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Les 500 Français qui bloquent la France

Michel Vauzelle (PS), patron de la région Paca, ne sait pas quoi faire de La Villa Méditerranée, qu’il a fait construire à Marseille pour 60 millions d’euros (© Maxppp)

Elus gaspilleurs, syndicalistes zélés, lobbyistes rusés, riverains réacs, ils nous font perdre du temps et de l’argent alors que le pays tout entier a besoin d’accélérer.

Nom de code : ONP (opérateur national de paie). Mission : régler la paie de 2,7 millions d’agents rattachés à 15 ministères. Résultats attendus : un meilleur suivi de la masse salariale de l’Etat et une économie de 3.800 postes. Facture : 346 millions d’euros. En pure perte ! Le 4 mars 2014, après sept ans d’atermoiements, le projet informatique le plus ambitieux et le plus coûteux de l’histoire de l’administration a été définitivement enterré.

Pour tout vous dire, des dérapages de cet acabit, nous ne pensions pas en trouver autant. D’abord, parce que ça fait longtemps que Capital s’attelle à débusquer les gaspilleurs et les lobbyistes de tout bord qui, au nom d’intérêts corporatistes, par clientélisme ou par pure mégalomanie, plombent les finances publiques. Ensuite, les rappels à l’ordre réguliers de la Cour des comptes, des inspecteurs des ministères et associations de contribuables auraient dû, eux aussi, empêcher ce vivier de bloqueurs de se régénérer. Enfin, en pleine disette budgétaire, ne pouvait-on pas s’attendre à des gestions plus économes, des projets mieux ficelés et davantage d’initiatives pour dégripper notre économie ?

Eh bien, non. La gabegie et l’immobilisme restent la spécialité de trop d’acteurs. Ainsi, les dépenses de personnel des collectivités locales, qui par ailleurs crient famine, ont encore gonflé de 4% en 2014, pour atteindre 56,6 milliards d’euros, contre 40 milliards en 2006. Bien sûr, il y a aussi beaucoup d’élus et de fonctionnaires audacieux, de chefs d’entreprise clairvoyants et de syndicalistes responsables qui, au final, arrivent à faire bouger les lignes et à voter les réformes. Mais, dans l’intervalle, que d’occasions ratées, que de temps et d’argent perdus ! Prenez le projet de loi Macron, actuellement débattu au Sénat. Certes, le ministre de l’Economie a tenu bon sur l’essentiel. Mais, pour y arriver, combien de redditions face aux lobbys et à la gauche du PS ? Au niveau local, les bloqueurs sont tout aussi actifs. Comme à Aix-en-Provence. Reliée à Paris en moins de trois heures depuis 2001, sa gare TGV est un vrai succès. Sauf que pour les habitants de la région, son accès est un cauchemar : le parking est trois fois trop petit et la D9, qui la dessert, saturée. Et alors ? Alors rien. Voilà quatorze ans que la ville d’Aix, l’agglo, le département et la région s’étripent sur ce dossier.

Un exemple parmi des centaines d’autres qui accuse un seul coupable : notre invraisemblable millefeuille territorial, responsable de tant de doublons et de gaspillages. Le réformer en profondeur ferait sauter un des principaux freins à la croissance. Le gouvernement Valls a beau avoir promis de s’y atteler, son projet de loi en cours de discussion est d’une désespérante timidité. Dommage.

Pour en savoir plus :

http://www.capital.fr/enquetes/dossiers/les-500-francais-qui-bloquent-la-france-1040163

Expatriation fiscale : le top 10 des meilleures destinations. Et vous ? Quel serait votre choix idéal ?

 

A l’heure où tous les français remplissent leurs déclarations d’impôts, le cabinet Bradley Hackford «leader en changement de résidence fiscale» vient de publier son classement des meilleures destinations fiscales pour 2015, c’est à dire là où il fait bon s’exiler pour voir baisser drastiquement ses impôts.
Selon le cabinet, réussir son expatriation fiscale ne suppose pas intégralement de chercher un taux d’impôt zéro mais aussi de jouer le jeu de la résidence voire du changement de nationalité.
«Ceux qui cherchent seulement à déposer leur argent pour échapper au fisc de leur pays font le mauvais choix», assure Harold Ollek.

«L’expatriation fiscale concerne entre autre les personnes aux revenus élevés qui ont la possibilité de se délocaliser. Ce sont par exemple des rentiers ou des retraités fortunés qui veulent profiter de leur argent et d’un cadre de vie agréable», ajoute l’associé.

«Il ne s’agit en aucun cas d’une logique de fraude», insiste-t-il. A cette liste, on peut encore rajouter les entrepreneurs, les activités libérales, les freelance et même un nombre croissant de jeunes diplômés fuyant le chômage français !

Ce palmarès ne se contente donc pas uniquement de sélectionner les pays avec le plus faible taux de pression fiscale.
Il prend également compte d’autres éléments comme la qualité de vie, la sécurité juridique et physique des citoyens. Il y a aussi la situation géographique ou encore la qualité du programme d’investissement économique développé par le gouvernement local. Bref, un apanage complet de différents facteurs qui nous offre une autre approche sur l’expatriation fiscale.

Expatriation fiscale : Voici le top 10 des meilleures destinations !
1) Antigua-et-Barbuda
Nouvelle entrée dans ce classement annuel, Antigua-et-Barbuda propose un programme de citoyenneté par investissement permettant d’acquérir la nationalité du pays ainsi que la résidence. « Les programmes combinant nationalité et résidence répondent à un nouveau besoin chez les expatriés compte tenu de l’évolution progressive des considérations fiscales liées à la nationalité », souligne Bradley Hackford.
L’obtention de la nationalité du pays nécessite la réalisation d’une contribution non remboursable de 250 000 dollars dans le programme de citoyenneté du gouvernement. Il est également possible d’opter pour l’acquisition d’un bien immobilier agréé par le programme de citoyenneté du gouvernement et d’une valeur minimale de 400 000 dollars.
Les personnes ayant acquis la nationalité au travers de ce programme peuvent ensuite devenir résidentes d’Antigua et bénéficier d’une exonération totale d’impôts sur les revenus de source étrangère. Seuls les revenus provenant d’activités menées à Antigua et Barbuda sont imposables.

2) Le Royaume-Uni

Le Royaume Uni offre la possibilité d’acquérir le statut de résident « non-domicilié » ou « non-dom ». Ce statut spécifique, qui s’adresse aux personnes de nationalité non britannique, permet de vivre en Angleterre sans être imposé sur ses revenus de source non locale ni sur sa fortune placée en dehors du Royaume Uni.
Les personnes ayant opté pour ce statut bénéficient de ce régime spécifique durant leurs 7 premières années de résidence dans le pays. Un forfait fiscal minimum doit ensuite être acquitté chaque année.
La position stratégique de Londres et sa qualité de vie ainsi que son dynamisme en font également une place particulièrement attractive pour les personnes disposant d’un important patrimoine. Selon les chiffres donnés par le maire de Londres Boris Johnson, 240 000 français vivent aujourd’hui dans la capitale britannique.
3) Monaco
Vivre à Monaco permet de bénéficier d’une absence totale d’imposition sur les revenus, à l’exception des personnes de nationalité française qui continuent à payer leurs impôts en France. Il leur faudra donc acquérir une seconde nationalité au préalable et renoncer ensuite à la nationalité française si elles désirent bénéficier de ce régime fiscal.
Il n’existe pas, non plus, à Monaco d’impôt sur la fortune, la succession ou les donations envers les héritiers directs (parents, conjoints, enfants). Cela concerne aussi bien le patrimoine situé à Monaco qu’à l’étranger.
Pour les expatriés, l’obtention de la résidence monégasque nécessite notamment de pouvoir démontrer une situation de fortune importante et donc de pouvoir vivre à Monaco sans avoir besoin d’y travailler (qu’il s’agisse d’une résidence louée ou achetée). Le requérant à la résidence monégasque doit par ailleurs ouvrir un compte bancaire à Monaco et y déposer un minimum de 500 000 euros.
La principauté de Monaco, avec son offre de loisirs haut de gamme et sa sécurité reconnue continue d’attirer de nombreux résidents provenant de différents pays, notamment d’Italie, de Russie et plus récemment de Suisse.
4) Andorre
Petite principauté située entre la France et l’Espagne, l’Andorre attire à la fois les français et espagnols frontaliers en raison de sa fiscalité très favorable mais également les étrangers non européens, notamment russes, qui apprécient la situation géographique du pays ainsi que son haut niveau de sécurité.
L’obtention de la résidence pour les personnes financièrement indépendantes nécessite notamment de réaliser un investissement d’un montant de 350 000 euros minimum dans le pays et d’effectuer le dépôt d’une caution de 50 000 euros. L’imposition sur les revenus des personnes physiques y est de 10 %.

5) Les Bahamas

Comme Monaco, les Bahamas offrent une exonération totale d’imposition… avec en plus le climat des Caraïbes.

6) L’Île Maurice

L’île Maurice, est très prisée des français qui apprécient l’usage de la langue française et la faible taxation du pays. L’imposition sur les revenus des personnes physiques y est de 15 %.
La procédure d’obtention de la résidence y est « simple », selon Bradley Hackford. Elle consiste notamment à acheter un bien immobilier sur l’île d’une valeur minimale de 500 000 dollars américains.
Ce programme, baptisé IRS pour « Integrated Resort Scheme », a été lancé par le gouvernement mauricien en 2002 afin d’encourager la construction et la vente de villas de luxe à des étrangers dans des emplacements particuliers. Ces acheteurs internationaux ont le statut de « résidents mauriciens » tant qu’ils sont propriétaires des villas agréées par le programme.
Un auteur d’Objectif Eco y a élu domicile, c’est Cédric Froment. Vous pouvez lire son édito traitant du sujet et voir son opinion : http://www.objectifeco.com/dans-la-vie-des-auteurs/cela-fait-20ans-que-j-en-reve-et-m-y-voila-enfin-expatrie-sur-l-ile-maurice.html

7) Malte

Devenir résident à Malte permet, sous certaines conditions, de n’être imposé que sur ses revenus de source locale. Les revenus de source étrangère, et non rapatriés à Malte, sont eux exonérés. Plusieurs statuts spécifiques destinés aux européens, aux non-européens et aux retraités permettent de bénéficier d’un régime analogue à celui de « non dom » en Angleterre.
Samuel Rondot d’Objectif Eco y réside : http://www.objectifeco.com/blog/samuel-rondot.html

8) Gibraltar

Gibraltar dispose d’un statut spécifique (dit de « catégorie 2 ») permettant aux résidents optant pour ce statut de bénéficier d’une fiscalité attractive et prévisible tout en bénéficiant des avantages liés à l’appartenance du pays à l’Europe.
L’imposition des personnes physiques à Gibraltar sous ce statut est limitée aux premières 80 000 livres gagnées par an. Les revenus supérieurs à ce montant ne sont pas fiscalisés. Le forfait maximal d’imposition est donc de 28 360 livres. A noter qu’un minimum de 22 000 livres d’impôts annuels est à acquitter.

9) Ex-æquo Emirats Arabes Unis – Dubaï

La possibilité d’implanter une société dans l’une des nombreuses zones franches de Dubaï puis d’obtenir la résidence dans le pays permet à Dubaï d’attirer de plus en plus d’expatriés. Les sociétés implantées dans les « free zones » peuvent être détenues à 100 % par des étrangers.
Le taux d’imposition pour les sociétés est de 0 %, il est en est de même pour les revenus des personnes physiques résidentes qui ne sont soumises à aucun impôt.

10) Les Caïmans

Les Caïmans sont une destination réputée avec un taux d’imposition de 0 % tant pour les sociétés que pour les personnes physiques. Les Caïmans ont mis en place une zone économique spéciale permettant aux personnes actives d’obtenir la résidence en constituant une société dans cette zone.
Il est également possible d’opter pour la résidence sans permis de travail en démontrant la possession de revenus extérieurs et en réalisant un investissement de 500 000 $ CI localement (soit 562 273 euros).

Quelques remarques

La Suisse ne fait pas partie de ce classement ! En raison notamment de la fin du secret bancaire levé par les USA.
La Belgique est sortie du palmarès, il faut dire que le climat n’y est pas étranger… outre cela, elle ne s’adresse qu’à une minorité aisée voire très aisée d’expatriés !

Et vous, d’accord ou pas avec ce classement ? Vos avis sont les bienvenus !

Pour ma part, je trouve qu’il manque 2 ou 3 ténors en matière de paradis fiscaux… je pense à Hong-Kong, Singapour… Panama, considéré comme une des places off-shore parmi les plus obscures de la planète puisqu’elle ne coopère pas avec les douaniers ou lors d’échange d’informations entre pays.
En définitif, s’exiler fiscalement est une affaire de sensibilité propre à chacun (comme le dit Charles Dereeper, il n’y a pas que le « volet financier » qui influe). Une expérience sur le terrain est souvent ce qu’il y a de plus formateur, cela permet aussi de démystifier les idéalismes et de concrétiser avant tout un réel projet de vie !

Bourse : investir dans les entreprises où les employés sont heureux rapporte plus d’après une étude Glassdoor

OFFICE HAPPY
  Le moindre PDG de la plus petite boîte à demi progressiste vous le dira, main sur le coeur et larme à l’oeil: les employés sont l’actif le plus précieux d’une entreprise. Mais dans les faits, il est toujours difficile de vérifier s’ils disent vrais – et s’ils le pensent réellement.

Pour en avoir le coeur net, le site américain Glassdoor, une sorte de TripAdvisor de l’entreprise, sur lequel les employés peuvent noter leur employeur, s’est livré à un jeu de comparaison très instructif. D’abord, il a pris les 50 entreprises les mieux notées sur son site dans la catégorie « Best place to work », la liste Fortune des 100 « Best companies to work for » et a vérifié si elles affichaient de meilleures performances que la Bourse en général.

Ensuite, il a vérifié si le fait d’être nommé dans la liste annuelle de Glassdoor améliore leur cours de bourse à court terme, et si le fait d’être mal noté l’affecte dans le sens inverse.

« En nous basant sur une analyse de plusieurs années, nous trouvons un lien économique significatif entre des actifs intangibles comme la satisfaction des employés et la performance boursière des entreprises cotées, assure Andrew Chamberlain, économiste en chef chez Glassdoor. Comme n’importe quel actif financier, une main d’oeuvre satisfaite et motivée est très précieuse. Puisque les entreprises dévoilent rarement ce genre de données aux investisseurs, les sources d’informations publiques comme les études d’entreprises et les listes « best of » se révèlent être des outils de prédiction financière performants. »

Pour en arriver à cette conclusion, Glassdoor a simulé plusieurs scénarios d’investissement sur la période 2009-2014. Le plus intéressant consiste à placer 1000 dollars en actions dans les 36 entreprises cotées de la liste Glassboord « Best place to work » de 2009, et de les conserver jusqu’à aujourd’hui.

Résultat? En cinq ans, ce portefeuille d’actions passe de 1000 à 3470 dollars. Sur la même période, 1000 dollars placés dans le S&P 500, un indice phare de la bourse américaine qui réuni 500 entreprises, n’ont rapporté « que » 2210 dollars.

glassdoor
Un portefeuille d’actions investi en 2009 dans les 36 entreprises de la liste « Best place to work » de Glassdoor affiche des performances 57% supérieures au S&P 500 en 2014.

Bien sûr, ce n’est pas une preuve scientifique de la relation entre satisfaction des employés et performances économiques. Mais le parallèle est saisissant.

A l’opposé, les 30 entreprises les moins bien notées sur Glassdoor à fin janvier font encore moins bien que le S&P 500. Entre 2009 et 2014, l’indice a augmenté de 121%, contre 91,5% pour ces mal aimés.

Conclusion? N’oubliez pas d’imprimer cet article avant d’aller négocier votre prochaine augmentation de salaire.

SALE TEMPS AU MOIS DE MARS POUR LE COMMERCE SPÉCIALISÉ

Le recul s’établit à – 5,3% pour le mois

Selon les derniers chiffres publiés par Procos, le commerce spécialisé au mois de mars accuse un fort recul avec -5,3%.

Le commerce spécialisé qui recouvre les secteurs d’activités comme l’alimentaire spécialisé, la restauration, l’équipement de la personne, l’équipement de la maison, l’hygiène et santé, les loisirs, l’automobile, les services… est à la peine. C’est ce qu’attestent les chiffres récemment publiés par Procos, la fédération pour l’urbanisme et le développement du commerce spécialisé qui représente 260 enseignes du commerce spécialisé – près de 60.000 points de vente 735.000 emplois -93,5 milliards d’euros de chiffres d’affaires. «L’activité du commerce de détail spécialisé finit le mois de mars 2015 en forte baisse à –5,3%, par rapport à mars 2014, à périmètre comparable». Pourquoi un tel recul ? Selon l’enquête de panel mensuel de Procos (50 enseignes interrogées sur leurs performances dans 50 pôles de référence, situés dans 15 agglomérations), l’activité a pâti des décalages calendaires : mars 2015 comptait le même nombre de jours ouvrables que mars 2014, mais avec un samedi en moins. «Le décalage d’environ 15 jours des vacances d’hiver a pu également modifier certains comportements d’achat des Français. En revanche, les conditions climatiques, très proches des normales saisonnières, se sont révélés neutres.»

Ce recul est d’autant plus important qu’il se réfère à un historique favorable : le mois de mars 2014 avait fi ni à +1,6%. Dans le détail, la chute d’activité touche tous les lieux de commerce. «Le commerce de centre-ville finit le mois à -6,3% (-5,7% pour les boutiques de rez-de-chaussée et -7,1% pour les boutiques en galerie marchande)». Le commerce de périphérie fait à peine mieux à -4,8% (-5% pour les formats de moyennes surfaces et -4,6% pour les boutiques en galerie marchande). De même, aucun secteur d’activités n’est épargné par le reflux. «L’hygiène beauté santé et la culture loisirs résistent mieux, mais finissent malgré tout le moins en négatif, respectivement à -1% et à -3 %.»

En cumul, l’activité du commerce spécialisé finit le premier trimestre 2015 à -2,1%.

Outscale (Dassault Systèmes) lance son incubateur et veut défier Amazon et Alibaba

Dénicher les perles rares du numérique, puis former ces jeunes pousses. C’est le nouveau défi que se lance à partir d’aujourd’hui Outscale, la filiale de Dassault Systèmes. Avec Scaledome, son incubateur, l’objectif est d’accompagner des start-up, mais pas n’importe lesquelles: celles qui s’intéressent aux domaines du big data, du machine learning, de la smart city, de deep learning, et de l’Internet des objets (IoT, pour « Internet of Things »), .

Les quatre premières start-up sélectionnées en 2015, et dont les noms seront révélés le 25 juin prochain, ont trois mois pour se développer, et seront accueillies à Saint-Cloud, au siège de la filiale de Dassault Systèmes. Mieux : elles feront même partie de l’entreprise, assure Outscale. Pour cette année, le programme est doté de 500.000 euros.

« La dotation donnée aux startups est de 40.000 euros en services, couvrant notamment le mentoring, la formation, le suivi du business plan, la stratégie marketing. Le reste correspond au budget d’utilisation de l’infrastructure », précise Laurent Seror, le président d’Outscale.

L’expérience doit se poursuivre en 2016 puisque l’opérateur cloud de Dassault Systèmes a d’ores et déjà annoncé que, cette fois, 12 startups bénéficieront de l’incubateur avec un budget de 1 million d’euros.

 Stratégie pour concurrencer les géants

Si IBM et Microsoft ont investi massivement dans l’informatique dématérialisée, les deux géants ne sont pas les cibles de Outscale, qui vise… Amazon !

Laurent Seror, président et fondateur d’Outscale, assure que le petit français est capable de relever le défi, et de tisser sa toile mondialement:

« Sur le long terme, notre objectif est de concurrencer Amazon. Notre stratégie consiste à les attaquer avec un écosystème… Quand vous travaillez avec Amazon, vous travaillez avec des gens qui ont une politique de domination mondiale. »

Avec un chiffre d’affaires de 5 milliards de dollars en 2014, le géant du e-commerceAmazon s’est aussi imposé sur le marché du cloud computing, qui représente près de 7% du chiffre d’affaires du groupe. C’est en 2006 qu’Amazon décide d’explorer le secteur en créant Amazon Web Services, spécialisé dans l’hébergement et le calcul de données pour les entreprises.

« On va adopter la technique de la fourmilière. Chacun va travailler en ayant des rôles différents, sur des domaines distincts. A terme, on souhaite franchiser notre offre, et on pense pouvoir concurrencer Amazon et le chinois Alibaba », détaille Laurent Seror.

Outscale vise une expansion à l’international

Créé en 2010, Outscale est une société spécialisée dans le cloud d’infrastructure (IaaS), dont Dassault Systèmes est actionnaire à hauteur de 19%, le reste est financé par la holding de Laurent Seror. Elle dispose de deux centres de données en France (à Pantin et à Magny-les-Hameaux), et se développe à l’international : aux Etats-Unis (Boston et New York) et en Asie (Hong-Kong).

La start-up dispose de 14 points de présence à l’heure actuelle, et vise 25 points dans le monde en 2016. Deux nouveaux centres doivent ouvrir dans la Silicon Valley fin 2015 et en Corée du Sud pour l’année prochaine.

A ce jour, l’entreprise compte 900 clients et 10 millions d’euros de chiffre d’affaires sur l’ensemble du groupe en 2014. Pour 2018, Outscale vise un revenu de 100 millions d’euros dont 25% en provenance de Dassault Systèmes, assure la direction.

Délais de paiement pour les PME: au fond, de quoi parle-t-on?

Par Michel Tudel, Président d’Absoluce, groupement de cabinets indépendants d’expertise comptable, d’audit et de conseil.

Emmanuel Macron, le 5 mars 2015 ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
Emmanuel Macron, le 5 mars 2015 ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
 

Est-il acceptable pour une PME d’attendre six mois pour être payée ? 15.000 entreprises sur les 60.000 dépôts de bilan en 2014 (soit 25%) ont cessé leur activité car leurs clients publics ou privés n’ont pas tenu leurs engagements de paiement.

Ce ne sont pas des mesures ponctuelles, techniques ou réglementaires qui résoudront le problème des délais de paiement des entreprises. C’est d’abord aux banques de les aider à se financer et à se développer.

Au demeurant, la profession comptable attend toujours le décret qui doit mettre en œuvre la communication renforcée des délais de paiement des entreprises dont les comptes sont certifiés par un commissaire aux comptes, c’est-à-dire les entreprises avec un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros ou un total de bilan supérieur à 43 millions d’euros, et avec plus de 250 salariés.

Cette disposition, figurant il y a plus d’un an déjà dans la loi Hamon, prévoitque ces sociétés doivent publier, dans leur rapport de gestion, des informations sur les délais de règlement clients, en plus de celles qui doivent être mentionnées sur les délais de règlement fournisseurs. Ces informations devront faire l’objet d’une attestation du commissaire aux comptes, et si ce dernier constate des manquements répétés à la réglementation sur les délais de paiement clients (45 jours fin de mois ou 60 jours calendaires), cette attestation devra être adressée au ministre chargéde l’économie.

L’objectif de cette mesure est de renforcer la publicité donnée aux pratiques de paiement des entreprises, à l’occasion, notamment, de la publication de leurs comptes annuels. Cette forme de publicité facilitera sans doute, en effet, les contrôles menés par les autorités de tutelle et par les clients. Mais, tout comme les sanctions administratives à l’encontre des mauvais payeurs, instituées par la même loi Hamon de 2014, elle ne résoudra pas le problèmede fond des délais de paiement interentreprises.

Or, pour accompagner les entreprises victimes de difficultés de trésorerie en raison de retards de paiement des clients, il faut bien plus que des mesures législatives ou réglementaires. Ainsi que le soulignait le dernier rapport, en 2014, de l’Observatoire des délais de paiement – lequel Observatoire est désormais dissous ! -, aider les entreprises à faire face à leurs besoins de trésorerie est un impératif. A cet égard, les actions menées récemment par la Banque Publique d’Investissement, qui garantit les crédits accordés par les banques privées aux TPE et aux PME, sont largement insuffisantes pour financer l’augmentation du BFR des entreprises et consolider les crédits àcourt terme existants.

Les banques doivent faire des efforts

En réalité, ce sont aux banques elles-mêmes de faire des efforts pour soutenir et aider les entreprises. C’est une question de choix et de volonté : plutôt que d’investir dans d’autres opérations, les banques doivent mettre de l’argent dans les entreprises, particulièrement les PME. Le financement des entreprises par le secteur bancaire est un soutien indispensable àl’économie. Les PME ayant peu accès au financement par les marchés, le crédit bancaire, sous toutes ses formes, reste le carburant dont elles ont besoin pour vivre.

Plus largement, les banques doivent également faire des efforts supplémentaires pour financer le développement des entreprises. De ce point de vue, l’annonce du programme d’ « assouplissement quantitatif » ou« QE » de la Banque Centrale Européenne est un signal que le secteur bancaire doit interpréter en mettant les liquidités reçues au service des entreprises, plutôt que de spéculer sur les marchés financiers et « souffler la Bourse » dont les indices sont haussiers mais sans véritable raison économique (la croissance restant faible).

Le QE s’arrêtant en septembre 2016, les marchés sauront anticiper, et dès la fin du 2è trimestre de l’an prochain, le phénomène s’inversera. Pour autant, les PME resteront en souffrance tout ce temps pour financer leur besoin en fonds de roulement.

Alors que faire des décrets assortis de sanctions ? Nos politiques seraient plus inspirés de contraindre les banques universelles en les sanctionnant, le cas échéant, en cas de manquement à leur vocation première qui est de financer l’économie. D’autant que depuis janvier 2014, l’article 501 du règlement européen CRR (capital Requirement Regulation) leur permet de réduire de 25% le ratio de fonds propres qu’elles doivent mettre en face des crédits qu’elles consentent aux PME.

Alors au fond, de quoi et de qui parle-t-on ?

Harcèlement : comment réagir face à une plainte

Invoquer un harcèlement, moral ou sexuel, est hélas devenu un fait banal. Or, l’inertie serait une caution « de fait » adressée au harceleur potentiel par le dirigeant. La qualité de réaction du Daf dépendra tout d’abord de sa capacité à bien identifier la situation. [Paru dans Daf Magazine n°9]

Harcèlement : comment réagir face à une plainte

D’après l’article L. 1152-1 du Code du travail, « aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ». Bien qu’inséré dans le Code du travail depuis 2002, cet article continue d’étonner. D’abord parce qu’il ne définit pas ce qu’est le harcèlement moral.

[Zoom] La nouvelle définition du harcèlement sexuel dans le Code du travail

La loi du 6 août 2012, qui réintroduit dans le Code pénal le délit de harcèlement sexuel à la suite de la décision d’invalidation du Conseil constitutionnel du 4 mai dernier, modifie la définition du harcèlement sexuel figurant dans le Code du travail. L’article L. 1153-1 reprend ainsi la nouvelle définition du Code pénal : « Aucun salarié ne doit subir des faits :

1° – Soit de harcèlement sexuel, constitué par des propos ou comportements à connotation sexuelle répétés qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ;

2° – Soit assimilés au harcèlement sexuel, consistant en toute forme de pression grave, même non répétée, exercée dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l’auteur des faits ou au profit d’un tiers. »

Les peines encourues sont de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende (trois ans et 45 000 euros, en cas de circonstances aggravantes). Enfin, le texte élargit la protection contre la discrimination liée au harcèlement sexuel (ou moral) aux personnes en formation ou en stage et fait obligation à l’employeur d’afficher dans les lieux de travail, ainsi que dans les locaux où se fait l’embauche, le texte de l’article 222-33 du Code pénal.

L. n° 2012-954, 6 août 2012, JO 7 août.

Entreprises familiales: gouvernance et place de la relève

Quelle est la raison de la pérennité des entreprises familiales? Le cabinet Deloitte, en association avec le FBN, l’IFA et Intuitae, dresse un état des lieux en matière de gouvernance et revient sur la perception des jeunes générations sur les entreprises.

Alors que la crise économique a chahuté beaucoup d’entreprises et conduit à un nombre de défaillances encore soutenu en 2014, en association avec le FBN, l’IFA et Intuitae, le cabinet Deloitte revient sur une forme de société particulièrement pérenne, les entreprises familiales pour en étudier la stabilité du point de vue de la gouvernance. Voici l’état des lieux qu’il en dresse.

Premier enseignement: les entreprises familiales sont à 35% des SA à conseil d’administration et à 29% des SAS. 35% disposent d’une charte familiale et 57% ont mis en place un conseil de famille.

Second enseignement: 60% des entreprises interrogées ont transmis leur capital à la nouvelle génération et 48% ont identifié leur successeur.

Dernier enseignement: 46% des participants travaillent déjà dans l’entreprise familiale. 22% travaillent à la direction générale, 15% sont cadres, 12% administrateurs et seulement 2% travaillent dans la finance. Leurs trois priorités principales sont : le développement du groupe à l’international, l’innovation ou le développement de nouveaux produits et le financement ou le développement de la croissance.

4 Tips to boost your network

Networking has become a key element in our professional life. Making the right connections and finding ways to maintain them can be crucial to our career and business plans.

What can you do to add more value to your networking activity?

  • Engage

Don’t be afraid to talk to people and engage in conversation, even if you are alone and they are strangers. Be a good listener and be curious: ask questions and show your interest in your interlocutor. People do like it when others are interested in them, and they usually respond with a reciprocal interest.

Try to understand people, their style, their passions and their beliefs and try to make a connection in the conversation by focusing on the mutual elements that may create a link between you two. That could be anything: you both supporting the same football team, your shared passion for dogs or your interest in big data. Similarities attract, and people like people who are similar to them because it makes them feel stronger and on a safe ground.

Mutual interests are also a great way to stand out and make the others remember you, because by calling somebody’s passions you are appealing to their emotions. And even if it is believed that we are rational beings, it is proven that more than 50% of our decisions are subconsciously based on emotional grounds.

Don’t forget to smile! Positivity is contagious and if others feel you are positive and happy they are likely to feel a bit in that way, too!

  • Connect & organize

Once you have created a « physical » link, make sure it doesn’t get lost by connecting with your interlocutor in the right way. Depending on their personality and style, there are several ways to keep in touch and organize the information you are getting from them.

They may vary from the traditional business card collection, e-mails and telephone numbers to electronic business cards and social media (mainly LinkedIn, Twitter and sometimes Facebook, if the connection you have made is quite informal): sometimes you may use all of them!

Be organized: scan your connection’s business card and create a virtual database – there are several ways to do that, from a simple Excel file to more sophisticated softwares and mobile apps that are available online for free. Define and make a to-do-list: why should a certain connection be important for you? when? what is your final goal?

Even if you may be unsure at this early stage, try to make an initial sketch to keep your ideas clear and avoid wasting time. Write your answers into the database, along with the information you received from that person during your meeting: that may be useful at a later stage in order to recall your conversation’s key elements, especially if you are planning to contact them after some time. If you recall the key elements, they will easily remember who you are even after a long time.

  • Be active on social networks

Social networks are a great way to increase your visibility, keep in touch and share your interests (especially LinkedIn and Twitter for professional purposes).

Look for quality information, like, comment, share and create your own content. Update your status regularly at least two or three times a day and spread out your posts rather than posting them all at once.

Join and participate in groups that are relevant to your business and target market, discuss, ask questions and answer to comments and ask your connections what they think about a given topic. Give recommendations and endorse them.

If you are active on social networks you will not be forgotten and people will learn a lot about your interests and your personality.

  • Keep in touch and re-engage

Check your database regularly. Make the point and be critical about your connections: we often develop overdependence to our network and we tend to keep in touch with the people we talk more or who are in similar roles to ourselves. Ask yourself: does your networking activity really add value to your professional plans? Check out regularly if your strategy and connections are still aligned with your professional goals. If not, you can choose to keep in touch for personal reasons: but keep it clear.

However, if you find that your connections are still relevant to your professional plans, be perseverant and consistent. Re-engage with them by finding a link to the former conversation you had: recall the key points and your mutual interests. Whether you choose to do it by phone, e-mail or on social networks, you may have to wait for an answer: keep positive and do not give up! Sometimes people don’t get back to you because they are busy, they have other priorities, they need more time to think or… they have simply forgotten!

Forget about your ego, do not get disappointed easily and stay focused on your ultimate goal only. Your motivation and your persistence can be crucial to accelerate the decision process, your enthusiasm can be contagious and influence the other person’s final decision. Do you know that as much as 80% of commercial sales are successful only after the twelfth contact? Do you think you can sell your dreams with less effort?

Keep believing. Keep dreaming. Keep persisting. Unless you get a clear and definitive “NO!” it means there is still a chance. And you have nothing to lose!

Le travail un non sens ?

Le contexte socio économique contribue fortement à une nouvelle donne du non-sens du travail qui du coup est devenu anxiogène.

Je ne peux qu’adhérer avec force à l’article que vous pourrez lire plus loin rédigé il y a déjà trois ans par Pierre-Eric Sutter.

De toutes parts, et de plus en plus fréquemment, les mêmes constats reviennent :

1. « Le travail est devenu toxique. »

2. « Comment continuer à tenir ? »

nous disent les salariés mais aussi les managers et les dirigeants.

L’hyper concurrence mondialisée et la frénésie des marchés ont fait que l’économie s’est détournée de son objectif premier, à savoir, garantir au travers d’une contractualisation du travail un bien-être relatif à tous.
L’économie ultra capitalistique s’est emballée et est aujourd’hui devenue la reine corrompue d’un bal où la quasi totalité des danseurs, impuissants, gesticulent tels des pantins sans trouver leur propre harmonie. Ici, le sens du travail, encore présent heureusement chez beaucoup, mais qui tend à se muer en son contraire.

Les études sur ce sujet sont en fait sans cesse plus nombreuses, statistiques à l’appui.

L’ère salariale n’existe que depuis très peu de temps au regard du temps de l’Humanité et ses dérives sont du coup multiples.

Le travail et le monde de l’entreprise ne sont évidemment pas, à mes yeux en tout cas, « des ennemis à abattre » mais des réalités à optimiser et fluidifier.

Et les alternatives ne manquent pas. De nombreuses prises de conscience ont eu lieu et ont accouché de superbes chantiers innovants et efficients, que ce soit le Positive Economy Forum ou l’économie sociale.

« Le Positive Economy Forum est le réseau international de ceux qui placent l’intérêt des générations futures au cœur de leurs réflexions et de leurs actions.

Alors que le règne de l’urgence domine l’économie et la société dans son ensemble, le Positive Economy Forum, initié par le groupe PlaNet Finance en 2012, est né d’une conviction : la nécessité de restaurer la priorité du long-terme dans nos décisions et actions. Pourquoi ? Parce que c’est l’unique moyen de relever les défis économiques, écologiques, technologiques, sociaux et politiques qui attendent le monde d’ici 2030.

Ce mouvement est une passerelle, un outil de mise en relation d’acteurs à différentes échelles : du PDG de grande entreprise à l’entrepreneur social, de l’économiste à l’artiste.

Le point commun de tous ces acteurs : la volonté d’entreprendre pour mettre en place de nouveaux modèles, dans le champ économique mais également dans d’autres secteurs de la société, des modèles soucieux de leur impact à long terme et prenant en compte l’intérêt des générations futures.

La conviction du Positive Economy Forum : c’est de l’échange et du dialogue entre ces acteurs différents mais poursuivant un même objectif, chacun à leur façon, que naîtront des réponses viables et positives aux enjeux et défis d’aujourd’hui et de demain.

Le coeur de son action et réflexion : les pratiques économiques, financières et entrepreneuriales qui prennent en compte l’intérêt des générations suivantes. Dans ce sens, ces pratiques ont un impact qui va au delà de l’économie. Elles répondent à de véritables enjeux de société.

Pour mettre en place une société positive, qui réoriente l’économie vers la prise en compte de l’intérêt des générations suivantes, le Positive Economy Forum fédère, sensibilise et pense le monde d’aujourd’hui et les solutions de demain. »

Que peut-on faire encore ? Comment inverser la tendance de l’ultra court-termisme économique sans cesse plus accru, des flux toujours plus tendus, du désengagement devenu majeur des salariés du coup improductifs ?
Pour mieux comprendre de l’intérieur ce qui se passe dans nos entreprises, je vous invite à lire ci-après l’excellent article de Pierre-Eric Sutter intitulé « la France qui bosse au bord du burnout ? »
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« Les objectifs ont encore été revu à la hausse, on ne voit pas comment on pourra les tenir ; c’est complètement dingue…

Ils ne se rendent pas compte, là-haut, de tout ce qu’ils nous demandent !

Quand je regarde mon budget, je m’aperçois qu’on nous a encore réduit les moyens mais pas les objectifs, je ne sais pas comment je vais annoncer ça à mon équipe.

Le problème, c’est qu’on attend de plus en plus de nous ; et nous, on n’y est pas préparés. Y en marre !

On nous a collé une réunion de deux heures toutes les semaines où on perd notre temps alors qu’on est déjà débordé. En plus, ils nous demandent de remplir des tableaux de bord complètement inutiles et qui nous font perdre notre temps ; on se demande d’ailleurs s’ils ont le temps de les lire ces tableaux de bord….

Ils nous ont changé les horaires, sans nous demander notre avis. Comment je vais faire pour aller chercher mes gosses à la crèche ?

J’ai de plus en plus mal au dos ; je ne sais pas comment je vais m’en tirer ; le soir je suis crevée, je ne suis plus bonne à rien ; j’ai tellement de soucis du boulot dans la tête que je n’arrive pas à m’endormir.

Ici on bosse comme des fous, jusqu’à des 14 heures par jour. On n’en peut plus. »

Tous ceux qui s’expriment ici dans ce florilège sont de sacrés bosseurs. Ils ne comptent pas leurs heures, ils aiment leur travail et même leur employeur et leurs collègues, même si ce sont aussi de sacrés râleurs.

Ils travaillent aussi bien dans les services publics que dans les entreprises du secteur concurrentiel. Leurs mots traduisent un ras-le-bol vis-à-vis de l’injonction du « toujours plus ».
Leurs mots n’ont rien d’anecdotique, ils correspondent à une situation qui se généralise. C’est la France entière qui, aujourd’hui, se rapproche dangereusement du syndrome d’épuisement professionnel, plus prosaïquement appelé burnout.
Deux statistiques résument à elles seules la situation : la France figure dans le peloton de tête de la course à la productivité individuelle et par le même temps, elle est la première consommatrice de psychotropes. Pas de quoi être fier, finalement.

Les employeurs font cher payer l’amour que les français portent à leur travail. La valeur travail étant forte en France, les français s’y investissent à bras le corps car ils sentent bien qu’il est l’un des moyens de leur réalisation personnelle, bref qu’il peut donner un sens à leur vie.

Le travail, c’est comme l’argent qu’il procure : il ne fait pas le bonheur, mais il y contribue, fortement… Encore faut-il qu’il puisse y trouver du sens, ce serait plutôt le non-sens qui est au rendez-vous dans le quotidien professionnel des salariés français.

L’histoire étant un éternel recommencement, il est fort à craindre que comme au 19° siècle, les employés se tuent littéralement à la tâche. Le récent suicide d’un salarié de France Télécom-Orange, particulièrement tragique, est venu nous rappeler la fragilité humaine, mais elle doit par delà, nous faire prendre conscience de celle des organisations.

Quand tous les salariés se seront tués à la tâche, qui fera tourner les boutiques ? Et comment seront rémunérés les actionnaires ?

Comment en est-on arrivé à cette situation-là ?

D’abord, on n’a rien voulu voir, on n’a rien voulu savoir. On a continué à faire comme avant, comme si le monde n’avait pas changé, comme si la croissance serait suffisante pour continuer à financer nos exigences de toujours plus de consommation.
Comme tout de même, la concurrence était de plus en plus difficile avec les pays asiatiques et que la croissance n’est plus trop au rendez-vous, il a fallu ramer davantage. Dans les entreprises, on a parlé de la nécessité de s’adapter. Mais les actionnaires continuent de réclamer des taux de rentabilité toujours plus élevés. Du côté des services publics, on a parlé de « réforme de l’Etat », de la nécessité de réduire le nombre des fonctionnaires.
Bref, faire plus avec moins.

Bien entendu, tout cela est pensé d’en haut et mené de main de maître par des gens brillants, très intelligents, formés dans les plus grandes écoles, bien éclairés par une vision stratégique et mondialiste.

Ceux-ci ont voulu promouvoir le changement pour résister à la nouvelle donne concurrentielle. Mais ils se sont heurtés aux « habitudes » de ceux qui rament en bas. Il a fallu leur faire comprendre que leurs exigences d’acquis sociaux ne pouvaient plus être les mêmes ; il fallait désormais être flexibles.
D’en haut, ont été mises en œuvre des techniques de management éprouvées. On s’est attaché à réduire les coûts ; les « cost killers » se sont mis au travail sur leurs tableurs excel. Ils ont appliqué sans état d’âme les recettes apprises en école de management : pour générer du profit, je réduis les coûts en augmentant la productivité par un contrôle accru sur les process et en baissant les effectifs par downsizing et restructurations réguliers. Et j’en demande toujours plus aux collaborateurs. Ca tombe bien, il paraît qu’ils aiment bien le travail.

Le problème, c’est que les arbres ne poussent pas jusqu’au ciel. Même si le travail des cost killers a probablement du sens dans des organisations qui se sont bureaucratisées et ont fait un peu de gras, on ne peut pas les amaigrir jusqu’à l’os : sans chair ni muscle, un squelette ne se tient pas debout.

A force d’en demander toujours plus, on en arrive à des aberrations. Les reportings que remplissent les managers de proximité consomment de plus en plus de temps alors qu’il leur faudrait être de plus en plus sur le terrain. Les procédures brident la créativité des collaborateurs et les empêchent de s’adapter aux conditions concrètes de l’efficacité du travail. Et les survivants, ceux qui n’ont pas été fusillés par les cost killers, y croient de moins en moins. Les aberrations conduisant au non-sens, le travail amènent de plus en plus les salariés français à une réaction de burnout.

Le burnout ne se guérit pas avec des pilules. Le burnout est une maladie du non-sens. Le non-sens du travail alors qu’il est sensé donner du sens.

Le non-sens dans le travail c’est : plus je travaille moins j’y arrive alors que je suis compétent et investi, plus je m’investis dans mon travail, plus mon travail se désinvestit de moi.
Jusqu’à en perdre la foi – et non la tête : attention à la méchante tentation de faire passer pour fous les salariés atteints de burnout -, la foi en soi et en son travail, c’est-à-dire l’estime de soi professionnelle.
Le burnout pose ainsi une question essentielle : pourquoi le travail me fait-il mal alors que je l’aime ?
Pour guérir les salariés atteints du burnout, il faut les accompagner pour leur faire arriver à trouver la réponse appropriée à cette question fondamentale, afin qu’ils comprennent comment ils en sont arrivés là, qu’ils parviennent à se sauver par eux-mêmes pour éviter de replonger à nouveau dans les affres de l’épuisement professionnel, quitte à ce qu’ils quittent leur employeur.

Mais par delà la dimension individuelle, pour circonvenir ce burnout généralisé qui gronde, il faudrait que les organisations se demandent, entreprise par entreprise, service public par service public, comment elles ont contribué à ce que leurs salariés en arrivent à ce point.

Même si certains dirigeants courageux commencent à montrer des signes de remise en cause; comme chez France Télécom-Orange, il est à craindre que les intelligents d’en haut, les éclairés des grandes écoles et les stratèges de la mondialisation en soient encore très loin. »

Pierre-Eric SUTTER
Président de m@rs-lab

Pour en savoir plus sur m@rs-lab, cliquez ici http://blog.mars-lab.com/

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Comment donc faire enfin comprendre à l’ensemble des acteurs impactés qu’il s’agit ici de la survie de nos sociétés tant civiles qu’économiques ? Comment susciter leur sursaut et leur décillement salvateurs ? Toutes les parties étant en effet concernées.

Peut-être en cessant enfin de faire semblant de ne pas savoir, de ne pas voir.

Peut-être en commençant à se poser les bonnes questions, à savoir les questions qui permettront de trouver des réponses durables.

Peut-être en décidant de réunir tous les acteurs qui agissent sur scène comme dans les coulisses des organisations et faire en sorte que tous leurs champs les traversant soient gagnants-gagnants.

Cela semble une utopie vaine. Et pourtant, il y a urgence.

Une chose est sûre. En n’osant pas ces peut-être, le bolide qu’est devenue notre économie telle un amas de tôle sans pilote va se fracasser droit contre le mur.
Le mur non pas que du non-sens ou du burnout généralisé mais celui de la disparition même de sa matière première, dit autrement son essence, ici l’essence humaine, et par là-même la disparition même de l’économie, et nous tous avec.

Osons ces peut-être.