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La transformation numérique, une affaire de culture ou de technologie ?

transformation digitale

Beaucoup d’encre a coulé sur la transformation numérique des entreprises. Force est de constater qu’un certain désenchantement règne actuellement… La transformation numérique ne prend pas vraiment.

Malgré l’enthousiasme évident qui a rythmé les débuts de la transformation numérique, un ralentissement du processus est à noter. Nombreuses sont les entreprises qui ont investi dans le numérique pour faire face aux « barbares » et demeurer compétitives, peu ont réussi à relever ce défi !

De nombreux freins en interne

D’un point de vue technologique la prise de conscience était réelle. Imposée par le haut, poussée par le bas, la mutation digitale s’est arrêtée en milieu de chemin. Pourquoi ? Peut-être parce que les attentes des uns ne correspondaient pas vraiment aux besoins des autres et que l’adoption de nouveaux outils ne se faisait pas de façon aussi naturelle que cela.

Les habitués à travailler en silos, les adeptes de l’organisation hiérarchique verticale et les non-initiés se sont trouvés face à une révolution à laquelle ils n’étaient pas préparés. N’ayant pas été impliqués dès le départ au changement, ils ont été pris au dépourvu tant le changement était de taille et ont peut-être été à l’origine du frein qui a eu pour conséquence « l’échec » de la transformation digitale.

La culture comme point d’orgue

Les metteurs en scène de cette mutation ont certainement oublié un élément clé sans quoi aucun projet ne peut aboutir : l’humain… La transformation numérique n’est pas une révolution technologique. Il s’agit avant tout d’une aventure humaine et d’un défi managérial. Pourquoi ? La réponse en est simple. Le digital aplanit, lisse, les hiérarchies, casse les silos et bouleverse les modes de fonctionnement. Ce sont les codes mêmes de l’entreprise qui sont remis en question.

La numérisation passe essentiellement par le bouleversement des habitudes qui régissent le fonctionnement de la structure depuis plusieurs décennies. C’est pourquoi, avant de parler technologie, il faudrait peut-être parler culture d’entreprise et tenir compte du fait qu’un changement culturel ne se fait pas du jour au lendemain, qu’il prend du temps et qu’il se fait par étape.

Le collaboratif comme aboutissement

La transformation numérique exige l’implémentation d’un esprit collaboratif entre des départements aux missions distinctes, fonctionnant de façon radicalement différente et n’ayant aucune connaissance véritable du métier « de l’autre ».

À cela s’ajoute l’évolution des responsabilités de tout un chacun, notamment au niveau managérial. Il existe une certaine nébulosité en la matière et une véritable réticence. Entre le « Comment se définit le manager aujourd’hui ? » et le « Comment le manager de demain devra gérer ses équipes demain ? », il existe un réel fossé avec notamment des enjeux personnels pour les parties prenantes.

Si les équipes impliquées sont convaincues du bienfondé de la démarche, l’envie de collaborer sera certainement au rendez-vous ou du moins la collaboration se fera plus facilement. En effet, rien n’est plus difficile que de casser des silos et d’accompagner le changement.

Vous avez dit agile ?

L’agilité est un concept qui est sur toutes les lèvres et pour cause. La transformation numérique se fera avec « agilité » ou ne se fera pas. Une fois de plus, il n’est pas question de technologie, mais davantage de ce qu’il est convenu d’appeler le manager agile ou encore, pour rester dans l’air du temps, le manager 4.0.

En effet, ce sont les managers et les couches dites « intermédiaires » des entreprises qui vont assurer réellement la transformation numérique et entamer la 4e révolution industrielle, insufflant une nouvelle dynamique à travers l’organisation.

Leur rôle est non négligeable et les défis qui se posent à eux incommensurables. Leur métier évolue, la façon qu’ils l’exercent change drastiquement et ils ont pour charge d’orchestrer de façon harmonieuse une nouvelle symphonie dont personne ne connaît vraiment les notes.

Aussi, il est très important de se concentrer sur ces couches intermédiaires, trop souvent oubliées, de tenir compte de la dimension humaine et de la nécessité de les accompagner, faute de quoi la transformation numérique risquerait d’entrer comme un échec cuisant dans l’histoire.

NATACHA RYANNI

 

LA FONCTION RH, C’EST TROP DE « R » ET TROP PEU DE « H »…

A quoi ressemblera le DRH de demain ? Quelles seront ses missions et à quels nouveaux défis devra-t-il faire face ? L’éditeur de logiciels SAP SuccessFactors et le cabinet de conseil The Boson Project ont présenté ce jeudi 9 juin une étude d’envergure menée auprès de 1300 répondants, dont 40% de la fonction RH.

 Intitulée « Le magicien de l’humain : turbulences et renaissances de la fonction RH », celle-ci a pour objectif de dresser un état des lieux et d’esquisser le portrait du DRH de demain.

D’un côté, un Comex duquel le DRH est encore souvent exclu. De l’autre, des  évolutions sociétales  qui poussent les organisations à se transformer en profondeur. Entre les deux, un DRH censé piloter le changement, mais dont la fonction reste souvent cantonnée à la gestion de la paie et aux relations sociales… Enfin, au centre, le capital humain, ce « premier actif » ou « or noir » dont Emmanuelle Duez, fondatrice du Boson Project, tient à souligner l’importance lors de la présentation de l’enquête, dont voici les principaux enseignements.

La RH : une fonction en mutation

Insuffisamment valorisée : 73% des personnes interrogées ont la sensation que la fonction RH n’est pas  reconnue à sa  juste valeur.  Parmi les explications figure l’éclatement de la fonction, qui nuit à sa visibilité : 36 % pensent des DRH qu’ils sont plutôt « des négociateurs du CE au CHSCT qui passent leur vie à polémiquer » et 19% les considèrent plutôt comme « des avocats le nez plongé dans le Code du travail ».

Un sous-marin au service de la direction : Fantômette, Narcisse ou Robin des Bois ? Entre ces trois héros, 64% des répondants identifient volontiers le DRH à une « Fantômette au service de la direction générale », voire un Narcisse autocentré (12%) ou, pour les plus bienveillants, un Robin des Bois (11%). « La fonction RH aujourd’hui, c’est trop de R et trop peu de H » analyse Laurent Choain, Chief People et Communication Officer de Mazars, qui a contribué en tant que grand témoin à cette enquête. Bonne nouvelle : la fonction RH, consciente de ses limites, est en train de se réinventer : 74% des sondés pensent qu’elle se trouve dans une phase de transition.

Se recentrer sur le cœur de métier

Replacer l’humain au centre, « être humaniste mais pas naïf » selon les termes d’Olivier Lajous, ancien DRH de la Marine nationale. Le DRH doit se concentrer sur son cœur de métier : les hommes. Et du cœur à l’amour, il  n’y a qu’un pas que Marianne Urmès, responsable des enquêtes chez Boson Project, n’hésite pas à franchir lorsqu’elle dépeint un « DRH jardinier dont le rôle est de faire grandir ses plantes, avec amour et bienveillance ». Un besoin de revenir aux fondamentaux identifié dans l’étude, qu’Emmanuelle Duez résume ainsi : « L’idée est de recréer du lien et de passer d’un système de la contrainte à un système de la confiance ». Reste que le DRH se heurte à trois écueils : le manque de pouvoir (42% des sondés), le manque de temps (33%) mais aussi, plus grave car difficile à décréter, le manque d’empathie (31%).

Et demain ?

A la question « Quel est le futur plus grand défi RH à vos yeux ? », les réponses sont assez diverses mais 26% des personnes estiment que l’engagement des collaborateurs est le principal enjeu. Viennent ensuite la transformation digitale (15%), la diversité (13%), la cohabitation des générations (12%). Lorsque l’on entre dans le détail, trois préoccupations concrètes arrivent en tête : l’obsolescence des compétences (« La fin du « HEC for life », précise Emmanuelle Duez), la création de lien entre collaborateurs de tous âges,  de toutes cultures, éparpillés (internationalisation, télétravail …) mais aussi plus  individualistes, et enfin la question du sens. « Sens, transparence, reconnaissance et confiance sont les moteurs de la génération Z » précise Marianne Urmès. Une génération qui, selon Laurent Choain, « n’attendra pas qu’on lui transmette, mais qu’on lui permette ». Les arrières grands-parents qui ont fait mai 68 apprécieront.

Quels arguments devez-vous utiliser pour convaincre les franchiseurs ?

Pour un franchiseur qui cherche à développer son réseau, le recrutement est une étape capitale.

Savoir convaincre un franchiseurPour un franchiseur qui cherche à développer son réseau, le recrutement est une étape capitale. Si les entrepreneurs sont en quête d’un réseau pour les accueillir, les franchiseurs eux aussi sont sélectifs et cherchent la perle rare, le profil idéal qui permettra une rentabilité rapide et un développement fort. Comment séduire son franchiseur ? Voici quelques pistes à suivre.

Le rapport franchiseur et franchisé, une sélection mutuelle

Vous qui cherchez un réseau de franchise à rejoindre, ne perdez jamais de vue qu’en face de vous, les franchiseurs eux aussi sont dans une démarche proactive afin de recruter les meilleurs candidats. La signature d’un contrat de franchise est donc comparable à l’aboutissement d’un processus de sélection mutuelle. Cette phase de sélection, c’est un peu une parade nuptiale. Il faut vérifier votre compatibilité réciproque, penser au début de la relation mais également avoir une vision sur le moyen et le long terme. En clair, tout bon franchiseur aura ses propres règles afin de retenir les meilleurs candidats. La solidité du réseau en dépend. Le casting doit donc être parfait.

Tout commence par un premier contact. Celui-ci peut se faire sur un salon dédié à la franchise, mais aussi par téléphone ou via l’envoi d’un message sur le site Internet. Ne loupez pas ce premier contact. Il est capital, car il va lancer tout le processus de recrutement. Si le franchiseur accroche à votre candidature, il y a fort à parier que le premier échange essentiel se fera par téléphone. Plusieurs franchiseurs n’hésitent pas ainsi à caler des rendez-vous de 30 à 45 minutes avec les candidats. L’objectif est de bien vérifier que ces derniers savent où ils veulent aller, sont bien conscients des opportunités mais aussi des risques qui incombent à l’entreprenariat en franchise. Si votre décision de vous lancer avec la franchise est claire, vous n’aurez pas de mal à passer ce premier filtre. Ensuite, le franchiseur pourra vous faire suivre une plaquette complète de présentation de son enseigne, ainsi qu’un dossier de mise en relation à compléter. Il pourra aussi vous expliquer la suite de son parcours de sélection : entretien, tests, etc… vous comprenez bien avec cette énumération des étapes que le recrutement est un véritable cheminement, et qu’il demande du temps ! Vous n’allez pas devenir franchisé du jour au lendemain, mais bien en plusieurs mois !

Les critères qui séduisent les franchiseurs

Faut-il obligatoirement avoir déjà créé une entreprise avant de se lancer en franchise ? Faut-il être un touche-à-tout, avec beaucoup de diplômes et de solides expériences ? Est-il indispensable d’avoir déjà travaillé dans le domaine du franchiseur ? L’âge moyen des franchisés à l’ouverture de leur premier point de vente est de 36 ans en 2015 selon les données de l’Enquête annuelle de la franchise réalisée par la Fédération Française de la Franchise (FFF). Auparavant, 75% des franchisés exerçaient une activité professionnelle salariée, et seulement 17% étaient à leur compte (commerçant indépendant, chef d’entreprise). La franchise est ouverte à tous, hommes et femmes. 40% des franchisés sont des franchisées. Enfin, côté études, si les profils avec un Bac +2/+3 constituent une grande partie des franchisés (41%), les franchisés issus d’une filière professionnelle diplômés d’un BEP, un CAP, ou un Bac pro représentent 30%. Tout le monde peut entreprendre en franchise, ne pensez pas qu’un diplôme (ou une absence de diplôme) sera automatiquement bloquante.

Retenez qu’il n’existe pas un profil type de franchisé, ni même une liste définitive de caractéristiques à posséder afin d’être le candidat idéal. Selon les réseaux, leur taille mais aussi leurs perspectives de développement, les critères surveillés ne seront pas les mêmes. Il existe toutefois quelques « traceurs » qui permettent de définir un bon franchisé :

  • Les candidats qui disposent d’un bon sens commercial sont naturellement plébiscités. La première compétence requise, c’est de savoir vendre. Et même savoir « se vendre ». De l’aveu même de certains gestionnaires de réseaux, ce n’est pas la connaissance du métier qui est recherchée en premier, mais bien cette aptitude à être tourné vers le client. Elle se travaille, mais si elle n’est pas présente d’emblée, les franchiseurs auront tendance à se tourner vers une autre personne que vous ;
  • Deuxième compétence dont vous devez disposer afin d’être un candidat intéressant : l’autonomie. Être autonome est indispensable lorsque vous entreprenez en franchise, car bien que vous soyez guidés par votre franchiseur, il ne sera pas à vos côtés 24/24 et 7 jours sur 7. Les profils « débrouillards » seront ainsi souvent préférés à des profils peut être plus complets mais qui nécessitent beaucoup trop d’accompagnement ;
  • Troisième caractéristique que vous devez posséder : la capacité de faire jouer le sens du collectif. Cela peut paraître contradictoire avec le point précédent, mais il s’agit en fait d’une caractéristique complémentaire. Travailler en équipe, c’est savoir accepter les ordres venus du franchiseur, mais aussi réaliser une véritable remontée d’informations et collaborer avec les autres membres du réseau pour avancer ensemble. Si vous rejoignez une franchise, c’est en partie pour la sécurité qu’apporte ce mode d’entreprise. Alors les profils qui ont tendance à rester dans leur coin et à « la jouer perso » ne sont pas compatibles. La franchise, c’est avant tout de l’échange et du partage ;
  • Faut-il également disposer de bonnes capacités financières ? Selon les réseaux, l’enveloppe dont vous disposez sera un critère plus ou moins important. Devenir franchisé entraîne des dépenses importantes. Si vous n’avez pas les capacités financières nécessaires afin de réaliser les premiers investissements, vous risquez de vous voir poliment remercié… Abordez ce point rapidement. Il devrait être évoqué par votre franchiseur très vite, car c’est un point de blocage fréquent.

Les nouvelles compétences que les franchiseurs recherchent

Les compétences que nous venons de lister, la plupart des chefs d’entreprise, qu’ils travaillent en franchise ou non, les recherchent lors de leur recrutement. Mais en franchise, il existe d’autres compétences que les candidats doivent posséder. Des compétences propres à la fonction de franchisé. Ainsi, il faut être doté d’un bon sens de la gestion. En devenant votre propre patron, vous allez devoir mettre la main à la pâte et gérer tant les aspects comptables, logistiques, commerciaux ou encore RH de votre point de vente. Il faut donc être prêt à découvrir de nouveaux métiers et à sortir de sa zone de confort. Cela ne se fera qu’à condition d’être un bon gestionnaire ! Si vous avez déjà tendance à vous laisser dépasser par quelques papiers qui traînent à la maison, travaillez sur ce point.

L’évolution technologique et la montée en puissance du digital poussent désormais les franchiseurs à rechercher des profils à l’aise avec les nouvelles technologies. Parce que la franchise repose notamment sur l’utilisation d’outils de suivi de la performance, de gestion des stocks, et que l’animation en point de vente a tendance à se digitaliser, il ne faut pas être réfractaire à cette vague numérique. Bien entendu, un franchiseur n’exigera pas de vous la maîtrise parfaite d’un logiciel en particulier ! La formation initiale, mais aussi l’accompagnement dans le temps sont là pour vous aider à monter en compétence.

Création d’entreprise : 8 formes d’ intelligence pour réussir

intelligence

De nombreuses personnes pensent qu’un QI élevé permet de réussir dans la vie et aussi lorsque l’on décide de créer une entreprise. Pourtant aucune étude ne l’a démontré. Au contraire, certains entrepreneurs ont abandonné leurs études tôt, ont misé sur la « débrouillardise » et leurs entreprises ont fonctionné et sont devenues prospères. Ils ont développé plusieurs formes d’ intelligence. Un entrepreneur doit posséder un large éventail de toutes ces intelligences. Mais quelles sont les intelligences qui peuvent contribuer à la réussite d’un entrepreneur ?

L’ intelligence logico-mathématique

L’ intelligence logico-mathématiqueElle démontre une capacité à calculer, analyser, observer et réfléchir de manière logique. L’entrepreneur qui dispose de cette forme d’intelligence aime résoudre des problèmes et travailler avec les chiffres. Il explore des modèles différents et des possibilités, fait des hypothèses et sait quantifier.
Grâce à sa manière d’analyser et de structurer, il peut élaborer et apporter des solutions précises selon le marché et les moyens de l’entreprise.

L’ intelligence verbale

Elle démontre une facilité à utiliser le langage et différentes langues. Elle permet à un entrepreneur de lire, écrire et s’exprimer plus aisément. Il sait aussi comment transmettre ses idées et comprendre ceux qui l’entourent.
Ces facultés lui permettent de convaincre des clients ou des financeurs, diriger une équiper ou écrire un business plan attrayant et convaincant.

L’intelligence intra personnelle

C’est l’aptitude à faire de l’introspection. L’entrepreneur doté de cette intelligence est capabled’identifier et de comprendre avec de plus grandes facilités ses forces et ses faiblesses ainsi que ses motivations, ses rêves et ses désirs.
Grâce à ces capacités, il peut optimiser la stratégie et la mise en œuvre de ses projets. Il est également capable de s’entourer de personnes ayant des compétences complémentaires et qui compensent ses faiblesses et ses zones d’inconfort.

L’intelligence sociale

L’intelligence socialeElle permet l’empathie, la tolérance et la coopération. Une grande intelligence sociale permet à l’entrepreneur de savoir comment réagir avec ceux qui l’entourent de manière efficace et d‘être capable de deviner les tempéraments, les caractères et les motivations de ses interlocuteurs.
Il est ainsi un bon négociateur et peut apporter des solutions aux divers problèmes de ses collaborateurs. L’intelligence sociale est caractéristique des leaders.

L’intelligence spatiale

Elle comprend la faculté de visualiser le monde mentalement et penser en trois dimensions. L’entrepreneur qui possède cette forme d’intelligence est capable de traiter l’information sous forme de graphiques et de schémas et imaginer des produits par exemple.
En marketing, cela permet d’inventer l’image de marque d’une entreprise ou d’un produit.

L’intelligence kinesthésique

C’est la capacité d’utiliser son corps pour communiquer ou s’exprimer. L’entrepreneur qui dispose de cette intelligence préfère plus s’exprimer par action que par les mots et a le sens du timing. Il possède une bonne coordination de ses gestes et aime la mise en scène.
Grâce à cet atout, il peut créer des campagnes pour de nouveaux produits et devenir un leader en combinant une théâtralité et une facilité à parler en public.

L’intelligence naturaliste

Elle permet une compréhension de l’environnement, de ses complexités et de tout ce que cela implique. L’entrepreneur ayant une intelligence naturaliste peut ainsi identifier de nouveaux marchés, anticiper les tendances et classifier les éléments d’une situation.
Il comprend l’environnement dans lequel il vit et est sensible aux évolutions qui l’entourent.

L’intelligence musicale

C’est la capacité de reconnaitre des musiques et d’être sensible à la musicalité des mots et des phrases. Cela permet à l’entrepreneur détenant cette intelligence de ressentir le rythme des événements et d’apprécier les sons ou le timbre de voix venant d’une personne. Il se fie à ce qu’il ressent.
Ces facultés peuvent lui permettre de bien écouter les personnes qui l’entourent et de mettre en place des événements.

Conclusion

intelligenceL’intelligence logico-mathématiques et l’intelligence verbale sont utilisées pour calculer le QI. Pourtant il ne faut pas négliger les autres formes d’intelligence qui sont autant utiles. Il est important également d’être prêt à relever des défis, à apprendre de ses échecs et à surmonter les obstacles grâce au travail et à la persévérance. Un bel état d’esprit, une motivation et le plus large éventail des formes d’intelligence vous donneront les clés pour être un bon entrepreneur.
N’oubliez pas de vous entourer de personnes ayant des capacités complémentaires aux vôtres. Vous disposez de plusieurs intelligences mais pas de toutes. Alors embauchez un salarié ou prenez un associé ayant des intelligences complémentaires, vos chances de réussir seront d’autant plus grandes.

Innovation : où est passé notre esprit pionnier ?

Pasteur

La bienveillance avec laquelle la Singularity University a été accueillie en France n’est pas sans nous interroger sur notre esprit pionnier. Cette université, qui n’en porte que le nom (pas d’étudiants mais des auditeurs, pas de professeurs mais des intervenants, pas de programmes mais des conférences) est connue pour au moins deux choses : son but, promouvoir le transhumanisme, et son financement, largement pris en charge par Alphabet (Google).

Autrement dit, nous accueillons à bras ouverts une organisation dont l’essence est d’encourager les recherches sur l’instant de rupture où l’intelligence artificielle dépassera l’intelligence humaine, de contrôler l’ensemble des informations sur notre planète, de contrôler notre ADN (23andMe), de contrôler le futur de nos déplacements (Google Car).

Les ambitions d’Alphabet, bien que démesurées, ne sont pas condamnables : le désir transhumaniste est aussi vieux que notre monde, toutes les entreprises veillent à trouver sans cesse des relais de croissance, le Big Data est au cœur de toutes les stratégies. Ce n’est pas là que le bât blesse. Le problème est notre attitude face à ce géant qui vient, comme le cheval de Troie, s’infiltrer pour nous montrer comment il faut penser, avec quels outils il faut travailler, grâce à quelle méthode il faut agir.

S’il ne fait plus de doute que l’avenir de l’humanité se dessine avec l’intégration de la pensée et des techniques transhumanistes, est-ce pour autant le bon choix que de s’en référer à un acteur aussi puissant et partial que Google ? Avons-nous, en Europe, une recherche sur le développement de l’homme et de l’humanité si faible qu’elle doit nous venir d’ailleurs ? N’avons-nous pas, par le passé, eu des attitudes plus volontaristes que celles d’aujourd’hui ?

La France ou la Silicon Valley du passé

Il y a un siècle, la France était l’équivalent de la Silicon Valley et regardée comme telle. C’était l’époque de grands scientifiques, Pasteur, Pierre et Marie Curie, Poincaré ; de grands inventeurs comme Adler ou les frères Lumière ; de grands entrepreneurs, Michelin, Renault ou Citroën.

La France était le terrain d’avancées politiques inédites, notamment avec la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État. La pensée intellectuelle n’est pas en reste, puisque c’est l’époque de Bergson, de Wahl, d’Alain ou encore de Bachelard. Toutes ces personnalités concentrent une trentaine d’années de toute la richesse française. Et, à l’échelle de l’Europe, la puissance intellectuelle et scientifique est d’autant plus importante si l’on y associe Einstein, Freud ou Nietzsche parmi tant d’autres.

À l’heure d’une Europe où les pays sont censés mieux travailler ensemble, qu’en est-il de l’audace qui semblait nous caractériser ? N’avons-nous plus d’entrepreneurs ? D’inventeurs ? De philosophes qui marqueraient cet esprit pionnier ? Tout laisse à penser le contraire. Dans l’ensemble des domaines, nous avons en France comme en Europe un grand nombre d’écoles, d’universités, d’instituts peuplés des plus grands chercheurs. Non, ce n’était pas mieux avant. Il n’y a aucune raison pour que notre créativité, notre imagination et notre soif d’entreprendre aient disparu.

La fin de notre esprit pionnier

L’audace et l’esprit pionnier qui nous caractérisaient semblent cependant s’être soumis à un impérialisme américain, à une puissance asiatique en devenir. Et l’exemple de la Singularity University n’est qu’un symptôme de notre attitude. La volonté de puissance nietzschéenne qui, d’une certaine manière, reflétait l’esprit européen de son peuple, voilà ce qui semble nous avoir quittés. La technocratie des gouvernements, la prudence législative, mais également tous ceux qui ne s’engagent pas à refuser le monde bipolaire qui est en train de se construire ont leur part de responsabilité.

Nous avons encore le choix d’exister, encore l’opportunité, non pas de refuser ni de résister, car il ne s’agit pas d’agir contre, mais d’offrir une pensée alternative : nous développer par nous-mêmes sans être dépendant d’une autre façon de penser, d’une autre façon d’être que la nôtre. Il nous faut redevenir cet incontournable continent de savoirs et de propositions que nous étions si l’on veut encore espérer rester libre.

 

Par Xavier Pavie.

Six façons de préserver sa vie personnelle

  • Marion Forest Divonne, coach professionnelle certifiée, praticienne programmation neuro-linguistique (PNL)

    Marion de la Forest Divonne, coach professionnelle certifiée, praticienne en programmation neuro-linguistique (PNL) – D.R

Lorsqu’on est entrepreneur, il faut savoir aussi réserver du temps pour soi. Voici les conseils de la coach Marion de la Forest Divonne pour y arriver …

 

Comme tout entrepreneur, vous souhaitez par dessus tout que votre société prospère, et vous avez tendance à ne pas vous imposer de limites. Vous travaillez le soir, le week-end… Vous menez une vie passionnante, certes, mais qui laisse peu de place à la sphère privée. Pourtant, savoir préserver celle-ci est tout aussi essentiel que de faire prospérer son business – c’est même un facteur de réussite essentiel dans ce domaine. Comment s’autoriser à déconnecter ? Voici quelques conseils de Marion de la Forest Divonne, coach professionnelle certifiée, praticienne en programmation neuro-linguistique (PNL), qui devraient vous permettre de mettre enfin de l’ordre dans votre planning hebdomadaire.

#1 Définissez précisément le temps à consacrer à chaque tâche

Imposez-vous des horaires de travail en les notant dans votre agenda. « Il est important de formaliser cette démarche par écrit. Cela donne un cadre », suggère Marion de la Forest Divonne. L’astuce : pour tenir le temps fixé, utilisez un minuteur. En procédant ainsi, vous rationalisez votre temps, vous êtes plus efficace et vous définissez vos priorités.

#2 Préservez votre vie sociale

En vous enfermant dans votre vie d’entrepreneur, vous ne voyez pas votre vie sociale s’étioler. Il est temps de lever le nez du guidon et de vous aérer la tête en consacrant du temps à vos proches … « Transformez ces moments en habitude et notez-les clairement dans vote agenda », poursuit la coach. Faites-en un rituel ! Par exemple, chaque semaine, réservez le même soir pour une sortie avec votre conjoint (cinéma, théâtre, dîner…), passer des moments avec vos amis en proposant des soirées thématiques (pizza, jeux…) où vous parlerez d’autre chose que de travail. « Soyez à l’origine des initiatives. Il vous sera plus difficile de revenir dessus alors que vous avez convié tout le monde », conseille notre professionnelle. C’est là encore une question d’engagement … comme le business !

#3 Faites une pause sans Internet

Comme tous les entrepreneurs, avec votre ordinateur et votre smartphone, vous êtes branché en permanence sur Internet : mails, réseaux sociaux …  Ce qui sollicite sans cesse votre cerveau et finit par le fatiguer. Mettez de temps en temps votre mental au repos. « Fixez-vous des règles en vous “débranchant” à des horaires précis », conseille Marion de la Forest Divonne. Par exemple, interdisez-vous de consulter vos mails entre 21 heures et 8 heures du matin. Si c’est trop dur, faites-le par étape : planifiez une heure puis augmentez petit à petit votre temps de déconnexion. « Cette politique du pas à pas permet de ne pas changer son mode de fonctionnement du jour au lendemain et d’ancrer cette nouvelle pratique dans le temps. Jusqu’à ce que cela devienne une habitude », ajoute-t-elle.

#4 Autorisez-vous à vous reposer

Il est indispensable de prendre du temps pour vous, pour vous faire plaisir et … vous reposer. C’est pour mieux repartir ! Tout est envisageable : un après-midi pour vous promener ou visiter une exposition, un week-end prolongé, quelques vacances…. En votre absence, déléguez à votre équipe. « Et si vous devez vraiment travailler, imposez-vous des règles, comme de regarder votre boîte mail pas plus d’une heure par jour », insiste la coach.

#5 Apprenez à dire « non, mais … »

Lorsque vous travaillez à votre compte, vous voulez que tout soit parfait. Toutes les raisons sont valables : satisfaire les clients, se montrer à 100 % disponible… « En acceptant tout, vous vous épuisez ! » prévient Marion de la Forest Divonne. Apprenez à négocier votre “non”, en proposant systématiquement une alternative à vos interlocuteurs : une heure précise pour les contacter, une date pour boucler un dossier… « Cette posture est gage de crédibilité. Cela prouve que vous savez filtrer et gérer vos priorités », affirme la coach. Et vos clients vous en sauront gré : vous prendrez le temps nécessaire pour eux… simplement, à un autre moment !

#6 Faites du sport !

Oui, sa pratique sera hautement profitable à votre business ! L’activité sportive produit de l’endorphine et génère du bien-être. Vous pourrez ainsi vous vider la tête et vous ressourcer.« C’est même parfois dans ces moments-là que surgissent les solutions aux problèmes et qu’arrivent de nouvelles idées », assure Marion de la Forest Divonne. A chacun son sport ! Prenez le temps d’identifier le vôtre, en fonction de vos besoins et de votre tempérament. Avez-vous besoin de vous détendre, avec du yoga, ou de vous défouler, dans une discipline plus dynamique ? « Ensuite, faites-en un événement récurrent en l’inscrivant dans votre agenda, histoire de le transformer en bonne habitude », précise Marion de la Forest Divonne. Allez, c’est parti !

MARINA AL RUBAEE

 

Conduite du changement : les sept erreurs du dirigeant

Julia Maris Jean-Michel Palagos, auteurs

Julia Maris et Jean-Michel Palagos, auteurs de « Diriger en ère de rupture, brouillard et solitude » – D.R.

Est-il encore possible de diriger seul, à l’heure de la transformation numérique ? Jean-Michel Palagos et Julia Maris, respectivement président directeur général et directeur général adjoint de la société DCI, ne le pensent pas.

 

Les projets de transformation numérique échouent toujours à cause des mêmes erreurs. Dans l’ouvrage qu’ils cosignent (1), Jean-Michel Palagos et Julia Maris, respectivement président directeur général et directeur général adjoint de la société DCI (Défense Conseil international), analysent les erreurs systématiquement commises par les dirigeants, lors de la mise en place de projets liés aux technologies de l’information.

Aveuglement, illusion, confusion…

A partir d’exemples d’échecs mémorables liés à la modernisation des services de l’Etat, les deux auteurs tirent des leçons valables pour tous types de structures, de la petite entreprise à la grande administration, assurent-ils. «Tous les dirigeants sont désormais confrontés aux défis de l’ère de rupture, estime Julia Maris. Quand on reçoit des centaines de mails par jour, comment faire toujours les bons arbitrages?»Les auteurs ont ainsi distingué sept chausse-trappes de la conduite du changement.

#1 L’aveuglement cognitif. Afin de conjurer le risque, le dirigeant ne voit que les éléments qui viennent confirmer ses certitudes. Il ne distingue plus les signaux faibles qui vont à l’encontre son idée, et qui devraient l’alerter.

#2 L’anarchie des objectifs. Le dirigeant ne parvient plus à tenir le cap qu’il s’est fixé. «L’objectif initial est parasité par de nouveaux objectifs, qui ne sont en fait que des conséquences du premier, » détaille Julia Maris.

#3 L’action à contretemps. Le dirigeant perd le sens du timing, en privilégiant par exemple la réduction des coûts. «Or, pour mener à bien la conduite du changement, il faut accepter de ne pas réduire les coûts immédiatement, » explique Jean-Michel Palagos.

#4 La tentation du management participatif. Il s’agit certes d’une tentation légitime, mais gare aux dérives et à la dilution des responsabilités ! «A un moment donné, il faut décider pour avancer, et savoir faire preuve de courage, » rappelle Julia Maris

#5 L’illusion technophile. Le dirigeant veut croire qu’un système d’information va régler tous les problèmes. « Trop souvent, les facteurs humains sont négligés. Un projet technologique ne peut réussir sans une réflexion préalable sur son sens, son acceptabilité et sa bonne compréhension par les collaborateurs, » signale Jean-Michel Palagos.

#6 L’orgueil des têtes bien pleines. Parce qu’il sort d’une formation d’élite, le dirigeant se croit à l’abri des erreurs, voire refuse l’idée même qu’il puisse se tromper et connaître l’échec. «C’est un mode de fonctionnement bien français,estime Julia Maris. Qu’un dirigeant reconnaisse son erreur et en tire les leçons, et cela libère une énergie incroyable chez ses collaborateurs. Il faut militer pour le droit à l’échec, pour qu’il ne soit plus une faute mais un nouveau départ. »

#7 L’absence d’alternative. Le dirigeant est persuadé qu’il a pris la meilleure direction, ou la seule possible. Il ne prévoit aucun « plan B ». « Il risque de se retrouver bloqué dans une impasse qu’il a lui-même créée, reprend Jean-Michel Palagos.Cette situation succède souvent à un premier succès grisant.»

La codirection, la solution ?

Afin de prévenir les défaillances dans les prises de décision, ainsi que l’appréhension erronée d’informations massives et complexes, les deux auteurs prônent la mise en place de nouveaux modes de leadership. « Pour nous, la solution a été la direction en binôme, explique Jean-Michel Palagos. Nous nous complétons et nous challengeons mutuellement. Il ne s’agit que de notre témoignage, et ce n’est peut-être pas l’unique solution pour tous les dirigeants. Toutefois, nous sommes persuadés que diriger seul n’est plus possible aujourd’hui. »
(1) Diriger en ère de rupture, brouillard et solitude, éditions Hermann

GERALDINE DAUVERGNE

Candidats à la franchise : réfléchissez avant de vous lancer !

L’entrepreneuriat en franchise est une décision engageante pour vous et vos proches, tant sur le plan financier qu’humain. Souvent source de stress, l’étape du choix de l’enseigne mérite une réflexion approfondie, loin de tout a priori. Les conseils de Théodore Gitakos, président du cabinet Epac International.

Candidats à la franchise

Le mythe du « profil idéal » en franchise

Jeune ou expérimenté, seul ou en couple, néophyte ou familier du secteur, diplômé ou non… Beaucoup de candidats à la franchise se mettent en tête que les réseaux recherchent des profils précis, quitte à s’arrêter sur une liste de critères pour recruter leurs franchisés. Certes, les enseignes procèdent généralement à un premier filtre, souvent via internet, en écartant par exemple les personnes dont l’apport personnel est insuffisant, mais le recrutement est aussi une histoire de feeling. « Il n’existe pas vraiment de profil idéal », rassure Théodore Gitakos, président d’Epac International, un cabinet spécialisé dans le recrutement de franchisés et le conseil aux franchiseurs. « Et ce, tout simplement parce que chaque réseau recherche des candidats qui correspondent à leurs valeurs et à l’esprit de l’enseigne, n’étant pas les mêmes d’une marque à l’autre », poursuit l’expert.

En revanche, certains critères communs à tout chef d’entreprise sont très recherchés. Les franchiseurs contrôlent, par exemple,  « la volonté et l’envie d’entreprendre, les ressources financières mais surtout humaines, et que le franchisé est à l’aise avec le réseau et leconcept », énumère Théodore Gitakos. Des qualités de gestionnaire et manager, dans le cas où vous seriez amené à diriger un ou plusieurs collaborateurs, sont des atouts également indispensables pour vous lancer.

Une séduction mutuelle

Sans oublier que le recrutement d’un nouveau franchisé est avant tout une affaire de séduction : « La franchise, c’est comme le mariage : chacun choisit l’autre pour s’unir », rappelle le président d’Epac International. Lorsque le candidat rencontre un franchiseur, son seul curriculum vitae ne suffira pas à convaincre : ses savoir-être comptent pour beaucoup dans la décision finale de l’enseigne. Réciproquement, et cela est parfois oublié pendant la phase de recrutement, le candidat aussi doit être séduit. Car il a généralement le choix entre plusieurs enseignes positionnées sur un même secteur, et peut donc évaluer le franchiseur, ses promesses et le feeling qu’il a avec lui avant de décider de rejoindre son réseau.

Pour en apprendre plus, ne vous contentez pas du discours tenu par le franchiseur.Contactez les autres franchisés, renseignez-vous directement auprès d’eux pour jauger l’ambiance qui règne dans le réseau et savoir si le franchiseur respecte ses devoirs d’assistance et d’accompagnement.

Dernières précautions avant de se lancer

Puisque la décision d’entreprendre en franchise est lourde de conséquence – l’engagement contractuel auprès d’un réseau dure en moyenne 7 ans et nécessite un investissement personnel souvent supérieur à 100 000 euros – elle doit être réfléchie. « Avant de se lancer, il faut bien vérifier que l’on est prêt », avertit Théodore Gitakos. « Car quand on est patron, on ne compte pas ses heures, parfois on est payé moins bien, surtout au démarrage, on prend des risques personnels, en donnant notamment des cautions sur des crédits professionnels… Il faut donc être motivé pour entreprendre ». Pour ces mêmes raisons, il convient de choisir un secteur d’activité non pas uniquement pour son attrait financier, mais parce qu’il vous plaît. Idem pour le concept et l’enseigne que vous déciderez de retenir. « Le but étant, bien évidemment, d’être heureux de se lever le matin pour aller travailler ».

Propos recueillis par Widoobiz lors du Salon des Entrepreneurs de Paris (février 2016)

Les start-up françaises en quête d’intelligence artificielle

Après avoir fait le tour des stratégies d’IA de quelques grands acteurs du numérique, dont Google, IBM, Microsoft et Facebook, et de leurs acquisitions, revenons aux start-up du secteur en nous intéressant aux françaises.

Il est clair que l’IA est l’une des technologies clés du numérique, aujourd’hui et demain. Au lieu de chercher à créer un Google, un Facebook ou un système d’exploitation français, il serait bon de s’intéresser à ce domaine prometteur, surtout dans la mesure où les plateformes correspondantes sont encore en devenir.

La recherche en IA en France

La recherche en IA est disséminée dans plusieurs laboratoires et dans des projets collaboratifs associant laboratoires publics et universités. Les deux premiers organismes se focalisant sur l’IA sont l’INRIA et le CNRS.

Que fait l’INRIA ? Un grand nombre des projets de recherche fondamentale en IA référencés sur leur site font appel aux techniques de l’IA, même s’ils ne sont pas forcément labellisés IA / machine learning / réseaux neuronaux. C’est ainsi le cas du projet Orpailleur mené à Nancy et dédié à la représentation des connaissances et au raisonnement. L’équipe planche sur l’extraction de données dans les bases de connaissances non structurées, et notamment dans le domaine de la santé, le même que celui qui est investi par IBM Watson et plein de start-up. Ils collaborent notamment avec le centre de lutte contre le cancer de Nancy. L’équipe Magnet travaille, quant à elle, directement sur le machine learning et l’auto-apprentissage.

Les chercheurs français se plaignent en tout cas d’être délaissés en France dans la discipline. Ils ne sont certainement pas les seuls, au sens où de nombreuses disciplines se sentent délaissées dans la recherche publique.

Une association créée en 1993 fait la promotion de la recherche en IA, l’AFIA. Elle organisait en octobre 2014 une conférence de promotion de l’IA dans la recherche. On y identifie par exemple Andreas Herzig (IRIT, CNRS, Toulouse) qui travaille sur la modélisation de la logique et du raisonnement, Hélène Fargier (IRIT, CNRS, Toulouse) qui travaille notamment sur la programmation par contraintes, Jérôme Euzenat (LIG, Inria) qui planche sur la représentation et l’échange de connaissances et Leila Amgoud (IRIT, CNRS) qui est spécialisée dans la modélisation de l’argumentation.

Le défi pour ces chercheurs et leurs autorités de tutelle est de trouver des applications tirées de leurs travaux. En consultant la liste des participations d’IT Translation qui est l’un principaux financeurs de projets issus de l’INRIA, on constate que l’IA est souvent en filigrane de ces projets, mais pas forcément au niveau «plateforme» ou «couches de base».

 

1Dans le Economic Report or The President, le rapport annuel 2016 sur l’économie de la Maison Blanche, j’ai découvert deux données intéressantes. Aux Etats-Unis, en 2013, les start-up ont créé deux millions d’emplois et les entreprises traditionnelles huit millions. Donc 20% ! Une proportion énorme sachant que dans le même temps, l’économie française a plutôt détruit des emplois et les startups n’en ont probablement créé que quelques milliers. Et surtout : la moitié de la R&D fédérale est dédiée à la défense ! Et au milieu des années Reagan, elle en représentait les deux tiers ! Cela explique pourquoi tant de projets autour de l’IA sont financés par la DARPA. En France, la recherche dans l’IA semble mieux financée côté civil, même s’il est difficile de le vérifier par les chiffres. On ne s’en plaindra pas. A ceci près que la R&D militaire US a une qualité : elle est orientée vers des objectifs pratiques selon des cahiers des charges. De son côté, la recherche civile française fonctionne plutôt de manière très décentralisée et sans objectifs pratiques clairs, sauf lorsqu’elle est financée par des entreprises privées, surtout depuis la loi Pécresse de 2007. A méditer !

Start-up «horizontales»

Voici les start-up que j’ai pu repérer dans les solutions techniques d’IA plus ou moins génériques. Le champ de la reconnaissance audio est faiblement couvert par les start-up françaises. Dans celle des images, on eu quelques cas anciens comme LTU qui a été racheté par le japonais JASTEC en 2005. Il subsiste quelques acteurs spécialisés dans la recherche et qui ont intégré petit à petit des techniques d’IA dans leurs offres. Antidot et Sinequa sont anciens dans le paysage mais, à l’instar de nombreux éditeurs B2B, ils peinent à croitre, notamment à l’international. Ils ne font que quelques millions d’euros de chiffre d’affaires. Comme dans l’article précédent, j’indique entre parenthèses l’année de création et les montants levés lorsqu’ils sont disponibles. J’aimerais bien ajouter un troisième indicateur : le chiffre d’affaires, mais il n’est généralement pas disponible.

Antidot (1999, 3,5 millions de dollars) est connu pour son moteur de recherche pour entreprises. Il propose une fonction de classification automatique de contenus ainsi que d’amélioration de la pertinence des résultats de recherche s’appuyant sur du machine learning.

Sinequa (2002, 5,33 millions de dollars) est un fournisseur de solutions de big data et d’analyse de données pour les grandes entreprises. Il fournit un moteur de recherche sémantique capable d’exploiter les données issues de nombreux progiciels (ERP, CRM, gestionnaires de contenus, etc). La société a annoncé en 2015 investir dans le machine learning pour améliorer la performance de ses solutions.

Dataiku (2013, 3,5 millions de dollars) fait évoluer les concepts de business intelligence et de data mining ave son Data Science Studio, un ensemble d’outils d’analyse de données qui exploitent du machine learning pour la création de modèles de données et de simulations.

Heuritech (2013) propose sa solution logicielle Hakken d’analyse sémantique, de tagging et classement automatiques de textes, images et vidéos sous forme d’APIs. Ils proposent aussi HeuritechDIP qui permet d’améliorer sa connaissance des clients et d’anticiper leurs besoins, évidemment, surtout dans les applications de commerce en ligne. Le tout s’appuie sur force marchine et deep learning. La start-up s’appuie sur les travaux de recherche de deux laboratoires publics le CNRS LIP6 and l’ISIR de l’UPMC (Paris VI).

 

2Smart Me Up (2012, 3 millions d’euros), vu aux CES 2015 et 2016 propose une solution logicielle d’analyse des visages. Elle détecte l’âge, le comportement et les émotions des utilisateurs. La solution est bien entendu plutôt commercialisée sous forme de brique logicielle en marque blanche utilisable dans des applications métier.

Moodstocks (2008) propose une solution mobile de reconnaissance d’images, fournie sous la forme d’APIs et d’un SDK multi-plateforme.

Objets connectés

C’est un domaine où les entrepreneurs français sont assez prolixes en général. Il n’est donc pas étonnant d’y trouver quelques start-up intégrant des briques d’IA dans leurs solutions. Le scénario le plus répandu est lié à la consommation d’énergie et à la maison connectée, avec des solutions faisant de l’auto-apprentissage du comportement de ses habitants pour piloter des actions d’économies d’énergie et d’automatisation diverses.

Craft.ai (2015, 1,1 million de dollars) est une très jeune start-up spécialisée dans l’Internet des objets. Elle permet de créer des solutions logicielles d’orchestration d’objets connectées qui apprennent toutes seules des comportements des utilisateurs et des données environnementales captées par les objets connectés. La solution est commercialisée sous la forme d’APIs destinées aux développeurs d’applications. L’approche est intéressante dans son principe. Reste à trouver un modèle économique solide.

 

3Angus.AI (2014) est un peu l’équivalent de Craft.ai, mais pour les robots. La start-up, créée par des anciens ingénieurs d’Aldebaran qui ont développé la partie logicielle des robots Nao et Pepper, propose une solution logicielle embarquée dans les robots leur apportant les fonctions de base de reconnaissance vocale et faciale et de détection d’obstacles. Elles sont fournies sous la forme d’un kit de développement et d’API (interfaces de programmation). Les ingénieurs s’appuient beaucoup sur des solutions open source du marché. Ils travaillent déjà avec la SNCF, mais pas sur des robots.

Ubiant (2011), basé à Lyon, était également présent au CES de Las Vegas en 2015 et 2016. Il propose une solution matérielle et logicielle de gestion de la maison intelligente, de l’éclairage et de l’énergie qui s’appuie sur du machine learning et sur le Luminion (ci-dessous), un objet connecté interagissant avec l’utilisateur via des LED de couleur indiquant si la consommation du foyer est supérieure à celle du voisinage. C’est une offre B2C.

 

4Vivoka a développé Lola, un logiciel de contrôle des équipements de la maison connectée. Elle s’appuie sur une box reliée à Internet qui se pilote via une application mobile et par commande vocale. Le projet lancé sur Kickstarter n’a pas porté ses fruits.

Iqspot (300 000 euros) est une start-up bordelaise qui analyse la consommation énergétique des bâtiments et sensibilise ses occupants pour la diminuer. Le tout avec du machine learning.

Xbrain (2012) est une start-up française, établie dans la Silicon Valley ainsi qu’à Paris et Lille, qui se spécialise dans les applications de l’IA à l’automobile et la robotique. Sa plateforme xBrain Personal Assistant permet de créer des agents conversationnels. Elle s’appuie sur la reconnaissance vocale, sur la gestion de contexte, sur la détection des intentions et la gestion de règles. Son créateur, Gregory Renard, planche sur l’IA depuis près de 20 ans.

Scortex (2016) développe des solutions matérielles et logicielles apportant l’autonomie aux robots et aux objets connectés qui intègrent notamment la reconnaissance d’images et de la parole. Ils ont même développé un chipset à base de réseaux neuronaux.

E-commerce

L’écosystème français a toujours été prolixe en start-up B2B et B2C dans le secteur du e-commerce et du marketing. Il est donc normal d’y retrouver quelques start-up intégrant de l’IA.

AntVoice (2011, 2 millions de dollars) propose une solution de recommandation prédictive pour les sites d’e-commerce qui s’appuient sur de l’intelligence artificielle. C’est un spécialiste du big data marketing.

Dictanova (2011, 1,2 million d’euros) est une société nantaise à l’origine d’une solution d’analyse textuelle des feedbacks clients dans les réseaux sociaux ou sites de vente en ligne, en liaison avec les outils de CRM pour optimiser la relation client. Les techniques utilisées comprennent l’analyse sémantique de textes et la classification automatique. La solution est fournie en cloud.

Modizy (2012, 275 000 dollars) propose un assistant d’achat dans la mode basé sur un algorithme d’intelligence artificielle. Modizy propose aussi une place de marché reliant consommateurs et marques.

Tastehit (2014) utilise du machine learning et du big data pour personnaliser les sites d’e-commerce en temps réel. Donc, une offre B2B.

CompareAgences (2012) intermédie la relation entre agents immobiliers et particulier dans le cadre de la vente de biens. La start-up emploie 12 personnes et génère 200 000 visiteurs uniques par mois. 1 000 agences immobilières sont intégrées en France. Le tout est à base de machine learning, sans plus de précisions.

Santé

C’est un domaine très porteur pour les applications de l’IA. Seulement voilà, nous sommes un peu à la traîne dans l’une de ses grandes applications : la génomique. Mais la santé va au-delà de la génomique, heureusement.

CardioLogs Technologies (2014) a créé une solution d’interprétation automatique des électrocardiogrammes (ECG) en temps réel s’appuyant sur du machine learning. Uberisation en puissance des cardiologues ? Pas si vite ! Cela permet surtout de rendre un suivi plus régulier des patients à risques ou atteints de maladies chroniques.

Dexstr.io (2014) est une start-up toulousaine fournissant la solution Inquiro qui exploite les données médicales non structurées pour faciliter la recherche d’informations pour les sociétés de pharmacie. En gros, c’est de la recherche documentaire, un peu comme le font Sinequa et Antidot, mais avec un tuning adapté à la documentation scientifique dans la santé. Leur concurrent serait plutôt l’application d’IBM Watson à l’oncologie.

Khresterion (2014) propose un logiciel d’aide au diagnostic et à la prescription pour les cancers. La solution fonctionne sur un principe voisin de celui d’IBM Watson, compulsant la littérature scientifique et les données des patients pour proposer divers traitements avec leurs avantages et inconvénients comme les effets secondaires. La société aurait comme prescripteur des organismes de remboursement comme Humanis, Axa et la Maaf. Sa solution commence aussi à être utilisée dans la finance, là où les cycles de vente sont probablement plus courts.

Applications métiers

C’est là que la créativité est la plus développée, comme nous l’avions vu dans l’article précédent de la série au sujet des start-up américaines.

Snips.ai (2013, 6,3 millions de dollars) est une start-up connue du secteur de l’IA, créée par Rand Hindi (prix du MIT 30 en 2015), Mael Primet et Michael Fester. Leur dernière levée de fonds de 5,7 millions d’euros en juin 2015 présente la particularité d’associer Bpifrance avec des investisseurs américains, en plus de business angels tels que Brent Hoberman et Xavier Niel. L’équipe comprend 35 personnes : des data-scientists, des développeurs, designers et quelques marketeurs. Leur positionnement est large et un peu vague : rendre la technologie invisible et les usages intuitifs via de l’IA. A ce titre, la start-up a développé des applications expérimentales telles que :snips (un ensemble d’applications de recherche pour iOS dont un clavier virtuel intelligent pour la recherche d’adresses), Tranquilien (qui prédit les places disponibles dans les trains de banlieue), Parkr (la même chose pour prédire les places de parking), Flux (qui identifie le trafic mobile en s’appuyant sur les données des smartphones), RiskContext et SafeSignal (identification de risques d’accidents sur la route). La start-up planche aussi sur des applications verticales : pour les véhicules connectés, dans l’hôtellerie, la maison connectée et les loisirs numériques. Le tout s’appuie sur force machine et deep learning, modèles probabilistiques, traitement du langage, gestion de graphes et aussi encryption des données pour garantir la vie privée. Derrière la vision, l’implémentation et l’expérimentation, on leur souhaite de réussir la businessmodelation.

 

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Jam (1 million d’euros) a créé un agent conversationnel SMS pour étudiants. Ils ont ISAI Ventures dans leur capital. La solution utilise une combinaison d’IA et de vrais intervenants humains pour assurer une bonne qualité des réponses. Leurs outils d’IA sont en open source.

Julie Desk (2014, 993 000 dollars), basé à Paris, propose un service d’assistante virtuelle fonctionnant sous la forme d’un agent conversationnel opérant en français et en anglais. Il gère surtout votre agenda et répond à vos mails à votre place pour prendre des rendez-vous avec vos interlocuteurs. Comme pour Jam, l’agent fonctionne en mode supervisé par des opérateurs, ce qui permet d’assurer une bonne qualité de service. Les tarifs vont de 50 à 80 euros par mois. Il est notamment utilisé par des entrepreneurs de startups. Mais l’agent ne répond pas encore au téléphone.

 

7Riminder (2015) est une start-up spécialisée dans les RH qui s’appuie sur du deep learning pour proposer des outils d’aide à la décision. Il aider les chercheurs d’emploi à construire leur parcours professionnel et les actifs à développer leur carrière, en exploitant une base de connaissance de plusieurs millions de parcours de cadres.

Niland (2013) est une participation de IT Translation, la structure de valorisation des projets de recherche issus notamment de l’INRIA. Mais la startup a été créée par des anciens de l’IRCAM et s’appuie sur 10 années de travaux de recherche. Elle utilise le deep learning analysant le contenu de la musique pour rendre son exploration dans les plateformes de diffusion plus intelligente. Elle identifie les similarités entre morceaux pour les classifier automatiquement. La solution sera exploitée par CueSongs (UK, une société fondée par le chanteur Peter Gabriel) et motionelements (Singapour) qui sont dédiés aux professionnels de la musique. La solution est aussi illustrée par le service en ligne www.scarlett.fm et s’appuie sur SoundCloud pour vous permettre de créer une web radio personnalisée en fonction de vos gouts.

Yseop (2008) propose son agent conversationnel Savvy. Nous l’avions déjà évoqué dans le troisième article de cette série.

Séline (2013), édité par la société Evi, propose une panoplie d’applications bureautiques intégrant un agent conversationnel permettant de dialoguer et poser des questions en langage naturel. On y trouve notamment un traitement de texte, un tableur, un gestionnaire d’agenda, un carnet d’adresses, un gestionnaire de tâches, une médiathèque, un logiciel de gestion de finances et un gestionnaire de messagerie instantanée. Dilemme classique : faut-il recréer tout un existant complexe pour y intégrer une nouvelle fonction ou ajouter cette fonction aux produits existants du marché (Microsoft Office, Open Office). Question d’ouverture, de simplicité de mise en oeuvre et de modèle économique!

Dans mon précédent article sur l’écosystème entrepreneurial de La Réunion, j’avais aussi identifié quelques startups qui utilisent le machine learning : logiCells (ERP sémantique) et Teeo (analyse de consommation d’énergie pour les entreprises). A contrario, certaines start-up font appel à des briques d’IA comme le machine learning mais préfèrent ne pas l’évoquer dans leur communication.

Ce tour est probablement incomplet et les oubliés du secteur se feront immanquablement connaître pour intégrer cette liste que je mettrai à jour au fil de l’eau. A vrai dire, d’ici peu de temps, l’usage de machine learning sera aussi courant dans les start-up que l’appel à des bases de données NoSQL : une banalité !

Le top du top de la start-up d’IA ? Utiliser l’IA dans une solution d’agent conversationnel en cloud qui fait du big data sur des données issues de l’IoT en sécurisant les transactions via des blockchains. Le bingo de la start-up d’IA est lancé !

Article initialement publié sur le blog Opinions Libres.

Par Olivier Ezratty, expert FrenchWeb