qu’on taxe pour financer de bonnes œuvres politiques. Nos entreprises financières pourraient regagner les places perdues du fait de la crise. Et Paris peut se développer comme place financière internationale, à condition de s’en donner les moyens. Sinon, la lente érosion de notre position va s’accélérer, au grand dam du financement des PME et des ETI françaises.

Londres a deux atouts durables : l’anglais, langue mondiale du commerce et de la finance, et le fait que la majorité de l’épargne investie en actions est générée aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, puis y est gérée. Mais Paris a deux atouts essentiels : d’une part des grandes entreprises financières, banques, assurances et gestionnaires d’actifs, qui font partie des leaders mondiaux ou au moins européens, d’autre part des grands professionnels, opérateurs de marché, gérants d’actifs, enseignants et chercheurs en finance et en informatique, qui produisent de la recherche et des innovations reconnues mondialement. C’est un atout car la finance est une industrie basée sur la connaissance, comme les industries qui domineront le 21è siècle. Mais aujourd’hui, nous formons des financiers et des informaticiens qui trouvent ensuite de meilleurs débouchés à Londres ou aux Etats-Unis. Quand aux nombreuses startups françaises de la « fintech », elles sont tentées de se vendre à l’étranger.

L’avenir des entreprises financières françaises, de leurs 750 000 salariés et des 300 000 emplois indirects qui en dépendent, va se jouer dans les 5 ans qui viennent. Adversaire ou atout, c’est un choix politique qui doit être fait et déclaré au plus haut niveau de l’Etat. Bien entendu, ce choix est également essentiel pour le financement de l’ensemble de l’économie française,.

Une prise de conscience politique a été amorcée en 2014. Le ministre des Finances a mis en place un comité « Paris place financière 2020 », qui doit faire des propositions pour que Paris améliore son classement (qui n’est que 7éme !) parmi les places financières mondiales. Il faut aller plus loin, il faut reconnaître au plus haut niveau que les entreprises financières françaises, les grandes comme les startups, sont d’abord des entreprises qu’on doit « aimer » autant que les autres entreprises. Ce serait un changement d’attitude salutaire pour la France – surtout s’il était suivi d’action.

Vincent Ricordeau, l’Elon Musk de la finance

Après KissKissBankBank et Hello Merci, Vincent Ricordeau et ses deux associés, ont lancé Lendopolis. Trois plateformes de crowdfunding dont l’essence est de forcer la finance à repenser son rapport à l’homme et à la société. Rien de moins.

Vincent Ricordeau, l'Elon Musk de la finance

Le timide, chez Kiss­KissBankBank, n’a clairement pas sa place. Ici, tout s’entend, se dit, se sait. Pas question de s’isoler, de compartimenter, de diviser. « Pour être seul, la seule solution, c’est les toilettes », plaisante, mais pas tout à fait, le fondateur, Vincent Ricordeau. L’organisation est librement inspirée du lean management, et ça se voit. Ici, aucune cloison ni salle de réunion ne viennent heurter le flux collaboratif des salariés, dont l’organisation, en mode projet, ne vise qu’un seul impératif :l’innovation. C’est que, sous ce tropique bobo parisien, dans ce vaste open space, situé, tel un clin d’oeil bien senti, Passage du Paradis, on est bien décidés à, ni plus ni moins,repenser le système financier mondial. Et l’équipe de 15 salariés, menée par les trois cofondateurs, a déjà commencé. Après le don aux particuliers avec KissKissBankBank en 2009, le prêt solidaire avec Hello Merci en 2013, Vincent Ricordeau, sa femme, Ombline Le Lasseur, et le cousin de celle-ci, Adrien Aumont, s’attaquent, depuis septembre 2014, aux prêts rémunérés aux entreprises. Précurseurs, ils ont été, avec Lendopolis, les premiers à s’engouffrer dans la brèche ouverte par la nouvelle réglementation qui, depuis le 1er juillet, autorise les PME à emprunter aux internautes jusqu’à 1 M€.

Stricts critères de sélection

Mais pour profiter des taux de crédit attractifs (entre 4 et 10 %), encore faut-il répondre aux très stricts critères d’acceptation du dossier (deux ans d’existence, projet défini, bilan et business plan visés par un expert-comptable). Sur les 400 que la plateforme a reçus pour son lancement, elle n’en a sélectionné qu’une trentaine. « Nous visons, pour notre première année, le zéro taux de défaut« , assène le père de deux enfants.

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Pour autant, Vincent Ricordeau le dit et le répète : Lendopolis n’est pas, loin s’en faut, un établissement bancaire nouvelle génération. « Pour les PME, il ne s’agit pas d’ouvrir un guichet de crédit supplémentaire, mais de constituer une communauté d’investisseurs qui suivent et supportent un projet. L’autre grande différence, c’est que notre analyse se fait, non pas sur l’historique, mais à l’instant T et sur le prévisionnel, insiste l’homme de 45 ans. Nous restons fidèles, en cela, aux principes du crowdfunding, actuellement dévoyés par les mauvais réflexes de la finance. » Comprenez par là ses concurrents, qui lancent les projets de grands noms qui ont pourtant un accès aisé aux crédits.

Les vastes promesses du crowdfunding

C’est que Vincent Ricordeau aime à se comparer autant à ses rivaux qu’à ses modèles. Pas étonnant que, parmi eux, figurent Richard Branson ou Elon Musk. « Leur courage à bouleverser l’ordre établi, à imaginer des systèmes inédits, à oser transformer, c’est tout simplement génial », s’enthousiasme-t-il. Une ambition qu’il est bien déterminé à déployer par la création, bientôt, d’une quatrième plateforme dédiée aux start-up et fondée sur un système, non pas de prêts, mais d’actions. « Je ne suis pas, comme mes détracteurs aiment à le croire, un altermondialiste ou un Bisounours. Je sais que l’argent se rémunère par l’argent. Mais je crois sincèrement que lecrowdfunding peut changer la finance de l’intérieur pour l’humaniser. »