Category Archives: Management

Leadership : livres recommandés

Il me fait plaisir de vous partager aujourd’hui 11 titres de livres captivants portant sur le leadership qui vous permettra de développer et d’améliorer vos compétences. Ces ouvrages sont disponibles dans la plupart des bibliothèques et en librairie (certains titres sont en anglais seulement, car ils n’ont pas été traduits) :

1- Blanchard, Kenneth H. 2011. Lead with LUV: a different way to create real success
2- Brown, Max et Tanveer Naseer. 2014. Leadership vertigo: why even the best leaders go off course and how they can get back on track
3- Cockerell, Lee. 2009. Enchantez votre entreprise et vos clients : 10 stratégies de leadership pour un succès planétaire : d’après les principes enseignés au Disney Institute
4- Covey, Stephen R. 2006. L’étoffe des leaders : libérez créativité, talent et énergie chez vous et les autres
5- Maxwell, John C. 2014. Good leaders ask great questions: your foundation for successful leadership
6- Miller, Mark. 2013. The heart of leadership: becoming a leader people want to follow
7- Sanborn, Mark. 2007. Nul besoin d’un titre pour être leader : comment il nous est possible à tous de faire, partout, une différence positive
8- Tracy, Brian. 2013. 12 disciplines of leadership excellence: how leaders achieve sustainable high performance
9- Widener, Chris. 2012. Les règles du leadership : devenir le leader que vous souhaitez être
10- Williams, Pat. 2012. Leadership excellence: the seven sides of leadership for the 21st century
11- Wooden, John R. 2007. The essential Wooden: a lifetime of lessons on leaders and leadership

La vérité sur ce qui se passe pendant les réunions

Après s’être attaqué à l’emploi du temps réel des étudiants, le site Topito dévoile sous forme d’infographies humoristiques ce qui ce passe vraiment pendant les réunions. Qu’est-ce qu’on est sûr d’y entendre, ce qu’on y fait vraiment, pourquoi organiser des réunions ? Autant de questions existentielles à se poser pour combattre par l’humour la réunionnite qui sévit trop souvent au travail.

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Olivier Soudieux : “Laisser une grande place au chaos constitue la plus sûre façon d’aborder l’incertain”

L’entreprise efficiente dans un monde incertain et complexe : l’art de gérer absence de visibilité et imprévu, par un expert également alpiniste de l’extrême

O.soudieuxOlivier Soudieux, alpiniste de l’extrême et spécialiste en gestion de risque

Lorsqu’Olivier Soudieux pense gestion des risques, il ne pense pas objectifs chiffrés trop élevés ou parts de marché en recul. Il pense équipes encordées à plus de 7000 mètres d’altitude, camps de base à rallier dans le brouillard, gestion des vivres et de la fatigue. Normal, Olivier Soudieux est alpiniste. Spécialiste des ascensions à hauts risques et des expéditions extrêmes où, du Népal au Canada, avant de s’approcher du Pôle Nord, il a appris à gérer les environnements incertains, l’absence de visibilité et les obstacles imprévus. Ces éléments de contexte qui, devenus récurrents dans l’univers économique actuel, handicapent les entreprises et impactent leurs performances et avec lesquels lui-même a appris à composer.

Sa méthode ? Une adaptabilité totale et permanente ; une capacité à remettre en question en temps réel une décision, une stratégie et des priorités. De cette expertise il a tiré plusieurs enseignements qu’il dispense aujourd’hui à des dirigeants d’entreprise soucieux non seulement de survivre mais aussi de prospérer en milieu incertain.

Ses recommandations sont simples : renoncer aux anciens schémas décisionnels fondés sur le prédictif et l’anticipation et en appeler à de nouveaux mécanismes basés sur l’acceptation de l’échec et de l’approximation. Une mutation radicale, certes, mais essentielle dès lors que le contexte actuel requiert moins de “quadriller le périmètre” que de s’adapter à l’imprévu.

Objectif de sa démarche : permettre aux entreprises de faire de l’incertitude non plus “un obstacle majeur mais un élément de contexte comme un autre”. Avec lequel elles seraient non seulement capables de composer mais aussi de progresser.


Entretien mené par Caroline Castets

Mon parcours est celui d’un homme ordinaire qui fait des choses qui sortent de l’ordinaire. De l’alpinisme de haut niveau, des expéditions extrêmes… Ces choses ont d’abord été une passion, un loisir compatible avec mon travail de chef de projet chez Cap Gemini puis je me suis accordé une parenthèse pour m’y consacrer et cette parenthèse ne s’est jamais refermée. Après avoir enchaîné un temps les conférences sur mes expéditions, j’ai pris conscience du fait que celles-ci recélaient un matériau idéal pour des formations sur la maîtrise des risques en entreprise.

Dès ma première expédition, j’avais pu constater que la façon de gérer les risques en termes de méthodologie était identique à celle mise en oeuvre dans le cadre d’un projet en entreprise : définir un objectif, les moyens nécessaires et la stratégie supposée optimale pour l’atteindre, etc. Seul l’environnement différait. Si bien qu’à mon retour j’ai commencé à faire des formations sur le sujet ; en illustrant les problématiques rencontrées en entreprise avec certaines situations vécues au cours de mes ascensions.

L’imprévu et l’absence de visibilité

Le premier constat qui m’a emmené à déployer ce projet à destination des entreprises et de leurs dirigeants est le fait qu’en expédition, chercher à fonctionner en s’appuyant sur des éléments dits de gestion de projet ou de maîtrise des risques, comme on le fait en entreprise, est totalement inefficace. Pour la simple raison qu’on rencontre dans ce type de projet des éléments de contexte bien connus du monde professionnel – revirement conjoncturel, difficulté inattendue, erreur d’appréciation, etc. – mais qui, dans un environnement tel que la haute montagne, voient leur impact démultiplié.

L’imprévu – qui en expédition ne relève pas de l’exception mais du quotidien –, l’absence de visibilité – dont les entreprises disent souffrir de plus en plus mais qui, en montagne, nous contraint fréquemment à avancer dans le brouillard au sens propre et à nous orienter sur la base d’informations instables ou incomplètes  -, ce sont là des éléments récurrents de la vie des entreprises comme des ascensions d’alpinistes qui, dans un cas comme dans l’autre, ne doivent pas nous empêcher d’avancer vers l’objectif.

L’exigence d’adaptabilité

L’objectif de l’entreprise a toujours été de prospérer, ce n’est pas nouveau. Ce qui l’est davantage, c’est qu’aujourd’hui il lui faut prospérer dans un monde incertain. Le challenge ne se résume plus à “être profitable à la fin de l’année”, mais à “être profitable à la fin de l’année sans rien savoir des ressources dont on disposera, de l’état du marché, de l’économie mondiale, de la concurrence, etc.”. En expédition, on est constamment soumis à ce type de challenge et la capacité à s’y adapter n’est pas un plus, mais un impératif absolu. Parfois, une question de vie ou de mort. C’est parce qu’aujourd’hui les entreprises sont de plus en plus confrontées à cette exigence d’adaptabilité que j’ai décidé de tirer un enseignement managérial de mes expéditions et de leur proposer.

« La performance positive »

En faisant ce travail j’ai identifié trois piliers d’enseignement valables en expédition et transposables en entreprise. Le premier est ce que j’appelle la performance positive. Il s’agit de la nécessité de se montrer réellement performant, avec un niveau d’exigence élevé face aux objectifs fixés, mais également de maintenir ce niveau durablement. La façon dont les dirigeants d’entreprise envisagent la performance est trop souvent liée à une notion d’immédiateté, ce qui se produit en expédition lorsque l’idée devient d’atteindre le sommet le plus vite possible. Or on s’aperçoit très vite en montagne que la performance pure, sans un niveau de bien-être suffisant, cela s’appelle une illusion. Un fantasme de manager, qu’il soit chef d’expédition ou dirigeant d’entreprise.

Au début, la performance sera au rendez-vous, c’est certain : mettre la pression aux équipes permettra bien d’avancer plus vite. Mais cela créera une illusion d’efficacité alors qu’il ne s’agira pas de performance durable. Rapidement, l’épuisement va gagner certaines personnes et, ainsi, ralentir l’ensemble des membres du groupe – que ce soit en raison de la corde qui les relie en alpinisme ou de celle que représentent les multiples interdépendances qui, en entreprise, font que l’efficacité du dispositif dépend d’un ensemble de performances individuelles. C’est pourquoi le rôle essentiel du chef de projet, quel qu’il soit, doit impérativement consister à placer et ajuster le curseur entre performance et bien-être. La plupart des managers savent parfaitement que le bien-être et l’humain sont au service de la performance économique. Mais beaucoup ont du mal à capitaliser sur cette réalité une fois en prise avec un objectif à atteindre. Plus encore lorsque, comme c’est le cas aujourd’hui, l’environnement perd en visibilité.

« L’agilité »

Le deuxième pilier essentiel que j’ai identifié porte sur l’agilité. L’impératif stratégique qui consiste à se montrer capable, à tout moment, de réorienter une décision, d’infléchir une stratégie en fonction d’éléments extérieurs. En haute montagne, le schéma d’entreprise classique qui consiste à prévoir à moyen terme, exécuter et tirer un enseignement est un principe qui ne fonctionne pas. Pour la simple raison que rassembler des informations dans le but d’élaborer des plans “à moyen terme” implique une faible fiabilité de ces informations et une probabilité élevée que le contexte ait évolué, voire radicalement changé, entre le moment de la prévision et celui de sa mise en oeuvre. Le mécanisme est trop long : il crée nécessairement une décorrélation entre décision et exécution. Aujourd’hui, il en est de même en entreprise.

“Laisser une grande place au chaos constitue à mon avis la plus sûre façon d’aborder l’incertain. C’est pourquoi il y a tout un travail à faire sur les organisations pour les emmener à fonctionner davantage comme des petites cellules kamikazes qui se font et se défont en fonction des opportunités et des difficultés qui surviennent.”

La politique de gestion de risques consacre énormément de temps et de moyens – humains et financiers – à prévoir, anticiper, élaborer des scénarios alternatifs, etc. On est constamment dans la projection de tous les possibles ce qui, au-delà d’un certain stade, se traduit nécessairement par une perte de temps puisque tout prévoir est simplement impossible et que s’acharner à le faire finira par coûter plus cher que de gérer le risque réel lorsqu’il se présentera. Autre problème : ce type de stratégie tend à nous inscrire dans des schémas tellement étroits et précis qu’ils nous rendent d’autant moins aptes à agir lorsque l’imprévu survient. Je pense donc que, dans le contexte actuel, il est impératif que les managers renoncent à créer trop de cases mais acceptent plutôt de se confronter régulièrement à l’imprévu.

« L’adaptation permanente et l’approximation constante »

Tout cela implique de travailler de nouvelles approches décisionnelles en se fondant non plus sur une démultiplication de schémas et de scénarios mais, à l’inverse, sur un principe d’adaptation permanente et d’approximation constante ; ce que les entreprises ont du mal à entendre tant la recommandation est contraire à leurs pratiques et croyances, elles qui, en permanence, s’emploient à combattre l’approximation. C’est pourtant un fait, il existe toute une part de l’environnement économique et humain qui ne peut se traduire en équation et qui conserve, quoi qu’on fasse, une part élevée d’imprévisibilité, si bien que la seule façon réellement efficace de l’aborder consiste à accepter une marge d’approximation.

C’est une réalité avec laquelle on apprend nécessairement à composer en expédition où l’essentiel n’est pas de savoir avec précision où l’on est ni quelle partie du chemin on a déjà parcourue mais plutôt où l’on se situe approximativement. S’acharner à savoir avec précision prend trop de temps et mobilise trop de moyens. Mieux vaut adopter une gestion des priorités flexible et accepter l’idée de progresser non pas nécessairement vers le point idéal mais vers quelque chose de globalement bien orienté qui s’en approche. C’est là une manifestation d’agilité qui peut s’avérer d’une grande valeur ajoutée pour les entreprises ; une façon de bien gérer ses ressources et, à l’arrivée, un processus plus efficace.

Manager par le sens

Un des grands enjeux de l’entreprise – comme d’ailleurs de l’expédition – est que les gens s’engagent. Or plus l’environnement est difficile et incertain, plus la tentation est forte de se désengager. Il existe trois outils de management pour pallier cela. Les deux premiers sont bien connus et se résument aux concepts de base que sont la carotte et le bâton. On sait ce qu’on peut en attendre, en termes de résultats comme d’effets pervers. Il en existe un troisième qui est le management par le sens. L’idée consiste à se dire que le projet, pour susciter l’adhésion, doit être porteur de valeurs. Pas les concepts nobles affichés en salle de réunion et rarement mis en pratique mais d’une véritable ambition collective. Alors la motivation peut être intrinsèque au projet et le manager n’a plus qu’à coordonner des équipes qui, toutes, ont envie d’avancer au service de la mission.

Ce qui est infiniment plus confortable pour le manager et plus efficace pour le projet. Travailler ce type de dynamique managériale est essentiel par les temps qui courent car, cela se vérifie invariablement en expédition, lorsque les difficultés surviennent, elles démultiplient les tendances préexistantes au sein de l’équipe. Que celles-ci soient positives ou négatives. Si bien que la façon dont chaque leader manage et les outils qu’il utilise pour le faire par temps calme peuvent lui donner un modèle plus ou moins prédictible de ce qui se produira lorsque le risque surviendra. Ce qui est d’une importance capitale parce que ce n’est pas au moment de la crise que l’on peut changer les équipes ou créer de la motivation.

Surtout il faut garder à l’esprit que ce qui peut faire toute la différence dans l’atteinte de l’objectif, ce n’est pas l’accumulation des compétences individuelles mais le partage du sens. C’est flagrant en expédition où parmi des alpinistes chevronnés, certains chercheront d’abord le dépassement de soi alors que d’autres seront venus pour se faire plaisir. Lorsque la crise survient – ce qui m’est arrivé à 7 000 mètres d’altitude au Népal -, ce sens différent donné à l’aventure, s’il n’a pas été détecté avant, peut vraiment poser problème.

« Sortir du cadre »

Le troisième grand enseignement que j’ai tiré de mes différentes expéditions et qui vaut pour toute entreprise aujourd’hui tient à la nécessité non seulement d’innover mais, plus encore, de sortir du cadre lorsque l’environnement l’exige. Ce qui est généralement le cas lorsque, une fois parvenu à un certain niveau d’agilité, de motivation partagée et de compétences, on se trouve en capacité d’aller plus loin que ses concurrents. Ce qui crée de nouvelles incertitudes, implique de nouveaux risques et requiert une nouvelle forme d’adaptabilité, particulièrement en termes de créativité et d’innovation de rupture. Car une fois qu’on est suffisamment monté en performance pour élargir son périmètre d’expertise, il faut adopter une approche innovante. On ne peut espérer investir de nouveaux territoires, quels qu’ils soient, en recourant aux mêmes méthodes que par le passé et en espérant qu’elles fonctionneront dans un environnement encore plus complexe et incertain.

Les alpinistes chevronnés sont confrontés à ce type de situation lorsque, après avoir gravi tous les hauts sommets de France, ils se sentent suffisamment compétents et agiles pour s’attaquer à un sommet du type Himalaya où ils vont se trouver exposés à des difficultés démultipliées face auxquelles les anciennes méthodes seront, sinon inefficaces, du moins insuffisantes. Il faut alors innover pour survivre dans un milieu encore plus instable que celui qu’ils connaissaient jusqu’alors. C’est le cas des entreprises qui s’aventurent hors de leurs univers, qui tentent d’autres voies et qui, ce faisant, doivent défricher des environnements qu’elles ne maîtrisent pas. Deux possibilités s’offrent à elles : renoncer ou sortir du cadre.

Innovation de rupture

C’est ce que j’ai pu vérifier en préparant ma traversée du Pôle Nord en solitaire, sur un territoire qui, aujourd’hui, est plus que jamais instable puisqu’il est entre glaciers et eau, si bien qu’il n’existe a priori aucun outil adapté pour ce type d’expédition. C’est pourquoi j’ai eu l’idée de faire construire un équipement totalement inédit, à la fois traîneau et bateau. Ce type d’innovation de rupture est révélateur de ce que les entreprises doivent parvenir à faire aujourd’hui ; à savoir : être capables de sortir du cadre pour trouver des solutions là où, a priori, il n’en existe aucune. Cela implique de remettre en cause des convictions, de penser totalement différemment, de s’appuyer sur les experts, bien sûr, mais également de savoir aller contre leur avis, car ce sont généralement des professionnels qui quadrillent tellement leur périmètre qu’ils acquièrent des certitudes absolues sur ce qui est possible de faire et sur ce qui, selon eux, ne l’est pas. Et c’est parfois en croisant deux impossibles certifiés par des experts qu’on peut déboucher sur de vraies solutions innovantes.

Changement de paradigme

Avec ces leviers – l’agilité, l’innovation, la performance… – évoluer en milieu incertain devient possible. L’incertitude cesse d’être un obstacle majeur pour devenir un élément de contexte comme un autre avec lequel l’entreprise est non seulement capable de composer mais aussi d’identifier de nouvelles opportunités.
Sur toutes ces thématiques – garantir lorsqu’on ne dispose soi-même d’aucune garantie, gérer l’incertain, composer avec l’absence de visibilité… -, les entreprises sont en très grande demande.

Et elles le sont d’autant plus que beaucoup ont aujourd’hui conscience du fait que ce que nous vivons à l’heure actuelle n’est pas une crise mais un changement de paradigme. Il ne saurait donc être question pour elles de se cramponner à leurs anciens schémas de management, de prise de décision et de gestion de risque en attendant que les choses reviennent à la normale. Elles doivent, au contraire, apprendre à naviguer dans ce monde nouveau. Dans ce contexte appelé non seulement à durer mais aussi à se renforcer. Raison pour laquelle apprendre à progresser avec des informations partielles et en milieu fluctuant est déjà une nécessité aujourd’hui mais deviendra sans doute une question de survie demain.

En attente de “How to”

Pour toutes ces raisons, les entreprises sont clairement demandeuses. Mais plus que des leviers d’action, elles voudraient qu’on leur communique du “how to”, une méthodologie. On peut partager avec elles un certain nombre de stratégies – que ce soit sur la gestion des ressources ou le mécanisme décisionnel – et de mises en situation sur le risque extrême, le mécanisme de décision, etc. pour les sensibiliser à d’autres approches managériales mais il est clair qu’à l’heure actuelle, la majorité d’entre elles ont encore beaucoup de mal à accepter ces nouvelles approches. Beaucoup restent en effet très ancrées dans un modèle de structure hiérarchique et de logique prévisionnelle. Ce qui se comprend parfaitement mais pose problème dès lors que l’environnement actuel requiert une autre approche. D’autres réflexes.

Plus de place au “chaos”

En ce qui me concerne, pour ma prochaine expédition je vais évidemment conserver un peu de structure, il en faut, mais je vais surtout laisser une grande place au chaos, ce qui constitue à mon avis la plus sûre façon d’aborder l’incertain, mais qui reste un concept vers lequel les entreprises ne vont pas spontanément.

Beaucoup en comprennent pourtant l’utilité dans le contexte actuel mais, pour contourner la nécessité de passer à l’acte, invoquent les pesanteurs de leur organisation interne, le poids des process, etc. Je pense donc qu’il y a tout un travail à faire sur les organisations pour les emmener à fonctionner davantage comme des petites cellules kamikazes qui se font et se défont en fonction des projets, des opportunités, des difficultés qui surviennent.

Les entreprises doivent laisser plus de place au chaos. Moins s’acharner à border l’incertain mais tester. Non pas pour trouver nécessairement des solutions mais pour identifier les problèmes, les manquements, les besoins, ce qui produit généralement beaucoup plus de résultats.

Bienfait de l’échec

Les managers ont tout intérêt à consentir à ce que quinze expérimentations soient menées dans quinze directions différentes, afin de voir ce qui en résulte, de partager ce qui n’a pas fonctionné, d’en tirer un enseignement et de recommencer pour ensuite être en mesure d’en faire une règle. Or, pour l’heure, on a beaucoup de discours positifs sur la vertu de l’échec mais lorsqu’on teste, on le fait toujours prioritairement pour que cela fonctionne, le discours managérial classique sur le sujet restant : “Comme je vous donne les moyens d’essayer, j’aimerais que vous puissiez me garantir un retour.” Ce refus de tester “à perte” pose problème, tout comme cette incapacité, très répandue en Occident, à accepter l’erreur et l’échec comme faisant partie intégrante du processus créatif.

Pourtant, seuls deux types d’échecs m’apparaissent réellement préjudiciables : le premier consiste à ne rien tenter, le second à ne tirer aucun enseignement de ses erreurs. Pour tout le reste, il faut considérer que l’échec et l’erreur constituent des étapes préalables au succès et que, si l’on souhaite réellement doubler son taux de réussite, il faut accepter de doubler son taux d’erreur. Bien sûr cela a un coût. Mais ne rien tenter en a un encore plus élevé. Surtout dans le contexte actuel.

Travailleurs indépendants : pensez à déclarer vos revenus !

La déclaration sociale des indépendants doit être effectuée au plus tard le 19 mai (déclaration papier) ou le 9 juin (déclaration en ligne).

Les travailleurs indépendants doivent, chaque année, effectuer, auprès du régime social des indépendants (RSI), une déclaration de revenus qui servira à établir la base de calcul de leurs cotisations sociales.

Cette année, les dates limites pour envoyer la déclaration sociale des indépendants (DSI) sont fixées au :
– 19 mai 2015 pour le formulaire papier ;
– 9 juin 2015 en cas de déclaration en ligne.

Attention : la déclaration par voie électronique est obligatoire pour les travailleurs indépendants qui disposaient, en 2013, d’un revenu professionnel excédant 19 020 €.

Les travailleurs indépendants qui déclareront, en mai 2015, un revenu professionnel 2014 supérieur à 19 020 € devront, après avoir effectué cette déclaration, régler leurs cotisations par voie dématérialisée (prélèvement automatique, télérèglement ou virement).

Enfin, nouveauté cette année, la régularisation anticipée des cotisations s’applique sans que le travailleur indépendant ait à la demander, et qu’il ait déclaré ses revenus par voie électronique ou sur support papier. En pratique, dès qu’il aura envoyé sa DSI, les cotisations définitives dues pour 2014 seront calculées et régularisées. Seront également recalculés, sur la base du revenu 2014, les cotisations provisionnelles de 2015 ainsi que le montant provisoire des premières échéances des cotisations provisionnelles 2016.

Précision : les travailleurs indépendants mensualisés paient maintenant leurs cotisations sur 12 mois (de janvier à décembre) et non plus sur 10 (de janvier à octobre avec régularisations en novembre et décembre).

Etes vous prêt pour la mise en place du BDES

Les entreprises de plus de 50 salariés ont obligation de mettre en place une base de données économiques et sociales (BDES), aussi appelée base de données unique, à partir du 14 juin 2015. La BDES est déjà obligatoire pour les entreprises de plus de 300 salariés depuis le 14 juin 2014.

Base de données économiques et sociales
BDES OBLIGATOIRE LE 14 JUIN 2015

Cette base de données regroupe les informations sur les grandes orientations économiques et sociales de l’entreprise. Elle doit permettre de donner une vision globale et claire de l’emploi, de la formation et de l’utilisation des ressources financières générées par l’activité de l’entreprise.

La mise en place de la une base de données économiques et sociales est obligatoire :

  • depuis le 14 juin 2014 pour les entreprises à partir de 300 salariés
  • à partir du 14 juin 2015 pour les entreprises de 50 à 300 salariés

Si votre entreprise a de multiples établissements, les effectifs sont calculés au niveau global et votre BDES comprend les informations de l’entreprise dans son ensemble. Elles ne sont pas détaillées par établissement.

Les groupes d’entreprises n’ont pas obligation de créer une base de données économiques et sociales groupe. Cependant, si vous choisissez de le faire, il faudra la mettre à disposition de chaque entreprise constituant le groupe.

Attention : en l’absence de base de données unique, l’employeur se rend coupable de délit d’entrave passible d’1 an d’emprisonnement et d’une amende de 3 750 €.

SUPPORT ET CONTENU DE LA BDES

C’est à vous, employeur, qu’incombe la conception, la mise en place, la gestion des accès et l’actualisation de la Base de données unique. Elle doit être à disposition des personnes habilitées, sur un support papier ou informatique.

La BDES set de base pour préparer la consultation annuelle du comité d’entreprise sur les orientations stratégiques de l’entreprise et leurs conséquences sociales.

Les informations suivantes doivent figurer dans la BDES :

  • Investissement social : emploi, évolution et répartition des contrats précaires, des stages et des emplois àtemps partiel, formation professionnelle et conditions de travail
  • Investissement matériel et immatériel
  • Fonds propres et endettement
  • Ensemble des éléments de la rémunération des salariés et dirigeants
  • Activités sociales et culturelles
  • Rémunération des financeurs
  • Flux financiers à destination de l’entreprise, notamment aides publiques et crédits d’impôts
  • Sous-traitance
  • Transferts commerciaux et financiers entre les entités du groupe, le cas échéant

Attention : Si votre BDES est incomplète ou non mise à jour, le comité d’entreprise peut saisir le tribunal de grande instance pour qu’il ordonne la communication des éléments manquants.

La période étudiée comprend :

  • Les 2 années précédentes
  • L’année en cours
  • Les 3 prochaines années, sous forme de perspectives

Par dérogation, les entreprises d’au moins 300 salariés, soumises à l’obligation au titre de 2014, et les entreprises de moins de 300 salariés, soumises à l’obligation au titre de 2015, ne sont pas tenues d’intégrer dans la base de données les informations relatives aux 2 années précédentes.

Ces informations seront complétées, au plus tard le 31 décembre 2016, par celles transmises de manière récurrente au comité d’entreprise : par exemple, la liste des demandes de congé ou le récapitulatif des  temps partiels le bilan de la situation générale de la santé, etc.

À savoir : le contenu de la BDES peut être complété par un accord d’entreprise, de branche ou de groupe.

DROITS D’ACCES A LA BDES

Elle est accessible en permanence :

  • Aux membres du comité d’entreprise, d’établissement ou aux délégués du personnel
  • Aux membres du CHSCT
  • Aux délégués syndicaux

Attention : Les utilisateurs sont tenu de respecter une obligation de discrétion quant aux informations contenues dans la BDES.

PROJET DE LOI MACRON ET BDES

L’article 91 du projet de loi Macron vise à compléter le champ des informations transmises par l’employeur aux membres du CE pouvant être mises à disposition par le biais de la BDES.

Il prévoit ainsi que la BDES soit utilisé pour les consultations obligatoires du comité d’entreprise qui nécessitent un avis de celui-ci.

En effet, le Code du travail vous oblige, en tant qu’employeur, à consulter le comité d’entreprise sur les différents thèmes concernant la vie de l’entreprise. À l’issue de cette consultation, le comité d’entreprise doit rendre un avis motivé.

Pour cela il dispose d’informations précises et écrites que vous devez lui transmettre en amont. Le fait qu’elles soient présentes dans la base de données économiques et sociales suffira. Il ne sera pas obligatoire de rédiger un document écrit.

Quelques conseils d’un coach en recherche d’emploi

Quelles astuces utiliser pour booster votre recherche d’emploi, et en particulier avoir plus
d’impact en entretien d’embauche ? Aujourd’hui, j’ai plaisir à vous présenter 10 conseils pratiques, qui peuvent faire la différence.

Mon préféré, c’est le n°7…

——

#1

Lors de l’entretien, appelez votre interlocuteur par son nom. Cela
va donner du poids à ce que vous dîtes.

#2

Venez en entretien avec des documents. Graphiques de résultats,
présentations de projets passés, etc. Un vendeur ne se présente
pas les mains vides en entretien !

#3

Parlez lentement ! Quand je donne des séances de coaching,
c’est un élément sur lequel je reviens toujours. En parlant
lentement et en faisant des pauses, vous aller donner un autre ton à l’entretien.

#4

Posez des questions qui valorisent votre interlocuteur. En particulier
si vous avez en face de vous votre futur patron, ou quelqu’un
d’opérationnel. Question du genre  » Dans votre poste, quels sont
les projets les plus intéressants sur lesquels vous avez travaillé ? »

#5

Prenez des notes. Ne soyez pas le nez collé sur votre bloc,
mais prenez des notes, en particulier quand on vous parle
des objectifs du poste, et des difficultés qu’il présente. Prendre
des notes donne un côté pro, et rassure votre interlocuteur :
vous l’avez bien entendu.

#6

Projetez-vous dans le poste. » Demain, je suis en poste, la
première chose que je fais c’est… »

#7

Mettez vous en scène. Il ne s’agit pas de faire du théatre, mais
de montrer comment vous pourriez agir en situation. Pour prolonger
l’exemple précédent,  » Demain, je suis en poste, la première chose
que je fais, c’est de réunir l’équipe, et de lui dire ‘notre objectif
est de lancer une nouvelle version du Wizor d’ici 3 mois, j’ai
besoin de… » Parlez comme si vous aviez l’équipe devant vous. Cela
va vous donner une plus grande présence physique.

#8

Quand vous présentez des arguments, présentez les par 3,
en disant  » Il y a trois raisons qui font que… Raison 1″, etc.
Le fait de donner des listes aide votre interlocuteur à suivre.

#9

Illustrez avec des exemples ! Trop de candidats sont victimes
« d’abstractionnite  » ils parlent avec des grandes idées, cela ne marque
pas le recruteur. Donc, utilisez des exemples « flash » sur par exemple : l’ouverture d’un site,
la mise en oeuvre d’une nouvelle procédure, les économies réalisées…

#10

Tant qu’on est sur le ring, c’est qu’on a une chance. Certains recruteurs
jouent la provocation, c’est un jeu, c’est pour vous tester. Donc, tant que
vous êtes face au recruteur, c’est que vous avez une chance. Donc,
restez droit dans vos bottes, ne vous laissez pas impressionner par
des questions déstabilisantes.

Entreprises : une erreur de communication peut nuire à votre image

Comme disaient les anglophones : « You never have a second chance to make a first good impression ». Voilà pourquoi, vous mettez du temps à chercher la tenue adéquate pour aller en entretien. C’est aussi la raison pour laquelle, vous concoctez votre éloge avant de le balancer à votre cible car par ces exemples de faits cités, votre éthique professionnelle est l’enjeu clé de vos actions en entreprise. La réussite et la pérennité d’une entreprise vont dépendre d’une campagne de communication bien élaborée. Quel que soit son secteur d’activité, une erreur de communication peut engendrer des conséquences catastrophiques, notamment sur les réseaux sociaux.

Entreprises et réseaux sociaux : quelques exemples d’erreur de communication

Jadis, une faute d’inattention sur  la communication écrite  pouvait éventuellement passer inaperçue, mais à l’ère des médias sociaux, une erreur peut s’avérer un mauvais buzz pour l’entreprise car peut être relayer en instantané par les internautes pour en faire un gâchis.

Une campagne de communication a pour objectif d’améliorer la visibilité d’une marque, et donc la notoriété d’une entreprise, et non pas le contraire. L’agence ou l’équipe de communication est consciente des résultats que peut occasionner une campagne de communication mal organisée. Elle a souvent tendance à brûler certaines étapes de base comme l’élaboration d’un objectif de campagne. Or, celui-ci va déterminer l’ensemble des opérations commerciales à mettre en œuvre. Dans certains cas, elle néglige le choix du type d’apparition de la campagne dans les médias, n’assure pas une publication régulière sur les blogs et ne soigne pas les tonalités des apparitions. Entre autres, certaines campagnes de communication ne véhiculent pas de messages pertinents, ni d’histoires attrayantes et d’actualité pouvant générer des informations utiles aux utilisateurs.

Quelles leçons en tirer ?

Cette liste d’erreurs n’est pas exhaustive, mais le non-respect de ces principes de base peut nuire à la réputation d’une marque. Pour se démarquer de la concurrence et éviter les mauvais commentaires sur les réseaux, il convient d’opter pour une stratégie bien réfléchie en s’appuyant sur d’autres ressources de communication visuelle, plutôt que d’utiliser de simples communiqués de presse classiques. Le point de départ d’une bonne campagne de communication est l’écoute et l’analyse de son marché cible. Cela permet de faire une veille en amont des propos des consommateurs sur sa marque et d’en prévoir les solutions en cas de commentaires négatifs. Pour ce faire, le recours à des prestations externes est indispensable. Cela permet de mieux se concentrer sur son activité principale et laisser aux Community Manager s’occuper de la gestion des discussions sur les réseaux sociaux. La notoriété de votre entreprise répond sur les actions y afférentes, en d’autres termes, « L’image pour se différencier, l’image comme marque de confiance ».

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Les clés aux verrous du changement

La volonté de changement dans l’entreprise est faite de paradoxes. Par exemple plus de 60% des dirigeants craignent les impacts du changement sur les équipes, alors que les équipes, notamment terrain, le réclament à corps et à cris depuis longtemps.

Je souhaite partager avec vous les clés qui ouvrent les nombreux verrous au changement afin de démystifier ce dernier trop souvent vu comme un bouleversement voire une révolution que comme une véritable opportunité de faire mieux et rapidement donc une évolution salutaire pour la pérennité de l’entreprise.

Pour commencer voici un extrait d’un article paru en février 2013  dans les Echos Business que je vous recommande : Identifier les leviers et les freins au changement avec la sociodynamique.
La sociodynamique permet de :– construire et mener des stratégies relationnelles en fonction des attitudes, des pouvoirs réciproques et des événements ;
– identifier dans leur globalité les leviers et les freins au changement que recèlent les structures, les processus, le management et la culture de l’entreprise pour construire des stratégies de changement efficaces ;
– adapter son style de management pour encourager l’initiative ;
– s’inspirer des principes stratégiques et tactiques du Jeu de Go pour conduire des projets complexes…
L’entreprise, cet organisme vivant, a un  « dedans », en interaction permanente avec son environnement, le « dehors ». Le « dedans », univers dual, est notamment constitué d’un « poumon » dont les deux lobes seraient l’Institution et le Corps social. Le premier représente la structurejuridique, technique et financière, tandis que le second est le groupe d’hommes et de femmes rassemblés au sein de l’entreprise. L’Institution recherche l’efficacité dans tous ses domaines d’activités et s’inscrit dans une logique économique (dans le secteur privé) alors que le Corps social, quant à lui, en quête de sécurité, de reconnaissance et d’épanouissement, s’inscrit dans une logique de bien-être.Ces deux logiques ne s’opposent pas forcément, mais peuvent être à l’origine de paradoxes difficiles à gérer pour les managers, notamment ceux de proximité ; d’où le recours au  discours de la convergence – assuré par la ligne d’encadrement, du sommet stratégique jusqu’au centre opérationnel – qui vise à concilier les deux logiques. Avec un prérequis toutefois : la diffusion d’une culture managériale basée sur la confiance, véhiculée par des encadrants proches de leurs équipes, capables de prise de hauteur et promoteurs d’une coopération efficace avec le reste de l’organisation.

Pourquoi changer quand depuis des années et encore plus particulièrement depuis la crise, les entreprises s’évertuent à maintenir et à améliorer les organisations existantes, en évitant ainsi en priorité l’agitation sociale et ses conséquences sur les résultats qui sont loin d’être à la hauteur des ambitions et des objectifs…

C’est un peu le chien qui se mord la queue… Car comment être et rester compétitifs avec des modèles économiques, des schémas d’organisation et des méthodes qui enfoncent encore plus les entreprises dans la spirale de l’échec avec des résultats dans le rouge d’année en année et un jour des actionnaires qui décident de fermer les robinets de manière brutale, ce qui est sur un plan financier compréhensible mais très loin de la logique qui dit que pour se développer, il faut investir de manière continue dans l’efficacité, la flexibilité et les compétences managériales et opérationnelles…
Aussi, voici quelques unes des clés aux verrous du changement afin de passer à l’action avec de vraies perspectives de réussite :
1. Voir le changement comme une stratégie d’entreprise et non pas l’action isolée d’une direction, d’un département surtout quand il s’agit de changements informatiques lourds où le danger est de tomber dans une équipe de « je sais tout » qui donnent des leçons à tous les utilisateurs au risque d’avoir un rejet lors de la mise en production des changements. Combien de projets ERP-CRM ont échoué à cause de cela.
2. Construire le changement en mode « projet transverse à tous les métiers » avec le terrain et le management de proximité comme facilitateur car sans compréhension et adhésion du terrain, pas de changement possible
3. Ne pas s’enfermer dans le poids de l’histoire de l’entreprise et dans la crainte des impacts sur l’humain mais s’appuyer sur les changements réussis de cette histoire pour montrer que l’entreprise est capable de faire et de bien faire
4. Aller chercher des victoires rapides dans le changement afin de rassurer et de pouvoir apporter des éléments tangibles lors des points d’étapes essentiels à la conduite d’un changement réussi
5. Lancer un chantier sur la communication pour amener et convaincre d’abord de l’utilité du changement en vue d’apporter des réponses précises sur : où l’entreprise veut aller ? d’où elle vient ? combien veut-elle et va-t’elle y aller, dans quel délai ? Et ceci avant même le démarrage du premier chantier
6. Comme dans les grands chantiers de travaux publics type Forum des Halles à Paris où l’activité n’est pas interrompue pendant les travaux, bâtir un plan de charge précis qui permettra de s’assurer que les tâches projet liées au changement sont conciliables avec l’ensemble des tâches des collaborateurs, notamment les tâches récurrentes
7. Ne pas hésiter à revoir la liste des priorités stratégiques de l’entreprise, notamment celle des projets en cours et englober une partie d’entre eux dans la stratégie de changement sans écarter ceux déjà prévu qui permettent à la production de fonctionner dans de bonnes conditions. Et c’est là que la complexité se trouve et les arbitrages pas toujours faciles à réaliser
8. Faire porter le changement par un chef de projet leader du début à la fin, directement rattaché à la Présidence de l’entreprise garante et étendard du changement. Comme indiqué plus haut, le changement n’est pas l’affaire d’une direction, d’un département
 9. Associer les actionnaires, les prestataires externes et les clients dès que cela est possible pour éviter les mauvaises surprises ; refus d’investissement, incompatibilité avec leurs propres systèmes et organisations, non réponses aux attentes des clients et du marché
10.  Et enfin regarder si des changements identiques ne sont pas déjà prévus ou n’ont pas déjà été lancés (groupes nationaux et internationaux) afin de s’appuyer sur un existant organisé et d’éviter de réinventer la roue.
Et savoir qu’il n’y a jamais de bon moment pour mettre en place sa stratégie de changement. Il faut juste le vouloir, le décider, l’organiser et le mettre en place en oubliant jamais que l’entreprise continue toujours de produire quand elle change et que la sollicitation des équipes de production par les équipes sur le projet de changement doit tenir compte des contraintes de production.
Pas de changements en mode crise, pas de changements au forceps, pas de changements en petits comités avec des décisions en chambre, mais des changements largement communiqués, partagés et compris dès lors que leurs tenants et aboutissants sont maîtrisés.
Bons changements pour une meilleure compétitivité et des résultats !

Pourquoi les ambitions inatteignables sont-elles les meilleures ?

Ce que l’on attend d’un leader en entreprise, au-delà de ses compétences managériales, c’est qu’il nous donne un cap : nous l’appelons l’ambition. Sans avoir de statistiques, nous savons que ces attentes sont souvent déçues, parce que l’ambition est inexistante ou bien mal choisie. Avant de tirer à boulets rouges sur nos chefs incapables, admettons que cet exercice est loin d’être facile.

Une ambition, à quoi ça sert ?

L’ambition peut se définir comme un idéal à atteindre, comme un azimut pour toutes les actions menées par les collaborateurs de l’entreprise. Elle doit pouvoir se décliner par la suite en enjeux économiques, techniques, organisationnels et humains.

Définie comme telle, il semble presque superflu de se poser la question de son utilité. Listons malgré tout les trois principaux bénéfices d’une ambition quand elle est justement choisie :

Mobiliser : l’ambition est un moteur de l’action, elle génère de l’envie, de l’adhésion et doit être suffisamment difficile à atteindre pour amener les acteurs de l’entreprise à se dépasser.

Exemple : comment ne pas citer le célèbre « Think different » de Steve Jobs, slogan lancé en 1997 pour la publicité et qui est devenu le moteur de l’ambition d’Apple, appelant l’ensemble des équipes à trouver de nouvelles idées et concepts, avec le succès que l’on sait.

Connecter : l’ambition est aussi l’aiguillon pour l’ensemble des axes de travail de l’entreprise. Elle doit être la cohérence des priorités choisies, le juge de paix pour l’arbitrage, le guide dans le choix des objectifs business.

Exemple : chez Décathlon, l’ambition est de « Créer l’envie et rendre accessible au plus grand nombre le plaisir et les bienfaits du sport ». Ils privilégient donc le prix et la simplicité des produits à la technicité ou la mode. Les priorités en découlent naturellement.

Valoriser : L’ambition donne de la valeur aux actions du quotidien, en ajoutant de la profondeur aux tâches basiques. Si cette tâche n’est pas forcément enthousiasmante, les collaborateurs savent qu’ils participent à un projet plus vaste, plus noble.

Exemple : DHL a pour ambition de rapprocher les gens toujours davantage. Largement inspirée de l’épopée de l’Aéropostale, cette ambition parait bien loin des tâches quotidiennes de tri, de conduite, de stockage. Pourtant, ils ont réussi à donner à ces tâches et au courrier – quel que soit son contenu – une valeur sacrée.

Quand l’ambition fait « Pschittt »

Au gré de nos actions dans l’industrie, la distribution, le transport, la cospéto-pharma, etc., nous avons vu d’autres exemples d’ambitions réussies, propres à booster l’énergie des équipes. Malheureusement, les exemples sont plus nombreux encore d’entreprises incapables de trouver leur Graal ou leur objet de valeur collectif.

Première raison, les ambitions choisies sont souvent trop « classiques ». Appuyées sur les mots-valises, tel « leader », « référence » ou promettant une croissance « durable et rentable », elles sont interchangeables et en deviennent presque invisibles. Placardées un peu partout à la cafétéria, dans les salles de réunion, elles deviennent des figurants, des éléments de décor. Un conseil : si votre ambition pourrait être celle de n’importe quelle autre entreprise, alors séparez-vous-en !

Autre erreur classique, la confusion entre ambition et objectif. Trop de leaders puisent leurs ambitions dans leur tableau de bord. Qu’ils soient bruts façon « Doublons notre chiffre d’affaires en 5 ans » ou stylisés façon « Allons conquérir 1 % de part de marchépar an d’ici 2020″, un objectif est un objectif et n’a d’autre intérêt de que fixer l’exigence du résultat attendu.

Bien sûr, pour un comité de direction, un objectif de CA peut être suffisamment stimulant, mais pour l’opérateur cela signifie une charge et une pression supplémentaires, rien de motivant à cela.

Ces deux erreurs, a priori grossières, mais qui représentent tout de même plus de la moitié des ambitions observées, font que les entreprises se coupent du moteur principal de motivation des équipes. Et pourtant, le travail de définition et de partage d’une ambition peut être, en soi, une dynamique formidable.

Sortons des poncifs !

Les savants prodiguent souvent la même chose : une ambition doit être positive, simple, exigeante, réaliste, temporelle, entre autres vertus.

Étant donné que ces sages conseils amènent souvent les ambitions de type « devenir leader » et autres clichés, nous pensons que résumer l’ambition à ces adjectifs trop lisses est trop réducteur. Pour marquer les esprits, nous pensons aussi qu’une ambition doit être contestable et inatteignable.

Contestable, car une ambition où l’on ne peut être que « pour », qui est une évidence, n’amènera jamais d’énergie supplémentaire car elle enfonce une porte ouverte. Quelle est la valeur ajoutéede fixer comme ambition de « devenir une entreprise plus performante pour ses clients et plus sûre pour ses employés » ? Cela n’apprend rien à personne sur les priorités de l’entreprise.

Une ambition doit affirmer un choix, tel Système U qui propose de « consommer mieux et moins » plutôt que « plus pour moins cher ». C’est de cette façon qu’elle donnera du sens et un cap clair aux équipes, et qu’elle fera réagir y compris ceux qui ne sont pas d’accord, avec des échanges constructifs à la clef.

Inatteignable, car à la différence d’un objectif, ce qui compte ici n’est pas d’atteindre son ambition dans une logique purement rationnelle, c’est le chemin qui importe.

Ainsi, les salariés d’Apple n’auront jamais fini de « penser différent », ceux de DHL de « rapprocher toujours plus les hommes », ni ceux de Nature&Découvertes de rendre « [leurs] clients toujours plus sensibles à l’environnement ».

C’est comme cela que l’ambition peut rester le cap de l’entreprise sur le long terme, dans la crise comme dans la croissance, dans une organisation X ou Y, pour le collectif et pour chacun, quel que soit son rôle, son ancienneté ou ses compétences.

Et l’ambition , alors ?

L’ambition, dans le business moderne, semble bien pouvoir être dite la « meilleure et la pire des choses ». Il s’agit en effet d’une qualité très ambivalente, selon les contextes et les champs d’application dans lesquelles on la rencontre.

La connotation péjorative qui est ordinairement attachée à l’ambition semble liée aux moyens employés pour aboutir à ses fins, et au fait que cette recherche effrénée ne vise qu’un intérêt pour soi-même devenant quasi obsessionnel.

Mais si l’ambition répond à la recherche constante d’un progrès, d’une réussite personnelle et professionnelle, au souci de s’améliorer soi-même en améliorant les autres et l’entreprise dans laquelle on exerce ses activités, alors on ne peut que la souhaiter à tous ! Elle peut d’ailleurs alors être explicite et éviter de tomber dans les habituels petits calculs d’intérêts et les dissimulations maladroites que d’aucuns confondent avec l’ambition. Etre arriviste n’est pas, en effet, être ambitieux.

L’ambition de l’un peut ainsi devenir également enrichissante pour les autres, dans la mesure où elle ne se cantonne pas à une attitude purement égocentrique d’acquisition d’avantages dans les biens matériels ou dans le paraître aux yeux d’autrui. Le désir de notabilité a affadi, on le sait bien, tant et tant de potentiels prometteurs !!! Mais comme le dit le proverbe : au royaume des aveugles, les borgnes sont rois !

Au contraire, la véritable ambition, la grande ambition, est claire et légitime : la faire connaître et la faire partager aux autres permet à la fois de prendre plus précisément la mesure de la réalité, de ses propres possibilités et de ses limites, avec un échange qui peut être fructueux pour tous. Car l’ambition ne se confond pas non plus avec la prétention :

Si l’ambition amène souvent à rechercher avec ardeur ce qui paraît au-delà de nos possibilités, ou tout au moins à l’horizon de ces possibilités, elle considère sans cesse le possible réel et s’y adapte efficacement en tentant de le transformer et de l’augmenter : elle est vraiment alors une force de progrès.
La prétention, au contraire, repose sur une estime trop grande de soi-même qui amène à négliger, sous estimer ou déformer le réel et à écraser les autres sous une vanité de mauvais aloi. En fait, le prétentieux est souvent celui qui n’a pas les moyens d’être ambitieux.

L’ambition, au contraire de l’arrivisme, de la notabilité et de la prétention, vient ainsi s’opposer à la stagnation, au confort illusoire de l’absence de changement, et au fond à l’absence mortifère de vrais désirs. Et si l’ambition implique que l’on soit meilleur que d’autres, les mesures sont à prendre seulement en soi-même et non pas dans un détour par l’intrigue ou le grenouillage, voire la destruction de la personne du rival. Car il y a encore une différence entre chercher l’excellence… et manipuler les opportunités !

C’est à ces quelques distinctions toutes simples que l’on peut juger du comportement éthique de quelqu’un.