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Création d’entreprise : 8 formes d’ intelligence pour réussir

intelligence

De nombreuses personnes pensent qu’un QI élevé permet de réussir dans la vie et aussi lorsque l’on décide de créer une entreprise. Pourtant aucune étude ne l’a démontré. Au contraire, certains entrepreneurs ont abandonné leurs études tôt, ont misé sur la « débrouillardise » et leurs entreprises ont fonctionné et sont devenues prospères. Ils ont développé plusieurs formes d’ intelligence. Un entrepreneur doit posséder un large éventail de toutes ces intelligences. Mais quelles sont les intelligences qui peuvent contribuer à la réussite d’un entrepreneur ?

L’ intelligence logico-mathématique

L’ intelligence logico-mathématiqueElle démontre une capacité à calculer, analyser, observer et réfléchir de manière logique. L’entrepreneur qui dispose de cette forme d’intelligence aime résoudre des problèmes et travailler avec les chiffres. Il explore des modèles différents et des possibilités, fait des hypothèses et sait quantifier.
Grâce à sa manière d’analyser et de structurer, il peut élaborer et apporter des solutions précises selon le marché et les moyens de l’entreprise.

L’ intelligence verbale

Elle démontre une facilité à utiliser le langage et différentes langues. Elle permet à un entrepreneur de lire, écrire et s’exprimer plus aisément. Il sait aussi comment transmettre ses idées et comprendre ceux qui l’entourent.
Ces facultés lui permettent de convaincre des clients ou des financeurs, diriger une équiper ou écrire un business plan attrayant et convaincant.

L’intelligence intra personnelle

C’est l’aptitude à faire de l’introspection. L’entrepreneur doté de cette intelligence est capabled’identifier et de comprendre avec de plus grandes facilités ses forces et ses faiblesses ainsi que ses motivations, ses rêves et ses désirs.
Grâce à ces capacités, il peut optimiser la stratégie et la mise en œuvre de ses projets. Il est également capable de s’entourer de personnes ayant des compétences complémentaires et qui compensent ses faiblesses et ses zones d’inconfort.

L’intelligence sociale

L’intelligence socialeElle permet l’empathie, la tolérance et la coopération. Une grande intelligence sociale permet à l’entrepreneur de savoir comment réagir avec ceux qui l’entourent de manière efficace et d‘être capable de deviner les tempéraments, les caractères et les motivations de ses interlocuteurs.
Il est ainsi un bon négociateur et peut apporter des solutions aux divers problèmes de ses collaborateurs. L’intelligence sociale est caractéristique des leaders.

L’intelligence spatiale

Elle comprend la faculté de visualiser le monde mentalement et penser en trois dimensions. L’entrepreneur qui possède cette forme d’intelligence est capable de traiter l’information sous forme de graphiques et de schémas et imaginer des produits par exemple.
En marketing, cela permet d’inventer l’image de marque d’une entreprise ou d’un produit.

L’intelligence kinesthésique

C’est la capacité d’utiliser son corps pour communiquer ou s’exprimer. L’entrepreneur qui dispose de cette intelligence préfère plus s’exprimer par action que par les mots et a le sens du timing. Il possède une bonne coordination de ses gestes et aime la mise en scène.
Grâce à cet atout, il peut créer des campagnes pour de nouveaux produits et devenir un leader en combinant une théâtralité et une facilité à parler en public.

L’intelligence naturaliste

Elle permet une compréhension de l’environnement, de ses complexités et de tout ce que cela implique. L’entrepreneur ayant une intelligence naturaliste peut ainsi identifier de nouveaux marchés, anticiper les tendances et classifier les éléments d’une situation.
Il comprend l’environnement dans lequel il vit et est sensible aux évolutions qui l’entourent.

L’intelligence musicale

C’est la capacité de reconnaitre des musiques et d’être sensible à la musicalité des mots et des phrases. Cela permet à l’entrepreneur détenant cette intelligence de ressentir le rythme des événements et d’apprécier les sons ou le timbre de voix venant d’une personne. Il se fie à ce qu’il ressent.
Ces facultés peuvent lui permettre de bien écouter les personnes qui l’entourent et de mettre en place des événements.

Conclusion

intelligenceL’intelligence logico-mathématiques et l’intelligence verbale sont utilisées pour calculer le QI. Pourtant il ne faut pas négliger les autres formes d’intelligence qui sont autant utiles. Il est important également d’être prêt à relever des défis, à apprendre de ses échecs et à surmonter les obstacles grâce au travail et à la persévérance. Un bel état d’esprit, une motivation et le plus large éventail des formes d’intelligence vous donneront les clés pour être un bon entrepreneur.
N’oubliez pas de vous entourer de personnes ayant des capacités complémentaires aux vôtres. Vous disposez de plusieurs intelligences mais pas de toutes. Alors embauchez un salarié ou prenez un associé ayant des intelligences complémentaires, vos chances de réussir seront d’autant plus grandes.

Six façons de préserver sa vie personnelle

  • Marion Forest Divonne, coach professionnelle certifiée, praticienne programmation neuro-linguistique (PNL)

    Marion de la Forest Divonne, coach professionnelle certifiée, praticienne en programmation neuro-linguistique (PNL) – D.R

Lorsqu’on est entrepreneur, il faut savoir aussi réserver du temps pour soi. Voici les conseils de la coach Marion de la Forest Divonne pour y arriver …

 

Comme tout entrepreneur, vous souhaitez par dessus tout que votre société prospère, et vous avez tendance à ne pas vous imposer de limites. Vous travaillez le soir, le week-end… Vous menez une vie passionnante, certes, mais qui laisse peu de place à la sphère privée. Pourtant, savoir préserver celle-ci est tout aussi essentiel que de faire prospérer son business – c’est même un facteur de réussite essentiel dans ce domaine. Comment s’autoriser à déconnecter ? Voici quelques conseils de Marion de la Forest Divonne, coach professionnelle certifiée, praticienne en programmation neuro-linguistique (PNL), qui devraient vous permettre de mettre enfin de l’ordre dans votre planning hebdomadaire.

#1 Définissez précisément le temps à consacrer à chaque tâche

Imposez-vous des horaires de travail en les notant dans votre agenda. « Il est important de formaliser cette démarche par écrit. Cela donne un cadre », suggère Marion de la Forest Divonne. L’astuce : pour tenir le temps fixé, utilisez un minuteur. En procédant ainsi, vous rationalisez votre temps, vous êtes plus efficace et vous définissez vos priorités.

#2 Préservez votre vie sociale

En vous enfermant dans votre vie d’entrepreneur, vous ne voyez pas votre vie sociale s’étioler. Il est temps de lever le nez du guidon et de vous aérer la tête en consacrant du temps à vos proches … « Transformez ces moments en habitude et notez-les clairement dans vote agenda », poursuit la coach. Faites-en un rituel ! Par exemple, chaque semaine, réservez le même soir pour une sortie avec votre conjoint (cinéma, théâtre, dîner…), passer des moments avec vos amis en proposant des soirées thématiques (pizza, jeux…) où vous parlerez d’autre chose que de travail. « Soyez à l’origine des initiatives. Il vous sera plus difficile de revenir dessus alors que vous avez convié tout le monde », conseille notre professionnelle. C’est là encore une question d’engagement … comme le business !

#3 Faites une pause sans Internet

Comme tous les entrepreneurs, avec votre ordinateur et votre smartphone, vous êtes branché en permanence sur Internet : mails, réseaux sociaux …  Ce qui sollicite sans cesse votre cerveau et finit par le fatiguer. Mettez de temps en temps votre mental au repos. « Fixez-vous des règles en vous “débranchant” à des horaires précis », conseille Marion de la Forest Divonne. Par exemple, interdisez-vous de consulter vos mails entre 21 heures et 8 heures du matin. Si c’est trop dur, faites-le par étape : planifiez une heure puis augmentez petit à petit votre temps de déconnexion. « Cette politique du pas à pas permet de ne pas changer son mode de fonctionnement du jour au lendemain et d’ancrer cette nouvelle pratique dans le temps. Jusqu’à ce que cela devienne une habitude », ajoute-t-elle.

#4 Autorisez-vous à vous reposer

Il est indispensable de prendre du temps pour vous, pour vous faire plaisir et … vous reposer. C’est pour mieux repartir ! Tout est envisageable : un après-midi pour vous promener ou visiter une exposition, un week-end prolongé, quelques vacances…. En votre absence, déléguez à votre équipe. « Et si vous devez vraiment travailler, imposez-vous des règles, comme de regarder votre boîte mail pas plus d’une heure par jour », insiste la coach.

#5 Apprenez à dire « non, mais … »

Lorsque vous travaillez à votre compte, vous voulez que tout soit parfait. Toutes les raisons sont valables : satisfaire les clients, se montrer à 100 % disponible… « En acceptant tout, vous vous épuisez ! » prévient Marion de la Forest Divonne. Apprenez à négocier votre “non”, en proposant systématiquement une alternative à vos interlocuteurs : une heure précise pour les contacter, une date pour boucler un dossier… « Cette posture est gage de crédibilité. Cela prouve que vous savez filtrer et gérer vos priorités », affirme la coach. Et vos clients vous en sauront gré : vous prendrez le temps nécessaire pour eux… simplement, à un autre moment !

#6 Faites du sport !

Oui, sa pratique sera hautement profitable à votre business ! L’activité sportive produit de l’endorphine et génère du bien-être. Vous pourrez ainsi vous vider la tête et vous ressourcer.« C’est même parfois dans ces moments-là que surgissent les solutions aux problèmes et qu’arrivent de nouvelles idées », assure Marion de la Forest Divonne. A chacun son sport ! Prenez le temps d’identifier le vôtre, en fonction de vos besoins et de votre tempérament. Avez-vous besoin de vous détendre, avec du yoga, ou de vous défouler, dans une discipline plus dynamique ? « Ensuite, faites-en un événement récurrent en l’inscrivant dans votre agenda, histoire de le transformer en bonne habitude », précise Marion de la Forest Divonne. Allez, c’est parti !

MARINA AL RUBAEE

 

Entrepreneurs, travaillez votre personal branding !

personal-branding-720x405Entrepreneurs, ne négligez pas votre personal branding

Je suis étonné de rencontrer dans mes activités de coach en image et personal branding des entrepreneurs qui prévoient un budget communication et marketing lors de la réalisation de leur business plan et m’assurent que le succès de leur projet dépend de ce poste d’investissement, et je ne comprends pas qu’ils oublient un élément essentiel dans la réussite ou l’échec : la prise en considération de leur propre marketing et la gestion de leur communication avec stratégie.

J’ai analysé les grandes réussites entrepreneuriales depuis 20 ans et toutes ont un point commun. Le succès s’associe toujours avec la relation  entreprise et un homme, le dirigeant souvent. Difficile de penser à Google sans penser à ses deux fondateurs, de parler de Wikileaks sans penser à Julien Assange, de penser à Apple en oubliant Steve Jobs. Tous  ont travaillé leur communication pour que chaque fait et geste, chaque mot servent l’intérêt de leur société.

Avant d’être un nouveau Zuckerberg ou Jobs, il y a des étapes à franchir. Obtenir son premier financement, démarcher des partenaires, fournisseurs qui ne nous prennent pas forcément au sérieux.

Pourquoi se marketer ?

Parce que tout simplement les meilleures idées ne sont pas celles qui se vendent le plus.  Le personal branding (ou le marketing de soi) part du principe que vous êtes comme un produit, que vous avez une image, une réputation qui peut vous servir ou desservir et que tout ce que vous faîtes peut-être interprété. Cette interprétation est d’ailleurs différente selon l’interlocuteur et la situation.

Pour quels bénéfices ?

  • Inspirer confiance en vous et donc dans votre produit ou service.
  • Renforcer votre charisme naturel.
  • Gagner du temps dans le développement de votre réseau.
  • Mieux exploiter votre réseau en travaillant le message que vous souhaitez diffuser.
  • Maîtriser votre communication pour mieux gérer les imprévus et challenges à venir.

Il vise donc à faciliter les étapes vers le succès et à renforcer le message que sert votre projet, car tout part de vous.

Trois étapes pour se marketer :

La première étape du marketing de soi est de faire un audit de son image actuelle pour arriver à définir un style.  Il doit refléter votre personnalité, votre identité profonde. Creusez pour chercher les caractéristiques qui vous définissent et qui seront utiles dans votre activité. Que vous soyez gentil, par exemple, n’est pas perçu dans le business comme une qualité indispensable à mettre en avant. Cela peut être votre sens de l’innovation.

La seconde étape est de construire votre plan marketing et communication tel que vous le feriez pour un produit. Identifiez vos cibles, les canaux de communication sur lesquels vous souhaitez communiquer avec un planning des actions précis.

Dernière étape : il faut diffuser le message pour qu’un maximum de personnes dans votre secteur vous connaissent et vous reconnaissent comme un fort potentiel ou une personne influente dans le secteur.  C’est cette étape qui demande le plus de temps mais elle se fait petit à petit.

En résumé, travailler votre marque personnelle d’entrepreneur c’est réfléchir à quels aspects de vous sont des atouts pour votre projet et comment les faire connaître aux bonnes personnes. Travailler votre réseau est essentiel, mais il faut songer à votre apparence, votre gestuelle et de nombreux paramètres verbaux ou non verbaux, offline et online.

par François Thibault (FT Conseil)

Pépinière, couveuse, accélérateur, incubateur : choisir la bonne structure pour entreprendre

risques à éviter

Durant votre parcours d’entrepreneur, vous entendrez parler de plusieurs types de structures à même de vous accueillir pour vous aider à créer ou vous accompagner dans vos premiers pas de dirigeant.

Couveuse, incubateur, accélérateur ou pépinière : à chaque structure sa particularité et c’est à vous de décider laquelle sera la plus proche de vos besoins !

Le blog du dirigeant zoome sur les différents hébergements destinés aux créateurs ou jeunes entreprises.

La couveuse d’entreprise : le bon plan pour testePépinière d'entreprise Lille 2r son activité

La couveuse n’est pas un hébergement physique pour les nouvelles entreprises, mais unhébergement juridique. Plus concrètement, la couveuse prête son numéro de SIREN au « couvé » pour qu’il puisse émettre des factures légalement, sans passer par l’immatriculation légale de son activité.

Ce dispositif, appelé contrat CAPE, est destiné aux créateurs d’entreprise qui souhaitent tester leur activité avant de faire le grand saut, en général lorsqu’ils ont un premier client (et encore trop peu de visibilité) ou lorsqu’ils ont besoin d’une existence légale pour prospecter, réaliser un prototype auprès d’un sous-traitant…

Les couvés bénéficient en outre de conseils individuels, de formations gratuites et d’événements autour de la thématique de la création et la gestion d’entreprise.

Attention, pour intégrer la couveuse, vous devez être bénéficiaire des indemnités Pôle Emploi, de certaines allocations type RSA ou travailler à temps partiel.En effet, n’ayant pas d’existence juridique propre, le chiffre d’affaires réalisé est bloqué sur un compte couveuse et vous ne pourrez pas le récupérer avant votre sortie (sous forme de versement de salaire), sauf sur présentation d’un justificatif pour frais professionnels. Ne pouvant compter sur l’argent de la couveuse pendant votre « séjour », vous devrez donc gagner votre vie en parallèle ! Sur le même principe d’absence d’entité juridique propre, vous ne pouvez pas intégrer la couveuse si vous signez un bail commercial.

Pour intégrer une couveuse : vous devez présenter un dossier soumis à un comité de sélection. Certaines couveuses sont spécialisées (couveuse mode, couveuse innovation…)Les tarifs : les tarifs sont variables selon les couveuses. En général, vous versez un montant mensuel fixe majoré d’un variable selon votre chiffre d’affaires.

Tester mon activité : pourquoi la couveuse et pas l’auto-entreprise ? L’entrepreneur en herbe ne change pas de statut social pendant son séjour en couveuse. Il perçoit ses indemnités chômage à taux plein, contrairement à l’auto-entrepreneur qui devient officiellement chef d’entreprise et qui voit ses indemnités recalculées.

L’incubateur : le bon plan pour créer des synergies

pépinièreUn incubateur est un hébergement physique destiné aux entrepreneurs en phase de création ou de développement jusqu’à 3 ans après l’immatriculation. Les incubateurs sont spécialisés par secteur (environnement, santé, sciences et vie, nouvelles technologies…).

Ils permettent donc la rencontre de nombreux acteurs autour d’un même marché ; d’autant qu’ils sont en général en lien avec des industries et des universités, favorisant ainsi la synergie des compétences et l’innovation.

Dans un incubateur, vous aurez accès à du matériel, des conseils personnalisés, des formations, mais surtout à un appui dans votre recherche de financements (réalisation du business plan, identification des financeurs) et d’une mise en relation avec les bons acteurs. Vous bénéficierez aussi d’un coup de pouce dans vos démarches administratives, juridiques et fiscales.

Pour intégrer un incubateur : vous devez présenter un dossier soumis à un comité de sélection.Attention à choisir la structure adaptée à votre profil. Il existe des incubateurs publics, reliés à de grandes écoles ou à des entreprises.Les tarifs : les tarifs varient en moyenne de 150 à 500 euros par mois pour disposer d’un bureau et les prestations de conseil, d’accompagnement et de mise en réseau vont de 500 à 5 000 euros par mois selon l’incubateur, son niveau de prestige et son carnet d’adresses.

L’accélérateur de startup : le bon plan pour pitcher et lever des fonds

strategie-d-entrepriseUn accélérateur se destine à l’accompagnement des projets de startups. Par startup, entendez un modèle économique qui permet une croissance non linéaire, importante et rapide. Les accélérateurs évoluent en général par « promotion » ; soit une formation intensive d’un petit groupe de personnes pendant quelques semaines à quelques mois. Durant ce laps de temps, les startupers évoluent ensemble, apprennent à pitcher et se font accompagner dans la réalisation de leur business plan et leur stratégie de levée de fonds. Cela fonctionne comme un tremplin.

Pour intégrer un accélérateur à startups : vous devez présenter un dossier soumis à un comité de sélection.Les tarifs : les tarifs varient selon l’accélérateur. Certaines structures sont gratuites en échange de participations financières au capital social de la startup (en général entre 8 et 15 % du capital social).

Pour en savoir plus sur le modèle économique d’une startup, rendez-vous sur notre article : qu’est-ce qu’une startup ?

La pépinière d’entreprise : le bon plan pour rencontrer des entrepreneurs

La pépinière est un lieu d’hébergement pour les créateurs d’entreprise en phase de démarrage ou pour les dirigeants de moins de 3 ans. La pépinière est un lieu de travail, mais elle se différencie d’un espace de coworking (bureaux partagés entre petites entreprises) par son service de conseil et d’accompagnement au développement des projets (avant ou après l’immatriculation).

Pour intégrer une pépinière : vous devez présenter un dossier soumis à un comité de sélection.Les tarifs : les tarifs varient d’une pépinière à l’autre et peuvent aller de 300 à 500 euros (souvent, les pépinières fixent un coût au mètre carré utilisé).

Comme vous pouvez le constater, il existe toutes sortes de structures d’accueil pour les entrepreneurs ; le tout étant d’identifier celle qui sera la plus proche de vos besoins. N’hésitez pas à franchir le pas dès la phase amont de la création d’entreprise ! Plus vous serez entourés de vos pairs, plus vous bénéficierez de conseils, plus vous augmenterez vos chances de réussite. Bonne création à vous !

d’après le blog du dirigeant

5 facteurs propres à la start-up qui favorisent la créativité

1- Le manque de ressources 

Grâce à l’adversité 

Ressources humaines, ressources de temps et surtout ressources d’argent… On aurait tendance à penser que faire face à des contraintes fortes empêche l’innovation. Faux !

En start-up, on doit essayer de nouvelles choses pour grandir, tandis que dans une plus grande entreprise, on fait face à moins de «pression» : il y aura ainsi moins d’expérimentations et la créativité sera donc moins sollicitée.

Voici un exemple qui m’est arrivé il y a peu : nous avions recruté une stagiaire CM Espagne : il s’est révélé que l’étudiante s’est désistée à la dernière minute. Il me restait deux semaines pour trouver un remplaçant et notre RH était absente. J’ai donc cherché une façon innovante de faire parler de mon annonce de stage, et gratuitement : c’est là que j’ai eu l’idée de créer un CV inversé. La démarche fut appréciée, commentée, relayée, et j’ai recruté une nouvelle stagiaire pile à temps ! Finalement, ces contraintes fortes de temps m’ont obligées à faire preuve de créativité et je me suis retrouvée avec une collaboratrice certainement bien plus motivée !

2- La responsabilisation 

Grâce aux missions diversifiées

Forcément, avec une start-up en expansion, on a la chance de la voir grandir… et son équipe également ! Qui dit gagner en responsabilité dit changer de missions. Cela casse la routine et le fait de toucher à tout permet incontestablement de gagner en créativité. Il m’arrive de toucher à du marketing, à du commercial et même à du RH, tandis que dans une plus grande entreprise, les services sont bien souvent séparés.

L’avantage de travailler dans une petite structure, c’est aussi d’avoir un responsable proche de soi, qui vous connaît, vous fait grandir et vous fait confiance, on va donc davantage «oser» et prendre des initiatives pour créer de belles choses.

3- L’environnement 

Grâce aux interactions

Les bureaux d’une start-up, c’est bien souvent un vaste open-space avec une grande table dans la cuisine, des bureaux rapprochés et un espace détente. Autant d’espaces qui favorisent les interactions avec ses collègues, qu’ils soient ou non dans votre équipe. N’hésitez pas à être curieux et à l’écoute des autres pôles, vous apprendrez énormément.

Grâce à la détente

Développer sa créativité demande un effort d’imagination. Et pour cela, il est essentiel de faire le vide dans sa tête, de se reposer, de se détendre. Vous voyez un baby-foot, un billard ou un espace sieste avec des poufs géants ? C’est normal, les start-up ont bien compris le point que je viens d’énoncer.

4- La rémunération variable 

Grâce au dépassement de soi

Une start-up aura tendance à limiter les risques… Cela ne veut pas dire qu’elle ne va pas récompenser le fruit de vos efforts : mais ils seront conditionnés aux stricts résultats. Ainsi, si votre rémunération fixe sera relativement faible comparée à un grand groupe, vous aurez en revanche une rémunération variable sur l’atteinte de vos objectifs certainement bien plus importante que dans un grand groupe. C’est notamment mon cas, alors même que je ne suis pas commerciale. Cette «carotte» va pousser à se dépasser, à se remettre en question, à se lancer des challenges et bien sûr… à redoubler de créativité.

Dans la lignée de la rémunération variable, on peut aussi parler des actions ou des BSPCE (bons de souscription de parts de créateurs d’entreprise) qui vont vous guider vers un sens commun aux fondateurs : la réussite de l’entreprise.

5- L’instabilité 

Grâce à la remise en question

L’entreprenariat est un milieu instable, en tout cas sur les premières années. La start-up peut réussir comme échouer et chaque collaborateur est quelque part responsable du résultat. Rien n’est acquis, et il faut sans cesse se réinventer… Les dirigeants vont donc opérer des changements, qui auront inévitablement une incidence sur votre travail, ce qui favorisera (sans doute) votre stress, mais surtout, votre créativité .

Pour terminer, je vous laisse sur un conseil que j’applique désormais tous les jours pour favoriser ma créativité : les idées viennent aussi vite qu’elles disparaissent, alors notez-les immédiatement pour ne pas les laisser filer !

Sophie LebelSophie Lebel pilote la communication de Wizbii, le réseau social professionnel des étudiants et des jeunes diplômés. 

 

 

 

 

Par Sophie Lebel, chargée de communication à Wizbii

6 conseils pour réussir votre campagne de crowdfunding

 

On ne se lève pas un matin en se disant « tiens, je vais lancer une campagne de financement participatif pour mon business ! ». Ce genre de décision se réfléchit, se mûrit et se prépare.

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Codeur.com vous dévoile 6 éléments à anticiper avant de se lancer dans l’aventure du crowdfunding.

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Anticiper le coût d’une telle campagne

Tout d’abord, ne croyez pas que l’organisation d’une campagne de crowdfunding est gratuite. Comme nous le verrons plus en détails ci-dessous, vous devez déjà préparer des récompenses. Ces goodies ou cadeaux ont bien souvent un coût de production.

Vous devrez également vous payer une vidéo et des supports avec un rendu professionnel pour convaincre un maximum de personne à investir dans votre projet.

Vous devez aussi penser à la commission que prend la plateforme au passage (aux alentours de 8% pour les sites les plus connus comme Ulule ou KissKissBankBank).

Enfin, pour que votre opération soit un succès, vous devez la promouvoir largement. Or, cela va vous prendre du temps (donc de l’argent). Mais il est possible que vous deviez aussi allouer un budget pour des publications sponsorisées sur les réseaux sociaux, des partenariats avec des influenceurs…

Autrement dit, pour pouvoir récolter de l’argent, il faut d’abord en investir !

Préparer les récompenses

Qu’allez-vous offrir comme récompense aux donateurs ? Cette question paraît simple, mais il faut trouver des lots à la fois attractifs et peu chers. Sur ces plateformes, les internautes ne viennent pas chercher un cadeau, mais ils apprécient tout de même le geste.

Essayez de trouver des contreparties originales et authentiques qui soient en accord avec la cible de donateurs visés.

Réfléchir longuement à la présentation de votre projet

C’est la présentation du projet qui va décider les donateurs. Vous devez réaliser un argumentaire détaillé, pertinent et illustré. Vous devez être clair dans vos explications et développer étape par étape ce que l’argent récolté permettra de faire.

Vous devez même aller plus loin en détaillant votre vision d’avenir et comment vous voyez votre activité dans 3, 5 voire 10 ans.

Pour que la présentation capte l’attention des visiteurs, offrez du contenu dynamique pour appuyer vos explications : vidéos, infographies interactives…

Sélectionner la meilleure plateforme

La sélection de la plateforme de crowdfunding est cruciale. Evidemment, vous serez tenté de vous inscrire sur une des plus connues comme Ulule, Kickstarter ou KissKissBankBank. Mais conviennent-elles réellement à vos besoins ? Il existe des sites thématiques où le nombre de visiteurs est plus restreint, mais aussi mieux ciblé.

Par exemple, vous trouverez Bulb in Town qui s’adresse aux commerces de proximité, Fundovinodédié aux acteurs du vin, Lymo consacré aux projets immobiliers, MyMajorCompany pour les artistes, etc.

Il est important de recenser tous les sites qui proposent un financement participatif sur votre secteur et d’étudier leurs conditions d’inscription, les commissions ou encore le taux de réussite des projets inscrits.

Déterminer la durée de votre campagne

Votre campagne de crowdfunding peut durer quelques jours, comme plusieurs mois. Votre décision va dépendre de votre communauté et du montant demandé. Si vous souhaitez récolter 2 000 € et que vous avez déjà des milliers d’abonnés sur les réseaux sociaux, une dizaine de jours devraient suffire.

Mais si vous voulez 100 000 €, alors que vous n’avez qu’une centaine de membres dans vos diverses communautés, il va falloir allonger le délai, le temps que vos opérations de communication génèrent des retombées.

Faire un maximum de promotion

Pour faire connaître votre projet à un maximum d’internautes intéressés et récolter les fonds dans les délais impartis, affûtez vos outils de communication !

Toutes les techniques webmarketing seront utiles à votre succès.

Cependant, pour attirer le public intéressé par votre projet, pensez à construire une stratégie adaptée, à développer vos valeurs et surtout, à maîtriser parfaitement votre e-réputation.

Les internautes doivent adhérer au projet, autant qu’au porteur du projet ! C’est la proximité avec vous, votre sincérité et votre disponibilité qui les pousseront à mettre la main au portefeuille.

Avant de lancer votre campagne de crowdfunding, vous devez anticiper toutes les étapes. Calculez le budget nécessaire pour sa réussite, faites une étude de toutes les plateformes existantes, élaborez votre stratégie de communication et vous êtes sûr de remplir la jauge de votre objectif.

Fabien Berthoux

Candidats à la franchise : réfléchissez avant de vous lancer !

L’entrepreneuriat en franchise est une décision engageante pour vous et vos proches, tant sur le plan financier qu’humain. Souvent source de stress, l’étape du choix de l’enseigne mérite une réflexion approfondie, loin de tout a priori. Les conseils de Théodore Gitakos, président du cabinet Epac International.

Candidats à la franchise

Le mythe du « profil idéal » en franchise

Jeune ou expérimenté, seul ou en couple, néophyte ou familier du secteur, diplômé ou non… Beaucoup de candidats à la franchise se mettent en tête que les réseaux recherchent des profils précis, quitte à s’arrêter sur une liste de critères pour recruter leurs franchisés. Certes, les enseignes procèdent généralement à un premier filtre, souvent via internet, en écartant par exemple les personnes dont l’apport personnel est insuffisant, mais le recrutement est aussi une histoire de feeling. « Il n’existe pas vraiment de profil idéal », rassure Théodore Gitakos, président d’Epac International, un cabinet spécialisé dans le recrutement de franchisés et le conseil aux franchiseurs. « Et ce, tout simplement parce que chaque réseau recherche des candidats qui correspondent à leurs valeurs et à l’esprit de l’enseigne, n’étant pas les mêmes d’une marque à l’autre », poursuit l’expert.

En revanche, certains critères communs à tout chef d’entreprise sont très recherchés. Les franchiseurs contrôlent, par exemple,  « la volonté et l’envie d’entreprendre, les ressources financières mais surtout humaines, et que le franchisé est à l’aise avec le réseau et leconcept », énumère Théodore Gitakos. Des qualités de gestionnaire et manager, dans le cas où vous seriez amené à diriger un ou plusieurs collaborateurs, sont des atouts également indispensables pour vous lancer.

Une séduction mutuelle

Sans oublier que le recrutement d’un nouveau franchisé est avant tout une affaire de séduction : « La franchise, c’est comme le mariage : chacun choisit l’autre pour s’unir », rappelle le président d’Epac International. Lorsque le candidat rencontre un franchiseur, son seul curriculum vitae ne suffira pas à convaincre : ses savoir-être comptent pour beaucoup dans la décision finale de l’enseigne. Réciproquement, et cela est parfois oublié pendant la phase de recrutement, le candidat aussi doit être séduit. Car il a généralement le choix entre plusieurs enseignes positionnées sur un même secteur, et peut donc évaluer le franchiseur, ses promesses et le feeling qu’il a avec lui avant de décider de rejoindre son réseau.

Pour en apprendre plus, ne vous contentez pas du discours tenu par le franchiseur.Contactez les autres franchisés, renseignez-vous directement auprès d’eux pour jauger l’ambiance qui règne dans le réseau et savoir si le franchiseur respecte ses devoirs d’assistance et d’accompagnement.

Dernières précautions avant de se lancer

Puisque la décision d’entreprendre en franchise est lourde de conséquence – l’engagement contractuel auprès d’un réseau dure en moyenne 7 ans et nécessite un investissement personnel souvent supérieur à 100 000 euros – elle doit être réfléchie. « Avant de se lancer, il faut bien vérifier que l’on est prêt », avertit Théodore Gitakos. « Car quand on est patron, on ne compte pas ses heures, parfois on est payé moins bien, surtout au démarrage, on prend des risques personnels, en donnant notamment des cautions sur des crédits professionnels… Il faut donc être motivé pour entreprendre ». Pour ces mêmes raisons, il convient de choisir un secteur d’activité non pas uniquement pour son attrait financier, mais parce qu’il vous plaît. Idem pour le concept et l’enseigne que vous déciderez de retenir. « Le but étant, bien évidemment, d’être heureux de se lever le matin pour aller travailler ».

Propos recueillis par Widoobiz lors du Salon des Entrepreneurs de Paris (février 2016)

Withings ou l’histoire d’une naïveté française

Le spectaculaire rachat de Withings par Nokia ne traduit pas comme on l’évoque systématiquement la faiblesse de notre système de financement mais le manque de vision et d’engagement de notre scène entrepreneuriale. L’incapacité à créer des écosystèmes à l’échelle mondiale afin de se positionner dans la guerre du numérique qui oppose la Chine aux Etats-Unis. Il est temps de se mobiliser pour «faire tomber les GAFA» et défendre notre souveraineté.

Après Captain Train racheté par les Anglais pour 200M€, c’est au tour d’un emblème de la technologie française Withings et qui a fait grand bruit au CES de Las Vegas en jouant la carte du made in France, de passer sous le contrôle de Nokia pour 170M€. Et il y a fort à parier que Blalacar ne résisterait pas à une proposition de Facebook si ce dernier décidait d’introduire le covoiturage dans sa palette de services pour connecter la planète. L’aventure de ce que l’on appelle les pépites à la française n’a malheureusement qu’une seule issue : un gros chèque !

L’intelligence first

Plus la technologie se développe et plus elle s’efface derrière les idées. Le «purpose» ou la raison d’être. Les grands acteurs du numérique l’ont compris en prenant le virage de «l’intelligence first». Le produit devient une fonctionnalité qui s’intègre dans une plateforme dont le rôle est de résoudre les problèmes du monde, la santé, les déplacements, les loisirs… gérer une communauté, organiser un écosystème circulaire, itératif, ouvert et inclusif qui met en contact directement les utilisateurs et producteurs pour raccourcir et optimiser l’interaction. C’est la mort annoncée des sites et des applications. Le rôle de l’entrepreneur est alors de défendre une «vision» et ensuite de designer le système qui va avec. C’est un chef d’orchestre plus qu’un créateur de ressources qui va défendre les actifs clés de l’entreprise ; les idées et les données. Dans ce nouveau contexte, des entreprises mono-produits comme Withings n’ont aucune chance de se développer sinon à intégrer un écosystème. On peut d’ailleurs s’interroger sur les véritables bénéfices pour Whitings d’un rachat par Nokia ? Dropbox ou Evernote en ont l’amère expérience en cédant au pouvoir de frappe des grandes plateformes. Et que dire de la pertinence de cette phrase de Steve Job : «Vous êtes une fonctionnalité et non pas un produit», en refusant de racheter Dropbox il y a dix ans ?

La nouvelle guerre des écosystèmes

C’est sur le terrain des écosystèmes que s’affrontent désormais les deux géants du numérique, les Etats-Unis avec les GAFA, sous-tendus par une idéologie, et la Chine avec des entreprises plus pragmatiques comme Alibaba, Wechat qui ont su développer de nouveaux écosystèmes dans des secteurs en plein essor en créant de nouveaux modèles de business et qui après avoir touché un nombre impressionnant d’utilisateurs sur leur marché intérieur commencent à se positionner à l’international en déclenchant une lutte féroce avec les Américains. C’est dans ce contexte que les GAFAs (principalement) font leur «marché» aux quatre coins de la planète pour alimenter et enrichir leur écosystème. Et la France avec la qualité de sa recherche et le dynamisme de ses start-up est un terrain de chasse particulièrement attractif.

Pourquoi l’Europe n’est pas en mesure de créer des écosystèmes à l’échelle mondiale ?

Le rachat de Withings n’est pas comme on l’évoque un problème de financement. Un écosystème européen d’investissement inadapté qui empêcherait un scale-up rapide de nos pépites. Le périmètre de withings quels que soient les fonds qu’on y injecte rend de toute façon un développement impossible hors d’une plateforme. La question est pourquoi l’Europe n’est pas en mesure de créer des écosystèmes à l’échelle mondiale au sein desquels des pépites comme Withings trouveraient toute leur place ?

Nous ne pensons pas le numérique à la bonne échelle !

Nos discours sur le made in France, la mise en scène autour de nos champions du numérique et de leur présence au CES appuyée par le ministre de l’économie en personne a quelque chose de naïf et de pathétique. Toutes nos infrastructures institutionnelles ou privées, accélérateurs, groupes de réflexion, French tech, CNNum, École 42, The Family, l’accélérateur ou le NUMA, pour ne citer que les plus en vue ne sont pas programmées pour développer des plateformes avec des visions mais des produits et des fonctionnalités ou des lois et des rapports. C’est notre culture économique et entrepreneuriale qui est en cause. Un monde encore très marqué par la culture de l’ingénieur et du spécialiste. Un monde qui n’est pas familier et qui reste méfiant envers les notions de vision et d’engagement et plus généralement envers le monde des idées. Des entrepreneurs plutôt conservateurs qui ne perçoivent pas la nature profondément subversive de la révolution numérique et la nécessité de changer leur «échelle de réflexion».

Des grands groupes qui ont tous un potentiel de start-up

Nous pourrions aussi nous appuyer sur les grands groupes qui ont tous un potentiel de start-up à l’image de l’Américain Goldman Sachs qui déclare : «Nous ne sommes plus une banque, mais une entreprise de technologie, nous sommes les Google de la finance», en faisant travailler trois mille cinq cents personnes sur le sujet et en annonçant un train de mesures comme l’ouverture en open source des données de marché et de gestion des risques. On imagine très bien des entreprises comme La Poste et Groupama dont les métiers vont être radicalement remis en cause dans les cinq prochaines années préparer l’avenir en organisant un écosystème autour du soin et de la santé (par exemple) qui intègre Withings et ses savoir faire. Mais en écoutant les représentants de ces grands groupes, Pierre Gattaz ou de Carlos Ghosn par exemple, on perçoit rapidement leur vision court terme et leur manque d’intérêt (ils n’ont rien à y gagner) pour les stratégies de rupture.

Sommes-nous prêts à vivre dans un «Internet Fisher Price»

Sommes-nous condamnés à devenir des satellites, à perdre notre souveraineté économique et de sécurité en restant sous l’emprise des GAFAs. Ou encore comme le propose François Candelon, Senior Manager au sein du Boston Consulting Group dans un très bon article «de regarder ce que la Chine peut nous apprendre et nous apporter» et de «créer une route de la soie du numérique». Sommes-nous condamnés à choisir entre Charybde et Scylla ? Non ! Car si les géants du web avec leur vision ont ouvert la voie à de nouvelles relations en construisant les entreprises les plus disruptives de l’histoire, elles nous laissent face à un trou béant. La «technicisation de l’individu». Sommes-nous prêts à vivre dans un «Internet Fisher Price», comme le titrait Viuz «dans des résidences fermées» gérées par des machines «avec des bosquets rondouillards, des pelouses impeccables et des routes goudronnées» où règne l’exclusivité, le premium et la rareté en laissant à la porte toute une partie de la population. Des sortes de maisons de retraite ultra sécurisées pour les plus fortunés ?

Faire tomber les GAFA

Il faut sans aucune hésitation nous engouffrer dans une troisième voie : «Faire tomber les GAFA». Si la formule est quelque peu provocante, elle incite à la mobilisation. Le retard sera difficile à rattraper, mais il est temps pour l’Europe de s’appuyer sur ses valeurs historiques et fondamentales pour construire de nouveaux écosystèmes et entrer de plain-pied dans la guerre économique qui oppose les deux grands blocs. Proposer des alternatives aux GAFAs. «Se servir des algorithmes et de l’intelligence artificielle pour créer une intelligence augmentée et résoudre les problèmes complexes que l’urgence écologique et sociale nous pose», comme le dit Yann Moulier Boutang. Intégrer les nouvelles technologies pour rééquilibrer les rapports de force, trouver les clés d’une véritable économie du partage et de la connaissance, s’attaquer à la question de l’avenir du travail, de sa rémunération, de la santé, du libre-arbitre, de l’éducation…

Changer d’échelle

Une rupture qui nécessite de changer d’échelle en bousculant notre culture économique et notre appréhension du monde. Une rupture qui, si elle se heurte encore à une «diabolique» inertie, s’impose comme une nécessité pour beaucoup d’entre nous.

Si vous faites partie de cette nouvelle «génération» de «l’intelligence first», si vous avez des idées et des solutions pour changer notre échelle de réflexion, je vous invite à nous joindre sur Twitter @ifbranding ou par email f.nemo@ifbranding.fr ensemble, nous avons des solutions à proposer et des projets à construire.

  • L’auteur

Par François Nemo, spécialiste en conseil en stratégies de ruptures.Site Internet : ifbranding.fr

Twitter : @ifbranding

Medium : @ifbranding

 

Démarche stratégique : intention, réflexion et vision

vision stratégique

Pour comprendre les décisions stratégiques des managers, il faut s’intéresser à la fois à leur réflexion, mais aussi à leur intuition et à leur vision de leur environnement.

Comprendre la démarche stratégique du dirigeant implique, préalablement d’être en mesure d’appréhender son système référentiel de décision, c’est-à-dire ses représentations mentales du présent et du futur de son entreprise sur lesquelles il s’appuie pour envisager les événements et conduire son organisation. Il s’agit de tenter d’objectiver ses référents subjectifs de décision, en d’autres termes d’essayer de saisir le prisme qui conditionne son action.
Les notions de vision et d’intention ont pratiquement toujours été présentes dans la littérature. Lorsqu’il décrit les trois modes de formations de la stratégie, Mintzberg (1973) indique que dans le mode qu’il qualifie d’entrepreneuriale « …la stratégie est guidée par la vision personnelle du dirigeant… ». En 1985, en collaboration avec Waters, l’auteur utilise le terme « intended strategy » pour décrire les stratégies délibérées. Mais concrètement qu’est-ce que la vision stratégique ? Quelle est sa nature profonde ?
Elle est composée de trois éléments : des valeurs centralesqui seraient des principes directeurs de l’entreprise, un objectif premier qui serait la raison d’être de l’entreprise et par nature hors de portée et enfin un projet ambitieux qui serait réalisable à long terme, clair et motivant pour tous les collaborateurs.

L’analyse stratégique constitue le soubassement de la réflexion stratégique mais les managers se trouvent dans l’impossibilité de déterminer la phase suivante, cette hésitation continue dans le reste du processus car souvent les managers n’arrivent pas à poser la question « et alors ? », qui est le niveau suivant de la pyramide. Ils échouent ensuite à générer des options stratégiques réellement radicales et créatives. Le niveau suivant est la vision, mais, les managers sont trop timides pour distiller leurs stratégies au sein d’une image ou d’un message particulier et auront du mal traduire cette vision en plans d’actions. Lors de la réflexion stratégique, notre taux global de succès pourrait être 3,1 %, ce qui aide à comprendre le faible taux de réussite de beaucoup de plans stratégiques. De toute façon, la pyramide  de la « réflexion stratégique » de Grundy & Wesley n’est rien d’autre qu’une pyramide de l’analyse stratégique présentée ironiquement.
Liedtka (1998), en se basant sur les dimensions cognitives et individuelles de la réflexion stratégique, propose une définition de la réflexion stratégique : « Suivant la démarche de Mintzberg, je définis la réflexion stratégique comme un mode particulier de réflexion avec des caractéristiques spécifiques » (1998: 122). La réflexion stratégique y est présentée comme étant constituée de cinq éléments : une perspective systémique, un opportunisme intelligent, une intention stratégique, une démarche hypothétique et une perspective temporelle.

La perspective systémique considère que la réflexion stratégique fait partie intégrante d’un corpus de connaissances globales de l’écosystème économique dans lequel l’organisation prend place : « un penseur stratégique a un modèle mental de l’ensemble des éléments de la création de valeur, et en comprend les interdépendances » (Liedtka, 1998).
L’opportunisme intelligent renvoie au comportement opportuniste à adopter pour être à la hauteur de l’évolution environnementale. D’autre part, le processus de réflexion stratégique s’étale sur un intervalle de temps et reflète une intention  stratégique. Cette réflexion  figure dans l’histoire de l’entreprise et de son environnement. Elle tient compte des ressources, exploits et échecs des périodes passées et qui servent de fondements pour une intention stratégique cohérente et bien fondée.
De leur part, Hamel & Prahalad (1989, 1994), en parlant d’intention stratégique utilisent l’expression « sens d’orientation ». Dans ce sens, l’intention stratégique sert de guide pour la réflexion stratégique au bon gré du développement stratégique. Or, la connaissance de cette intention permet également au produit de la réflexion stratégique d’être plus facilement acceptable et assimilable par l’organisation.

Le processus de réflexion stratégique se fonde sur un processus d’expérimentation d’hypothèses pour aboutir à la bonne idée créative : « La réflexion stratégique est à la fois créative et critique […]. Le processus par lequel nous évoluons vers ce futur est un processus expérimental, qui utilise nos meilleures réflexions créatives pour proposer et configurer les options, et nos meilleures réflexions critiques pour les tester » (Liedtka, 1998 : 124).

1. Les fondements intentionnels et intuitionnistes de la décision
Nul ne conteste qu’une bonne décision soit une décision émanant d’une analyse rigoureuse et méthodique de la situation. Toutefois, on oublie facilement que la plupart des décisions font appel à une appréciation subjective, y compris lorsque l’on croit qu’elles reposent sur des bases rationnelles : une part de jugement intervient au moment de définir les critères de choix, de pondérer ces critères, de noter chaque option selon ces critères, etc. Ainsi, peu importe la robustesse de notre raisonnement, la pertinence de nos décisions dépend étroitement de celle de notre jugement.
Le mécanisme d’intuition dans le cadre d’une utilisation raisonnée s’avère des fois, plus puissant que l’analyse rationnelle mais la fiabilité demeure incertaine. Par conséquent, l’intuition ne peut, aucunement, chasser l’analyse rationnelle, mais peut lui servir de complémentaire.

1.1 La puissance de l’intention stratégique et rapport avec la rationalité
L’intention stratégique est un collectif de tâches en instance caractérisé par un état mental qui dirige l’attention du dirigeant vers la recherche et la mise en place de moyens particuliers dans le but de réaliser un projet stratégique spécifique.
L’intention stratégique se caractérise par un état d’esprit.L’état mental correspond à un collectif de tâches en instance, c’est-à-dire des objectifs intermédiaires ayant une fonction de moyens devant permettre de réaliser le projet stratégique spécifique.
L’intention stratégique combine donc but(s) et moyens. Or, »l’intention se situe au début de l’organisation hiérarchique de l’action ». Notons que dans le cas particulier de l’intention stratégique d’un chef d’entreprise, dans le cas d’une démarche délibérée, elle se situe bien au début de l’organisation hiérarchique de l’action, mais également tout au long du processus tant que le but n’est pas pleinement réalisé.
Comme le suggèrent Ajzen et Fishbein (1975, 1980) et Ajzen (1987, 1991) le concept d’intention est bien le « meilleur prédicateur du comportement planifié » mais il ne joue pas qu’un rôle déclencheur, il joue également le rôle d’ « accompagnateur et de canaliseur », une fois le processus enclenché. « L’intention se situe au début de l’organisation hiérarchique de l’action ». C’est le « meilleur prédicateur du comportement planifié ».
« Les actions se composent toujours de deux éléments, une composante mentale et une composante physique… La composante mentale est une intention » qui a toutes les chances de se transformer en composante physique Searle. 1984). »le cours de l’activité est défini par une tâche en cours et par des tâches en instance (tâches non encore abordées…). Le statut de tâche en cours et celui de tâche en instance sont liés à l’état de la motivation et à l’état du contexte ; ce statut peut, bien entendu, changer si ces états changent ». Dörner (1986) , appelle intentions les tâches en instance.
De façon générique, l’intention caractérise donc un état d’esprit qui prédispose à des actions spécifiques. Dans le cas particulier de l’intention stratégique d’un dirigeant d’entreprise, il est possible d’imaginer qu’elle focalise son attention sur une orientation particulière et qu’elle canalise et organise mentalement les mesures qui sont susceptibles de concourir à sa  réalisation.
La notion d’intention peut être considérée comme un désir, une volonté. Cependant, de manière approfondie, elle combine en fait but et moyens. L’individu imagine, coordonne et met en place les moyens qui doivent lui permettre de parvenir à ses fins. Tant le ou les buts poursuivis que les moyens envisagés peuvent donc être considérés comme un « collectif de tâches en instance » caractérisé par une combinaison de but(s) et moyens.
La vision stratégique peut donc être définie comme une représentation mentale du futur et l’intention stratégiquecomme un état d’esprit qui combine des moyens à un ou plusieurs buts. Si l’on retient cette approche des concepts, ils ont donc des natures différentes. Le fait de les distinguer, plutôt que de s’exclure mutuellement ou de se substituer l’un à l’autre, cela permet de présenter et de renforcer leur complémentarité.
Gary Klein en tant chercheur et consultant, s’est penché à diagnostiquer le mécanisme de décision intuitif chez les managers (et autres professionnels) amenés à décider dans l’urgence. Il en a déduit que ces derniers se réfèrent à des processus inconscient de raisonnement par analogie. Par quoi ils font instantanément référence de la situation en cours à une autre similaire rencontrée dans le passé afin d’en tirer des leçons et des solutions appropriées. Il donne l’exemple d’un expert des jeux d’échecs qui peut facilement jouer 50 parties simultanément en se basant sur sa capacité de décider spontanément d’un mouvement pertinent sans avoir recourt à un processus avancé d’analyse.
Les jugements intuitifs ont l’avantage d’être plus rapide et instantanés que les raisonnements analytiques, ils puisent dans les savoirs inconscients outre que le savoir conscient et Ils surpassent le raisonnement lorsqu’il s’agit d’interpréter nos émotions car traduire celles-ci en raisonnement conscient est difficile et souvent trompeur.
Le mécanisme intuitif bien qu’il soit puissant cache d’énormes failles. Primo, pour que l’intuition soit faible, il faut que l’analogie faite sur la situation vécue soit faite  sans erreur, ce qui suppose une forte expérience du sujet. C’est ce qui fait, bien entendu, la différence entre une intuition fondée et une impulsion naïve à l’action. Secundo, des motivations inavouées risquent de l’emporter sur la raison. Tertio, notre perception de la situation peut être biaisée dû essentiellement à une sous ou sur estimation de la situation. Ainsi, le recours à l’intuition est facilement trompeur. Il faut donc apprendre à tirer parti de l’intuition sans être piégé par ses limites.

L’analyse rationnelle constitue le fondement de la prise de décision qui est nourrie constamment par les enseignements de son intuition. Dans ce sens, Klein.G et David G. Myers (2002) préconisent les recommandations suivantes :
* On ne peut pas recourir à l’intuition que sur les domaines où on a une expérience : son efficacité vient de la pertinence des scénarios que vous avez en mémoire et auxquels vous assimilerez les nouvelles situations rencontrées.
* Il est recommandé d’interroger son intuition avant de s’engager dans un raisonnement analytique.
* On adopte une démarche analytique pour peser le pour et le contre et établir une grille d’avantages et d’inconvénients, puis on fait appel à notre jugement pour faire le bon choix.
* Quand l’intuition se présente en contradiction avec les issues de l’analyse rationnelle cela montre qu’on n’a pas bien cerné tous les éléments de la situation.
Pour Carl Young (1920), vue leur confrontation quotidienne des problèmes, les dirigeants intuitifs sont dotés d’une grande capacité décisionnelle dépassant celle des gens ordinaires, elle reflète une forte acuité visionnaire du déroulement des évènements, la génération de nouvelles idées et des solutions ingénieuses et comment faire réagir leurs organisations à cette vision. En ce sens, les managers prennent rarement des décisions importantes sur la base de diagnostics stratégiques mais plutôt en fondant des jugements sur les expériences vécues et aux présages quant aux sorts des évènements (Donaldson et Lorsh, 1993). Ces dirigeants, contraints par l’incertitude environnementale, expriment une grande vigilance à l’égard de l’apport des études analytiques. Khatri et Ng (2000) privilégient la synthèse intuitive dans le contexte d’un dynamisme environnemental devant l’impossibilité d’identifier des variables précises et d’établir des équations quantitatives pour aider à la décision.
Pour Mintzberg (1984), l’intuition fait partie du quotidien du manager et même s’impose en  force lors de la prise de décisions jugées délicates. Enfin Marlow (1994) relate que le point de départ de la prise de décision, est un sentiment intuitif rapproché par la suite, aux normes et aux pratiques stratégiques en vigueur.

1.2 Les facteurs influençant le recours à l’intuition lors de la prise de décision
La prise de décision est sujette aux traits cognitifs et comportementaux des managers, aux facteurs endogènes (structure organisationnelle) et exogènes (complexité environnementale), dès lors le recours à l’intuition et son intensité sont influencés par trois types de facteurs : des facteurs inhérents au décideur, des facteurs relatifs à la décision elle-même et des facteurs ayant trait au contexte de la décision, qu’il s’agisse du contexte organisationnel ou de l’environnement plus large de l’organisation et du décideur. Les facteurs inhérents aux décideurs renvoient aux caractéristiques démographiques des managers (âge, sexe…), psychologiques (sa vulnérabilité aux harcèlements de l’environnement) et à sa formation, son expérience et ses réseaux relationnels… Mais l’élément le plus prépondérant reste l’expérience du manager.
Pour Agor (1984), l’expérience des situations permet au manager de percevoir un grand nombre de variables et d’alternatives, elle détermine la force et la pertinence de l’intuition. Cette dernière est conçue par Simon (1987) non comme une sorte d’inspiration irrationnelle mais comme faisant partie de l’organisation du savoir et dans l’identification rapide des situations. En outre, Shimizu affirme que la clairvoyance du manager et donc sa sensibilité intuitive émane de son aptitude à appréhender instantanément toute nouvelle donnée, cette capacité provient de l’assemblage de fragments de mémoire regroupant diverses informations.
La synthèse intuitive  est considérée comme une sorte d’expérience répandue basée sur une parfaite connaissance du problème en cours et ils argumentent par la citation de Carl Jung : « L’intuition ne dénote pas de quelque chose de contraire à la raison, ce n’est pas un sixième sens magique et elle n’est pas l’opposée de la rationalité. C’est une forme sophistiquée  de raisonnement basés sur des années d’expérience ».
D’après Agor (1986), le recourt à l’intuition augmente plus qu’on s’élève dans la hiérarchie et elle est plus ressentie chez les femmes que chez les hommes et pour Van Cawenbergh (1996) et al. Les plus intuitifs sont les plus âgés et les mieux gradés de l’organisation et bénéficient de certains qualités : confiants, ouverts d’esprit, flexibles, expérimentés, capables de prendre des risques, justes, réfléchis et créatifs.

2. Image mentale et développement de la vision stratégique
La vision stratégique du dirigeant est sa représentation mentale actuelle du futur de son organisation, de ses activités et de son environnement. Cette définition s’étale sur plusieurs volets. Le premier touche à la nature de la vision stratégique : qui est, d’après Cossette (1993, 1994), une représentation mentale du dirigeant. Le second, amplement répandu dans la littérature stratégique, concerne le volet « futur » de la vision stratégique.
Il est à signaler que le dirigeant peut se représenter le futur de son entreprise sans forcément le désirer, ce futur pourrait être plaisant ou consternant. Cette représentation du futur n’est accessible à tous les dirigeants étant donné leurs structures cognitives ordinaires et la nature contraignante de l’environnement dans lequel ils opèrent.
La vision stratégique comporte deux dimensions, l’une interne (organisation, activités) et l’autre externe (environnement). Il en ressort que la vision stratégique contient une approche globale réunissant tous les aspects de la prise de décisions. Toutefois, le dirigeant peut se trouver incapable d’avoir une vision si large englobant le futur de son environnement, de sa structure et de ses activités, mais se limite à un ou deux volets.
La vision stratégique bien qu’elle permet au dirigeant de se représenter le futur de son activité et de son environnement, contribue à la construction du présentincitant le manager à mieux s’armer d’outils cognitifs et matériels pour fortifier les fondations présentes du futur. Autrement dit, comme le note Varraut (1998. 6), le dirigeant ne peut se représenter le futur de son entreprise qu’à partir de la situation dans laquelle il se trouve de façon présente.
Bien évidemment, la position actuelle ne détermine pas la situation future mais il est possible de considérer qu’elle la conditionne pour partie. Ceci met en avant l’importance la représentation mentale actuelle du présent de l’organisation, des activités et de l’environnement pour comprendre, combinée avec la vision stratégique, comment le dirigeant « chemine » cognitivement et oriente son action.

2.1 La vision stratégique : une image d’un état futur désiré
La vision stratégique est conçue par Cossette (1994) comme étant un « guide », un fil conducteur des actions à entreprendre d’où son rôle de catalyseur de l’activité stratégique. C’est ce que confirment Hamel et Prahalad (1990) en considérant que la vision stratégique se trouve à l’origine d’une vague créatrice, stimulante, qui pousse à évoluer. Elle sous entend que le futur n’est pas une donnée figée mais se construit au fil du temps en parallèle au développement de l’activité. De sa part, Filion insiste sur le fait qu’une vision constitue une façon de se donner un cadre de réflexion menant à l’action entrepreneuriale. Dans ce sens, et dans le cadre d’une PME, cette action entrepreneuriale s’inscrit dans une démarche heuristique où le dirigeant tâtonne au quotidien son champ d’action et conçoit les contextes pour y parvenir (Filion, 1994) ce qui lui permet d’évaluer en permanence l’évolution de son activité : ce qu’était fait et ce qui reste à faire et la manière d’y procéder.
Le processus visionnaire renvoie à un processus évolutif en PME dont le manager développe une vision centrale qui sera tamisée, raffinée et perfectionnée au fil du temps : « la vision n’est pas statique. C’est un processus en perpétuelle évolution dont les ajustements sont étroitement liés au système de relations dont s’est doté l’entrepreneur » (Filion, 1994).
Ces représentations évoluent constamment proportionnellement au « contexte situationnel » dans lequel évolue l’individu. Ce contexte sous entend la structure organisationnelle, la situation économique, familiale et personnelle du manager et même son milieu d’origine qui influence fortement, le comportement, la structure cognitive, les représentations et subséquemment la vision stratégique du manager. Cette influence tend à perdre de force avec l’écoulement du temps et le développement de l’activité  du fait que le manager se dote d’une solide expérience à quoi il a recourt inconsciemment pour parfaire une vision stratégique.

2.2 Image mentale et guide pour les actions à entreprendre
Cette image mentale correspond, à « ce qu’une personne perçoit de significatif dans la réalité ambiante, à travers le filtre de ses attitudes, de ses valeurs et de ses intuitions ». Ainsi, l’individu tend, instinctivement et continuellement, à se faire des représentations de son milieu environnant. Cette activité cérébrale engage des mécanismes de la raison et de l’intuition permettant une construction « objective » de la réalité. Weick (1979) confirme que cette aptitude du manager d’assimiler, élucider, créer lui permet de mieux maîtriser les événements. C’est ainsi que, le dirigeant est en quête permanente à développer un sens de la réalité, et se construit le monde sur lequel il agira ensuite.
C’est dans ce sens que weick (1979) développa son « modèle dynamique d’organisation » fondé (abordé au chapitre III) sur quatre phases : la transformation de la réalité (ecological change), l’engagement dans le réel (enactement), l’attribution de sens au réel devenu équivoque (selection) et la rétention, sous forme de schèmes d’interprétation, du réel devenu significatif (retention). Une fois ces étapes franchies, l’individu sera en mesure  d’agir sur la réalité et la transformer.
Ce grand rôle des représentations dans la construction de la réalité laisse pressentir les risques que ça peut comporter. Or, la pensée établit un reclassement, ordre et même une transformation des représentations sur l’environnement qui restent forcément subjectives et « loin » de refléter objectivement le réel. D’où le risque majeur d’avoir une représentation biaisée de la réalité et de ses impératifs. Donc, conscient de sa propre méconnaissance, le manager façonne en permanence des représentations de représentations. Par ailleurs, pour Cossette (1993), par la construction d’images mentales, le décideur s’efforce de valider et authentifier ses schèmes présents plutôt qu’en développer nouveaux. Il interprète donc les événements selon ses schèmes du moment.
De même, Heider (dans sa théorie de l’attribution) affirme que c’est par un besoin d’équilibre que l’individu se donne à la construction mentale de la réalité. Habituellement, l’individu confère à l’environnement un certain degré de stabilité satisfaisant en écartant de son esprit tout éventuel changement. De sa part, Senge (1991) relate que les représentations du monde que se fait l’individu contraignent ses réflexions et actions.
D’autre part, la vision stratégique du manager est astreinte à sa structure cognitive  et les facultés qui en ressortent pour le traitement de l’information parvenant de l’environnement. Y joue également  sa dynamique psychologique de manière à ce qu’il projette les sens qui lui sont propres et ce dans une acception strictement futuriste. Car selon Carrière (1991), il s’agit d’une « dynamique de construction mentale d’un état futur souhaité et possible pour une entreprise ». Il élabore trois niveaux de la vision stratégique : la vision générale, c’est-à-dire les croyances et valeurs du décideur, la vision intermédiaire, c’est-à-dire les schémas mentaux stratégiques et la vision parcellaire, c’est-à-dire les aspects de l’environnement qui intéressent le décideur.
La vision stratégique est conçue comme une image mentale d’une situation future espérée par l’organisation.Nous précisons que la vision stratégique n’est pas simplement l’aboutissement d’un effort de prédiction du futur, mais plutôt le fruit de la clairvoyance, la lucidité et le discernement du manager basée sur une idée centrale autour de laquelle tournent les objectifs de l’entreprise.
Au-delà des différents constituants de la vision stratégique qu’on vient d’évoquer (représentations, buts poursuivis, créativité…), on peut limiter la vision stratégique du dirigeant à la  » représentation mentale actuelle du futur de son organisation, de ses activités et de son environnement » ayant deux principaux déterminants ; organisationnel et environnemental.

Largement intuitive au départ, la vision stratégique se déploie et s’alimente de l’action. Elle reflète un grand dynamisme dans la mesure où elle évolue instantanément et progressivement au contact de l’action. Elle constitue en fait, comme l’énonce Martinet (1983) un « support d’apprentissage dans le même temps qu’elle est l’objet de cet apprentissage ». Vision et action sont donc fortement inter-reliées. En effet, le processus visionnaire du dirigeant de PME s’avère fortement lié au contexte situationnel d’où son impossibilité de « s’extraire du réel ». Ainsi, la construction de représentations futuristes puise sa force des actions quotidiennes présentes.
La perspective cognitiviste (Laroche et Nioche, 1994) prône fortement le recourt des dirigeant à leurs représentations mentales pour décider et agir. Dans ce sens, l’intuition sert de meilleur « prédicateur » du comportement planifié et de leitmotiv au processus de mise en œuvre de la stratégie qui comprend une série d’actomes (petites actions). En outre, les dirigeants  élaborent des représentations de leur structure organisationnelle et des actions envisageables dans un contexte situationnelle. Ces actions sont souvent de nature réactive, mais il n’en demeure pas moins que les décisions cruciales à prendre recourent souvent généralement à leurs schèmes d’interprétation de leur réalité.
L’approche cognitive défend l’idée que la pensée guide l’action ce qui laisse présager que l’action résulte de la pensée et ne s’explique que par elle. Laroche et Nioche (1994) affirment que l' »on peut assez facilement être tenté d’inscrire l’approche cognitive dans le schéma rationnel classique: problème – délibération – action, sans en contester la structure causale et linéaire ».

Chronique de Nacer Gourmat

5 conseils pour trouver ses premiers business angels

pêche-poisson-canne

Souvent indispensables pour les premiers financements d’une start-up, les business angels sont très courtisés. Toutefois, dans un contexte où de nouvelles entreprises ne cessent de voir le jour chaque semaine, les entrepreneurs ne sont pas tous logés à la même enseigne. En 2015, les business angels ont investi plus de 41 millions d’euros dans l’Internet français, selon le baromètre FIBAMY.

Stéphanie Hospital, la fondatrice du fonds One Ragtime, et Mounia Rkha, Seed Club Manager chez ISAI Gestion, partagent leurs conseils pour trouver ses premiers business angels.

 

Stéphanie Hospital1- Développer son réseau : ce n’est un secret pour personne. Pour boucler une levée de fonds, décrocher un sponsor ou trouver un business angel, tout commence par le biais du réseau à sa disposition. Cela commence par le réseau proche (famille, amis, collègues, etc.) pour progressivement trouver les bonnes personnes, celles qui permettront d’accélérer le développement de la société.«Idéalement, un angel, c’est quelqu’un qui comprend le business, qui est positif, qui apporte une expertise et qui peut l’accélérer par son réseau d’expérience», note Stéphanie Hospital. ll est essentiel de bien s’entourer car ce sont des personnes qui accompagnent le projet pendant 5 à 7 ans. «C’est un mariage», ajoute la fondatrice de One Ragtime.

2- Avoir un mentor : créer des relations avec un mentor peut se révéler très astucieux et efficace. En lui demandant des conseils pour se lancer, il sera sensible à cette demande. Le jour venu pour lever des fonds, il est utile d’en parler à son mentor. «Ce dernier sera tenté d’investir et emmènera ses copains dans son sillage», commente Mounia Rkha, Seed Club Manager chez ISAI Gestion. Il faut prendre le temps d’échanger avec les business angels sur le long terme, ils seront contents de vous voir évoluer.

3- Ne pas s’associer trop vite : avant même de convaincre un quelconque investisseur, le succès futur de la start-up réside dans l’équipe qui la compose. Il est important pour un entrepreneur d’avoir cette capacité de choisir. Une très forte équipe se distingue par un binôme marketing business. Pour être crédible, l’équipe doit établir un plan financier solide et une feuille de route claire pour atteindre ses objectifs. Se précipiter ne va pas accélérer le développement de la start-up. Bien au contraire. Une levée de fonds mal ficelée au départ renvoie une mauvaise image du projet. «Une levée de fonds n’est pas une fin en soi, c’est développer un business», explique Stéphanie Hospital.

 

Mounia-Rkha-Une-credit-Olivier-Ezratty4- Bien préparer son dossier : c’est une étape primordiale pour convaincre un business angel. Le dossier présenté constitue le premier contact concret avec le projet pour l’investisseur. Ainsi, il est impératif de veiller à la cohérence du projet et à l’intérêt que peut voir l’angel dans l’aventure. Il faut garder en tête que les business angels sont des investisseurs qui vont miser sur la tête de l’entrepreneur. Il est donc indispensable pour ce dernier de connaître parfaitement son marché et la concurrence qui en découle. Ces deux points doivent transparaître dans le dossier.De plus, il est plus facile de vendre un dossier à un business angel qui gravite dans la sphère dans laquelle se trouve la start-up en question. «Si vous prenez un business angel qui n’est pas du tout de votre secteur, ce sera compliqué de lui vendre votre vision. Il sera plus rassuré avec un dossier plus classique», confie Mounia Rkha, Seed Club Manager au sein d’ISAI. Les dossiers trop sophistiqués sont déconseillés, tout comme mentionner l’idée de revendre la boîte deux ans après.

5- Se faire recommander : c’est une option à ne surtout pas négliger. Se faire recommander peut mettre des business angels dans un contexte favorable pour une start-up en quête de financements. «J’ai une règle d’or : quand on m’envoie un dossier provenant de quelqu’un de mon réseau, je rencontre systématiquement les projets qui me sont recommandés», confie Mounia Rkha. Un business angel qui reçoit des entrepreneurs qu’on lui a recommandés sera plus susceptible de les écouter et de les aiguiller pour détecter leur potentiel.

Par Maxence Fabrion