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Le futur est perçu comme plus proche que le passé

De nouvelles données sur l’expérience subjective du temps

Si le temps passe, il se passe de manière subjective selon les individus et les circonstances.Le temps se mesure avec de l’espace, que ce soit avec le déplacement du sable dans un sablier, la combustion lente d’un bâton d’encens dans la chine ancienne, le déplacement de l’ombre sur le cadran solaire ou celui des aiguilles d’une montre.

Espace et temps sont donc indissociables dans nos esprits et dans notre corps. L’espace- temps à une architecture incarnée. L’étude de 2009 de Lynden K. Miles et Coll (1) montre que le temps peut être représenté dans le système sensitivo-sensoriel qui régule le mouvement humain. Les personnes à qui on demandait d’évoquer des événements du passé (Visuel et Auditif remémoré) se penchaient inconsciemment vers l’arrière, tandis que celles à qui on demandait d’évoquer le futur (Visuel et Auditif  construit) se penchaient vers l’avant ! Puis les travaux d’Eugene M. Caruso et Coll  (2)  publiés en 2010 ont cherché à explorer l’analogie temps-espace en vérifiant si le biais cognitif de l’évaluation des distances se retrouvait dans l’évaluation des durées. A distance égale, les objets vers lesquels on se déplace semblent plus proches que ceux dont on s’éloigne. Puisque l’homme s’avance inéluctablement vers le futur en s’éloignant de son passé qu’il laisse derrière lui, la question était de savoir si le futur est perçu comme plus proche que le passé?

La première expérience a consisté à demander à plusieurs groupes d’évaluer  sur une échèle de 1 à 10 (1 pour le temps court et 10 pour le temps long) la même longueur de temps (un mois et une année), soit dans le passé pour le premier groupe, soit dans le futur pour un second groupe. Avec en moyenne plus d’un échelon d’écart entre les deux groupes, les résultats montrent qu’à durée équivalente, le passé semblait nettement plus lointain que le futur.

La seconde expérience  a cherché à confirmer les résultats avec une expérience basée sur un événement précis. Une semaine avant puis après la Saint-Valentin, on a demandé à deux groupes d’internautes de noter ce qu’ils comptaient faire pour célébrer l’événement puis de préciser si la date leur semblait proche ou lointaine. A nouveau, le futur est apparu significativement plus proche que le passé dans l’esprit des personnes interrogées.

Peut-on contracter le passé comme le futur ?

La troisième expérience a cherché à savoir si en retournant vers le passé le phénomène s’inversait comme on pouvait le penser. Les chercheurs ont fait porter aux volontaires un casque de réalité virtuelle qui les transportaient sur une route bordée d’arbres ou d’immeubles et qui, soit les rapprochaient d’une fontaine (plus on s’en rapprochait, plus la fontaine devenait grande et le bruit de l’eau devenait fort), soit les éloignaient en marche arrière (la fontaine devenant de plus en plus petite et de moins en moins bruyante). Pour le groupe « marche en avant « , le futur a semblé plus proche que le passé, confirmant l’asymétrie temporelle. Pour le groupe « marche en arrière », l’asymétrie temporelle a complètement disparu, le passé paraissant même (résultats statistiquement non significatifs) un peu plus proche que l’avenir. Ces travaux confirment qu’il y a bien dans nos esprits une intrication entre la perception des écarts temporels et la perception des écarts spatiaux.

Cherchant à éviter des biais possibles, par exemple ceux en lien avec une asymétrie causée par la différence existant entre un des souvenirs réellement vécus et un futur imaginé, les chercheurs ont réalisé des évaluations sur la perception spatiale de deux événements fictifs du passé (un mois avant) ou du futur (dans un mois). Avec des bornes temporelles de nature fictive on retrouve la même asymétrie.

Comment expliquer que le futur soit perçu comme plus proche que le passé ?

Peut-être par le fait que les intervalles de temps du passé ou futurs ne sont pas occupés de la même manière. L’intervalle entre le passé et le présent pouvant être « rempli » par de nombreux détails des souvenirs, tandis que l’intervalle entre le présent et le futur est sensé être plus vide ou plein de points d’interrogation. Pour vérifier cette hypothèse on a demandé aux participants de « remplir » leur futur en dressant une liste détaillée de ce qu’ils allaient faire au cours des trois semaines suivantes. Les résultats montrent que le futur ne s’est pas du tout éloigné. Au contraire, la distance  entre le présent et la réalisation de l’événement du futur s’est réduite. Comme si l’anticipation d’un agenda très occupé avait pour effet de contracter le temps.

Commentaires

Les PNListes ne seront pas trop surpris par les données de ces recherches mais y trouveront plutôt une belle confirmation de leur expérience. La notion d’un futur plus proche que du passé explique certainement le sentiment qu’il est plus difficile d’impacter ce passé. Et le fait de faire comme si on pouvait séquencer finement  le temps entre l’état présent et l’état désiré, renforce bien son attractivité.  Détailler les étapes d’un futur redouté ne  doit que rapprocher ce futur et accroître l’anxiété. je suis également curieux de connaître les limites culturelles de ce couple espace-temps.

14 comportements de personnes sympathiques

Beaucoup de personnes pensent que le fait d’être sympathique est quelque chose d’inné. Mais il s’agit d’une fausse idée, explique Travis Bradberry, auteur de l’ouvrage « Emotional Intelligence 2.0 », sur Inc.com. En réalité, être sympathique est quelque chose qui ne dépend que de vous. La sympathie est finalement une question d’intelligence émotionnelle. Lors de ces recherches, Bradberry a étudié les comportements clés qui font des personnes émotionnellement intelligentes, des êtres exceptionnellement sympathiques. Voici ces comportements :

1. Elles posent des questions.

La plus grande erreur que font les personnes lorsqu’il s’agit d’écouter autrui est de penser à ce qu’ils vont dire ou à la manière dont ces paroles les affecteront. Cette attitude fait que la plupart du temps nous n’écoutons pas vraiment ce que nous dit l’autre. Les mots résonnent fortement et clairement mais le sens se perd et s’évapore. Afin d’éviter ce genre de leurre, il suffit de poser beaucoup de questions. Les personnes aiment savoir que vous leur tendez une oreille attentive. Le simple fait de poser une question donne à l’autre le sentiment que non seulement vous l’écoutez mais également que vous vous souciez de ce qu’il dit. Vous serez surpris du respect et de la reconnaissance que les autres vous témoignent lorsque vous posez beaucoup de questions.

2. Elles éteignent leurs téléphones.

Un message sur votre téléphone ou un rapide coup d’œil à celui-ci ont pour effet de pratiquement anéantir une conversation. Lorsque vous vous engagez sur un sujet, consacrez toute votre énergie à cette conversation. Lorsque vous vous immergez dans ces discussions, vous remarquerez qu’elles sont finalement fortement agréables et efficaces.

3. Elles sont authentiques.

Afin d’être sympathique, il est essentiel de faire preuve d’honnêteté et de sincérité. Personne n’aime les êtres faux. Tout le monde est attiré par les personnes authentiques car il est évident qu’on peut leur faire confiance. Il est difficile d’apprécier quelqu’un lorsque vous ne savez pas vraiment qui il est et ce qu’il ressent véritablement. Les personnes sympathiques se connaissent et elles ont suffisamment de confiance pour être bien dans leur peau. En vous concentrant sur ce qui vous rend heureux en tant qu’individu, vous devenez une personne beaucoup plus intéressante que si vous faites des choix en fonction des goûts d’autrui.

4. Elles ne jugent pas.

Si vous voulez être une personne sympathique, vous devez faire preuve d’ouverture d’esprit car cela vous rend intéressant et accessible aux autres. Personne ne souhaite avoir une conversation avec quelqu’un qui a une opinion arrêtée et qui n’est pas disposé à écouter les autres. Dans la sphère professionnelle, l’ouverture d’esprit est également primordiale car cela permet d’accéder à de nouvelles idées et à de l’entraide. Afin de venir à bout des idées préconçues et des jugements hâtifs, il vous faut voir le monde au travers du regard d’autrui. Cela ne vous oblige pas à croire en ce qu’ils croient ou à tolérer tout comportement mais cela signifie simplement que vous cessez de juger les autres pendant une période suffisamment longue afin de comprendre leurs véritables motivations.

5. Elles ne recherchent pas l’attention des autres.

Les personnes ont généralement de l’aversion pour ceux ou celles qui recherchent désespérément l’attention des autres. Afin d’être sympathique, vous n’avez en aucun cas besoin de développer une personnalité extravertie. Pour gagner la sympathie des personnes, il vous suffit d’être amical et attentionné. Lorsque vous vous exprimez d’une manière amicale, confiante et précise, vous vous rendrez compte que les personnes sont beaucoup plus attentives que si vous tentez de leur démontrer votre importance. Le fait d’être attentionné au lieu de rechercher constamment l’attention est une preuve de votre humilité et de votre reconnaissance, deux adjectifs qui sont étroitement liés à la cordialité et à la politesse.

6. Elles sont cohérentes.

Lorsque vous n’êtes pas cohérent, vous êtes finalement antipathique. Quand des personnes se rapprochent de vous, elles aiment savoir à qui elles ont affaire et ce à quoi elles doivent s’attendre. Afin d’être cohérent, vous devez faire preuve de crédibilité et vous devez vous assurer que même lorsque votre humeur fluctue, cela n’aura aucune conséquence sur la façon dont vous traitez les autres.

7. Elles utilisent le langage corporel.

Etre conscient de vos gestes, de vos expressions et du ton de votre voix attirera les personnes comme des fourmis lors d’un pique-nique. Employer un ton enthousiaste, décroiser vos bras, maintenir le contact visuel et se pencher vers celui qui parle sont autant de formes de langage corporel que les personnes émotionnellement intelligentes utilisent pour être sympathiques avec les autres. Le langage corporel positif peut faire toute la différence lors d’une conversation.

8. Elles transmettent aux autres une première impression forte.

Les recherches montrent que les personnes décident si elles vous apprécient ou non lors des premières huit secondes de la rencontre. Par la suite, elles passent le reste de la conversation à trouver des justificatifs à leur réaction initiale. Cela pourrait sembler manipulateur mais vous pouvez utiliser ce laps de temps pour gagner l’affection des autres. Les premières impressions fortes sont étroitement liées au langage corporel positif. Une posture correcte, une poignée de main ferme, un sourire, des épaules ouvertes vers la personne sont autant d’attitudes qui laisseront chez les autres une première impression forte de votre personne.

9. Elles s’adressent aux autres par leur nom.

Votre nom est une partie essentielle de votre identité et lorsque les autres l’emploient pour s’adresser à vous, la sensation est très agréable. Les personnes exceptionnellement sympathiques s’assurent de toujours utiliser le nom de l’autre lorsqu’elles le rencontrent. Ne vous limitez pas à utiliser le nom d’autrui que lorsque vous le saluez. La recherche montre  que les personnes se sentent immédiatement valorisées lorsque la personne avec qui elles parlent s’adresse à elles en employant leur nom.

10. Elles sourient.

Le sourire est la continuation du langage corporel positif. Si vous voulez que les personnes vous apprécient, souriez lors de la conversation, cela les fera se sentir commodes à vos côtés.

11. Elles savent quand elles doivent s’ouvrir à l’autre.

Soyez prudent lorsque vous souhaitez partager des problèmes personnels avec les autres. Ne vous confiez pas trop rapidement au sujet de vos problèmes car cela pourrait faire passer pour quelqu’un de plaintif. Les personnes exceptionnellement sympathiques sont capables de déterminer le moment adéquat pour s’ouvrir aux autres.

12. Elles savent quand elles peuvent toucher l’autre.

Lorsque vous touchez quelqu’un lors d’une conversation, cela libère de l’ocytocine dans le cerveau, un neurotransmetteur associé à la confiance et à une série d’autres sentiments positifs. Une simple pression sur l’épaule ou sur l’avant-bras, une accolade, une poignée de main amicale est tout ce dont vous avez besoin pour libérer de l’ocytocine. Attention car des attouchements déplacés pourrait avoir l’effet inverse. Les relations humaines sont fondées sur des mots mais également sur des sensations réciproques d’ordre général. Toucher quelqu’un de manière appropriée est une excellente façon de montrer que vous êtes attentionné.

13. Elles maintiennent un certain équilibre entre passion et plaisir.

Les personnes sont attirées vers d’autres personnes lorsque ces dernières sont passionnées. Toutefois, les personnes passionnées risquent de faire preuve de trop de sérieux ou d’indifférence car elles sont bien souvent totalement absorbées par leur travail. Les personnes sympathiques maintiennent un équilibre sain entre la passion et la capacité d’avoir des activités plaisantes. Elles se focalisent sur les relations sociales et estiment que ces moments sont importants. Elles accordent énormément d’importance aux interactions significatives avec les autres. Elles se souviennent de ce que vous leur avez dit la semaine passée, ce qui montre que vous êtes tout aussi important que leur travail et leur passion.

14. Elles promeuvent l’harmonie

Les personnes exceptionnellement sympathiques communiquent avec beaucoup de facilité et promeuvent l’harmonie au sein de la sphère professionnelle et sociale. Elles s’efforcent de faire ressortir le meilleur de tous ceux qui les entourent et en éprouvent du plaisir.

5 trucs simples pour rester motiver pendant une recherche d’emploi

La recherche d’emploi peut être une activité fastidieuse et stressante et il est facile de développer de la frustration lorsque les résultats n’y sont pas!

En effet, lorsqu’après quelques semaines de recherches nous n’arrivons pas à décrocher d’entrevues ou lorsque les entrevues ne débouchent pas sur une offre d’emploi, nous pouvons avoir tendance à nous décourager et à nous remettre en question.

1.S’HABILLER

Il est important de maintenir les habitudes de quelqu’un qui a déjà un emploi. Par exemple: se lever à une heure raisonnable, voir à son l’hygiène personnelle dans la matinée, etc. Cela vous met en « mode de travail», qui peut vous aider à rester productif et positif.

2.ÊTRE ORGANISÉ ET FOCALISÉ

L’idée ici est de diviser les grands objectifs en petites tâches. De se fixer des objectifs hebdomadaires et de respecter son agenda au quotidien. Le tout dans le but de demeurer motivé même lorsque les bonnes nouvelles se font rares.

3.PRENDRE DES PAUSES

En étant à la maison toute la journée, il peut être facile de devenir obsédé par votre recherche d’emploi et de vous y consacrer sans arrêt. Prendre de courtes pauses pendant la journée est toujours une bonne idée. Cela peut vous aider à vous recentrer et conduire à de meilleurs résultats.

4.DEMEURER À L’AFFUT

Il peut être facile de tomber en mode  »pilote automatique » dans votre recherche d’emploi. Cependant, pour être efficace, il faut garder sa pensée critique et demeurer à l’affut. Réévaluer constamment ce qui fonctionne ou non. Si vous n’obtenez pas d’entrevues, il faut analyser pourquoi. Il en est de même si vous obtenez des entrevues, mais aucune.

5.RESTER POSITIF

La recherche d’emploi peut être démoralisante et il peut être difficile de rester motivé. Lors des petites victoires (vous avez décroché un entretien d’embauche), donnez-vous une récompense (un jour de congé) afin de maintenir votre moral.

3 trucs pour développer une confiance en soi durable

Chacun de nous peut manquer parfois de confiance. On n’ose pas dire non, encore moins se lancer dans un nouveau projet ou prendre de nouvelles responsabilités… Bref, cela nous empoisonne la vie.  Voici 3 exercices simples qui vous permettront d’entretenir (ou de réveiller) votre confiance en vous !

L’exercice de vos réussites

Ouvrez une liste (feuille de papier ou Word, carnet dédié ou note sur votre téléphone portable…) sur laquelle vous noterez toutes les réussites de votre vie :

– réussite à un examen : rappelez-vous le moment où vous avez découvert votre nom sur la liste,
– gain d’un marché important : souvenez-vous comment vous l’avez fêté,
– victoire dans une compétition sportive : remémorez-vous le moment où le match a basculé en votre faveur,
– obtention d’une promotion professionnelle : qu’éprouvez-vous à ce souvenir ?,
– naissance de votre premier enfant : revisitez chaque moment important de la journée… ou de la nuit !
– votre premier job : au moment où vous l’avez appris, comment cela s’est-il passé ?…

Faites revivre ces réussites en vous rappelant comment celles-ci sont arrivées et ce que vous avez ressenti. Ecrivez ces belles histoires car elles font partie de vous-même.  Et appropriez-vous cette croyance essentielle : ce que vous avez réalisé un jour est ancré en vous pour toujours. Il s’agit de quelque chose que l’on ne pourra jamais vous enlever. Cette croyance importance vous rendra plus solide et vous donnera une confiance en vous forte et durable.

L’exercice de vos joies intérieures

Après chaque journée, notez par écrit tous les moments de joie de votre journée : câlin au réveil avec votre enfant, sourire échangé avec un voisin, merci d’une personne à qui vous avez tenu la porte d’un magasin, satisfaction d’une action réussie lors de votre journée de travail…

En faisant ainsi, et en allongeant la liste chaque jour, vous développerez votre bien-être et votre estime de vous-même. Vous serez aussi naturellement plus attentif aux petites et belles choses de votre vie. En prendre conscience nourrira votre estime personnelle et vous donnera de l’allant dans votre capacité à « intervenir » librement, et en pleine confiance, dans les différentes phases de votre journée.

L’exercice de vos qualités

Voici un exercice tout à fait réjouissant et efficace pour vous faire prendre conscience de vos talents personnels et entretenir durablement votre confiance en vous. Je vous invite à choisir dans la liste suivante les qualités qui vous correspondent parfaitement, et à noter pour chacune d’elles les situations dans lesquelles vous avez mis en œuvre des stratégies couronnées de succès ou d’avancées positives.

Voici une liste de 69 qualités dans laquelle je vous invite à piocher sans retenue !
Je suis : accueillant, ambitieux, autonome, audacieux, aventureux, calme, combatif, conciliant, confiant, conformiste, créatif, dévoué, diplomate, direct, discipliné, doux, dynamique, efficace, empathique, endurant, énergique, fidèle, flexible, franc, généreux, honnête, imaginatif, impulsif,  indépendant,  innovateur, intelligent, intuitif, jovial, juste, leader, maître de moi, méthodique, motivé, observateur, obstiné, optimiste, ordonné, organisé, original, ouvert d’esprit, patient, persévérant, poli, polyvalent, ponctuel, précis, prudent, pugnace, réservé, résistant, responsable, rigoureux, sensible, sérieux, serviable, sociable, soigneux, stable, stratège, tenace, tolérant, timide, travailleur, volontaire…

Appropriez-vous ces qualités en les relisant régulièrement. Et en les enrichissant chaque semaine d’autres expériences

et pour aller plus loin

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Etre heureux ou survivre

Vous n’avez pas besoin de quelqu’un ou de quelque chose en particulier afin d’être heureux ou survivre.

Nous voulons tous avoir, obtenir quelque chose pour notre bonheur ou notre survie, et une fois obtenu, nous avons peur de le perdre et ainsi créer une illusion d’en avoir besoin, de le posséder, le contrôler à tout prix. Ce besoin nous obsède à accumuler plus qu’il nous en faut et à se protéger des gens en manque. Cela est une dépendance et non une délivrance, une liberté. Mais quelque chose nous dit que vous êtes plus attentif, plus conscient et que c’est au moyen du partage et non de l’accumulation, que la liberté s’exprime dans les relations.

Que vous soyez pauvre ou riche, instruit ou ignorant, fort ou faible, célèbre ou oublié, il n’y a aucune différence. Vous voulez plus qu’une vie imitative, comparative et monotone. Vous voulez connaître la joie, la très grande joie de partager vos réussites, vos problèmes, vos expériences et votre sagesse afin de vous libérer des besoins qui provoquent vos peurs de les perdre.

En d’autres termes, vous aimeriez créer la vie que vous choisissez d’être, de faire et d’avoir, selon vous. Et le besoin vous offre un choix libre entre la peur ou l’amour. Entre l’illusion de qui vous n’êtes pas ou la vérité de qui vous êtes. Votre choix vous appartient, sans jugement.

Comprendre un problème de relation , c’est l’aimer de tout son être

Les problèmes de relation sont des opportunités pour prendre conscience de quelque chose. Bien que les sentiments soient désagréables, la nature nous a créé de cette façon pour nous informer radicalement et avec urgence immédiat, que nous avons quelque chose d’important à découvrir en nous, à nous rappeler qui nous sommes.

Cependant, notre conditionnement de notre pensée nous fait réagir à ne pas accepter cela et de s’en débarrasser le plus vite possible. Nous réagissons en allant en manque vers l’extérieur en accusant les autres, en cherchant une solution loin de nous, bref à croire que les mots ont un pouvoir de guérison.

La seule chose que nous ne faisons pas est de rester silencieux avec notre problème afin qu’il nous révèle tous ses secrets afin de s’en libérer complètement, de façon permanente en nous.

Par conséquent, nous avons une habitude de ne pas avoir l’intention de se comprendre et s’aimer tel que nous sommes, quand nous vivons un problème. Sans s’en rendre compte, nous nions ce que nous sommes et acceptons ce que nous devrions être. Et pourtant, c’est exactement le contraire que nous devons comprendre.

De quelle façon créons-nous nos problèmes de relation ou personnel ?

Pouvez-vous croire une vie sans problème ? Bien-sûr que non, vous savez que les problèmes font partie de la vie. Juste à penser vivre sans problème est déjà un problème, ne trouvez-vous pas ? Nous avons si peur de vivre des problèmes, que nous créons un problème encore plus grave. Celui de la sécurité.

Notre désir de sécurité provient de notre peur de vivre des problèmes. Ainsi, notre idéal est de demeurer confortable dans quelque chose de permanent qui nous apporte cette sécurité. Nous avons peur de perdre quelque chose d’essentiel que les autres nous donnent, car nous n’avons pas pris conscience de notre pouvoir créateur pour choisir et faire quelque chose pour notre satisfaction.

Est-ce que les gens se marient pour se donner plus de sécurité ? Est-ce que les gens restent prisonniers d’un emploi pour se donner plus de sécurité ? Est-ce que les amis sont jaloux et exclusifs afin de se donner plus de sécurité ?

La seule chose de permanent est véritablement l’impermanence. De plus, même en ne faisant rien pour prendre soin de nous et des autres, nous sommes en train de créer des problèmes qui se produiront plus tard.

Vous tombez malade, car vous n’avez pas pris soin de vous pendant que ça allait bien.

C’est en niant votre pouvoir créateur que vous créez des problèmes et que vous vous oubliez

Vous avez été, tout comme moi, conditionné à vous oublier, à nier qui vous êtes, à douter de vous par la culpabilité des gens qui contrôlent les systèmes. C’est en acceptant cela sans jugement et en comprenant sincèrement que vous avez créé inconsciemment tous vos problèmes, que la vie change, que votre conscience change. Vous commencez à voir le monde extérieur de plus en plus inconscient et vous découvrez combien vous étiez profondément inconscient de vous-même.

Cet oubli est parfait, car il offre un choix conscient entre cet oublie de soi et la conscience de soi. Car faute de choix, en l’absence de choix, aucun choix n’est possible et est automatiquement un conditionnement (quelque chose d’imposé sans aucune possibilité de choisir).

Par conséquent, votre esprit observe un choix libre et en ce moment, la véritable création débute et non un esprit imitatif qui est conditionné à s’oublier et se faire contrôler pour les intérêts de ceux qui dirigent. Et vous percevez facilement, que ces mêmes dirigeants sont encore plus endormis. La peur de l’autorité commence aussi à s’éloigner de vous et faire entrer en existence, votre expression naturelle, soit la liberté d’être.

Se nier c’est se détruire

Pourquoi nier vos propres vérités, vos sentiments dans les relations humaines ?

C’est en vous niant, en niant vos sentiments que vous créez inconsciemment des douleurs et des blessures en vous et dans vos relations. Une des plus grandes tragédies ou inconsciences est bien celle de nier ces sentiments, ses vérités, pour se protéger de la peur et de la culpabilité.

Cela a débuté dès notre plus jeune enfance lorsque nous communiquions de façon naturelle en disant nos sentiments à nos parents. Cependant, ils ne les ont pas respectés en nous obligeant à les nier pour éviter de se faire punir ou se faire ridiculiser.

Comme il est facile aux adultes d’avoir raison au devant d’un petit enfant plein d’amour et ainsi l’obliger à adopter leurs valeurs morales par la peur et la culpabilité. Une fois adulte, croyez-vous qu’ils pensent avec clarté et intelligence ou bien en ayant une fondation basée sur la peur, sur la négation ? Et vous, lorsque vous étiez enfants, de quelle façon avez-vous été éduqué ?

Nous nions nos propres expériences pour ne pas donner tort à nos adultes autoritaires

Dans la plupart des cas, dans la plupart de vos expériences, vous avez peur de donner tort à vos parents, à vos professeurs, à vos politiciens, à vos traditions, à vos célébrités, à vos gens instruits, et alors vous niez votre propre expérience en faveur de ce qu’on vous a dit de penser.

Vous n’attendez pas de faire votre propre expérience, vous acceptez l’expérience des autres comme un évangile. Et lorsque vous faites votre propre expérience et sentez en vous votre vérité, alors vous niez cela car on vous a conditionné la pensée depuis votre enfance à prendre pour vrai, la parole des autres.

En fait, si vous vous sentez bien après vous être nié vous-même de votre propre expérience, alors que, dans votre éducation, c’est censé être bon, alors vous vivez dans la malhonnêteté inconsciente, dans la négation de soi.

Si vous vous sentez mal, c’est mauvais. La plupart du temps, vous ne pouvez pas vous décider, car vous refusez. Vous niez ceci ou cela parce que vous vous dites que c’est ce que vous êtes censé faire ou censé sentir.

Puis vous dites que c’était une bonne chose, mais vous demandez pourquoi vous ne vous sentez pas bien.

Les comportements appropriés et les règles de moralité imposées par l’éducation

Le problème, en ce qui concerne la moralité ou les comportements appropriés, c’est que quelqu’un doit établir les normes à respecter ou à suivre. Cela veut dire, que vos comportements sont limités, dirigés, dictés par l’idée que quelqu’un d’autre se fait de ce qui devrait vous apporter la joie.

Le comportement approprié ne correspond pas toujours à ce que vous appelez les meilleurs de vos intérêts. En vérité, c’est rarement le comportement qui vous apporte la plus grande joie.

L’éducation aimerait tellement que vous la croyez sur parole à ce propos. Elle vous oblige à tirer des leçons de l’expérience des autres. La véritable conscience vous pousse à chercher la vôtre.

L’éducation ne peut supporter l’intelligence créative ou la conscience. Elle ne peut vraiment pas la supporter, car elle peut vous apporter une conclusion différente de votre éducation. Et cela, aucun système d’enseignement connu ne peut le tolérer.

L’éducation vous encourage à explorer les pensées des autres et à les adopter. L’intelligence ou la conscience vous invite à écarter les pensées des autres et à trouver les vôtres.

Pourquoi est-ce si important de ne pas nier ses sentiments ?

Lorsque vous vous sentez bien, cela signifie que votre dernière pensée était vraie, que vos dernières paroles étaient une conscience sage et que votre dernière action était ce qui était de l’amour.

La pensée, la parole et l’action étaient en harmonie, en cohérence afin de créer du bien en vous et autour de vous.

Pour remarquer jusqu’à quel point vous prenez conscience, vous progressez, afin de mesurer votre niveau ou degré d’évolution, vous devez examiner tout simplement ce qui vous fait du bien. Mais ne cherchez pas à forcer votre évolution, à évoluer davantage, plus vite, en niant ce qui fait du bien, ou en vous en détournant.

L’évolution personnelle se mesure à partir de ce qui fait du bien à soi et à nos relations. Lorsque vous partez de l’idée que nous sommes UN, il est presque impossible de prendre plaisir à blesser quelqu’un d’autre. C’est en vous niant, en niant vos sentiments que vous créez inconsciemment des douleurs et des blessures.

Le respect des autres est dans les valeurs morales du savoir-vivre

L’humilité, la modestie, la réserve, la délicatesse, la discrétion, la serviabilité, l’obligeance, la prévenance, l’empressement… :

Ces valeurs traduisent un abaissement volontaire qui revient à garder sa fierté pour soi ! Chacun étant pour lui le centre du monde, chacun a sa fierté et laisser paraître celle-ci peut être ressenti par les autres comme une concurrence, voire une agression (avec les personnes que l’on connaît, on est souvent moins modeste car l’on sait à quoi s’en tenir pour ne pas les blesser).

La politesse, la courtoisie, et l’honnêteté :

La politesse et l’honnêteté sont une manière de se comporter conformément aux règles du savoir-vivre. Ainsi, dire “bonjour” aux gens que l’on rencontre, “s’il vous plaît” pour demander un service, “merci” à la suite d’une quelconque gratification, avertir pour ne pas déranger, saluer les gens que l’on quitte, ne pas employer de mot grossier, alors que le dictionnaire donne tous les mots de la langue, ce n’est pas obligatoire, mais cela montre notre bonne volonté !

La sincérité, la franchise, la loyauté :

Ces valeurs qui traduisent la qualité d’une personne qui ne cherche pas à tromper autrui sur la nature de sa pensée ou de ses sentiments, qui agit sans détour, s’exprime sans dissimulation… montrent l’authenticité de notre bonne volonté et font la fierté du sujet, surtout lorsqu’elles sont reconnues

La galanterie :

La galanterie est l’attention toute légitime qu’un homme témoigne à une femme par désir de lui être agréable. Être galant montre en effet que l’on considère la femme pour ce qu’elle est vraiment (un être humain à part entière, comme l’homme), et non ce qu’elle parait être (sa faiblesse naturelle n’est que physique et la galanterie la rend un peu moins ingrate).

La fidélité :

La fidélité est la qualité d’une personne qui respecte ses engagements. Les époux se doivent mutuellement fidélité car ils se sont engagés dans ce sens, devant la loi et devant témoins : c’est une question d’ordre moral et social (la fidélité est un acquis et le fondement du mariage).

Les amants non mariés ne sont pas forcément d’accord pour être infidèles. Souvent, ils se testent avant de s’engager, car la fidélité est pour eux la preuve de l’amour de l’autre. Certains amants privilégient le plaisir et ne « s’embarrassent » pas des valeurs car ils ne les ont jamais apprises ou comprises ! Peu importe, tant qu’ils sont d’accord pour vivre ainsi, et s’ils vivent en paix en public, ils ne dérangent personne ! Mais une relation sans valeur ne peut pas durer !

La solidarité :

La solidarité est le sentiment de personnes qui se sentent liées les unes aux autres par des goûts ou des intérêts communs ou/et qui s’aident, se soutiennent mutuellement.

La solidarité s’exerce le plus souvent dans le malheur car on recherche alors une aide ou un soutien. Au niveau national, la solidarité permet la paix car en agissant dans l’intérêt de tous, on ne dérange personne, d’où la nécessité de choisir un métier utile à tous pour gagner de l’argent, et des loisirs qui ne dérangent personne. Dans son plus large emploi, on parle de dépendance et d’aide mutuelle entre tous les hommes du seul fait d’être homme (le tour «être solidaires les uns des autres» constitue un pléonasme).

La fraternité :

La fraternité est la valeur que ressentent des personnes liées comme membres d’une même famille, tels frère(s) et sœur(s), ou unies dans une même action (fraternité d’armes).

Tous les êtres humains sont, en effet, liés par un même destin et ont un devoir de fraternité. Les pays, les industries, les particuliers, tous les êtres humains sont dans le même bateau et, ensemble, ils font avancer l’humanité. Par extension, les lois de chaque pays sont respectables car elles permettent la bonne marche de chaque société (fraternité humaine).

La pudeur :

La pudeur est la retenue liée à un sentiment de gêne à l’égard de ce qui se rapporte à la sexualité, retenue qui existe naturellement et qui doit être renforcée par l’éducation morale car sans elle, la vie sociale est impossible. Mettre chacun devant ses responsabilités nécessite en effet une référence : est bien ce qui va dans l’intérêt de tous, et mal, le contraire.

L’honneur :

L’honneur est le paroxysme de la fierté et de la dignité pour soi-même ou envers autrui (estime admirative que donnent le mérite, le talent, la réputation d’un individu, sentiment que l’on a de la valeur morale de ses actes).

Le pessimisme

le pessimisme en tant que système philosophique ne date guère, en Occident, que du XIXe siècle. Jusque-là, pour réfuter l’argumentation de l’optimisme théologique ou philosophique, on insistait bien sur l’existence du mal, mais on ne songeait guère à intervertir la thèse providentielle et à faire de la souffrance la loi la plus générale de l’univers. En revanche, à toutes les époques et dans toutes les civilisations, en peut discerner comme un pessimisme latent, qui, à l’état de tendance plus ou moins générale, de tour d’esprit habituel on d’attitude sentimentale, découvre et exprime à l’avance presque tous les arguments que reprendront Schopenhauer et son école (notamment Bahnsen). Sous cette forme, on peut même dire qu’il semble très voisin et souvent presque inséparable du sentiment religieux et du sentiment lyrique, et que l’aspiration des humains vers un au-delà mystérieux ou vers une beauté idéale ne va jamais sans quelque mécontentement ou quelque dédain des choses terrestres

Nous rechercherons quels sont les thèmes ou les sentiments caractéristiques du pessimisme tant qu’il garde ainsi la forme de méditation religieuse ou poétique et exprime simplement l’expérience individuelle ou collective de l’humanité; puis, dans quelles circonstances on l’a vu surtout se manifester; enfin, ce qu’il devient sous sa forme proprement philosophique, et ce qu’il vaut.

Les formes du pessimisme

Les grandes catastrophes, dans ce qu’elles ont de plus frappant pour l’imagination, surtout la douleur physique, furent les premières inspiratrices du pessimisme. Mais elles nous atteignent souvent par l’intermédiaire des autres hommes : le spectacle de l’égoïsme, de la cruauté, de la violence, des passions humaines ne se satisfaisant que par la souffrance d’autrui, l’injustice triomphante et la vertu maltraitée ou honnie, par suite le mépris on la haine des humains et de la société, ce sont là des expériences et des sentiments très simples et très généraux, qui constituent souvent, selon les philosophes classiques, tout le pessimisme primitif. Mais la douleur vient de plus haut aussi : ce qu’il y a d’imprévisible et d’illogique dans ses atteintes, d’injuste dans sa répartition, l’instabilité des biens de ce monde et la crainte de tous les maux extérieurs; la crainte aussi, par suite, des dieux, du destin, de la Némésis, qui frappent au hasard le bon et le méchant, le riche et le pauvre, et dont la volonté est sans appel, les décisions incompréhensibles et les coups sans remèdes; la révolte dès lors et la malédiction lancée à ce pouvoir tyrannique et cruel, ou la résignation craintive et sombre à l’inévitable, voilà comme au premier groupe d’impressions et de lieux communs pessimistes, les plus accessibles à la grande masse de l’humanité. Et tel est le sentiment qui inspirait à la sagesse antique tant de maximes découragées : que nul ne peut être heureux ou malheureux avant sa mort, que les dieux sont jaloux du bonheur humain, qu’il vaudrait mieux n’être pas né ou au moins mourir jeune; et c’est ce qui semble animer parfois, chez les tragiques, les plaintes d’Oedipe, et, dans une autre civilisation, ce qu’expriment, avec une puissance et une profondeur qui n’ont pas été dépassées, les imprécations de Job.

Mais la réflexion découvre à l’homme une source de douleurs plus amère encore, et surtout plus intime : non seulement tous nos plaisirs sont instables, mais encore ils se paient toujours, et bien cher; il y a tout un cortège de maux qu’ils traînent après soi, inquiétudes, besoins, passions, regrets, remords; c’est le surgit amari aliquid de Lucrèce; plus ils sont intenses et vifs, plus ils laissent de douleurs après eux, si bien que la simple prudence amène le sage à se priver, à tendre avant tout à l’absence de trouble, à l’indifférence, à l’apathie, et, pour vivre moins malheureux, à vivre moins. Ainsi l’hédonisme ancien et moderne se perd bien souvent dans le pessimisme.

Il y a plus encore : l’humain est condamné à mourir, et la pensée de la mort suffit à changer toutes ses joies en tristesse : comment se prendre sans amertume à ce qui nous échappe un peu chaque jour, à ce qui tôt ou tard nous manquera? Ainsi précaires et fugitifs, les biens humains sont impuissants à nous satisfaire; nous croyons en eux tant que nous ne les possédons pas ; à peine les voyons-nous de près, nous en sentons le vide; tous les désirs humains meurent dans la lassitude, le dégoût et l’ennui; si bien que, sans fin, nous aspirons à «autre chose» et qu’exaspérés par la monotonie universelle, Eadem sunt omnia semper, eadem omnia restant, nous avons la nostalgie de l’ignoré, nous voulons aller au fond de l’inconnu y trouver du nouveau.

Mais rien ne paie l’effort qu’il nous coûte, tout se résout en désillusion et en regret, la vie ne vaut pas la peine d’être vécue; et c’est, chez l’Ecclésiaste, la conviction que «tout est vanité», et le sentiment, chez Léopardi, de «l’infinie vanité de tout».

L’intelligence enfin augmente encore les maux de l’homme, parce qu’elle lui en donne une conscience plus entière, et qu’à son tour elle les multiplie par ses propres aspirations inassouvies, ses questions sans réponses, ses incertitudes et ses contradictions. Les humains ne savent ni d’où ils viennent ni où ils vont, leurs philosophies ou leurs religions sont branlantes et illusoires; leurs sciences, cherchant partout la vérité, mettent partout le doute; elles détruisent et n’édifient pas; elles deviennent ainsi l’instrument le plus raffiné de leur supplice. «L’homme est le rêve d’une ombre», disait déjà le vieux Pindare, et nos poètes, après trente siècles, dénoncent encore la vanité de notre savoir et «l’illusion suprême». Il semble, à reconnaître ainsi qu’il nous est également impossible de rencontrer le bonheur et de cesser de le chercher ou de l’espérer, qu’une puissance mauvaise se joue de nous et se plaît, pour des fins inconnues, à nous duper. Le seul désir légitime de l’humain ne peut plus être que d’épargner à ses descendants possibles le mal de vivre, et pour lui même de r entrer dans le néant que la vie a troublé.

Le pessimisme au fil des âges

Ces sentiments divers, qui se mêlent, d’ailleurs le plus souvent et s’entraînent l’un l’autre, ne semblent pas apparaître au hasard dans l’histoire, et certaines conditions semblent nécessaires à leur éclosion et à leur progrès. La première c’est, sans doute, le caractère ou les malheurs individuels de qui les exprime. Mais, quoi qu’on en ait dit, ceci n’explique pas tout. Le pessimisme implique en effet la réflexion. Puisqu’il consiste à désespérer du succès des désirs humains, à se défier de tous les instincts vitaux, il suppose une longue expérience, l’habitude de l’analyse et de la prévision, il ne saurait jamais être la conception primitive et spontanée que l’homme se forme des choses. D’autre part, il ne saurait naître ou se développer, semble-t-il, dans les périodes organisées et stables de l’histoire, mais là, au contraire, où s’accomplit quelque profond bouleversement politique, social ou moral, là où les idées traditionnelles sont ruinées sans que des idées nouvelles s’y soient substituées encore.

Le pessimisme, historiquement, apparaît donc comme le produit naturel des temps de crise et des civilisations vieillissantes, et s’il pouvait devenir parfois la philosophie permanente et durable d’un temps ou d’un pays, ce ne serait sans doute qu’en s’accommodant aux faiblesses humaines, en devenant en pratique une simple morale du renoncement et de l’ascétisme. Nous connaissons assez mal, il est vrai, les causes qui ont préparé le bouddhisme ou inspiré le livre de Job ; mais ce sont des périodes de confuses et laborieuses transformations politiques et morales que celles où paraissent l’Ecclésiaste ou Héraclite; et les deux grandes périodes pessimistes sont celles aussi que l’histoire nous présente, par excellence, comme des périodes de crise morale : les six siècles que le monde antique a mis à mourir, d’une part, la période qui démarre au début du XIXe siècle, d’autre part.

C’est vers le IIIe siècle av. J.-C. qu’apparaît, à Alexandrie, la doctrine de cet Hégésias peisithanatos, l’apôtre de la mort, dont le roi Ptolémée dut faire fermer l’école; c’est au Ier siècle av. J.-C. que se fonde, à Alexandrie encore, cette académie des «comourants» dont firent partie Antoine et Cléopâtre; c’est au temps de l’Empire que se manifeste le pessimisme si accusé d’un Pline l’Ancien, et cette «acedia», faite d’aspirations infinies et d’infini découragement, que s’efforçaient de guérir les premiers pères de l’Église. Enfin, le christianisme naissant, dans son attitude à l’égard du monde, est lui-même bien voisin du pessimisme: les adopte, en les transformant, presque tous les sentiments caractéristiques, dédain de la nature humaine et défiance de la raison, il affirme comme lui l’impossibilité du bonheur terrestre, et en reprend certaines conséquences pratiques, l’ascétisme, la mortification, la sainteté du célibat. Seulement, pour lui, la douleur même devient un bien, la vie une épreuve, la vanité un l’injustice des choses, la marque d’une réalité et d’une justice supérieures; du désespoir sort une nouvelle raison d’espérer. Le pessimisme de l’Antiquité finissante se convertit en son contraire.

Durant tout le Moyen âge, les sentiments proprement pessimistes ne reparaissent que bien exceptionnellement: la profondeur et l’unité de la foi leur font obstacle. Bien plus, la douleur sombre du christianisme primitif s’efface avec le temps, il devient, surtout chez les Jésuites, une doctrine de sens commun et de juste milieu, presque un optimisme terrestre

L’art de vivre ?

« Deviens ce que tu es »,

« carpe diem »,

« connais­-toi toi­-même »,

« accepte ce que tu ne peux changer et change ce qui peut l’être »…

Les leçons de sagesse délivrées par les philosophes antiques ou les manuels de développement personnel se résument en un petit nombre de principes – toujours les mêmes – censés améliorer l’existence.

Loin de converger vers un modèle unique d’existence, ces préceptes peuvent parler à tous et chacun peut en retirer un message. C’est l’une des raisons de leur succès universel. Petit tour d’horizon en dix leçons.

  1. Il y a trois bonnes raisons de vivre (plus quelques autres )

Chacun, à sa manière, donne une vision de l’art de vivre. Pour l’un c’est la quête de Bonheur, avec un B majuscule (comme on rêve d’un « grand Amour ») ; un autre se contenterait de supprimer sa souffrance. Pour un autre encore, vivre signifie : « accomplir quelque chose », qu’il s’agisse de réussite sociale ou familiale, de la réalisation d’un grand projet ou encore de se consacrer à sa passion. Dans tous les cas, il faut enchanter son existence. Ce peut être enfin mener une « bonne vie », c’est­-à­-dire une vie respectable.

Voilà donc trois horizons de vie : être heureux, se réaliser et mener une vie digne.

Le bonheur n’existe pas, ce n’est qu’un panneau indicateur. Et il indique plusieurs directions.

  1. La sagesse a une longue histoire (mais c’est toujours la même)

L’art de vivre se définit donc par ses buts (multiples) mais aussi par ses moyens. Il comporte cette idée supplémentaire : vivre, cela s’apprend. Comme il existe un art du combat, un art culinaire, un art de la chasse, un art du jardin…, il existerait donc aussi un art de vivre. On peut apprendre à vivre : ce qui supposerait un enseignement, un apprentissage, un entraînement, une expérience, une discipline et des leçons de vie.

On trouve des traits communs dans ces personnages et leurs sagesses  de l’antiquité à nos jours: l’affirmation d’une éthique intérieure, liée à une discipline de vie, une quête spirituelle (qui va au­-delà des rites et croyances communautaires). Se forger une sorte de « citadelle intérieure » selon la belle formule de P. Hadot . Moralité : l’art de vivre, ça se cultive. Comme les tomates.

  1. Vie active ou vie contemplative ? (il ne faut pas choisir)

Dans Condition de l’homme moderne (1961), Hannah Arendt distingue deux genres de vie : la vita activa et la vita contemplativa. Ce sont deux orientations de l’existence. La vie contemplative correspond à une quête du bonheur fondée sur le renoncement aux vanités que sont la richesse ou la course au succès. Pour la vita-contemplativa, le vrai sens de l’existence se trouve dans ce que l’on nomme aujourd’hui le « lâcher­-prise » : le fait de profiter de l’instant présent. Ce qui implique aussi un certain renoncement. Le bouddhisme avec ses quatre nobles vérités en offre la forme la plus poussée : la vie est souffrance, la souffrance est issue du désir ; supprimons donc le désir, on arrêtera de souffrir. Bref, il faut renoncer à vivre pour ne pas s’y abîmer…

La vie active (vita activa) est un modèle d’existence diamétralement opposé qui repose sur l’affirmation du désir et de l’action. Selon ce modèle de vie, le but de l’existence n’est pas la contemplation passive : vivre, c’est agir et s’accomplir. Une force vitale est en nous qui demande à s’exprimer. Elle nous pousse à agir, à se réaliser et à réaliser des choses. De ce point de vue, toute action, toute entreprise humaine suppose à la fois de la souffrance et du plaisir, l’une n’allant pas sans l’autre. L’art de vivre relève donc du manuel de combat. Friedrich Nietzsche représente le mieux cette philosophie de l’existence combative et quasi guerrière.

  1. Le mal est dans le bien (et réciproquement)

Vita contemplativa ou vita activa ? Philosophie du repos ou de l’action ? En y regardant de plus près, beaucoup des sagesses se situent à mi­chemin entre les deux. Le Bouddha, après avoir abandonné la vie de palais, avait recherché le salut dans l’ascèse la plus sévère prônée par les mystiques : cela impliquait le refus de tout plaisir et l’abandon total de soi. Finalement, il a opté pour la « voie du milieu ». De même Aristote dans son Éthique à Nicomaque prône une voie moyenne dans l’usage des passions : passion modérée et action réfléchie. Le stoïcisme et l’épicurisme prônaient également une voie moyenne, renonçant aux vaines ambitions sans pour autant renoncer à la vie active.

Vie active et vie au repos, action et contemplation, c’est au fond ce qui rythme nos existences : l’activité du jour succède à la nuit de repos, chaque semaine se conclut par un week­end, le travail et les loisirs s’enchaînent. Il faut être un philosophe fondamentaliste et obnubilé par des solutions définitives pour croire qu’il faille choisir entre les deux.

Vie active à plein régime, course au succès, culte de la performance ? Ça suffit ! Les surhommes(et les superwomen surtout) sont aujourd’hui fatigués. Les cadres sont à bout de course. Les autres aussi . Le culte de la performance et de l’excellence ne fait plus recette : il conduit au burn­out, au stress, et au « blues du dimanche soir » .

Ces philosophies de l’art de vivre, fondées sur le lâcher-­prise, l’instant présent, rencontrent du succès parce qu’elles sont en résonance avec une aspiration forte de notre époque. Face à un mode de vie stressant (course au diplôme, rythme de travail, actualités anxiogènes, surconsommation d’images et d’informations), nous souhaitons pouvoir « décrocher ». Le jardin d’Épicure prend aujourd’hui la forme d’un mythe : celui de la chambre d’hôte ou du gîte rural, là où se combinent la nature (pas trop sauvage : façon terroir local), de bons repas (gourmands pas gargantuesques), de bons vins (philosophie rime aujourd’hui avec œnologie) et de vrais amis (d’autant plus chaleureux qu’on ne les voit pas trop souvent).

À l’inverse, les vacances ne sauraient durer éternellement. Le renoncement total à ses grands projets, le retrait de la vie sociale, le refus d’exister pour ne prendre aucun risque ? Pas question ! La vie contemplative a ses propres limites : les moines contemplatifs sombraient dans la dépression, que l’on appelait autrefois l’acédie. Beaucoup de retraités se ruent aujourd’hui vers les associations, voyagent et s’occupent à mille activités, se remplissant des agendas de ministre. Car ils ont compris que l’inactivité à long terme est mortellement ennuyeuse, destructrice et sans aucun charme. La vraie saveur du repos ne s’apprécie qu’après une période d’intense activité.

Voilà donc pourquoi les manuels d’art de vivre antiques et les manuels de changement personnel contemporains oscillent tous entre l’appel au lâcher­prise (le culte de l’instant présent) et l’appel à se dépasser (le gouvernement de soi).

  1. De l’art de ne rien faire

Dans sa version zen, l’art de vivre se résume à la cérémonie du thé. Selon son grand maître Sen no Rikyû (1522­-1591), elle consiste à « faire bouillir de l’eau, préparer le thé et le boire ». C’est tout ? Oui. Cela veut dire

1) qu’il faut se concentrer sur ces gestes simples – c’est la meilleure méthode de faire le vide en soi, et

2) que pour être efficace, il ne faut faire qu’une seule chose à la fois.

Parmi les techniques mentales des sagesses antiques, occidentales et orientales, ou les méthodes contemporaines d’art de vivre, le lâcher­-prise est la plus universelle. Elle se décline sous de multiples formes consistant toutes à évacuer les idées qui nous agitent : angoisses, ruminations, projets, souvenirs, spéculations… anxiogènes et inutiles pour se concentrer sur l’instant présent. « Il faut retrancher ses deux choses : la crainte de l’avenir, le souvenir des maux anciens. Ceux­ ci ne me concernent plus et l’avenir ne me concerne pas encore », écrivait déjà Senèque dans ses Lettres à Lucilius.

Oublier le passé et ses remords, fuir le futur et ses angoisses pour se concentrer sur l’instant présent : voilà la principale recette de bien­être. S’ajoutent à cela toutes les techniques de relaxation, exercices de lâcher­-prise et autres baumes anti-stress de l’esprit.

Mais le carpe diem peut s’entendre d’une autre façon, moins « contemplative ». « Cueille le jour » peut aussi vouloir recommander de ne pas perdre de temps, de ne pas tout remettre au lendemain. Chaque jour est une chance à ne pas laisser filer. La vie entière n’est faite que d’une succession de jours qui offrent chacun un champ de possible… Bref, ne procrastine pas trop en remettant tout au lendemain.

Vivre l’instant présent, donc. Tout cela est bel est bien, mais est­-ce que cela marche si j’ai la main coincée dans la porte ? Cela ne m’aide pas plus si je dois préparer mes examens, planifier un départ ou prévoir le repas du soir. Vivre sa vie d’humain suppose de se projeter dans l’avenir et d’anticiper en se concentrant sur la forme de la tasse… L’art du bien­être est un art du repos. Mais il faut penser aussi à l’autre facette de l’existence humaine : l’action.

  1. Connais­-toi toi­-même (tout en restant indulgent)

Le principe socratique « connais­-toi toi­-même », inscrit sur le fronton du temple d’Apollon de Delphes, se retrouve encore aujourd’hui dans la plupart des psychothérapies, de la psychanalyse aux thérapies cognitivo­-comportementales (TCC). Qu’on l’appelle introspection, autoanalyse ou réflexivité, ce retour sur soi vise à mettre au jour les représentations implicites, les réactions routinières, les motivations et les émotions, les schémas de pensée récurrents.

Les bouddhistes comme les penseurs grecs avaient déjà fait cette découverte fondamentale : la subjectivité. Mes peurs, mes colères, mes joies, mes espoirs se nourrissent de représentations fantasmatiques. Il faut donc apprendre à distinguer les objets et leurs représentations, les situations réelles et la façon que j’ai de les percevoir. Les sages de l’Antiquité étaient « constructivistes » avant l’heure.

  1. Deviens ce que tu es (sauf pour les serial killers)« Deviens ce que tu es » : la formule maintes fois citée par Nietzsche (qui la tient de Pindare, un poète grec du Ve siècle av. J.‐C.) est énigmatique : comment peut­on devenir ce que l’on est déjà ? En fait, l’idée est que nous possédons tous des ressources et des prédispositions particulières qui demandent à être révélées. Mais comment savoir ?

La réponse se trouve chez le philosophe stoïcien Épictète. L’un de ces disciples lui demandait : « Comment chacun de nous peut­-il savoir ce qui répond à ses aptitudes ? » Épictète répond alors : « Comment le taureau, quand s’approche le lion, connaît­-il le courage et la force qui est en lui ? » La réponse est donc que c’est dans l’épreuve que la personne se révèle. Inutile donc de se regarder au fond de soi pour trouver ce que l’on doit faire. C’est dans la pratique que se révèlent forces et faiblesses.

Ce n’est pas tout. Si nous avons tous des dons (pardon, des prédispositions et des goûts) pour certaines activités, il faut aussi les cultiver. Épictète poursuit : « On ne devient pas soudain un taureau ou un homme d’élite, il y faut de l’exercice, de la préparation. Et ne pas se lancer à l’aveugle dans des entreprises qui ne sont pas à notre portée » (Entretiens, livre I).

André Gide le disait à sa façon : « Il faut suivre sa pente, mais en montant. »

  1. Ne compte pas sur ta seule volonté

L’art de vivre philosophique comme les techniques de changement personnel reposent sur le principe d’une transformation intérieure. Il faut changer ses pensées afin de modifier ses conduites. Cette conversion mentale est l’acte philosophique par excellence. Elle repose sur la connaissance de soi préparatoire à la maîtrise de soi.

Mais la volonté est fragile et ne compter que sur elle pour changer s’avère notoirement insuffisant. Tous ceux qui font des résolutions de début d’année le savent bien. La volonté finit toujours par se heurter à d’autres sollicitations, aux envies immédiates, aux distractions, aux routines et à mille autres assauts du réel.

D’où cette leçon essentielle : pour changer, il faut aussi transformer son environnement. En agissant sur son milieu, on agit en retour sur soi­-même. C’est ce que font spontanément certains adolescents qui savent qu’ils ne pourront pas résister à certaines tentations (jeux vidéo, copains, télévision) et demandent à entrer en pensionnat. Telle est la ruse d’Ulysse qui, sachant qu’il ne résistera pas au chant des sirènes, demande à être attaché au mât.

Le changement personnel passe par le changement de cadre de vie. On en a tous l’expérience : il suffit de sortir de son cadre habituel pour que nos idées changent. Les voyages, rien de tel pour se changer les idées. Le support social – amis, rencontres, clubs, associations, institutions – joue également un rôle majeur sur nos conduites : bon ou mauvais, il contribue à nous extirper d’une situation ou à nous y replonger. Les experts en changement personnel ont tendance à insister sur le rôle de tous les supports extérieurs dans la transformation de soi.

Les grandes religions ne s’y sont pas trompées. Cherchant à inciter leurs ouailles à se comporter en bons disciples, elles ont mis au point tout un arsenal de techniques de contrôle personnel : rituels quotidiens, images souvenirs, objets (chapelets ou moulins à prière), organisation communautaire, slogans simples, modèles de référence, etc. Le tout formant une sorte de kit existentiel destiné à encourager un modèle de vie de bons croyants.

  1. Ce qui dépend de moi…

Épictète dans un texte célèbre invite à séparer « ce qui dépend de moi » (et que je peux changer) et « ce qui ne dépend pas de moi » (et que je dois accepter). Inutile donc de s’angoisser pour des choses sur lesquelles je n’ai pas de prise : il faut apprendre à les accepter et même à les accueillir sereinement.

La leçon d’Épictète est aussi que l’on dispose toujours d’une marge de manœuvre pour desserrer l’étreinte (lui­-même était né esclave et a obtenu son affranchissement). L’art de vivre entendu comme capacité de maîtrise de soi, de contrôle de sa destinée a donc des racines anthropologiques, historiques et psychologiques très profondes : confrontés aux épreuves de la vie, nous avons mis au point des techniques mentales de survie. Certaines aident à supporter les souffrances et les frustrations, d’autres à s’armer psychologiquement pour affronter les défis.

En ce sens, l’art de vivre et le développement personnel ne sont pas des inventions de la modernité récente. Ils étaient présents en Grèce antique, en Chine ou en Inde anciennes et dans la plupart des autres civilisations.

Mais ces techniques sont incontestablement stimulées dans nos sociétés qualifiées de « réflexives » par les sociologues. Qu’il s’agisse des études, du travail, de la vie de couple, chacun est invité à faire des choix et à ne plus se soumettre à des directives imposées. La gestion de sa vie repose sur la mobilisation personnelle. D’où le besoin de discipliner son existence. Ce que ressentent bien l’étudiant livré à lui­même, le salarié relativement libre de gérer son emploi du temps et ses méthodes de travail (du moment qu’il atteint ses objectifs), le chômeur qui cherche à se réinsérer, l’alcoolique ou le fumeur qui souhaite se libérer de son addiction, etc.

La société de consommation et de communication nous soumet tous à des stimulations incessantes à consommer, à s’informer, à se distraire. Et l’individu, pris dans les mailles de son propre désir, éprouve le besoin de se dégager de cette emprise et de mieux maîtriser son existence. D’où une certaine adéquation entre les messages de simplicité volontaire qui ont le vent en poupe, et les sagesses antiques qui invitaient à modérer ses désirs et à résister aux vaines passions.

« Ce qui dépend de moi », c’est donc aussi se défaire de ces multiples stimulations, distractions, sollicitations ou injonctions qui me tiraillent dans tous les sens et m’empêchent de suivre les buts que je me suis fixés. Si je m’en suis fixés…

  1. N’attends pas qu’il soit trop tard

« Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard » (Aragon). Tel est le paradoxe de l’art de vivre : il faudrait tant de temps pour apprendre à vivre que l’on y parviendrait juste au moment où les forces nous abandonnent. Une autre idée déprimante voudrait que l’on apprenne à vivre à coups d’échecs. « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » (Nietzsche). Sottise ! Certes à force de se taper sur les doigts, l‘apprenti apprend à mieux tenir son marteau. De même, on pense à sauvegarder plus souvent ses données après avoir crashé une ou deux fois son disque dur. Mais la plupart des grands échecs ne rendent pas plus fort : ils nous traumatisent, nous fragilisent et nous affaiblissent .

Il est une façon plus positive d’envisager les choses. Boèce assignait à la sagesse un but de « consolation », Épictète la voyait comme un « remède » aux souffrances. Or qu’attend­on d’un remède ? Non pas qu’il nous donne santé et jeunesse éternelle, mais qu’il nous guérisse d’un mal
ou au moins en atténue les douleurs. Mais il va de soi que les leçons de philosophie ne sauraient offrir le bonheur absolu ni garantir le succès de nos entreprises. On sait aussi que les remèdes doivent être pris avec discernement : « Tout est poison, rien n’est poison, tout est question de mesure », disait Hippocrate. Chaque remède a enfin ses effets secondaires indésirables. C’est vrai aussi pour les leçons de vie.

La philosophie peut aussi être conçue comme un art de combat. L’art de la chasse nous enseigne à connaître le gibier, à traquer, à poser des pièges, à tirer. Mais il ne garantit jamais que la chasse sera bonne. L’art du dessin nous apprend à faire des paysages ou des portraits, mais ne donne ni le talent ni l’envie de dessiner. L’art de la boxe apprend à donner des coups, à les esquiver, à les encaisser. Il prépare au combat mais ne peut promettre toujours la victoire. Il en va de même pour l’art de vivre. Il aide à affronter les épreuves de la vie mais ne saurait en garantir l’issue.

Sauf pour la dernière, si l’on admet avec Montaigne que « philosopher, c’est apprendre à mourir ».

et pour aller plus loin encore :

http://go.626f7572626f6e6e616973z2ec6861726d6f766561.18.1tpe.net

A bientôt