Sept gestes qui peuvent être fatals au bureau (et comment les éviter)

Un regard fuyant est calamiteux. Votre interlocuteur s'imaginera que vous n'osez pas lui avouer quelque chose.

Un regard fuyant est calamiteux. Votre interlocuteur s’imaginera que vous n’osez pas lui avouer quelque chose.

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Mains nerveuses, sourire figé… Face à l’autre, vous effectuez, malgré vous, des gestes parasites, vite interprétés à votre détriment. Apprenez à les repérer et à les corriger avec Valentin Becmeur, coach chez Othello.

Gare aux postures qui sonnent faux, aux gestes incontrôlés. Ils risquent de vous décrédibiliser devant des collaborateurs, des clients, un patron ou un recruteur. Les jugements hâtifs sont souvent négatifs! Difficile ensuite de les convaincre que vous êtes l’homme (la femme) de la situation et de regagner en autorité et en prestige. Sept attitudes à proscrire!

1. Les mains triturant des objets

Ah, s’agripper au bureau quand on anime une réunion, tourner son alliance ou tirer sur un collier lorsqu’on fait une présentation, serrer son stylo devant à un supérieur… Ces gestes « d’auto-contact » sont légion. L’auditoire a l’impression que vous hésitez, prêt à trébucher, voire à vous noyer. On interprétera que vous ne vous suffisez pas à vous-même, qu’il vous faut du soutien.

A faire. Mettez à distance tous ses objets – dossier de chaise, bureau – ou posez-les sur une table à côté (briquet, bijoux.). Mieux planquez-les dans une sacoche. Et gardez les mains en cuillères, les paumes tournées vers le haut.

2. Les mains glissées dans les poches

Encore un geste dangereux ! Vous espérez jouer l’affaire décontractée, or beaucoup interpréteront cette attitude comme celle d’un « je-m’en-foutiste », négligent, arrogant ou pas sûr de lui. En outre, on supputera que les mains restant invisibles, vous avez quelque chose à cacher, que vous ne vous livrez pas. Vous serez épinglé comme un hypocrite en puissance. Ce qui bloque l’échange verbal avec l’autre.

A faire. Deux solutions. 1/ Se faire coudre les poches, c’est radical mais ça marche. 2/Travailler le relâchement des bras. Si vous craignez de les avoir ballants, représentez-vous en train de tenir une pelle, l’extrémité plate tournée vers le sol, vous retrouverez une posture droite.

3. La paume tournée vers le bas

C’est la main dite en « pronation », qui donne la sensation de vouloir attraper quelque chose. Le manager montre parfois cette main là lorsqu’il est directif à son insu. « Va donc chercher le dossier Z ». Un geste malvenu, perçu comme un grand coup de balai, envoyant l’autre « gicler ».

A faire. Tournez la paume vers le haut, comme si vous soupesiez quelque chose. C’est la main en « supination » (celle du mendiant). Une position d’ouverture, d’écoute, accueillante, qui laisse l’autre libre de décider. Efficace si vous demandez une faveur ou un service.

4. Le poing sur la bouche

Votre main, au bout d’un bras replié, est souvent placée devant votre bouche. Ce qui empêche la parole. Autre signe : vous frottez votre visage, comme si vous aviez des démangeaisons. De fait, vous voulez montrez que vous vous impliquez dans l’échange, fort intéressé. Mais votre vis-à-vis vous trouvera gêné et il sera gêné.

A faire. Faites une petite visualisation : vous êtes Edward aux mains d’argent, ou vous avez de l’acide sulfurique au bout des doigts, ce qui devrait vous couper toute envie de toucher votre figure.

5. Le sourire plaqué

C’est un outil parfait pour séduire et engager une relation. Mais dès qu’il est mécanique, il est contreproductif. Vous avez inévitablement en tête un commercial ou une hôtesse, qui a eu un sourire forcé à votre égard. Celui-ci vous a dérangé, parce qu’il sonnait faux et qu’il était impersonnel. Gare à ne pas les imiter. Votre interlocuteur n’y croira pas et pensera que vous le manipulez.

A faire. Rappelez-vous un souvenir heureux – que vous pourriez raconter- vous ferez rejaillir la joie de ce passé, et vous retrouverez un sourire authentique, unique pour l’autre.

>> Lire aussi: Manipulation : six techniques insidieuses à déjouer

6. Le regard trop maintenu

Quand les yeux ne se détournent jamais, ils sont dérangeants. Vous passerez pour quelqu’un d’insistant, d’intrusif, voire de dominateur, capable de déstabiliser l’autre. On se dira : « ce n’est pas un communicant ! » Le contact visuel doit être agréable entre deux personnes qui se parlent.

A faire. Apprenez la vision latérale, qui vous permettra de décrocher votre regard, en fixant vos yeux au loin ou de côté. Appréciable quand votre interlocuteur vous livre des confidences.

7. Le regard fuyant

Il est calamiteux, car il indispose votre interlocuteur qui se sent vraiment très mal à l’aise, car mis hors champ, ignoré en quelque sorte. Il s’interrogera, « Est-ce moi qui le repousse ? ». Ou il s’imaginera que vous n’osez pas lui avouer quelque chose. Et que vous n’avez pas les épaules pour affronter une conversation musclée ou un problème critique qui exige de la fermeté. Bref, vous vous débinez.

A faire. Exercez-vous à regarder l’autre droit dans les yeux avec des amis ou voisins bienveillants, puis dans le bus et dans la rue. Le but est tenir ainsi au moins 2 à 3 secondes. Une astuce pour vous aider: ne « regardez » pas mais « observez » le regard de l’individu, en vous concentrant sur le détail de ses yeux, la couleur exact de son iris, de ses cils, etc. Vous n’aurez pas la sensation de vous exposer.

Valentin Becmeur est l’auteur de « Décoder ses gestes en 10 leçons », à paraître le 16 novembre 2015 chez Leduc.S Editions.

Par Marie-Madeleine Sève,

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