Monthly Archives: mars 2015

Reprendre une entreprise à la barre du tribunal

Détecter les opportunités

Reprendre une entreprise à la barre du tribunal, c’est se lancer dans une course contre la montre. Mieux vaut prendre une longueur d’avance en détectant les défaillances d’un établissement avant l’annonce officielle de ses difficultés… Quelques pistes pour avoir la bonne info au bon moment.

Les différentes procédures préventives

Avant d’être placées en redressement judiciaire, la plupart des affaires sont passées par les procédures préventives : mandat ad hoc, conciliation, ou procédure de sauvegarde…  » Les deux premières procédures ont pour but de préserver l’entreprise en difficulté pour éviter qu’elle ne perde la confiance de ses différents partenaires par une diffusion de l’information… « , indique Me Guilhem Bremond, avocat à la cour et directeur du cabinet Bremond & Associés. Elles sont donc confidentielles.

En revanche, la sauvegarde et le redressement judiciaire sont rendus publics par le greffe du tribunal de commerce. Mais l’ensemble des professionnels de la reprise recommande, autant que faire se peut, de commencer à se rapprocher des dirigeants bien en amont d’un redressement judiciaire, pour éviter de récupérer les entreprises trop  »abîmées ». Alors, comment pressentir une défaillance d’entreprise avant que la machine judiciaire ne se mette en marche ? Certains maillons de la chaîne vont à l’évidence se trouver au premier plan, et ce, en dépit de toutes les précautions prises par les dirigeants : les salariés, bien sûr, les fournisseurs, les clients, mais aussi les concurrents directs ou indirects.

Miser sur son réseau pour rester informé

Pour Me Bremond,  » l’un des meilleurs moyens de savoir qu’une entreprise est en difficulté est de se montrer vigilant sur ce qui se passe dans son environnement « . Les conseils spécialisés – avocats, administrateurs judiciaires, cabinets conseil financiers – sont aussi de précieux informateurs.  » Il peut être utile dese constituer un véritable réseau dans ces milieux « , poursuit Me Bremond. Bien informés, ils sauront relayer l’information auprès des candidats sérieux qui auront fait la démarche de leur faire part de leur projet, du secteur d’activité et du type de l’entreprise dans laquelle ils souhaitent investir, et d’indiquer leur enveloppe budgétaire.

Vous pouvez souscrire à des services de veille fonctionnant par alertes e-mail.Verif.com, par exemple, vous permet d’être averti dès qu’une modification intervient sur la fiche d’une entreprise (dépôt des comptes annuels, défaillance, changement de dirigeant). Vous pouvez ainsi constituer des listes d’entreprises à surveillerpar secteur d’activité, zone géographique et taille. D’autres portails web vont plus loin en proposant des chiffres-clés et des analyses financières succinctes. Pouey International, spécialiste du recouvrement de créances et de l’information commerciale, a développé Score 3, un outil en ligne grâce auquel les Daf et les dirigeants de PME s’informent sur l’état de santé d’une entreprise. Au moyen d’une technique de « scoring » (évaluation), 750000 sociétés sont notées en fonction de leur vulnérabilité.

Mais la plus large base d’informations légales (disponible sur la Toile) reste celle d’Infogreffe.frservice d’information du greffe des tribunaux de commerce, qui répertorie 4 millions de sièges sociaux en France. Les abonnés sont avertis à J + 1 de toute modification concernant les entreprises qu’ils souhaitent mettre sous surveillance : cessation des paiements, inscription de privilèges, liquidation, redressement, etc.

Les relais d’information 

Il faut donc attendre que le tribunal prononce soit la mise sous sauvegarde de l’entreprise, soit l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire (avec, à l’issue, un plan de continuation ou un plan de cession), soit encore la liquidation judiciaire, pour que l’information devienne officielle. L’administrateur judiciaire, chargé de trouver d’éventuels repreneurs, lance alors un appel d’offres en publiant des annonces dans les supports les plus lus par les acteurs du secteur concerné et dans la presse quotidienne économique, mais aussi dans la presse locale et les magazines professionnels du secteur. Certains sites internet relaient aussi l’information, notamment ceux desadministrateurs judiciaires qui s’occupent du dossier (voir ci-dessous).

Vous pouvez aussi dénicher des offres dans le Bodacc (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales). L’administrateur judiciaire, de son côté, diffuse l’information auprès des réseaux de repreneurs. C’est ce qu’explique Bruno Sapin, administrateur judiciaire à la tête de l’étude AJ Partenaires :  » Nous faisons circuler l’annonce auprès des professionnels spécialisés dans le retournement d’entreprise, des cabinets de conseil spécialisés, des fonds de retournement… Nous lançons également des campagnes d’e-mailing à destination des entreprises du même secteur d’activité, que nous identifions grâce à leurs numéros SIREN et NAF, et répertoriées dans nos fichiers.  »

La date limite de dépôt des offres est ensuite fixée, en général dans des délais assez brefs (moins de deux mois) : la course contre la montre commence…

Le DAF de demain

Dématérialisation des paiements, des factures et des actes de gestion courante, la numérisation impacte la direction administrative et financière dans son quotidien, ses missions et à terme ses métiers. Le Daf devient un CFO.

L’évolution des transactions vers l’économie numérique amène à repenser la globalité des chaines de traitements administratifs et financiers des entreprises. Nous sommes au début d’une transformation massive des échanges et d’une mutation majeure vers des processus dématérialisés où les directions financières auront un rôle primordial dans la gouvernance des activités de l’entreprise et le pilotage de son éco-système.

Les directions financières sont en effet en première lignepuisqu’elles gèrent d’importants flux documentaires et sont soumises à des lois et réglementations de plus en plus exigeantes. Après la dématérialisation des paiements, la dématérialisation des factures et des actes de gestion courante est devenue un élément important de leur politique de modernisation. Ce passage au numérique standardise les échanges et permet de garantir leur conformité légale.

Penser transformation des usages client c’est adapter l’outil de travail administratif

L’évolution des comportements d’achat sur internet a fortement impacté la vente en magasin et pousse les modèles orientés omni canal. Ces modèles basés sur l’expérience client ne sont envisageables que si la chaine de gestion interne à l’entreprise est en adéquation avec le niveau d’attente. Les directions financières doivent donc anticiper les besoins d’investissements et repenser – avec la vente, les achats et la production- les processus d’approvisionnement pour une plus grande fluidité des traitements. Cette modernisation est un préalable sous peine de voir une rentabilité médiocre des investissements numériques du front office client. Le pilotage administratif et financier devra être au coeur du système interne pour pouvoir suivre les encours et les engagements de commande, devancer les besoins en fond de roulement et optimiser les flux financiers.

Exemple de transformation et de performance économique : la facture électronique

La dématérialisation de la facture fournisseur est un composant vital dans une démarche de baisse de coût du traitement administratif. Son intégration dans le système d’information permet la suppression de l’édition papier et de l’envoi physique en sortie et le rapprochement automatique avec les bons de commande pour les flux entrants. Combinée avec un processus de gestion de comptabilité fournisseur et des capacités avancées de rapprochement avec les contrats et les bons de livraison, la dématérialisation des factures peut réduire les couts de plus de 50%. Cette réduction des coûts peut aussi dépasser les frontières du département financier en fluidifiant les circuits de validation métier et en pilotant les validations  » ad-hoc  » à l’intérieur du système.

Un recentrage sur le coeur de métier

L’effet induit d’une dématérialisation des flux va libérer les services financiers et les services achats qui vont pouvoir se concentrer sur leur métier et sélectionner leurs fournisseurs en fonction de leur valeur ajoutée et non plus par souci de rationalisation. Parmi les objectifs d’efficacité opérationnelle que l’on peut citer, notons celui de recentrage des activités sur le coeur de métier, la diminution des actes administratifs comptables, le gain de temps, la simplification des processus de validation, une meilleure gestion des risques opérationnels et du traitement des litiges grâce aux outils de traçabilité et de contrôle que les systèmes d’échange intègrent nativement.

Le DAF de demain

L’automatisation accrue des tâches administratives va donc faire perdre son A au DAF de demain. A charge pour lui de redessiner son domaine d’intervention. Face à des prises de décisions d’entreprise complexes en matière de stratégie, le directeur financier doit être un soutien indispensable à la direction générale. Sa valeur ajoutée et son conseil dans les domaines clés que sont la recherche de capitaux, l’ingénierie financière, les fusions, les acquisitions, les cessions d’actifs ou la restructuration du bilan seront décisifs. A l’ère de la RSE et du renforcement des réglementations, il devient le garant de la transparence et assume un rôle tournée désormais vers la gouvernance et l’arbitrage dans la gestion de l’entreprise.

Une Europe Détestable, conduite par des gens méprisables.

Revenons en arrière, aux années 90.  L’Euro est en préparation et tous « les oints du Seigneur » de service de nous expliquer que l’introduction de l’Euro va amener à une croissance plus forte, à une hausse de l’emploi, au développement d’un système bancaire intégré, solide et puissant, à une amélioration extraordinaire de la protection sociale, à des femmes plus belles et à des hommes plus aimables…et que tout cela n’aura aucun coût.
Une citation entre mille : « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)

Quel génie ! Le sergent Maginot apparait comme un visionnaire en comparaison de Michel Rocard…

Quelques voix, Philippe Villin,  J.C Rosa et quelques autres dont votre serviteur, s’élevaient- déjà- à l’époque contre ce qui paraissait être une ânerie économique mais surtout une faute politique.

Je ne vais pas avoir la cruauté de montrer une fois de plus les résultats  économiques désastreux de ce Frankenstein financier car la réalité parle d’elle-même.

En réalité, ma principale critique a toujours été que l’Euro allait détruire l’Europe que j’aimais, celle de la diversité pour la remplacer par une Europe Technocratique et inhumaine, ce qui ne manquerait pas de faire renaitre les vielles haines entre peuples tout en permettant l’émergence de mouvements populistes dont l’Histoire a montré qu’ils pouvaient être extraordinairement dangereux.

C’est sur cet aspect politique que je veux écrire aujourd’hui, car c’est de loin le plus important.

Ma thèse, depuis le début, a toujours été que la construction de l’Euro avait été organisée par un groupe de gens non élus et ne rendant de comptes à personne pour prendre le pouvoir politique et que donc cela s’assimilait à un coup d’Etat.

En ce qui concerne l’Europe, dès son origine, il y a eu deux conceptions qui s’affrontaient

  • Celle de la Démocratie Chrétienne, représentée par de Gasperi, Adenauer ou Schuman, fondée sur un principe essentiel de l’Eglise Catholique, la subsidiarité et ancrée dans des pratiques démocratiques.
  • Celle de Jean Monnet, et ensuite de partis socialistes Européens qui voulaient créer un Etat Européen, qui aurait vocation à se substituer aux Etats Nationaux. Cet Etat serait non démocratique mais technocratique (Jean Monnet se méfiait profondément de la Démocratie) et géré bien sur par les hauts fonctionnaires Français.

Ces deux conceptions ont navigué de pair tant bien que mal jusqu’à  la réunification Allemande où il devint évident que l’Allemagne allait disposer du pouvoir monétaire en Europe grâce à  la Bundesbank et au DM.

Les partisans Français de l’Etat Européen (Delors, Trichet etc..) décidèrent alors de faire un coup d’Etat et de forcer la création de cet Etat en commençant par la monnaie, c’est à dire l’Euro, ce qui était censé coincer l’Allemagne, Mitterrand annonçant fièrement alors «qu’il avait cloué les mains de l’Allemagne sur la table de l’Euro». On le vérifie chaque jour.

A l’époque, j’avais écrit ” des Lions menés par des Anes”, mon premier livre, dans lequel j’expliquais que l’Euro allait amener à trop de maisons en Espagne, trop de fonctionnaires en France et trop d’usines en Allemagne et où j’annonçais un désastre économique sans précédent dans l’Europe du Sud.

Et pour cause, je ne connais pas dans l’histoire de fixation de taux de changes fixes entre deux pays avec une productivité différente qui ne se soit pas terminé par un désastre.

Et la conclusion de ce livre était que l’Euro allait tuer l’Europe que j’aimais, c’est à dire l’Europe de la diversité et faire remonter les vieilles haines ancestrales  à la surface…

Car toutes les tentatives dans l’Histoire de recréer l’Empire Romain, ce fantôme qui hante notre histoire, se sont terminées dans la guerre et dans le sang.

Comme on pouvait s’y attendre, depuis ce coup d’Etat, les procédures de remises au pas de ceux qui ne sont pas d’accord sont devenues de moins en moins démocratiques.

Lorsque la crise Grecque, la première, commença, un socialiste, Papandreou était au pouvoir. Il accepta les conditions imposées par le FMI qu’il avait appelé à la rescousse (présidé alors par Strauss-Kahn…), à la condition que le peuple Grec soit consulté par referendum. Il fut instantanément remplacé, après de sordides manœuvres de couloir par un dénommé Papademos…ancien vice gouverneur de la BCE.

Quelque temps après, Berlusconi, le premier Ministre Italien, émit l’idée que si l’Allemagne continuait à suivre une politique déflationniste qui tuait ses voisins, alors l’Italie pourrait décider de quitter l’Euro. Lui aussi fut promptement débarqué et remplacé par le Quisling de service,  un ancien Commissaire Européen, dénommé Monti, que personne n’avait jamais élu et qui avait fait toute sa carrière à Bruxelles.

Dans les deux cas de figure, un premier ministre parfaitement légitime qui avait osé remettre en cause la Doxa Européenne a été débarqué manu militari pour être remplacé par quelqu’un de plus …souple.

Mais tout cela s’est fait dans une certaine discrétion, le but étant de ne pas affoler les populations.

Avec les dernières élections Grecques, les masques sont tombés.

Tour à  tour, nous avons eu :

Monsieur Barroso, ancien Mao/Trotskyste et ancien Président de la Commission Européenne qui déclare que les élus ne savent pas résister aux demandes incongrues de la population et que donc les responsabilités doivent être exercées par des gens non élus, peu sensibles aux foucades du corps électoral…

Schäuble, le ministre des finances allemand qui dit que les élections Grecques ne changeaient rien. Pourquoi voter ?

Et enfin Juncker, le fraudeur fiscal, viré par les électeurs Luxembourgeois et instantanément nommé comme Président de la Commission Européenne  qui  annonce qu’il n’existe pas de sortie «démocratique» aux Institutions Européennes.

Et donc, ces trois éminents personnages nous annoncent tranquillement qu’’ils s’assoient avec beaucoup d’assurance et sur la Démocratie et sur la Souveraineté de chaque Nation Européenne. Et cette attitude est de plus en plus visible chez leurs seconds couteaux.

Une participante-Grecque- aux dernières négociations à Athènes a dit que l’un des membres de la Troïka avait suggéré pour régler les problèmes de cash-flow de l’Etat local que celui-ci ne paye ni les retraites ni les fonctionnaires pendant un ou deux mois. Proposition rejetée avec indignation par le ministre des Finances, cela va sans dire. On ne peut s’empêcher de penser au fameux  « Ils n’ont pas pain ?  Qu’ils mangent de la brioche» de Marie Antoinette.

Cela m’amène à poser une seule question : Pour les Peuples Européens, de quel espoir est porteur aujourd’hui l’Europe telle que les technocrates nous l’ont bâti ?

Qui est prêt à mourir pour cette Europe ?

La «Démocratie Européenne ressemble de plus en plus à l’évidence aux  « Démocraties Populaires »  d’il y a peu.

On sait comment on y entre, on ne sait pas comment en sortir.

Nous sommes en train d’arriver à  ce que je craignais par-dessus tout : Une dé -légitimation de l’idée Européenne née après la seconde guerre mondiale et voila qui me rend fort triste. A ce point, le lecteur va me demander: mais que faire ?

La réponse est toujours la même.

Croire que le mal existe et lutter contre.

Savoir dire non.

Agir au niveau individuel.

Ne pas croire en un homme providentiel.

Influencer ceux qui sont autour de vous,

Eduquer les autres sans relâche.

Transmettre ce que vous savez.

Soutenir ceux qui ont le courage de lutter et qui y consacrent leurs vies.

Se retrouver avec ceux qui partagent les mêmes valeurs. Et ici, je songe par exemple à l’Institut de Formation Politique dont l’Institut des Libertés est proche.

Le pire n’est jamais sûr, et c’est pendant la profondeur de la nuit disait Péguy (je crois, à moins que ce ne fut Bernanos) qu’il est beau de croire à  l’Aurore.

D’après Charles GAVE

Les sociétés qui tuent l’humain, quand la Rentabilité remplace la Compétence.

Nous sommes en période de crise, les entreprises souffrent….Tel est le discours que nous entendons depuis des années.

Ces Managers qui sont mis au placard, qui sont licenciés sans égard…
On remplace, et on sacrifie des hommes et pourtant….pourquoi ne pas penser autrement, ne pas diriger autrement.
Savoir s’entourer de bons éléments est essentiel pour aller vers la réussite.
Les entreprises choisissent la rentabilité au profit de la compétence, combien ont été débarqués du jour au lendemain sans explication réelle? tout simplement parce que la raison inavouée est le salaire?
Ne nous étonnons plus du manque de savoir faire, comment des collaborateurs peuvent apprendre si les sociétés retirent du terrain les éléments formateurs.
Nos jeunes générations n’ont ils pas besoin de référants, de modèles, d’exemples.
On préfère des salariés à moindre coût, c’est plus rentable, mais les conséquences sont fâcheuses.
Manque de résultats, manque d’investissement, manque d’implication, les entreprises se retrouvent face à un problème qu’ils ont crée finalement.
Il est facile derrière une bureau, de lire une feuille d’analyse, mais qu’en est il vraiment sur le terrain?
Ce sujet tabou, un problème qu’on a peur d’exprimer….
Aujourd’hui, il est temps de mettre carte sur table, de discuter, d’affronter, ce silence est pesant.
Les médias commencent à prendre conscience du phénomène, et combien d’entre vous ont vécu cette situation qui a bouleversé votre vie…

4 jeux pour expliquer une bonne communication dans l’entreprise

A travers ces 4 mises en situation,  vous allez pouvoir utiliser ces 4 petits outils pratiques aussi bien dans votre vie professionnelle que dans votre vie privée.

Le jeu n° 1 : Quels sont les 6 moyens de transports que représente une caravelle ?

Jeu n° 1 :
Si vous imaginiez pouvoir voyager en caravelle, vous pourriez utiliser 6 moyens de transport différents, lesquels ?des 3 bateaux de Christophe Colomb, un avion des années 1960-70, une voiture des années 60-70 (le constructeur était Renault), un oiseau de mer, un troupeau de chameaux sauvages (rhoooo…. Non,  pas une caravane !), une petite caravane de tourisme – 2 places (d’où le nom de Caravelair).

Le piège : chacun de nous imagine le moyen de transport en fonction de son expérience  vécue, de son environnement, de son âge etc… Nous n’avons donc  pas toujours les mêmes représentations face aux mêmes mots utilisés. C’est ce que nous appelons les interprétations et c’est bien là le premier piège de communication souvent source de malentendu aussi bien dans l’entreprise que dans notre vie privée. Combien de fois, nous, Messieurs, n’avons-nous pas été rabroués par notre conjointe au moment où nous lui faisions ce merveilleux compliment : « Qu’est ce que tu es jolie aujourd’hui ma chérie » !  Compliment par lequel nous exprimions la beauté encore plus éclatante ce jour alors qu’elles comprenaient que d’habitude elles ressemblaient « à des sacs » !

L’outil : la reformulation…. Clé de l’écoute active et de l’empathie ! Faites par exemple reformuler à votre interlocuteur vos propos pour vous assurer qu’il ait bien compris par exemple vos directives (en Management c’est important !) avec cette petite astuce issue de la position basse : « Je n’ai pas été très clair dans mes propos, qu’est ce que vous avez compris dans ce que je vous ai dit ? ». Ainsi vous pourrez vous assurer que vos consignes ou vos sentiments ont bien été compris.
Dans le cas inverse, pour vous conforter dans la compréhension de votre interlocuteur ou pour le pousser à aller plus loin dites lui : « ce que j’ai compris dans ce que vous venez de me dire, c’est…. » . Et si votre interlocuteur vous répond par « en fait… » ou par « non, ce ce que je voulais vraiment dire c’est que… », alors les mots qui vont suivre seront « des pépites » d’informations capitales dans vos relations. Testez cet outil si vous ne l’utilisez pas déjà ou partagez vos expériences si vous y avez déjà eu recours.

Le jeu n° 2 :Prenez une feuille de papier et un crayon à côté de vous. Lisez le texte ci-dessous à votre rythme. Une fois lu, écrivez sur votre feuille de papier ce que vous avez lu.

Avez-vous par pur hasard dessiner un triangle dans lequel vous auriez inscrit « l’oiseau sur la branche » ????

Il me semble (à vérifier !) que les consignes étaient d’écrire ce que vous avez lu et non pas de reproduire ce que vous avez vu…

Le piège : le triangle était donc  superflu ! De plus, regardez bien, il se peut que l’article « la » soit écrit 2 fois !!! Oui je sais, çà fait un peu mal à l’égo  mais c’était tellement évident, n’est-ce pas ? Eh bien voilà le deuxième piège : les évidences, celles-ci même qui nous poussent à ne pas comprendre pourquoi ceux qui sont autour de nous ne font pas les choses ou ne comprennent pas aussi vite que vous… tout simplement parce que, peut être, n’ont-ils pas votre expérience, ne sont-ils pas habitués… Combien de stagiaires avons-nous trouvé « lourdauds ». Aurions-nous oublié que nous aussi nous sommes passés par là ???

L’outil : il y en a deux pour le prix d’un ! D’abord savoir se poser la question « Est-ce que c’est aussi évident pour lui/elle compte tenu de son expérience, positionnement, environnement, éducation ? » Cette question va favoriser votre attitude empathique –deuxième outil – la capacité à se mettre à la place de l’autre, comprendre son monde.

 Le jeu n° 3 : La suite logique

Votre mission si vous l’acceptez (tiens, çà me rappelle quelque chose) est de continuer la suite logique ci-dessous. A vous !

1
11
21
1211
111221
312211

???????

Vous n’aimez pas ?  Alors vous allez pouvoir vous rattraper sur l’exercice suivant : Ci-dessous, vous serez en présence d’une équation (jusque là tout va bien?). Vous devez donc rétablir l’égalité de l’équation en ajoutant un seul « signe » à la gauche du signe « = » . Vous avez 3 possibilités différentes, lesquelles ?
I   X   =   6

Avez-vous par hasard compris ou plutôt interprété « suite logique mathématique ? L’avais-je écrit ainsi ? Non ! Rassurez-vous, j’ai mis une demi-journée à trouver la solution !!! Le pire c’est que ma nièce de 10 ans l’a trouvé en 10 minutes… bonjour l’égo vexé !

La solution : Simplissime, ne faites que lire ce que vous voyez sur la ligne du dessus !
Ex : sur la première ligne il est écrit  un « 1 », vous écrivez donc sur la deuxième ligne 1 1. Comme sur cette deuxième ligne vous avez lu deux « 1 » et non pas onze, vous écrirez sur la troisième ligne « 2 1 » et sur la quatrième un « 2 » et un « 1 » donc 1211 et ainsi de suite….et cela à l’infini !! Toujours pas compris ? Appelez-moi !
Le piège : la force de l’habitude ou de la monotonie, faire toujours appel à des solutions éprouvées. Pour illustrer ce 3ème piège, Einstein écrivait « La folie est de se comporter toujours de la même manière et de s’attendre à un résultat différent »

L’outil : c’est une question à consommer sans modération –« comment faire mieux et diféran? » Il y a quelque chose qui vous choque dans l’orthographe? Tant pis je suis resté « droit dans mes bottes » et j’ai écrit différemment juste pour vous montrer combien être différent peut surprendre !

D’ailleurs avez-vous trouvé les 3 solutions pour  IX = 6 ?
Il y a trois solutions (mathématique, orthographique, latiniste), toujours en prnant en compte ce que je viens d’écrire plus haut. Les voici par ordre de difficulté décroissante :

X = 6

I X 6 = 6

I X = 6

Oui je sais, là aussi çà fait un peu mal à l’égo ! Sourire…

 Jeu n° 4 : Le Président est mort, pauvre Président !

Lisez attentivement cette histoire en tenant pour certain que tout ce qu’elle dit est exact. Par endroit elle est délibérément vague. N’essayez pas de l’apprendre par cœur puisque vous pouvez la relire à n’importe quel moment. Lisez ensuite les 17 affirmations numérotées les unes après les autres sans revenir en arrière. Cochez le  » V »  si vous êtes sûr(e) que l’affirmation est strictement vraie; cochez le « F » si vous êtes sûr(e) que l’affirmation est strictement fausse et cochez le « ? » si vous ne pouvez pas dire si elle est vraie ou fausse.

Le Président est mort

Le Président est mort. Les gardes du corps n’ont pas pu l’empêcher. La police a arrêté deux personnes armées. Le Docteur AZ a déclaré que les dégâts avaient été trop importants et que rien n’aurait pu sauver la vie du président, précisant que tout avait été tenté.

Affirmation 1 : Nous savons que le Président a été tué   V   F   ?
Affirmation 2 : Les gardes  du corps ont essayé d’empêcher sa mort  V   F   ?
Affirmation 3 : Rien n’aurait pu sauver la vie du Président  V   F   ?
Affirmation 4 : Nous  savons que le Président a succombé à ses blessures   V   F   ?
Affirmation 5 : Les blessures du Président étaient importantes  V   F   ?
Affirmation 6 : Les médecins ont tenté de sauver la vie du Président  V   F   ?
Affirmation 7 : Nous savons que le Président a été victime d’un attentat  V   F   ?
Affirmation 8 : Le Docteur AZ a examiné le Président   V   F   ?
Affirmation 9 : Le Docteur AZ a fait une déclaration  V   F   ?
Affirmation 10 : Le Président a reçu des soins  V   F   ?
Affirmation 11 : Les hommes arrêtés étaient les gardes du corps  V   F   ?
Affirmation 12 : le Docteur AZ est l’un des hommes arrêtés  V   F   ?
Affirmation 13 : Tout a été tenté pour sauver la vie du Président  V   F   ?
Affirmation 14 : Deux hommes ont été arrêtés  V   F   ?
Affirmation 15 : Le Docteur AZ est un homme   V   F   ?
Affirmation 16 : Nous savons que le Président a été exécuté  V   F   ?
Affirmation 17 : Le Président avait fait trop de fautes pour que sa vie ne puisse pas être en danger   V   F

Il suffisait, dans ce jeu, de ne tenir pour certain que de ce que racontait l’histoire et non pas les personnages cités dans l’événement.

La solution :
Etaient « vraies » les affirmations … 9 !
Etaient « fausses » les affirmations … 1, 4, 7, 16 (comme nous ne pouvions pas dire si cela était vrai ou faux, il est donc faux d’écrire « nous savons que »… je vous laisse à vos neurones !
Etaient « ? », toutes les autres ! Rien dans le texte ne nous confirme assurément que ces affirmations sont strictement vraies ou fausses.Si vous avez du mal avec l’une d’entre elles, écrivez-moi en commentaire, je me ferai un plaisir de vous répondre.

Le piège : les a priori ou les jugements trop rapides.
L’outil : mettre de côté cette sagesse populaire  « la première impression est toujours la bonne » pour vérifier une autre sagesse populaire « il/elle gagne à être connu. Il s’agit donc de ne pas tirer trop hâtivement des conclusions, des généralisations ou des décisions intempestives.

Pour cela je vous conseille la lecture du texte des 3 tamis de Socrate.

Attention donc aux interprétations, aux évidences, à la force de l’habitude et aux a priori que nous rencontrons tous sur nos chemins professionnels ou familiaux.

LES 10 SECRETS DE L’ESTIME DE SOI

Le bonheur est un des principaux ingrédients de la longévité.

Or, pas de bonheur sans une bonne dose d’estime de soi.

Bonne nouvelle, renforcer son estime de soi, ça s’apprend !

Renforcer son estime de soi et faire son bonheur
Avoir une bonne estime de soi permet d’être positif, d’agir selon ses aspirations et de faire face aux difficultés de l’existence. Il est donc essentiel de développer son estime de soi. Pour cela, un travail est nécessaire. À tout âge, à tout moment et dans toutes les situations, il est possible de travailler son estime de soi et de la renforcer.

Comment procéder ? Voici 10 pistes à explorer pour renforcer son estime de soi.

1) Affirmez-vous !
Apprenez à dire ce que vous pensez, ce que vous souhaitez et aussi ce que vous ressentez. Attention, s’affirmer n’implique pas de devenir agressif. Vous devez apprendre à formuler vos pensées sans agressivité. Apprenez également à bien formuler vos souhaits et vos ressentis. Exprimez-vous clairement et toujours très concrètement.

2) Définissez vos priorités
Prenez le temps de réfléchir objectivement à vos projets de vie : quel est l’important pour vous ? Quelles sont vos priorités, vos projets dans la vie ? Etc. Vous pouvez ainsi mettre de côté vos doutes et vous focaliser sur vos priorités. Chercher à réaliser ses priorités bien établies améliore beaucoup l’estime de soi.

3) Listez vos valeurs fondamentales
Listez vos valeurs fondamentales (liberté de pensée, respect de l’autre, amour, citoyenneté…) et ne vous laissez pas polluer par des faits accessoires et autres idées superficielles.
Vivre avec des valeurs fortes contribue à rendre heureux.

4) Reconnaissez vos qualités
Nous avons tous des défauts et des qualités, lesquels peuvent même changer au fil de la vie. L’important n’est pas de focaliser sur ses défauts, mais sur ses qualités. Listez-les par écrit, relisez-les régulièrement et faites évoluer cette liste. Si nécessaire, demandez à vos amis ce qu’ils apprécient en vous, vous serez sans doute surpris !

5) Pour renforcer l’estime de soi : soyez positif et regardez toujours du côté de la solution
Face à un problème, on a souvent tendance à ne voir que les mauvais côtés des choses. Pourtant, il y a toujours du positif et des solutions. Exercez-vous. Face à une situation difficile, inscrivez dans une colonne les problèmes et les points négatifs, dans une autre, les points positifs et les solutions.

6) Regardez-vous avec tendresse et bienveillance
Vous faites de votre mieux et vous essayez tous les jours de vous améliorer. Cela vaut bien un peu de tendresse et de bienveillance. Parlez-vous et encouragez-vous, vous le méritez ! Et dès que vous croisez votre regard dans une vitrine ou une glace, souriez-vous.

7) Complimentez-vous et célébrez toutes vos petites victoires
Il n’y a pas que les promotions ou la réussite d’un examen qui comptent parmi vos victoires. La vie de tous les jours est ponctuée de petites et grandes réussites, dont vous devez vous imprégner (votre coq au vin était des plus réussis, vous avez bouclé votre dossier en un temps record, vous avez réparé le jouet cassé de votre enfant, vous avez organisé un super week-end, etc.). Clamez vos victoires et jouissez de ces petits instants magiques qui apportent du bonheur. Et chaque soir, repensez à toutes vos réussites de la journée et à tous les évènements heureux.

8) Muselez votre critique intérieure
Nous avons tous une petite voix intérieure qui nous dit :  » ne te réjouis pas trop vite « ,  » ça ne va pas durer « ,  » je ne le mérite pas « … Ces critiques n’ont aucune justification et elles gâchent inutilement les instants heureux. Ne vous critiquez pas vous-même et appréciez simplement les instants présents.

9) Éliminez vos  » pensées toxiques « 
 » Je suis bête « ,  » je suis maladroite « ,  » je suis trop petit « ,  » je n’y arriverai pas « … ces formules et autres petites phrases assassines entravent, voire handicapent vos pensées et vos actes. Vous devez les éliminer.

10) Transformez vos défauts en qualité
Acceptez vos défauts, assumez-les ou débarrassez-vous-en. Commencez par les identifier objectivement. Certains traits de votre personnalité que vous considérez comme des faiblesses peuvent devenir des points forts. Certains aspects physiques peuvent aussi devenir des signes distinctifs. D’ailleurs, la beauté vient de l’intérieur. Enfin, rien n’est immuable, tout peut se transformer.

Pourquoi la France doit changer d’état d’esprit

Dans « What’s wrong with France ? », l’avocat Laurent Cohen-Tanugi explique comment la mondialisation a déstabilisé le pays, et prescrit ses remèdes.

Selon Laurent Cohen-Tanugi, la République française doit se réformer pour retrouver sa place dans le monde. © JAUBERT/SIPA

Analyser les racines du malaise français à l’égard de la mondialisation

Avocat et essayiste, Laurent Cohen-Tanugi s’était déjà distingué de nombreuses élites françaises traditionnelles en publiant des ouvrages critiques sur l’État ou en invitant l’Europe à se doter d’une « stratégie pour la mondialisation ». Dans son dernier opus, What’s wrong with France ? (Grasset, 2015), sa réelle expérience internationale et son sens critique le conduisent à analyser les racines du malaise français à l’égard de la mondialisation. Si notre pays a tant de mal à s’y adapter, c’est qu’au-delà des difficultés économiques et sociales bien identifiées « son excellence voire son identité y sont ébranlées ».

Une crise politique prospérant sur l’affaiblissement des institutions

Le modèle français, qui s’est longtemps présenté comme exemplaire au monde, fut en effet conçu « pour une société homogène, structurée autour d’un État fort, dans un monde d’États-nations ». Or, la mondialisation érode tous ses fondements : la centralité de l’État, les valeurs républicaines, la qualité des élites administratives et politiques, la pertinence du système méritocratique, le rayonnement intellectuel et culturel, le modèle social, l’influence en Europe et même l’universalisme de la vision. Ce mal français, difficilement perçu par les parties prenantes, invite à une véritable « réinvention » collective.

Celle-ci doit commencer par une analyse lucide de la crise politique du pays. La remise en cause des pouvoirs, de l’idéologie, du fonctionnement traditionnel de l’État, a entraîné dans son sillage le déclassement du personnel politique, qui s’est replié sur lui-même en même temps qu’il s’est coupé de la vie économique et internationale. La fonction publique a été politisée et concurrencée dans son aura par des profils correspondant mieux aux besoins des entreprises, voire aux représentations citoyennes. Le « dérèglement généralisé » de la vie politique française s’est logiquement reflété dans les élections présidentielles successives.

Cette décadence a été accentuée par l’affaiblissement des institutions. Parlement, autorité judiciaire, médias, société civile, ces contre-pouvoirs traditionnels ont vu leurs rôles démocratiques, traditionnellement faibles, encore plus diminués sous la Ve République. Celle-ci n’aura, par ailleurs, pas su protéger la fonction présidentielle dans la durée. Il est salutaire que soit identifié dans ces développements le manque de « colonne vertébrale de responsabilité, d’éthique politique, d’esprit critique, d’exigence et de rigueur intellectuelle et morale, de vertu » des dirigeants politiques, économiques, sociaux d’un pays où le sens civique a laissé place à l’individualisme et aux incivilités.

La prospérité d’un système mandarinal et la disparition des intellectuels

La critique du comportement mandarinal de la haute fonction publique française, sous-jacente à l’ensemble de l’ouvrage, n’est pas nouvelle. Dans un monde où l’éducation est à la source de l’économie de la connaissance et un vecteur d’influence internationale, on savait que certains modes de pensées, attitudes, et contenus de l’enseignement des élites administratives étaient remis en cause. Mais il faut aussi comprendre que ce sont aujourd’hui des esprits créatifs, innovants, et capables d’être à l’écoute du monde qu’il convient de former pour assurer la compétitivité et la promotion de l’expertise françaises.

De la même façon, la France doit s’atteler à renouveler sa capacité intellectuelle. Les personnalités qui animent aujourd’hui le débat public du pays sont en effet « des figures médiatiques nationales plutôt que des penseurs de la condition humaine à vocation universelle ». Peu connus au-delà des frontières, ils n’ont guère pris la mesure de la nouvelle échelle d’influence mondiale, et tendent à ne parler que « de la France aux Français ». La perte d’audience de l’intelligentsia aurait ainsi « autant partie liée avec ses propres limites qu’avec l’état général du pays ». Elle devrait, au contraire, renouer avec une pensée audacieuse avec l’aide de maisons d’édition bien plus proactives et cosmopolites.

Le rapport au travail comme symbole du mal, la République comme totem

Illustration de la crispation collective à l’égard de la mondialisation, le rapport au travail des Français demeure difficile, rappelle l’auteur. La France est parmi les pays de l’OCDE où l’on travaille le moins d’heures dans l’année et le pays se situe dans les profondeurs d’un autre classement de l’organisation concernant la satisfaction professionnelle des salariés. Le statu quo est logiquement maintenu sur le marché du travail au détriment des jeunes et des seniors. Résorber le chômage implique ainsi un « changement des mentalités, un démantèlement des corporatismes, des carcans divers qui entravent la création d’entreprise, l’innovation, la concurrence et l’investissement ».

L’évolution de la société française illustre le grand écart croissant entre l’idéologie et la réalité sociale, affaiblissant la République. Celle-ci faisait l’objet d’une réelle appropriation quand la société était homogène, quand l’école remplissait son rôle d’ascenseur social, quand les immigrés accueillaient avec fierté la perspective de l’assimilation républicaine, que la France inspirait (plus) de respect. Dans la situation actuelle, avec une école inégalitaire, une assimilation défaillante, une société divisée, le modèle républicain apparaît « hypocrite, schizophrène et non performant ». Le brandir comme un totem régulièrement ne fait qu’alimenter cette perception.

La France, provincialisée, est appelée à se réinventer

Alors que notre pays a jadis profondément influencé le monde et est aujourd’hui intégré à la mondialisation, son milieu politique et sa fonction publique, peut-être plus que sa population, restent très autocentrés. Ceux-ci ne déploient guère de stratégie d’influence et ne valorisent pas les expériences étrangères. Les structures professionnelles et universitaires ont, par ricochet, bien du mal à accueillir des experts étrangers de haut niveau dans des conditions attractives. Le choix des personnes à des postes exposés à l’international doit se faire dans la plus grande vigilance, sur la base de la compétence et de la crédibilité. Enfin, la France doit comprendre que l’introversion nuit à son image et à sa crédibilité.

L’auteur est l’une des rares figures à rappeler que le rapport de la France à la mondialisation est avant tout une question d’état d’esprit. C’est pourquoi, à l’instar d’Hubert Védrine, il en appelle à un consensus sur la relance de la croissance et sur l’apport des entreprises et de la société civile à la vigueur économique. L’État, recentré sur ses priorités régaliennes, pourrait alors oeuvrer à la mise en oeuvre de chantiers « stratégiques et solidaires », parmi lesquels la réforme des institutions, de la fonction publique, de l’enseignement primaire et, bien sûr, le choix d’une Europe politique. La France se doterait alors « d’un projet, expression dont les Français ont presque oublié l’usage tant elle a déserté le discours gouvernemental des vingt dernières années ».

Une analyse qui risque de diviser, mais qui mérite d’être saluée

L’essai de Laurent Cohen-Tanugi sera aisément critiqué comme étant, par exemple, l’analyse rapide d’une élite internationale distante du vécu d’une part importante de la population. Pourtant, son texte est l’un de ceux qui « tend (utilement) un miroir » à la France pour l’inviter à prendre conscience d’un certain discrédit international et de son repli sur elle-même. La démarche de l’auteur n’est ni hautaine ni personnelle, mais bien empreinte d’un sens du collectif qui semble avoir disparu de la vie civile et politique. What’s wrong with France ? illustre ainsi une volonté de redonner au pays une conscience de l’évolution du monde, un sens de la prospective, et une cohésion autour de politiques publiques essentielles.

L’ Afrique un continent d’avenir

Qui l’eût cru? En l’espace de trois décennies, la perception négative que les investisseurs avaient de l’Afrique est en train de changer radicalement. Dans le rapport 2012 d’Ernst & Young sur l’attractivité du continent en termes d’investissements directs étrangers (IDE), 86 % des répondants d’une enquête d’opinion (sur un échantillon de plus de 500 chefs d’entreprise) classent l’Afrique comme seconde destination d’investissement la plus attractive après l’Asie. Ce changement de perception s’accompagne d’un intérêt croissant pour cette partie du monde. Ainsi, la part africaine des IDE mondiaux a augmenté au cours des cinq dernières années, passant de 3,2% en 2007 à 5,6% en 2012. Certes, cette part reste très faible par rapport aux autres régions, mais la bonne nouvelle, c’est qu’elle est en progression.

Selon le même rapport, le profil des investisseurs est en pleine mutation. Si, hier, l’investissement venait surtout des pays développés, aujourd’hui, on constate un renversement de tendance avec l’apport des marchés émergents qui est en forte hausse. Les plus grands contributeurs de ces marchés émergents sont l’Inde (237 projets d’IDE), l’Afrique du Sud (235), les Émirats arabes unis (210), la Chine (152), le Kenya (113), le Nigeria (78), l’Arabie saoudite (56) et la Corée du Sud (57). Il est intéressant de noter, sur cette liste, la présence des pays africains comme l’Afrique du Sud, le Kenya et le Nigeria qui, en investissant en Afrique, augmentent la part de l’investissement intra-africain, dont le taux de croissance cumulé, pour la période 2007-2012, est de 33%. On prévoit d’ailleurs que d’autres pays africains, à l’instar de l’Angola, avec un fonds souverain de 5 milliards de dollars, deviendront des investisseurs de plus en plus présents sur le continent au cours des prochaines années.

Les pays africains qui attirent le plus de projets d’IDE sont le Ghana, le Nigeria, le Kenya, la Tanzanie, la Tanzanie, la Zambie, le Mozambique, l’île Maurice et l’Afrique du Sud. Ces projets ne sont plus systématiquement orientés vers le secteur des ressources naturelles, comme c’était le cas il y a quelques années. Aujourd’hui, les services, le secteur manufacturier et les activités liées aux infrastructures intéressent aussi les investisseurs. Ainsi, en 2012, les services comptaient pour 70% des projets et les activités de fabrication, 43% du capital investi. Par contre, les industries extractives qui représentaient 8% des projets d’IDE en 2007, ne sont plus qu’à 2% des projets. Incontestablement, il y a une tendance à la diversification, qui touche d’ailleurs d’autres secteurs comme les technologies de l’information et de la communication, et l’éducation.

Qu’est-ce qui justifie donc cette attractivité de l’Afrique? D’abord, le climat politique. On est loin des régimes autoritaires qui faisaient la pluie et le beau temps en Afrique dans les années 60, 70 et 80. On ne peut le nier, un processus de démocratisation s’enracine aujourd’hui dans la plus grande partie du continent. Cela a pour effet de créer une situation stable qui rassure de nombreux investisseurs. Ensuite, des améliorations constantes apportées à l’environnement des affaires. Ainsi, selon le rapport Doing Business de 2012 publié par la société financière internationale et la Banque mondiale, un nombre record de 36 économies sur 46 en Afrique subsaharienne ont amélioré leurs réglementations des affaires. De plus, parmi les 12 économies dans le monde qui ont le plus amélioré la facilité de faire des affaires dans plusieurs domaines de réglementation, l’Afrique compte pas moins de 5 pays (Maroc, São Tomé et Principe, Cap Vert, Sierra Leone et Burundi).

Par ailleurs, l’Afrique affiche un taux de croissance économique solide depuis plus d’une décennie (5% en moyenne par an). Selon les experts,  cette croissance devrait se maintenir et dépasser les  5%  sur la période 2013-2015. Autre atout : l’Afrique est le continent qui possède le taux de retour sur investissement le plus élevé au monde. En effet, en 2010, la Banque mondiale a évalué le taux de retour sur investissement en Afrique, entre 24 et 30%, contre 16 et 18% pour les pays développés. Enfin, l’émergence rapide de la classe moyenne en Afrique constitue un atout considérable  pour les investisseurs, car elle est synonyme d’une hausse de pouvoir d’achat et d’une consommation accrue en particulier sur le marché des biens. Évaluée à 300 millions de personnes, cette classe moyenne stimule les dépenses des ménages qui sont censées passer de 860 milliards de dollars aujourd’hui à 1400 milliards de dollars en 2020.

Voilà donc autant de facteurs qui rendent l’Afrique de plus en plus irrésistible comme destination d’investissement. Et le meilleur est à venir, si l’Afrique lève certains obstacles qui constituent un frein à l’investissement. Parmi ceux-ci, il y a le manque criant d’infrastructures. Selon la Banque africaine de développement, « les besoins de l’Afrique en financement des infrastructures – 390 milliards de dollars EU environ à moyen terme, surtout pour l’énergie – s’élèvent à des milliers de milliards de dollars EU sur le plus long terme». Des efforts sont néanmoins faits pour réduire ce déficit, il faut le reconnaître. Ainsi, en 2012, il y a eu plus de 800 projets d’infrastructure actifs dans différents secteurs en Afrique avec une valeur combinée dépassant les 700 milliards de dollars (Rapport Ernst &Young 2012). La grande majorité des projets d’infrastructure sont liés à l’électricité (37%) et aux transports (41%).

L’autre gros obstacle reste la corruption. Quand on regarde les classements annuels de Transparency International, l’Afrique n’y fait pas bonne figure. Les ¾ des pays de ce continent obtiennent depuis 2005 une note inférieure à 5 (10 étant un haut niveau d’intégrité). De plus, sur les 30 derniers pays du classement, la moitié vient d’Afrique. Or, comme le disait le président américain Barack Obama au Ghana en 2009, « aucune entreprise ne veut investir dans un pays où le gouvernement se taille au départ une part de 20 %, ou dans lequel le chef de l’autorité portuaire est corrompu. » Là également, l’Afrique a pris conscience du problème et une lutte sans merci est menée contre ce fléau. C’est le cas au Cameroun où la redoutable opération Épervier a réussi à susciter la « peur du gendarme » ou au Sénégal, où le directeur de l’Agence nationale pour la promotion des Investissements (Apix) s’est réjoui récemment de la « lutte implacable contre la corruption et la traque des biens mal acquis » qui a permis de doubler le volume des investissements à 710 millions d’euros. La bataille est cependant loin d’être gagnée et le chemin, encore long.

De la crise économique à la crise écologique

La Crise économique est toujours là. Depuis 2007, elle s’incruste dans nos vies et nos économies. Chacune espère que nous allons bientôt en sortir. Les analystes guettent la sortie, la reprise tant espérée. Et pourtant, elle ne s’arrêtera pas, la reprise ne viendra pas.

La grande majorité des économistes n’a pas compris la véritable nature du phénomène que nous subissons. Ils nous décrivent une crise financière ayant entraîné une crise des dettes publiques. Ils nous expliquent maintenant que la récession est devenue générale.

Ce schéma explicatif est celui d’universitaires et de chercheurs ayant une analyse globale et macroéconomique de la situation. Quand ils adoptent un point de vue microéconomique, ils décrivent des entreprises aux carnets de commandes vides, qui attendent le redémarrage en faisant le gros dos.

Alors, pourquoi cela ne repart-il pas ? Pour le comprendre, il faut adopter le point de vue d’autres acteurs économiques.

Prenons un établissement public, un collège par exemple. Depuis six ans, les comptes de ces organismes sont fortement contraints par les coûts croissants du gaz, du fuel, de l’électricité et de l’eau. Ce que les agents comptables appellent le « chapitre viabilisation » prend une place de plus en plus démesurée (parfois 50 à 70%). Les budgets n’augmentant pas, c’est la part relative à la pédagogie qui ne fait que baisser. Cela a deux conséquences : l’enrichissement des grandes compagnies et des pays qui commercialisent ces ressources, la faiblesse croissante des entreprises souvent locales qui vendent des prestations de sorties pour les élèves et du matériel pédagogique.

Prenons un autre exemple : un jeune ménage qui a acheté ou loué un appartement ou une maison. La demande de logements et les tensions sur le marché immobilier ont entraîné une augmentation importante des prix depuis une quinzaine d’années. Désormais, le logement d’un ménage représente le tiers ou la moitié de son budget. Cette situation s’est aggravée avec l’augmentation des prix de l’énergie.

Cette part croissante du logement a obligé chaque ménage à faire des économies : elles se font sur les loisirs (vacances, restaurants, culture) et la consommation. Les entreprises locales qui vendent du loisir ou qui produisent et vendent des biens ne verront pas revenir des consommateurs dont les budgets sont fortement impactés durablement par le coût croissant des logements et de l’énergie.

Ces deux exemples peuvent être généralisés. Les entreprises – grandes et petites -, les administrations et les particuliers : tout le monde est confronté aux coûts croissants de ces ressources.

En impactant les budgets de chaque acteur économique, l’augmentation du prix des ressources interdit toute reprise économique conséquente. Elle plombe durablement les possibilités d’investissements, la capacité à consommer et entraîne augmentation des impôts et perte de confiance sur l’avenir.

Il n’y a aucune raison que ces phénomènes s’arrêtent, il n’y a pas à rechercher de reprise dans ces secteurs. L’augmentation des prix de l’immobilier et de l’énergie sont des phénomènes durables. Cela s’est fait brutalement et cela va durer longtemps car, globalement, l’offre de ces biens ne peut plus répondre à la demande.

Le phénomène doit être appréhendé d’une manière globale. Les ressources nécessaires au fonctionnement d’une économie -les terrains constructibles, les hydrocarbures, l’eau potable, … – sont de plus en plus rares. La tension entre une demande croissante et une offre stable ou déclinante ne cesse de croître.

Les processus en cours proviennent donc d’une crise qu’il faut qualifier d’écologique. Cette crise trouve ses racines dans l’insuffisance croissante et durable des ressources nécessaires au fonctionnement d’une économie.

Les origines de la crise actuelle sont d’ailleurs fortement imprégnées de la crise écologique des ressources. La crise des subprimes de 2007 naît pendant une période d’augmentation des prix de l’immobilier aux Etats-unis. Les subprimes ont été « inventé » pour trouver des ressources financières pour les Américains impécunieux. Cela s’est produit dans une période d’augmentation importante des prix des hydrocarbures et de l’alimentation sur le marché mondial.

La plupart des économistes sont confiants car, dans l’histoire de l’Humanité, chaque récession a été suivi d’une reprise économique. Ils ont tort. Ils n’ont pas compris la véritable nature de la crise que nous venons de rencontrer. Il s’agit d’une crise durable des ressources nécessaires au fonctionnement d’une économie développée.

Il s’agit d’une crise d’un genre nouveau qu’il faut appeler crise écologique.

Les investissements en France en 2014

Si le nombre de décisions d’investissement dans l’Hexagone a connu un bond en 2014, le volume d’emplois attendus est le plus bas depuis dix ans.

Cocorico en demi-teinte pour les investissements étrangers en France, à l’occasion de la publication par Business France, lundi, du dernier bilan sur le sujet. En demi-teinte, car si le nombre de projets est en hausse en 2014 par rapport à 2013, la quantité d’emplois générés par ces projets est en nette baisse.

Ainsi, à périmètre constant (la méthodologie a quelque peu évolué en un an), la France a accueilli l’année dernière 740 projets d’implantation étrangère, contre 685 en 2013. Soit une progression de 8%. Mais le nombre d’emplois promis par ces projets n’est que de 25 478, contre 29 631 un an plus tôt. Soit une chute de 14%. Les auteurs du rapport de Business France (dépendant du gouvernement) se rassurent en expliquant que cette «moindre contribution à l’emploi à court terme» est due à «la progression du nombre de projets dans des activités à forte valeur ajoutée», comme les centres de décisions (+13%) ou les activités de R&D et d’ingénierie (+19%). Il n’empêche, cette dernière fournée constitue, en termes d’emplois, la pire performance de ces dix dernières années.

UNE ACTIVITÉ TRÈS EUROPÉENNE

Dans le détail, la France a attiré en 2014 des investisseurs de 47 pays différents. Mais l’activité reste très européenne, puisque la très grande majorité des décisions d’investissement provient avant tout de l’UE (61%), suivie de l’Amérique du Nord (22%) et de l’Asie (12%). Par pays, les Etats-Unis conservent leur première place (18% des décisions d’investissement, +6,5% sur un an), devant l’Allemagne (14% des investissements, -5%), et la Grande-Bretagne (9% des investissements, + 50%).

Par type, la très grande majorité d’entre eux est constituée d’investissements physiques (85%). Viennent ensuite les investissements financiers pour 7% (fusions acquisitions, prises de participations…), les investissements de modernisation et de pérennisation (6%), et les partenariats technologiques et commerciaux (2%). A 63%, ces investissements concernent le secteur manufacturier, et à 37% les entreprises de service. Avec, en tête des activités, les logiciels et prestations informatiques (11 %) et le conseil-ingénierie et les services aux entreprises (7%). Quant aux territoires concernés, six régions concentrent les deux tiers des nouveaux investissements étrangers : l’Ile-de-France, Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Nord-Pas-de-Calais et l’Alsace .