Repas d’affaire méthodologie

Le choix du restaurant

« On choisira le lieu de rencontre en fonction de l’objet du repas, ainsi que le temps consacré à l’événement, le menu et la décision de prendre du vin ou pas »

» Choisir le restaurant en fonction de l’objet du repas : dans déjeuner d’affaires il y a l’aspect convivial du déjeuner et le côté sérieux des affaires. Il convient de juger a priori quelle sera la teneur principale du repas : s’il s’agit de fêter la conclusion d’un accord ou de négocier les termes d’un contrat, l’ambiance sera différente. On choisira le lieu de rencontre en fonction, ainsi que le temps consacré à l’événement, le menu et la décision de prendre du vin ou pas. Ainsi dans la deuxième hypothèse, il faut prévoir une salle calme où l’on peut parler. Dans tous les cas, privilégiez un restaurant que vous connaissez afin d’éviter les mauvaises surprises (service trop lent, musique omniprésente…).

» Avant la date prévue (quelques jours au préalable), il est bon de rappeler par email le rendez-vous en précisant les détails pratiques (adresse du restaurant et heure). C’est également l’occasion de glisser à votre interlocuteur les sujets que vous souhaiterez aborder. « Nous aurons l’occasion de discuter de notre future collaboration », « …pour fêter la fin du contrat et discuter de l’avenir de notre collaboration », etc. Cela vous permettra d’entrer plus facilement dans le vif du sujet le moment venu.

Avant de passer à table

» Le Jour J, prévoyez d’arriver 10 minutes en avance afin d’accueillir vos invités – qui devraient être à l’heure. On les attend dans l’entrée du restaurant ou bien à table après avoir pris soin de donner des instructions au serveur pour diriger les invités. Si vous les retrouvez devant le restaurant, c’est à vous de pénétrer en premier dans la salle et de vous adresser au serveur.

« Plus les échelons hiérarchiques se tassent, plus la galanterie prime »

» Le cas échéant, vous devrez faire les présentations de vos collaborateurs respectifs. Passage obligé qui doit respecter un certain formalisme. Ainsi, on présente la personne la moins importante à la plus importante. Vous introduirez donc votre adjoint auprès de votre client, plutôt que l’inverse (« Monsieur Dupont, laissez moi vous présenter mon bras droit, Jacques Tavernier »). Ensuite, pour présenter les personnes appartenant à la même entreprise, la notion de hiérarchie prime mais plus les échelons hiérarchiques se tassent, plus la galanterie prime.

S’installer à table

» S’installer à table : là encore, pas question de s’asseoir n’importe comment. Un premier principe consiste laisser la place la plus confortable à son invité et aux femmes. On les laissera profiter de la vue sur la salle, de la banquette et on se satisfera de la place dans le couloir avec le passage des serveurs… Pour faciliter son rôle d’animateur, on s’installe généralement en milieu de table, son interlocuteur principal en face de soi. L’idéal étant ensuite de respecter une alternance homme femme et de mélanger les équipes (évitez de créer des clans qui se font face). Une astuce : Gabrielle de Lesquen explique que les angles sont des places stratégiques car ils donnent vue sur l’ensemble de la table. En cas de négociation importante, prévoyez d’y installer un proche collaborateur.

Une fois assis, il faut veiller à maîtriser sa position

Exemple à ne pas suivre : les coudes sur la table. En revanche, le dos reste bien droit et détaché du dossier
» Une fois assis, il faut veiller à maîtriser sa position : on ne s’avachit pas sur son siège même si l’on a passé la matinée à courir. On reste droit en laissant un léger espace entre soi et le dossier de la chaise. « Un chat doit pouvoir passer », plaisante Gabrielle de Lesquen. Quant aux mains, elles se trouvent sur la table (et non sur les genoux, à l’anglaise). En revanche, les coudes, non ! Une exception à cette règle : les dames peuvent se permettre de poser les coudes à partir du fromage.
On évitera également d’allonger les jambes (au risque de donner un coup de pieds à son voisin d’en face) ou de les croiser.

Le choix des plats et du vin

» Un menu ou à la carte ? Pour Gabrielle de Lesquen, il est aujourd’hui tout à fait admis de conseiller un menu, sans pour autant passer pour un radin. D’autant plus que votre temps, et celui de vos convives, est compté et que le menu garantit généralement un repas plus rapide. D’ailleurs, si vous avez un impératif de temps (une réunion à 14 h par exemple), précisez-le d’emblée. Vous pouvez inciter vos convives en indiquant votre propre choix (« je pense prendre le menu… »). Si votre invité souhaite prendre une entrée alors que vous non, mettez-le à l’aise : « C’est une bonne idée, ce plat est très bon, il faut l’essayer ». Si cela vous ennuie de le laisser commencer à manger tout seul, vous pouvez préférer prendre une entrée légère afin de l’accompagner.

« Si votre invité souhaite prendre une entrée alors que vous non, mettez-le à l’aise »

» En tant que personne invitante, il vous revient de vous occuper du vin. Il faut d’abord proposer à la table de commander du vin car de nombreux déjeuners d’affaires se font dorénavant sans alcool. Le cas échéant, c’est également à vous de choisir mais vous pouvez tout à fait consulter votre invité, surtout si vous savez ce dernier connaisseur. Sauf si le serveur s’en charge, c’est enfin à vous de veiller à proposer du vin lorsque les verres de vos invités sont vides. Pour Gabrielle de Lesquen, une petite difficulté peut survenir lorsque l’invitation provient d’une femme. « En théorie, les femmes ne doivent pas toucher une bouteille », précise-t-elle. Attendez de voir si votre invité prend l’initiative de faire le service, sinon suggérez-lui poliment.
Et si la table opte pour du vin mais que vous ne souhaitez pas en consommer, la façon la plus habile de procéder consiste à accepter une petite quantité de vin et à ne pas le boire. Votre verre restant rempli, on ne vous en proposera plus.

Rentrer dans le vif du sujet

» C’est à vous de donner le signal que les convives peuvent commencer à manger. Pour cela, attendez que tout le monde soit servi et commencez simplement votre assiette. On bannit le « bon appétit » lancé à la cantonade, qui suggère à vos invités de bien digérer leur repas…

» Pour rappel, le pain se place à gauche de son assiette (il ne fait pas très bon effet de piocher allègrement dans le morceau de pain de son voisin). Tout comme le vin, il faut mieux éviter de le consommer avant d’avoir débuté le repas, ou alors en petites quantités.

il faut garder sa veste à table

Si vous souhaitez ôter votre veste, il faudra aussi enlever la cravate © Aurélie Fardeau / JDN Management

» Si Gabrielle de Lesquen observe que les discussions professionnelles arrivent généralement très tard dans le repas, elle déconseille d’attendre autant. S’il est clair pour les deux parties que l’on se voit pour parler business, on peut entamer la conversation après avoir passé la commande ou à l’arrivée des entrées. Auparavant, il faut entretenir une conversation agréable en évitant les sujets politiques et religieux. On sera également attentif à ne pas poser de questions trop personnelles. « Vous pouvez parler des vacances mais ne demandez pas à votre interlocuteur s’il part avec ses enfants si vous ne savez pas s’il en a », cite en exemple Gabrielle de Lesquen. En revanche, s’il les mentionne, vous pouvez l’interroger sur leur âge, leur classe…

» Même si le potage vous a donné chaud, n’oubliez pas qu’il faut garder sa veste à table. Si vraiment la chaleur est insoutenable et semble importuner vos invités, vous pouvez leur proposer de l’ôter. « Mais dans ce cas, prévient Gabrielle de Lesquen, il faut également enlever la cravate. »

Du bon usage de la serviette

» Pendant que vous mangez, gardez votre serviette sur vos genoux, dépliée à moitié. Même si l’on vous sert un plat en sauce, il est formellement interdit d’attacher sa serviette autour du coup ou de la caler sur le ventre. D’ailleurs, si vous avez des doutes sur vos capacités à manger proprement, évitez les sauces et autres coulis.

» Vous avez cependant le droit de vous essuyer la bouche avec votre serviette. Dans ce cas, sachez qu’on ne la frotte pas énergiquement mais qu’on la tapote négligemment.

» Si, pour quelque raison que ce soit, vous devez vous absenter de table, l’erreur courante est de poser la serviette sur la table. Le bon geste consiste en fait à laisser tomber sa serviette sur sa chaise. Au moment de partir, seulement, vous pourrez la déposer sur la table, sans la plier ni la chiffonner.

S’y retrouver parmi les couverts

» De l’extérieur vers l’intérieur : depuis Pretty Woman, tout le monde sait que les couverts s’utilisent de l’extérieur vers l’intérieur. Il peut être bon de préciser que la grande cuillère se trouve à droite et que le petit couteau placé devant les verres sert pour le fromage.

Se dépêtrer de ses couverts

Lorsque vous avez fini de manger, posez vos couvert manches vers la droite

» Les erreurs sont bien plus fréquentes sur la position à donner à ses couverts. Lorsque vous n’utilisez pas votre couteau, ne le remettez pas sur la nappe, au risque de la tacher, mais posez-le sur l’arc de cercle extérieur droit de votre assiette. Entre deux bouchées ou si vous faites une petite pause dans votre plat, les couverts se posent en croix dans l’assiette et non sur les rebords.

» Lorsque vous avez fini votre plat, posez vos couverts alignés, en travers de l’assiette vers la droite. En effet, dans un restaurant digne de ce nom, on vous apporte les plats vers la gauche mais on vous dessert vers la droite. Ce positionnement évitera tout risque de chute au moment où le serveur vous desservira.

Payer discrètement

« La technique la plus discrète consiste à laisser sa carte bleue au serveur en arrivant »
» Plusieurs techniques prévalent pour payer discrètement, sans mettre votre invité mal à l’aise. La plus discrète – mais qui demande que vous connaissiez bien le restaurant – consiste à laisser votre carte bleue au serveur en arrivant. Si vous êtes un régulier, prenez l’habitude de payer de cette façon en vous faisant envoyer la facture à votre bureau.

» La méthode la plus courante consiste sinon à s’éclipser après le café – pour aller se laver les mains – et en profiter pour faire un détour par l’accueil où vous réglerez la note.

» Si malgré vos efforts la note arrive sur la table – le serveur vous ayant pris de vitesse – privilégiez la carte bleue aux espèces ou au chèque.

S’absenter de table

» En règle générale, on ne se lève pas de table avant la fin du repas. Si vous n’avez pas pu prendre vos précautions avant d’arriver au restaurant, il est toutefois possible de vous éclipser avant de vous mettre à table. Sinon il vous faudra attendre après le fromage, en cas d’extrême nécessité.

On éteint son téléphone ou son PDA lors d’un repas d’affaires

Si vous attendez un appel important, posez votre téléphone sur la table en mode silencieux

» Tout comme pour une réunion de travail, on éteint son téléphone ou son PDA lors d’un repas d’affaires. C’est d’abord une politesse pour la salle mais c’est aussi en façon de montrer à votre interlocuteur que vous êtes entièrement à sa disposition. Si vous attendez un coup de fil urgent, prévenez vos invités. Vous pouvez alors déposer votre téléphone sur la table, en mode vibreur bien entendu. Lorsque l’appel attendu survient, vous devez vous lever et quitter la table pour converser. Il est en effet désagréable pour le ou les autres personnes présentes de « subir » votre dialogue. Au moins, si vous n’êtes pas là, ils pourront discuter entre eux ou bien jeter un regard à leur propre messagerie… Si l’interruption survient au milieu d’un plat, pensez à croisez vos couverts sous peine de risquer de ne pas retrouver votre assiette en revenant.

» Quant à la cigarette, depuis que la loi interdit de fumer dans les lieux publics, on l’oublie jusqu’à la fin du repas.

Les erreurs qui discréditent

» L’ordre de service des plats : si la question du service se pose moins au restaurant que lors d’une invitation chez quelqu’un, il faut toutefois veiller à respecter quelques règles de bienséance. Ainsi, si vous avez tous commandé le même plat, laissez la priorité aux femmes (dans le cas où le serveur ne le fait pas naturellement). Ensuite, à vos invités. Si la table est grande et qu’il serait malaisé de faire circuler les plats de main en main, veillez à ce que vos voisines soient servies avant vous.

On ne soulève pas son assiette à soupe

» On ne trinque généralement pas lors de repas d’affaires. Si toutefois vous célébrez une bonne nouvelle et que votre invité souhaite trinquer, garder à l’esprit que l’on ne soulève pas le verre plus haut que le menton et que l’on regarde non seulement celui qui porte le toast mais également les autres personnes de l’assemblée.

» S’il est autorisé de saucer son assiette avec un morceau de pain, il faut éviter de « nettoyer » son assiette. Vous passeriez pour un gourmand ou pour quelqu’un qui n’a pas mangé à sa faim. Il en est de même pour l’assiette à soupe. Soulevez son assiette pour racler le fond n’est guère indiqué. Efforcez-vous de la laisser à plat.

» Les erreurs de couverts sont les plus fréquentes et également les plus visibles : pensez à respecter les quelques règles vues précédemment.

Les détails qui font la différence

» « L’art de vivre à table découle d’une relation de confiance, en France », ironise Gabrielle de Lesquen. C’est pour cela qu’on utilise au minimum son couteau, toujours moins dangereux posé sur la table que dans les mains d’un convive. De plus, les couverts étaient historiquement recouverts d’un produit qui altérait le goût des aliments. Le couteau ayant une surface supérieure à la fourchette, on l’utilise avec parcimonie. Quant à la salade, on ne la coupe pas. Cette fois c’est parce que le vinaigre oxydait les lames. Si les feuilles sont trop longues, on les plie avec sa fourchette.

Le sel ne se passe jamais de la main à la main

» C’est pour cette raison, et parce qu’il s’agit d’un met raffiné, qu’il est préférable de déguster son foie gras à la fourchette, à la différence du pâté ou du fromage. Dans ce cas, on porte la fourchette à la bouche et l’on prend un morceau de pain ensuite. De même pour les desserts : si vous avez une fourchette à gâteau dans vos couverts, utilisez-la plutôt que la cuillère tant que possible.

» Encore une coutume inspirée de l’histoire : le sel, condiment autrefois précieux, ne se passe pas de la main à la main. Si votre voisin vous demande le sel, il faut lui poser la salière à portée de main. Cela évite d’en renverser.

Votre pire souvenir de repas d’affaires

Repas beaucoup trop arrosé, ambiance très électrique avec un client, grosse maladresse d’un de vos collaborateurs… Racontez-nous votre repas d’affaires le plus difficile à avaler. Témoignez.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s