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L’art de parler de ses échecs

Il est surprenant de voir les réactions radicalement opposées que peut provoquer la question parfois posée par les recruteurs : parlez-moi de vos échecs?

La définition de l’échec(objectifs non remplis, licenciement, faillite, réorganisation subie..) tout comme la réaction à ce dernier sont très intimes. Elles dépendent autant de l’éducation (le français a été éduqué dans la peur de l’échec) que de la psyché et donc, de notre façon de gérer ou non l’évènement.

Certains candidats bafouillent, se laissent submerger par leurs émotions et sombrent, au final, dans un discours reflétant leur perte de confiance en leurs capacités et en leur estime de soi. L’échec non digéré, l’entretien tourne à l’amertume, à la critique de « l’autre ». Or les explications fournies dans un tel élan pénalisent le candidat qui se montre sous un jour peu glorieux. L’étape d’acceptation/ de restructuration n’étant pas encore franchie, le candidat n’est pas ouvert à une suite.

D’autres, en revanche, expliquent pourquoi et comment ils ont échoué, puis comment suite à l’échec ils ont accompli les étapes cruciales pour rebondir et de nouveau atteindre leurs objectifs. Pour Olivier Hascoat, « mon expérience en tant que DG de Myspace fut un ratage total que je revendique comme tel sur mon CV ». Son succès a été de savoir expliquer et analyser son échec.

Loin d’en faire un secret inavouable, les anglo-saxons ont choisi, eux, de le valoriser.

Triomphe de cette attitude décomplexée: l’avènement des FailCon (contraction en anglais de Failure et de Conference), qui ont traversé (tout n’est pas perdu!) l’Atlantique en 2011. Ces conférences dédiées aux ratés de parcours, permettent d’expliquer pourquoi et comment on a échoué, failli et surtout de partager ses erreurs et les stratégies employées par la suite pour rebondir et réussir. Car, finalement, l’idée de l’échec est plutôt celle que l’on s’en fait. Echouer n’est pas grave, c’est humain et même très sain. Cela fait partie de l’expérience, apprend l’humilité, et c’est à ce prix que l’on se construit.

Cette vision positive est permise par la résilience, cette capacité à pouvoir surmonter une épreuve pour passer à autre chose. Il ne s’agit pas là de s’accommoder de l’échec, mais d’en tirer toutes les leçons possibles pour l’avenir. Un échec ne remet pas en cause la valeur d’une personne. Cerner les raisons qui ont fait échouer, adapter sa stratégie et mettre en place des moyens concrets pour réussir sont des étapes nécessaires pour se remettre d’un échec et le surpasser.

Si l’échec subit a d’abord tendance à tout recouvrir il prendra, peu à peu, moins de place. Pour s’aider, il est nécessaire de repenser à tout ce qui a été réussi jusque-là pour reprendre conscience de sa valeur sur le marché du travail.

Se tromper, c’est construire. Analyser son échec, c’est grandir. C’est à ce prix qu’on retrouve la capacité d’aller de l’avant. Sans ce processus de deuil, il est quasi impossible de présenter de façon analytique et constructive cette anicroche que l’on considère comme un échec.

Ne négligez pas les capacités d’indulgence et de compréhension du recruteur: elles seront plus fortes pour des candidats ayant osé (quitte à s’être trompés) et retenu les leçons de leurs actions.

Bill Gates a ainsi faite sienne la maxime du samouraï:« je lui fais confiance parce qu’un jour il s’est trompé » en préférant embaucher les candidats ayant connu l’échec à ceux -tant valorisés en France- ayant eu un parcours sans anicroche.

L’erreur est humaine, persévérez!

La résilience ?

La résilience est l’aptitude à « renaître de ses cendres » comme le phénix. En effet, cette capacité permet de rebondir après un traumatisme et est donc très utile pour ne pas sombrer dans la dépression ou d’autres pathologies.

Qu’est-ce que la résilience ?

À l’origine, le terme de résilience était associé principalement à la physique. Dans ce domaine, il désigne : la force de résistance d’un matériau soumis à un choc et sa capacité à retrouver sa forme.
Mais, on trouve également ce terme en écologie, en économie ou dans d’autres domaines.
Quel que soit le domaine, il traduit toujours la même idée : un retour « à la normale » après un choc ou une rupture/fêlure.
En psychologie, le terme est né en Amérique, avant d’être utilisé en France par Boris Cyrulnik. Ce dernier mena des travaux sur les survivants des camps de concentration après-guerre et constata que certains avaient la faculté de rebondir malgré les traumatismes vécus.
On peut dire que la résilience est une évaluation de l’événement qui a causé le choc et, à partir de là, une faculté à rebondir.
La résilience peut guérir de nombreux traumatismes, mais nécessite la plupart du temps de se faire aider par un thérapeute averti : psychanalyste, psychologue avec un travail sous hypnose… même si l’on a pu constater des cas de résilience sans intervention thérapeutique (dans certains cas d’enfance douloureuse par exemple).

Que nous apporte la résilience ?

Le travail de résilience peut être effectué avec l’aide d’un coach et va permettre à celui qui l’expérimente :
de rebondir ;
d’aller de l’avant ;
d’apprendre à gérer ses émotions ;
de penser positivement à l’avenir.

Qui est concerné ?

D’après Boris Cyrulnik, « environ une personne sur deux subit un traumatisme au cours de son existence ».
Certains sujets parviennent plus facilement à ce travail de résilience. Beaucoup de psychologues se sont penchés sur la question et en ont conclu que certains aspects de notre enfance peuvent donner des facilités pour effectuer ce travail de résilience :

Avoir une bonne confiance en soi.

Bénéficier de rapports humains satisfaisants : un enfant malmené au sein de sa famille peut avoir un cadre social satisfaisant et ce lien affectif l’aidera à se reconstruire dans le travail de résilience.

Être capable de donner un sens à sa vie : il est important que le sujet garde certains repères pour se stabiliser.

Et si vous désirez aller encore plus loin :

http://go.626f7572626f6e6e616973z2ec636470.1.1tpe.net