ALTERNANCE ET RESPONSABILITÉS COMMUNES

La formation en alternance face à ses responsabilités

La formation en alternance, où un étudiant voit son temps partagé entre l’école et l’entreprise, est un dispositif où les avantages semblent évidents. Apprendre un métier sur le terrain en étant accompagné et rémunéré pour l’étudiant, investir dans la formation en intégrant un futur collaborateur à l’entreprise pour les employeurs. On ne compte plus les présentations positives de l’alternance, qui fleurissent massivement dans les communications étudiantes. Même les gouvernements successifs encouragent clairement le développement des différents dispositifs d’alternance.

Seulement, l’évidence universelle qui prône l’alternance comme étant forcément une situation de gagnant-gagnant est-elle une réalité des retours d’expérience ? Hélas, loin de là !

Tout commence lorsque l’on regarde la raison principale qui pousse les employeurs à embaucher des étudiants en alternance. Pour la majorité d’entre eux, ils font cela pour « aider les jeunes à s’intégrer au monde du travail » ! En n’oubliant déjà que les alternants ne concernent pas QUE des jeunes, mais aussi des salariés aguerris en situation de reconversion professionnelle, embaucher un alternant presque par charité démontre l’énorme travail qui doit être fait par rapport aux mentalités !

Il suffit en fait qu’un employeur ait eu une mauvaise expérience, ou même qu’il en ait entendu parler, pour qu’ils n’embauchent plus d’alternants pendant quelques années. Au-delà même du cliché où on dit aux alternants : « on voue paie, on vous forme, et en plus vous ne serez pas là tout le temps ?! », certains n’apprécient pas la façon d’agir des nouvelles générations Y et Z au sein de leur entreprise. Le problème, c’est qu’elles représentent tout simplement les nouvelles mentalités des salariés de demain, et que la créativité et l’innovation sont les clés pour la productivité future des organisations !

Non, vraiment, pour que la formation en alternance débouche sur une situation de gagnant-gagnant pour l’employeur et l’alternant, quelques bonnes pratiques élémentaires doivent être respectées :

  • Déjà, tout dépend de ce que l’employeur attend de son alternant. Dur réalité quand on sait que certains demandent d’écrire les mails ou proposent des tâches complétement annexes. Montrer tout de suite à l’alternant qu’on lui confie des tâches à valeur ajoutée permettra une véritable responsabilisation de ce dernier. La responsabilisation pousse à l’engagement, et permettra en plus à l’alternant d’appliquer ce qu’il a appris à l’école au sein de la réalité du monde du travail.
  • L’alternant ainsi responsabilisé n’aura d’autre choix que d’assumer ce qu’on lui confie : il devra se tenir aux résultats attendus par son tuteur, mais également supporter le surplus de travail évident engendré par ce type de formation ainsi que le nouveau rythme de travail auquel il faut se soustraire.
  • Si l’alternant parvient à assumer cela, et qu’il sent que son manager lui confie des tâches qui comptent et qui l’intéressent, alors l’engagement ne sera que plus important. L’étudiant développera ses compétences et donc de la valeur ajoutée pour l’entreprise.

C’est donc une responsabilisation de l’étudiant, d’abord par l’employeur, qui entrainera la formation en alternance vers une situation gagnant-gagnant pour l’alternant et pour l’entreprise.

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