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Comment vaincre la procrastination en quatre étapes

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La procrastination est un un fléau qui touche énormément de personnes dans le monde du travail. Heureusement, il existe de nombreux moyens pour lutter.

Plutôt que d’attendre de vous retrouver submergé au point de ne plus pouvoir vous concentrer, essayez de lutter contre la procrastination et de vous occuper sans fléchir de vos projets en retard. Voici quatre conseils faciles à suivre pour trouver et conserver votre motivation au travail.


Identifier le « pourquoi »

Y a-t-il une tâche que vous remettez sans cesse à plus tard ? Des distractions dans votre espace de travail ? Une fois les obstacles s’appliquant à votre cas déterminés, cherchez comment les surmonter. Les projets importants paraissent parfois écrasants, en particulier en cas de manque de temps. Diviser les tâches importantes en petits morceaux, définir des sous-objectifs ou travailler par petites salves sont des méthodes qui ont fait leurs preuves. De cette façon, les tâches qui planent constamment au-dessus de vous pourront enfin être rayées rapidement de votre liste.

S’inspirer d’un collègue

Parfois, il suffit d’un peu de coopération pour abattre les tâches plus rapidement. Entourez-vous de collègues créatifs ayant des perspectives variées. Ils auront sûrement des idées auxquelles vous-même n’auriez probablement pas pensé.

 

La collaboration augmente également vos chances d’accélérer votre production et de réussite de vos projets en cours. Avec en plus un outil de gestion de workflows ou de collaboration, vous pourrez assurer une organisation et une communication parfaites au sein de votre équipe.

Changer son espace

De légers changements dans votre environnement peuvent avoir un énorme impact sur votre disposition au travail. Changez de vue, déplacez des objets sur votre bureau, ou travaillez à distance de temps en temps. Tout cela peut avoir l’effet positif de vous donner une impression de nouveauté et vous rendre votre motivation.

Une étude publiée récemment révélait que 80 % des gens étaient tout aussi productifs (voire davantage) en travaillant depuis leur domicile. Cherchez un jour qui ne soit pas rempli de réunions et autres dates limites, et un environnement stimulant la productivité, comme un café ou votre table de cuisine. Puis mettez-vous au travail.

 

Remettre les pendules à l’heure lorsque nécessaire

À l’approche de la fin de semaine, votre liste de tâches sera parfois aussi longue qu’elle ne l’était le lundi. Si c’est le cas, profitez du jeudi matin pour identifier les éléments à traiter en priorité avant la fin de la semaine, puis focalisez-vous sur ces tâches.

 

Bien que la capacité des salariés à gérer plusieurs tâches en même temps soit valorisée dans de nombreuses cultures d’entreprise, un certain nombre d’études ont révélé que faire trop de choses simultanément peut augmenter le taux de cortisol, l’hormone du stress. Plutôt que de risquer de craquer ou d’être submergé, concentrez-vous sur vos priorités pour rester productif, et terminez d’abord les projets les plus critiques.

 

Il peut être difficile de vaincre une inclinaison à la procrastination. Ne soyez pas trop dur avec vous-même si vous n’y parvenez pas. Nous connaissons tous des jours ou des semaines pendant lesquelles, quoique nous fassions, nous avons l’impression d’arriver à rien. La clé est de trouver un système qui fonctionne pour vous et de continuer à travailler.

Chronique de Alain Logbo

7 attitudes pour ruiner son intégration dans une nouvelle équipe

Vous venez de débarquer dans une nouvelle entreprise, ou dans un nouveau service, et devez donc prendre vos marques. Voici les 7 attitudes à éviter si vous voulez vous intégrer dans ce nouveau job.

Ne pas savoir parler de soi

Tellement sûr de vous et de votre valeur (ou alors ultra-timide), vous débarquez dans une nouvelle équipe sans prendre la peine de vous présenter. Grossière erreur. « La première impression doit être la bonne. Donc, si vous ne vous entraînez pas à dire qui vous êtes, d’où vous venez et ce pour quoi vous avez été embauché, vous avez toutes les chances de rater votre entrée en matière », prévient Maya Khallouf, responsable du coaching au sein du cabinet Right Management France.

 

Faire toujours référence au passé

« Dans mon précédent job, j’avais mis en place cet indicateur de suivi qui a grandement favorisé la croissance du CA », « comment ça, vous n’avez de réseau social interne. Dans mon ancienne boîte, cela m’aidait beaucoup… « . À vous entendre, vous étiez très bien dans votre poste d’avant. Mais alors, que faites-vous là ? Pourquoi avoir accepté ce nouveau challenge ? Bref, à ce petit jeu, vous risquez de vous entendre dire « mais retournes-y. On ne te retient pas ».

 

Faire l’impasse sur l’observation

Fraîchement embauché, vous avez évidemment à cœur de montrer de quoi vous êtes capable. Et pour cela, rien de tel que de foncer dans ce que vous imaginez être les tenants et les aboutissants de votre fonction. « Vouloir se positionner rapidement face à l’équipe est une grossière erreur. Vous devez au contraire observer la grammaire, donc les rouages, du business et de la cohésion de l’équipe. Prenez également le temps de décrypter l’implicite », conseille Vincent Dicecca, consultant et formateur en leadership et management chez CSP. En cas de conflit par exemple, comment est géré le problème ? Quel est le mode de résolution retenu ? « Si un corps étranger vient à bousculer le fonctionnement établi d’une équipe, il est fort à parier qu’il sera rejeté. Pire, que l’équipe renforcera sa cohésion contre ce nouvel élément », ajoute-t-il. Faites preuve de patience.

 

Fayoter dans le bureau du boss

C’est tentant quand on est nouveau de chercher la protection de son manager. Souvent pour se rassurer, parfois pour s’assurer d’être du bon côté. « Cette démarche risque d’agacer profondément le reste de l’équipe. Cherchez du feed-back de son boss d’accord, mais pas en permanence », explique Maya Khallouf.

 

Refuser de déjeuner avec les collègues

Bien élevés et bienveillants, certains collègues vont sans doute vous inviter à partager la pause déj avec eux. « Refuser serait faire preuve de non ouverture aux autres et de manque de curiosité », commente Maya Khallouf. Donc, même si vous aviez prévu des déjeuners à l’extérieur ou si vous aviez pilates, annulez et profitez-en pour échanger de manière informelle avec vos nouveaux collègues.

 

Ne rien proposer

Vous allez sans doute vous dire « Faut savoir, observer ou agir ? ». Oui mais observer ne vous dispense pas d’agir. Donc passez à l’action mais dans la limite du périmètre qui vous incombe. Montrez votre valeur ajoutée mais jamais au détriment des forces en place. Pour cela, suggérez sans imposer.

 

Ne pas chercher de feed-back auprès de l’équipe

C’est le meilleur moyen d’entretenir une vision parcellaire de votre prise de poste. « Il existe parfois un grand décalage entre la manière dont le nouvel arrivant se vit dans l’équipe et la manière dont l’équipe vit son arrivée », constate Vincent Dicecca, également auteur Des 5 clés pour réussir ses 1ers pas de manager (Dunod, 2014). Que cela soit lors de moments informels ou de sessions collectives, demandez-leur un feed-back au bout de 2 ou 3 semaines.

 

Vous l’aurez compris, si vous n’adoptez pas ces postures mais plutôt leur exact opposé, alors vous avez de grandes chances de réussir votre arrivée dans la nouvelle équipe. À vous de voir.

Sylvie Laidet

7 clés pour mieux argumenter et convaincre, le pouvoir des métaphores

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Dans une équipe ou lors d’une soirée réseau, vous cherchez à présenter votre activité de façon plus impactante, à valoriser une idée ou rendre votre argument plus convaincant… Le langage imagé est un puissant levier de communication. En plus, vous verrez, vos contacts adorent ça !  

Le langage imagé, qu’est- ce que c’est, comment ça marche ?

 Il vous est sans doute déjà arrivé de sortir perplexe d’une réunion de travail avec le sentiment désagréable d’être saturé d’informations, d’analyses et d’arguments contradictoires. Pour utiliser une image, vous avez la tête comme une bouteille que vous remplissez avec un jet d’eau très puissant: la bouteille finit par déborder sous la pression avant même d’être pleine. Notre cerveau gauche, siège de l’analyse, peut traiter au plus de 7 éléments d’information à la fois. Une bonne raison selon Arnaud de Staël, coach et hypothérapeute, « de solliciter son cerveau droit, siège des émotions et de la créativité, lequel fonctionne de façon globale, permanente et sans limite. Pour utiliser une autre image, imaginez votre cerveau gauche devant un arbre, il l’observe, l’analyse, puis passe à l’autre arbre à côté et recommence son étude et ainsi de suite. Tandis que votre cerveau droit qui passait lui aussi par là s’émerveille : « Oh, la belle forêt ! ». Vous l’avez compris le langage imagé, par ses symboles, ses analogies, ses métaphores, ses histoires, parle au cerveau droit, et peut ainsi établir une communication plus riche, plus immédiate et à un niveau également plus profond.

Les 7 bénéfices du langage imagé.

Les Indiens d’Amérique avec leur culture chamanique n’ont pas attendu la science occidentale pour comprendre le fonctionnement du cerveau dans ses deux dimensions et l’importance du cerveau droit pour donner du sens et favoriser les apprentissages. Jugez plutôt…

Bénéfice #1 : Donner du sens.

Gérard Caron, fondateur de l’agence de design Carré Noir nous rapporte une belle histoire qui illustre comment l’approche symbolique l’a fait avancer dans la compréhension de son métier.
« C’était lors d’un voyage de formation aux États-Unis. Un jour, un de mes enseignants, un Indien New Yorkais me montre un autre homme, visiblement de la même origine.
– Que voyez-vous ?
– Et bien… Un homme.
– Vous, vous ne savez pas regarder. C’est un Indien. Et il n’est pas tout seul.
À côté de lui, il y a un Classique.
– Un Classique ???
– Oui, un Indien est toujours accompagné par son Classique, sinon, très vite, il
est perdu. De même, on ne voit jamais un Classique sans son Indien, sinon,
très vite, il devient fou. »

Son image m’a d’abord frappé, puis intrigué. J’ai mis un temps à réaliser qu’il m’avait donné une clé applicable tant au niveau professionnel que personnel. L’Indien et son Classique, c’était moi et tout-un-chacun ! Dans la pratique de mon métier, je cherche depuis à faire dialoguer la partie émotionnelle et la partie rationnelle.

Bénéfice #2 : Mieux se faire comprendre.

Une métaphore permet de sortir du cadre strict d’un échange et crée ainsi un intérêt plus vif, une curiosité quasi-enfantine. L’impact est d’autant plus fort que l’image est inattendue, tout en se rattachant à une expérience commune.
Marcel Botton, fondateur Nomen, la première agence de création de noms de marques doit souvent répondre à cette objection :
« Les études qualitatives effectuées sur quelques personnes ne sont pas représentatives de la population générale ».
Il procède alors par analogie et compare ces focus-groupes à la radiographie :
« à l’intérieur du corps on découvre des tas de choses qui n’étaient pas observables avant, comme par exemple, la forme des organes, leur position asymétrique. Quelques observations suffisent. En revanche, on peut rapprocher les études quantitatives à la toise de la visite médicale : il faut un grand nombre de mesures pour constater l’augmentation de la taille des Français d’une génération sur l’autre ».

Bénéfice #3 : L’appropriation du message.

Lorsque vous employez une histoire ou une métaphore pour exprimer une idée, vous n’expliquez rien et donc laissez le soin à votre interlocuteur de comprendre et décrypter lui-même vos propos, comme son professeur avait incité Gérard Caron à le faire. Cette démarche active lui permet alors de s’approprier d’autant plus un message qu’il a contribué à le formuler et à lui donner un sens. Pour cette raison, la formatrice Marine Cousin-Bernard incite ses stagiaires par des questions ouvertes de traduire leurs problèmes et leurs besoins par des images. Ainsi à l’un à l’un d’entre eux qui hésitait à créer son entreprise, elle lui demande d’imaginer à quoi ressemblent ses freins. Celui-ci se met alors à créer un vaste paysage de montagnes dans lequel il trouve lui-même la réponse : la plus haute montagne qui bloque la route, symbolise son frein principal : les démarches administratives. À l’aide d’éléments symboliques de son paysage, il se représente les actions concrètes et réalisables pour surmonter l’obstacle.

« Le langage imagé marche d’autant mieux, renchérit Arnaud de Staël, coach et hypnothérapeute, quand vous développez votre métaphore sans marquer d’intention, sans insistance particulière, comme à l’improviste car votre interlocuteur a d’autant plus le sentiment de découvrir par lui-même le sens de vos propos. »

Bénéfice #4 : Gagner du temps.

Le langage imagé créé des raccourcis qui permettent à vos interlocuteurs de comprendre quasi instantanément des idées ou des notions qui demanderaient de longs développements dans un langage analytique. Ainsi Gérard Caron, pour répondre à une aussi vaste question que « Une identité visuelle, qu’est-ce que c’est ? », répond simplement en montrant une affiche de Coluche où tout est le nez rouge, la salopette, les croquenots jaunes, tout… sauf lui.

Autre gain de temps : l’effet coupe-file. 
Dans une soirée réseau, vous avez rejoint un groupe où la discussion est très animée. Difficile d’en placer une ? Faites ce test : commencez votre phrase par « A propos, vous connaissez l’histoire du gars qui… ». Tout le monde s’arrête pour vous écouter. Vos contacts sont comme Bernard Sananès, coach t formateur quand il déclare : « L’abstraction le fatigue. Le visuel rend votre propos plus concret et donc plus immédiat. En rendant vos propos très imagés, c’est comme si vos interlocuteurs arrêtaient d’écouter la radio et se retrouvaient au cinéma et s’immerger dans un film. Vous donnez à voir, là où un discours abstrait et conceptuel donne à penser ».
Ceci dit, maintenant que tout le monde vous écoute, à vous d’assurer !

Bénéfice #5 : Dégager un consensus.

Une image, par son immédiateté présente aussi l’intérêt de déclencher une réaction spontanée, qu’elle soit d’adhésion ou de rejet. Marine Cousin-Bernard propose aux participants à ses formations de découper des images dans les journaux les plus en résonance avec leur objectif de stage et de se concerter pour n’en retenir qu’une, à partir de laquelle un consensus pourra plus rapidement s’opérer pour définir les moyens d’atteindre l’objectif.
A contrario, reprend notre formatrice, pour définir la future campagne de communication d’une entreprise, il arrive que les participants qui s’étaient pourtant mis d’accord lors d’une réunion préparatoire, soient déconcertés par le résultat, par exemple une annonce publicitaire « qu’ils ne la voyaient pas comme ça ».

Bénéfice #6 : La proximité.

Les métaphores, qu’elles soient tirées de contes anciens, de faits d’actualité, d’observations scientifiques, d’histoires ou d’expériences personnelles, renvoient toutes à un savoir, à un imaginaire et un vécu communs. Elles brisent ainsi plus facilement la glace, rapprochent, crée des connivences. Marcel Botton se souvient encore de sa rencontre à 18 ans avec son voisin de Ville d’Avray : Jean Rostand. Le voyant intimidé, le fameux naturaliste et moraliste, lui explique que la différence entre eux est microscopique et tient à une simple séquence d’ADN.

Bénéfice #7 : La mémorisation.

Ce dernier bénéfice se déduit des précédents. L’impact, la rapidité, l’émotion sensible, la surprise, le recours à des référents communs, l’investissement psychologique de votre interlocuteur dans le décodage des images, toutes ces qualités conduisent naturellement le langage imagé à graver dans l’esprit de vos contacts la teneur de vos propos.

3 conseils pratiques pour vous y mettre.

Tous, nous émaillons déjà naturellement et sans difficulté nos propos d’images et de symboles : un tel est d’accord pour « se jeter à l’eau », un autre « prend la clé des champs » même s’il lui reste « du pain sur la planche », etc. Le problème, c’est que ces expressions en tombant dans le langage commun, se sont dévitalisées : les images sont devenues des clichés. Il s’agit donc d’inventer vos propres images ou d’en puiser dans un stock d’histoires en sachant les raconter à propos. Gérard Szymanski, formateur en PNL et auteur de La métaphore, voix royale de la communication, vous livre quelques clés pour vous débarrasser de vos préjugés et aller de l’avant.

Premier préjugé : je ne retiens pas les histoires.

Mais vous êtes capables de retenir le nom d’une personne importante ? Si une histoire l’est pour vous, ce sera pareil. Observez ceux qui enchaînent les histoires drôles dans un dîner Comment font-ils ? Dès qu’ils ont fait une trouvaille, ils la racontent plusieurs fois dans des cercles différents : famille, amis, collègues, etc. Au bout du compte, non seulement ils l’auront mémorisée, mais ils lui auront donné leur propre style.

Deuxième préjugé : je ne sais pas raconter.

Imaginez qu’il s’agit d’une langue étrangère et que vous avez très envie de visiter le pays où elle est parlée. Plus généralement interroge Gérard Szymanski, « A quel âge avez-vous décidé de devenir vieux et de ne plus vous développer ? »

Je risque de ne pas être pris au sérieux. 
C’est vrai qu’il faut oser. Mais plutôt que de parler de risque, il vaut mieux parler de chance ! La chance note Gérard Szymanski « de créer une rupture et le changement de ton qui réveille un auditoire, tandis que le robinet d’eau tiède d’un discours monotone, fût-il de haute précision, a des effets hypnogènes garantis ».

 

Et si on prenait enfin le temps de réfléchir ?

reflexion

« L’actualité va si vite que nous avons l’impression de ne rien retenir. La culture entrepreneuriale se nourrit d’articles annonçant des levées de fonds, des concours et présente pléthore de startups qui disruptent tout et n’importe quoi, avec pour ambition d’uberiser leur secteur ». C’est le début du manifeste deWydden Magazine. Mais cela pose une question de fond : l’entrepreneur n’a-t-il pas besoin de remettre en cause ses idées, ses convictions, sa vision pour rester performant ? Kirzner, économiste autrichien, parlait d’alertness. Mais comment rester alerte quand tout ce qu’on lit et voit n’a aucune saveur ?

Génération Tinder

L’entrepreneur a pris, avec le temps, l’habitude de tout lire en travers, en diagonale, en pointillé. De ne pas lire en fait. Pire, six internautes sur dix partageraient des informations… sans les avoir lues, selon une étude publiée par le Washington Post. Lepersonal branding a donc pris le pas sur l’information de qualité.

En réalité, nous reproduisons avec l’information ce que nous faisons déjà avec le reste. À savoir, une consommation excessive, presque morbide, mais qui reste en surface. Pourquoi creuser un sujet quand je peux en lire dix de travers ? L’hyper connexion, les notifications, BFM TV nous habituent à cette junk information. La masse n’est que rarement compatible avec la qualité. Et que dire de cette course à l’exclusivité ? Est-il vraiment important de savoir qui a sorti l’information en premier si l’analyse qui l’accompagne est pertinente ?

Le web et la course à l’audience ont-ils fait perdre tout sens critique, nous ont-ils contraints à une similitude éditoriale et un fouillis informationnel?

Dernièrement, le patron de StreetPress, Johan Weisz expliquait qu’ « un média perdait de l’argent quand il faisait de la qualité ». Pourtant dans le même temps, des revues comme XXI, des sites comme Spicee ou des magazines comme Wydden séduisent des amateurs de qualité et gagnent de l’argent. La qualité prend du temps et a un prix, une vérité qu’internet nous pousse parfois à oublier.

Il est vrai que la fast life des entrepreneurs parait éloignée de la slow information. Pourtant, l’entrepreneur a besoin de lenteur et de réflexion pour rester performant. Usain Bolt ne s’entraine pas que sur 100m, car pour être performant sur 100m il faut travailler en profondeur et sur des distances beaucoup plus longues. L’entrepreneur doit rester en alerte sur les tendances globales et pas que celles de son marché. Il doit garder une ouverture d’esprit et le recul nécessaire à la prise de bonnes décisions. La slow information répond à ce besoin, à la fois par la qualité et l’angle des articles choisi, mais aussi parce qu’elle permet de décrocher le temps d’une lecture de son quotidien.

Six internautes sur dix partagent des informations… sans les avoir lues.

L’apologie de la lenteur

Le slow movement est né dans les années 80. À l’époque, il n’avait que pour objectif de contre carrer les plans des fastfoods. L’escargot envahi petit à petit tous les domaines : art, voyage, sexe et bien sûr les médias. L’entrepreneuriat reste encore très loin de cette mouvance. Et dans l’écosystème start-up, il est tout simplement inexistant. Il faut dire que les chances de survie des futures ex licornes à 18 mois sont tellement faibles que les entrepreneurs n’ont pas vraiment de temps à perdre. Pierre Desproges diasait qu’« il est payant parfois de savoir prendre son temps. Les tronches défaites du bâfreur hâtif et de l’éjaculateur précoce sont éloquentes à cet égard.» CQFD.

La qualité prend du temps et a un prix, une vérité qu’internet nous pousse parfois à oublier.

Pourtant, qui peut se passer, dans un processus créatif, d’information de qualité ? De reportages de fond, d’ articles inattendus, de portraits, de philosophie et d’humour. En réalité, il n’existe pas aujourd’hui de journalisme fait par des entrepreneurs pour les entrepreneurs. Une autre presse que celle qui glorifie les levées de fonds et qui fait croire que l’entrepreneuriat est un processus facile. La slow information questionne plus qu’elle n’apporte de réponses, mais n’était-ce pas ce dont ont besoin tous les entrepreneurs ?

La hype startup de ces derniers temps a vu naitre des analyses qui n’apportent rien, des JT qui utilisent le mot startup à tout va et d’un manque criant de recul. Où sont donc passés les contenus de fond, ceux qui nous font réfléchir, ceux qui nous confrontent à nos certitudes, nous donnent envie d’interagir, et nous permettent de nous forger notre propre opinion? Le web et la course à l’audience ont-ils fait perdre tout sens critique, nous ont-ils contraints à une similitude éditoriale et un fouillis informationnel ? L’entrepreneur a besoin d’un contenu différent. Un contenu unique. Un contenu libre de tout modèle de masse, de tout annonceur, de toute bien-pensance entrepreneuriale uniformisée. Et de toute rapidité.

« Qui va piano, via sano ». Tout va si vite, ralentissons. Réfléchissons. Créons.

Kevin Bresson

Leaders, managers ? Quelle différence ?

Group of friendly businesspeople with happy female leader in front

On a souvent tendance à confondre ces deux mots. Leadermanager ; deux définitions du chef ? Pas vraiment.  Il ne faut pas confondre. Il s’agit de deux mots assez différents quand on se donne la peine de se pencher sur leur véritable contenu.

Un bon manager n’est pas forcément un leader. L’inverse non plus. « Leader » et « Manager » n’ont d’ailleurs pas la même origine étymologique. « Leader » est un vieux mot anglo-saxon qu’on retrouve dans tout le nord de l’Europe et qui veut dire : route, chemin, la trace d’un bateau sur la mer. « Manager » vient du latin « manus », la main, qui a donné, en italien “maneggiare” et en français “mesnagement”, pour la main qui tient l’épée, la barre, les rênes d’un cheval. C’est de là qu’est venu le terme management. Un mot bien français, donc.

Alors, comment peut-on les définir plus précisément, sans verser dans la caricature ? Disons, pour simplifier, que les Managers font bien les choses et que les Leaders prennent les bonnes décisions.

S’il est bien sûr indispensable que tout chef d’entreprise soit aussi un manager compétent, sachant, entre autres, administrer et contrôler, il faut, avant tout, qu’il sache se comporter en leader, inspirant les autres, suscitant l’enthousiasme et l’engagement, capable de former des équipes et de les faire travailler à l’unisson. Il sait définir les valeurs de l’entreprise et les faire respecter, se voir reconnu comme un véritable architecte social. Savoir conduire, savoir commander, c’est d’abord savoir insuffler à d’autres, le désir de travailler ensemble, sous sa conduite, dans le but d’atteindre un objectifcommun.

Un bon management, c’est La planification et le budget, l’organisation et la gestion du personnel, le contrôle et la résolution des problèmes, l ‘art de prendre des décisions imparfaites sur la foi d’informations incomplètes.

Un bon management produit un degré de prévisibilité et d’ordre, susceptible de conduire, rapidement, aux résultats escomptés.

Un bon management, c’est la concentration sur la dernière ligne « la bottom line », comme disent les américains.

Le leadership, c’est la première ligne : que veux-je accomplir ?

Le leadership ne nait pas d’un pouvoir délégué mais d’une reconnaissance, une adhésion.

Le leadership se détecte à la capacité du leader à faire grandir son entourage. Ce n’est ni la mise en scène de son égo, ni de la coercition. Au contraire, un leader sait s’entourer de gens, plus forts que lui, car il a, avant tout, une grande confiance en soi et n’a nul besoin de se pavaner ou de se mettre en avant. Il se révèle au travers de sa simplicité, de sa sincérité et de son courage dans la conduite des hommes. Il partage une vision, Il sait convertir sa vision en une stratégie simple et claire pour tous, Il entraîne la communauté vers de grands horizons, Il installe des valeurs dans lesquelles se reconnaissent, la quasi-totalité de ceux qui l’entourent. Il sait fédérer le groupe.

Un leader créé le mouvement en marchant, c’est d’ailleurs là son principal talent. Il est capable d’importer de l’angoisse et d’exporter de l’énergie positive. On mesure la qualité d’un leader au nombre de leaders qu’il a développés. Il sait créer des ruptures.

Il n’y a pas de leadership quand, comme le font malheureusement les hommes politiques, on ne gouverne qu’en fonction des sondages d’opinion.

Un leader ne se compare pas aux autres, ses convictions sont profondes. Il a une vision et une passion et sait les faire partager.

Il aime apprendre, il aime l’innovation, il sait dépasser les limites de sa zone de confort. Il ne cherche pas d’excuses, il trouve des opportunités. Il n’a pas besoin de titre, son autorité est naturelle.  Les obstacles sont, pour lui, l’occasion de trouver d’autres voies.

Un leader choisit d’abord ce qui est bon pour l’entreprise, assume la responsabilité de ses décisions, communique lui-même ses choix, se concentre sur les opportunités plus que sur les problèmes, évite de passer son temps dans des réunions improductives, et préfère dire « nous » que « je ».

Un leader sait inspirer les membres de son équipe afin qu’ils deviennent, à leur tour, des leaders.

Un leader, enfin, c’est Bonaparte au Pont d’Arcole, prenant tous les risques, relevant et brandissant un drapeau, se précipitant à la tête de ses troupes, pour leur faire franchir un pont, quitte à tomber à l’eau sous la mitraille de l’ennemi.

Alain Goetzmann

Pitch perfect : comment réaliser le pitch parfait ?

Le pitch et sa version sur-vitaminée, l’elevator pitch, sont des prises de parole déterminantes pour le succès de tout projet entrepreneurial. En quelques secondes, l’entrepreneur doit exposer clairement et simplement l’objet de sa start-up pour un objectif bien déterminé : lever des fonds auprès d’investisseurs, convaincre un talent de rejoindre l’aventure, persuader un journaliste d’écrire un article…

Réussir ces pitchs requiert ainsi des compétences solides en prise de parole en public. Voici 5 conseils qui pourront vous aider à perfectionner vos présentations.

Faire simple !

Le principal objectif d’un pitch est de transmettre en quelques mots l’essence de votre projet. Pour cela vos explications doivent être aisées à comprendre ; ainsi forcez-vous à simplifier votre message au maximum, comme si vous vous adressiez à des enfants. Tout doit être très clair dans l’esprit de votre audience de sorte que les questions qui subsistent soient des questions d’approfondissement plus que de vérification de ce que vous avez dit.

Acquérir cette pédagogie demande de construire des phrases courtes, sansbuzzwords, mots techniques ou jargon.

N’exprimez pas plus de 3 idées clés…et répétez les

En moyenne, l’audience retient un nombre (très) limité d’informations (d’autant plus si vous êtes le dixième entrepreneur à présenter votre projet). Ainsi, il est essentiel de bien structurer son intervention avec un maximum de trois idées principales ; les écrire en amont peut vous aider à les mémoriser et ne jamais les perdre de vue – tel des jalons à franchir – qu’importe la configuration de votre prise de parole.

Chaque idée importante et structurante doit idéalement être répétée 3 fois :

  • Les annoncer en introduction pour les présenter brièvement
  • Les développer dans le cœur de votre introduction
  • Les résumer en conclusion pour marquer les esprits

 

Soyez concret

Décrire l’activité d’une entreprise avec des mots peut être complexe et abstrait. Ainsi, rien de plus efficace que d’évoquer un problème concret que nous rencontrons tous et que votre entreprise est à même de résoudre. Pour que votre message reste graver dans les mémoires de l’audience, il doit directement toucher la vie quotidienne de votre audience révélant alors l’utilité de votre projet.

Pour cela, les récits – le storytelling – est une technique très efficace car à travers une histoire captivante vous partager votre activité, vos valeurs et même vos ambitions.

Perfectionnez votre posture

Pour que votre pitch ait le plus d’impact, il est important que la manière dont vous l’énoncez soit la meilleure possible. Ainsi, tenez-vous toujours droit, les bras toujours disponible le long du corps permettant à vos mains d’appuyer vos arguments si besoin, regardez vos interlocuteurs dans les yeux et variez votre voix pour toujours maintenir l’attention.

Répétez, répétez, répétez

Les répétitions sont primordiales pour détecter vos tics de langage et améliorer la fluidité de votre démonstration en peaufinant à chaque fois vos arguments et exemples. N’hésitez pas à utiliser un dictaphone ou même une caméra pour vous enregistrer et ainsi corriger ses défauts. Rappelez-vous que Steve Jobs préparait des semaines à l’avance ses keynotes où il présentait les dernières innovations d’Apple tels des pitchs.

Néanmoins, l’important est que vous vous sentiez le plus à l’aise et confiant possibleen trouvant votre style et en ne copiant pas celui d’un autre orateur.

Adrien RIVIERRE

Création d’entreprise : 3 phases – 3 états émotionnels

creation entreprise

 

De l’émergence de projet jusqu’au rythme de croisière de votre entreprise ; de l’introspection des débuts à l’ascenseur émotionnel du démarrage, quels sont les trois états esprits de la création d’entreprise ? Comment les aborder ?

 

I. De l’émergence de projet à la décision de créer : un moment d’introspection

D’une idée de longue date à une opportunité qui vous tombe sous le nez en passant par un moment d’inactivité où vous songez à créer votre propre emploi. L’aventure entrepreneuriale peut débuter sous diverses formes et suite à de nombreuses situations.

Aucune ne vaut plus qu’une autre, mais, quel que soit l’élément déclencheur, certaines questions existentielles sont à élucider dès l’arrivée d’un embryon de volonté d’entreprendre.

Avez-vous la personnalité d’un dirigeant ? À savoir l’envie de toucher à tout, au-delà même de votre cœur de métier ? De suivre votre trésorerie, prendre des décisions de gestion, de prospecter, fidéliser, anticiper… D’être sans cesse sur le terrain, de peaufiner votre réseau ?

Prenez également le temps de valider avec vos proches ce changement de vie et de rapport à l’argent :moment introspection création d'entreprise

  • quel budget pouvez-vous investir au démarrage de votre entreprise ? 
  • avez-vous de l’argent de côté ?
  • quelle sera votre rémunération minimum à tirer de votre activité pour pouvoir vivre ?
  • Combien de temps vous donnez-vous à « essayer » votre projet avant de devoir changer de cap ?
  • Quel est votre plan B ?

Une création d’entreprise est un changement radical de rythme de vie, de façon de penser… Pour réussir, vous devez vous sentir prêt psychologiquement, mais aussi financièrement.

De même, vous devrez valider un minima votre projet de création d’entreprise, surtout si vous vous lancez dans un secteur d’activité et /ou un métier que vous connaissez très peu.

Vous souhaitez ouvrir un restaurant, mais vous ne disposez d’aucune expérience dans ce domaine ?Pourquoi ne pas chercher un stage de quelques semaines pour mettre la main à la pâte et vérifier que ce quotidien vous plaira ? De même, n’hésitez pas à interviewer des professionnels, à retracer leurs tâches de chaque jour…

L’objectif étant de vous projeter dans cette nouvelle vie, sans fantasme ni vision sublimée de la réalité.

II. Je créé mon entreprise : gare à l’ascenseur émotionnel !

Votre décision est prise : vous créez votre entreprise !

De nombreuses démarches vous attendent et nous vous recommandons de suivre une méthodologie stricte.

De l’étude de marché à la réalisation du business plan, en passant par les prévisions financières, le choix du statut juridique, les formalités d’immatriculation… Sachez que toutes ces étapes vont vous entraîner dans un quotidien haletant fait de doutes, de réflexions intenses et de moments d’actions

Vous allez engager vos premiers investissements, chercher des professionnels pour vous aider,découvrir vos points forts et vos points faibles, mais aussi certains aspects de votre projet que vous n’aviez pas encore envisagé ; revoir votre offre des dizaines de fois !

Vous allez nouer vos premiers partenariats commerciaux et rencontrer des financeurs,développer votre réseau. Certains vous approuveront, d’autres vous mépriserontDe grandes joies et mini victoires aux grands moments de solitudes, de remises en question, voire de démotivation totale…

Tous les entrepreneurs sont d’accord, la phase de création d’entreprise et du démarrage de l’activité sont des moments propices à un ascenseur émotionnel de haute voltige. Il va falloir apprendre à gérer vos émotions.

ascenceur émotionnel D’abord, l’entrepreneuriat est un marathon. Prenez donc le temps de souffler pour repartir du bon pied. Apprenez à lâcher prise, à vous poser les bonnes questions, à accepter les échecs et à en tirer des leçons.

Si votre plan de route a bien été ficelé dans la première phase d’émergence de votre projet, vous saurez jusqu’où vous pourrez aller (financièrement, en matière de temps et de prise de retard).

Enfin, parce que petit à petit, l’oiseau fait son nid, n’oubliez pas de fêter chaque mini-avancée (vos formalités finalisées, votre site internet mis en ligne…). Grande ou petite, chacune de ces étapes vous rapproche de votre objectif !

 

III. Phase 3 : le rythme de croisière, je consolide avant de repartir de plus belle

Votre activité est mise sur les rails, vos premiers clients fidélisés et vous atteignez enfin votre rythme de croisière en matière de gestion du temps, du stress, de vos finances. Tout va bien, mais,ne vous endormez pas sur vos lauriers !

Sachez anticiper les catastrophes ! Ce peut être l’arrivée d’un concurrent, une évolution de réglementation relative à votre cœur de métier… La phase de consolidation est le bon moment pour revoir (ou mettre en place si cela n’est pas déjà fait) un système de veille de votre secteur.

Vous pouvez aussi faire le point sur vos outils, logiciels et tableaux de bord de gestion. Sont-ils appropriés ? Faut-il revoir certains aspects de votre entreprise ? Peut-être que votre site internet, monté avec peu de moyens, mériterait un petit coup de peigne afin d’augmenter en professionnalisme. Peut-être que vous ne maîtrisez toujours pas le calcul de votre seuil de rentabilité et qu’une formation courte serait la bienvenue, que vos plaquettes de prospection pourraient être perfectionnées, votre discours commercial peaufiné…

Eh oui, bien souvent, les premiers deniers gagnés sont immédiatement réinvestis dans le fonds de roulement de l’entreprise.consolider son entreprise

Profitez de ce premier temps de stabilité pour faire deux points :

  • Les fameux réajustements évoqués ci-dessus
  • Mais aussi la mise en place d’une vision stratégique à long terme ou la reformulation de vos objectifs, peut-être un peu oubliés durant la phase haletante de création. Quelles seront les prochaines étapes ? Quel chemin souhaitez-vous emprunter pour développer votre activité ?

Oui, il est temps de lever le pied, mais ne perdez pas de vue vos ambitions de développement et profitez du « calme » pour mettre en place votre prochaine stratégie.

De plus, le quotidien d’un dirigeant étant bien rempli, des breaks réguliers sont nécessaires pour ne pas tomber dans un stress permanent et dangereux pour la pérennité de votre entreprise !

D’ailleurs, la communauté entrepreneurs ne cesse de le rappeler : « la troisième vie » (pour activité professionnelle – activité en famille – activité de loisir) est salvatrice pour le moral des troupes et une gestion harmonieuse de son entreprise.

À bon entendeur… nous vous souhaitons une belle aventure entrepreneuriale !

d’après le blog du dirigeant

 

Faire un business plan : est-ce un bon plan ?

  • Christophe Garonne, Professeur d’entrepreneuriat IESEG, directeur l’incubateur institution, tord cou idées reçues business plan.

    Christophe Garonne, Professeur d’entrepreneuriat à IESEG, et directeur de l’incubateur de la même institution, tord le cou des idées reçues sur le business plan. – D.R.

Christophe Garonne, Professeur d’entrepreneuriat à IESEG, et directeur de l’incubateur de la même institution, présente les recommandations tirées d’une étude de recherche, pour laquelle plus de 600 start-up ont été interviewées pendant trois ans. Les résultats complets seront publiés dans un ouvrage à paraître en septembre 2016 chez Emerald .

« Vous créez une entreprise ? Montrez-moi votre business plan ! » Tous les entrepreneurs ont un jour entendu cette phrase. Une simple requête sur internet avec « business plan » renvoie des millions de résultats. Rédiger un business plan semble l’étape obligée du parcours d’un entrepreneur. En réalité,  seul un entrepreneur sur deux rédige un business plan.
Si Internet fourmille d’informations sur la manière de rédiger un busines plan, quelles sections inclure, etc., il existe peu de conseils sur le pourquoi : « pourquoi faire un plan ? », « quel type de plan rédiger ?» et « que peut-on attendre d’un business plan ?» …  Après avoir suivi plus de 600 start-up de toutes industries pendant trois ans, Christophe Garonne livre ses résultats et propose des recommandations. Pour Les Echos Entrepreneurs, il fait le tour des idées reçues sur le business plan.

#1 Faire un business plan est un facteur clef de succès

Non, un business plan n’est pas obligatoire pour réussir. Si la rédaction d’un business plan permet à la start-up de mieux se connaître et de mieux se faire connaître auprès de ses partenaires potentiels, un plan ne garantit en rien le succès et l’absence de plan ne conduit pas à l’échec.

#2 Faire un business plan est nécessaire pour attirer les investisseurs

Oui et non. Un business plan est demandé lors du dépôt d’un dossier de financement par la grande majorité des institutions. Il permet aux investisseurs de se faire une première idée du projet avant de rencontrer les entrepreneurs. En revanche, il est une condition nécessaire mais pas suffisante pour une levée de fonds. De nombreuses études ont montré que les investisseurs réagissent de manière intuitive plutôt que rationnelle lors des premiers stades de financement d’une start-up.

#3 La longueur du business plan est un point fort

Pas nécessairement. Il existe autant de plans que d’entrepreneurs. En revanche, la formalisation du plan est un élément important pour le succès d’une start-up. Les résultats sont très clairs sur ce point. Les start-up avec des plans informels, rédigés à la va vite sur un bout de papier sont celles qui ont le moins de chances de réussite. Pour dire les choses autrement, il est préférable de prendre le temps nécessaire pour rédiger un plan de qualité, bien réfléchi qui colle aux problématiques de la start-up et de son environnement.

#4 Le premier objectif d’un business plan est d’obtenir un financement

Contrairement à une idée reçue, sur l’ensemble des entrepreneurs en phase de création, seule une minorité écrit un business plan pour attirer des financements. Le premier objectif de la rédaction d’un plan est de pouvoir mettre ses idées à plat et d’identifier des solutions potentielles pour les obstacles à venir. Le 2e objectif est de créer un plan d’actions qui va rythmer la progression de la start-up et mobiliser les membres de l’équipe avec des objectifs clairs à atteindre. Le 3e objectif est de pouvoir communiquer efficacement les éléments clefs du projet en interne – pour fédérer une équipe – et en externe – pour attirer des partenaires potentiels-.
Ainsi, faire rédiger son business plan par un prestataire externe n’est pas forcément une bonne chose car il ne permet pas de prendre de la hauteur sur son projet entrepreneurial et de se poser les bonnes questions. Le processus de planification est au moins aussi important que la réalisation du plan en soi.

#5 Rédiger un business plan ne sert à rien : à peine écrit, il est déjà obsolète

C’est un commentaire qui revient souvent chez les entrepreneurs, à juste titre. Nous vivons dans un monde où les conditions économiques changent très rapidement. Se lancer dans la rédaction d’un business plan doit se voir comme une pratique dynamique qui ne s’arrête pas une fois le plan terminé. Pour tirer tous les bénéfices de leur business plan, les entrepreneurs doivent le réviser régulièrement. Cette révision du plan est un facteur clef de succès très important chez les entrepreneurs qui décident de planifier.

Pour résumer : si vous décidez de planifier, prenez le temps de faire un plan abouti, révisez le régulièrement,  et surtout n’oubliez pas qu’aucun business plan aussi détaillé soit-il ne remplacera l’action sur le terrain, élément clef du succès d’une entreprise, petite ou grande.
GERALDINE DAUVERGNE

 

5 étapes pour prendre une décision difficile

La vie d’entrepreneur est remplie de choix et décisions. Parfois, il n’y a pas à réfléchir tant la solution semble évidente ! Mais dans d’autres cas, la décision risque d’avoir un impact durable sur votre vie et vous cause beaucoup plus de soucis…

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Alors, comment être sûr de faire le meilleur choix ? Comment éviter de céder à la précipitation ?

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Prenez le temps d’absorber la nouvelle

Agir sous le coup de l’émotion, a fortiori lorsqu’il s’agit d’une émotion négative, implique que vous vous laissez submerger par un état d’esprit qui inhibe vos réelles capacités décisionnelles.

Une décision prise à chaud est généralement synonyme de mauvais choix :

  • Vous  n’avez eu aucune réflexion sérieuse et encore moins anticipé les conséquences.
  • Vous vous contentez de régler un problème sans même vous interroger sur la direction que vous prenez.
  • Vous oubliez de réfléchir à la décision dans sa globalité.

Reprenez votre souffle et faites le vide dans votre tête. Puis continuez les 4 étapes suivantes pour vous assurer de prendre une décision optimale.

Épurez l’information et concentrez-vous sur les données essentielles

La surabondance d’informations diminue votre capacité de concentration. Plus vous disposez de données aussi variées les unes que les autres, plus vous vous éloignez de l’essentiel.

Vous ne parvenez plus à hiérarchiser les éléments importants de ceux accessoires.

Vous devez donc vous efforcer de vous concentrer sur les éléments clés du choix. Quelles sont les conséquences importantes de votre réponse ?

Dressez une liste exhaustive des pour et des contre

Chaque décision que vous êtes susceptible de prendre comporte des avantages, des inconvénients et/ou des risques. Vous devez donc parvenir à quantifier de manière transparente et pragmatique les éléments positifs et ceux négatifs pour vous décider.

Préparez-vous un tableau de réflexion. Sur une feuille blanche, tracez deux colonnes : pour et contre.

Listez les éléments qui interviennent dans votre prise de décision, puis attribuez une valeur à chacun d’eux. Faites ensuite les totaux.

Laissez-vous plusieurs jours de réflexion

La réflexion prend du temps et requiert une lente maturation. Accordez-vous le temps de mettre chaque pour et contre à sa place. Votre esprit a besoin de flexibilité et de disponibilité pour prendre une décision aussi difficile soit-elle.

Prenez également des pauses durant ce délai pour passer du temps avec votre famille, vous aérer l’esprit et en discuter avec vos proches. Leur vision extérieure peut s’avérer très utile dans votre choix.

Arrêtez de croire qu’il y a un bon et un mauvais choix

Prendre une décision difficile devient particulièrement stressant dès lors que vous vous imaginez qu’il n’y a qu’un seul choix parfait. En réalité, il arrive souvent que les options qui se présentent à vous disposent chacune de bons et de mauvais côtés.

Quelle que soit la décision que vous prenez, vous pouvez ressentir une sorte de tristesse et de regret. Cela ne signifie absolument pas que vous avez fait le mauvais choix. Vous devez accepter qu’il puisse ne pas y avoir de décision parfaite et vous verrez que la solution apparaîtra bien plus clairement.

Face à une décision difficile, prenez du temps pour vous et réfléchissez aux points positifs et négatifs. N’hésitez pas à prendre conseil auprès de votre entourage et vous verrez que la solution s’imposera d’elle-même.

Quelle est votre technique pour prendre une décision difficile ? Partagez vos conseils en commentaire !

d’après Fabien Berthoux

Le pitch : 8 erreurs fatales

elevator pitch de l'échec au succès

Il existe une large documentation sur le pitch. Pourtant, de nombreux entrepreneurs commettent inlassablement les même erreurs. Que ce soit sur le fond ou la forme, il y a des gestes, des choses à ne pas dire, une préparation spécifique à réaliser sous peine de commettre des erreurs disqualifiantes. Quelles sont ces erreurs à éviter ?

 Pitch Erreur numéro 1 : ne pas être clair

Cela va vous paraître évident … et pourtant ! Combien d’entrepreneurs se plantent lors de leur présentation.. Combien de jury se disent à la fin d’une présentation : « Mais au fait, que fait cette entreprise ».
Exemple classique : « J’aimerais vous rencontrer pour une levée de fonds. Ma société cherche de l’argent pour se développer sur le marché de la boulangerie. Notre concept basé sur la technique du juste à temps va révolutionner le marché ». = > vous comprenez quelque chose ? Vous êtes capable de dire ce que fait l’entreprise ? C’est l’exemple classique de l’entrepreneur qui met des mots grandiloquents mais où il n’y a rien de concret.
Enfin, souvent, les entrepreneurs très bien préparés ont tendance à aller… très vite sur le pitch en récitant à toute allure. L’effet sera désastreux ! Prenez le temps de respirer, accepter et tirez bénéfice des silences. Mieux vaut en dire moins, calmement que plus à toute vitesse.

Pitch Erreur numéro 2: vouloir être exhaustif

Dans un elevator pitch, il est tout simplement impossible de tout dire ! N’essayez donc pas ! De nombreux entrepreneurs partant d’une bonne intention cherchent à démontrer à quel point ils sont différents de leurs concurrents. « Nous sommes différents car nous sommes moins chers, nous produisons local, notre technologie est plus rapide, plus écologique et en plus le produit est plus solide. » Ne donnez pas toutes les caractéristiques mais uniquement celles ( trois maximum) qui vous donne un avantage concurrentiel fort. Pas plus !
Si nous devions retenir un exemple : « QUICK, nous c’est le goût. ». C’est court, on comprend tout de suite leur positionnement. Ils ne donnent pas toutes les caractéristiques de leur produit. Seulement la plus marquante.

Pitch, Erreur numéro 3 : oubliez de demander quelque chose 

Ne perdez jamais de vue l’objectif de votre pitch : Que ce soit obtenir un rendez-vous, poursuivre la conversation, obtenir des conseils, une ouverture de réseau ou pouvoir donner votre business plan, vous devez à la fin du pitch proposer une suite à cette première approche . »Puis-je avoir une carte de visite ». « On pourrait peut-être en parler plus lors d’une réunion ?  » « Avez-vous déjà travaillé dans ce secteur ?  Que pouvez-vous me conseiller ? ». N’hésitez jamais à demander un service à votre interlocuteur. Pour obtenir, il faut demander. Mais pour obtenir, il faut aussi avoir été convaincant !

Pitch, Erreur numéro 4 : Le jargon technique 

C’est l’erreur typique des projets techniques. L’entrepreneur veut tellement se rassurer en montrant qu’il maîtrise sa technologie, technologie qui est la « meilleure », qu’il détaille le tout, montre son expertise avec le jargon le plus poussé possible et… en oublie d’intéresser ses interlocuteurs. Le pitch n’est pas là pour démontrer votre expertise mais pour donner envie de vous revoir. Vous aurez tout le loisir de souligner votre expertise lors de questions réponses ou plus tard lors d’une due diligence plus poussée.

Pitch erreur numéro 5 : Etre trop classique

En effet, lors d’un pitch, les investisseurs, le jury et même votre banquier demandent à se rappeler de vous. Ils analysent des centaines de dossiers, souvent très bons. Passer du statut de très bon dossier à excellent ou à « celui dont je me rappelle » demande de marquer les esprits lors du pitch. Une bonne phrase d’accroche, une histoire, une anecdote, un ton enthousiaste vous aideront à faire de votre pitch, un instant mémorable pour vos interlocuteur.

Pitch erreur numéro 6 : Vouloir être trop original

Si l’on vous demande de vous démarquer lors du pitch, nous avons vu beaucoup d’entrepreneurs vouloir être trop original et passer à coté de leur présentation. N’oublions pas que le pitch obéit tout de même à quelques règles qu’il est bon de respecter. Votre objectif: faire comprendre ce que vous faites, sur quel marché, avec quel équipe, quel positionnement et quel business model. Si vous cherchez à capter l’attention dès le début, c’est très bien, mais ne cherchez pas non plus à être original durant les 10 minutes de votre présentation.

Pitch erreur numéro 7 : Parler de votre compte de résultat pendant 5 minutes

Sincèrement, ce n’est pas l’objectif d’un pitch. Tout ce que voudra vérifier votre interlocuteur, c’est une idée de votre résultat d’exploitation et du CA à 3 ans (et encore, il sait que ce chiffre est faux). Donc donnez ce chiffre (cela prend 5 secondes) et passez à autre chose ! Vous n’avez pas le temps ! Il vaut mieux détailler votre business model plutôt que de décrire votre compte de résultat (qui est disponible dans votre business plan et faux par définition). Trop d’entrepreneurs pensent à tort que face à des financiers il ne faut parler que des chiffres financiers. Ce n’est pas du tout l’essentiel ! Donc 10 secondes maximum !

Pitch erreur numéro 8 : survendre son projet

L’entrepreneur est un vendeur. Et il faut, dans votre pitch, vendre une part de l’aventure, du rêve que vous cherchez à accomplir. Cependant, cela ne signifie aucunement être prétentieux et survendre votre produit ou votre service. Combien de fois entend-on « mon produit est unique et révolutionnaire » alors qu’il s’agit d’une copie améliorée d’un produit existant ou un copy cat étranger. Un peu d’humilté. Pas trop de grandiloquence dans les mots (« génial, extraordinaire, fantastique »). Etre vendeur ne signifie pas être bonimenteur.

Et vous, quelles erreurs avez-vous commises lors de votre pitch ?