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Le But Essentiel de la Vie


« Vivre sans But, c’est naviguer sans boussole. »  de John Ruskin


Le But De la Vie : Messager Spirituel

De nombreuses personnes vivent sans jamais réfléchir sur la vie elle-même ou sur le sens qu’elle a pour elles. Le but de la vie est simple; c’est de « Vivre ». Vivre est le résultat même de la vie. Vivre c’est grandir, tel un arbre dans la réalisation de soi, c’est la croissance personnelle. Il semble que ce soit le fait de donner un sens à sa vie et d’être obligé de se calquer à un système artificiel créé par l’homme qui pose problème et non la vie elle-même.

La loi naturelle nous démontre bien que l’on aime engendrer la vie puisque la procréation fusionne de toute part, des végétaux à l’humain.  On aime engendrer et créer de la vie, car la vie est action, on aime faire, on aime agir. On aime créer, bouger, manger, boire, jouer, voir, sentir, construire, apprendre, se dépasser, aimer et être aimé.

Chacun d’entre-nous à des potentiels, des talents, des aptitudes naturelles, des capacités différentes et uniques a contribué à ce monde et à la vie. La vie n’est pas une obligation mais un choix de tous les jours. Le choix de vivre pleinement sa vie ou de la laisser filer devant nos yeux.

Notre mission sur terre est d’être soi, un être unique et auto réaliser. Notre but est de s’aventurer dans la vie, de créer notre destinée, d’amener notre vie à un niveau d’excellence. De vivre chaque jour que le divin nous amène dans cette pleine conscience de la chance d’être en vie, du bonheur de pouvoir s’animer, de pouvoir apprendre et goûter aux fruits innombrables que la vie nous apporte.

Notre vie a besoin d’un sens, car c’est cela qui nous motive, qui nous active, qui nous donne cette envie, ce dynamisme à se lever chaque matin pour accomplir notre mission chaque jour. La vie est le produit d’un but, d’un objectif, d’un désir, d’une intention, d’une résolution.

Notre but est justement d’avoir des objectifs, de planifier notre vie, de savoir ce que l’on veut pour notre cycle de vie. Notre dessein est de grandir spirituellement après la croissance de l’enfance. On veut grandir et touché à l’étoile du succès personnel, on veut se comprendre, s’accomplir, se concevoir, se parfaire.

La vie est action. Le but de la vie est le mouvement constant et infini car sans mouvement la vie s’éteint. Voilà pourquoi beaucoup de gens errent dans la vie sans savoir quoi faire et même qui être, ils ballotent çà et là, comme des chaloupes sur une rivière attachée à un poteau sans jamais prendre la direction de leur vie.

Votre but est simple, faites ce que vous aimez faire et soyez vous-mêmes. Faire ce que l’on aime est d’utiliser nos talents naturels et de les cultiver avec savoir-faire. C’est ce que la vie exige de nous, d’utiliser nos habiletés pures et de créer le chef-d’œuvre de notre vie. N’est-ce pas une belle mission de vie cela ?

La vie veut que l’on prenne soin de nous et des autres, que l’on coopère avec nos semblables, que l’on vit dans la paix et le respect. Que les hommes vivent en harmonie et dans l’équilibre écologique de mère nature, en étant des gardiens et des jardiniers de cette belle planète vivante. N’est-ce pas un but louable et excitant que de travailler tous ensemble à la protection de notre Mère-Terre ?

La vie veut de nous que l’on comprenne le sens profond de notre existence, de notre âme. La vie veut que l’on observe avec minutie la beauté de la nature, la beauté des étoiles, la symétrie de toute chose et la sagesse infinie derrière toute chose.

Ouvrez les yeux, ouvrez votre cœur, voyez l’exubérance de la vie elle-même et non la superficialité humaine. Sentez la vie couler dans vos veines. Sentez l’esprit s’activer dans votre tête, sentez sa force, sa clarté, son électricité. Respirer à plein poumon, respirez la lumière qui énergise chacune de vos cellules.

La vie veut que l’on soit plein de vitalité, que l’on soit plein d’espoir, plein d’idée, mais tout en étant méditatif, recueilli et centré dans notre âme.

La vie veut que l’on ait de bonnes intentions, des intentions évolutives et expansives. Que l’on s’accroît en savoir et en sagesse. Que l’on soit fort dans notre esprit et dans notre cœur.

Soyons des visionnaires, imaginons et réalisons notre potentiel humain, notre potentiel intellectuel, spirituel et corporel vers la magnificence de notre être.

La vie est un but en soi, le but de vivre, de respirer, de se mouver. Il n’en tient qu’à nous de lui donner un objectif, un projet, une mission, un aboutissement et un couronnement de notre être vivant.

7 étapes simples pour surmonter toutes vos peurs

Réussir à surmonter ses peurs est un des sentiments les plus libérateurs du monde !

Je le sais, car j’avais l’habitude de vivre ma vie dans la peur constante. J’avais vraiment peur et je souffrais d’anxiété. J’avais peur de faire ce que je voulais, j’avais peur de parler en public, de passer à la radio, de m’exprimer…

La liste est sans fin. Et je sais que beaucoup de personnes sont encore dans ce cas.

Le chemin de la liberté est long, vous n’y arriverez pas du jour au lendemain, en plus vous allez vous prendre quelques coups. Mais sachez que ne pas prendre ce chemin est pire que la pire de vos peurs.

« Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, essayez de routine, elle est mortelle. » Paulo Coelho

Je suis reconnaissant, je ne vis plus ma vie dans la peur. J’ai réussi à rompre le cycle de mes pensées limitantes qui m’ont créé mon manque d’estime, mes peurs et mon anxiété. Au cours des dernières années, j’ai décidé de m’attaquer à mes peurs et de les faire disparaître une par une. Maintenant j’ai réussi à faire disparaître la plupart de mes peurs à 100 % et je travaille encore sur mes dernières peurs.

Pour faire disparaître vos peurs il existe plusieurs techniques extrêmement efficaces Je vous partage un des nombreux chemins d’une vie sans peur que vous pouvez suivre.

Votre engagement contre la peur

surmonter ses peurs engagementPrenez un engagement pour votre objectif. Décidez de ce que vous souhaitez surmonter et prenez la décision d’agir jusqu’à votre réussite. Le fait de prendre un véritable engagement va vous aider à réussir. Il faut que vous voyiez cela comme un véritable contrat que vous ne pouvez pas rompre. Sans cela il pourrait vous arriver à certains moments de doute et de difficulté de suivre des pensées négatives, telles que : « Je suis bien finalement avec mes peurs » ou « je n’y arriverais jamais, il vaut mieux laisser tomber ». L’engagement que j’ai pris envers moi-même concernant mes peurs, m’as permis de toujours avancer malgré les situations inconfortables dans lesquels j’ai dû me mettre pour faire diminuer mes peurs. Cet engagement commence par la création d’une décision ferme de faire le nécessaire. Pas de retour en arrière même quand cela devient difficile.

Prenez des objectifs

surmonter ses peursVous devez prendre des objectifs réalisables afin d’atteindre ce que vous voulez. Il vous faudra peut-être découper ce que votre objectif final en plusieurs petits objectifs intermédiaires. L’important c’est que vous continuez à avancer. Vous verrez petit à petit votre zone de confort s’agrandir. Vous n’êtes pas obligé de forcer sur votre peur pour la faire disparaître, si vos objectifs sont très inconfortables pour vous, vous pouvez encore les découper en objectif plus petit.

Reprogrammer votre subconscient

subconscient surmonter ses peursVous êtes inconsciemment programmé pour réagir d’une certaine manière face dans les situations où vous avez peur. À chaque fois que vous rencontrez ce même type de situation, vous réagissez de la même manière. Votre cerveau est programmé pour réagir comme ça. Il est parfois difficile de briser ce programme. Beaucoup de personnes vivent avec les mêmes peurs toutes leur vie et ne font rien à leurs sujets. C’est une attitude autodestructrice. La bonne nouvelle c’est que votre subconscient ne fait pas la différence entre ce qui est réel et ce qui est imaginaire. Cela a été prouvé scientifiquement et de nombreux reportages ont relayé l’information. Votre corps va réagir de la même façon.  Par conséquent un moyen très efficace de reprogrammer votre cerveau est d’utiliser le processus de visualisation. Visualisez la façon dont vous vous voulez vous sentir et comment vous aimeriez agir lorsque vous faites quelque chose que dont vous avez peur. Imaginez entièrement la scène : vous ce que vous portez comment vous êtes coiffé, ce que vous ressentez les personnes qui vous entoure… Il s’agit d’une technique extrêmement puissante si l’on apprend à s’en servir correctement.

Apprenez à contrôler vos pensées

penserVos pensées créent votre réalité. Lorsque vos pensées vont vers le négatif, alors vous allez être anxieux et effrayé. Si vous n’arrivez pas à contrôler vos pensées dans les moments cruciaux, alors il vous sera difficile de surmonter votre peur. Un exercice utile est celui d’ Eckhart Tolle « regarder le penseur. Vous pratiquez observer et regarder vos pensées sur une période de temps. La chose étonnante, c’est quand vous devenez l’observateur de vos pensées vous rendez compte de l’essence qui est en vous, quelque chose de beaucoup plus profond (l’observateur). Si vous êtes observateur, vous êtes en mesure de choisir consciemment vos pensées et d’ignorer ceux qui vous sont inutiles et craintifs.

Apprenez à vous parler correctement

petite voix interieurLes mots que vous utilisez sont très importants. L’objectif étant de reprogrammer votre subconscient, vous devez faire attention à vos pensées. Vos pensées et vos actions doivent être en harmonie. Il ne sert à rien de passer à l’action à l’action et de vouloir changer vos pensées, si vous ne faites que de parler de peur toute la journée.  Bien sûr, vous pouvez exprimer vos sentiments, mais faites attention à ne pas entretenir tout le côté négatif par vos paroles. Il faut être congruents pensées, paroles et actions doivent être du même côté.

Acceptez vos limites

stop peurLe fait de pousser trop loin peut avoir l’effet inverse de celui que l’on souhaite. Chaque personne à des limites qu’elle peut dépasser. Mais dépasser sa limite fait mal, Si vous allez trop loin trop vite, vous pourriez vous dire que c’est trop difficile et décider d’abandonner. Poussez un peu vos limites, mais lorsque vous voyez que vous avez déjà beaucoup poussé, soyez indulgent avec vous-même et faites une pause. Le changement se fait d’une manière graduel, pas en une fois.

Arrêtez d’être sérieux, amusez-vous

contre la peurJ’ai remarqué que les gens prennent les choses vraiment trop au sérieux. Même le plus petit des évènements est pris au sérieux alors qu’il n’a aucune importance sur le reste de votre vie. Ils oublient que la vie est amusante, ils oublient de sourire de vivre leur vie. A la place de ça, ils stressent sur des évènements de moindre importance. La vie est un jeu, avec un mélange de hauts et de bas. Vous allez jouer, faire des erreurs, apprendre et devenir meilleur. C’est normal, c’est comme cela que l’on apprend de nouvelles compétences et que l’on surmonte sa peur.

Lorsque vous aurez dépassé vos peurs, vous vous sentirez comme diffèrent, plus libre…

Et vous, où en êtes-vous au sujet de vos peurs ? Répondez-moi en commentaire.

6 hacks cerveau pour dépasser la peur et continuer à avancer dans l’aventure de votre vie

S’engager pour l’aventure de votre vie, que ce soit créer un business, quitter votre emploi, changer de carrière, entreprendre, est vraiment le frisson de votre vie. Hackez votre cerveau pour dépasser la peur!

Quand j’ai décidé de prendre un nouveau départ dans la vie, en quittant le salariat, en 2011, je ne savais pas vraiment ou j’allais. J’étais au chômage, je construisais juste ce blog, et je me disais que ça m’aiderait à m’ouvrir de nouvelles opportunités pour être à mon compte, indépendant.

On va dire que j’ai eu 2 ans de vraiment incertitude intense à être effrayé jour et nuit. 2 ans à recréer des conditions pour gagner ma vie financièrement. Quand vous n’avez de diplôme, n’avez exercé que des petits-jobs, je peux vous dire que passer de salarié à indépendant représente un sacré défi.

Je suis devenu entrepreneur un peu par la force des chose, et en même temps j’avais envie de ça.

Si vous voulez devenir entrepreneur, vous allez être face à la peur. Vous avez quotidiennement de l’incertitude à combler. Vous allez vous demander si votre « rockette » va tenir le coup. Vous allez vous demander si vous n’allez pas mourir. J’ai eu des périodes plus ou moins fortes d’incertitudes. J’ai eu des mois ou je ne voyais pas d’argent arriver. Pour la première fois de ma vie j’ai commencé à avoir des dettes.

C’est parfois le noir complet, et ça peut tourner à l’humiliation publique.

Je peux avoir des jours où d’un coup je prend conscience d’où je suis. Je me dis « il te reste 1 mois d’économie, tu as zéro client, zéro prospect en vue, tu ne pourras pas payer tes factures. » J’ai pas le moral, je suis fatigué, et je crois que cette situation va être éternelle, que je n’aurais ni la force ni la capacité de changer le court des choses.

Avant je pouvais rester dans cette situation 1 semaine. Tétanisé. Cloué au sol. Maintenant, le lendemain, ou en 2 jours c’est oublié, et je suis reparti de l’avant, en ne laissant pas la peur court-circuiter mon cerveau.

Se retrouver face à ces choses et inévitable. Non-négocitable. Tous les entrepreneurs connaissent ça.

La force, quand vous venez de vous lancr dans le vide, vous là trouvé dans ce simple constat: Si vous ne faites rien, l’épée de Damoclès au dessus de votre tête tombera à brève échéance…

AFFRONTER LA PEUR

La plupart des gens ne vivent jamais à leur plein potentiel qu’ils ont en eux. Ils se retrouvent à 50 ou 60 ans avec une expérience de vie qui n’est qu’une fraction de ce qu’ils étaient vraiment capable. Pourquoi? Qu’est-ce qu’y les a arrêtés? Une seule chose: la peur.

La peur peut bloquer et enterrer votre potentiel.

Beaucoup de gens qui ne se lancent jamais dans les montagnes russes entrepreneuriales sont des gens qui pensent que les entrepreneurs sont immunisés contre la peur, qu’ils sont de courageux preneurs de risques qui ne doutent jamais de rien.

C’est très loin de la vérité.

C’est la flippe intense pour tous. Surtout au début de l’aventure.

Le courage n’est pas l’absence de peur. Comme l’a dit Nelson Mandela « Le courage c’est le triomphe par dessus la peur. L’homme brave n’est pas celui qui n’a pas peur, mais celui qui conquiert cette peur. »

Ceux qui décident ce s’engager et continuer dans l’aventure de leur vie ne le font par absence de peur, mais parce qu’ils mettent juste un pied devant l’autre chaque jour.

LA PEUR N’EST PAS RÉELLE

Oui, vous ressentez la peur. Mais la peur elle-même n’a aucune réalité. C’est juste une invention de votre mental pour vous protéger contre un évènement que votre cerveau pense comme dangereux pour votre vie.

C’est pourquoi certains peuvent se balader à 400m de haut sur une antenne de gratte-ciel, sans aucune protection, et s’amuser, alors que d’autres sont tétanisés par se jeter d’un avion en parachute.

La réalité est la même, c’est juste l’interprétation du cerveau qui est différente. La réponse émotionnelle est différente.

2 personnes peuvent regarder un chien. L’une va le trouver adorable. Et l’autre va l’interpréter comme une menace, un danger, et ressentir la peur.

Appelez un prospect, ou un client de rêve n’a rien d’effrayant. Il n’y a rien de dangereux là. La seule chose de dangereuse vient du fait de comment votre cerveau l’interprète. La peur est un phénomène qui réside uniquement dans votre cerveau. Une fois que vous avez compris que c’est votre imagination qui s’emballe, alors vous commencez à comprendre comment gérer la peur.

(Ressource: lien affronter la peur)

6 HACKS DE CERVEAU POUR DÉPASSER LA PEUR, LA CONQUÉRIR

1. REMETTEZ LES CHOSES EN PERSPECTIVE

Séparez la réalité de la fantaisie. Ce n’est pas un lion — c’est un téléphone. Si vous appelez votre client de rêve, et qu’il répond, il ne va pas vous manger.
Si vous avez une présentation à faire face à une large audience, ils ne vont pas vous attaquer. Vous n’êtes pas en danger mortel.

Donc de quoi avez-vous peur? Du film délirant que vous vous faites…

Une bonne question à vous poser c’est: « Si je fais ça, est-ce que je vais mourir? »Si la réponse est non, alors c’est que vous êtes trop dramatique. Ça ne devrait pas avoir de pouvoir sur vous.

2. C’EST LA PEUR DE LA PEUR DONT VOUS AVEZ PEUR

Étrangement, ce n’est même pas appeler un étranger ou faire ce speech qui génère notre peur, c’est l’anticipation de le faire — ce qui est, encore une fois, une illusion de l’esprit.

En 1960, le chercheur Seymour Epstein est devenu curieux à propos des skydivers. Il découvrit que le rythme cardiaque des parachutes augmentait à mesure que l’avion monté. Plus il montait, plus l’anxiété montait. Mais ce à quoi il s’attendait pas, c’est que dès que les parachutistes avaient sautés, leur rythme cardiaque déclinait drastiquement. Ils prenaient même du plaisir.

Donc en fait, la partie la plus effrayante de l’expérience était l’illusion de comment l’évènement allait se passer. En d’autre termes, c’était de l’anticipation de la peur…

Dès que vous êtes engagé dans l’activité, le cerveau réalise que vous n’êtes pas nez à nez avec un prédateur. Vous n’allez pas mourir.

« Souvenez-vous: La peur fait plus mal que la chose dont vous êtes effrayé. »

3. JUSTE 20 SECONDES DE COURAGE

Si vous y réfléchissez de quoi avez-vous vraiment besoin pour faire avancer votre business, où aller plus loin dans votre aventure entrepreneuriale? Un coup de téléphone.

Nous sommes en fait des lâches 99,9305556% du temps. Sauf pour 3 fois dans la journée pour 20 secondes où ils nous faut nous lancer.

Pourquoi 20 secondes? Parce qu’en 20 secondes, vous pouvez….

  • Prendre le téléphone et appeler ce prospect « Grand Kahuna »
  • Vous pouvez vous introduire à un client de rêve lors d’un évènement networking
  • Vous pouvez aller voir un cercle étranger, et dire « salut »
  • Vous pouvez activer le jet d’eau froid pour une douche écossaise
  • Vous pouvez la ou le demander demander pour un rendez-vous
  • Vous pouvez sauter d’un avion
  • Vous pouvez dire « non » quand vous savez que ça être impopulaire

Une fois passé ces 20 premières secondes, vous êtes dedans, et dans 99% des cas, vous découvrez que vos appréhensions étaient une imagination de votre cerveau, et qu’en fait vous n’avez déjà plus peur.

Vous n’arriverez jamais à convaincre votre cerveau que vous jeter d’un avion est une bonne idée. Alors comment vous faites? Vous vous prenez, et vous vous jetez… vous ne cogitez pas.

« En fait, les activités qui vous effraient le plus sont celles qui peuvent vous provoquer une percée dans votre succès. Jetez-vous! »

Imaginez à quel point votre vie pourrait changer, et comment vous pourriez accomplir, multiplier votre succès, devenir important si vous aviez 20 secondes de braverie 3 fois par jour.

Se jeter 20 secondes…. juste le temps d’avoir une éphémère frayeur.

4. FOCALISEZ VOUS SUR LA TÂCHE, PAS SUR LES CONSÉQUENCES

Votre cerveau est une reine du drama! Il fait des montagnes de taupinières. Il voit un insecte est il en fait un Tyrannosaurus rex. On pourrait appeler ça l’effet distordu.

Vous savez, c’est comme cette famille qui perd de vu son enfant au supermarché. 2minutes perdu de vu. D’un coup c’est la panique. Ils demandent à tous les passants s’ils n’ont pas vu leur enfant. Ils appellent la sécurité. La sécurité arrive. 2 policiers du coin en poste arrivent aussi. Ils imaginent les pédophiles, les meurtriers. En 3minutes c’est une équipe entière qui se monte pour une recherche de grande envergure.

Puis d’un coup. La gamine arrive. Les parents criants, pleurants: « je pensais t’avoir perdu, ou étais-tu? » Et la gamine répond « j’étais là, au magasin au coin, à regarder une paire de pantalons » Elle était à 10 mètres.

En l’espace de 12minutes, le cerveau du père et de la mère est partie dans une réalité magnifiée, voyant leur fille enlevée, molestée, assassinée.

C’est ça l’effet distordu.

Ça nous arrive à tous… mêmes aux meilleurs.

« La solution c’est de se focaliser sur la tâche, et non les conséquences. Comme ça vous enlevez la pression. »

Quand Michael Jordan prend le shoot final qui décidera de la victoire ou pas pour le titre suprême, il ne pense pas aux conséquences. Il est dans l’instant. Il pense juste au shoot — il a fait ça des millions de fois. 

Quand Tiger Woods arrive au final de son 18 trous du Masters le dimanche, il ne pense pas au coup qui pourrait faire 500.000 dollars de différence entre la victoire ou la seconde place. Il ne pense pas aux retombées sur les contrats publicitaires qui pourraient lui rapporter des millions supplémentaires. Il pense juste à la tâche. Mettre la balle dans le trou. Il l’a fait des millions de fois.

Les mêmes règles s’appliquent partout. En entrepreneuriat aussi.

Quand vous allez voir un client pour la première fois, que personne ne se connait en fait, vous avez juste à vous pointer dire « Bonjour », être adapté socialement, bien parler, bien pitcher, et quand on vous dit « signes ici », vous signez. Vous ne pensez pas aux enjeux à long termes, aux milliers d’euros que pourrait vous rapporter ce client. Vous êtes juste dans la tâche.

Ne laissez pas votre cerveau s’emballer avec l’effet distordu qui magnifie les conséquences (et imaginent souvent des choses négatives et fausses).

5. SE DÉSENSIBILISER À LA PEUR

S’il y a bien une organisation qui comprend la peur mieux que n’importe quelle autre, c’est bien les militaires.

Quand les nouvelles recrues arrivent, ils sont indisciplinés, jamais allés bien plus loin que le nid familiale de maman. Ils les amènent à travers les camps militaires, et en font des guerriers sans peur. 

Ils sont confrontés à de la peur répétée, de la pression, et du stress. Comme ça, le jour où ils sont en Afghanistan et que les balles siffles au dessus de leurs têtes, ils ne partent pas courant dans le sens opposé.

Vous n’allez pas à la guerre.

 Mais vous avez aussi besoin de vous désensibiliser à la peur, en y faisant face régulièrement. Écrivez cet article. Osez dire vraiment ce que vous pensez souvent. Appelez régulièrement des prospects. Pitchez-vous face à des inconnus. Essayez de conclure la vente. Rencontrez des gens. Osez être vous. Lancez votre business malgré la peur, malgré le risque financier, et levez-vous chaque jour faire les actions dont vous avez peur.

Non seulement la peur perdra de l’emprise sur vous, mais la peur elle-même peut devenir la chose précise qui sépare votre succès de la médiocrité de tout le monde.

6. RENDRE LA PEUR ET L’ÉCHEC FUN

Darren Hardy avait 20 ans quand il s’est lancé dans le business immobilier. Un novice complet. A son premier séminaire immobilier, il demanda au speaker de déjeuner avec lui pour avoir ses meilleurs conseils pour avoir du succès dans l’industrie.

Il répondit: « mon meilleur conseil? Bien sur. Vas échouer. Beaucoup. »

Darren Hardy fut un peu surpris par la réponse, lui disant qu’il pensait que c’était plutôt l’opposé: éviter l’échec.

 Le speaker lui dit: « La clé du succès c’est l’échec massif. Ton objectif est d’échouer plus que la compétition. Dans tous les succès, celui qui échoue plus, le plus rapidement, et le plus grandement et celui qui gagne »

Pour clarifier il prend un serviette de table, un stylo et écrivit: « La vie, la croissance, l’accomplissement » Il dit, « cela fonctionne comme une pendule ». Il désigna un diagramme sur la serviette. « D’un côté l’échec, le rejet, la défaite, la tristesse, et la douleur De l’autre côté, tu as le succès, l’acceptation, la victoire, la joie, le bonheur. Si tu reste immobile dans la vie, tu n’expérimentera pas tellement d’échec et de douleur. Mais tu ne trouveras pas tellement de succès et de bonheur non plus. »



« Avec le temps, » il continua, « la plupart des gens se débrouillent pour rester dans leur zone de confort. Ils peuvent seulement permettre à la pendule de se balancer à une courte distance de la douleur, du rejet, de l’échec, en conséquence ils expérimentent seulement un petit degrés de joie, de connexion, et de succès de l’autre coté du swing. »

La clé, c’est que vous ne pouvez pas expérimenter un côté sans une égale proportion de l’autre. Les gens pensent qu’ils peuvent avoir le succès sans échec, l’amour sans les prises de tête, la joie sans le tristesse. Il y a la gravité de la pendule, et le swing de l’échec et du succès.

Il ajouta, « Maintenant, tu ne peux pas contrôler le côté du succès. Souvent ce que tu poursuit t’échappes. Mais le côté de la pendule que tu peux contrôler c’est l’échec et le rejet. C’est pourquoi ton travaille est de faire swinger la pendule aussi haut et fort que tu peux. Vas échouer. Grand. Et vite. »

Je ne crois pas qu’aucun entrepreneur aime se prendre des tôles, d’échouer souvent. Mais ça fait parti du processus. Ils ont accepté cette part du processus que beaucoup refusent.

Ils savent aussi rapidement se remettre en scelle. Ils sont résilient.

Leadership : livres recommandés

Il me fait plaisir de vous partager aujourd’hui 11 titres de livres captivants portant sur le leadership qui vous permettra de développer et d’améliorer vos compétences. Ces ouvrages sont disponibles dans la plupart des bibliothèques et en librairie (certains titres sont en anglais seulement, car ils n’ont pas été traduits) :

1- Blanchard, Kenneth H. 2011. Lead with LUV: a different way to create real success
2- Brown, Max et Tanveer Naseer. 2014. Leadership vertigo: why even the best leaders go off course and how they can get back on track
3- Cockerell, Lee. 2009. Enchantez votre entreprise et vos clients : 10 stratégies de leadership pour un succès planétaire : d’après les principes enseignés au Disney Institute
4- Covey, Stephen R. 2006. L’étoffe des leaders : libérez créativité, talent et énergie chez vous et les autres
5- Maxwell, John C. 2014. Good leaders ask great questions: your foundation for successful leadership
6- Miller, Mark. 2013. The heart of leadership: becoming a leader people want to follow
7- Sanborn, Mark. 2007. Nul besoin d’un titre pour être leader : comment il nous est possible à tous de faire, partout, une différence positive
8- Tracy, Brian. 2013. 12 disciplines of leadership excellence: how leaders achieve sustainable high performance
9- Widener, Chris. 2012. Les règles du leadership : devenir le leader que vous souhaitez être
10- Williams, Pat. 2012. Leadership excellence: the seven sides of leadership for the 21st century
11- Wooden, John R. 2007. The essential Wooden: a lifetime of lessons on leaders and leadership

Olivier Soudieux : “Laisser une grande place au chaos constitue la plus sûre façon d’aborder l’incertain”

L’entreprise efficiente dans un monde incertain et complexe : l’art de gérer absence de visibilité et imprévu, par un expert également alpiniste de l’extrême

O.soudieuxOlivier Soudieux, alpiniste de l’extrême et spécialiste en gestion de risque

Lorsqu’Olivier Soudieux pense gestion des risques, il ne pense pas objectifs chiffrés trop élevés ou parts de marché en recul. Il pense équipes encordées à plus de 7000 mètres d’altitude, camps de base à rallier dans le brouillard, gestion des vivres et de la fatigue. Normal, Olivier Soudieux est alpiniste. Spécialiste des ascensions à hauts risques et des expéditions extrêmes où, du Népal au Canada, avant de s’approcher du Pôle Nord, il a appris à gérer les environnements incertains, l’absence de visibilité et les obstacles imprévus. Ces éléments de contexte qui, devenus récurrents dans l’univers économique actuel, handicapent les entreprises et impactent leurs performances et avec lesquels lui-même a appris à composer.

Sa méthode ? Une adaptabilité totale et permanente ; une capacité à remettre en question en temps réel une décision, une stratégie et des priorités. De cette expertise il a tiré plusieurs enseignements qu’il dispense aujourd’hui à des dirigeants d’entreprise soucieux non seulement de survivre mais aussi de prospérer en milieu incertain.

Ses recommandations sont simples : renoncer aux anciens schémas décisionnels fondés sur le prédictif et l’anticipation et en appeler à de nouveaux mécanismes basés sur l’acceptation de l’échec et de l’approximation. Une mutation radicale, certes, mais essentielle dès lors que le contexte actuel requiert moins de “quadriller le périmètre” que de s’adapter à l’imprévu.

Objectif de sa démarche : permettre aux entreprises de faire de l’incertitude non plus “un obstacle majeur mais un élément de contexte comme un autre”. Avec lequel elles seraient non seulement capables de composer mais aussi de progresser.


Entretien mené par Caroline Castets

Mon parcours est celui d’un homme ordinaire qui fait des choses qui sortent de l’ordinaire. De l’alpinisme de haut niveau, des expéditions extrêmes… Ces choses ont d’abord été une passion, un loisir compatible avec mon travail de chef de projet chez Cap Gemini puis je me suis accordé une parenthèse pour m’y consacrer et cette parenthèse ne s’est jamais refermée. Après avoir enchaîné un temps les conférences sur mes expéditions, j’ai pris conscience du fait que celles-ci recélaient un matériau idéal pour des formations sur la maîtrise des risques en entreprise.

Dès ma première expédition, j’avais pu constater que la façon de gérer les risques en termes de méthodologie était identique à celle mise en oeuvre dans le cadre d’un projet en entreprise : définir un objectif, les moyens nécessaires et la stratégie supposée optimale pour l’atteindre, etc. Seul l’environnement différait. Si bien qu’à mon retour j’ai commencé à faire des formations sur le sujet ; en illustrant les problématiques rencontrées en entreprise avec certaines situations vécues au cours de mes ascensions.

L’imprévu et l’absence de visibilité

Le premier constat qui m’a emmené à déployer ce projet à destination des entreprises et de leurs dirigeants est le fait qu’en expédition, chercher à fonctionner en s’appuyant sur des éléments dits de gestion de projet ou de maîtrise des risques, comme on le fait en entreprise, est totalement inefficace. Pour la simple raison qu’on rencontre dans ce type de projet des éléments de contexte bien connus du monde professionnel – revirement conjoncturel, difficulté inattendue, erreur d’appréciation, etc. – mais qui, dans un environnement tel que la haute montagne, voient leur impact démultiplié.

L’imprévu – qui en expédition ne relève pas de l’exception mais du quotidien –, l’absence de visibilité – dont les entreprises disent souffrir de plus en plus mais qui, en montagne, nous contraint fréquemment à avancer dans le brouillard au sens propre et à nous orienter sur la base d’informations instables ou incomplètes  -, ce sont là des éléments récurrents de la vie des entreprises comme des ascensions d’alpinistes qui, dans un cas comme dans l’autre, ne doivent pas nous empêcher d’avancer vers l’objectif.

L’exigence d’adaptabilité

L’objectif de l’entreprise a toujours été de prospérer, ce n’est pas nouveau. Ce qui l’est davantage, c’est qu’aujourd’hui il lui faut prospérer dans un monde incertain. Le challenge ne se résume plus à “être profitable à la fin de l’année”, mais à “être profitable à la fin de l’année sans rien savoir des ressources dont on disposera, de l’état du marché, de l’économie mondiale, de la concurrence, etc.”. En expédition, on est constamment soumis à ce type de challenge et la capacité à s’y adapter n’est pas un plus, mais un impératif absolu. Parfois, une question de vie ou de mort. C’est parce qu’aujourd’hui les entreprises sont de plus en plus confrontées à cette exigence d’adaptabilité que j’ai décidé de tirer un enseignement managérial de mes expéditions et de leur proposer.

« La performance positive »

En faisant ce travail j’ai identifié trois piliers d’enseignement valables en expédition et transposables en entreprise. Le premier est ce que j’appelle la performance positive. Il s’agit de la nécessité de se montrer réellement performant, avec un niveau d’exigence élevé face aux objectifs fixés, mais également de maintenir ce niveau durablement. La façon dont les dirigeants d’entreprise envisagent la performance est trop souvent liée à une notion d’immédiateté, ce qui se produit en expédition lorsque l’idée devient d’atteindre le sommet le plus vite possible. Or on s’aperçoit très vite en montagne que la performance pure, sans un niveau de bien-être suffisant, cela s’appelle une illusion. Un fantasme de manager, qu’il soit chef d’expédition ou dirigeant d’entreprise.

Au début, la performance sera au rendez-vous, c’est certain : mettre la pression aux équipes permettra bien d’avancer plus vite. Mais cela créera une illusion d’efficacité alors qu’il ne s’agira pas de performance durable. Rapidement, l’épuisement va gagner certaines personnes et, ainsi, ralentir l’ensemble des membres du groupe – que ce soit en raison de la corde qui les relie en alpinisme ou de celle que représentent les multiples interdépendances qui, en entreprise, font que l’efficacité du dispositif dépend d’un ensemble de performances individuelles. C’est pourquoi le rôle essentiel du chef de projet, quel qu’il soit, doit impérativement consister à placer et ajuster le curseur entre performance et bien-être. La plupart des managers savent parfaitement que le bien-être et l’humain sont au service de la performance économique. Mais beaucoup ont du mal à capitaliser sur cette réalité une fois en prise avec un objectif à atteindre. Plus encore lorsque, comme c’est le cas aujourd’hui, l’environnement perd en visibilité.

« L’agilité »

Le deuxième pilier essentiel que j’ai identifié porte sur l’agilité. L’impératif stratégique qui consiste à se montrer capable, à tout moment, de réorienter une décision, d’infléchir une stratégie en fonction d’éléments extérieurs. En haute montagne, le schéma d’entreprise classique qui consiste à prévoir à moyen terme, exécuter et tirer un enseignement est un principe qui ne fonctionne pas. Pour la simple raison que rassembler des informations dans le but d’élaborer des plans “à moyen terme” implique une faible fiabilité de ces informations et une probabilité élevée que le contexte ait évolué, voire radicalement changé, entre le moment de la prévision et celui de sa mise en oeuvre. Le mécanisme est trop long : il crée nécessairement une décorrélation entre décision et exécution. Aujourd’hui, il en est de même en entreprise.

“Laisser une grande place au chaos constitue à mon avis la plus sûre façon d’aborder l’incertain. C’est pourquoi il y a tout un travail à faire sur les organisations pour les emmener à fonctionner davantage comme des petites cellules kamikazes qui se font et se défont en fonction des opportunités et des difficultés qui surviennent.”

La politique de gestion de risques consacre énormément de temps et de moyens – humains et financiers – à prévoir, anticiper, élaborer des scénarios alternatifs, etc. On est constamment dans la projection de tous les possibles ce qui, au-delà d’un certain stade, se traduit nécessairement par une perte de temps puisque tout prévoir est simplement impossible et que s’acharner à le faire finira par coûter plus cher que de gérer le risque réel lorsqu’il se présentera. Autre problème : ce type de stratégie tend à nous inscrire dans des schémas tellement étroits et précis qu’ils nous rendent d’autant moins aptes à agir lorsque l’imprévu survient. Je pense donc que, dans le contexte actuel, il est impératif que les managers renoncent à créer trop de cases mais acceptent plutôt de se confronter régulièrement à l’imprévu.

« L’adaptation permanente et l’approximation constante »

Tout cela implique de travailler de nouvelles approches décisionnelles en se fondant non plus sur une démultiplication de schémas et de scénarios mais, à l’inverse, sur un principe d’adaptation permanente et d’approximation constante ; ce que les entreprises ont du mal à entendre tant la recommandation est contraire à leurs pratiques et croyances, elles qui, en permanence, s’emploient à combattre l’approximation. C’est pourtant un fait, il existe toute une part de l’environnement économique et humain qui ne peut se traduire en équation et qui conserve, quoi qu’on fasse, une part élevée d’imprévisibilité, si bien que la seule façon réellement efficace de l’aborder consiste à accepter une marge d’approximation.

C’est une réalité avec laquelle on apprend nécessairement à composer en expédition où l’essentiel n’est pas de savoir avec précision où l’on est ni quelle partie du chemin on a déjà parcourue mais plutôt où l’on se situe approximativement. S’acharner à savoir avec précision prend trop de temps et mobilise trop de moyens. Mieux vaut adopter une gestion des priorités flexible et accepter l’idée de progresser non pas nécessairement vers le point idéal mais vers quelque chose de globalement bien orienté qui s’en approche. C’est là une manifestation d’agilité qui peut s’avérer d’une grande valeur ajoutée pour les entreprises ; une façon de bien gérer ses ressources et, à l’arrivée, un processus plus efficace.

Manager par le sens

Un des grands enjeux de l’entreprise – comme d’ailleurs de l’expédition – est que les gens s’engagent. Or plus l’environnement est difficile et incertain, plus la tentation est forte de se désengager. Il existe trois outils de management pour pallier cela. Les deux premiers sont bien connus et se résument aux concepts de base que sont la carotte et le bâton. On sait ce qu’on peut en attendre, en termes de résultats comme d’effets pervers. Il en existe un troisième qui est le management par le sens. L’idée consiste à se dire que le projet, pour susciter l’adhésion, doit être porteur de valeurs. Pas les concepts nobles affichés en salle de réunion et rarement mis en pratique mais d’une véritable ambition collective. Alors la motivation peut être intrinsèque au projet et le manager n’a plus qu’à coordonner des équipes qui, toutes, ont envie d’avancer au service de la mission.

Ce qui est infiniment plus confortable pour le manager et plus efficace pour le projet. Travailler ce type de dynamique managériale est essentiel par les temps qui courent car, cela se vérifie invariablement en expédition, lorsque les difficultés surviennent, elles démultiplient les tendances préexistantes au sein de l’équipe. Que celles-ci soient positives ou négatives. Si bien que la façon dont chaque leader manage et les outils qu’il utilise pour le faire par temps calme peuvent lui donner un modèle plus ou moins prédictible de ce qui se produira lorsque le risque surviendra. Ce qui est d’une importance capitale parce que ce n’est pas au moment de la crise que l’on peut changer les équipes ou créer de la motivation.

Surtout il faut garder à l’esprit que ce qui peut faire toute la différence dans l’atteinte de l’objectif, ce n’est pas l’accumulation des compétences individuelles mais le partage du sens. C’est flagrant en expédition où parmi des alpinistes chevronnés, certains chercheront d’abord le dépassement de soi alors que d’autres seront venus pour se faire plaisir. Lorsque la crise survient – ce qui m’est arrivé à 7 000 mètres d’altitude au Népal -, ce sens différent donné à l’aventure, s’il n’a pas été détecté avant, peut vraiment poser problème.

« Sortir du cadre »

Le troisième grand enseignement que j’ai tiré de mes différentes expéditions et qui vaut pour toute entreprise aujourd’hui tient à la nécessité non seulement d’innover mais, plus encore, de sortir du cadre lorsque l’environnement l’exige. Ce qui est généralement le cas lorsque, une fois parvenu à un certain niveau d’agilité, de motivation partagée et de compétences, on se trouve en capacité d’aller plus loin que ses concurrents. Ce qui crée de nouvelles incertitudes, implique de nouveaux risques et requiert une nouvelle forme d’adaptabilité, particulièrement en termes de créativité et d’innovation de rupture. Car une fois qu’on est suffisamment monté en performance pour élargir son périmètre d’expertise, il faut adopter une approche innovante. On ne peut espérer investir de nouveaux territoires, quels qu’ils soient, en recourant aux mêmes méthodes que par le passé et en espérant qu’elles fonctionneront dans un environnement encore plus complexe et incertain.

Les alpinistes chevronnés sont confrontés à ce type de situation lorsque, après avoir gravi tous les hauts sommets de France, ils se sentent suffisamment compétents et agiles pour s’attaquer à un sommet du type Himalaya où ils vont se trouver exposés à des difficultés démultipliées face auxquelles les anciennes méthodes seront, sinon inefficaces, du moins insuffisantes. Il faut alors innover pour survivre dans un milieu encore plus instable que celui qu’ils connaissaient jusqu’alors. C’est le cas des entreprises qui s’aventurent hors de leurs univers, qui tentent d’autres voies et qui, ce faisant, doivent défricher des environnements qu’elles ne maîtrisent pas. Deux possibilités s’offrent à elles : renoncer ou sortir du cadre.

Innovation de rupture

C’est ce que j’ai pu vérifier en préparant ma traversée du Pôle Nord en solitaire, sur un territoire qui, aujourd’hui, est plus que jamais instable puisqu’il est entre glaciers et eau, si bien qu’il n’existe a priori aucun outil adapté pour ce type d’expédition. C’est pourquoi j’ai eu l’idée de faire construire un équipement totalement inédit, à la fois traîneau et bateau. Ce type d’innovation de rupture est révélateur de ce que les entreprises doivent parvenir à faire aujourd’hui ; à savoir : être capables de sortir du cadre pour trouver des solutions là où, a priori, il n’en existe aucune. Cela implique de remettre en cause des convictions, de penser totalement différemment, de s’appuyer sur les experts, bien sûr, mais également de savoir aller contre leur avis, car ce sont généralement des professionnels qui quadrillent tellement leur périmètre qu’ils acquièrent des certitudes absolues sur ce qui est possible de faire et sur ce qui, selon eux, ne l’est pas. Et c’est parfois en croisant deux impossibles certifiés par des experts qu’on peut déboucher sur de vraies solutions innovantes.

Changement de paradigme

Avec ces leviers – l’agilité, l’innovation, la performance… – évoluer en milieu incertain devient possible. L’incertitude cesse d’être un obstacle majeur pour devenir un élément de contexte comme un autre avec lequel l’entreprise est non seulement capable de composer mais aussi d’identifier de nouvelles opportunités.
Sur toutes ces thématiques – garantir lorsqu’on ne dispose soi-même d’aucune garantie, gérer l’incertain, composer avec l’absence de visibilité… -, les entreprises sont en très grande demande.

Et elles le sont d’autant plus que beaucoup ont aujourd’hui conscience du fait que ce que nous vivons à l’heure actuelle n’est pas une crise mais un changement de paradigme. Il ne saurait donc être question pour elles de se cramponner à leurs anciens schémas de management, de prise de décision et de gestion de risque en attendant que les choses reviennent à la normale. Elles doivent, au contraire, apprendre à naviguer dans ce monde nouveau. Dans ce contexte appelé non seulement à durer mais aussi à se renforcer. Raison pour laquelle apprendre à progresser avec des informations partielles et en milieu fluctuant est déjà une nécessité aujourd’hui mais deviendra sans doute une question de survie demain.

En attente de “How to”

Pour toutes ces raisons, les entreprises sont clairement demandeuses. Mais plus que des leviers d’action, elles voudraient qu’on leur communique du “how to”, une méthodologie. On peut partager avec elles un certain nombre de stratégies – que ce soit sur la gestion des ressources ou le mécanisme décisionnel – et de mises en situation sur le risque extrême, le mécanisme de décision, etc. pour les sensibiliser à d’autres approches managériales mais il est clair qu’à l’heure actuelle, la majorité d’entre elles ont encore beaucoup de mal à accepter ces nouvelles approches. Beaucoup restent en effet très ancrées dans un modèle de structure hiérarchique et de logique prévisionnelle. Ce qui se comprend parfaitement mais pose problème dès lors que l’environnement actuel requiert une autre approche. D’autres réflexes.

Plus de place au “chaos”

En ce qui me concerne, pour ma prochaine expédition je vais évidemment conserver un peu de structure, il en faut, mais je vais surtout laisser une grande place au chaos, ce qui constitue à mon avis la plus sûre façon d’aborder l’incertain, mais qui reste un concept vers lequel les entreprises ne vont pas spontanément.

Beaucoup en comprennent pourtant l’utilité dans le contexte actuel mais, pour contourner la nécessité de passer à l’acte, invoquent les pesanteurs de leur organisation interne, le poids des process, etc. Je pense donc qu’il y a tout un travail à faire sur les organisations pour les emmener à fonctionner davantage comme des petites cellules kamikazes qui se font et se défont en fonction des projets, des opportunités, des difficultés qui surviennent.

Les entreprises doivent laisser plus de place au chaos. Moins s’acharner à border l’incertain mais tester. Non pas pour trouver nécessairement des solutions mais pour identifier les problèmes, les manquements, les besoins, ce qui produit généralement beaucoup plus de résultats.

Bienfait de l’échec

Les managers ont tout intérêt à consentir à ce que quinze expérimentations soient menées dans quinze directions différentes, afin de voir ce qui en résulte, de partager ce qui n’a pas fonctionné, d’en tirer un enseignement et de recommencer pour ensuite être en mesure d’en faire une règle. Or, pour l’heure, on a beaucoup de discours positifs sur la vertu de l’échec mais lorsqu’on teste, on le fait toujours prioritairement pour que cela fonctionne, le discours managérial classique sur le sujet restant : “Comme je vous donne les moyens d’essayer, j’aimerais que vous puissiez me garantir un retour.” Ce refus de tester “à perte” pose problème, tout comme cette incapacité, très répandue en Occident, à accepter l’erreur et l’échec comme faisant partie intégrante du processus créatif.

Pourtant, seuls deux types d’échecs m’apparaissent réellement préjudiciables : le premier consiste à ne rien tenter, le second à ne tirer aucun enseignement de ses erreurs. Pour tout le reste, il faut considérer que l’échec et l’erreur constituent des étapes préalables au succès et que, si l’on souhaite réellement doubler son taux de réussite, il faut accepter de doubler son taux d’erreur. Bien sûr cela a un coût. Mais ne rien tenter en a un encore plus élevé. Surtout dans le contexte actuel.

Qui dort bien… performe au travail !

Le lien entre la qualité du sommeil et la performance au travail ne fait plus de doute. À l’occasion de la journée nationale du sommeil, le site Chef d’entreprise publie une infographie pour alerter sur les risques encourus. Principal enseignement issu des données de l’Institut national du sommeil et de la vigilance : plus de la majorité des actifs aimeraient dormir davantage. Ces troubles impactent la qualité du travail fourni et sont des facteurs d’accident du travail. Bref, un risque à ne pas sous-estimer en cette année de mise en œuvre du compte pénibilité.

Un manque de sommeil flagrant chez les actifs

 Si vous vous sentez fatigué au travail, sachez que vous n’êtes pas seul :

  • 55% des actifs aimeraient dormir davantage,
  • 60 % des salariés qui travaillent en horaire décalé se plaignent de troubles du sommeil, d’insomnie ou de somnolence. Un salarié sur quatre travaille en horaire décalé, dont 60% en horaire de nuit.

Un impact fort sur l’efficacité au travail

La somnolence au travail entraîne différentes conséquences :

  • des difficultés à gérer son temps,
  • des difficultés relationnelles,
  • des pertes d’efficacité.

En outre, le manque de sommeil augmente :

  • les risques d’accident du travail,
  • le nombre d’absences,
  • la durée des arrêts de travail.

Le sommeil aussi risqué que l’alcool

Le fait de rester longuement éveillé sans dormir a des conséquences qui se rapprochent des risques liés à la consommation d’alcool. 17 heures d’éveil en continu équivalent au risque de 0,5g/l d’alcool dans le sang. Et à partir de 24 heures, c’est l’équivalent de 1g/l d’alcool dans le sang.

La sieste au travail comme solution ?

Pour diminuer les risques et augmenter les performances, les adeptes de la sieste au travail pourraient en profiter pour faire leur grand retour. Une étude a récemment montré que 64% des DAF sont favorables à une sieste de moins de 20 minutes sur le lieu de travail.

Source : Chef d’entreprise / Institut national du sommeil et de la vigilance

Et l’ambition , alors ?

L’ambition, dans le business moderne, semble bien pouvoir être dite la « meilleure et la pire des choses ». Il s’agit en effet d’une qualité très ambivalente, selon les contextes et les champs d’application dans lesquelles on la rencontre.

La connotation péjorative qui est ordinairement attachée à l’ambition semble liée aux moyens employés pour aboutir à ses fins, et au fait que cette recherche effrénée ne vise qu’un intérêt pour soi-même devenant quasi obsessionnel.

Mais si l’ambition répond à la recherche constante d’un progrès, d’une réussite personnelle et professionnelle, au souci de s’améliorer soi-même en améliorant les autres et l’entreprise dans laquelle on exerce ses activités, alors on ne peut que la souhaiter à tous ! Elle peut d’ailleurs alors être explicite et éviter de tomber dans les habituels petits calculs d’intérêts et les dissimulations maladroites que d’aucuns confondent avec l’ambition. Etre arriviste n’est pas, en effet, être ambitieux.

L’ambition de l’un peut ainsi devenir également enrichissante pour les autres, dans la mesure où elle ne se cantonne pas à une attitude purement égocentrique d’acquisition d’avantages dans les biens matériels ou dans le paraître aux yeux d’autrui. Le désir de notabilité a affadi, on le sait bien, tant et tant de potentiels prometteurs !!! Mais comme le dit le proverbe : au royaume des aveugles, les borgnes sont rois !

Au contraire, la véritable ambition, la grande ambition, est claire et légitime : la faire connaître et la faire partager aux autres permet à la fois de prendre plus précisément la mesure de la réalité, de ses propres possibilités et de ses limites, avec un échange qui peut être fructueux pour tous. Car l’ambition ne se confond pas non plus avec la prétention :

Si l’ambition amène souvent à rechercher avec ardeur ce qui paraît au-delà de nos possibilités, ou tout au moins à l’horizon de ces possibilités, elle considère sans cesse le possible réel et s’y adapte efficacement en tentant de le transformer et de l’augmenter : elle est vraiment alors une force de progrès.
La prétention, au contraire, repose sur une estime trop grande de soi-même qui amène à négliger, sous estimer ou déformer le réel et à écraser les autres sous une vanité de mauvais aloi. En fait, le prétentieux est souvent celui qui n’a pas les moyens d’être ambitieux.

L’ambition, au contraire de l’arrivisme, de la notabilité et de la prétention, vient ainsi s’opposer à la stagnation, au confort illusoire de l’absence de changement, et au fond à l’absence mortifère de vrais désirs. Et si l’ambition implique que l’on soit meilleur que d’autres, les mesures sont à prendre seulement en soi-même et non pas dans un détour par l’intrigue ou le grenouillage, voire la destruction de la personne du rival. Car il y a encore une différence entre chercher l’excellence… et manipuler les opportunités !

C’est à ces quelques distinctions toutes simples que l’on peut juger du comportement éthique de quelqu’un.

TRAVAILLONS NOTRE CLAIRVOYANCE

La clairvoyance : une vertu ou une compétence ?

La clairvoyance est certainement, dans le contexte professionnel global actuel, une qualité précieuse. Mais « voir clair » ne nous est manifestement pas si naturel que ça ; et si tout le monde est capable de voir, il semble néanmoins que la clairvoyance ne soit pas la chose du monde la mieux partagée. Qui plus est, elle comprend une dimension subjective qui rend très délicate une description objective précise de ce qu’elle est et de ses conditions d’exercice. Peut-elle s’acquérir ? Peut-elle se cultiver ? Ce que l’on peut déjà dire, c’est qu’elle repose en tous les cas autant sur un véritable travail sur soi-même, que sur une observation éclairée de ce qui se passe autour de nous.

Comprenons bien la difficulté. La clairvoyance implique une « prise de conscience », c’est-à-dire une perception renouvelée de ce qui constitue nos environnements, mais aussi nos motivations personnelles et notre façon individuelle de nous représenter le monde et ce qui s’y passe. La psychologie élémentaire nous apprend en effet que notre « conscience » est structurée par un « système de représentations ». Ceci signifie que nous ne connaissons jamais les choses telles qu’elles sont « en elles-mêmes », mais plutôt telles que nous nous les représentons, en y projetant nos propres caractéristiques, nos propres préjugés et a priori, nos propres schémas mentaux et affectifs. Ces derniers se sont tissés depuis notre enfance, tout au long de notre vie, de notre formation, de notre expérience, de nos succès… et de nos drames.

Mais nous n’avons pas, c’est un paradoxe de notre nature humaine, une conscience complète de ce système et de la tyrannie qu’il exerce sur notre pensée et sur notre imagination, sur nos affects et sur nos sentiments et par conséquent sur les conditions de notre regard sur le monde. Or, la clairvoyance nous oblige à recevoir, regarder ou concevoir des « choses » qui outrepassent, voire contredisent notre système. Mais comme c’est à partir de ce système que nous jugeons spontanément de toutes choses, cette contradiction peut devenir en nous un véritable obstacle, dès lors que nous n’avons plus la faculté de prendre du recul. Nous passons alors, tant par défense naturelle que par confort, à coté de ce qui nous dérange.

Autrement dit, nous n’avons tendance à nous représenter les choses qu’en tant qu’elles peuvent constituer un objet acceptable pour nous. Nous regardons ce qui advient sous nos yeux, mais seulement de manière à le rendre compatible avec notre système existant. Comme le disait Sir Arthur Eddington, prix Nobel de physique : « Nous ne croyons nos yeux qu’autant que nous avons la conviction préalable que ce qu’ils semblent nous apprendre est croyable. »

Dès lors, nous ne voyons plus clair ; La faiblesse de notre esprit réside dans le fait qu’il a besoin d’un peu d’espace et de sérénité pour prendre du champ, resituer les choses à une place plus juste et les faire paraître en pleine lumière. Penser que la seule augmentation de la mémoire ou de la culture donne plus de clairvoyance est un contre sens. Penser que l’urgence ou le stress la stimule en est un autre. Un système trop bien ficelé ou une mémoire saturée sont ses pires ennemis.

Ainsi, nous pouvons dire que la clairvoyance repose à la fois sur une compétence : organiser son temps et son travail pour prendre du recul régulièrement ; et sur une vertu : avoir la force de remettre en cause son système de représentation pour renouveler ses propres perspectives.

Ismaël Héry : « La semaine idéale, c’est quatre jours de travail maximum »

Ismaël Héry, consultant spécialiste du management du temps : " La clef réside dans la capacité de chacun à créer un appel d’air pour se mettre soi-même en capacité de trouver du temps. "

A 35 ans, Ismaël Héry vient de s’installer à son compte comme consultant. Ce professionnel en management du temps est un adepte des méthodes dites « agiles » mais aussi de la procrastination. Il gère son propre emploi du temps avec une grande discipline.

Comment s’organise votre journée type ?

Je me lève entre 6 et 7 heures, je prends mon petit-déjeuner et travaille une demi-heure sur des projets personnels. Puis, pendant une autre demi-heure, je joue au jeu de go, un jeu d’échecs asiatique. C’est une hygiène de vie, comme d’autres pourraient écrire ou lire pendant une demi-heure : jouer m’aide à me concentrer. Autant que possible, je me rends à mon travail à pied. Cela me donne l’occasion de réfléchir mais, surtout, de faire le vide. Une fois arrivé, je m’attelle aux choses importantes de la journée, que j’ai au préalable déterminées dans une liste de priorités,­ les fameux « crapauds » dont parle Brian Tracy, un spécialiste en gestion du temps. Tracy a repris l’expression de Mark Twain pour qui « La première chose à faire chaque matin, c’est avaler un crapaud vivant ». Pour le reste, je lis mes mails deux à trois fois par jour seulement car les interruptions qu’ils provoquent sont une charge mentale importante. En fin de journée, je me satisfais des choses que j’ai effectuées. C’est un réflexe de « pleine conscience » qui me permet aussi de me détacher de la liste que j’ai établie le matin, et de me concentrer sur moi. Le soir, je fais pas mal de sport et passe du temps avec mes proches. Je n’ai pas de télévision et j’ai réussi à réduire ma consommation de réseaux sociaux de 15 à 30 minutes par jour à une demi-heure par semaine.

« Quand j’ai envie de procrastiner, je l’accepte sans m’en vouloir personnellement »

Avez-vous l’impression que l’époque est à une « accélération » du temps ?

Oui, mais je pense que c’est plus lié à l’âge qu’aux sollicitations technologiques et sociales. La clef réside dans la capacité de chacun à créer un appel d’air pour se mettre soi-même en capacité de trouver du temps. Après, je dis ça mais je n’ai pas encore d’enfants, mon avis sera sans aucun doute différent à l’avenir.

Quelles sont vos bonnes pratiques pour gérer votre temps ?

Je m’appuie donc sur ces listes de priorités dans le mode GTD (NDLR : abréviation de l’ouvrage Getting Things Done – faire avancer les choses -, de David Allen, publié en 2001, éditions Penguin Books, une référence en matière de gestion du temps individuel) mais je fais en sorte qu’elles soient légères. J’ai pour habitude de faire tout ce qui prend moins de deux minutes dans l’instant, plutôt que de le planifier. J’utilise aussi la technique Pomodoro (NDLR : technique de planification développée dans les années 1980 par l’Italien Francesco Cirillo) pour séquencer les tâches à effectuer par tranche de 25 minutes. Par ailleurs, quand j’ai envie de procrastiner, je l’accepte sans m’en vouloir personnellement. Pour cela, je m’assure toujours en amont d’avoir « mangé mon crapaud » du jour. Puis je me rappelle la raison de cette tâche que j’ai envie de décaler à plus tard, soit pour me motiver à la faire, soit pour assumer pleinement le fait qu’elle n’est pas si importante. Il m’arrive aussi de déconstruire une tâche effrayante en identifiant une petite action très simple qui pourrait la faire avancer.

« Je me suis séparé de ma télévision il y a dix ans de peur de regretter chaque minute passée devant »

Quelles sont selon vous les mauvaises habitudes qui font perdre du temps ?

Sans aucun doute la télévision. Je me suis séparé de la mienne il y a dix ans de peur de regretter chaque minute passée devant. Je me méfie aussi des réseaux sociaux, des réunions sans ordre du jour, qui ont l’air mal préparées ou durent trop longtemps. J’évite également de trop fréquenter les personnes qui ne font qu’absorber votre temps et votre énergie sans réel partage. Sauf, bien sûr, si vous êtes leur responsable. Dans ce cas, c’est le jeu, vous êtes là pour ça.

Vous êtes un adepte de la méthode dite « agile ». De quoi s’agit-il ?

Influencées par le système de production de Toyota, les méthodes agiles partent du principe que la meilleure façon de développer un logiciel consiste à le mettre le plus vite possible entre les mains de ses utilisateurs. Dans une méthode agile, on retrouve des principes d’amélioration continue, de « boucles de feedbacks » (de retours d’utilisateurs traités en temps réel), des mises à jour régulières. On rapproche aussi les expertises : les gens travaillent ensemble de manière pluridisciplinaire.

Qu’est-ce que ces techniques ont changé dans votre vie personnelle ?

Elles m’ont fait réaliser qu’il est difficile de travailler avec d’autres sans travailler sur soi-même. Je suis aussi convaincu que tous les outils ou toutes les disciplines pour tenter de mieux gérer son temps sont difficiles à appliquer et nécessitent de la motivation.

Quelle serait pour vous la journée idéale ?

La semaine idéale surtout ! Pour moi, c’est quatre jours de travail maximum et le reste libre. Et sur les quatre jours, un jour sur des sujets professionnels mais libre de toute contrainte.

Quel est votre moment préféré ?

À 7 heures du matin, quand j’ai l’esprit frais et ne subis aucune interruption.

Êtes-vous plutôt agenda papier ou numérique ?

Numérique, indispensable.

Avez-vous peur du temps qui passe ?

Oui, forcément, mais j’essaie d’être conscient de cette peur. C’est un bon début !

Lutter contre le stress par la méditation de pleine conscience

Baisse de la productivité, de la concentration, hausse de l’absentéisme… Les conséquences du stress en entreprise ne sont pas minces. S’il existe à ce jour de nombreux outils pour lutter contre le stress, certaines pratiques, déjà en place aux Etats Unis auraient tout intérêt à rentrer de façon plus franche dans l’entreprise. C’est le cas de la méditation de pleine conscience. Analyse avec Christophe André, psychiatre et psychothérapeute, auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, dont deux parus en janvier 2015 : « Méditer au travail », et « Je médite jour après jour »*.

Qu’est-ce que la médication de pleine conscience ?

Il s’agit d’un ensemble de techniques dérivées du bouddhisme ayant été laïcisées afin d’être applicables en entreprise, en milieu médical ou scolaire. La méditation de pleine conscience est un système codifié qui s’organise autour d’un nombre prédéfini de séances (en général 8) d’une durée de 2h30, des exercices personnels devant être effectués entre chacune d’entre elle, pour permettre une progression régulière. Enfin, c’est une méthode qui a fait l’objet de nombreuses validations scientifiques.
La méditation de pleine conscience est un entraînement mais aussi un état d’esprit qui amène à se centrer sur le présent et le réel. Cette méthode aide à apprécier l’instant présent mais aussi à mieux accepter les contraintes. Car en cas d’obstacles, l’individu a tendance à entrer dans un schéma virtuel de rumination ou de crainte, voire d’anticipation négative. L’idée n’est alors pas de se couper du monde mais plutôt de rencontrer la réalité sereinement (sans excès de stress) et lucidement (sans amplifier ni dramatiser), tant dans ses aspects positifs que négatifs.

Est-il difficile de travailler ces techniques ?

L’apprentissage de ce type de méditation nécessite quelques mois : l’outil est simple et permet rapidement de mieux vivre, mieux réfléchir et surtout d’avoir un meilleur équilibre émotionnel. Ensuite, il peut être approfondi et perfectionné tout au long de sa vie.

Pourquoi utiliser la méditation de pleine conscience en entreprise ?

Parce qu’il s’agit d’un puissant outil d’équilibrage émotionnel. Plusieurs entreprises américaines dont Yahoo, Google, Nike et Sony l’ont intégré dans leur management et ont pu en apprécier l’efficacité. De même, des officiers et soldats de la très célèbre US Army ont bénéficié de ces programmes afin de revenir des combats avec moins de symptômes de stress post-traumatique. Enfin, de très nombreux sportifs pratiquent la méditation de pleine conscience pour accroître leurs capacités de concentration et de stabilité émotionnelle. En France, quelques entreprises ont fait rentrer ce concept dans leurs locaux, notamment des groupes bancaires et des laboratoires pharmaceutiques.

Comment comprenez-vous cette frilosité française ?

Je pense qu’il faut laisser les choses suivre leur cours. La méditation de pleine conscience est apparue dans les années 90 aux Etats-Unis avant d’arriver en France dans les années 2000. Cela a commencé par le monde de la médecine et de la psychologie, et a été accueilli avec beaucoup de doute et de perplexité. Il a fallu 5 ans pour vaincre la méfiance et cinq autres années pour emporter la confiance. Actuellement, la pleine conscience rencontre un excellent accueil, notamment auprès du corps médical – cancérologues, cardiologues…- qui mesure bien l’apport de cette pratique sur les malades. Quant à l’impact sur les salariés, des études révèlent que la méditation de pleine conscience permet de réduire le taux d’absentéisme, d’augmenter la satisfaction au travail mais aussi de développer les capacités d’attention, de concentration, de créativité.

Que peut faire le RH pour favoriser l’introduction de cet outil ?

La DRH est bien évidemment en première ligne pour introduire la méditation de pleine conscience dans l’entreprise, l’outil permettant d’améliorer le bien-être et la performance… Elle a d’ailleurs tout intérêt à s’informer sur les études réalisées et à se rapprocher de la médecine du travail pour donner davantage de poids à son action. Elle peut initier des groupes pilotes basés sur le volontariat et observer comment l’outil est perçu. Elle pourra ensuite évaluer l’impact de l’outil en termes d’efficacité professionnelle. Si, pour l’heure, il n’y a pas d’association dédiée au monde professionnel, l’association pour le développement de la mindfulness permet de contacter des professionnels experts en matière de méditation laïque. Prochainement, un réseau de praticiens spécialisés dans l’entreprise devrait voir le jour.