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Je suis curieux de tout ce qui touche l'évolution de notre monde

Les 6 règles de l’honnêteté intellectuelle

L’honnêteté intellectuelle est comme toute vertu : la plupart des gens la saluent, mais peu la pratiquent. Et ce, parce que peu de gens en sont capables. En effet, être intellectuellement honnête est difficile car cela requiert d’aller à l’encontre de tendances psychologiques instinctives, et donc un effort mental.

Il est certaines professions où l’honnêteté intellectuelle joue un rôle particulièrement crucial : le magistrat devant juger objectivement une personne qui pourtant incarne tout ce qu’il déteste à titre personnel, ou encore le scientifique devant remettre en question sa propre théorie face à des résultats expérimentaux défavorables. Cette droiture intellectuelle témoigne indéniablement d’une immense grandeur d’esprit, dont peu de personnes, encore une fois, sont capables.

Voici selon moi les 6 traits principaux de l’honnêteté intellectuelle.

#1 Ne pas mentir, ni aux autres ni à soi-même

“Ne pas se raconter d’histoires, ne pas s’abuser soi-même, étant entendu qu’on est soi-même la personne qu’il est le plus facile d’abuser.Richard Feynman (1918-1988)

Le mensonge a une fonction de préservation de l’intégrité psychique, aussi est-il très difficile de ne pas mentir. J’ai tendance à penser que pour éviter de duper les autres, il faut d’abord apprendre à ne pas se duper soi-même. Cette auto-duperie consiste à se détourner de la vérité en se racontant des histoires. Ne pas se duper soi-même implique donc de ne pas se chercher d’excuses, de reconnaître ses erreurs et ses échecs, et de réfléchir sur les motivations réelles de ses comportements.

#2 Se défaire de son égocentrisme

“Il y a des gens tellement égocentriques que, fermant les yeux, ils croient que le monde s’est éteint.Grégoire Lacroix (1933-)

L’égocentrisme est la tendance à tout ramener à soi et à surpondérer son propre point de vue. Le psychologue Jean Piaget avait montré que le développement psychologique de l’enfant se caractérise par une réduction progressive de l’égocentrisme. Lorsqu’il constate que la lune bouge dans le ciel, l’enfant pense d’abord que c’est la lune qui le suit avant de progressivement se décentrer de son point de vue.

On constate la même évolution dans l’histoire des idées, celle d’une réduction de l’égocentrisme de l’Homme. Copernic tout d’abord, montre que c’est le Soleil et non la Terre qui est au centre de l’Univers. Darwin ensuite montre que l’Homme n’est pas une création divine mais le produit d’un processus strictement matériel, l’évolution biologique. Freud enfin suggère que l’Homme n’a même pas le contrôle total de ses actes (Le moi n’est pas maître dans sa propre maison).

L’honnêteté intellectuelle passe par une réduction de son égocentrisme. Cela implique de savoir relativiser son propre point de vue et de faire l’effort d’envisager les choses d’un point de vue différent du sien. Dans son propre référentiel, on a raison et l’autre a tort. Mais les choses peuvent se révéler différemment si l’on s’efforce de s’extraire de son propre point de vue.

Réduire son égocentrisme consiste aussi à ne pas croire que son expérience personnelle est représentative. En effet, même sans être animé d’une volonté de se donner une importance particulière, parler de soi et évoquer son expérience personnelle est toujours agréable. Ainsi, lorsqu’une personne parle d’un événement qui lui arrive, nous avons tendance à nous référer à la façon dont nous avons vécu nous-mêmes cet événement en sous-entendant que notre expérience personnelle est prototypique. Or cela est faux bien entendu : chaque personne a sa propre histoire et aucune n’est plus représentative qu’une autre. Il faut là encore se défaire de son égocentrisme en n’accordant pas à sa propre histoire plus de typicalité qu’elle n’en a.

#3 S’efforcer d’être objectif

L’objectivité est la “surveillance intellectuelle de soi écrivait Gaston Bachelard (1884-1962).

A mon sens, l’objectivité est la caractéristique la plus importante de l’honnêteté intellectuelle. Être objectif dans une situation donnée, c’est prendre en compte tous les éléments en jeu (pas seulement ceux qui nous arrangent) et les considérer de façon rationnelle (non biaisée).

Autrement dit, une attitude objective consiste à mettre tous les éléments sur la table et à faire la colonne des « + » et la colonne des « – » pour toutes les alternatives. Il faut donc s’efforcer de faire la colonne des « + » même pour les alternatives que l’on n’aime pas, et faire la colonne des « – » même pour les alternatives que l’on aime bien. De façon prosaïque, est objectif celui qui sait reconnaître les qualités de ses ennemis et les défauts de ses amis, celui qui accepte l’idée qu’il y a des gens bien qui font des mauvaises choses et des gens mauvais qui font de bonnes choses.

Être objectif consiste donc à être capable de nuancer son jugement et à ne pas voir les choses de façon manichéenne ou clivée.

#4 Considérer les faits avant tout

“In God we trust; all others must bring data. Edwards Deming (1900-1993)
Les débats sont souvent stériles car ils reviennent à une opposition d’idées et d’opinions sans considération pour les faits. A cet égard, la plupart des gens sont victimes du biais de confiance subjective. Ils pensent qu’une idée est vraie parce qu’ils trouvent le raisonnement qui la sous-tend convaincant. Ils pensent que l’on peut prouver une idée sur la seule base d’un raisonnement théorique.

Mais ils se trompent, car le degré de véracité d’une idée se juge avant tout au regard des faits, des éléments tangibles qui l’étayent. Si vous pensez que la catégorie socio-professionnelle des parents a peu d’influence sur la réussite scolaire des enfants, ou si vous pensez que le système éducatif français est moins performant que le système éducatif allemand, vous devez mettre des faits (en l’occurrence des chiffres) sur la table.

Si appuyer sa démarche intellectuelle sur des faits est une bonne chose, encore faut-il le faire correctement. A ce propos, une erreur très répandue consiste à ne considérer qu’un seul fait, qu’un seul exemple pour appuyer une idée. Or un exemple isolé ne prouve rien. Et multiplier les exemples n’est guère mieux (“The plural of anecdote is not data). Ainsi, invoquer le cas de son grand-père qui a fumé jusqu’à 80 ans sans cancer n’invalide pas le lien statistique entre tabagisme et cancer. Les esprits simples raisonnent sur des cas particuliers alors que les esprits réfléchis raisonnent à un niveau général à l’aide de statistiques.

#5 Ne pas confondre la réalité et la réalité telle qu’on voudrait qu’elle soit

When we can’t fit a square peg into a round hole, we’ll usually blame the peg—when sometimes it’s the rigidity of our thinking that accounts for our failure to accommodate it.” Nate Silver (1978-)

Chacun d’entre nous souscrit à une certaine idéologie et une certaine vision du monde, ce qui se traduit par l’utilisation de certaines catégories mentales. En général, lorsque l’on n’arrive pas à faire rentrer la réalité dans nos propres catégories mentales, on blâme la réalité. On lui en veut de ne pas correspondre à ce qu’on voudrait qu’elle soit. Ici, l’honnêteté intellectuelle consiste à se défaire de cette tendance, c’est-à-dire à ne pas confondre notre vision particulière du monde et le monde tel qu’il est réellement.

Que fait-on quand l’une de nos croyances ne concorde pas avec la réalité ? Les personnes rationnelles abandonnent leur croyance, les personnes irrationnelles abandonnent la réalité. Pourquoi ces dernières agissent-elles ainsi ? Tout simplement parce ce que ce qui compte pour elles au fond, c’est de préserver leur idéologie et leurs valeurs personnelles. Elles sont enclines à rejeter un élément factuel si celui-ci n’est pas en conformité avec le monde tel qu’elles voudraient qu’il soit. Avoir cette attitude, c’est prendre ses désirs pour des réalités.

Par exemple, sur la question de l’inné et de l’acquis, la posture idéologique socialement valorisée consiste à affirmer que l’environnement façonne davantage une personne que ses gènes. Cette posture est bien résumée par Franck Ramus, directeur de recherches au CNRS [3] : “Si le comportement était génétiquement déterminé, cela signifierait que nous ne disposons d’aucun libre-arbitre, que nous ne sommes pas maîtres de nos actes, et par conséquent que l’on ne peut nous imputer la responsabilité de nos actes. Comme c’est inconcevable, il est impossible que le comportement soit déterminé génétiquement.

On n’oublie qu’il s’agit avant tout d’une problématique empirique et non idéologique. Ainsi, toute personne qui jetterait le discrédit sur un résultat scientifique sous prétexte qu’il ne va pas dans le sens de son idéologie personnelle ferait preuve d’une malhonnêteté intellectuelle patente.

#6 Accepter le doute

“Tout le problème de ce monde, c’est que les idiots et les fanatiques sont toujours si sûrs d’eux, tandis que les sages sont tellement pleins de doutes. Bertrand Russell (1872-1970)

“On mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter. Emmanuel Kant (1724-1804)

Accepter le doute est contre naturel car notre cerveau est biologiquement programmé pour réduire l’incertitude. Dans la perception visuelle par exemple, celui-ci résout en permanence un problème… insoluble : déterminer l’objet réel (en 3 dimensions) à partir de l’image rétinienne (qui elle est en 2 dimensions). Ce problème est insoluble car à une même image rétinienne peuvent correspondre plusieurs objets différents : il y a une incertitude fondamentale (ce que les physiciens appellent un problème d’optique inverse). Pour trancher cette incertitude, le système visuel utilise des hypothèses, des connaissances sur la structure du monde extérieur.

“Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie écrivait Blaise Pascal dans ses célèbres Pensées. L’esprit humain déteste l’incertitude. Il cherche par conséquent à la réduire autant que possible. Et pour combler le vide, il utilise des hypothèses, des supputations. En fait, celles-ci lui permettent moins d’atteindre la connaissance qu’un sentiment de certitude. Comme le notait très justement le philosophe Bertrand Russell, « Ce que les hommes veulent en fait, ce n’est pas la connaissance, c’est la certitude. »

Mais la plupart du temps, les hypothèses que nous formulons pour réduire le doute et l’incertitude sont au mieux hasardeuses, au pire, totalement erronées. L’honnêteté intellectuelle consiste ici à se défaire de ces hypothèses hasardeuses au profit du doute. Bref, être tout simplement capable de dire « Je ne sais pas ».

Notre refus instinctif du doute se manifeste très explicitement au travers de la façon dont nous appréhendons la présomption d’innocence. Comme le souligne l’avocat pénaliste Éric Dupond-Moretti, lorsqu’une personne fait l’objet d’une mise en accusation, notre premier réflexe est de demander « Qu’est-ce qu’elle a fait ? » plutôt que « Que lui reproche-t-on ? ». Et ce, car il est psychologiquement plus confortable de croire qu’un accusé est coupable que d’accepter le doute sur sa culpabilité.

Conclusion

Au final, l’honnêteté intellectuelle est la capacité à se défier de soi-même, à être conscient de ses biais, et à prendre du recul pour considérer les choses de façon sereine et rationnelle. Ainsi, une personne intellectuellement honnête est pondérée, formule des jugements nuancés, remet toujours en cause sa première impression/intuition, et accepte le doute.

Les règles de l’honnêteté intellectuelle sont aussi simples à énoncer que difficiles à respecter dans les différentes situations personnelles et professionnelles que nous rencontrons. Personnellement, je ne suis pas capable de suivre ces règles de façon systématique. Mais je crois que c’est être honnête que de le reconnaître.

 

par Vincent Berthet

 

Donnez un coup de TRUMP à votre inbound marketing

inbound

 

Que vous l’aimiez ou pas, il faut admettre que d’un point de vu inbound marketing, Donald Trump a plutôt bien réussi son coup. Il se hisse tout en haut de la campagne des primaires américaines malgré des dépenses relativement basses comparées à celles de ses concurrents.

Définition et méthode de mise en place de l’inbound marketing

  1 – Connaître son audience

Qu’est ce qui fait de la campagne de Donald Trump un tel succès ? Hey bien le gars connaît son audience, tout simplement. C’est une étape primordiale pour vous assurez de la réussite de votre stratégie d’inbound marketing.

Déterminez le profil de vos acheteurs. Qui sont-ils ? qu’est ce qui est important pour eux ? Comment vous pouvez les aider à résoudre leurs problèmes ?  Toutes ces questions pour mettre en phase votre offre et leurs besoins.

Source : http://www.lizhidalgo.com/

2 – Parler le même langage que son audience

Donald Trump est le fils d’un multi-millionnaire. On ne peut pas vraiment dire qu’il est parti de rien pour faire sa fortune. Il a reçu la meilleure éducation scolaire et 1 million de dollars de son papounet pour démarrer son business.

On ne peut pas dire qu’il ait beaucoup de point commun avec sa base d’électeurs mais il sait comment leur parler.

Si vous connaissez votre audience (comme vu dans le point 1) vous saurez comment attirer leur attention. L’homme à la mèche blonde sait que sa base électorale s’inquiète de l’afflux d’immigrants, a peur que quelqu’un (les démocrates) prennent leurs armes, qu’ont viennent voler leurs boulots et colonniser leurs quartiers. C’est donc exactement de ces problèmes qu’ils leurs parlent avec leurs propres mots et en retour il obtient leur adhésion.

La plupart des entreprises font l’erreur de parler à leurs clients en utilisant le jargon métier plutôt que d’employer les termes et le ton de leurs interlocuteurs. Résultat, le message est brouillé et la connexion ne se fait pas.

3 – Ne pas être fade

Source : campagne #DrivenByStyle

Que se passe t-il lorsque Donald fait une déclaration controversée ? Toute la presse en parle (en bien ou en mal mais plus en mal qu’en bien) et c’est exactement ce dont il a besoin pour réussir dans son business actuel, « which is » devenir président.

L’important pour une entreprise est de raconter une histoire dans laquelle son futur client pourra se reconnaitre et qui suscitera une émotion. Il va s’en dire qu’en tant qu’entreprise vous n’irez pas aussi loin que Trump en affirmant tout et n’importe quoi pour être en phase avec votre public (Vous pensez vraiment qu’il va construire ce fameux mur entre le Mexique et les Etats-Unis ?!).

Je trouve que cet exemple de Philips est plutôt pas mal en terme de story telling : http://www.philips.fr/a-w/innovationandyou/article/extended-story/chorale-a-couper-le-souffle.html

 4 – Etre différent de ces concurrents

Pensez-vous qu’il y a une réelle différence de fond entre Mister T. et ses comparses du parti républicain ? Non pas vraiment, l’idéologie est la même, c’est celle du parti finalement. Mais il arrive à se détacher du lot par la « forme », son style, son attitude en bref sa marque.

Dans un marché ultra-concurrentiel, une entreprise doit aussi se différencier (« poke » Michael Porter). L’exemple des taxis contre les uber-like est typique d’une entreprise qui n’a pas su appliquer ce principe. Outre les problématiques legislatives, elle s’est retrouvée avec une proposition de valeur inférieure à ces concurrents pour un prix souvent supérieur. Pour sortir du lot elle devra non-seulement obtenir (à minima) l’alignement des prix mais aussi augmenter la valeur perçue du service pour se différencier.

Dans cette course aux primaires américaines, « The Trump », a bel et bien su imposer sa marque grâce à des principes d’inbound marketing :

  • Créer un contenu à valeur ajouté à tendance virale pour sa cible
  • Mettre en place un mix paid-earned-owned media très efficace
  • Transformé son audience en prospect (dans son cas des supporters)
  • Transformé ses prospects en acheteurs (votant) mais rien est encore fait.

Un exemple qui devrait inspirer pas mal d’entrepreneurs qui souhaitent eux aussi développer l’engagement avec leur cible et infine booster leur business.

Chronique de Gilles Gumbs

Cessez de chercher le business model digital disruptif

Comme j’ai pu l’écrire un certain nombre de fois depuis le début de l’année, la transformation digitale est en route, on a lancé la fusée mais on a du mal de la faire atterrir. Pour mémoire Arthur D. Little nous dit que l’essentiel des entreprises est « quelque part sur son chemin » et Cap Gemini Consulting que 7% seulement des entreprises sont expertes en digital et que 56% des entreprises ont commencé à travailler leurs compétences digitales sans pour autant percevoir de retour sur investissement. Les dirigeants eux-même, ont décidés de faire avancer les choses. Armés de bonne volonté, ils semblent dans de nombreux cas «au milieu de quelque» part sans savoir trop où aller. Avec de vagues certitudes sur ce qu’ils cherchent et un gros point d’interrogation quant à comment et où le trouver.

«La transformation digitale c’est des business nouveaux reposant sur de nouvelles expériences». C’est la définition de la transformation digitale qui fait foi aujourd’hui et si comme toute définition synthétique d’un domaine aussi large elle est forcément un peu réductrice, elle ne donne pas moins une idée assez claire des enjeux. Et pourtant elle fait beaucoup de mal à qui ne sait pas la manier et la prend au pied de la lettre.

La transformation digitale ne commence pas par le business model

C’est ainsi qu’on voit des entreprises se mettre en quête de trouver le fameux business model qui les sauvera. Prenez deux minutes pour imaginer la situation. Des personnes (souvent dirigeants et managers) plongées dans un environnement nouveau qu’elles ne connaissent le plus souvent que depuis peu et de manière conceptuelle faute de pratique personnelle, et qui se mettent à réfléchir à un business model nouveau le business model étant aussi quelque chose de conceptuel et théorique tant qu’on a pas essayé de le mettre en œuvre.

Vous imaginez le résultat : ça plane, ça phosphore, on a des réflexions de haut niveau mais au final rien n’atterrit. Et tout le monde reste perdu, comme en apesanteur au milieu de nulle part, en se disant qu’on est pas loin d’avoir mis le doigt sur quelque chose mais sans jamais le toucher. Donc on accouche d’une vague vision dont on confie l’exécution à d’autres qui eux même cascadent…en espérant qu’à un moment dans la chaine quelqu’un va avoir un éclair de génie et raccrocher tout ça à quelque chose de tangible.

Laissez moi vous dire quelque chose. Personne (ou presque) n’a inventé de business model nouveau ex-nihilo. Jamais. Pas plus à l’ère digitale qu’avant. C’est une approche trop lointaine et théorique.

Ce que les gens ont inventé c’est des offres, des produits, et surtout des services qui, ils le pensaient, répondaient à un besoin et, ils l’espéraient, aller rencontrer leur marché. Et parmi toutes ces idées certaines ont effectivement fonctionné et a posteriori ont créé un business model nouveau. On construit une offre, un service, de la nature de ce service découle une manière nouvelle ou non d’organiser la production et la chaire de valeur et, dans l’affirmative, on tient un business model.

Le business model est un produit dérivé de l’offre

Le business model se construit inconsciemment et simultanément avec l’offre et n’est post-rationalisé pour être industrialisé que si l’offre rencontre un marché. Sinon on jette tout (et parfois un business model prometteur accolé à une offre mal ficelée…c’est ce qu’on appelle jeter le bébé avec l’eau du bain). Par contre une fois qu’on a trouvé quelque chose qui fonctionne, on peut décliner le business model à l’envi sur de nouvelles offres.

Puisque tout le monde a les yeux braqués sur Uber, pensez vous une seule seconde que ses fondateurs aient voulu créer un business model nouveau et inventer l’«uberisation»? Aussi talentueux soient ils, ce serait aller vite en besogne. Il sont d’abord voulu résoudre un besoin, un problème client. Ce faisant ils ont imaginé de mettre en relation une offre et une demande qui n’avaient pas les moyens de se rencontrer et, en passant, ont réglé un problème d’expérience par l’application, le parcours client et le choix de prestataires plus haut de gamme que ceux qu’ils remplaçaient. Le modèle nouveau a été le résultat, pas le départ. Ils n’ont pas démarré en se disant « tient on va se positionner différemment dans la chaîne de valeur». Uber n’a cherché à Uberiser personne. Ils l’ont fait mais c’était le résultat, pas le but

Partant de là j’en vois beaucoup obnubilés par le fait de se déplacer dans la chaîne de valeur sans aucune considération de besoin client ou de chaîne d’expérience. On invente ainsi des modèles qu’on a du mal de faire atterrir et opérationnaliser car ils ne correspondent à aucune demande. Ce sont des concepts à la recherche d’un problème alors que nous avons déjà assez de problèmes à la recherche d’une solution sans essayer de s’occuper de ceux qui n’existent pas.

Je reviens sur cette fantastique tribune de Thomas Guyon à laquelle je souscris dans une très large mesure. Tous les outils, canevas méthodologique et baguettes magiques utilisés aujourd’hui pour aider les entrepreneurs à accoucher de business models sont faits pour expliquer et analyser des business existants, pas pour en créer de nouveaux.

Des expériences digitales ne supposent pas toujours un business model nouveau

«Nouveaux business models reposant sur de nouvelles expériences». Si on lit la phrase avec attention on en comprend le sens. L’expérience vient avant le business model. C’est le business model qui découle de l’expérience et pas l’inverse.

Donc rien ne sert de chercher des business models et de commencer par cette partie. C’est du client que tout part.

Mais ça n’est pas tout, la transformation digitale peut se traduire par de nouvelles expériences sans changement de business model.

Prenons le domaine de l’aérien et sa digitalisation depuis 10 ans.

  • on a pu acheter ses billets sur le web
  • on a pu s’enregistrer sur le web
  • on a dématérialisé la carte d’embarquement
  • on a dématérialisé la totalité du parcours client
  • on a apporté de nouveaux canaux de servicing
  • on a créé de nouvelles expériences sur la partie «inspiration» du parcours d’achat
  • on a délivré par des canaux digitaux des services autrefois physiques sans pour autant en changer le modèle économique (presse en ligne, streaming de vidéos en wifi dans l’avion sur tablettes..)
  • on a équipé les agents en vol et sol d’applications sur tablette permettant de mieux servir le client, d’anticiper ses besoins en le connaissant mieux et de pouvoir régler ses problèmes in situ.

 

Aucune transformation du business model et pourtant en 10 ans on ne peut pas dire que l’expérience digitale n’a pas fait un grand bond en avant. Comme quoi on peut se digitaliser par l’expérience sans pour autant transformer son business model (en tout cas pas pour des motifs digitaux).

Moralité, il vaut mieux commencer par s’occuper de l’expérience client (et employé), partir de vrais besoins au lieu de perdre dans la jungle de la réflexion sur les business model. Quand on a une idée qui fonctionne, le business model suit.

 

bertrand-duperrinBertrand Duperrin est Digital Transformation Practice Leader chez Emakina. Il a été précédemment directeur conseil chez Nextmodernity, un cabinet dans le domaine de la transformation des entreprises et du management au travers du social business et de l’utilisation des technologies sociales.

Par Bertrand Duperrin

 

L’uberisation est une opportunité !

 

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Je me propose dans ce nouveau billet de voir ce qu’il convient de faire afin d’éviter d’être « disrupté » ou « uberisé ».

  Plusieurs rappels préalables s’imposent : d’abord, il n’y a pas les bons d’un côté — les startups et la nouvelle économie — et les mauvais de l’autre — ces grandes entreprises statiques et engluées dans leur complexité. Les sociétés du CAC 40 et les autres — y compris les PME-PMI — se sont profondément transformées au cours de ces dernières années, intégrant les règles de la révolution digitale. Certaines sont en réalité très avancées. Ensuite, il n’y a pas les startups d’un côté avec leur jeunesse et leur modernité et les entreprises classiques de l’autre avec leurs baby-boomers. Les jeunes sont actifs des deux côtés et les anciens apportent bien plus de valeur que certains le pensent de prime abord. Enfin, la solution n’est pas d’opposer les deux mondes mais au contraire de les faire travailler ensemble. Les startups et l’économie classique peuvent assurément s’apporter mutuellement.

Les startups obligent les entreprises plus traditionnelles à adapter leur modèle d’entreprise sous peine pour ces dernières de se retrouver en grande difficulté. C’est en cela que « l’uberisation » peut être une opportunité ! Une opportunité pour celles qui sauront la saisir, avant qu’il ne soit trop tard.

   Il faut sortir des clichés opposant le monde de startups à celui de l’économie traditionnelle.

Mon intention n’est donc pas d’opposer les acteurs de la nouvelle économie — très véloces par ailleurs — à ceux du monde entrepreneurial plus classique — qui innovent parfois depuis des décennies. Je n’ai également nulle intention de me livrer à un inventaire à la Prévert.

Il semble cependant que certaines pratiques permettent aux entreprises assaillies par de nouveaux entrants non seulement de réagir avec plus de réactivité et d’efficacité, mais aussi d’en tirer pleinement partie.

Sans prétendre à l’exhaustivité, voici celles que j’ai pu identifier au cours des deux dernières années.

Pratique 1 : Mettre la créativité au cœur de l’organisation, de tous les processus et de tous les métiers.

Elle ne doit pas concerner uniquement la R&D (Recherche & Développement) mais également l’organisation, le social, l’humain, l’environnement et les affaires bien sûr. Ainsi diffusée, elle ne peut que changer l’état d’esprit de chacun et plus largement de l’entité toute entière. Elle devient de fait le meilleur rempart pour repousser les potentiels nouveaux entrants et éviter les ruptures brutales.

Pratique 2 : Inciter les équipes à prendre des risques mesurés.

Il convient dès lors d’accepter le principe du droit à l’erreur ou à l’échec, selon l’adage attribué à Nelson Mandela : « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends ». C’est du reste ce qui caractérise le mode opératoire des startups. Elles prennent des risques, elles n’ont pas le choix. En diffusant une culture de l’engagement, en poussant les managers à prendre des décisions, l’entreprise classique se met en position de lutter avec plus d’efficacité face aux disrupteurs qui ne rêvent que de lui prendre des parts de marché. La prise de risque n’est en rien l’apanage des startups.

 

Pratique 3 : Développer une forte culture d’entreprise.

Elle est le ciment entre les équipes. Les valeurs portées par l’entreprise et ses dirigeants soudent les salariés entre eux et créent une véritable identité collective. Il faut se souvenir que la culture est le seul facteur qu’il est impossible de copier. C’est elle qui différencie deux entités ou deux groupes de personnes. C’est l’un des avantages des entreprises plus anciennes. Elles ont l’histoire pour elles et nous savons que dans bien des cas, cela peut faire la différence, en mobilisant les énergies aux moments clés.

Pratique 4 : Miser sur les talents et la compétence.

Il convient d’avoir les « bonnes personnes aux bons postes pour réaliser les bonnes actions aux bons moments » et d’investir sur la formation des équipes. La connaissance — même si elle évolue très vite de nos jours — permet à toute firme de se créer des avantages compétitifs, souvent déterminants. En négligeant ceci, l’entreprise risque le décrochage.

Pratique 5 : S’assurer que la diversité culturelle soit parfaitement représentée au sein de l’entreprise.

Nous sommes tellement habitués à fonctionner avec des élites stéréotypées — qui aiment à se coopter entre elles — que nous n’avons pas toujours pris conscience que le monde avait changé. Intégrer des profils différents au sein d’une équipe est un formidable atout pour enrichir l’équipe et la rendre plus agile, plus à même de réagir aux attaques extérieures.

  Il faut miser sur les jeunes, le mix-générationnel,  la mixité, la diversité culturelle, les talents,  toutes les formes d’intelligence et donner du sens à l’action engagée. 

Pratique 6 : Faire de la mixité une réalité.

Les femmes et les hommes vont devoir partager les postes à responsabilité pour le bien de notre société et de notre économie. La parité — en particulier pour les postes de direction — veut dire au final plus de performance et plus de créativité. Sur ce dernier point, les femmes vont indéniablement apporter un regard différent. Le thème de la mixité n’est pas nouveau. On en parle depuis longtemps, trop longtemps. Il faut à présent en faire une réalité. C’est un combat, rien d’autre.

Pratique 7 : Réussir le mix-générationnel.

Il faut en premier lieu faire confiance aux jeunes. Les entreprises « classiques » doivent attirer de jeunes développeurs, des Gen Y — bientôt des GEN Z — et s’assurer qu’ils sont bien intégrés, avec des missions de qualité. Il est vital de les faire coacher par les plus anciens qui détiennent expérience et savoir-faire. En réussissant à mettre en place ce travail collaboratif, l’entreprise multiplie ses chances de ne pas passer à côté d’un mouvement majeur.

Pratique 8 : Maitriser la révolution digitale

Elle a fait basculer le monde dans la 4ème révolution industrielle. Ne pas en comprendre les enjeux et sa signification c’est l’assurance de rentrer dans une grande turbulence. Cela veut dire que les comités de direction doivent s’emprègner des grands enjeux à venir et en assimiler les rouages et modes opératoires. Cela aura un impact évident sur l’emploi et la gestion des talents.

Pratique 9 : Accorder une place à toutes les formes d’intelligence.

Ne pas sélectionner les candidats à l’embauche sur les seuls critères habituels, dont le fameux QI. L’intelligence émotionnelle me paraît être de la plus grande importance pour évoluer dans le monde de demain, tout comme l’intelligence relationnelle, à savoir la capacité de former des réseaux, de les entretenir et de s’en servir avec perspicacité.

Pratique 10 : Donner du sens à nos actions, à tout ce que nous faisons.

Les jeunes générations y sont très sensibles. Mais en réalité tout le monde l’est. Nous voulons une réponse à la question du « pourquoi ». Un peu comme lorsque nous étions enfants et que nous voulions tout comprendre. Nous en avons perdu l’habitude, piégés dans l’engrenage de nos vies quotidiennes.

Il me semble que ce sont là les actions majeures à entreprendre pour être en pole position dans ce monde numérique en pleine turbulence et en sortir gagnant.  Je developperai dans de prochains billets quelques-unes de ces pratiques.

Au final, les startups permettent donc bien à l’économie classique de se réinventerQu’elles soient saluées pour cela !

 Par Gérarld KARSENTI

 

6 personnes indispensables à l’entrepreneur

  • Plus compétences techniques, qualités humaines marques confiance comptent yeux entrepreneurs.

    Plus que les compétences techniques, ce sont les qualités humaines et les marques de confiance qui comptent aux yeux des entrepreneurs. –

Les professionnels de l’accompagnement, du droit et du chiffre, ne sont pas les plus déterminants dans la réussite entrepreneuriale : c’est l’étonnant résultat de notre petite enquête auprès de jeunes dirigeants d’entreprise.

Les professionnels de l’accompagnement à la création d’entreprise le martèlent depuis des années : rien ne serait plus indispensable au jeune chef d’entreprise qu’un bon expert-comptable, un conseil juridique compétent ou toute autre profession du droit ou du chiffre. S’ils ne méprisent pas ces hommes de l’art (bien au contraire !), les principaux intéressés ne les incluent pas dans le cercle des personnes qui leur sont vraiment indispensables. Plus que les compétences techniques, ce sont les qualités humaines et les marques de confiance qui les portent et qui comptent aux yeux des entrepreneurs. Voici donc les 6 personnes vraiment indispensables aux entrepreneurs, telles qu’ils nous les ont spontanément citées, par ordre d’importance.

#1 Le conjoint

C’est un cri du cœur : pratiquement tous les entrepreneurs estiment que la personne la plus indispensable est leur moitié.« Impossible de se lancer sans son accord et son soutien, »lance Edouard Gorioux, associé fondateur de Clickandboat.com, une plateforme communautaire d’échange de bateaux entre particuliers. « Je suis convaincu qu’une tentative de création d’entreprise sans ce soutien se solderait par un échec. Monter sa boite, c’est faire des sacrifices : volume horaire très important, peu ou pas de vacances, pouvoir d’achat en baisse, travail le weekend. Mon épouse et celle de mon associé Jérémy nous soutiennent activement depuis le début. C’est une énorme force. » En l’absence d’un conjoint, le précieux soutien peut provenir du cercle familial proche : enfants, parents (surtout dans le cas de jeunes entrepreneurs), amis … « Je m’entoure de proches qui n’ont pas un intérêt direct dans le projet et qui savent me comprendre, adhérer, me soutenir, ou au contraire me recadrer, me contredire », explique Jean-Cyrille Georges Fondateur d’Aux-concours.com, une TPE de trois personnes proposant des aides à la préparation de concours.

#2 Le banquier

Le deuxième personnage le plus important aux yeux des entrepreneurs, à la quasi-unanimité, est …  le banquier ! « Je ne l’aurais vraiment pas cru au début, mais mon allié le plus précieux a été mon banquier ! Beaucoup plus que le comptable ou l’expert-comptable, » assure Jean-Cyrille Georges. « Ma société a connu des hauts et des bas, et jusqu’à présent, j’ai toujours trouvé une oreille attentive à la banque, et du soutien quand ça n’allait pas. Pourtant, je me suis lancé sans beaucoup de ressources. » Même sentiment du côté d’Antoine Colson, cofondateur de Parcours France, une société d’événementiel et d’expertise en dynamiques régionales. « Au moment où nous nous sommes lancés, nous avons obtenu un prêt à la création d’entreprise, à partir de rien d’autre … qu’une idée et un PowerPoint ! », s’étonne-t-il encore. « Le fait qu’on nous témoigne une telle confiance nous a mis la pression et nous a donné envie de réussir.»Tout partenaire financier, qui prête et apporte ainsi sa confiance au projet, endosse ce rôle du « banquier » bienveillant. « Nous avons été accompagnés par France Initiative et Pôle emploi via le Nacre, pour des prêts à taux 0,»retrace ainsi Yolaine Drouilly, présidente de Maison de Garniac, une société de négoce de truffes noires d’origine française.

#3 Le premier client

« Il nous a appelé, alors que notre site n’était même pas encore en ligne, » se souvient, ému, Nicolas Bertrand, cofondateur de Mon Maître Carré, une plateforme sur internet de mise en relation de particuliers avec des décorateurs et architectes d’intérieur. « J’ai cru au canular d’un ami ! Depuis ce jour, il y a presque un an, nous sommes restés en contact avec lui. Nous lui sommes reconnaissants de tout ce qu’il nous a apporté : sa confiance, et ses conseils sur les points à améliorer. » Antoine Colson, pour sa part, n’a pas levé de fonds pour créer son entreprise. Il ne s’est appuyé que sur ses quelques économies. « Mon premier client, c’était un peu pour moi un Kickstarter avant l’heure ! C’est lui qui m’a permis de démarrer. Je me souviendrai toujours du premier chèque : il dépassait ma mise initiale ! »

#4 L’alter ego complémentaire

L’entrepreneuriat, c’est le règne de la polyvalence. Mais qui peut prétendre tout faire ? Le bon entrepreneur a donc le réflexe de s’entourer. Chacun cite une personne précieuse, qui détient un savoir-faire, une compétence ou une expertise qu’il n’a pas.  « Cette personne est, selon l’activité développée, « ce que je ne suis pas », détaille Thierry du Parc Locmaria, conseil en stratégie de développement des professions industrielles. « Ce peut être un technicien pour un entrepreneur très compétent en marketing, ou l’inverse. Pensez au célèbre tandem Steve Jobs – Steve Wosniak ! »Cet « alter ego », complémentaire et indispensable est le plus souvent un collaborateur direct, l’associé par exemple (voir l’encadré ci-dessous), mais il peut aussi être extérieur à l’entreprise, voire à la sphère professionnelle directe. Yolaine Drouilly s’est ainsi méthodiquement entourée des compétences qui lui manquaient. « Dès sa création, notre société s’est dotée d’un conseil d’experts, composé de quatre membres aux compétences complémentaires : finances, « coût d’acquisition client », expertises dans notre domaine d’activité…»

#5 Le mentor

La plupart des entrepreneurs citent spontanément une figure quasi paternelle, douée d’expérience, qui les accompagne depuis longtemps dans l’aventure. « Nous avons la chance d’être soutenus et conseillés depuis le début par de vieux mentors, d’anciens combattants du business, » raconte Antoine Colson. « Leurs conseils – désintéressés – n’ont pas pris une ride. Nous apprenons à travers leurs erreurs passées et leurs réflexes, a mieux maîtriser les méandres de cette vie pas toujours facile. » A défaut d’un véritable mentor, un conseiller plus classique – tel que l’avocat ou l’expert-comptable- peut véritablement guider l’entrepreneur et le remettre dans le droit chemin lorsqu’il s’égare, à condition toutefois qu’il aille au-delà du simple conseil technique. « Le diable se cache dans les détails, et ces détails-là, l’entrepreneur, pris dans la dynamique de son enthousiasme, passe bien souvent par-dessus, »  rappelle Thierry du Parc Locmaria.

#6 Le premier employé

Recruter son premier salarié, c’est poser la deuxième pierre de l’édifice. « Quelle satisfaction lorsqu’on signe le premier contrat de travail ! » décrit Edouard Gorioux. « Cette personne va être indispensable au développement de la start-up, car elle va grandir avec elle. En cas de succès, elle va devoir encadrer d’autres collaborateurs et transmettre les valeurs de l’entreprise aux nouveaux arrivants. Ne vous trompez pas en la recrutant ! »

L’associé : facultatif et indispensable à la fois
On peut faire sans, mais c’est tellement mieux avec ! Quand les associés de longue date racontent leur histoire, ça ressemble à de l’amitié. « J’ai trouvé mon associé avant même de savoir exactement ce que nous allions faire, » raconte ainsi Antoine Colson, cofondateur de Parcours France. « On a brainstormé, partagé nos envies, nos idées … Si je créais quelque chose demain, ce serait sans aucun doute avec lui ! Nous avons d’ailleurs de nouveaux projets en permanence. » Yolaine Drouilly, présidente de Maison de Garniac, a, elle, choisi son conjoint comme associé. «Nous avons créé notre société ensemble et nous portons le projet ensemble. » En traversant côte à côte les bons moments mais aussi les plus durs, le mental d’un entrepreneur s’en trouve renforcé. « Dans la partie basse de l’activité – par exemple le no man’s land qui suit l’euphorie du lancement-, se souvient Nicolas Bertrand, cofondateur Mon Maître Carré, j’ai été particulièrement heureux d’avoir des associés. Nous nous rassurions mutuellement.» Pourtant l’alchimie ne fonctionne pas toujours. Moins de 20% des entreprises créées en France comptent plusieurs associés. « Entreprendre est plus facile à plusieurs, à condition de regarder dans la même direction, » estime Benoît Ducrest, chef de projet du dispositif d’aide à la création d’entreprise Lyon Start Up. « Trouver la bonne personne n’est pas une mince affaire, » estime Edouard Gorioux, associé fondateur de Clickandboat.com. Se tromper d’associé, en effet, peut être lourd de conséquences. « Ne vous lancez pas avant d’être certain d’avoir trouvé la bonne personne et entretenez cette relation de manière privilégiée »,conseille Benoît Ducrest. « Une bonne entente est le moteur de l’aventure entrepreneuriale. »
GERALDINE DAUVERGNE

 

10 Conseils à appliquer lors de la cession de son entreprise

mettre les autres en avant 

Céder ou transmettre son entreprise est un acte qui nécessite de l’expérience pour optimiser le montant que l’on percevra au final de l’opération. Le cabinet ACTORIA a ciblé dix recommandations à mettre en œuvre  lors de la vente de votre entreprise.  Nous les avons regroupées dans les trois grandes parties suivantes : être seul, ne pas préparer et mal conduire les négociations.

Tout d’abord, nous recommandons d’être accompagné dans le processus de vente et de savoir déléguer pour votre propre intérêt :

  • Déléguer pour développer

Cela permet de continuer à œuvrer au développement de l’entreprise pendant que les négociations se déroulent. La création de valeur ne connaît pas d’interruption.   Votre marché continue à être porteur et l’entreprise demeure capable d’améliorer encore son chiffre d’affaires et conquérir des parts de marché. De plus, votre capacité à rester aux manettes prouve la fiabilité de l’entreprise et augmente de fait la confiance des candidats dans le rachat d’une entreprise performante.

  • Déléguer pour un meilleur casting

En choisissant de vous entourer d’un cabinet de conseil en fusions-acquisitions ou d’une banque d’affaires vous faites le choix de faire confiance à des professionnels expérimentés. Ayant un réseau européen de 8 000 repreneurs, ACTORIA permet de diffuser votre offre à un large panel d’entrepreneurs et d’entreprises candidates à la reprise par une approche « multicanal ». De plus, l’expérience professionnel de nos consultants permet de sélectionner les candidats aux profils professionnels et capacités financières adéquates.

  • Déléguer pour protéger

La confidentialité est une donnée essentielle dans le processus de vente. Sur votre marché, rendre public vos projets peut affaiblir votre entreprise face à vos concurrents, fournisseurs et clients. Cela peut entacher la réputation de fiabilité de vos produits ou services sur la durée et ainsi détourner votre clientèle, valeur essentielle du montant de la transaction finale. De plus, en vous plaçant en première ligne avec les différents acteurs de la transaction vous rendez de fait public vos démarches aux yeux de vos concurrents.

  • Déléguer pour préparer la transition

S’il n’est pas conseillé d’évoquer votre décision de céder l’entreprise au sein de l’ensemble des salariés dans un premier temps vous ne devez pas vous isoler au sein de l’entreprise mais au contraire placer et organiser des hommes (ou femmes)  pour la gestion de l’entreprise ou des relais de décision et compétences. En effet, ceux-ci ou celles-ci vous épauleront lors des moments de difficultés liées à la cession et plus important encore ils ( ou elles ) vous seront précieux lors de la transition avec la nouvelle équipe dirigeante. Ainsi, cette nouvelle organisation vient augmenter la valeur finale de la transaction.

 La seconde catégorie des erreurs à éviter lors de votre cession : les manques de préparation.

  • Se préparer soi-même

Vendre son entreprise est un acte délicat puisqu’elle représente pour vous les réussites et difficultés qui ont jalonnées votre parcours professionnel sur les longues années précédentes. Il s’agit alors de gérer du mieux possible émotionnellement, ce moment majeur qui conditionnera la suite des évènements. L’entrepreneur cédant connaît un certain vide dans son agenda. Les tracas et difficultés liés à la gestion d’une entreprise peuvent créer un vide pour vous-même avec des conséquences sur votre entourage. Préparez-vous donc psychologiquement et réfléchissez au préalable à vos futurs défis et activités, une fois la cession effectuée.

  • Préparer l’entreprise

Tout comme vous avez toujours su commercialiser vos produits et/ou services, il s’agit désormais de faire en sorte que votre entreprise se présente sous ses meilleurs jours pour attirer des propositions de reprise nombreuses et pertinentes. Pour cela, vous devez constituer un dossier de présentation de votre entreprise solide et pertinent pour afficher les atouts, faiblesses et les axes de développement possibles de votre entreprise pour être armer lors des négociations. Cette réflexion pourra déboucher sur des conseils dits stratégiques de réorganisations de d’amélioration des faiblesses détectées en amont de la transaction.

  • Préparer l’après-cession

La valeur de l’entreprise lors de la transmission dépend des risques encourus au moment de la transition, pour le repreneur. Ainsi, le cédant doit déminer les éventuelles frictions pour valoriser la transaction en évitant que le changement de dirigeants n’affecte les relations avec les clients, les fournisseurs et les salariés de l’entreprise cédée. il est d’usage que le cédant reste un certain laps de temps pour faciliter la transition.

IL sera aussi nécessaire, d anticiper et d’optimiser les aspects fiscaux et patrimoniaux de l’opération pour réduire au maximum l’imposition finale.

Enfin, la manière de conduire les négociations va être un élément déterminant autant pour accélérer le timing de la transaction que pour fixer le prix final.

  • Volonté de cacher

Les différents candidats sélectionnés pour reprendre votre société ont besoin d’avoir accès à tous les documents financiers et juridiques pour avancer dans le processus de la vente. Le fait de dévoiler progressivement des éléments est à votre avantage et vous permet de préserver la confidentialité de l’opération. Le fait d’être intègre quant à la présentation de son entreprise est une condition sine qua non pour mener à bien les négociations. Les moindres doutes au cours des différentes étapes du processus ralentiront ou pire annuleront le processus de vente engagé.

  • Manquer de flexibilité

Les demandes des candidats à la reprise peuvent être nombreuses. Reprendre une entreprise n’est pas un acte anodin. Le repreneur devra être certain de faire le bon choix et d’avancer en toute sérénité. Il est, ainsi, conseillé de fournir à ceux-ci tous les documents dont ils ont besoin pour accélérer leur décision et leurs démarches. Est souvent souhaité une période de transition pour accompagner le passage de témoin entre les deux équipes dirigeantes, ainsi le fait que vous soyez disponible pour aider le repreneur à développer l’entreprise permet de valoriser l’offre et vos rapports avec les candidats à la reprise.

 

  • Ne pas se précipiter en signant des papiers inappropriés. (L.O.I, exclusivité, promesse)

Lorsque le meilleur repreneur possible est déniché, il est recommandé d’accélérer le tempo des dernières étapes surtout lorsque la recherche des candidats a été longue. Quatre documents vont alors venir rythmer l’avancement du processus de vente. La lettre d’intention (L.O.I) pour se lier juridiquement tout en pouvant à tout moment freiner les discussions, le protocole d’accord qui entérine le prix de vente, la garantie de passif pour face à d’éventuelles dettes antérieures à la cession qui apparaitraient, et enfin l’acte de cession qui achève le processus de vente avec le transfert définitif des titres appelé « CLOSING ».

Là aussi se faire accompagner vous permet de faire face à toutes les éventualités dans ce domaine juridique.

 

Voici donc les recommandations et erreurs à ne pas commettre quand on a décidé d’aborder ce processus de cession ou de transmission de son entrepris e, qui est un acte aussi important que la création et la vie de l’entreprise, vécue précédemment par vous-même dirigeant d’entreprise.

Par Luc BRZUSTOWSKI

Pivoter est-il un passage obligé pour une start-up ?

pivoter passage oblige startup

Pour lancer une start-up, le « business model » est un point de départ nécessaire. De quoi s’agit-il ? Quel est son rôle dans la réussite de l’entreprise ? Peut-on s’en écarter et proposer un modèle d’affaire innovant ?

Qu’est-ce qu’un business model ?

Il va sans dire que le but initial d’une entreprise est le gain matériel. Pour cette raison, il est convenu de définir un plan d’action, appelé également « business model », afin d’imaginer la portée lucrative d’une entreprise. En d’autres termes, le business model montre comment l’entreprise en question envisage de gagner de l’argent. Pour cela, il est important de comprendre l’activité économique du business en question, une activité qui comprend :

-l’activité commerciale de l’entreprise : le produit ou service à vendre, le profil du client potentiel, la manière de commercialiser le produit, etc.
-l’organisation interne de l’entreprise : cadre légal, compétences nécessaires, les équipes, etc.
-la gestion de l’entreprise : les dépenses, la marge de profit, etc.

A savoir : Après avoir établi un business model, l’entreprise doit connaitre les caractéristiques du marché ainsi que la valeur ajoutée qu’elle se propose de donner.

Les limites du business model

Jusqu’à à une certaine période, le business model était une stratégie efficace qui garantissait la réussite d’une entreprise. Mais depuis l’ouverture des frontières économiques, les données ont largement changé. Plusieurs acteurs agissent alors sur un seul et unique marché. Pour cela même avec business model exhaustif, il faut tenir compte de facteurs supplémentaires qui peuvent changer toute la donne :

-l’implantation géographique de l’entreprise
-les régimes fiscaux
-les réglementations auxquelles l’entreprise est éligible

Ainsi, les entreprises s’écartent de plus en plus du business model initial afin de répondre à l’évolution du marché. Comme l’offre est devenue nettement supérieure à la demande, il devient difficile de se tenir à un prix ou à une marge de profit prédéterminée. Pour continuer à exister, les entreprises sont obligées de créer de nouveaux produits. En 2010, le nombre de dépôts de brevet a augmenté de 7%.

Oui, pivoter est aujourd’hui un passage « presque » obligé pour une start-up

Loin de dire que ne pas se tenir à un business model est devenu une obligation, il est aujourd’hui vivement recommandé de l’envisager, surtout pour une start-up. En d’autres termes, vous pouvez définir un business model tout en laissant une marge d’innovation et de flexibilité pour adapter votre entreprise aux exigences du marché.
IBM est toujours pris comme exemple pour illustrer l’efficacité de la modification du business model. Ayant perdu 15 milliards de dollars en un trimestre en 1992, IBM décide changer de plan business. L’entreprise entame alors 4 plans d’action décisifs :

1-repositionnement de ses activités en fonction des compétences dont elle dispose
2-redéfinition de la valeur ajoutée qu’elle apporte au consommateur
3-vente de la partie micro-informatique
4-spécialisation et focalisation de ses efforts sur la conception et la maintenance de logiciels

Conclusion : L’environnement et les exigences du marché sont plus que jamais en perpétuelle évolution. Le changement du business model est alors nécessaire pour rester à la page et éviter un échec soudain comme pour Kodak. Ainsi, pour une start-up naissante, il est important de partir d’un modèle d’affaire mais de garder toutefois une certaine flexibilité qui permet de « pivoter » et de s’adapter à la réalité du marché.

 

Etes-vous frein-moteur ou moteur de la digitalisation de votre entreprise ?

digitalisation

La transformation est partout. Il faut y aller, c’est sûr. Mais un mot n’est jamais prononcé, c’est celui de vitesse de transformation. Ce qui est étrange et laisse planer un doute sur la transformation réelle qui est cours et la volonté réelle d’y arriver. Et la vitesse de l’ensemble n’est pas loin de la somme des vitesses d’horloge individuelles.

Que de longues tirades depuis 2 ans sur la transformation digitale … mais un terme manque à l’appel de toutes les définitions qui ont été données jusque là. Et pourtant le terme est critique pour l’entreprise dans laquelle vous travaillez et même pour toute nos vies. Car l’environnement lui-même est en mutation à son propre rythme. Plutôt soutenu.

C’est la réponse à une question très simple que l’on peut formuler de différentes manières :

Quelle est ma vitesse d’horloge ? Quel est l’horizon de temps pour mes actions ? Quelle est la vitesse réelle de transformation de mon entreprise ?

Mais aussi : quel rythme est-ce que j’impulse autour de moi ? Est-ce que je fais partie des accélérateurs ou des lourdeurs de cette société ? En synthèse, et c’est le titre de ce post : suis-je un moteur ou un frein-moteur ? Etes-vous dans ou hors de l’avion ? (crédit photo : Rodney Smith/Weimar images)

Car cette perception intime de l’importance de la vitesse et du temps rythme le travail quotidien, le « cadençage » des activités, des projets, des réunions… De multiples manifestations permettent de comprendre quelle est la perception du temps de toute personne et l’importance qu’il lui accorde. Avec les conséquences que cela peut avoir tant dans une équipe, au cours d’un recrutement ainsi que … dans sa vie de couple. Goethe parlait d’affinités électives (toute sa vie de physicien qui a été occultée par son œuvre littéraire), on a bien là un élément essentiel tel un catalyseur ou inhibiteur au sens chimique du terme.

Qu’est-ce qu’une année-chien ?

C’est une terminologie qui a fait florès dans les années 2000 à l’occasion de la première vague de l’internet préfigurant l’ère digitale. Tout le monde s’est rendu compte que tout allait soudainement plus vite dès que l’on approchait des .com, des start-ups … Et ce n’était pas seulement la vitesse de mise en place des sociétés, c’était la pensée elle-même qui s’était accélérée et libérée des contraintes de lourdeur que l’on pouvait alors rencontrer. Par exemple la prise de rendez-vous. Traditionnelle, c’était plutôt « dans deux ou trois semaines ». Remplacé en l’espace de 6 mois vers la fin des années 90 par « d’ici la fin de la semaine ». Ou encore « prenez rendez-vous avec mon assistante » remplacé par « je vous plugg un rv dans deux jours ». Cela a amené tous ceux qui participait à cette première accélération, qui sentaient tous les jours les trépidations insensées de la fusée qui était en train de décoller, de définir le vocable d’année-chien basé sur un parallèle très simple : travailler dans le web signifiait travailler 7 à 10 fois plus vite en terme de prise de rendez-vous, levée de fond, réalisation de site internet, longueur de projets, focalisation sur le produit fini, adoption du « do it and fix it » ou du motto d’Apple

« shoot first and aim then »

cher à Steve Jobs à ce moment-là. Un graphique permet de résumer le calcul de l’âge d’un chien en équivalent humain (si vous n’êtes pas familier avec la gente canine 😉 :

Avec une surprise (au moins pour moi : ), plus le chien est gros plus le multiple est fort car sa durée de vie est moindre. Prime au petit ? Etrange et contre-intuitif par rapport à ce que l’on peut observer dans le monde animal (pensez éléphant ou tortue par exemple). Mais ce n’est pas le propos ici de discourir sur la durée de vie du « gros » sur le « petit ». Quoique pour les entreprises qui se veulent agiles … et qui auraient une prime de longévité …

D’où la question posée de temps à autre au cours d’un échange quand le projet qui est proposé s’étale sur trop de temps : « et en dog-years, cela fait combien ? ».

Accélération digitale : de l’année-chien à l’année-moustique

Et depuis ce temps, ces années 90 berceau de l’internet, ce millénaire précédent, la tendance n’a fait que s’accentuer. Un peu comme les puces d’Intel qui sont passées du MHz au GHz, le cycle d’horloge du business et des affaires est en train de s’accélérer. Depuis 15 ans les choses ont beaucoup beaucoup changé.

La start-up qui se créait et allait mettre un an à se mettre en place se fait maintenant en un mois avec une méthodologie très rodée suivant les étapes love money, investisseurs privés, vc, fonds … Le site internet qui supposait du 100% de développement car repartant de zéro à chaque fois peut maintenant s’appuyer sur des développements Open Source ou bien des Indiens qui ont eu l’intelligence de repérer des business models intéressants comme Uber et de dupliquer sur Magento les développements pour pouvoir lancer une plateforme identique en moins de 15 jours versus les 6 à 12 mois de développements « from scratch ».

Les transactions boursières avec le HST et son dix millième de seconde sont un autre exemple de l’accélération démesurée de la valeur du temps. L’analyse Big Data en temps réel (cf le produit Kinesis d’AWS lancé il y a … 5 ans) de tous les tickets de caisse pour redéfinir un micro-merchandising et un planogramme différent pour le jour suivant.

C’est cela qui est en train de nous faire glisser de l’année-chien à l’année-moustique, cette perception qu’une semaine (la durée de vie moyenne d’un moustique adulte mâle, la femelle durant deux plus longtemps – no comment) peut contenir ou représenter une vie. Et le paradoxe est que ces mosquito-years sont déjà à l’oeuvre sur internet quand on y réfléchit un tout petit peu. Quand certaines entreprises changent leur site internet tous les deux ou trois ans, d’autres font un changement tous les deux jours. Je l’ai mis en oeuvre chez Lastminute.com en 2003. Imaginez 100 sites différents au bout d’un an. La multiplication des ventes par deux en deux ans a été une conséquence de cette perception et opportunité de mosquito-year. En 2000, Amazon avait déjà une page par utilisateur de son site (le fameux, « ceux qui ont regardé cette page on aussi regardé … »). Bien avant Facebook et son nano-marketing (une pensée pour le milliard de pages individuelles remises à jour chaque seconde SVP ; ). J’ai trouvé un très beau graphique (pardon pour la source que j’ai perdue mais que je pressens être le mensuel Entreprendre) qui résume cette maturité relative pour tous les secteurs, cette adaptation collective qui s’est faite ou pas pendant les années passées :

Le digital est une ressource et pas une fin en soi.

C’est une erreur que l’on constate et qui se répète dans les discours : le digital semble être une fin en soi. Ben non. Prenez un peu de recul avec le téléphone ou le début de l’internet. Il n’y a pas eu de Chief Téléphone Officer que je me souvienne (c’est un avantage de plus des décennies d’années professionnelles ; ) et pourtant tout le monde si est mis plus ou moins vite. Et j’ai un regret que ce téléphone n’ai pas été compté comme une révolution par les têtes bien pensantes de Davos … le téléphone, comme la TV d’ailleurs, a bien plus changé les mentalités et la marche du monde – 7 milliards de personnes – que ne l’a fait pour l’instant internet. En cela, le digital n’est pas un nouveau monde mais bien plus une ressource que l’on exploite à son profit. Et laissons l’avenir le confirmer : )

Même lecture pour le fameux Cloud : il est multifonction et joue surtout son rôle de banquier pour fournir ce dont vous avez besoin en puissance et stockage informatique sans avoir besoin de lever et d’immobiliser les fonds propres de l’entreprise. Division par 30 des besoins initiaux d’infrastructure pour une start-up digitale. Hélas pas encore le cas pour les projets de nature plus industrielles nécessitant un proto et des tests de fonctionnement. Tout cela rend aussi l’aventure start-up bien moins risquée qu’auparavant par une mise de fond bien moindre et donc pour le même montant et dans le même temps de tester de multiples idées. Et c’est une ressource nouvelle que tout entreprise doit comprendre et utiliser. Et pas simplement se contenter à porter ses infra sur le Cloud …

Du réseau social au « média » ou à l’inter »média »teur

Mais quel est le carburant ou la matière ou le facilitateur de ce glissement ? Je pense que le fait que vous soyez en train de lire ce post actuellement sur ce site très précis qu’est LinkedIn témoigne du mouvement en cours. En cela vous contribuer à être moteur de digitalisation, sans trop vous en rendre compte … explorons cela.

Le changement de cette perception temporelle en cours est porté et « boosté » par la transformation de réseau sociaux comme LinkedIn, jusque-là environnement reproduisant peu ou prou la configuration relationnelle de la vie réelle (c’est l’erreur de fond de Viadeo), en un accélérateur de mise en relation pour lancer de nouvelles initiatives. Pour être encore plus précis, LinkedIn n’est pas devenu un média au sens classique en plus de réseau social professionnel, avec le partage et la création d’infos que cela suppose, mais un intermédiateur ainsi qu’un transformateur de chacun d’entre nous en médiateur au sens émetteur spécifique. Pour approfondir le point, je recommande les écrits de Jacques Derrida centrés sur cette partie « nous sommes tous médiateurs ».

Et de fait, la prise de rendez-vous, la mise en relation, l’échange d’information, le test d’une idée ou de l’intérêt pour un projet … n’ont jamais été aussi faciles. Le réseau joue le rôle d’incubateur ou plus exactement d’excubateur (je reviendrais dans un autre post sur ce beau nouveau mot) et encore plus précisément de percubateur.

Et c’est, ajouté à la vitesse, ce qui va vous transformer en moteur dans vos projets et votre entreprise. Vous êtes rapide et vous propagez cette rapidité. Et de moteur vous pouvez même devenir agent mutagène si vous vous attachez à sélectionner et partager les idées les plus neuves, décapantes, disruptives … et belles.

Si l’on pousse la réflexion encore un peu plus loin, l’objectif n’est plus de construire un réseau ou de faire partie d’une communauté mais vraiment d’avancer sur un chemin de vie en aidant et s’appuyant sur ses multiples contacts. C’est une sorte de retournement où la communauté virtuelle est une conséquence ou un sous-produit du chemin parcouru. Et fuyons les professionnels du networking pour le networking, avec en tache de fond l’égo qui se sécurise : « je ne suis pas seul », « cela va me servir en cas de coup dur » … Non, on peut comparer aujourd’hui le network ou réseau à la culture qui n’est pas une fin en soi mais bien le résultat d’une curiosité ou un indice de chemin parcouru ou d’espaces explorés. Une manière de résumer le glissement et de rendre compte du changement opéré est de remplacer le « Que-sais je ? » de Montaigne part un « Qui sommes-nous ? » permis par des médiateurs sociaux comme LinkedIn. Regardez les posts proposés avec un oeil un peu plus anthropologique ou ethnologique (je n’ose le éthologique : ), c’est édifiant.

Une conséquence de cette généralisation possible des mosquito-year c’est l’apparition de plus d’authenticité et d’utilisation de l’intuition dans les rapports individuels. Plus le temps quand on fait une réponse à la volée à un commentaire ou une invitation de réfléchir sauf à limiter fortement la bande passante d’interactions riches possibles. Et peu à peu on quitte son statut, son armure, cette image cible transmise par l’éducation et quelques expérience … pour « être » et ne plus « faire comme », tout simplement.

Et on sent bien que :

Comme le poisson pourrit par la tête, c’est bien le CEO qui fait l’entreprise digitale ou ne la fait pas. Et s’il l’a fait, c’est vite !

Et quand on vous a souhaité il y a quelque temps « Bonne année », vous pouvez maintenant vous poser sereinement une question très centrale : « De quelle année parlait-on ? » ; )

Par Pierre PAPERON

La présidentielle de 2017 peut-elle être uberisée?

Le terme a été lancé par Emmanuel Macron, sans doute pas innocemment. Lui qui, après avoir mis quelques pieds dans la fourmilière, commence à avouer publiquement se sentir à l’étroit dans un système arrivé à bout de souffle.

Et puis, on nous dit que le Front National c’est ce qui nous attend. Mais on oublie que les deux tiers des Français ne veulent certes ni de Hollande, ni de Sarkozy, ni d’un autre issu de l’un des partis historiquement au pouvoir. Mais qu’ils ne veulent pas du Front National non plus. C’est vote de rejet par défaut. Quand ils votent.

Uberiser, le terme est sans doute mal choisi, l’entreprise Uber n’est sans doute pas un modèle d’humanisme. Mais il désigne la capacité d’un modèle désintermédié à faire exploser une mécanique en place, que l’on croyait inamovible. En 2011, Uber n’était qu’une petite start-up qu’une poignée de geeks CSP+ découvraient à Paris, pendant la conférence du Web. Aujourd’hui, la petite start-up vaut plusieurs milliards de dollars et a mis un tel chaos dans l’économie qu’elle semble invincible. Il y a quelques années, Airbnb, c’était un site sympa pour partager son logement et se faire un peu d’argent de poche. Aujourd’hui, la petite start-up loue plus de chambres que le groupe Accor à lui tout seul. Un empire face au réseau. Et si on appliquait ce modèle à la politique en France?

Difficile d’y croire. La présidentielle est sans doute le modèle le plus fermé de la mécanique démocratique : un homme face au peuple, poussé par un parti, et par 500 signatures. Ça n’a jamais changé. Et toutes les voix disruptives qui ont tenté l’éloignement des partis n’ont réussi qu’à se séparer du tronc maternel pour retomber dans l’oubli.

Depuis quelques mois cependant, au fil de mes rencontres, j’entends des gens très sérieux, journalistes de haut-vol, experts, personnalités de la société civile, dirent que, oui, peut-être, peut-être que le président qui sera élu en 2017 pourrait être un inconnu, ou en tout cas quelqu’un qui ne serait pas issu des partis traditionnels. Ça ne parait pas très sérieux. Mais quand des personnes très sérieuses le disent sans rire, ça fait un peu réfléchir.

Ça a commencé par Jacques Attali, qui prophétise que «le prochain président sera un inconnu», sauf qu’on ne sait pas très bien ce qu’il a voulu dire, ni ce qu’il voulait provoquer en disant ça. Et puis Attali est capable de dire une chose et son contraire dans la même phrase, genre que ça pourrait être Hollande aussi.

Mais il n’est pas le seul.

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Il y a ce sondage aussi, commandé par le site Internet «Atlantico», qui dit que 78% des Français seraient prêts à voter pour un candidat non issu des partis. C’est mieux que Marine Le Pen… Pour 59% des Français, le programme est le plus important. La personnalité du candidat intervient pour 16%. Le parti qui le soutiendrait seulement 5%.

Les gens en ont assez. Mais ils sont de moins en moins passifs. En tout cas dans leur tête. Parce qu’ils sont de plus en plus nombreux à trouver des solutions et, parfois, à les mettre en place, voire à les financer, sans attendre qu’une institution le fasse à leur place. Le journalisme de solutions, le crowdfunding, ne sont plus des initiatives de pionniers. L’économie participative touche plus de 30% des nouvelles générations.

Face à la crise, les individus se détournent des élites traditionnelles (politiques, médias, grandes entreprises) et se tournent les uns vers les autres, grâce notamment aux réseaux sociaux. De tout ça nait, un peu partout, des embryons d’intelligence collective, des actions ingénieuses et utiles. Ce que décrit très bien Laure Belot, dans cette enquête renversante : «La déconnexion des élites». Je l’ai entendue s’exprimer en province, face à des dizaines d’agriculteurs, et j’ai compris qu’elle faisait mouche. Que les personnes en face d’elle savaient déjà, et que les politiques ne s’en rendent pas compte. Les élites politiques, comme les syndicats.

Combien tout ça est en train de leur échapper. Pour avoir croisé quelques politiques (rarement), j’ai été surpris de les voir aussi déconnectés de la réalité. De ce qui était en train de se passer.

Tandis que le repli sur soi se structure, sans doute parce que plus primaire, d’autres mouvements, plus intelligents, plus empathiques, également en réseau, commencent à fleurir un peu partout. Pour l’instant portés par des pionniers encore peu entendables. Mais on est pas loin d’une prise de conscience à plus grande échelle. Comme toujours, d’abord des pionniers un peu extrêmistes. Puis le mainstream se déclenche dès que l’on atteint un certain seuil. Ce seuil est-il atteint ou est-ce trop tôt ? Je ne suis pas politilogue, donc je n’en sais rien. Par contre je connais un peu Internet.

 

Il y a deux ans, Claude Posternak (qui, pour être très transparent, est un ami et actionnaire minoritaire dans un de mes projets), me disait : «le prochain président sera issu des réseaux sociaux».

Je ne savais pas s’il me parlait de 2017 ou de… 2022. Je trouvais l’idée séduisante, pas encore vraiment tangible.

En 2016, il vient de lancer «La Transition» avec un groupe d’amis. Il ne sera pas candidat. Il pense que la France a besoin d’un président (et d’un gouvernement) de transition qui s’engage à partir après un an après avoir lancé les réformes nécessaires pour débloquer le pays.

Naïf, irréaliste? Claude Posternak connait trop bien le système en place (il a été conseiller de Michel Rocard et de Martine Aubry, mais c’est aussi un publicitaire et homme de communication qui conseille les patrons, et le créateur de «L’Important», un média qui s’appuie sur Twitter) pour en connaître les raideurs. L’incapacité des partis en place à se réformer, comme ces jeunes de banlieue qui, dans «La Haine», chutaient vers le bitume en disant : «jusqu’ici tout va bien».

Mais l’autre alternative, c’est le Front National. Qui mène une campagne sur le terrain sans précédent. Peut-on rester sans rien faire? Naïf? Irréaliste? Oui mais comment ne pas vouloir y croire? Comment, surtout, ne pas se dire qu’il faut bien enclencher quelque chose ?

La Transition (voir leur site ici) fait penser à tous ces mouvements citoyens qui s’organisent sur Internet, peut-être encore trop pionniers pour devenir mainstream. Sauf que depuis son lancement, la Transition a recueilli le soutien de pas mal de gens très sérieux, des responsables de syndicats professionnels comme la CGPME, les médecins libéraux, les commerçants, les agriculteurs… mais aussi des chercheurs, beaucoup d’entrepreneurs aussi. Et même des journalistes connus qui ne le disent pas forcément. Claude Posternak ne sera pas candidat. Il en cherche un. Et ça sera peut-être une surprise.

Très parisien, tout ça, me direz vous. Mais non : 73% des signataires viennent de province, seulement 15% de Paris (les 15 autres de la banlieue).

La Transition s’inscrit dans ce mouvement. Pas forcément fédérateur. Plutôt très ouvert. Avec la conviction que de ce chaos pour l’instant généralisé émergera une forme d’espoir commun, forcément décentralisé. Une sorte de «blockchain» de la politique, puisque le concept est à la mode.

Pour l’instant, il y a de l’envie, il y a des voix qui se joignent. Un millier en moins d’un mois. Et des propositions concrètes et censées qui commencent à émerger.

Elles viennent de droite comme de gauche, elles pourraient s’opposer, mais par la magie d’une certaine entropie, elles finissent par dessiner un grand volume de réformes qui reposeraient sur une certaine forme de bon sens, une convergence naturelle que guiderait un esprit de responsabilité collective.

 

Il y a des idées de bon sens. Comme le «nouveau partage». Il y a aussi cette idée qu’il faut un gouvernement de transition, issu de la société civile, qui mette en place toutes ces idées partagées par la majorité, et qui s’en aille après 5 ans, le temps de laisser à la politique de se réorganiser.

La plupart des conversations se déroulent dans le plus grand désordre sur Whatsapp et sur Twitter. On se passe des sujets, on organise des réunions pour bosser sur telle ou telle contribution, on propose tel ou tel expert pour faire remonter des propositions. Ces dernières sont validées par un bureau central, mais aussi par tout autre membre qui aurait plus de légitimité.

C’est un peu chaotique en apparence, mais ça se structure de façon presque organique. Claude Posternak croit dans les vertus d’une certaine entropie de bonne volonté. Dans l’intelligence collective. Il faut allumer la mèche. Voir ce que ça donne.

Il y a un an, un jeune américain lançait cette vidéo, partagée plus de 15 millions de fois, qui se partage encore, et pas seulement parmi les geeks.

Avec tous ces gens, ces idées, ces accès à la connaissance et ces porte-voix interconnectés, rien n’a jamais été aussi moins sûr. Pour le meilleur, comme pour le pire. Alors pourquoi pas un président issu des réseaux sociaux?

A nous de voir.

Par Benoît Raphaël, expert FrenchWeb.

 

Tout ce que vous devriez savoir sur le référencement naturel résumé en 3 points

SEO

Vous êtes porteur de projet ? Vous venez de lancer votre startup et vous voulez en apprendre un tout petit plus sur le référencement naturel ? Nous allons essayer, ensemble, de brosser un portrait le plus synthétique possible de ce qu’est le référencement, pour vous aider à mieux appréhender ce levier hautement ROIste mais ô combien subtil. En 3 points-clés, nous allons vous donner quelques clés utiles pour vous apporter une première vision d’ensemble.


#1 SEM, SEO, SEA, ASO & co

Commençons d’abord par un peu de vocabulaire. Dans le petit monde du marketing des moteurs de recherche, les acronymes pullulent et vous pouvez vite vous mélanger les pinceaux. Voici une explicitation des principaux acronymes employés par les experts de tous poils :

SEM : Search Engine Marketing

Le Search Engine Marketing, littéralement marketing des moteurs de recherche, regroupe l’ensemble des savoir-faire, techniques et outils favorisant une meilleure visibilité sur les moteurs de recherche,que ce soit naturellement ou par le biais du levier publicitaire. Le Search Engine Marketing englobe des disciplines comme le SEO et le SEA, et pour certains le SMO.

SEO : Search Engine Optimization

Le Search Engine Optimization rassemble l’ensemble des techniques, actions, méthodes et savoir-faire destinés à améliorer le positionnement de documents, comme des pages web (mais aussi des images, des vidéos, des actualités, etc…) dans les pages de résultats des moteurs de recherche (en anglais, SERP pour Search Engine Results Pages). En français, on utilise souvent le terme de référencement naturel pour traduire l’acronyme SEO.

SEA : Search Engine Advertising

Avec le Search Engine Advertising, vous optimisez votre visibilité sur les moteurs de recherche via leurs régies publicitaires. L’objectif d’une agence SEA est de maximiser votre retour sur investissement pour vous assurer une visibilité de qualité et un taux de conversion optimal.

ASO : App Store Optimization

L’App Store Optimization est un levier précieux pour qui veut positionner une application sur un app store parmi les premiers résultats pour une expression donnée. Par exemple, ressortir en tête de liste sur des recherches comme « actualités finance », « antivirus gratuit », « lampe de poche », etc. Le travail doit être réalisé sur les différents stores, dont l’App Store et le Play Store qui représentent à eux deux l’immense majorité du marché.

SMO : Social Media Optimization

Le référencement social relève pour certains du Search Engine Marketing. Si le SMO permet d’attirer de nouveaux visiteurs sur son site, il participe aussi à une stratégie  globale de visibilité. Vos communautés jouent le rôle d’amplificateurs et partagent vos articles, les diffusent auprès de leurs contacts qui comptent peut-être des blogueurs, journalistes ou webmasters, et contribuent donc à votre netlinking.

#2 Indexation, optimisations onpage, onsite, offsite

Le référencement naturel d’un site se déroule à plusieurs niveaux, et ce sont les interactions entre ces différents périmètres qui vont déterminer le succès (ou l’échec) de votre stratégie Search Engine Optimization.

Au préalable, l’indispensable indexation de vos contenus

L’indexation constitue la première étape de tout chantier de référencement. Quand un internaute tape une expression-clé, il se voit proposer toute une série de résultats. Or, Google ne va pas visiter en temps réel tout le web, à chaque recherche, pour déterminer les pages, images, vidéos (etc.) les plus intéressantes. Il envoie de petits robots, appelés googlebots, qui parcourent le web en naviguant de liens hypertextes en liens hypertextes, ou parfois en s’appuyant sur des cartes mises à leur disposition (les sitemaps).

Avant d’être bien positionné sur Google, vous devez être référencé dans son index : vos pages doivent être visitées par des googlebots et jugées dignes de figurer dans l’index Google. Il faut pour cela utiliser un code informatique compris par les robots (par exemple, le couple HTML/CSS) et les nourrir de contenus.

data-center-google

Une salle immense, renfermant des milliers et des milliers de disques durs, gardée par un stormtrooper : visitez un data center de Google sur www.google.com/about/datacenters/

Un premier travail de référencement au niveau de la page

Comment Google choisit quelle page est plus pertinente qu’une autre ? Le premier travail se passe d’abord au niveau de la page elle-même.

Le contenu, la manière dont le contenu est structuré jouent un rôle essentiel. Une page peut reprendre les mots-clés tapés par l’internaute (ou des synonymes), mais s’inscrit aussi dans un champ sémantique qui correspond à l’intention de recherche de l’internaute. Elle peut ainsi très bien ressortir sans contenir les mots-clés tapés, mais en intégrant la réponse à la question que s’est posé l’internaute en entrant un mot-clé.

Un contenu a plus ou moins de poids en fonction des balises HTML qui le contiennent : par exemple, un mot-clé compris dans un intitulé de titres entre des balises <H1></H1> a plus de poids relatif qu’un mot-clé compris dans une phrase entouré de balises <p></p>.

Par exemple, si vous voulez vous positionner sur un mot comme paysagiste, vous créerez un champ sémantique favorable en utilisant le bon vocabulaire dans votre contenu : jardinier, espaces verts, arbres, jardins, haies, massifs, allées, aménagement paysager sont des termes qui confortent la pertinence d’un texte sur le mot clé « paysagiste ».

Chaque page travaille généralement, par son contenu, une expression principale, parfois avec plusieurs variantes. Par exemple, le mot-clé paysagiste est souvent recherché en association avec un lieu, dans le cadre d’une recherche locale. Un professionnel dans ce secteur d’activités travaillera donca priori l’expression « paysagiste + ville » pour ressortir auprès de sa clientèle : par exemple,« paysagiste Paris ». Mais il pourra distiller dans son contenu les bons mots-clés pour ressortir aussi, en plus de « paysagiste Paris », sur des expressions comme « architecte paysagiste Paris », « paysagiste Paris pas cher » ou encore « paysagiste terrasse Paris ». Il pourra aussi décider de créer des pages dédiées à chaque expression pour se positionner plus facilement.

Un second travail de référencement au niveau du site web

Le second travail de référencement d’un contenu (une page par exemple), se situe au niveau du site web, et plus précisément de l’articulation qui existe entre les différentes pages du site.

La popularité joue un rôle essentiel pour votre référencement et celle-ci se décide déjà au sein de votre site. Par le maillage interne, qui englobe l’ensemble des liens entre pages internes à un site, une page se verra attribuer plus ou moins de poids. Parmi les facteurs onsite pouvant influencer le référencement d’une page, nous pouvons citer :

  • le niveau de profondeur de votre page ou, si vous préférez, le nombre de clics minimum à effectuer pour arriver sur une page donnée quand on part de la page d’accueil
  • le nombre de pages internes renvoyant sur la page travaillée : par exemple, une page présente dans votre menu principal recevra une large popularité, car toutes les pages de votre site possèdent un lien vers elle.
  • la thématique des pages hébergeant un lien : il est généralement préférable de lier entre elles des pages à la thématique similaire.
  • le nombre de liens par page joue aussi sur la redistribution de la popularité : comme celle-ci est partagée entre les différents liens sortants présents, plus une page possède de liens, moins chaque lien possède de poids.

L’arborescence d’un site doit aussi être pensée, bien en amont, dans une optique de référencement. Les expressions les plus concurrentielles sont travaillées sur des pages avec un niveau de profondeur relativement faible et sont poussées par de nombreuses autres pages internes pour espérer se hisser parmi les premiers résultats. Les expressions de longue traîne, composées de plusieurs mots-clés et moins concurrentielles, peuvent être travaillées sur des pages plus profondes, bénéficiant de moins de liens.

mindmaps

Vous pouvez utiliser un outil comme MindMeister pour visualiser l’arborescence de votre site avec des cartes mentales ou mindmaps

Travailler le netlinking de son site pour gagner en popularité

Le référencement naturel est une compétition. Pour gagner des positions face à des concurrents tout aussi acharnés que vous, vous serez amenés à travailler la popularité globale de votre siteLe netlinking consiste à obtenir de nouveaux liens entrants, provenant de sites tiers, vers les différents contenus de son propre site. Il existe de nombreuses sources de liens, plus ou moins efficaces ou tout simplement pertinentes. Pendant des années, l’inscription sur des annuaires ou la publication d’articles sur des sites de communiqués de presse constituaient la base de tout travail de netlinking. Depuis, cette discipline s’est fortement complexifiée, accompagnant les déploiements de correctifs de Google comme les mises à jour Google Penguin.

Si les partenariats sont toujours d’actualité, si certains achètent des liens (souvent à leurs risques et périls), d’autres solutions s’appuyant sur toutes les composantes de votre marketing digital vous aident aussi à générer des liens. Le linkbaiting apporte une popularité diversifiée et fiable. Il s’agit de produire des contenus les plus qualitatifs possibles, en s’appuyant sur les mécanismes traditionnels de partage : jouer sur l’exclusivité d’une actualité, apporter une information utile à une communauté, susciter l’émotion (rire, indignation constituent autant de leviers pour être naturellement cité sur d’autres sites web ou blogs. Les médias sociaux jouent aussi un rôle amplificateur en portant vos contenus à la connaissance d’une plus large communauté, dont certains membres sont susceptibles de citer vos articles sur d’autres sites.

#3 Un référencement sur plusieurs moteurs de recherche

Quand on pense référencement, on pense généralement Google. Mais une stratégie de visibilité naturelle sur les moteurs de recherche ne peut se limiter au seul moteur Search de Google.

Non pas un, mais plusieurs moteurs Google

Le référencement naturel passe essentiellement par le moteur de recherche Search : le moteur de recherche qui affiche des pages web comme résultats. Mais il y a bien d’autres types de contenus qui peuvent se positionner en première page de Google via la Recherche Universelle (l’Universal Search est apparue en 2007) :

  • Images
  • Vidéos
  • Actualités
  • Résultats locaux Google My Business
  • Livres
  • Publications scientifiques
  • etc…

Chaque type de résultats est géré par un algorithme spécifique et demande des actions particulières pour être bien positionné. Selon votre secteur d’activités, votre stratégie de référencement naturel va s’appuyer sur d’autres contenus que les pages de votre site. Un site comme Allocine.fr mise par exemple beaucoup sur la vidéo pour gagner en visibilité sur Google, en positionnant ses vidéos de bandes-annonces en première page Google : si vous tapez une expression du type « nom d’un film + bande annonce », vous les trouverez régulièrement en tête de liste.

D’autres moteurs de recherche que Google

Google n’est pas le seul moteur de recherche disponible en France. Si le géant de Mountain View représente plus de 90% du marché français, un travail de référencement peut intégrer des actions spécifiques sur d’autres moteurs : Bing, Qwant, le moteur d’Orange…

Si ces moteurs possèdent un trafic « à la marge » sur le marché français, et qu’il est le plus souvent peu utile d’y consacrer des moyens substantiels, plusieurs concurrents à Google font jeu égal avec lui dans certains pays, comme Yandex en Russie ou Baidu en Chine. Un élément à prendre en compte en cas de référencement à l’international !

qwant

Qwant, moteur de recherche made in France, se propose comme une alternative possible à Google

De l’importance d’être bien accompagné dès le début

Le référencement naturel est une discipline complexe et transversale, qui va entrer en interaction avec d’autres spécialités du marketing digital : expérience utilisateurs (UX ou User eXperience), médias sociaux, publicité en ligne, publicité hors ligne, relations presse, etc, etc. Par ailleurs, le content marketing joue plus que jamais un rôle dans votre référencement naturel.

Nous avons ensemble partagé quelques notions de vocabulaire, puis nous nous sommes intéressés aux différents périmètres d’intervention du référencement naturel avant d’élargir votre vision vers d’autres perspectives : le référencement naturel ne se limite pas au positionnement de vos pages en tête de liste de Google.

Mais ces quelques notions ne vous permettent pas de piloter vous-même votre référencement. Si nous devions résumer cette article, nous en tirerions les recommandations suivantes :

  • le référencement n’est qu’une des disciplines associées au marketing des moteurs de recherche
  • il ne suffit pas d’être indexé (ou référencé) pour être positionné
  • le référencement naturel se joue à plusieurs niveaux : page, site, web
  • le référencement naturel ne se cantonne pas à Google ni aux seules pages web
  • le référencement naturel est une discipline transversale, dépassant même le seul marketing digital dans son ensemble
  • le référencement naturel doit être pris en compte dès la genèse d’un projet de site.

Vous devez intégrer le référencement naturel le plus en amont possible, en vous faisant accompagner le plus tôt possible par une agence spécialisée ou un consultant indépendant : prendre les bonnes décisions en amont d’une création ou d’une refonte de site, impliquer tous les acteurs de votre communication online et offline au référencement naturel, vous permettront de tirer le meilleur parti de ce levier rentable.