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Comment réduire l’effort client ? Les solutions de Michel et Augustin, Savelys et BNP Paribas Cardif

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Organisation intelligente et mentalité de succursale

L’organisation intelligente N’A PAS une mentalité de succursale !

Un sage a un jour dit que le plus important n’est pas de trouver des réponses, mais de poser les bonnes questions.

Qu’est-ce qu’une organisation intelligente ?

Qu’est-ce qu’une mentalité de succursale ?

Le concept d’organisation intelligente n’est pas nouveau, mais a évolué depuis quelques années. Peter Senge parlait des cinq disciplines en 1990. Joel de Rosnay parlait déjà de vision systémique dans les années 70. Juran et Deming mentionnaient l’aspect humain dans leur vision de système qualité. Margaret Wheatley a abordé le concept également en 1992. Weisbrod, Zara, Laloux, Pflaeging et combien d’autres ? La définition d’organisation intelligente a évolué rapidement depuis l’avènement de l’Internet 2.0 et des réseaux sociaux.

L’organisaton intelligente est une organisation connectée ! De l’intérieur avec les Intranets et les LMS (ou learning management systems) et les KMS (Knowledge management systems) mais aussi avec l’externe grâce à….oh, je ne vous embêterai pas avec les nombreux réseaux sociaux, mais sachez seulement qu’l y en a beaucoup et que ça augmente ! Les plus importants ne sont PAS ceux auxquels vous pensez… ah bien sûr Facebook, mais aussi QQ, Q Zone et We chat….utilisés par plus de deux milliards de personnes.

L’organisation intelligente est une organisation qui saura utiliser l’intelligence collective. Cette dernière ne cesse d’évoluer à un rythme fou à cause des partages spontanés qui surviennent à chaque seconde sur la vaste toile de l’Internet.

Comment les utilisateurs de cet immense réseau de connaissances pourront-ils continuer à accepter un environnement de travail qui ne leur permettra pas de mettre à contribution leur cerveau, leurs connaissances, leurs expériences ? Comment supporteraient-ils un environnement fermé, presque cloîtré dans certains cas, qui leur interdit de consulter leurs sources d’information et leur interdit formellement de partager leur expérience avec le monde ? Comment les dirigeants des organisations actuelles pourront-ils endiguer le flot constant et croissant d’information disponible s’ils n’utilisent pas les immenses ressources que leurs employés peuvent mettre à leur disposition ? L’intelligence collective n’est pas un mythe, c’est une force, un capital fonctionnel et opérationnel qui gronde comme un volcan prêt à vomir son magma. Une force qui jaillira d’une façon ou d’une autre. Pourquoi ne pas en prendre conscience dès maintenant et favoriser cette émergence d’une manière… intelligente ?

« Ah, mais, nous attendons des directives du siège social. »

« Oui, bien sûr, mais les budgets de cette année ne permettent pas la mise en place de tels processus »

« Super ! Faites-nous une proposition et nous évaluerons cela en comité pour le soumettre à nos patrons. »

« Très bien. Mais, nous avons un trimestre très chargé dans une année très chargée. Ce sera un excellent projet… pour l’an prochain. »

« À considérer sérieusement lors de notre prochaine planification stratégique…. dans deux ans. »

« Nous avons les mains liées par la stratégique corporative… mais on aime beaucoup l’idée. »

Dois-je continuer ?

À entendre les arguments et les excuses autour de moi, je me surprends à évoquer ma première expérience de travail en 1981 (oui, oui, ça date !) chez Canadian Tire.

Un simple commis avec des idées entouré de collègues d’expérience qui exécutaient avec diligence les ordres du gérant. Les spéciaux de la semaine étaient dictés par le siège social. Nous nous efforcions d’étiqueter manuellement toutes les canettes d’huile avec le nouveau prix (bien avant l’avènement des «codes à barres») et de retirer toutes les étiquettes rouges une fois le spécial terminé. Et on recommençait chaque semaine. Pfffft.

Et un jour, la promotion ! On avait besoin de moi dans l’entrepôt au deuxième. Autre environnement, autres collègues, autre expérience, même travail bête.

Bien que je ne comprenais pas tous les rouages de cette importante entreprise, je compris rapidement le concept de la hiérarchie. Le boss décide et nous, on exécute. Et si le boss du boss décide autre chose, on exécute autre chose. Et si le spécial du « siège social » change, on change les étiquettes ! Vite !

Pas question de laisser les restants du spécial sur les tablettes deux jours de plus pour éviter d’étiqueter de nouveau… oh non !!

Pas question de faire un spécial surprise local… oh non !

Pas question de faire autre chose que ce que le boss ou le boss du boss ou le grand, grand boss dicte.

On exécute.

Tout cela a peut-être du sens dans un commerce de détails. Peut-être.

Mais quand un gestionnaire d’usine adopte le même comportement de gérant de succursale, nous avons un sérieux problème. Quand des gestionnaires voient leur pouvoir de signature, leur marge de manœuvre de budget descendre sous la barre des 1 000 $, nous avons un gros problème.

Quand une opportunité incroyable se présente, une occasion qui change la donne et qui est là, mais que la réaction est « pas dans les plans de cette année »….

ON

EST

DANS

LE

TROUBLE !

Lorsque le bon sens est subjugué par la bureaucratie…

Lorsque l’initiative est étouffée par les plans stratégiques (deux choses qui ne vont pas ensemble selon Mintzberg… et je suis bien d’accord)…

Lorsque le pouvoir décisionnel est intimement lié au budget et non aux objectifs…

Lorsque les indicateurs sont la principale préoccupation d’un gestionnaire plutôt que le respect de la mission…

Lorsqu’on engage encore des gens pour leurs bras sans utiliser leur tête…

Lorsque le « group think » envahit nos réunions et tue la saine controverse…

ON

EST

DANS

LE

TROUBLE !

La mentalité de succursale a malheureusement envahi trop d’organisations. Le rôle des gestionnaires a tellement changé que plusieurs se réfugient derrière leur description de poste pour justifier leur inaction. J’ai déjà traité du coût de l’inaction vs le coût d’une décision.

L’impact de cette mentalité de succursale est énorme.

  • Sur la ligne du bas des organisations.
  • Sur la motivation des employés.
  • Sur l’Avenir des organisations.

La gestion de l’intelligence collective sera salvatrice.

Déjà plusieurs organisations ont pris le virage et réussissent à exploiter à sa juste valeur l’immense potentiel de leurs employés. La gestion de l’intelligence collective n’est pas une recette étatiste cependant, mais bien une philosophie de gestion.

Cette absence de recette miracle fait peur !

Entre autre parce qu’elle nécessite l’abandon de la notion de « Command & Control » si chère aux gestionnaires depuis la publication d’un petit manuel sur les principes scientifiques de la gestion en 1911 par un certain Frederick Taylor….

Entre autre parce que la génération montante est prête à accepter des responsabilités et adopte une tendance naturelle à questionner… après tout, ce sont des « Why ».

Ces jeunes n’attendent pas : ils agissent. Ils sont la fondation de l’organisation intelligente de l’avenir.

Ils ne demandent pas la permission : ils apprendront à demander pardon… éventuellement.

L’autorité ne se demande pas : elle se prend !

La gestion de l’intelligence collective demande une nouvelle définition de partenariat entre les employés et les dirigeants/gestionnaires.

À plus grande échelle, la gestion de l’intelligence collective exige un meilleur partage de l’information et de la prise de décision.

La mentalité de succursale n’a plus sa place dans une organisation intelligente.

J’ai la chance de rencontrer des gestionnaires qui ont tenté l’expérience. De telles rencontres sont exaltantes et laissent entrevoir un avenir meilleur. Un avenir stimulant.

J’ai aussi la chance d’inviter ces gestionnaires à des rencontres de communauté de pratique pour qu’ils partagent leur expérience.

Aurez-vous la chance d’y assister et de changer VOTRE organisation pour la transformer en une organisation intelligente ?

Prendrez-vous cette décision seul, maintenant en sachant que votre toute organisation en profitera ?

Ou attendrez-vous la permission de votre gérant de succursale, qui en parlera à son « boss » qui lui vérifiera si cela fait partie des plans de l’année et qui vous reviendra avec une décision… le lendemain de la date limite ?

Je sais, je brasse la cage….

Je souhaite ouvrir la porte de cette cage….

Je souhaite surtout vous faire réaliser qu’il n’y a pas de cage !

Matériel sous copyright © Aliter Concept 2015. S.V.P. ne pas imprimer ou copier sans la permission de l’auteur.

MAIS N’HÉSITEZ PAS À LE PARTAGER en utilisant les boutons de partage des réseaux sociaux.

Accountants: Start Living in the Future

Accountants: Start Living in the Future

As the pace of change in today’s world continues to increase, CPAs and accountants need to focus their organizations on anticipating change, rather than merely responding to it, according to futurist and technology educator Dan Burrus — and that will mean developing both a new skillset and a new mindset.

Speaking on Monday at an event called “The Anticipatory CPA” sponsored by the Maryland Association of CPAs and the Business Learning Institute, Burrus highlighted the intense disruption going on in industry after industry — from Amazon in bookselling to Uber in transportation services — and warned that the accounting profession is not immune.

“If it can be done, it will be done, and if you don’t do it, someone else will,” he explained. “If you don’t shape your future, someone else will. You should be the ones shaping the future of the profession.”

To take control of that future, however, accountants will need to start thinking differently about their businesses in a number of different ways. “Right now, every company is a technology company,” Burrus said, and that means understanding the trends in technology that will affect your organization, from mobility and virtualization to interactivity and convergence, and much more.

More important, though, is the need to shift to a mindset that welcomes — or at least proactively pursues — forward-looking transformations. “Are you changing as fast as your customers?” Burrus asked. “Are you too busy to increase your relevance to your current customers?”

When it comes to embracing change, however, “Your biggest problem right now is that you’re really busy,” Burrus acknowledged. “Well, lots of companies were really busy just before they went bankrupt.”

“You need to anticipate problems,” he advised. “You could see most of next year’s problems if you weren’t so busy.”

A NEW TOOL

The event was held to announce the impending rollout of a new educational tool co-developed by Burrus, MACPA and the BLI called The Anticipatory Organization: Accounting and Finance Edition,” which is designed to teach CPAs the skills they need to be “anticipatory” — to identify important trends and act upon them.

“The change we don’t like is the change we didn’t see coming — but we can see more change coming than we think,” Burrus noted, and the Anticipatory Organization learning modules are designed to give CPAs the tools and language to know what will happen in the future and position themselves and their clients accordingly.

The future is much easier to predict than most people think, Burrus explained: The sun will rise tomorrow, for instance, summer will follow spring, and computing power will increase in accordance with Moore’s Law. Many future events follow predictable cycles; still others are based on currently known facts — the aging of the Baby Boomers (and everyone else, for that matter) is inescapable.

Burrus wants accountants to learn how to identify these “hard” trends that will happen and how to differentiate them from “soft” trends that might happen. (He gave the example of Bitcoin: Its individual success is a soft trend that cannot be guaranteed with any certainty; the future proliferation of virtual currencies, however, is a hard trend because others are highly likely to pick up on the new model.)

Once you learn how to identify hard trends, “It’s amazing how much we can predict in a world of unpredictability,” Burrus said.

The AO modules are short videos, 3-5 minutes long, that introduce a single concept and then lead the user through “rapid application activities” to help them apply what they’ve learned in such a way that it sticks with them better. They will qualify for CPE credits, and the BLI expected to roll them out within a week.

LANGUAGE CLASSES

Perhaps most important, the program aims to teach CPAs a new language.

“Stop giving your opinion,” Burrus suggested. “Start talking in future facts. This is not, ‘Here’s what I think will happen’ — it’s ‘Here’s what will happen.’”

That may mean communicating differently with clients, he warned, and may require what he called a “time travel audit,” where you check to find out what where they are in terms of technology and their attitudes toward the future. If they’re not into digital information, for instance, then you should present them information on paper. “Be in your customer’s time zone, not yours,” Burrus said. “Give them paper, but then ask if you can show them even more on your tablet. Walk them into the future.”

To be ready for that future, though, CPAs will need to start thinking about it themselves, dedicating time to taking the long view and identifying those forward-looking hard trends, rather than being caught up in the ever-present crush of current business.

“Take an hour a week to unplug from the present and plug into the future,” Burrus counseled. “You’re going to spend the rest of your life there.”

Trouver une entreprise à racheter grâce à son réseau

Voici l’article du JOURNAL LES AFFAIRES, tel que rédigé par ANNE GAIGNAIRE en date du 7 mai, qui a interviewé Robert Deshaies de G4 SOLUTIONS sur comment trouver une entreprise à racheter.

Frédéric Chatel et Jean-Louis Lapointe, la quarantaine, ont mis près d’un an et demi à trouver une entreprise à acheter avant de mettre la main sur Manutention Québec, une entreprise de Pointe-Claire spécialisée dans la vente et la location de chariots élévateurs.

En 2005, au moment de prendre leur décision, Frédéric Chatel, avocat spécialisé dans le capital de risque et les fusions-acquisitions, avait quitté son emploi au sein du cabinet Borden Ladner Gervais et terminait un MBA à HEC Montréal. Jean-Louis Lapointe, comptable agréé, avait notamment travaillé chez Ernst & Young. Leur famille proche compte bien des entrepreneurs. Mais à part ça, «on ne connaissait pas les entreprises à vendre, on n’avait pas d’expérience dans un secteur en particulier», se souviennent les deux amis, qui se connaissent depuis l’école primaire.

Conclusion : «Si nous étions restés dans le réseau officiel (courtiers d’achat-vente, cabinets comptables), on ne se serait pas fait présenter les meilleurs dossiers, car on n’avait pas de crédibilité, assure Frédéric Chatel. De plus, on savait que certains propriétaires sont réticents à afficher que leur entreprise est à vendre». Il fallait donc les débusquer.

Ils ont alors commencé par préciser leurs attentes. «On voulait une entreprise déjà en activité, pas trop complexe, dans laquelle on pourrait s’intégrer facilement, ayant un potentiel de croissance, tout en étant déjà performante», énumère Jean-Louis Lapointe. Les deux repreneurs avaient l’intention de financer leur achat par emprunts. Pour ce faire, ils savaient qu’il fallait prouver la profitabilité de l’entreprise à racheter. «On ne voulait pas aller dans certains secteurs qui exigent une expertise de pointe (l’aéronautique par exemple). D’autres ne nous intéressaient pas, comme la restauration et le commerce de détail.»

Tout leur réseau sollicité

Ils se sont vite rendu compte que, malgré leur supposé manque de crédibilité, ils avaient tout de même un point fort (outre leurs professions respectives) : leur réseau de relations. Les deux professionnels ont alors envoyé un document résumant leurs critères d’investissement à tout leur réseau, relations professionnelles et personnelles comprises.

Au total, de 300 à 500 personnes l’ont reçu… Parmi elles, «l’ancien propriétaire de ma maison, qui a transmis mon courriel à ses collègues, dont un avocat qui savait que les propriétaires de Manutention Québec réfléchissaient à vendre leur entreprise», raconte Jean-Louis Lapointe. L’entreprise en question, créée en 1997, répondait à leurs critères : «La gamme de produits était intéressante et il y avait un potentiel de croissance de la marque Linde, dont les parts de marché en Europe s’élevaient à 20-25 % comparativement à 2-4 % ici», résument les repreneurs. Les deux parties ont été mises en contact, et un peu plus d’un an plus tard, elles concluaient la transaction.

Aujourd’hui, les deux dirigeants sont propriétaires à hauteur de 50 % chacun de Manutention Québec, qui emploie une quarantaine de personnes (par rapport à une vingtaine lors de l’achat en 2007).

Ils ont doublé le chiffre d’affaires, ouvert un point de vente à Jonquière et sont représentants depuis un an d’une deuxième marque de chariots élévateurs, Hyundai. Ils ont fait l’acquisition, l’année dernière, d’un de leur concurrent – Hansler manutention -, ce qui leur a permis de devenir distributeur exclusif de la marque Linde au Québec (sauf la Côte-Nord).

L’avenir est prometteur : «Nous sommes toujours à l’affût d’acquisitions qui nous permettraient d’étendre notre présence au Québec», expliquent les dirigeants, qui envisagent d’ouvrir un nouveau point de service sur la couronne nord à moyen terme et tablent sur 5 à 10 % de croissance de leur chiffre d’affaires pour 2015. Le nombre d’employés pourrait aussi augmenter de 10 % cette année.

Privilégier une approche structurée

Si l’aventure de Frédéric Chatel et Jean-Louis Lapointe est une réussite, c’est notamment parce qu’ils avaient pris le temps de définir ce qu’ils recherchaient. La clé pour un repreneur : bien se connaître et savoir ce qu’on veut. «La première chose à faire, c’est d’établir son profil d’acquéreur (personnalité, parcours professionnel, profil financier, compétences distinctives, affinités avec certains produits et clientèles). Ensuite, il est nécessaire de préciser la cible : quel secteur d’activité, quel type d’entreprise, quelle taille, etc.», précise Robert Deshaies, président et conseiller principal, spécialisé dans les fusions-acquisitions, de G4 Solutions et stratégies d’entreprise, à Laval.

Le but : «Bien appareiller l’acquéreur et l’entreprise rachetée selon les forces et les faiblesses de chacun», résume Robert Deshaies. La capacité financière du repreneur détermine également beaucoup de paramètres, car «les banques fonctionnent avec des ratios et elles exigent des mises de fonds qui tournent souvent autour d’au moins 20 % du prix de vente», poursuit l’expert.

Comme l’ont expérimenté les repreneurs de Manutention Québec, les meilleures offres d’entreprises à vendre ne sont pas forcément publicisées, reconnaît Robert Deshaies, «car les entrepreneurs craignent les effets d’une telle annonce sur leurs employés et leurs clients». Pour des repreneurs sans réseau dans le domaine, c’est difficile d’avoir accès seuls aux offres intéressantes. C’est pourquoi le marché des intermédiaires est florissant : les grands cabinets de comptabilité ainsi que les banques ont investi ce créneau, à l’instar de nombreux petits bureaux spécialisés dans l’achat et la vente d’entreprises. Ces spécialistes accompagnent alors le repreneur dans la recherche de l’entreprise idoine, mais aussi dans toutes les démarches à effectuer pour réaliser la transaction (évaluation, revue diligente, etc.).

Quelques informations et conseils si vous songez à vous expatrier en Europe

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A l’occasion d’une semaine consacrée au travail en Europe, il m’a été suggéré de rédiger un billet sur ce thème. Vaste sujet sur lequel je dois avouer que, de prime abord, je sèche un peu. Quel angle puis-je bien choisir pour traiter cette question qui, a priori, ne m’inspire guère plus que l’histoire du curling ? Google étant mon ami, j’ai donc choisi de partir en quête d’informations intéressantes à partager avec vous, non sans avoir découvert au passage que le curling a été inventé en Ecosse (qui l’eut cru ?) et qu’il est à nouveau une discipline olympique depuis 1998. J’ai fait quelques découvertes intéressantes, dont certaines bousculent nos idées reçues.

Une fuite des cerveaux ?

L’expatriation au sein de l’Union Européenne est grandement facilitée par les dispositions communautaires sur la liberté de circulation. Il semble, à écouter le discours ambiant, que le goût de l’expatriation est en vogue en France. Outre les « 47 % des étudiants en école de commerce et 40 % des élèves en école d’ingénieurs (qui) souhaitent commencer leur carrière à l’étranger », comme le rapporte l’enquête Universum*, on redoute maintenant une fuite des cerveaux. Le recul du nombre de recrutements des jeunes cadres observé par l’Apec ces deux dernières années créé en effet un contexte favorable. D’ailleurs, selon une étude du Cabinet Deloitte publiée en 2014, « 27 % des jeunes diplômés en ¬recherche d’emploi envisagent l’expatriation pour toute la durée de leur carrière ! ».Pourtant, les véritables motivations ne semblent pas liées à la morosité du marché. Selon cette même étude, ces jeunes diplômés sont avant tout attirés par un univers culturel différent, mais aussi plus positif.

Alors, l’herbe est-elle vraiment plus verte ailleurs ? Première information intéressante, ce goût de l’expatriation ne concerne pas que les jeunes cadres français. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que les jeunes grecs, avec un taux de chômage des moins de 25 ans à plus de 60%, sont dans une dynamique de départ nettement plus prononcée. Ils sont talonnés par les espagnols et les italiens. A l’opposé, ce sont les anglais et les allemands qui aspirent le moins à l’exode.

Quoi qu’il en soit, la qualité de l’emploi ne semble pas s’être détériorée qu’en France, comme le rappelait déjà l’enquête menée par l’institut allemand IAB en 2011, rapportée dans cet article du monde : « la probabilité pour une personne en recherche d’emploi en Europe de trouver un contrat à durée indéterminée (CDI) a chuté de 7,7 % en dix ans ».

Malgré cela, la demande semble bien réelle dans un contexte mondial où les grandes entreprises offrent des opportunités d’expatriation plus ou moins définitives. En Europe, ce sont l’Allemagne, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne qui semblent être les pays qui ont ou auront le plus de besoins de renforts extérieurs. Ce qui est d’ailleurs en décalage avec les attentes des jeunes Français qui rêvent prioritairement de pays anglo-saxons, comme les Etats-Unis, le Canada ou le Royaume-Uni.

Partir, mais pour trouver quoi ?

Si beaucoup veulent partir, ce n’est pas pour autant qu’ils sont prêts à tout sacrifier. Une expérience internationale constitue évidemment un atout professionnel mais qui s’accompagne de certaines conditions. L’étude menée fin 2014 par l’Observatoire de la qualité de vie au travail et le CSA pose la question de la qualité de vie au travail dans différents pays d’Europe. Il en ressort que c’est aux Pays-Bas que les salariés sont les plus satisfaits de leur environnement de travail. La France arrive bonne dernière, même si 78% des sondés se déclarent globalement satisfaits.

On y apprend que les préoccupations des salariés diffèrent selon les pays. Quand la qualité de la vie au travail préoccupe prioritairement les Anglais et les Espagnols, les Allemands  privilégient l’intérêt de la tâche et le salaire. Les Français, quant à eux, mettent en première place l’intérêt du travail, avant la qualité de vie et la localisation. On y découvre également que 51% des salariés suédois placent l’absence de bruit dans le trio de tête des conditions d’une bonne qualité de vie au travail. Pas sûr que de nombreux Français que je connais puissent facilement s’intégrer en Suède ! Enfin, parmi les éléments qui favorisent une bonne qualité de vie au travail, le fait de bénéficier d’un bureau fermé, plutôt que d’évoluer en open-space, ou bien le développement du télétravail sont déterminants.

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Des palmarès qui n’aident guère à faire un choix

A ce jeu des études et des palmarès, nombreux sont les instituts qui nous infligent tous les ans leurs classements des entreprises où il fait bon travailler. Mais que valent réellement ces enquêtes dont la méthodologie pose souvent question ? Ainsi, pour pouvoir participer, les entreprises doivent parfois contribuer financièrement jusqu’à plusieurs milliers d’euros. On imagine assez aisément que tous les décideurs de PME n’ont pas nécessairement envie d’investir un tel budget. Notez tout de même que c’est une entreprise française (avec un nom très anglo-saxon) qui remporte l’édition 2014 du palmarès européen de l’institut Great Place to Work : Davidson Consulting.

S’il est un classement qui mérite qu’on s’y arrête, c’est celui  de l’Office statistique de l’UE (Eurostat), publié fin 2014. Cette étude mesure le rapport entre la richesse créée et le nombre d’heures travaillées (c’est-à-dire la productivité horaire). Elle nous apprend que la France se place au 4ème rang européen de la productivité au travail, derrière le Luxembourg, l’Irlande et la Belgique, mais loin devant le Royaume-Uni et l’Allemagne (respectivement 10ème et 12ème de ce classement). Ce n’est d’ailleurs pas un épiphénomène puisque cette bonne place de la France est une constante. Notre pays la doit en grande partie au niveau de qualification de sa main-d’œuvre, à la bonne qualité de la recherche et à l’efficience de l’organisation du travail. Voilà une information qui va bien à l’encontre de certaines idées trop rapidement assénées sur le déclin de notre beau pays.

Il en est de même concernant les croyances, très discutées en ce mois de mai, sur la prétendue générosité de la France en termes de jours fériés et de congés payés. Cet article du Figaro nous rappelle que les Français ne sont pas les mieux lotis, ni les plus privilégiés : « Si l’Hexagone se situe dans le top 10 des jours chômés, il n’arrive qu’en 34e position pour les jours fériés » (classement de l’institut Mercer). Partir travailler en Allemagne, c’est aussi faire le deuil de 2 jours fériés et 5 jours de congés payés.

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Des portails très complets pour vous aider

Au-delà de toutes ces tendances et statistiques, décider de partir reste un choix qui ne se fait pas à la légère. Il implique également d’avoir des ressources (pas seulement financières) pour faire efficacement ce grand saut. Alors si vos souhaits d’expatriation sont forts, vous pouvez commencer par visiter le site de l’EURES, le portail européen sur la mobilité de l’emploi. Pour les jeunes, le kit de la mobilité en Europe, proposé par l’Onisep sera également un bon point de départ à votre réflexion. Pour la recherche d’offres d’emploi ou d’informations sur l’emploi à l’étranger, consultez le site Pôle emploi International. Pour toutes les statistiques sur les différents pays membres de l’UE et leur situation économique, le site Eurostat et celui de l’ECDE. Le Centre d’information sur l’Europe vous sera utile pour mieux appréhender les questions européennes : revues des presses, actualités, droits et démarches, dossiers thématiques, brochures, fiches d’information.

Ces portails, renforcés par les conseils que vous pourrez trouver auprès des professionnels de la mobilité, vous permettront de passer de l’idée au projet. Identifier vos motivations, réfléchir sur vos compétences et analyser votre marché européen constituent les clefs de la réussite pour concrétiser votre projet d’expatriation. Enfin, bien mesurer sa capacité personnelle d’adaptation, ainsi que celle de ses proches, reste le meilleur moyen de prévenir l’impression de décalage avec le pays d’origine.

– See more at: http://blog-experts.cadres.apec.fr/2015/05/05/quelques-informations-et-conseils-si-vous-songez-a-vous-expatrier-en-europe/#sthash.xnUNmqtA.dpuf

La guerre du virtuel se profile

Le prototype de casque de réalité virtuelle de Sony, Project Morpheus.

Le prototype de casque de réalité virtuelle de Sony, Project Morpheus. – J. CHIU/AP/SIPA

L’arène commence à être bien remplie. Alors que l’intérêt du grand public pour la réalité virtuelle reste aussi incertain que pour les télés 3D, personne ne veut rater le train. Oculus, Sony, Microsoft,, Valve, Samsung, Magic Leap, Google… Voici un tour d’horizon des forces en présence (Q1 = 1er trimestre, S1 = 1er semestre).

Oculus Rift, Facebook (Q1 2016, périphérique PC, prix inconnu, sans doute 300-500 dollars)

Rachetée pour 2 milliards de dollars par Facebook, la startup qui a relancé tout le secteur a dévoilé son modèle commercial mercredi. Pour l’instant, le prix reste mystérieux mais Oculus a précisé qu’il serait plus élevé que les 200 dollars de la solution basique de Samsung. L’édition développeur coûte pour l’instant 350 dollars. Avec le co-créateur de Doom John Carmack comme chef technologique, Oculus bénéficie du soutien de quelques grands développeurs comme Cliff Bleszinski (Unreal Tournament, Gears of War). Attention, il ne s’agit que d’un périphérique: il faudra également posséder un PC puissant pour jouer.

Project Morpheus, Sony (S1 2016, périphérique PS4, prix inconnu, sans doute similaire à Oculus)

Sony peut compter sur un parc de PS4 qui a déjà dépassé les 20 millions d’unités. Côté technologie, les démonstrations présentées à l’E3 2014 étaient assez proches entre Morpheus et l’Oculus, avec des expériences 100% immersives impressionnantes mais qui pourraient fatiguer sur une longue durée. Sony promet que la version finale bénéficiera d’une latence imperceptible. Le contrôle, enfin, se fait à la manette ou avec des gestes via le PS Move.

Vive, HTC et Valve (fin 2015, périphérique PC, prix élevé)

Dernier à dévoiler sa main, HTC pourrait bien être le premier à dégainer à la fin de l’année. Ceux qui ont pu essayer le prototype louent l’image d’une clarté supérieure à la concurrence. Surtout, deux stations positionnées dans la pièce suivent les déplacements du joueur qui peut donc se promener en toute liberté dans le monde virtuel. En s’appuyant sur l’infrastructure Steam et en proposant des jeux comme Portal –ou Half Life, si on rêve un peu– HTC et Valve ont de sérieux atouts. Malheureusement, le périphérique risque de coûter cher, annoncé par HTC «dans une fourchette de prix élevée».

HoloLens, Microsoft (Après Windows 10, appareil tout en un, prix élevé)

L’appareil de Microsoft est différent (nos impressions à lire ici). D’abord, il s’agit d’un PC complet miniaturisé. Traduction: il n’y a aucun câble à brancher. Ensuite, c’est de la réalité augmenté: des objets virtuels sont incrustés à travers une visière transparente qui ne coupe pas du monde environnant. Surtout, grâce à un tour de magie, la 3D ne fait pas mal aux yeux comme au cinéma, sans doute avec un système de projection de la lumière directement sur la rétine. Il y a malheureusement trois bémols: la date de sortie, très vague («au cours de la période de Windows 10»), le prix «significativement plus élevé» que les 400 euros d’une Xbox One et surtout le champ de vision, très étroit.

Les autres

Google a rebooté Glass et pourrait présenter une nouvelle version de ses lunettes en carton, Cardboard, fin mai. Sur le même principe, mais en moins cheap, Samsung propose le GearVR, en partenariat avec Oculus, à 199 dollars auxquels il faut ajouter un Galaxy Note 4 ou un Galaxy S6 pour jouer les écrans. Enfin, la startup Magic Leap travaille sur une technologie similaire à HoloLens. Ses lunettes auraient, selon le site MIT Review, un champ de vision bien plus large et des objets virtuels «plus denses et plus opaques» que chez Microsoft.

La France, cinquième pays européen où le coût du travail est le plus élevé

Europe Bruxelles parlement européen

Non, ce n’est pas en France que le coût du travail est le plus élevé, mais au Danemark, suivi par la Belgique, la Suède et le Luxembourg. En infographie, voici le classement du coût horaire de la main d’oeuvre dans les pays de l’Union européenne.

En Europe, une même entreprise peut engager 12 Bulgares pour le coût d’un Danois, 9 pour le prix d’un Français. C’est dire les écarts importants qui existent entre les pays européens en matière de coût du travail, à en croire le classement réalisé en partenariat avec  Statista.com .

En 2014, le coût horaire du travail moyen au sein de l’Union européenne s’élevait à 24,60 euros, d’après les dernières données publiées par  Eurostat, dont vous pouvez retrouver les statistiques actualisées en temps réel sur Capital.fr .  Au Danemark, il a augmenté de 0,9% en 2014, atteignant un montant de 40.30 euros. À titre de comparaison, il n’est que de 3,80 euros en Bulgarie, un fossé énorme même s’il ne faut pas oublier que le coût de la vie n’est pas le même dans les deux pays.

Notons que la France se situe à la cinquième place de ce classement,  avec un coût du travail par heure supérieur de dix euros à la moyenne européenne.

Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Coût Main d'Oeuvre en Europe

La prospérité est accessible… mais avec de l’effort et de la discipline!

Les médias accentuent les nouvelles qui affectent le taux d’épargne des québécois : le prix de l’essence; les impôts; les frais de garde; la retraite repoussée; l’élimination des fonds de pension… En se limitant à une analyse au premier degré, il est surprenant qu’il soit possible d’améliorer ce taux d’épargne qui, bien entendu, a un impact dramatique sur les finances personnelles. D’ailleurs, il serait, selon le Centre de recherche Cirano, de seulement 3,1%.

Qui donc peut se permettre, avec toutes les responsabilités financières que nous avons, de mettre suffisamment d’argent de côté pour avoir l’esprit tranquille et régler une fois pour toutes ses préoccupations financières?

Si vous êtes jeune et prêt à vous engager dans un plan qui demande non seulement de la discipline mais aussi des efforts, vous pouvez réussir à bâtir un patrimoine qui vous aidera à tendre vers l’autonomie financière. Voici sept conseils qui pourront vous aider, à la condition d’avoir une vision à long terme :

  • Démarrer un plan d’épargne systématique

Vous êtes payés aux deux semaines? Démarrez un plan d’investissement automatique le jour de paie. Après un certain temps, vous ne remarquerez plus rien et vous n’aurez pas l’impression que votre budget est amputé. Un jeune travailleur de 25 ans qui dépose $100 aux deux semaines à un taux de 5% récupérera la modique somme de $321,566 à l’âge de 65 ans.

  • Diversifiez et n’acceptez pas le premier conseil

Votre institution financière vous offre un compte d’épargne systématique à un taux de 0,8%? Sachez que vous n’irez pas loin même si on vous affirme avec fermeté que c’est « garanti ». En tenant compte d’une inflation à 2%, un taux de 0,8% correspond à un taux réel négatif de 1,2%. Mine de rien, vous vous appauvrissez.  Un planificateur financier indépendant vous expliquera que la diversification des classes d’actifs peut vous aider à obtenir des rendements des plus intéressants. L’histoire démontre qu’un portefeuille bien diversifié peut générer plus de 5% à long terme. D’ailleurs l’Institut québécois de planification financière publie à chaque année des hypothèses de projection qui prévoient ceci :

Actions canadiennes                                     6,5%

Revenu fixe                                                     4%

  • Ne laissez pas les émotions dicter vos actions

Les marchés peuvent monter mais aussi baisser. Malheureusement, il arrive que bon nombre d’investisseurs deviennent pessimistes et vendent leurs actions alors que bien souvent, c’est justement dans les moments de dépression qu’il faut rester discipliné et garder le cap. Votre planificateur financer pourra vous aider en vous présentant des tableaux qui expliquent les dernières crises et ce qui s’est passé au cours des années subséquentes.

  •  Adoptez une approche stratégique plutôt que tactique

Une approche tactique est d’essayer de saisir les opportunités d’investissement au jour le jour. Cette approche s’avère pratiquement impossible.

Une approche stratégique consiste à choisir une bonne diversification par secteurs de l’économie et à laisser un gestionnaire chevronné le soin de faire les choix de titres. Plus de 6,000 fonds de placement sont disponibles au Canada.

  • Tenez compte de la fiscalité

En date de ce jour, les canadiens peuvent investir $40,500 en CELI. Un couple peut donc investir  $81,000 à l’abri de l’impôt. Trop souvent je rencontre des gens qui investissent dans un compte dont les revenus sont imposables. À long terme, l’impact sera significatif. La fiscalité doit absolument faire partie des sujets à discuter avec votre planificateur financier.

  • Révisez votre plan à tous les ans

Une révision annuelle vous aidera à ajuster votre plan si votre situation personnelle ou professionnelle change. Vos objectifs, votre tolérance au risque ainsi que votre horizon de placement peuvent changer et donc, méritent une révision. De plus, votre planificateur financier risque de vous mettre au défi d’augmenter vos contributions systématiques… et vous en serez le plus grand bénéficiaire!

  • Informez-vous!

Grâce aux médias, vous avez accès à une multitude d’articles et présentations pour vous aider à mieux comprendre le monde des finances personnelles. Simplementbrillant.ca, MSN finances, Les affaires sont des sources d’information de qualité.

Logitech se reconnecte grâce à la mobilité

Le pionnier de la souris d’ordinateur a survécu à l’effondrement du marché du PC. Dirigé « comme une start-up » par son nouveau PDG, il a su restaurer l’équilibre entre technologies et design.

Boom, les enceintes nomades de Logitech. Logitech / SDP
 Boom, les enceintes nomades de Logitech. Logitech / SDP

Un PDG qui dit du bien de ses produits, c’est classique. Un PDG qui les jette violemment par terre, c’est déjà plus original. C’est pourtant ainsi que Bracken Darrell, à la tête de Logitech depuis 2013, présente son enceinte portable baptisée Boom, pour prouver sa résistance. Incassable et multicolore, elle est aussi waterproof, vante le boss de sa voix de baryton. « Supercool », conclut-il avec son enthousiasme communicatif.

Grâce à cet Américain au teint hâlé, la multinationale suisse aux 7.000 salariés, pionnière de la souris d’ordinateur, est en passe de réussir un surprenant come-back. Après plusieurs années très difficiles, elle a renoué avec les profits et affiche sur l’exercice fiscal 2014-2015 un bénéfice en hausse de 82%, à 135 millions de dollars pour un chiffre d’affaires de 2,1 milliards de dollars. Une véritable cure de jouvence pour Logitech, fondée en 1981 dans le petit village d’Apples, près de Lausanne, par le Suisse Daniel Borel et les Italiens Pierluigi Zappacosta et Giacomo Marini.

Transformation en profondeur

A l’origine de cette mythique entreprise helvète : la souris informatique. Depuis la première version à trois boutons, la société en a vendu plus d’1 milliard, directement ou en signant des contrats avec de grands fabricants d’ordinateurs comme Hewlett-Packard ou Apple. Intimement lié au marché des PC, Logitech prend l’eau lorsque les ventes d’ordinateurs s’effondrent, à partir de 2011.

Ses tentatives de diversification dans la télévision connectée, avec la Google TV, et dans la vidéoconférence haut de gamme, en rachetant Lifesize, sont un échec. Sur l’exercice fiscal 2012-2013, les Suisses enregistrent même leur première perte opérationnelle depuis une décennie. Ces 252 millions de dollars dans le rouge sont un traumatisme après des années de croissance éperdue. Seul l’épais matelas de trésorerie permet d’éviter la catastrophe.

L’état-major de Logitech trouve alors le PDG providentiel en la personne de Bracken Darrell pour transformer l’entreprise en profondeur. Le quinquagénaire a fait ses classes chez Whirlpool et Braun, et a vécu huit ans en Europe. « Recruter Bracken Darrell, c’était un choix anormal, contesté par les analystes au début, mais j’avais besoin d’un homme de produit et de design qui comprenne le consommateur, se remémore Guerrino De Luca, actuel président du conseil d’administration et ancien PDG de Logitech. Bracken Darrell transmet de la passion et les gens le suivent de façon naturelle. »

Design visuel et technique

Peu à peu, Bracken Darrell déploie sa stratégie : « Je veux diriger Logitech comme une start-up. J’ai aplati l’organigramme et nos bureaux sont plus ouverts. » Il a décidé de donner l’exemple en s’installant sur une simple table au cœur de l’open space. Accessible pour ses salariés, il n’hésite pas à les interpeller directement par messagerie instantanée et attend qu’ils fassent de même.

L’autre leitmotiv du PDG, c’est le design, mais pas uniquement sur le plan esthétique, plutôt du côté de l’expérience utilisateur. Alors que la technologie a longtemps guidé le processus de création, de l’aveu même des ingénieurs maison, Bracken Darrell a décidé de restaurer l’équilibre. « Quand je suis arrivé, il y avait zéro designer. Nous en avons embauché pour constituer une véritable équipe », souligne-t-il, en se félicitant d’avoir réussi à faire venir, au poste de chief design officer, Alastair Curtis, un ancien du groupe finlandais Nokia issu de la même école que Jonathan Ive, le designer star d’Apple.

Enfin, le patron américain travaille à resserrer la gamme de claviers et de souris et à lancer des produits axés sur la mobilité ou le jeu vidéo. Pour cela, il réoriente les ressources : « Nous avons réduit de moitié la R&D dans les accessoires pour PC. Les deux tiers de nos investissements se concentrent sur nos nouvelles activités », précise-t-il. Avec succès : leur pochette clavier pour iPad, très colorée, ainsi que leur petite enceinte portable Boom font un carton. Entre 2013 et 2014, les ventes d’accessoires pour tablet-tes ont progressé de 44%, et celles d’enceintes nomades, sous la marque Ultimate Ears, ont enregistré une progression de 161% !

Logitech s’est également concentré sur un marché de niche : les hardcore gamers, joueurs professionnels ou amateurs passionnés, qui plébiscitent les claviers et souris ultra-rapides de la marque. Pour s’assurer de leur solidité, des « machines de torture » dans les sous-sols de Logitech à Lausanne cliquent des centaines de milliers de fois sur leurs touches. « J’étais plutôt sceptique au départ sur la division gaming, mais je dois reconnaître qu’ils ont réussi leur pari », constate Youssef Essaegh, analyste à la banque d’investissement Barclays Capital.

Liens étroits avec les start-up

Bracken Darrell n’abandonne pas pour autant son cœur d’activité. Pour s’en expliquer, il se saisit d’un stylo et se met à dessiner. « Cet arbre représente les claviers et les souris. Il donne encore des fruits mais commence à vieillir. Nous avons donc planté des arbustes, nos nouveaux secteurs en croissance, et, enfin, nous semons des graines pour plus tard. » Même sous la supplique, le jardinier en chef refusera de s’étendre sur la nature de ces graines, assurant juste que certaines sont « très prometteuses ».

Jusqu’à présent, la stratégie fonctionne. « L’intérêt et l’enthousiasme des salariés et des consommateurs sont de retour. Nous sommes redevenus la petite star de notre secteur », s’enflamme Guerrino De Luca, pour qui les ingrédients originels de Logitech, « cette combinaison unique d’ingénieurs et de rêveurs », sont toujours là. Logitech s’est d’ailleurs installé en 2010 sur le campus de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) pour nouer des liens étroits avec les laboratoires de recherche et les start-up.

Tout n’est pas encore réglé. « Ils sont toujours très exposés à la conjoncture sur le marché des PC :  60% de leurs revenus en sont tirés », met en garde Youssef Essaegh. Mais la transition est bien entamée. Daniel Borel, le fondateur, a d’ailleurs prévu de laisser son siège au conseil d’administration en septembre. Bobo, comme l’appellent ses équipes, peut tourner la page l’esprit tranquille : Logitech est entre de bonnes mains.

Les ETI prospèrent dans la nouvelle région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon

  • Les ETI prospèrent nouvelle région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon

D’après la dernière note de l’Asmep-ETI et Trendeo, ce nouveau territoire concentre, sur les douze derniers mois, 13,5 % des emplois créés par les entreprises de taille intermédiaire, et se rapproche ainsi du leader qu’est l’Ile-de-France.

La réforme des régions, qui sera effective au 1erjanvier 2016, dégage de nouveaux leaders. D’après la dernière étude réalisée par l’Asmep-ETI et Trendeo, qui ont analysé la répartition des emplois créés ces douze derniers mois par les Entreprises de taille intermédiaires (ETI) sur la base du nouveau découpage régional, et que les Echos dévoilent, la région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon est une des grandes gagnantes. Le territoire est en deuxième position, avec 4.019 emplois créés entre mars 2014 et mars 2015, soit 13,5 % du total national (29.865 emplois). L’an dernier, Midi-Pyrénées, déjà au second rang, représentait 8,7 % du total. L’écart se resserre donc avec l’Ile-de-France, qui reste toujours loin devant avec 7.718 emplois créés (25,8 %). Le Nord-pas-de-Calais-Picardie se place en troisième position avec 3.083 emplois créés (10,3 %). Le nouvel ensemble Lorraine-Alsace-Champagne-Ardenne fait lui aussi une belle percée en prenant la quatrième place (2.510 emplois, soit 8,4 %). Prises séparément, ces régions se situaient l’an dernier bien en dessous de l’échiquier puisque la Lorraine n’arrivait qu’en 9è place (4,5 %) la Champagne-Ardennes et la Lorraine n’occupant respectivement que la 13è et 14è place. Curieusement, le géant territorial composé de l’Aquitaine-Poitou-Charentes-Limousin n’arrive qu’en 7è position avec 1.467 emplois crées (4,9 %), assez loin derrière les Pays de la Loire (7,4 %) qui sont pourtant restés seul.

Moins de destructions d’emplois

Autre donnée révélée par l’étude : les créations d’emplois de ces douze derniers mois ont été principalement réalisées dans le commerce et les services « mais on trouve également des secteurs industriels comme les industries alimentaires, la chimie, l’électronique ou l’aéronautique ». Les chiffres montrent aussi une amélioration du solde net des emplois créés. Si les créations d’emplois par les ETI ont légèrement progressé, passant de 8.062 emplois au premier trimestre 2014 à 8.592 emplois au premier trimestre 2015 (+6,6%), ce sont surtout les suppressions d’emplois, en recul de – 8.781 à – 5.986 (-31,8%) sur cette même période, qui font la différence. C’est cette accalmie du côté des plans sociaux qui fait que le solde net des créations d’emplois passe de -719 à +2.606 emplois en l’espace d’un an.