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FEI et Bpifrance : 420 millions d’euros pour les PME-ETI innovantes

Deux outils de financement garantis par le Fonds européen d’investissement seront accessibles aux entreprises françaises innovantes à compter du 15 mai.

FEI et Bpifrance : 420 millions d'euros pour les PME-ETI innovantes

Le Fonds européen d’investissement (FEI) et Bpifrance viennent de signer un accord visant à accroître le montant des prêts alloués aux PME et ETI françaises innovantes. Un accord qui permettra à la banque publique d’investissement d’aider ces entreprises à hauteur de 420 millions d’euros sur deux ans. Il s’agit de la première opération financière en Europe à bénéficier d’une garantie européenne dans le cadre du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS).

Bpifrance a mis en place deux nouveaux outils destinés à octroyer des prêts aux entreprises innovantes. Ils bénéficient de la garantie du FEI et concernent deux segments clés présentant une forte exposition au risque :

– un Prêt innovation (PI) doté d’une capacité de financement de 320 millions d’euros et d’une garantie à hauteur de 50 %. Il vise à  » faciliter le lancement industriel et la mise sur le marché d’innovations pour des tickets compris allant jusqu’à 5 millions d’euros  » et concernent les entreprises de moins de 500 salariés

– un Prêt amorçage investissement (PAI), doté d’une enveloppe de 100 millions d’euros et garanti à hauteur de 40 %. Il doit permettre de  » renforcer la structure financière des jeunes entreprises qui réalisent une levée de fonds auprès d’investisseurs avisés, et de les accompagner dans leur développement en leur apportant un financement complémentaire jusqu’à 500 000 euros « . Les EBITDA négatifs sont acceptés assure NIcolas dufourcq, président de Bpifrance.

Le PI et le PAI seront accessibles aux entreprises françaises depuis 15 mai 2015.

5 raisons de dématérialiser le conseil d’administration

Efficacité, économies de temps et d’argent, optimisation de la communication, sécurité et RSE : la piste du conseil d’administration « virtuel » cumule les avantages selon le prestataire Equity.

Les conseils d’administration exigent d’envoyer en amont un grand nombre de documents aux administrateurs : procès-verbaux, résolutions…

Face à cette exigence, des impératifs d’efficacité, de productivité et surtout de sécurité. Equity, dont la solution Leading Boards aide à dématérialiser les conseils d’administration, met une plateforme web à disposition des entreprises sur laquelle peuvent être déposés tous les documents nécessaires, que les administrateurs peuvent ensuite consulter sur une tablette grâce à une application sécurisée. Un outil accessible dès 5000 euros par an.

Pour optimiser la LLD, jouez sur la durée

La location longue durée (LLD) est plébiscitée par les moyennes et grandes entreprises. Sa simplicité en termes de gestion administrative est évidente, mais elle peut être gâchée, et son potentiel d’économies mal exploité, faute de s’intéresser à la valeur résiduelle.

Pour optimiser la LLD, jouez sur la durée

En matière de flotte automobile, la location longue durée (LLD) est, aujourd’hui, très largement répandue auprès des ETI et des grands groupes. Selon l’Observatoire du véhicule d’entreprise, 62% des entreprises françaises de plus de 100 salariés ont opté pour cette solution de financement, loin devant l’achat comptant et le crédit-bail. Avantageuse en termes de gestion administrative, la LLD peut également être une source substantielle d’économies. À condition d’identifier les bons leviers d’action.

« L’idéal est d’avoir trois ou quatre catégories de véhicules au maximum. Une car policy doit pouvoir tenir sur une feuille A4. » Yves Pépin, Topapor

L’optimisation financière de la LLD passe, tout d’abord, par l’élaboration d’une bonne politique de véhicule (car policy). « Quand vous avez défini votre politique de flotte automobile, vous avez fait un grand pas », assure Yves Pépin, directeur de la société de conseil Topapor (41) et ancien cadre financier chez un équipementier automobile. La car policy doit définirun standard d’attribution de véhicule en fonction du poste et de l’ancienneté du salarié.« L’idéal est d’avoir trois ou quatre catégories de véhicules au maximum, conseille Yves Pépin. Une car policy doit pouvoir tenir sur une feuille de papier A4. » Il faut, surtout, éviter l’attribution au cas par cas, au risque de se retrouver avec une flotte composée de véhicules atypiques (SUV, 4×4…) ou équipés d’options exotiques (boîte automatique, attelage de remorque…), dont la difficulté de revente, à terme, sera compensée par un loyer plus élevé. De plus, il peut être judicieux de réduire le nombre de marques proposées afin de bénéficier de remises intéressantes.

Ne pas négliger la valeur résiduelle

« Dans le cadre de la LLD, regarder le prix du véhicule ne suffit pas, avertit Patricia Caulfuty, directrice commerciale de GE Capital Fleet services. Il faut faire attention au TCO (total cost ownership, ou coût global de possession). » Celui-ci inclut les prestations de services (assurance, entretien…), la consommation de carburant estimée, la fiscalité automobile, le coût de revente du véhicule… Autant de points qui peuvent optimiser une LLD. Lors du choix d’un véhicule, il conviendra d’être attentif à la puissance du moteur et au type de carburant utilisé, mais pas seulement. « Il faut choisir en fonction du cycle de vie du véhicule, souligne Patricia Caulfuty. Une voiture récente coûtera, certes, plus cher et donnera moins lieu à des remises, mais sa valeur résiduelle, à terme, sera meilleure. C’est un calcul à faire. » Objectif: dénicher le véhicule qui combine la meilleure remise et la meilleure valeur résiduelle. Or, cette dernière donnée dépend largement du succès du véhicule sur le marché. « Si vous prenez une marque comme Audi, qui a le vent en poupe, il y a de grandes chances pour que le loueur perde moins d’argent à la revente du véhicule car celui-ci aura une bonne valeur de rachat », note Yves Pépin.

Il convient également d’être vigilant en matière de prestations de services associées à la LLD. « Il est important d’entrer dans le détail des contrats et de comparer les offres à prestations égales, insiste Yves Pépin. Par exemple, regarder si l’assistance est à 0 ou 100 km, si le garage se trouve à proximité, combien de remplacements de pneus sont prévus, etc. Il est nécessaire d’entrer dans le détail et de faire jouer la concurrence sur la base de critères identiques, même si les prestataires s’arrangent, souvent, pour que leurs offres soient difficiles à comparer. » Gérard de Chalonge, directeur commercial d’Athlon, prestataire LLD, met en garde : « Certains prestataires s’organisent pour industrialiser le métier de loueur afin de générer du volume, mais ils perdent en qualité d’expertise et de relation client. » Et de poursuivre : « Si, en tant que client, vous n’avez pas face à vous une équipe dédiée à la gestion de vos contrats et que vous devez vous adresser à un call center, vous allez perdre en conseil. Les contrats de LLD durent, en moyenne, 45 mois. Si le prestataire n’est pas capable de vous accompagner sur un partenariat de long terme, vous allez perdre de l’argent. »

Expatriation fiscale : le top 10 des meilleures destinations. Et vous ? Quel serait votre choix idéal ?

 

A l’heure où tous les français remplissent leurs déclarations d’impôts, le cabinet Bradley Hackford «leader en changement de résidence fiscale» vient de publier son classement des meilleures destinations fiscales pour 2015, c’est à dire là où il fait bon s’exiler pour voir baisser drastiquement ses impôts.
Selon le cabinet, réussir son expatriation fiscale ne suppose pas intégralement de chercher un taux d’impôt zéro mais aussi de jouer le jeu de la résidence voire du changement de nationalité.
«Ceux qui cherchent seulement à déposer leur argent pour échapper au fisc de leur pays font le mauvais choix», assure Harold Ollek.

«L’expatriation fiscale concerne entre autre les personnes aux revenus élevés qui ont la possibilité de se délocaliser. Ce sont par exemple des rentiers ou des retraités fortunés qui veulent profiter de leur argent et d’un cadre de vie agréable», ajoute l’associé.

«Il ne s’agit en aucun cas d’une logique de fraude», insiste-t-il. A cette liste, on peut encore rajouter les entrepreneurs, les activités libérales, les freelance et même un nombre croissant de jeunes diplômés fuyant le chômage français !

Ce palmarès ne se contente donc pas uniquement de sélectionner les pays avec le plus faible taux de pression fiscale.
Il prend également compte d’autres éléments comme la qualité de vie, la sécurité juridique et physique des citoyens. Il y a aussi la situation géographique ou encore la qualité du programme d’investissement économique développé par le gouvernement local. Bref, un apanage complet de différents facteurs qui nous offre une autre approche sur l’expatriation fiscale.

Expatriation fiscale : Voici le top 10 des meilleures destinations !
1) Antigua-et-Barbuda
Nouvelle entrée dans ce classement annuel, Antigua-et-Barbuda propose un programme de citoyenneté par investissement permettant d’acquérir la nationalité du pays ainsi que la résidence. « Les programmes combinant nationalité et résidence répondent à un nouveau besoin chez les expatriés compte tenu de l’évolution progressive des considérations fiscales liées à la nationalité », souligne Bradley Hackford.
L’obtention de la nationalité du pays nécessite la réalisation d’une contribution non remboursable de 250 000 dollars dans le programme de citoyenneté du gouvernement. Il est également possible d’opter pour l’acquisition d’un bien immobilier agréé par le programme de citoyenneté du gouvernement et d’une valeur minimale de 400 000 dollars.
Les personnes ayant acquis la nationalité au travers de ce programme peuvent ensuite devenir résidentes d’Antigua et bénéficier d’une exonération totale d’impôts sur les revenus de source étrangère. Seuls les revenus provenant d’activités menées à Antigua et Barbuda sont imposables.

2) Le Royaume-Uni

Le Royaume Uni offre la possibilité d’acquérir le statut de résident « non-domicilié » ou « non-dom ». Ce statut spécifique, qui s’adresse aux personnes de nationalité non britannique, permet de vivre en Angleterre sans être imposé sur ses revenus de source non locale ni sur sa fortune placée en dehors du Royaume Uni.
Les personnes ayant opté pour ce statut bénéficient de ce régime spécifique durant leurs 7 premières années de résidence dans le pays. Un forfait fiscal minimum doit ensuite être acquitté chaque année.
La position stratégique de Londres et sa qualité de vie ainsi que son dynamisme en font également une place particulièrement attractive pour les personnes disposant d’un important patrimoine. Selon les chiffres donnés par le maire de Londres Boris Johnson, 240 000 français vivent aujourd’hui dans la capitale britannique.
3) Monaco
Vivre à Monaco permet de bénéficier d’une absence totale d’imposition sur les revenus, à l’exception des personnes de nationalité française qui continuent à payer leurs impôts en France. Il leur faudra donc acquérir une seconde nationalité au préalable et renoncer ensuite à la nationalité française si elles désirent bénéficier de ce régime fiscal.
Il n’existe pas, non plus, à Monaco d’impôt sur la fortune, la succession ou les donations envers les héritiers directs (parents, conjoints, enfants). Cela concerne aussi bien le patrimoine situé à Monaco qu’à l’étranger.
Pour les expatriés, l’obtention de la résidence monégasque nécessite notamment de pouvoir démontrer une situation de fortune importante et donc de pouvoir vivre à Monaco sans avoir besoin d’y travailler (qu’il s’agisse d’une résidence louée ou achetée). Le requérant à la résidence monégasque doit par ailleurs ouvrir un compte bancaire à Monaco et y déposer un minimum de 500 000 euros.
La principauté de Monaco, avec son offre de loisirs haut de gamme et sa sécurité reconnue continue d’attirer de nombreux résidents provenant de différents pays, notamment d’Italie, de Russie et plus récemment de Suisse.
4) Andorre
Petite principauté située entre la France et l’Espagne, l’Andorre attire à la fois les français et espagnols frontaliers en raison de sa fiscalité très favorable mais également les étrangers non européens, notamment russes, qui apprécient la situation géographique du pays ainsi que son haut niveau de sécurité.
L’obtention de la résidence pour les personnes financièrement indépendantes nécessite notamment de réaliser un investissement d’un montant de 350 000 euros minimum dans le pays et d’effectuer le dépôt d’une caution de 50 000 euros. L’imposition sur les revenus des personnes physiques y est de 10 %.

5) Les Bahamas

Comme Monaco, les Bahamas offrent une exonération totale d’imposition… avec en plus le climat des Caraïbes.

6) L’Île Maurice

L’île Maurice, est très prisée des français qui apprécient l’usage de la langue française et la faible taxation du pays. L’imposition sur les revenus des personnes physiques y est de 15 %.
La procédure d’obtention de la résidence y est « simple », selon Bradley Hackford. Elle consiste notamment à acheter un bien immobilier sur l’île d’une valeur minimale de 500 000 dollars américains.
Ce programme, baptisé IRS pour « Integrated Resort Scheme », a été lancé par le gouvernement mauricien en 2002 afin d’encourager la construction et la vente de villas de luxe à des étrangers dans des emplacements particuliers. Ces acheteurs internationaux ont le statut de « résidents mauriciens » tant qu’ils sont propriétaires des villas agréées par le programme.
Un auteur d’Objectif Eco y a élu domicile, c’est Cédric Froment. Vous pouvez lire son édito traitant du sujet et voir son opinion : http://www.objectifeco.com/dans-la-vie-des-auteurs/cela-fait-20ans-que-j-en-reve-et-m-y-voila-enfin-expatrie-sur-l-ile-maurice.html

7) Malte

Devenir résident à Malte permet, sous certaines conditions, de n’être imposé que sur ses revenus de source locale. Les revenus de source étrangère, et non rapatriés à Malte, sont eux exonérés. Plusieurs statuts spécifiques destinés aux européens, aux non-européens et aux retraités permettent de bénéficier d’un régime analogue à celui de « non dom » en Angleterre.
Samuel Rondot d’Objectif Eco y réside : http://www.objectifeco.com/blog/samuel-rondot.html

8) Gibraltar

Gibraltar dispose d’un statut spécifique (dit de « catégorie 2 ») permettant aux résidents optant pour ce statut de bénéficier d’une fiscalité attractive et prévisible tout en bénéficiant des avantages liés à l’appartenance du pays à l’Europe.
L’imposition des personnes physiques à Gibraltar sous ce statut est limitée aux premières 80 000 livres gagnées par an. Les revenus supérieurs à ce montant ne sont pas fiscalisés. Le forfait maximal d’imposition est donc de 28 360 livres. A noter qu’un minimum de 22 000 livres d’impôts annuels est à acquitter.

9) Ex-æquo Emirats Arabes Unis – Dubaï

La possibilité d’implanter une société dans l’une des nombreuses zones franches de Dubaï puis d’obtenir la résidence dans le pays permet à Dubaï d’attirer de plus en plus d’expatriés. Les sociétés implantées dans les « free zones » peuvent être détenues à 100 % par des étrangers.
Le taux d’imposition pour les sociétés est de 0 %, il est en est de même pour les revenus des personnes physiques résidentes qui ne sont soumises à aucun impôt.

10) Les Caïmans

Les Caïmans sont une destination réputée avec un taux d’imposition de 0 % tant pour les sociétés que pour les personnes physiques. Les Caïmans ont mis en place une zone économique spéciale permettant aux personnes actives d’obtenir la résidence en constituant une société dans cette zone.
Il est également possible d’opter pour la résidence sans permis de travail en démontrant la possession de revenus extérieurs et en réalisant un investissement de 500 000 $ CI localement (soit 562 273 euros).

Quelques remarques

La Suisse ne fait pas partie de ce classement ! En raison notamment de la fin du secret bancaire levé par les USA.
La Belgique est sortie du palmarès, il faut dire que le climat n’y est pas étranger… outre cela, elle ne s’adresse qu’à une minorité aisée voire très aisée d’expatriés !

Et vous, d’accord ou pas avec ce classement ? Vos avis sont les bienvenus !

Pour ma part, je trouve qu’il manque 2 ou 3 ténors en matière de paradis fiscaux… je pense à Hong-Kong, Singapour… Panama, considéré comme une des places off-shore parmi les plus obscures de la planète puisqu’elle ne coopère pas avec les douaniers ou lors d’échange d’informations entre pays.
En définitif, s’exiler fiscalement est une affaire de sensibilité propre à chacun (comme le dit Charles Dereeper, il n’y a pas que le « volet financier » qui influe). Une expérience sur le terrain est souvent ce qu’il y a de plus formateur, cela permet aussi de démystifier les idéalismes et de concrétiser avant tout un réel projet de vie !

Bourse : investir dans les entreprises où les employés sont heureux rapporte plus d’après une étude Glassdoor

OFFICE HAPPY
  Le moindre PDG de la plus petite boîte à demi progressiste vous le dira, main sur le coeur et larme à l’oeil: les employés sont l’actif le plus précieux d’une entreprise. Mais dans les faits, il est toujours difficile de vérifier s’ils disent vrais – et s’ils le pensent réellement.

Pour en avoir le coeur net, le site américain Glassdoor, une sorte de TripAdvisor de l’entreprise, sur lequel les employés peuvent noter leur employeur, s’est livré à un jeu de comparaison très instructif. D’abord, il a pris les 50 entreprises les mieux notées sur son site dans la catégorie « Best place to work », la liste Fortune des 100 « Best companies to work for » et a vérifié si elles affichaient de meilleures performances que la Bourse en général.

Ensuite, il a vérifié si le fait d’être nommé dans la liste annuelle de Glassdoor améliore leur cours de bourse à court terme, et si le fait d’être mal noté l’affecte dans le sens inverse.

« En nous basant sur une analyse de plusieurs années, nous trouvons un lien économique significatif entre des actifs intangibles comme la satisfaction des employés et la performance boursière des entreprises cotées, assure Andrew Chamberlain, économiste en chef chez Glassdoor. Comme n’importe quel actif financier, une main d’oeuvre satisfaite et motivée est très précieuse. Puisque les entreprises dévoilent rarement ce genre de données aux investisseurs, les sources d’informations publiques comme les études d’entreprises et les listes « best of » se révèlent être des outils de prédiction financière performants. »

Pour en arriver à cette conclusion, Glassdoor a simulé plusieurs scénarios d’investissement sur la période 2009-2014. Le plus intéressant consiste à placer 1000 dollars en actions dans les 36 entreprises cotées de la liste Glassboord « Best place to work » de 2009, et de les conserver jusqu’à aujourd’hui.

Résultat? En cinq ans, ce portefeuille d’actions passe de 1000 à 3470 dollars. Sur la même période, 1000 dollars placés dans le S&P 500, un indice phare de la bourse américaine qui réuni 500 entreprises, n’ont rapporté « que » 2210 dollars.

glassdoor
Un portefeuille d’actions investi en 2009 dans les 36 entreprises de la liste « Best place to work » de Glassdoor affiche des performances 57% supérieures au S&P 500 en 2014.

Bien sûr, ce n’est pas une preuve scientifique de la relation entre satisfaction des employés et performances économiques. Mais le parallèle est saisissant.

A l’opposé, les 30 entreprises les moins bien notées sur Glassdoor à fin janvier font encore moins bien que le S&P 500. Entre 2009 et 2014, l’indice a augmenté de 121%, contre 91,5% pour ces mal aimés.

Conclusion? N’oubliez pas d’imprimer cet article avant d’aller négocier votre prochaine augmentation de salaire.

SALE TEMPS AU MOIS DE MARS POUR LE COMMERCE SPÉCIALISÉ

Le recul s’établit à – 5,3% pour le mois

Selon les derniers chiffres publiés par Procos, le commerce spécialisé au mois de mars accuse un fort recul avec -5,3%.

Le commerce spécialisé qui recouvre les secteurs d’activités comme l’alimentaire spécialisé, la restauration, l’équipement de la personne, l’équipement de la maison, l’hygiène et santé, les loisirs, l’automobile, les services… est à la peine. C’est ce qu’attestent les chiffres récemment publiés par Procos, la fédération pour l’urbanisme et le développement du commerce spécialisé qui représente 260 enseignes du commerce spécialisé – près de 60.000 points de vente 735.000 emplois -93,5 milliards d’euros de chiffres d’affaires. «L’activité du commerce de détail spécialisé finit le mois de mars 2015 en forte baisse à –5,3%, par rapport à mars 2014, à périmètre comparable». Pourquoi un tel recul ? Selon l’enquête de panel mensuel de Procos (50 enseignes interrogées sur leurs performances dans 50 pôles de référence, situés dans 15 agglomérations), l’activité a pâti des décalages calendaires : mars 2015 comptait le même nombre de jours ouvrables que mars 2014, mais avec un samedi en moins. «Le décalage d’environ 15 jours des vacances d’hiver a pu également modifier certains comportements d’achat des Français. En revanche, les conditions climatiques, très proches des normales saisonnières, se sont révélés neutres.»

Ce recul est d’autant plus important qu’il se réfère à un historique favorable : le mois de mars 2014 avait fi ni à +1,6%. Dans le détail, la chute d’activité touche tous les lieux de commerce. «Le commerce de centre-ville finit le mois à -6,3% (-5,7% pour les boutiques de rez-de-chaussée et -7,1% pour les boutiques en galerie marchande)». Le commerce de périphérie fait à peine mieux à -4,8% (-5% pour les formats de moyennes surfaces et -4,6% pour les boutiques en galerie marchande). De même, aucun secteur d’activités n’est épargné par le reflux. «L’hygiène beauté santé et la culture loisirs résistent mieux, mais finissent malgré tout le moins en négatif, respectivement à -1% et à -3 %.»

En cumul, l’activité du commerce spécialisé finit le premier trimestre 2015 à -2,1%.

Outscale (Dassault Systèmes) lance son incubateur et veut défier Amazon et Alibaba

Dénicher les perles rares du numérique, puis former ces jeunes pousses. C’est le nouveau défi que se lance à partir d’aujourd’hui Outscale, la filiale de Dassault Systèmes. Avec Scaledome, son incubateur, l’objectif est d’accompagner des start-up, mais pas n’importe lesquelles: celles qui s’intéressent aux domaines du big data, du machine learning, de la smart city, de deep learning, et de l’Internet des objets (IoT, pour « Internet of Things »), .

Les quatre premières start-up sélectionnées en 2015, et dont les noms seront révélés le 25 juin prochain, ont trois mois pour se développer, et seront accueillies à Saint-Cloud, au siège de la filiale de Dassault Systèmes. Mieux : elles feront même partie de l’entreprise, assure Outscale. Pour cette année, le programme est doté de 500.000 euros.

« La dotation donnée aux startups est de 40.000 euros en services, couvrant notamment le mentoring, la formation, le suivi du business plan, la stratégie marketing. Le reste correspond au budget d’utilisation de l’infrastructure », précise Laurent Seror, le président d’Outscale.

L’expérience doit se poursuivre en 2016 puisque l’opérateur cloud de Dassault Systèmes a d’ores et déjà annoncé que, cette fois, 12 startups bénéficieront de l’incubateur avec un budget de 1 million d’euros.

 Stratégie pour concurrencer les géants

Si IBM et Microsoft ont investi massivement dans l’informatique dématérialisée, les deux géants ne sont pas les cibles de Outscale, qui vise… Amazon !

Laurent Seror, président et fondateur d’Outscale, assure que le petit français est capable de relever le défi, et de tisser sa toile mondialement:

« Sur le long terme, notre objectif est de concurrencer Amazon. Notre stratégie consiste à les attaquer avec un écosystème… Quand vous travaillez avec Amazon, vous travaillez avec des gens qui ont une politique de domination mondiale. »

Avec un chiffre d’affaires de 5 milliards de dollars en 2014, le géant du e-commerceAmazon s’est aussi imposé sur le marché du cloud computing, qui représente près de 7% du chiffre d’affaires du groupe. C’est en 2006 qu’Amazon décide d’explorer le secteur en créant Amazon Web Services, spécialisé dans l’hébergement et le calcul de données pour les entreprises.

« On va adopter la technique de la fourmilière. Chacun va travailler en ayant des rôles différents, sur des domaines distincts. A terme, on souhaite franchiser notre offre, et on pense pouvoir concurrencer Amazon et le chinois Alibaba », détaille Laurent Seror.

Outscale vise une expansion à l’international

Créé en 2010, Outscale est une société spécialisée dans le cloud d’infrastructure (IaaS), dont Dassault Systèmes est actionnaire à hauteur de 19%, le reste est financé par la holding de Laurent Seror. Elle dispose de deux centres de données en France (à Pantin et à Magny-les-Hameaux), et se développe à l’international : aux Etats-Unis (Boston et New York) et en Asie (Hong-Kong).

La start-up dispose de 14 points de présence à l’heure actuelle, et vise 25 points dans le monde en 2016. Deux nouveaux centres doivent ouvrir dans la Silicon Valley fin 2015 et en Corée du Sud pour l’année prochaine.

A ce jour, l’entreprise compte 900 clients et 10 millions d’euros de chiffre d’affaires sur l’ensemble du groupe en 2014. Pour 2018, Outscale vise un revenu de 100 millions d’euros dont 25% en provenance de Dassault Systèmes, assure la direction.

Délais de paiement pour les PME: au fond, de quoi parle-t-on?

Par Michel Tudel, Président d’Absoluce, groupement de cabinets indépendants d’expertise comptable, d’audit et de conseil.

Emmanuel Macron, le 5 mars 2015 ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
Emmanuel Macron, le 5 mars 2015 ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
 

Est-il acceptable pour une PME d’attendre six mois pour être payée ? 15.000 entreprises sur les 60.000 dépôts de bilan en 2014 (soit 25%) ont cessé leur activité car leurs clients publics ou privés n’ont pas tenu leurs engagements de paiement.

Ce ne sont pas des mesures ponctuelles, techniques ou réglementaires qui résoudront le problème des délais de paiement des entreprises. C’est d’abord aux banques de les aider à se financer et à se développer.

Au demeurant, la profession comptable attend toujours le décret qui doit mettre en œuvre la communication renforcée des délais de paiement des entreprises dont les comptes sont certifiés par un commissaire aux comptes, c’est-à-dire les entreprises avec un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros ou un total de bilan supérieur à 43 millions d’euros, et avec plus de 250 salariés.

Cette disposition, figurant il y a plus d’un an déjà dans la loi Hamon, prévoitque ces sociétés doivent publier, dans leur rapport de gestion, des informations sur les délais de règlement clients, en plus de celles qui doivent être mentionnées sur les délais de règlement fournisseurs. Ces informations devront faire l’objet d’une attestation du commissaire aux comptes, et si ce dernier constate des manquements répétés à la réglementation sur les délais de paiement clients (45 jours fin de mois ou 60 jours calendaires), cette attestation devra être adressée au ministre chargéde l’économie.

L’objectif de cette mesure est de renforcer la publicité donnée aux pratiques de paiement des entreprises, à l’occasion, notamment, de la publication de leurs comptes annuels. Cette forme de publicité facilitera sans doute, en effet, les contrôles menés par les autorités de tutelle et par les clients. Mais, tout comme les sanctions administratives à l’encontre des mauvais payeurs, instituées par la même loi Hamon de 2014, elle ne résoudra pas le problèmede fond des délais de paiement interentreprises.

Or, pour accompagner les entreprises victimes de difficultés de trésorerie en raison de retards de paiement des clients, il faut bien plus que des mesures législatives ou réglementaires. Ainsi que le soulignait le dernier rapport, en 2014, de l’Observatoire des délais de paiement – lequel Observatoire est désormais dissous ! -, aider les entreprises à faire face à leurs besoins de trésorerie est un impératif. A cet égard, les actions menées récemment par la Banque Publique d’Investissement, qui garantit les crédits accordés par les banques privées aux TPE et aux PME, sont largement insuffisantes pour financer l’augmentation du BFR des entreprises et consolider les crédits àcourt terme existants.

Les banques doivent faire des efforts

En réalité, ce sont aux banques elles-mêmes de faire des efforts pour soutenir et aider les entreprises. C’est une question de choix et de volonté : plutôt que d’investir dans d’autres opérations, les banques doivent mettre de l’argent dans les entreprises, particulièrement les PME. Le financement des entreprises par le secteur bancaire est un soutien indispensable àl’économie. Les PME ayant peu accès au financement par les marchés, le crédit bancaire, sous toutes ses formes, reste le carburant dont elles ont besoin pour vivre.

Plus largement, les banques doivent également faire des efforts supplémentaires pour financer le développement des entreprises. De ce point de vue, l’annonce du programme d’ « assouplissement quantitatif » ou« QE » de la Banque Centrale Européenne est un signal que le secteur bancaire doit interpréter en mettant les liquidités reçues au service des entreprises, plutôt que de spéculer sur les marchés financiers et « souffler la Bourse » dont les indices sont haussiers mais sans véritable raison économique (la croissance restant faible).

Le QE s’arrêtant en septembre 2016, les marchés sauront anticiper, et dès la fin du 2è trimestre de l’an prochain, le phénomène s’inversera. Pour autant, les PME resteront en souffrance tout ce temps pour financer leur besoin en fonds de roulement.

Alors que faire des décrets assortis de sanctions ? Nos politiques seraient plus inspirés de contraindre les banques universelles en les sanctionnant, le cas échéant, en cas de manquement à leur vocation première qui est de financer l’économie. D’autant que depuis janvier 2014, l’article 501 du règlement européen CRR (capital Requirement Regulation) leur permet de réduire de 25% le ratio de fonds propres qu’elles doivent mettre en face des crédits qu’elles consentent aux PME.

Alors au fond, de quoi et de qui parle-t-on ?

Entreprendre en franchise : le guide pratique pour ne pas se faire gruger

© REA

Afin d’appâter les cadres en quête de reconversion et dotés d’un pécule, les franchiseurs ont des discours bien rodés. Voici nos conseils pour repérer les beaux parleurs.

1. Ne pas se contenter des informations fournies par le franchiseur

Depuis la loi Doubin en 1989, les franchiseurs doivent fournir un certain nombre de renseignements aux candidats au moins 20 jours avant de signer: historique de la société, comptes des deux derniers exercices annuels, liste des membres du réseau, dont ceux partis depuis un an… Ils ne suffisent pourtant pas à garantir la santé d’un réseau. S’il est sérieux, un franchiseur acceptera d’être plus disert. D’une part, en indiquant le turnover sur plusieurs années. D’autre part, en fournissant les bilans de ses unités pilotes, qui lui ont servi à valider le concept en plus de celui de la société chargée du développement de l’enseigne. Si la maison mère manque de personnel et de moyens, méfiance.

2. Vérifier la véracité de la liste des franchisés

Rien ne dit que la liste du réseau soit parfaitement à jour. Pour le savoir, il sera facile de la comparer avec les commerces réellement en activité recensés sur le portail Sitedesmarques.com. N’hésitez pas ensuite à interroger un maximum de franchisés déjà en place pour un avis indépendant. Sélectionnez des points de vente dans des villes similaires à celle de votre projet pour disposer de repères comparables.

3. Trouver les comptes des franchisés

Une enseigne n’a pas l’obligation de fournir les résultats de tous ses franchisés. Toutefois, on les déniche sur des sites comme Societe.com. Ces derniers déposent leurs comptes sous leur propre raison sociale. Pour les retrouver, tapez la marque de leur réseau dans la recherche avancée, sous l’onglet Recherche d’établissement, puis Dénomination. Plus que le résultat net, qui peut inclure des charges exceptionnelles, scrutez la ligne de l’excédent brut d’exploitation: elle dévoilera la rentabilité de l’activité. Enfin, le site Verif.com vous fournira le montant de la masse salariale du point de vente. En le divisant par le nombre de salariés, vous aurez une idée du niveau des rémunérations. Un business qui n’a pas les moyens de supporter la paie d’au moins trois personnes est à éviter si vous ne voulez pas passer votre vie au boulot.

4. Garder en tête des ratios fondamentaux

Pas commode de savoir si les données fournies sont raisonnables. Pour cela, comparez-les avec celles collectées par les centres de gestion agréés (Cgaction.fr), qui recensent les résultats des entreprises, secteur par secteur. Gardez en tête la répartition suivante des charges d’exploitation, valable peu ou prou dans tous les commerces: 60% du chiffre d’affaires hors taxes pour les achats et salaires, 10% pour le loyer, 10% pour le remboursement de l’emprunt, 5% pour les royalties, 5% pour les frais généraux. Reste 10% pour les bénéfices avant impôts. Dans l’idéal, au bout d’un an d’activité, le chiffre d’affaires aura atteint le montant de l’investissement réalisé.

5. Attention aux clauses d’exclusivité territoriale

La loi n’impose pas aux franchiseurs d’accorder une exclusivité territoriale. Toutefois, la plupart le font pour rassurer les candidats. Attention: certains groupes possèdent plusieurs réseaux exerçant sur un créneau similaire, comme Moving et ses salles de gym Moving Express, Fitness Park, etc. «L’exclusivité accordée pour une enseigne n’empêche pas un franchiseur indélicat de venir vous concurrencer avec une autre de ses marques», précise l’avocat spécialisé Florian de Saint-Pol. La solution? Exiger une exclusivité d’activité (fleurs coupées en libre-service, salles de sport…) ou ne pas signer.

6. Fuir les clauses d’arbitrage en cas de litige

Tout contrat doit prévoir les modalités pour trancher les désaccords. D’ordinaire, ce sont les tribunaux de commerce. Mais certaines enseignes comme Mikit ou Monceau Fleurs imposent un arbitrage privé plus discret. On les comprend, car cela dissuade les franchisés de râler. «Le recours à ces experts juridiques est très coûteux – plusieurs dizaines de milliers d’euros – et leur sentence souvent favorable au franchiseur», poursuit Florian de Saint-Pol. Certaines enseignes étrangères, comme l’américain Subway, prévoient même un arbitrage dans leur pays d’origine!

7. Se méfier des réseaux trop gourmands

Le principe de la franchise est de permettre à une marque de se développer à moindres frais avec l’argent des autres. D’où la tendance pour certaines à alourdir la note en matière de redevances. Exemple: les droits d’entrée. «Il s’agit d’une contrepartie monétaire à l’exploitation d’une marque renommée, rappelle Serge Méresse, avocat spécialisé dans la défense des franchisés. Un réseau peu connu n’a pas à demander plus de 20 000 euros.» De même, les royalties sur le chiffre d’affaires hors taxes doivent rester dans une fourchette raisonnable de 2 à 5% et celles pour la publicité nationale autour de 2%.

8. Evaluer la plus-value réelle du franchiseur

Restauration, esthétique ou commerce: l’intérêt de la franchise est de pouvoir investir dans un secteur sans être un spécialiste. Encore faut-il que l’enseigne non seulement offre un réel savoir-faire, mais qu’elle dispose en plus des moyens suffisants pour former les futurs membres de son réseau. Ce n’est pas toujours le cas. Récemment, la société de réduction de coûts Expense Reduction Analysts (ERA) a par exemple été condamnée pour défaut de savoir-faire et de formation de ses franchisés. Autre point qui a son importance: le soutien à la gestion quotidienne du commerce, à commencer par l’ouverture. «Des équipes dédiées sont prévues dans les concepts de qualité pour tourner sur le terrain», précise Serge Méresse.

9. Présenter son projet à plusieurs banques

Pour savoir si votre projet tient la route, demandez conseil auprès des banques, où vous allez emprunter les deux tiers de l’investissement global. Certains établissements sont pousse-au-crime. Le mieux est de soumettre votre dossier à trois banques différentes. Toutes possèdent un pôle spécialisé en franchise. Selon les experts, la Société générale, BNP Paribas et le Crédit agricole sont réputés les plus sélectifs (un dossier sur trois accepté en moyenne). Un gage supplémentaire de sécurité.

Innovation : l’imprimante 3D, la machine à vapeur du XXIe siècle ?

A partir d’un fichier, l’imprimante 3D permet à (presque) n’importe qui de créer un objet. Une innovation qui peut tout bouleverser. Voici 7 questions incontournables.

Une locomotive à vapeur en Australie, en 1962 (State Records NSW/Flickr/CC)

Avec quelle technologie peut-on à la fois facilement fabriquer, dans n’importe quel coin du monde et pour une somme modique, des armes et des prothèsesorthopédiques pour enfants ?

OÙ ACHETER UNE IMPRIMANTE 3D ?

Des modèles sont vendus dans le commerce pour un millier d’euros(Makerbot, ou Up font figure de leaders). La Reprap, imprimante « open source », peut être montée soi-même et coûte quelques centaines d’euros.

Des imprimantes 3D sont parfois disponibles dans les « fablabs » (sortes de laboratoires ouverts et collaboratifs). En France, c’est le cas de ceux de Toulouse, Rennes etGennevilliers notamment.

Réponse : l’impression 3D.

Imaginez une imprimante traditionnelle, qui additionne le plastique couche par couche jusqu’à former un vrai objet, en trois dimensions. Elle est commandée par un ordinateur qui « lit » un simple fichier contenant le modèle d’un objet en 3D.

Initialement très coûteuse, cette technologie vieille de trente ans était jusqu’à présent utilisée dans l’industrie, pour réaliser rapidement des prototypes.

Depuis quelques temps, les imprimantes 3D sont devenues accessibles : les prix démarrent à 400 euros et, pour un bon millier d’euros, vous pouvez vous offrir une machine de bonne qualité.

Mélangez ça au numérique, qui permet de s’échanger et de créer facilement des plans d’objets, et vous obtenez ce qui ressemble à une petite révolution.

Une révolution qui n’est pas sans soulever de nombreuses questions.

Est-ce que c’est vraiment si important ?

De l’avis de tous, cette technologie est dite « disruptive » : une avancée qui va bouleverser un ou plusieurs marchés en remplaçant des technologies existantes. Les comparaisons fleurissent.

Pour The Economist, les imprimantes 3D sont les PC du XXIe siècle :

« Les bidouilleurs de machines qui transforment le code en molécules de plastique explorent une toute nouvelle manière de faire des choses, qui pourrait réécrire les règles de la fabrication, comme le PC a envoyé aux oubliettes le monde de l’informatique traditionnel. »

Fortement ancrée dans le monde universitaire, animée par des hackers un brin idéalistes qui développent une technologie de pointe venue du monde industriel : pour Michael Weinberg, juriste pour l’organisation américaine Public Knowledge, « de bien des manières, la communauté de l’impression 3D ressemble à la communauté informatique du début des années 90 ».

The Economist, dans un autre article, compare carrément l’impression 3D à la machine à vapeur, à l’imprimerie ou au transistor :

« L’impression 3D rend la création d’objets uniques aussi bon marché que la production en grande série, sapant les économies d’échelle. Elle pourrait avoir un impact sur le monde aussi profond que l’apparition de l’usine. […] Il est impossible d’anticiper l’impact à long terme de l’impression 3D. Mais la technologie arrive, et va probablement bouleverser tous les marchés qu’elle touche. »

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Est-ce que cela va rapporter beaucoup ?

L’impression 3D va-t-elle sortir des universités et des « fablabs » et rapporter de l’argent ?

Oui, et même beaucoup. 2,3 milliards d’euros d’ici 2016 selon un rapport, 4 milliards d’euros en 2020.

« L’impression 3D est très à la mode en ce moment », note le site spécialiséBusiness Insider, « mais nous pensons qu’elle devrait l’être encore plus » :

« Même si l’impression 3D n’atteint pas les prévisions, ce sera quand même une énorme industrie qui aura un très grand impact sur la manière dont nous achetons, vendons et produisons les choses. »

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Va-t-elle déclencher la « troisième guerre mondiale du copyright » ?

Cory Doctorow (auteur et activiste numérique), dans une nouvelle de science-fiction de 2006, imagine un futur où les autorités font la guerre à ceux qui possèdent des imprimantes 3D.

En effet, la grande crainte des défenseurs de cette nouvelle technologie, c’est le choc annoncé avec les grandes industries manufacturières. L’arrivée des MP3 – et de leur copie – il y a une dizaine d’années a déclenché une guerre entre Internet et les industries du divertissement dont les secousses se ressentent encore aujourd’hui. L’impression 3D rendant théoriquement possible la copie de n’importe quel objet, on ne peut qu’anticiper un choc encore plus important.

« L’impression 3D aura des conséquences plus importantes que le MP3 ou la numérisation des fichiers », pour Benjamin Jean, juriste et fondateur de Inno Cube :

« On peut rematérialiser ce qui est dématérialisé. Si cela aboutit, on pourra tout retrouver sur Internet et le reproduire, qu’on soit bidouilleur ou simple consommateur. Les individus rentreront en concurrence avec les industries, le risque étant que les premiers subissent la propriété industrielle de plein fouet. »

Le scénario de ce choc est difficile à prédire :

  • selon The Economist, les fabricants se tourneront surtout vers le copyright (qui court 70 ans après la mort de leur auteur) plutôt que vers les brevets (qui sont valides pendant 20 ans) ;
  • on peut également imaginer un équivalent de la LCEN (en France) ou duDMCA (aux Etats-Unis), qui permettent de demander à un site qui héberge un contenu présumé illégal de le retirer.

Déjà, les premières échauffourées éclatent. Un brevet, qui décrit un système permettant de contrôler qui imprime quoi (et comment) et de s’assurer que l’utilisateur dispose bien des droits de le faire a été déposé. En février 2011, un site qui héberge des fichiers recevait sa première demande de retrait, en vertu, justement, du DMCA.

Pour le moment, les promesses de l’impression 3D sont trop vagues pour inquiéter les industriels. Jusqu’à quand ?

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Mettra-t-elle un terme à notre ère du gâchis ?

Pour certains, l’impression 3D pourrait même mettre un terme au gaspillage et au consumérisme. Rien de moins. D’abord parce que l’impression d’un objet quelconque ne gaspille qu’un dixième du matériau (il n’y a donc que 10% de déchet), significativement moins que la fabrication traditionnelle.

Mieux. Alice Taylor, fondatrice de MakieLab, une entreprise britannique de fabrication de jouets qui utilise l’impression 3D, estime que l’utilisation de cette technologie annule le risque de la production à grande échelle, et minimise donc les stocks et le gaspillage :

« Avec les jouets traditionnels, l’entreprise fait un prototype, puis l’envoie en Chine pour une production à grande échelle. Les fabricants parient sur le fait que le consommateur final aimera le produit. En utilisant l’impression 3D, il n’y a pas besoin de faire quoique ce soit avant que le client ne clique sur “acheter”. »

Sans compter que si l’impression 3D se répand dans les foyers, cela leur permettra une bien plus grande autonomie vis-à-vis des grosses industries :

  • on peut penser qu’il sera possible de recycler ses propres déchets de plastique pour fabriquer de nouveaux objets, comme un jardin dont on replanterait les graines ;
  • on pourra arrêter de jeter des objets sous prétexte qu’une petite pièce de rien du tout est manquante ou cassée.
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Peut-on vraiment tout fabriquer ?

Des prothèses jusqu’aux armes faites chez soi en passant par des pièces de remplacement ou des coques pour iPhone (des os de synthèse, mais aussi desguitares), il semble possible de tout faire avec une imprimante 3D.

Mieux et moins cher en plus.

Une imprimante 3D réalise un logo Rue89

Scott Summit est le cofondateur de Bespoke, une entreprise qui propose des prothèses imprimées en 3D avec un scanner préalable de la jambe pour en assurer la compatibilité parfaite, ainsi que de nombreuses possibilités de personnalisation. Au New York Times, il explique :

« Cela coûte entre 3 800 et 4 500 euros d’imprimer ces prothèses, et elles ont des fonctionnalités qu’on ne trouve même pas dans les prothèses à 45 000 euros. »

Bon, on n’est pas non plus à la veille de manger de la viande imprimée en 3D ou de produire son propre téléphone. Pour le moment, on ne peut imprimer qu’en plastique et les objets produits restent très basiques. Impossible d’imprimer du métal ou du tissu par exemple.

DES PROTHÈSES RÉALISÉES PAR UNE IMPRIMANTE 3D

Les prothèses pour enfants sont complexes : souvent lourdes, elles doivent être changées régulièrement tout au long de la croissance de l’enfant. Des chercheurs ont donc conçu un exosquelette avec une imprimante 3D, léger et peu cher.

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Va-t-elle changer la manière dont nous produisons ?

La perspective la plus excitante ouverte par les imprimantes 3D est économique. Un article du New York Times explique par exemple que si l’impression 3D se démocratise et s’étend (dans les usines et dans les foyers), si tout est automatisé, cela nous permettra de passer d’une économie intensive en travail, où le coût de ce dernier est central, à une économie intensive en « créativité et en ingéniosité ».

Relocalisant au passage les emplois manufacturiers à proximité de la demande, pas là où ils sont les moins coûteux.

C’est le sens d’un article de Forbes :

« Cela n’aura plus de sens d’envoyer des matériaux bruts jusqu’en Chine pour qu’ils soit assemblés en produits finis puis renvoyés aux Etats-Unis. L’industrie manufacturière redeviendra une industrie locale, où les produits seront fabriqués à proximité de la demande ou des matériaux bruts. »

C’est aussi l’avis distillé dans le rapport récemment publié d’une société d’analyse spécialisée dans les questions de transport.

Tout aussi intéressant : l’impression 3D permettrait de donner aux citoyens un pouvoir de création sans précédent. N’importe qui pourra produire son objet,nous explique encore The Economist. S’il a du succès, on pourra en produire davantage, le vendre, en se basant sur les retours des premiers usagers :

« Cela sera une aide précieuse pour les inventeurs et les start-ups, parce que lancer de nouveaux produits deviendra moins cher et moins risqué. »

Le PDG d’Alibre, une entreprise qui permet de concevoir ses modèles en ligne, qui les imprime puis les envoie, est sur la même ligne :

« Nous allons donner la possibilité à toute une catégorie de gens ordinaires de transformer leurs idées en produits réels. »

7

Est-ce qu’on va se mettre à imprimer tous nos objets ?

A ceux qui rétorqueront aux six points précédents que l’impression 3D a tout l’air d’une hallucination collective de geeks idéalistes, on répondra qu’ils n’ont pas tout à fait tort. Pour le moment.

Selon la société d’analyse Gartner :

« Il faudra plus de cinq ans pour sortir du marché de niche. Le coût, la vitesse et les matériaux imprimables sont les trois principaux facteurs freinant l’adoption massive de l’impression 3D par les consommateurs. »

Il faut dire que les matériaux sont extrêmement chers et peu variés (différentes sortes de plastique).

La même société Gartner met l’impression 3D au sommet de la « hype » et promet une période plus ou moins longue de grande déception avant que cette technologie atteigne « un plateau » et soit réellement utilisée.

Mettre autant d’attente dans une technologie n’est pas seulement « prématuré », écrit Christopher Mims dans un article très acide de la Technology Review, c’est également « absurde » :

« Croire que l’impression 3D va être capable de reproduire tous les objets que nous utilisons, c’est complètement nier la complexité de l’industrie moderne.

Imprimer une coque d’iPhone personnalisée, ce n’est pas la même chose que manipuler des fours, du métal en fusion ou du sable et de la chaux pour produire du verre.

Le désir de voir l’impression 3D prendre le pas sur l’industrie traditionnelle doit être pris pour ce qu’il est : une idéologie. »

Rappelons qu’il y a trente ans, l’idée même de gens s’envoyant images, sons et textes en temps réel d’un bout à l’autre de la planète ressemblait, comme l’impression 3D aujourd’hui, à de la science-fiction.

Et si cela vous inquiète, sachez que l’étudiant qui voulait produire sa propre arme à feu (qui aurait fondu après le premier coup) a vu le bail de location de l’imprimante 3D rompu.