Monthly Archives: avril 2015

« Il faut bien s’entretenir »

L’entretien est un art aussi ancien que le management lui-même. Entretien d’embauche, entretien de délégation, entretien de valorisation ou de recadrage, entretien disciplinaire… et bien entendu entretien annuel: les formules d’entretien ne manquent pas.

Vous avez dit entretien annuel?

Entretien annuel: le mot est lâché, et semble posséder comme un charme délicieusement désuet, une saveur d’autrefois. Aux dires de certains, il semblerait même avoir pris la poussière, être comme tombé en disgrâce, rangé au fond d’un tiroir ou remisé dans une vieille penderie. Mis au placard en quelque sorte – l’entretien annuel, pas le collaborateur!

Pourtant, « ancien » ne veut pas dire « dépassé », loin s’en faut. Comme le veut d’ailleurs le célèbre adage, « c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures recettes ». A condition, nous allons le voir, de suivre quelques principes de bon sens.

En commençant déjà, mesdames et messieurs les managers d’équipe, par cesser de le percevoir comme une tâche chronophage. Un événement qui reviendrait chaque année jeter avec gourmandise son dévolu sur votre agenda déjà contraint – pour ne pas dire plus. Toute ressemblance avec des situations ayant réellement existé ne serait pas purement fortuite!

Mais au fait, de quoi parle-t-on?

Ici on le qualifie d’entretien d’évaluation, là d’entretien d’appréciation. On parle aussi de bilan annuel, de revue de performance: les appellations varient, sans qu’aucune ne semble faire l’unanimité.

J’accompagne au quotidien des équipes de 5 à 120 personnes depuis plus de quinze ans, et je n’ai pas trouvé de meilleure définition pour ce temps managérial privilégié que celui detemps de rencontre et d’échange.

Pour justement prendre le temps – presque un gros mot! – de s’écouter, de se dire les choses, de se projeter. D’oser sortir du quotidien pour réfléchir au chemin parcouru, et envisager avec ses collaborateurs le vaste champ des possibles.

Grandir ensemble, c’est tout!

J’ai en effet cette profonde conviction que le rôle de tout manager d’équipe est de faire grandir les équipes qui lui sont confiées. Et ainsi de regarder, parfois quelques années plus tard, avec une certaine fierté ce que sont devenus ses collaborateurs.

Faire grandir, revêt des dimensions et sens multiples pour chacun:

  • Accompagner – former, transmettre, mettre en situation de responsabilité progressive, donner le droit à l’erreur…
  • Promouvoir – vers une autre fonction de l’entreprise, un niveau hiérarchique plus élevé…
  • Mais aussi plus modestement remettre à niveau un collaborateur en difficulté dans sa fonction actuelle

Dans tous les cas, l’entretien annuel va permettre de dresser un état des lieuxpersonnalisé, le plus factuel et objectif possible, et de valider un projet commun dans lequel on se projettera dès la fin de l’entretien. Il est la base de tout.

Mes 5 incontournables

Il serait immensément présomptueux voire carrément prétentieux de vouloir dresser un « mode d’emploi » exhaustif sur le sujet de la conduite de l’entretien annuel. Il y a déjà beaucoup d’écrits existants, pour certains aussi anciens que l’entretien annuel lui-même.

Je me contenterai donc de partager ici mes 5 principes clés. Pas un de plus, promis. Ils sont issus de ma pratique personnelle. En comptant bien, un peu plus de 200 entretiens. Un bon début pour en parler.

  1. Si l’entretien avait une forme, ce serait sans doute celle d’un losange: avec une première phase d’ouverture et d’écoute active – questions ouvertes puisque c’est l’entretien de votre collaborateur – , puis une phase de validation de la vision commune – performance, compétences, projet – , puis une dernière phase consacrée à l’élaboration en commun du plan d’action. Apprenez donc à vousméfier de l’entretien en forme de ligne droite – le manager émet, le collaborateur écoute sans dire mot – ou de l’entretien en forme de triangle sans base -le collaborateur parle sans interruption pendant 1h30… Dans ces 2 cas, très inconfortables, pensez à revoir votre façon de procéder.
  2. C’est l’entretien de votre collaborateur et pas celui d’un autre: personnalisez votre préparation, votre propos, votre façon de faire. Car si c’est l’entretien de votre collaborateur, c’est toutefois vous qui le menez: respect du timing, des étapes, du livrable en fin d’entretien.
  3. Objectivez, factualisez! Sortez des opinions, de l’à peu près, des jugements de valeur non étayés qui risquent fort de vous conduire dans un débat stérile d’idées et de positions. Appuyez-vous plutôt sur les réalisations marquantes, les dossiers menés à bien – ou moins bien – par votre collaborateur, dont vous aurez assuré une traçabilité tout au long de l’année.
  4. L’avant-entretien et l’après entretien sont tout aussi importants que l’entretien lui-même, comme l’entrainement et le débriefing vidéo le seraient pour une rencontre sportive. Préparez-vous tous les deux, puis suivez ensemble dans le temps les plans d’action définis, au besoin avec des étapes intermédiaires. Votre crédibilité de manager est à ce prix. Rien de pire qu’une formation promise non réalisée, qu’une évolution validée et jamais suivie des faits… Pensez à faire le lien avec les acteurs du projet: N+2, équipe RH…
  5. Sachez prendre position. Prendre position, c’est savoir dire « merci » et « bravo ». C’est sortir du confortable « on » pour oser le « je ». C’est savoir reconnaître et valoriser la juste performance. C’est aussi savoir dire ce qui ne va pas, ce qui peut être amélioré. C’est donner du sens, dire à son collaborateur pourquoi il compte dans l’équipe, le repositionner si nécessaire, et se projeter ensemble dans la durée. C’est donner du feedback. J’ai toujours en tête cette image du joueur de bowling dont la boule passerait sous un mur, mais ne lui permettrait jamais de connaître le nombre de quilles touchées. Absence de retour sur la performance, l’efficacité du geste: très vite la lassitude s’emparerait de ce joueur-là. Pensez-y.

Une démarche de progrès continu

Tout comme vous invitez votre collaborateur à progresser, sachez aussi progresser vous-même dans la conduite de vos entretiens, dans le temps et avec le temps.

Un entretien annuel réussi permet de replacer la relation managériale sur un terrain serein et apaisé, qu’il vous appartiendra d’entretenir tout au long de l’année.

C’est un des piliers d’un management plus responsable, d’un management bienveillant.

Et de vous à moi, cela mérite bien que nous y consacrions le temps nécessaire. Comme on le ferait pour un précieux investissement.

7 méthodes de recrutement à adopter!


7 méthodes de recrutement à adopter!

Nous le savons déjà mais parfois il est bon de se le rappeler; demain le recrutement sera mobile. Aujourd’hui ce sont les réseaux professionnels qui sont en lumière mais d’ici 5 ans, seront-ils toujours dans la course? Petit zoom sur les nouvelles méthodes de recrutement qui vous permettront d’anticiper au maximum les processus à déployer. C’est parti!

1.Votre entreprise notée par les collaborateurs

Connaissez-vous le site Glassdoor? Ce site américain diffuse des photos des locaux mais pas que… Il rend publique les avis des salariés quant à leurs conditions de travail! Une révolution? Pas tellement en soi. Cela a toujours existé mais à l’échelle du bouche-à-oreille.

Cette nouvelle vitrine de l’entreprise met aussi en avant les rémunérations, les avantages et les conditions de travail des collaborateurs. Alors qu’est-ce qu’une entreprise peut y gagner excepté sa transparence? Désigner naturellement des ambassadeurs digitaux qui peuvent répondre à toutes les questions des candidats. Vous prenez le risque? BNP Paribas l’a déjà fait et a obtenu la note de 3,2 sur 5 et son PDG 70% d’avis favorables.

2.Se faire repérer par de nouveaux canaux

Les MOOCs! 2 façons d’utiliser à bon escient les MOOCs ou les COOCs. La première est d’identifier, parmi les personnes qui ont suivi ces MOOCs, ceux qui ont des remarques/questions justes, pertinentes et qui obtiennent les meilleurs notes. Le deuxième? Créer ses propres MOOCs sur des sujets bien spécifiques et identifier les meilleurs « étudiants »!

3.Recevoir des CV via les réseaux professionnels

Les réseaux sociaux professionnels proposent d’envoyer pour les candidats des CV numériques qui reprennent toutes leurs informations et n’imposent pas l’envoi classique en PDF. Très utile lorsque ce dernier n’a pas été mis à jour récemment.

4.Mettre en avant ses compétences et non ses expériences

Difficile sans tester, de connaître les réelles compétences d’un candidat. Les « hackatons » ou autres serious games sont la nouvelle solution pour y parvenir! Heineken s’y est prêté avec délectation.

4.Diffuser des offres uniquement par Twitter

Y viendra t-on un jour? C’est possible! Certaines sociétés ont déjà adopté ce virage et n’envisagent Twitter plus que comme une plateforme de recrutement.

5.Traquer les profils les plus convoités

Pour débusquer certains candidats très demandés, Monster avec TalentBin, a mis en placeun moteur de recherche capable d’identifier les traces numériques laissées sur les forums, les blogs et les réseaux sociaux d’entraide, et de les agréger.

Vous cherchez un développeur maîtrisant un langage particulier? Soumettez un mot-clé – Java, C++, etc. – et les profils les plus pertinents, ainsi que leurs coordonnées, apparaîtront. Il ne vous reste plus qu’à vous montrer convaincant…

6.Utiliser un site de cooptation

C’est une méthode efficace pour dénicher le mouton à cinq pattes en un temps record et à moindres frais. La différence par rapport à un cabinet de recrutement classique? La force du réseau.

Les entreprises jugent les jobboards

Passer par un site d’emploi est un réflexe, voire un passage obligatoire, pour de nombreuses entreprises. Mais, justement, que pensent-elles de ces plateformes qui les mettent en relation avec ces talents dont elles ont besoin pour accompagner leur croissance ? Nous avons interrogé trois entreprises de taille différente pour dégager quelques tendances.

Société de construction d’habitat basse consommation, Innov’Habitat réalise environ 3 à 4 recrutements par an. A chaque fois, la même démarche : une offre d’emploi publiée à la fois sur RegionJobs, Indeed et Vivastreet. « Pour nous, il est devenu naturel d’utiliser ces trois canaux et ce peu importe le profil recherché. En termes de candidatures reçues, l’impact est toujours positif et notre ROI est satisfaisant » explique Claire Grunder, chargée de communication. La diffusion sur plusieurs jobboards est également l’option retenue par l’enseigne Toys’R’Us mais cette fois pour donner « de la visibilité à notre marque employeur et une plus grande diversité dans les candidatures » selon les mots de Amélie Léger, chargée de missions chez Toys’R’Us.

Spécialisation : la valeur ajoutée

Dirigeant de Cadoetik, société spécialisée dans la conception d’objets de communication responsable, Philippe Fiorentino a décidé d’arrêter de diffuser ses offres d’emploi sur Pôle Emploi. La cause ? «  Trop de lenteur, pas assez de suivi, des dénominations de poste inexistantes… ». Et d’ajouter : « En choisissant RegionJobs, j’ai opté pour un site d’emploi susceptible de toucher des profils situés à proximité de notre entreprise. De plus, les candidatures reçues provenaient de personnes en activité, ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant. »
Pour Amélie Léger, de Toys’R’Us, le recrutement de cadres passe forcément par l’Apec et Cadremploi. « Comme s’il s’agit de sites d’emploi spécialisés sur ces populations, les réponses sont meilleures à la fois quantitativement et qualitativement. Sur les postes de managers, on peut avoir de 40 à 50 candidatures selon les régions. Pour les fonctions support, on recueille jusqu’à 200 CV ».

Ce qui pourrait être amélioré

Ne tournons pas autour du pot, le prix des campagnes sur les sites d’emploi peut s’avérer dissuasif. Amélie Léger souligne ainsi que « l’Apec est plus rentable puisque son utilisation est gratuite. Pourtant, je continue de passer par Cadremploi qui me permet d’accéder à des candidatures différentes et de qualité ». Et de souhaiter que le site d’emploi spécialisé sur les cadres « optimise le pack annonce au niveau national tout en proposant des baisses de prix pour les offres identiques selon les régions ».

Une petite baisse de tarifs ne serait pas refusée non plus par Philippe Fiorentino de Cadoetik, qui aimerait que les « tarifications soient adaptées à la taille de l’entreprise. Comme nous sommes une petite structure de douze salariés, les budgets engagés sont parfois conséquents. Cela étant, le suivi de mon projet de recrutement et la qualité des candidatures reçues sont ma priorité ! ».

En dehors des considérations financières, Claire Grunder identifie d’autres axes de progression pour les jobboards. « Nous aimerions disposer de davantage d’espaces pour présenter notre entreprise (sa taille, sa localisation, son logo), ou encore avoir plus de souplesse dans la mention des contrats ou de la rémunération proposés » conclut-elle.

« Faire de la réalité virtuelle, c’est hacker le cerveau »

Pour Sébastien Kuntz, faire de la réalité virtuelle, c'est hacker le cerveau

Sébastien Kuntz travaille dans la réalité virtuelle (VR) depuis plus de 13 ans. D’abord à la SNCF, où il a créé des applications de formation en VR, puis chez Virtools, une start-up dont le moteur 3D est devenu un produit phare de la réalité virtuelle, ce qui motiva son rachat par Dassault Systèmes en 2005. En 2010, il a créé MiddleVR, une entreprise qui intègre la réalité virtuelle aux moteurs 3D, pour profiter de ce boom naissant. A l’aube de l’arrivée de ces technologies sur le marché grand public, il nous fait part de son regard sur ce phénomène.

 – Pourquoi selon vous la réalité virtuelle (VR) est-elle sur toutes les lèvres en ce début 2015 ?

Sébastien Kuntz – Cela fait 5 ans qu’elle se démocratise. Le matériel est devenu beaucoup moins cher, y compris les projecteurs 3D et les capteurs. Cette tendance a commencé même avant l’arrivée de l’Oculus Rift. Auparavant les casques étaient trop lourds, souffraient de trop de latence et d’une résolution d’affichage trop basse. Les deux éléments cruciaux ont été les écrans et les capteurs de position venus des smartphones qui ont permis un énorme gain de qualité et une baisse de prix.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que la VR est une mode qui ne prendra pas, comme la 3D pour les téléviseurs ?

Si la réalité virtuelle existe depuis 15 ans chez les pros, c’est que soin utilisation présente de vrais bénéfices. Cela va continuer sur le marché professionnel et se démocratiser à mesure que les technologies deviennent plus abordables. Pour le marché grand public, Facebook [qui détient Oculus depuis 2014, ndlr] et Sony sont impliqués à fond, tout comme Valve et HTC. Quand vous avez autant de grandes entreprises technologiques qui misent sur un marché, son émergence ne fait aucun doute. Cependant cela va prendre du temps, Facebook par exemple planifie sur dix ans.

Quels sont les gros acteurs de la réalité virtuelle, que ce soit au niveau mondial ou en France ?

Oculus, Valve et HTC, Sony, Samsung… et des dizaines de petites entreprises qui vont émerger. On attend aussi Google, Microsoft ou Apple qui devraient arriver tôt ou tard. Et puis il y a des entreprises comme Immersion, un intégrateur basé à Bordeaux depuis 20 ans.

La France est un leader de la réalité virtuelle, avec beaucoup d’entreprises en pointe. C’est l’un des seuls pays, avec le Japon, où existe une association regroupant tous les acteurs nationaux (l’Association française de réalité virtuelle). Le gouvernement a été très moteur, en portant des projets faisant travailler ensemble, les industriels, les universités, et les laboratoires de recherche…

Nous sommes en revanche moins fort en marketing. Chez MiddleVR nous allons régulièrement aux Etats-Unis pour nous faire connaître, avec l’ambition de devenir le spécialiste mondial pour les activités professionnelles. Le but n’est pas d’utiliser la réalité virtuelle pour s’échapper de la réalité, mais pour améliorer la réalité.

Quid des gens malades ? Est-ce qu’on a mis fin à ce type de problèmes ?

HTC et Oculus disent tous deux qu’ils ont résolus ce problème et que leur technologie ne donne pas la nausée. La réalité est un peu plus nuancée. Il y a deux composantes : la latence trop importante entre les mouvements de la tête et l’adaptation de l’image pour l’utilisateur, et la navigation dans le monde virtuel, sorte de mal du simulateur induit par les déplacements (effet de tangage par exemple).

Oculus et HTC/Valve ont globalement résolu le premier point, contrairement à d’autres acteurs comme Google avec son Cardboard. Le deuxième aspect en revanche ne l’est pas encore, pour la bonne raison qu’on ne sait pas exactement d’où il vient. Certaines personnes sont immunisées, d’autres non.

Que reste-t-il à accomplir pour assurer le succès de la réalité virtuelle auprès du grand public ?

Pour le moment on a réussi à obtenir l’immersion, mais il reste encore beaucoup à faire sur l’interaction. Il faut bien comprendre que la réalité virtuelle ce n’est pas juste de la 3D, c’est se sentir présent de façon inconsciente dans un environnement virtuel. Travailler dans la réalité virtuelle ne se résume donc pas à de l’optique ou des capteurs, c’est véritablement hacker le cerveau. Oculus l’a très bien compris et a été le premier acteur à le mettre en avant.

Le problème de l’interactivité fait face à un dilemme : soit on fait du réalisme, soit on va au-delà du réel. Par exemple en utilisant la téléportation pour contourner un déplacement qui rendrait l’utilisateur malade. Comme le cerveau n’a pas de point de référence, il accepte l’évènement sans problème. Pareil lorsqu’il s’agit de saisir un objet, ma main ne peut aller qu’à un mètre de mon épaule dans la vraie vie, mais pas dans la réalité virtuelle. Il y a beaucoup de réponses techniques à mettre en oeuvre, sur lesquelles des équipes entières de recherche travaillent à travers le monde. Là est le grand chantier de demain.

La méthode Blablacar pour booster sa croissance

La méthode Blablacar pour booster sa croissance

D’autres l’envieraient sans doute. La préoccupation principale de Frédéric Mazzella est la croissance ultrarapide de son entreprise Blablacar. Avec 10 millions de membres, des ambitions en Russie, en Inde, et plus de 200 employés, il est allé chercher des conseils jusqu’en Silicon Valley. Le jeune PDG nous partage quelques-unes de ses méthodes innovantes.

« Depuis nos débuts, nous avons exploré cinq business models avant d’arriver à celui d’aujourd’hui« , raconte Frédéric Mazzella, fondateur et PDG de Blablacar, start-up star du covoiturage. Le modèle premium n’a pas convenu. Trop peu d’utilisateurs payaient. Le modèle publicitaire, lui, n’était pas conforme aux valeurs de l’entreprise, qui ne voulait pas voir son site tapissé de publicités. Cibler le covoiturage pour les entreprises s’est révélé trop complexe.

La société a aussi tenté de proposer des réservations. Mais le système, difficile à mettre en place, a généré beaucoup de frustration tant du côté des conducteurs que de celui des passagers. Plus d’un tiers des réservations de passagers aboutissaient à des désistements dans les 48 heures avant le voyage, engendrant du surbooking par les conducteurs et la frustration chez les passagers.

Aujourd’hui c’est finalement un modèle au pourcentage – comme celui de beaucoup de plates-formes – que l’entreprise a choisi. « Si un conducteur propose une place à 20 euros, on la vend pour 22 euros, précise Frédéric Mazzella. Nous prélevons un tout petit fixe de l’ordre de 80 cents et entre 6 et 10% sur la vente. » L’entreprise a aussi choisi de mettre les membres en relation directe par l’échange de leurs numéros de mobile personnel. Afin qu’ils aient toute latitude pour s’arranger entre eux.

PAS DE SERVICE PAYANT SANS VOLUME 

Mais en dehors de la France et de l’Espagne, le service demeure gratuit. Dans les nouveaux pays où elle s’installe, comme la Russie ou l’Inde, Blablacar doit d’abord faire grossir sa base de clients afin de proposer une offre crédible, éventuellement payante. « Il faut attendre une certaine liquidité de marché pour avoir un service qui s’apparente à un vrai moyen de transport avec des lieux de départ, des lieux d’arrivée, des horaires, etc., précise l’entrepreneur. Avant d’arriver à proposer 300 Paris-Lyon, par exemple, il nous a fallu un certain temps ! Et quand on en n’avait que deux ou trois, il nous aurait été difficile de faire payer le service… Un minimum de 50 trajets par jour sur les grands axes nous est nécessaire pour que l’offre soit attractive, et la rendre payante. »

« Une forte croissance, cela ne se traduit pas par beaucoup de membres, mais beaucoup de nouveaux inscrits, précise le PDG de Blablacar. Avant d’atteindre une grande liquidité de marché – c’est-à-dire suffisamment de trajets sur tous les axes en ce qui nous concerne – il faut rassembler une grande communauté. La croissance initiale est importante. Mais aujourd’hui, c’est une forte croissance de la communauté dont nous avons besoin. » L’entreprise est ainsi dans une logique d’expansion et dans une période d’investissement pour créer de nouvelles places de marché ailleurs qu’en France.

UN PROCESS DIRIGÉ PAR LA CROISSANCE

Cette croissance est devenue à la fois le moteur et la préoccupation quotidienne du Français. Le service Blablacar devient global, international et doit s’adapter aux différents pays et cultures, tout en gardant sa cohérence globale. « En interne, nous avons compris que quand la taille de l’équipe doublait chaque année(200 personnes et une quarantaine de recrutements en cours, ndlr), le métier, lui, changeait tous les mois« , constate le fondateur.

Pas simple. Frédéric Mazzella a donc décidé de chercher conseil auprès d’entreprises qui ont déjà vécu la même situation. Et fin 2014, il a tout simplement emmené toute son équipe produit dans le berceau mondial du numérique : la Silicon Valley. Histoire de rencontrer une dizaine des entreprises les plus en vue dans la Vallée, comme AirBnB, Linkedin, Paypal, Box, Flipboard, Slack, Secret, Survey Monkey. Et de leur demander les clés de la maîtrise d’une croissance forte et rapide comme seules les plates-formes numériques en connaissent.

PLACER LE CLIENT AU CŒUR DE L’ACTIVITÉ

« Les transformations de structure sont énormes, raconte le patron français. C’est comme si on disait à tout le monde : « demain, ton travail ne sera plus le même qu’hier ». Et dans toutes ces entreprises, ce changement ultrarapide permanent est une constante. » Blablacar est rentrée dans ses locaux parisiens, qu’il partage avec la pépite française du numérique, Criteo, avec quelques enseignements, quelques règles utiles venues de Californie. « Dans toutes ces sociétés, la voix du client est roi, et elles ont une boucle de feedback extrêmement rapide« , explique par exemple le PDG de Blablacar. Une évidence dont les grands de la Silicon Valley ont fait un modèle (la base de clients est mère de toutes les croissances, affirme ainsi FaberNovel dans son étude Gafanomics). L’ergonomie, l’efficacité du service, l’anticipation des évolutions techniques pour supporter la croissance, sur tous les supports, dans toutes les langues, sont au cœur de l’activité.

DES EMPLOYÉS, TOUS RECRUTEURS

Tropisme numérique oblige sans doute, c’est un élément venu de l’industrie classique dans le modèle des Californiens qui a étonnement le plus inspiré Frédéric Mazzella : celui des chefs de produits. « Construire des équipes purement produits, ce n’est pas très français. Il manque des formations de ‘product manager‘, regrette-t-il. Paypal a des employés spécialisés sur chacun de ses produits alors que nos employés font beaucoup de choses. Ils travaillent sur la plate-forme, les spécifications pour le développement, l’ergonomie… Les ‘product managers’, eux, doivent être bons en puzzle ! » Frédéric Mazzella n’hésite d’ailleurs pas à paraphraser Simone de Beauvoir : « on ne naît pas « product manager », on le devient. Il faut une volonté de comprendre. » Pas étonnant, donc, que le patron de Blablacar consacre entre 30 et 60 % de son temps au recrutement. « Nous recevons près de 4000 CV par mois et nous n’embauchons que 1 % de ceux qui les envoient. Alors tout le monde dans l’entreprise se comporte en recruteur. »

French tech : les surdoués de la donnée

French tech : les surdoués de la donnée

Les start-up françaises savent comment faire parler les mégadonnées. Présentation des dix spécialistes les plus à la pointe, qui aident les entreprises dans leur projet de big data.

Entre son école de mathématiques exemplaire et la qualité de la formation de ses ingénieurs, la France a tout naturellement une carte à jouer dans les big data. Si les outils de collecte, de stockage et de traitement restent l’apanage de grands groupes américains comme IBM, Oracle, SAS, Informatica et Teradata, ou de la communauté open source, avec une plate-forme comme Hadoop, la valeur ajoutée des français réside dans la simplification de ces outils et, surtout, dans l’analyse des mégadonnées pour aider les responsables métiers à les exploiter. Aujourd’hui, cette tâche reste artisanale et seulement à la portée de quelques spécialistes, les fameux « data scientists ». C’est sur ce terrain encore vierge que les start-up françaises jouent leurs meilleurs atouts. Certaines, comme PredicSis, Spikenet Technology ou Quinten, se démarquent par leurs algorithmes de datamining, spécialisés par secteurs d’activité ou par type de problématique. D’autres, comme Captain Dash, Dataiku, Nexedi ou OpenDataSoft, développent des solutions accessibles en ligne via un simple navigateur web, pour simplifier l’accès aux outils de stockage, de calcul et d’exploitation. D’autres encore se spécialisent dans les services, comme Data & Data et Perfect Memory. Mais pour toutes, une même marque de fabrique : l’originalité.

CAPTAIN DASH CROISE DONNÉES INTERNES ET EXTERNES

Service

Date de création : Décembre 2009
Lieu : Paris
Effectif : 40 personnes
CA : 10 millions d’euros en 2017
Levée de fonds : 1,5 million d’euros

La société offre un service d’agrégation, de corrélation et d’exploration des données. Elle croise les données métiers de l’entreprise avec des données externes (open data, réseaux sociaux, web…) pour déterminer, par exemple, l’impact de la météo sur le comportement d’achat des consommateurs. Les résultats sont présentés sur mobiles sous forme d’indicateurs de bord, utiles au pilotage des activités de ventes et marketing. Le tout quasiment en temps réel. Cette solution, fruit de trois ans de développement, traite des volumes de plusieurs milliards de lignes. Déployée dans 24 pays, elle est proposée en service cloud accessible sur abonnement, de 80 000 à 500 000 euros par an. Un quart des entreprises du CAC 40 l’utilise. Captain Dash compte s’implanter en Amérique du Nord cette année.Clients : BPCE, Axa, Danone, L’Oréal, SNCF

SPIKENET TECHNOLOGY INTERPRÈTE LES IMAGES VIDÉO

Technologie

Date de création : Août 1999
Lieu : Balma (Haute-Garonne)
Effectif : 14 personnes
CA : 1,4 million d’euros en 2014
Levée de fonds : Néant

Créé par des chercheurs du Cerco, laboratoire de recherche en neurosciences du CNRS à Toulouse, Spikenet développe un moteur de vision artificielle qui s’inspire de la biologie. Cet algorithme fonctionne comme un œil électronique capable de fouiller et d’analyser de grands volumes d’images vidéo. La première application a été la mesure de la visibilité des marques sur la télévision. Elle est également exploitée par les services de police et de sécurité pour le décryptage rapide des images de caméras de vidéosurveillance, par les services de transports pour le suivi du trafic routier et par les casinos pour l’optimisation de leur fonctionnement. La société, qui compte 30 clients, vend le logiciel en licence ou sous forme de redevance sur les produits qui l’utilisent. Elle s’attend à un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros en 2015 et de 10 millions dans cinq ans.Clients : Ministère de l’Intérieur, Aria Resort & Casino, Airbus,Aéroport de Bordeaux-Mérignac, Cofely Ineo…

DATA & DATA TRAQUE LA CONTREFAÇON SUR LE NET

Service

Date de création : Septembre 2012
Lieu : Paris
Effectif : 10 personnes
CA : 3 millions d’euros en 2015
Levée de fonds : Néant

Data & Data propose une plate-forme de surveillance et de détection des ventes de contrefaçons sur le web et les réseaux sociaux. Il combine deux moteurs technologiques maison : l’un pour l’exploration en 12 langues du web et des réseaux sociaux et la détection des comptes suspects ; l’autre pour le tri, par apprentissage statistique, entre les vrais et faux comptes. Un compte de contrefaçon est détecté moins de cinq minutes après sa création. La marque peut ainsi riposter presque en temps réel en demandant au réseau social sa fermeture ou en alertant les services de la douane. Disponible pour les marques de luxe et de cosmétiques, le service va s’étendre à la pharmacie et aux pièces détachées auto. Le développement des algorithmes représente un investissement de plus de 1 million d’euros. Pour accompagner sa croissance, la société prévoit cette année d’embaucher 20 personnes et de procéder à une levée de fonds de 500 000 à 1 million d’euros.Clients : Dix des plus grandes marques françaises et italiennesde cosmétiques et de luxe

QUINTEN AFFINE L’ANALYSE DE DONNÉES CLINIQUES

Service

Date de création : Novembre 2008
Lieu : Paris
Effectif : 25 personnes
CA : 2 millions d’euros en 2014
Levée de fonds : Néant

Quinten propose des services d’analyse fine des données avec un algorithme unique sur le marché. Baptisé Q-Finder, ce système s’inspire des modèles financiers pour identifier, non pas des tendances, mais un profil particulier et son contraire. Sa première application a été de trouver, dans les données des essais cliniques, la catégorie de patients pour laquelle un médicament donné sera efficace ou sans effets secondaires importants. Depuis un an et demi, les applications se diversifient : prévisions des facteurs de hausse ou de baisse de valeurs dans la finance, détection des clients en voie de passer à la concurrence dans l’assurance, construction des parcours clients dans les aéroports… L’algorithme s’est enrichi de fonctions de réseaux de neurones et d’apprentissage statistique. La société envisage de le vendre en tant que logiciel, en 2016.Clients : Covéa, Danone, L’Oréal, Aéroports de Paris, Sanofi, Roche

PERFECT MEMORY GÈRE VOS DONNÉES

Service

Date de création : Juillet 2008
Lieu : Chamalières (Puy-de-Dôme)
Effectif : 10 personnes
CA : N.C.
Levée de fonds : 600 000 euros

L’entreprise se définit comme le conservatoire de la mémoire numérique des entreprises. Sa plate-forme web comporte 50 modules pour la collecte, le traitement, l’enrichissement, l’indexation ou encore la valorisation des données. Le client peut ainsi accéder à des données internes, structurées et fiables, complétées par d’autres récoltées sur internet, pour améliorer son marketing ou la compréhension de ses clients. Le service combine un moteur d’intelligence artificielle et de web sémantique, ainsi qu’un dispositif de préservation et de valorisation de contenus audiovisuels. Son développement représente un investissement de 2 millions d’euros.Clients : Radio France, ministère de la Culture belge, Viacom

HURENCE MET LE BIG DATA À LA PORTÉE DES MÉTIERS

Technologie

Date de création : Avril 2011
Lieu : Grenoble
Effectif : 10 personnes
CA : N.C.
Levée de fonds : Néant

Créé par des anciens d’IBM, HP, Xerox et Capgemini, Hurence veut mettre l’analyse de données à la portée des responsables marketing, vente et autres métiers. Sa plate-forme logicielle s’installe facilement au-dessus d’une distribution Hadoop, sans le conseil ou l’accompagnement d’un spécialiste, en s’appuyant sur la technologie d’imageurs Docker. Interface, tableau de bord… La start-up revendique une avance de deux ans sur SAP ou Oracle. Cette solution est gratuite pour une seule machine de traitement et payante pour des grappes de plusieurs machines.Clients : EDF, Orange, Veolia

DATAIKU, LE PLOMBIER DU BIG DATA

Service

Date de création : Février 2013
Lieu : Paris
Effectif : 23 personnes
CA : 1 million d’euros en 2014
Levée de fonds : 3 millions d’euros

Avec sa plate-forme Data science studio, la start-up parisienne démocratise le big data en automatisant les tâches techniques qui réclament les compétences d’un data scientist : préparation, nettoyage et croisement des informations, connexion aux bases de données open source, test de modèles d’analyse, vérification des prédictions… Déchargés de toute cette « plomberie », les analystes peuvent développer plus rapidement des applications métiers prédictives. L’interface s’inspire des jeux vidéo pour faciliter une appropriation progressive de l’outil. Le logiciel est gratuit pour moins de 100 000 lignes de données. Au-delà de ce volume, il est vendu sur abonnement à partir de 20 000 euros par an. Il a déjà séduit une vingtaine de clients. Fait assez rare, l’entreprise a été rentable dès son premier exercice, en 2014.Clients : Cdiscount, PagesJaunes, Vente-privée, BlaBlaCar, Chronopost…

NEXEDI, L’ALTERNATIVE FRANÇAISE À HADOOP

Technologie

Date de création : Décembre 2001
Lieu : Marcq-en-Barœul (Nord)
Effectif : 30 personnes
CA : 2 millions d’euros en 2014
Levée de fonds : Néant

Cet éditeur de logiciel open source a lancé Wendelin, une plate-forme open source qu’il présente comme une alternative française au géant Hadoop, autre technologie open source d’origine américaine. Sa solution combine Neo, sa base de données NoSQL, et le moteur d’apprentissage statistique Scikit-Learn de l’Inria. Sa particularité ? Elle s’affranchit des limites de mémoire dans les machines pour traiter d’énormes volumes de données. La version, disponible aujourd’hui gratuitement en téléchargement, convient pour quelque 10 Go de données. Un projet dans les investissements d’avenir vise à en étendre la capacité à 10 To dans trois ans. Cible ? Le traitement des données issues des objets connectés industriels.Clients : Sanef, Infoterra, Mitsubishi Motors…

OPENDATASOFT MUTUALISE LES DONNÉES

Service

Date de création : Décembre 2011
Lieu : Paris
Effectif : 10 personnes
CA : 600 000 euros en 2014
Levée de fonds : Néant

La société édite une plateforme cloud de publication, de partage et de réutilisation de données. Elle les transforme et les rend exploitables dans des applications métiers et facilement accessibles en temps réel, y compris sur mobiles. L’utilisateur peut ainsi croiser ses propres données avec d’autres sources (facteurs socio-économiques, clients, météo…) pour créer des usages innovants de big data. Plusieurs clients peuvent mutualiser leurs données afin d’élargir la base d’analyse et d’améliorer la qualité des résultats. La plate-forme s’enrichit toutes les semaines de nouvelles fonctionnalités.Clients : Axa, Veolia, SNCF, RATP, Keolis, La Poste

PREDICSIS DÉTECTE LES CLIENTS FRAGILES

Service

Date de création : Juillet 2013
Lieu : Lannion (Côtes-d’Armor)
Effectif : 18 personnes
CA : 300 000 euros en 2014
Levée de fonds : 1 million d’euros

Avec sa solution de prédiction des comportements des clients et des internautes, PredicSis aide les entreprises à réduire leur taux d’attrition, à savoir le nombre de clients perdus. Fondé sur un moteur d’apprentissage statistique, ce logiciel s’appuie sur dix ans de R & D chez Orange labs. Son objectif est d’améliorer la rétention des clients en analysant les données de leurs interactions avec l’opérateur. Il scrute près de 750 000 variables de comportements afin d’identifier les personnes fragiles. Après avoir injecté toutes ses interactions clients (e-mails, logs web…), l’entreprise peut alors obtenir la liste des consommateurs prêts à la quitter et les causes de leur départ. Le service est accessible en ligne sur abonnement à partir de 100 euros par mois.

Quand le burn-out devient une source d’apprentissage…

A la quelques jours de la sortie d’un ouvrage* auquel il collabore et témoigne de son expérience, Frédéric Domon, entrepreneur tenace, a accordé à Parlons RH une interview sur le burn-out dont il a été victime. Un sujet sensible qu’il évoque sans tabou. Pourtant le refus de reconnaître sa maladie a longtemps retardé sa convalescence.

Frédéric Domon
Frédéric Domon revient de loin. A l’origine, tout lui sourit. Diplôme de marketing en poche, il passe quinze ans comme directeur marketing. En 2007, avec l’avènement des réseaux sociaux, il comprend que son métier va radicalement changer. Parallèlement, l’idée de créer sa propre structure, de relever le pari de l’entrepreneuriat devient de plus en plus prégnante.

Deux réflexions sous-tendent sa démarche : réaliser un projet dont il soit fier et donner un sens à son métier à travers un accomplissement personnel. Son métier, il l’a toujours vu comme celui d’un passeur, permettant à la connaissance de circuler au sein de l’entreprise et au cœur de son écosystème. Il veut offrir une promesse de transmission des savoirs différente, construite sur de nouvelles pédagogies.

Il lance un think tank sur l’économie collaborative : Ecollab, qui fédère de nombreux experts. Il fonde une agence Socialearning, autour de deux piliers : l’apprentissage social et l’accompagnement managérial.

« J’aime les entrepreneurs, tous les entrepreneurs ! », Frédéric Domon prône l’entrepreneuriat

« J’aime les entrepreneurs. Quelles que soient leurs motivations initiales, ils sont portés par une foi sans limite dans l’avenir, un optimisme qui doit permettre de surmonter les difficultés qui  les attendent ». Les difficultés, Frédéric Domon va en rencontrer de nombreuses. Il se lance sur un créneau nouveau et il lui faut évangéliser le marché. Les salles de conférence sont remplies, les retours positifs, les premiers clients ravis. « On accepte facilement de grosses charges de travail si un minimum de succès est au rendez-vous ».

Mais le marché est lent à convertir. La crise arrive qui ajoute aux difficultés. Le chiffre d’affaires, malgré un pivot, ne décolle pas.  La fatigue s’installe. Le doute s’immisce. « On se dit que si le projet patine, c’est que l’on ne travaille pas assez. On évolue dans une sorte de sable mouvant où plus on bouge plus on s’enfonce. » Le doute commence à détruire la confiance, à attaquer l’estime de soi. Retrait par rapport aux équipes, aux proches, les signes du burn-out s’accumulent. « Tu as fait le choix de la liberté, tu vas pas te plaindre ».

Les réflexions banales pour un entrepreneur, sont ressenties comme des coups de poignards. Il va jusqu’à ne plus ouvrir son courrier. « A un  moment, on ne veut plus rien savoir ». Il entre dans une spirale vicieuse et délétère, qui le dévalorise et annihile ses capacités à rebondir, lui le battant visionnaire et audacieux. Plus il sombre, moins il accepte son burn-out. « Plusieurs fois, je me suis dit que je devais faire un burn-out. Mais j’ai refusé de consulter. Je me sentais complètement responsable de ma situation. Se dire que c’était la faute de la maladie, c’était comme fuir ses responsabilités. » Il vit seul avec ce poids. Sans en parler à ses proches pour ne pas les inquiéter, en faisant semblant que tout va bien avec ses collègues.

Il continue jusqu’à l’épuisement physique et moral. « J’étais comme une enveloppe corporelle vide. Un jour, j’ai eu un trop plein, comme si j’avais cessé de nager pour me laisser couler vers le néant ».  Il abandonne le combat. Un soir, il se retrouve au fond d’une forêt, une corde à la main.  « J’avais l’impression d’être entré dans un tunnel noir sans espoir d’en sortir. C’était la seule option qui me restait pour me libérer.  Et dans cette forêt, j’ai vu une lumière au bout du tunnel : Les visages de mes proches. » Il lui aura fallu se confronter à l’extrême pour réagir. « C’est comme si un voile néfaste disparaissait, concrètement ».

Frôler la frontière qui sépare la vie de la mort pour mieux rebondir…

Il cesse de tout voir en noir. Il s’ouvre à nouveau aux autres. Se projette dans l’avenir, retrouve son optimisme. « C’est une sensation unique que de se sentir revivre. Libéré d’un tel poids, on se demande comment on a pu encaisser cette maladie aussi longtemps ». Avec de l’énergie à revendre et une foi en l’avenir revenue, les projets affluent. D’abord renouveler son offre de consulting autour des modes d’apprentissage innovants. Et surtout un projet : Preda. « Avec Socialearning, nous avons acquis un savoir-faire unique autour des nouveaux modes de transmissions de connaissances. Avec Preda, nous allons mettre ce savoir-faire au service du Marketing. Preda va  booster l’engagement de leur public, leur taux de transformation et donc leur ROI ».

Créer une entreprise, c’est plus qu’un business plan, c’est une projection de soi. C’est pourquoi planter sa boîte se révèle une expérience douloureuse, voire destructrice. En France, on commence tout juste à estimer que l’échec est un processus naturel dans l’entrepreneuriat. « C’est un apprentissage. Et on apprend par l’expérience. Et l’expérience est un processus d’essais erreurs. Ce qui importe, c’est de savoir se relever, d’apprendre de cet échec et de se remettre en marche. »

Frédéric Domon estime qu’il a eu une chance incroyable : celle de pouvoir sortir du tunnel, de regarder à nouveau vers l’avenir. « Je pense avec une boule au ventre à ceux qui finissent fracassés, aigris, à ceux qui n’ont pas eu ma chance. Entrepreneur, cela peut être d’une violence rare. J’ai vu la lumière au bout du tunnel. J’ai pu me relever. C’est pourquoi je veux témoigner. Dire qu’il ne doit pas y avoir de tabou. Qu’il ne faut surtout pas se refermer mais au contraire oser parler lorsque les difficultés arrivent. »

C’est pour cela qu’il a rejoint un collectif d’auteurs, pour partager son témoignage dans l’ouvrage 100 conseils pratiques pour planter sa boite.  Et Frédéric Domon de conclure : « Si l’entrepreneur est le héros des temps modernes,  personne ne vous demande d’être Superman, d’être infaillible ». Un témoignage courageux, à méditer.

7 Ways Accountants Can De-Stress After Busy Season Burnout

It’s no secret that busy season burnout is a common occurrence across many firms, and at the end of the day, a successful busy season will always be… well… busy!

Which means finding ways to reenergize yourself shortly thereafter is critical to regrouping everyone’s energy and focus.

With that in mind, we put together 7 ways to help kickstart the efforts! How you implement the ideas may vary, and at the end of the day, its determined by the culture and personalities of your team. Some strategies might work exactly as it’s laid out below, others might need adjusted. It’s up to you, but we hope this gets the juices going :)

Idea Strategy Success

1) Game Day

For a friendly, competitive environment, you can put together a “Game Day” for your firm. This can involve a variety of games (Horseshoe, Bocce Ball, Darts, Foosball, Ping Pong, etc), and the winner with the most points wins. It’s important that throughout this day, everyone in your firm should feel like a winner. This might include everyone getting a gift card, an afternoon off, a small token of appreciation, anything. Keep the environment and light, after all this day is relaxing!

2) Catered Food for a Week or Month

This could be both used during and after tax season. The stress the body goes through can be high, so why not reward the team with the rejuvenation of healthy food! Chances are during the busy season, the first thing to go is healthy food (and even exercise), then sleep. Take the mental burden of figuring out “what should we eat” or “what should we pack” by catering a week or month for your team.

3) Individual “Me” Days

In this idea, you sponsor or support each team member to take a “me” day or afternoon. So for some, this might be going to the driving range. For others, it might just being able to walk the mall or bookstore in the middle of the afternoon. Or going to the gym in the middle of day, or the park. The point is, each team member has to do something that is done for the sole purpose of their enjoyment. The only rules is that it has to be for them! We all love our families and kids, but let’s be honest, busy season + a family can be taxing (no pun intended!). This is about doing something for YOU.

4) Firm Retreat / Conference Outing

This is a more ambitious effort, but for those that are growing their team quickly, can be a great way to outline the future of the firm while building team cohesion. A Firm retreat can be a single day, renting out a cabin and having it catered. Discussing the clients, the team, and the goals of the firm. You can do activities like the DISC profile for each team member, and you can outline how everyone wants the rest of the year (and beyond) to go.

5) Family/Spouse Time Gift

This is a sponsored “Date Night”, very similar to the “me day”, but in this scenario, you get your team gift cards for a Dinner, Movie, and even Babysitter budget. Alternatively, you can get a gift card for a team members family to play mini golf, go to a water park, bowling, etc (just be sure the entire family might enjoy it. If they have 3 kids under 3, I’d suggest the date night :) If they have kids 5-13, mini golf could be an exciting and memorable outing.

6) 1 Week Remote Working

Perhaps what your team would really appreciate is a week of working from home! This way they can catch up on some sleep, while still working on important matters. For this one, your team will have to be more tech savvy, and have the ability to work from home (back to the 3 kids under 3 example… if that’s the case, there’s no way they can work from home!). But if this is a good fit for your team, this could be an easy way to allow your time to rejuvenate.

7) Practice “Spa Day”

The practice spa day is similar to game day (in that you bring games to the practice), but in this instance, you’re brining in massage therapist, yoga instructors, and perhaps a big screen TV with video games. The point is to just make it as relaxing as possible, and create an environment where by the end of the day, your team members will say “this was the most relaxed I’ve been in months!”.

In the end, we truly believe the investment in your team yield a tremendous ROI for your firm. Your team should up each and every day to help you build the firm of your dreams. It’s not always easy (for you or for them), and these ideas, whether big or small, can go a long way to showing “we care”. If you’re an up and coming sole practitioner, consider applying these strategies for yourself now, and for your team in the future!  If you have an additional strategy or idea, leave it in the comments below!

Trajet quotidien = temps perdu ?

28 minutes : c’est le temps de trajet quotidien moyen pour un cadre. Je précise un cadre car les études montrent que le temps de trajet augmente avec le niveau de diplôme. Justement, parlons-en de ce temps quotidien incompressible, souvent soumis aux aléas. Comment le vivez-vous ?

Opportunité ou contrainte ?

Certains vivent ce temps de trajet comme un sas : compression le matin / décompression le soir. Le temps nécessaire pour « quitter » intellectuellement son poste, fermer les dossiers pour la soirée et se rendre disponible pour sa deuxième journée, la vie de famille entre autre. Pour d’autres, c’est une contrainte qui peut devenir usante, source de stress quotidien. Surtout quand l’aléa du bouchon ou du retard de train, tram, métro, vient ajouter un temps supplémentaire non maîtrisé. A Paris, aujourd’hui, qui n’est pas abonné au fil d’informations de ses lignes de métro ou RER ? A Bordeaux, par exemple, un automobiliste perdra 147 heures chaque année pour un trajet moyen théorique de 30 minutes… Soit presque un 13ème mois finalement !

Transport en commun ou voiture ?

Que préférez-vous ? La solitude de la voiture, votre radio allumée sur votre station préférée, le kit main libre installé et l’attention permanente portée sur la voiture qui vous précède ? Ou le confort (relatif) d’un siège de train, tram (quand c’est possible) et la lecture de :

  1. La presse quotidienne régionale
  2. Un magazine
  3. Un roman
  4. Des documents de travail

Un casque vissé sur les oreilles ?

Ou alors, rien ?

Oui, je sais, nous n’avons pas tous le choix. Et d’autres modes de transport restent possibles ou complémentaires. Je reste, par exemple, toujours rêveuse devant les trottinettes pliées dans le métro. Mais pour un temps de trajet identique, que choisiriez-vous ?

Pouvez-vous jouer avec le temps ?

Un constat simple que nous avons plus ou moins tous identifié : le temps de trajet peut doubler en fonction de l’horaire de départ du domicile. 8h20 ? La pire heure pour une collègue. Une fois les tranches horaires repérées, que faire ? Partir plus tôt, plus tard ? L’entreprise laisse-t-elle aux collaborateurs la possibilité de s’organiser ? Souvent, il ne suffit pas de jouer sur 10 minutes. En l’absence de contraintes réelles du poste, l’organisation s’adapte-t-elle avec ses paramètres qui vont en s’amplifiant ? Ou est-il mal vu d’arriver à 10 heures souriant, détendu et vite opérationnel ? Cet allongement du temps de trajet est-il un levier de réflexion sur le télétravail ?

Et si une gentille fée, d’un coup de baguette magique, vous rendait ce temps quotidien, qu’en feriez-vous ?