Quand les Français déboursent pour rêver

Aujourd’hui, on peut absolument tout financer par crowdfunding, du projet le plus loufoque à la création d’une startup. Ce mode de levée de fonds est un incontournable pour une grande majorité d’entrepreneurs mais aussi de grands groupes. Quelques mois après l’arrivée de Kickstarter en France, Denis Jacquet, président de l’association Parrainer la Croissance, explique l’arrivée de ce géant américain du secteur.

AUTEUR
Denis Jacquet, serial-entrepreneur et Président de l’association Parrainer la Croissance, s’emploie, au quotidien à remettre entrepreneuriat au coeur de la société…


La France est en émoi. Un pionnier et géant américain de plus arrive en France, en espérant faire débourser aux Français ce que les gouvernements successifs ne leur ont pas encore confisqué. Mais au moins dans ce cas, on sait que l’on finance une ambition, un rêve, une passion. C’est plus excitant qu’un déficit, même à taux zéro. Pourtant notre pays n’a pas attendu l’oncle Sam pour susciter la passion des Français à « faire ensemble ». Sans intermédiaire. Le crowdfunding grimpe comme la température estivale. Nombre de bébés issus des éprouvettes du financement participatif sont bien présents dans l’écosystème, le chanteur Grégoire en tête. Kickstarter apportera-t-il quelque chose de neuf dans notre Gaule en crise ?


A chaque fois qu’un projet américain débarque sur les plages françaises, on se dit que les mauvais résistants, encore terrés dans nos multiples zones corporatistes, vont trembler un peu plus. Ceux qui rêvent d’un monde dans lequel l’Etat reste le dernier et ultime tiroir-caisse de la République, et qui souhaite surtout en matière de culture, rester le mécène en chef, en seront pour leurs frais. L’arrivée de ce géant made in Burger, va consolider cette vision, participative, libérale, démocratique. Dans une période de crise où le rêve semble interdit, se dire que la création est toujours possible et peut être financée, est rassurant.

Ce nouvel acteur du marché, va attirer un peu de lumière supplémentaire au monde entier, sur les projets français. Un peu d’attention d’un acteur international, là où les nôtres sont encore si hexagonaux. Une incitation supplémentaire pour nos entreprises à tenter elles aussi d’aller chatouiller d’autres contrées. Un acteur de plus sur un marché encore timide peut être à la fois une menace ou, au contraire, une opportunité pour se développer. L’avenir proche le dira. Le marché a toujours raison.

Pour les entrepreneurs, rien de nouveau sous le soleil.
Kickstarter finance les rêves mais pas le BFR (Besoin en Fond de Roulement), autrement dit les capitaux propres des entreprises. L’entrepreneur qui souhaite trouver ce que les banques lui refusent, ne trouvera pas en cette entreprise issue du royaume des startups, le Zorro de sa croissance, ni un zéro de plus à son capital. Ce n’est pas la vocation de Kickstarter.
La communication intensive liée à l’arrivée de ce nouveau joueur, permet de faire la publicité de ce secteur magnifique, un premier pas vers une économie libérale qui rime avec sociale et bienveillante. On pourra peut-être enfin réconcilier entrepreneuriat et passion, capitalisme et sociétal, libéralisme et solidarité.

C’est le début d’une nouvelle ère, qui nous fera respirer un nouvel air. Et des airs, ils en financent à la pelle. Près de 2 milliards financés sous cette forme aux USA par Kickstarter. Ces sommes font rêver. Cela me fait penser à ces années passées à Washington DC, quand un ami proche, patron de la formation et de la santé à la Banque mondiale, m’expliquait que la fondation Bill Gates avait investi plus d’argent que la Banque mondiale sur son secteur ! Le privé, l’initiative individuelle, prend le pas sur l’Etat et les intermédiaires. C’est un petit pas pour le financement et un grand pas vers la responsabilité. Cela signifie que le rêve d’un homme ou d’une femme peut devenir la passion d’un groupe. Qui dès lors le finance. C’est un changement colossal dans un pays comme le nôtre.

J’imagine un jour proche où les entreprises retiendront et fidéliseront leurs collaborateurs volages, en finançant leurs projets afin de les conforter dans leur volonté de donner du sens à leur quotidien. Tout est imaginable et reste à imaginer.

En conclusion, pas de révolution, mais une pièce de plus à l’évolution du marché. Pendant que le cinéma ressuscite les dinosaures, le digital chasse les nôtres !

Crédit Photo : © Rawpixel-Fotolia

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