Category Archives: coaching

Être authentique c’est aussi d’avoir le culot de vraiment s’exprimer!

freehugLe 21 janvier dernier je débute ma journée avec un bon bol de café au lait tout en prenant les nouvelles du monde; j’écoute d’une oreille la radio de Radio-Canada, je parcours rapidement mes courriels, je consulte le fil des nouvelles de LinkedIn et c’est finalement Facebook qui capte mon attention : une amie partage que c’est la journée internationale des câlins! Ah oui, vraiment? Je vérifie sur Google et trouve un beau vidéo sur la campagne promotionnelle des câlins gratuits (http://www.freehugscampaign.org).

Pourquoi je vous raconte ça? Simplement parce que ça prend du culot pour sortir dans la rue et offrir des câlins à des étrangers. Lorsque je parcours l’histoire de l’investigateur de ce beau mouvement, je comprends à quel point cette cause est « viscérale » pour lui, tellement que cela lui donne l’énergie et la motivation nécessaires à vivre et à partager sa raison d’être qui est « d’égayer la vie des gens par un câlin “.

Son histoire a eu un impact sur moi. Je ne sais pas pourquoi, mais cette journée-là, je suis partie en vélo (je suis présentement à Bonita Springs), car j’avais un besoin réel de dépenser mon trop-plein d’énergie. Un mot résonnait doucement dans ma tête : « connexion », qui est en fait une valeur importante que je veux honorer pleinement pour l’année 2015. Je me suis arrêtée sur mon parcours, à un petit marché local de fruits et légumes, où une jeune famille d’origine mexicaine offrait ses produits frais. La jeuneViews of the Canals in Historic Xochimilcomaman qui s’occupait de moi ne parlait que l’espagnol. Avec quelques signes, des sourires et l’aide de sa plus jeune fille, nous avons bien réussi à nous comprendre. J’ai surtout ressenti à quel point elle était passionnée par ce qu’elle faisait et surtout très fière de tout ce qui l’entourait. Je me dis dans ma tête; oui c’est vraiment comme ça que je veux donner vie à ma valeur : connecter avec d’autres d’une façon simple et authentique. Je suis tellement emballée (lire ah ah moment), que mon cœur s’énerve et je dis en anglais à la petite fille : tu peux expliquer à ta maman, qu’aujourd’hui c’est la journée internationale des câlins et que j’aimerais bien lui en donner un. La petite fille traduit simultanément à sa maman et je vois instantanément un grand sourire apparaître! On se donne un câlin, et avec ses mains elle m’invite à faire de même avec toute la famille. Moment magique! Je leur dis au revoir en les invitant à leur tour à partager des câlins avec d’autres personnes qui arrêteront au marché aujourd’hui.

J’ai finalement donné spontanément beaucoup de câlins dans ma journée, c’était pour moi tout simplement naturel : à mes voisins au RV Resort, au commis d’épicerie chez Publix, à un jeune homme qui m’a aidé à gonfler mon pneu au garage, aux gens du parc à chiens… Et c’était aussi fascinant de faire la lecture des réactions des gens que je rencontrais : surprise dans les yeux, gestes maladroits, inconfort, ignorance, obligation à obtempérer, rire…

Je me rends compte également qu’honorer pleinement une valeur est un peu plus complexe que d’atteindre un objectif. Je vous explique;

Il y a des objectifs que je veux réaliser cette année, entre autres : perdre 20 livres, faire du sport tous les jours (vélo, yoga, Zumba, kayak…), augmenter ma clientèle coaching… Une bonne partie de ces réalisations me demande de suivre mon plan d’attaque (smart plan) et d’être en action. En ce début de février, j’ai déjà 10 livres en moins, je fais du yoga ou de la Zumba tous les deux jours et du vélo tous les jours, j’exprime différemment et plus facilement mon message pour ma business de coaching et leadership avec des résultats tangibles. Pas trop compliqué, pas trop de questionnement ou de réajustements non plus. Là où cela me demande un état de conscience plus présent, c’est lorsque j’essaie d’honorer à 100 % ma valeur ‘connexion ».


Ma définition de la valeur connexion :

  • Avec les gens qui croisent ma route : me donner pleine permission imaged’être à 100 % moi-même telle que je suis. Clarifier et partager régulièrement mes suppositions pour plus d’intimité et d’authenticité. Ce qui veut dire en d’autres mots : no fake et no bullshit des deux côtés pour des relations ayant plus de sens
  • Avec moi-même : vérifier comment je vais régulièrement : niveau d’énergie, motivation, inspiration. Garder à l’œil mes ressources naturelles (forces, valeurs, qualités…) Questionner mes zones de confort, identifier qu’est-ce qui est présent pour moi ici et maintenant
  • Dans ce que j’entreprends (projets, ateliers, coaching…) : prendre conscience de ce qui se passe pendant le mode action en étant curieuse et attentive à tout l’espace qui m’entoure et être responsable des impacts que je crée.

La complexité survient quand je dois choisir entre honorer ma valeur à 100 % avec le risque d’avoir aussi un coût à payer extravagant ou ajuster le volume de cette valeur au risque de ne pas l’honorer pleinement.

Voici quelques exemples de choix difficiles :

  • Après presque deux ans à nourrir au quotidien les médias sociaux sur mes pages professionnelles LinkedIn, Google Plus, FB, Twitter, j’ai fait le choix depuis quelques mois de cesser pratiquement d’écrire des posts ou de répondre à des messages qui ne correspondent plus à ce que je recherche dans une connexion authentique. J’avoue que j’ai maintenant la mèche courte concernant Facebook : cliquer sur j’aime sur un message d’une page professionnelle parce qu’en retour j’aurai un j’aime sur ma page : c’est non merci. Aimer un blogue ou le commenter parce qu’au retour cette personne viendra faire la même chose sur ma page : c’est non. Écrire pour rien, c’est non aussi. Je veux un échange simple et vrai. Je veux de la vie, même si c’est virtuel. Pour cet exemple, aucun compromis, j’applique à 100 % ma valeur.
  • imageDepuis bientôt neuf mois, que mon conjoint et moi vivons et travaillons à temps plein dans un RV de 40 pieds. Petit espace qui nous amène tous les deux à sortir régulièrement de nos zones de confort. Qui dit petit espace, dit rapprochement. C’est vrai et aussi beaucoup de réajustements des deux côtés. Être à 100 % moi-même implique aussi d’exprimer mes émotions et d’accepter celles de mon conjoint. De me questionner sur ce qui est non négociable, sur ma capacité à céder du terrain par amour pour. Et des arguments, oui, il y en a. Car être authentique c’est aussi s’exprimer crûment, c’est voir l’autre et être vu, c’est se permettre de jouer ensemble, c’est s’accepter tel quel et idem pour l’autre. Dans nos dix années de vie commune, c’est maintenant, coude à coude, que nous vivons d’énormes changements et qu’au même moment, nous vivons aussi notre rêve. Dans cet exemple, je dois vraiment moduler le volume de ma valeur connexion pour ne pas perdre de vue notre couple, ses passions et ses rêves.
  • Ma business coaching co-actif et leadership : lorsque j’offre une session d’introduction au coaching, mon message est très clair auprès d’un client potentiel : êtes-vous prêt à vous engager à fond? Êtes-vous vraiment prêt à sortir de votre zone de confort en travaillant avec moi et surtout êtes-vous prêt à ‘jouer plus grand’ sans vous faire des accroires? Mon prix à payer pour honorer pleinement ma valeur : une niche plus petite, mais tellement spéciale. Honorer à 100 % ma valeur de connexion m’a amené également à mettre un terme à un partenariat avec l’un de mes clients. Oui, pas facile parfois d’être pleinement responsable.
  • En janvier dernier j’ai donné un premier atelier en coaching dans un terrain de camping (RV resort) avec le thème ‘nous avons tous une histoire à raconter’. Un démarrage difficile, des exercices qui ne levaient pas vraiment. J’avais sous-estimé les besoins d’une clientèle de jeunes retraités. En ajustant ma valeur à celle des autres et en clarifiant et en partageant les suppositions que je me faisais à propos d’eux, j’ai pu davantage m’aligner avec ces personnes, mieux les entendre, recevoir de la rétroaction pour que tous nous y gagnions.

Ma valeur « connexion » m’invite à prendre conscience de mon état d’être. Oui, ça me ralentit, car je dois prendre le temps de connecter vraiment, et cela m’aide par la suite à passer à l’action, à réaliser tout ce qui est possible en restant pleinement engagée. La formule à retenir ici est :

Être + faire = équilibre

imageSans cet équilibre, je serais sans cesse dans le faire, exécuter, action, action action… un rythme effréné que je ne veux pas et qui me déconnecte de ce qui est vraiment important.

Nous sommes déjà en février. Comment ça va de votre côté? Vous êtes-vous posé la question récemment? Vos objectifs, résolutions, ‘Bucket lists’, visualisation…. ça roule comme vous le voulez, vraiment? Parvenez-vous à atteindre un équilibre ou prenez-vous la fuite dans le faire seulement — le mode action?

Ici et maintenant avec vous chers lecteurs, je suis transparente, directe et honnête dans mes propos. J’adore bloguer, partager, inspirer, motiver, discuter… mais sans vraies connexions, rien ne tient la route pour moi. J’ai vraiment envie d’échanger et de communiquer avec vous qui le désirez aussi. Tous les moyens sont bons pour nous rejoindre, il suffit simplement de le permettre. J’espère vous lire ou vous entendre bientôt!

http://www.christinelecavalier.ca

Ma bataille entre le cerveau gauche et droit … Au diable mon côté rationnel, et oui à mon côté créatif !

cerveau_droitDepuis quelques semaines, je vois une petite bulle inscrite à mon agenda et surlignée en rouge pour prioritaire : « écrire mon article pour le blogue de mars ». Et tous les jours, je la déplace à une autre date en me demandant : qu’est-ce qui fait qu’en ce moment c’est ardu pour moi juste de commencer à écrire?

Souvent, c’est parce que je cherche trop et que je suis trop dans ma tête. Il y a aussi mon cher saboteur (ma vilaine petite voix) M. Performance qui me dit; Christine ton blogue se doit d’être bon, de répondre à un besoin spécifique chez les professionnels et intéresser la galerie! C’est fou comme je peux, toute seule, me mettre la barre très haute. Dans cet état d’esprit, je tombe rapidement dans un mode rationnel; je m’active dans diverses recherches et lectures, je fais une session de remue-méninges pour un trop plein d’idées, je tourne en rond, je procrastine, je fais des listes et surtout je tente de garder le contrôle comme si j’avais les deux mains aux commandes d’un mandat exceptionnel.

Ce n’est pas non plus à cause du manque de sujets. J’ai accès à une banque de sujets intéressants, des outils sur le coaching et le leadership qui ne demandent qu’à trouver preneur.

Cela vous arrive-t-il aussi de vous retrouver à nager à contrecourant à propos d’un projet ou d’une chose que vous devez faire?

Je n’ai rien contre le fait d’utiliser mon côté rationnel (ma pensée analytique et cartésienne) dans l’action, mais je constate que parfois cela freine mes idées créatives et limite ma capacité à m’ouvrir davantage à ce qui est présent. Lorsque cela devient compliqué et difficile, soit avant ou pendant la réalisation d’un projet, c’est comme si j’entendais une sonnette d’alarme qui m’indiquait : arrête-toi et réaligne-toi afin que cela devienne plus agréable!  Il ne faut pas que j’oublie que je suis à 75% diagnostiquée  » coté droit ».

Slide1

Je me suis donc arrêtée pour y réfléchir plus longuement. C’est par une activité de Yoga qu’un premier déclic s’est produit. Je vous raconte :

Un matin, au tout début d’une classe de yoga, Anne, notre prof, nous invite à formuler une intention pour notre journée. J’ai les yeux grands ouverts et constate qu’il n’y a rien qui monte en moi, c’est le néant. Je me dis… est-ce vraiment nécessaire de forcer une intention? Pendant que nous faisons nos étirements, le chat, le chien, le guerrier… Anne nous demande à quoi notre journée ressemblera. Mon cerveau gauche s’empresse de prendre le contrôle et tout de suite la réponse jaillit : coaching clients, ménage du site web, marche avec toutou, les courses, le blogue à écrire…Déjà la bataille entre mon cerveau gauche et droit était présente.

Quelques jours après, je ne sais pas pourquoi, mais ce qu’Anne avait raconté me revient à l’esprit, et en même temps, il y a quelque chose qui m’agace. Je crois que je deviens délinquante à devoir la plupart du temps planifier, organiser, garder l’accent sur plein de détails… ça devient lourd et fatigant à la fin! J’ai un besoin de spontanéité, de naturel, et de faire faux bond à des intentions ou à des attentes contrôlantes.

photo 2Ma réflexion se poursuit lors d’une randonnée à vélo et tout devient plus clair pour moi (je suis actuellement à Cedar Keys, en Floride, à bord de notre motorisé « Merci la vie »). Avec mon conjoint, nous sommes partis à la découverte des iles. Crème solaire, chapeau, bouteille d’eau et aussi une carte détaillée de la région dans une de mes sacoches. Sur la route nous croisons plusieurs petites rues, cul-de-sac sac, panneaux de sites historiques et je suis tentée à quelques reprises de prendre ma carte pour m’y retrouver et surtout ne rien manquer de ce que nous devons vraiment voir. Je continue à pédaler et je me dis; non pas de carte et laisse aller! Ah quelle libération!

À quoi ma journée a-t-elle ressemblé? À un enfilement de surprises! En me permettant de laisser aller le contrôle, je me suis permis de créer avec le moment présent. Toute une différence pour ma journée.

Nous avons découvert un joli cimetière niché sur le bord de la mer, un nid d’aigle royal gigantesque, une échelle oubliée sur un arbre, des points de vue magnifiques sur le bord de la mer, des crabes qui dansaient sur la plage et surtout plein de gens qui nous saluaient et qui nous souriaient. Cela m’a également permis de m’émerveiller devant de toutes petites choses (au lieu de me plaindre), d’avoir le fou rire parce que je dévalais à toute allure une pente, de gonfler mes énergies, et surtout de faciliter tout le processus des choses que je devais accomplir au fil de la journée.

Créer à partir du moment présent, incite à dire non au contrôle et à la planification et invite à dire oui à nous faire davantage confiance, à utiliser nos muscles émotionnels sans modération (intuition, curiosité, 6e sens…) et à mettre de l’avant nos forces naturelles. Cela facilite l’atteinte de nos objectifs tout en faisant le plein d’une belle énergie.

Cette après-midi, je me suis assise face à la mer, mon iPad sur les genoux et j’écris monIMG_4392blogue. Tout vient plus facilement. Rien de planifier, sinon que de co-créer avec la mer et ce qu’elle m’offre comme cadeau et de me dire qu’il est possible de créer tout ce que nous souhaitons quand notre esprit est libre de voir.

Et vous, quel côté de votre cerveau utilisez-vous le plus pour prendre plaisir à créer?

http://www.christinelecavalier.ca

MANAGING DIFFICULT EMPLOYEES.

Effectively managing difficult employees can be a challenging prospect. Whether it is the employee who is consistently late, who complains incessantly or who seems to constantly upset their co-workers, every company must deal with difficult employees.

difficult emplyees

These situations drain management’s time and energy, impact on the morale of co-workers and interfere with overall workplace productivity. The key to effectively addressing such situations begins with an understanding of the issues and a clear identification of the actual source of the problem.

Even the best employee can have an off-day (or week, or month). Before deciding if an employee is difficult, managers must first step back and neutrally assess the situation. The first question to ask is whether the behaviour is critical enough to implement a formal HR process. Another important concept to consider is that ‘different’ does not equal ‘difficult’. There will always be employees that a manager does not gel with, understand or even like. However, this is not enough to deem an employee difficult. To constitute a “difficult employee”, behaviour must exceed acceptable standards, policies and procedures or interfere with productivity.

Define the Problem

When addressing the problems created by difficult employees, the focus should always be on job performance. It is management’s duty to clearly explain why the issue is a problem, and how the problem is adversely impacting the company. At this stage it may be useful to refer to the employee’s job description and the company handbook.

Clarify Roles

It is important that both the manager and employee are absolutely clear on individual roles. The manager’s role is to ensure business success by leading, coaching and supporting employees. The employee’s role is to meet predefined performance and behaviour standards, and function as a cooperative team member. A key concept that employees must grasp is that it is not only the level of their performance that is important, but also how their performance affects the functioning of their team, department and the company overall.

Identify Expectations

This is where the manager should clarify four things – the employee’s performance, responsibilities, impact of their behaviour and the consequences if it doesn’t change. A follow up and ongoing review should be scheduled and regular updates between the manager and the employee will help to move things forward and get the employee back on track.

Quelques informations et conseils si vous songez à vous expatrier en Europe

european_union-660x330

A l’occasion d’une semaine consacrée au travail en Europe, il m’a été suggéré de rédiger un billet sur ce thème. Vaste sujet sur lequel je dois avouer que, de prime abord, je sèche un peu. Quel angle puis-je bien choisir pour traiter cette question qui, a priori, ne m’inspire guère plus que l’histoire du curling ? Google étant mon ami, j’ai donc choisi de partir en quête d’informations intéressantes à partager avec vous, non sans avoir découvert au passage que le curling a été inventé en Ecosse (qui l’eut cru ?) et qu’il est à nouveau une discipline olympique depuis 1998. J’ai fait quelques découvertes intéressantes, dont certaines bousculent nos idées reçues.

Une fuite des cerveaux ?

L’expatriation au sein de l’Union Européenne est grandement facilitée par les dispositions communautaires sur la liberté de circulation. Il semble, à écouter le discours ambiant, que le goût de l’expatriation est en vogue en France. Outre les « 47 % des étudiants en école de commerce et 40 % des élèves en école d’ingénieurs (qui) souhaitent commencer leur carrière à l’étranger », comme le rapporte l’enquête Universum*, on redoute maintenant une fuite des cerveaux. Le recul du nombre de recrutements des jeunes cadres observé par l’Apec ces deux dernières années créé en effet un contexte favorable. D’ailleurs, selon une étude du Cabinet Deloitte publiée en 2014, « 27 % des jeunes diplômés en ¬recherche d’emploi envisagent l’expatriation pour toute la durée de leur carrière ! ».Pourtant, les véritables motivations ne semblent pas liées à la morosité du marché. Selon cette même étude, ces jeunes diplômés sont avant tout attirés par un univers culturel différent, mais aussi plus positif.

Alors, l’herbe est-elle vraiment plus verte ailleurs ? Première information intéressante, ce goût de l’expatriation ne concerne pas que les jeunes cadres français. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que les jeunes grecs, avec un taux de chômage des moins de 25 ans à plus de 60%, sont dans une dynamique de départ nettement plus prononcée. Ils sont talonnés par les espagnols et les italiens. A l’opposé, ce sont les anglais et les allemands qui aspirent le moins à l’exode.

Quoi qu’il en soit, la qualité de l’emploi ne semble pas s’être détériorée qu’en France, comme le rappelait déjà l’enquête menée par l’institut allemand IAB en 2011, rapportée dans cet article du monde : « la probabilité pour une personne en recherche d’emploi en Europe de trouver un contrat à durée indéterminée (CDI) a chuté de 7,7 % en dix ans ».

Malgré cela, la demande semble bien réelle dans un contexte mondial où les grandes entreprises offrent des opportunités d’expatriation plus ou moins définitives. En Europe, ce sont l’Allemagne, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne qui semblent être les pays qui ont ou auront le plus de besoins de renforts extérieurs. Ce qui est d’ailleurs en décalage avec les attentes des jeunes Français qui rêvent prioritairement de pays anglo-saxons, comme les Etats-Unis, le Canada ou le Royaume-Uni.

Partir, mais pour trouver quoi ?

Si beaucoup veulent partir, ce n’est pas pour autant qu’ils sont prêts à tout sacrifier. Une expérience internationale constitue évidemment un atout professionnel mais qui s’accompagne de certaines conditions. L’étude menée fin 2014 par l’Observatoire de la qualité de vie au travail et le CSA pose la question de la qualité de vie au travail dans différents pays d’Europe. Il en ressort que c’est aux Pays-Bas que les salariés sont les plus satisfaits de leur environnement de travail. La France arrive bonne dernière, même si 78% des sondés se déclarent globalement satisfaits.

On y apprend que les préoccupations des salariés diffèrent selon les pays. Quand la qualité de la vie au travail préoccupe prioritairement les Anglais et les Espagnols, les Allemands  privilégient l’intérêt de la tâche et le salaire. Les Français, quant à eux, mettent en première place l’intérêt du travail, avant la qualité de vie et la localisation. On y découvre également que 51% des salariés suédois placent l’absence de bruit dans le trio de tête des conditions d’une bonne qualité de vie au travail. Pas sûr que de nombreux Français que je connais puissent facilement s’intégrer en Suède ! Enfin, parmi les éléments qui favorisent une bonne qualité de vie au travail, le fait de bénéficier d’un bureau fermé, plutôt que d’évoluer en open-space, ou bien le développement du télétravail sont déterminants.

panneaux

Des palmarès qui n’aident guère à faire un choix

A ce jeu des études et des palmarès, nombreux sont les instituts qui nous infligent tous les ans leurs classements des entreprises où il fait bon travailler. Mais que valent réellement ces enquêtes dont la méthodologie pose souvent question ? Ainsi, pour pouvoir participer, les entreprises doivent parfois contribuer financièrement jusqu’à plusieurs milliers d’euros. On imagine assez aisément que tous les décideurs de PME n’ont pas nécessairement envie d’investir un tel budget. Notez tout de même que c’est une entreprise française (avec un nom très anglo-saxon) qui remporte l’édition 2014 du palmarès européen de l’institut Great Place to Work : Davidson Consulting.

S’il est un classement qui mérite qu’on s’y arrête, c’est celui  de l’Office statistique de l’UE (Eurostat), publié fin 2014. Cette étude mesure le rapport entre la richesse créée et le nombre d’heures travaillées (c’est-à-dire la productivité horaire). Elle nous apprend que la France se place au 4ème rang européen de la productivité au travail, derrière le Luxembourg, l’Irlande et la Belgique, mais loin devant le Royaume-Uni et l’Allemagne (respectivement 10ème et 12ème de ce classement). Ce n’est d’ailleurs pas un épiphénomène puisque cette bonne place de la France est une constante. Notre pays la doit en grande partie au niveau de qualification de sa main-d’œuvre, à la bonne qualité de la recherche et à l’efficience de l’organisation du travail. Voilà une information qui va bien à l’encontre de certaines idées trop rapidement assénées sur le déclin de notre beau pays.

Il en est de même concernant les croyances, très discutées en ce mois de mai, sur la prétendue générosité de la France en termes de jours fériés et de congés payés. Cet article du Figaro nous rappelle que les Français ne sont pas les mieux lotis, ni les plus privilégiés : « Si l’Hexagone se situe dans le top 10 des jours chômés, il n’arrive qu’en 34e position pour les jours fériés » (classement de l’institut Mercer). Partir travailler en Allemagne, c’est aussi faire le deuil de 2 jours fériés et 5 jours de congés payés.

file0002082373718

Des portails très complets pour vous aider

Au-delà de toutes ces tendances et statistiques, décider de partir reste un choix qui ne se fait pas à la légère. Il implique également d’avoir des ressources (pas seulement financières) pour faire efficacement ce grand saut. Alors si vos souhaits d’expatriation sont forts, vous pouvez commencer par visiter le site de l’EURES, le portail européen sur la mobilité de l’emploi. Pour les jeunes, le kit de la mobilité en Europe, proposé par l’Onisep sera également un bon point de départ à votre réflexion. Pour la recherche d’offres d’emploi ou d’informations sur l’emploi à l’étranger, consultez le site Pôle emploi International. Pour toutes les statistiques sur les différents pays membres de l’UE et leur situation économique, le site Eurostat et celui de l’ECDE. Le Centre d’information sur l’Europe vous sera utile pour mieux appréhender les questions européennes : revues des presses, actualités, droits et démarches, dossiers thématiques, brochures, fiches d’information.

Ces portails, renforcés par les conseils que vous pourrez trouver auprès des professionnels de la mobilité, vous permettront de passer de l’idée au projet. Identifier vos motivations, réfléchir sur vos compétences et analyser votre marché européen constituent les clefs de la réussite pour concrétiser votre projet d’expatriation. Enfin, bien mesurer sa capacité personnelle d’adaptation, ainsi que celle de ses proches, reste le meilleur moyen de prévenir l’impression de décalage avec le pays d’origine.

– See more at: http://blog-experts.cadres.apec.fr/2015/05/05/quelques-informations-et-conseils-si-vous-songez-a-vous-expatrier-en-europe/#sthash.xnUNmqtA.dpuf

Complexité, économie et entreprises

Qu’est-ce que la complexité? Le monde se complexifie-t-il?

La complexité mesure la capacité d’un processus ou d’un système à devenir plus que la somme de ses parties. Elle s’appuie sur la quantité, l’intensité et la fréquence des interactions entre les constituants. La complexité engendre ce que nous appelons des propriétés émergentes, c’est-à-dire des propriétés qui surgissent du fait de ces interactions entre les constituants sans appartenir en propre à aucun d’eux. Un être vivant est plus que la somme de ses cellules. Une pensée intelligente est plus que la somme de ses neurones. Une entreprise est plus que la somme de ses postes de travail ou de ses comptes analytiques. Ce sont tous des systèmes et des processus complexes. Et plus cette complexité est élevée, plus la différence entre le tout et la somme de ses parties est grande, donc plus la production de survaleur est élevée.

Notre monde se complexifie évidemment puisque le nombre de ses acteurs (les hommes les entreprises, les marchés) a considérablement augmenté en quelques décennies, et parce que, surtout, la quantité, l’intensité et la fréquence des interactions entre ces acteurs a cru exponentiellement avec la globalisation, la mondialisation et l’émergence d’Internet.

C’est d’ailleurs l’explication profonde des turbulences que nous connaissons aujourd’hui et dont les crises passées et, surtout, à venir, ne sont que les manifestations superficielles. Avec la globalisation, la mondialisation et l’internetisation, la complexité globale du système « économie mondiale » a connu un saut quantitatif et qualitatif énorme. Ce saut, inéluctable et irréversible, je l’ai appelé la révolution noétique, la révolution économique et culturelle liée à la prolifération inouïe de la connaissance (noûs en grec) et de l’intelligence globales. Nos « sciences » économiques classiques, parce qu’elles sont analytiques et mécanistes, n’ont rien vu venir et sont incapables d’expliquer et d’anticiper ces immenses convulsions systémiques actuelles, alors que tout cela avait été abondamment prévus et décrits depuis plus de 10 ans par les prospectivistes systémiciens. Mais l’homme est ainsi fait qu’il n’accepte de changer son regard que lorsqu’il commence à souffrir …

Comment prendre en compte la complexité pour une entreprise?

Au contraire de la complication qui consomme des ressources pour ne produire aucune – ou très peu de – valeur ajoutée, la complexité est la seule vraie productrice de valeur dans l’entreprise puisque, grâce à elle, le tout vaut plus que la somme de ses parties. La valeur de l’entreprise comme la valeur de ses produits et services croit proportionnellement au nombre de ses constituants, mais comme le carré du nombre des interactions entre eux. Autrement dit, par exemple, la valeur d’un collaborateur pour l’entreprise est proportionnelle à ses compétences intrinsèques, bien sûr, mais, surtout, croît comme le carré de sa capacité à interagir avec les autres. C’est pourquoi l’on peut dire que le management est l’art de faire faire des choses extraordinaires à une équipe de gens ordinaires. Ce point est crucial.

La complexité du monde économique et social environnant ayant drastiquement augmenté en quelques décennies, l’entreprise doit impérativement se mettre au diapason de cette évolution. C’est un principe de base de la cybernétique systémique : la régulation d’un système n’est possible que si la vitesse de réaction et le niveau de complexité de ses constituants sont comparables. Ceux qui ne suivront pas, seront éliminés. Le mot grec krisis a d’ailleurs ce sens de « jugement » et de « tri » : c’est ce que nous vivons.

Une entreprise est un système ouvert, en prise permanente avec son milieu. Elle doit être en phase avec lui. Or, le milieu économique global connait une transformation profonde que nous appelons un bifurcation systémique, semblable à la métamorphose d’une chenille en papillon : c’est le même animal, mais ses deux structures anatomiques et ses deux logiques de vie sont radicalement différentes. Le passage de l’une à l’autre est douloureux et délicat, souvent dangereux même. C’est encore ce que nous vivons : le passage d’une logique économique (industrialisation, financiarisation, standardisation) à une tout autre logique économique (qualité, durabilité, créativité).

Que faut-il faire pour que l’entreprise résiste/prenne avantage face à la complexité?

Le premier grand problème posé par la complexité est d’ordre méthodologique. Nous avons tous appris à être cartésien c’est-à-dire analytique et mécaniste, à croire que tout, y compris l’économie ou l’entreprise, pouvait se ramener à un assemblage mécanique de composants. Or cela est faux dès lors que la complexité montre son nez puisque la complexité – et donc la valeur – nait des interactions entre ces composants. Si, comme le veut Descartes, on découpe le système pour le démonter, on coupe du même coup les interactions et, donc, on tue la complexité qui fait valeur.

Les systèmes très complexes ont quatre caractéristiques qui chamboulent toutes les méthodes classiques de management :

  1. ils sont au service de leur finalité et non de leurs modalités ; le temps des procéduralisations et des standardisations est révolu et il faut considérer le profit comme une conséquence et non comme un but : la finalité de l’entreprise est bien plus dans la maîtrise et l’excellence de ses métiers que dans ses objectifs financiers ;
  2. ils sont non déterministes c’est-à-dire imprévisibles ; le temps des plans est révolu et il faut apprendre à penser en termes de synchronisation et non de planification ;
  3. ils sont holistiques c’est-à-dire non réductibles à leurs constituants ; le temps des performances analytiques est révolu et il faut vouloir diversifier les critères d’évaluation et y intégrer de nombreuses dimensions qualitatives et globales ;
  4. ils sont mnésiques c’est-à-dire doués d’une mémoire forte et résistante : le temps des restructurations à la hussarde est révolu et il faut comprendre que chaque entreprise est une histoire qui se raconte et se construit chaque jour en accumulant un trésor de savoir-faire et de savoir-être qui n’apparaitront jamais dans les comptes financiers.

Concrètement, chaque entreprise doit apprendre à élever son niveau de complexité afin de se mettre au diapason de la réalité systémique du monde réel. Pour ce faire, elle doit au moins réfléchir à deux axes cruciaux de progrès.

  1. Augmenter sa vitesse d’action et de réaction en misant sur les valeurs immatérielles de l’intelligence et de la connaissance qui se créent, se transforment et circulent infiniment plus vite que les flux matériels.
  2. Passer à des modèles organisationnels en réseau où tout interagit avec tout, tout le temps, et abandonner ou marginaliser les structures hiérarchiques et procédurales qui minimisent le nombre des interactions et sont, de ce fait, trop lourdes et trop lentes : toute entreprise est un réseau de talents au centre de nombreux réseaux de parties prenantes et apprenantes.

Marc Halévy,

Voir le livre : « Un univers complexe. L’autre regard sur le monde »

Comment manager par les valeurs sans nier les personnalités et les individualités ?

Nos valeurs sont en lien avec notre identité, notre positionnement, et elles sont hiérarchisées, ce qui veut dire que certaines sont plus importantes que d’autres, et que cettehiérarchie peut changer suivant les circonstances.

C’est très visible si l’on observe le côté sombre de l’être humain. Je me permets, ici, de rappeler les fameuses expériences dans lesquelles un « cobaye » est chargé, sur ordre, d’envoyer des décharges électriques (fictives) potentiellement létales à un autre soi-disant cobaye (en fait un comédien).

Vous connaissez sans doute le résultat de ces expériences qui conduisent bon nombre à envoyer la décharge mortelle parce qu’une figure d’autorité le demande. Dans ce cas, on peut imaginer que la hiérarchie des valeurs de la personne est bouleversée : soumission en premier, respect du « maître », puis respect de l’autre loin derrière.

Enfin, nos valeurs se traduisent, extérieurement, par des mots et ces mots représentent souvent des notions abstraites : liberté, réussite, justice, amour, … .valeurs

Tous ces mots que j’entends dans mes accompagnements, dans les faits, ne veulent rien dire tant que l’on n’a pas regardé ce qu’ils signifient de plus prés.

 

Explorer le contenu d’une valeur, c’est établir la liste des critères. C’est d’ailleurs très simple à réaliser. Si je prends la valeur « respect », il s’agit de se poser la question simple « Quand je me sens respecté, comment je sais que je le suis ? Qu’est-ce-que je ressens ? », ou, tout aussi valable : « Qu’est-ce que je fais pour respecter quelqu’un ? Comment je m’y prends ? ».

Ces critères reflètent la différence de perception qu’il peut y avoir à partir d’un même mot, et cette différence est souvent à l’origine des conflits ou des malentendus.

charteLes entreprises ont développé, ces dernières années, des politiques de mise en avant de leurs valeurs, notamment au travers de chartes, souvent managériales.

Or, si on veut bien considérer la différence qui existe entre une valeur, et l’interprétation qui en est faite, on découvre plusieurs notions :

• Valeur annoncée par l’entreprise

Elle est souvent le résultat de séminaires dédiés, et parfois est énoncée par le directeur, sur la base de perceptions personnelles, de principes managériaux, voire marketing.

• Valeur réellement existante au sein de l’entreprise

Ce sont les valeurs, hiérarchisées, qui émanent réellement des comportements (notamment ceux des directeurs et cadres), des processus, de l’organisation, des choix, …

• Valeur perçue par les collaborateurs

Les collaborateurs perçoivent surtout la réalité des choses. Plus que ce qui est dit, c’est ce qui est vécu qui est important. Et ce qui est vécu dépend des filtres de chacun. Les valeurs réellement émises par l’entreprise et ses managers, sont perçues au travers de la carte du monde de chacun. Ce qui peut être juste pour quelqu’un, sera probablement injuste pour d’autres.

• Valeur souhaitée par les collaborateurs

Bien évidemment, chacun a ses désirs, ses objectifs etc. La littérature du management, duconseil, du coaching abonde de modèles de définition des motivations et des comportements des humains.

Chaque profil, ayant, bien entendu, son système de valeurs propre.

Alors, lorsque l’on est un manager, est-il possible de manager par les valeurs ?

Tout d’abord, les valeurs de chacun sont perceptibles à l’extérieur, au travers des mots, des comportements, des actions etc., en bref, du verbal et du non-verbal. Personne n’y échappe.

Considérer que moi, en tant que manager, je vais pouvoir adapter mes valeurs à chaque collaborateur, me paraît être une illusion, et même une illusion dangereuse car elle finit par discréditer le manager qui s’adapte trop.

A l’inverse, considérer que chaque collaborateur va devoir s’adapter à mon système de valeurs (ou à celui énoncé par l’entreprise), est aussi une illusion, car nous sommes là dans une chaîne :

chaine valeurs

Inextricable situation dans laquelle nous sommes toutes et tous impliqués, et qui nous encourage à travailler notre affirmation personnelle.

Au-delà de toutes les techniques et postures qui sont possibles sur ce sujet (assertivité, posture du manager entre marteau et enclume, développement du leadership, …), j’aimerais présenter ici une notion intéressante, celle de l’acceptation-refus :

  • Si je suis en accord avec le système qui m’entoure

On parle là d’harmonie totale, presque de symbiose, c’est à dire que je vis dans un univers qui me convient pleinement. Dans ce cas, il n’y a aucun problème, et je reste.

  • Si je suis d’accord avec le système qui m’entoure

Il existe des différences, des divergences, mais globalement la situation est satisfaisante pour moi. Moyennant quelques compromis je peux rester sans souffrance.

  • Si je suis en désaccord avec le système qui m’entoure

La dysharmonie est telle que, si je reste, je souffre. Ce que je perçois des valeurs de l’entreprise ou de mon manager, heurte mon propre système de valeurs. Dans ce cas, si je reste, je reste surtout dans la souffrance (ce qui arrive aujourd’hui à beaucoup de personnes qui ont peur de ne pas retrouver un autre travail, et qui se maintiennent dans un milieu insatisfaisant, voire toxique).

La logique voudrait que la personne parte, et pourtant elle ne peut pas. Si elle décide de rester, le travail sera de l’aider à évaluer sa hiérarchie de valeurs, et surtout les critères qui les définissent.

C’est à ce niveau qu’une négociation pourra avoir lieu, entre la personne et elle-même. Il s’agira de faire un travail sur l’harmonisation de son système de valeurs et de celui de l’entreprise.

Une question simple à poser : « qu’est ce qui est important pour vous aujourd’hui ? »

Au départ, il y a l’arrivée

« 50 euros ? Mais c’est très cher ! » ; « Tu as encore oublié de ranger le beurre » ; « vos résultats annuels sont très, très insuffisants » ; « vous êtes plutôt sexy » ; « pouvez-vous toucher votre coude avec la langue ? »

Toutes ces phrases, vous les prononcez chaque jour, n’est-ce pas ? Bon, d’accord, peut-être pas exactement celles-là, mais des phrases du même acabit. Eh bien, vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais derrière ces toutes petites phrases, vous avez toujours un objectif très précis. Pas simplement l’objectif de parler, pour occuper l’espace, mais un objectif réel, calculé, une conséquence attendue, un but, que vous atteignez, d’ailleurs, justement parce que vous dites la bonne phrase. Convaincre, divertir, informer, pousser à l’acte… vous savez toujours où vous voulez en venir.

L’objectif, c’est donc votre premier lieutenant quand vous vous exprimez à l’oral. Celui qui ne vous lâchera jamais. Celui qui vous pousse à parler, qui vous donne l’énergie de vous lancer, celui qui vous rappelle le cap quand vous avez la vue qui se brouille, celui qui vous permet de savoir si vous avez réussi.

La prochaine fois que vous allez parler devant un public, surtout si vous n’en avez pas trop envie, surtout si vous avez le trac, surtout si vous sentez que vous allez vous prendre les pieds dans le tapis… posez-vous juste cette question : quel est mon objectif ?

Traitez l’échec comme un levier d’opportunités !

Échouer ne doit pas être une honte ou un tabou pour l’équipe commerciale et son dirigeant. Au contraire, c’est le signe d’un certain dynamisme… à condition d’en tirer des pistes d’amélioration. Francis Boyer, spécialiste en innovation managériale, nous présente quatre points pour rebondir.

Traitez l'échec comme un levier d'opportunités !

1- Créer un rapport sain à l’échec

Culturellement, l’échec n’est pas bien toléré en France. Depuis l’école primaire, où l’on sanctionne les mauvais élèves jusqu’à l’enseignement supérieur et la vie active, où l’on encense les parcours exemplaires. Or, nul n’est infaillible et plutôt que de stigmatiser les faux pas, mieux vaut changer de prisme et les considérer comme des preuves de dynamisme. Après tout, les grands inventeurs et les scientifiques ont essuyé de nombreux échecs avant de mettre au point leur concept révolutionnaire. Dans une équipe commerciale, il est utile de cultiver une certaine audace et un esprit créatif, qui vont de pair avec le risque d’échec. S’il n’est pas répétitif ni intentionnel, l’échec peut donc se révéler instructif. Les entreprises anglo-saxonnes l’ont compris et certaines inscrivent l’échec dans leurs valeurs, comme Facebook qui prône d’ « Échouer plus fort » (« Fail harder »). En d’autres termes, il s’agit de lever tous les freins à la créativité et de lancer des projets en permanence, même si ceux-ci sont voués à l’échec. Et plus l’échec est retentissant, plus les leçons à en tirer sont fructueuses, estime Mark Zuckerberg.

2- Assumer les erreurs

Francis Boyer (Dynesens)

Pour être à l’aise avec l’échec, il faut l’identifier et l’assumer, que ce soit au niveau du manager, de son collaborateur ou de l’équipe entière. En renonçant à incriminer le voisin, la conjoncture ou le manque de moyens, reconnaître ce qui a conduit à l’échec procure les clés pour éviter de le reproduire. Bien souvent, les collaborateurs dissimulent leurs erreurs par peur du jugement ou de la sanction. Là aussi, c’est au manager d’encourager une certaine responsabilité de ses équipes qui, en reconnaissant l’erreur, permettent d’en tirer les leçons. D’ailleurs, le manager commercial lui-même doit faire preuve d’humilité et savoir reconnaître ses faux pas : « J’ai fait une erreur de casting lors de cerecrutement« , ou « J’ai mal évalué le potentiel de ce client ou de ce nouveau marché ». Ce qui rend le manager crédible et « humain » aux yeux de l’équipe.

3- Instaurer le dialogue

Afin que les erreurs soient constructives, elles doivent être compilées et analysées lors d’entretiens où seront examinés les dysfonctionnements et leurs correctifs possibles. Au niveau collectif, il peut s’agir de réunions mensuelles où l’on évoque ce qui n’a pas fonctionné, en toute simplicité, et les pistes envisagées par l’équipe pour y remédier. Au niveau individuel, l’idéal est d’avoir des collaborateurs suffisamment en confiance et responsables pour qu’ils puissent signaler l’échec comme un fait ordinaire. Ceci de façon informelle, ou alors lors d’entretiens individuels réguliers, centrés sur leur travail. Traditionnellement, les managers commerciaux hésitent à se montrer cléments face à l’échec, de peur d’instaurer un certain laxisme.

4- Mettre en place un plan d’actions

Une fois l’échec reconnu et analysé, tout l’intérêt est de s’en servir comme levier de performance. Pour ce faire, il faut tout d’abord renoncer à sanctionner, si l’échec n’est pas intentionnel ni répétitif. D’autant que pour des commerciaux, la non-atteinte de l’objectif, donc de la prime assortie, sonne déjà comme une sanction. À cet égard, il faut privilégier les objectifs et primes collectifs, qui responsabilisent et dynamisent l’équipe entière et évitent la frustration individuelle en cas d’échec.

Dans le cas d’une erreur intentionnelle, un recadrage avec rappel des fondamentaux de la mission du commercial peut s’avérer nécessaire. Au niveau collectif, l’instauration d’un plan d’actions pour une amélioration continue peut passer par de la formation, du coaching d’équipe et de la mise en place de nouveaux process pour éviter les erreurs. Au niveau individuel, si l’échec est dû à un manque de savoir, là aussi, la formation peut pallier les insuffisances. Il peut aussi s’agir d’un défaut de moyens (outils, temps…) que l’entreprise peut corriger. Le problème devient plus aigu s’il s’agit d’un manque de motivation. Il faudra, là, agir sur d’autres facteurs tels que le cadre de travail (au besoin en changeant le collaborateur de poste), ou la rémunération, etc. Le plan d’action défini en commun doit être approuvé par les deux et suivi dans le temps.

L’autodiscipline, un passe-partout du leadership

Comme toutes les qualités humaines, l’autodiscipline se forge avec du travail et de la persévérance. Si le processus qui mène au leadership semble simple, sa mise en œuvre n’est cependant pas facile.

Si le processus qui mène au leadership semble simple, sa mise en œuvre n’est cependant pas facile. Mais heureusement, l’autodiscipline permet à chaque individu de devenir un grand leader, de cultiver une vraie confiance en soi et de réussir brillamment.

L’autodiscipline s’apprend

Beaucoup de gens, se croyant laxistes, renoncent à s’améliorer. Ils se disent : « C’est ainsi que je suis fait. On ne peut pas lutter contre sa nature ». Certains seraient donc venus au monde avec des qualités innées et des talents qui leur garantiraient un leadership sur les autres ? Certainement pas ! C’est toujours le produit d’un dur travail sur soi, ce qu’on appelle aujourd’hui le développement personnel.

Tout le monde peut devenir le leader qu’il rêve d’être. C’est évidemment plus ou moins difficile, selon le caractère de chacun. Mais chaque personne peut décider d’adopter des attitudes et un comportement qui la conduiront vers où elle a décidé d’aller. Pour y parvenir, toutefois, il n’est pas possible de se contenter de vœux pieux. Il faut que la détermination se substitue à l’intention.

Développez votre personnalité, étape par étape

Rien de ce qui a de la valeur n’est facile à obtenir. Le leadership n’y fait pas exception. Et comme il est constitué de multiples facettes, ceux qui y prétendent devront commencer par l’acquisition des traits de caractère qui leur sembleront le plus utile, ici et maintenant, dans leur activité actuelle. Mais ne décidez surtout pas de tout changer d’un coup. C’est le plus sûr moyen de se décourager.

Concentrez-vous, d’abord, sur un premier objectif de changement. Ressassez-le et pratiquez-le jusqu’à ce que vous en ayez fait une composante intangible de votre personnalité. C’est alors seulement que vous pourrez envisager de commencer à vous approprier un autre changement. Le bon côté de cet exercice est qu’au fil des changements successifs que vous vous imposerez, votre détermination se renforcera ; votre confiance en vous aussi et, par conséquent, votre autodiscipline.

Zéro exception

Changez ou ne changez pas, mais, une fois votre décision prise, ne faites pas les choses à moitié. Ne vous accordez aucune exception tout au long du chemin qui mène à l’acquisition d’un nouveau trait de caractère. C’est le prix à payer pour vous garantir la réussite du parcours.

L’autodiscipline ne se conçoit que dans la détermination et la persévérance. C’est dur, mais au bout de la route, la récompense est à la hauteur de l’effort. Vous y gagnerez un caractère mieux trempé, une réelle assurance et un grand respect de vous-même. Tous les ingrédients du charisme qui vous permettra de conduire vos équipes au succès, dans l’enthousiasme, seront ainsi réunis.

UN DÉMARRAGE D’ENTREPRISE HAUT EN ÉMOTIONS

Les émotions sont-elles un frein à la performance ou sont-elles plutôt un levier incroyable à la créativité? Des émotions, positives ou négatives, jalonnent tout le parcours entrepreneurial. Sur le blogue Le feu sacré, tout au long du mois de mai, j’aborderai la question du spectre des émotions ressenties par les entrepreneurs en démarrage d’entreprise. Cette semaine, c’est Andry Lant Rakoto, CEO des produits fins Marclan, qui se confie sur la délicate question. Pour cette jeune entrepreneure, le support émotif est tout aussi nécessaire que le support technique pour réussir en affaires.



shutterstock_14717125

Des sentiments surprenants

Il y a à peine 5 ans, elle quittait Madagascar pour immigrer au Québec.
Depuis qu’elle a démarré son entreprise Marclan en 2014, Andry Lant Rakoto a connu des hauts et des bas.
Elle a « pivoté » quelques fois, elle a connu des périodes de « vaches maigres », elle s’est engagée dans plusieurs nouvelles relations d’affaires, etc. Les défis de réseautage et de développement de marchés ne manquent pas.

Les choses sont désormais stabilisées. Elle affronte l’avenir avec confiance, très fière du chemin parcouru jusqu’à présent. Épouse engagée et mère de 2 enfants en bas âge, elle a par ailleurs appris à ne rien prendre pour acquis et à gérer ses émotions en privé.

« Il faut beaucoup d’humilité quand on démarre en affaires. Cela affecte l’évaluation de notre propre travail dans le cadre du développement de notre entreprise, de son évolution ou de l’état d’esprit avec lequel on l’exécute », explique Andry. 

« Mon impatience, c’est ce que j’ai le plus de difficulté à gérer au quotidien. Il faut apprendre à laisser le temps faire son oeuvre. Et, le sentiment d’impuissance, c’est peut-être l’émotion qui m’a le plus surprise jusqu’à présent. C’est d’autant plus difficile à vivre dans les débuts, quand on vit de la solitude et qu’il faut s’encourager soi-même. C’est connu, les gens de l’extérieur attendent les résultats avant de nous donner des « tapes » dans le dos… » poursuit-elle.

Dans l’oeil du dragon, à côté des émotions

Le financement de notre projet d’entreprise fait partie de ces « tapes » dans le dos. Le cautionnement de notre stratégie par des investisseurs reconnus a un effet très motivant. Les émissions de télévision portant sur le financement de startups telles que Dans l’oeil du dragon connaissent actuellement une popularité incontestable auprès du grand public et nourrissent une image très positive des fondateurs d’entreprises. Démarrer en affaires n’aura jamais été aussi « glamour »! 

Ces émissions ont le mérite de vulgariser les processus de démarrage d’entreprise, de démystifier les différents modèles d’affaires et de mettre sur la sellette des entrepreneurs audacieux.

Cependant, le format de ces programmes peut toutefois minimiser l’impact des blessures entrepreneuriales.

« Ces émissions n’abordent pas le côté émotif des entrepreneurs. Qu’en est-il de l’état psychologique et émotif des entrepreneurs suite à l’abandon du projet par les investisseurs ou suite au refus « public » du financement de leur projet? L’émission n’en témoigne pas… La façon dont les entrepreneurs gèrent leurs émotions suite à des échecs aura pourtant des répercussions importantes sur la poursuite ou l’abandon de leur parcours entrepreneurial», déplore Andry.

Travailler son discours intérieur

On dit qu’il est impossible de prédire un succès d’affaires car chaque situation est unique et complexe. Cependant, on part toujours du principe qu’on va réussir, surtout si on a toujours réussi avant. Ce sentiment de confiance évolue parfois en un sentiment de toute-puissance. En contre-partie, quand on se sent ainsi, on tombe de plus haut!
Tout est une question d’attentes. L’intensité des émotions ressenties par les entrepreneurs est toujours proportionnellement reliée au niveau d’atteinte de leurs objectifs.

Pour Andry, la prudence « émotive » est donc de mise. De plus, elle revendique haut et fort le droit à l’erreur. 

« Je tente de préserver mon égo et de nourrir ma confiance en moi. Les mots que l’on s’adresse ont leur importance. Par exemple, se dire « j’ai essayé » n’a pas la même résonance sur le moral que de se dire « je me suis trompée ». Mon mentor d’affaires m’apporte une aide cruciale pour travailler mon discours intérieur», confie-t-elle.

Mettre les bons mots sur les émotions ressenties n’est vraiment pas facile. Pourtant, verbaliser pour mieux se comprendre et mieux communiquer est essentiel afin de pouvoir diriger nos énergies au bon endroit.

« …un peu comme des panneaux indicateurs sur le bord de la route! », illustre Andry.

L’entrepreneur et son cercle affectif

Que ce soit dans notre noyau familial ou avec nos partenaires d’affaires (le « cercle affectif » de l’entrepreneur), l’énergie et la confiance qui se dégagent de nous ont un impact important sur les proches. Il est donc capital d’adopter une discipline de vie propice au bien-être, où les règles et les impératifs rattachés à notre entreprise et les sentiments harmonieux sont en équilibre.

Elle s’explique:

« Le cercle affectif est crucial dans l’équilibre mental de l’entrepreneur. En période de doute, on a généralement moins d’assurance et ça nous ralentit. Et l’assurance, c’est le liant entre les 2 moitiés du cercle affectif. Nos problèmes personnels et notre fatigue ne devraient pas affecter notrebusiness. À l’inverse, les problèmes de l’entreprise ne devraient pas être ramenés à la maison. La force de l’entrepreneur est de savoir faire la part des choses, de créer une séparation entre la vie personnelle et l’entreprise, et de pratiquer un certain détachement pour atteindre un meilleur équilibre. Ce n’est pas toujours possible, bien entendu, mais c’est un idéal à atteindre, selon moi.»