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Quelques trucs pour se remonter le moral

Avoir le moral

Un sondage récent nous apprend que les français n’ont pas le moral. Ils seraient les plus pessimistes  parmi les habitants des 53 pays dans lesquels cette enquête a été menée, très largement devant des pays en guerre tels que l’Irak ou l’Afghanistan qui eux sont plutôt optimistes.

Pas besoin de chiffres pour avoir une idée des différences de niveau de vie entre ces pays. Alors pourquoi les français, comme beaucoup d’européens d’ailleurs, n’ont pas le moral face à la crise financière actuelle?

La perte de moral face aux perspectives économiques

N’ayez pas peur, je n’ai pas l’intention de faire une analyse détaillée, ni de porter des jugements, il s’agit juste de partager avec vous les réflexions qui me sont venues à l’esprit lorsque j’ai découvert cette nouvelle.

Une personne qui vit dans un pays en voie de développement rêve probablement d’améliorer sa situation et cela lui apporte de l’énergie, de l’enthousiasme, de l’optimisme.

Par contre on peut perdre le moral parce que l’on s’attache seulement à l’aspect négatif des circonstances dans lesquelles nous évoluons, qu’elles soient réelles, probables ou bien souvent imaginaires.

La personne qui possède déjà un niveau de vie très supérieur à la moyenne mondiale a peur de perdre quelque chose. De perdre son confort, son emploi, sa sécurité et tombe logiquement dans le pessimisme.

Il n’est pas facile de faire la part des choses entre le nécessaire et le superflu, entre ce qui apporte du bonheur véritable et ce qui n’apporte que du plaisir passager. Il est encore plus difficile d’accepter d’en perdre une partie même si c’est la partie superflue, celle dont on devrait pouvoir se passer finalement.

Se remettre en cause n’est pas évident pour beaucoup d’entre nous. Perdre son emploi, et se lancer dans la recherche d’un autre, demande une force morale importante. D’autant plus si l’on a une famille, des dettes à rembourser, en résumé: déjà des difficultés à assumer la vie au quotidien.

Sans en arriver là, il faut aussi considérer comme normal que de temps en temps nous ayons une baisse de moral.

Voyons comment s’en sortir et retrouver le bonheur.

Comment se remonter le moral


Comme cela dépend de la situation réelle et de la mentalité de chacun, il n’existe pas de remède miracle, que je sache. Je vous propose donc une liste de conseils, de trucs que j’applique quand le besoin se fait sentir.

  • Si vous avez perdu le moral à la suite d’un échec, le principe est de se convaincre que tout échec est une leçon que nous recevons. Il faut analyser ce qui s’est passé et trouver les aspects positifs de la situation, il y en a toujours: que dois-je changer? Que dois-je éviter de faire la prochaine fois? Quelles autres solutions sont possibles? Est-ce vraiment si grave que cela? Qu’ai-je appris? Quelle décision je prends maintenant?
  • Dites vous que ce qui vous arrive est finalement peu de chose par rapport à la gravité des situations vécues par d’autres personnes. Encore une fois trouvez du positif dans votre propre situation. D’autres s’en sont sorti, alors moi aussi je vais m’en sortir!
  • Détendez-vous. Occupez votre esprit à quelque chose de différent plutôt que de vous lamenter. Lisez ou relisez un livre que vous appréciez beaucoup, voyez un film qui vous détend, faites du sport ou tout simplement partez marcher une demi-heure sans but précis.
  • Se reposer peut aussi avoir un effet bienfaisant. Si vous pratiquez la relaxation c’est le moment d’en tirer parti.
  • Rencontrez des personnes positives. Partagez vos émotions, écoutez et ressentez celles de l’autre.
  • Faites un cadeau à quelqu’un de votre entourage ou à vous même. Jouissez des remerciements qu’il provoque. Ça réchauffe le cœur.
  • Riez. Rire aux éclats a des effets bénéfiques sur notre organisme et notre moral. C’est démontré. Cliquez sur le lien en bas de ce billet pour voir des vidéos2 qui devraient vous dérider.
  • Chantez et dansez avec la Compagnie créole3
  • Raccrochez les wagons. Agrippez-vous à un rêve concret, à un projet, à un plan à mettre en œuvre immédiatement. Se jeter dans l’action regonfle le moral.

Avoir le moral, être optimiste: un état d’esprit

Pour avoir le moral, le meilleur moyen est de ne pas le perdre!

  • Le matin, au lieu de ressasser la liste des contraintes qui risquent de vous tomber dessus au cours de la journée, pensez aux aspects positifs que vous allez certainement vivre: situations, rencontres, moments de détente, etc…
  • Le soir, avant de vous endormir, repassez le film de votre journée et relevez ce que vous avez fait de positif. Planifiez ce que vous allez faire de bien le lendemain.

J’aimerai savoir comment vous vous y prenez lorsque vous traversez des périodes de pessimisme. Dites-nous donc comment vous vous remontez le moral, ou celui des autres, en laissant un commentaire ci-dessous!

Pourquoi la France doit changer d’état d’esprit

Dans « What’s wrong with France ? », l’avocat Laurent Cohen-Tanugi explique comment la mondialisation a déstabilisé le pays, et prescrit ses remèdes.

Selon Laurent Cohen-Tanugi, la République française doit se réformer pour retrouver sa place dans le monde. © JAUBERT/SIPA

Analyser les racines du malaise français à l’égard de la mondialisation

Avocat et essayiste, Laurent Cohen-Tanugi s’était déjà distingué de nombreuses élites françaises traditionnelles en publiant des ouvrages critiques sur l’État ou en invitant l’Europe à se doter d’une « stratégie pour la mondialisation ». Dans son dernier opus, What’s wrong with France ? (Grasset, 2015), sa réelle expérience internationale et son sens critique le conduisent à analyser les racines du malaise français à l’égard de la mondialisation. Si notre pays a tant de mal à s’y adapter, c’est qu’au-delà des difficultés économiques et sociales bien identifiées « son excellence voire son identité y sont ébranlées ».

Une crise politique prospérant sur l’affaiblissement des institutions

Le modèle français, qui s’est longtemps présenté comme exemplaire au monde, fut en effet conçu « pour une société homogène, structurée autour d’un État fort, dans un monde d’États-nations ». Or, la mondialisation érode tous ses fondements : la centralité de l’État, les valeurs républicaines, la qualité des élites administratives et politiques, la pertinence du système méritocratique, le rayonnement intellectuel et culturel, le modèle social, l’influence en Europe et même l’universalisme de la vision. Ce mal français, difficilement perçu par les parties prenantes, invite à une véritable « réinvention » collective.

Celle-ci doit commencer par une analyse lucide de la crise politique du pays. La remise en cause des pouvoirs, de l’idéologie, du fonctionnement traditionnel de l’État, a entraîné dans son sillage le déclassement du personnel politique, qui s’est replié sur lui-même en même temps qu’il s’est coupé de la vie économique et internationale. La fonction publique a été politisée et concurrencée dans son aura par des profils correspondant mieux aux besoins des entreprises, voire aux représentations citoyennes. Le « dérèglement généralisé » de la vie politique française s’est logiquement reflété dans les élections présidentielles successives.

Cette décadence a été accentuée par l’affaiblissement des institutions. Parlement, autorité judiciaire, médias, société civile, ces contre-pouvoirs traditionnels ont vu leurs rôles démocratiques, traditionnellement faibles, encore plus diminués sous la Ve République. Celle-ci n’aura, par ailleurs, pas su protéger la fonction présidentielle dans la durée. Il est salutaire que soit identifié dans ces développements le manque de « colonne vertébrale de responsabilité, d’éthique politique, d’esprit critique, d’exigence et de rigueur intellectuelle et morale, de vertu » des dirigeants politiques, économiques, sociaux d’un pays où le sens civique a laissé place à l’individualisme et aux incivilités.

La prospérité d’un système mandarinal et la disparition des intellectuels

La critique du comportement mandarinal de la haute fonction publique française, sous-jacente à l’ensemble de l’ouvrage, n’est pas nouvelle. Dans un monde où l’éducation est à la source de l’économie de la connaissance et un vecteur d’influence internationale, on savait que certains modes de pensées, attitudes, et contenus de l’enseignement des élites administratives étaient remis en cause. Mais il faut aussi comprendre que ce sont aujourd’hui des esprits créatifs, innovants, et capables d’être à l’écoute du monde qu’il convient de former pour assurer la compétitivité et la promotion de l’expertise françaises.

De la même façon, la France doit s’atteler à renouveler sa capacité intellectuelle. Les personnalités qui animent aujourd’hui le débat public du pays sont en effet « des figures médiatiques nationales plutôt que des penseurs de la condition humaine à vocation universelle ». Peu connus au-delà des frontières, ils n’ont guère pris la mesure de la nouvelle échelle d’influence mondiale, et tendent à ne parler que « de la France aux Français ». La perte d’audience de l’intelligentsia aurait ainsi « autant partie liée avec ses propres limites qu’avec l’état général du pays ». Elle devrait, au contraire, renouer avec une pensée audacieuse avec l’aide de maisons d’édition bien plus proactives et cosmopolites.

Le rapport au travail comme symbole du mal, la République comme totem

Illustration de la crispation collective à l’égard de la mondialisation, le rapport au travail des Français demeure difficile, rappelle l’auteur. La France est parmi les pays de l’OCDE où l’on travaille le moins d’heures dans l’année et le pays se situe dans les profondeurs d’un autre classement de l’organisation concernant la satisfaction professionnelle des salariés. Le statu quo est logiquement maintenu sur le marché du travail au détriment des jeunes et des seniors. Résorber le chômage implique ainsi un « changement des mentalités, un démantèlement des corporatismes, des carcans divers qui entravent la création d’entreprise, l’innovation, la concurrence et l’investissement ».

L’évolution de la société française illustre le grand écart croissant entre l’idéologie et la réalité sociale, affaiblissant la République. Celle-ci faisait l’objet d’une réelle appropriation quand la société était homogène, quand l’école remplissait son rôle d’ascenseur social, quand les immigrés accueillaient avec fierté la perspective de l’assimilation républicaine, que la France inspirait (plus) de respect. Dans la situation actuelle, avec une école inégalitaire, une assimilation défaillante, une société divisée, le modèle républicain apparaît « hypocrite, schizophrène et non performant ». Le brandir comme un totem régulièrement ne fait qu’alimenter cette perception.

La France, provincialisée, est appelée à se réinventer

Alors que notre pays a jadis profondément influencé le monde et est aujourd’hui intégré à la mondialisation, son milieu politique et sa fonction publique, peut-être plus que sa population, restent très autocentrés. Ceux-ci ne déploient guère de stratégie d’influence et ne valorisent pas les expériences étrangères. Les structures professionnelles et universitaires ont, par ricochet, bien du mal à accueillir des experts étrangers de haut niveau dans des conditions attractives. Le choix des personnes à des postes exposés à l’international doit se faire dans la plus grande vigilance, sur la base de la compétence et de la crédibilité. Enfin, la France doit comprendre que l’introversion nuit à son image et à sa crédibilité.

L’auteur est l’une des rares figures à rappeler que le rapport de la France à la mondialisation est avant tout une question d’état d’esprit. C’est pourquoi, à l’instar d’Hubert Védrine, il en appelle à un consensus sur la relance de la croissance et sur l’apport des entreprises et de la société civile à la vigueur économique. L’État, recentré sur ses priorités régaliennes, pourrait alors oeuvrer à la mise en oeuvre de chantiers « stratégiques et solidaires », parmi lesquels la réforme des institutions, de la fonction publique, de l’enseignement primaire et, bien sûr, le choix d’une Europe politique. La France se doterait alors « d’un projet, expression dont les Français ont presque oublié l’usage tant elle a déserté le discours gouvernemental des vingt dernières années ».

Une analyse qui risque de diviser, mais qui mérite d’être saluée

L’essai de Laurent Cohen-Tanugi sera aisément critiqué comme étant, par exemple, l’analyse rapide d’une élite internationale distante du vécu d’une part importante de la population. Pourtant, son texte est l’un de ceux qui « tend (utilement) un miroir » à la France pour l’inviter à prendre conscience d’un certain discrédit international et de son repli sur elle-même. La démarche de l’auteur n’est ni hautaine ni personnelle, mais bien empreinte d’un sens du collectif qui semble avoir disparu de la vie civile et politique. What’s wrong with France ? illustre ainsi une volonté de redonner au pays une conscience de l’évolution du monde, un sens de la prospective, et une cohésion autour de politiques publiques essentielles.