Category Archives: start-up

5 facteurs propres à la start-up qui favorisent la créativité

1- Le manque de ressources 

Grâce à l’adversité 

Ressources humaines, ressources de temps et surtout ressources d’argent… On aurait tendance à penser que faire face à des contraintes fortes empêche l’innovation. Faux !

En start-up, on doit essayer de nouvelles choses pour grandir, tandis que dans une plus grande entreprise, on fait face à moins de «pression» : il y aura ainsi moins d’expérimentations et la créativité sera donc moins sollicitée.

Voici un exemple qui m’est arrivé il y a peu : nous avions recruté une stagiaire CM Espagne : il s’est révélé que l’étudiante s’est désistée à la dernière minute. Il me restait deux semaines pour trouver un remplaçant et notre RH était absente. J’ai donc cherché une façon innovante de faire parler de mon annonce de stage, et gratuitement : c’est là que j’ai eu l’idée de créer un CV inversé. La démarche fut appréciée, commentée, relayée, et j’ai recruté une nouvelle stagiaire pile à temps ! Finalement, ces contraintes fortes de temps m’ont obligées à faire preuve de créativité et je me suis retrouvée avec une collaboratrice certainement bien plus motivée !

2- La responsabilisation 

Grâce aux missions diversifiées

Forcément, avec une start-up en expansion, on a la chance de la voir grandir… et son équipe également ! Qui dit gagner en responsabilité dit changer de missions. Cela casse la routine et le fait de toucher à tout permet incontestablement de gagner en créativité. Il m’arrive de toucher à du marketing, à du commercial et même à du RH, tandis que dans une plus grande entreprise, les services sont bien souvent séparés.

L’avantage de travailler dans une petite structure, c’est aussi d’avoir un responsable proche de soi, qui vous connaît, vous fait grandir et vous fait confiance, on va donc davantage «oser» et prendre des initiatives pour créer de belles choses.

3- L’environnement 

Grâce aux interactions

Les bureaux d’une start-up, c’est bien souvent un vaste open-space avec une grande table dans la cuisine, des bureaux rapprochés et un espace détente. Autant d’espaces qui favorisent les interactions avec ses collègues, qu’ils soient ou non dans votre équipe. N’hésitez pas à être curieux et à l’écoute des autres pôles, vous apprendrez énormément.

Grâce à la détente

Développer sa créativité demande un effort d’imagination. Et pour cela, il est essentiel de faire le vide dans sa tête, de se reposer, de se détendre. Vous voyez un baby-foot, un billard ou un espace sieste avec des poufs géants ? C’est normal, les start-up ont bien compris le point que je viens d’énoncer.

4- La rémunération variable 

Grâce au dépassement de soi

Une start-up aura tendance à limiter les risques… Cela ne veut pas dire qu’elle ne va pas récompenser le fruit de vos efforts : mais ils seront conditionnés aux stricts résultats. Ainsi, si votre rémunération fixe sera relativement faible comparée à un grand groupe, vous aurez en revanche une rémunération variable sur l’atteinte de vos objectifs certainement bien plus importante que dans un grand groupe. C’est notamment mon cas, alors même que je ne suis pas commerciale. Cette «carotte» va pousser à se dépasser, à se remettre en question, à se lancer des challenges et bien sûr… à redoubler de créativité.

Dans la lignée de la rémunération variable, on peut aussi parler des actions ou des BSPCE (bons de souscription de parts de créateurs d’entreprise) qui vont vous guider vers un sens commun aux fondateurs : la réussite de l’entreprise.

5- L’instabilité 

Grâce à la remise en question

L’entreprenariat est un milieu instable, en tout cas sur les premières années. La start-up peut réussir comme échouer et chaque collaborateur est quelque part responsable du résultat. Rien n’est acquis, et il faut sans cesse se réinventer… Les dirigeants vont donc opérer des changements, qui auront inévitablement une incidence sur votre travail, ce qui favorisera (sans doute) votre stress, mais surtout, votre créativité .

Pour terminer, je vous laisse sur un conseil que j’applique désormais tous les jours pour favoriser ma créativité : les idées viennent aussi vite qu’elles disparaissent, alors notez-les immédiatement pour ne pas les laisser filer !

Sophie LebelSophie Lebel pilote la communication de Wizbii, le réseau social professionnel des étudiants et des jeunes diplômés. 

 

 

 

 

Par Sophie Lebel, chargée de communication à Wizbii

6 conseils pour réussir votre campagne de crowdfunding

 

On ne se lève pas un matin en se disant « tiens, je vais lancer une campagne de financement participatif pour mon business ! ». Ce genre de décision se réfléchit, se mûrit et se prépare.

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Codeur.com vous dévoile 6 éléments à anticiper avant de se lancer dans l’aventure du crowdfunding.

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Anticiper le coût d’une telle campagne

Tout d’abord, ne croyez pas que l’organisation d’une campagne de crowdfunding est gratuite. Comme nous le verrons plus en détails ci-dessous, vous devez déjà préparer des récompenses. Ces goodies ou cadeaux ont bien souvent un coût de production.

Vous devrez également vous payer une vidéo et des supports avec un rendu professionnel pour convaincre un maximum de personne à investir dans votre projet.

Vous devez aussi penser à la commission que prend la plateforme au passage (aux alentours de 8% pour les sites les plus connus comme Ulule ou KissKissBankBank).

Enfin, pour que votre opération soit un succès, vous devez la promouvoir largement. Or, cela va vous prendre du temps (donc de l’argent). Mais il est possible que vous deviez aussi allouer un budget pour des publications sponsorisées sur les réseaux sociaux, des partenariats avec des influenceurs…

Autrement dit, pour pouvoir récolter de l’argent, il faut d’abord en investir !

Préparer les récompenses

Qu’allez-vous offrir comme récompense aux donateurs ? Cette question paraît simple, mais il faut trouver des lots à la fois attractifs et peu chers. Sur ces plateformes, les internautes ne viennent pas chercher un cadeau, mais ils apprécient tout de même le geste.

Essayez de trouver des contreparties originales et authentiques qui soient en accord avec la cible de donateurs visés.

Réfléchir longuement à la présentation de votre projet

C’est la présentation du projet qui va décider les donateurs. Vous devez réaliser un argumentaire détaillé, pertinent et illustré. Vous devez être clair dans vos explications et développer étape par étape ce que l’argent récolté permettra de faire.

Vous devez même aller plus loin en détaillant votre vision d’avenir et comment vous voyez votre activité dans 3, 5 voire 10 ans.

Pour que la présentation capte l’attention des visiteurs, offrez du contenu dynamique pour appuyer vos explications : vidéos, infographies interactives…

Sélectionner la meilleure plateforme

La sélection de la plateforme de crowdfunding est cruciale. Evidemment, vous serez tenté de vous inscrire sur une des plus connues comme Ulule, Kickstarter ou KissKissBankBank. Mais conviennent-elles réellement à vos besoins ? Il existe des sites thématiques où le nombre de visiteurs est plus restreint, mais aussi mieux ciblé.

Par exemple, vous trouverez Bulb in Town qui s’adresse aux commerces de proximité, Fundovinodédié aux acteurs du vin, Lymo consacré aux projets immobiliers, MyMajorCompany pour les artistes, etc.

Il est important de recenser tous les sites qui proposent un financement participatif sur votre secteur et d’étudier leurs conditions d’inscription, les commissions ou encore le taux de réussite des projets inscrits.

Déterminer la durée de votre campagne

Votre campagne de crowdfunding peut durer quelques jours, comme plusieurs mois. Votre décision va dépendre de votre communauté et du montant demandé. Si vous souhaitez récolter 2 000 € et que vous avez déjà des milliers d’abonnés sur les réseaux sociaux, une dizaine de jours devraient suffire.

Mais si vous voulez 100 000 €, alors que vous n’avez qu’une centaine de membres dans vos diverses communautés, il va falloir allonger le délai, le temps que vos opérations de communication génèrent des retombées.

Faire un maximum de promotion

Pour faire connaître votre projet à un maximum d’internautes intéressés et récolter les fonds dans les délais impartis, affûtez vos outils de communication !

Toutes les techniques webmarketing seront utiles à votre succès.

Cependant, pour attirer le public intéressé par votre projet, pensez à construire une stratégie adaptée, à développer vos valeurs et surtout, à maîtriser parfaitement votre e-réputation.

Les internautes doivent adhérer au projet, autant qu’au porteur du projet ! C’est la proximité avec vous, votre sincérité et votre disponibilité qui les pousseront à mettre la main au portefeuille.

Avant de lancer votre campagne de crowdfunding, vous devez anticiper toutes les étapes. Calculez le budget nécessaire pour sa réussite, faites une étude de toutes les plateformes existantes, élaborez votre stratégie de communication et vous êtes sûr de remplir la jauge de votre objectif.

Fabien Berthoux

10 conseils de CapHorn et ePressPack pour optimiser votre négociation avec les fonds

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 Romain Dehaussy, directeur du cabinet Chausson Finance, a élaboré une série d’articles pour que la levée de fonds et ses mécanismes n’aient plus aucun secret pour vous lecteurs.  Découvrez 10 conseils concrets livrés par un investisseur et un startuper. Découvrez comment optimiser sa négociation avec les fonds avec les témoignages du fonds de capital-risque français CapHorn et ePressPack, service d’édition en ligne de communiqués de presse et de dossiers de presse.

1. Faites témoigner vos clients et partenaires

Proposez aux fonds encore intéressés d’appeler 2-3 clients. Sélectionnez les meilleurs communicants parmi vos clients heureux : ils rassureront les investisseurs.

Pour Romain Vidal, directeur d’investissement chez CapHorn, «l’entrepreneur doit même aller plus loin et proposer aux investisseurs d’échanger avec tous les acteurs de la chaîne de valeur, des prestataires aux revendeurs. Cela démontre un gage de sérieux et de professionnalisme de la part de l’entrepreneur».

2. Faites vos propres due-dilligences chez le fonds

Les fonds étant passés dans une posture de « vente » pour vous convaincre de signer, vérifiez-bien que leurs promesses seront suivies de faits. Pour ce faire, appelez 2-3 de leurs participations, que vous aurez choisies en fonction de caractéristiques communes avec votre société. ePressPack vient de lever 2m€ auprès d’Entrepreneur Venture. Pour son co-fondateur, Jérôme Jelocha, «nous avons appelé plusieurs participations des fonds nous ayant envoyé une LOI. Ces dialogues entre entrepreneurs ont été très constructifs et nous ont influencé dans le choix de notre investisseur».

3. Etudiez les caractéristiques des fonds encore en course

Penser que les fonds se ressemblent tous serait une erreur. Ils diffèrent, en effet de par leur maturité, la surface financière gérée ainsi que par leur typologie. Par exemple, un fonds en fin de vie ne pourra pas vous accompagner sur la durée et aura tendance à privilégier une cession de la société aussi vite que possible.

«Attention à bien regarder le nombre de sociétés suivies par l’investisseur» nous précise Romain Vidal, il ajoute «un investisseur détenant 15 sociétés en portefeuille aura, fort logiquement, moins de temps pour accompagner ses participations que celui qui en a 5».

4. Modélisez les LOIs en intégrant l’ensemble des paramètres financiers

Les offres de fonds venture sont difficiles à comparer de par les caractéristiques des liquidations préférentielles et des clauses de dilution/relution. Modélisez-les sous Excel. Cela vous permettra de bien comprendre l’intérêt de chaque offre et d’éviter les déconvenues.

5. Choisissez le fonds en tenant compte de la valeur ajoutée apportée

Certains fonds apportent une forte valeur ajoutée. Celle-ci peut s’exprimer de différentes manières : connaissance du secteur et donc des écueils à venir pour l’entrepreneur, capacité à introduire des clients, aide sur la structuration de la société… Négliger ces aspects dans le choix du VC serait une erreur.

A titre d’exemple, CapHorn Invest s’appuie sur ses souscripteurs, 140 dirigeants de grandes entreprises, qui contribuent au business développement des participations du fonds. Comme le dit Romain Vidal, «choisissez votre fonds en fonction de ce que vous en attendez ». Jérôme d’ePressPack nous explique «nous avons fondé notre choix du fonds sur leur expérience et leurs réseaux dans nos métiers. Certaines mises en relation de notre investisseur ont déjà été intéressantes dans le cadre de notre développement».

6. Choisissez le fonds en tenant compte des facteurs humains

Une relation Entrepreneur-Investisseur dure théoriquement cinq ans. Les échanges seront nombreux, aussi bien dans des contextes favorables qu’houleux. C’est l’investisseur qui portera et défendra votre dossier devant son comité interne. Assurez-vous de connaître suffisamment cette personne avant de vous engager.

7. Conservez plusieurs bonnes nouvelles dans votre manche

A l’instar de tout jeu de négo, ayez quelques bonnes nouvelles en réserve. A vous, donc, de bien gérer le flux de nouvelles en fonction de l’évolution des négos. Ne vous retrouvez jamais en difficultés commerciale ou financière pendant la période de négociation de la levée de fonds. Jérôme d’ePressPack nous précise que «nous avons géré la communication de nos signatures clients en fonction de la teneur des négociations. Nous avons ainsi constitué une «réserve» de bonnes nouvelles que nous avons utilisé le moment voulu, c’est-à-dire au (seul) moment où les négociations se sont un peu tendues et ce pour un très bon résultat».

8. Signez une termsheet la plus détaillée possible

La période de négo pré-termsheet vous permet de maintenir un pouvoir de négo significatif. Cela sera moins le cas une fois la signature de la termsheet. Il faut donc s’accorder sur les sujets majeurs afin d’éviter les mauvaises surprises de renégociation en aval.

Romain Vidal explique : «personnellement j’aime être transparent dès le 2ème rdv : dites-moi quels sont les points sur lesquels vous placez prioritairement vos attentes, par exemple un plan d’intéressement important pour attirer des profils de premier plan, et je vous proposerai un type de montage adéquat. Cela évite de perdre trop de temps sur un deal qui a peu de chances d’aboutir côté fonds et ça fait le tri parmi les fonds côté entrepreneur».

9. Gérez le rythme

Ayez des contacts réguliers avec les fonds encore en course. Les fonds choisissent seulement une petite fraction des opportunités reçues. Ne pas être en haut de la liste des priorités revient à vous faire perdre du temps.

Préférez avoir une position claire : dossier «ouvert» ou «fermé» qu’une position en standby. Il est souvent préférable de retirer son dossier du marché et de le représenter ultérieurement que de laisser traîner les choses dans la longueur.

10. Attention à conserver un bon relationnel

Le processus de négociation présente un risque de conflits car des sujets très sensibles sont évoqués. Il est nécessaire de franchir cette étape sans encombre. Rappelez-vous que vous êtes jugés par le fonds tout au long du process et spécialement lors des négociations.

par Romain Dehaussy, directeur, Chausson Finance

5 conseils pour trouver ses premiers business angels

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Souvent indispensables pour les premiers financements d’une start-up, les business angels sont très courtisés. Toutefois, dans un contexte où de nouvelles entreprises ne cessent de voir le jour chaque semaine, les entrepreneurs ne sont pas tous logés à la même enseigne. En 2015, les business angels ont investi plus de 41 millions d’euros dans l’Internet français, selon le baromètre FIBAMY.

Stéphanie Hospital, la fondatrice du fonds One Ragtime, et Mounia Rkha, Seed Club Manager chez ISAI Gestion, partagent leurs conseils pour trouver ses premiers business angels.

 

Stéphanie Hospital1- Développer son réseau : ce n’est un secret pour personne. Pour boucler une levée de fonds, décrocher un sponsor ou trouver un business angel, tout commence par le biais du réseau à sa disposition. Cela commence par le réseau proche (famille, amis, collègues, etc.) pour progressivement trouver les bonnes personnes, celles qui permettront d’accélérer le développement de la société.«Idéalement, un angel, c’est quelqu’un qui comprend le business, qui est positif, qui apporte une expertise et qui peut l’accélérer par son réseau d’expérience», note Stéphanie Hospital. ll est essentiel de bien s’entourer car ce sont des personnes qui accompagnent le projet pendant 5 à 7 ans. «C’est un mariage», ajoute la fondatrice de One Ragtime.

2- Avoir un mentor : créer des relations avec un mentor peut se révéler très astucieux et efficace. En lui demandant des conseils pour se lancer, il sera sensible à cette demande. Le jour venu pour lever des fonds, il est utile d’en parler à son mentor. «Ce dernier sera tenté d’investir et emmènera ses copains dans son sillage», commente Mounia Rkha, Seed Club Manager chez ISAI Gestion. Il faut prendre le temps d’échanger avec les business angels sur le long terme, ils seront contents de vous voir évoluer.

3- Ne pas s’associer trop vite : avant même de convaincre un quelconque investisseur, le succès futur de la start-up réside dans l’équipe qui la compose. Il est important pour un entrepreneur d’avoir cette capacité de choisir. Une très forte équipe se distingue par un binôme marketing business. Pour être crédible, l’équipe doit établir un plan financier solide et une feuille de route claire pour atteindre ses objectifs. Se précipiter ne va pas accélérer le développement de la start-up. Bien au contraire. Une levée de fonds mal ficelée au départ renvoie une mauvaise image du projet. «Une levée de fonds n’est pas une fin en soi, c’est développer un business», explique Stéphanie Hospital.

 

Mounia-Rkha-Une-credit-Olivier-Ezratty4- Bien préparer son dossier : c’est une étape primordiale pour convaincre un business angel. Le dossier présenté constitue le premier contact concret avec le projet pour l’investisseur. Ainsi, il est impératif de veiller à la cohérence du projet et à l’intérêt que peut voir l’angel dans l’aventure. Il faut garder en tête que les business angels sont des investisseurs qui vont miser sur la tête de l’entrepreneur. Il est donc indispensable pour ce dernier de connaître parfaitement son marché et la concurrence qui en découle. Ces deux points doivent transparaître dans le dossier.De plus, il est plus facile de vendre un dossier à un business angel qui gravite dans la sphère dans laquelle se trouve la start-up en question. «Si vous prenez un business angel qui n’est pas du tout de votre secteur, ce sera compliqué de lui vendre votre vision. Il sera plus rassuré avec un dossier plus classique», confie Mounia Rkha, Seed Club Manager au sein d’ISAI. Les dossiers trop sophistiqués sont déconseillés, tout comme mentionner l’idée de revendre la boîte deux ans après.

5- Se faire recommander : c’est une option à ne surtout pas négliger. Se faire recommander peut mettre des business angels dans un contexte favorable pour une start-up en quête de financements. «J’ai une règle d’or : quand on m’envoie un dossier provenant de quelqu’un de mon réseau, je rencontre systématiquement les projets qui me sont recommandés», confie Mounia Rkha. Un business angel qui reçoit des entrepreneurs qu’on lui a recommandés sera plus susceptible de les écouter et de les aiguiller pour détecter leur potentiel.

Par Maxence Fabrion

 

La France n’a pas à rougir de ses start-up, mais…

L’écosystème français est aussi dynamique qu’ailleurs malgré l’étroitesse du marché national et la difficulté de certains entrepreneurs à penser tout de suite de façon globale.

Le sommet des Start-up de Challenges (c) Bruno Lévy pour Challenges
Comparé à ce qui se passe à San Francisco, New York, Londres ou Tel-Aviv, la France n’a plus à rougir de ses start-up. L’écosystème est aussi dynamique qu’ailleurs malgré l’étroitesse du marché national et la difficulté de certains entrepreneurs à penser tout de suite de façon globale. Reste un point faible: le marketing.

« La French Tech et l’élan des start-up en France est là pour durer, affirme Nathalie Gaveau, fondatrice de Shopcade au 1er Sommet des start-up organisé mercredi par Challenges et Sciences et Avenir. A Londres, on constate une baisse de la rentabilité des institutions financières. » La crainte du Brexit ne favorise pas non plus la sérénité. Bref, si Londres était très en avance il y a quelques années, ce n’est plus tout à fait le cas aujourd’hui et on va voir des licornes en France. Pour Jérémie Berrebi, CEO de Magical Capital à Tel-Aviv, Israël a un avantage et un inconvénient: « il n’y a pas de marché local, c’est trop petit. On doit tout de suite monter un business global. » Mais les Français, au début des années 2000 se fixaient comme objectifs d’être des champions nationaux, ils ne visaient pas le championnat du monde. Et quand ils voulaient grandir à l’international, ils se contentaient d’installer une équipe ici ou là sans vraiment y aller. « Il faut aller dans les pays, insiste Jérémie Berrebi, il faut sentir les clients. L’erreur des startupper c’est qu’ils ne voyagent pas assez. Aux Etats-Unis, on peut se le permettre. Mais la France est trop petiteLa Silicon Valley n’est plus un eldorado

Pour Patricia Carreras, auteure de « Lancer sa start-up aux Etats-Unis », les Français débarquent en masse à New York mais ils sont mal préparés au choc culturel. « Il faut décoder ce qu’on va vous dire, explique-t-elle, l’Américain est affable et adore nouer des contacts. Mais ce qui l’intéresse c’est ce qu’il va obtenir. » Elle donne un conseil qui tombe comme un couperet: si on souhaite aller aux Etats-Unis sans parler anglais, sans avoir des rêves démesurés ou, pire, si celui qui vient n’est pas le fondateur, il est inutile de se déplacer.

La mythique Silicon Valley n’est plus un eldorado. « Je vois arriver deux start-upper français par jour à l’aéroport de San Francisco, s’amuse Romain Serman, directeur de Bpifrance USA. La Vallée reste la capitale mondiale du digital, mais c’est très cher. Monter un business en early stage coûte quatre fois plus cher qu’en France. » Il faut débourser 200.000 dollars pour embaucher le moindre ingénieur et au bout de deux mois il sera parti pour gagner plus ailleurs tant le turnover est important. En même temps, la Vallée est pleine de Français, il y en a dans toutes les entreprises. Cette présence est une bonne chose pour l’image de la France. « Le niveau des Français qui arrivent monte, reconnaît Romain Serman, il y a un changement de mentalité, maintenant, ils pensent global. » Encore faut-il avoir un objectif cohérent : « venir aux Etats-Unis pour lever des fonds est une erreur, on y va pour vendre, martèle-t-il. De fait, il y a un resserrement du marché et un retour du Capital Efficiency.

La présence massive des Français au CES de Las Vegas en janvier dernier (la troisième délégation en nombre derrière les Etats-Unis et la Chine) a intrigué les Américains qui ont découvert l’inventivité de l’Hexagone. « Excellent pour le marketing de la France, juge Romain Serman, la Vallée est très tournée vers l’Asie, la France n’est même pas sur la carte… » Du coup, les yeux se sont tournés vers Paris, à tel point que certaines start-up américaines veulent mettre leur R&D en France. D’abord pour la qualité des ingénieurs mais aussi parce que les coûts sont très inférieurs à ce qu’ils sont aux Etats-Unis.

« En France, il n’y a pas de sortie »

La France n’aurait donc que des qualités? Hélas, pas tout à fait. Pour Jérémie Berrebi, « en France, il n’y a pas de sortie », pas de grand groupe pour racheter les start-up prometteuses. La moindre start-up américaine peut se faire racheter par Google, Facebook ou Microsoft. En France, les grands groupes n’ont pas encore compris l’intérêt de ces acquisitions et qu’il était plus économique d’acheter des compétences que de former des gens en interne. De plus, le rachat des start-up permet de rendre de l’argent aux investisseurs qui peuvent ensuite le réinvestir dans de nouvelles start-up.

Finalement, le benchmark des quatre villes est plutôt favorable à la France: les intervenants sont d’accord pour reconnaître que les mentalités des start-upper français ont considérablement changé au cours des dernières années et qu’il ne manque rien à la France pour devenir une terre de licorne.
Par Paul Loubière

Les start-up françaises en quête d’intelligence artificielle

Après avoir fait le tour des stratégies d’IA de quelques grands acteurs du numérique, dont Google, IBM, Microsoft et Facebook, et de leurs acquisitions, revenons aux start-up du secteur en nous intéressant aux françaises.

Il est clair que l’IA est l’une des technologies clés du numérique, aujourd’hui et demain. Au lieu de chercher à créer un Google, un Facebook ou un système d’exploitation français, il serait bon de s’intéresser à ce domaine prometteur, surtout dans la mesure où les plateformes correspondantes sont encore en devenir.

La recherche en IA en France

La recherche en IA est disséminée dans plusieurs laboratoires et dans des projets collaboratifs associant laboratoires publics et universités. Les deux premiers organismes se focalisant sur l’IA sont l’INRIA et le CNRS.

Que fait l’INRIA ? Un grand nombre des projets de recherche fondamentale en IA référencés sur leur site font appel aux techniques de l’IA, même s’ils ne sont pas forcément labellisés IA / machine learning / réseaux neuronaux. C’est ainsi le cas du projet Orpailleur mené à Nancy et dédié à la représentation des connaissances et au raisonnement. L’équipe planche sur l’extraction de données dans les bases de connaissances non structurées, et notamment dans le domaine de la santé, le même que celui qui est investi par IBM Watson et plein de start-up. Ils collaborent notamment avec le centre de lutte contre le cancer de Nancy. L’équipe Magnet travaille, quant à elle, directement sur le machine learning et l’auto-apprentissage.

Les chercheurs français se plaignent en tout cas d’être délaissés en France dans la discipline. Ils ne sont certainement pas les seuls, au sens où de nombreuses disciplines se sentent délaissées dans la recherche publique.

Une association créée en 1993 fait la promotion de la recherche en IA, l’AFIA. Elle organisait en octobre 2014 une conférence de promotion de l’IA dans la recherche. On y identifie par exemple Andreas Herzig (IRIT, CNRS, Toulouse) qui travaille sur la modélisation de la logique et du raisonnement, Hélène Fargier (IRIT, CNRS, Toulouse) qui travaille notamment sur la programmation par contraintes, Jérôme Euzenat (LIG, Inria) qui planche sur la représentation et l’échange de connaissances et Leila Amgoud (IRIT, CNRS) qui est spécialisée dans la modélisation de l’argumentation.

Le défi pour ces chercheurs et leurs autorités de tutelle est de trouver des applications tirées de leurs travaux. En consultant la liste des participations d’IT Translation qui est l’un principaux financeurs de projets issus de l’INRIA, on constate que l’IA est souvent en filigrane de ces projets, mais pas forcément au niveau «plateforme» ou «couches de base».

 

1Dans le Economic Report or The President, le rapport annuel 2016 sur l’économie de la Maison Blanche, j’ai découvert deux données intéressantes. Aux Etats-Unis, en 2013, les start-up ont créé deux millions d’emplois et les entreprises traditionnelles huit millions. Donc 20% ! Une proportion énorme sachant que dans le même temps, l’économie française a plutôt détruit des emplois et les startups n’en ont probablement créé que quelques milliers. Et surtout : la moitié de la R&D fédérale est dédiée à la défense ! Et au milieu des années Reagan, elle en représentait les deux tiers ! Cela explique pourquoi tant de projets autour de l’IA sont financés par la DARPA. En France, la recherche dans l’IA semble mieux financée côté civil, même s’il est difficile de le vérifier par les chiffres. On ne s’en plaindra pas. A ceci près que la R&D militaire US a une qualité : elle est orientée vers des objectifs pratiques selon des cahiers des charges. De son côté, la recherche civile française fonctionne plutôt de manière très décentralisée et sans objectifs pratiques clairs, sauf lorsqu’elle est financée par des entreprises privées, surtout depuis la loi Pécresse de 2007. A méditer !

Start-up «horizontales»

Voici les start-up que j’ai pu repérer dans les solutions techniques d’IA plus ou moins génériques. Le champ de la reconnaissance audio est faiblement couvert par les start-up françaises. Dans celle des images, on eu quelques cas anciens comme LTU qui a été racheté par le japonais JASTEC en 2005. Il subsiste quelques acteurs spécialisés dans la recherche et qui ont intégré petit à petit des techniques d’IA dans leurs offres. Antidot et Sinequa sont anciens dans le paysage mais, à l’instar de nombreux éditeurs B2B, ils peinent à croitre, notamment à l’international. Ils ne font que quelques millions d’euros de chiffre d’affaires. Comme dans l’article précédent, j’indique entre parenthèses l’année de création et les montants levés lorsqu’ils sont disponibles. J’aimerais bien ajouter un troisième indicateur : le chiffre d’affaires, mais il n’est généralement pas disponible.

Antidot (1999, 3,5 millions de dollars) est connu pour son moteur de recherche pour entreprises. Il propose une fonction de classification automatique de contenus ainsi que d’amélioration de la pertinence des résultats de recherche s’appuyant sur du machine learning.

Sinequa (2002, 5,33 millions de dollars) est un fournisseur de solutions de big data et d’analyse de données pour les grandes entreprises. Il fournit un moteur de recherche sémantique capable d’exploiter les données issues de nombreux progiciels (ERP, CRM, gestionnaires de contenus, etc). La société a annoncé en 2015 investir dans le machine learning pour améliorer la performance de ses solutions.

Dataiku (2013, 3,5 millions de dollars) fait évoluer les concepts de business intelligence et de data mining ave son Data Science Studio, un ensemble d’outils d’analyse de données qui exploitent du machine learning pour la création de modèles de données et de simulations.

Heuritech (2013) propose sa solution logicielle Hakken d’analyse sémantique, de tagging et classement automatiques de textes, images et vidéos sous forme d’APIs. Ils proposent aussi HeuritechDIP qui permet d’améliorer sa connaissance des clients et d’anticiper leurs besoins, évidemment, surtout dans les applications de commerce en ligne. Le tout s’appuie sur force marchine et deep learning. La start-up s’appuie sur les travaux de recherche de deux laboratoires publics le CNRS LIP6 and l’ISIR de l’UPMC (Paris VI).

 

2Smart Me Up (2012, 3 millions d’euros), vu aux CES 2015 et 2016 propose une solution logicielle d’analyse des visages. Elle détecte l’âge, le comportement et les émotions des utilisateurs. La solution est bien entendu plutôt commercialisée sous forme de brique logicielle en marque blanche utilisable dans des applications métier.

Moodstocks (2008) propose une solution mobile de reconnaissance d’images, fournie sous la forme d’APIs et d’un SDK multi-plateforme.

Objets connectés

C’est un domaine où les entrepreneurs français sont assez prolixes en général. Il n’est donc pas étonnant d’y trouver quelques start-up intégrant des briques d’IA dans leurs solutions. Le scénario le plus répandu est lié à la consommation d’énergie et à la maison connectée, avec des solutions faisant de l’auto-apprentissage du comportement de ses habitants pour piloter des actions d’économies d’énergie et d’automatisation diverses.

Craft.ai (2015, 1,1 million de dollars) est une très jeune start-up spécialisée dans l’Internet des objets. Elle permet de créer des solutions logicielles d’orchestration d’objets connectées qui apprennent toutes seules des comportements des utilisateurs et des données environnementales captées par les objets connectés. La solution est commercialisée sous la forme d’APIs destinées aux développeurs d’applications. L’approche est intéressante dans son principe. Reste à trouver un modèle économique solide.

 

3Angus.AI (2014) est un peu l’équivalent de Craft.ai, mais pour les robots. La start-up, créée par des anciens ingénieurs d’Aldebaran qui ont développé la partie logicielle des robots Nao et Pepper, propose une solution logicielle embarquée dans les robots leur apportant les fonctions de base de reconnaissance vocale et faciale et de détection d’obstacles. Elles sont fournies sous la forme d’un kit de développement et d’API (interfaces de programmation). Les ingénieurs s’appuient beaucoup sur des solutions open source du marché. Ils travaillent déjà avec la SNCF, mais pas sur des robots.

Ubiant (2011), basé à Lyon, était également présent au CES de Las Vegas en 2015 et 2016. Il propose une solution matérielle et logicielle de gestion de la maison intelligente, de l’éclairage et de l’énergie qui s’appuie sur du machine learning et sur le Luminion (ci-dessous), un objet connecté interagissant avec l’utilisateur via des LED de couleur indiquant si la consommation du foyer est supérieure à celle du voisinage. C’est une offre B2C.

 

4Vivoka a développé Lola, un logiciel de contrôle des équipements de la maison connectée. Elle s’appuie sur une box reliée à Internet qui se pilote via une application mobile et par commande vocale. Le projet lancé sur Kickstarter n’a pas porté ses fruits.

Iqspot (300 000 euros) est une start-up bordelaise qui analyse la consommation énergétique des bâtiments et sensibilise ses occupants pour la diminuer. Le tout avec du machine learning.

Xbrain (2012) est une start-up française, établie dans la Silicon Valley ainsi qu’à Paris et Lille, qui se spécialise dans les applications de l’IA à l’automobile et la robotique. Sa plateforme xBrain Personal Assistant permet de créer des agents conversationnels. Elle s’appuie sur la reconnaissance vocale, sur la gestion de contexte, sur la détection des intentions et la gestion de règles. Son créateur, Gregory Renard, planche sur l’IA depuis près de 20 ans.

Scortex (2016) développe des solutions matérielles et logicielles apportant l’autonomie aux robots et aux objets connectés qui intègrent notamment la reconnaissance d’images et de la parole. Ils ont même développé un chipset à base de réseaux neuronaux.

E-commerce

L’écosystème français a toujours été prolixe en start-up B2B et B2C dans le secteur du e-commerce et du marketing. Il est donc normal d’y retrouver quelques start-up intégrant de l’IA.

AntVoice (2011, 2 millions de dollars) propose une solution de recommandation prédictive pour les sites d’e-commerce qui s’appuient sur de l’intelligence artificielle. C’est un spécialiste du big data marketing.

Dictanova (2011, 1,2 million d’euros) est une société nantaise à l’origine d’une solution d’analyse textuelle des feedbacks clients dans les réseaux sociaux ou sites de vente en ligne, en liaison avec les outils de CRM pour optimiser la relation client. Les techniques utilisées comprennent l’analyse sémantique de textes et la classification automatique. La solution est fournie en cloud.

Modizy (2012, 275 000 dollars) propose un assistant d’achat dans la mode basé sur un algorithme d’intelligence artificielle. Modizy propose aussi une place de marché reliant consommateurs et marques.

Tastehit (2014) utilise du machine learning et du big data pour personnaliser les sites d’e-commerce en temps réel. Donc, une offre B2B.

CompareAgences (2012) intermédie la relation entre agents immobiliers et particulier dans le cadre de la vente de biens. La start-up emploie 12 personnes et génère 200 000 visiteurs uniques par mois. 1 000 agences immobilières sont intégrées en France. Le tout est à base de machine learning, sans plus de précisions.

Santé

C’est un domaine très porteur pour les applications de l’IA. Seulement voilà, nous sommes un peu à la traîne dans l’une de ses grandes applications : la génomique. Mais la santé va au-delà de la génomique, heureusement.

CardioLogs Technologies (2014) a créé une solution d’interprétation automatique des électrocardiogrammes (ECG) en temps réel s’appuyant sur du machine learning. Uberisation en puissance des cardiologues ? Pas si vite ! Cela permet surtout de rendre un suivi plus régulier des patients à risques ou atteints de maladies chroniques.

Dexstr.io (2014) est une start-up toulousaine fournissant la solution Inquiro qui exploite les données médicales non structurées pour faciliter la recherche d’informations pour les sociétés de pharmacie. En gros, c’est de la recherche documentaire, un peu comme le font Sinequa et Antidot, mais avec un tuning adapté à la documentation scientifique dans la santé. Leur concurrent serait plutôt l’application d’IBM Watson à l’oncologie.

Khresterion (2014) propose un logiciel d’aide au diagnostic et à la prescription pour les cancers. La solution fonctionne sur un principe voisin de celui d’IBM Watson, compulsant la littérature scientifique et les données des patients pour proposer divers traitements avec leurs avantages et inconvénients comme les effets secondaires. La société aurait comme prescripteur des organismes de remboursement comme Humanis, Axa et la Maaf. Sa solution commence aussi à être utilisée dans la finance, là où les cycles de vente sont probablement plus courts.

Applications métiers

C’est là que la créativité est la plus développée, comme nous l’avions vu dans l’article précédent de la série au sujet des start-up américaines.

Snips.ai (2013, 6,3 millions de dollars) est une start-up connue du secteur de l’IA, créée par Rand Hindi (prix du MIT 30 en 2015), Mael Primet et Michael Fester. Leur dernière levée de fonds de 5,7 millions d’euros en juin 2015 présente la particularité d’associer Bpifrance avec des investisseurs américains, en plus de business angels tels que Brent Hoberman et Xavier Niel. L’équipe comprend 35 personnes : des data-scientists, des développeurs, designers et quelques marketeurs. Leur positionnement est large et un peu vague : rendre la technologie invisible et les usages intuitifs via de l’IA. A ce titre, la start-up a développé des applications expérimentales telles que :snips (un ensemble d’applications de recherche pour iOS dont un clavier virtuel intelligent pour la recherche d’adresses), Tranquilien (qui prédit les places disponibles dans les trains de banlieue), Parkr (la même chose pour prédire les places de parking), Flux (qui identifie le trafic mobile en s’appuyant sur les données des smartphones), RiskContext et SafeSignal (identification de risques d’accidents sur la route). La start-up planche aussi sur des applications verticales : pour les véhicules connectés, dans l’hôtellerie, la maison connectée et les loisirs numériques. Le tout s’appuie sur force machine et deep learning, modèles probabilistiques, traitement du langage, gestion de graphes et aussi encryption des données pour garantir la vie privée. Derrière la vision, l’implémentation et l’expérimentation, on leur souhaite de réussir la businessmodelation.

 

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Jam (1 million d’euros) a créé un agent conversationnel SMS pour étudiants. Ils ont ISAI Ventures dans leur capital. La solution utilise une combinaison d’IA et de vrais intervenants humains pour assurer une bonne qualité des réponses. Leurs outils d’IA sont en open source.

Julie Desk (2014, 993 000 dollars), basé à Paris, propose un service d’assistante virtuelle fonctionnant sous la forme d’un agent conversationnel opérant en français et en anglais. Il gère surtout votre agenda et répond à vos mails à votre place pour prendre des rendez-vous avec vos interlocuteurs. Comme pour Jam, l’agent fonctionne en mode supervisé par des opérateurs, ce qui permet d’assurer une bonne qualité de service. Les tarifs vont de 50 à 80 euros par mois. Il est notamment utilisé par des entrepreneurs de startups. Mais l’agent ne répond pas encore au téléphone.

 

7Riminder (2015) est une start-up spécialisée dans les RH qui s’appuie sur du deep learning pour proposer des outils d’aide à la décision. Il aider les chercheurs d’emploi à construire leur parcours professionnel et les actifs à développer leur carrière, en exploitant une base de connaissance de plusieurs millions de parcours de cadres.

Niland (2013) est une participation de IT Translation, la structure de valorisation des projets de recherche issus notamment de l’INRIA. Mais la startup a été créée par des anciens de l’IRCAM et s’appuie sur 10 années de travaux de recherche. Elle utilise le deep learning analysant le contenu de la musique pour rendre son exploration dans les plateformes de diffusion plus intelligente. Elle identifie les similarités entre morceaux pour les classifier automatiquement. La solution sera exploitée par CueSongs (UK, une société fondée par le chanteur Peter Gabriel) et motionelements (Singapour) qui sont dédiés aux professionnels de la musique. La solution est aussi illustrée par le service en ligne www.scarlett.fm et s’appuie sur SoundCloud pour vous permettre de créer une web radio personnalisée en fonction de vos gouts.

Yseop (2008) propose son agent conversationnel Savvy. Nous l’avions déjà évoqué dans le troisième article de cette série.

Séline (2013), édité par la société Evi, propose une panoplie d’applications bureautiques intégrant un agent conversationnel permettant de dialoguer et poser des questions en langage naturel. On y trouve notamment un traitement de texte, un tableur, un gestionnaire d’agenda, un carnet d’adresses, un gestionnaire de tâches, une médiathèque, un logiciel de gestion de finances et un gestionnaire de messagerie instantanée. Dilemme classique : faut-il recréer tout un existant complexe pour y intégrer une nouvelle fonction ou ajouter cette fonction aux produits existants du marché (Microsoft Office, Open Office). Question d’ouverture, de simplicité de mise en oeuvre et de modèle économique!

Dans mon précédent article sur l’écosystème entrepreneurial de La Réunion, j’avais aussi identifié quelques startups qui utilisent le machine learning : logiCells (ERP sémantique) et Teeo (analyse de consommation d’énergie pour les entreprises). A contrario, certaines start-up font appel à des briques d’IA comme le machine learning mais préfèrent ne pas l’évoquer dans leur communication.

Ce tour est probablement incomplet et les oubliés du secteur se feront immanquablement connaître pour intégrer cette liste que je mettrai à jour au fil de l’eau. A vrai dire, d’ici peu de temps, l’usage de machine learning sera aussi courant dans les start-up que l’appel à des bases de données NoSQL : une banalité !

Le top du top de la start-up d’IA ? Utiliser l’IA dans une solution d’agent conversationnel en cloud qui fait du big data sur des données issues de l’IoT en sécurisant les transactions via des blockchains. Le bingo de la start-up d’IA est lancé !

Article initialement publié sur le blog Opinions Libres.

Par Olivier Ezratty, expert FrenchWeb

 

Qu’est-ce que la blockchain?

La blockchain est un outil novateur et révolutionnaire qui, selon de nombreux spécialistes, s’apprête à bouleverser nos vies comme l’ont fait avant elle l’imprimerie et Internet. Elle s’annonce d’emblée comme une promesse, celle de changer en profondeur l’organisation des transactions, et séduit gouvernements, grandes entreprises, fonds d’investissements et entrepreneurs. Mais qu’est-ce que la «blockchain» ? Revenons à ses origines pour mieux cerner le mode de fonctionnement de cette nouvelle technologie et ses applications.

Aux origines de la blockchain

Au commencement était la monnaie. De la monnaie primitive à la monnaie fiduciaire et scripturale, les instruments de transaction financière reposent sur la confiance, celle que lui accordent ses utilisateurs en tant qu’unité de compte, moyen d’échange et réserve de valeur. Cette confiance s’appuie sur un principe de garantie incarné par une institution centralisée (Etats, banques ou instances locales dans le cas des monnaies complémentaires locales).

La dématérialisation de la monnaie, de l’introduction des chèques à la création des cartes de paiement, s’est accélérée depuis 25 ans avec l’apparition des transactions électroniques. Elle ouvre la voie à une réflexion sur la création de monnaies non conventionnelles, c’est-à-dire indépendantes des autorités centralisées traditionnelles, que l’on appelle monnaies digitales.

Les monnaies digitales se distinguent de la monnaie traditionnelle, celle des pièces, des billets de banque et de leur version dématérialisée, car elles reposent sur un protocole de chiffrement. Chaque unité de monnaie digitale est une chaîne de nombres unique que les utilisateurs peuvent s’envoyer en ligne lors des transactions.

Les premières tentatives de monnaie digitale échouent, confrontées à un défi de taille, celui de sécuriser la monnaie. En effet, une chaîne de nombres peut facilement être copiée – et dans le cas de la monnaie, dépensée plusieurs fois – ce qui rend sa valeur nulle. En 1990, David Chaum, concepteur de la monnaie électronique DigiCash, tente de résoudre ce problème en créant un registre central unique qui enregistre les transactions de chaque utilisateur, s’assurant ainsi que chaque unité de monnaie ne puisse se trouver à deux endroits en même temps. Grâce à ce registre central unique, l’intégrité de la monnaie et des transactions est garantie.

Cependant, la solution apportée par DigiCash a ses limites car elle est soumise aux mêmes aléas que tout registre centralisé (tel que les bases de données de transactions bancaires, transactions de cartes de crédit, de titres de propriété, de cartes d’identité, de permis de conduire, de réservations auprès d’une compagnie aérienne, etc.) : elle ne garantit pas que le teneur du registre soit incorruptible et infaillible. En effet, ce dernier peut par exemple modifier la base de données, exclure les transactions qu’il n’approuve pas, ou encore perdre des données enregistrées.

En octobre 2008, Satoshi Nakamoto, dont l’identité de la personne ou du groupe caché derrière ce pseudonyme reste à ce jour inconnue, publie son livre blanc «Bitcoin : A Peer-to-Peer Electronic Cash System» dans lequel il propose une nouvelle forme de monnaie digitale, le Bitcoin. Celle-ci vient à bout de cet écueil en se fondant sur un protocole nouveau, celui d’une chaîne de blocs ou «blockchain», permettant un système de vérification décentralisé. Le Bitcoin ne relève plus d’une autorité centralisée mais d’une relation dite «pair à pair», c’est-à-dire d’un réseau informatique dont les participants se sont affranchis d’un serveur central.

Au coeur du Bitcoin

Le Bitcoin est une monnaie conçue pour que les unités de monnaies soient introduites graduellement. A contrario des monnaies classiques, Il n’est pas émis par une autorité centrale et la quantité totale des unités émises est fixée par avance. Environ 15,25 millions de Bitcoins ont été émis jusqu’à présent, et le dernier Bitcoin devrait être produit en 2140.

Les Bitcoins sont stockés sur des adresses Bitcoin, dont la clé est une chaîne de lettres et de nombres unique, qui peut se conserver sur un ordinateur, un smartphone, ou même un bout de papier.

Dès qu’un utilisateur envoie un Bitcoin en guise de paiement, un enregistrement de la transaction est gardé en mémoire. Les transactions sont groupées en blocs. Chaque bloc représente l’équivalent de 10 minutes de transactions en Bitcoins.

Tous les participants composant le réseau mettent à disposition leur puissance de calcul informatique pour vérifier ces blocs et les confirmer dans le système. C’est ce que l’on appelle le «minage». Les participants, qui ont préalablement été mis en concurrence, sont rémunérés en fonction de leur participation au calcul, touchant un pourcentage des nouveaux Bitcoins émis par le système.

Le système regroupant l’ensemble des blocs est ce que l’on appelle une blockchain. Les blocs sont classés chronologiquement, et chaque bloc inclut une signature digitale (appelée «hash») du bloc précédent, qui régit l’agencement des blocs, et garantit qu’un nouveau bloc ne peut rejoindre la chaîne de blocs que là où se termine le bloc précédent.

Une copie de la blockchain, c’est-à-dire une copie de l’enregistrement de toutes les transactions réalisées depuis l’origine du Bitcoin, est mise à jour par tous ceux qui ont installé le software Bitcoin. Pour s’assurer que le système fonctionne normalement, les chaînes de blocs sont vérifiées en permanence par les ordinateurs de ceux qui ont installé le logiciel. Ainsi, à chaque instant, le système sait exactement combien de Bitcoins possède chaque utilisateur dans son portefeuille. Ils ne peuvent être copiés ni dépensés plusieurs fois.

Ci-dessous un schéma résumant le fonctionnement d’une blockchain :

 

SchémaPour la première fois, la propriété peut être transférée sans être dupliquée, et sans passer par un registre centralisé.

Le Bitcoin peut s’acheter, se vendre et s’échanger contre des monnaies réelles (USD, EUR, etc.) sur le marché des changes.

Ci-dessous l’évolution du prix du Bitcoin depuis sa création :

 

GraphiqueSatoshi Nakamoto crée le protocole Bitcoin de telle sorte qu’il soit peer-to-peer, crypté, et quasi-anonyme, ce qui rend le lien entre une transaction en Bitcoins et la personne physique à son origine très difficile. Il est ainsi dit pseudonymique. En somme, la blockchain du Bitcoin enregistre toutes les transactions, mais pas ses auteurs.

Ci-dessous une mise en image du réseau des transactions réalisées (que l’on retrouve au centre du graphique) :

image: http://www.frenchweb.fr/wp-content/uploads/2016/04/Cercles.png

Cercles

La révolution «blockchain»

Nombreux sont ceux qui pensent aujourd’hui que ce qui a été fait pour la monnaie, à savoir le passage d’un fonctionnement centralisé à une organisation décentralisée, peut s’appliquer à d’autres domaines.

La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Par extension, elle constitue une base de données publique, distribuée – c’est-à-dire partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire – fiable et inviolable. Ainsi, elle peut être assimilée à un grand livre des comptes public, anonyme et infalsifiable.

La blockchain pourrait à terme remplacer tous les «tiers de confiance» centralisés (banques, notaires, cadastres, etc.) par un système informatique décentralisé.

Un cas concret: le projet Ethereum

Des différentes applications possibles du protocole Blockchain est né un projet ambitieux, porté par le programmeur Vitalik Buterin, celui de transformer l’ensemble d’Internet. C’est le projet Ethereum.

Ethereum permet à tous les utilisateurs de créer leur propre base de données publique, sécurisée, infalsifiable, et de se prémunir ainsi de la corruption, de la fraude ou de l’effacement des données. Se définissant comme une «nouvelle plate-forme révolutionnaire de développement d’applications», Ethereum s’apprête à bouleverser des domaines aussi divers que les systèmes de vote, les infrastructures financières, la propriété intellectuelle, encourageant la création d’organisations autonomes décentralisées.

La blockchain d’Ethereum permet également de programmer des «smart contracts» (contrats intelligents), dont le code est une réplique de l’exécution d’un contrat classique. Ces contrats sont accessibles par toutes les parties autorisées, leur exécution est contrôlée et vérifiable. Ils sont conçus pour appliquer les termes précis d’un contrat défini lorsque certaines conditions sont réunies. Les «smart contracts» permettent d’éliminer le risque de défaut d’une des contreparties et de renforcer l’égalité entre toutes les parties.

En somme, la blockchain est une façon décentralisée de contrôler et de stocker de l’information. Elle permet ainsi de développer des applications et des contrats programmables et autonomes. C’est une «nouvelle frontière» au-delà de laquelle nous attendent de nouvelles percées technologiques.

  • A propos

 

Romain Rouphael est le co-fondateur de BELEM, start-up explorant les applications de la technologie «blockchain». Issu de Polytechnique, il est spécialisé dans la data science et les marchés financiers.

Par Romain Rouphael et Côme Jean Jarry, fondateurs de BELEM, start-up explorant les applications de la technologie «blockchain»

Savoir tout stopper avant un lancement, ou l’échec utile d’une start-up

Après avoir travaillé pendant plus d’une année sur la création de Louis Voiturier, un service de voiturier à la demande pour les professionnels, mes associés et moi-même avons décidé de tout stopper avant le lancement. Dans cet article je donne les raisons qui nous ont poussé à faire ce choix et les 3 raisons qui nous ont fait échouer.

La genèse du projet

Constituée de 5 personnes ayant une affection particulière pour l’automobile et les nouvelles technologies, notre équipe était composée de profils aux compétences complémentaires : techniques (ingénieur automobile, développeur), marketing (chef de produit, UX designer, traffic manager) et commerciales (business developer).

Après une enquête terrain auprès d’automobilistes parisiens, nous avons relevé 2 principaux problèmes : les embouteillages et le stationnement.

Au même moment, un nouveau concept faisait son apparition à San Francisco : les voituriers à la demande. Inscrites dans la tendance de l’économie «à la demande», les start-up Luxe et Zirx ont levé plusieurs millions de dollars dès leur lancement.

Saviez-vous qu’à Paris, il faut en moyenne 16min pour trouver une place libre et que 20% de la circulation est à la recherche d’une place ? Emballés par l’idée et compte tenu des difficultés rencontrées par les automobilistes parisiens, nous avons décidé d’importer ce service en France.

Le concept

Afin de bien comprendre la logistique derrière un tel business (système d’entrée/sortie des parkings, gestion des clés, assurance, déplacements des voituriers…), l’un d’entre nous est parti à San Francisco pour tester le service et observer le fonctionnement des start-up américaines.

En parallèle, nous avons rencontré de nombreuses personnes afin de bien comprendre le marché du stationnement à Paris. Celà nous a également permis de travailler sur l’adaptation du concept pour le marché français (habitudes de consommation, embouteillages, localisation des parkings, règlementation…).

 

Interview d’un voiturier et observation sur le terrain à Paris

Après des premiers tests concluants durant l’été 2015, nous avons recruté 3 développeurs afin de créer les applications mobiles destinées aux clients mais aussi aux voituriers. L’objectif étant d’automatiser le maximum de tâches et d’offrir une expérience utilisateur optimale.

Un business compliqué

Alors que le concept se développait de plus en plus en Europe, les premiers concurrents parisiens ont finalement fait leur apparition : PopValet suivi de Drop don’t park.

Ces derniers ont fait le choix de proposer leur service à tous les Parisiens. De notre côté, nous ciblions uniquement les professionnels. En effet, le temps perdu est plus facilement valorisable que pour les particuliers qui sont très sensibles au prix.

La stratégie que nos concurrents ont prise est semblable à celle de nos homologues américains : acquérir un maximum d’utilisateurs le plus rapidement possible en proposant le service (voiturier + parking sécurisé) pour un tarif équivalent à celui d’un parking privé type Indigo (ex-Vinci). Autant vous dire qu’à ce tarif, après avoir payé toutes les charges et à défaut d’avoir un volume de courses énorme et une logistique impeccable, vous perdez de l’argent.

Cette logique est la même pour toutes les start-up qui reposent sur un modèle de market place : Uber, Airbnb… Les coûts variables liés à l’ouverture d’une nouvelle ville étant faibles, l’objectif est d’accroitre très rapidement la zone d’activité pour augmenter le volume d’affaires et ainsi amortir les coûts fixes (équipes en back office, coût de la plateforme…).

Evidemment, c’est sur les marchés les plus importants que l’on observe la plus féroce concurrence. La livraison de repas “food delivery” en est un très bon exemple avec un grand nombre de start-ups créées ces dernières années dont TokTokTok ou Take Eat Easy. Il existe également des market places pour des marchés plus restreints mais dont l’objectif est identique : pressing (Cleanio), beauté (Popmyday), transports de meubles (Trusk).

Désireux d’offrir un service de qualité, nous ne souhaitions pas nous lancer dans une guerre des prix. Par ailleurs, nous commencions à avoir quelques doutes sur la viabilité de ce business d’autant que quelques signaux négatifs commençaient à se faire sentir aux USA : avec une dizaine de villes couvertes par les 2 start-up, celles-ci n’étaient toujours pas rentables et ont du en fermer plusieurs fin 2015.

Peut-être par manque d’ambition mais aussi de confiance en notre business, nous ne pensions pas pouvoir réunir, en France, autant de fonds que nos concurrents américains pour nous étendre très rapidement au niveau européen et atteindre la fameuse taille critique.

L’autre inconvénient que nous avions vis-à-vis des Américains étant que les coûts variables sont plus importants. En effet, le développement de notre service en France se serait restreint aux grandes métropoles. Nous aurions donc du rapidement viser des villes Européennes, ce qui demande plus de travail que d’ouvrir une ville française (langue, cadre juridique, habitudes de consommation différents).

Compte-tenu de ces paramètres et du manque de disponibilité de certains membres de l’équipe, après 2 mois de longues hésitations, nous avons décidé de stopper le développement de Louis Voiturier avant même le lancement officiel. La décision n’a pas été facile mais je pense que nous avons fait le bon choix.

Aux Etats-Unis, malgré les 36 millions de dollars levés, Zirx a stoppé son service pour les particuliers fin février 2016 pour se focaliser sur la cible professionnelle qui semble visiblement plus rentable.

La plupart des autres start-up essaient également de développer une offre B2B en complément de services additionnels (lavage, plein de carburant) proposés aux clients afin de dégager davantage de marge. Malheureusement, sans nouvelle levée de fonds ou changement de business model, je doute que ces start-up parviennent à survivre plus de quelques mois.

Pourquoi ça n’a pas marché?

Après avoir officialisé la fin d’un projet qui a occupé une grande partie de mon temps pendant de longs mois, j’avais besoin de tirer des conclusions et de comprendre les raisons de cet échec. J’ai rencontré plusieurs entrepreneurs qui ont les mêmes problématiques, et notamment certains de nos concurrents. Ce qui m’a permis de lister les 3 principales raisons suivantes :

  1. Une équipe pas suffisamment engagée : nous avions tous une activité à côté qui nous prenait plus ou moins de temps. Il n’est pas réaliste de lancer un tel projet à temps partiel. Nous aurions du nous imposer d’y accorder tout notre temps pour nous donner toutes les chances et nous séparer des personnes qui n’étaient pas prêtes à le faire.
  2. Nous nous sommes laissés aveugler par l’idée qui paraissait «évidente» et les concurrents qui avaient levés plusieurs millions prenant cela comme une garantie du succès. Nous aurions du davantage travailler notre business model et poser plus rapidement les différentes hypothèses envisageables. L’idée ne fait pas tout, l’exécution est clé.
  3. Nous avons perdu trop de temps à vouloir développer un produit finalisé et propre. Résultat : d’autres acteurs se sont positionnés avant nous. Le temps que nous avons passé à travailler sur les applications, nous ne l’avons pas passé à confronter notre concept aux clients et récolter des feedbacks afin d’avancer plus vite. Nous voulions éviter cela dès le départ en créant un Minimum Viable Product mais à force de repousser les deadlines et en profitant des opportunités qui se sont présentées à nous en rencontrant des développeurs, nous avons fini par passer trop de temps sur le produit qui au final n’aura jamais été publié.

 

Ce retour d’expérience n’a pas pour but de donner des leçons ou démotiver les personnes qui s’engagent sur ce type de projets, mais simplement de partager ma vision suite à cette expérience en vous évitant de reproduire nos erreurs.

Même si le service n’a pas été lancé, toute l’équipe a retiré de belles leçons de cette expérience et attend une seule chose, recommencer.

Photo de l’équipe Louis Voiturier au complet

Par Johan Ayache, chef de produit Mobile / UX Designer au sein du Groupe Yves Rocher.

Pourquoi créer sa start-up en France ?

french tech

La France n’est pas toujours perçue comme un pays propice à l’entrepreneuriat. Pourtant la réalité est différente. L’écosystème Français est un formidable terreau pour la personne qui souhaite lancer sa start-up.

Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, une rhétorique anti-française s’est développée au sein de certains milieux conservateurs autour de l’idée de déclin économique et d’un modèle de société obsolète.

La réalité est, selon nous, bien différente. Le volontarisme français en matière de création d’entreprises et, singulièrement de soutien au secteur numérique, est de plus en plus marqué et de nombreux dispositifs d’aide ont été mis en place.

Aujourd’hui, la France est d’ailleurs en passe de rattraper l’Allemagne en matière d’investissements dans les start-up. Si en 2015 Paris se classe toujours à la 3e place du palmarès européen en matière de levées de fonds, selon le baromètre EY, les investissements, tirés par le secteur de l’Internet (représentant 1/3 du montant investi), ont quasiment doublé pour atteindre près d’1,8 milliards d’euros.

Quels sont les atouts français en matière d’entrepreneuriat et quelles sont les principales étapes de la création et du financement des start-ups françaises ?

Création de start-ups : un environnement socio-économique favorable

La France constitue tout d’abord un vivier de talents exceptionnels pour les projets à forte coloration technologique. Des ingénieurs formés par plusieurs centaines d’écoles d’ingénieurs, parmi les meilleures au monde peuvent être associés aux projets. Même si le marché est désormais global, les coûts salariaux des ingénieurs développeurs sont globalement moins importants que dans des zones telles que la Silicon Valley.

Les structures françaises d’accompagnement des start-up (incubateurs, accélérateurs, etc.) se multiplient et proposent des conditions très favorables. Par exemple, l’incubateur parisien AGORANOV est particulièrement réputé pour la qualité de ses soutiens aux projets innovants. La future Halle Freyssinet, ayant vocation à devenir le 1er incubateur numérique dans le monde, est également emblématique de l’ambition française.

Au-delà de l’attractivité de ses centres urbains et de ses infrastructures, la France présente aussi l’avantage d’avoir opté pour une organisation de son vaste réseau d’entrepreneurs. C’est ainsi notamment que, sous la bannière French Tech, sont coordonnées de multiples actions en faveur des start-ups à travers le monde.

Sur le plan juridique et administratif, les choses ne sont pas si kafkaïennes que parfois présentées. Par exemple, EY estimait déjà en 2013 que 7 jours suffisaient pour créer son entreprise en France. Ceci est d’autant plus vrai aujourd’hui avec l’essor très rapide de plateformes de création d’entreprises en ligne telles que Legalstart.fr.

Le financement des start-ups françaises : un amorçage facilité

Au stade de l’amorçage, la France se caractérise par une multitude de dispositifs d’aides permettant de limiter le recours à une dilution capitalistique.

Avant tout, il est possible de cumuler des aides en parallèle de la création de votre start-up :- Exonération partielle de charges sociales en début d’activité via l’aide au chômeur créant ou reprenant une entreprise (ACCRE) ;- Cumul indemnisation chômage Pôle Emploi et rémunération de votre activité avec l’aide au retour à l’emploi (ARE).- Incubateurs vous permettant d’être hébergé dans des locaux à loyers modérés avec une mutualisation des services de base (accueil, secrétariat, etc.) ;

– Aides de la part d’UBI France pour la réduction des coûts à l’export.

L’éligibilité à de multiples concours (tant privés que publics), fonction de l’activité, permet d’envisager sérieusement des compléments de financement. Certains, comme celui de l’innovation numérique (CIN) organisé par Bpifrance, permettent d’obtenir des subventions jusqu’à 500.000 euros.

Des prêts d’honneur octroyés par des structures associatives (comme Scientipôle Initiative ou le Réseau Entreprendre) constituent une autre modalité de financement spécifique tout comme les financements bancaires à conditions préférentielles proposés par Bpifrance.

Enfin, des dispositifs fiscaux et sociaux incitatifs : Jeune entreprise innovante(JEI), Crédit d’impôt recherche (CIR), etc. ont été déployés pour faciliter l’amorçage et le développement des projets innovants. Par exemple, sous condition d’un investissement suffisant en R&D, le statut de jeune entreprise innovante (JEI) permettra à votre entreprise nouvellement créée de bénéficier de déductions fiscales et de charges sociales.

Enfin, en ce qui concerne les premières levées de fonds, le marché français compte de très nombreux capitaux-risqueurs spécialisés dans l’amorçage et le « early stage ». Les solutions initiales de financement sont donc nombreuses et assez facilement accessibles.

Un recours au capital-risque plus compliqué mais en forte progression

Lorsque les start-up françaises se tournent vers des modes de financement à plus grande échelle comme le capital-risque (défini par des montants investis compris entre 2 et 10 millions d’euros) voire le capital-développement (pour des montants supérieurs à 10 millions d’euros), les choses sont en revanche parfois moins favorables. Si un certain nombre de dispositifs incitatifs ont été mis en place (ex : les Fonds communs de placement dans l’innovation – FCPI), l’impact reste limité et le bât blesse quelque peu sur ce point. En comparaison de certains hubs comme la Silicon Valley, il est beaucoup plus difficile de se financer en France pour des investissements très significatifs. Par exemple, c’est bien auprès de fonds américains que BlaBlaCar a levé 200 millions de dollars l’année passée. Plus largement, deux-tiers des levées de fonds supérieures à 10 millions d’euros sur le Vieux Continent font intervenir des fonds basés Outre-Atlantique. Encore faut-il être suffisamment visible et attractif pour susciter l’intérêt de fonds étrangers.

Les pouvoirs publics tentent de réorienter les activités de financement des fonds français vers des montants plus importants. L’une d’entre elle a consisté en la mise en place du fonds « Large Venture » (doté de 600 millions d’euros) par lequel Bpifrance co-investit avec des investisseurs privés dans des tickets supérieurs à 10 millions d’euros. Il est d’ailleurs fort probable que le paysage du capital-risque français va évoluer significativement dans les cinq prochaines années et voir émerger des acteurs capables d’accompagner les futurs champions français en « late stage « ou en « capital-croissance »Selon Bpifrance, il suffirait d’une demi-douzaine de fonds de capital-risque de 300 millions d’euros pour offrir aux start-ups françaises une véritable capacité de croissance.

Chronique de Pierre Aïdan

Pivoter est-il un passage obligé pour une start-up ?

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Pour lancer une start-up, le « business model » est un point de départ nécessaire. De quoi s’agit-il ? Quel est son rôle dans la réussite de l’entreprise ? Peut-on s’en écarter et proposer un modèle d’affaire innovant ?

Qu’est-ce qu’un business model ?

Il va sans dire que le but initial d’une entreprise est le gain matériel. Pour cette raison, il est convenu de définir un plan d’action, appelé également « business model », afin d’imaginer la portée lucrative d’une entreprise. En d’autres termes, le business model montre comment l’entreprise en question envisage de gagner de l’argent. Pour cela, il est important de comprendre l’activité économique du business en question, une activité qui comprend :

-l’activité commerciale de l’entreprise : le produit ou service à vendre, le profil du client potentiel, la manière de commercialiser le produit, etc.
-l’organisation interne de l’entreprise : cadre légal, compétences nécessaires, les équipes, etc.
-la gestion de l’entreprise : les dépenses, la marge de profit, etc.

A savoir : Après avoir établi un business model, l’entreprise doit connaitre les caractéristiques du marché ainsi que la valeur ajoutée qu’elle se propose de donner.

Les limites du business model

Jusqu’à à une certaine période, le business model était une stratégie efficace qui garantissait la réussite d’une entreprise. Mais depuis l’ouverture des frontières économiques, les données ont largement changé. Plusieurs acteurs agissent alors sur un seul et unique marché. Pour cela même avec business model exhaustif, il faut tenir compte de facteurs supplémentaires qui peuvent changer toute la donne :

-l’implantation géographique de l’entreprise
-les régimes fiscaux
-les réglementations auxquelles l’entreprise est éligible

Ainsi, les entreprises s’écartent de plus en plus du business model initial afin de répondre à l’évolution du marché. Comme l’offre est devenue nettement supérieure à la demande, il devient difficile de se tenir à un prix ou à une marge de profit prédéterminée. Pour continuer à exister, les entreprises sont obligées de créer de nouveaux produits. En 2010, le nombre de dépôts de brevet a augmenté de 7%.

Oui, pivoter est aujourd’hui un passage « presque » obligé pour une start-up

Loin de dire que ne pas se tenir à un business model est devenu une obligation, il est aujourd’hui vivement recommandé de l’envisager, surtout pour une start-up. En d’autres termes, vous pouvez définir un business model tout en laissant une marge d’innovation et de flexibilité pour adapter votre entreprise aux exigences du marché.
IBM est toujours pris comme exemple pour illustrer l’efficacité de la modification du business model. Ayant perdu 15 milliards de dollars en un trimestre en 1992, IBM décide changer de plan business. L’entreprise entame alors 4 plans d’action décisifs :

1-repositionnement de ses activités en fonction des compétences dont elle dispose
2-redéfinition de la valeur ajoutée qu’elle apporte au consommateur
3-vente de la partie micro-informatique
4-spécialisation et focalisation de ses efforts sur la conception et la maintenance de logiciels

Conclusion : L’environnement et les exigences du marché sont plus que jamais en perpétuelle évolution. Le changement du business model est alors nécessaire pour rester à la page et éviter un échec soudain comme pour Kodak. Ainsi, pour une start-up naissante, il est important de partir d’un modèle d’affaire mais de garder toutefois une certaine flexibilité qui permet de « pivoter » et de s’adapter à la réalité du marché.