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Comment les banques font face à la vague fintech

Banques fintech start-up

Accélération de start-up fintech, partenariats, investissements ou intrapreneuriat : les banques s’arment pour ne pas passer à côté du bouleversement numérique initié par le secteur.

Ces dernières année ont vu l’arrivée sur le marché de start-up innovantes s’attaquant aux activités des banques. Objectif ? Disrupter le monde bancaire et passer outre le système traditionnel. Pour ne pas payer de frais lorsque l’on effectue un virement à l’étranger ? Il y a Transferwise, valorisée plus d’un milliards de dollars. Pour se passer de toute autorité centrale et court-circuiter les banques ? Il y a le bitcoin. Pour ne pas payer de frais sur l’échange de devises ? Il y a Weeleo, en France. Pour souscrire à un prêt ? Il y a les plateformes de crowdfunding à destination des particuliers, comme Lending Club et Prêt d’Union, ou pour les PME, comme Unilend ou Finsquare. Pour placer son argent ? Il y a toutes les plateformes de crowdfunding en prêt ou en equity, et celles de crowdfunding immobilier.

Aux banques, désormais, de réagir pour ne pas laisser les jeunes pousses grignoter toutes leurs activités, jusqu’à ce que ne leur reste que le monopole sur la pure gestion du « core banking system ». En France, la plupart d’entre elles commencent à adopter des stratégies pour se rapprocher des fintech ou bien innover en interne. Objectif : enrichir la relation client et ne pas se laisser distancer.

Veille, partenariats et accélération

Etre présent dans l’écosystème tech

Pour se tenir au plus près des innovations et des dernières avancées dans le secteur, la plupart des banques commencent à mettre en place des dispositifs de veille de l’écosystème. Crédit Mutuel Arkéa, par exemple, mise sur un rôle d’animateur de l’écosystème start-up : « Nous sommes partenaires de France Digitale depuis sa création, nous sommes partenaires du West Web Festival qui se tient à Brest… », énumère Anne-Laure Navéos, en charge de la croissance externe et des partenariats. La banque a aussi noué un partenariat avec Player, le nouvel incubateur parisien d’innovation collective, ou encore avec l’Institut Open Innovation et Paris Région Lab. Elle est également membre du pôle de compétitivité Finance Innovation et organise des Hackathons avec l’école 42 depuis mai 2014.

Même stratégie du côté de BNP Paribas, qui multiplie les initiatives pour créer des liens avec les start-up de la French Tech. Depuis 2012, la banque a ouvert dans les grandes villes de France 15 pôles Innovation, des équipes spécialisées en lien avec les acteurs locaux (pôles de compétitivité, grappes d’entreprises, incubateurs…). Dernier en date : un pôle spécial fintech, qui sera lancé prochainement à Paris. « Nous y accompagneront des start-up, qu’elles soient clientes ou non de BNP Paribas », explique Myriam Beque, responsable du pôle innovation. BNP Paribas vient aussi d’inaugurer deux lieux dédiés à l’innovation, à Paris et Massy-Saclay, sur 3 000 m².

Accélérateur spécial fintech

La création d’espaces de co-working et de centres d’innovation est ainsi de plus en plus fréquente au sein des banques. La pépinière de start-up du Crédit Agricole en est un autre exemple (Découvrez le reportage photo du JDN). S’ils ne sont pas spécialisés dans les fintech, ces lieux généralistes permettent toutefois aux établissements bancaires de se trouver au cœur de l’écosystème. Mais plus rares sont les banques à sauter le pas de l’accélération. C’est par exemple le cas du britannique Barclays qui, en partenariat avec le célèbre accélérateur Techstars, a lancé deux programmes dédiés aux start-up fintech, à New York et à Londres (lire : « Barclays accelerator, l’accélérateur londonien dédié aux fintech« , du 14/04/15).

Prestation de services

C’est l’une des méthodes choisie par Crédit Mutuel Arkéa pour créer des liens avec de jeunes pousses –a fortiori, avec des fintech. « Nous sommes assez présents sur la prestation de service en marque blanche, l’accompagnement des fintech sur notre cœur de métier bancaire, explique Anne-Laure Navéos. Elles ont besoin de notre « core banking system ». Ainsi, plusieurs acteurs de paiement, comme Leetchi, s’appuient sur notre plateforme. Prêt d’Union, start-up dans laquelle nous avons investi, passe également par notre système. » Et les bénéfices sont multiples pour la banque : « Opérer de nombreux services pour les fintech, sur notre cœur de métier, nous permet de faire évoluer notre prestation. »

Investissements

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Anne-Laure Navéos, Crédit Mutuel Arkéa. © Crédit Mutuel Arkéa

Si les banques investissent depuis longtemps dans des start-up de manière indirecte, via desfonds (Crédit Mutuel Arkéa est souscripteur d’Isai et Blackfin par exemple, BNP Paribas dispose actuellement de 15 millions d’euros répartis dans onze fonds d’amorçage parmi lesquels Partech Entrepreneur…), les investissements directs dans des fintech sont plus rares… Mais commencent à émerger. Crédit Mutuel Arkéa a ainsi investi dans Prêt d’Union dès son premier tour de table, ainsi que dans Linxo, application de gestion des finances personnelles. Dans le deuxième cas, ce lien stratégique a directement permis à la banque de se moderniser : l’application Fortuneo Budget s’appuie en effet sur la technologie de Linxo. « Nous avons toujours plus qu’un simple intérêt financier en tête lorsque l’on investit dans une start-up, souligne Anne-Laure Navéos. Les business doivent être adjacents et cela doit nous permettre de mettre en place de nouvelles offres. « Dans le cas de Prêt d’Union, « notre investissement a en tout cas permis, à ses débuts, de rassurer l’AMF et d’obtenir l’agrément nécessaire à son fonctionnement. »

Mais toutes les banques ne se sont pas encore lancées. « Nous investissons uniquement dans des start-up à travers des fonds d’amorçage, mais nous ne sommes pas des « sleeping partners », assure  Myriam Beque, responsable du pôle innovation de BNP Paribas. Nous sommes présents pour apporter notre expertise. » Toujours est-il que les investissements directs ne sont pas à l’ordre du jour.

Rachats

Boursorama rachète Fiduceo pour améliorer l’expérience client

Que cela soit du côté BNP Paribas ou de Crédit Mutuel Arkéa, pas de rachats de fintech au compteur. « Au Crédit Mutuel, on est plutôt dans l’accompagnement, souligne Anne-Laure Navéos. On ne veut pas casser la dynamique des start-up agiles et on préfère agir via le corporate-venture ou l’investissement dans des fonds. Mais on n’exclut pas d’y arriver, à terme. » Mais Boursorama, filiale de la Société Générale, a par exemple annoncé en mars dernier le rachat de la fintech Fiduceo, spécialiste des solutions de gestion de finances personnelles en ligne. Les technologies de Fiduceo ont été intégrées à Boursorama pour améliorer l’expérience client. Au menu, par exemple, agrégation de comptes bancaires externes, coffre-fort numérique et catégorisation automatique des dépenses.

Intrapreneuriat et évènements internes

Dénicher les talents en interne pour innover au sein de la banque : c’est le but poursuivi lors de diverses initiatives destinées à développer la culture du numérique et de l’intrapreneuriat. A la Société Générale, par exemple, des évènements mélangent start-up externes et collaborateurs, pour les initier au secteur fintec : les Startups Days, durant lesquels des start-up pitchent sur un thème donné, les meetup « fintech »…. Un « think tank digital » a aussi été monté en interne pour discuter des nouvelles tendances du secteur.

Hackathon internes

Dans l’entité « Securities Services » de BNP Paribas s’est tenu en décembre dernier un hackathon de 36 heures autour de la blockchain et des crypto-monnaies, réunissant collaborateurs de la banque, consultants externes, juristes spécialisés et start-up. « Le but était d’identifier des pistes sur les impacts de la blockchain et les crypto-monnaies sur nos métiers », raconte Philippe Denis, Chief Digital Officer de BNP Paribas Securities Services. Sont nées de l’évènement l’élaboration de 14 pistes principales. « Nous allons les prioriser et voir comment on peut travailler avec les collaborateurs de l’entité et les start-up pour lancer des projets de co-création et innover au sein de BNP. » Un autre hackathon aura lieu en juin.

« L’émergence des GAFA et plus tard des fintech ne sont pas une menace mais plutôt une opportunité  et l’un des moyens d’accélérer la transformation numérique du groupe, assure la Société Générale. Leur approche d’expérience client et leur agilité sont aussi une source d’inspiration pour notre groupe qui place l’innovation au cœur de son ADN depuis 150 ans. » C’est en tout cas en multipliant les contacts avec les start-up et fintech que la plupart des banques ont choisi d’aborder leur transformation numérique. « Nous sommes dans une logique d’approfondissement perpétuel de nos points de contacts avec les start-up, car nos partenariats nous apportent beaucoup d’opportunités de business », conclue Anne-Laure Navéos, de Crédit Mutuel Arkéa.

LA GESTION DU RISQUE CLIENT À L’INTERNATIONAL : UN GUIDE DU MOCI POUR LES ENTREPRENEURS AUDACIEUX

1984 a paraitre

En ce début d’année 2015, les frémissements d’une reprise économique sont là, pour le moment tirés par les États-Unis et, dans une moindre mesure, l’Europe de l’Ouest. Avec la chute des cours du pétrole, la baisse du taux de change de l’euro par rapport au dollar, et des taux d’intérêt au plus bas, les exportateurs français semblent bénéficier d’une conjoncture particulièrement favorable pour redoubler de dynamisme sur les marchés étrangers. Ce qui a fait dire il y a quelques semaines à Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, de l’industrie et du numérique, à l’ouverture de la première édition de Bercy Financements Export, une conférence consacrée aux dispositifs de financement export français : «C’est le bon moment pour prendre des risques, investir, aller à l’export ».

De fait, nombre de PME et ETI sont actuellement incitées à se doter de stratégies de développement à l’export pour booster leur croissance et l’emploi. Encore faut-il qu’elles en maîtrisent les risques.

En l’occurrence, pour les exportateurs, l’un des plus importants est le risque client : qu’un client fasse défaut sur le paiement d’une livraison et l’équilibre financier de l’entreprise peut-être atteint. A l’international, ce risque revêt deux composantes essentielles, comme le rappelle si bien Jean-Claude Asfour dans les pages qui suivent : d’abord le risque pays, et ensuite le risque commercial.

La tendance à l’amélioration est nette pour le risque commercial : les défaillances d’entreprises dans le monde ont reculé de 12 % l’an dernier (dont – 4 % en Europe), selon l’assureur-crédit Euler Hermes, et ce reflux devrait se poursuivre cette année avec un nouveau recul de 3 % anticipé. Mais il y a un bémol : dans de nombreux pays, la situation financière des entreprises, en particulier des PME, reste fragile. Un signe : les retards de paiement interentreprises n’ont cessé de s’allonger ces dernières années, passant d’une moyenne de 13,3 jours à fin juin 2013 à 14,7 jours à fin juin 2014, selon Altares.

Quant à l’évolution des risques pays, elle reste extrêmement contrastée. Au plan mondial, les impayés ont bondi de 23 % en 2014, pointait encore Euler Hermes, dopés par des incidents de paiement en hausse enregistrés en Russie (+ 161 %) et en Chine (+ 103 %). En Russie, la chute des cours du pétrole et les sanctions américaines et européennes à propos de l’Ukraine ont aggravé une situation économique qui n’était pas brillante. En Chine, l’accès au crédit des entreprises s’est restreint.

De quoi inciter les exportateurs à rester prudents dans leurs prises de risques. Et de recommander aux entrepreneurs qui commencent à se tourner vers l’export de ne jamais négliger le risque d’impayé. Heureusement, il existe des méthodes et des outils, bien connus des entreprises exportatrices performantes, qui permettent de réduire considérablement ces risques sans nuire à la dynamique du développement commercial ni aux relations instaurées avec les clients étrangers.

Le Guide de la gestion du risque client à l’international du Moci, dont c’est la quatrième édition cette année, est justement conçu pour fournir les dernières informations sur les solutions. Il s’adresse avant tout aux dirigeants d’entreprises eux-mêmes, mais aussi à leurs équipes commerciales et celles des directions financières ou de l’administration des ventes.

Qu’il s’agisse de se doter en interne d’outils de veille sur les risques pays et les risques commerciaux, de verrouiller les contrats de ventes ou de trouver de bonnes sources d’information sur les prospects, d’obtenir les meilleures solutions en termes de sécurités de paiement de la part d’assureurs-crédits ou de banquiers, de comprendre les bases des montages financiers les plus efficaces à l’international, de bien suivre le recouvrement de ses factures – avec des modèles de lettres de relance en anglais – il est conçu pour être utile à tout entrepreneur confronté aux risques de la vente à l’international, mais qui veut gagner !

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PME ET ETI : FRAIS ET DÉLAIS DE CRÉATION D’UNE START-UP BAISSENT DANS L’UE

Julien Eichinger© Julien Eichinger

Lancer une start up en Europe ne prend plus, en moyenne, que trois jours et demi et coûte 313 euros. C’est ce que révèle un rapport, récemment publié par la Commission européenne, relatifs aux progrès réalisés, en 2014 au sein de l’UE, dans la simplification des démarches administratives pour lancer une société privée à responsabilité limitée. Et en sept ans, l’amélioration est significative. En 2007, il fallait 12 jours en moyenne pour établir un start-up. Les frais s’élevaient à 485 euros.

Mais d’importantes disparités demeurent entre les Etats membres. Et, selon l’exécutif européen, la baisse de la moyenne des délais de lancement d’une société doivent essentiellement être attribués aux progrès réalisés en République tchèque ou en Suède. Quant à la diminution du coût moyen, elle s’explique par les efforts consentis par la Grèce et la Bulgarie.

Malgré ces améliorations, l’objectif fixé en 2010 par Bruxelles n’est toujours pas atteint. A l’époque, la Commission proposait, dans son acte unique pour les petites entreprises, de ramener les délais d’ouverture du SPRL à trois jours pour des frais s’élevant à 100 euros. A l’heure actuelle le Danemark, la Grèce, la Lettonie, la Roumanie, la Slovénie et le Royaume-Uni sont les seuls pays à se conformer, à la fois aux recommandations relatives à la réduction des délais et des coûts mais également à celles préconisant l’établissement de guichets uniques.

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Vincent Ricordeau, l’Elon Musk de la finance

Après KissKissBankBank et Hello Merci, Vincent Ricordeau et ses deux associés, ont lancé Lendopolis. Trois plateformes de crowdfunding dont l’essence est de forcer la finance à repenser son rapport à l’homme et à la société. Rien de moins.

Vincent Ricordeau, l'Elon Musk de la finance

Le timide, chez Kiss­KissBankBank, n’a clairement pas sa place. Ici, tout s’entend, se dit, se sait. Pas question de s’isoler, de compartimenter, de diviser. « Pour être seul, la seule solution, c’est les toilettes », plaisante, mais pas tout à fait, le fondateur, Vincent Ricordeau. L’organisation est librement inspirée du lean management, et ça se voit. Ici, aucune cloison ni salle de réunion ne viennent heurter le flux collaboratif des salariés, dont l’organisation, en mode projet, ne vise qu’un seul impératif :l’innovation. C’est que, sous ce tropique bobo parisien, dans ce vaste open space, situé, tel un clin d’oeil bien senti, Passage du Paradis, on est bien décidés à, ni plus ni moins,repenser le système financier mondial. Et l’équipe de 15 salariés, menée par les trois cofondateurs, a déjà commencé. Après le don aux particuliers avec KissKissBankBank en 2009, le prêt solidaire avec Hello Merci en 2013, Vincent Ricordeau, sa femme, Ombline Le Lasseur, et le cousin de celle-ci, Adrien Aumont, s’attaquent, depuis septembre 2014, aux prêts rémunérés aux entreprises. Précurseurs, ils ont été, avec Lendopolis, les premiers à s’engouffrer dans la brèche ouverte par la nouvelle réglementation qui, depuis le 1er juillet, autorise les PME à emprunter aux internautes jusqu’à 1 M€.

Stricts critères de sélection

Mais pour profiter des taux de crédit attractifs (entre 4 et 10 %), encore faut-il répondre aux très stricts critères d’acceptation du dossier (deux ans d’existence, projet défini, bilan et business plan visés par un expert-comptable). Sur les 400 que la plateforme a reçus pour son lancement, elle n’en a sélectionné qu’une trentaine. « Nous visons, pour notre première année, le zéro taux de défaut« , assène le père de deux enfants.

Grand prix des Chefs d’entreprise : votez pour le dirigeant 2015

Pour autant, Vincent Ricordeau le dit et le répète : Lendopolis n’est pas, loin s’en faut, un établissement bancaire nouvelle génération. « Pour les PME, il ne s’agit pas d’ouvrir un guichet de crédit supplémentaire, mais de constituer une communauté d’investisseurs qui suivent et supportent un projet. L’autre grande différence, c’est que notre analyse se fait, non pas sur l’historique, mais à l’instant T et sur le prévisionnel, insiste l’homme de 45 ans. Nous restons fidèles, en cela, aux principes du crowdfunding, actuellement dévoyés par les mauvais réflexes de la finance. » Comprenez par là ses concurrents, qui lancent les projets de grands noms qui ont pourtant un accès aisé aux crédits.

Les vastes promesses du crowdfunding

C’est que Vincent Ricordeau aime à se comparer autant à ses rivaux qu’à ses modèles. Pas étonnant que, parmi eux, figurent Richard Branson ou Elon Musk. « Leur courage à bouleverser l’ordre établi, à imaginer des systèmes inédits, à oser transformer, c’est tout simplement génial », s’enthousiasme-t-il. Une ambition qu’il est bien déterminé à déployer par la création, bientôt, d’une quatrième plateforme dédiée aux start-up et fondée sur un système, non pas de prêts, mais d’actions. « Je ne suis pas, comme mes détracteurs aiment à le croire, un altermondialiste ou un Bisounours. Je sais que l’argent se rémunère par l’argent. Mais je crois sincèrement que lecrowdfunding peut changer la finance de l’intérieur pour l’humaniser. »

3 crises à venir ou comment spolier délicatement les investisseurs !

Le dernier article a effectivement été publié au mois d’août. Que nos lecteurs nous pardonnent, le dernier trimestre de l’année a été consacré à la finalisation de notre livre “L’Art d’Investir “ disponible en librairies, à la FNAC et chez Amazon à partir de mai 2015. Vous pouvez vous inscrire afin de recevoir la date de publication en avant-première : ICI.

Dans la mythologie grecque, Cassandre avait le don de prophétie mais était condamnée à ne jamais pouvoir convaincre personne. Entre 2002 et 2008, lorsqu’il expliquait inlassablement les raisons pour lesquelles nous allions connaître l’une des crises économiques les plus dramatiques de notre histoire économique, Peter Schiff devait certainement éprouver le même sentiment d’impuissance et de frustration.

L’échange entre Peter Schiff et ses contradicteurs économiques est particulièrement savoureux et je ne saurais que trop vous conseiller de regarder la vidéo (vous la trouverez ici) qui témoigne de la justesse et de la pertinence de ses interventions.

Peter Schiff est un économiste de l’école dite autrichienne (fondée par Carl Menger et Eugen von Böhm-Bawerk. Von Böhm Bawerk démontra à Karl Marx que la base de sa théorie était fausse parce qu’elle amenait à des conclusions contradictoires, ce que ce dernier accepta en promettant d’apporter une réponse, ce qu’il ne fit jamais).

Cette école a établi que les interventions des pouvoirs publics dans la sphère économique, notamment dans la politique monétaire, produisaient des effets désastreux.

C’est naturellement une théorie économique que l’on ne retrouve pas et que, assez logiquement, on ne peut pas retrouver dans l’offre des hommes politiques actuels, puisque l’admettre serait reconnaître une incompétence certaine et leur inutilité totale face à des phénomènes qui les dépassent. Un homme politique qui se respecte se doit d’étendre ses pouvoirs et non de les réduire. D’où le théorème politique bien connu : « si notre politique économique ne fonctionne pas (ou ne porte pas ses fruits), c’est bien la preuve qu’il nous faille aller encore plus loin (entendez ici : augmenter les impôts, démultiplier le nombre de réglementations et créer des comités/commissions qui serviront à rémunérer des amis, ou mieux, des concurrents politiques, etc.) Quod erat demonstrandum.

Pourquoi l’intervention étatique dans l’économie est-elle néfaste ?

Les politiques économiques actuelles partent fondamentalement de bonnes et nobles intentions : réduire les inégalités, relancer la croissance, instaurer une société plus juste. Qui pourrait être contre ?

De même lorsqu’une Banque Centrale décide imperturbablement de réduire les taux d’intérêts pour accroître la capacité des ménages à avoir accès au crédit, cela part également de bons sentiments.

Prenez l’exemple d’une taxe sur les hauts revenus : l’esprit d’une telle mesure est de réduire les inégalités. La réalité est que ceux qui sont touchés ont tout intérêt à s’expatrier ou produire moins pour ne plus être éligibles. C’est la société toute entière qui s’appauvrit (ou ne s’enrichit pas aussi vite qu’elle le pourrait ce qui est moins visible et donc plus grave).

Les hommes politiques ont une vision mécaniciste de l’économie (prêtez attention à leur vocabulaire et vous retrouverez des expressions comme « levier de la croissance », « moteurs économiques “, “redémarrage”, “relance”), comme s’il suffisait d’appuyer sur un bouton (ou une loi) pour que les effets attendus se produisent. Ils se focalisent sur ce qui se voit (les bonnes intentions) et ignorent ce qui ne se voit pas (les dommages collatéraux).

L’intervention étatique fausse les règles de l’établissement des prix en créant une référence factice. Cela peut s’exprimer ainsi : si le prix n’est pas déterminé par l’ensemble des acteurs (vendeurs + acheteurs), vous faites alors confiance à la prescience d’une autorité publique pour deviner le juste prix (un peu comme si un salarié espérait le gain de son revenu en devinant les bonnes combinaisons du loto).

La crise des supprimes illustre cela à merveille puisque, comme leur nom l’indique, les prêts “sub”prime étaient des prêts que les autorités publiques (sous couverts de bonnes intentions) forçaient les banques à accorder aux ménages américains les plus pauvres afin de leur permettre d’accéder à la propriété. Ajoutons à cela l’intervention incessante de la banque centrale qui a modifié huit fois le prix de l’argent (le taux directeur de la Banque Centrale) en huit ans. Lorsque l’ajustement se produit, c’est la crise, c’est-à-dire l’ajustement des prix à la valeur du marché.

Einstien donne cette définition particulièrement à propos de la folie “c’est de faire la même chose en s’attendant à un résultat différent”.

Qu’ont fait les Banques Centrales depuis 2008 ? Elles ont mis en œuvre des politiques monétaires accommodantes par la fixation artificielle du prix de l’argent (taux directeur à 0 ou presque, impression massive de billets de banques [assouplissement quantitatif]), par la restriction de la possibilité des banques de prêter aux particuliers pour mieux prêter aux gouvernements (Accord de Bâle III).

C’est-à-dire d’autant plus d’interventions de fixations artificielles de prix. Toutes les belles histoires ont nécessairement une fin tragique : un jour ou l’autre survient l’ajustement nécessaire ajustement. Cela se produira dès lors que Janet Yellen (Présidente de la FED) annoncera la fin de cette politique accommodante.

Et là les investisseurs pourront s’attendre à :

– une chute des devises émergentes
– une dépréciation de la valeur des actifs papiers (krach obligataire)
– une inflation de la valeur des actifs tangibles

Toute politique économique supportée par des keynésiens à ses disciples politiques, mais c’est toujours Judas qui écrit la biographie.

Comment se constituer un patrimoine

Comment se constituer un patrimoine

Les jeunes s’installent dans la vie plus tard que leurs aînés. Avant de décrocher le premier CDI qui leur assurera une stabilité économique, ils doivent multiplier stages et CDD. C’est seulement après avoir décroché le fameux sésame qu’ils peuvent vraiment commencer à épargner et se constituer un patrimoine, qui évoluera au cours des différentes étapes clés de leur vie.

La société a beau changer, les règles de base de construction d’un patrimoine ne varient pas. «L’achat de sa résidence principale, un studio ou un deux-pièces, est la première pierre à poser à l’édifice», martèlent, unanimes, les gestionnaires de patrimoine. Ces dernières années, les Français se sont enrichis grâce à l’immobilier. «Il faut s’endetter afin de faire travailler un argent qu’on ne possède pas, avance Olivier Paccalin chez Société générale Private Banking. Ce qui permet vingt ou vingt-cinq ans plus tard de détenir un patrimoine immobilier qu’on ne pourrait souvent pas s’offrir autrement.» Ce premier logement permettra ainsi d’acheter plus grand quelques années plus tard. «Sans qu’ils s’en rendent compte, les jeunes propriétaires préparent aussi leur future retraite. Quand les revenus diminuent, il est indispensable de ne pas avoir de loyer à payer», explique Stéphane Jacquin, chez Lazard Frères Gestion.

Même si les prix de la pierre baissent depuis trois ans et si les taux des crédits immobiliers sont au plancher (2,21 % en moyenne toutes durées confondues), les banques exigent un apport personnel parfois conséquent. Pour surmonter l’obstacle, les jeunes comptent donc de plus en plus sur la solidarité familiale. Chaque parent peut donner sans frais 100.000 euros tous les quinze ans à chacun de ses enfants (31.865 euros pour les grands-parents). Depuis le 1er janvier, il est également possible de faire une donation d’un terrain à bâtir (jusqu’à fin 2016) et d’un logement neuf (dans les cas, jusqu’à 100.000 euros sans frais). Certains jeunes chercheront aussi rapidement à investir dans de l’immobilier locatif, en privilégiant les biens anciens à rénover en centre-ville. «Certains pourront également investir dans la pierre avec des amis très proches ou des membres de leur famille, à travers une SCI. Cela permet de se constituer un patrimoine immobilier à moindre coût pour chacun et de diversifier les risques en achetant plusieurs logements», conseille Christophe Chaillet, responsable de l’ingenierie patrimoniale chez HSBC. À condition, bien sûr, de très bien s’entendre avec ses amis ou ses proches.

Ayant la vie devant eux, les trentenaires peuvent aussi (doivent?) faire fructifier une bonne partie de leurs économies en investissant dans des actifs financiers relativement risqués, comme les actions par exemple (actifs les plus rémunérateurs sur très longue période). Surtout en période de taux extrêmement bas.

Épargne programmée

«Il est recommandé de mettre en place des versements programmés. Les montants épargnés, peu élevés au départ, augmenteront au fil de l’eau, préconise Franck Bonin, directeur commercial de la Société générale Private Banking. Pour ne pas puiser dans cette épargne, le plus simple est de loger les fonds dans un PEA et un contrat d’assurance-vie.» Assurance-vie et PEA permettent aussi d’épargner avec une fiscalité douce. «De plus en plus d’investisseurs misent aussi dans le crowdfunding, mais rares sont ceux qui parviendront à s’enrichir en dénichant d’emblée une pépite», relève Florence Anquetil, directrice de la Banque privée de la Caisse d’épargne Aquitaine Poitou-Charentes. Les start-up se multiplient.

«Les jeunes sont de plus en plus entreprenants, constate la banquière. Mais leur patrimoine sera davantage composé de valeurs financières que d’immobilier, car ils sont moins attachés à transmettre leurs biens à leurs enfants que leurs propres parents.»

Deux milliards de personnes possédant une carte SIM, un cauchemar devenu réalité

Il s’agit de la dernière d’une longue lignée de révélations d’Edward Snowden sur la NSA et il pourrait s’agir d’une des plus choquantes : il affirme que la NSA et son homologue britannique, le GCHQ, auraient compromis les réseaux de Gemalto, volant ainsi des clés de chiffrement protégeant plusieurs millions, voire des milliards de cartes SIM.

gemalto-sim

Compromettre les cartes SIM à ce niveau remet en question l’intégrité de tout le système de communication cellulaire mondial. Cela ne veut pas dire que vos communications sont surveillées, mais qu’elles pourraient l’être en un seul clic.

Si vous vous demandez qui est Gemalto, nous vous répondrons qu’il s’agit d’un fabricant mondial de cartes SIM de téléphone portable. En réalité, ils fabriquent plus de cartes SIM que toute autre organisation dans le monde, selon The Economist.
L’article de The Interception dans lequel ces allégations ont été rendues publique, estime que Gemalto produit environ 2 milliards de cartes SIM par an. Pour remettre cela en contexte, il y a 7,125 milliards d’humains dans le monde; environ 7,19 milliards de dispositifs mobiles. Parmi les clients de Gemalto, on trouverait les fournisseurs de téléphonie mobile Sprint, AT&T, Verizon, T-Mobile et quelques 450 autres fournisseurs. La société est présente dans 85 pays et exploite 40 installations industrielles.

SIM est un acronyme pour le module d’identification d’abonné. Une carte SIM est un petit circuit intégré qui se branche sur votre appareil mobile. Il contient l’identité internationale et unique de l’abonné mobile (IMSI) ainsi qu’une clé d’authentification chiffrée, les deux éléments servant essentiellement à  valider le fait que votre téléphone soit bien votre téléphone. Cela fonctionne un peu comme la paire nom d’utilisateur-mot de passe, sauf que ce système se base uniquement sur le matériel et ne peut donc pas être modifié.

Avoir la liste principale de ces clés donnerait la possibilité à un hacker de surveiller les communications et les données des périphériques contenant une carte SIM dont la clé de chiffrement se trouve sur la liste. Si ces allégations se révèlent être vraies, cela signifierait que la NSA et le GCHQ ont la capacité de contrôler des quantités massives de communications et de données cellulaires partout dans le monde sans aucun mandat ou autre autorisation judiciaire.

On entend beaucoup parler des activités de la NSA liées aux métadonnées dans les  médias non spécialisés, mais de telles fuites et révélations concernant la compromission de groupes de générateurs pseudo-aléatoires sont vraiment troublantes. Les métadonnées peuvent vous en dire beaucoup concernant l’endroit où une personne s’est rendue, avec qui elle est associée, et tout simplement vous révéler qui est cette personne. Une attaque massive des cartes SIM ou des protocoles de chiffrement donnerait la possibilité à un hacker d’observer réellement le contenu de notre correspondance avec une autre personne. Alors que la situation géographique et les interactions d’un mobile fournissent déjà de nombreuses informations, on ne vous parle même pas des communications en texte clair. Aucune analyse n’est nécessaire : celles-ci s’affichent en temps réel.

Dans un document secret qui aurait été volé par l’ancien consultant de la NSA et rendu public par The Intercept, la NSA déclare:  » [nous] avons réussi avec succès à pénétrer dans plusieurs machines de [Gemalto]et pensons être en possession de l’intégralité de leur réseau…  »
La confidentialité et la sécurité des communications cellulaires ne sont pas les seules concernées dans ce cas. Il y a également des implications financières substantielles, et ce, pour deux raisons. Comme l’affirment Chris Soghoian, technicien chez l’American Civil Liberties Union et Matthew Green, chercheur spécialisé en chiffrement à l’Université de Johns Hopkins, dans l’article de The Intercept, les cartes SIM n’ont pas été conçues pour protéger les communications individuelles. Elles ont été conçues pour simplifier le processus de facturation et empêcher aux utilisateurs d’escroquer le fournisseur de services mobiles lors des premiers jours d’utilisation du téléphone. Dans certains pays en voie de développement encore largement dépendants des réseaux cellulaires de deuxième génération dépassées et faibles, de nombreux utilisateurs utilisent leurs cartes SIM pour des  transferts d’argent ainsi que pour des services de microcrédit comme le très populaire M-Pesa

Une attaque de Gemalto met potentiellement en péril l’intégrité d’une infrastructure de communication mondiale de plus en plus dépendante des dispositifs mobiles et des cartes SIM qu’abritent ces dispositifs.

Ce n’est pas seulement un problème financier pour le monde en développement : Gemalto est un important fabricant de puces, micro-puces et code PIN ainsi que de cartes de paiement EMV, le principal mode de paiement en Europe. Ces cartes pourraient donc également être potentiellement compromises. Selon The Intercept, les puces de Gemalto sont également utilisées pour des systèmes d’entrée de bâtiments, les passeports électroniques, les cartes d’identité et enfin pour des systèmes de clés de voitures de luxe, comme AUDI et BMW. Si vous possédez une puce ou une carte PIN de Visa, Mastercard, American Express, JP Morgan Chase ou Barclays, il y a alors de fortes chances pour que la puce de votre carte de paiement ait été développée par Gemalto et, par conséquent, pour que sa clé de chiffrement ait été compromise.

Pour sa part, malgré les allégations et les documents hypothétiquement secrets, Gemalto nie fermement la compromission de ses réseaux sécurisés.

» Aucune infraction n’a été trouvée dans l’infrastructure exécutant  notre activité de SIM ou dans d’autres parties du réseau sécurisé qui gèrent nos autres produits tels que des cartes bancaires, des cartes d’identité ou des passeports électroniques. Chacun de ces réseaux est isolé l’un de l’autre et ne sont pas connectés aux réseaux externes  » déclare l’entreprise dans un communiqué.

Toutefois, la société avait pris connaissance de plusieurs tentatives de piratage ayant eu lieu dans le passé, et dont elle tenait pour responsables la NSA et le GCHQ.

Un autre aspect troublant concernant les révélations de Snowden est que le document est daté de 2010. En d’autres termes, cela signifie que, non seulement cette opération concernant les cartes SIM a duré 5 ans, mais aussi que la technique a cinq ans. Une éternité en informatique.

Au-delà du risque personnel que la compromission des clés de la carte SIM pose à notre vie privée collective et individuelle, si les documents de Snowden sont réels, alors cette attaque serait un cauchemar en termes de relations internationales. Vous vous souvenez il y a deux mois quand tout le monde s’insurgeait de l’attaque de la Corée du Nord contre Sony Pictures Entertainment et la considérait comme une déclaration de guerre ? Au moins cette attaque, qui a de grandes chances d’avoir été perpétrée par la Corée du Nord, ciblait un studio de films et a diffusé des scripts de films et des courriers électroniques. Une attaque sur Gemalto compromettrait potentiellement l’intégrité d’une infrastructure de communication mondiale de plus en plus liée aux appareils mobiles et aux cartes SIM qui se trouvent à l’intérieur.

Paiement sans contact en France : tous les ingrédients sont disponibles sauf les usages ?

Sous la houlette de Bercy, Gemalto, le GIE Cartes Bancaires et Orange ont dressé un tableau des paiements sans contact en France. De sérieux atouts mais l’écosystème reste confus (bonus infographie).

La France doit avancer sur le paiement sans contact parce que c’est un secteur d’avenir. Il n’y a aucune raison de ne pas progresser dans les usages. Et l’argument d’un présumé manque de sécurité n’est pas recevable.

Voici les messages essentiels que Gemalto, le GIE Cartes Bancaires et Orange veulent transmettre. Et ce, avec l’appui du gouvernement.

Vendredi 10 avril, une conférence de presse était dédiée à ce thème à Bercy. L’occasion de faire le point sur le développement des services sans contact et du potentiel NFC : paiement, accès parkings, billets pour les transports en commun, location de voitures, cartes de fidélité des magasins…

En Europe, on recense plus de 200 millions de cartes sans contact en circulation. Pour faciliter la généralisation de l’usage, elles s’appuient sur une norme internationale (ISO/IEC 14443).

A Londres, où l’on peut désormais utiliser sa carte bancaire sans contact pour accéder aux transports en commun et prendre le bus, le métro ou le tramway, le cap des 1 millions de « tap » a été passé le vendredi 13 mars dernier », commente Olivier Piou, Directeur général de Gemalto.

« En Pologne, ce sont un tiers des transactions réalisées en magasins par cartes (Mastercard) qui sont faites en sans contact. » Le patron de Gemalto évoque un « mouvement irréversible ». « En Europe, d’ici 2020 tous les terminaux CB, VISA et Mastercard devront accepter des transactions sans contact », évalue Olivier Piou.

Que se passe-t-il en France ? On observe une montée en puissance en équipement mais quid des usages ? Plus de 30 millions de cartes CB sans contact circulent (soit une carte sur deux).

L’effort d’intégration pour intégrer la fonction NFC dans la carte bancaire a été poussée dans la période 2013-2014 (+60%).

« En France, le déploiement des cartes progresse au rythme de leur renouvellement », explique Bruno De Laage, Président du Conseil de Direction du GIE Cartes Bancaires. « Tous les porteurs pourront disposer d’une carte sans contact d’ici 2016. En revanche il reste encore un grand nombre de commerces de proximité à équiper, des automates (distributeurs automatiques) et des collectivités locales (stationnement, transports, piscines, cantines…). »

Le recours au sans contact tendrait à se développer mais ce n’est pas encore un réflexe de la part du consommateur. Depuis le début de l’année 2014, on recense plus de 70 millions de transactions réalisées sans contact, pour un montant moyen d’achat de 11 euros, selon le dossier de presse fourni à l’issue de la conférence de vendredi (discours des intervenants inclus svp).

Le cœur de business du paiement sans contact étant les dépenses en dessous de 20 euros (montant maximum pré-déterminé d’une transaction en mode sans contact c’est dà dire sans saisie du code confidentiel).

Le GIE Cartes Bancaires souligne que, sur les quelque 9 milliards de transactions de paiement par cartes par an, un tiers de ce volume porte sur des achats en dessous de 20 euros.

Pour le paiement sans contact, certaines enseignes s’engagent à développer les usages. Après avoir initié le mouvement en 2009, Carrefour serait le plus grand contributeur : 2250 points de vente équipés pour les paiements sans contact, 6 millions de transactions sans contact, 10% des passages en caisse sur l’année 2014.

« En outre, plusieurs enseignes de distribution ont eu un rôle moteur ou se sont impliquées dans les expérimentations en cours parmi les plus innovantes, telles que l’identification et l’authentification biométriques (Auchan et Décathlon en partenariat avec Natural Security), le paiement mobile (application mobile NFC m-Casino, solution flash’N pay de Auchan), etc. », recense Philippe Joguet, qui représentait la Fédération des entreprises du Commerce et de la Distribution à cette conférence de presse.

En l’état actuel, un échantillon de 267 000 commerçants (soit environ 20% des commerçants en France) sont en mesure d’accepter les paiements sans contact.

Cela reste faible mais la grande distribution et les enseignes de restauration rapide montrent un certain volontarisme pour accélérer l’adoption : Casino, Intermarché, Super U, Dia, Monoprix, E. Leclerc dans la première catégorie et McDonald, Flunch, Brioche Doré dans l’autre.

Des marques spécialisées phares de distribution comme Décathlon, Leroy Merlin ou IKEA montrent aussi un certain dynamisme.

Smartphone : l’autre canal de paiement sans contact

Au-delà des cartes bancaires, il est possible d’exploiter le sans contact à travers son smartphone : Android et Windows pour le moment en France. En attendant qu’Apple désormais adepte du NFC déclenche cette option sur l’iPhone en Europe.

On recense actuellement une cinquantaine de modèles compatibles NFC sur le marché français. Tous opérateurs confondus, c’est un parc de 7,2 millions de mobiles NFC qui se trouve en circulation sur le territoire.

« En France, près de 8 sur 10 mobile sous système d’exploitation Android vendus par Orange en janvier 2015 étaient NFC : Samsung, Sony, HTC, LG, Alcatel parmi les principaux fabricants », égrène Thierry Millet, Directeur des Services Financiers Mobiles et NFC d’Orange.

Plus de 1 mobile sur 2 écoulé par Orange est compatible sans contact. Le groupe télécoms compte lancer une offre nationale dans ce sens d’ici la fin de l’année mais 5 villes sont déjà dans la boucle (Caen, Strasbourg, Lille, Rennes et Nice).

De leur côté, les banques favorisent plutôt l’approche porte-monnaie électronique pour avancer dans le paiement sans contact. Les groupes BNP-Paribas, CM CIC, Banque Postale, Société Générale et Crédit Agricole poussent le service Paylib.

Comment agrandir l’écosystème du sans contact ? De grandes villes se sont associées à ce type de déploiement comme Strasbourg, Lille, Caen, Bordeaux, Lyon, Marseille et Rennes.

L’Association française du Sans Contact Mobile (AFSCM), qui fédère les opérateurs mobiles, tentent d’avancer sous le label Cityzi, territoire par territoire (Nice, Strasbourg).

Une petite campagne dédiée au paiement mobile sans contact sous forme de spots TV a été enclenchée en début de mois. Elle s’échelonne jusqu’à fin mai.

« Pour accélérer ce mouvement, il faut jouer collectif », a insisté Axelle Lemaire, selon les propos retenus par BFM TV.

La secrétaire d’Etat au numérique a suggéré aux banques de réduire les commissions bancaires liées au sans contact pour inciter les commerçants et a évoqué également le rôle des collectivités. Mais les enjeux dépassent le microcosme NFC de la France.

Il faut être en mesure de résister face à des mastodontes comme Google, Apple ou Samsung qui se lance dans la paiement mobile sans contact via sa nouvelle génération de smartphones Galaxy S6.

Sécurité IT : une mauvaise image du sans contact…Dommage

D’autres supports physiques vont arriver sur le marché. On le voit avec Apple qui veut exploiter le NFC via l’iPhone 6 mais aussi l’Apple Watch. Mais on peut imaginer un myriade d’objets connectés comme des porte-clés ou des bracelets.

Ce qui va constituer un défi pour la sécurité IT…Un sujet qui fait bondir Pierre Métivier, ex- Délégué général du Forum SMSC qui a monté sa propre société de consulting sur le sans contact ( Net-7 Innovation) et qui a écrit un livre de sensibilisation aux usages du NFC (« Le mobile NFC, télécommande de notre quotidien », Editions AFNOR).

En participant à la conférence de presse organisée vendredi dernier, il souligne que « le gouvernement et les industriels vont dans le même sens, donnent des chiffres et rappelle que le paiement sans contact est sécurisé. » Mais il reste un obstacle principal à ses yeux : « L’image du sans contact qui est véhiculé ».

Pierre Métivier précise sa pensée : « La TV, la presse et la blogosphère aiment bien dire que ce n’est pas sécurisé. Une sorte de French bashing que j’ai du mal à comprendre. »

Sur ce point délicat, il faudra davantage se retrousser les manches pour gagner en crédibilité et donc en confiance.

BlaBlaCar affirme sa domination du covoiturage européen

La société française BlaBlaCar étend son activité en Europe en faisant l’acquisition de rivaux allemands et hongrois.

Déjà leader européen dans la mise en relation d'utilisateurs du covoiturage, la société française BlaBlaCar étend son marché d'Amsterdam à Zagreb.
Déjà leader européen dans la mise en relation d’utilisateurs du covoiturage, la société française BlaBlaCar étend son marché d’Amsterdam à Zagreb. © EFE/Newscom/MaxPPP

Le covoiturage est-il l’avenir de la mobilité ? C’est le pari de la start-up française BlaBlaCar qui a annoncé mercredi l’acquisition de son principal rival, l’allemand Carpooling.com, et de la société hongroise AutoHop, renforçant ainsi sa position de leader sur le marché européen du covoiturage, après seulement neuf ans d’existence. Ces deux acquisitions, dont les montants n’ont pas été précisés, permettent à la société française de renforcer son maillage et sa domination en Europe.

Service unifié d’Amsterdam à Zagreb

Carpooling.com, plus connu outre-Rhin sous l’appellation « mitfahrzentrale.de », « est le plus ancien service de covoiturage longue distance en Allemagne« , a souligné BlaBlaCar dans un communiqué. Fondé en 2001 et soutenu à l’origine par le géant de l’industrie automobile germanique Daimler, Carpooling a contribué à populariser le covoiturage en Allemagne et son acquisition « va accroître de manière significative la communauté de BlaBlaCar dans le plus grand pays d’Europe », a ajouté l’entreprise française. Avec le rachat d’AutoHop, basé à Budapest, le numéro un européen du secteur va en outre prendre pied en Hongrie, en Roumanie, en Serbie et en Croatie, et pourra « proposer un service de covoiturage unifié dans toute l’Europe, désormais sans frontières d’Amsterdam à Zagreb ».

Partager les coûts

Créé en 2006 sous le nom de « covoiturage.com », BlaBlaCar poursuit son expansion fulgurante et revendique désormais « plus de 20 millions de membres dans 18 pays, en Europe et en Asie ». Son système consiste à mettre en relation des automobilistes proposant un trajet et des voyageurs, une partie de la somme revenant au site jouant le rôle d’intermédiaire. Les coûts du trajet, essence et péages, sont partagés entre les passagers. Depuis sa première implantation en Espagne en 2009, la start-up s’est exportée au Royaume-Uni en 2010, au Portugal, en Italie, au Benelux et en Pologne en 2012, en Allemagne en 2013, en Russie, en Ukraine et en Turquie en 2014 et enfin en Inde début 2015. Cet essor qui se fait désormais à l’échelle mondiale a été financé par des levées de fonds exponentielles : 10 millions de dollars en 2012, puis 100 millions de dollars (73 millions d’euros) en juillet 2014, une somme record pour une start-up française. Le président fondateur de BlaBlaCar, Frédéric Mazzella, évoquait alors des projets d’implantations dans une demi-douzaine de pays, en particulier en Amérique du Sud, au Brésil. Les annonces de BlaBlaCar ont été saluées sur Twitter par le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, pour qui « la French Tech (est) en route vers (la création d’)un nouveau leader mondial du numérique ».

« Champion européen » contre « hégémonie américaine »

L’émergence d’un « champion européen » de la mobilité facilitée par le numérique a par ailleurs fait l’objet d’un avis du Conseil économique, social et environnemental (Cese), publié mardi. L’assemblée consultative propose de « construire, à partir des grandes entreprises françaises du secteur et en s’appuyant sur leur dynamisme, un champion européen à la taille de l’enjeu », ce que le Cese a déjà baptisé « l’Airbus de l’e-mobilité ». La concentration est déjà engagée sur le marché français, notamment avec le rachat de Buzzcar par Drivy dans le créneau de la location de véhicules entre particuliers. Cette acquisition s’est doublée d’une levée de fonds de 8 millions d’euros permettant de multiplier par deux le tour de table de Drivy, qui revendique 500 000 membres et 26.000 voitures à louer en France et en Allemagne. Le Cese appelle à « éviter une hégémonie américaine dans le secteur de la mobilité », allusion à peine voilée au leader mondial du véhicule de transport avec chauffeur (VTC), le californien Uber, dont les ambitions ont provoqué une forte résistance des chauffeurs de taxi dans plusieurs pays d’Europe.

Distribution des dividendes : quel type d’entreprise verse les sommes les plus élevées ?

La réponse se trouve dans la dernière étude « « 20 ans de distributions de dividendes en France 1992-2011 » réalisée par l’Institut Français de Gouvernement des Entreprises (IFGE) en partenariat avec l’institut de recherche MiddleNext. Découvrez les détails !

En utilisant  la base GEF/IFGE, cette étude de la série «  Preuves à l’appui » met en évidence comment, entre 1992 et 2011, les entreprises ont produit et distribué une part de leur richesse à leurs actionnaires.

En 20 ans, le montant des dividendes versés par les entreprises cotées a été multiplié par 7 mais la part des profits versés en dividendes est restée stable autour de 30%.

Ainsi, sur 20 ans, les entreprises de l’échantillon (environ 790) ont distribué un peu plus de 550 milliards de dividendes et la distribution diffère selon la nature des premiers actionnaires. Par premier actionnaire on entend l’actionnaire qui possède la plus grande part de capital, quel que soit le montant de cette part. L’étude distingue 6 types de premiers actionnaires : un individu, une famille, une entreprise, l’Etat, les salariés et des investisseurs financiers.

Les entreprises individuelles ou familiales ont versé relativement moins de dividendes que les entreprises possédées par des fonds, mais également moins que les entreprises publiques.

Ce sont les entreprises dont le premier actionnaire est l’Etat ou les salariés qui distribuent les sommes les plus élevées. Pour les entreprises publiques, ce résultat est influencé par la taille des entreprises qui sont généralement très grandes.

Les entreprises dont l’actionnaire principal est l’Etat ou les salariés versent des dividendes beaucoup plus élevés que la moyenne alors que celles détenues par d’autres entreprises, par des familles ou des individus versent moins que la moyenne.

Pour corriger l’effet taille des entreprises, il est intéressant de regarder le montant des dividendes en pourcentage du résultat. Ce chiffre donne une idée de la « générosité » vis-à-vis des actionnaires. Et on constate que les entreprises dont l’actionnaire principal est l’Etat ont été les plus « généreuses » depuis 2004.

L’Etat que l’on entend souvent critiquer la politique de distribution au profit des actionnaires et au détriment des salariés est bien mal placé pour donner des leçons quand on voit comment il est traité quand il est actionnaire principal. Ces chiffres confirment ce que Hervé soulignait en juillet 2012 dans son post « Distribution de dividendes : l’Etat (mauvais) donneur de leçons? ».