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Ce que le « Marketing Automation » n’est pas

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Entreprendre c’est vouloir répondre à un problème, aider des personnes à réaliser leurs objectifs tout en créant de la valeur et en tirant un profit. Plutôt simple à comprendre, plus difficile à exécuter. Cela en est de même pour le marketing. Le marketing est et restera la création (acquisition) et la gestion (management) de la relation client. Les relations avec les clients sont le coeur de tout bon marketing. Dans l’idéal, ces relations se font en one to one. Malheureusement, gérer ces relations peut s’avérer difficile quand elles sont nombreuses. C’est là qu’entre en scène le marketing automation. Le marketing automation est un sujet vaste, c’est pourquoi il est intéressant de poser un cadre en précisant ce qu’il est, et surtout, ce qu’il n’est pas.


Article proposé par William Troillard de Comexplorer et Maxime Salomon de The Growth Bakery

Le marketing automation permet de scaler la création et la gestion de ses relations en automatisant certaines actions marketing. Que vous soyez une startup B2C ou B2B, vous devez manager les relations avec vos clients : un client e-commerce effectuant plusieurs achats, un prospect SaaS ayant besoin d’analyser les différentes options à sa disposition tout comme un client B2B évaluant la possibilité de faire du business avec vous.

Pour tous ces cas d’usages le marketing automation peut vous aider à scaler votre relation client en vous permettant de créer de façon automatique des actions (emails, contenus, etc.) personnalisées grâce au tracking de vos utilisateurs. Le marketing automation c’est l’utilisation de tactiques et de logiciels permettant aux entreprises d’améliorer l’expérience utilisateur afin d’attirer et convertir plus de prospects en clients. Par analogie, c’est comparable au processus qui permettrait de faire croître un oranger : de la fertilisation de la terre, à la récolte en passant par la mise en terre des graines et l’arrosage.

Le marketing automation n’est pas un CRM

À l’instar d’un outil CRM (Customer Relationship Management), qui comme son nom l’indique permet de gérer la relation client, le marketing automation se distingue cependant de façon essentielle : il concerne la partie automatisée de la relation.

Le marketing automation est la succession des processus intelligents – dits “workflows” – qui, gérés dans le bon outil, vont permettre de se “rapprocher” d’un visiteur. Autrement dit, de nourrir la relation dans le but d’obtenir de l’engagement, comme déclencher un acte d’achat. Par exemple : relancer par email un client qui n’a pas finalisé sa commande (panier abandonné), reprendre contact avec un prospect n’ayant pas répondu après quelques jours, envoyer un message aux personnes qui visitent une page en particulier, etc. Du plus simple au plus complexe des workflows, les possibilités sont innombrables.

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L’automatisation de ces worklflows n’est cependant pas une raison ou une excuse pour créer une mauvaise expérience client. Ces workflows se veulent à valeur ajoutée, humains et pertinents. Au coeur de ce processus : le parcours client. C’est en lui que vous trouverez la clé de l’automatisation de vos actions marketing. Le marketing automation permet d’automatiser les “schémas types”. Ce sont toutes les actions prévisibles, répétitives et donc scalables du parcours client. Posez-vous la question. Si vous aviez les ressources (temps, équipes, etc) pour créer et gérer des relations en one to one, que feriez-vous ?

Ce sont ces “schémas types” que vous devez identifier. Dès lors que vous effectueriez une même action marketing plus de deux fois, n’est-ce pas le moment de l’automatiser ? C’est bien là tout l’objectif du marketing automation: libérer du temps aux marketeurs et offrir les moyens de s’adresser à plus de contacts et cela de façon plus personnalisée.

S’il permet de se faciliter la vie, il n’en reste pas moins que le marketing automation requiert des efforts de mise en place. Les outils de marketing automation à eux seuls ne vous amèneront pas plus de prospects. Vous aurez besoin de travailler votre stratégie d’acquisition en amont pour le rendre vraiment efficace. Cela doit prendre en compte l’évolution constante des besoins de vos publics, leurs usages, leurs comportements et leurs interactions sur l’ensemble des canaux marketing.

L’emailing est loin d’être un canal isolé. La consultation des pages de votre site ou application mobile, l’engagement sur réseaux sociaux, le téléchargement d’un contenu sont autant d’éléments de contexte qui vous aideront à comprendre les réelles attentes de vos publics pour les guider dans votre tunnel de conversion. C’est d’ailleurs un point important du marketing automation dont l’intérêt ne saurait être résumé qu’à l’exécution d’actions automatiques. Il prend en effet tout son sens dans la mesure et le suivi de la performance, dont l’analyse apportera des enseignements indispensables à la compréhension des besoins clients. La question n’est donc pas seulement de savoir quoi automatiser, mais quelles actions donnent le plus de leads et pourquoi ? Quelles actions donnent les meilleurs leads et pourquoi ? Comment concentrer d’avantage ses efforts pour améliorer l’expérience client ? Au final c’est toute la chaîne de valeur marketing qui en bénéficie.

Le marketing automation n’est pas fait pour tout le monde

Le marketing automation vous permet de créer et de gérer d’une façon unifiée la relation avec vos clients. Toute entreprise avec une relation client plus ou moins longue peut donc éventuellement tirer partie du marketing automation. En somme, c’est utile dès qu’il y a une relation entre votre client et votre entreprise. Ca ne l’est en revanche pas pour toutes les entreprises travaillant en “one shot”, où les clients n’ont pas la possibilité de devenir à nouveau client ou de rester client sur le long terme.

Le marketing n’est pas fait pour les entreprises “one shot” mais quels sont les autres éléments auxquels réfléchir afin de déterminer la pertinence du marketing automation ?

La taille de l’entreprise par exemple. Ce point n’a pas d’impact sur la possibilité d’utilisation ou non du marketing automation. Que vous ayez une équipe marketing de 20 personnes ou que vous soyez seul vous pourrez tirer bénéfice du marketing automation afin d’aider vos marketeurs à faire plus et mieux.

Cela en est de même pour le type d’entreprise. Des entreprises B2C peuvent utiliser le marketing automation pour créer et manager la relation avec leurs clients. Vous êtes une société ecommerce, vous pouvez utiliser le marketing automation lorsque vos clients ont des achats répétés. Un blog avec des visiteurs récurrents ? L’utilisation du marketing automation peut aussi vous être utile pour transformer vos visiteurs en clients ou les amener à découvrir plus de contenus.

En revanche, s’il y a bien un cas d’usage auquel le marketing automation répond particulièrement, c’est celui des entreprises B2B avec un cycle de vente moyen à long (plus de 30 jours). Dans ce cas, ces entreprises peuvent utiliser le marketing automation pour analyser leur stratégie d’acquisition, manager la relation avec leurs prospects et aider l’équipe commerciale à identifier les prospects les plus propices à devenir client.

Le marketing automation n’est pas à mettre en place n’importe quand

Le marketing automation peut vous aider à gérer et scaler de façon drastique votre marketing. Il peut être intégré dans de nombreux types d’entreprises. Il ne vient cependant pas remplacer votre marketing. Le marketing automation ne remplace pas le travail d’un marketeur dans la création de campagne d’acquisition client, la création de contenus de qualité ou l’amélioration des taux de conversion.

Avant d’implémenter un processus et un outil de marketing automation il vous faut comprendre et avoir déjà mis en place une stratégie d’acquisition et une stratégie de conversion. Le marketing automation vous aidera ensuite à structurer ces deux processus. Il vous permettra d’analyser ce qui fonctionne et vous aidera à en faire plus.

Le marketing automation sans stratégie ni exécution marketing n’est rien. Il est efficace lorsqu’il est couplé à une stratégie d’acquisition et de conversion. Une des stratégies fonctionnant bien avec le marketing automation est l’Inbound marketing. Une stratégie marketing basée sur la création de contenus pour attirer vos visiteurs dans le but de les convertir en clients.

Start-ups et implication sociale: soutenir les causes chères à ses employés

Avatar de Karina BrousseauLe feu sacré

S’impliquer, donner, même en période de démarrage d’entreprise, n’est pas chose simple. Cependant, force est d’admettre que les jeunes entrepreneurs sont beaucoup plus engagés qu’on puisse l’imaginer. J’aborde la question cette semaine avec Frédéric René, co-fondateur d’une startup en commerce électronique.


marketing sociétal

Des desseins plus grands que soi

De la santé à la coopération internationale, en passant par le soutien à la Fondation Montréal Inc. envers qui il est redevable d’avoir appuyé son projet d’affaires il y a 3 ans déjà, plusieurs raisons motivent Frédéric René, co-fondateur de la startup Liki, à s’engager sur une base personnelle. Plusieurs causes lui tiennent à coeur et profitent de son implication. Malgré son horaire hyper chargé, il prend même régulièrement le temps de donner du sang à la Croix Rouge. Pour cet entrepreneur, papa de 4 enfants, donner du temps devient d’autant plus engageant que de donner de l’argent.

Dans sa précédente

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#BigData : Les entreprises françaises à la traîne

BigData

A l’occasion de la publication d’une étude Opinion Way pour Axys Consultants sur « Les entreprises et le Big Data », Maddyness s’est penché sur cette « big tendance » pour en identifier les enjeux.


L’explosion du volume de données impacte tous les secteurs de l’économie avec la promesse de services toujours plus personnalisés pour les clients – et d’une rentabilité toujours plus élevée pour les entreprises. Cependant, la France affiche un net retard quant à l’exploitation du big data et pour nombre d’entreprises, ce concept reste flou.

Moins d’une entreprise sur cinq utilise le big data

Le big data est depuis peu le nouvel « or noir » de l’économie mais la génération de données massives n’est pas un phénomène récent. Depuis l’essor du web dans les années 2000, les internautes produisent des données. Cette tendance s’est simplement amplifiée au cours des cinq dernières années avec la numérisation de l’économie. Aujourd’hui, pas moins de 277 000 tweets, 15 millions de SMS et 204 millions d’emails sont échangés chaque minute. Un volume de données colossal, à tel point que la quantité d’informations produites dans le monde double tous les deux ans.

Si le big data traduit naturellement l’accroissement exponentiel des données selon les « 3V » (volume, variété, vélocité), cette définition ne reflète que la partie émergée de l’iceberg. La révolution du big data c’est surtout l’ensemble des techniques, architectures et technologies d’analyse et d’exploitation des données qui sont en train de naître. En 2018, ce marché devrait atteindre 46 milliards de dollars – de quoi faire pâlir d’envie tout chef d’entreprise.

Pourtant, peu d’entreprises françaises sont capables de définir clairement le big data. Parmi les 500 dirigeants interrogés dans le cadre de l’étude, seuls 25% sont capables de donner une définition précise de cette technologie. Bien que les dirigeants soient une majorité à juger leur entreprise mature dans l’exploitation des données (77%), l’utilisation du big data reste marginale (moins d’une entreprise sur cinq). Un paradoxe étonnant qui révèle que le big data concerne, pour le moment, une minorité de grandes entreprises.

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Des applications infinies et des bénéfices tangibles

Un secteur – parmi tant d’autres – à adopter rapidement le big data est celui du transport, comme en témoigne l’essor des villes intelligentes. Les agglomérations ont pléthore de données disponibles, telles que les conditions de circulation, la fréquentation des parkings et les signaux GPS des smartphones – autant d’outils qui peuvent être utilisés pour améliorer les services urbains.

Les entreprises spécialisées dans les télécommunications, la santé et les services publics découvrent aussi les avantages compétitifs que leur offre le big data. Plus de données signifie plus d’informations, qui peuvent à leur tour être exploitées pour créer des services mieux ciblés et plus efficaces. La grande distribution est, elle aussi, très attentive aux données qui lui permettent d’améliorer l’expérience client et d’accroître la fidélité. Quel que soit le secteur, le big data ne manque donc pas d’attraits.

« Ce que nous constatons par ailleurs, et que confirme le sondage, c’est qu’il y a peu de déçus du big data. Ceux qui « vivent » effectivement le big data enregistrent des bénéfices, aux premiers rangs desquels une meilleure rentabilité, une meilleure connaissance du marché et une meilleure réponse aux attentes du marché » confie Marc Sailly, PDG d’Axys Consultants.

Côté consommateur, les bénéfices sur nos vies quotidiennes promettent d’être également nombreux. Le big data nous permettra d’améliorer notre santé à travers un suivi personnel ; il rendra possible la personnalisation de nombreux services tels que les voyages ou le shopping; il nous aidera à réaliser des économies sur notre consommation d’énergie domestique ou l’entretien de notre véhicule ; enfin, il facilitera nos trajets en analysant le trafic et en réduisant la friction lors de nos déplacements.

Seuls 14% des entreprises prévoient d’investir dans le big data…

Mais pour transformer les données brutes et quantitatives en des données intelligibles et qualitatives, encore faut-il que les entreprises disposent des ressources adaptées. En effet, le passage au big data nécessite de transformer radicalement l’entreprise pour l’adapter au travail de la donnée : nouvelles activités, nouvelle organisation du travail, nouvelles compétences, sans oublier les infrastructures… Face à de tels investissements, les dirigeants français restent frileux. Selon l’étude Axys Consultants OpinionWay, seuls 14% des dirigeants d’entreprises indiquent prévoir des investissements dans la technologie big data à court ou moyen terme.

… sous le regard attentif de la CNIL et des consommateurs

Par ailleurs, la CNIL veille au grain en matière de données personnelles. Dès que les entreprises se lancent dans des projets big data, c’est elle qui s’occupe de vérifier que le traitement de données à caractère personnel respecte la finalité, le consentement de la personne et la limitation de durée. Toutefois, il n’appartient pas qu’aux autorités d’assurer le contrôle des données, comme l’illustre le Vendor Relationship Management (VRM). Son objectif ? Instaurer un nouveau paradigme qui replace le consommateur au centre de la relation avec les marques et lui redonne la maîtrise de ses données, et donc, de ses choix. Dans la bataille pour le contrôle de cet or noir, il semble que les consommateurs n’aient pas dit leur dernier mot.

Les effets destructeurs du management à la cool

On parle beaucoup d’humaniser les rapports dans l’entreprise. Est-ce une bonne nouvelle ?

L'humanisation du travail est-elle un héritage du taylorisme ? (Bob Bob/Ben Eine/Flicker/CC)
L’humanisation du travail est-elle un héritage du taylorisme ? (Bob Bob/Ben Eine/Flicker/CC)

Pour comprendre la souffrance qui infuse dans les open spaces fleuris d’aujourd’hui, alors que jamais on ne s’est tant soucié de bien-être au travail, le nouveau livre de Danièle Linhart, « la Comédie humaine au travail» (sous-titré : «De la déshumanisation taylorienne à la sur-humanisation managériale»), est d’un recours précieux. Voilà une chercheuse du CNRS qui depuis trente ans observe les mutations sociales au travail. Pour mieux comprendre ses lois non écrites, ses faux semblants, elle se faufile dans les congrès de managers, avec le risque de s’y faire insulter. (C’est arrivé, nous le verrons plus loin.) La sociologie comme sport de combat est diversement appréciée.

Danièle Linhart pourrait comme bien d’autres, sociologues ou journalistes qui font profession de décrire le réel, se retrancher derrière une prudente impartialité. Mais non. Le pouvoir d’écrire et d’être lu a chez elle l’ambition d’être mis au service d’un progrès humain, ce qui rend son livre d’autant plus captivant. A tous, petit fonctionnaire ou cadre, ouvrier ou travailleur intellectuel, elle tend un décodeur pour décrypter le malaise diffus qui se propage en milieu professionnel sans que ceux qui en souffrent se l’expliquent toujours bien. Elle leur offre de comprendre ce que l’on vit, à l’heure du burn out pour tous.

Notre siècle croit dépassée l’image d’un Chaplin à califourchon sur la machine, aux heures féroces du taylorisme ? Bien à tort, nous dit la chercheuse. Elle explique en détail comment le management contemporain peut être vu comme la poursuite du taylorisme par d’autres moyens :

Taylor apparait à bien des aspects comme le précurseur de la posture managériale qui domine  la période actuelle: se positionner au nom du bonheur des salariés, prétendre à un système équitable, juste et orienté vers le bien commun, mettre en avant les difficultés d’organisation, et de management du travail, invoquer la science, l’objectivité, la neutralité, ces attitudes ne sont pas sans rappeler bien des allégations et argumentations accompagnant les discours modernes.

A ce stade, un retour vers le passé s’impose pour rappeler qui fut ce Taylor qui divise la postérité. Un bienfaiteur de l’humanité  pour certains, car soucieux d’accroitre le bien-être en allégeant la tâche, en la réduisant à un geste unique et simple, à la portée de tous. Un diable pour bien d’autres, coupable d’avoir transformé l’homme en machine et inventé les «cadences infernales», perfectionnées ensuite par Ford et ses chaines de montage.

Frederick W.Taylor (1856-1915) est l’inventeur de ce qu’on a appelé avec grandiloquence «l’organisation scientifique du travail» (OST). Il cherchait une solution pour mettre un terme à l’«irréductible conflictualité» entre les patrons fâchés par la «flânerie systématique des ouvriers» et ces derniers, peu pressés d’en faire plus, compte tenu du ridicule de la paye. Le travail, on le sait,  fut décomposé et la tâche de chacun réduite à un automatisme. De cette fracture dans l’histoire ouvrière,  on a retenu la parcellisation. Mais la logique taylorienne, explique Danièle Linhart, c’est avant tout la domination, «la prise en main des ouvriers par l’organisation», et l’affaiblissement de leur savoir-faire.

Taylor s’évertue à nier la dimension politique du travail pour n’en retentir que la dimension technologique, économique, ergonomique ou morale afin de créer les conditions d’un consensus, écrit-elle. Il va chercher la science qu’il présente comme neutre et objective.

Mais évidemment, il passe sous silence ce fait que la science sera mise en œuvre par le patron pour servir ses propres objectifs. Car il a décidé de que ce sera au patron de mobiliser cette science, ce qui suppose de déposséder les ouvriers de leur métier. Or il ne faut jamais perdre de vue que détenir un métier permet d’imposer des tarifs et de faire obstacle à la volonté du patron. Ne connaissant pas le métier de ses ouvriers, le patron peine à dicter sa loi (…)

La question est d’importance et reste d’actualité : celui qui connait le travail dispose d’un atout de taille, et l’organisation scientifique est là est là pour donner cet atout au patron.

Taylor voulait associer progrès économique et progrès social. Ce faisant, il aura transformé des ouvriers de métiers, porteur d’un savoir-faire autonome, en «simples» exécutants puis en consommateurs, cette révolution s’accompagnant d’une forte hausse des salaires.

Ancien ouvrier modeleur (à Philadelphie), devenu ingénieur à l’issu d’années de cours du soir, mais ouvrier tout de même, Taylor était bien placé pour étudier ses pairs et leur façon de faire. Dans le cadre de son organisation scientifique, il voulait que fussent pris en compte les besoins et qualités individuelles. «On ne doit pas s’occuper d’un groupe d’hommes mais on doit essayer d’aider chaque ouvrier pour lui permettre d’atteindre son plus haut niveau d’efficacité et de prospérité», disait-il.

Taylor trouvait efficace de stimuler les ambitions personnelles ; lorsque les gens travaillent en équipe, prétendait-il, l’efficacité individuelle de chacun tombe au-dessous du niveau de celle d’un ouvrier moins bon. Sans doute avait-il en tête l’inavouable: le groupe facilite l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies de protestation et de défense, lesquelles s’affaiblissent lorsqu’un employé se trouve confronté seul à sa hiérarchie. On voit que loin d’être une calamité récente, l’individualisme, est inclue dans le plan taylorien.

Travail à la chaine ou vie de bureau contemporaine, la logique à l’œuvre est la même: affaiblir ce qui fait la force du salarié et sa ressource essentielle,  c’est à dire ce que la sociologue appelle tout au long de son livre laprofessionnalité. «‘’L’organisation’’ veut des  gens  qui n’oeuvrent pas en fonction de ce qu’ils estiment juste ou noble, écrit-t-elle, mais en fonction des appétits du capitalisme.»

Comment, dès lors, mettre au pas le salarié français, lequel met du cœur à l’ouvrage, cherche du sens dans ses heures ouvrables et ne renonce pas si facilement aux règles de l’art et de la solidarité ? Comment le soumettre, au Pays de la lutte des classes et du  CDI majoritaire, qui plus est quand le Code du travail est d’une si belle étoffe ? «En s’adressant à des ressources humaines plutôt que professionnelles», répond la sociologue. Depuis les années 80, l’idée est là qu’il faut «gérer» affects, émotions, subjectivité.

Plus on insiste sur l’humanité des salariés, et moins on les prend au sérieux comme expert de leur travail, ayant leur mot à dire dans les choix organisationnels et stratégiques de leur entreprise. Ce sont toujours d’hommes et de femmes qu’il s’agit, et non de professionnels qui peuvent avoir un point de vue argumenté sur le changement proposé.

La contradiction est flagrante. Les directions affichent un slogan de velours – l’humain au cœur de l’entreprise – mais la prévalence des burn out signale que quelque chose cloche au royaume des bons sentiments:

Le drame du travail contemporain ne vient pas, paradoxalement, de ce qu’il est déshumanisant mais au contraire du fait qu’il joue sur les aspects les plus profondément humains des individus. Au lieu de s’adresser aux registres professionnels qui permettent d’établir une délimitation entre ce que ces individus engagent au travail et ce qu’ils sont, le management moderne joue sur le registre personnel des salariés.

Fini le temps du bonjour compassé du directeur à son subalterne.  Toujours cool, le «n+1» tend patte blanche à son salarié sur le mode l’entreprise-est-à-nous-tous-et-ton-avis-nous-intéresse. En réalité,  ce mélange des genres fragilise les gens. Sous son blanc manteau, l’orientation humanisante est dangereuse ; si l’affaire tourne mal, ce n’est plus un professionnel qui sera jugé par ses chefs mais la personne toute entière, livrée à une évaluation critique parfois fatale. Or rappelle la chercheuse, «chaque personne au travail a ses propres intérêts sur lesquels elle doit veiller, intérêts financiers mais aussi de gestion de sa santé, à savoir s’économiser physiquement et psychiquement  pour ne pas s’épuiser au travail et pouvoir durer.»

Accélération du temps

Toutes ces observations,  Danièle Linhart les a exposées plus d’une fois, parfois à ses risques et périls. Elle se souvient d’un symposium, il y a quelques années, réunissant deux cents responsables du service public et d’entreprises privées dans un pavillon chic, non loin des Champs Elysées. Un thème, ce jour-là: le pacte de confiance. Pacte entre le client et son vendeur, pacte entre le client et son prestataire mais pacte surtout entre le salarié et sa hiérarchie. La chercheuse avait pris place sur la tribune entre deux gradés, succédant à un représentant d’Orange venu disserter sur la nécessité de «réhumaniser le travail». Parler davantage avec le personnel, être plus proche, appeler les gens par leur prénom, ne pas oublier de serrer la main – c’était à l’époque des suicidés en série.

Danièle Lihnart avait protesté contre cette comédie. Sans être hostile, bien sûr, à une certaine chaleur autour de la Nespresso (qui le serait ?), elle est soucieuse de rappeler que c’est sa professionnalité, justement, que le salarié veut voir respecter, laquelle constitue sa force et lui donne sa légitimité. Bien plus que sa dimension d’être humain, qui n’est pas remise en cause. (D’ailleurs, pourquoi le serait-elle ?)

Ce jour-là, des ricanements se sont fait entendre dans l’assistance. Du parterre de DRH se sont élevées des voix pour dire que oui,  on assume parfaitement d‘attendre du recruté un maximum d’implication, qu’un employé qui n’est pas prêt à faire allégeance n’a pas sa place dans l’entreprise. Danièle Linhart est apparue comme une sociologue marxisante au discours ringard. Souvenir vertigineux pour elle, ce jour-là  prise d’un mal qu’elle s’évertue à décrire: le syndrome du has been. Le sentiment d’être dépassé fait des ravages en entreprise et ce n’est pas non plus fortuit:

Cet argument de l’accélération infinie du temps devient une arme de guerre. Non seulement, il conduit à déstabiliser sans cesse les salariés, à brouiller leurs repères et à défaire leurs ancrages, mais il désamorce toute tentative d’analyse critique.

Le voilà, l’inavoué: le changement perpétuel est utilisé comme une stratégie de prise de contrôle. «Le mal qui nous guette les unes et les autres, et qui suscite une antique terreur comme la lèpre, a pour nom l’archaïsme,  il est à l’image de la dévalorisation dont souffrent chroniquement les personnes âgées dans la société, les seniors dans les entreprises, considérés comme des boulets dont il faut se débarrasser au plus vite.»

L’entreprise n’est pas toujours tendre avec le salarié de soixante, voire de cinquante ans, chassé par les plans sociaux – cette triste valse aux adieux. Un salarié de soixante ans qui se sent «vieux con» dans le regard de son patron quadragénaire est attaqué dans son autre ressource fondamentale: l’expérience, laquelle autorise le point de vue, la liberté d’esprit, la critique, possiblement la contestation. Un vieux salarié cassé est une bombe désamorcée.

Et tant pis si le départ des anciens risque de vider l’entreprise d’une partie de sa mémoire. Ou plutôt tant mieux, devrait-on dire, car c’est précisément le but recherché. L’une des ruses modernes du management consiste à produire de l’amnésie. Les temps changent, entend-on comme un refrain, il faut sortir de l’archaïsme. D’où le changement perpétuel et sa kyrielle de recompositions, réformes, refontes, réorganisation des espaces de travail, déménagements, sous prétexte de ne laisser personne «s’enkyster». Ce qui alimente l’amnésie, poursuit Danièle Linhart, c’est que les représentations mentales antérieures disparaissent. Où êtes-vous conflits sociaux et rapports de force ? Où sont-elles, les banderoles portant haut le refus de l’exploitation et la lutte des classes ?

Distiller le doute est devenu la technique moderne d’affaiblissement de la professionnalité. A l’ère du management nappé d’humanisme et de cool, chacun est prié de donner le meilleur de lui-même, dans un cadre professionnel présenté comme bienveillant.

Le cadre, d’ailleurs, est pensé pour : en échange d’une production de chartes éthiques et de codes déontologiques, la direction demande toujours plus de loyauté, flexibilité, mobilité, investissement, engagement, attachement à la marque. Les anciens se cabrent. Les nouveaux arrivés, pour la plupart, jouent le jeu  et ferment les yeux sur les misères faites à leurs aînés, jusqu’au jour où le milieu festif se transforme en jungle. Le débutant, devenu parent à son tour, se trouve dans l’impossibilité d’établir la frontière mentale nécessaire entre une vie professionnelle chronophage et sa maison, où il voudrait bien rentrer avant l’heure du bain et des aventures de Motordu,  et si possible pas trop exsangue.

On assiste à un paradoxe dérangeant, qui veut qu’au moment où on en demande de plus en plus aux salariés, excellence engagement total et prise de risque, face à un travail de plus en plus complexe, on les plonge artificiellement dans un état de fébrilité, un sentiment de peur et d’impuissance qui tend a paralyser leur activité.

Danièle Linhart décrit fort bien le grand malaise diffus contemporain, qu’elle appelle «précarisation subjective du salarié» :

L’instabilité fait partie du paysage habituel des entreprises modernes qui se veulent adaptées à un monde plus fluctuant et exigeant. Mais derrière cette image d’Epinal se cache une réalité bien plus aride : celle de l’inconfort, voire d’un certain degré de souffrance comme levier pour obliger le salarié à rendre les armes et à se transformer en relais efficace des méthodes et de la qualité de travail voulues par leur direction.

Avec ce livre, on comprend l’importance de bien nommer les choses aussi au travail. Dans les open spaces fleuris d’aujourd’hui, le malaise ne doit rien au hasard. C’est une politique.

Anne Crignon

La comédie humaine du travail. De la déshumanisation taylorienne à la sur-humanisation managériale
par Danièle Linhart
Editions Erès
152 pages, 19 euros.

Le nouveau jargon de la distribution à retenir

CHARLÈNE LERMITE
LSA|

Beacon, webrooming, narrative retailing… Le jargon de la distribution a bien évolué, les nouvelles technologies prennent d’assaut le secteur qui s’enrichit de nouveaux termes. Présentation du top 9 des nouveaux mots de la distribution.

Les nouvelles technologies envahissent la distribution. Elle s'accompagne d'un nouveau vocabulaire qui vient enrichir le jargon du secteur.
Les nouvelles technologies envahissent la distribution. Elle s’accompagne d’un nouveau vocabulaire qui vient enrichir le jargon du secteur.© WavebreakmediaMicro – Fotolia

Comme dans tous les domaines, la distribution évolue, et avec le temps le jargon change et bien sûr, les anglicismes se multiplient au passage. Perdu au milieu des beacons, webrooming et autres mots barbares ? Petit tour d’horizon des 9 nouveaux mots de la distribution à retenir.

1. Le webrooming 

Il s’agit de l’activité de recherche des informations sur un produit à partir d’un site internet, avant d’aller l’acheter dans une enseigne physique. Cette pratique est l’exact contraire du showrooming qui consiste à aller s’informer dans un magasin physique avant de commander le produit en ligne. Si le showrooming inquiète particulièrement les détaillants, le webrooming devrait les rassurer. Une étude de 2014 de Merchant Warehouse, menée aux Etats-Unis, révèle que 69% des détenteurs de smartphones âgés de 18 à 36 ans s’étaient livrés au webrooming, contre 50% au showrooming. Le webrooming profite surtout des avantages que procure un achat en magasin, avec le service après-vente et la facilité de remboursement.

2. Le showrooming 

Une pratique bien connue des détaillants : le client va s’informer et découvrir le produit dans une enseigne physique avant de le commander en ligne immédiatement, car il y est moins cher qu’en magasin. Le showrooming inquiète particulièrement les distributeurs, d’autant plus qu’une des seules techniques pour lutter contre le phénomène consiste à aligner les prix en magasin sur ceux des sites d’e-commerce. Pourtant, le webrooming et le showrooming sont des pratiques plutôt complémentaires : suivant le produit recherché, le consommateur choisira l’une des deux techniques.

3. Le f-commerce

Le mot tient son abréviation d’un célèbre réseau social : f-commerce pour Facebook. Il s’agit de l’activité de vente réalisée directement sur une page ou une application Facebook. Il désigne aussi l’utilisation des fonctions de partage du réseau social sur un site marchand ou en point de vente. Le f-commerce peut être rattaché au s-commerce pour social-commerce. Si on prend la notion au sens strict il s’agit réellement de l’utilisation du réseau social pour réaliser directement des transactions. Dans une définition plus marketing, le s-commerce pourrait englober aussi les partages et recommandations sociales.

4. Le m-commerce

M-commerce s’entend du mobile commerce, c’est-à-dire l’achat via un smartphone ou une tablette, à l’aide notamment d’une application ou d’un site web dédié. On peut lui relier le l-commerce, c’est-à-dire le located based commerce : une application mobile qui reçoit en temps réel les bons plans, des coupons, et des informations sur les lieux à proximité. Dans la même veine le t-commerce, comme télévision commerce, permet de réaliser des achats depuis sa télévision grâce à la télécommande.Ikea avait lancé une télévision intégrant cette fonctionnalité en 2012. Visiblement cette technologie n’a pas eu le succès escompté.

5. Le B to R et le B to I

Après le B2B, le B2C, et autres acronymes, le B2R. Il désigne les relations entre une entreprise et ses différents clients. On peut parler de relation entre le producteur et ses détaillants. Le terme recouvre l’ensemble des actions marketing et commerciales à destination de la distribution externe. Dans la même veine, le B2I désigne la relation entre professionnels et actionnaires. Encore un anglicisme, I désignant les « investors ». Il concentre l’ensemble des activités et actions de communications des entreprises à destination des actionnaires actuels et potentiels.

6. L’e-couponing

Cette technique de marketing consiste en la distribution de coupons imprimables en ligne : ils donnent lieu à des réductions dans les points de vente physiques. L’e-couponing vient dépasser l’ancienne technique du coupon donné à la sortie de caisse. A l’heure du ciblage et du digital, les initiatives personnalisées se multiplient. Aujourd’hui grâce à l’application française de Catalina, c-Wallet, le consommateur n’a même plus à sortir ses coupons ou son smartphone en magasin, il peut choisir ses produits du quotidien et ses réductions.

7. Le beacon

Le beacon est un mini capteur Bluetooth placé au sein d’un point de vente, qui dispose d’un faible rayon d’émission. Il envoie des offres personnalisées, avec des informations, des promotions et enregistre les visites pour créditer des points de fidélité par exemple. Seul bémol du beacon : le consommateur doit disposer d’une application spécifique à l’enseigne et avoir accepté de recevoir des notifications. Certains capteurs beacon ne fonctionnent pas par Bluetooth, mais à ultrasons. Le beacon prend de l’ampleur de jour en jour, Carrefour l’utilise dans ses magasins en Roumanie, Next One dans ses panneaux publicitaires, et le centre commercial des Terrasses du Port à Marseille y recourt aussi. ABI Research table sur 60 millions de Beacon dissimulés aux Etats-Unis à l’horizon 2019. Une technologie particulièrement intéressante quand on sait qu’elle permet aussi de récolter des informations précises sur le comportement du consommateur.

8. Le géofencing

Le géofencing ou « localisation à faible échelle », est une technique de marketing utilisant la géolocalisation : dès que le consommateur pénètre dans une certaine zone, il reçoit des messages, et alertes personnalisées sur son smartphone, s’il a téléchargé l’appli mobile de la marque, de l’enseigne, ou du centre commercial. Cette technique de marketing peut fonctionner à partir de beacon, de puce NFC, ou de balises à ultrasons. Le but est de toucher le client au bon moment et au bon endroit, en le poussant à rentrer dans un point de vente ou un rayon. Le géofencing est particulièrement utile pour la liquidation de stock, malgré son aspect intrusif. L’appli mobile Bonial recourt depuis mai 2015 à cette technologie qui ne nécessite aucune collecte de données personnelles.

9.Le narrative retailing

En Français théâtralisation du point de vente. Le but est simple : mettre en scène un produit unique et exclusif, en racontant une histoire. Le magasin gagne une approche plus conceptuelle, il est expérimental, a un côté musée, mais surtout c’est un lieu d’expérience sensorielle et de divertissement. En tête des narrative retailing peuvent se placer les boutiques Apple. On crée finalement une connexion émotionnelle entre la marque et le consommateur.

What You Need to Know About Customer Win-Back

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By V. Kumar, Yashoda Bhagwat, and Xi Zhang   

It’s a hypercompetitive market and you are doing everything you can to retain your customers, yet you know that no matter what you do, you will still lose some customers to competitors. The competition to acquire new customers is fierce. How do you maintain your customer base? Our research team at Georgia State University looked at a large national telecommunications firm and found that it can be profitable to go after lost customers and win back their business. While it may seem counter-intuitive to spend time and money on customers who chose to leave, the reality is that you can’t retain every customer and acquiring brand new customers is expensive. Luckily, the game is not over when you lose a customer and you can revitalize your relationship. To successfully win back profitable customers who are worth your effort, you…

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La productivité qui stagne, cette erreur qui nous tue

  • Il s'agit craindre robots destructeurs d'emplois, voir comment gagner emplois robots.

    Il ne s’agit pas de craindre les robots destructeurs d’emplois, mais de voir comment gagner des emplois avec les robots. – Gerald Bloncourt/Rue Des Archives

La façon actuelle de mesurer la productivité cache les changements en cours dans nos sociétés. Le PIB, issu du monde de l’industrie et de l’agriculture, ne suffit plus à décrire la réalité d’un monde façonné par Google, Facebook ou Uber.

C’est tristement officiel : la productivité, la richesse produite par heure, est en décélération constante. Elle est désormais plate. En même temps, nous allons à Londres, où la stagnation de la productivité inquiète les statisticiens (la Banque d’Angleterre dans une étude récente et le Trésor français dans une autre) : nous y voyons une économie vibrante. Quant aux start-up françaises, elles ne s’inquiètent pas tant que cela de la lenteur qui nous étreint ! Et moins encore Los Angeles, même si Janet Yellen, la patronne de la Fed, faisant écho à la « stagnation séculaire » annoncée par Larry Summers, prévient que sans hausse significative de la productivité, il ne sera possible ni de croître ni d’augmenter les salaires.

Et si nous passions à côté de la révolution en cours ? Et si, avec ce PIB qui nous vient de l’agriculture et de l’industrie du XIXe siècle, de l’effort physique lié la machine, nous ne comprenions pas ce qui se passe dans ce monde de communication et de partage d’informations ? Pis, nos analyses actuelles vont non seulement à l’encontre du diagnostic, mais plus encore de la solution. Il ne s’agit pas de craindre les robots destructeurs d’emplois, après les Chinois, mais de voir comment gagner des emplois avec les robots !

La lacune des mesures de productivité est d’être macroéconomique. Elle mélange ce qui naît à peine avec ce qui peine, ce qui révolutionne avec ce qui freine. Elle trouve une stabilité, mais elle vient de la lutte entre les espoirs et idées actuels contre les savoirs anciens, les structures établies et autres « avantages acquis ».

Le monde de Google, Apple et Facebook n’aiderait donc pas la productivité ? Agir plus vite et efficacement, communiquer plus finement, choisir plus précisément, mieux comprendre ce que veut (et voudra) tel client pour mieux le satisfaire, ne ferait donc pas plus de croissance ?

Non, vous dit-on, puisqu’on appelle croissance toute dépense ! On connaît les critiques anciennes, toujours valides, à cette approche du PIB qui nous plombe. Le mariage, où l’employeur épouse son employé(e), qui travaille désormais sans salaire, fait baisser le PIB. Heureusement, pollution et embouteillages le font monter ! Le PIB est davantage calculé en fonction du temps physique qu’intellectuel. L’innovation et l’astuce, soit faire autrement avec moins, deviennent pour lui récessives, comme les désintermédiations et autres « ubérisations » qui explosent.

Que dire au prix Nobel Solow en 1987 qui s’inquiète de ces ordinateurs « qui sont partout, sauf dans les statistiques » ?Qu’il faut attendre que le processus se diffuse. C’est en cours. Toutes les entreprises sont sur Internet, celles qui refusent meurent. De plus en plus de salariés utilisent les nouveaux outils… Pas assez. Accélérons.

Que dire à ces consommateurs qui préparent leurs courses et font leurs choix sur ordinateur, se renseignent et comparent ? Qu’ils doivent cesser de faire baisser le PIB, ou continuer ? L’économie de la gratuité, puisque ces consommateurs ne sont évidemment pas payés pour chercher ce qu’ils vont acheter et ne posent pas de questions à un salarié à un comptoir, prépare des choix plus efficaces car mieux informés, et marchands. Elle n’est pas récessive. Il faut donc améliorer nos mesures, suite au rapport Stiglitz, Sen, Fitoussi – et, en attendant les résultats, changer plus vite encore nos pratiques, formations et structures.

Que dire aux jeunes chômeurs ? Que l’ordinateur est responsable de leur état ? Ou bien qu’il faut lier formation, apprentissage et création d’entreprises, et que les entreprises, grandes ou petites, les attendent. Elles rajeuniront !

Nos mesures de productivité cachent les changements en cours. A preuve, la forte hétérogénéité des entreprises entre les « toutes nouvelles », les « en cours de restructuration » et « les autres ». La croissance viendra de la réduction de ces écarts, avec et par les changements de structures et la diffusion des innovations. Voilà le chantier.

Au lieu de dire que cette productivité, en fait mal mesurée, annonce la stagnation, il faut redoubler d’efforts de formation et de création de nouveaux outils d’information-communication, avec les clients et les salariés devenus testeurs et coopérateurs. Nous entrons dans l’économie du partage. Les gains de productivité y seront plus élevés, les baisses de prix aussi. Ne regardons pas le futur avec les lunettes du passé !

Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/021247393191-la-productivite-qui-stagne-cette-erreur-qui-nous-tue-1142767.php?EZAPgbbz00dUaVlF.99

Les capteurs fins révolutionnent nos usages

Tandis que nous avons à présent l’habitude de transporter en permanence avec nous un certain nombre de capteurs – via notre smartphone, notamment – le champ d’application des capteurs s’étend avec la création de technologies de plus en plus invisibles qui vont profiter à quatre secteurs d’activité.

Des capteurs étirables, résistants et invisibles

Plus les technologies se développent, plus elles se font invisibles. Et les capteurs intelligents, d’objets physiques que nous tenons dans nos mains, se font aussi fins qu’une « seconde peau ». Ils peuvent ne faire que quelques millimètres d’épaisseur, voire avoir l’épaisseur d’une feuille de papier. De plus en plus étirables, résistants et discrets, ces capteurs peuvent être utilisés pour mesurer les données souhaitées sur un corps humain sans interférer avec le mouvement d’une personne. Ils peuvent être placés partout sur le corps, ou intégrés discrètement à nos vêtements. Ces capteurs là sont ceux qui ont le plus gros potentiel pour des développements futurs, bien plus que les bracelets et montres connectées ou straps de fitness physiques, souvent encombrants et peu précis.

Pour le sport

Là où la présence des capteurs se fait la plus évidente, c’est dans le domaine sportif. L’athlète connecté a déjà une série d’objets à sa disposition (comme par exemple Rafael Nadal avec sa raquette connectée Babolat) tels que des écouteurs qui font coach, des podomètres, des bracelets et montres de fitness, et autres ceintures de fréquence cardiaque. La plupart des ces produits sont toutefois tournés vers la surveillance des données biométriques.

Là où les capteurs fins contrastent avec les objets existants, c’est dans leur capacité à analyser des données bio-mécaniques précises, offrant ainsi aux athlètes et aux coachs une meilleure compréhension des mouvements du corps, des données de posture, de fréquence cardiaque, de technicité des mouvements, ce qui permet d’anticiper les risques de blessure par exemple.

Le constructeur français de semelles connectées Glagla Shoes pointe du doigt une légère complexité toutefois, quant à l’intégration des capteurs ultra fins, dans des environnements complexes tels que les chaussures par exemple. On obtient par le positionnement de ces capteurs dans une semelle des données bien plus précises sur la posture, la vitesse et les déplacements de l’athlète dans l’espace, mais il faut aussi être capable de rendre étanche et solide la chaussure tout en restant confortable, afin que les capteurs supportent cette zone hautement sujette aux chocs et à l’humidité.

Pour la santé

Dans les hôpitaux et cliniques spécialisées, cela fait longtemps que l’on utilise les capteurs fins pour mesurer des données de santé, comme la fréquence cardiaque, la pression sanguine, le taux de glucose et bien plus. Toutefois, l’industrie de la santé pourrait bénéficier de nombreux autres usages grâce aux capteurs fins.

C’est pourquoi se développent de plus en plus des objets connectés pour la santé, tels que des glucomètres connectés, des tensiomètres qui s’utilisent avec le smartphone et bien d’autres objets. Ces objets se démocratisent dans le milieu médical pour assurer le maintien des personnes à domicile, notamment. On peut envisager pour être encore moins intrusifs auprès des personnes âgées ou des handicapés par exemple, des vêtements qui envoient en temps réel des données médicales au personnel soignant. Le tout sans solliciter la personne, ce qui améliorera à terme le confort des personnes malades ou handicapées. Des vêtements ont même été créés pour prévenir les crises d’épilepsie.

Pour le confort et la sécurité automobile

Le secteur de l’automobile utilise déjà plus de 100 capteurs différents pour gérer les freins, la pression des pneus, la température intérieure et extérieure et vous avertir de votre proximité avec une autre voiture. La plupart de ces capteurs se focalisent sur les conditions minimales de sécurité de la voiture. Les capteurs fins pourraient permettent de gérer le confort et la sécurité des personnes dans la voiture.

Imaginons qu’ils soient intégrés dans le siège auto, les capteurs peuvent être employés pour analyser la posture d’une personne, par exemple. Le siège pourrait ainsi s’ajuster automatiquement aux besoins d’une personne assise et ainsi favoriser son confort lors du voyage. Les airbags pourraient être réalignés en fonction de la posture de cette personne et détecter s’il s’agit d’un enfant ou d’un adulte et ainsi ajuster la pression de déploiement de l’airbag et sa taille dans l’éventualité d’un accident.

L’hyper connectivité des voitures n’est toutefois pas encore considérée comme donnée rassurante dans l’imaginaire collectif, lorsque l’on voit le haut potentiel de piratage de certaines voitures comme la Jeep Cherokee piratée récemment.

Réalité virtuelle et réalité augmentée

Il est amusant de voir les facteurs qui empêchent la réalité virtuelle d’être une véritable expérience immersive. Traquer les mouvements du corps d’une personne de façon précise et sans intervention de câbles, c’est un des gros soucis de l’expérience de la réalité virtuelle ou de la réalité augmentée. Le corps doit devenir un outil. Les capteurs permettent de rendre lesjeux plus sensibles grâce à l’analyse du mouvement du corps du joueur. Les capteurs optiques sont encore trop imprécis d’ailleurs, c’est pourquoi nous devrons passer à ce type de technologie non-invasive.

À présent, les chercheurs et développeurs vont plus loin et réussissent même à capter des données neurologiques qui pourraient être interprétées et réutilisées dans l’expérience de jeu de l’usager. On peut à présent créer un environnement immersif à partir de cela qui soit une réponse aux stimulus émotionnels des personnes impliquées dans un jeu.

Cela fait à présent trop longtemps que nous nous sommes focalisés sur des capteurs rigides. Nous devons à présent nous intéresser à des capteurs fins et invisibles, placés sur le corps humain, plus précis et discrets, et délivrant une expérience pleine à leurs usagers, sans entamer leur confort ni rappeler leur présence.

The 15 hottest European fintech startups in 2015

 Thomas Ohr

Fintech-StartupsIn the last decade, there were a bunch of really successful fintech companies that started in Europe. Companies like Klarna, Adyen or Transferwise (to name just a few) changed the way we do payments or the way we transfer money overseas.

By pursuing radical new concepts, these fintech startups became some of Europe’s most valuable companies within just a few years.

The financial technology sector is hot, the summer heat is on, so let’s look at Europe’s hottest fintech startups in 2015. In order to present you the “next wave” of Europe’s fintech disruptors, we scanned the market for the most promising startups out there that are not older than 3-4 years. And here is our list of Europe’s hottest fintech startups in 2015:

Azimo-logoAzimo: Founded in 2012 and headquartered in London, Azimo was created out of the founders frustration with the money transfer industry. They experienced so much waste, cost and poor customer service that they decided to create a better way to send money overseas. Well, the Azimo founders could have used Transferwise, which was founded two years before, but they chose to compete with them and especially with older money transfer providers like traditional banks. In total, the ambitious team behind Azimo already raised $31.6 million in venture capital.

Bitbond-logo-2015Bitbond: A peer-to-peer bitcoin lending platform with mission to make lending and borrowing globally accessible. Small businesses like ebay sellers who need to finance working capital and inventory list their loan request on Bitbond after going through a credit check. The loans get funded by individual and institutional lenders who thereby earn interest with their bitcoins. By leveraging bitcoin as a technology and payment network, Bitbond sees itself as the first global marketplace lender for small business loans. So far, the Berlin-based startup which was founded in 2013 raised about $940K in seed funding.

cashcloud-logoCashcloud: Started in 2012, Cashcloud aims to become the leading provider in eWallet solutions for community payments, cards (like credit cards and debit cards), couponing for deals and special localized offers via mobile Smartphones. Cashcloud’s mobile eWallet solution enables its users to exchange payments safely/easily and works with iOS and Android devices. The Luxembourg-based company raised about $3.3 million in venture capital so far.

Centralway-logoCentralway Numbrs: One App. Every Bank. Numbrs brings all of your bank accounts together in one easy-to-use app. The app analyses your spending behaviour and existing transactions to calculate your future income and expenses. It enables mobile bank tranfers the easy way. Numbrs saves all your financial transaction details for you so that sending money is just one click away. Launched in 2012 and headquartered in Zurich, Centralway Numbrs secured venture capital in a total of $11.5 million.

Ensygnia-logoEnsygnia: The London-based mobile interaction company behind theOnescan omni-channel app. Onescan enables mobile payments online, in-store and on-the-go and has applications for log-in, authentication and mobile identity. In the payments world Onescan allows customers and prospects to go from looking to buying in under 10 seconds. Ensygnia was founded in 2012 and secured roughly $6.6 million in venture capital so far.

Judo-payments-logoJudo Payments: Founded in 2012, judo payments provides mobile payment solutions to businesses of all size to ensure they never lose a sale. From integrated card payments for mobile apps to providing the tools to build a custom mobile payment system for third parties, judo makes mobile credit and debit card acceptance simple and affordable. So far, the London-based company raised about $14.3 million in venture capital.

Kreditech-logo-standaloneKreditech: An online consumer finance company which provides easy and fast access to online loans to customers worldwide through its web and mobile services. The Hamburg-based startup is also a real-time scoring technology provider that applies big data analysis to thousands of data points in credit applications over individuals. Kreditech was founded in 2012 and has so far secured over $8 million in venture capital from very prominent investors and over $250 million in debt financing.

Lendico-logoLendico: Founded in 2013, Lendico is a transparent marketplace for loans. By connecting borrowers and investors online, the startup avoids the excessive costs of traditional banking. And the savings are passed right through to their customers. Lendico does a strict quality control of all borrower projects and coordinates all payment transactions on top. Earlier this year, the Berlin-based startup raised €20 million from investors like Rocket Internet, Access Industries and HV Holtzbrinck Ventures.

Monese-logoMonese: A branchless and digital banking service that offers instant account opening via their mobile app, regardless of the customer’s missing utility bill. Helping expats, the company offers easy account opening, cheap payments and a debit card. Monese’s modern technology based on secure cloud technologies removes many of the barriers that traditional banking systems impose. Founded in 2013 and headquartered in London, Monese raised about $1.8 million in venture capital so far.

Number26-logoNUMBER26: A Berlin-based fintech startup that aims to revolutionize the traditional banking industry and how people spend, save and send money. Started in 2013, NUMBER26 claims to be Europe’s most modern way of banking. With NUMBER26 the current bank account is reinvented and combined with an intuitive mobile & online banking experience. So far, NUMBER26 has secured about $12,7 million in venture capital.

Osper-logoOsper: Launched in 2012, Osper is a prepaid debit card and mobile banking service empowering young people to manage their money responsibly by instilling good financial habits from an early age. It offers a safe MasterCard prepaid debit card and a simple mobile banking app with separate logins for young people and parents. All money on Osper is safely managed by a European regulated bank. Its application runs on Android and iOS devices. Headquartered in London, Osper so far raised about $11.2 million in VC funding.

Setpay-logoSetpay: A payment solution aimed at SMEs and freelancers that can carry out any type of economic activity and charge for their products or services in person. The objective of SetPay is to provide the tools that enable their users to facilitate payments, customer loyalty, to publicize offers and products. Launched in 2012 and headquartered in Santiago De Compostela (Spain), Setpay is currently in the process of raising $500K with a valuation of $2 million.

Spotcap-logoSpotcap: Founded in 2014, Spotcap is the first startup to offer online credit lines to small companies in Spain. The young fintech company also operates in the Netherlands and Australia. Spotcap is headquartered in Berlin, with local offices in Madrid, Amsterdam, and London. Supported by Rocket Internet, Spotcap so far raised over €13 million in venture capital and about €5 million in debt financing.

TraxpayTraxpay: A Frankfurt-based startup which aims to transform the way that businesses pay and get paid with the world’s first B2B Dynamic Payments platform. Traxpay’s patent pending platform (cloud-based) combines secure, flexible, real-time electronic payments (24/7) with all structured and unstructured data related to the transaction. Traxpay was founded in late 2009 but in stealth mode till 2012. The company raised about $19 million in venture capital and its main shareholder is as of September 2014 main incubator – the corporate incubator of Commerzbank and Software AG.

Yoyo-Wallet-logoYoyo Wallet: An app that enables mobile payments and automated loyalty. The London-based team created it in 2012 with a laser like focus on what is important to their customers and retailers. With fast payments, loyalty and high security standards, Yoyo customers are secure and empowered. For Yoyo retailers, the startup provides the integrated marketing tools they need to reach targeted customer segments, drive sales, increase revenue, and offer an elevated customer experience. So far, Yoyo secured about $15 million in venture capital.

Objets connectés et bien-être (infographie)

Vous et les objets connectés

Lunettes, lave-linge, téléviseurs, montres, systèmes de vidéosurveillance, serrure, fourchette… De nombreux objets du quotidien existent désormais en version « connectée », sous-entendu à Internet. Qu’ils soient directement connectés au Web en Wi-Fi ou bien par l’intermédiaire d’un smartphone (avec lequel ils communiquent en Bluetooth), ces objets prennent une nouvelle dimension. Le consommateur connecté peut ainsi surveiller sa maison, la distance qu’il a parcourue dans la journée et son rythme cardiaque en deux clics sur l’écran de son smartphone. L’univers de la santé et du bien-être est au cœur de cette nouvelle tendance.
Nous avons voulu savoir si vous, lecteurs de Que Choisir, aviez déjà intégré ces nouveaux objets à votre quotidien et quel était votre ressenti. Voici les résultats de notre questionnaire en ligne.

Infographie-objets-connectes
 Les ventes en France

Les professionnels du Web et du mobile sont unanimes : les ventes vont décoller en 2015. À en croire leurs prévisions, les instituts d’étude vont dans le même sens. La moitié des personnes interrogées par Médiamétrie envisagent d’acheter un objet connecté prochainement. GfK, dont nous vous présentons ici quelques chiffres, estime que 350 000 montres etbracelets connectés auront été vendus en 2014, un chiffre qu’il prévoit déjà de revoir à la hausse. Les montres connectées sont les plus connues de ces objets. Les modèles se sont multipliés ces derniers mois (Samsung Galaxy Gear S, LG G Watch R, Sony Smartwatch, Asus Zenwatch, Pebble, etc.), et il faut dire que fabricants et distributeurs se sont passé le mot pour les mettre en avant (publicités, îlots dans les boutiques…). Le prix reste toutefois un frein à leur développement et le premier critère de sélection (Harris Interactive).

Utiles, les bracelets ?

Les bracelets connectés arrivent juste derrière les montres en termes de notoriété, c’est vous qui le dites (1). Moins élaborés que les montres, ces capteurs d’activité comptent vos pas quotidiens, la distance parcourue, les calories brûlées. Ils vous félicitent lorsque votre objectif quotidien est atteint et vous encourage s’il ne l’est pas encore. Certains « surveillent » votre sommeil, d’autres intègrent un cardiofréquencemètre pour prendre votre pouls. Les plus évolués permettent aussi de piloter un lecteur de musique et affichent des notifications lorsqu’on vous appelle ou que vous recevez un SMS sur votre smartphone (ils se rapprochent alors beaucoup des montres connectées).

Vos avis sont très partagés quant à l’utilité de ces bracelets et des autres objets connectés liés à la santé (balances, tensiomètres, thermomètres, etc.). Notez qu’à défaut d’être forcément utiles, ces objets ont au moins le mérite d’être très simples d’utilisation. Les applications « compagnon » à installer sur le smartphone sont généralement bien faites et revêtent même souvent un aspect assez ludique.

La majorité est à peine plus franche en ce qui concerne la protection de vos données personnelles. Faute d’avoir encore mené d’étude précise sur le sujet, impossible de vous rassurer sur ce point. Les fabricants d’objets connectés, en particulier concernant la santé, accumulent des milliers de statistiques sur leurs utilisateurs. Comme de nombreuses applications (toutes ?) de l’App Store ou du Google Playstore, celles des fabricants de bracelets s’intéressent, en plus, aux données personnelles contenues dans votre smartphone (localisation, numéro d’identification de l’appareil, adresse MAC de la puce Wi-Fi, etc.).

Les spécialistes en tête

Aujourd’hui, les taux d’équipement en objets connectés sont encore faibles. Parmi vous, le bracelet est le plus répandu, suivi de la balance et de la montre. Le plus souvent, ces objets ont été achetés sur Internet. Les sociétés spécialisées dans le bien-être connecté tirent leur épingle du jeu à côté des grandes marques d’électronique grand public : elles arrivent largement en tête dans les ventes. Notez que ces spécialistes proposent souvent une gamme plus vaste, avec des produits à tous les prix.

Une satisfaction mitigée

La plupart des utilisateurs ne peuvent plus se passer de leur bracelet, ou de leur montre. Plus de la moitié l’utilise tous les jours, et il semble que vous allez de plus en plus loin dans les fonctions proposées puisque 85 % d’entre nous affirment l’utiliser autant qu’au début, voire plus. Cet enthousiasme concerne a priori les utilisateurs de bracelets et de balances connectés. Les utilisateurs de montres connectées sont en effet moins globalement satisfaits de leur achat.

(1) Enquête réalisée du 27/11/2014 au 4/12/2014 auprès de 831 abonnés à la lettre d’information hebdomadaire de QueChoisir.org