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10 compétences difficiles à acquérir mais qui vous seront très utiles

Certaines compétences sont particulièrement utiles pour être efficace au travail. Voici une petite liste de celles qui méritent votre temps et vos efforts.

Les meilleures choses de la vie sont peut-être gratuites, mais cela ne veut pas dire qu’elles ne demanderont pas de temps, d’efforts et de persévérance pour les maîtriser.

C’est particulièrement le cas pour l’apprentissage de compétences importantes dans la vie professionnelle. Afin de découvrir lesquelles valent la peine de consacrer du temps, un lecteur Quora a posé la question suivante : « Quelles sont les compétences les plus difficiles mais les plus utiles à apprendre ? » Nous avons rassemblé ci-dessous nos préférées.

1. Gérer son temps

Les personnes capables de bien gérer leur temps sont particulièrement recherchées par les employeurs. Il n’y a pas de méthode unique pour être maître du temps. « Il suffit simplement de trouver un système qui marche pour vous et de vous y tenir », explique Alina Grzegorzewska.

« La chose la plus difficile à apprendre, selon moi, c’est la planification », écrit-elle. « Non pas d’exécuter ce que j’ai prévu, mais d’établir une to-do list efficace et de tout planifier minutieusement pour réussir à réaliser les tâches à la date prévue ».

2. Etre empathique

« Vous pouvez être la personne la plus disciplinée, brillante et riche du monde, si vous n’accordez aucune importance à votre prochain, vous n’êtes rien d’autre qu’un sociopathe », affirme Kamia Taylor.

L’empathie, comme l’explique l’entrepreneur Jane Wurdwand, est une faculté naturelle chez l’homme. Mais les entreprises modernes ont tendance à reléguer cette qualité au second plan.

« L’empathie se définit comme la capacité de ressentir ce que les autres ressentent. Elle transforme un bon employé en une personne vraiment agréable. Dans une équipe, une personne empathique motive tout le monde à aller toujours plus loin. Elle conduit les employés à aller au-delà de leur propre apathie, à évoluer parce qu’ils ont d’autres objectifs qu’un simple salaire », explique-t-elle.

3. Maîtriser son sommeil

De nombreux conseils sur le sommeil circulent sur la toile. Il est parfois très difficile de s’y retrouver. Peu importe la méthode que vous adoptez, établir un rituel augmente vos chances d’avoir un sommeil réparateur.

Un grand nombre d’études montre qu’être constant avec ses horaires de coucher et de lever facilite l’endormissement et le réveil et assure un meilleur sommeil en général.

4. Avoir des dialogues intérieurs positifs

« Finalement, peu importe ce que les autres pensent de vous », écrit Shobhit Singhal. « L’important c’est ce que vous vous pensez de vous. Construire cette capacité à croire en soi quand personne d’autre ne le fait est un travail de longue haleine. »

A l’opposé des dialogues intérieurs positifs, il y a les dialogues intérieurs négatifs qui, selon Betsy Mers, fondatrice et directrice du Center for Women and Businessde l’université de Bentley, peut lentement saper votre confiance en vous.

5. Etre persévérant

« Lorsque l’on s’essaie à un nouveau sport, que l’on révise pour un examen, ou que l’on travaille sur un sujet important, la persévérance est vitale », affirme Khaleel Syed . C’est donc la persévérance qui assure le succès.

Souvent, les gens ne font plus d’efforts quand ils ont atteint leur but. Mais pour maintenir cette position, ils doivent continuer à travailler dur et être régulier dans leur travail.

6. Demander de l’aide

« Un jour, au cours d’un entretien d’embauche, on m’a dit que je ne pourrai jamais obtenir ce poste si je n’êtais pas capable de demander de l’aide en cas de besoin », raconte Louise Christy. « Naturellement, j’ai dit que cela faisait partie de mes compétences. Plus tard, j’ai découvert que mon prédécesseur avait fait de grosses erreurs plusieurs fois car un problème le dépassait mais il refusait de l’admettre et de demander de l’aide. » Elle explique que savoir reconnaître quand on a besoin d’aide est étonnamment difficile à apprendre et à mettre en application car personne ne veut être perçu comme faible ou incompétent.

Mais une étude récente menée par la Harvard Business School suggère que demander de l’aide vous fait paraître plus compétent. Selon les auteurs de l’étude, quand vous demandez conseil à quelqu’un, vous reconnaissez son intelligence ou son expertise, ce qui augmente vos chances de rallier cette personne à votre cause.

7. Savoir quand se taire, et le faire

« Vous ne pouvez pas vous plaindre sans cesse des choses qui vous paraissent anormales dans le monde, » écrit Roshna Nazir. « Parfois, vous devez juste vous taire. »

Il y a beaucoup de situation où garder ses idées pour soi est la meilleure des options. « Quand nous sommes énervés, agacés, agités ou vexés, nous laissons échapper tout ce qui nous passe par la tête », explique Anwesha Jana. Et nous risquons de le regretter plus tard.

Se taire quand on est agacé est l’une des meilleures compétences à acquérir et, bien sûr, l’une des plus difficiles.

8. Etre à l’écoute

Le corollaire de se taire c’est d’écouter, déclare Richard Careaga

« La plupart d’entre nous sommes complètement dépassés par ce qu’il y a à faire au travail (messagerie instantanée, sonneries de téléphone). » Notre cerveau ne peut accepter qu’une partie des informations avant d’être saturé », nous a expliqué Nicole Lipkin, auteur de « What Keeps Leaders Up At Night« .

Une astuce pour une écoute active : répéter ce que vous avez entendu à d’autres personnes. « Quand tout le monde a les mêmes informations, c’est tellement plus facile », affirme Nicole.

9. Se mêler de ses affaires

« Apprendre et maîtriser cette compétence prend un temps fou, » reconnaît Aarushi Ruddra.

Selon elle, mettre votre nez dans le travail des autres n’est en aucun cas utile et vous fait perdre du temps et de l’énergie. « Vous n’avez aucun droit de donner votre opinion sur un sujet qui ne vous concerne pas, même si vous êtes la seule personne à avoir raison. »

10. Maîtriser ses pensées

Pour faire et réussir ce que vous voulez, vous devez orienter vos pensées, explique Mark Givert.

« Nous sommes tous le produit d’expériences passées et toutes nos pensées en sont le résultat. Mais le passé ne vaut pas l’avenir ».

Article de Rachel Gillett. Traduction par Manon Franconville, JDN.

Voir l’article original : 10 skills that are hard to learn but pay off forever

Le management à la française serait-il dépassé?

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Le modèle économique et social français perd jour après jour son efficacité tant au plan macro que microéconomique. La précarisation des emplois et le chômage de masse en témoignent. Et dans nos organisations, notamment les grandes – de plus de 1000 salariés -, l’étude réalisée par Capgemini Consulting avec TNS Sofres («Le management français à l’épreuve de la bascule numérique», premier trimestre 2014) montre un désengagement massif des cadres. Désengagement que l’on n’observe pourtant dans aucun des six autres pays de l’étude. Peut-on s’y résigner? Certainement pas.

Car il n’est pas là seulement question du «moral» des salariés français. Mais aussi de la compétitivité de nos organisations et de leur capacité à s’adapter. Des pistes concrètes existent, qui requièrent certes des changements d’attitude et de pratiques mais qui restent néanmoins à portée de main. Une chose est sûre, certaines de nos méthodes de management sont à revoir. Sans attendre.

Un modèle historique à bout de souffle au mauvais moment

Le modèle économique et social français construit dans l’après-guerre a soutenu les succès des Trente Glorieuses. Puis, choc après choc (choc pétrolier, mondialisation, révolution numérique…), il a perdu de sa superbe. Il montre aujourd’hui des signes élevés d’inefficacité collective au moment même où nous devons affronter un monde en mutation majeure.

Avec l’ère numérique, nous sommes entrés dans une phase de transition accélérée où les équilibres traditionnels se trouvent fragilisés. Des modèles de développement agiles et agressifs de la «nouvelle économie» mettent en souffrance la plupart des organisations historiques. Elles vont avoir besoin de ressort et de tonus social pour affronter cette nouvelle donne. Or, dans les organisations françaises, près de la moitié des salariés sont «désenchantés», en retrait vis-à-vis de leur entreprise et 50% considèrent avoir un «retour sur investissement» perdant.

Côté management, le constat n’est pas plus brillant. Pour 25% des managers des grandes organisations françaises, le changement ne va pas dans «la bonne direction». Et plus de 40% ont des doutes. Il ne reste donc qu’un tiers des cadres pour supporter le changement : moitié moins qu’en Allemagne (55%), qu’en Espagne (63%) ou qu’aux Etats-Unis (71%). La ligne managériale française est massivement fragilisée à un moment où nos organisations sont confrontées à des défis majeurs, voire vitaux. Imaginer qu’elles peuvent les surmonter avec des managers aussi peu engagés est une pure illusion. Il est donc indispensable de comprendre les causes de cette situation.

Un mépris de l’économie

Il existe des réactions nationales très différentes face au changement. Dans nombre de pays, il est d’abord vu comme une opportunité (pour plus de 70% des salariés aux Etats-Unis, au Brésil, en Chine, en Allemagne…). Le changement est donc dans son principe vécu positivement. C’est beaucoup moins le cas en France.

On sait que, de longue date, les dynamiques économiques ont été assujetties a une tutelle politique d’un état centralisateur et interventionniste : de la Manufacture des Gobelins au volontarisme industriel Gaullien, la France est marquée par un mépris de l’économie. Une culture française de centralisation et de planification visant à constituer des champions économiques et industriels de long terme, protégés par une volonté d’Etat et une économie réglementée.

Les années passant, nous avons gardé la culture d’un modèle dont l’efficacité tant micro que macro-économique est contestée par les faits. Et s’il y a un monde qui aujourd’hui est aux antipodes de cette culture héritée, c’est bien celui du digital, où nous sommes pourtant entrés de plain pied.

En même temps, toute une partie de la société civile fait preuve d’un réel dynamisme entrepreneurial qui permet, chaque année, à de jeunes champions de l’économie digitale d’émerger : ainsi la France domine largement l’Allemagne au classement des 500 start-up ayant connu les plus fortes croissances. Ce n’est donc pas la société française qui est bloquée mais ses grandes organisations.

Hope in French Management : les voies du renouveau

Passer d’une culture crispée de la rente à une culture positive du mouvement, tel est l’objectif. Il nécessite d’adopter des modes de management propices à l’engagement des salariés et au développement de nos organisations dans une société désormais numérique.

Plus que dans d’autres pays, les grandes organisations françaises et leurs équipes dirigeantes doivent avoir le courage et la lucidité de voir que «ça ne marche plus»… Nous appelons «open management» cette exigence de ré-interrogation profonde de nos convictions et de nos pratiques. Ce renouveau pose deux exigences : le ré-engagement des salariés, comme de leurs managers, et l’adaptation de nos fonctionnements pour permettre à l’organisation de survivre et de se développer. Croire aux seules vertus des technologies sans revisiter nos pratiques et nos valeurs, c’est croire dans les vertus curatives du cautère sur une jambe de bois.

S’engager VRAIMENT dans le numérique

Alors même que toutes les rentes sont attaquées, notre étude montre que seuls 20% des cadres dirigeants français considèrent que les technologies digitales ont un impact « très positif » sur la performance. La grande majorité de leurs homologues allemands (56%), britanniques (57%), américains (58%) ou brésiliens (69%) en sont eux convaincus. Comment ne pas associer cette faible conviction à une forme de certitude que les positions installées sont solides, qu’il n’y a pas urgence… C’est pourquoi un véritable changement doit s’opérer à la tête de nos organisations sur le niveau d’engagement dans la révolution numérique en cours.

Casser le monopole du centralisme décisionnaire

Un modèle managérial hiérarchique vit sur l’évidence que le «haut» pense et décide, et que le «bas» obéit et exécute. Nombre de cadres et salariés français sont donc les spectateurs passifs d’un processus de réflexion et de décision. Si deux tiers des cadres des grandes organisations françaises ne sont pas du tout convaincus par le changement qui leur est proposé, c’est certainement parce qu’ils ont le sentiment de ne pas avoir eu un grand rôle à jouer dans son élaboration…  Pour sortir de cette impasse où les uns décident et les autres regardent, il faut repenser les grands processus d’orientation de l’entreprise : responsabiliser davantage, prôner une culture du dialogue, de l’expérimentation, de l’initiative… Tout ceci est indispensable pour faire évoluer notre culture managériale.

Valoriser le courage managérial et la prise d’initiatives

Pour nombre d’organisations, l’enjeu est moins l’innovation par exception que la capacité à changer, à expérimenter, à muter… Dans un pays où 40% des managers perçoivent le changement comme un risque, le cœur du sujet est justement la prise de risque managérial : les innovations sont là, partout, de toutes natures… le problème est que nos entreprises sont rétives et lentes à les absorber.

Le numérique constitue un terrain favorable pour cette mutation. D’ailleurs, pour plus de 80% des salariés, les outils digitaux représentent un avantage tant pour leur entreprise que pour eux. Ils y voient notamment une opportunité d’améliorer les fonctionnements, souvent déficients, qu’ils subissent au quotidien. Raison de plus pour utiliser ces outils comme un levier de renouveau, d’expérimentation tout azimut au service des enjeux tant business que sociaux de nos structures professionnelles.

Parier sur le management de proximité

La qualité du management de proximité est l’un des leviers majeurs de l’engagement des salariés et de l’adaptation de nos organisations. Selon notre étude, un peu plus de la moitié des Français considèrent avoir un bon manager de proximité. Or, parmi eux, 80 % font confiance à leurs équipes dirigeantes, alors qu’ils ne sont que 10 % à afficher la même confiance lorsqu’ils estiment, au contraire, avoir un mauvais manager. Intuition forte avant de réaliser notre étude, conviction étayée depuis : le management de proximité incarne l’organisation et son équipe dirigeante, influe sur le «capital confiance» des salariés. Il est déterminant également dans l’acceptation du changement. Dans un monde en transformation accélérée, la dynamique positive, si elle existe, se joue pour beaucoup à ce niveau de l’organisation.

Autre enseignement marquant de cette étude, les implantations françaises d’entreprises étrangères font mieux que nous en matière d’engagement. C’est donc moins «l’état d’esprit» des salariés français qui est en cause que les systèmes managériaux auxquels ils sont confrontés au quotidien.

La transformation de nos modèles, de nos pratiques est une évolution nécessaire et attendue dans nos grandes organisations. Car seules les entreprises adaptées dans leurs modes de fonctionnement et leur management sauront répondre aux nouvelles exigences d’un monde digital, ouvert et décentralisé.

Cette (r)évolution est attendue par la jeune génération, Y et bientôt Z comme le confirme l’étude récente BNP Paribas/The Boson Project. C’est le premier enseignement des projets de «reverse mentoring» que nous menons : si les jeunes sont aussi volontaires et motivés à «mentorer» leurs cadres dirigeants, c’est qu’ils voient là un levier positif de transformation de cultures organisationnelles qui les frustrent au quotidien.

Mais ce renouveau est tout aussi attendu par les managers qui veulent redevenir des acteurs impliqués dans les choix de l’entreprise, et pas être uniquement les «porteurs spectateurs» de décisions plus ou moins comprises.

Le Directeur Innovation, une fonction qui prend de plus en plus de poids

NNOVATION

par Eric Seulliet

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Il fut un temps, pas si éloigné, où le Directeur Innovation jouait le rôle de « danseuse du président ». Il était surtout là avec une fonction de communicant qui se doit d’amuser la galerie, tant vis-à-vis de l’interne que de l’externe. On vit alors des sièges sociaux se doter de showroom pour épater les visiteurs avec des tables tactiles, des écrans interactifs, des lapins Nabaztag et autres gadgets de toutes sortes que les entreprises exhibaient avec fierté.

Ce temps de l’« innovation washing », est – on l’espère – largement révolu et le rôle du Directeur Innovation a pu évoluer à mesure qu’une prise de conscience de l’importance de cette fonction s’opérait.

Une première évolution a consisté à ce que les Directeurs Innovation deviennent des propagateurs de l’esprit d’innovation dans les entreprises. Avec un positionnement fonctionnel dans l’organigramme, souvent rattachés à une direction de la stratégie, ils endossaient alors le rôle d’évangélisateur de l’innovation, allant prêcher la bonne parole au sein de l’organisation et, faute de moyens propres, ils se devaient de repérer des correspondants innovation dans les business unit comme autant de relais pour cette tâche. Parfois, ils mettaient en place une cellule de veille, histoire d’être connectés au monde externe.

Au fil du temps, ils virent peu à peu leurs attributions s’élargir à des tâches plus opérationnelles car il fallait rentabiliser leur coût. Ils eurent ainsi à mettre en place des dispositifs d’innovation participative, à organiser des challenges de créativité, à identifier des partenaires potentiels, à coordonner des projets transverses, à suivre les portefeuilles de brevet.

Aujourd’hui, la situation se complique encore pour les Directeurs innovation : la reconnaissance généralisée de l’importance de l’innovation fait que celle-ci, devenant un enjeu stratégique (… et de pouvoir), est revendiquée par tous. Directeur R&D, de la stratégie, des RH, DSI, Directeur des Achats, Directeur juridique… Chacun pense être le plus légitime pour prendre en charge l’innovation. Et voilà que depuis peu le nouvellement nommé Directeur du digital veut aussi sa part du gâteau innovation.

Le constat actuel

Les Directeurs Innovation doivent donc de plus en plus justifier leur utilité et cela ne peut passer pour une majorité d’entre eux que par une réinvention de leur mission. L’enquête que nous avons réalisée en partenariat avec OpinionWay à l’automne dernier révèle en effet qu’une minorité d’entre eux participent à l’amélioration de nouvelles formes d’organisation ou à l’évolution des modes de management (respectivement 33 % et 29 %). Cette enquête fait actuellement l’objet d’une suite sous forme d’interviews de Directeurs Innovation.

Des pistes pour faire évoluer la mission

Le Directeur Innovation occupe un poste privilégié, à la fois tour de contrôle des projets internes porteurs d’innovation mais aussi tour de guet lui donnant une vision globale ce qui se passe dans le secteur et l’environnement de son entreprise. S’il réalise des tâches quotidiennes, il lui faut aussi agir pour le moyen et le long terme en ayant une posture stratégique. Il doit adopter une attitude prospective et travailler sur de la rupture. Il doit savoir analyser les tendances et les signaux faibles, connaître l’état de l’art et identifier des briques technologiques, repérer des usages émergents. C’est son côté manager de « think tank ».

Vers des résultats concrets et mesurables

Le Directeur Innovation n’est pas que dans le « think », il est aussi dans le « do » car il doit produire des résultats concrets et mesurables. Cette piste de recherche de résultats concrets pourrait s’illustrer par la formule « connect and catalyze » utilisée par Jean-Pierre Pélicier, directeur Open Innovation au I-Lab d’Air Liquide, pour définir son métier.

Connecter, c’est naturel quand on fait de l’open innovation. Encore faut-il que les connections établies aient une réelle valeur ajoutée, qu’elles soient utiles et productives. De plus en plus, les Directeurs Innovation créent des interactions avec des start-up, des incubateurs, des fablab afin de faire entrer cet esprit start-up dans les projets d’innovation de leurs entreprises. Mais le « connect » concerne aussi l’interne où le Directeur Innovation est de plus en plus amené à jouer un rôle d’interface entre les diverses fonctions de l’entreprise et les équipes sur le terrain.

Catalyser, c’est aller au-delà de simples mises en relation. C’est s’appuyer sur celles-ci pour provoquer des réactions concrètes.

Le Directeur Innovation n’est pas un simple cadre fonctionnel, il doit aussi être un manager tourné vers l’obtention de résultats tangibles et mesurables, d’où la nécessité pour lui de mettre en place des indicateurs de suivi et de résultats de ses actions.

Un gestionnaire et un méthodologue

Même s’il est courant de dire que tout un chacun peut innover, piloter l’innovation d’une entreprise est un métier qui ne s’improvise pas. Pour jouer son rôle avec efficacité, le Directeur Innovation doit avoir accès à des moyens, des outils, des méthodes.

Les moyens peuvent être des espaces dédiés à l’innovation. De plus en plus d’entreprises créent des labos d’innovation en interne. Pour celles n’en disposant pas, des partenariats avec des fablabs, living labs, labos de recherche externes constituent une possibilité intéressante.

Parmi les outils, on peut penser à ceux favorisant la créativité et les interactions : tableaux interactifs, plateformes d’idéation et d’échanges, logiciels d’innovation, outils de prototypage, 3D et réalité virtuelle, data intelligence, etc.

La maîtrise de certaines méthodes utilisées pour faire de l’innovation est nécessaire : méthodes de créativité, sciences humaines, design thinking, co-création, méthodes living labs, méthodes de conception innovante comme la méthode C/K, etc. Et dans ce domaine, il y a du chemin à faire : l’enquête que nous citons plus haut révèle en effet que des méthodes d’innovation pourtant largement reconnues comme la méthode C/K ou l’innovation Jugaad sont encore ignorées par 48 % et 37 % des Directeurs Innovation.

Vers l’innovation managériale

La mission probablement la plus nouvelle du Directeur Innovation devrait aussi davantage consister à accompagner les autres directions, la transformation de l’entreprise en faisant en sorte que son management se renouvelle en s’inspirant des meilleures pratiques venant de l’extérieur, et notamment du monde des start-up. Et cela, bien évidemment en liaison étroite avec d’autres directions (notamment la DRH, la Direction du Digital lorsqu’elle existe).

Si le Directeur Innovation parvient à introduire un tant soit peu les principes d’agilité et de frugalité qui caractérisent le pilotage des start-up, on pourra dire alors qu’il a véritablement renouvelé la conception habituelle de son rôle et qu’il aura su obtenir la légitimité qu’il revendique.

What are the Differences between Managers and Leaders?

With managers and leaders typically talked about in the same framework, they are both typically – and somewhat incorrectly – seen to be very similar, or even as pretty much the same thing. Whilst there’s definitely a few extremely apparent resemblances between them, a leader and a manager should be viewed as separate beings, with each one contending differing mind-sets and usually establishing differing methods via their allocated purposes as part of a company.

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So that we can establish the differences between management and leadership, we’ve looked at 4 points from the list and interpreted their meanings:

1. The manager imitates; the leader originates

Leaders are original, in the sense that they’re often the people responsible for establishing the main corporate plan of action that then sifts throughout a business. As it filters throughout, it gets to the managers, who then hand it over and replicate it to their team members and staff; in other words, they are imitating the leadership’s original plans and actualising it into practical use.

2. The manager focuses on systems and structure; the leader focuses on people

In getting the work completed, the manager’s involvement in human resources will primarily and mainly be on their skill level and capabilities. In the end, their main concern is that the task gets finished and is finished accurately. Simultaneously, so that the company runs as swimmingly as possible, a leader’s attention will be leaning towards people more specifically, especially those making up the management team directly below them in the chain of command.

3. The manager relies on control; the leader inspires trust

The manager must be in control – it’s fundamental to be in control of workloads and staff and can therefore sadly depict them in a bad way, in other words it might not make them very popular. The role for leaders is to inspire trust and inspire workers to have faith in their work and the business. Be warned however: an untrustworthy manager can assist in making a leader appear untrustworthy, whilst an untrustworthy leader can help to make a business or organisation look untrustworthy as well.

4. The manager maintains; the leader develops

The manager’s responsibility is to ensure that the business continues to perform as an well-oiled, efficient machine. It’s the leader’s concern to grow and develop the business on a regular basis and for a manager to then maintain and take care of that growth and development via their management abilities.

With some of the differences between managers and leaders outlined above, management in particular is often portrayed in a more negative light than leadership. However, both leaders and managers are important when operating in unison:

Leadership without management can result in fantastic ideas and theory, but could potentially ignore right and effective implementation. Management without leadership on the other hand might result in well-managed staff and tasks, but may lack direction and might miss possible opportunities.

Therefore it is hugely important that not only both management and leadership are practiced, but that they are both practiced hand in hand, together, efficiently and effectively. If this is true then a business has the best possible chance at success, present and future.
By John Benson

The five essential factors of business improvement

As we emerge from what has been a very fragile economic climate, many organisations are now embarking on business improvement initiatives in a bid to greatly enhance customer service and sustain growth and profitability. In many cases, companies concentrate on only one element of change and disregard other factors when making improvements. This often leads to change being unsustained or results not being delivered at all.

These are five fundamental factors that influence successful business improvement:

1-      Customer journey: Many organisations fail to grasp the importance of the customer journey and experience. By taking the time to understand customers’ current and future needs, companies are better placed to answer these. Equally, business practices can be developed that enhance the customer experience and lead to increased growth and loyalty. The customer is the life blood of the company, without the customer we don’t have a business, yet all too often they are overlooked.

2-      Operating Framework: Many businesses assume that the development and implementation of new technology is the answer to all operational and reporting problems. The reality is, this will only support existing behaviours, rather than changing them. A system is not a substitute for management action. If the system is not updated and used properly by the people within your business, it will not be effective.  In order to drive and support the right kinds of behaviours, an effective operating framework is required. This is the glue that holds any business together. It comprises the forecasting, planning, controlling and reporting of work.  It enables key questions to be answered like what needs to be delivered and when? What and how many resources are needed? How are you performing against plan? What has been achieved? How can you improve?

3-      Processes:  Companies tend to stick to what they know. They believe that operational processes that have always worked will continue to be effective and deliver profit. Changing a process will cost time and money and is often something that teams would rather avoid. However, operational processes inevitably become out of date. Steps are introduced without careful consideration of the wider impacts, and slowly materials and time are introduced to make life “easier”, or to meet “customer” demand.  This can cause your once efficient process to become inefficient.  It will cost your business more if you don’t change your inefficient processes. Teams are not always compliant and become complacent, if the process is not easily executed and intuitive. Often teams find short cuts, even if those short cuts cost you money. In addition, when processes are re-engineered, it is normally through some kind of technology implementation or a Lean/Six Sigma type initiative. Typically, once re-engineered, they are well laid out and logical. However, the control of the processes is often what’s missing, allowing things to go low visibility, creating chases and causing frustration for both staff and customers alike. Processes can be controlled through active management and an effective operating framework.

4-      Policies: The common understanding is that policies are put in place to satisfy a regulatory body or meet the needs of an accrediting body, that will award some sort of recognised badge, ITIL, ISO, H&S, IIP etc. Businesses believe that this will enable the organisation to gain status and recognition within their field. Some policies are enforced and are a legal requirement.  In order to adopt policies successfully, the necessary systems and processes need to be embedded first and most importantly, employees need to be fully trained in their execution.

5-      People / Staff Engagement:  It is assumed that people within the business should be committed and loyal because they are being paid. Firms also believe that if they give their employees a new system to use, or train them in a new process that it will be followed without question and supported. The people within your business are the most influencing factor in determining whether your improvement initiative succeeds or fails. If the teams within your business do not use the system, follow the process or comply with the policy, your initiative will fail. Staff will only do this if they are fully engaged. Managers have a responsibility to ensure their teams’ values and beliefs align to the goals and objectives of the business. Furthermore, it is imperative to ensure the attitudes and behaviours of staff within your business are engaged and positive, and the communication within your company is concise, open and honest. The people within your business hold the key to its success.

For your business to realise and fulfil its potential, these five factors must be considered. Whether your company is looking to cut costs, maintain strong growth, greatly enhance the customer experience or gain a competitive edge, Balcroft can help you implement sustained change to ultimately achieve your long term business aims and goals.

La stratégie du responsable RH de Google pour gérer une armée de génies de la technologie

Le management chez Google est très différent de celui d’autres entreprises. Voici, selon Laszlo Bock, le responsable RH de Google, les critères pour être un bon manager.

Google a toujours eu une conception particulière du management. En 2002, Larry Page et Sergey Brin ont transformé et réorganisé l’entreprise de façon « horizontale », supprimant les responsables ingénieurs. Ce fonctionnement n’a duré que quelques mois, car Page ne pouvait pas répondre à toutes les requêtes d’aide à la prise de décision ou d’évolution de carrière.

Puis, en 2009, Google a lancé le projet Oxygen, une investigation pour déterminer l’utilité des managers. La conclusion ? Ils sont effectivement utiles. Mais leurs rôles ne sont pas les mêmes que dans les autres entreprises. Laszlo Bock, responsable RH de Google, a déclaré à Max Nisen de Quartz en début d’année que la définition du management chez Google était très particulière.

Selon lui, dans la plupart des entreprises, quand une personne devient manager, c’est parce qu’elle dispose de plus de compétences que les autres et est capable de composer avec les jeux de pouvoir au travail. « Tout ce que cette personne vit lui apprend qu’elle doit être convaincante, droite, et qu’elle doit prendre toutes les décisions nécessaires, » explique Bock.

Puis vous arrivez chez Google. Toute votre équipe est aussi intelligente que vous. Voire plus. « L’idée dans ce cas ce n’est pas de prendre une décision en tant que leader, » explique Bock, « c’est de trouver comment tirer le meilleur de l’équipe. »

Cette prise de conscience constitue un bouleversement important pour beaucoup de personnes.

« Vous vous rendez compte que les leviers dont vous disposiez dans une autre entreprise n’ont pas d’effet chez Google, et que vous avez beaucoup moins de contrôle et de pouvoir. Vous ne décidez pas qui embaucher ou quelle prime va recevoir tel employé. Vous ne décidez pas qui aura une promotion. »

Bock déclare que quand vous devenez manager chez Google, vous devez intégrer deux éléments : premièrement « vous êtes entourés de gens incroyables » et deuxièmement « vous ne disposez d’aucun des leviers traditionnels pour faire appliquer quelque chose. »

L’objectif d’un manager chez Google c’est de trouver comment tirer le meilleur de l’équipe

A cause de ces deux aspects, le travail de manager chez Google ressemble beaucoup plus à celui d’un chanteur accompagné au piano plutôt qu’à celui d’un sergent instructeur avec une recrue.

« Vous êtes obligé de trouver comment créer de la valeur sans utiliser le pouvoir. Vous y parvenez en influençant, en donnant aux gens d’une part des opportunités d’apprendre et d’autre part plus de libertés. »

Aujourd’hui, Google recueille les avis sur les managers en utilisant son « Upward Feedback Survey« , questionnaire que les employés utilisent pour rapporter anonymement ce qu’ils pensent de leur supérieur.

Voici les critères pour être un bon manager :

  • Faire des commentaires utiles qui aident les employés à améliorer leurs performances.
  • Eviter la micro gestion : ne pas s’impliquer dans des détails qui devraient être gérés à d’autres niveaux.
  • Faire preuve de considération envers les employés.
  • Maintenir son équipe concentrée sur les résultats prioritaires.
  • Partager régulièrement avec son équipe les informations pertinentes venant de son propre supérieur et de la direction.
  • Avoir des discussions constructives à propos de l’évolution de carrière de chaque membre de son équipe au moins une fois tous les 6 mois.
  • Communiquer des objectifs clairs à son équipe.
  • Disposer de l’expertise technique requise pour gérer efficacement son équipe.
  • Les employés vous recommanderaient à leurs collègues.

Acquérez toutes ces compétences et vous serez un excellent manager chez Googleaffirme Bock.

Article de Drake Baer. Traduction par Manon Franconville, JDN.

Voir l’article original : This Google exec has the perfect strategy for managing an army of tech geniuses

Les négociations juridiques et le pacte d’actionnaires

  • – shutterstock.com

Les deux parties sont tombées d’accord, le principe de l’entrée des investisseurs au capital de la société est validé et la lettre d’intention est signée. Malgré tout, l’entrée au capital revient à « un mariage » et la « vie commune » doit être organisée. C’est le rôle du pacte d’actionnaires/d’associés.

Le principe du pacte :

Le  pacte  est  un  document  juridique  confidentiel  (contrairement  aux  statuts),  qui  est officiellement signé le jour du closing.

Définition du Vernimmen (ndlr : dictionnaire de la finance d’entreprise) : Le closing est la dernière étape d’un processus de vente d’une entreprise. Il correspond à l’exécution du contrat et à la réalisation effective de la cession/acquisition.

Cette nouvelle étape de négociation est longue.

Ce qu’il faut savoir sur le pacte d’actionnaires :
Le  pacte  est  un  contrat,  comme  un «contrat de mariage», passé entre tous les  associés  ou  seulement  une  partie, et qui a pour vocation de rester secret. Comme  c’est  un  contrat,  il  est  moins fort que les statuts ou la loi, et donc ses clauses ne doivent pas aller à l’encontre de ceux-ci. En plus d’être un contrat juridique, c’est un contrat moral qui pose les bases de la relation, et l’enjeu des négociations est d’assurer la volonté de chacun de s’entendre et de trouver un équilibre,

Il gère la vie commune de l’association. Le pacte précise toutes les règles de bon fonctionnement, en tout cas celles qui ne sont pas dans les statuts. L’objectif est d’envisager et d’anticiper tous les cas de figure de blocage ou de décisions à prendre, et de prévoir la meilleure manière de les résoudre,

Il  prévoit  comment  les  associés  vont «divorcer». Vous devez être conscient qu’un jour vous vous séparerez, et que chacun a intérêt à ce que cela se passe dans les meilleures conditions.

Le pacte aide ainsi à gérer la rupture, et à l’avoir en tête tout au long de la vie commune.  C’est  en  quelque  sorte  un «contrat de divorce», qui viendra éviter toute « montée dans les tours » en cas de désaccord,

Il   évolue   dans   le   temps.   Un   pacte d’associés est signé pour un temps donné. Toute nouvelle entrée dans le capital (comme toute sortie) implique une nouvelle rédaction. Tout changement significatif dans la vie de l’entreprise peut appeler au changement de pacte,

Il  ne  remplace  pas  le  bon  sens,  mais il  est  toujours  très  difficile  de  garder son bon sens lors d’un conflit. Avoir un document écrit en temps pacifiques aide énormément et peut permettre à chacun de retrouver ses esprits et sa lucidité.

Les clauses du pacte et leurs enjeux

Dans cette partie, nous n’aborderons pas toutes les clauses dans le détail, mais plutôt celles qui posent souvent question aux entrepreneurs. Sans être exhaustifs, voici les principales clauses qui existent et leur utilité : stabiliser le capital, préparer la sortie et protéger les investisseurs et les associés fondateurs. Il est surtout important de comprendre leurs enjeux.

1 : Les clauses relatives à l’évolution du capital

Clause de répartition du capital :

C’est une clause qui permet de prévoir comment évoluera le capital de la société en cas d’événements spécifiques, par exemple si un associé fondateur quitte l’entreprise avant un certain temps, si des résultats spécifiques sont  atteints,  s’il  y  a  une  levée  de  fonds, etc. Cette close est très intéressante pour s’assurer que l’équipe de fondateurs reste soudée, focalisée autour d’objectifs concrets,

Clause de préemption :

Elle permet à un ou des associés d’être prioritaires sur les parts d’un associé sortant ou issues d’une augmentation de capital.

2 : Les clauses d’engagement des fondateurs
Le projet reposant en grande partie sur les fondateurs et l’équipe dirigeante, ces clauses ont pour but de s’assurer de leur loyauté à l’entreprise :

• Clause de non concurrence : empêche un associé d’exercer des fonctions auprès d’un concurrent,

• Clause    d’exclusivité    :    empêche    un associé d’avoir une autre activité, même non concurrente, afin de s’assurer qu’il consacre un temps plein au projet. Cette clause peut être aménagée en limitant le temps consacré à une autre activité bien spécifiée,

• Clauses de « good leaver / bad leaver » :

> Bad leaver : clause sanction en cas de faute grave ou lourde, avec revente des parts de « l’associé sortant » à une valeur décotée,

> Good  leaver  :  on  définit ici  les  cas de départ d’un associé où les mesures de   rétorsion   ne   s’appliqueraient   pas, ou   seraient   limitées   (uniquement   du fait de l’éventuel préjudice pour le développement de l’entreprise),

On assortit cette clause avec une période de pérennité : c’est la période pendant laquelle les fondateurs s’engagent à rester dans la société.

On assortit cette clause avec une période de pérennité : c’est la période pendant laquelle les fondateurs s’engagent à rester dans la société.