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Innovation : Tesla Motors lance une batterie pour transformer « l’énergie mondiale « 

Tesla Motors a dévoilé une « batterie pour domicile » destinée selon le fondateur de la société Elon Musk à changer « la totalité de l’infrastructure énergétique dans le monde ».

Prié de dire si Tesla envisageait de transformer son nom en Tesla Energy, Elon Musk s'est contenté de répondre que la société avait à présent deux adresses de courriel, teslamotors.com et teslaenergy.com. BILL PUGLIANO / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Prié de dire si Tesla envisageait de transformer son nom en Tesla Energy, Elon Musk s’est contenté de répondre que la société avait à présent deux adresses de courriel, teslamotors.com et teslaenergy.com
 

Le groupe californien a ainsi présenté sa batterie domestique rechargeable lithium-ion baptisée Powerwall, qui permet le stockage de l’électricité accumulée via l’énergie solaire et la régulation de son usage.

« Notre but est de changer fondamentalement la manière dont le monde utilise l’électricité (…). Le but est une transformation totale des infrastructures énergétiques de la planète », a déclaré le directeur général Elon Musk lors d’une conférence de presse donnée au studio de conception de Tesla à Hawthorne (Californie).

Vers un changement de nom ?

Prié de dire si Tesla envisageait de transformer son nom en Tesla Energy, Elon Musk s’est contenté de répondre que la société avait à présent deux adresses de courriel, teslamotors.com et teslaenergy.com.

Il a ajouté que SolarCity serait l’associé privilégié pour l’installation des matériels mais qu’il y en aurait aussi beaucoup d’autres.

Les prix de vente sont de 3.500 dollars pour des installations de 10 kWh et de 3.000 dollars pour 7 kWh.

SolarCity, leader américain de l’énergie solaire domestique par la part de marché et qui bénéficie de l’appui de Tesla, a fait savoir de son côté qu’il commençait à prendre les commandes pour ces nouveaux systèmes dès ce vendredi 1er mai, les premières installations étant prévues pour octobre.

Un chiffre d’affaires qui pourrait atteindre 4,5 milliards de dollars

Tesla pense dégager une marge brute faible mais croissante sur le segment batteries au quatrième trimestre et que ce dernier sera sans doute nettement rentable l’an prochain.

Deutsche Bank estime que les ventes de systèmes de batteries fixes de stockage d’électricité pour les ménages et les entreprises pourrait représenter jusqu’à 4,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires pour Tesla.

Les analystes pensent que Tesla concevra de tels systèmes à partir des mêmes batteries produites pour ses véhicules électriques dans une grande usine que la société bâtit au Nevada.

Total, GE ou Siemens sur les rangs

Ces systèmes, libérés de toute énergie fossile, reposeraient sur des panneaux solaires disposés sur le toit d’une habitation générant de l’énergie pour l’ensemble des appareils électriques de la maison et permettant également la recharge des batteries d’une Tesla modèle S qui serait au garage.

L’industrie du stockage de l’électricité, que l’on valorisait à peine 200 millions de dollars en 2012, atteindrait les 19 milliards de dollars en 2017, selon le cabinet spécialisé IHS CERA.

Tesla et SolarCity ne seront pas les seuls à solliciter des subventions pour développer cette nouvelle énergie. Coda Energy, propriété du fonds d’investissement Fortress Investment, et des start-ups s’appuyant sur des sociétés telles que Total , General Electric ou encore Siemens sont en lice pour se faire une place au soleil sur ce nouveau segment.

Les entreprises de taille moyenne contribuerait à 40% du PIB français

HSBC vient de rendre public un rapport commandé à Oxford Economics sur la contribution à l’économie des entreprises de taille moyenne. L’étude prend notamment en compte les impacts sur la chaîne logistique et la consommation.

Les entreprises de taille moyenne contribuerait à 40% du PIB français

HSBC s’intéresse aux entreprises de taille moyenne (ETM), cette nouvelle catégorie d’entreprises qui sont ni plus ni moins de grosses ETI (entre 50 millions et 500 millions USD de chiffre d’affaires). Et pour cause : ces entreprises ni grandes ni petites contribueraient en moyenne à 30% du PIB de leur pays. « Ces ETM constituent non seulement la colonne vertébrale des économies nationales mais aussi le vecteur de croissance des années à venir », estime Andrew Wild, directeur général délégué et directeur du marché des entreprises de HSBC France.

C’est en tout cas les conclusions d’un rapport que l’établissement bancaire a commandé à Oxford Economics et qui s’intéresse à la contribution à l’économie des entreprises de taille moyenne dans 15 pays différents (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Chine, Inde, Turquie, Pologne,Brésil, Emirats arabes unis…).

Impact sur la logistique et la consommation

Afin de déterminer l’impact global des ETM sur chacune de ces différentes économies nationales, l’étude c’est non seulement intéressé aux chiffres d’affaires des entreprises étudiées mais aussi à leur impact sur la chaîne logistique et la consommation.

En effet, si leur activité a un impact direct sur les PIB nationaux (chiffres d’affaires, emplois directs), elle contribue également au PIB et à l’emploi dans la chaîne logistique en achetant des biens et des services; par ailleurs, les ETM ont également un impact sur la consommation intérieure, à travers les personnes qu’elles emploient (directement ou indirectement).

Ainsi, en France, les 9290 ETM contribueraient à 16,5% du PIB français de manière directe (1,027 millions USD de CA, 2,7 millions d’emplois directs), auxquels s’ajouteraient 12,5% du PIB pour leur impact sur la chaîne logistique et 10,5% pour leur incidence sur la consommation nationale. Quasiment 40% du PIB français serait donc réalisé grâce au ETM.

Les ETM françaises plus performantes que les allemandes

L’étude s’intéressant à 15 pays, elle permet d’établir des comparaisons entre les différents pays.

Si l’Allemagne est le pays européen qui compte le plus d’ETM (11 920) et le plus grand nombre d’emplois directs liés à cette catégorie d’entreprise (4,7 millions), les ETM françaises et britanniques sont plus performantes (respectivement 16,5% et 17,2% du PIB).

Les ETM françaises sont particulièrement performantes : avec seulement 2,7 millions d’employés directs et 4,4 millions d’emplois indirects (ce qui la place à ce titre au 5e rang des entreprises étudiées), elleS contribueNT directement et indirectement à 40% du PIB (premier rang des pays étudiés en termes d’impact économique global). Pour rappel, l’Allemagne emploie 4,7 millions d’employés de manière directe et la Grande-Bretagne 3,4 millions.

En France, prédominance du service aux entreprises

Ce sont les ETM du secteur des services aux entreprises qui contribuent le plus au PIB national (6,5%, hors administration publique, santé et éducation). En effet, même si le nombre d’ETM est le plus important dans le secteur du commerce de gros et de détail (27,2% des ETM françaises), ces dernières ne fournissent que 2% du PIB.

En termes d’emplois, c’est le secteur des services qui en fournit le plus, avec 3,9% de l’emploi national.

Entreprises : alerte au phishing !

La Banque de France vient de publier sur son site internet une alerte mettant en garde les particuliers, mais également les entreprises, sur la recrudescence des tentatives d’usurpation d’identité.

Le phishing (hameçonnage ou filoutage) est une technique utilisée par des fraudeurs consistant à « partir à la pêche » aux données personnelles sur internet. L’un des moyens utilisés étant l’usurpation d’identité. Ainsi, ces personnes malveillantes se font passer pour une grande entreprise ou un établissement financier en envoyant des emails frauduleux ou en contactant directement par téléphone les particuliers ou les entreprises afin d’obtenir le mot de passe de leur compte bancaire, les numéros de leur carte de crédit, etc.

En pratique, les fraudeurs utilisent le nom, le logo mais aussi certains numéros de téléphone et adresses électroniques de l’entreprise ou de l’établissement financier. Le destinataire de ce type de message est très souvent invité à cliquer sur un lien renvoyant sur un faux site. Et le tour est joué !

La Banque de France, qui constate que son nom et ses coordonnées sont actuellement utilisés, appelle à la plus grande vigilance et invite le public à ne surtout pas répondre à ces sollicitations. Elle souligne, d’une part, qu’elle ne demande jamais que lui soient communiquées des coordonnées bancaires (que ce soit par courrier électronique ou par téléphone), et d’autre part, que les pouvoirs publics ont mis en place une plate-forme sur laquelle il est possible de signaler les escroqueries par phishing dont les internautes ont été victimes.

Conseil :  il existe plusieurs astuces pour se protéger de ces attaques :
– plutôt que de cliquer sur les liens affichés dans les courriels, choisir de saisir l’adresse manuellement dans le navigateur ;
– s’assurer également de la présence du cadenas qui doit apparaître dans le navigateur et que l’adresse du site commence par https au lieu de http ;
– utiliser un filtre permettant de réduire le nombre de courriels indésirables.

Pourquoi la France ne parvient pas à réduire ses dépenses

Entre 2015 et 2017, la France s'est engagée à réduire ses dépenses publiques de 50 milliards d'euros.

Pour France Stratégie, les pays qui parviennent à réduire leurs dépenses sont ceux qui opèrent des arbitrages entre postes budgétaires, s’opposant à une réduction proportionnelle de chacun d’entre eux.

Les pays qui réduisent leurs dépenses publiques sont ceux qui choisissent de faire des économies sur des postes bien ciblés, c’est la conclusion que l’on peut tirer de la note d’analyse de France Stratégie sur la réduction des dépenses publiques, publiée ce lundi.

Or, la France est un des pays européens qui a le moins modifié la structure de ses dépenses sur la période 2009-2012 et donc, un de ceux qui a le moins réduit ses dépenses publiques, révèle l’organisme de concertation et de réflexion rattaché au premier ministre. Les revues stratégiques, qui impliquent des choix quant aux dépenses auxquelles il faut renoncer ou sauvegarder, comptent parmi les moyens les plus efficaces d’obtenir des réductions. Une telle revue exige un fort arbitrage qui dépend des préférences nationales et des priorités des autorités politiques.

«Pour qu’une revue stratégique soit efficace, explique Vincent Aussilloux, chef du département Economie-Finances à France Stratégie, il faut qu’elle bénéficie à la fois d’une forte volonté politique et d’un fort degré d’appropriation des administrations concernées. Par exemple, s’il s’agit d’une réduction des dépenses de santé, l’administration concernée sera le ministère de la Santé». L’objectif de réduction des dépenses pluriannuel doit être précis et ambitieux. «La revue stratégique doit pouvoir évaluer tous les champs de dépenses même si elle décide finalement de ne toucher que quelques postes, par exemple les transports et le logement. Ce procédé global permet de faire un choix éclairé entre les différents postes et de définir des priorités, contrairement à la méthode du rabot qui réduit toutes les dépenses dans la même proportion, sans discernement, sans efficacité», poursuit Vincent Aussilloux.

La France a réalisé des exercices de revue de ses dépenses publiques ces dernières années, mais avec des résultats limités: «D’abord entre 2007 et 2010 avec la Révision générale des politiques publiques (RGPP) et, depuis 2013, avec la Modernisation de l’action publique (MAP). Dans les deux cas, les effets de ces revues ont été de faible ampleur. La RGPP aurait conduit à une réduction des dépenses publiques de l’ordre de 11 milliards d’euros, et il est difficile d’estimer les effets de la MAP», indique France Stratégie. Les raisons? «Le faible champ d’application de ces revues et l’absence d’objectifs de la dépense chiffrés et ambitieux», justifie la note d’analyse. Entre 2015 et 2017, la France s’est engagée à réduire ses dépenses publiques de 50 milliards d’euros à travers le Pacte de responsabilité «et il est indéniable que cet effort se fait déjà au prix d’arbitrages difficiles», commente France Stratégie.

Notons que ce ne sont pas forcément les pays qui modifient le plus la structure de leurs dépenses qui les ont le plus domptées. Certains Etats peuvent faire peser le poids de leur ajustement budgétaire sur certaines dépenses déterminantes pour leur croissance potentielle: «investissement en R&D, éducation, formation», énumère le rapport. Le Royaume-Uni apparaît comme un des pays européens ayant opéré les arbitrages les plus importants. Pourtant, ses dépenses publiques n’ont pas diminué significativement entre 2009 et 2012.

Par ailleurs, certaines dépenses comme les retraites ou l’indemnisation du chômage ne dépendent pas seulement de décisions budgétaires mais aussi, respectivement, de la démographie et du taux de chômage.

Entre 2004 et 2007, la France est déjà l’un des pays où les différentes dépenses évoluent de manière proportionnelle sur chaque poste. L’augmentation des dépenses publiques sur cette période a aussi été le fruit d’une augmentation généralisée des dépenses. Plus que d’un arbitrage …..

Here’s how Warren Buffett sees the stock market

After closing at 5,048 back in March 2000, the Nasdaq took more than 15 years to close above that level, closing at 5,056 on Thursday to make a new record closing high. During the day on Thursday, the S&P 500 also breached an intraday record high.

And while it’s been a long road for some investors, even those who got into the market at the absolute top of the tech bubble have enjoyed huge gains over the last decade-plus as long as they kept their head down, stayed calm, and stuck to a consistent investment plan.

Back in October 2008, at the absolute height of the financial crisis, Berkshire Hathaway CEO Warren Buffett wrote an op-ed in the New York Times telling the country to do just that — stay calm.

Buffett wrote that he had been buying American stocks during the recent panic, and he urged people worried about markets to take a long view, writing:

A little history here: During the Depression, the Dow hit its low, 41, on July 8, 1932. Economic conditions, though, kept deteriorating until Franklin D. Roosevelt took office in March 1933. By that time, the market had already advanced 30 percent. Or think back to the early days of World War II, when things were going badly for the United States in Europe and the Pacific. The market hit bottom in April 1942, well before Allied fortunes turned. Again, in the early 1980s, the time to buy stocks was when inflation raged and the economy was in the tank. In short, bad news is an investor’s best friend. It lets you buy a slice of America’s future at a marked-down price.

Over the long term, the stock market news will be good. In the 20th century, the United States endured two world wars and other traumatic and expensive military conflicts; the Depression; a dozen or so recessions and financial panics; oil shocks; a flu epidemic; and the resignation of a disgraced president. Yet the Dow rose from 66 to 11,497.

From the point Buffett was writing in October 2008,, the Dow, S&P 500, and Nasdaq all fell at least another 20%.

Today, however, these average are back at or near all-time highs.

This chart from JPMorgan Asset Management is what the craziness of the market on any one day looks like to Buffett; being patient, in short, tends to pay off.

Markets COTD April 23JPMorgan Asset Management

Il est temps de se débarrasser du «modèle du déficit»

Les citoyens sont en mesure comprendre la science et de débattre d’enjeux scientifiques qui touchent la collectivité.

En août dernier, notre article « Thinking outside the ‘knowledge deficit’ box » (Dire adieu au « modèle du déficit ») a été publié dans la section « Science et Société » de la revue spécialisée en biologie moléculaire EMBO reports. Nous sommes ravies de cette publication puisqu’elle est issue d’une collaboration atypique entre des champs de recherche très différents : les sciences dites pures, la sociologie des sciences (les sciences studies) et l’éducation.

Dans cet article, nous proposons que les champs de Public Understanding of Science (PUS) (compréhension des sciences par les citoyens) et de Science and Technology Studies (S&TS) (étude des sciences et technologies) soient mis à contribution dans la formation des scientifiques. Les PUS et les S&TS sont des lieux de recherches interdisciplinaires liés aux sciences humaines qui s’intéressent aux relations entre les sciences et la société, à la nature et aux rôles de l’expertise scientifique dans différents contextes. Le point de vue que nous défendons est le suivant : la familiarisation des scientifiques avec des résultats de recherches et des outils théoriques produits dans les champs de PUS et de S&TS offrirait ’aux scientifiques la possibilité d’avoir des vies professionnelles plus épanouies et davantage en adéquation avec les besoins sociétaux actuels. Prenons un exemple.

Il est attendu, de nos jours, que les scientifiques soient capables d’interagir avec les citoyens, les journalistes et les représentants politiques. Or, la communication entre les scientifiques et les citoyens est parfois complexe notamment parce que ces derniers sont souvent considérés comme des personnes déficitaires de connaissances et de capacités de compréhension des enjeux liés aux savoirs scientifiques. Dans une telle perspective (appelée « modèle du déficit ») on considère que les citoyens doivent être éduqués. En dépit du fait que des études en S&TS et en PUS aient mis à mal sa validité en montrant que les citoyens sont en mesure de comprendre les sciences et les incertitudes liées à la recherche, le modèle déficitaire est couramment utilisé dans le milieu scientifique.

Or, d’autres modèles d’interactions entre les citoyens et les scientifiques sont possibles (le modèle du débat et celui de la co-production de savoirs). Ces modèles supposent que les citoyens peuvent avoir une expérience pertinente des questions sociotechniques en jeu, qu’ils ont les compétences cognitives et discursives pour participer à la définition du problème mais aussi à la co-production des savoirs pertinents. C’est la démonstration qu’ont fait des citoyens de la ville de Québec engagés dans la controverse autour de la pollution au nickel.

Le modèle déficitaire de production des savoirs s’avère plus souvent qu’autrement confortable pour les chercheurs. Il valorise le scientifique (qui est à la fois producteur et détenteur de savoirs) et relègue les citoyens (journalistes, décideurs et représentants politiques) aux rangs de personnes à (in)former. Or, la perpétuation chez les scientifiques d’idées reçues à l’égard de rôles et capacités limités du public leur alourdit la vie et leur rend la tâche ardue lorsque vient le temps, pour eux, d’entrer en relations avec des journalistes, des citoyens, des décideurs ou des représentants politiques. En effet, être la personne qui sait et qui doit formuler des recommandations comporte différents défis qui peuvent être lourds à porter. Connaître des recherches et des outils théoriques du type de ceux présentés plus haut peut permettre aux scientifiques d’être plus à l’aise dans leurs interactions avec les citoyens tout en exerçant une autocritique plus éclairée.

Il est difficile de sortir du paradigme déficitaire. La difficulté est en partie structurale : la recherche scientifique s’inscrit dans un système fortement autorégulé. En effet, la majorité des interactions des chercheurs se font avec d’autres chercheurs et l’évaluation des projets de recherche est effectuée par les pairs. En ce sens, il apparait qu’une vaste part de la vie scientifique s’effectue d’une façon qui supporte – parce qu’elle ne la met pas à l’épreuve – la perpétuation du modèle du déficit. C’est pourquoi il nous apparait judicieux que ces questions soient abordées durant la formation des scientifiques. La vie professionnelle des chercheurs pourrait en bénéficier.

Mme Pouliot, professeure agrégée en éducation de science à l’Université Laval, s’intéresse aux points de vue des futurs enseignants sur la participation des acteurs sociaux à la gestion des controverses socioscientifiques actuelles. Mme Godbout, chercheure postdoctorale au Service canadien des forêts, travaille en génétique des populations et s’intéresse à l’histoire évolutive de différentes espèces forestières.

Comment créer des personnas efficaces

Le client est roi et R.O.I.  Aujourd’hui plus que jamais la connaissance du client est déterminante pour être à même de personnaliser vos messages à chaque étape du processus d’acquisition (sale funnel), depuis la notoriété jusqu’à la décision d’achat. Le chiffre est désormais connu, bien que variant selon les sources : il faudrait entre 5 et 7 points de contact avant qu’un chaland devienne un client et 60% du process repose entre les mains du marketing et des contenus produits (source Hubspot).

D’où la pertinence de la mise en place d’une stratégie d’Inbound Marketing pour capter le futur client fidèle et l’accompagner tout au long de son parcours. Un point crucial dans cette mise en oeuvre est en amont celui de la détermination du profil des clients types :les personas, soit des représentations fictives et archétypales du client idéal.

Pour créer ce client, l’entreprise s’appuiera sur des données issues de ses propres sources (crm, sgbd, analytics…) mais aussi sur des spéculations sur son éducation, ses patterns comportementaux, ses motivations et ses objectifs. Ces informations formalisées constituent une connaissance de votre client et donc ses problèmes que vous vous emploierez à résoudre avec votre proposition de produit ou de service. Et cette connaissance vous donne aussi l’opportunité d’adapter la communication et le langage à employer selon les profils visés.Autrement dit, toute votre stratégie marketing de contenus ou autre s’appuiera sur vos personas.

Selon l’infographie ci-dessous, l’importance des personas comme levier de vente est désormais reconnue par les marketeux, même si 56% d’entre eux avouent n’en avoir pas encore créés. Laquelle infographie détaille les différentes étapes pour ce faire.

A commencer par la collecte des informations internes auprès des équipes de ventes, les plus à mêmes de typer leurs clients tout comme l’équipe marketing ou du SAV. Toutes les données seront concaténées dans un simple fichier Excel. A vous ensuite de trouver des points communs par exemple dans le comportement de navigation de vos prospects. Une opération qui peut être répliquée en collectant les informations issues des réseaux sociaux. L’inconvénient pointé par l’infographie est que cette méthode n’apporterait pas d’insights supplémentaires à ceux déjà connus.

Deuxième étape : utiliser les outils online à disposition. Le premier d’entre-eux le plus simple, le formulaire. Ce peut-être un simple formulaire Google Doc, ou un sondage plus poussé avec Survey Monkey ou tout autre outil approprié. Les réseaux sociaux et études sont aussi des sources précieuses pour dresser le profil de vos clients. Ces outils ont le mérite d’être peu onéreux, de renforcer les informations à disposition, mais en contrepartie obèrent le comportement des prospects dans le monde réel. Retrouvez ici une liste d’outils pour vos enquêtes

 

Troisième étape: la plus importante : l’interview de vrais clients (les vôtres ou ceux de vos concurrents) Bien menée l’interview permettra de circonstancier et déterminer les motivations des acheteurs. Ainsi, comme le cite l’infographie, un directeur marketing a découvert que 70% de son budget marketing était dépensé en pure perte. Ces 70% étaient sans doute consacré à la promotion de la marque, ce dont tout client se moque.

C’est le contexte stupide !

Surtout comme l’indique l’extrait de l’infographie ci-dessous, l’interview vous permettra de déterminer le contexte dans lequel s’inscrit la décision de l’acheteur. Connaître précisément le contexte permet de réduire les données inutiles ou non pertinentes pour concevoir votre persona.

contexte interview

Les 5 anneaux de l’achat décrits ont le mérite d’être clairs :

– Pourquoi votre solution est-elle choisie au détriment d’une autre
– Facteur de succès : Quel changement devriez-vous faire pour améliorer le produit ou service
– Perception : pourquoi votre solution n’est-elle pas perçue comme pertinente
– Parcours client : quels sont les critères d’évaluation prévalant à une décision d’achat
– Critère de décision : Quels sont les acheteurs et quels sont les ressources sur lesquelles ils appuient leur choix.

Fort de ces données vous pouvez alors répondre aux 5W +H

Who : qui convaincre dans l’entreprise
What : quelle information devez-vous leur fournir pour les convaincre
When: quand le chaland est-il le plus réceptif à votre message
Where : où trouver le prospect avec votre marketing de contenus
Why : pourquoi vous pouvez mettre sur pied le meilleur plan d’action marketing et de vente est le meilleur plan d’action
How : comment élaborer des arguments convaincants pour vendre votre solution

A la fin vous obtiendrez une fiche type comme celle réalisée par le Buyer Persona Institute qui détaille 5 les 5 critères listés ci-dessus ajoutés aux 5W.

fiche type d'un persona

A ce stade, vos personas sont clairement définis et surtout, vous êtes alors à même de fournir ce qui intéresse réellement le futur client.

Définir des personaes efficaces

Comment créer des personas efficace

D’autres méthodes existent pour créer des personas, dont la carte d’empathie. Comme son nom l’indique elle consiste à se mettre à la place de votre persona et de répondre à des questions pour dresser son profil. Aussi efficace, elle s’appuiera pour remplir les champs sur le même type d’informations que pour créer un persona.

L’essentiel consiste dans un second temps à réellement actionner ses informations, par exemple en ciblant à l’aide publicité sur les réseaux sociaux une population correspondante à vos personas ou encore en proposant des solutions susceptibles de répondre à leurs préoccupations. Et ne croyez pas que les personas soient réservés au seul marketing. Par exemple, dans la presse, nombre de quotidiens ont défini des personas pour lesquels les journalistes écrivent ou encore, en amont d’un projet de design ou d’UX, se pencher sur les besoins et attentes d’un utilisateur permet de cadrer avec plus d’acuité les développements. En substance, toute interaction virtuelle nécessite une définition d’un ou plusieurs personas, une incarnation pour revenir à une certaine réalité, parfois indispensable dans un univers ou le conceptuel a vite fait de prendre le pas.

Économie: 6 raisons de croire à la sortie de crise

Plus qu’une simple brise passagère, c’est bien le vent de la reprise qui souffle sur l’Hexagone. Les signaux qui l’attestent sont là. Des entreprises aux consommateurs, de la Bourse à l’export… Les raisons d’espérer

Un Rafale sur le porte-avion Charles-de-Gaulle au large de Toulon le 15 janvier 2015

Le Rafale a remporté, coup sur coup, ses deux premiers contrats à l’export.

Les ménages reprennent espoir

Ils ne voient pas encore la vie en rose, mais cela va (un peu) mieux. Le moral des ménages atteint son plus haut niveau depuis près de cinq ans, et la consommation repart.

L’automobile redémarre

Les immatriculations de voitures particulières neuves en France décollent (+ 9,3% en mars), et les professionnels tablent, à présent, sur une hausse de 2% du marché en 2015. Au grand soulagement desconstructeurs tricolores.

Le Rafale s’exporte

Les grands contrats sont de retour. Après avoir signé avec l’Egypte, en février, la première vente à l’export du chasseur de Dassault, la France a annoncé, le 10 avril, l’acquisition de 36 autres avions par l’Inde. Le mois dernier, c’est Airbus Helicopters qui emportait un marché de 1,5milliard de dollars en Corée du Sud.

L’intérim recrute

Le chômage ne recule pas encore, mais l’emploi intérimaire, considéré comme un indicateur avancé du marché du travail, rebondit : il retrouve son plus haut niveau depuis trois ans.

Le CAC 40 efface la crise

L’indice vedette de la Boursede Paris est au plus haut depuis janvier 2008. L’euphorie du marché est telle depuis le début de l’année (+ 22 %) qu’il faut remonter à 1998 pour observer une envolée aussi vigoureuse.

Les grandes entreprises profitent

LVMH, Axa, L’Oréal… Les ténors de la cote affichent plus de 64 milliards d’euros de bénéfices cumulés en 2014. C’est la première fois depuis 2010 qu’ils progressent, et la hausse est sensible (+ 37%).

Blablacar, une start-up à 1 milliard d’euros?

Aujourd’hui, le Mexique: son 19e marché! L’entreprise française, leader mondial du covoiturage de longue distance, nourrit son expansion par des levées de fonds régulières. Retour sur l’extension du domaine de la marque.

Frédéric Mazzella Blablacar (c) Réa
 

Ça l’amuse: «Lorsque j’ai investi en 2010 dans BlaBlaCar, qui s’appelait à l’époque Covoiturage.fr, des confrères m’ont écrit “tu fais des deals baba cools”, raconte Jean-David Chamboredon, président du fonds ISAI. Ils y voyaient une sorte d’auto-stop numérique pour des gens avec des bandeaux dans les cheveux!».

Cinq ans plus tard, beaucoup d’investisseurs aimeraient avoir eu son flair. La dernière levée de fonds de 73 millions d’euros, en juillet, laisse penser que la start-up vaudra bientôt 1 milliard d’euros. D’autant que BlaBlaCar, leader mondial du covoiturage de longue distance, a racheté mi-avril son seul véritable concurrent européen, l’allemand Carpooling, pour atteindre 20 millions de membres.

Pourquoi le Mexique?

Aujourd’hui, le site a annoncé qu’il se lançait au Mexique, son 19e marché et le 1er en Amérique. Une implantation surprenante? Pas vraiment. La suppression des subventions à l’essence en 2010 y a fait grimper les prix à la pompe de 72% en 5 ans. De surcroît, le Mexique manque d’infrastructures ferroviaires pour relier ses 14 villes de plus d’1 million d’habitants. Le potentiel était là. Il a suffi à BlaBlaCar de mettre la main sur un acteur local, la start-up Rides, via une stratégie d’acquisition déjà éprouvée dans plusieurs pays, pour s’implanter.

BlaBlaCar fonctionne comme une place de marché, où se rencontrent l’offre (les conducteurs qui ont des places libres) et la demande (les passagers non motorisés qui cherchent une place). Le conducteur fixe son prix. Le vendredi soir, sur des liaisons comme Paris-Lille, on trouve une centaine de propositions à partir de 14 euros auxquels il faut ajouter une commission de 11,88% ainsi que 1,07 euro. C’est 3 fois moins cher que la SNCF au même moment. Après le trajet, les membres se notent, comme sur Airbnb ou PriceMinister.

Trois pilotes dans l’affaire

Cette success story, c’est d’abord celle de Frédéric Mazzella, 39 ans, normalien de formation. Il a eu l’idée de BlaBlaCar en décembre 2003, alors qu’il devait rejoindre sa famille pour Noël en Vendée et que les trains étaient complets. En 2004, il entreprend de coder le site. Troisans plus tard, Francis Nappez, directeur technique, et Nicolas Brusson, directeur de l’exploitation, deviennent ses associés.

«Ce qui a fait le succès de BlaBlaCar, c’est la détermination des dirigeants, salue Olivier Demaegdt, président d’IDVROOM, le site de covoiturage de la SNCF. Ils ont cherché avant tout à recruter leur communauté, tout en essayant plusieurs modèles économiques.»

Il y en aura 4, tous infructueux, jusqu’à la rencontre avec ISAI en 2009. «Avec Pierre Kosciusko-Morizet, on a dit à Frédéric: “le modèle de PriceMinister s’applique parfaitement à ton activité”», raconte Chamboredon, le président du fonds.Celui d’une market place qui sécurise la transaction entre les 2 particuliers.

En 2013, BlaBlaCar instaure la réservation en ligne avec commission. Jusqu’alors le paiement se faisait de la main à la main. En imposant aux passagers de réserver leur trajet, sous peine de conserver des frais de service, la start-up fait chuter le taux d’annulation, hantise des conducteurs, de 35 à 3%!

Pas de problème de carburant

Des levées de fonds régulières (voir graphique) ont alimenté la croissance exponentielle du site, et contribué à l’amélioration du produit, du recrutement, et surtout, de l’internationalisation, via la marque BlaBlaCar adoptée en 2013. Des augmentations de capital nécessaires, car en dehors de la France et l’Espagne, le service reste gratuit afin de construire rapidement une communauté d’utilisateurs.

A ce jour, BlaBlaCar, qui ne communique pas son chiffre d’affaires, ne dégage toujours pas de bénéfice. Mais avec 290 salariés, ce n’est plus une jeune pousse. En mars, elle a signé un partenariat avec Vinci: sur les autoroutes, des parkings et des péages seront bientôt réservés aux membres de BlaBlaCar.

Son leadership est incontesté et sa masse d’utilisateurs crée une barrière difficile à franchir pour de nouveaux entrants. Les quelques concurrents ne jouent pas dans la même cour: le service de covoiturage de la SNCF, IDVROOM, s’est positionné sur les courts trajets. Et Tripda, la start-up lancée par Rocket Internet, incubateur spécialiste de la reproduction des business models fructueux, «est très récente. On regarde si elle grandit ou pas, mais c’est tout », minimise Frédéric Mazzella. Tout en traçant sa route.

Le tourisme de l’intelligence

BERTRAND COTY

Il faut lire le dossier de L’Expansion d’avril ! Intitulé « Le Business du tourisme peut-il sauver la France « ? », il s’avère emblématique à plus d’un titre !

Il nous dit plusieurs choses capitales. D’abord que nous semblons nous endormir sur nos lauriers… Premiers sans doute, mais pour combien de temps ? 85 millions de touristes étrangers chaque année nous placent en première position mondiale. Toutefois,  les 70 millions de visiteurs annuels aux Etats-Unis nous talonnent. Ces derniers ambitionnent d’ailleurs de franchir le seuil des 100 millions en 2021, en consacrant 200 millions de dollars pour promouvoir leur marque : « Brand USA » !

Nos 38 sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco constituent certes une rente. Il n’est cependant plus possible de surfer mollement sur l’existant pour créer de la prospérité. Frédéric Pierret, président d’un think tank sur le tourisme qualifie même notre industrie dédiée de « Belle au bois dormant ». Les touristes dépensent trop peu dans notre pays et pourraient finir par nous considérer comme une zone de transit avant le shopping à Londres ou la bronzette en Espagne.

On entend déjà ceux qui réclament plus de centres commerciaux ou des capacités hôtelières aux standards internationaux : nous disposons néanmoins d’autres points forts à mettre en valeur, comme par exemple notre potentiel culturel, historique (de la peinture au vin en passant par les grands hommes). Encore faut-il le rendre parfaitement attractif : des horaires à la qualité de l’accueil (dans les musées pour ne citer que ce point), pas mal de choses restent à améliorer… Il faut même faire face aux « zadistes » nous dit-on… Les autorisations de construire semblent devenues un casse-tête pour les collectivités territoriales, tout comme les financements pour les projets innovants.

                                                                     

Puis le reste du dossier, hélas, illustre la faiblesse de la démarche d’intelligence économique dans notre pays. Dans le tourisme aussi, on craint finalement que le constat d’André-Yves Portnoff soit le bon : « On parle d’intelligence économique mais personne, dans les rouages de l’État, n’est à même de dire quels secteurs, quelles applications sont particulièrement porteurs d’avenir, d’emplois, de bénéfices futurs, et doivent absolument être couverts par des laboratoires et des entreprises françaises, voire européennes. Cette carence doit être réparée absolument, au niveau de l’État français, de l’Europe et des entreprises, mais cela implique une vision globale du processus de l’innovation, qui ne se réduit pas à l’organisation d’une coopération en recherche entre le secteur public et les grandes entreprises actuelles. Il est impensable d’ignorer les acteurs de demain qui ne sont pas tous encore nés ou sont encore de fragiles PME »[1].

Car les motifs expliquant notre faible capacité de résistance sur le front touristique relèvent immanquablement du déficit de veille et de stratégie d’influence !

Négligence dans l’observation des tendances du tourisme mondial, inaptitude à faire connaître nos richesses territoriales à des clientèles ciblées, absence quasi totale de dispositif de lobbying, dispersion des efforts, manque dramatique de coordination entre les instances publiques et les entreprises, faiblesse des budgets promotionnels (cf. Atout France, l’agence nationale de développement touristique), faible habitude du benchmark, etc.

Les maux nationaux se suivent et se ressemblent quelque que soit le secteur d’activité concerné.

Pourtant le défi est essentiel et nos avantages comparés immenses. Nos paysages et notre architecture ne peuvent être délocalisés, pas plus que notre art de vivre.

Mais nous échouons à les mettre en valeur et à construire un marketing territorial digne de ce nom.

Un sujet à suivre par conséquent, et des propositions à inventer ?