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La France, cinquième pays européen où le coût du travail est le plus élevé

Europe Bruxelles parlement européen

Non, ce n’est pas en France que le coût du travail est le plus élevé, mais au Danemark, suivi par la Belgique, la Suède et le Luxembourg. En infographie, voici le classement du coût horaire de la main d’oeuvre dans les pays de l’Union européenne.

En Europe, une même entreprise peut engager 12 Bulgares pour le coût d’un Danois, 9 pour le prix d’un Français. C’est dire les écarts importants qui existent entre les pays européens en matière de coût du travail, à en croire le classement réalisé en partenariat avec  Statista.com .

En 2014, le coût horaire du travail moyen au sein de l’Union européenne s’élevait à 24,60 euros, d’après les dernières données publiées par  Eurostat, dont vous pouvez retrouver les statistiques actualisées en temps réel sur Capital.fr .  Au Danemark, il a augmenté de 0,9% en 2014, atteignant un montant de 40.30 euros. À titre de comparaison, il n’est que de 3,80 euros en Bulgarie, un fossé énorme même s’il ne faut pas oublier que le coût de la vie n’est pas le même dans les deux pays.

Notons que la France se situe à la cinquième place de ce classement,  avec un coût du travail par heure supérieur de dix euros à la moyenne européenne.

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Coût Main d'Oeuvre en Europe

3 scénarii de la reprise économique en France en 2015

Selon une récente étude de l’INSEE, des éléments militent pour l’apparition d’une reprise en France en 2015. Tout le monde ne peut que le souhaiter mais une relative euphorie ne doit pas masquer la réalité technique du constat.
Cette reprise ne vient pas de la vigueur de la demande des ménages ( au contraire les contraintes de pouvoir d’achat s’alourdissent chaque mois contrairement à certains discours ) ou du dynamisme de l’offre: l’investissement étant toujours en berne faute de visibilité des carnets de commande à venir.
2015 ne permettra pas l’inversion de la courbe du chômage et les difficultés sociales, humaines et financières liées à un sous-emploi de masse.
D’où vient alors la future reprise estimée à 0,7% pour le premier semestre 2015? De deux variables dites exogènes à savoir le fort tassement des prix du pétrole (qui représente selon une étude Rexecode largement autant que l’effet d’aubaine du CICE sur les trésoreries industrielles) et le recul sensible de l’euro qui facilite nos exportations. Autrement dit, la reprise nous est extérieure et relève de l’impact de la politique de la BCE et de la nouvelle donne énergétique et politique planétaire.
Selon notre analyse, trois scénarios peuvent émerger de la situation nouvelle: celui d’une reprise asphyxiée, celui d’une reprise saccadée et enfin celui d’une reprise victime de Spoutnik.

Une reprise asphyxiée?

Avec moins de 1,6% de croissance de son PIB par an, la France continue de détruire des emplois et de présenter un solde net négatif. Autant dire que 2015 ne permettra pas l’inversion de la courbe du chômage et les difficultés sociales, humaines et financières liées à un sous-emploi de masse.
Un taux d’épargne significatif, dit de précaution, continuera de sévir au détriment d’une relance de la consommation même si une certaine pause fiscale commencera à faire sentir un flux positif. A consommateurs méfiants, producteurs prudents. Ainsi, le taux d’investissement ne sera pas assez stimulé par une reprise qui ne trouvera pas, au sein de la maison France, les moteurs requis à son affermissement. Sans demande crédible des ménages et sans FBCF ( formation brute de capital fixe ) consolidée, il est probable que la reprise issue de variables exogènes soit asphyxiée par le caractère insuffisant des variables motrices endogènes, des relais internes indispensables.

Une reprise saccadée?

Différents tableaux de bord convergent pour souligner l’érosion des parts de marchés françaises à l’exportation. Dès lors, si la reprise intervient de manière affirmée, notre offre à l’export demeurera inégale et fournira des profils très variés de carnets de commande. Autrement dit, l’importance des situations sectorielles relevées actuellement induira une reprise saccadée et dispersée au point de n’être que peu cohérente au plan des différentes branches d’activité. C’est le scénario qu’il convient probablement de privilégier: une reprise assez molle et surtout disparate qui ne facilite pas la mise en mouvement de l’appareil productif du pays. De plus, un point un peu technique mérite d’être ici rappelé: la crise a été longue et les trésoreries sont dégradées. Or, en cas de reprise, les firmes ont besoin de passer commande à leurs sous-traitants pour honorer leurs marchés. Ce besoin en fonds de roulement ne sera pas toujours aisé à satisfaire d’où une hypothèse sérieuse de compression, par anneaux, des circuits de diffusion de la reprise. D’autant que le crédit inter-entreprises ( les délais de paiements ) demeurent un défi spécifique à la France.
Espérons que l’INSEE ait vu juste et même minoré un éventuel rebond de la croissance. Les chômeurs de France l’escomptent à raison. Les consommateurs l’espèrent. Quant à l’Etat et les entrepreneurs, ils scrutent l’horizon avec une fébrilité bien compréhensible.

Une reprise victime de Spoutnik?

L’Union européenne s’est précipitée sur un régime de sanctions économiques au regard de la Russie sans évaluer finement l’effet-boomerang, notamment sur l’économie allemande. Jacques Attali fait sourire certains en indiquant que l’Allemagne a «beaucoup à perdre «de la situation russe: pour notre part, nous estimons que ces craintes sont fondées. Quand votre monnaie a perdu plus de 35% de sa valeur, vous n’êtes pas dans une logique d’expansion économique mais – si vous en avez les possibilités – de fuite des capitaux en zone dollar. L’économie n’aime pas le vent de la guerre froide et la reprise entrevue à l’INSEE pourrait s’estomper car mise sur orbite, tel un Spoutnik, par les évolutions géopolitiques continentales. Certaines décotes de valeurs boursières démontrent déjà que ce paramètre doit être pris avec componction et non repoussé à la périphérie de nos préoccupations.
En synthèse, espérons que l’INSEE ait vu juste et même minoré un éventuel rebond de la croissance. Les chômeurs de France l’escomptent à raison. Les consommateurs l’espèrent. Quant à l’Etat et les entrepreneurs, ils scrutent l’horizon avec une fébrilité bien compréhensible au regard de la situation générale du pays.

De la crise économique à la crise écologique

La Crise économique est toujours là. Depuis 2007, elle s’incruste dans nos vies et nos économies. Chacune espère que nous allons bientôt en sortir. Les analystes guettent la sortie, la reprise tant espérée. Et pourtant, elle ne s’arrêtera pas, la reprise ne viendra pas.

La grande majorité des économistes n’a pas compris la véritable nature du phénomène que nous subissons. Ils nous décrivent une crise financière ayant entraîné une crise des dettes publiques. Ils nous expliquent maintenant que la récession est devenue générale.

Ce schéma explicatif est celui d’universitaires et de chercheurs ayant une analyse globale et macroéconomique de la situation. Quand ils adoptent un point de vue microéconomique, ils décrivent des entreprises aux carnets de commandes vides, qui attendent le redémarrage en faisant le gros dos.

Alors, pourquoi cela ne repart-il pas ? Pour le comprendre, il faut adopter le point de vue d’autres acteurs économiques.

Prenons un établissement public, un collège par exemple. Depuis six ans, les comptes de ces organismes sont fortement contraints par les coûts croissants du gaz, du fuel, de l’électricité et de l’eau. Ce que les agents comptables appellent le « chapitre viabilisation » prend une place de plus en plus démesurée (parfois 50 à 70%). Les budgets n’augmentant pas, c’est la part relative à la pédagogie qui ne fait que baisser. Cela a deux conséquences : l’enrichissement des grandes compagnies et des pays qui commercialisent ces ressources, la faiblesse croissante des entreprises souvent locales qui vendent des prestations de sorties pour les élèves et du matériel pédagogique.

Prenons un autre exemple : un jeune ménage qui a acheté ou loué un appartement ou une maison. La demande de logements et les tensions sur le marché immobilier ont entraîné une augmentation importante des prix depuis une quinzaine d’années. Désormais, le logement d’un ménage représente le tiers ou la moitié de son budget. Cette situation s’est aggravée avec l’augmentation des prix de l’énergie.

Cette part croissante du logement a obligé chaque ménage à faire des économies : elles se font sur les loisirs (vacances, restaurants, culture) et la consommation. Les entreprises locales qui vendent du loisir ou qui produisent et vendent des biens ne verront pas revenir des consommateurs dont les budgets sont fortement impactés durablement par le coût croissant des logements et de l’énergie.

Ces deux exemples peuvent être généralisés. Les entreprises – grandes et petites -, les administrations et les particuliers : tout le monde est confronté aux coûts croissants de ces ressources.

En impactant les budgets de chaque acteur économique, l’augmentation du prix des ressources interdit toute reprise économique conséquente. Elle plombe durablement les possibilités d’investissements, la capacité à consommer et entraîne augmentation des impôts et perte de confiance sur l’avenir.

Il n’y a aucune raison que ces phénomènes s’arrêtent, il n’y a pas à rechercher de reprise dans ces secteurs. L’augmentation des prix de l’immobilier et de l’énergie sont des phénomènes durables. Cela s’est fait brutalement et cela va durer longtemps car, globalement, l’offre de ces biens ne peut plus répondre à la demande.

Le phénomène doit être appréhendé d’une manière globale. Les ressources nécessaires au fonctionnement d’une économie -les terrains constructibles, les hydrocarbures, l’eau potable, … – sont de plus en plus rares. La tension entre une demande croissante et une offre stable ou déclinante ne cesse de croître.

Les processus en cours proviennent donc d’une crise qu’il faut qualifier d’écologique. Cette crise trouve ses racines dans l’insuffisance croissante et durable des ressources nécessaires au fonctionnement d’une économie.

Les origines de la crise actuelle sont d’ailleurs fortement imprégnées de la crise écologique des ressources. La crise des subprimes de 2007 naît pendant une période d’augmentation des prix de l’immobilier aux Etats-unis. Les subprimes ont été « inventé » pour trouver des ressources financières pour les Américains impécunieux. Cela s’est produit dans une période d’augmentation importante des prix des hydrocarbures et de l’alimentation sur le marché mondial.

La plupart des économistes sont confiants car, dans l’histoire de l’Humanité, chaque récession a été suivi d’une reprise économique. Ils ont tort. Ils n’ont pas compris la véritable nature de la crise que nous venons de rencontrer. Il s’agit d’une crise durable des ressources nécessaires au fonctionnement d’une économie développée.

Il s’agit d’une crise d’un genre nouveau qu’il faut appeler crise écologique.