Le coworking en plein boom

  • A Boulogne--Billancourt, nouvel espace coworking baptisé « Kwerk » inauguré officiellement vendredi

    A Boulogne–Billancourt, un nouvel espace de coworking baptisé « Kwerk » a été inauguré officiellement vendredi –

Près de 250 espaces ont ouvert en France. Les professionnels de l’immobilier partent à l’assaut du marché.

«  Avec Michel, on fabriquait les sablés dans ma cuisine et on faisait du porte-à-porte dans le quartier. On nous prenait pour des boy-scouts un peu allumés. » Perché sur un tabouret de bar, Augustin Paluel-Marmont, jean, baskets et décontraction assumée, revient sur l’incroyable aventure de Michel et Augustin. Mélange de volontarisme et d’autodérision, le propos du trublion du biscuit fait mouche auprès de l’auditoire d’entrepreneurs. Le Talk est un succès : son organisateur, Lawrence Knights, jubile. en ce matin d’avril, il a tenu sa promesse : faire que Kwerk, le nouvel espace de co-working qu’il vient d’ouvrir à Boulogne-Billancourt – l’inauguration a eu lieu vendredi –, soit un peu plus qu’un simple centre d’affaires. Un lieu doté d’un « supplément d’âme » où, moyennant quelques centaines d’euros de loyer, l’entrepreneur – souvent un travailleur indépendant – peut louer un bureau, assister à des conférences, nouer des contacts, bref inventer une nouvelle manière de travailler. En un mois Kwerk (700 m2), a déjà loué 40 % de ses bureaux via les réseaux sociaux. Ce n’est pourtant pas la concurrence qui manque : les « tiers lieux », ces espaces hybrides où l’on travaille ensemble sans appartenir à la même entreprise, ont explosé. « Il s’en ouvre un par semaine, soit en cinq ans, 400 en France », calcule Ghislain Grimm, directeur R&D de la société Colliers France, conseil en immobilier d’entreprise. Parmi eux, pas moins de 250 lieux dédiés au co-working. Portés par la flambée des loyers, le nomadisme professionnel, l’économie collaborative et l’allongement des temps de trajet travail-domicile. On y vient pour un jour, ou quelques mois – les baux classiques sont très rigides. On y reste pour du mentorat, des collaborations. « Un co-worker sur deux finit par travailler ensemble », assure Clément Alteresco, le fondateur du site Bureaux à Partager.

Appâter les grands groupes

En 2008, la Cantine fut la pionnière en France. « C’était le prolongement physique de toutes les collaborations qui s’étaient nouées entre les acteurs du numérique, pour résister à la bulle Internet », raconte Nathanael Sorin-Richez, alors partie prenante de l’aventure. « Aujourd’hui, on trouve des lieux de co-working, partout, sous toutes les formes : il y a 7 Cantine en France et des lieux en banlieue, à la campagne. Cette diversité est une richesse. » Reste à trouver le bon endroit – une affaire d’alchimie, assurent les habitués. S’il n’est pas question ouvertement de cooptation, les espaces affichent la couleur. Design et cosy chez Kwerk, geek et arty au Numa. Plus impersonnels quand ils sont conçus par les professionnels de l’immobilier, qui espèrent appâter aussi les cadres de grands groupes adeptes du télétravail. « Les professionnels de l’immobilier d’affaires sont en train de se positionner, car ils ont bien compris que c’était l’avenir. Tous les lieux de connexion vont être investis : gares, centres commerciaux, aéroports », pronostique Ghislain Grimm. Nexity vient d’ouvrir 5 centres franciliens et en espère une vingtaine d’autres, plus une dizaine dans les grandes villes. Travaillant étroitement avec les élus locaux, qui, dit-il, « ont très envie de maintenir un tissus économique local ». Bouygues est sur la même voie et Multiburo, spécialiste des centres d’affaires classiques, vient d’ouvrir son cinquième lieu de co-working francilien à la Défense. Il se murmure aussi que Regus convoite les gares du Grand Paris. « Le marché est en train de s’organiser : ça s’accélère », assure Clément Alteresco. Les petits seront-ils mangés ? « Nous ne sommes pas sur les mêmes créneaux »,assure Lawrence ­Knight, qui s’est malgré tout appuyé sur un promoteur, Les Nouveaux Constructeurs. Et n’omet pas d’écouter le conseil dispensé par Augustin Paluel-Marmont. « C’est comme pour le VTC il y a du monde sur la ligne de départ. La seule solution, c’est de se déployer rapidement. »

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