2020, la cassure… prémices de troisième guerre mondiale.

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L’attente

L’année 2020  était largement entamée, l’ensemble du Moyen-Orient et de l’arc méditerranéen avait basculé dans le chaos. L’armée russe après une campagne éclair occupait la partie est de l’Ukraine, et s’était arrêtée à une soixantaine de kilomètres de Kiev  sur une ligne approximative passant par Chernihiv – Brovary- Uman et Odessa. Une division russe était déployée à la frontière géorgienne au sud. L’équivalent de cinq  divisions blindées russes  menaçait la Roumaine et la Moldavie à l’ouest si celles-ci ne se retiraient pas  de l’alliance atlantique à laquelle elles avaient adhéré, l’une en 2014 et l’autre  en 2018. En Roumanie, les renforts américains affluaient sur le port de Constanta. La Pologne avait rétabli le service militaire obligatoire et la France comme l’Allemagne avaient envoyé une brigade blindée et une escadre de bombardiers et d’intercepteurs sur les bases de  Gdynia et  d’Olsztyn. Les Etats-Unis débarquaient des renforts en matériels et en logistique à Gdansk. En représailles,  la Russie avait décrété la moitié de la Mer Noire comme zone exclusivement réservée  au déploiement de sa flotte et le Bosphore comme zone de libre accès. Toute tentative de contrôle du Bosphore par l’Otan serait considérée par la Russie comme casus belli.  Les navires américains, britanniques et turcs se croisaient donc en Mer Noire avec le  risque constant de déclencher des incidents majeurs.

L’Allemagne, après de nombreuses controverses, avait décidé d’augmenter son budget de la défense à 2,5% du PIB tout  comme la France, l’Espagne et l’Italie. La  Grande-Bretagne avait demandé aux EU de déployer des missiles nucléaires tactiques sur son sol.      Les faucons du congrès américains appuyés par Carter, le patron de la CIA, et les lobbies de l’armement souhaitaient vider l’abcès en entrant dans une confrontation majeure en Europe.  A la Maison blanche, on soufflait le chaud et le froid tout en estimant la situation proche du cataclysme ultime.   Le monde occidental  prenait conscience peu à peu qu’une guerre ne pouvait être évitée. Les sondages indiquaient  que le pourcentage  de  partisans pour une confrontation avec la Russie, qui avait sauvé de justesse en Syrie Bachar el Assad, ne pouvait être évitée.  Après 74 ans de guerres et de conflits incessants après la seconde guerre mondiale et d’illusions de paix en Europe, une scission vive et transverse était en train de se concrétiser entre une partie de la population favorable à la Russie et  une autre faisant confiance à la puissance des Etats-Unis. La  situation économique, pour une majorité de gens étant  devenue intolérable, le chômage, ou le sous-emploi était devenu la règle. En France,  François Hollande avait été une nouvelle fois réélu par défaut. La droite molle ayant appelé dès le premier tour à ne pas soutenir la réélection d’un Sarkozy inaudible, et Marine Le Pen avait été jugé trop peu crédible compte tenu de l’aggravation de la situation internationale, elle avait obtenu  18 % des voix au premier tour des élections présidentielles de 2017.     Sur le territoire national, après les attentats de 2018 qui firent 130 morts et blessés dans les gares parisiennes, des mesures d’urgence et de contrôle des passagers  avait été prises, ce qui eut pour conséquence la désorganisation totale des transports ferroviaires.

Une attaque massive de hackers paralysa pendant quelques heures une grande banque française et  certains comptes nominatifs  disparurent totalement, ce qui causa une panique indescriptible parmi la population. Depuis des attaques incessantes désorganisèrent à plusieurs reprises le système informatique de distribution d’électricité, plongeant dans le noir en plein hiver les réseaux fragilisés de Bretagne et de Normandie.

Partout en Europe la pression migratoire était telle que  l’on fut contraint à ouvrir des camps de réfugiés. La Tunisie  comme le Maroc avaient été forcés, sous la pression des islamistes, de rétablir la charia. Les propriétaires  européens d’appartements et les Riads  avaient déserté en masse Marrakech, en laissant tout sur place.  Une jeunesse désœuvrée et  désespérée  avait pris d’assaut un navire de croisière de Costa dans le port d’Agadir. En Algérie,  l’état d’urgence fut proclamé après les attentats meurtriers d’Alger et le drapeau de l’EI flotta à Ghardaïa pendant quelques heures.

L’Etat islamiste au levant avait réussi à fédérer l’ensemble des mouvements radicaux dans le monde  et certains commençaient à penser en dépit des attentats en Europe que nous n’aurions d’autres alternatives que de négocier avec les quelques mouvements internes dissidents. La Turquie, maillon faible de l’OTAN,  continuait à jouer un double jeu dangereux, ambigu et complexe avec Daesh.  Des attentats de plus en plus meurtriers eurent lieu à Istanbul et visèrent notamment les touristes.

Ainsi,  en cette année 2020, partout au levant comme à l’Est, la situation se dégradait de jour en jour.   L’Otan, dans laquelle la France était partie prenante,  renforçait sa présence en Pologne et surtout en Roumanie.  Les budgets de la défense  en Europe,  après des décennies de baisses imbéciles et suicidaires, avaient relativement augmenté en dépit d’une crise financière profonde, qui remettaient en cause tous les acquis sociaux des trente glorieuses d’après la seconde guerre mondiale, qui avaient profité aux  différentes  générations jusqu’à la première guerre du golfe. L’effondrement de l’URSS et la mondialisation ajoutée aux erreurs grandioses d’une politique américaine particulièrement aveugle illustrant l’inculture de leurs dirigeants eurent pour conséquence l’effondrement de certains pays totalitaires mais structurés  et leur remplacement  par une montée des terrorismes. L’islamisation forcée, la disparition de populations chrétiennes ou maronites millénaires au Liban, la déstabilisation de la Jordanie    et la politique américaine exclusivement tournée vers leurs intérêts géostratégiques précipitèrent  les choses. La Turquie était proche d’un renversement d’alliance.   Les coalitions  de circonstances dirigées par Les Etats-Unis face à Daesh et aux cinquantaines de mouvements islamistes de par le monde,  échouaient à solutionner les incursions terroristes en Europe. En Italie, comme en Grèce, des groupes islamistes armés infiltrés au sein des flux de migrants avaient réussi quelques opérations ponctuelles notamment à Rome, au Vatican. Un groupe de kamikaze, après avoir pris un millier de fidèles en otage,  s’était fait explosé en tuant une centaine de personnes lors de la messe papale. On évita de peu une intrusion dans les appartements du pape qui fut évacué par les forces spéciales italiennes dans un lieu tenu secret.

La situation en Europe était devenue explosive et certaines banlieues islamisées et radicalisées par des prédicateurs en Belgique comme en France, s’étaient soulevées,  ce qui mobilisa des forces considérables y compris militaires. A Lyon, comme à Marseille, des blindés avaient été engagées…

A suivre…

J’ai conscience que la prédiction est un exercice très compliquéspécialement quand elle concerne le futur ( Niels Bohr)

Roland Pietrini le 25 août 2015

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