Category Archives: transmission d’entreprise

Rédiger un dossier de présentation dans la cadre d’un plan d’affaires

La rédaction du dossier de présentation du projet, que l’on appelle également « plan d’affaires » ne doit pas être considérée comme une corvée, mais comme la première concrétisation du projet.

Il s’agit d’un travail utile et très fructueux, qui permet de mesurer la maturité et le niveau d’aboutissement d’un projet.

Si, à ce stade, le porteur de projet éprouve des difficultés, c’est qu’il n’est pas prêt : ni pour défendre son projet ni pour se lancer.
« Un bon dossier est un dossier où souffle l’esprit d’entreprise « .


  Principales caractéristiques d’un dossier

Le dossier à constituer pour solliciter les partenaires économiques – en particulier les financeurs potentiels – doit permettre au lecteur de :

comprendre rapidement de quoi il s’agit,
savoir qui est le promoteur du projet,
évaluer la valeur de la préparation du projet,
prendre position sur le projet.

  Un dossier soigné

La première impression étant la bonne pour susciter un intérêt favorable chez le lecteur, ce document doit avoir une présentation impeccable.

  Un dossier concis

Dans la grande majorité des cas, il ne doit comporter qu’une trentaine de pages, hors annexes. Pour ne pas alourdir inutilement le dossier, il est plus judicieux de réunir toutes les pièces justificatives dans un dossier bis.
Le rédacteur doit penser au lecteur : ce sera le plus souvent quelqu’un de très occupé et très sollicité. Le meilleur service que l’on peut lui rendre – et donc se rendre – c’est de lui faciliter le travail, en lui confiant un document suffisamment synthétique. En effet, un banquier qui doit s’attaquer à la lecture d’un « pavé » commencera déjà à avoir, inconsciemment ou pas, un préjugé défavorable.
Il faut donc aller à l’essentiel.

  Un dossier complet

Faire court, mais sans rien oublier de ce qui permet de juger de la faisabilité et de la viabilité du projet. Tous les aspects du projet doivent donc être traités (voir plus loin « la composition du dossier »).

  Un dossier clair

Il doit être rédigé dans un style simple et facilement compréhensible, en évitant tout jargon : il faut toujours se mettre à la place du lecteur non initié.
Le texte doit avoir une bonne lisibilité (choix judicieux des caractères d’impression et des symboles, de la mise en page…) avec une pagination correcte et un sommaire.

  Un dossier bien structuré

Il doit être ordonnancé de façon logique dans sa décomposition en parties et sous-parties. Les titres donnés aux chapitres doivent aider le lecteur dans l’appréhension de l’ensemble du sujet.

  Un dossier précis

Pour être crédible, il ne faut affirmer que des choses vérifiables. Le créateur doit donc est attentif à citer ses sources d’informations : références d’ouvrages ou d’études, coupures de presse, identité de l’expert dont on rapporte les propos, etc. et faire figurer dans le dossier d’annexes, un maximum de justificatifs (copies d’articles, comptes-rendus de conversations ou d’entretiens téléphoniques, ou mieux encore : lettre que l’on a demandée et su obtenir de l’expert pour qu’il confirme ses dires, etc.).

  Un dossier vendeur

Il s’agit de rester dans une teneur crédible, mais le dossier doit mettre en valeur les points forts du projet.
Ainsi les arguments développés, mis en caractères gras ou soulignés au moment où ils sont énoncés, seront repris en synthèse de chaque chapitre ou partie du dossier les concernant, de façon à influencer le lecteur et l’aider à structurer favorablement sa perception du projet.

Composition du dossier

Il n’y a pas de règle absolue dans la présentation du contenu. Toutefois, il convient de respecter une certaine logique et, quel que soit l’ordre retenu, il est important d’y retrouver tous les aspects qui suivent. Bien sûr pour des projets très lourds, d’autres éléments pourraient être judicieusement ajoutés.

  Résumé

Le dossier doit s’ouvrir sur une présentation très brève du projet (une page, voire deux au maximum) pour que l’interlocuteur sache immédiatement de quoi il est question. La rédaction de cette première feuille est importante car elle constitue le premier contact, l’instant de découverte.
Il faut donc peser ses mots, pour inciter le lecteur à entrer plus en avant dans le vif du sujet.

  CV du ou des créateurs

La présentation du porteur du projet (et au besoin de son équipe) doit se faire avec le même soin que la rédaction d’un CV d’embauche, en faisant valoir tout ce qui, dans son expérience passée, se rattache de façon valorisante au projet en question.

  Présentation générale du projet

Le créateur va pouvoir à ce stade parler de la genèse du projet (comment et pourquoi l’idée lui est venue), quelles sont les motivations qui le poussent à se lancer dans la création de cette entreprise, quels objectifs il entend poursuivre.

  Partie économique

Présentation du produit et/ou du service : décrire de façon très précise la prestation ou le produit qui sera vendu.

Etude de marché : expliquer quel est le marché visé, détailler les caractéristiques de la demande, de l’offre ainsi que de l’environnement (économico-juridico-socio-professionnel).

Stratégie retenue : la segmentation opérée du marché, le choix du couple produit/marché, le positionnement retenu, ainsi que les décisions de marketing-mix qui ont été prises (politique de produit, de prix, de distribution et de communication).

Chiffrage des hypothèses commerciales en s’appuyant le plus possible sur des éléments tangibles.

Moyens à mettre en oeuvre pour réaliser les prévisions de vente : expliquer concrètement comment va fonctionner l’entreprise avec quoi et avec qui ? La rédaction de ce paragraphe doit être l’occasion de visualiser le futur marché de l’entreprise, en décomposant le processus de fonctionnement et en mettant en parallèle les équipements, l’effectif et les autres moyens, notamment incorporels, nécessaires.

  Partie financière

Il s’agit maintenant de présenter tous les éléments qui traduisent en termes financiers la partie économique.

Le tableau des investissements : ce tableau doit indiquer le prix d’achat des investissements, leur date prévue d’acquisition, la durée d’amortissement comptable et la dotation annuelle d’amortissements qu’ils entraînent pour chacun des trois premiers exercices.

Le plan de financement initial : il indique les capitaux à réunir pour pouvoir lancer le projet dans de bonnes conditions.
Afin de recenser correctement tous les besoins durables de financement (pour mettre en regard les ressources financières durables nécessaires), un calcul délicat et approfondi doit être mené pour déterminer correctement le montant du besoin en fonds de roulement.

Le compte de résultat pour les trois premières années : il permet de juger de la rentabilité future de la nouvelle entreprise.

Le plan de trésorerie sur 12 mois : ce tableau permet, sur une période relativement courte, de s’assurer que la nouvelle entreprise pourra toujours, sur la base de ce que l’on peut raisonnablement prévoir, faire face à ses engagements financiers.

Le calcul du seuil de rentabilité (point mort) : il est important de connaître le chiffre d’affaires que l’entreprise devra impérativement réaliser pour couvrir l’ensemble de ses charges, et de déterminer le moment où ce point mort sera atteint (au-delà l’entreprise commençant à faire des bénéfices).

Le plan de financement à trois ans : ce tableau est nécessaire pour apprécier l’évolution prévisionnelle de la structure financière de l’entreprise à moyen terme, car une bonne structure financière est une des conditions de pérennisation des nouvelles entreprises.

Le tableau des annuités de crédit (s’il y a emprunt à moyen ou long terme) : connaître la décomposition des remboursements d’emprunt est nécessaire pour alimenter le compte de résultat (charges financières) et le plan de financement à 3 ans (remboursement du capital emprunté).

  Partie juridique

La présentation du régime juridique de la nouvelle entreprise doit servir à expliquer et justifier le choix retenu, à présenter la répartition du capital et des pouvoirs en découlant.

  Sommaire

Il peut être mis également en début de dossier, après le résumé.

  Partie documentaire

Cette partie doit faire l’objet d’un dossier à part pour réunir toutes les pièces justificatives.

Faire une évaluation de qualité

De nombreuses situations de la vie d’une entreprise (cession, succession, entrée ou sortie du capital d’un associé, stratégie de développement, restructuration,…) peuvent nécessiter de procéder à son évaluation, que ce soit globalement ou au niveau de l’une de ses branches d’activité ou de ses unités de production…

L’évaluation d’entreprise n’est pas une tâche aisée et fait appel à de nombreuses compétences et connaissances (juridiques, comptables, sociales, économiques,…), ainsi qu’à une dose certaine de « bon sens ».

Dans cet article, nous baliserons les étapes essentielles d’une évaluation pour parvenir à une approche raisonnée de la valeur d’une entreprise et, au-delà, de son prix possible.

évaluation d'entreprise

Avant toute autre chose, une évaluation doit débuter par un diagnostic.

 Evaluation d’entreprise : réaliser un diagnostic approfondi

Faire une évaluation est impossible sans une très bonne connaissance de l’entreprise concernée (ses éléments internes : ses états financiers, ses ressources humaines, sa stratégie, son organisation, son mode de management, ses associés,…) et de son environnement (ses éléments externes : son ou ses marchés, ses concurrents, ses fournisseurs, son cadre légal, social et fiscal, ses contraintes et opportunités technologiques, écologiques,…).

Evaluatin d'entreprtise de qualitéIl est donc nécessaire de débuter l’évaluation par un diagnostic approfondi, à la fois analytique (ce qui est aujourd’hui) et prospectif (ce qui pourrait être demain), de l’ensemble de ces éléments.

Ce diagnostic va permettre à l’évaluateur de définir les retraitements à opérer sur la comptabilité (qui ne représente jamais que l’image figée d’une réalité passée de l’entreprise) afin de la repositionner dans une vision dynamique et future « des conditions d’exercices normales de l’activité ».

Il va également, dans un second temps, orienter le choix des méthodes d’évaluation à privilégier en fonction des données recueillies (historique, organisation, rentabilité, fiabilités des prévisions…).

Evaluation d’entreprise : retraiter la comptabilité

Le retraitement de la comptabilité de l’entreprise est essentiel avant d’appliquer les méthodes d’évaluations.

Parfois nombreuses, ces opérations doivent permettre de valider la réalité de l’actif (ce que l’entreprise possède), du passif (ce que l’entreprise doit), mais aussi celle des performances économiques et financières retracées dans les derniers comptes de résultat (en général ceux des trois derniers exercices dont l’importance respective peut être, parfois, pondérée).

Les retraitements les plus fréquents permettent notamment de valoriser :

  • évaluation d'entreprise : le retraitement comptableAu bilan
    • A l’actif :
      • Plus ou moins-values latentes (potentielles) sur :
        • Le Fonds de commerce,
        • Les Brevets,
        • Les Immeubles,
        • Les Matériels
        • Les Titres …
      • Risque de non recouvrement des créances
      • Risque de dépréciation des stocks
    • Au passif :
      • Impact des litiges existants ou potentiels non provisionnés :
      • Risque par rapport à la législation,
      • Risque prud’homal,
      • Litiges commerciaux…
    • Engagements hors bilan :
      • Indemnités potentielles futures de départ en retraite des salariés,
      • Droit individuel à la formation (DIF) des salariés.
  • Au compte de résultat :
    • Niveau des loyers (notamment dans le cadre d’une SCI),
    • Rémunération du dirigeant et ses accessoires,
    • Provisions,
    • Pertes ou gains significatifs sur des contrats exceptionnels (chantiers,…).

C’est sur la base des éléments comptables ainsi retraités qui donneront une image fidèle des capacités de l’exploitation de l’entreprise dans des conditions normales, que seront appliquées les méthodes d’évaluation retenues.

Choisir et appliquer les méthodes d’évaluation adéquates

C’est le diagnostic initial qui oriente le choix des méthodes d’évaluation à utiliser.

Par exemple, en période de crise ou dans le cadre d’un secteur d’activité en déclin, l’évaluateur aura tendance à privilégier des méthodes dites patrimoniales (analyse à partir du présent et du passé). Inversement, il choisira plutôt dans un contexte et/ou un secteur porteur des méthodes d’évaluation basées sur le futur (méthodes par les flux).

Globalement, trois familles de méthodes d’évaluation existent :

comment faire une évaluation d'entreprise

  • Les méthodes d’évaluation patrimoniales : l’entreprise vaut ce que valent ses biens et ses créances diminuées du passif. Exemples : Actif net comptable (ANC), Actif net corrigé (ANC),…
  • Les méthodes d’évaluation par les flux : l’entreprise vaut ce qu’elle rapportera à ses actionnaires dans le futur. Exemples : méthode basée sur le rendement, méthode des Discounted Cash Flows (DCF, Flux actualisés de trésorerie), méthode EVA (Economic Value Added, Création de valeur économique),…
  • Les méthodes d’évaluation analytiques : l’entreprise est évaluée en fonction des valeurs connues d’actifs équivalents ou comparables présents sur le marché. Exemples : méthode des comparables, méthodes des multiples,…

D’autres méthodes d’évaluation plus spécifiques, adaptées à des situations particulières (valorisation de brevets, de marques,…), existent également.

Arbitrer entre ces différentes méthodes d’évaluation, c’est répondre, sur la base du diagnostic initial, à la question suivante : quels sont les éléments qui donnent de la valeur à cette entreprise spécifique ?

Ces éléments peuvent être synthétisés de la manière suivante :

Qu’est-ce qui donne de la valeur à cette entreprise ?

Méthode à privilégier

Son patrimoine

Méthodes patrimoniales

Ses actifs incorporels non valorisés au bilan (brevets, marques,…)

Méthodes spécifiques

Sa croissance future

Méthodes par les flux

Sa performance économique actuelle

Méthodes par les flux

Ses synergies possibles avec le projet de l’acquéreur

Méthodes par les flux

Le prix du marché lors de cession d’entreprises similaires

Méthodes analytiques

Adapter le résultat des différentes méthodes d’évaluation

Le plus souvent, la valeur de l’entreprise n’entre pas exclusivement dans une seule catégorie. Il convient donc de retenir plusieurs méthodes d’évaluation et de pondérer leurs résultats en fonction de l’importance relative de chaque élément au sein de la valeur globale de l’entreprise. Cette pondération doit également prendre en compte le niveau de risque ou d’incertitude estimé par l’évaluateur.

la valorisation de l'entrepriseAinsi les produits futurs seront pondérés par rapport aux autres méthodes suivant l’historique et le niveau d’incertitude du marché et de l’activité.

Le même ajustement sera effectué au niveau des taux d’actualisation et des taux de rémunération des capitaux investis, variables utilisées dans les méthodes d’évaluation par les flux notamment.

Chez Valoxy, par exemple, nous sélectionnons généralement les cinq méthodes les plus adaptées à l’entreprise évaluée et pondérons leur résultat en fonction du niveau de risque et d’incertitude détecté lors du diagnostic.

Nous faisons ensuite la moyenne des trois résultats médians pour, enfin, retenir une fourchette de valeurs de + ou – 10% autour de cette moyenne.

Passer de la valeur au prix

Le diagnostic préalable est donc fondamental, il permet d’identifier les forces et les faiblesses, les opportunités et les risques de l’entreprise.

Il oriente également le choix des méthodes d’évaluation les plus pertinentes et aide à adapter leur résultat pour proposer une fourchette de valeurs raisonnables.

Cependant, cette valeur « rationnelle » ne doit pas être confondue avec le prix auquel une cession de l’entreprise pourra finalement être conclue.

les critères de valorisation de l'entreprise

En effet, d’autres facteurs, plus ou moins subjectifs, vont influer, parfois de manière spectaculaire, sur cette valeur pour aboutir finalement à un prix d’accord entre le vendeur et l’acheteur.

Ces facteurs peuvent être globalement rattachés à deux grandes catégories :

la valorisation de l'entreprise

  • Le rapport de force acquéreur/vendeur : rareté du bien sur le marché, nombre d’acquéreurs potentiellement intéressés, contraintes temporelles ou légales,…
  • Les modalités de cession : octroi de conditions de paiement, modalités de transmission, octroi de garanties sur l’actif et/ou le passif…

Cette différence essentielle entre la valeur et le prix d’une entreprise est d’ailleurs lumineusement résumée par le milliardaire américain Warren Buffet, grand spécialiste de la question :

  "Le prix est ce que vous payez. La valeur est ce que vous gagnez. »

Faire l’auto diagnostic de son entreprise

Cinq conseils pour faire l’auto-diagnostic de votre entreprise

Forces et faiblesses, opportunités ou menaces… Repérer ses fragilités, c’est se donner les conditions pour améliorer ses performances. Guide du check-up.

Soyez prêt à entendre le diagnostic, même rude

Porter un diagnostic sur son entreprise, c’est apprécier le fonctionnement que l’on a mis en place et que l’on supervise. Par conséquent, cette démarche ne peut se faire sans un réel effort d’objectivité, et ne peut être menée de façon constructive sans accepter de se remettre en question personnellement. En d’autres termes, l’auto-diagnostic revient à se demander si l’on s’est donné les moyens de réussir. En outre, l’entreprise s’inscrivant dans un environnement en perpétuelle mutation, il convient pour son dirigeant de s’inscrire dans une démarche d’amélioration continue.

« Commençons par améliorer ce que nous savons faire, mais pas encore assez bien. Ensuite, nous innoverons », a dit William Edwards Deming. Le principe de la roue de Deming, du nom de son auteur, l’un des plus grands « gourous » de la qualité totale, est de programmer une amélioration, de la mettre en oeuvre, de vérifier que le résultat obtenu correspond à l’attente, qu’il est stable, et de recommencer. C’est le principe d’une roue, qui tourne et qui poursuit son mouvement continu. Son cycle est abrégé par ses initiales PDCA (Plan, Do, Check et Act).

Ce cycle perpétuel, qui consiste à contrôler et à corriger ce que l’on entreprend, est en réalité une dynamique, qui passe par la remise en question sous forme de suivi des actions menées ; il constitue une bonne base d’auto-diagnostic. Le cycle PDCA s’applique à la stratégie de l’entreprise, en suivant les quatre étapes : préparer, agir, comprendre, (ré)agir, sans négliger la part conséquente que doit occuper la préparation, trop souvent sous-estimée. Cette méthodologie d’auto-diagnostic est, en réalité, applicable à chaque action, de la simple prise de rendez-vous à la mise en place d’une démarche qualité au sein de l’entreprise. Vous l’aurez compris, l’auto-évaluation nécessite ouverture et humilité.

Analysez les menaces qui pèsent sur votre santé

Michaël Porter, professeur de stratégie à Harvard, a identifié ce que l’on peut appeler les cinq forces de la concurrence. La capacité à maîtriser les cinq forces telles que Porter les définit constitue également une source d’auto-diagnostic : en effet, celles-ci permettent d’appréhender les pressions exercées sur l’entreprise. Ces cinq forces (menaces) sont les suivantes :
– intensité de la concurrence ;
– nouveaux entrants ;
– pouvoir de négociation des clients ;
– pouvoir de négociation des fournisseurs ;
– produits de substitution.

Le principe de Porter est que : « La masse totale de profit potentiel dans un secteur d’activité dépend de l’intensité des forces de la concurrence » (L’Avantage concurrentiel – Comment devancer ses concurrents et maintenir son avance, de M.E. Porter, Interéditions, 1986). Ce qui signifie que c’est la force concurrentielle la plus importante qui détermine le profit réel d’une branche. Lorsqu’on a identifié cette force concurrentielle, lui faire face devient une priorité stratégique pour l’entreprise. Le principal atout de la démarche de Porter réside dans sa simplicité de mise en oeuvre. Pour illustrer nos propos, voici des exemples de questions que nous vous recommandons de vous poser pour apprécier les menaces concurrentielles :

Menaces liées à la concurrence : Quelle est la structure de la concurrence ? (Un leader ? De nombreux petits concurrents ?) Quel est le degré de différenciation de mes produits ? Quels sont les objectifs stratégiques de mes concurrents ?
Menaces liées aux nouveaux entrants : Quels sont les besoins en capitaux et/ou en investissement pour se lancer ? L’accès aux canaux de distribution est-il facile ? Les technologies nécessaires sont-elles aisément accessibles ?
Menaces liées au pouvoir de négociation des clients : Y a-t-il quelques acheteurs dominants et beaucoup de vendeurs dans mon activité ? Quel est le rôle de la qualité et du service ? Est-il facile pour des acheteurs de remplacer leur fournisseur ?
Menaces liées au pouvoir de négociation des fournisseurs : Les marques de mes fournisseurs sont-elles fortes ? Les fournisseurs sont-ils forcés d’augmenter les prix ? Est-il facile pour mes fournisseurs de trouver de nouveaux clients ?
Menaces liées aux produits de substitution : Est-il facile de changer de produits ? Les produits de substitution sont-ils équivalents en termes de qualité, de performances, de prix ? Quels sont les coûts de remplacement de mes produits par des substituts ? Ces différentes forces ont un impact sur la croissance de votre entreprise. De notre point de vue, cette analyse a toutefois un inconvénient ; elle occulte deux risques, qui peuvent aussi être des chances, des atouts : les ressources financières et les ressources humaines.

Auscultez votre entreprise comme une voiture !

Si Porter s’est intéressé aux forces de la concurrence, notre expérience d’expert-comptable nous a conduits à bâtir une méthode d’auto-diagnostic de l’entreprise fondée sur la mesure du degré d’efficience de quatre critères. Nous assimilons ces critères aux quatre roues d’un véhicule. Pour que la voiture entreprise puisse bien rouler, il faut qu’aucune roue ne soit dégonflée, et que le gonflage des quatre roues soit harmonisé.
Ces quatre critères sont le management et les ressources humaines, l’administration-finance, la production et le commercial. A partir d’une batterie de questions, nous mesurons la qualité de ces différents indicateurs. Avant d’activer le développement de tel ou tel critère, nous incitons à leur harmonisation, en agissant sur les faiblesses détectées. Notre démarche de diagnostic se fonde sur l’analyse des forces et des faiblesses de l’entreprise, sur la base du modèle SWOT. Pour faire l’auto-diagnostic de votre entreprise par la démarche SWOT, vous pouvez passer en revue les quatre domaines cités ci-dessus (management-ressources humaines, administration-finance, production et commercial), en déterminant pour chacun :

– les forces de votre entreprise (S = Strengths) ;
– ses faiblesses (W = Weaknesses) ;
– les opportunités qu’elle a (O = Opportunities) ;
– les menaces qui pèsent sur elle (T = Threats).

Les forces et les faiblesses sont des facteurs internes à l’entreprise. Vous pouvez par exemple considérer comme des forces votre expertise sur une activité pointue, le degré d’innovation de vos produits, vos procédures de qualité… et évaluer comme des faiblesses le lieu d’implantation de vos sites, le turnover important de votre personnel, ou autre. Les opportunités et les menaces sont des facteurs externes à l’entreprise. Ils sont liés à votre marché, à vos concurrents, aux réglementations sur votre secteur… Attention, une analyse SWOT peut être très subjective. Ne vous fiez pas uniquement à elle. Deux personnes aboutissent rarement à une même analyse SWOT. Utilisez-la donc comme guide et non comme prescription. Pour réussir votre auto-diagnostic à travers l’analyse SWOT : – soyez réaliste au sujet des forces et des faiblesses de votre entreprise ;

– distinguez dans votre analyse où votre entreprise se situe aujourd’hui, et où elle pourrait être à l’avenir ;
– analysez-vous toujours par rapport à vos concurrents.

Prenez la température du corps social

Ne l’oubliez pas ! L’état d’esprit général de vos collaborateurs est un excellent témoin du contexte de l’entreprise : qu’il traduise la prospérité, la surcharge de travail ou la perte de confiance généralisée, le climat social constitue un excellent indicateur. Ainsi, votre auto-évaluation doit aussi reposer sur l’observation de l’environnement interne de l’entreprise au travers du prisme humain. Par exemple, le travail est-il mené de façon individualiste ou en équipe ? Les parties prenantes adhèrent-elles au projet ? Ont-elles le sentiment que leur avis compte ? Certains signes ne trompent pas, comme le dérapage systématique des plannings, le manque de dialogue, l’absence de remontée d’informations, l’évolution alarmante du turnover…

Dotez-vous du bon thermomètre !

Faire son auto-diagnostic une fois par an équivaudrait à ne s’intéresser à ses comptes qu’une fois par an… Un chef d’entreprise avisé doit se doter d’outils lui permettant d’actualiser son auto-diagnostic à tout moment. A vous de définir de bons outils de pilotage, simples et personnalisés, qui vous permettront de suivre régulièrement l’évolution du positionnement de votre entreprise à travers une petite batterie d’indicateurs. Ces derniers doivent être intelligibles, pertinents, et interprétables en un clin d’oeil : écart des ventes par rapport aux objectifs, écart du carnet de commandes par rapport à l’objectif, indicateur de rentabilité le plus significatif, évolution de la trésorerie, du taux d’absentéisme, de la part donnée aux réunions internes par rapport à l’ensemble des rendez-vous, etc. Quinze à vingt indicateurs suffisent, à condition qu’ils soient bien choisis !

Comment évaluer son entreprise

Trois méthodes pour valoriser une entreprise

Lorsque vient le moment de céder son entreprise, on s’interroge sur sa valeur. Pour l’évaluer, différentes méthodes existent.

Trois sont exposées ici.

1. L’évaluation par l’actif net corrigé pour valoriser une entreprise selon l’approche patrimoniale

2. L’évaluation par un multiple de résultat pour valoriser une entreprise en fonction de sa rentabilité

3. L’évaluation par les flux de trésorerie prévisionnels pour valoriser une entreprise selon ses perspectives d’avenir

Céder sa société, c′est toucher le fruit d′années de travail acharné. Mais une entreprise en bonne santé ne garantit pas une cession réussie ! Bien valoriser une entreprise est un exercice subtil d’équilibre entre le passé et les perspectives futures de la société en question. A la question : « Comment estimer la valeur d’une entreprise ? », les ouvrages spécialisés répondent par une avalanche de calculs plus compliqués les uns que les autres. L’estimation n′est ni un exercice simple, ni une science exacte. Le prix d′une entreprise fixé par exemple dans le cadre d′une transmission d′entreprise dépend des 4 éléments suivants : – la valeur objective de l′entreprise : fixée par un acheteur et un vendeur rationnels lorsqu′ils ont connaissance chacun de toutes les informations relatives à l′entreprise et son environnement, – les éléments subjectifs : liés par exemple à la contrainte de vendre rapidement et aux liens affectifs du vendeur vis-à-vis de son entreprise, – la qualité de la négociation, – la capacité de l’entreprise de dégager un résultat permettant le remboursement du financier. Pour valoriser une entreprise, il est nécessaire de bien connaître l′entreprise, ses engagements, notamment ceux hors bilan, son passé, ses produits, ses forces et ses faiblesses, ainsi que son environnement. Des informations fiables sont donc nécessaires, en particulier pour le repreneur. Avant toute négociation, il est nécessaire de fixer ses limites en matière de prix (prix de vente minimal pour le vendeur et prix d′achat maximal pour l′acheteur). En tout état de cause, vu les difficultés à évaluer précisément une entreprise, on calcule souvent une fourchette dans laquelle la valeur se situe (valeur minimale et valeur maximale). Il existe un panorama des méthodes d′évaluation, qui se répartissent schématiquement en trois catégories : l′évaluation par l′actif net, l′évaluation par un multiple des résultats et l′évaluation par les flux de trésorerie prévisionnels. Ces outils permettent de cerner la valeur théorique d′une entreprise. Mais ce qui détermine les conditions de vente, on le répètera encore une fois, c′est la négociation, où interviennent de multiples facteurs. Et si nul ne peut être certain de vendre son entreprise au prix auquel il l′a évaluée, un cédant peut se voir proposer plus qu′il n′escomptait.

1. L’évaluation par l’actif net corrigé pour valoriser une entreprise selon l’approche patrimoniale

Cette méthode consiste à évaluer la valeur patrimoniale d′une entreprise. Sur base du bilan comptable le plus récent de l′entreprise, il convient de reprendre tous les postes de l′Actif et du Passif, de les analyser et d′apporter les corrections nécessaires afin d′avoir une image la plus fiable possible de la réalité économique du bilan. La différence entre l′Actif corrigé et le Passif corrigé correspondra à l′Actif Net Corrigé. S’agissant des postes d’actifs : Les immobilisations corporelles doivent être réévaluées à leur valeur de marché et non comptable. La valorisation des stocks dépend, entre autres, des règles d′évaluation, des méthodes de gestion interne, de la situation technologique et économique des produits. Dans bien des cas, les stocks peuvent être soit sous-évalués soit surévalués. Les créances commerciales feront l′objet d′un examen attentif. Elles seront nettoyées ou diminuées par les impayés, compte tenu des délais de paiement accordés, des retards de paiement, des créances douteuses et des créances définitivement perdues. Exceptionnellement, certains points forts d′une entreprise pourraient être valorisés, comme la disposition d′un réseau propre de distribution, l′acquisition d′un véritable know-how interne, etc… Seule la trésorerie disponible ne pose aucun problème d′interprétation : elle sera pris en compte pour le montant figurant au bilan. Les titres de placements sont eux aussi, la plupart du temps, pris à leur valeur comptable. Toutefois, si la valeur de marché de certaines actions s′est effondrée, vous devez vous attendre à subir des dépréciations. Il convient de préciser que les repreneurs ont une fâcheuse tendance à considérer que les actifs se limitent aux biens tangibles inscrits au bilan. Occultant allègrement des éléments aussi importants que le fameux « Goodwill ». Le « Goodwill » est défini comme étant un produit immatériel provenant de la compétence, de la culture propre, de la réputation, du fond de clientèle d′une entreprise. Il s′ajoute à l′actif net corrigé pour déterminer la valeur de l′entreprise et se calcule sur base du résultat obtenu de la différence entre les bénéfices futurs attendus de l′entreprise et les bénéfices qui devraient normalement être réalisés (soit calculé sur base du taux normal d′intérêt du marché, soit calculé par rapport à la rentabilité d′une entreprise de même type). Le montant obtenu est capitalisé sur base d′un taux d′évaluation se composant du taux d′intérêt du marché, d′une prime de risque de l′investisseur et d′une prime de non-liquidité. Le « Goodwill » se calcule sur plusieurs années (maximum 5 ans) en chiffres actualisés. Il existe de nombreuses façons de le valoriser : le rôle de l’avocat spécialisé est ici essentiel. S’agissant des dettes : L′estimation intégrera l′ensemble des dettes à court, moyen et long termes exigibles au moment de la cession. Tout repreneur qui se respecte vérifiera l′exactitude des dettes financières et fournisseurs portées au bilan. Par ailleurs, il passera les provisions au peigne fin : par exemple, l′entreprise a-t-elle provisionné les congés à payer de l′exercice, d′éventuelles indemnités de licenciement, les indemnités de fin de carrière qui peuvent à elles seules représenter un véritable piège pour le repreneur ? Ces retraitements jouent parfois au profit du vendeur (lorsqu′on revalorise un terrain pour tenir compte de sa valeur de marché, par exemple), parfois à son détriment (quand la valeur des stocks est revue à la baisse pour cause de dépréciation, par exemple). Depuis quelque temps, les techniques de valorisation fondées sur l′actif net ont tendance à être délaissées au profit de méthodes plus prospectives tenant compte non plus du patrimoine de l′entreprise, mais de sa capacité à générer des bénéfices et de la trésorerie.

2. L’évaluation par un multiple de résultat pour valoriser une entreprise en fonction de sa rentabilité

On considère qu′une entreprise vaut par sa rentabilité, sur la base d′un multiple de ses résultats (résultat net, résultat d′exploitation, marge brute d′autofinancement ou autre). Le résultat pris comme référence : Certains experts fondent leurs calculs sur le bénéfice net, approche qui a le mérite de la simplicité mais qui peut être faussée par le jeu des charges et profits exceptionnels. D′autres préfèrent se focaliser sur le résultat brut d′exploitation ou sur le résultat courant (résultat d′exploitation + résultat financier). D′autres, encore, sur la marge brute d′autofinancement, voire sur les fameux critères anglo-saxons que sont l′EBIT (« earning before interest and tax », c′est-à-dire résultat net avant frais financiers, éléments exceptionnels et impôt sur les sociétés) ou l′EBITDA (« earning before interest, tax, depreciation and amortization », le même que le précédent auquel on rajoute les amortissements). De même, on se réfère, suivant les cas, aux performances du dernier exercice, aux prévisions de l′année en cours, ou encore à la moyenne des résultats de plusieurs exercices. Le coefficient multiplicateur : Quant au coefficient multiplicateur, il dépend en premier lieu du secteur d′activité : plus ce dernier est considéré comme risqué, plus le multiple est faible. Et surtout, une société est d′autant mieux valorisée qu′elle possède un fort potentiel de croissance. Néanmoins, la méthode des coefficients multiplicateurs doit être employée avec prudence, notamment lorsque la fourchette des multiples est large. Veillez à choisir la base d′évaluation servant le mieux vos intérêts : si les derniers résultats n′ont pas été fameux mais les précédents meilleurs, défendez une estimation sur la moyenne des trois derniers exercices. A l′inverse, si les résultats progressent régulièrement depuis plusieurs années, argumentez pour que les bénéfices de référence soient ceux du dernier exercice ou, mieux, les prévisionnels de l′année en cours.

3. L’évaluation par les flux de trésorerie prévisionnels pour valoriser une entreprise selon ses perspectives d’avenir

Dans cette approche, on considère que la valeur de l’entreprise est égale à la somme des flux de trésorerie (cash-flows) prévisionnels susceptibles d′être dégagés au cours des cinq à dix prochaines années. Comment calculer les flux de trésorerie ? Le moins que l′on puisse dire est que les pratiques diffèrent selon les experts. Toutefois, beaucoup s′accordent sur le fait que, pour calculer le cash généré par un exercice, le mieux est : – d′additionner le résultat d′exploitation net d′impôts et les dotations aux amortissements et provisions, – puis de déduire du montant obtenu les amortissements d′exploitation, l′augmentation du besoin en fonds de roulement et les investissements. La projection de ces flux dans le temps : Après s′être entendus sur la définition exacte des cash-flows, le vendeur et l′acheteur doivent se livrer à un exercice aussi ardu que subtil : imaginer comment évolueront, sur l′horizon de temps retenu (le plus souvent compris entre cinq et sept ans), le résultat d′exploitation, les amortissements et provisions ainsi que le besoin en fonds de roulement. Leur travail prospectif doit aussi permettre de chiffrer quels investissements (incorporels, corporels et financiers) seront nécessaires pour assurer la pérennité et le développement de l′entreprise ! Et ce n′est pas tout : une fois calculés les cash-flows résultant de ces projections, il reste à les actualiser, c′est-à-dire à estimer combien ces sommes que le repreneur percevra dans un, trois ou sept ans représentent en francs actuels. C′est ce qui finit de donner au dispositif sa cohérence. En effet, de l′argent à venir vaut moins que de l′argent disponible aujourd′hui : d′une part, on n′est pas certain de le percevoir et, d′autre part, on est privé de la possibilité de le placer. Pour tenir compte de ce phénomène, il est nécessaire de déterminer ce que les spécialistes appellent un taux d′actualisation. Ce dernier est fonction des anticipations en matière de taux d′intérêt et d′inflation, ainsi que du risque que représente l′entreprise rachetée. Autant dire que l′exercice tient de la haute voltige ! La valorisation par les flux de trésorerie a été, pendant un temps, favorable aux entreprises affichant des pertes mais supposées dotées d′un très fort potentiel de développement. C′est elle qui a permis aux start-up de drainer d′énormes montants de capital-risque. Mais cette époque a vécu : les investisseurs sont devenus très prudents dans leurs estimations de cash-flows prévisionnels…

Pourquoi vendre son entreprise ?

Pourquoi vendre votre entreprise ? – Se poser les bonnes questions.

Où en êtes-vous ? Pourquoi vendre maintenant ? Les bonnes questions à se poser.

Depuis quelques temps, vous songez à l’idée de vendre votre entreprise. Vous sentez que vous êtes prêt à passer à autre chose comme reprendre une autre affaire, redevenir salarié d’un employeur ou prendre une retraite bien méritée. Vous commencez à vous voir dans une nouvelle vie, dans un nouveau cadre professionnel

Avec de nouveaux défis à relever. Vous continuez de gérer votre affaire, mais votre tête est ailleurs. C’est peut-être le moment d’envisager de vendre votre entreprise.

Se poser les bonnes questions

Il convient, avant d’entamer une quelconque démarche, de commencer à vous poser quelques bonnes questions:

Quelles sont vos véritables motivations à vendre maintenant ?

Fuir le plus vite possible une situation devenue lourde à porter ou récolter le fruit d’un travail tenace qui année après année à contribué à faire de votre entreprise une belle mariée ?

Combien de temps avez-vous pour remettre ?

Plus vous avez de temps, plus vous aurez le choix et mieux vous pourrez défendre votre prix. Plus vous êtes dans l’urgence, plus l’acheteur négociera le prix.

Avez-vous examiné les différentes options ?

Transmission à un membre de votre famille, cession à un membre du personnel, cession à un tiers inconnu ou connu (client, fournisseur, partenaire etc.).

Serez-vous disposé à prendre des décisions radicales et attendre qu’elles produisent l’effet escompté ?

Annoncer urbi et orbi que votre entreprise est à vendre est facile et rapide. Mais la préparer pour qu’elle soit attractive, voire la restructurer peut prendre du temps.

Êtes-vous prêt à donner un coup de collier dans cette phase de transition ?

Avez-vous déjà baissé les bras et attendez que cela se passe ? Céder son entreprise est un véritable projet professionnel avec des objectifs, des ressources à allouer, des obstacles à surmonter. Il vous faudra de la détermination et de l’énergie.

Êtes-vous un champion de l’optimisation fiscale ?

Tout votre chiffre d’affaires a-t-il été comptabilisé et déclaré ? Cette tendance à optimiser voire frauder le fisc peut vous jouer un très mauvais tour au moment de vendre. L’estimation de la valeur de cession de votre entreprise s’appuie essentiellement sur votre comptabilité et sur la capacité de votre entreprise à générer un bénéfice net. Êtes-vous prêt à mettre cartes sur table et être transparent ?

Êtes-vous le maître à bord ?

Avez-vous un ou plusieurs associés ? Inutile de vouloir céder votre entreprise sans leur accord et avoir défini leur part du gâteau. Seront-ils d’accord de participer à ce projet pour valoriser leur part ?

Avez-vous déjà une bonne estimation de la véritable valeur de votre entreprise ?

Votre entreprise n’est pas une marchandise. Beaucoup de critères entrent en ligne de compte pour déterminer un prix de cession négociable sur le marché.

Votre comptabilité est-elle en ordre et à jour ?

Une simple visite de vos locaux et vos déclarations la main sur le cœur suffiront à intéresser le futur repreneur, mais n’emporteront pas sa décision. Il lui faudra du solide: une évaluation professionnelle de votre entreprise, un dossier de présentation complet et transparent, des documents contractuels qui tiennent la route. Mettre en vente votre entreprise, alors que vous n’êtes pas prêt est désastreux pour l’image de votre entreprise et son potentiel de reprise.

Mieux vaut se poser ces questions avant d’entamer la procédure de cession, car inévitablement elles apparaîtront en plein jour quand vous aurez des acheteurs potentiels qui négocieront avec vous. Retour de boomerang assuré et repreneurs en fuite !

La qualité de vie au travail dans les Pme

La première édition de notre étude annuelle Sodexo Services Avantages et Récompenses sur les enjeux des PME et la qualité de vie au travail a été réalisée au deuxième semestre 2014 auprès d’un échantillon de 801 dirigeants de PME en France. Ces résultats sont les premiers d’une étude qui sera conduite à l’avenir chaque année et dans différents pays où sont proposées les solutions de Sodexo Services Avantages et Récompenses.

Le Welcome City Lab accueille 15 nouvelles start-ups innovantes

15 start-ups rejoignent l’incubateur dédié à l’innovation touristique en 2015.

Le Welcome City Lab accueille 15 nouvelles start-ups innovantes

L’incubateur parisien dédié à l’innovation touristique Welcome City Lab a dévoilé jeudi 19 mars au Salon Mondial du Tourisme sa nouvelle promotion 2015. 15 start-ups vont donc faire leur entrée dans les locaux du Lab, rue de Rennes à Paris.

Dans une surface de 1000 m2, ces jeunes entreprises seront hébergées pendant un ou deux ans selon leur niveau de développement (en phase d’amorçage ou de décollage). En plus d’une domiciliation, le Welcome City Lab leur fera bénéficier d’un accompagnement, d’un accès à des financements, d’une zone de conférences et d’un espace de co-working.

Les projets sélectionnés couvrent les domaines de l’amélioration de l’accueil, du tourisme d’affaires et grands évènements, de la création de nouvelles expériences sur des lieux physiques, du partage et optimisation de l’expérience du touriste et de la vie nocturne, source d’innovation.

Les 15 start-ups de la promotion 2015

  • ArchiTrip : activités culturelles autour de l’architecture contemporaine
  • Guidz : plateforme collaborative de guides amateurs
  • Bird Office : plateforme de réservations d’espaces professionnels
  • Meetrip : plateforme de référencement et réservation de guides professionnels
  • Skyboy : technologie de réalité superposée pour valoriser un site touristique
  • Optionror : achat et vente d’options sur des sites
  • Speecheo : le Google analytics des conférences
  • PopUp Immo : plateforme destinée à la location éphémère d’espaces commerciaux
  • Fluo : services de diagnostic d’assurances voyages
  • Privateaser : service de résa et privatisation de bars en ligne
  • City Locker : espaces de consignes automatisés en centre-ville
  • PlaceDesClubbers : yield management pour les discothèques
  • Touch and Play : solution mobile de gestion pour l’hôtellerie et la restauration
  • NDMAC Systems : distributeur de boissons connecté
  • What Now : appli d’offres et d’évènements à proximité et en temps réel

Réussir une restructuration c’est possible :

Quelles sont les premières étapes d’une restructuration ?

La première étape consiste à formuler la feuille de route du projet de restructuration. Cela passe par un diagnostic qui vise à connaître en profondeur l’entreprise, puis à comprendre sa problématique pour retenir une solution et fixer les objectifs de sa mise en œuvre.  Le but est d’obtenir un document unique qui garantit la cohérence et la cohésion de l’ensemble de la démarche et de ses acteurs clés. La seconde étape est de définir et de mettre en place l’ingénierie sociale pour aller au-delà de « l’information consultation légale » des IRP (Instances Représentatives du Personnel) et envisager toutes les facettes de la négociation sociale. L’objectif est d’essayer de préserver les relations sociales entre les salariés et l’employeur pour redémarrer sur de bonnes bases après la restructuration. Via ensuite l’étape où l’on appréhende et conçoit le plan de communication. Ce dernier se déroule en quatre temps.

Quels sont ces temps ?

La communication d’annonce formalise le discours et le déroulement du projet de restructuration. La communication de réaction consiste à répondre aux questions légitimes que se pose l’ensemble du personnel et ce, dans les 72 heures après l’annonce de la restructuration. La communication de consolidation, à destination de salariés menée tout au long de la réalisation du projet fait la synthèse des réussites, des échecs et des avancés du projet.  Puis vient la communication externe, à destination des journalistes, des politiques et des acteurs externes au projet. Sa dimension dépend de la renommée de l’entreprise, de son image locale ou nationale, de la présence ou non de personnes influentes sur le territoire concerné. Vient ensuite une autre étape qui consiste à mobiliser la ligne managériale et les « rescapés »…

Concrètement de quoi s’agit-t-il ?

La hiérarchie de proximité doit être mobilisée sur la feuille de route, participer aux scénarios possibles de la restructuration et à la construction de la solution retenue via des groupes de travail afin, non pas qu’elle valide la décision finale (c’est de la responsabilité de la DG), mais qu’elle définisse le mode opératoire des réorganisations et la synchronisation des calendriers.

Une étude montrait il y a quelques années que 70% des DRH interrogés – ayant mené une restructuration – reconnaissaient que cette dernière n’avait pas atteint les objectifs pour lesquels elle avait été déclenchée. Pourquoi ? 52% avouaient une démobilisation générale de ceux qui restaient… Et pourtant la résistance au changement est normale, c’est le contraire qui est inquiétant. Les « rescapés » quant à eux reconnaissent une baisse du moral, liée à un fort sentiment de culpabilité d’être encore là, un sentiment accru d’insécurité ne sachant pas vraiment pourquoi ils ont été épargnés. Leur expliquer que la « moulinette » des critères de licenciement ne les a pas désignés est une bien triste consolation ! Il est important d’investir du temps et des moyens dans la présentation du projet de restructuration et des perspectives d’avenir, d’organiser des lieux d’échanges et d’expression. Chacun d’eux est en droit de comprendre pourquoi ils restent dans l’entreprise.

Plus globalement comment doit se piloter un projet de restructuration ?

Comme un projet classique avec son  calendrier contraint d’un côté par les échéances industrielles et commerciales et de l’autre les dispositifs d’information/consultation des IRP. Les objectifs financiers doivent être en tension pour que les économies à réaliser se construisent et que les objectifs de la restructuration soient atteints…ou pas.

Et le reclassement des personnels concernés ?

Cette étape est naturellement au centre de toutes les attentions car la perte d’un emploi et le chômage sont des événements critiques dans une vie. C’est l’effondrement de l’ensemble de la structuration de l’individu : détresse, perte d’estime de soi, isolement social. C’est pourquoi, le plus en amont possible et au-delà des obligations procédurières, il est impératif de prendre en charge leur accompagnement individualisé, n’en déplaisent aux industriels du reclassement et aux chasseurs de « low cost ».

Comment peut-on réussir une restructuration ?

Tout d’abord il est inutile de crier haro sur les restructurations car elles permettent dans de nombreux cas de pérenniser l’entreprise. Réussir une restructuration, c’est avant tout prendre conscience que c’est inadmissible, intolérable pour les personnes, les familles touchées. Par ailleurs, il ne faut surtout pas se cacher derrière la dictature du chiffre qui autorise et valide une approche mécanique, procédurale, systémique. Au contraire, il faut mettre les salariés au cœur du projet et répondre à la seule question légitime qu’ils se posent : « Et moi, je fais quoi ? ». Ensuite pour ceux qui vont vivre la restructuration (la réaliser, la conduire ou encore la subir) et pour ceux qui restent : « Comment continuerons-nous après à travailler ensemble ? ».

Est-il possible de retrouver du travail à l’ensemble des salariés touchés par un plan social ?

Il est difficile de répondre, cela dépend de la capacité d’absorption de nouveaux salariés dans la région concernée, du degré d’employabilité des salariés concernés, des mesures sociales prises… Il est  cependant très rare de pouvoir reclasser 100% des personnes touchées par un plan social parce que le marché du travail est morose avec une demande nettement supérieure à l’offre. On rencontre des difficultés d’adéquation des profils des personnes à reclasser dans de nouveaux postes, cela pose la question de la formation tout au long de la vie. Souvent une fois sortie de l’école, on oublie de se former et donc de veiller à son degré d’employabilité et lorsque la rupture intervient… En conclusion, une phrase de Winston Churchill  résume parfaitement le contexte  « Il ne sert à rien de dire « nous avons fait de notre mieux ». Il faut réussir à faire ce qui est nécessaire ». C’est cet état d’esprit qu’il convient de réintroduire pour une conduite plus saine des restructurations.

L’entreprise digitale est une entreprise agile

Le numérique dans toutes ses formes s’impose comme la troisième révolution industrielle, remettant en cause radicalement nos modèles d’organisation encore très souvent hiérarchiques et tayloriens. Entreprises, institutions publiques, associations sont à la recherche de nouveaux relais de croissance ou simplement de solutions pour survivre. La taille est de moins en moins gage de pérennité.

De plus en plus de technologies de l’information deviennent des commodités au même titre que la nourriture, l’eau et l’énergie. Notre société de l’information se caractérise par une croissance exponentielle des données échangées. Les rythmes d’évolution sont tels que les modèles de prédiction traditionnels ne fonctionnent plus, l’incertitude quant au retour sur investissement est immense. Et un échec à grande échelle est très difficile à corriger. « Durant les deux dernières années, il s’est créé neuf fois plus de données que durant tout le reste de l’histoire de l’humanité. » – Exponential Organisations.

Le logiciel s’invite dans tous les secteurs d’activité et grignote rapidement les activités traditionnelles : le Digital impose son rythme et ses règles, redéfinissant à la fois les organisations, les processus, la culture, les valeurs, les pratiques et les comportements. Cette tendance est poussée par la montée de l’individualisme qui sous-tend les pratiques de consommation et tire le marché d’une logique d’offre unique vers une logique de « sur-mesure de masse ». Cette approche nécessite des outils de personnalisation et une chaine logistique extrêmement performante et reconfigurable capable de soutenir la diversité des produits et services.

Quelle organisation peut survivre aux 20 prochaines années ?

Difficile à dire, mais nous observons que les petites et moyennes organisations ayant une gestion long terme semblent mieux s’accommoder des changements que les grandes organisations cotées en bourse pour lesquelles la stratégie, basée sur le résultat, est plutôt tournée vers une logique de court terme. Dans ces structures plus lourdes et soumises à des objectifs plus stricts, il est naturellement complexe de remettre en question les organisations et les modèles économiques sur lesquels sont basés les actifs de l’entreprise. Les organisations hiérarchiques traditionnelles sont conçues pour s’accommoder de croissances linéaires et ne peuvent se transformer rapidement. Désormais, la cosmétique de surface ne suffit plus. Ceux qui n’auront pas acquis des capacités d’anticipation et d’adaptation mourront.

A contrario, les Entreprises Digitales, celles qui tirent aujourd’hui une grande partie de l’innovation, sont nativement conçues pour s’adapter et anticiper les transformations à un rythme soutenu. L’Entreprise Digitale et l’Entreprise Agile portent les mêmes gênes. L’Entreprise Agile délivre de nombreux enseignements sur les moyens d’opérer la mutation digitale des organisations.

Seules les startups sont-elles agiles ?

La réponse est assurément non. Les mouvements comme le Lean Startup prouvent que l’on peut créer les conditions de succès d’une startup dans une société établie. Mais cela requiert une transformation agile : la tentation est alors grande de créer de nouvelles directions et de laisser mourir les anciennes. Pourtant n’existe-t-il pas de solutions moins radicales ?

L’exemple General Electric démontre le contraire. En adoptant Lean Startup sur 40 000 de ses collaborateurs, l’entreprise a réussi à développer plus rapidement ses produits et à moindre coût.

L’agilité n’est pas une option, elle ne se décrète pas, elle nécessite une vraie conviction de la Direction Générale et doit être utilisée comme un facteur de différenciation.

L’Entreprise Digitale est une Entreprise Agile

 Devenir une Entreprise Digitale nécessite de repenser son modèle opérationnel

L’Entreprise Digitale ne se limite pas à intégrer des technologies de pointe dans les processus – préexistants ou non – de l’entreprise. Il ne s’agit là que d’une transformation de surface, qui est déjà en cours dans bon nombre d’organisations. L’Entreprise Digitale s’appuie sur des principes forts : aller vite et penser loin, penser client, penser en rupture, s’attacher à la valeur créée plus qu’à la préservation des actifs existants, détenir les talents et les protéger de la tentation de complexité. Pour ce faire, l’entreprise a besoin d’innover, d’expérimenter et de satisfaire les besoins clients dans des délais souvent courts. Trustée par les Digital natives de la génération Y, l’Entreprise Digitale se doit d’en adopter les codes et notamment les codes sociaux, éthiques et managériaux.

Dans la plupart des entreprises, l’organisation, les processus et les structures de gouvernance existants ne sont pas encore adaptés pour réaliser les ambitions de l’Entreprise Digitale.

L’Entreprise Agile comme moyen de parvenir à l’Entreprise Digitale

« Face à un environnement turbulent, l’agilité est la capacité à anticiper et bouger avec justesse et de manière coordonnée pour aller dans un même sens ». – Jérôme BARRAND (1)

L’Entreprise Agile apporte des réponses aux besoins de l’Entreprise Digitale. Elle s’impose même comme le modèle opérationnel répondant au mieux aux enjeux de la transformation digitale.

Une entreprise agile se caractérise par trois marqueurs principaux :

  • Sa capacité à anticiper les conséquences de ses actions et décisions en prévoyant, planifiant et construisant des scénarios ;
  • Sa capacité à innover de manière juste pour s’améliorer, faire la différence et ne changer que ce qui est nécessaire, c’est-à-dire à éviter la surenchère inutile d’innovation ;
  • Sa capacité à coopérer avec son écosystème en s’alignant sur un sens commun et à favoriser la coopération des individus qui la composent en interne.

La performance de l’Entreprise Agile repose sur l’équilibre entre la satisfaction des clients, des collaborateurs et celle des actionnaires. Les décisions sont prises en tenant compte de l’équilibre entre ces trois dimensions.

Ses trois marqueurs reposent sur un constat : l’organisation peut être représentée comme un système complexe formé de ses collaborateurs et de leurs relations. Ce système collabore avec des partenaires, fournisseurs et des clients qui forment un système plus étendu. Cette approche systémique de l’organisation permet de mieux en appréhender les fonctionnements complexes et d’adopter une approche radicalement différente pour sa transformation.

Une Entreprise Agile (EA) :

  • Est fortement orientée client : les équipes sont en prise directe avec leur client et possèdent toute la latitude pour décider ce qui est bon pour la performance globale ;
  • Encourage l’expérimentation : l’EA inscrit dans ses gènes l’analyse de chemins alternatifs pour développer une solution et maximiser la performance globale.
  • Accepte l’échec : l’échec rapide est admis comme conséquence naturelle de l’expérimentation (« fail fast »).
  • Encourage l’innovation. L’EA encourage l’initiative individuelle en accordant du temps aux salariés pour développer leurs propres projets et innover. Par exemple Google ou Atlassian accordent du temps à leurs employés de manière régulière pour faire émerger les innovations de demain. La majorité des ruptures majeures sont issues de ces temps de réflexion. L’innovation n’est pas le fruit d’une seule personne mais bien un effort de tous quelle que soit sa position dans l’entreprise. L’arrivée de la génération Y pousse elle aussi les organisations à revoir leur modèle et intégrer ses caractéristiques. Ainsi par exemple 78% d’entre eux considèrent l’innovation comme un facteur discriminant de leur motivation (Deloitte Millenial Survey 2014).
  • Développe et respecte ses collaborateurs : l’EA se repose sur des managers qui développent leurs équipes en libérant les talents de chacun. Elle place ses collaborateurs au centre de sa création de valeur.
  • Base ses décisions sur la valeur créée pour l’organisation : l’EA pilote par la valeur toutes ses décisions opérationnelles et analyse leurs conséquences sur le long terme.

Une Entreprise Digitale se doit nativement et sans ambiguïté d’être une Entreprise Agile

Les bénéfices pour l’Entreprise Digitale d’être une Entreprise Agile sont multiples :

schéma deloitte

Bénéfices de l’agilité d’entreprise

L’agilité pour toute l’entreprise ?

Quelles directions sont impactées par l’agilité ?

De façon naturelle, l’agilité a commencé à se déployer au niveau des projets de développement informatiques. Le mouvement DevOps l’a étendue aux équipes de production informatique. L’Agile Marketing Manifesto l’a ensuite adapté aux directions marketing et digitales. Enfin, le Lean Startup les a étendues aux directions innovation et R&D et les directions opérationnelles. Le contexte mouvant et la nécessité d’expérimentation poussent toutes ces directions à collaborer et valider la pertinence des concepts qu’elles ont imaginés avant de les généraliser : l’agilité devient le pivot de cette relation transversale entre les directions.

L’agilité impacte également les directions supports. Pour les entreprises qui sous-traitent une partie de leurs projets, les directions juridiques et achat doivent se transformer pour adopter un système de contractualisation agile qui vient soutenir le système de pilotage par la valeur utilisé par les directions opérationnelles. Les directions financières doivent revoir leur modalité de contrôle budgétaire pour qu’il ne devienne pas un frein aux besoins d’adaptation permanente, en s’inspirant par exemple d’un mouvement tel que « Beyond budgeting ». Elles doivent également s’approprier des modèles issus du capital-risque pour financer des innovations au ROI incertain. Enfin, les directions des ressources humaines se retrouvent au cœur du dispositif pour recruter des talents adaptés à la transformation et accompagner le changement au niveau des équipes existantes.

Quelles populations sont impactées par l’agilité ?

L’agilité touche les collaborateurs dans leur quotidien. L’autonomie qui leur est donnée bouleverse leur rapport au travail et vient bousculer le rapport traditionnel avec leur hiérarchie.

Les managers intermédiaires doivent quant à eux se transformer en profondeur et adopter de nouvelles postures et de nouveaux comportements qui favorisent le travail de leurs équipes. On parle de « leader développeur » de ses collaborateurs.

Tout ceci ne peut fonctionner sans un leadership à haut niveau qui insuffle les valeurs de l’agilité dans toute l’organisation et porte l’étendard au-delà des frontières de l’entreprise pour transformer les relations avec les partenaires et les clients. Ces leaders comprennent l’avantage concurrentiel d’être agile et savent transcender les barrières classiques de l’organisation.

Dimensions d’une transformation agile d’entreprise

A quelle échelle déployer l’agilité ?

L’agilité permet de réduire le temps entre l’identification d’une idée et sa mise sur le marché. Plus la chaine traitée par l’agilité est large, plus les gains en termes de Time To Market, de productivité et de qualité perçue sont importants.

Naturellement, on optimise le cycle de développement avec l’agilité, mais cela reste de l’optimisation locale. Démarrer l’optimisation dès l’identification de l’idée, l’expression de besoin et sa qualification permet de réduire bien plus fortement le temps de cycle.

On constate ainsi sur certaines organisations que plus des trois quarts du temps de cycle sont consacrés aux phases en amont de la réalisation !

Plus la transformation agile est large, plus les bénéfices en sont importants.

Les dimensions d’une transformation agile

schéma 2deloitte

Une Entreprise Agile repose à la fois sur un modèle opérationnel agile,
un SI agile et des comportements agiles de ses collaborateurs

L’agilité touche aux processus, aux pratiques, à l’organisation et la gouvernance de l’entreprise : c’est-à-dire à l’ensemble de son modèle opérationnel.

Les principaux processus touchés sont ceux de la dorsale « Concept To Cash », de l’idée à sa mise sur le marché). Il s’agit des processus de gestion de la demande, gestion de portefeuille, gestion de programme, gestion de projet, gestion budgétaire et d’allocation des ressources qui sont touchés par la mise en place de pratiques agiles.

Le Scaled Agile Framework

Il existe un corpus de pratiques agiles qui permet de couvrir l’ensemble de ces processus : le Scaled Agile Framework. Ce framework apparaît aujourd’hui le plus abouti, dispose de nombreuses références et fait état d’importants gains business de 20 à 50% en matière de délai de mise sur le marché, de productivité et de qualité.

Le Scaled Agile Framework a été déployé avec succès chez plusieurs grands comptes français pour répondre à d’importants enjeux de réduction de Time To Market et de digitalisation de leurs activités.

Le Scaled Agile Framework étend largement les pratiques issues de Scrum aux dimensions portefeuille, gestion de programme et équipe tout en conservant les caractéristiques d’autonomie des équipes. Il repose sur des fondamentaux Lean et fait une part importante au management agile et à son impact sur les collaborateurs. Au départ conçu pour l’informatique, il peut facilement être étendu à d’autres directions.

L’Agilité fait émerger de nouveaux rôles et des structures adaptatives en réseau

La transformation de ces processus fait émerger de nouveaux rôles dans l’organisation, mais nécessite aussi de revoir les rattachements hiérarchiques et les structures pour favoriser l’autonomie des équipes à taille réduite. On citera par exemple le nouveau rôle de Product Manager dans le cas d’une approche centrée produit à l’instar d’Arkea (Informatique du Crédit Mutuel de Bretagne) qui a mis en place ce type d’organisation.

Une gouvernance révisée pour favoriser la prise de décision au bon niveau

La gouvernance est revue pour en décentraliser les décisions qui peuvent être prises au niveau des équipes et les règles les plus rigides sont remplacées par des conventions plus souples négociées entre les parties.

Par exemple à la DSI, pour des décisions d’architecture simple, la gouvernance agile propose d’éviter les passages en comité d’architecture tous les mois alors que les équipes fonctionnent sur des rythmes de deux semaines.

Le comportement agile des collaborateurs et managers

Transformer son modèle opérationnel ne peut pas se faire de façon immédiate. Il est nécessaire d’opérer la transformation de manière douce et contrôlée. Là encore, le déploiement de l’agilité en amélioration continue se fait en appliquant les principes même de l’agilité.

Adopter ces nouveaux modèles opérationnels, ces organisations et cette gouvernance passe par la transformation des comportements des collaborateurs et des managers. Afin d’éviter tout rejet, il est même préférable de s’attaquer à ce sujet de gestion du changement le plus tôt possible et de l’adosser à une vrai démarche d’analyse du contexte de l’entreprise. Il est important d’étudier sa culture, ses valeurs et les comportements systémiques dominants. On peut s’appuyer par exemple sur l’Agile Profile de la société Agil’OA pour évaluer les comportements individuels ou de groupes qui peuvent être des freins à l’adoption de l’agilité. On peut ainsi mesurer l’agilité comportementale sur 6 axes (Empathie systémique, Synchronisation, Intelligence de situation, Proaction, Rébellion constructive et Pédagogie relationnelle).

Outre les collaborateurs, les managers sont les plus impactés par la mise en place de l’agilité. Leur mission et leur posture vis-à-vis des collaborateurs est profondément transformée : d’un rôle de gestionnaire ou d’expert ils doivent passer à un rôle de développeur de leurs collaborateurs et porter une vision pour les guider. Il est difficile de se transformer ainsi sans accompagnement. Le Framework Management 3.0 adresse toutes les dimensions de cette transformation et aide les managers à adopter les nouveaux comportements de manager agile.

Le Système d’information agile

Un modèle opérationnel repose sur un système d’information qui doit lui-même se transformer pour ne pas devenir un frein à la recherche d’un maximum d’agilité.

Cette transformation s’applique à 3 niveaux :

  • Une urbanisation des SI métiers mise en œuvre graduellement en combinant des approches orientées services/API pour faciliter la réutilisation des fonctions cœur de métier et des solutions Saas pour les processus non différentiant,
  • L’automatisation de toute la chaine de production applicative dans une approche DevOps pour réduire le temps entre l’idée et sa mise en production ;
  • Un plan de résolution de la dette technique pour favoriser la vélocité des développements.

Par où commencer sa transformation digitale et agile ?

Définissez le sens de votre transformation

L’agilité n’est qu’un moyen de rendre plus rapidement opérationnelle une stratégie : commencez donc par bien définir le sens de votre transformation vers l’agilité. Quels en sont les objectifs ? En quoi cela sert-il la stratégie de votre entreprise ? En quoi cela va-t-il vous rendre différent sur votre marché ? En quoi chaque collaborateur va-t-il être concerné et impliqué dans cette transformation ?

Le sens étant l’un des moteurs principaux de la motivation des collaborateurs, cette étape est primordiale pour mettre le système en mouvement.

Démarrez en adoptant des comportements plus agiles

Afin de sécuriser l’adoption de l’agilité et de minimiser l’impact sur le modèle opérationnel dans un premier temps, analysez les comportements en vigueur, identifiez les freins à l’adoption de l’agilité et mettez en place les actions sur l’environnement ou les collaborateurs pour en transformer les comportements afin de les aligner avec votre besoin propre d’agilité.

Concentrez-vous sur la chaine « concept to cash »

Optimisez la chaine « concept to cash » dans sa globalité ; trop souvent, nous avons vu des optimisations locales qui certes affichent des gains, mais qui sont largement inférieurs à une révision plus large de la chaine.

Déployez les chantiers par vagues successives

Déployer l’agilité en utilisant l’agilité : constituez des backlogs priorisées et valorisées de vos transformations de modèles opérationnel, SI et de Changement et synchronisez les sur une même cadence afin d’en aligner les objectifs.

Démarrez votre backlog de transformation du SI par les projets digitaux et innovants.

Ma vie d’entrepreneur : 3 conseils pour s’entourer sans se tromper

  • On dit souvent que l’humain est ce qu’il y a de plus difficile à maîtriser lorsque l’on entreprend. Comment recruter les collaborateurs qui seront la clé de voûte de votre future entreprise ? Quelle méthode pour éviter au maximum les erreurs qui pourraient vous causer bien des nuits blanches ?

Conseil 1 : Savoir ce que vous cherchez

Suivre ce principe dans la durée n’est pas si aisé. Je fais moi-même régulièrement l’erreur d’oublier les compétences ou qualités les plus importantes du candidat que je recrute. Vous verrez qu’il n’est pas rare de se laisser influencer par les profils – parfois brillants – qui croiseront votre chemin de recruteur. Face à une personne sympathique, motivée et intelligente, il est tentant de lui faire remplir des cases qui ne lui correspondent pas vraiment.

Mon premier conseil est donc d’une simplicité consternante : lorsque vous élaborez votre fiche de poste, forcez-vous à formaliser les qualités ou défauts de votre futur employé. Posez-vous sincèrement et explicitement la question de vos besoins. Une orthographe irréprochable ? Un anglais parfait ? Une expérience solide en gestion de projet complexe ? N’en mettez pas trop, mieux vaut trouver une personne parfaitement fiable dans le domaine pour lequel vous le recrutez plutôt que quelqu’un de passable mais avec d’autres compétences annexes « potentiellement » utiles pour votre entreprise.

Pourquoi est-ce si important ? A mon sens, trouver le candidat parfait est assez comparable au fait de trouver le grand amour. Il est difficile de savoir à l’avance qui remplira ce rôle. Même en ayant une idée précise en tête, on finit rarement par tomber sur quelqu’un qui n’a que des qualités et zéro défaut. Ce n’est pas pour autant que cette personne ne sera pas faite pour vous (ou votre entreprise). Focalisez-vous d’abord sur les compétences ou qualités qui compte vraiment pour le poste que vous recherchez, plutôt que sur les quelques petits défauts que vous avez pu identifier mais qui au fond n’ont que peu d’importance.  Mieux vaut être très bon dans un domaine, que moyen partout.

Conseil 2 : Etre rigoureux, même dans l’humain

Bien qu’il s’agisse de relations humaines, il est indispensable d’être extrêmement rigoureux dans votre processus de recrutement. Cette rigueur vous évitera des erreurs qui pourraient vous coûter du temps, de l’argent et surtout beaucoup d’énergie.

Pour ma part, je me suis constitué un petite feuille de route en 5 étapes pour m’éviter les déconvenues :

Feuille de route du recrutement

1/ Établir une fiche de poste courte et précise qui retrace en quelques lignes les compétences clés et qualités de la future recrue.

2/ Mettre au point un fichier de suivi de votre recrutement. Notez-y les actions que vous devez mener : personnes à recontacter, 2e tour, personne à remercier etc. Vous serez sûr de ne rien oublier.

3/ A chaque nouvel entretien (leur nombre dépend du poste bien sûr) notez scrupuleusement dans ce même fichier les impressions positives et négatives que vous avez pu ressentir vis à vis du candidat. Cette étape est cruciale pour arriver à synthétiser votre choix. Si le processus de recrutement prend plusieurs semaines ou mois, vous me remercierez.

4/ Une fois votre liste de candidats préférés établie, faites-leur passer un test opérationnel. Ces tests peuvent prendre des formes très variées : la retouche d’une photo pour un graphiste, une analyse de votre site pour un marqueteur ou pourquoi pas un test oral de vente pour un futur conseiller clientèle. N’oubliez pas que vous n’êtes pas à l’abri de tomber sur une personne très douée en entretien mais dont la capacité d’exécution est décevante. Pour éviter cette déception, faites en sorte de tester votre candidat sur le vif.

5/ Enfin, appelez au moins deux précédents employeurs ou collègues de vos candidats. En France, je ne connais quasiment aucun manager qui prend la peine de le faire. Et pourtant, même si ces entretiens seront évidemment biaisés en la faveur de chaque candidat, parler à une personne qui a travaillé avec votre futur employé vous permettra de savoir en quelques instants quels sont les compétences et traits de caractère marquants de votre futur employé. Une information qu’il est dommage de négliger.

Conseil 3 : Suivre son instinct

Enfin, mon dernier conseil relève entièrement de mon vécu. Il se peut que certains ne s’y reconnaisse pas mais je sais qu’il fonctionne pour moi.

J’ai constaté à plusieurs reprises dans le cadre de mon aventure professionnelle que je ne regrette jamais de suivre mon instinct lorsqu’il s’agit de relations humaines.

Comme beaucoup de manageurs sans doute, j’aime laisser des secondes chances (parfois nombreuses) à mes collaborateurs. Si j’ai un doute sur le fait que l’un des membres de mon équipe n’est pas la bonne pour son poste, ma tendance naturelle est de l’aider à progresser pour qu’il parvienne au niveau demandé.

Malheureusement ce réflexe m’a quasiment toujours joué des tours. Je sais maintenant que mon instinct se trompe rarement en ce qui concerne l’humain. Que ce soit en bien ou en mal. Cette sensation indicible que telle personne est faite ou non pour mon entreprise ne s’explique pas mais je constate qu’elle est bien réelle et souvent un garde-fou précieux pour éviter des situations douloureuses.

Ne jamais prendre l’humain à la légère

On m’avait avertie de l’importance de recruter des collaborateurs fiables et motivés pour m’accompagner dans mon aventure entrepreneuriale. On m’avait prévenue qu’en France particulièrement, le recrutement n’est pas une tâche à prendre à la légère. Même avec l’arrivée bienvenue de la rupture conventionnelle, se séparer d’un employé qui ne remplit plus son rôle reste long, fastidieux et très coûteux.
J’ai découvert que ces difficultés sont plus grandes encore dans une petite entreprise. Dans une start-up comme la mienne, les personnes qui constituent votre équipe ne sont pas de simples employés. Chaque individu, qu’il soit directeur marketing ou stagiaire, est une pierre angulaire d’une architecture encore fragile : un mauvais casting dans une entreprise de 15 personnes peut vite avoir des conséquences dramatiques, que ce soit sur l’ambiance de l’entreprise ou ses performances. Mon conseil d’entrepreneur à entrepreneur : ne faites jamais l’erreur de gérer vos recrutements avec désinvolture, vous pourriez sévèrement le regretter.