Category Archives: Economie

Se réserver du temps pour la gestion : un impératif !

Se réserver du temps pour la gestion : un impératif !

D’abord, une bonne organisation administrative

Plus de 150 000 petites entreprises font confiance à FIDUCIAL et l’analyse de leur fonctionnement démontre jour après jour l’étroite corrélation qui existe entre la qualité de leur organisation administrative et leur niveau de rentabilité. Plus le chef d’entreprise attache de l’importance à son organisation, meilleure est sa rentabilité.

C’est logique pour plusieurs raisons : il évite de perdre du temps, de perdre des occasions d’affaires. Il sait à tout moment ce qu’il doit et ce qu’on lui doit.

En outre, dans un pays où les réglementations et les formulaires sont abondants, il faut veiller à ne pas se laisser déborder par la paperasse.

Savoir où l’on va

L’établissement d’un budget prévisionnel permet, au début de chaque exercice comptable, de chiffrer et de matérialiser ses objectifs, voire de les retoucher afin de les mettre en adéquation avec les moyens actuels ou futurs de l’entreprise. C’est un moment privilégié de réflexion, qui offre l’occasion de prendre du recul.

De plus, ces prévisions baliseront le chemin et permettront de mesurer régulièrement les écarts avec les réalisations.

Connaître ses coûts et la formation de ses prix

Que le prix soit fixé par le dirigeant, voire imposé par la loi ou qu’il découle de la concurrence, une bonne connaissance du coût de revient de ses produits ou services permet de contrôler que le niveau de prix pratiqué suffit à dégager des résultats satisfaisants, et à défaut d’ajuster son prix, voire d’adapter le coût de revient à son prix final (c’est-à-dire de modifier les éléments formant son prix).

Attention toutefois à ne pas considérer la baisse des coûts comme la seule issue pour résister à la concurrence et/ou à l’effritement d’un marché. Le prix est certes une donnée importante dans la décision d’achat du client, mais la valeur ajoutée apportée par un bien ou un service l’est généralement encore davantage.

Avoir toujours un œil rivé sur la trésorerie

La trésorerie est le nerf de la guerre. Sans ce carburant, l’entreprise ne peut plus avancer. C’est pourquoi il convient de toujours avoir un œil sur la jauge, c’est-à-dire l’échéancier de vos encaissements et de vos décaissements.
Non seulement facturer vite et encaisser rapidement permet de limiter les difficultés de trésorerie, mais également de réduire les contestations et les impayés. Il ne faut donc pas hésiter à relancer ses clients.

Faire régulièrement le point

On peut avoir une trésorerie satisfaisante mais ne pas réaliser de bénéfices. Attendre l’établissement des comptes annuels pour en prendre conscience peut alors s’avérer trop tardif pour espérer arranger la situation.

Il est donc conseillé :
– d’identifier et de suivre régulièrement des indicateurs de gestion dont l’évolution est corrélée à celle du résultat (recettes journalières, taux d’occupation, nombre de visites, panier moyen, heures vendues…) ;
– de réaliser plusieurs fois par an des points chiffrés intermédiaires (situation comptable, tableau de bord, résultat approché).

Google tourmente l’Europe, la France et annonce un changement d’algorithme pour favoriser le mobile

Illustration d'un article sur l'actualité de Google dans le blog EXPERT INFOS LES ECHOS PUBLISHING dédié à la communication des experts-comptables

Google, la firme américaine dont le moteur de recherche atteint les 90 % de parts de marché, est au coeur de l’actualité.

La société fait l’objet de la surveillance des autorités européennes et françaises qui lui reprochent d’abuser très nettement de sa position plus que dominante,  au bénéfice exclusif de ses autres activités lucratives (publicités ou sites de comparateurs de prix par exemple).

L’Europe et la France
En France, 5 sénateurs ont déposé un amendement dans le cadre de la loi Macron exigeant du géant de Mountain View (Californie, Etats-Unis), d’une part l’affichage des liens vers les autres moteurs de recherche (comme Bing) et,  d’autre part une information plus explicite sur les principes qui régissent le référencement des sites. La transparence des principes de référencement pour éviter les pratiques anti-concurrentielles déloyales préoccupe également les instances européennes dont les députés portent une résolution allant jusqu’à prôner le démantèlement de Google.

La transparence
Les principes de référencement sont définis par le fameux algorithme de Google qui, du fait de sa position quasi hégémonique, joue le rôle d’arbitre sur Internet, sans pour autant divulguer les règles précises qu’il applique.  Concrètement, pour tous les acteurs présents sur Internet, grands ou petits, une plus grande transparence des principes de référencement permettrait de comprendre sur quels critères Google évalue la pertinence de leur site par rapport aux demandes des internautes. L’opacité actuelle prêtée à Google, met les sites internet dans la position d’un candidat postulant à une offre d’emploi sans rien connaître du type de poste, de l’employeur, des compétences requises, de la localisation. Une candidature à l’aveugle en somme !

Des sites “mobile friendly”, nouveaux chouchous de Google
Conséquence ou pas de la pression conjointe des autorités locales et internationales, Google a annoncé à l’avance, presque pour la première fois, un changement important de son algorithme pour la recherche sur mobile : le 21 avril, la mise à jour “mobile friendly” va modifier les résultats que remonte son moteur sur mobile : il privilégiera les pages que le moteur juge optimisées pour mobile, et qui bénéficient à ce titre du label “mobile-friendly”. Le label a pour objectif de garantir un certain confort de visualisation à tous les mobinautes qui viendront la visiter. Un enjeu majeur car le volume de recherches sur mobile est désormais très proche de celui des recherches effectuées via un ordinateur.

BlaBlaCar affirme sa domination du covoiturage européen

La société française BlaBlaCar étend son activité en Europe en faisant l’acquisition de rivaux allemands et hongrois.

Déjà leader européen dans la mise en relation d'utilisateurs du covoiturage, la société française BlaBlaCar étend son marché d'Amsterdam à Zagreb.
Déjà leader européen dans la mise en relation d’utilisateurs du covoiturage, la société française BlaBlaCar étend son marché d’Amsterdam à Zagreb. © EFE/Newscom/MaxPPP

Le covoiturage est-il l’avenir de la mobilité ? C’est le pari de la start-up française BlaBlaCar qui a annoncé mercredi l’acquisition de son principal rival, l’allemand Carpooling.com, et de la société hongroise AutoHop, renforçant ainsi sa position de leader sur le marché européen du covoiturage, après seulement neuf ans d’existence. Ces deux acquisitions, dont les montants n’ont pas été précisés, permettent à la société française de renforcer son maillage et sa domination en Europe.

Service unifié d’Amsterdam à Zagreb

Carpooling.com, plus connu outre-Rhin sous l’appellation « mitfahrzentrale.de », « est le plus ancien service de covoiturage longue distance en Allemagne« , a souligné BlaBlaCar dans un communiqué. Fondé en 2001 et soutenu à l’origine par le géant de l’industrie automobile germanique Daimler, Carpooling a contribué à populariser le covoiturage en Allemagne et son acquisition « va accroître de manière significative la communauté de BlaBlaCar dans le plus grand pays d’Europe », a ajouté l’entreprise française. Avec le rachat d’AutoHop, basé à Budapest, le numéro un européen du secteur va en outre prendre pied en Hongrie, en Roumanie, en Serbie et en Croatie, et pourra « proposer un service de covoiturage unifié dans toute l’Europe, désormais sans frontières d’Amsterdam à Zagreb ».

Partager les coûts

Créé en 2006 sous le nom de « covoiturage.com », BlaBlaCar poursuit son expansion fulgurante et revendique désormais « plus de 20 millions de membres dans 18 pays, en Europe et en Asie ». Son système consiste à mettre en relation des automobilistes proposant un trajet et des voyageurs, une partie de la somme revenant au site jouant le rôle d’intermédiaire. Les coûts du trajet, essence et péages, sont partagés entre les passagers. Depuis sa première implantation en Espagne en 2009, la start-up s’est exportée au Royaume-Uni en 2010, au Portugal, en Italie, au Benelux et en Pologne en 2012, en Allemagne en 2013, en Russie, en Ukraine et en Turquie en 2014 et enfin en Inde début 2015. Cet essor qui se fait désormais à l’échelle mondiale a été financé par des levées de fonds exponentielles : 10 millions de dollars en 2012, puis 100 millions de dollars (73 millions d’euros) en juillet 2014, une somme record pour une start-up française. Le président fondateur de BlaBlaCar, Frédéric Mazzella, évoquait alors des projets d’implantations dans une demi-douzaine de pays, en particulier en Amérique du Sud, au Brésil. Les annonces de BlaBlaCar ont été saluées sur Twitter par le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, pour qui « la French Tech (est) en route vers (la création d’)un nouveau leader mondial du numérique ».

« Champion européen » contre « hégémonie américaine »

L’émergence d’un « champion européen » de la mobilité facilitée par le numérique a par ailleurs fait l’objet d’un avis du Conseil économique, social et environnemental (Cese), publié mardi. L’assemblée consultative propose de « construire, à partir des grandes entreprises françaises du secteur et en s’appuyant sur leur dynamisme, un champion européen à la taille de l’enjeu », ce que le Cese a déjà baptisé « l’Airbus de l’e-mobilité ». La concentration est déjà engagée sur le marché français, notamment avec le rachat de Buzzcar par Drivy dans le créneau de la location de véhicules entre particuliers. Cette acquisition s’est doublée d’une levée de fonds de 8 millions d’euros permettant de multiplier par deux le tour de table de Drivy, qui revendique 500 000 membres et 26.000 voitures à louer en France et en Allemagne. Le Cese appelle à « éviter une hégémonie américaine dans le secteur de la mobilité », allusion à peine voilée au leader mondial du véhicule de transport avec chauffeur (VTC), le californien Uber, dont les ambitions ont provoqué une forte résistance des chauffeurs de taxi dans plusieurs pays d’Europe.

Cloud broker: connaissez vous le super héros du cloud ?

Offre hétéroclite, juridiction méconnue, factures illisibles… Nombreuses sont les problématiques des entreprises après – ou avant – avoir basculé dans le cloud. Pour les résoudre, un nouveau prestataire intellectuel fait son entrée en entreprise : le cloud broker. Présentation.

Cloud broker: connaissez vous le super héros du cloud ?

« Un cloud broker est un acheteur éclairé« . La formule trouvée par l’un des intervenants à la conférence du Cloud Computing World Expo – l’un des deux salons IT à avoir eu lieu la semaine dernière au CNIT – intitulée « Profession: cloud brokers ! » sera peut-être perçue par nos lecteurs comme une provocation. Plus consensuel, Ludovic Levé, directeur commercial cloud pour Dell en France, a définit à la même occasion ce nouveau venu sur le marché des prestations intellectuelles, recensé par Gartner depuis 2012, commeun acteur du changement, chargé « d’accompagner les entreprises sur toutes les phases de leur démarche cloud« .

L’angoisse de basculer dans le cloud

Une mission à la mesure de l’angoisse qui étreint les entreprises françaises à l’idée de « basculer dans le cloud ». Notoirement récalcitrantes au changement, ces dernières ne sont que 19e (sur 28) d’un classement comparant les différents taux d’adoption du cloud dans les pays européens. Il faut dire que de « les nombreuses histoires qui circulent » , dixit l’animateur de la conférence, sur les entreprises pionnières ayant déjà engagé une démarche d’externalisation de leur SI vers le « nuage » ne sont pas toujours de nature à rassurer…

Un champ d’action à géométrie variable

« Certains de mes clients se sont aventurés seuls dans le cloud et ont perdu beaucoup d’argent », a rapporté pour sa part Chuyen Huynh, présent à la conférence en sa qualité « d’expert cloud ». Un témoignage qui illustre le sort courant d’entreprises qui, alors qu’elles pensaient en gagner en agilité, se retrouvent avec une solution inadaptée – et une marge d’optimisation immense. C’est dans cette marge précisément que la mission du cloud broker trouve sa source – et sa finalité. Le prestataire « se rémunère sur la valeur ajoutée qu’il apporte à l’entreprise « , a en effet indiqué Johnny Da Silva, directeur division CBS chez Linkbynet. Les sommes en jeux varient, comme il le rappelle, en fonction de son champ d’action, lequel est à géométrie variable.

Une démarche à 360°

Outre la « maîtrise des coûts » – un enjeu majeur qui passe en amont par l’identification de la « juste solution » et, en aval, par du pilotage et des actions de reporting ou d’audit,le cloud broker est ainsi garant de la sécurité des informations confiées au cloud. Un volet de sa mission qui implique notamment une connaissance de la juridiction autour du cloud. Pour bien choisir ce super héros des services informatiques, ne pas céder à la précipitation. La position « tampon » du cloud broker, entre fournisseurs de solutions cloud et entreprises, a conduit certains membres de la profession à « être juges et partie » ainsi qu’il a été rappelé lors de la conférence. Autant de précédents qui rappellent une règle d’or pour une transition – vers le cloud ou ailleurs – réussie: s’entourer de partenaires intègres.

Consultants : comment faire de la diffusion de votre différenciation un avantage concurrentiel durable

L’innovation n’a de sens qui si elle est communiquée auprès de nos clients et prospects. Le 1er objectif est qu’ils se l’approprient dans les meilleurs délais et conditions. Mais alors quelles sont les conditions à mettre en œuvre pour que cette nouveauté devienne un avantage concurrentiel durable ? Derrière cet enjeu, c’est la fidélisation de nos clients et la conviction de nos prospects qui sont visées pour assurer notre développement. Aujourd’hui, l’essor des réseaux sociaux et des outils de veille, facilitent ce travail, même si dans la balance il faut prendre en compte le « bruit » lié à ces nouveaux supports. Alors quels sont les piliers qui vont permettre de transformer mon idée en projet, mon projet en réalité, la réalité en avantage concurrentiel et l’avantage concurrentiel en SUCCÈS DURABLE ?

Une idée n’a de valeur que dans sa réalisation

5 piliers ont été mis en évidence par Everett M. ROGERS – Diffusion of innovation 1962 -, et se résume avec les points suivants :

–          AVOIR UN AVANTAGE RELATIF : votre nouveau service doit se différencier des autres de manière simple, concrète, facilement valorisable pour que les cibles se l’approprient rapidement.

–          ETRE COMPATIBLE AVEC LES PRATIQUES : Chaque idée doit chercher à répondre à un besoin et s’inscrire dans le prolongement de ce qui existe déjà, ou cherche à optimiser le passé.

–          ETRE SIMPLE : pour que chaque personnes se l’approprie le plus rapidement. L’objectif est de créer des leaders d’opinion reconnus sur le nouveau service pour entraîner les autres, et créer le besoin/manque chez les autres,

–          ETRE OBSERVABLE pour attirer et retenir l’attention des prospects et clients. L’idéal est de  fédérer une communauté sur cette innovation,

–          ETRE TESTABLE pour apporter la preuve du bien fondé de la démarche et réduire, voir supprimer tous les risques et incertitudes techniques, logistiques, …

Ces piliers ont été mis en évidence en 1962. Aujourd’hui les réseaux sociaux servent d’accélérateur. Mais le principal frein à la création, en dehors de ces facteurs de réussite, est de dégager suffisamment de temps et de concentrer suffisamment de compétence pour y arriver rapidement, car les bonnes idées sont copiées.

Les sites Internet trompeurs visent de plus en plus les PME

Cybercriminalité 

Les petites et moyennes entreprises sont aussi concernées par les attaques sur le web. Les pirates se servent des données des sites pour tromper les clients.

La manœuvre la plus courante est d'envoyer des mails aux clients en se faisant passer pour l'entreprise.

La manœuvre la plus courante est d’envoyer des mails aux clients en se faisant passer pour l’entreprise.Image: Photo d’illustration/Reuters

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Les escrocs opérant via Internet ne s’en prennent plus uniquement à des grandes marques connues: de plus en plus, ils imitent les sites web de petites et moyennes entreprises pour tromper leurs clients. Ils accèdent ainsi à leurs mots de passe ou données de cartes de crédit.

La Centrale d’enregistrement et d’analyse pour la sûreté de l’information (MELANI) intervient quotidiennement pour retirer ce type de contenus frauduleux du web, a-t-elle annoncé le mardi 31 mars. Les derniers cas rapportés témoignent même d’une sophistication accrue.

Les attaques de phishing, par lesquelles des escrocs cherchent à accéder à des données sensibles, concernent différents types de PME ayant un site WEB et qui enregistrent des adresses mail de clients, par exemple pour l’envoi d’une newsletter.

Dans un premier temps, les criminels attaquent le site web de l’entreprise. La plupart du temps, ils exploitent une faille sur le site. Cela leur permet d’accéder à une base de données contenant des mails de clients.

Ensuite, ils envoient des mails à ces clients en se faisant passer pour l’entreprise. Les messages font par exemple état d’un remboursement pouvant être demandé par le biais d’un lien indiqué. Derrière ce lien se cache un site web imitant à l’identique celui de l’entreprise et utilisant un nom de domaine très similaire.

Victime en confiance

Le client y est prié de fournir les détails de sa carte de crédit (numéro, validité, cryptogramme), à l’image d’une page de phishing «classique». En usurpant le mail et en imitant le site web d’une entreprise avec laquelle la victime potentielle est en relation, les escrocs augmentent leurs chances de succès, puisque la cible aura plus de chances de se sentir en confiance.

MELANI conseille aux entreprises d’informer rapidement leurs clients lorsqu’elles remarquent le vol d’e-mails. Quant aux utilisateurs, ils sont priés d’effacer les courriels leur enjoignant de fournir des données de cartes de crédit: aucune entreprise sérieuse ne demande de telles informations par mail, rappelle MELANI.

De plus, il faut se méfier des mails évoquant des conséquences (perte financière, plainte pénale, blocage d’un compte ou d’une carte etc) si le destinataire n’agit pas. Enfin, il faut toujours contrôler l’«adresse Internet» (URL) sur laquelle on est redirigé. Pour ce faire, il suffit de positionner la souris sur le lien sans cliquer. (ats/Newsnet)

Pourquoi il faut optimiser votre site web vers le mobile

Alors qu’on dénombre plus de 28 millions d’abonnés mobiles au Canada et que le pourcentage d’utilisateurs qui consultent votre site web sur un appareil mobile ne cesse d’augmenter, il est impératif pour votre entreprise de s’y attarder. L’enjeu n’est plus d’avoir un site qui s’affiche bien sur un iPhone ou un appareil Android, mais plutôt qui y soit adapté.

Le mobile a pris une place tellement importante que même Google y consacre une mise à jour entière de son algorithme, le 21 avril 2015. Si votre entreprise n’est toujours pas prête, il vous faut impérativement optimiser votre site web pour le mobile, et ce, dès maintenant.

Le « Mobilegeddon »

Le « mobilegeddon », c’est l’appelation de la prochaine mise à jour significative de l’algorithme de Google. Après Penguin et Panda, à partir du 21 avril 2015, Google va accorder une prédominance plus importante aux sites qui sont adaptés pour le mobile et au contenu des applications mobiles.  Cela ne signifie pas nécessairement que votre site sera pénalisé, mais seulement que l’adaptativité mobile sera dorénavant partie intégrante de l’algorithme de Google. Les recherches mobiles sur Google feront donc place plus facilement à des résultats provenant de sites optimisés, ce qui favorise une meilleure expérience pour l’utilisateur.

La mise à jour a été annoncée le 26 février, soit près de deux mois avant son entrée en vigueur. C’est la première fois que Google annonce un changement significatif à son algorithme à l’avance, donnant ainsi aux webmestres une longueur d’avance pour ajuster leurs sites. C’est un changement majeur, étant donné la popularité sans cesse croissante des recherches sur le mobile.

Même si la mise à jour est critique, elle n’est pas nécessairement significative à court terme pour votre entreprise. Son impact immédiat sur votre site peut être mesuré : il suffit de savoir quel pourcentage de trafic provient du mobile. À l’aide de Google Analytics, vous pouvez rapidement le voir en allant dans : Audience > Mobile.  De plus, cette mise à jour n’aura cependant aucun impact au niveau des recherches faites sur des ordinateurs de bureau. Pour votre entreprise, cela signifie qu’il est possible que vos positions sur l’engin de recherche Google ne soient pas les mêmes sur un ordinateur de bureau et sur un appareil mobile.

Qu’est-ce qu’un site adapté aux appareils mobiles ?

Un site adapté aux appareils mobiles (ou mobile-friendly en anglais) respecte lesmeilleures pratiques de conception d’un site mobile. Ces pratiques mettent l’accent sur un design simple et épuré, une navigation adaptée aux pouces et une conversion rapide. Offrir une expérience optimale sur le mobile, c’est d’abord penser en termes des besoins que vos utilisateurs ont sur leurs appareils mobiles.

Voici les principales règles à respecter :

  • Le texte est facilement lisible sur un appareil mobile, sans avoir à zoomer
  • Les liens ne sont pas trop rapprochés et peuvent être cliqués
  • Le contenu n’est pas plus large que l’écran, c’est-à-dire qu’il n’est pas nécessaire de défiler ou de zoomer pour voir le contenu.
  • La fenêtre est adaptée à l’affichage mobile et la page se charge rapidement

Pour savoir si votre site est adapté aux appareils mobiles, vous pouvez consulter l’outil de Google : Test de compatibilité mobile. Il n’y a pas de demie-mesure avec ce test : votre page web est soit adaptée mobile ou non.

Design adaptatif (responsive design)

La façon la plus pratique et rapide d’adapter votre site aux appareils mobiles est le design adaptatif (ou responsive design). Dans ce cas, c’est le même site pour tous les appareils, mais le langage CSS est utilisé pour adapter l’affichage de la page à l’appareil. Il s’agit de rendre un site Internet fluide et flexible en fonction du support sur lequel il doit être affiché, cela allant du téléphone intelligent à la télévision en passant par l’ordinateur de bureau.

Le design adaptatif est d’ailleurs la solution recommandé par Google pour optimiser votre site pour le mobile.

responsive-design

Le design adaptatif a plusieurs avantages. Tout d’abord, il permet d’avoir un seul et même lien URL pour les pages mobiles et non-mobiles. C’est donc plus facile de créer et de partager ces liens, par exemple, sur les réseaux sociaux. Un autre avantage est de pouvoir gagner du temps, puisque la gestion du contenu est la même pour les pages mobiles et non-mobiles. Cela diminue donc votre risque de commettre des erreurs. Finalement, un autre avantage est que le site est adapté à la taille de l’écran et ne nécessite pas de redirection, diminuant alors le temps de chargement.

Les erreurs à éviter

Pour la navigation sur les appareils mobiles, il faut aussi considérer certains aspects techniques, qui peuvent non seulement nuire à l’expérience des utilisateurs sur le site web, mais aussi affecter votre référencement naturel (SEO). Ces erreurs sont parmi les plus courantes.

1. Bloquer le JavaScript, CSS et les fichiers images : les robots de Google doivent pouvoir accéder aux fichiers de votre site web, même sur le mobile. Dans certains cas, ces fichiers sont bloqués par le fichier robots.txt, et donc les robots ne peuvent les parcourir. C’est d’ailleurs en ayant accès à ces fichiers que Google peut déterminer que votre site est disponible en version mobile.

2. Erreur 404 mobile : L’erreur 404 est affichée lorsqu’une page n’est pas disponible. Il faut éviter de rediriger une erreur 404 d’un appareil mobile vers la version non-mobile. Si la version mobile n’est pas disponible, il faut la créer.

3. Ne pas pouvoir consulter le contenu : Assurez-vous que tous les contenus puissent être lus sur tous les appareils mobiles, ce qui inclut les fichiers vidéos et audios, qui pourraient ne pas être lus. Plusieurs vidéos sont encore uniquement disponibles en format Flash, un format qui ne peut pas être consulté sur le mobile.

4. Vitesse de chargement : La vitesse est une partie importante de l’expérience utilisateur au niveau mobile et vous devez vous assurez que votre site mobile soit rapide. Vous pouvez consulter l’outil PageSpeed Insights de Google pour obtenir des conseils pour optimiser la vitesse de chargement.

5. Contenu dupliqué : Faites attention au contenu dupliqué entre la version mobile et la version non-mobile de votre site web. Un site qui utilise une version mobile (ex. : m.votresite.com) doit utiliser une balise canonique pour indiquer à Google que son contenu est dupliqué. C’est pourquoi il est fortement recommandé d’utiliser le design adaptatif (responsive design), puisque dans ce cas, c’est le même site, donc pas de problème de contenu dupliqué.

Que vous soyez prêts ou pas pour la mise à jour de l’algorithme de Google, vous devez dès maintenant considérer le mobile comme une priorité à court terme pour la conception de votre site web. Ne pas y plonger, serait une erreur qui aura des répercussions à long terme pour votre entreprise.

Comment mieux recruter avec Internet

Christophe Fourleignie Duc, président de l’ACCE, qui organise le grand prix de la créativité RH, décrypte les règles que les employeurs doivent respecter pour s’adapter aux demandes des candidats.

Internet a bouleversé les relations employeurs-salariés. Analyse des cinq changements clés.

Le rôle des ressources humaines évolue

«Les ressources humaines doivent être capables d’assurer une communication transversale entre les managers et l’ensemble des équipes de l’entreprise», explique Christophe Fourleignie Duc, vice-président France de TMP et président de l’Association des Agences conseil en communication pour l’emploi (ACCE) qui organise le grand prix de la créativité RH en partenariat avecLe Figaro Économie, Cadremploi, Viadeo et Communication & Entreprise (nos éditions du 30 mars). Les managers intermédiaires ont besoin d’être accompagnés et d’être conseillés car les entreprises sont en pleine transformation. Les membres des comités exécutifs accomplissent un énorme travail pour faire des choix stratégiques et les présenter à leurs équipes. Mais les managers intermédiaires qui doivent prendre le relais sont pris dans l’opérationnel. Il est donc important de les aider à transmettre l’information pour mettre en musique le projet.

Les comportements des salariés changent

«Candidats et salariés n’accordent plus aussi facilement leur confiance aux entreprises. Car, depuis quelques années, ils ont accès à l’information que leur fournit leur employeur mais aussi aux informations disponibles sur les réseaux sociaux», observe Christophe Fourleignie Duc. Ils peuvent consulter les avis que des salariés ou des collègues ont laissés sur des sites. Ils comparent les employeurs. La communication employeur se doit donc d’être sincère.

«Les entreprises gagnent à asseoir leur communication sur leur identité et leur projet. Ce qui les aide également à faire les mêmes promesses à tous leurs publics, à leurs salariés et aux candidats qui postulent pour un emploi. C’est ainsi qu’elles améliorent la fidélisation et la mobilisation de chacun des collaborateurs, facilitant également l’engagement dans le projet collectif», analyse Christophe Fourleignie Duc.

Les offres d’emploi sont peu attractives

Les entreprises attachent beaucoup d’importance à la marque employeur. Mais les candidats qui font acte de candidature à un poste, sont souvent déçus par la manière dont les offres d’emploi sont rédigées. «Les entreprises se contentent de décrire les postes dans des termes ou un jargon souvent incompréhensibles pour des personnes qui ne travaillent pas dans l’entreprise. Il faut au contraire privilégier une syntaxe et une rhétorique qui rendent les offres plus accessibles et attractives», souligne Christophe Fourleignie Duc.

C’est le métier des Agences conseil en communication pour l’emploi que de mettre en scène les offres d’emploi et permettre leur diffusion par les médias les plus ciblés. «C’est la proximité entre l’employeur et son agence qui est gage d’un recrutement de qualité. Car la méthode la plus efficace pour réussir une communication de recrutement est de réunir dans une équipe projet les responsables des ressources humaines, les équipes communication de l’entreprise, l’agence et aussi souvent que possible les responsables de business», affirme Christophe Fourleignie Duc.

Les systèmes informatiques de recrutement ne sont pas adaptés

L’informatisation des processus de recrutement oblige les candidats à remplir des formulaires qui ne permettent pas de mettre en valeur leurs compétences comportementales. Alors que ces compétences jouent un rôle de plus en plus important dans leur sélection. Il arrive souvent que les personnes qui postulent sur le site d’une entreprise abandonnent car le descriptif du poste ou le process de recrutement ne correspondent pas aux promesses faites par l’employeur.

Google impose sa loi

Les spécialistes estiment que 8 à 9 recherches d’emploi sur 10 démarrent sur le moteur de recherche américain. Mais les entreprises sont souvent mal référencées par Google. Résultat, les candidats découvrent les offres sur des réseaux sociaux ou des sites d’offres d’emploi. Non sur le site de l’entreprise. «Ce constat invite les entreprises à avoir une vision globale du parcours du candidat à un poste, et à repenser leur stratégie pour proposer des contenus authentiques sur les réseaux sociaux et les sites d’offres d’emploi, conclut Christophe Fourleignie Duc. Les agences sont capables d’analyser le parcours d’un candidat sur Internet, sur ses motivations, ses centres d’intérêt. Et d’analyser les différents points de contact qu’il a avec une marque employeur, afin d’optimiser la conversion d’une visite en candidature.»

Témoignage d’un directeur conseil d’agence dans les métiers du Web

Les métiers du web évoluent rapidement. Une rubrique entière leur est d’ailleurs consacrée sur le blog depuis quelques mois. Nous avions réalisé un panorama des métiers du web en 2013 ; depuis, de nouvelles professions sont apparues, et les professionnels se sont adaptés à ces évolutions constantes.

Dans le cadre de notre série de décryptages, nous avons le plaisir d’accueillir Mathieu Flaig sur le blog. Certains d’entre vous le connaissent également sous le nom de@MathieuFlex ou du Publigeekaire. Il exerce le métier de Directeur Conseil Groupe chez We Are Social. Il présente l’évolution de son métier, son quotidien, et son rôle au sein de l’agence.

Pour commencer, peux-tu commencer par te présenter ?

Je m’appelle Mathieu Flaig, j’ai 32 ans. Je pérégrine sur le Web depuis plus de 18 ans, et dans les agences de communication depuis 10 ans. Aujourd’hui, je suis chez We Are Social, une agence spécialisée dans les médias sociaux.

Quelles sont les missions au quotidien d’un Directeur conseil ?

Aujourd’hui je suis Directeur Conseil Groupe ce qui veut dire que je gère un Directeur Conseil et une équipe de Consultants.

Le rôle du Directeur Conseil est multiple :

  • Répondre à des appels d’offre, écrire les recommandations et les présenter
  • Manager son équipe opérationnelle pour mise en place de projets allant du simple community management à la gestion d’un événement international incluant une mécanique Social Media
  • Etre un exemple pour son équipe, tant en terme professionnel que personnel. Je pense que le « Faites ce que je dis, pas ce que je fais » est d’un autre âge
  • Mettre en place une relation de confiance avec les décideurs côté client : Directeur Marketing, Directeur de la communication, Social Media Manager, Directeur des achats…
  • Gérer la partie financière (négociation des contrats, production des devis, suivi de la marge et des projections à 6 et 12 mois)
  • Etre un représentant actif de l’agence et en donner la meilleure image possible

Quelle est sa place dans l’agence ? Avec quels autres professionnels travaille-t-il le plus ?

Le Directeur Conseil fait dans mon agence partie du pôle conseil, rattaché directement à la Direction générale. Il travaille avec les Directeurs de pôles : Directeur de la stratégie, de la création, de la Data, de la Creative Technology…

Il est garant de toutes les opérations faites pour ses clients, et du chiffre d’affaires associé.

As-tu noté une évolution dans ce métier ces dernières années ?

J’ai eu la chance de travailler par le passé pour des Directeurs Conseils qui étaient passionnés par leur métier, et j’espère que cette partie ne changera pas. Par contre, en bon représentant de la Génération Y, je mets un point d’honneur à limiter le management vertical.

A l’heure des médias sociaux, une idée peut venir de partout, et les équipes opérationnelles, bien qu’ayant moins d’expérience professionnelle, ont beaucoup de réflexes et de compréhension des réseaux.

Il est essentiel pour un Directeur Conseil de faire confiance à ses équipes, et d’appliquer une logique transversale. Ce n’est pas parce qu’on est Directeur Conseil qu’on est le roi du Monde. Ca veut juste dire qu’on a une meilleure vision d’ensemble, et des réflexes plus aiguisés. Il est donc essentiel d’écouter ses équipes et de proposer aux clients le meilleur des deux mondes : des idées en phase avec la réalité d’un canal de communication, associées à une vision stratégique renforcée par l’expérience acquise.

Quelles compétences sont indispensables pour exercer ce métier ?

Tout d’abord une bonne compréhension de l’humain, pour bien s’adapter à la diversité de ses équipes, et aux problématiques de ses clients. Une aisance orale et écrite, idéalement en français et en anglais. Une curiosité maladive parce que les idées ne viennent pas toutes seules : il faut benchmarker, lire, voir, s’abreuver d’une quantité importante de références, pour mouliner tout ça et proposer des choses pertinentes qui parleront à la cible du client. Il doit aussi être quelqu’un d’organisé, afin de gérer au mieux le temps de son équipe, les priorités, les délais et les budgets.

Vers quels métiers peut-on évoluer quand on est directeur conseil ? Et quels métiers y mènent ?

Pour l’évolution, c’est très variable : un Directeur Conseil dans mon agence peut passer Directeur Conseil Senior, puis Directeur Conseil Groupe comme je l’ai fait. Certains partiront aussi dans des directions plus spécifiques, comme la Direction de la Stratégie. D’autres évolueront vers des postes de Directeur Général Adjoint, ou Directeur Marketing ou Communication chez l’annonceur. Tout est question d’envie.

Pour les métiers qui y mènent, ça peut être Consultant Senior, Chef de Groupe, Planneur Stratégique Senior… Idéalement, il faut 6 ou 7 ans d’expériences significatives.

As-tu des conseils pour ceux qui commencent dans le milieu des agences, et pour ceux qui veulent se lancer sur les médias sociaux ?

Pour les jeunes qui se lancent dans la communication, je les renvoie vers cet article que j’ai écrit pour fêter mes 10 ans de vie professionnelle. C’est un condensé de ce que j’ai pu apprendre au fil des années, et aussi de ce que je souhaite pour rendre le secteur plus passionnant encore. Les jeunes d’aujourd’hui seront les managers de demain, et c’est essentiel qu’ils en soient de bons représentants.

Pour ceux qui se lancent dans les médias sociaux, je dirais :

  • Ne cherchez pas à appliquer une logique purement publicitaire ou marketing sur les réseaux : nous sommes ici dans le royaume de la conversation et de la proximité. Les gens se sont éloignés des médias traditionnels car ils ne s’y retrouvaient plus. La communication doit comprendre ça et s’adapter aux nouvelles demandes.
  • Testez, et soyez agiles : les livres ou les études sur les médias sociaux sont périmés en maximum 6 mois. De nouvelles applications sortent toutes les semaines. Soyez vous même acteur de cette révolution digitale, comprenez comment fonctionnent ces réseaux et ces Internautes que vous essayez d’activer, et vous arriverez d’autant mieux à les comprendre. Ne postez pas un lundi à 12h parce que vous l’avez lu. Faites-le parce que vous l’avez testé et que ça fonctionne.
  • Ne copiez pas, innovez : il est tentant de reprendre à son compte ce qu’une agence ou une marque a fait avec brio. Mais est-ce que cela vous correspond ? Est-ce que vous démontrez ici votre capacité à être différenciant ? On ne bat pas ses concurrents en copiant leurs produits, la logique est la même sur votre communication sur les médias sociaux.

Le statut cadre : une coquille (presque) vide ?

Denis Monneuse

Le thème de la souffrance au travail a été popularisé ces dernières années. Or très peu d’enquêtes ont été réalisées sur la population des cadres parce que leur malaise est peu visible. Il n’en est pas moins profond. Les médias se font parfois l’écho de cadres qui se révoltent… mais ce sont les exceptions qui confirment la règle ! La plupart des cadres souffrent en silence. Au travers de son ouvrage : « le silence des cadres : enquête sur un malaise », Denis Monneuse nous retrace l’historique de la fonction cadre et les raisons d’un malaise qui l’entourent depuis maintenant plusieurs décennies.

Qu’est ce qui vous a poussé à écrire cet ouvrage ?

On parle du malaise des cadres depuis plusieurs décennies sans réellement définir ce que l’on entend par cette notion. J’ai aussi voulu savoir si ce malaise était un mythe ou une réalité. Le déclencheur a été un rendez-vous avec un directeur général adjoint d’une grande entreprise qui se sentait lui-même en proie au malaise des cadres !

Pouvez vous nous retracer rapidement l’origine du « statut » de cadre ?

Ce statut est né dans les années 1920. Il concernait ceux que l’on appelait les ni-ni car ils n’étaient ni ouvriers ni capitalistes : les ingénieurs, les managers, les experts… Il s’agissait à l’époque de l’élite du salariat : ceux qui avaient fait des études supérieures, ceux qui avaient fait leurs preuves dans l’entreprise et avaient ainsi gagné la confiance de la direction générale.

Pourquoi y a-t-il autant de cadres en entreprise qui « n’encadre qu’eux-mêmes » ? Le statut n’est-il pas aussi recherché par les candidats pour son pseudo prestige ?

Le nombre de cadres a doublé depuis les années 1980. C’est une manière pour les entreprises de faire de la reconnaissance non monétaire : elles encouragent les salariés en leur faisant croire à une promotion sans nécessairement les augmenter en conséquence. Cela permet aussi de faire passer des salariés en forfait jours au lieu de rester aux 35h. C’est par exemple le cas pour des assistantes de direction. Le statut de cadre correspond donc de moins en moins à une position de management.

les cadres en entreprises

Est-on à un moment charnière où ce statut pourrait disparaitre au dépend d’un autre qui oscillerait entre l’ETAM et le cadre sup ?

Il n’y a aucun projet à ma connaissance de faire évoluer le statut de cadre. Ce qu’on observe, c’est une augmentation des « cadres supérieurs ». C’est souvent uniquement un titre honorifique qui permet de compenser la banalisation du titre de cadre.

On parle beaucoup de burnout chez les cadres (cf. article sur le burnout) mais que pensez vous du boreout ?

C’est le concept à la mode. La question de l’ennui au travail ou du sous-travail est loin d’être nouvelle. Je ne pense pas que beaucoup de cadres s’ennuient par manque d’activité. En revanche, il peut exister une lassitude.

Qu’est ce qui explique ce malaise dans la fonction cadre (peu de reconnaissance, missions redondantes, pression,…) ? Le différentiel entre le prestige du statut et la réalité du poste n’est-il pas aussi un facteur de désillusion ?

Je vois trois malaises :

  • Un malaise identitaire dû à une diminution du prestige, donc de la reconnaissance externe de ce statut. Il affecte ceux qui ne disposent pas d’une autre facette identitaire d’ordre professionnel à laquelle se rattacher : un métier bien défini, un diplôme valorisant, un secteur d’activité attractif, un statut plus précis (cadre-dirigeant, haut potentiel…), etc.
  • Un sentiment d’iniquité mesuré par le ratio contribution/rétribution. Le sentiment d’être perdant en la matière concerne tout de même 40 % des cadres, d’après les études de l’Apec. On retrouve ici en partie le malaise des classes moyennes.
  • Un mal-être dû au manque de sens et aux conflits de valeurs qui renvoie plutôt à des problématiques personnelles, à la capacité de chacun de trouver (ou non) la situation de travail qui sied à sa personnalité, au sens où elle permet de se sentir à sa place, à l’aise avec le contenu de l’activité, en adéquation avec soi-même. Il touche surtout les femmes ayant des enfants en bas âge, écartelée entre réussite professionnelle et réussite familiale, ainsi que des seniors qui ont l’impression que la qualité du travail se dégrade à mesure où la réactivité devient la première qualité recherchée. « Le réflexe remplace la réflexion » regrettent certains.
le silence des cadre denis monneuse

Vous consacrez votre dernier chapitre à la nouvelle génération. Pensez vous que l’arrivée de cette dernière dans l’entreprise va changer fondamentalement les relations au travail ?

Les jeunes cadres cherchent avant tout à s’intégrer, donc ne cherchent pas à révolutionner les pratiques managériales. Mais ils sont porteurs d’une culture un peu différente, du fait de leur éducation et de leur accoutumance aux nouvelles technologies. Les entreprises se transforment surtout pour tenter de gagner en souplesse et en réactivité sur leur marché, pas parce qu’elles ont embauché 3 jeunes cadres.

Pour finir, le fait de recruter des profils trop qualifiés par rapport au poste en leur octroyant le statut de cadre, qui n’est rien d’autre qu’une coquille vide, n’est-il pas le début du problème ?

Effectivement, le statut de cadre est parfois une fausse promesse : il s’agit de ne pas compter ses heures sans nécessairement être proche de la direction, sans avoir de poids sur la stratégie et sans avoir d’autonomie réelle.

Certains restent toutefois sensibles à ce statut qui peut représenter une promotion sociale, au moins sur le papier, par rapport à leurs parents. Les Français sont attachés au sens de l’honneur, donc aux titres. D’où l’augmentation de « cadres supérieurs » aujourd’hui. Les cadres ne sont pas nécessairement dupes mais un beau titre permet de mieux se revendre sur le marché du travail… et fait du bien à l’égo !