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Les lendemains du 49-3 de la loi Macron sur la distribution : opportunités et menaces

Les opportunités de la loi Macron sur les horaires d’ouvertures sont lourdes en exigences d’organisation pour satisfaire tous les acteurs synergiques.
Le travail du Soir et du Dimanche, permis par la loi croissance et activité , même s’il est aujourd’hui restreint à des zones seulement additionnelles, est une chance pour certains salariés comme pour certaines entreprises. Pour tous les usagers, nos villes pourront rivaliser en attractivité de vie et d’employabilité avec notamment la métropole Londonienne. Encore convient-il qu’employés et management s’entendent sans dogme sur les moyens de saisir les avantages, tout en aplanissant les inconvénients.
Les formes d’attente des employés face à cette amplification des plages de disponibilité sont multiples ; multiplicité qui complexifie les solutions potentielles. Si l’on s’en tient au seul travail du Dimanche : les uns attendent des heures comptées, à 150 % ou plus, qui leur permettent d’acquérir à salaire égal plus de temps libre, ou bien de dépasser des quotas/seuils d’heures hebdomadaires et mensuelles afin  d’acquérir des droits, d’autres cherchent un surcroit de rémunération et donc des heures payées, à 150 % ou plus, décomptées comme des heures normales dans l’enveloppe des 35 heures pour améliorer leurs revenus, d’autres encore l’opportunité de travailler sur des horaires en sus délaissés par les salariés de la semaine en raison d’un taux de sur-rémunération non attractif. On est en droit de se poser immédiatement des questions simples pour toutes ces formes d’attente : quid de la tarification de l’heure supplémentaire du Dimanche qui clôt une semaine non modulée ? quid de l’usage des stagiaires ou des emplois formation sur les dimanches ? quid des seuils d’employabilité des temps partiels et des emplois ‘réservés’ aux étudiants ? Etc. et surtout comment ces différentes attentes peuvent elles cohabiter dans une organisation simple à manager ?

roulements

L’amplitude de présence des salariés des commerces ‘Macron’ passe de 12 à 14 voire 16 heures par jour et sur 7 jours par semaine. Si ces horaires atypiques sont une opportunité de réduire les temps assujettis au travail pour les transports, ils créent une discrimination que seuls des roulements (rotation d’heures de présence des salariés entre plusieurs semaines) adaptés aux opportunités de chaque salarié peuvent minimiser. Or le roulement est une contrainte par ses cycles imposés ; contrainte qui s’estompe si elle peut être pilotée partiellement par des arrangements de redistribution des présences entre salariés. L’échange si cher à l’économie moderne, s’impose comme standard d’aplanissement des inconvénients du roulement lui-même facteur d’équilibres.
Seulement, par exemple, l’apparition du Dimanche comme jour travaillé a fait disparaitre le Repos Hebdomadaire pivot. Les pratiques de roulements et d’échanges de disponibilité, qui vont naître, de l’attrait des avantages proposés pour le travail dominical, mais aussi des contraintes d’organisation familiales spécifiques au Dimanche, obligent à prévoir une organisation flexible de la distribution du Repos Hebdomadaire. Organisation des Repos Hebdomadaires qui respecte au moins les contraintes d’un repos par période de 7 jours (directives de l’UE), dont la durée va de 35 h (mini européen) à 50 h. Les problèmes de calcul se cumulent lorsque les horaires sont étendus au point de réduire l’intervalle entre les derniers départs et les premières arrivées en dessous du minimum de repos quotidien ( 11 h ou 12 h). Or l’entreprise qui veut bénéficier des ouvertures Macron et d’une dynamique sociale qui attire les nouvelles générations, n’a pas le choix : elle doit proposer à ses salariés assez de flexibilité dans leurs contraintes et opportunités de présence dominicales. L’autonomie dans la planification des présences est une nécessité lorsque le Dimanche devient ouvré ou que les journées s’allongent. Le pilotage de cette autonomie est une réalité qui impose de surmonter tous les obstacles des contraintes légales d’intervalles horaires de repos ; serait ce au moyen d’outils et méthodes de management des plannings rénovés.
Avec la rotation et les roulements de repos hebdomadaire, avec les roulements d’horaires de présence sur des amplitudes d’ouverture élargies, le 49.3 de la loi Macron contraint au-delà de la maitrise de l’ex-modulation déjà peu répandue, un vrai renouvellement des pratiques d’organisation des planifications dans la distribution.
Gageons que le challenge sera relevé avec dignité et tout cas mieux après l’expérience de la création des PUCE (Périmètres d’Usage de Consommation Exceptionnel). Les nouveaux usages amenés par le numérique  (également chapeauté par le ministère de Mr Macron)  participeront surement aux équilibres à trouver dans la liberté d’entreprendre et de travailler.

L’«Ubérisation» et le «Hacking» rendent les DRH startuppers !

Repenser l’écosystème RH pour répondre aux enjeux d’agilité et d’innovation.

Crédit : Getty Images

 La fonction RH se trouve désormais à la croisée entre le digital et le business.  Le buzz généré par les nouveaux modèles d’entreprises dites «libérées» exprime un besoin de simplification, d’authenticité, d’innovation et de partage. Les RH n’ont pas été épargnées ces derniers temps par diverses velléités de  «Hacking», qui consiste à mettre en place des moyens innovants, pertinents et réactifs, et d’«Ubérisation», qui implique la flexibilité, la simplicité, le partage et la personnalisation du service RH ! À l’instar d’Uber, cette start-up qui crée la polémique avec les taxis en mettant directement en relation passagers et conducteurs via des applications mobiles. Un nouveau vocabulaire sémantique, aux contours souvent complexes, voit le jour et insuffle de nouvelles façons d’appréhender le travail. Cependant, pour qu’un tel scénario de RH «disruptives», car fondées sur la rupture, se réalise, il faudrait revoir l’environnement complet d’une fonction engluée dans une gestion administrative toujours plus pesante par la prolifération de textes législatifs et réglementaires. Les DRH peuvent néanmoins s’inspirer et s’imprégner d’une culture qui marque le début d’une nouvelle ère des relations humaines.

Des méthodes RH rapides, efficaces et innovantes

Pour réussir sa mission, le ou la DRH doit aujourd’hui utiliser toutes les ressources à sa disposition, et s’inspirer du «growth hacker» d’une startup de la Silicon Valley, qui s’appuie sur l’ensemble des métiers du Web pour maximiser la croissance et la rendre «scalable». Dave McClure définit le «Growth Hacking» par un schéma dont le sigle AARRR signifie «Acquisition, Activation, Retention, Revenue, Referral». On demande aujourd’hui aux RH d’utiliser le «Growth Hacking», qui surfe sur la vague technologique, pour influencer la gouvernance d’entreprise en mettant en place des actions concrètes, rapides, efficaces et créatrices de valeurs. Il dispose aujourd’hui de tous les outils nécessaires pour attirer les talents, motiver et engager les collaborateurs, les retenir en leur offrant une expérience salarié satisfaisante, les rendre émissaires de la marque employeur, et recevoir enfin en retour l’investissement nécessaire pour générer de la valeur supplémentaire.

Le/la DRH a donc tous les atouts pour cibler ses actions et mettre en place des politiques RH efficientes. Avec le Big Data, la fonction RH a en effet la possibilité d’exploiter un grand ensemble de données pour assumer une nouvelle posture de créatrice de business et prouver le ROI de ses actions grâce à la mesure. La HR data analytics prend son envol. Par ailleurs, la diffusion et l’usage des nouvelles technologies facilitent le partage et la transmission des savoirs et des connaissances. Les réseaux sociaux internes, les plateformes collaboratives ou encore les MOOC ou COOC investissent de plus en plus l’entreprise. Enfin, l’avènement de l’impression 3D pousse la fonction RH à substituer son approche «hardware», fondée sur la production industrielle, à une approche «digital thinking» orientée service !  Il va falloir capter et retenir les ressources rares par une analyse et une évaluation fine des compétences et du recrutement prédictif.

Des services facilement accessibles, partagés et personnalisables 

La numérisation a fait grandir une économie de pair à pair qui modifie le rapport à la propriété et repositionne les business models, axés davantage sur le service et l’usage.  L’autopartage a le vent en poupe.  L’Uber et l’ «ubérisation» d’une partie de l’économie n’ont jamais été autant au-devant de la scène depuis le soulèvement des taxis. Tous les secteurs sont concernés : le tourisme, la finance, le juridique ou même le luxe ! L’économie collaborative fait croître de nouveaux marchés et les méthodes, jugées barbares car sans garde-fous et hors contrôle de l’entreprise voire de l’État, bouleversent les entreprises traditionnelles de l’extérieur mais également de l’intérieur. Les RH, notamment, doivent repenser les relations en interne, les «ubériser», que ce soit, par exemple, en matière de d’organisation du travail, en mode plus collaboratif, pour la formation, plus ouverte et participative, ou en cas de dialogue social, plus fluide et direct. Toutes les méthodes sont à revoir pour affiner la relation entre l’entreprise et les individus, dans un cadre plus authentique basé sur la sincérité de l’échange. On ne recrute plus en sélectionnant des curriculum vitae mais grâce au matching algorithmique, qui rapproche les offres d’emploi des profils inscrits sur Linkedin ; on n’apprend plus en présentiel mais par la Gamification ou le Social learning.

Les DRH doivent se mettre au diapason. Tous les salariés peuvent aujourd’hui acquérir des services en ligne, se former, échanger sur les réseaux, se connecter d’où ils se trouvent grâce au développement du Web social et des applications mobiles mais également au développement de l’usage du Cloud et des objets connectés. Tout est accessible, rapidement et à coût raisonnable.

Penser « ensemble » son destin

 Véritable lame de fond, l’Ubérisation va de plus en plus permettre à des activités de se développer à côté des entreprises traditionnelles et les déboulonner peu à peu. Comment concilier les deux économies parallèles et quelle place la DRH peut-elle prendre dans cette dimension stratégique de repositionnement des business models et du remodelage des organisations ? La communauté s’élargit et devient multidisciplinaire, notamment en faisant appel à des ressources externes. Le recours à des indépendants, des personnes en CDD ou à temps partiel prime sur les CDI. D’aucuns parlent même de la fin du salariat. Mais, de façon optimiste, ne peut-on y voir là une issue au chômage avec de nouveaux marchés à la portée des individus ? Les innovations de rupture ne représentent pas uniquement la fin de l’emploi mais peuvent également constituer l’opportunité de créer de nouveaux métiers et de travailler ensemble.

Enfin, quid de la fonction RH elle-même ? Se détachera-t-elle également de l’entreprise en tant que «centre d’activité économique» selon le Cahier d’enjeux et de prospective de la FING (Fondation Internet Nouvelle Génération) ? Aux DRH aujourd’hui de ne pas louper le virage de leur repositionnement et de prendre en main leur destin … dans une nouvelle économie d’usage et de partage.

Christel Lambolez

Sortie temporaire de la zone Euro: ce serait illusoire 

Avatar de Philippe WAECHTERLe Blog de Philippe Waechter

L’idée de sortie temporaire de la Grèce est totalement illusoire et traduit avant tout la volonté de l’Allemagne de faire sortir la Grèce de la zone euro.

Imaginons la sortie de la Grèce: que se passerai t il pour sa monnaie? Elle ne pourrait plus être l’euro, le risque de dépréciation est fort. A ce point il y a deux possibilités

Soit le pays veut effectivement revenir dans la zone euro alors il doit réduire, tout seul, les déséquilibres qui ont été à la source de son expulsion. A ce moment là, sans le support de la monnaie unique avec des taux d’intérêt bas, les mesures à prendre seraient trop contraignantes. Finalement et c’est la seconde option, le pays reprendrait sa liberté vis à vis de la zone euro.

En d’autres termes soit le pays fait des efforts considérables pour essayer de revenir (car il ne bénéficie pas des effets…

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Proposition d’une nouvelle approche à la gouvernance

Avatar de Gouvernance des entreprises | Jacques GriséGouvernance | Jacques Grisé

Vous trouverez, ci-dessous, un article de l’Institut de la gouvernance du Royaume-Uni (IoD) qui présente un document intitulé « The Great Governance Debate: Towards a good governance index for listed companies » dans lequel les auteurs décrivent une approche nouvelle à l’évaluation de la saine gouvernance.

Le document se distingue par la conception d’un modèle de prévision de la gouvernance, basé sur une multitude de facteurs explicatifs, et d’indices de performance.

Je vous invite à prendre connaissance du rapport de l’IoD.

Bonne lecture.

IoD calls on businesses and regulators to take a fresh approach to corporate governance

In a new report published today, the leading business organisation hopes its report will kickstart the debate about how to define good governance – and recognise those companies that do it best.

The Great Governance Debate: Towards a good governance index for listed companies, launched at the IoD this morning, sets out a new framework…

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Le secret du Bonheur

Happiness comes from your own actions. Happiness is a choice. When you find yourself in an emotional state that you’d rather not be in, you have the power to change it in an instant.
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There have been several books written about the subject of happiness including several from Tal Ben-Shahar (« Happier« , « Even Happier » and « Being Happy« ) and Zappos CEO, Tony Hsieh who wrote Delivering Happiness. All great books if you’re looking for a deep dive into the subject of happiness. But I came across a quote from the Dalai Lama XIV that really nailed it for me:

Happiness is not something ready-made. It comes from your own actions.

That’s the secret to happiness. More specifically, your right actions will lead to increased levels of happiness. What are the right actions? The first one is gratitude. You cannot simultaneously hold emotions such as fear, loathing, jealousy and hatred while also being grateful. If you are felling stressed out, anxious, or generally bummed out, the fastest way back to happiness is a deep focus on gratitude. This can be accomplished with 10 to 15 minutes of focused meditation. The focus of the meditation being, « What 3 things are you truly grateful for? »

But wait, deep thoughts of gratitude are not action, right? And the secret to happiness comes from your own actions, so it’s not enough to think thoughts of gratitude. Instead, actions must be taken. In this case, it is the act of telling the people with whom you are most grateful. In fact, it’s more important to tell someone how much you appreciate them than tell them you love them. This is because love means different things to different people, but appreciation is universal. The act of giving gratitude to those you love will immediately impact your level of happiness.

A second action that leads to happiness is the act of giving. Recall the classic wisdom, « It is better to give than to receive ». This has been proven by researchers inseveral experiments and the subject of several Ted Talks. The act of giving immediately changes your physiology; especially when you give to someone that is clearly in need. The selfless act of giving without any expectation of receiving brings out an emotional energy that fills you with a sense of purpose and accomplishment. The act of given releases a feeling inside of you; that you have made a real and significant difference in the life of someone else. You cannot help but feel happy when you have positively impacted the life of someone else.

And the third action is one I learned at an early age from my grandmother: simplypretend to be happy and soon you won’t be pretending. This one really surprised me as I was sure that she was mistaken. How could you simply pretend to feel something that you don’t authentically feel and then it becomes your reality? Then I tried it and sure enough it works every time. Even as you read this, if you choose to smile as you read this sentence, notice what happens to you. Keep your smile while you read this sentence too and notice that you almost want to laugh. Now go ahead and chuckle, or if you’re by yourself (or don’t feel self-conscious), then give yourself permission to laugh out loud.

It’s simply not possible to smile and laugh and feel unhappy. Your physical state influences your emotional state and vice versa. If you want to feel happy right this instant, then smile and laugh and notice your happiness levels increase. If you then combine this act with the other two (i.e. giving and gratitude) you can maintain your happiness beyond the moment.

Happiness comes from your own actions. Simply put, happiness is a choice. We choose to be happy or we choose not to be happy. If you find yourself in an emotional state that you’d rather not be in, you have the power to change it in an instant. Sustained levels of happiness come from the actions you take. When you give to others and show your gratitude, you will increase your levels of happiness. The more you give, the more you tell people how much you appreciate them, the happier you will be. Fill your days with smiles and laughter and the feeling of happiness will grow inside of you. Eventually, happiness will become your default emotion rather than something you access occasionally.

Life is a choice and your happiness comes from your own actions. Choose to be happy and choose to take the actions in life that will sustain the level of happiness you seek. This is the secret to happiness and I encourage you to take actions that will fill you with the happiness and joy you deserve throughout your life.

Les 10 plus importantes compétences d’affaires en 2020

En seulement six ans, les compétences que vous rechercherez pour les employés seront très différentes de celles idéales pour les travailleurs d’aujourd’hui. N’en doutez plus !!!

Dans un avenir proche, des machines et des systèmes intelligents auront automatisé de nombreux emplois qui existent aujourd’hui, en changeant la nature de compétences qui seront en forte demande.

Comme les technologies sociales joueront un rôle plus important dans la création de valeur, des compétences telles que l’intelligence sociale et une nouvelle éducation aux médias, entre autres, vont devenir de plus en plus important pour les travailleurs.

L’ infographie ci-dessous à partir Collèges Top Ten en ligne montre les capacités seront plus évalués d’ici à 2020:

L’immunité au changement: ces engagements rationnels qui empêchent l’innovation

Avatar de Philippe SilberzahnPhilippe Silberzahn

Il y a un paradoxe dans le domaine de l’innovation: tout le monde est pour, je ne rencontre jamais un chef d’entreprise qui m’explique qu’il ne veut pas d’innovation, bien au contraire; ils la veulent tous. Et pourtant dans la plupart des entreprises, l’innovation est bloquée. Une cause importante de ce paradoxe réside dans un conflit d’engagement entre le présent et l’avenir. Regardons cela plus en détail.

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Comment Orange a mis en place la rémunération des compétences

ENTRETIEN Lors de la présentation du baromètre social semestriel d’Orange, le directeur général chargé des ressources humaines du groupe, Bruno Mettling avait évoqué la mise en place d’augmentations individuelles dépendant de l’acquisition de compétences. Cette mesure souvent évoquée dans les cercles spécialisés RH est rarement mise en place. Bruno Mettling explique comment il avait réussi à mettre en place cette innovation.

Comment Orange a mis en place la rémunération des compétences
 

La méthode RH d’Orange pour la transition numérique

Pour quelles raisons avez-vous mis en place un nouvel outil de rémunération, dépendant des efforts de formation des salariés. Les outils classiques ne sont-ils plus adaptés pour récompenser la performance ?

Le point d’entrée ce n’est pas la formation mais les compétences. Nous demandons à nos collaborateurs d’évoluer de façon plus rapide, notamment sous l’influence de la digitalisation de nos métiers et de nos marchés.

En outre, dans le cadre de notre plan stratégique, un départ sur trois est remplacé. En conséquence, il est demandé aux salariés qui restent d’être davantage polyvalents. On demande à la fois une adaptation et une évolution des compétences.

En contrepartie, nous avons voulu que la politique de rémunération tienne compte de ses évolutions. Nous ne pouvons pas ignorer cet effort qui est demandé aux salariés. Mais cet effort ne remplace pas celui consenti pour la performance. Il s’ajoute. Nous avons défini une politique de rémunération qui comporte trois niveaux : la rémunération de la qualification de l’emploi, puis des performances et enfin des compétences acquises.

Concrètement comment l’avez-vous mis en place ?

Nous avons commencé de façon très limitée en 2013. Les résultats de cette expérience ont été très bons. Les salariés ont exprimé leur satisfaction. Le résultat est que nous sommes passés à une plus grande échelle en 2014. 11 000 salariés en ont bénéficié. Et nous reconduisons le dispositif en 2015.

Concrètement, c’est une enveloppe embarquée dans la négociation annuelle obligatoire sous le nom d’Augmentation Individuelle liée à la gestion prévisionnelle des compétences dont la mise en œuvre se fait sous la responsabilité managériale mais dans le cadre de grands principes définis dans l’accord salarial.

Comment savez-vous que cette mesure est appréciée ?

Dans notre baromètre social semestriel, nous avons constaté que la note obtenue par la politique de rémunération avait nettement progressé et notamment tout ce qui concerne l’équité.

N’y a-t-il pas suite à cette mesure des conflits pour obtenir des formations ?

Encore une fois, ce sont les compétences qui comptent, pas les formations, même s’il existe un lien entre les deux. Cela peut être quelqu’un qui devient manager de projet, qui est formé au mode agile. De même un technicien qui utilise une tablette acquiert une compétence supplémentaire. Ou un salarié qui travaillait pour les grandes entreprises et consacre une partie de son temps au marché des particuliers…

Pour la formation, Orange consacre 6 % de sa masse salariale, ce qui représente 280 millions d’euros. Pour les formations managériales, nous avons dispensé un million d’heures depuis la création d’Orange Campus en 2011.

Comment est mesurée l’évolution des compétences ?

Elle peut être observée à tout moment mais elle est consacrée lors de l’entretien annuel, ce qui donne un impact plus fort. Cela a eu des effets significatifs. L’augmentation minimum est de 3 %, avec un minimum de 800 euros en valeur. C’est important en matière d’équité dans le groupe.

Le management n’est pas mort mais le modèle directif oui !

Crédit photo Olivier Journiat

 

L’atelier «Transformation du métier de manager», qui s’est tenu au Congrès international francophone des ressources humaines (CIFRH) 2015, au CNIT Paris-La Défense le 25 juin dernier, a permis de débattre sur l’avenir de cette responsabilité à forte valeur ajoutée. C’est en effet sur elle que repose la qualité de la motivation et de l’engagement des salariés, sources de différenciation pour la performance d’une entreprise.

 

Et si la transformation du monde du travail prenait son ancrage sur l’avènement d’un nouveau type de management? Le manager est mort, vive le manager!

La fonction traverse une forte crise. Pas moins d’une vingtaine d’ouvrages ont été publiés en 2014 pour décrire le malaise ambiant et des méthodes managériales pour le moins dépassées. À l’heure d’un engouement prononcé pour les modèles de sociétés libérées et à responsabilités réparties, se pose la question de la place actuelle que devrait avoir le manager. Doit-il disparaître? Ou tout simplement se réinventer? Le modèle traditionnel est à bout de souffle et l’entreprise n’a jamais autant subie une telle remise en question sur ses fondamentaux.

La fin des petits chefs

Co-animé par Philippe Canonne, Michel Barabel et André Perret, l’atelier «Transformation du métier de manager» a permis d’éclaircir les attentes actuelles des responsables RH vis-à-vis des managers.  Dans un monde en pleine dispersion, ne s’oriente-t-on pas plutôt vers un management distribué, indépendant de toute ligne hiérarchique? En tout cas, le modèle, qui a généré les petits chefs en abondance, sclérosant pour l’organisation ne fonctionne plus. D’ailleurs, « tous les jeunes sont tous « copains »  entre eux », avance un DRH. Gérard Matencio, directeur de la transformation chez ErDf développe : «On ne critique qu’une forme dégradée de management mais on recherche toujours des leaders capables de réguler les humeurs et les motivations des équipes. On a besoin de personnes inspirantes aujourd’hui pour manager.» Aux dires de certains participants, les organisations qui performent le plus sont celles qui ont su mettre en place un management qui orchestre la transversalité, l’alignement et le travail collaboratif.

Des « impulseurs » de coopération

La principale problématique est de trouver des managers qui donnent envie.  Ils doivent passer d’une posture de contrôleur à celle de coach. Selon Aline Scouarnec, responsable du master RH de l’IAE de Caen, nous entrons dans une nouvelle ère de managers ou de gouvernants. « Le manager est impensé au sein de beaucoup d’organisations, témoigne-t-elle, Cela engendre des répercussions sociales catastrophiques.» Pour Jean-Paul Bouchet de la CFDT Cadres, il sera demandé de plus en plus aux managers de devenir des « impulseurs » de coopération.

Les garants de la confiance

Charles-Henri Besseyre des Horts, professeur associé à HEC Paris, est intervenu sur l’impérieuse nécessité de générer de la confiance et du respect, et, sur le rôle prépondérant des managers sur l’image de leur entreprise. Il témoigne : «Ils sont devenus responsables de l’image de la marque employeur. Leurs attitudes néfastes se diffusent rapidement sur les réseaux sociaux et impactent la réputation de l’entreprise. La vraie question aujourd’hui est de renforcer la cohésion et le collectif car jusqu’à présent on a trop privilégié l’individualisme. Qu’est prête à faire l’entreprise, sur quoi s’engage-t-elle, pour, en retour, bénéficier de l’investissement de ses collaborateurs ? »

Une hiérarchie de compétences

Le fonctionnement traditionnel en silos n’a pas disparu mais s’y ajoute une hiérarchie horizontale qui les rend poreux. Dominique Turcq, fondateur de l’Institut Boostzone, explique que la hiérarchie vise à réduire les coûts de transaction qui existent également de façon transverse. Elle sera toujours présente mais se base de nos jours davantage sur les compétences.

Un DRH en appui des managers

Quant au DRH, «il doit sortir du petit coin » selon Philippe Canonne, DRH membre du Bureau national de l’ANDRH. André Perret, vice-président de DPM&Associés, ajoute : «Le DRH a du mal à se positionner sur les projets de transformation de l’entreprise. Or il peut être un appui non négligeable pour impulser un nouveau management.» Cantonné à un rôle de gestionnaire, le DRH doit davantage s’intéresser au business de son entreprise afin d’avoir un pouvoir d’influence dixit le DRH du groupe Danone Maroc. «Pour les managers, les DRH ne sont pas légitimes, appuie Gérard Matencio, car souvent ils se situent en aval des projets pour en gérer les conséquences sociales!» Alors qu’attendent-ils pour s’imposer? «La période est à la désintermédiation, rappelle Lionel Prud’homme, directeur du LISPE IGS-RH, Les méthodes d’Uber et de Airbnb vont-elles définitivement changer la fonction RH?»

Dans le contexte actuel, le DRH dispose donc d’une «fenêtre de tir» pour endosser un nouveau rôle, plus stratégique, qui permettra une transformation des entreprises dans le respect d’une gouvernance humaine. Le changement de paradigme permet de redéfinir, «de façon collective», une véritable fonction dont le poids pèserait autant que d’autres directions plus influentes au sein des comités de direction telles que la fonction financière ou marketing par exemple. Mais pour cela, il va falloir que les DRH pensent stratégie et se projettent un peu plus dans l’avenir.

Christel Lambolez

 

Retrouver une rétrospective du Congrès dans le numéro de La revue Personnel de juillet-août 2015.

DÉSENGAGEMENT ET PERFORMANCE

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« Les grandes grèves du siècle dernier ont laissé place à des millions de micro-grèves intérieures… »

Cette phrase m’a été inspirée par l’excellente étude, Des salariés engagés : qualité du management et performance de l’entreprise, rédigée par Hubert Landier pour l’institut de l’entreprise en juin 2012 dont je vous livre ici la synthèse.

Cette étude décrit parfaitement les problématiques auxquelles le monde du travail est confronté aujourd’hui et pourquoi elles sont si difficiles à résoudre : le conflit collectif d’autrefois se traduit désormais par un désengagement individuel. Sans bruit, sans éclat, l’isolement de l’individu face à ses difficultés le pousse à se désinvestir de sa tâche.
Le 20ième siècle a été marqué par de nombreuses vagues de grèves avec des sommets en 1936 et 1968. Des grèves déclenchées par les collectifs auxquels pouvaient se rattacher les salariés, qui portaient leurs voix. Dans la société qui se dessine pour le siècle qui commence, les collectifs laissent place à l’individu. Pour le meilleur et pour le pire.

Pour mesurer l’ampleur économique du désengagement imaginez dans une entreprise de 1000 salariés qu’une grève soient suivi pendant 10 jours par 100 salariés au cours d’une année, cela représente 1000 jours de travail perdus pour l’entreprise. Ce type de conflit serait unanimement reconnu comme un conflit sérieux et aurait de lourdes conséquences pour l’entreprise.
Maintenant, imaginez que 500 salariés baissent leur productivité de 10% pendant cette même année… un rapide calcul vous montrera que ce sont plus de 7500 jours qui seront perdu sans que personne ne s’en aperçoive. Au-delà de l’impact économique du désengagement, il ne faut jamais perdre de vue que la victime est le salarié, aujourd’hui, tous les jours.
Je crains que les risques psycho-sociaux soient le prochain grand scandale sanitaire, au même titre que l’amiante ou le sang contaminé… Sommes-nous condamnés à attendre cette prise de conscience nationale pour réagir ?

Le véritable enjeu du 21ieme siècle sera de réinventer le management pour s’adapter à ces nouvelles données. Les outils de mesure et les méthodes de gestion des conflits dont nous avons hérité des 100 dernières années sont à revoir. Les recettes qui marchaient ne marchent plus.


Des salariés engagés : qualité du management et performance de l’entreprise

SYNTHÈSE

« La baisse de la conflictualité, au cours de ces dernières années, ne correspond pas nécessairement à une amélioration du climat social. En effet, les conflits collectifs ont cessé d’être le mode d’expression privilégié du mal-être ou du mécontentement des salariés. Les réactions collectives laissent place de plus en plus à des réactions individuelles de désengagement, moins visibles mais qui peuvent être au moins aussi coûteuses pour l’entreprise.

La forme la plus visible du désengagement consiste en un développement d’un absentéisme de courte durée qui n’est pas toujours réellement justifié – et qui s’explique en outre par la progression des troubles psychosociaux. À cela s’ajoute une baisse de l’efficacité collective : multiplication des erreurs, des retards, des malfaçons, détérioration de matériel, ainsi qu’une attitude négligente à l’égard des clients. De même assiste-t-on au départ inopiné de certains salariés, qui expriment ainsi leur rupture psychologique avec l’entreprise.

Absentéisme, départs inopinés, baisse d’efficacité et négligence à l’égard des clients représentent pour l’entreprise un coût difficile à mesurer mais qui peut être extrêmement élevé et se traduire par une perte de rentabilité importante. A contrario, un engagement élevé venant des salariés se traduit par une dynamique porteuse de réussite collective. Une étude américaine révèle ainsi que les entreprises figurant au palmarès des « great places to work » ont sur le long terme (1998 à 2005) une rentabilité supérieure à la moyenne.

La question se pose donc, afin d’y remédier, de savoir quelles sont les causes de cette tendance au désengagement. Il convient en premier lieu de tenir compte de l’environnement humain de l’entreprise. Pour ceux qui ne la connaissent pas de l’intérieur, celle-ci a souvent une image négative, parfois liée à des préjugés d’origine idéologique. Nombre de jeunes, à leur sortie du système scolaire, méconnaissent la réalité du travail et y voient seulement la perspective d’une corvée désagréable. Cette approche a priori négative se trouve par ailleurs nourrie par certaines formes d’organisation et de management : multiplication des causes d’irritation, centralisation excessive et abus de procédures inadaptées, désagrégation des équipes de travail et développement d’un sentiment de solitude au travail, remise en cause des valeurs liées au travail bien fait, absence de reconnaissance des efforts accomplis…

Afin de rétablir sa dynamique interne et de contribuer au mieux au développement humain de ses salariés, l’entreprise doit donc s’efforcer de lutter contre ces différentes sources de désengagement : il lui faut restaurer le sens du travail bien fait, promouvoir la prise de responsabilité des salariés à tous les niveaux de son organisation, développer leur sentiment d’appartenance, renforcer les différentes formes de dialogue social. Cela passe à la fois par un engagement des dirigeants, par la mise en œuvre d’une politique valorisant le travail et par un management de proximité donnant toute sa place à la dimension humaine de l’entreprise.

Les pouvoirs publics, de leur côté, doivent s’efforcer eux-mêmes de promouvoir le sens du travail bien fait. Une proportion trop importante parmi les jeunes arrive sur le marché du travail sans réelle qualification et sans en connaître l’importance en tant que facteur d’accomplissement personnel. Il importe ainsi de souligner que le redressement de la France passe non seulement par une politique économique adéquate, mais également par une promotion des valeurs liées au travail. »

Hubert Landier.