Esprit start-up, que pensent nos investisseurs ?

créer un start up avec des investisseurs

Faire appel à des investisseurs externes pour financer la création ou le développement de sa start-up est une étape délicate. Elle oblige à sortir de sa zone de confort. Il faut alors convaincre, montrer sa capacité à porter sa start-up vers le haut, bref, démontrer par a + b que nous sommes la bonne personne avec le bon projet. Comment passer le cap du grand oral ? Le blog du dirigeant a rencontré Éric Ibled, dirigeant d’entreprise et investisseur au sein du réseau Business Angels du nord de la France.

Comment s’organise France Angels pour sélectionner les projets financés ?

*France Angels : organisation chargée de promouvoir les business angels en France et de fédérer les différents réseaux afin de faciliter et d’accélérer l’investissement des start-ups.

*Business angel : un business angel définit une personne qui investit au capital de jeunes entreprises. Un business angel est en général lui-même dirigeant ou ex-dirigeant. Passionné d’entrepreneuriat, il souhaite placer son argent dans des projets qui lui tiennent à cœur.

 

Le réseau Business Angels Nord de France organise 7 à 8 réunions par an pour rencontrer les porteurs de projets. 3 à 4 start-ups se succèdent afin de « pitcher » leur projet. Nous leur accordons environ 10 minutes de présentation puis 10 minutes d’échanges sont prévues.

À l’issue de la réunion, les business angels se positionnent en disant simplement si oui ou non, ils souhaitent prendre contact avec l’un des entrepreneurs entendus durant la soirée. Évidemment, aucun accord de financement n’est pris sur cette simple présentation. Ces événements sont une entrée en matière, une première prise de contact en vue d’approfondir une éventuelle collaboration financière.

Comment faire pour accéder à ces réunions ?

Les réseaux d’accompagnement à la création d’entreprise effectuent le premier filtre. Ils sont sur le terrain et ce sont eux qui décident des projets à nous faire parvenir : la Chambre de Commerce et d’Industrie, Réseau Entreprendre ou des consultants du milieu financier. Si vous êtes porteur d’un projet et que vous souhaitez faire appel à des business angels pour financier votre start-up, vous devrez contacter ces réseaux d’abord. Ils travailleront avec vous le business plan, le pitch de présentation et surtout, ils évalueront la qualité du projet et sa concordance avec nos attentes, en amont de la présentation aux membres du réseau.

Qu’est-ce qu’un pitch de présentation ?

crée une start-up

L’exercice du pitch est l’incontournable dans le milieu de la start-up. Il consiste à présenter le projet et ses atouts en un temps record. Vous disposez de 10 minutes pour susciter l’envie, 10 minutes pour que votre auditoire se dise « tiens tiens tiens, il y a peut-être un projet intéressant ».

Dans la théorie, l’exercice du pitch suit une méthodologie assez stricte.Vous devez présenter votre projet et son contexte (contexte personnel, mais aussi son marché et ses spécificités), décliner ses avantages concurrentiels, expliquer votre stratégiecommerciale et ce pour quoi votre start-up va bouleverser son secteur ou être plus maline que ses concurrents. Vous devez expliquer votre stratégie de financement et exprimer vos besoins.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire notre article : comment réussir son elevator pitch.

Pour une start-up en recherche de financements, quels sont les petits trucs qui feront la différence lors du pitch de présentation ?

Il y a évidemment le cœur de projet qui joue. Chaque investisseur aura ses préférences ou sera plus sensible à un secteur d’activité plutôt qu’un autre.

Pour faire mouche, l’équipe fondatrice de la start-up doit montrer sa capacité à porter le projet vers le haut. Elle doit être complémentaire, exprimer sa vision à long terme, ses valeurs. L’investisseur doit sentir l’ambition, l’envie d’agir pour notre économie. L’entrepreneuriat est une mentalité. À vous de montrer vos capacités. Si vous réussissez à convaincre des business angels, vous réussirez à convaincre des clients !

Ensuite, sachez que les business angels sont souvent des personnes en fin de carrière professionnelle ou à la retraite (même si certains d’entre eux sont aussi plus jeunes). Ils ne sont pas fatalement attirés par les nouvelles technologies ou le web (qui représentent la majorité des start-ups). La présentation du projet est donc primordiale : l’investisseur doit comprendre très vite ce que vous faites, mais aussi comprendre votre positionnement sur le marché, votre avantage concurrentiel. Le pitch doit permettre à l’investisseur de cerner l’opportunité qui s’offre à lui… Pas facile de faire passer le message à un auditoire non initié !

Depuis combien de temps êtes-vous business angel ? Avez-vous déjà gagné ou perdu de l’argent ?

investir dans une start-up

Je suis investisseur depuis 3 ans, ce qui est trop tôt pour constater un retour sur mes investissements. Vous pouvez faire toutes les prévisions financières que vous voulez, un business angel saura toujours quand il entrera dans votre société, jamais quand il en sortira. De plus, une start-up doit d’abord privilégier le réinvestissement avant de distribuer son bénéfice financier à ses actionnaires.

Pour l’instant, je n’ai pas perdu d’argent, même si certaines sociétés que j’accompagne ont manqué de trésorerie et parfois frôlé la catastrophe. Le besoin en trésorerie est d’ailleurs le ratio le plus mal anticipé par les créateurs d’entreprise. Lorsqu’elle fait défaut, il faut être réactif et revoir toute la stratégie, voire le modèle économique.

Et vous, pourquoi êtes-vous business angel ? Quelles sont vos motivations ?

L’intérêt est fiscal, bien sûr, mais les business angels sont avant tout des passionnés d’entrepreneuriat. Il n’y a pas que de l’investissement financier de notre part, il y a aussi de l’investissement personnel. Nous conseillons, nous accompagnons, nous écoutons, nous ouvrons notre carnet d’adresses. Pour ma part, j’ai 46 ans, suffisamment d’expérience et de patrimoine pour me dire que je peux aider, que c’est maintenant, le bon moment. Les start-ups sont pour la plupart développées par des jeunes. Ils veulent changer les codes, mais ils sont livrés à eux-mêmes. En investissant dans leurs sociétés, en intégrant leur comité de pilotage, je participe à ma manière à la relève de l’économie.

Un conseil à donner aux entrepreneurs en herbe ?

Outre le positionnement et le marché de la jeune société, l’investisseur regarde surtout la qualité et la complémentarité de l’équipe. C’est à mon avis un point essentiel dans le choix d’investissement. Une équipe peu convaincante a peu de chance de réussir, même si le projet est bon.

Un article de Laurent Dufour

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