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Création d’entreprise : 3 phases – 3 états émotionnels

creation entreprise

 

De l’émergence de projet jusqu’au rythme de croisière de votre entreprise ; de l’introspection des débuts à l’ascenseur émotionnel du démarrage, quels sont les trois états esprits de la création d’entreprise ? Comment les aborder ?

 

I. De l’émergence de projet à la décision de créer : un moment d’introspection

D’une idée de longue date à une opportunité qui vous tombe sous le nez en passant par un moment d’inactivité où vous songez à créer votre propre emploi. L’aventure entrepreneuriale peut débuter sous diverses formes et suite à de nombreuses situations.

Aucune ne vaut plus qu’une autre, mais, quel que soit l’élément déclencheur, certaines questions existentielles sont à élucider dès l’arrivée d’un embryon de volonté d’entreprendre.

Avez-vous la personnalité d’un dirigeant ? À savoir l’envie de toucher à tout, au-delà même de votre cœur de métier ? De suivre votre trésorerie, prendre des décisions de gestion, de prospecter, fidéliser, anticiper… D’être sans cesse sur le terrain, de peaufiner votre réseau ?

Prenez également le temps de valider avec vos proches ce changement de vie et de rapport à l’argent :moment introspection création d'entreprise

  • quel budget pouvez-vous investir au démarrage de votre entreprise ? 
  • avez-vous de l’argent de côté ?
  • quelle sera votre rémunération minimum à tirer de votre activité pour pouvoir vivre ?
  • Combien de temps vous donnez-vous à « essayer » votre projet avant de devoir changer de cap ?
  • Quel est votre plan B ?

Une création d’entreprise est un changement radical de rythme de vie, de façon de penser… Pour réussir, vous devez vous sentir prêt psychologiquement, mais aussi financièrement.

De même, vous devrez valider un minima votre projet de création d’entreprise, surtout si vous vous lancez dans un secteur d’activité et /ou un métier que vous connaissez très peu.

Vous souhaitez ouvrir un restaurant, mais vous ne disposez d’aucune expérience dans ce domaine ?Pourquoi ne pas chercher un stage de quelques semaines pour mettre la main à la pâte et vérifier que ce quotidien vous plaira ? De même, n’hésitez pas à interviewer des professionnels, à retracer leurs tâches de chaque jour…

L’objectif étant de vous projeter dans cette nouvelle vie, sans fantasme ni vision sublimée de la réalité.

II. Je créé mon entreprise : gare à l’ascenseur émotionnel !

Votre décision est prise : vous créez votre entreprise !

De nombreuses démarches vous attendent et nous vous recommandons de suivre une méthodologie stricte.

De l’étude de marché à la réalisation du business plan, en passant par les prévisions financières, le choix du statut juridique, les formalités d’immatriculation… Sachez que toutes ces étapes vont vous entraîner dans un quotidien haletant fait de doutes, de réflexions intenses et de moments d’actions

Vous allez engager vos premiers investissements, chercher des professionnels pour vous aider,découvrir vos points forts et vos points faibles, mais aussi certains aspects de votre projet que vous n’aviez pas encore envisagé ; revoir votre offre des dizaines de fois !

Vous allez nouer vos premiers partenariats commerciaux et rencontrer des financeurs,développer votre réseau. Certains vous approuveront, d’autres vous mépriserontDe grandes joies et mini victoires aux grands moments de solitudes, de remises en question, voire de démotivation totale…

Tous les entrepreneurs sont d’accord, la phase de création d’entreprise et du démarrage de l’activité sont des moments propices à un ascenseur émotionnel de haute voltige. Il va falloir apprendre à gérer vos émotions.

ascenceur émotionnel D’abord, l’entrepreneuriat est un marathon. Prenez donc le temps de souffler pour repartir du bon pied. Apprenez à lâcher prise, à vous poser les bonnes questions, à accepter les échecs et à en tirer des leçons.

Si votre plan de route a bien été ficelé dans la première phase d’émergence de votre projet, vous saurez jusqu’où vous pourrez aller (financièrement, en matière de temps et de prise de retard).

Enfin, parce que petit à petit, l’oiseau fait son nid, n’oubliez pas de fêter chaque mini-avancée (vos formalités finalisées, votre site internet mis en ligne…). Grande ou petite, chacune de ces étapes vous rapproche de votre objectif !

 

III. Phase 3 : le rythme de croisière, je consolide avant de repartir de plus belle

Votre activité est mise sur les rails, vos premiers clients fidélisés et vous atteignez enfin votre rythme de croisière en matière de gestion du temps, du stress, de vos finances. Tout va bien, mais,ne vous endormez pas sur vos lauriers !

Sachez anticiper les catastrophes ! Ce peut être l’arrivée d’un concurrent, une évolution de réglementation relative à votre cœur de métier… La phase de consolidation est le bon moment pour revoir (ou mettre en place si cela n’est pas déjà fait) un système de veille de votre secteur.

Vous pouvez aussi faire le point sur vos outils, logiciels et tableaux de bord de gestion. Sont-ils appropriés ? Faut-il revoir certains aspects de votre entreprise ? Peut-être que votre site internet, monté avec peu de moyens, mériterait un petit coup de peigne afin d’augmenter en professionnalisme. Peut-être que vous ne maîtrisez toujours pas le calcul de votre seuil de rentabilité et qu’une formation courte serait la bienvenue, que vos plaquettes de prospection pourraient être perfectionnées, votre discours commercial peaufiné…

Eh oui, bien souvent, les premiers deniers gagnés sont immédiatement réinvestis dans le fonds de roulement de l’entreprise.consolider son entreprise

Profitez de ce premier temps de stabilité pour faire deux points :

  • Les fameux réajustements évoqués ci-dessus
  • Mais aussi la mise en place d’une vision stratégique à long terme ou la reformulation de vos objectifs, peut-être un peu oubliés durant la phase haletante de création. Quelles seront les prochaines étapes ? Quel chemin souhaitez-vous emprunter pour développer votre activité ?

Oui, il est temps de lever le pied, mais ne perdez pas de vue vos ambitions de développement et profitez du « calme » pour mettre en place votre prochaine stratégie.

De plus, le quotidien d’un dirigeant étant bien rempli, des breaks réguliers sont nécessaires pour ne pas tomber dans un stress permanent et dangereux pour la pérennité de votre entreprise !

D’ailleurs, la communauté entrepreneurs ne cesse de le rappeler : « la troisième vie » (pour activité professionnelle – activité en famille – activité de loisir) est salvatrice pour le moral des troupes et une gestion harmonieuse de son entreprise.

À bon entendeur… nous vous souhaitons une belle aventure entrepreneuriale !

d’après le blog du dirigeant

 

Valorisation d’entreprise: La méthode des comparables

La valorisation permet de donner une valeur aux titres d’une entreprise afin d’en estimer son prix sur le marché dans le cadre d’une levée de fonds ou d’une vente. Il existe plusieurs méthodes afin de valoriser une entreprise. La méthode des comparables est l’une d’entre elles. Cette méthode est la plus simple et la plus rapide pour déterminer la valeur d’une entreprise. Comment fonctionne-t-elle ? Quels sont les avantages et les défauts de cette méthode ?

Le calcul de la valorisation d'une entreprise

Qu’est-ce que la méthode des comparables ?

La méthode des comparables permet d’évaluer une entreprise en la comparant avec un échantillon constitué d’entreprises aux caractéristiques comparables :

  • Même secteur d’activité,
  • Même taille,
  • Zone géographique similaire,
  • Même perspective de croissance
  • Etc…

Les entreprises de cet échantillon peuvent-être cotées en bourse, ce qui nous permet de connaître leur valeur (et donc de pouvoir la comparer). En langage financier, cet échantillon est appelé « Peer Group ».

Plus le « Peer group » est représentatif de l’entreprise à valoriser, plus la méthode des comparables sera précise, et donc la valorisation sera plus juste. Il est donc primordial de bien choisir l‘échantillon d’entreprises qui va servir de comparaison. Afin de sélectionner le meilleur échantillon possible, de nombreuses bases de données existent permettant de sélectionner les entreprises sur de nombreux critères précis comme le secteur d’activité, la taille, la rentabilité ou encore le marché visé.

Une fois l’échantillon réalisé, l’entreprise à valoriser est comparée à cet échantillon via l’utilisation de différents multiples de valorisation, des ratios qui mettent en jeux le chiffre d’affaires, l’actif net ou encore l’excédent brut d’exploitation et qui sont comparés par rapport aux autres tels que :

  •     Valeur d’entreprise / EBE
  •     PER (Price earning ratio): Capitalisation boursière / résultat net
  •     Capitalisation boursière / CA

Rappelons que: Valeur d’entreprise = capitalisation boursière + endettement – trésorerie.

Prenons pour exemple la société X. Considérons que l’échantillon séléctionné pour les comparables soit constitué des 3 sociétés suivantes, et que le ratio étudié est Valeur d’Entreprise/EBE

 La moyenne sectorielle étant de 8.45, nous pouvons affirmer que le multiple applicable à notre société X sera assez proche de 8.45. Ainsi nous pourrions en déduire que la valeur d’entreprise de la société X est sensiblement équivalente à 8.45 fois son EBE.

La méthode des comparables peut aussi etre utilisée avec un échantillon d’entreprises qui ne sont pas côtés en bourse. L’échantillon « peer group » est alors constitué d’entreprises de même secteur d’activité et de tailles comparables qui ont récemment fait l’objet de transactions de cessions-acquisitions.

Imaginons la société Y qui opère dans la téléphonie. L’année dernière, 3 sociétés semblables à Y ont été cédées. De la même façon, nous allons comparer certains ratios transactionnels pour les appliquer à Y.

Transactionnels

 De la même façon que précédemment, nous pouvons en déduire que la valeur de l’entreprise Y approche 6.53 fois son EBE.

Méthode des comparables calcul


Les avantages et les défauts de cette méthode de valorisation

Le principal avantage de cette méthode est sa simplicité d’utilisation. Les informations nécessaires pour pouvoir constituer le « peer group » ainsi que pour trouver les principaux ratios sont facilement accessibles et à faible coût.

Mais la méthode des comparables possède quelques limites dans son utilisation :

La première réside dans le choix de l’échantillon de comparaison. En effet, la fiabilité de la méthode dépend grandement du degré de compatibilité entre le « peer groupe » et l’entreprise à valoriser.

La seconde limite est que cette méthode utilise des multiples qui ne prennent pas en compte certains aspects non comptables comme les investissements en R&D, les avantages concurrentiels, les brevets etc… Au final, cette méthode de valorisation ne prend pas en compte le potentiel de croissance de l’entreprise. Cette méthode est donc plus difficile à utiliser pour les Start-up car leur valeur réside beaucoup sur les connaissances des fondateurs.

Cette méthode est à éviter en période de bulle ou de crise. Pendant une perdiode de bulle, les entreprises du Peer Group sont surévaluées. Il en sera donc de même pour l’entreprise à valoriser. Inversement en période de crise l’utilisation des comparables risque de donner lieu à une sous-évaluation.


Cette méthode, tout comme les autres méthodes de valorisation, n’est pas une science exacte, elle doit donc être utilisé avec précaution. Lorsque cela est possible, nous vous conseillons de combiner plusieurs méthodes de valorisation.

Comment trouver les bonnes informations pour construire une analyse stratégique performante?

Businesswoman using digital tactile phone to send information to the world

Lorsque l’on veut analyser un marché, on se heurte quasi-systématiquement à un mur: où sont les informations? Comment différencier les bonnes des mauvaises? Comment les utiliser? Elles sont pour la plupart du temps très difficiles à trouver, ou alors inexistantes. En effet, si vous voulez analyser un concurrent qui est une entreprise familiale, aucun compte n’est publié. Si l’un de vos concurrents est une Business Unit (ou une division) d’un groupe plus important, même si le groupe publie ses comptes, le ROA (return on assets) de cette Business Unit n’a peut-être jamais été calculé. Si l’entreprise qui vous fait concurrence n’a pas de comptabilité analytique, il est probable qu’elle ne connaisse pas ses marges exactes par famille de produits. Donc, si les données sont difficilement accessibles ou inexistantes, comment faire?

Les informations-clés

Avant de prendre une décision stratégique, vous devez comprendre la dynamique de votre marché, les comportements de vos clients, les choix de vos concurrents, les marchés en amont du vôtre, ceux en aval, les entrants potentiels, les technologies émergentes, etc. Une multitude d’informations est nécessaire. Avant de commencer, soyez certain que vous n’aurez jamais 100% des informations nécessaires. Si vous en avez 50%, 60%, c’est une grande réussite. Vous ne trouverez pas tout, et ce que vous ne trouverez pas, vous devrez l’inférer, le déduire. Ce point intégré, la quête commence!

Les informations-clés sont la plupart du temps la ventilation des parts de marchés entre les différentes acteurs; la ventilation des marges; la distribution des performances, qui peut être mesurée à l’aide du RoA (Return on Assets), RoE (Return on Equities), RoI (Return on Invest), l’EBE (Excédent Brut d’Exploitation), ou de l’EBIT (Earnings Before Interests and Taxes) dont vous trouverez les définitions ici; les listes de fournisseurs; les caractéristiques spécifiques des clients et les segments; les taux de marge négociés avec les distributeurs; les coûts (les votre et ceux de vos concurrents); etc. Vous ne trouverez pas tout, et les informations collectées intégrerons une marge d’erreur, ce n’est pas grave si la marge reste acceptable. Dans la majorité des cas, il va vous falloir multiplier les sources pour trouver les informations qui existent, et inférer pour construire celles qui n’existent pas.

Il faut donc procéder avec méthode, et la méthode que je vous conseille d’adopter est la suivante:

  1. Lister l’ensemble des entreprises que vous devez analyser;
  2. Déterminer le business model de chacune;
  3. Déterminer le volume d’affaire total du marché puis en inférer les parts de marché.

1. Lister les acteurs à analyser

Tout d’abord, ce qu’il faut savoir, c’est que Google et les principaux moteurs de recherche, n’indexent qu’une faible part du web: entre 4% et 25% selon les sources. De plus, 80% des utilisateurs restent sur la première page de résultats. Ce qui signifie que si vous ne trouvez pas l’information que vous recherchez, soit elle n’existe pas (ce qui est souvent le cas pour les taux de marge ou les RoA des Business Unit); soit elle n’est pas indexée par le moteur de recherche que vous utilisez; soit elle est indexée, mais repoussée page 22 car noyée dans la masse. De plus, gardez en tête que les principaux moteurs de recherche sont des moteurs généralistes, or les informations que vous cherchez sont hautement techniques. Donc Google est votre allié, mais certainement pas le seul, loin de là.

Commencez par lister les entreprises qui sont concernées par votre analyse. Ces entreprises sont de 3 types:

  • Vos concurrents: toutes les entreprises qui commercialisent un bien ou un service qui satisfait le même besoin du consommateur. Cela permet de définir le périmètre de votre marché;
  • Les fournisseurs: toutes les entreprises en amont de votre marché vous fournissant vous et/ou vos concurrents;
  • Si vous faites du B to B, les entreprises qui sont en aval de votre marché: vos clients et ceux de vos concurrents.

Si vous faites du B to C, vous devrez définir les segments de clients. Ceux-ci sont accessibles via certaines ressources, ou alors doivent être déterminés via la segmentation dont vous trouverez les détails ici.

Pour lister toutes ces entreprises, et collecter des informations les concernant, vous avez besoin de ressources techniques. Vous devez donc identifier ces sources techniques qui vous seront utiles: ne perdez pas de temps!

Gardez en tête que les informations techniques que vous cherchez ont peut-être été produites par d’autres sources que les entreprises elles-mêmes. Donc vous devez commencer par les syndicats professionnels, comme la FEVAD ou l’UPECAD pour le e-commerce par exemple ou une autre que vous pouvez trouver ici.

Investiguez aussi les études ministérielles. Le ministère des finances et le ministère de l’industrie sont très bavards, tout comme le ministère de la culture. Voici quelques exemples sur les pratiques culturelles, la e-santé, ou les nouveaux usages de la voiture et la mobilité. Complétez avec l’OCDE, et l’INSEE qui produisent des études sectorielles très documentées.

Ces études vous permettent de vous passer de Google. En effet, le but est d’utiliser les références mobilisées dans l’étude afin d’identifier du contenu qualifié. Vous pouvez donc lire la partie de l’étude qui est pertinente pour vous, identifier les références-clés sur lesquelles elle se base, et ensuite les consulter. On procède ainsi, par rebond, d’études en études. Cela vous permettra de dégrossir considérablement votre sujet. L’image ci-dessous est par exemple issue de la note INSEE « création d’entreprises ».

Pour compléter ces sources, voilà comment trouver d’autres études moins bien référencées, ou des livres blancs, rapports, comptes annuels, statistiques, etc. Ces ressources sont appelées «ressources archives». Vous ne cherchez pas des sites web, mais des documents. Ajoutez donc systématiquement «.pdf» aux mots-clés Google que vous taper afin de trouver des documents spécifiques. Il y a par exemple l’étude Cap Gemini sur l’évolution du digital et l’étude McKinsey sur les mutation du numérique.

Et dans Google, utilisez les mots-clés que vous avez identifiés dans les premières études que vous avez lues. En effet, comme vous cherchez des informations techniques, les termes employés sont certainement différents du vocabulaire courant. Utilisez ces mots clés, et cherchez des documents en .pdf les utilisant. Comme ces documents sont techniques, ils intéressent peu de monde, ils sont donc souvent au-delà de la troisième ou même cinquième page de résultats Google. Allez voir plus loin.

Enfin, n’hésitez pas à combiner les moteurs de recherche, ils vous donnent des résultats différents. Dernier point, et pas des moindres. Google a les défauts de ses qualités: il vous donne les résultats que vous cherchez, il se calibre au regard de vos recherches précédentes, or dans le cadre de l’investigation technique que vous menez, vous cherchez des informations que vous ne connaissez pas. Je vous conseille donc de faire ces recherches d’un autre ordinateur que le vôtre, ou alors en mode de navigation privé.

Complétez ces informations avec Societe.com et Infogreffe.fr. J’ai une préférence pour infogreffe, dont l’exemple ci-dessous est extrait, mais c’est un avis personnel. Pour les entreprises anglo-saxonnes, utilisez Hoovers.com et menez bien entendu vos recherches en anglais et en français.

Enfin, prenez les sites marchands de toutes ces entreprises, et listez leurs références par familles de produits et par prix. Vous devez déterminer les segments sur lesquels ils sont positionnés. En effet, pour analyser leurs consommateurs, vous devez d’abord définir leur segmentation, qui correspond à des groupes de consommateurs ayant des comportements proches au regard d’une famille de produits. Calculez le prix public médian pour chaque segment, cela vous aidera plus tard. Après cette segmentation, vous devez déterminer le ciblage opéré par chaque concurrent. Ce ciblage se caractérisera à ce stade par la largeur et la profondeur de la gamme. Enfin, utilisez les prix pratiqués pour positionner votre offre par rapport à vos concurrents. Vous aurez ainsi une bonne image du marché en terme d’offre. Dans l’exemple ci-dessous, vous voyez que Woodbrass segmente son activité «guitares électrique» selon 18 segments, découpés ensuite en micro-segments. Ce choix n’est pas le même pour Thomman.de ou Gear4Music. La segmentation est liée à la stratégie.

 

A ce stade, vous avez une liste d’entreprises, avec des informations plus ou moins précises sur chacune d’entre elles. Attention, certain de vos concurrents sont des entreprises, d’autres sont des activités appartenant à des entreprises plus grandes, d’autres sont des filiales. En fonction des statuts de vos concurrents, les informations seront plus ou moins disponibles.

Commencez par compléter ces informations en analysant les sites web de ces entreprises listées. Pour cela, je vous recommande d’utiliser Alexa.com, filiale d’amazon. Enregistrez-vous, téléchargez le plugin, et testez la période d’essai de 7 jours, c’est déjà ça. Alexa vous permet d’analyser le trafic de n’importe quel site web. C’est ainsi très efficace de calibrer votre site marchand avec ceux de vos concurrents. Voici ci-dessous un exemple de comparaison de trafics entre Lemonde.fr, Lefigaro.fr, Liberation.fr et le Nouvelle Obs.

 

Alexa.com vous permet aussi d’analyser un site web spécifique bien sur. Ci-dessous, Lemonde.fr

2. Les différents business models du marché

A ce stade, vous devez être en mesure de construire une première information stratégique vitale: les business models de toutes les entreprises listée. Le business model, c’est le mécanisme générateur de valeur de l’entreprise. Il comporte trois éléments:

  • Comment l’entreprise produit de la valeur pour le consommateur;
  • Comment elle déclenche l’achat;
  • Comment elle transforme cet achat en profit.

Répondez à ces trois questions pour chaque entreprise que vous avez listée préalablement, puis réalisez un tableau listant tous les acteurs avec leur business model. Cette information est stratégique, elle vous orientera sur les prochaines informations nécessaires. Ceci fait, vous avez déjà considérablement avancé!

3. Et maintenant, le volume d’affaire du marché

Vous connaissez maintenant les entreprises du marché, celles en amont, celles en aval, et les segments de marché. Vous ne connaissez pas leus parts de marché, encore moins leurs taux de marge, mais vous avancez. Comme vous connaissez les gammes de produits, ainsi que l’ensemble des acteurs du marché, il vous faut trouver une dernière information-clé: le volume d’affaire du marché. Il peut être en volume (nombre d’unités de bien échangés) ou en valeur. Cette information est cruciale. Recoupée avec les autres collectées précédemment, elle vous permettra d’inférer les parts de marché de chaque acteur. Pour trouver cette information, ou vous en faire une bonne idée, je vous conseille deux sources: l’INSEE via les notes ou les études sectorielles, et le CREDOC qui produits des études sur la diffusion du numérique par exemple.

Pour les sujets qui représentent une dimension «passion», comme l’industrie automobile, l’industrie de la musique, ou les secteurs technologiques ne sous-estimez pas les blogs de passionnés qui sont souvent très documentés. C’est le stade suivant. Vous pouvez alors recommencer à utiliser Google, mais de manière généraliste cette fois, dans la mesure où vous savez exactement ce que vous cherchez. Allez explorer des blogs de passionnés, les blogs d’experts reconnus, les sites des spécialistes du secteur. Etudiez les forums, les sites de vente de produits d’occasion, etc. Si vous souhaitez connaître la santé d’un secteur, Le bon Coin est par exemple très utile dans la mesure où il vous permet de déterminer la vitalité du marché de l’occasion. Les forums sont également fondamentaux: ce sont des lieux d’échanges où se partagent de nombreuses informationset  où il est fréquent que des experts viennent discuter avec des passionnés. Attention, toutes ces informations techniques provenant de sources dites «grises» doivent être recoupées.

Ne manquez pas d’étudier les réseaux sociaux, sur lesquels on trouve énormément d’informations (Twitter et Facebook essentiellement). Ces informations proviennent d’institutions et d’entreprises, mais aussi de journalistes spécialisés, de passionnés, et d’experts. Elles méritent d’être investiguées.

Enfin, il reste une source d’informations grises très importante à considérer, mais à prendre avec de grandes précautions. Comme je le présente plus tôt, Internet est indexé à 4% dans le scénario pessimiste, à 25% dans le scénario optimiste, donc 75 à 94% du web reste totalement inaccessible avec les moteurs de recherche habituels. Cela ne veut pas dire que ces contenus sont inaccessibles, ils ne le sont juste pas via les moteurs de recherche généralistes. Cette partie du web non indexée est appelée «deep web» ou «web invisible», c’est le web non indexé. Il est explorable avec des moteurs de recherche spécialisés. Vous y trouverez des données financières, des rapports annuels, des études, ainsi qu’un grand nombre de documents non-indexés. Parlons Geek, Wikihow, Aya.io et Jacques Goueth ont recensé des moteurs de recherche pour débuter dans le web invisible, que je vous conseille.

L’ensemble des informations collectées doivent absolument être complétées par des entretiens d’experts téléphoniques ou en face-à-face: rien ne vaut une conversation préparée avec un guide d’entretien solide. Menez ces entretiens avec des universitaires (vous en trouverez qui sont spécialisés dans votre domaine, c’est certain), des chefs de rayon pour la grande distribution, des chefs de produits, des directeurs commerciaux, etc.

Enfin pour terminer, n’oubliez pas de recouper les informations. Même un expert peut se tromper dans ses chiffres, recoupez donc chaque information avec au moins une autre. La collecte des données effectuée, les informations recoupées, vous devrez passer à la phase suivante de l’anayse de votre business qui consiste à déterminer la meilleure stratégie pour bâtir un avantage concurrentiel.

  • A propos

 

Jean-Philippe Timsit est professeur de Competitive & Digital Strategy à l’ESC Rennes School of Business.Il est spécialisé dans l’avantage concurrentiel et la création de valeur, principalement dans le cadre de stratégies digitales, ainsi que dans les domaines de l’entrepreneuriat et du leadership. Il intervient régulièrement sur ces thématiques auprès d’entreprises via des séminaires, formations et missions de conseil ou auprès d’entrepreneurs en phase de création.

 

Par Jean-Philippe Timsit, professeur de stratégie compétitive & digitale

Franchise : avantages et inconvénients, identifiez les contreparties !

franchise avantages

À écouter les têtes de réseaux, par exemple au cours de conférences sur des événements professionnels, la franchise n’aurait que des avantages pour les futurs partenaires. Pour autant, si toutes ces enseignes sont présentes chaque année sur Franchise expo Paris, c’est bien qu’elles ont besoin de nouveaux talents afin de se développer, mais aussi de partager les coûts liés à ce développement. Le système est fait de contreparties et d’engagements consentis tantôt par le franchisé, tantôt par le franchiseur. Ainsi les avantages pour les uns peuvent représenter des inconvénients pour les autres. L’essentiel étant de parvenir à une certaine forme d’équilibre afin d’assurer une collaboration harmonieuse.

Si la franchise présente des avantages pour de nombreux candidats souhaitant lancer une entreprise, comme tout système elle comporte également quelques inconvénients. Même si, en la matière, tout est une question de point de vue.“Il s’agit d’une problématique intéressante, mais polémique dans un monde de la franchise où le système est sacralisé, remarque François Peltier, directeur associé du cabinet Actas consultants, membre du Collège des experts de Fédération française de la franchise (FFF). Il est pourtant primordial de rappeler certains points de vigilance.”

 

Des règles à respecter

En premier lieu, selon ce spécialiste, il est important d’avoir en tête que le statut de franchisé est assez paradoxal dans la mesure où il présuppose une indépendance juridique du chef d’entreprise, mais une dépendance contractuelle vis-à-vis du franchiseur. “Ce qui parfois peut être une source de déception et de révolte, selon les psychologies, remarque François Peltier.Bien souvent, les candidats à la franchise s’engagent avec un réseau afin de s’émanciper de toute hiérarchie qui décide à leur place. La déception peut se faire sentir quand ils vont prendre conscience de cette interdépendance.”Dans le cadre d’un contrat de franchise, il y a des règles à respecter et certains nouveaux chefs d’entreprise peuvent avoir tout simplement du mal à être freinés dans leur prise d’initiatives concernant leur point de vente.
Car si juridiquement le franchisé est le seul responsable des performances de son unité, ce lien rend difficile un fonctionnement totalement libre. Ce n’est pas lui qui choisit les produits qu’il va vendre (en tout cas son choix est limité), ni sous quel référentiel d’image, encore une fois, cela peut être une source de déception.
Quand on rejoint un réseau de franchise, il faut également ne pas s’attendre “à devenir riche tout de suite, glisse François Peltier. De nombreux partenaires ne se paient pas pendant plusieurs mois et la rémunération moyenne d’un franchisé débutant est souvent plus basse que ce qu’il percevait auparavant.” Un élément à prendre en compte d’autant que la franchise n’exclut pas les sacrifices à consentir dans le cadre de toute création d’entreprise et notamment l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Une situation qui peut être psychologiquement difficile à vivre.

 

S’appuyer sur un concept rodé

Dans cette perspective, le versement des redevances, même s’il a été obligatoirement consenti par le franchisé, peut être considéré comme un inconvénient de la franchise. “Le paiement de cette redevance doit impérativement se faire en contrepartie d’avantages sinon il est difficile d’adhérer au système”, avertit Hélène Helwaser, avocat au sein du cabinet Guizard & associés et membre du Collège des experts de la Fédération française de la franchise (FFF).
Pour autant, il est indéniable que le système présente également des avantages et notamment le poids et la reconnaissance des enseignes qui renforcent la notoriété du point de vente. “J’ai en tête une étude réalisée par un concept de fleurs coupées en self-service, expose François Peltier. Les résultats ont montré que lorsqu’un magasin sous enseigne change de propriétaire pour devenir indépendant avec le même emplacement, les mêmes produits et le même exploitant, les chiffres d’affaires baissent de 20 à 30 %.” Par ailleurs, pour de nombreux franchisés, la création d’entreprise correspond à un besoin de s’impliquer autour d’une marque commune, d’appartenir à une collectivité et surtout ne pas être seul. Autre avantage, l’aspect patrimonial de la franchise. Dans la création d’un point de vente, la notoriété de l’enseigne accroît sa valeur. “Il ne faut pas non plus oublier que les concepts de franchise sont connus, ont été rodés, et ont une antériorité,ajoute Hélène Helwaser. Ils permettent aux jeunes chefs d’entreprise de ne pas partir dans l’inconnu.” Sécurité supplémentaire pour le franchisé, la possibilité d’aller voir dans les points de vente du réseau si les affaires fonctionnent. “Le contenu du document d’information précontractuelle (DIP) est également un indicateur sécurisant, explique Hélène Helwaser. De plus, la loi exige que les informations soient précises, claires et sincères. Cela sécurise quand même la décision.”
Entre avantages et inconvénients, tout est question de perception et d’expérience individuelle. Pour bien vivre sa vie de franchisé, il est essentiel d’équilibrer la balance entre le pour et le contre et ce, dès les premiers mois d’activité.

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Marie Roques
Journaliste pour L’Officiel de la Franchise

Comment détenir ses actions dans sa startup ?

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Les conseils du Galion Project pour détenir ses actions

C’est une question que tout le monde s’est posée à un moment dans sa vie d’entrepreneur : faut-il que je détienne mes actions en nom propre ou via une holding ? Les réponses du Galion Project. (Article initialement publié sur le blog du Galion Project).

Après avoir interrogé un certain nombre de fondateurs Galion, nous nous sommes rendus compte que ce choix n’avait rien d’évident. En fait, environ la moitié avait opté pour garder tous leurs titres en direct, tandis que l’autre moitié en avaient logés tout ou partie dans une holding personnelle.

Bref, c’était l’occasion de faire un point sur une question qui peut avoir un impact important sur la taxation au moment de la vente de ses parts, ce à quoi tout entrepreneur est forcément (un peu) sensible.

Comme tout ce qui touche à la fiscalité, cela nécessite d’avoir une vision chiffrée d’autant plus précise que le cadre réglementaire a tendance à changer (trop) souvent. Pour s’assurer que nous avions les bons paramètres en main, nous nous sommes appuyés sur l’expertise de Thierry Chouvelon et Stéphane Gandemer de la banque privée UBS France qui suit au jour le jour l’évolution de la réglementation et de la doctrine de l’administration fiscale. Nous les remercions pour leur soutien sur cette étude.

Dans tout le document, on est parti du principe que l’entrepreneur est résident fiscal français.

La fiscalité sur les actions en nom propre

Avant de s’intéresser au cas des holdings, faisons un rappel sur la fiscalité en cas de détention des actions en nom propre qui – malgré une certaine complexité – reste le cas le plus simple.

Suivant une promesse de campagne, le gouvernement Hollande a décidé un changement majeur de philosophie sur la fiscalité des plus-values sur le capital. En lieu et place d’un régime à part, les plus-values sur le capital sont désormais considérées comme un revenu au même titre que le salaire.

Pour les faibles plus-values, cela peut faire un taux plus bas que dans l’ancien système, voire nul pour les cas les plus modestes. Néanmoins pour les entrepreneurs Galion qui espèrent une plus-value qui se compte en millions d’euros, on rentre automatiquement dans la tranche marginale de l’impôt sur le revenu, soit 45%. A cela, il faut ajouter 15,5% de prélèvements sociaux et un 4% supplémentaire joliment appelé « contribution exceptionnelle sur les hauts revenus ». Cette dernière taxe instaurée sur le gouvernement Sarkozy n’a d’exceptionnelle que le nom. Elle a en fait été maintenue par Hollande et on peut partir du principe qu’elle est durablement inscrite dans le paysage fiscal.

Au final, en additionnant ces 3 facteurs, on arrive à un taux marginal de 64,5%.

Ce taux facial, un des plus élevés du monde contemporain, a servi d’épouvantail et a déclenché le mouvement dit des Pigeons. Suite à cela, deux éléments importants ont été introduits pour adoucir (fortement) les choses :

i.Un régime dérogatoire pour les PME de croissance.

La définition de ce régime est très large et permet facilement à tous les entrepreneurs Galion d’y qualifier. Pour cela, au moment de l’acquisition des titres par le fondateur, la société doit :

  • avoir moins de 10 ans
  • être une création ex-nihilo et non une restructuration ou reprise d’activité existante
  • avoir moins de 250 salariés et un total de bilan inférieur à 50 millions d’euros ou un chiffre d’affaire inférieur à 43 millions d’euros

Il faut en plus pendant toute la vie de la société que celle-ci :

  • n’accorde aucune garantie en capital aux actionnaires en contrepartie de leurs souscriptions
  • qu’elle ait son siège dans l’Union Européenne
  • qu’elle exerce une vraie activité commerciale

ii.Un abattement sur la durée de détention des titres

L’idée du législateur est de distinguer ce qui relève de la spéculation court terme de l’investissement à long terme. Dès qu’on dépasse 1 an de détention (ce qui est très court dans la vie d’une startup), le taux d’imposition commence à descendre de manière substantielle. Il y a différents paliers qui culminent après 8 ans de détention. 8 ans, cela peut paraitre long lorsqu’on crée sa startup, mais force est de constater que les plus beaux succès de la French Tech ont pratiquement tous mis plus de 8 ans à arriver à maturité. Oui il faut être patient pour bâtir une licorne !

En combinant le régime dérogatoire et 8 ans de détention, on bénéficie d’un abattement assez spectaculaire de 85%. Néanmoins, cet abattement ne s’applique que sur l’impôt sur le revenu et non les prélèvements sociaux et la contribution exceptionnelle, qui eux s’appliquent dans tous les cas sur l’assiette complète. C’est d’ailleurs une tendance assez générale que les prélèvements sociaux soient exclus des nombreuses niches fiscales qui font les délices des conseillers en patrimoine.

Au final, au bout de 8 ans de détention, on arrive ainsi à un taux marginal tout compris de 26,25%. On voit qu’on est très loin des 64,5% initiaux. A titre de comparaison, en Californie, paradis des entrepreneurs, la fiscalité sur les actions fondateurs est de 37%.

Enfin pour être complet, il faut mentionner que l’administration fiscale dans sa grande sagesse a rajouté une petite carotte supplémentaire en permettant de déduire 5,1% de CSG l’année N+1 de l’opération de cession.

Prenons un exemple sur une cession avec une belle plus-value de 20 millions d’euros.

Par souci de simplicité, on va faire comme si toute la plus-value était imposée au taux marginal, sachant qu’en réalité on gratte des abattements supplémentaires liés à la progressivité de l’impôt sur le revenu. Après abattement de 85%, il reste 15% sur lequel s’applique la tranche marginale de 45% de l’impôt sur le revenu, soit un taux effectif de 6,75 %. En parallèle sur 100% de la plus-value, on a 15,5% de prélèvements sociaux et 4% de contribution exceptionnelle (là encore on ne prend que la tranche marginale par soucis de simplification, mais en réalité cette contribution est progressive).

On se retrouve donc avec un imposition totale de 5,25 millions d’euros, soit nos 26,25% ci-dessus.

L’année suivante le cédant a la possibilité de déduire 5.1% soit 1,02 million d’euros de ses revenus. A supposer que notre contribuable-entrepreneur soit encore en tranche marginale d’impôt sur le revenu (ce qui est souvent le cas notamment si on reste travailler pour l’acquéreur et qu’on a eu la présence d’esprit de négocier un bon salaire, voir un bon earn-out), il économise donc : 45% d’impôts soit 0,459 million d’euros.

Cela ramène donc son imposition totale à 4,791 millions d’euros, soit un taux réel de 23,95% (légèrement surévalué due à la progressivité mentionnée ci-dessus).

Le régime fiscal des holdings

Si la fiscalité personnelle s’est grandement améliorée, à première vue le régime fiscal de la holding paraît encore plus magique. Dans le cas de figure le plus favorable, on peut bénéficier d’un taux d’impôt incroyable de 4%, digne d’un des meilleurs paradis fiscaux de la planète.

Alors pourquoi hésiter ?

Parce que bien sûr, ce taux exceptionnel vient avec un certain nombre de contraintes, et si on se prend les pieds dans le tapis fiscal, il peut grimper très vite à des niveaux qui peuvent faire regretter le montage.

Tout d’abord, il faut bien comprendre qu’il y a une différence notoire entre avoir de l’argent sur son compte personnel et de l’argent logé dans une holding. Dans le premier cas, on peut l’utiliser comme cela nous chante, tandis que dans le second cas, il faut veiller à ce que l’utilisation soit conforme à l’objet social de la holding. Sinon on risque tout simplement l’abus de bien social.

Bien sûr, il est toujours possible de sortir de l’argent de sa holding sous forme de dividendes. Mais ce versement est considéré comme un revenu et imposable en tant que tel. Le législateur qui a souhaité ménager les (vieux) rentiers, a certes permis à ce revenu particulier de bénéficier d’un gentil abattement de 40% sur le montant des dividendes bruts perçus, ce qui conduit à une imposition pouvant atteindre 44,2% ou 48,2% si on rajoute les 4% initiaux.

Il est aussi possible de sortir de l’argent de sa holding au moyen d’un rachat par celle-ci de ses propres titres suivie de leur annulation. Le gain lié à cette opération suit le même régime que les plus-values de cession de titres. Néanmoins, comme il s’agit d’une holding patrimoniale, on ne bénéficie plus du régime dérogatoire. Par exemple, au-delà de 8 ans de détention, l’abattement sera limité à 65% contre 85%, ce qui avec les prélèvements sociaux donne un taux marginal de 35,25%. Au final, on se retrouve à payer plus d’impôts que si on avait détenu les titres de sa startup en direct dès le départ.

Certains voient aussi la holding comme une sorte de sas de décompression permettant de stocker le prix de cession et d’étaler la fiscalité dans le temps sous forme de dividendes annuels. Même si c’est fiscalement moins optimal, cela peut être psychologiquement rassurant de payer ses impôts au fil des vrais besoins de son train de vie, plutôt que tout d’un coup au moment de la vente.

Néanmoins cette stratégie d’étalements multi-annuels des dividendes prive l’entrepreneur d’un autre avantage extraordinaire de notre système fiscal, le plafonnement de l’ISF. Tout entrepreneur qui vend bien sa startup a en effet toutes les chances de se retrouver assujetti à l’ISF sur les tranches élevées du barème. Or il existe un moyen simple d’échapper complètement à cet impôt bien moins méchant qu’il n’y parait : il suffit de vivre de son capital et de ne pas se verser de revenus.

Par exemple, pour un entrepreneur qui a un patrimoine net 20 millions d’euros, il est censé payer chaque année environ 250k€ en ISF. Mais s’il a pris soin de vivre de son capital (en capitalisant ses revenus sans y toucher), la facture ISF est ramenée à zéro, car elle ne peut pas dépasser 75% des revenus qui dans son cas sont inexistants. On voit tout de suite que plus on dispose d’un capital important, plus il est facile d’appliquer cette stratégie d’évitement. Une magnifique illustration que l’ISF est un impôt pour les riches, mais pas pour les… très riches.

Bref on l’a compris, si on se lance dans une holding, pour optimiser sa fiscalité il faut éviter de sortir trop d’argent de cette tirelire dorée. Dans la pratique, on est souvent condamné à une sorte d’épargne forcée sur sa holding. Pas étonnant que les banquiers adorent les holdings patrimoniales où ils ont tout loisir de déployer leur expertise en placements. Qui veut devenir le plus riche du cimetière ?!

Comme on l’a découvert au Galion, la plupart des entrepreneurs ne vivent pas seulement d’amour et d’eau fraiche, surtout après la vente de leur startup. La solution pragmatique consiste à garder une partie de ses titres en directe afin de couvrir son futur train de vie, le reste des titres étant logés dans une holding personnelle qui aura vocation à servir de véhicule d’investissement futur.

La répartition direct versus holding

Vient immédiatement la question : comment répartir ses titres entre la poche qu’il convient de détenir en nom propre et celle qu’on va loger dans sa holding ? Ce n’est pas si simple.

Tout d’abord, il faut se poser la question de combien on aura besoin pour couvrir son futur train de vie. Selon qu’on soit de nature frugal ou somptueuse, on peut arriver à un chiffre assez différent.

Mais surtout, cela dépend beaucoup de combien on va toucher sur la vente de sa startup. Si la plus-value est de 2 millions d’euros, on peut vite en arriver à consacrer l’essentiel de ses gains à sa vie personnelle. Si par contre, on touche 30 millions d’euros, on peut facilement se dire qu’on va consacrer les deux tiers, voire plus, à des investissements futurs.

On en vient à la question fondamentale du timing de création de cette fameuse holding.

i.Cas de la holding créée juste avant la vente de la startup 

Comme le montant du chèque de sortie est une variable clé, le premier réflexe est de se dire qu’on va créer cette holding juste avant de vendre sa startup. Comme ça, on aura une idée très claire du montant à mettre dans chaque poche.

A ce stade, il convient de rentrer dans la mécanique de création de la holding. Concrètement, l’entrepreneur va créer une nouvelle société NewCoPerso dont il est l’actionnaire unique et va apporter à cette NewCoPerso les titres qu’il détient en direct dans sa startup.

La beauté de l’opération est que s’il a bien pris soin que sa NewCoPerso soit au régime de l’impôt sur les sociétés (IS), l’entrepreneur bénéficie d’un report d’imposition sur l’opération d’apport. Cela veut dire que même si techniquement il « vend » ses titres à sa holding, il n’est pas tenu de payer immédiatement d’impôt sur la plus-value. A noter que cette disposition ne va pas de soi et que ce report d’imposition constitue une des nombreuses douceurs du système fiscal français (tant décrié). Par exemple, ce type de report n’existe pas aux Etats-Unis où l’apport de ses titres à une holding est un évènement taxable immédiatement (on y reviendra).

Comme la holding NewCoPerso a été créée juste avant la vente, elle va elle-même céder les titres de la startup à une valeur identique à la valeur d’apport, donc aucune plus-value n’est extériorisée sur la holding. Wow, miracle, on est pour l’instant à 0% d’imposition !

Néanmoins, au moment de la vente des titres de la startup par la holding, cela est censé faire tomber le report d’imposition et l’entrepreneur doit payer sa fiscalité personnelle. Dans ce cas, on ne voit pas trop l’intérêt du montage, puisqu’au final, l’entrepreneur aura payé ses impôts comme s’il détenait ses titres en direct tout en ayant les contraintes de l’agent coincé dans sa holding.

En fait, il existe une disposition intéressante qui permet de prolonger le report d’imposition. Pour cela, il faut s’engager à réinvestir au moins 50% du produit de cession dans une activité commerciale et ceci dans les deux ans qui suivent la cession. De plus, les investissements réalisés doivent être conservés au moins pendant 2 ans.

La beauté du montage est que la prolongation du report n’a pas de limite de durée. Une fois les conditions ci-dessus respectées, le seul événement qui provoquera la déchéance du report est la cession totale ou partielle de la holding. Par cette disposition étonnante, le législateur a bien sûr voulu (pour une fois) favoriser l’investissement productif et non les rentiers. Qui a dit que la France n’était pas un paradis fiscal pour les entrepreneurs ?!

Pour être bien clair, on ne parle pas ici d’acheter de l’immobilier ou de se constituer un portefeuille en bourse. Il faut soit créer une nouvelle startup, soit souscrire à une augmentation de capital d’une startup existante, soit racheter une participation majoritaire.

En revanche sur le solde des liquidités de la holding après le réinvestissement d’au moins 50% du produit de la cession, on a toute latitude d’investissement en terme de produits financiers ou immobiliers.

Deux ans pour réinvestir, cela parait long, mais en fait c’est très court. Par exemple, si on a logé 20 millions d’euros dans sa holding, il faut réinvestir au moins 10 millions d’euros dans les deux ans, sinon le report d’imposition tombe sur l’ensemble de la plus-value. Investir 10 millions d’euros en deux ans dans des startups, ce n’est pas si simple. C’est un vrai métier qui ne s’improvise et prend du temps. C’est d’autant plus compliqué si l’entrepreneur a une clause de lock-up qui l’oblige à continuer à travailler à plein temps pendant toute cette période dans son ancienne startup, ce qui est très fréquent. Le risque est que l’obsession de garder le report d’imposition pousse à prendre des risques déraisonnables et au final à perdre plus d’argent que la carotte fiscale initiale.

Bref, avant de transférer massivement ses titres dans une holding la veille de la vente de sa startup, mieux vaut avoir déjà une idée très claire de ce qu’on veut faire dans les deux ans à venir.

ii.Cas de la holding créée au démarrage de la startup 

Pour éviter une cavalcade frénétique sur les réinvestissements suivant la vente de sa startup, il existe une autre tactique. Cela consiste à loger ses titres dans sa holding personnelle NewCoPerso dès la création de sa startup.

Dans notre arsenal fiscal qui décidément révèle bien des surprises, il existe en effet une disposition intéressante qui stipule que si la holding NewCoPerso a détenu les titres pendant au moins 3 ans, on est dispensé de la contrainte temporelle sur le réinvestissement. En créant sa holding au démarrage de sa startup, on a donc une forte chance de se libérer de cette contrainte.

Évidemment, au moment du démarrage, le fondateur n’a aucune idée du montant qu’il va toucher à la sortie, donc la répartition entre la poche personnelle et la poche à réinvestir sera un peu arbitraire. Rien n’est parfait, mais ce n’est pas tout.

Avec la holding NewCoPerso qui a acquis les titres de la startup au nominal au démarrage, elle fera bien sûr la plus-value complète au moment de la vente de la startup. C’est là que le taux de 4% mentionné plus haut prend toute son importance.

Comme toutes les sociétés, NewCoPerso est taxée à l’impôt sur les sociétés (IS) au taux de 33,3%. Mais dans le cas des holdings, cette taxation ne s’applique que sur une assiette de 12% des plus-value de cession, qui est censée correspondre à une quote-part de frais et charges (tout à fait fictive entre nous dans le cas d’une holding personnelle, mais le principe est accepté par l’administration fiscale qui en la matière est étonnamment accommodante). D’où le taux marginal d’imposition effectif qui descend à cet étonnant 4%.

Néanmoins, pour bénéficier de ce délicieux statut fiscal de holding, il y a une contrainte importante : il faut que NewCoPerso détienne au moins 5% de la startup au moment de la vente. Lorsqu’on crée sa startup, cela parait un niveau assez faible, mais avec les tours de financement successifs, il est courant pour certains fondateurs de descendre sous ce seuil fatidique. A fortiori si l’entrepreneur a décidé de ne mettre qu’une partie de ses titres dans sa NewCoPerso.

On imagine très bien la situation où l’entrepreneur va se trouver devant le choix cornélien de soit refuser un tour de financement indispensable pour la croissance de sa startup, soit accepter de passer sous le seuil des 5%, ce qui le conduira à une taxation à 33,3% sur l’ensemble des titres de sa holding, soit nettement plus que s’il les avait gardé en direct. De belles nuits blanches en perspective.

iii. Cas de la holding créée en cours de vie de la startup

C’est là que les malins se disent, pourquoi ne pas créer la holding en cours de vie de la startup, une fois celle-ci a atteint un certain stade de maturité ? Avec un peu de chance, on va pouvoir optimiser les choses au mieux.

Cela permet en effet d’avoir une bien meilleure visibilité qu’au démarrage à la fois sur la trajectoire de la startup.

Pour décider du nombre de titres à mettre dans sa holding, il faut se poser la question : dans un scénario réaliste, est-ce que mon espérance de gain se situe plutôt en millions ou en dizaines de millions ?

Pour estimer le risque que cette NewCoPerso tombe sous le seuil de 5%, il faut se demander : combien faut-il pour atteindre le break-even et à quelle valorisation je peux espérer obtenir cet argent ?

A ce stade, il reste une inconnue de taille qui peut avoir un impact important sur le niveau de taxation : à quelle date se fera la cession ? C’est une question à laquelle il est souvent difficile de répondre en cours de vie de la société, car même s’il n’y a rien à l’horizon, un acheteur peut survenir à tout moment et vouloir conclure une vente en quelques semaines. Dans ces cas, il faut savoir saisir sa chance, car les plats ne repassent pas toujours deux fois.

Pourquoi le timing de la vente est-il si important ?

C’est qu’en fait, pour bénéficier encore une fois du statut fiscal privilégié de la holding concernant les plus-value, il faut que la holding ait détenu les titres depuis au moins 2 ans. Sinon la plus-value de la holding sera taxée au taux plein à 33,3%. Cette taxation s’apprécie bien sûr uniquement sur la plus-value de la holding, donc par rapport au prix d’apport des titres à la holding (qui en cours de vie de la startup va en général se caler sur celui du dernier tour de financement avec un léger discount si celui-ci était en actions de préférence).

On voit que le cas de figure le plus défavorable est celui d’une vente dans les 2 ans qui suivent le montage, si pendant cette durée la startup s’est fortement valorisée (ce qui en principe est un scénario que tout le monde souhaite). Le fondateur se retrouve à payer l’IS plein à 33,3% sur la plus-value de la holding. Comme il est aussi dans la fenêtre de 3 ans, il est aussi contraint de réinvestir 50% de la plus-value pré-transfert pour bénéficier du report d’imposition sur sa fiscalité personnelle.

Pour aller plus loin sur les holdings patrimoniales

Quelques éléments supplémentaires à avoir en tête avant de se lancer dans une holding patrimoniale.

Si on a pour projet à titre personnel de partir s’installer aux Etats-Unis (pour beaucoup de startup Galion, c’est un enjeu stratégique majeur), il faut complètement oublier les holdings. En effet, non seulement les carottes fiscales décrites ci-dessus n’ont pas d’équivalent aux US, mais les Etats-Unis appliquent une transparence fiscale totale sur les holding personnelles. De fait, cela revient à subir une double taxation (le 4% vient en supplément de la fiscalité personnelle), ce qui n’est vraiment pas l’idée recherchée !

La mise en place d’une holding complique légèrement le pacte d’actionnaire avec les investisseurs, sans que cela ne soit du tout rédhibitoire. Ils voudront simplement s’assurer que cela ne distorde pas l’esprit du pacte, ni que ce soit un moyen de contournement de certaines clauses. Pour que cela se passe bien, il convient de ne pas être trop créatif et de garder une structure personnelle à vocation purement fiscale. A éviter : faire entrer sa famille ou ses amis dans sa holding personnelle ou utiliser cette holding pour faire d’autres montages.

Les holdings exotiques dans les paradis fiscaux sont une complication supplémentaire pour un intérêt assez limité. Tant qu’on est résident fiscal français, cela n’a aucun impact sur sa propre taxation personnelle, et le régime français est tellement favorable qu’il est difficile de trouver vraiment mieux ailleurs. L’intérêt se situe essentiellement en aval de la vente, afin de bénéficier d’une fiscalité réduite sur les futures plus-values de placements financiers. Mais cela oblige à avoir une vraie substance dans ces montages. En clair, cela nécessite de se rendre régulièrement sur place. Dans un monde où les rendements financiers sont de toute façon bas, a-t-on vraiment envie d’aller plusieurs fois par an au Luxembourg (sous la pluie) pour économiser au mieux quelques milliers d’euros ? La vie est courte et mieux vaut faire du kite avec le Galion.

Jamais un acheteur d’une startup ne va racheter votre holding personnelle. Ce n’est pas son intérêt.

Enfin la mise en place d’une holding entraine un certain nombre de frais administratifs. A l’échelle des enjeux fiscaux sur une belle sortie, cela ne pèse pas grand-chose. Par contre, si l’aventure se révèle un désastre (ça arrive), ces frais deviennent tout de suite moins sympas pour les finances personnelles.

par The Galion Project

Rédaction web : 5 notions SEO à connaître d’urgence !

Beaucoup pensent que la rédaction web est comparable à tout autre style rédactionnel, comme celui des journaux ou magazines. Même si toutes ces formes d’écriture véhiculent de l’information au lecteur, elles restent différentes dans la forme et dans le fond.

La rédaction web prend en compte un paramètre supplémentaire : le référencement naturel. C’est pourquoi elle exige du rédacteur une parfaite maîtrise des règles SEO et des exigences des moteurs de recherche. Sans pour autant faire l’impasse sur les attentes des lecteurs.

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Mais quelles sont les notions SEO à maîtriser pour produire des textes qui plairont tout autant à Google qu’à l’audience du site ?

Un mot-clé par page

Le mot-clé représente la colonne vertébrale d’un article web. C’est autour de celui-ci que se construisent les principaux aspects du référencement naturel.

En effet, un (ou plusieurs) mot-clé placé dans un article permet au moteur de recherche de l’identifier rapidement. Et en fonction de la qualité de ce terme, votre contenu pourra bénéficier d’un meilleur positionnement dans les résultats.

Alors, faut-il en mettre beaucoup dans le texte pour gagner en visibilité ? Pas nécessairement, car le référencement naturel ne suit pas cette logique ! Un tel cas sera qualifié de sur-optimisation. Il est préférable que la répétition du mot-clé principal soit limitée à 3-4 fois dans la page et qu’il soit placé aux bons endroits.

La structure du texte

La structure d’un article doit rester simple et aérée pour faciliter la lecture des internautes et des robots de moteur de recherche.

Commencez par bien organiser votre texte avant de le rédiger, notamment en notant un plan. Cela vous permettra de hiérarchiser les idées pour convaincre le lecteur.

Voici une structure simplifiée que vous pouvez appliquer :

  • Un titre accrocheur qui annonce le sujet développé
  • Une introduction captivante en guise d’entrée en matière. Ceci permet au lecteur d’être fixé à l’avance sur le contenu de l’article.
  • Plusieurs sous-titres qui mettent en avant une argumentation et un exemple (au besoin)
  • Une conclusion ouverte

 

Et n’oubliez pas de placer l’information clé au début de l’article pour captiver l’attention du lecteur dès les premières lignes.

Les endroits stratégiques où placer le mot-clé

Vos mots-clés doivent être placés judicieusement dans l’article pour bénéficier d’un meilleur positionnement dans les moteurs de recherche :

  • Le titre
  • La première phrase de l’introduction
  • Au moins un sous-titre
  • La conclusion
  • La meta-description (si vous êtes aussi chargé de l’écrire)

L’importance du champ sémantique

Avec les dernières mises à jour de l’algorithme Panda de Google, il est recommandé d’utiliser le champ sémantique inhérent au mot-clé. En effet, le moteur de recherche tient compte de la qualité du texte et sait distinguer les synonymes ainsi que les expressions associées à un thème.

Au final, ce qui est meilleur pour votre audience et aussi très bon pour le référencement naturel.

La taille du texte

Voici une question qui revient constamment et sachez que non, la taille ne compte pas. Soyons honnête, si vous souhaitez écrire un article avec un minimum d’informations de qualité, vous devrez bien utiliser 300 mots. Si ces 300 mots apportent de la valeur ajoutée aux internautes, pourquoi en ajouter ? Et si vous avez besoin de 2 000 mots, alors rédigez 2 000 mots !

Mais ne vous focalisez jamais sur la taille. Seules les notions abordées précédemment et la qualité du contenu importent aux yeux de votre audience et de Google.

Pour faciliter la lecture et proposer du contenu de qualité à votre audience, ainsi qu’aux moteurs de recherche, il faut faire preuve de parcimonie et de structure. Le mot-clé ne doit pas être utilisé à toutes les sauces, mais placé aux endroits pertinents de votre article. Le mieux reste toujours de privilégier la qualité au détriment de tout le reste. C’est ce qui vous assurera la fidélité des lecteurs. Et plus ils reviendront, plus vous remonterez dans les résultats de recherche.

Brexit: les premières conséquences attendues dans le monde de la Tech

Le verdict est tombé vendredi 24 Juin 2016: le Royaume-Uni doit quitter l’Union Européenne dans les deux ans à venir. Craintes des entrepreneurs et des investisseurs français expatriés, impact sur les marchés: le monde de la tech se trouve lui aussi dans l’incertitude des décisions à venir. Partant de ces doutes, CB Insights a cherché à comprendre comment le Brexit allait impacter l’activité des VC en Europe, interrogeant des investisseurs, ou partners de fonds de capital risque européens afin de connaître leur avis sur la question. La société de recherche spécialisée a identifié au moins quatre conséquences pour le secteur, après le Brexit.

 

Une baisse attendue des investissements dans le capital-risque britannique 

Le Royaume-Uni a une place centrale dans l’écosystème Tech européen. Ces dix-huit derniers mois, près du tiers des levées de fonds concernaient en effet des entreprises britanniques, selon CB Insights. Cette proportion reste équivalente si l’on considère les montants investis à l’échelle européenne.

 

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Première conséquence du Brexit identifiée par les experts interrogés, le risque de voir les investisseurs institutionnels, tels que l’EIF (European Investment Fund, fonds institutionnel qui compte parmi ses actionnaires la Banque Européenne d’Investissement, l’Union Européenne, ainsi que divers banques et institutions financières publiques et privées, ndlr) se détourner des sociétés de capital-risque britanniques. L’EIF a en effet exprimé son «regret» concernant les résultats du vote, et a laissé entendre que sa politique d’investissement pourrait être revue à moyen terme. L’incertitude quant à la manière dont l’économie britanique va réagir à sa sortie de l’Union Européenne pourrait également dissuader certains investisseurs étrangers d’y investir à court-terme. Enfin, au-delà des aspects purement financiers du Brexit, c’est la capacité du Royaume-Uni à attirer des talents européens et à les retenir qui pourrait en pâtir.

Autre conséquence probable du Brexit qui préoccupe les investisseurs, son impact sur l’écosystème Fintech londonnien, aujourd’hui en pleine expansion. Si la capitale du Royaume-Uni était jusque là considérée comme le meilleur endroit pour implanter une Fintech pur attaquer le marché européen, sa sortie de l’Union Européenne pourrait significativement faire bouger les lignes. D’autres villes, à l’image de Berlin ou de Dublin, pourraient émerger et devenir des références en matière de Fintech. Enfin, un autre secteur pourrait être fortement impacté par le Brexit, celui des Biotechs. Ces sociétés recherchent en effet à s’implanter dans des pays partageant des réglementations communes.

Chute des valorisations des géants de la Tech

Sans surprise, les résultats du vote britanique ont eu un impact direct sur les principales bourses mondiales. A titre d’exemple, le CAC 40 a par exemple chuté de 9,4% entre le jeudi 23 juin à 17h30 et le vedredi 24 juin à 9h30. Sur la seule journée de vendredi, les sociétés cotées du Standard&Poor’s 500 ont perdu 657 milliards de dollars de valorisation, selon une étude réalisée par USA Today.

Les grandes entreprises de la Tech mondiale ont été particulièrement impactées par cette chute des cours. Alphabet, la maison-mère de Google, qui réalise 9% de son chiffre d’affaires au Royaume-Uni, a été l’entreprise plus impactée selon le média américain. Elle a en effet vu le cours de son action baisser de 4,2% sur la journée. Cette baisse se traduit par une perte de valorisation de l’ordre de 20,4 milliards de dollars sur une seule journée. Autre entreprise emblématique de la Tech, Microsoft a vu son cours de Bourse chuter de 4%, perdant 16,3 milliards de dollars de valorisation. La société Apple a quant à elle perdu 14,8 milliards de dollars de valorisation (-2,8%), souligne le quotidien américain.

Le secteur de la Tech n’est pas le seul a avoir été fortement impacté par les conséquences du Brexit sur les marchés, le secteur des banques a également été fortement touché. A titre d’exemple, la banque JP Morgan Chase, qui réalise 15% de son activité dans la zone Europe, Moyen-Orient, Afrique a vu son titre chuter de 6,9%. Cela s’est traduit par une baisse de 16, milliards de dollars de sa valorisation d’après le journal.

Les entrepreneurs de la Tech massivement favorables au maintien dans l’Union Européenne

Près des trois quarts des entrepreneurs de la Tech basés au Royaume-Uni étaient favorables au maintien du pays dans l’Union Européenne, dans un sondage réalisé au mois de mars dernier. Comment réagissent-ils suite aux résultats du vote? The Guardian a interrogé plusieurs entrepreneurs à la tête de sociétés valorisées plusieurs milliards de dollars sur les conséquences que le vote aura pour eux.

Taavet Hinrikus, CEO de TransferWise, Fintech basée au Royaume-Uni, exprime ses doutes concernant sa stratégie d’implantation en Europe.

Les deux principaux avantages à faire partie de l’Union Européenne sont l’accès à des talents, grâce à la libre circulation des personnes, et le fait que l’on peut exporter la régulation, donc si on est agrémenté au Royaume-Uni, on est agrémenté dans toute l’Europe. Nous ne savons pas ce qu’il va advenir de ces deux avantages» confie-t-il au Guardian.

Toby Coppel, cofondateur de Mosaic, une société de capital risque, déclare quant à lui:

Les entrepreneurs sont des gens très résilients, je ne suis pas inquiet concernant leur capacité à s’adapter. Je pense qu’ils sont habitués à évoluer dans des environnements incertains, même si là le brouillard est particulièrement dense». L’entrepreneur se déclare cependant peu confiant dans la capacité de Londres à continuer à attirer les entrepreneurs européens de demain.

The Guardian précise enfin qu’aucun entrepreneur interrogé n’a déclaré que le Brexit aurait un impact positif sur son activité.

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Par Claire Spohr

Les 10 règles d’or pour rater sa transformation digitale

En quelques mois la transformation digitale s’est invitée dans l’agenda des dirigeants d’entreprise. Peur de « l’uberisation » (arrivée soudaine de nouveaux acteurs agressifs), incertitudes économiques, nouvelles exigences des consommateurs… Face à ce contexte, réussir sa transformation digitale est devenu un impératif. Pour autant les pièges d’une transformation digitale sont nombreux. Basées sur sept années d’expériences en transformation digitale vécues « de l’intérieur », voici les 10 règles à suivre pour rater une transformation digitale à coup sûr.

1/ Face à la technologie, te crisper tu devras

« Je ne veux pas que les employés puissent accéder à un réseau social, ou travailler à distance. Ils vont perdre en productivité ! » L’utilisation des nouvelles technologies fait déjà parti du quotidien des consommateurs, l’entreprise doit donc s’aligner sur ces nouveaux usages. Le déploiement des nouvelles technologies au sein de l’entreprise doit être piloté et accompagné pour garantir une bonne utilisation. Ces nouveaux outils déclencheront de nouveaux comportements qui faciliteront la transition digitale.

2/ Le parcours consommateur, de coté tu laisseras

« Je ne veux pas aller sur les media sociaux, cela va augmenter le travail du service client, en plus je devrai certainement embaucher un Community Manager. Les publicités TV permettent de travailler suffisamment la relation conso, et ont un impact mesurable en point de vente, ce qui n’est pas le cas du digital. » Le parcours d’achat des consommateurs n’est plus linéaire et uniforme. Le service marketing doit travailler l’ensemble des points de contact utilisés par les consommateurs. Il doit s’aligner sur les nouveaux usages des consommateurs et trouver un modèle publicitaire digital efficace qui intègre ces nouvelles technologies.

3/ La formation, obliger tu devras

« J’ai organisé une formation digitale généraliste et obligatoire pour tous les salariés. Il y a aussi un module en ligne sur lequel on va pouvoir suivre les statistiques de participation de chaque employé. C’est déjà bien suffisant ! » Le digital n’est pas un un ensemble de théories, mais une pratique à intégrer dans le quotidien des salariés. Les formations augmentent la culture générale des employées, mais elles doivent être accompagnées d’exercices pratiques et d’études de cas réels et récents afin d’intégrer ces nouvelles pratiques dans le quotidien des salariés.

4/ Embaucher un Chef Digital Officer, tu te dépêcheras

« Un CDO arrive pour réaliser la transformation digitale. Il a déjà un plan stratégique sur 5 ans, et un ROI prévisionnel pour chaque action. » Le CDO peut faciliter la transformation digitale, mais le Directeur Général et l’ensemble des employés doivent s’emparer du sujet. Avec la rapidité des évolutions technologiques actuelles, il est illusoire de définir une vision stratégique à plus de 18 mois. A cause de la nouveauté du domaine et de la spécificité de chaque entreprise, le ROI des actions n’est souvent mesurable qu’à postériori.

5/ Le recrutement d’experts, tu éviteras

« Pour faire du digital, il suffit d’être jeune et d’avoir envie d’apprendre. N’importe quel cadre motivé peut donc devenir Digital Manager, et nous éviter un nouveau recrutement. » Le digital devient de plus en plus complexe, et nécessite des années de pratique pour être maîtrisé. L’intégration d’experts dans l’entreprise permet d’accélérer la courbe d’apprentissage et la diffusion des bonnes pratiques en interne. Cela permet ainsi de rattraper un retard éventuel sur les concurrents.

6/ Les Top Managers, tu ignoreras

« Les Managers n’ont pas besoin d’être accompagnés individuellement par un expert du digital. Ils sont forcément au courant des dernières évolutions technologiques de leurs métiers. » Les managers ont souvent une expérience approfondie d’un métier, mais les usages et les pratiques des métiers sont en train de changer. Le rôle des managers est crucial pour la diffusion du digital au sein de leurs services. Ils doivent donc être accompagnés individuellement pour détecter et combler d’éventuelles carences dans le domaine du digital.

7/ Les RH, point tu n’impliqueras

« Un entretien RH annuel suffit pour fixer les objectifs. Seuls les experts du digital peuvent travailler sur le sujet et apporter leur pierre à l’édifice. » Les évolutions technologiques et les modifications des comportements sont extrêmement rapides. L’entreprise doit gagner en vélocité. Cela passe par la fixation d’objectifs individuels à court terme, et l’implication de tous les services dans les projets liés au digital. Le digital ne peut pas être le combat d’une seule équipe.

8/ Tes processus internes, point tu ne changeras

« Nos processus ne sont pas parfait, mais depuis le temps tout le monde sait comment ils fonctionnent. » L’accès à la data, la rapidité de traitement et de diffusion de l’information sont les avantages concurrentiels de demain. L’informatisation et la simplification des processus sont des chantiers indispensables pour gagner en vélocité dans un monde qui accélère.

9/ La communication transparente, tu éviteras

« La transition digitale cela n’intéresse que le marketing. Je ne veux pas que mon entreprise communique sur les réseaux sociaux, blogs et autres comptes Twitter. » Dans un monde ultra-connecté, les consommateurs et les salariés veulent une communication authentique, transparente et rapide. Maîtriser les codes d’une communication digitale interne ET externe est une compétence à acquérir dès que possible.

10/ Un eco-système, point tu ne développeras.

« La grande majorité des start-up sont tenues par de jeunes idéalistes qui feront faillite dans quelques mois. Cela ne sert à rien d’investir dedans, de toute façon il y a certainement déjà une start-up américaine qui doit faire la même chose. » L’innovation digitale est souvent portée par de petites structures, et l’entrepreneuriat est en pleine expansion en France. La détection de technologies early-stage permet de mettre en place des partenariats et de tester de nouveaux outils sur-mesure qui seront peut-être les avantages concurrentiels de demain.

  • Le confidentiel :

 

Pierre-Alexandre MESSNER

Diplômé de l’ESSEC, Pierre-Alexandre MESSNER est consultant en marketing digital. Il a été Digital Manager pour de grandes marques FMCG pendant 5 ans. En 2016 il a créé l’agence Web Sparkler pour accompagner les marques et les professionnels du marketing dans leurs stratégies digitales. 

 

Levée de fonds et relation start-up

A l’occasion du Web2day, nous avons pu assister à une table ronde sur les relations entre VC et start-up. Un moment très intéressant puisque c’était l’occasion d’en savoir un peu plus sur le fonctionnement des VC et des levées de fonds. Un moment important dans la vie de nombreuses start-up qui change leur identité et leurs objectifs. Pour nous éclaire sur ce sujet, le panel était complet puisqu’il comprenait Marc Rougier, entrepreneur (Scopp-it)et VC (Elaia), Alexandre Chartier qui a fondé Ornicar avant de se faire remercier, Jemery Uzan (Alven) et Pascal Mercier (Ader Finance). Voici quelques éléments importants de cet échange sur le fonctionnement des levées de fonds.

web2day

Pourquoi lever des fonds ?

Marc Rougier : Le déclencheur d’une levée de fonds est un grand dilemme entre 2 valeurs conflictuelles : le contrôle et la vitesse. En tant que VC je leurs dis qu’ils doivent choisir. Il faut du capital pour aller vite que ce soit pour la R&D ou l’acquisition. Mais en levant des fonds, on lâche du contrôle sur la société pour accélérer, vers le succès ou l’échec.

Alexandre Chartier : Lever des fonds c’est extraordinaire. On travaillait de chez soi, là on peut recruter de super profils. C’est utile. Il y a 6 mois j’ai été révoqué de ma propre entreprise Ornicar. Mais quand on lève des fonds, on perd le contrôle sur son projet. A l’instant où on lève des fonds, l’objectif c’est de revendre sa boite. L’objectif du fonds, c’est de sortir. Mon but n’était pas de revendre ma boîte, ce qui complique la relation avec les VC.

Qu’est ce qu’on vend aux VC pour les approcher et les séduire ?

Jeremy Uzan : Question complexe car ça dépend du degré de maturité de la société. Dans l’investissement, il y a une part importante d’humain. Mon job c’est détecter un “quelquechose” qui permettra de développer une société. Ce n’est pas vraiment analytique, ça tient de l’humain et de l’intuition.

Marc Rougier : On voit rarement des gens aller au bout de leur business plan. C’est bien, mais ce qu’on cherche c’est de l’exception chez les entrepreneurs. Il faut être prêt à aller loin dans la souffrance, et ça ne se lit pas dans une feuille Excel.

Dans vos métiers d’investisseurs, on est rémunéré au succès, sur quoi se base la sélection ?

Pascal Mercier : On cherche des projets qui aient du sens ainsi qu’une alchimie dans les équipes. Pour savoir si une société est éligibles à une levée de fonds, il faut qu’elle veuille avoir de la croissance et grossir. Une bonne start-up doit être bâtie pour faire de la croissance. Les plus gros succès sont parfois aussi des coups de folie, des projets non consensuels. Les entreprises qui ont le plus de mal à lever sont les plus gros succès. Quand on a investit dans Capitaine Train, c’était un projet fou : concurrencer la SNCF. Mais c’est le genre de challenges qui nous intéresse.

Est-ce que la dimension humaine peut bloquer un investissement ?

Jeremy Uzan : Quand on lève des fonds, on fait rentrer un nouvel associé dans la boucle: le VC. Et c’est une histoire commune qui va durer plusieurs années. Il faut se demander si on est prêt à vivre cette aventure ensemble dans la durée. Le coefficient humain donne de la force au dossier, ou le plombe. Si j’ai un doute humainement, je ne peux pas investir dans un projet.

Pascal Mercier : C’est devenu trop à la mode de devenir entrepreneur. Tout le monde veut devenir entrepreneur mais certains sont des imposteurs.

Alexandre : Je me suis fait virer de ma propre boite pour 2 raisons. J’étais trop transparent et j’allais par exemple faire du kite-surf l’après midi dans la semaine. C’est un élément qui m’a été reproché, je ne pouvais pas faire ça. Quand on va voir un VC, on a un vrai problème générationnel. La seconde raison est qu’on m’a demandé des prévisionnels de développement produit sur 6 mois / 1 an, et j’ai refusé de le faire. J’aurai pu le faire mais pour moi le but d’une start-up est d’être agile et je ne croyais pas à l’intérêt de ces projections et reportings. Et j’ai refusé car c’est une perte de temps.

La part de bluff est-elle importante dans ce lien VC / start-up ?

Marc Rougier : La mécanique du capital risque c’est que la majorité des boites dans lesquelles on investit seront des échecs. Ce qu’on essaie de voir c’est si on partage un rêve commun. Un investissement c’est une relation.

Jeremy Uzan : Mon job est justement de voir plus loin que cette part de bluff et cette danse du ventre et ces jolis slides. Il faut que je vois la vérité de ce que pense l’entrepreneur. J’ai besoin de voir la crédibilité d’un business plan sur 5 ans. Même si ce n’est jamais tenable, ça montre un système de pensée. Chaque individu va produire un business plan de manière différente. Le business plan permet de voir comment se projette un entrepreneur. Cela me permet de voir plus loin que cette part de bluff ou de séduction.

Une levée de fonds est-elle un accomplissement ?

Marc Rougier : Les médias aiment montrer le levée comme une fin en soi et un aboutissement. Mais ce n’est que le début. Pour certains entrepreneurs c’est un soulagement car sans fonds l’entreprise meurt. Mais la vraie levée de fonds offensive, c’est un moyen de pouvoir travailler et aller au bout de son projet.

Comment on vit l’accompagnement ?

Pascal : On est proche d’eux en tant que VC et on partage leurs angoisses. On a le même stress. Un entrepreneur il est tout seul, c’est particulièrement difficile, et c’est à nous de les accompagner.

Marc : C’est anxiogène évidemment, mais c’est aussi une belle aventure qui naît. Quand un entrepreneur va voir un VC, il trouve quelqu’un qui l’aide à mettre son rêve en marche et croit en son idée.

Comment vit-on la levée de fonds ?

Jérémy Uzan : Le jour de la signature d’un deal il se passe des choses différentes. Une levée de fonds c’est un projet en soi quand on est un leveur de fonds. Au moment du closing le job est fait côté leveur de fonds. Côté entrepreneur il y a une dualité. Les fonds sont levés mais il y a un projet énorme à assurer. Côté investisseur on vient de dépenser plusieurs millions d’euros, et on ne sait pas si on vient de les perdre ou si on va les faire fructifier. Il nous faudra des années pour avoir si on les fera fructifier. Le champagne c’est un réflexe d’avocats. C’est gênant car cette levée des fonds n’est pas une fin en soi.

Comment se passent les sorties ?

Jérémy Uzan : La sortie d’une start-up c’est le moment le plus fort et le plus difficile à vivre. Ce qui est compliqué pour l’entrepreneur c’est qu’il n’est plus le chef de file de son projet. Il y a une vraie douleur quand il vend sa société. Quand il y a de dizaines ou centaines de millions d’euros sur la table, c’est un moment complexe.

Marc Rougier : C’est un sentiment d’accomplissement, mais aussi le deuil de la fin d’une tranche de vie. C’est difficile à vivre et il y a une vraie culpabilité “d’abandonner” ses équipes. On quitte l’humain et on rentre dans une logique capitalistique. Il est aussi difficile de décider que c’est le bon moment pour sortir.

Alexandre Chartier : Ma sortie a été un peu pus complexe. En tant que patron d’entreprise on n’a pas le droit au chômage. Je suis parti avec 50 000 euros en tout et pour tout. Une exit ce n’est pas toujours un gros chèque. Ils ont investi 1 million pour une idée mais moi je suis reparti avec 50 000 euros.

d’après le Blog du modérateur

#STARTUPS Financement de l’innovation : quelles options s’offrent à vous ?

innovation

Vecteur de compétitivité et de création de valeur, le financement de l’innovation est un axe stratégique partagé par les entreprises, l’Etat et l’Europe. Il bénéficie à ce titre, de nombreux dispositifs d’aides incitatives couvrant les différents types d’innovation.

Près de 50% des entreprises françaises de plus de 10 salariés innovent, d’après l’INSEE, parfois sans le savoir. C’est que la définition de l’innovation est extrêmement vague et souvent mal maîtrisée par les entrepreneurs.

L’innovation est la mise en oeuvre d’un concept novateur dont l’aboutissement crée de la valeur pour l’entreprise et/ou son marché. En pratique, l’innovation peut être :

  • Incrèmentale : amélioration progressive de produits, procédés ou technologies existants.
  • De rupture : introduction de nouveaux produits ou technologies (nécessitant le plus souvent des travaux de recherche et développement)

Contrairement aux idées reçues, l’innovation n’est pas cantonnée aux activités de recherche et développement. La R&D est une composante facultative de l’innovation (au même titre que le design par exemple).

Une entreprise innove lorsqu’elle introduit sur le marché un nouvel usage ou une technologie, ou la combinaison des deux, visant à améliorer :

  • Les biens ou services qu’elle commercialise
  • Ses procédés (ex : processus de production)
  • Son organisation (ex : chaîne logistique)
  • Son marketing ( ex : business model)

L’innovation répond à un enjeux d’accroissement des parts de marché ou de conquête de nouveaux marchés. Souvent vitale pour les entreprises, elle nécessite des investissements importants.

Les méthodes de financement de l’innovation

Les entreprises financent leurs investissements d’innovation essentiellement en fonds propres. En effet, le traditionnel endettement bancaire des entreprises ne trouve pas son intérêt dans le financement de l’innovation. Ce dernier présentant un risque intrinsèquement élevé et offrant rarement des actifs matériels à mettre en face.

Les financements dits alternatifs (love money, financements participatifs) sont en croissance mais leurs montants restent marginaux par rapport aux besoins. Hormis l’entreprise elle-même, le principal financeur de l’innovation est l’État. Ils existent de nombreuses aides directes ou indirectes issues de fonds publics pour soutenir l’effort d’investissement d’innovation des entrepreneurs.

En 2015, l’Etat a distribué 8,5 milliards d’euros en soutien à l’innovation répartis comme suit (Source : Commission nationale d’évaluation des politiques d’innovation (CNEPI) :

  • Incitations fiscales : 74,2%
  • Subventions : 19,2%
  • Participations : 4,4%
  • Prêts : 2,3%

Entre 2010 et 2015, le nombre de dispositifs nationaux de soutien à l’innovation à doublé pour atteindre 62. Cette dynamique louable présente des dommages collatéraux : l’illisibilité des programmes et la complexité de leur mise en oeuvre écrèment ses bénéficiaires. En effet, les entreprises ne disposant pas de compétences financières, administratives et juridiques en interne, ont une accessibilité réduite à toutes ces aides.

De fait, plus de 70% des grandes entreprises qui innovent ont reçu des aides pour innover alors que moins de 50% des PME qui innovent en ont bénéficié. Ces dernières ont souvent recours à l’externalisation auprès d’experts en financements pour leur permettre d’accéder à ces dispositifs d’aides.

4 exemples de dispositifs de soutien de l’innovation

Incitation fiscale : le Crédit d’Impôt Innovation

Les PME qui peuvent en bénéficier doivent réaliser des dépenses d’innovations relatives à la réalisation d’opérations de conceptions de prototypes ou installations pilotes de “produits nouveaux” (soit présentant des innovations et des performances techniques supérieures aux produits que commercialisent vos concurrents).

Le montant du crédit impôt innovation est de 20% des dépenses éligibles (plafonnées à 400 000 € par an et par entreprise).

Subvention : la Bourse French Tech

Bénéficie aux entreprises en création ou de moins d’un an ayant un projet innovant à fort potentiel de croissance. Son montant peut atteindre jusqu’à 70% des dépenses internes et externes, directement liées aux études de conception, définition et faisabilité du projet. Elle est plafonnée à 30 000€ ou 45 000€ si le projet porte sur une innovation de rupture.

Participation : le FSN PME – fonds d’ambition numérique

Ce fonds investit en fonds propres ou quasi fonds propres à hauteur de 1 à 10 millions d’euros pour soutenir la croissance des PME qui développent des nouveaux usages, services et contenus numériques. Le FSN investit en priorité dans les secteurs d’activité suivants : logiciels, cloud computing et big data, cybersécurité, composants et systèmes, robotique et objets intelligents.

Prêt : Le prêt participatif d’amorçage

Réservé aux petites entreprises de moins de 5 ans, l’objectif du PPA est de renforcer la trésorerie de l’entreprise afin de finaliser son innovation et de préparer une levée de fonds. Ce prêt d’un montant minimum de 50 000 € peut atteindre 300 000 € sous certaines conditions. Il est remboursable en 8 ans incluant un différé de 36 mois. La seule garantie prise pour ce prêt est le prélèvement de 5% du montant lors de son décaissement.

par Floriane Clausier, fondatrice de StartingList