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Une explosion du marché français du consulting à prévoir ?

Le nombre de consultants indépendants a presque triplé ces dix dernières années. Selon l’INSEE, il existait déjà presque 100 000 structures de conseil en 2011. Hélas, selon le SYNTEC, au moins 50% des consultants stoppent leur activité dans la première année suivant leur démarrage.

Malgré ce constat d’échec, et en observant le marché actuel de la petite entreprise, le marché du conseil français pourrait bien exploser dans les prochaines années et répondre à un double enjeu économique. Décryptage.

Un potentiel « énorme »

Les 2,5 millions d’entreprises françaises sont composées essentiellement de petites entreprises : 96,8% d’entre elles ont entre 0 et 19 salariés*. Et pourtant, elles sont très peu accompagnées, les structures de conseil étant surtout basées à Paris (l’Ile-de-France concentre 62,2% des emplois du conseil en 2007). Sur ce marché, difficile pour un indépendant de lutter contre les principaux cabinets d’audit et conseil (les « Big Four ») qui s’adressent aux grandes entreprises et PMEimportantes. Le potentiel de croissance du marché du conseil en France est donc ailleurs, vers le marché des TPE, et plutôt en province. Il est énorme, puisque, si l’on considère que tout entrepreneur devrait être accompagné un jour ou l’autre dans son activité, ce sont plusieurs centaines de milliers – voire millions – de coachs et autres consultants qui manquent à l’appel. A la clé, un double enjeu économique : si les anciens cadres seniors réussissaient à pérenniser leur activité, c’est le marché de l’emploi des seniors et le marché des TPE qui pourraient en bénéficier. Reste à appliquer la bonne méthode pour faire se rejoindre ces deux mondes.

Les consultants doivent s’adapter à de nouveaux interlocuteurs

Ne dit-on pas que le succès d’un produit ou d’un service tient au fait qu’il répond parfaitement à une demande du marché ? Or, est-ce le cas pour l’offre des consultants ? Concernant la TPE, typiquement non. Bon nombre de professionnels du conseil se « cassent les dents » sur un marché qu’ils appréhendent mal et dont ils ne connaissent pas les codes. Chez Petite-Entreprise.net, nous échangeons tous les jours avec des consultants et des dirigeants de TPE, et nous faisons toujours le même constat : il faut presque « enseigner » la langue du créateur d’entreprise ou du dirigeant d’une petite TPE au consultant pour qu’il réussisse à se faire comprendre. Pour réussir, le consultant devra faire table rase de ce qu’il sait, des méthodes appliquées dans son « ancien monde », être à l’écoute du marché, une écoute active, au contact physique des dirigeants de TPE sans leur vendre quoi que ce soit (dans un premier temps), cerner leurs objectifs, observer leur comportement managérial, commercial, administratif, comprendre leur environnement social et familial, leurs points forts et points faibles, etc. Si le consultant indépendant affiche un réel engagement à aider les dirigeants de TPE, alors les clés sont toutes à sa portée.

Les 10 clés pour signer des missions de conseil aux dirigeants de TPE

En 8 ans, Petite-Entreprise.net a répondu à plus de 90 000 demandes de chefs d’entreprise, le plus souvent en mettant en relation des chefs d’entreprise avec un « Correspondant Petite-Entreprise.net », professionnel du conseil. Nous nous sentons donc légitimes à prodiguer ces 10 conseils aux consultants qui souhaitent aborder le marché de la petite entreprise et, au-delà, répondre concrètement aux enjeux d’emploi et de croissance que nous avons évoqués : donner une vraie « seconde carrière » aux cadres seniors et accompagner les TPE dans leur développement.

1) Être pluridisciplinaire : le dirigeant de TPE a besoin d’un seul conseiller d’entreprise ou un seul interlocuteur, pas d’une multitude d’experts autour de lui.

2) Proposer des prestations précises avec un nom, un début, une fin, un prix, un support : le dirigeant de TPE achète une solution, pas un nombre d’heures.

3) Valoriser ses missions de conseil en termes de ROI (retour sur investissement) : le dirigeant de TPE cherche au final, même pour une prestation de management RH, une augmentation du chiffre d’affaires et de la rentabilité.

4) Être réactif, bref et direct : le dirigeant de TPE n’a pas le temps, il n’anticipe pas, il a la « tête dans le guidon ».

5) Proposer un plan d’action précis avec des résultats : le dirigeant de TPE a besoin de concret, pas de théorie.

6) Écouter le besoin réel exprimé par le dirigeant : le dirigeant de TPE achète une réponse à son besoin, pas une expertise.

7) Faciliter la vie de vos clients, proposer du « clé en main » : le dirigeant de TPE déteste la paperasse et parfois, n’a pas d’assistant(e) ni de secrétaire.

8) Parlez en termes de solution, pas de méthode : le dirigeant achète une solution, pas une formation, ni un coaching, ni un accompagnement et encore moins du consulting.

9) Rester humble et abordable : un dirigeant de TPE a besoin de comprendre ce qu’il achète. Il recherche une « personne de confiance », pas un « consultant» pour se mettre en avant …

10) Rester un chef d’entreprise avant tout : un dirigeant de TPE accorde son respect et sa confiance à quelqu’un qui aura l’attitude d’un patron, qui saura lui parler avec franchise, se faire payer et facturer au juste prix.

*Source Insee-Sirene : 2,5 millions d’entreprises en France, hors agriculture, services financiers et administration

9 graphes pour saisir la dynamique de l’économie française

Avatar de Philippe WAECHTERLe Blog de Philippe Waechter

L’activité, en France, au 2ème trimestre est restée stable après avoir progressé de 0.7% (2.7% en taux annualisé) au cours des trois premiers mois de l’année. Sur un an, l’activité est en hausse de 1% et l’acquis est de 0.8% (croissance moyenne en 2015 si le niveau du PIB restait à celui du 2ème trimestre durant les 3ème et 4ème trimestres).
Pour avoir une croissance de 1% sur l’ensemble de l’année il faudrait une hausse du PIB de 0.25% aux 3ème et 4ème trimestres.
L’emploi a augmenté de 27 300 postes au 2ème trimestre mais recule de 4 200 sur un an.
Un rythme de croissance de l’activité plus soutenu est nécessaire pour créer davantage d’emplois. Cela passe par une trajectoire plus forte de l’investissement productif.

Graphe 1 – Tendance du PIB
Le premier graphe présente le PIB à prix constant en niveau depuis 2000. Outre l’écart spectaculaire avec la…

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PME/EXPORT : SEULE UNE PME FRANÇAISE SUR TROIS EXPORTE, PRINCIPALEMENT EN EUROPE

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Seule une PME française sur trois exporte, et la majorité de celles qui exportent le font vers l’Europe, passant à côté des nombreuses opportunités d’affaires offertes par l’international. C’est ce que révèle une nouvelle étude, rendue publique ce 8 juillet, sur le comportement des PME exportatrices européennes et françaises réalisée par Harris Interactive pour le compte de FedEx Express, filiale du spécialiste du transport express international au service des PME, FedEx.

L’étude a été menée entre le 8 et le 27 mars 2015 auprès de dirigeants de PME implantées en France, Allemagne, Italie et Espagne via 2005 entretiens en ligne. Quelque 502 PME françaises ont participé à l’étude.

Seulement 32 % des PME françaises exportent, une réalité qui se vérifie à l’échelle européenne

L’enquête révèle en premier lieu que seulement un tiers des PME françaises interrogées, soit 32 %, ont une activité à l’export. Un pourcentage qui, loin d’être spécifique à l’Hexagone, se vérifie dans d’autres pays européens. Ainsi, à l’échelle européenne (France inclus), les résultats de l’enquête montrent que plus de six PME sur 10 (soit 62 %) n’exportent pas actuellement alors que plus des trois quarts (78 %) reconnaissent le potentiel d’activités que représentent les marchés et clients internationaux. Le manque à gagner pour les PME qui n’exportent pas se chiffrerait en moyenne, selon l’enquête, à 647 000 euros de recettes annuelles supplémentaires.

Parmi ces entreprises, la majorité (30 %) réalisent leurs ventes uniquement en Europe et principalement dans les pays voisins frontaliers – la Belgique étant l’une des destinations les plus prisées, suivie de l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la Suisse – tandis que 22 % de ces mêmes PME exportent en dehors du Vieux continent. Au grand export, hors Europe, les États-Unis sont le premier marché devant la Chine.
De manière général, la Chine, les États-Unis et le Canada sont perçus par l’ensemble des PME françaises interrogées comme ayant le plus grand potentiel pour les exportations.

En ce qui concerne le profil des entreprises exportatrices, l’étude relève que parmi l’ensemble des PME françaises exportatrices (32 %) sondées, 47 % gagnent des revenus élevés et 23 % des revenus faibles. L’étude constate également que 58 % de ces mêmes entreprises ont une croissance annuelle équivalente ou supérieure à 11 % contre 31 % qui ont une croissance stable ou en déclin.
Conclusion : les PME dont le chiffre d’affaires est solide et la croissance rapide sont plus enclines à exporter.

Les PME qui exportent sont plus optimistes

Le rapport observe également que les PME françaises qui exportent sont nettement plus optimistes quant aux perspectives d’affaires sur le court terme que celles qui n’exportent pas, un constat que d’autres enquêtes en France révèlent régulièrement.

Pour autant, bien que 34 % des entreprises tricolores reconnaissent le potentiel de l’international en termes de clients, seules 19 % d’entre elles ont l’intention de développer leur activité à l’international. « Notre étude montre que les PME en France passent à côté des revenus supplémentaires liés à l’exportation par manque de confiance car elles craignent devoir franchir un trop grand nombre d’obstacles au-delà leurs propres frontières régionales ou nationales », a ainsi commenté Tim Horton-Mastin, directeur général Ventes France de FedEx Express.

S’agissant de la nature des marchandises exportées, les équipements technologiques arrivent en tête, représentant 18 % du total des exportations des PME françaises interrogées. Viennent ensuite les biens industriels et manufacturés (16 % du total de biens expédiés) et en troisième position, les produits agroalimentaires (alimentation et boissons), qui comptent pour 13 % des ventes totales à l’export des PME tricolores.

Des obstacles à l’export demeurent pour les PME

L’enquête constate que la fréquence à laquelle les entreprises effectuent des expéditions de marchandises n’est pas quotidienne. Ainsi, 67 % des PME françaises sondées expédient des marchandises en Europe moins de 20 fois par mois, et il est à noter que seules 19 % des PME réalisent des envois de marchandises à destination du marché européen à raison de 20 à 30 fois par mois. Enfin, l’étude note que seulement 7 % des PME françaises qui exportent en Europe réalisent des expéditions de marchandises entre 31 et 50 fois par mois. Sur le grand export, ce pourcentage est encore plus faible avec 12 % des entreprises qui expédient des marchandises quotidiennement. En revanche, elles sont plus nombreuses (31 %) à envoyer des marchandises à l’étranger une fois par mois.

Ces résultats s’expliquent en partie par le fait que l’export implique la mise en place de moyens logistiques et administratifs (transport, traitement des réclamations et des retours, formalités pratiques pour se faire payer, formalités douanières…) spécifiques, notamment pour surmonter certains obstacles. Ainsi, les préoccupations de paiement (craintes d’impayés) sont citées par 30 % des entreprises exportatrices toutes confondues (Europe et international) comme principal frein pour se développer à l’export. Vient ensuite le manque de savoir-faire technique cité par 24 % des PME et les inquiétudes concernant les potentiels coûts que nécessite l’export. À l’inverse, 15 % des PME interrogées disent ne pas rencontrer de barrières lorsqu’elles exportent vers d’autres marchés.

« Beaucoup [d’entreprises], déplore Tim Horton-Mastin, sont réticentes à étudier les possibilités d’exportation pourtant lucratives, préoccupées par les formalités pratiques pour se faire payer ou par le traitement des réclamations et des retours sans avoir de présence physique sur le marché ; elles pensent aussi manquer de connaissances techniques, administratives et juridiques, concernant les droits de douanes notamment. » « Chez FedEx, a-t-il poursuivi, nous accompagnons les PME pour supprimer les freins qui les empêchent de considérer les bénéfices liés aux exportations ».

Venice Affre

Pour en savoir plus :
Consultez l’étude (en anglais) intitulée « European SME Export Report » dans le fichier PDF attaché à cet article.

FedEx Express – European SME Export Report – juillet 2015– See more at: http://www.lemoci.com/pmeexport-seule-une-des-pme-francaise-sur-trois-exporte-principalement-en-europe/?sthash.xruWtvaB.kxS1VRfR.mjjo#sthash.xruWtvaB.TwlD0akZ.dpuf

Start-ups et implication sociale: soutenir les causes chères à ses employés

Avatar de Karina BrousseauLe feu sacré

S’impliquer, donner, même en période de démarrage d’entreprise, n’est pas chose simple. Cependant, force est d’admettre que les jeunes entrepreneurs sont beaucoup plus engagés qu’on puisse l’imaginer. J’aborde la question cette semaine avec Frédéric René, co-fondateur d’une startup en commerce électronique.


marketing sociétal

Des desseins plus grands que soi

De la santé à la coopération internationale, en passant par le soutien à la Fondation Montréal Inc. envers qui il est redevable d’avoir appuyé son projet d’affaires il y a 3 ans déjà, plusieurs raisons motivent Frédéric René, co-fondateur de la startup Liki, à s’engager sur une base personnelle. Plusieurs causes lui tiennent à coeur et profitent de son implication. Malgré son horaire hyper chargé, il prend même régulièrement le temps de donner du sang à la Croix Rouge. Pour cet entrepreneur, papa de 4 enfants, donner du temps devient d’autant plus engageant que de donner de l’argent.

Dans sa précédente

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What You Need to Know About Customer Win-Back

Avatar de Center for Services LeadershipCenter for Services Leadership Blog

By V. Kumar, Yashoda Bhagwat, and Xi Zhang   

It’s a hypercompetitive market and you are doing everything you can to retain your customers, yet you know that no matter what you do, you will still lose some customers to competitors. The competition to acquire new customers is fierce. How do you maintain your customer base? Our research team at Georgia State University looked at a large national telecommunications firm and found that it can be profitable to go after lost customers and win back their business. While it may seem counter-intuitive to spend time and money on customers who chose to leave, the reality is that you can’t retain every customer and acquiring brand new customers is expensive. Luckily, the game is not over when you lose a customer and you can revitalize your relationship. To successfully win back profitable customers who are worth your effort, you…

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La productivité qui stagne, cette erreur qui nous tue

  • Il s'agit craindre robots destructeurs d'emplois, voir comment gagner emplois robots.

    Il ne s’agit pas de craindre les robots destructeurs d’emplois, mais de voir comment gagner des emplois avec les robots. – Gerald Bloncourt/Rue Des Archives

La façon actuelle de mesurer la productivité cache les changements en cours dans nos sociétés. Le PIB, issu du monde de l’industrie et de l’agriculture, ne suffit plus à décrire la réalité d’un monde façonné par Google, Facebook ou Uber.

C’est tristement officiel : la productivité, la richesse produite par heure, est en décélération constante. Elle est désormais plate. En même temps, nous allons à Londres, où la stagnation de la productivité inquiète les statisticiens (la Banque d’Angleterre dans une étude récente et le Trésor français dans une autre) : nous y voyons une économie vibrante. Quant aux start-up françaises, elles ne s’inquiètent pas tant que cela de la lenteur qui nous étreint ! Et moins encore Los Angeles, même si Janet Yellen, la patronne de la Fed, faisant écho à la « stagnation séculaire » annoncée par Larry Summers, prévient que sans hausse significative de la productivité, il ne sera possible ni de croître ni d’augmenter les salaires.

Et si nous passions à côté de la révolution en cours ? Et si, avec ce PIB qui nous vient de l’agriculture et de l’industrie du XIXe siècle, de l’effort physique lié la machine, nous ne comprenions pas ce qui se passe dans ce monde de communication et de partage d’informations ? Pis, nos analyses actuelles vont non seulement à l’encontre du diagnostic, mais plus encore de la solution. Il ne s’agit pas de craindre les robots destructeurs d’emplois, après les Chinois, mais de voir comment gagner des emplois avec les robots !

La lacune des mesures de productivité est d’être macroéconomique. Elle mélange ce qui naît à peine avec ce qui peine, ce qui révolutionne avec ce qui freine. Elle trouve une stabilité, mais elle vient de la lutte entre les espoirs et idées actuels contre les savoirs anciens, les structures établies et autres « avantages acquis ».

Le monde de Google, Apple et Facebook n’aiderait donc pas la productivité ? Agir plus vite et efficacement, communiquer plus finement, choisir plus précisément, mieux comprendre ce que veut (et voudra) tel client pour mieux le satisfaire, ne ferait donc pas plus de croissance ?

Non, vous dit-on, puisqu’on appelle croissance toute dépense ! On connaît les critiques anciennes, toujours valides, à cette approche du PIB qui nous plombe. Le mariage, où l’employeur épouse son employé(e), qui travaille désormais sans salaire, fait baisser le PIB. Heureusement, pollution et embouteillages le font monter ! Le PIB est davantage calculé en fonction du temps physique qu’intellectuel. L’innovation et l’astuce, soit faire autrement avec moins, deviennent pour lui récessives, comme les désintermédiations et autres « ubérisations » qui explosent.

Que dire au prix Nobel Solow en 1987 qui s’inquiète de ces ordinateurs « qui sont partout, sauf dans les statistiques » ?Qu’il faut attendre que le processus se diffuse. C’est en cours. Toutes les entreprises sont sur Internet, celles qui refusent meurent. De plus en plus de salariés utilisent les nouveaux outils… Pas assez. Accélérons.

Que dire à ces consommateurs qui préparent leurs courses et font leurs choix sur ordinateur, se renseignent et comparent ? Qu’ils doivent cesser de faire baisser le PIB, ou continuer ? L’économie de la gratuité, puisque ces consommateurs ne sont évidemment pas payés pour chercher ce qu’ils vont acheter et ne posent pas de questions à un salarié à un comptoir, prépare des choix plus efficaces car mieux informés, et marchands. Elle n’est pas récessive. Il faut donc améliorer nos mesures, suite au rapport Stiglitz, Sen, Fitoussi – et, en attendant les résultats, changer plus vite encore nos pratiques, formations et structures.

Que dire aux jeunes chômeurs ? Que l’ordinateur est responsable de leur état ? Ou bien qu’il faut lier formation, apprentissage et création d’entreprises, et que les entreprises, grandes ou petites, les attendent. Elles rajeuniront !

Nos mesures de productivité cachent les changements en cours. A preuve, la forte hétérogénéité des entreprises entre les « toutes nouvelles », les « en cours de restructuration » et « les autres ». La croissance viendra de la réduction de ces écarts, avec et par les changements de structures et la diffusion des innovations. Voilà le chantier.

Au lieu de dire que cette productivité, en fait mal mesurée, annonce la stagnation, il faut redoubler d’efforts de formation et de création de nouveaux outils d’information-communication, avec les clients et les salariés devenus testeurs et coopérateurs. Nous entrons dans l’économie du partage. Les gains de productivité y seront plus élevés, les baisses de prix aussi. Ne regardons pas le futur avec les lunettes du passé !

Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/021247393191-la-productivite-qui-stagne-cette-erreur-qui-nous-tue-1142767.php?EZAPgbbz00dUaVlF.99

Expatriation : Pictyear, au pays de “l’oncle Sam”

  • Face baie San Francisco, 3 fondateurs Pictyear :  Jérôme Tricault, Emmanuel Sordoillet Nicolas Moirignot

    Face à la baie de San Francisco, les 3 fondateurs de Pictyear : Jérôme Tricault, Emmanuel Sordoillet et Nicolas Moirignot – DR

De plus en plus d’entrepreneurs Français s’expatrient aux Etats-Unis, mais surtout à San Francisco. Eldorado des affaires qui donnerait à leurs projets une envergure internationale ?  Les fondateurs de Pictyear ont franchi le pas… et témoignent !

Emmanuel Sordoillet, Jérôme Tricault et Nicolas Moirignot sont venus dans la baie de San Francisco pour trouver des distributeurs américains pour leur produit phare : le Magicbed. Ce lit auto-dépliant, à la façon des tentes Quechua de Décathlon, permet de bercer bébé là où il se trouve, en un tour de main. Et dans leurs bagages, ces  trois frenchies, amis de vingt ans, en ont aussi profité pour donner corps à l’application qu’ils souhaitent développer : Pictyear qui créé et imprime des albums photos collaboratifs et instantanés sur mobiles.
Mais pourquoi San Francisco ? « C’est la ville la plus européenne des Etats-Unis ! lance Emmanuel Sordoillet.C’est une belle vitrine également pour faire parler de nous à l’étranger. C’est ici que sont parties les plus belles réussites qui, ensuite, se sont propagées comme des trainées de poudre dans le reste du monde ».

Un enthousiasme permanent à décrypter

A leur arrivée en juillet 2014, les trois fondateurs ont été charmés par l’accueil américain. «Ils ont tout de suite adoré notre concept, se souvient Emmanuel. C’était tellement enthousiasmant qu’on s’était sentis pousser des ailes. Cela nous changeait de l’esprit prudent à la française. Et après des retours toujours tout aussi enthousiasmants, nous nous sommes posés des questions. En fait, il y a des degrés de subtilités dans l’enthousiasme qu’il nous a fallu apprendre à décrypter ». Ce qui, concrètement, s’explique par le nombre de rendez-vous qu’ils réussissent ou non à obtenir. Au bout de la troisième rencontre, le projet, à ce stade, peut être considéré sur la bonne voie.

Un recrutement court-circuité

Autre surprise : il est souvent difficile de recruter. Dans le sens où la perle rare se voit vite débaucher. «Il n’est pas toujours facile de faire le poids face à des sociétés comme Google qui promettent salaires et des avantages pharaoniques », plaisante à moitié Emmanuel Sordoillet. En parallèle, avec leur installation dans la Silicon Valley, les trois associés ont une obligation implicite d’embaucher des locaux. «On nous facilite notre installation. En contrepartie, nous devons créer des emplois », analyse le co-fondateur. A San Francisco, ils sont donc six Américains à s’occuper de l’opérationnel. Les cinq  développeurs sont restés en France. « Nous travaillons en décalé avec Paris, ce qui m’oblige parfois à rester éveillé jusqu’à trois heures du matin », poursuit-il.

Pictyear en chiffres
Date de création : janvier 2014
Nombre de collaborateurs : 10
Objectif pour 2015 : 1 million de téléchargements avant fin 2015 (produits disponibles
dans 20 pays dont la France sur Apple Store puis Androïd)
Perspectives : six ouvertures de pays supplémentaires en Asie et Amérique du Sud

Autre point surprenant : l’énergie et le dynamisme dans les affaires. «Il y a une réelle différence entre le savoir et le vivre réellement. On parle business à longueur de journée ! Ici, tout est démultiplié, facilité», assure-t-il. Tout comme le tour de table d’un million d’euros, levé au début de l’année 2015. En dix jours, tout était bouclé.

Solidarité entre entrepreneurs

« Professionnellement, ici, tout se fait très vite. Nous avions sollicité des business angels, eux-mêmes francophones. Ces derniers nous ont également ouverts les portes de leurs réseaux d’affaires américains », affirme le jeune entrepreneur. Il a pu ainsi constater la solidarité pratico-pratique entre les individus qui sont prêts à donner à coup de pouce comme de mobiliser leurs réseaux en passant un coup de fil dans la minute. «  La réussite des autres n’est pas jalousée comme en France mais encouragée. Quand quelqu’un y arrive, chacun s’en inspire. Ici, l’Etat est absent dans les affaires, ce qui pousse à cette solidarité. Alors qu’en France, l’Etat met son nez partout et les Français sont, paradoxalement, plus individualistes », fait-il remarquer.
En revanche, s’établir à San Francisco avec les familles fut plus complexe. Les associés sont venus au printemps 2014 pour préparer le terrain : logement, scolarité, santé… « Cela nous a demandé plus de temps d’acclimatation. Les systèmes sont tellement différents ! ». Bien sûr, Emmanuel Sordoillet envisage de revenir un jour en France. Mais pas sans avoir assuré la réussite de Pictyear… et au passage, bien sûr, celle du Magicbed.

Pour en savoir plus :www.pictyear.com/fr

The Fed still focused on September

Avatar de Philippe WAECHTERPhilippe Waechter's blog

The Fed, in its press release, has let open all the options for hiking rates before the end of the year but September is still high on the agenda. The US central bank has reminded us that its decision will be data dependent and that the improvement on the labor market is the kind of data that could accelerate the decision. But on the other side, lower energy price will not hasten the convergence of inflation to the 2% target.
In other words the Fed has noticed that even growth prospects remain moderate there are stronger dynamics than in June on households and on the labor market. Imbalances are still there on the labor market but more limited than in June. Exports and investment are still a drag to a stronger expansion.

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Grandir sous l’aile protectrice d’une grande entreprise

  • – shutterstock.com

Les grands groupes font bénéficier des start-up de leurs expertises. L’objectif est double : accélérer leur développement, et rester au contact des innovations les plus prometteuses.

C’est le moment de vérité appréhendé par les créateurs de start-up, quand il leur faut démontrer que, au-delà de la bonne idée, du produit ou du service innovant, il existe un business rentable. Une étape très consommatrice en cash. Parfois fatale. Pour les aider à franchir ce cap, l’équipementier automobile EFI Automotive (190 millions d’euros de chiffre d’affaires) a créé cet automne Axandus, un « catalyseur qui vise à doper la croissance de start-up et d’entreprise en développement et faciliter leur entrée sur le marché » en mettant à leur disposition les moyens d’essai, de contrôle, de production du groupe et des experts en ressources humaines, marketing et financement. Cet accélérateur industriel accompagne des start-up qui ont fait la preuve de leur concept, des sociétés en amont de leur première levée de fonds, parmi lesquelles Ad-Venta, concepteur et fabricant de piles à combustible dans la Drôme, et Primo1D, qui développe des puces RFID intégrées dans des textiles pour assurer la traçabilité et lutter contre les contrefaçons et les vols. Axandus est très attentif à la sélection des projets qu’il accompagne. Sept ont été abandonnés faute d’atomes crochus avec les dirigeants ou de projets assez matures. Sur la dizaine de projets soutenus, un a fait l’objet d’une coentreprise, trois sont en phase d’accélération.

Incubateur dédié

D’autres groupes privés ont fait le choix de lancer leur propre incubateur ou leur programme d’accompagnement de start-up dans leur sphère d’activités, l’énergie pour Engie, les médias et les nouvelles technologies pour Canal+, le numérique pour Outscale. Engie fait équipe avec l’agence de développement économique Paris & Co et cible les produits, services et technologies centrés sur l’amélioration énergétique des villes. Cinq start-up ont été sélectionnées pour bénéficier du coaching des experts du groupe, dont Start Impulse à l’origine d’une nouvelle génération de compteurs communicants testés déjà dans près de 50 sites. Canalstart ouvre, lui, les infrastructures et les bases de données de Canal+ à des start-up comme Wildmoka, spécialisé dans la conception de services télévisuels enrichis ou Showbox.com, site de production de vidéos collaboratives. Et Outscale vient de lancer un premier appel à candidatures dans l’Internet des objets, le Big Data, l’apprentissage automatique. Quatre jeunes pousses seront retenues pour une accélération de trois mois.

Pour Michel Coster, pionnier des incubateurs académiques à EM Lyon, la création d’incubateur par des groupes et ETI est un « phénomène qui s’amplifie ». Il participe d’une certaine forme d’« open innovation ». « Chez Renault, deux tiers de l’innovation sont réalisés en dehors du groupe », observe le professeur en entrepreneuriat, le constructeur automobile s’étant associé avec l’incubateur de Paris & Co pour des projets de R & D. « Les ETI y viennent aussi très vite. C’est un mouvement de fond qui permet d’améliorer leur image auprès de la génération des « digital natives » », note Michel Coster. Mais attention à certains incubateurs trompe-l’oeil, comme ceux de Google et Microsoft, qui sont en fait de « simples outils commerciaux » et à une ouverture qui « reste souvent anecdotique dans certaines grandes boîtes », prévient-il.

Accompagnement itératif

Ce mouvement gagne aussi de plus petites entreprises, comme Sogilis à Grenoble. Son fondateur, Christophe Baillon, qui a réussi en moins de sept ans à s’imposer sur le créneau des logiciels embarqués critiques pour des clients comme Thales Avionics et Airbus, a créé en décembre 2013 Startup Maker, une structure de « lean investment » qui propose un accompagnement itératif auprès de start-up. A chaque étape, le fonds se réserve le droit d’arrêter son soutien si la start-up n’a pas réussi à identifier de clientèle dans les trois premiers mois, à générer de chiffre d’affaires dans les six mois suivants, à boucler un premier tour de table au bout de douze mois. Un processus itératif qui permet, selon Christophe Baillon, de « gaspiller moins de capital ». Et de ne pas bercer d’illusions certains porteurs de projet.