Règles non-dites au travail : éviter les pièges des premiers mois

Peut-on tout dire en réunion ? Partir à l’heure que l’on souhaite du travail ? Qui tutoyer, qui vouvoyer et avec quel degré de familiarité ? A chaque entreprise ses propres règles virtuelles, parfois difficilement assimilables les premières semaines et pourtant si importantes à respecter pour éviter les faux pas.

Codes langagiers, relationnels, comportementaux ou vestimentaires, pour Jean-Christophe Thibaud, fondateur du cabinet Lectia :

Jean-Christophe-Thibaud

à l’instar d’une association ou d’un club sportif, tout groupe social transcende à un moment donné les lois et génère ses propres règles. L’entreprise n’échappe pas à ce phénomène et développe sa propre culture qui se transmet au fil du temps.

Un microcosme malheureusement très rarement présenté aux collaborateurs à leur arrivée.

Pour Elisabeth Malissen, dirigeante du cabinet El Conseil :

Elisabeth-Malissen

les usages collectifs, par exemple ceux liés aux horaires, aux congés, à l’emploi du « tu » ou du « vous » – influencent chacun par mimétisme ou par la pression sociale qu’ils exercent sur l’individu. Parfois verbalisés, l’entreprise n’a souvent pas intérêt à les formaliser. Notamment s’ils entrent en contradiction avec l’ensemble des règles écrites telles que la convention collective, le contrat de travail ou encore un organigramme ».

Comment repérer les règles non-dites ?

Style plutôt bureaucratique ou décontracté, quelles sont les usages en matière de mail en interne ? Peut-on se passer du pot du vendredi soir sans risquer de faire mauvaise impression auprès de son N+1 ?
Seules quelques grandes entreprises fournissent un livret d’accueil ou assurent un parrainage qui permettra de glaner la plupart de ces informations officieuses. Informatique, finance, publicité… Certains codes afférents à l’activité de l’entreprise ou à un métier fourniront les premières indications, en matière de look vestimentaire par exemple.

A chaque nouveau collaborateur d’établir ensuite lui-même une cartographie des us et coutumes, des rites en place dans l’entreprise, voire du département dans lequel il est affecté, pour pouvoir les intégrer »

note Jean-Christophe Thibaud. Sans toutefois tirer des conclusions à la hâte. D’un service à l’autre, une rigueur quasi militaire pourra s’estomper rapidement selon la direction en place.

Que ce soit lors d’une réunion ou à la machine à café,

Bruno-Hubert

la bienséance consiste dans un premier temps à observer et à reproduire les attitudes des moments-clés de la vie de l’entreprise »

relève à son tour Bruno Hubert, fondateur du cabinet Consilio-RH.

En d’autres termes, adopter la posture du caméléon pour « se synchroniser aux autres, leur ressembler, à la fois sur les éléments verbaux, para verbaux et non verbaux. Objectif : se fondre dans l’environnement », analyse le fondateur du cabinet Lectia.

Poser des questions et trouver à qui les poser

Comme le veut l’adage : le poisson pourrit par la tête.

Que l’on travaille dans une usine ou au 30ème étage d’une tour à la Défense, la meilleure attitude consiste donc à vite comprendre le comportement du management supérieur pour adopter le bon tempo.

Autre possibilité évoquée par Jean-Christophe Thibaud :

dialoguer avec ceux qui constituent la mémoire de l’entreprise, comme le sont fréquemment les assistants de direction par exemple ».

Sans tout prendre au pied de la lettre pour autant. Pourquoi pas, en cas de doute, essayer de contacter un professionnel de l’entreprise ou un ancien salarié via les réseaux sociaux. Pour d’autres sujets plus sensibles comme les notes de frais ou la demande de congés, c’est davantage vers les ressources humaines ou son responsable direct qu’il est d’usage de s’orienter s’accordent à l’unisson les professionnels.

Les comportements à éviter et leurs risques

Selon Bruno Hubert :

un collaborateur aura vite fait de faire une erreur les premiers jours. Et celle-ci pourrait lui coller à la peau un certain temps ».

D’où la nécessité de savoir slalomer entre ces nombreuses règles tacites comme « ne pas s’asseoir à la table du directeur le midi ou, dans certains groupes industriels, faire fi des règles entre ouvriers, agents de maitrise et ingénieurs de l’encadrement où les rapports directs sont parfois mal perçus ».
Avant la transgression, l’intégration est un point de passage obligatoire.

S’il existe peu de chances d’être renvoyé moyennant le non-respect de ce corpus de règles non-dites, celles-ci viennent toutefois jouer en la défaveur d’un collaborateur. Si tout le monde part à 19h30, personne n’est obligé de suivre la règle pour être bien vu. Encore faut-il savoir l’assumer.

Comme le précise Elisabeth Malissen :

pour qu’un groupe vous inclue, vous avez soit intérêt à adopter ses codes, soit bénéficier de suffisamment de légitimité pour pouvoir vous en affranchir… et dès lors parfois, influencer leur évolution ».

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